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Numéro 13 - Automne 1989

Automne 1989 - Douglas HARDING, Stéphen JOURDAIN, Robert LINSSEN, Roger W. SPERRY (Prix Nobel de Médecine)...

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 13   -   Automne 1989

Sommaire

Charles ABOT : Editorial.
Douglas E. HARDING : La réponse à « Qui suis-je ? »
Entretien avec Stéphen JOURDAIN.
SERGE-MAMY : Ce qu'est un Libéré.
Louise de FILIPPI : La bataille silencieuse.
Robert LINSSEN : Intelligence du corps
et Intelligence universelle.

Georges R. LESTANG : That is the question.
Roger W. SPERRY (Prix Nobel de Médecine) : Structure et signification de la Révolution de la conscience.
Gérard KLOCKENBRING : Liberté -Egalité - Fraternité, 
les lois fondamentales de l'organisme social.

Georges BRUNON : Pastels autour des guerres de Vendée.
Roland FIETTA : La médecine de terrain, 
médecine traditionnelle et du 3e millénaire.

Marcel MAYER : Lumière et Ténèbres.
Maurice CHAUMONT : Hiérarchie et Complémentarité, Conscience - Energie - Matière.
François JACQUEMART : Hommage à Kalou Rimpotché.
François de SARRE : La théorie de la bipédie initiale.
Georges BRUNON : Art acclamé - art diffamé.
La danse dans l'oeuvre de Michel COSTIOU.

 

N°13 - Editorial    -   Automne 1989

En cette année de commémoration du bicentenaire de la Révolution Française, le respect des droits naturels de la vie de l'homme et de ses libertés légitimes, ainsi que celui d'une égalité de tous les citoyens devant la loi étant assurée, [au moins dans le principe ?], l'auteur de ces lignes vous propose d'enrichir le contenu des trois mots de la devise nationale ceux qui sont gravés au fronton des établissements publics.

Il est évident, ami(e)s abonné(e)s que je ne me livrerai pas à la pratique de la maïeutique socratique : qu'est-ce pour vous que la liberté ? comment la vivez-vous en votre âme ?... pour m'attarder, dès les réponses-clichés obtenues, à l'exercice des réfutations successives de jugements, concepts, opinions ou idéaux, - non vérifiés et par conséquent pathogènes pour l'équilibre de la psyché - débordant d'une « tête bien pleine », mais non « bien faite », [c'est-à-dire, structurée par les données psychologiques de la connaissance de soi telle qu'elle se révèle au « Regard » (Editorial du n°12)]. Cette grosse-tête-là, bien pleine d'informations et de savoirs, indispensables au plan existentiel, celui du « connu », (Krishnamurti) - mais qui s'arrogent, de par l'ego, tous pouvoirs d'investigation de décision et d'appel alors que la réalisation d'une « action juste » (id.) procède de « l'Eveil de l'intelligence » (ibid.) de l'Etre -, est désarçonnée de sa routine face aux questions pertinentes issues d'une connaissance expérientielle de soi; finalité révolutionnaire pour laquelle ?uvrait Socrate.

Toutefois, préalablement au thème principal de notre exposé et pour le mieux sacraliser, rappelons deux ou trois aspects incohérents, parmi les centaines d'autres, de notre existence aberrante de « civilisés ». Nous n'ignorons pas que la direction et la gestion de la « chose publique » au plan social et économique, dans lesquelles les gouvernements se sont embourbés, ne tiennent aucun compte de données psychologiques élémentaires susceptibles de faire apparaître une forme de qualité de vie, telle, par exemple, une retrouvaille avec une certaine douceur de vivre d'antan dont nous ressentons tous la nostalgie, sans en être à vrai dire conscient. A défaut de prononcer le mot bonheur, - enfant légitime de la liberté - les discours de nos édiles sont gonflés du mot « paix ». « Paix juste et durable » qu'ils disent, et d'invoquer à qui mieux mieux son avènement; alors qu'elle régnerait tout naturellement et tout simplement parmi les peuples si des conditions d'existence justes et durables étaient établies entre eux en conformité avec les systèmes de lois de l'univers gouvernant notre système planétaire, et sur notre planète chaque échelle des êtres vivants. Reconnaissons que ce serait trop requérir de nos élus puisque déjà, dans un premier temps, ils sont frappés d'amnésie ? Exemple : n'oublient-ils pas en effet la production sophistiquée et si chantée des usines d'armement conventionnel et nucléaire, ainsi que la légion des salariés et sous-traitants qui en dépendent ? Pour mémoire, rappelons que la fabrication des armes nucléaires, ne serait-ce qu'au titre de la dissuasion, fut approuvée par les évêques français, lors d'un récent congrès à Lourdes; en 14-18, ils bénissaient les canons en grande pompe; mais en 40, c'était avec discrétion. Hypocrisie !

