{"id":11755,"date":"2012-07-23T23:33:45","date_gmt":"2012-07-23T22:33:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=11755"},"modified":"2012-07-24T00:10:29","modified_gmt":"2012-07-23T23:10:29","slug":"esquisse-pour-une-theorie-de-la-relativite-ontologique-par-daniel-verney","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/esquisse-pour-une-theorie-de-la-relativite-ontologique-par-daniel-verney\/","title":{"rendered":"Esquisse pour une th\u00e9orie de la relativit\u00e9 ontologique par Daniel Verney"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue 3<sup>e<\/sup> Mill\u00e9naire. N<sup>o<\/sup>8 ancienne s\u00e9rie. Mai-Juin 1983)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>Pour sortir de la logique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>binaire du vrai et du faux et<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>concevoir enfin l&rsquo;\u00eatre sous<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>des aspects multiples et<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"center\"><strong>qualitativement diff\u00e9rents.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Daniel Verney est polytechnicien, il travaille depuis longtemps sur des mod\u00e8les math\u00e9matiques en physique (notamment en hydrodynamique). Il s&rsquo;int\u00e9resse aussi \u00e0 la mod\u00e9lisation des syst\u00e8mes complexes (homme et environnement). Son objectif : tenter de mettre au point une th\u00e9orie de la description du r\u00e9el. C&rsquo;est cette esquisse que nous publions ici. Daniel Verney a d\u00e9j\u00e0 \u00e9nonc\u00e9 quelques-unes de ses id\u00e9es dans un livre, paru en 1974 chez Fayard sous le titre : <em>Fondements et Avenir de l&rsquo;astrologie<\/em>, qui \u00e9tait essentiellement une approche th\u00e9orique des relations du psychisme humain et de l&rsquo;univers astronomique. <a href=\"http:\/\/www.scribd.com\/doc\/100870398\/Daniel-Verney-Esquisse-pour-une-theorie-de-la-relativite-ontologique-1983\" target=\"_blank\"><em>Version PDF<\/em><\/a><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LE XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle vit en quelques d\u00e9cennies se cristalliser un mode de vision et de conception du monde qui non seulement accompagna la naissance de ce que nous appelons maintenant la m\u00e9canique classique mais permit l&rsquo;essor de la science moderne dans sa conqu\u00eate intellectuelle et technique d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;homme ; les temps forts de cette mutation furent : <em>l&rsquo;Astronomia nova<\/em> de Johannes Kepler (parue en 1609), le cart\u00e9sien <em>Discours de la m\u00e9thode<\/em> (1637) et \u2014 point d&rsquo;orgue aussi bien que point de d\u00e9part \u2014 les <em>Philosophiae Naturalis Principia Mathematica<\/em> d&rsquo;Isaac Newton (1687). Dans l&rsquo;une de ses magnifiques <em>Etudes newtoniennes<\/em> (Gallimard, 1968) le philosophe Alexandre Koyr\u00e9 r\u00e9sume ces transformations par deux faits majeurs qui sont : d&rsquo;une part la disparition, en tant que source de concepts et d&rsquo;explications, de la notion de Cosmos (au sens originel d&rsquo;univers ordonn\u00e9 par le divin) et d&rsquo;autre part la g\u00e9om\u00e9trisation de l&rsquo;espace, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;instauration pour le rep\u00e9rage et la description des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;un cadre homog\u00e8ne et abstrait, l&rsquo;espace d&rsquo;Euclide (auquel le XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle adjoindra les espaces encore plus abstraits des th\u00e9ories relativistes et quantiques). Koyr\u00e9 pr\u00e9cise (la phrase m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9e int\u00e9gralement) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab La disparition&#8230; du cosmos signifie que le monde de la science, le monde vrai, n&rsquo;est plus regard\u00e9 ou con\u00e7u comme un tout fini et hi\u00e9rarchiquement ordonn\u00e9, donc qualitativement et ontologiquement diff\u00e9renci\u00e9, mais comme un Univers ouvert, ind\u00e9fini, unifi\u00e9 non par sa structure immanente mais seulement par l&rsquo;identit\u00e9 de ses lois et de ses \u00e9l\u00e9ments fondamentaux ; un Univers dans lequel, en contraste avec la conception traditionnelle qui s\u00e9pare et oppose les deux mondes du devenir et de l&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la Terre et des Cieux, <strong>tous ses composants apparaissent situ\u00e9s au m\u00eame niveau ontologique<\/strong> (soulign\u00e9 par moi D.V.) : un Univers dans lequel la <em>physica coelestis<\/em> et la <em>physica terrestris<\/em> sont identifi\u00e9es et r\u00e9unies, dans lequel l&rsquo;astronomie et la physique deviennent interd\u00e9pendantes et unies par suite de leur commune soumission \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait que Kepler, qui fut peut-\u00eatre le premier \u00e0 introduire la math\u00e9matique comme norme de la connaissance du monde, justifiait les lois des mouvements plan\u00e9taires (qu&rsquo;il avait \u00e9nonc\u00e9es) par des consid\u00e9rations sur l&rsquo;harmonie musicale des sph\u00e8res c\u00e9lestes et les qualit\u00e9s diff\u00e9rentes donn\u00e9es par Dieu aux orbites, c&rsquo;est-\u00e0-dire en somme par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une divine astrologie. Moins de trente ans apr\u00e8s, Descartes, anim\u00e9 