Ce sont ces notes de grandeur, d’unité et de plénitude qui font de l’Infini l’Idée première par excellence. Étant le dernier fond, il est nécessaire; étant un, il est libre; conciliant l’ordre et la liberté, il est intelligent; sa plénitude étant parfaite, il peut être pure lumière et source universelle. Idée première et non exclusive, il est, comme René Guénon l’a bien vu, le mot-clef de la métaphysique, la réponse à la question : quel est le dernier fond ? ou : qu’est-ce que l’Absolu ? Les réponses, plus courantes, qu’on y a apportées, sont moins débordantes de sens et impliquent moins évidemment la transcendance de l’Absolu : l’Un, qui risque d’être entendu comme un chaos ou une confusion, d’où l’accusation — si fréquente, car trop facile — de panthéisme; — Dieu (Dyaus, le Ciel, ou le Seigneur céleste), menacé par l’immanence dans le devenir, comme on ne le voit que trop aujourd’hui; l’Être, mal distingué de l’existence; — ou encore le Maximum de Nicolas de Cuse, qui évoque trop la possibilité d’une comparaison, et celle d’un point d’arrêt. Nous ne critiquons pas ces appellations, dont nous nous servons nous-même; mais il est nécessaire qu’elles laissent entrevoir, derrière elles, un Fond transcendant et illimité…