Dès lors, à la merci des conditions d'existence non favorables à l'expression d'une solidarité inter-humaine, puisque imposées par l'ego, [celui d'un groupe, d'une caste, d'une communauté, d'une nation ou d'une groupe de nations... sans oublier le vôtre et le mien], sont rejetées les valeurs fondamentales universelles au bénéfice de jouissances factices et éphémères ou de batailles délirantes pour l'acquisition de toutes sortes de biens matériels, [non négociables dans l'au-delà].

« L'anarchie démocratique » selon l'analyse de Socrate (Platon, La République), est toujours d'actualité; le psychisme de l'homme étant demeuré sujet servile au royaume de Sa Souveraineté Egoa Lui m'aime où les princes héréditaires se nomment : orgueil, fatuité et vanité. Dans ce désordre à tous niveaux, force nous est de constater, lucide réflexion dépassée, que la liberté de l'un est exercée bien souvent au préjudice de la liberté de l'autre. Sans chercher bien loin, rappelons les grèves récentes, [les droits sociaux justifiés ou non ne sont pas notre propos] où les luttes catégorielles, les concurrences syndicales, ouvrières et patronales, firent éclater le souci majeur et unique de chaque corporation de défendre âprement un bout de gras qu'elles estimaient être le leur en toute propriété, sans sollicitude pour le bout de gras du voisin syndicaliste ou usa ger. Le chacun pour soi fut à la mode. L'ego [l'égregore] d'un groupe : social ou militaire, poli tique ou religieux, économique, commercial ou industriel, veut obtenir toujours davantage, toujours plus et plus vite. Pour ce seigneur des bas-fonds, solidarité et fraternité sont masques de carnavals à l'adresse de badauds crédules et drogués à souhait. Le supermarché économique et financier européen de 1992/93 se traduit dans les faits par une lutte à mort, [en toute fraternité, comme de bien entendu] pour le triomphe des groupes les plus forts, Japonais compris.

Au niveau planétaire : davantage de biens de consommation = davantage de chômage et de grèves = davantage d'inégalités sociales = davantage d'hostilités et de famines.

Notons toutefois qu'au Parlement Européen de Strasbourg quelques députés commencent à s'interroger sur la validité des priorités accordées jusqu'à maintenant aux dossiers économiques et financiers, [rappelons que la gestion des surproductions européennes est un gouffre financier]. Il aurait fallu commencer par le culturel s'écrie l'un d'eux. Et pour preuve, les dossiers

« l'Europe des Citoyens » et « Environnement » sont à peine ouverts. Il est heureux que le Parlement Européen reconnaisse, bien que tardivement il est vrai, la nécessité de débattre et de défendre des valeurs autres que les valeurs économiques, et ce, dans une perspective de protec tion de la planète : des végétaux, animaux et hommes qui en font partie intégrante. Cette inter version des priorités enchante 3e millénaire qui, dès le premier numéro, témoignait avec vigueur pour cette orientation humaniste.

Dans un autre registre, [tout en demeurant dans le cadre de la défense des libertés culturelles] relevons, avec consternation, que le Vatican, perpétuellement fidèle à lui-même quant au fond, vient d'adresser une mise en demeure (l'Osservatore Romano du 7 Mars) à tous les sujets de la hiérarchie catholique, du simple vicaire aux évêques, recteurs et professeurs de théologie, exi geant : « un serment d'obéissance... l'obéissance à la vérité et à la doctrine que propose le magistère... une obéissance religieuse de la volonté et de l'intelligence. » La papauté confirme donc une fois de plus son image de marque millénaire de monarchie absolue; en opposition fla grante avec les recommandations et enseignements des apôtres Paul et Pierre, dont elle se récla me l'héritière exclusive. (voir articles et éditoriaux précédents). Que vive un jour la liberté de penser et d'expression dans l'Eglise, pour lesquelles combat, de son diocèse d'Evreux, l'évêque Jacques Gaillot; alors, ce jour-là, je psalmodirai le confiteor avec contrition. Evoquerai-je aussi, dans le cadre de la fraternité humaine, [dont l'Eglise toujours guidée par l'Esprit Saint, (comme le répète Jean-Paul Il) s'encense, urbi et orbi, d'être un pilier du « tu aimeras ton prochain comme toi-même »], la Déclaration de la Sainte Congrégation pour la Doctrine de la Foi, approu vée par le Souverain Pontife Jean-Paul 1[I, et ainsi énoncée : « ...les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion » (Documentation catholique du ler Janvier 84; p.29). (3e millénaire n°2, p. 84). Dans ce domaine, il n'est pire péché que l'hypocrisie ! [Qui es-tu toi pour juger autrui ? st Paul aux Romains, 14].