par l&rsquo;ambition proclam\u00e9e de construire la science nouvelle et totale du monde, pose les principes d&rsquo;un mod\u00e8le dans lequel les ph\u00e9nom\u00e8nes s&rsquo;encha\u00eeneraient rationnellement, m\u00e9caniquement, d\u00e9crivant un monde que certes Dieu n&rsquo;a pas abandonn\u00e9 (puisque, par exemple, il veille \u00e0 y maintenir constante la quantit\u00e9 totale de repos et de mouvement qu&rsquo;il y a mise \u00e0 la cr\u00e9ation), mais dont il se serait retir\u00e9 si l&rsquo;on ose dire sur la pointe des pieds, comme l&rsquo;horloger s&rsquo;\u00e9carte du m\u00e9canisme qu&rsquo;il vient de fabriquer. Mais Descartes, \u00e0 la fois emport\u00e9 par cet \u00e9lan d&rsquo;unification rationnelle dont le Discours de la m\u00e9thode est le premier manifeste et emp\u00eatr\u00e9 (du moins le voyons-nous ainsi&#8230;) par sa conception d&rsquo;un espace plein et continu ainsi que par d&rsquo;autres notions cl\u00e9s de sa m\u00e9taphysique, manqua compl\u00e8tement la cr\u00e9ation de la nouvelle physique, bien qu&rsquo;il eut, parmi divers traits de g\u00e9nie, invent\u00e9 la g\u00e9om\u00e9trie analytique et \u00e9nonc\u00e9 le principe d&rsquo;inertie&#8230; et construisit \u00e0 la place un syst\u00e8me du monde d&rsquo;une coh\u00e9rence et d&rsquo;une compl\u00e9tude extraordinaires mais sans doute trop \u00e9loign\u00e9 \u00e0 la fois de l&rsquo;exp\u00e9rimentation et du monde des math\u00e9matiques. Le fait que la \u00ab physique \u00bb cart\u00e9sienne se soit trouv\u00e9e au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle irr\u00e9sistiblement balay\u00e9e par la \u00ab vraie \u00bb physique, celle de Newton et de ses successeurs, ne devrait pourtant pas nous dissuader d&rsquo;aller voir du c\u00f4t\u00e9 des tourbillons de Descartes s&rsquo;il ne s&rsquo;y trouve pas quelques germes encore vivants&#8230; mais ceci est une autre histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut en effet Newton qui r\u00e9ussit \u00e0 faire la synth\u00e8se des prodigieux efforts d\u00e9ploy\u00e9s par les \u00ab g\u00e9ants \u00bb qui l&rsquo;avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 (et par de nombreux \u00ab philosophes de la nature \u00bb maintenant oubli\u00e9s) en cr\u00e9ant les concepts d&rsquo;espace, de temps et de mouvement de la m\u00e9canique classique, en unifiant dans la notion d&rsquo;\u00ab attraction universelle \u00bb des ph\u00e9nom\u00e8nes apparemment aussi dissemblables que le mouvement des plan\u00e8tes dans le syst\u00e8me solaire et la chute des corps \u00e0 la surface de la terre (<em>\u00e7a tourne<\/em> \u00e9gale <em>\u00e7a tombe<\/em>) et en inventant \u2014 en m\u00eame temps que Leibniz mais ind\u00e9pendamment de celui-ci \u2014 les outils math\u00e9matiques qui permettraient le d\u00e9ploiement op\u00e9rationnel de la nouvelle science. Certes, comme le souligne Koyr\u00e9, la pens\u00e9e de Newton est impr\u00e9gn\u00e9e de m\u00e9taphysique (comme l&rsquo;est sans doute celle des grands d\u00e9couvreurs) et certaines des notions qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9es, du fait m\u00eame qu&rsquo;elles r\u00e9alisent une synth\u00e8se (ou un compromis) entre m\u00e9taphysique, math\u00e9matiques et r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux, sont charg\u00e9es d&rsquo;irrationalit\u00e9 et m\u00eame de contradictions (ce dont Newton et certains de ses contemporains furent parfois conscients) : ainsi en est-il par exemple de cette \u00e9trange notion d&rsquo;\u00ab attraction \u00e0 distance \u00bb, \u00e0 la fois magique et scientifique, qui fut abondamment discut\u00e9e par les milieux pensants de l&rsquo;Europe au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et qui constitue pourtant l&rsquo;une des notions les plus efficaces de la science classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fait \u2014 dont on retrouve des \u00e9quivalents dans les sciences contemporaines \u2014 montre que le d\u00e9veloppement scientifique (au sens de la science moderne apparue au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) ne s&rsquo;est nullement op\u00e9r\u00e9 par \u00e9limination des notions m\u00e9taphysiques mais par un glissement r\u00e9ussi (et progressif) de celles-ci qui quittent l&rsquo;avant-sc\u00e8ne \u00e9clair\u00e9e de la th\u00e9orie du monde pour aller peupler le fond du th\u00e9\u00e2tre et les coulisses obscures d&rsquo;un extra-monde consid\u00e9r\u00e9 comme irrationnel, o\u00f9 elles continuent bien entendu \u00e0 vivre et \u00e0 \u00e9voluer et d&rsquo;o\u00f9 elles ne manqueront pas de faire retour lorsque les temps d&rsquo;une mutation seront accomplis. Newton r\u00e9alisa l&rsquo;\u00e9tape d\u00e9cisive de ce glissement en r\u00e9ussissant \u00e0 d\u00e9finir des concepts d&rsquo;espace, de temps et de mouvement d\u00e9pourvus \u2014 ou \u00e9pur\u00e9s \u2014 de toute valeur qualitative, et de ce point de vue il fit un \u00ab progr\u00e8s \u00bb d\u00e9cisif par rapport \u00e0 Descartes ; de plus il inaugura une m\u00e9thodologie op\u00e9rationnelle que l&rsquo;on peut appeler \u00ab atomistique \u00bb car elle consiste \u00e0 analyser et \u00e0 d\u00e9composer toute r\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;on \u00e9tudie en ses \u00e9l\u00e9ments ou composants \u00ab atomiques \u00bb pour en construire ensuite le mod\u00e8le par \u00ab sommation \u00bb (m\u00e9thodologie tout \u00e0 