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N°25 - Les états proches de la mort

Automne 1992 - NDE - Jacob NEEDLEMAN, Eric BARET, Dominique CASTERMAN, Roger GODEL, Douglas HARDING, Evelyne-Sarah MERCIER, Edgard MORIN...

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 25   -   Automne 1992

Sommaire

Jacob NEEDLEMAN : Au Coeur de la Philosophie.
Frère JEAN : De la Mort aux Béatitudes.
Éric BARET : Reflets sur le Cachemire, l'eau ne coule pas.
Dominique CASTERMAN : Grandeur et misère de la mort.
Roger GODEL : Dialogue sur l'Expérience libératrice, 
la Sagesse retire à la mort son masque.

Douglas E. HARDING : Suis-je mortel ?
Georges JAEGER : Plaidoyer pour la Mort.
Évelyne-Sarah MERCIER : La Mort Transfigurée,
entretien avec Edgard MORIN.

Jean-Louis SIÉMONS : H. P. Blavatsky et l'Expérience 
des mourants, une approche très actuelle.

Marie d'YVOIRE, B. & R. DUTHEIL : Un cas exceptionnel 
de N.D.E. interprété par le modèle de conscience superlumineux.

Mohammed ARKOUN : Islam et Christianisme.
Jacques DUPUIS : Patience dans l'azur ou l'évolution 
du Cosmos.

Jehanne SECRETAN : Rythmique - Eurythmie.
Georges BRUNON : Le chant des grillons.
Charles ABOT : Échanges avec les lecteurs, parler de sa mort, mourir sereinement.

 

N°25 - Editorial    -   Automne 1992


Un Fil d'Ariane 

 

Des États Proches de la Mort à « l'Expérience Libératrice »

Alors que « L'affaiblissement de la philosophie véritable », dénoncé par le Professeur Jacob Needleman, règne sur les consciences, par le pouvoir tyrannique de son existentialisme (l'angoisse du néant et de l'absurde supplantant la peur de l'enfer et du jugement dernier), la découverte des États Proches de la Mort pose, dans des termes plus actuels, le pro blème du sens de la vie et, donc, celui de l'accomplis sement de l'homme... actuellement inachevé car coupé des états multiples de l'Etre (René Guénon) auxquels certains « expérienceurs », dans des condi tions souvent extrêmes, semblent avoir furtivement accédés...

Ces découvertes, récentes dans l'histoire de la pen sée comme le fait remarquer Jean-Louis Siémons, en appellent à une « expérience libératrice » et à une voie spirituelle « concrète » que n'offrent plus les institu tions religieuses ou philosophiques d'Occident. C'est à la recherche individuelle, ici, que nous sommes donc conviés au fil des textes proposés par nos auteurs sur le thème de la mort physique et inéluctable, mais aussi, et surtout, de la mort initiatique et réellement salvatrice dont nous parle Frère Jean.

Cette « Mort de la mort », selon les termes de Douglas Harding, est un prélude à la Survie...

La survie en regard de la Science divergence d'opinions

Pour le célèbre anthropologue Edgar Morin, la survie s'avère impossible dans les conditions d'un pro longement d'une « conscience individuelle et autono me ». Nous insisterons, pour ouvrir le débat, sur cet aspect essentiel, mais relevons au préalable des diver gences de point de vue.

Pour Edgar Morin certaines notions scientifiques prouvent l'impossibilité de la survie spirituelle : « Il s'agit du deuxième principe de la thermodynamique » qui spécifie qu'à tout processus de néguentropie (diminution du désordre et organisation de la vie) suc cède un processus d'entropie ou de dégradation irré versible : la mort de cette même vie organique sup port de la conscience.

Fort heureusement, les avis sont ici partagés. Le médecin et physicien Régis Dutheil, avec son modèle de conscience superlumineux, considère, au contraire, que « la dégradation entropique est corrélée à l'écoulement du temps » et que la conscience, par le pouvoir néguentropique de ses propriétés superlumi neuses, s'éveille à la mort du corps-espace-temps elle entre dans un univers superlumineux où règne l'Ordre créateur.

Souligons que pour le regretté Stéphane Lupasco, par la nature et la logique de l'énergie, les systèmes vitaux fondamentalement néguentropiques et les sys tèmes psychiques se trouvent, dans la mort, sous forme de cadavre, potentialisés par l'actualisation des systèmes physiques soumis exclusivement à l'entropie ; il n'y a donc pas, pour lui, annihilation de la conscience.

Entreprendre le dialogue Science et Tradition sur ce thème de la survie, c'est poser la question de son éventualité. Ce point est d'importance, car une vision post-moderne de la Science - l'organicisme ou la systémique -, par son approche moniste et émergen tiste intégrera certainement, dans un avenir proche, cette possibilité d'une immortalité « énergétique » de l'Homme.

Le Prix Nobel Roger Sperry (3e millénaire n°12 à 14), considère en effet que les phénomènes de la conscience résultent des propriétés émergentes du très complexe organe neuro-sensoriel. Tout en n'envisa geant pas l'immortalité de la conscience, il en conteste la matérialité ; elle s'éteint cependant avec la mort de l'organisme physique dont elle a émergé provisoire ment - le temps d'une vie !

L'immortalité de quelle « conscience » ?

Mais revenons à la position d'Edgar Morin, car nous approchons là le point clé, la faille... entre Science et Tradition. Jetons donc un pont en nous appuyant maintenant sur la Tradition. Car l'immortali té, ni certaine, ni impossible, n'est peut-être qu'une possibilité ?

Cette possibilité de l'immortalité d'une « Conscience individuelle et autonome » née d'un tra vail conscient d'observation non-duelle de soi, est en tous cas le fondement, clairement spécifié, de l'enseignement de G. Gurdjieff, ou encore de l'enseigne ment « toltèque » transmis par l'anthropologue Carlos Castaneda. Cette hypothèse ne s'oppose d'ailleurs en rien aux conceptions ésotériques, par exemple, de Rudolf Steiner qui précise que la survie ne s'effectue consciemment, que sous certaines conditions ; pour lui, bien souvent, le défunt subit, après la mort phy sique, un obscurcissement de sa conscience, puis sombre, finalement, dans un sommeil profond lors de sa dilution dans le cosmos.

En effet, dans l'esprit des Traditions spirituelles, le niveau de conscience ordinaire de l'homme est divisé et non « individué », identifié à ses conditionnements et non autonome, « endormi » et non Conscient de soi... Et en ce sens, sans doute mortel ! La question, ici, est donc d'arriver à comprendre et à réaliser, par connais sance de notre état ordinaire, un état de conscience, réellement individuel, car indivisible, et réellement autonome, car engendrée par Soi (auto-nommé).

C'est dans la perspective de cette nouvelle com préhension, que Science et Tradition se révéleront complémentaires. C'est à cela que nous oeuvrons...