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Numéro 20 - Eté 1991

Eté 1991 - Douglas HARDING, Dominique CASTERMAN, Bernard MONTAUD, Roger GODEL, TRINH XUAN Thuan, Jeanne GUESNE...

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 20   -   Eté 1991

Sommaire

Charles ABOT : Jésus, st Paul & la Psychologie Transpersonnelle.
Douglas E. HARDING : Comment s'abandonner.
Dominique CASTERMAN : La Réalisation intérieure et le développement naturel de l'Etre humain.
Bernard MONTAUD & Carle RIVIÈRE : D'Acte en Acte Guérir.
Bernard MONTAUD : Le chemin d'Acte en Acte.
Mohammed ARKOUN : L'Islam humaniste.
Paul-Georges SANSONETTI : L'Or du Graal et le thème du Centre Suprême dans les récits arthuriens.
Georges JAEGER : Une Civilisation de l'Être.
Roger GODEL : L'homme et son Génie, Arthur Rimbaud.
Georges BRUNON : La tentation mystique de l'art moderne,
le surréalisme ou l'enfermement.

Gisèle JAN SIMON : Sur le chemin de la Quête.
Émilie ZUM BRUNN : Marguerite Porete et la doctrine 
du pur Amour.

TRINH XUAN Thuan : Les grandes questions de l'Astrophysique.
Michaël FRIEDJUNG : Les avatars du Principe Anthropique.
Dominique AUBIER : Qui peut bien avoir créé le monde ?
Sylvia CHITIMIA : A l'ombre de l'Arbre de la Connaissance 
du Bien et du Mal.

François de SARRE : Réponse à Rosine Chandebois (voir n°19).
Jeanne GUESNE : Les Voies de la Connaissance.
Hommage à Marguerite BANGERTER.

 

N°20 - Editorial    -   Eté 1991

En réponse à la demande de certains lecteurs, nous essayons, par ce Fil d'Ariane, de définir une fois encore, d'une manière non restrictive, l'orientation de 3e millénaire. Cette présentation des textes, par la spécificité de ce vingtième numéro, porte plus particulièrement sur l'importance d'une nouvelle compréhension à l'égard des traditions spirituelles.

Précisons au préalable que, malgré son apparence hétérogène, la formule de 3e millénaire s'explique par sa façon éclectique d'interroger l'homme sur son sens - et vers son être - à travers la pluralité de ses domaines d'expressions et d'investigations religieuses, philosophiques, artistiques et scientifiques. Sa vocation qui est d'oeuvrer à la « rencontre » espérée, souvent nommée, « Science et Tradition » s'évertue à favoriser la naissance, sur de nouvelles bases, du respect nécessaire et indispensable à l'égard des démarches spirituelles traditionnelles (voir un retour à l'enseignement du christianisme originel [1]) et des civilisations ancestrales - telle celle ignorée des Pygmées révélée ici par le docteur Jaeger.

Ce respect authentiquement innovateur, qui émerge par l'effort de ses pionniers, se puise à la fois aux sources d'une érudition indépendante de tout préjugé d'école et au sein d'une connaissance méditative de soi ; vaste entreprise présentée avec insistance au cours des vingt numéros déjà parus de la nouvelle série de 3e millénaire !

Dans cette optique, accompagné des écrivains amis et fidèles collaborateurs, cheminons ensemble le long d'un fil traversant la trame de ce vingtième numéro.

La vie remarquable, mais au demeurant dramatique, de Marguerite Porete - condamnée par l'Eglise et brûlée à Paris en place de Grève le 13 mars 1310 - contée ici par Emilie Zum Brunit, éveille un profond respect et démontre l'implacable difficulté d'innover : innovation courageuse, en uneépoque inquisitoriale, d'exprimer en un langage poétique et surtout « populaire » (autre que le docte et élitiste latin officiel) l'expérience intérieure d'une approche non-duelle du divin.

Cette recherche d'une dimension intemporelle de l'homme, cette quête de l'essentiel abordée par tâtonnements et dénuements successifs, nous la retrouvons dans « La tentation mystique de l'art moderne » esquissée ici par Georges Brunon. Au cours d'une série de quatre articles, il décèle l'appel vers l'Etre qui sourd des profondeurs de la vie artistique dès les premiers instants de son jaillissement, bien avant les pontifiantes imitations d'école ultérieurement fabriquées pour les « expos » officielles (voir à Paris au Centre Beaubourg jusqu'au 26 août 91, l'exposition autour d'André Breton et du surréalisme intitulée « la beauté convulsive » ... !)

La « tentation mystique » qui attise les feux insérés dans l'âme en proie au dépassement de sa condition humaine, Arthur Rimbaud l'a profondément vécu... Roger Godel [2], dont 3e millénaire s'est fait le héraut dès le lancement de sa nouvelle série, nous décrit la vie tourmentée d'Arthur Rimbaud et la quasi insurmontable difficulté d'accomplir harmonieusement l'intégration ou l'unification des éléments conflictuels de la psyché. Revenons à l'importance d'une expression spirituelle novatrice, respectueuse des formulations, images et représentations antérieures (rites, symbolisme, etc ...) : ne se traduit-elle pas aujourd'hui chez des contemporains indépendants des institutions religieuses, comme en témoigne ici Douglas Harding et tous les auteurs que nous vous présentons dans chaque numéro à la rubrique « approche virtuelle de la spiritualité » ?

Le « non vouloir » de Marguerite Porete, le « laisser faire » ou « l'abandon » de Douglas Harding : que d'expressions communes ! C'est ainsi vers une origine spirituelle immémoriale et intemporelle, et dans la recherche de ses voies d'approche contemporaines dont, par exemple, le Chemin d'Acte en Acte de Bernard Montaud, que nous vous convions.

[1] - L'aspiration à une compréhension nouvelle des enseignements du christianisme originel se manifeste enfin, depuis peu en France, dans le monde de l'édition. Voir à ce propos d'honorables tentatives : celles d'Arnaud Desjardins & Véronique Loiseleur, « En relisant les Évangiles » (1990, Ed. La Table Ronde) et de Jacob Needleman, « A la recherche du Christianisme perdu » (1990, Ed. Albin Michel) ; nous apprécions chez ce dernier le souci d'exposer un christianisme « concret », valable autant dans la vie quotidienne (avec ou sans rites, lesquels sont d'ailleurs forcément j postérieurs au christianisme originel !) que dans le cadre d'une investigation intellectuelle à perspective scientifique : le mot clé, déjà cité ci-dessus, étant « la mise en oeuvre en l'homme, d'une toute nouvelle faculté d'attention » ; comme le ï préconise instamment 3e millénaire depuis son 1er numéro. 
[2] - Roger Godel, décédé en 1961, aurait bouleversé (au sens de retourner) l'orientation du Colloque de Cordon, premier d'une série inépuisable de colloques et congrès par trop stériles, lui donnant la finalité espérée par son organisateur Michel Cazenave qui en guise d'avertissement rappelait que « le but était d'abord de donner la parole à ceux qui, d'une certaine façon s'avancent en éclaireurs dans le domaine d'une nouvelle épitêmê. » Science et Conscience, 1980, Ed. Stock. Il suffit pour s'en convaincre de lire ou relire ses articles déjà parus dans 3e millénaire.