fait cart\u00e9sienne mais que Descartes n&rsquo;avait pu appliquer \u00e0 sa physique du fait de sa conception d&rsquo;un espace continu, non vide, sans particules). M\u00e9thodologie tout \u00e0 fait coh\u00e9rente avec le calcul des \u00ab fluxions \u00bb invent\u00e9 par Newton lui-m\u00eame et avec son pendant plus perfectionn\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Leibniz, le calcul diff\u00e9rentiel et int\u00e9gral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces aspects scientifiques et techniques bien connus des \u00e9pist\u00e9mologues convergent dans une caract\u00e9ristique plus profonde et d&rsquo;une port\u00e9e consid\u00e9rable, qu&rsquo;Alexandre Koyr\u00e9 est l&rsquo;un des rares \u00e0 avoir mis en lumi\u00e8re : la force de la synth\u00e8se newtonienne r\u00e9side fondamentalement dans l&rsquo;hypoth\u00e8se implicite qui la sous-tend et la soutient, et selon laquelle, pour reprendre les termes cit\u00e9s plus haut, tous les composants de l&rsquo;Univers apparaissent situ\u00e9s au m\u00eame niveau ontologique, tous les objets dont s&rsquo;occupe la connaissance scientifique appartiennent \u00e0 la m\u00eame qualit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre. Ce monisme ontologique a \u00e9t\u00e9 pendant deux si\u00e8cles le moteur de l&rsquo;essor scientifique et continue \u00e0 soutenir manifestement la dynamique de conqu\u00eate technologique du monde ; il reste de nos jours implicitement accept\u00e9 comme support des images ou mod\u00e8les que l&rsquo;on se fait en g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;activit\u00e9 scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce monisme ontologique est-il cependant en accord avec les d\u00e9veloppements survenus dans la science depuis le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, essentiellement : les th\u00e9ories relativistes et la m\u00e9canique quantique ? Est-il m\u00eame compatible avec les avanc\u00e9es les plus r\u00e9centes de cette derni\u00e8re ? Peut-il supporter les pressions qui s&rsquo;exercent de l&rsquo;ext\u00e9rieur des sciences de la nature pour faire reconna\u00eetre la sp\u00e9cificit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s psychiques ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N&rsquo;est-il pas de fait d\u00e9j\u00e0 caduc, et par quoi peut-on le remplacer ? Telles sont les questions qui se posent \u00e0 tous ceux qui se sentent concern\u00e9s par la mutation d\u00e9j\u00e0 en cours et bient\u00f4t in\u00e9vitable des modes de la connaissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0________________________________________<\/p>\n<table width=\"498\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"498\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alexandre_Koyr%C3%A9\" target=\"_blank\">Alexandre Koyr\u00e9<\/a> (1892-1964) : philosophe fran\u00e7ais d&rsquo;origine russe, sp\u00e9cialiste de la philosophie des sciences, auteur de nombreux ouvrages, notamment <em>\u00c9tudes galil\u00e9ennes<\/em> (1939) et <em>Etudes newtoniennes<\/em> (1964 dans l&rsquo;\u00e9dition am\u00e9ricaine, 1968 en France).<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gotthard_G%C3%BCnther\" target=\"_blank\">Gotthard Gunther<\/a> (1900-1984) : philosophe et logicien am\u00e9ricain d&rsquo;origine allemande ; d&rsquo;abord linguiste (sanscrit et chinois) et sp\u00e9cialiste des religions, s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la logique de Hegel, \u00e0 la science-fiction et \u00e0 la cybern\u00e9tique. S&rsquo;est consacr\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che de construire une nouvelle logique reli\u00e9e \u00e0 la cybern\u00e9tique mais allant beaucoup plus loin puisque visant \u00e0 rendre compte des aspects subjectifs et psychiques de la r\u00e9alit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/A._E._van_Vogt\" target=\"_blank\">Alfred E. van Vogt<\/a> (1912-2000)\u00a0: g\u00e9nial auteur de science-fiction am\u00e9ricain \u00a0(nombreux ouvrages traduits en fran\u00e7ais, notamment dans la collection J&rsquo;ai lu).<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Alfred_Korzybski\" target=\"_blank\">Alfred Korzybski<\/a> (1879-1950) : ing\u00e9nieur, math\u00e9maticien et philosophe am\u00e9ricain d&rsquo;origine polonaise, inventeur d&rsquo;une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale du \u00ab sens \u00bb, la \u00ab s\u00e9mantique g\u00e9n\u00e9rale \u00bb, qui, \u00e0 mon sens, a malheureusement \u00e9t\u00e9 banalis\u00e9e par ses successeurs et disciples.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>No\u00e9tique : expression de la philosophie de Edmund Husserl d\u00e9signant de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale ce qui est en rapport avec l&rsquo;esprit et la connaissance (en grec vo\u00fbs), par opposition \u00e0 hyl\u00e9tique qui d\u00e9signe ce qui est en rapport avec le v\u00e9cu concret et la perception du monde mat\u00e9riel.