Ne prenons donc pas vessies pour lanternes, mes amis, et saluons sans amertume mais avec discernement, les modalités d'application réservées à ces trois mots par les divers organismes de nos démocraties occidentales. Malgré tout, dans notre monde contingent, elle sont libéralement appréciables et particulièrement en matière culturelle; étant sauvegardés, je le répète, les droits élémentaires de l'homme selon la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Cela étant dit, soulignons que pour nous, sans vision utopique, nous consacrons à ces trois mots de noble origine leur sens authentiquement Traditionnel.

Dès lors n'est pas « la- liberté de » faire ou ne pas faire quelque chose dans le monde de la manifestation. Elle est spécifique à cette dimension intérieure inconnue de la plupart des hommes : l'Etre-Là (Heidegger, 3e millénaire n°8), ayant intégré l'unité psychique essentielle de l'homme adamique. Elle sera toute englobante parmi les hommes de la planète à la mesure du degré de leur expérience libératrice des manifestations tyranniques conditionnées de leur ego empirique; lequel n'est que mirage dans le désert de leur vie intérieure. Pour ceux d'entre vous, ami(e)s abonné(e)s qui se déterminent, dans un questionnement non verbal, à se connaître, dans les servitudes et limites du Non-être de la « personne », [de la « fausse-personnalité » (Gurdjieff) avec laquelle nous sommes toujours identifiés] étape préliminaire pour accéder à la compréhension de la nature de votre Etre réel, - frère de l'Etre réel d'autrui - je vous invite enco re et encore à vérifier par vous-mêmes et en vous-mêmes la véracité, ou non, des repères que vous témoigne 3e millénaire depuis son premier numéro. De grâce, je vous le redis, ne vous endormez pas dans la prison dorée, dans la sécurité de miel illusoire des philosophies et doc trines des églises, des sectes, ou du gourou que vous idolâtrez. La connaissance attentive, toute perception et sensation, sans censeur ou bénisseur, [débusquez-les aussi en vous] de ce que vous êtes en train de faire, là maintenant, [la vaisselle ou votre numéro de séduction] de ce qui se pas se psychologiquement en vous à votre insu, sera votre ouverture à la liberté essentielle au par fum essaimant. n'est qu'un leurre dès avant le berceau, pour les hommes de la planète au niveau de leur vie collective, et quelquefois aussi, ne nous le cachons pas, devant la loi en ses tribunaux par le biais des artifices de procédure; bien que le droit à la justice, à la parole, etc... soit égal pour tous. Néanmoins, elle Est. C'est une réalité originelle se situant au plan supérieur de la conscience de soi de chaque homme, et non au niveau de la « personne ». Il appartient à chacun d'entre nous de participer à l'héritage de notre Bien commun en devenant un « Homme Fait » (st Paul), car « l'héritier aussi longtemps qu'il reste un enfant ne diffère en rien de l'esclave quoiqu'il soit seigneur du tout », nous affirme st Paul. (Galates 4.1-5,19, déjà cité). surgit ordinairement dans le c?ur de l'homme lors d'une catastrophe naturelle, d'un risque majeur, ou encore d'une assistance urgente. Elle n'est que réaction passagè re, accidentelle, locale ou nationale, européenne ou planétaire. Exceptionnellement, on la ren contre en permanence chez quelques humains au dévouement surhumain, de type vigoureuse ment extraverti. Elle deviendra planétaire lorsque les Terriens, la main dans la main, renonçant à la corruption et au pillage de sa substance, se sentiront frères et s?urs, solidairement et conjoin tement responsables des besoins de leur planète nourricière et de ses droits à son équilibre cos mique. Cette option comprise jusque dans mes tripes sera l'antidote de la peur fondamentale accrochée au c?ur de l'homme : celle de ne pas Etre dans ma totalité, de ne pas habiter ma propre maison interieure.

L'Homme Fraternel, celui qui est identique à la Voie (éditorial du n°12) se meut dans la liber té toute sagesse et toute paix, héritage de la vibration universelle de Vie toute embrassante. Il ne peut être confondu avec quiconque fait profession de fraternité, à « la bonté sucrée » (n°12, p.25), mais chez qui « existe un faux rayonnement dont l'origine n'est pas l Etre essentiel » (K. G. Dürckheim, n°1 p.8).

Désenchaîné d'un sentimentalisme infantile et moutonnier, barrage au jaillissement de l'Amour sans objet, et d'un mental embourbé de préjugés et concepts, dont le système de pensée héréditaire est rarement soumis à une expertise objective, l'Homme Fraternel EST, sans l'ombre de l'ombre de tout racisme ethno-culturel, sexuel ou religieux.

Sentons-nous notre responsabilité pour qu'il en soit ainsi en faveur des fils et des filles des enfants de nos enfants ?

Le rédacteur en chef charles abot