<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0________________________________________<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le philosophe et logicien Gotthard Gunther (cf. bibliographie in fine) a mis en \u00e9vidence les liens qui unissent n\u00e9cessairement l&rsquo;ontologie \u00e0 la logique. L&rsquo;ontologie peut \u00eatre vue sous deux aspects : un aspect conceptuel et explicit\u00e9 par les philosophes, constitu\u00e9 par l&rsquo;ensemble des r\u00e9flexions, r\u00e9ponses et concepts tournant autour de la question de la nature de l\u2019\u00catre et de l&rsquo;existence, et un aspect plus diffus, g\u00e9n\u00e9ralement plut\u00f4t pr\u00e9conceptuel, qui est form\u00e9 par la \u00ab vision du monde \u00bb adopt\u00e9e de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9ralement implicite dans les diverses conduites humaines et notamment dans la d\u00e9marche de \u00ab connaissance \u00bb au sens large. Quand tout va bien, c&rsquo;est-\u00e0-dire quand la d\u00e9marche de connaissance intellectuelle est dans sa phase de conqu\u00eate et de croissance, les scientifiques ne s&rsquo;occupent gu\u00e8re de l&rsquo;ontologie implicitement admise et laissent l&rsquo;ontologie explicite aux jeux des philosophes. Quand des probl\u00e8mes se posent concernant la nature du r\u00e9el et des \u00eatres \u00e9tudi\u00e9s par la connaissance intellectuelle dans le cadre des hypoth\u00e8ses couramment admises ou \u00e0 la lumi\u00e8re de th\u00e9ories nouvelles ou de r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux d\u00e9rangeants, certains scientifiques\u00a0\u00a0 en g\u00e9n\u00e9ral peu nombreux commencent \u00e0 s&rsquo;interroger sur l&rsquo;ontologie qui est la leur (encore qu&rsquo;ils emploient rarement le mot) : c&rsquo;est ce qui se passe actuellement, par exemple, \u00e0 propos de la m\u00e9canique quantique et des ph\u00e9nom\u00e8nes curieux qu&rsquo;elle para\u00eet impliquer, comme on peut le constater dans les ouvrages de Bernard d&rsquo;Espagnat (cf. bibliographie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gotthard G\u00fcnther fait remonter l&rsquo;ontologie moniste bien avant la \u00ab r\u00e9volution \u00bb scientifique du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aux choix d\u00e9cisifs que fit Aristote lorsqu&rsquo;il voulut formuler les r\u00e8gles de tout discours valable et valide concernant \u00ab le monde \u00bb : ce choix consiste \u00e0 admettre qu&rsquo;il existe d&rsquo;une part un monde \u00ab objectif \u00bb de la Nature et d&rsquo;autre part un domaine de la Pens\u00e9e qui sont deux aspects compl\u00e9mentaires d&rsquo;une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9taphysique fondamentale qui garantit l&rsquo;ad\u00e9quation des lois de la Pens\u00e9e aux lois de la Nature. Le monisme ontologique que nous rep\u00e9rons, \u00e0 la suite de Koyr\u00e9, dans le d\u00e9veloppement de la science moderne depuis le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle appara\u00eet, dans cette optique, comme le fruit m\u00fbri longuement de l&rsquo;ontologie aristot\u00e9licienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas le lieu de d\u00e9velopper ici les facteurs de cette maturation (qui l&rsquo;ont \u00e0 la fois favoris\u00e9e et r\u00e9alis\u00e9e dans le long terme) : il faut cependant signaler que la tradition \u00ab occidentale \u00bb r\u00e9sulte en grande partie de la convergence du courant grec avec le courant h\u00e9bra\u00efque, lequel apporte non seulement le monoth\u00e9isme mais aussi la notion m\u00e9taphysique de la Loi (qui ne se r\u00e9duit certainement pas \u00e0 la notion intellectuelle de \u00ab loi de la nature \u00bb). D&rsquo;autre part cette convergence se r\u00e9alise dans le christianisme qui apporte un \u00e9l\u00e9ment essentiellement nouveau : l&rsquo;incarnation de l&rsquo;amour divin dans l&rsquo;homme individuel, et jette les bases de ce qui pourrait \u00eatre une ontologie ternaire (corps, \u00e2me, esprit par exemple) ; le courant dominant de la philosophie et de la science m\u00e9di\u00e9vales, r\u00e9unissant Aristote et le christianisme, r\u00e9ussit la r\u00e9duction de l&rsquo;ontologie chr\u00e9tienne initialement trinitaire \u00e0 une ontologie dualiste, encore tr\u00e8s visible dans Kepler et m\u00eame dans Descartes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0________________________________________<\/p>\n<table width=\"450\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"450\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Monisme\u00a0: Syst\u00e8me philosophique selon lequel il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule sorte de r\u00e9alit\u00e9. Pour Spinoza, Dieu s&rsquo;identifie dans la nature, ce qui exclut tout dualisme ou pluralisme.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ontologie\u00a0: (Du grec ontos, \u00eatre et logos, science). Th\u00e9orie philosophique de la connaissance de ce qui est, de l&rsquo;\u00eatre en soi. L&rsquo;ontologie se confond avec la m\u00e9taphysique.<\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0________________________________________<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce dernier \u00e0 Newton, les savants-philosophes du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle r\u00e9ussirent l&rsquo;\u00e9tape suivante, qui permit, comme on l&rsquo;a vu, l&rsquo;essor de la science moderne : la r\u00e9duction de l&rsquo;ontologie dualiste \u00e0 une ontologie moniste. Pour celle-ci il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule nature, qu&rsquo;un seul type d&rsquo;\u00eatre, qui r\u00e9pondent \u00e0 des crit\u00e8res d&rsquo;\u00ab objectivit\u00e9 \u00bb et de \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb universels, tout ce qui ne satisfait pas ces crit\u00e8res \u00e9tant rejet\u00e9 dans un extra-monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet extra-monde est, selon les \u00e9poques et les instants, celui de la m\u00e9taphysique, de la religion, des fantasmes, de l&rsquo;imaginaire, de l&rsquo;irrationnel, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien entendu, l&rsquo;ontologie moniste confond les domaines de l&rsquo;\u00e2me et de l&rsquo;esprit dans un seul extra-monde car elle a besoin d&rsquo;une coupure radicale et d&rsquo;une seule. Ce faisant elle renforce les pouvoirs de la raison en tant qu&rsquo;outil d&rsquo;appr\u00e9hension et de conqu\u00eate d&rsquo;un monde ext\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;homme. En m\u00eame temps elle se prive des moyens de cr\u00e9er une v\u00e9ritable science du psychisme qui pourrait \u00eatre reli\u00e9e aux sciences de la nature, puisqu&rsquo;elle ne dispose ni de l&rsquo;ontologie ni de la logique \u00e0 plusieurs valeurs qui seraient n\u00e9cessaires pour cela (de ce point de vue les diff\u00e9rentes th\u00e9ories psychanalytiques apparaissent \u00e0 la fois comme r\u00e9alisant le retour de l&rsquo;ontologie refoul\u00e9e et comme manifestant l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9grer cette ontologie dans le paradigme scientifique moniste).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant \u2014 bien que le fait ne soit pas g\u00e9n\u00e9ralement reconnu \u00ad\u2014 que l&rsquo;ontologie moniste soit intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 la logique binaire du oui\/non, du vrai\/faux, et au tertium non datur (le tiers exclu) de la logique dite aristot\u00e9licienne. Dans cette combinaison de l&rsquo;ontologie et de la logique, toute r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9pond au statut binaire du positif et du n\u00e9gatif, et de plus, toute r\u00e9alit\u00e9 qui ne satisfait pas au crit\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 est rejet\u00e9e dans l&rsquo;extra-monde, elle n&rsquo;a tout simplement pas de r\u00e9alit\u00e9 : Gotthard G\u00fcnther a d\u00e9velopp\u00e9 ce point de vue de fa\u00e7on extr\u00eamement p\u00e9n\u00e9trante dans ses divers travaux et notamment dans <em>Cybernetic ontology and transjuctional operations<\/em> (1962, cf. bibliographie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Citons \u00e0 nouveau Koyr\u00e9 qui, \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9tude intitul\u00e9e <em>Sens et Port\u00e9e de la synth\u00e8se newtonienne <\/em>d\u00e9signe fort lucidement la cons\u00e9quence majeure de l&rsquo;ontologie moniste :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab &#8230; la science moderne&#8230; unit et unifia l&rsquo;Univers&#8230; Mais elle le fit en substituant \u00e0 notre monde de qualit\u00e9s et de perceptions sensibles, monde dans lequel nous vivons, aimons et mourons, un autre monde : le monde de la quantit\u00e9, de la g\u00e9om\u00e9trie r\u00e9ifi\u00e9e, monde dans lequel, bien qu&rsquo;il y ait de la place pour toute chose, il n&rsquo;y en a pas pour l&rsquo;homme. Ainsi le monde de la science \u2014 le monde r\u00e9el \u2014 s&rsquo;\u00e9loigna et se s\u00e9para enti\u00e8rement du monde de la vie, que la science a \u00e9t\u00e9 incapable d&rsquo;expliquer \u2014 m\u00eame par une explication dissolvante qui en ferait une apparence \u00ab subjective \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab En v\u00e9rit\u00e9, ces deux mondes sont tous les jours \u2014 et de plus en plus \u2014 unis par la praxis. \u00a0Mais pour la theoria ils sont s\u00e9par\u00e9s par un ab\u00eeme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab &#8230; C&rsquo;est en cela que consiste la trag\u00e9die de l&rsquo;esprit moderne qui \u00ab r\u00e9sout l&rsquo;\u00e9nigme de l&rsquo;univers \u00bb, mais seulement pour la remplacer par une autre : \u00ab l&rsquo;\u00e9nigme de lui-m\u00eame. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la trag\u00e9die n&rsquo;est peut-\u00eatre pas aussi d\u00e9finitivement nou\u00e9e que le pensait Alexandre Koyr\u00e9 : la coupure ne para\u00eet en effet irr\u00e9m\u00e9diable que si l&rsquo;on accepte le postulat implicite du monisme ontologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne serait-il pas possible d&rsquo;imaginer une forme de science acceptant de concevoir l&rsquo;\u00eatre sous des aspects multiples et qualitativement diff\u00e9rents, une science fond\u00e9e en somme sur une pluri-ontologie ? Cela n&rsquo;est pas une mince affaire car l&rsquo;ontologie moniste pr\u00e9sente, on l&rsquo;a vu, l&rsquo;important avantage d&rsquo;\u00eatre parfaitement coh\u00e9rente avec une logique bivalente, avec la logique du vrai-faux dont nous avons l&rsquo;habitude parce que nous en avons \u00e9t\u00e9 nourris d\u00e8s notre naissance, parce qu&rsquo;elle date en fait d&rsquo;Aristote. Cela fait pourtant quelques d\u00e9cennies que des auteurs de science-fiction parlent de logique \u00ab non-aristot\u00e9licienne \u00bb (par exemple Van Vogt dans <em>Le monde des non-A<\/em>) et qu&rsquo;Alfred Korzybski, l&rsquo;inventeur de la \u00ab S\u00e9mantique G\u00e9n\u00e9rale \u00bb, a \u00e9crit <em>Science and Sanity : an introduction to non-aristotelian systems and general semantics<\/em> (premi\u00e8re \u00e9dition : 1933 !).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les tentatives de Gunther et de Lupasco<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces auteurs ont parfaitement montr\u00e9 que dans la vie, dans la pratique, la logique binaire est utilis\u00e9e tant qu&rsquo;on se situe (de gr\u00e9 ou de force) dans un certain cadre d&rsquo;hypoth\u00e8ses existantes et\/ou admises, alors que d&rsquo;autres types de logiques sont appel\u00e9es \u00e0 la rescousse lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de changer de cadre de r\u00e9f\u00e9rence, c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de faire un choix, de prendre un risque, de cr\u00e9er, d&rsquo;inventer, ou tout simplement d&rsquo;ob\u00e9ir aux pulsions de l&rsquo;inconscient : dans ces cas le choix oui\/non est refus\u00e9, rejet\u00e9. Bien \u00e9videmment, le fonctionnement de ce processus de rejet reste pour le moment tout \u00e0 fait obscur. Aucun de ces auteurs \u2014 m\u00eame pas Korzybski malgr\u00e9 son \u00e9rudition \u2014 n&rsquo;ont pu d\u00e9finir les op\u00e9rations d&rsquo;une telle logique. Et pour cause diraient la plupart des sp\u00e9cialistes : une telle logique est tout simplement un mythe, une illusion. Il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9, par exemple, que les logiques modales ou plurivalentes peuvent se ramener \u00e0 la logique bivalente classique, plus ou moins complexifi\u00e9e par des perfectionnements techniques. Il en est de m\u00eame de la th\u00e9orie des \u00ab ensembles flous \u00bb (fuzzy sets) qui ne s&rsquo;est pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9e finalement plus performante qu&rsquo;une bonne description probabiliste. Tout cela est vrai dans le cadre d&rsquo;une ontologie moniste. Mais qu&rsquo;en serait-il dans une ontologie \u00ab plurielle \u00bb ou \u00ab poly-contexturale \u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est la question que s&rsquo;est pos\u00e9 Gotthard G\u00fcnther, le seul (du moins \u00e0 ma connaissance) qui ait conjugu\u00e9 ensemble le probl\u00e8me philosophique de l&rsquo;ontologie et le probl\u00e8me \u00ab technique \u00bb ou \u00ab scientifique \u00bb de la logique. Cet auteur a \u00e9tudi\u00e9 les correspondances possibles entre diff\u00e9rents types d&rsquo;ontologies caract\u00e9ris\u00e9es par leur \u00ab valence \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire par le nombre de types d&rsquo;\u00eatre ou de r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rentes qu&rsquo;elles admettent, et des logiques caract\u00e9ris\u00e9es par des valeurs multiples. L&rsquo;un des probl\u00e8mes que cet auteur tente de mod\u00e9liser est le suivant : comment repr\u00e9senter par les formules d&rsquo;une logique la possibilit\u00e9 qu&rsquo;a tout sujet de refuser une alternative binaire ? On peut imaginer que le refus est par exemple compl\u00e8tement \u00ab ouvert \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire indiff\u00e9renci\u00e9 quant aux issues hors de l&rsquo;alternative, ou bien partiellement ou encore totalement diff\u00e9renci\u00e9 quant \u00e0 ces issues : selon l&rsquo;ontologie de d\u00e9part et le nombre de valeurs ou de \u00ab places \u00bb disponibles dans la logique utilis\u00e9e, il sera possible de formaliser ou non ces diverses possibilit\u00e9s. D&rsquo;autre part, G. Gunther ne pose pas seulement le probl\u00e8me de la logique en termes de valeurs, mais aussi en termes de types de formules ou \u00ab morphogrammes \u00bb pouvant permettre une formalisation \u00e9ventuellement ind\u00e9pendante des symboles d\u00e9signant les valeurs et de leur sp\u00e9cification. Il resterait \u00e0 tester ces th\u00e9ories, ce qui ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 encore fait. Il serait int\u00e9ressant, d&rsquo;autre part, de rapprocher les travaux de Gotthard Gunther et ceux de St\u00e9phane Lupasco qui, de son c\u00f4t\u00e9, a pos\u00e9 une probl\u00e9matique assez voisine et propos\u00e9 une approche qui est plus un syst\u00e8me classificatoire qu&rsquo;une m\u00e9thodologie op\u00e9rationnelle pouvant d\u00e9boucher sur une formalisation. Ces deux auteurs ont eu le m\u00e9rite de se demander comment construire une science tenant compte des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques du psychisme. Lupasco, cherchant \u00e0 relier une telle science \u00e0 la macro et \u00e0 la microphysique, reste \u00e0 mon sens fortement marqu\u00e9 par l&rsquo;ontologie moniste, bien que son \u00ab syst\u00e8me \u00bb invite manifestement \u00e0 s&rsquo;en affranchir. Gunther fait, quant \u00e0 lui, une ouverture d\u00e9cisive et peut-\u00eatre g\u00e9niale en pr\u00e9sentant la possibilit\u00e9 de construire des ontologies et des logiques refusant une coupure d\u00e9finitive du monde en deux et permettant une voie de passage progressive et rep\u00e9rable du subjectif \u00e0 l&rsquo;objectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant d&rsquo;envisager ce que pourrait \u00eatre une science nouvelle fond\u00e9e sur une ontologie autre que l&rsquo;ontologie moniste, il n&rsquo;est pas inint\u00e9ressant d&rsquo;essayer de d\u00e9celer dans l&rsquo;\u00e9volution de la connaissance depuis la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (et pas seulement de la connaissance dite \u00ab scientifique \u00bb) les germes d&rsquo;une subversion ou d&rsquo;un d\u00e9passement de cette ontologie, en m\u00eame temps que les facteurs qui ont jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent emp\u00each\u00e9 cette mutation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut remarquer par exemple que les derni\u00e8res ann\u00e9es du XIX<sup>e<\/sup> et les premi\u00e8res ann\u00e9es du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle voient appara\u00eetre presque simultan\u00e9ment la psychanalyse freudienne et la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 d&rsquo;Einstein. La premi\u00e8re ouvre un domaine d&rsquo;investigation fondamentalement nouveau qui est celui de l&rsquo;\u00e2me humaine en tant qu&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tude, sous la forme de ce monstre qu&rsquo;est l&rsquo;inconscient. Monstre en effet puisque l&rsquo;inconscient, dans la vis\u00e9e de Freud, est objet d&rsquo;\u00e9tude en m\u00eame temps que structure \u00ab d\u00e9terminante \u00bb du sujet qui se livre (\u00e0 tous les sens du terme) \u00e0 cette \u00e9tude. D&rsquo;o\u00f9 le fait que d\u00e8s le d\u00e9but la psychanalyse se heurte au probl\u00e8me du retour sur soi, de la \u00ab self-r\u00e9f\u00e9rence \u00bb, qui est th\u00e9oriquement insoluble dans le cadre d&rsquo;une ontologie moniste (comme le montrera plus tard Gotthard G\u00fcnther, en utilisant entre autres les travaux de Heinz Von Foerster sur les syst\u00e8mes \u00ab self-organisants \u00bb), et qui, pratiquement, conduit \u00e0 l&rsquo;analyse interminable, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la r\u00e9currence infinie, interrompue seulement par un \u00e9v\u00e9nement qui tranche, produit du d\u00e9sir ou de la mort. Il est curieux de constater que l&rsquo;id\u00e9al de description scientifique de Freud reste fort m\u00e9caniste, en retard sur la \u00ab science-leader \u00bb de son \u00e9poque (\u00e9lectromagn\u00e9tisme) alors m\u00eame que les caract\u00e9ristiques qu&rsquo;il \u00e9nonce comme \u00e9tant celles de l&rsquo;inconscient, notamment le fait d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 une logique diff\u00e9rente de la logique binaire, exigeraient le recours \u00e0 une ontologie nouvelle (ou tr\u00e8s ancienne) r\u00e9int\u00e9grant l&rsquo;extra-monde o\u00f9 la science classique a refoul\u00e9 l\u2019\u00ab irrationnel \u00bb. Cette contradiction essentielle explique que la \u2014 ou les psychanalyse(s) \u2014 se soient d\u00e9velopp\u00e9(e)s comme des th\u00e9ories et des pratiques pr\u00e9tendant \u00e0 la scientificit\u00e9 mais manifestement non reconnues comme telles par la science officielle ; elle explique aussi tout simplement l&rsquo;impossibilit\u00e9 de refouler les psychanalyses dans l&rsquo;extra-monde d&rsquo;o\u00f9 elles sont issues et o\u00f9 elles plongent \u00e0 la recherche de leurs \u00ab objets \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien entendu cette contradiction a permis les interpr\u00e9tations les plus diverses de la pens\u00e9e freudienne ainsi que la naissance et la persistance du paradigme jungien qui, affirmant l&rsquo;autonomie de l&rsquo;ontologie et de la logique de l&rsquo;\u00e2me humaine, les relie \u00e0 juste titre aux diverses traditions m\u00e9taphysiques et spirituelles de l&rsquo;humanit\u00e9, mais renonce (sauf exceptions, voir par exemple Marie-Louise Von Franz, <em>Nombre et Temps<\/em>) \u00e0 faire des ponts avec les sciences contemporaines de la nature. Il est de fait que les diverses psychanalyses se r\u00e9clamant de Freud n&rsquo;y r\u00e9ussissent pas mieux, et, s&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 la forme des mythes plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 leur substance, se coupent de toute tradition. Il y a l\u00e0 aussi une exception, et de taille, \u00e0 savoir la pens\u00e9e de Jacques Lacan qui, structurant le psychisme selon trois cat\u00e9gories fondamentales nomm\u00e9es (dans un vocabulaire particulier qui ne correspond pas \u00e0 l&rsquo;acception habituelle de ces termes) l&rsquo;imaginaire, le r\u00e9el et le symbolique, entrouvre la porte \u00e0 une ontologie ternaire qui seule, vraisemblablement, permettra la cr\u00e9ation de la science nouvelle. L\u00e0 aussi les contradictions et les ambigu\u00eft\u00e9s (voulues ou non) laissent se d\u00e9velopper les interpr\u00e9tations les plus contradictoires entre elles, mais c&rsquo;est l\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne typique de notre \u00e9poque qui ne saurait d\u00e9courager les chercheurs vraiment motiv\u00e9s&#8230; Il n&rsquo;en reste pas moins que l&rsquo;autonomie du symbolique (par rapport aux autres instances que sont l&rsquo;imaginaire et le r\u00e9el), maintes fois proclam\u00e9e par Lacan, interdit toute interpr\u00e9tation de la pens\u00e9e de cet auteur dans le cadre d&rsquo;une ontologie moniste ou r\u00e9ductionniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;on revoit les cr\u00e9ations de Freud \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9flexions qui viennent d&rsquo;\u00eatre \u00e9bauch\u00e9es, il est difficile de ne pas les consid\u00e9rer comme l&rsquo;une des premi\u00e8res manifestations d&rsquo;une v\u00e9ritable r\u00e9volution de la connaissance, qui cl\u00f4t une p\u00e9riode d&rsquo;environ deux mille \u00e0 deux mille cinq cents ans (l&rsquo;\u00e8re \u00ab aristot\u00e9licienne \u00bb, pour la r\u00e9sumer tr\u00e8s grossi\u00e8rement) et en ouvre une autre encore impossible \u00e0 d\u00e9finir au d\u00e9but de ce si\u00e8cle mais que nous pourrons peut-\u00eatre apercevoir au d\u00e9but de l&rsquo;autre. Il faut aussi noter, comme point de rep\u00e8re et sans pousser autrement l&rsquo;analogie, l&rsquo;apparition \u00e0 la fin du si\u00e8cle dernier du bergsonisme et de sa conception du temps qui r\u00e9agit contre le temps uniforme de la physique newtonienne, et affirme \u00e0 sa fa\u00e7on l&rsquo;autonomie de la psych\u00e9 : bien entendu le temps bergsonien se rattacherait au courant de la pens\u00e9e jungienne plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 celui de Freud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La solution d&rsquo;Einstein<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re th\u00e9orie de la relativit\u00e9 d&rsquo;Einstein a souvent \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme une subversion de la conception classique de l&rsquo;espace et du temps alors qu&rsquo;elle en est plut\u00f4t le couronnement et l&rsquo;int\u00e9gration. Relativiser, cela consiste \u00e0 relier des notions qui \u00e9taient jusqu&rsquo;alors s\u00e9par\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 les rendre relatives l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre : un tel processus a toujours \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent compl\u00e9t\u00e9 (et compos\u00e9) par un autre qui tend \u00e0 rendre absolu le cadre dans lequel sont formul\u00e9es les nouvelles relations. Ainsi, les savants du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ont uni et relativis\u00e9 \u00e0 leur mani\u00e8re les diff\u00e9rentes notions de mouvement et de repos, d&rsquo;une part en les d\u00e9pouillant de toute coloration qualitative, en ne les consid\u00e9rant plus comme des propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques des corps individuels, et d&rsquo;autre part en les plongeant au sein d&rsquo;un espace euclidien absolu et en les rep\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un temps \u00e9galement absolu ; mais ils ont en m\u00eame temps rigoureusement s\u00e9par\u00e9 l&rsquo;espace du temps, introduisant ainsi en quelque sorte au sein m\u00eame de la nouvelle science le reflet de l&rsquo;insondable coupure qu&rsquo;ils venaient d&rsquo;introduire entre le monde objectif et l&rsquo;extra-monde : de ce point de vue la notion d&rsquo;action \u00e0 distance instantan\u00e9e de la physique newtonienne, m\u00eame si elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par Newton lui-m\u00eame comme une notion essentiellement math\u00e9matique plut\u00f4t que comme une r\u00e9alit\u00e9 proprement physique a, de par son ambigu\u00eft\u00e9 m\u00eame, servi de ciment permettant de colmater provisoirement et efficacement la br\u00e8che entre les deux morceaux, absolu chacun de son c\u00f4t\u00e9, que sont l&rsquo;espace euclidien et le temps newtonien uniforme. Il est clair que ce caract\u00e8re ambigu n&rsquo;a pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 Newton ni \u00e0 certains de ses contemporains. D&rsquo;autre part, d\u00e8s le d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup>, les d\u00e9veloppements de la thermodynamique, en introduisant dans la physique l&rsquo;irr\u00e9versibilit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes r\u00e9els (irr\u00e9versibilit\u00e9 en elle-m\u00eame ignor\u00e9e des \u00e9quations de la m\u00e9canique), auraient pu amener \u00e0 une contamination mutuelle de l&rsquo;espace et du temps si l&rsquo;on avait pu \u00e9tudier les interactions thermodynamiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle microscopique o\u00f9 seraient apparues des dur\u00e9es faibles et des vitesses tr\u00e8s grandes. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est produit lorsque l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et le magn\u00e9tisme ont \u00e9t\u00e9 unifi\u00e9s au sein de la th\u00e9orie \u00e9lectromagn\u00e9tique. L&rsquo;\u00e9lectrodynamique des corps en mouvement rendait tout \u00e0 fait intenable, \u00e0 la fois, la s\u00e9paration entre l&rsquo;espace et le temps et l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame d&rsquo;interaction instantan\u00e9e entre points de l&rsquo;univers s\u00e9par\u00e9s dans l&rsquo;espace. La solution apport\u00e9e par Einstein a consist\u00e9 \u00e0 relativiser les longueurs et les temps, et \u00e0 compenser cette relativisation par la cr\u00e9ation d&rsquo;un espace-temps ou continuum absolu, mais absolu de fa\u00e7on math\u00e9matique, c&rsquo;est-\u00e0-dire ind\u00e9pendant de tout espace concret et rendant inutile un milieu absolu au repos tel que l&rsquo;\u00ab \u00e9ther \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le param\u00e8tre qui repr\u00e9sente ce double processus de relativisation et d&rsquo; \u00ab absolutisation \u00bb est la vitesse de la lumi\u00e8re consid\u00e9r\u00e9e comme une constante ind\u00e9passable. Par ce coup de g\u00e9nie, Einstein \u00e9loignait encore plus la science de la \u00ab physique \u00bb cart\u00e9sienne et compl\u00e9tait en la couronnant l&rsquo;\u0153uvre accomplie par Newton : on peut dire qu&rsquo;il magnifiait l&rsquo;ontologie moniste en lui offrant enfin le r\u00e9f\u00e9rentiel absolu et abstrait qu&rsquo;il lui fallait pour d\u00e9crire tous les ph\u00e9nom\u00e8nes en termes g\u00e9om\u00e9triques. Il est clair par ailleurs qu&rsquo;Einstein avait en vue la simplicit\u00e9 maximum des lois de la nature, c&rsquo;est-\u00e0-dire leur r\u00e9duction \u00e0 un nombre restreint de formules invariantes, c&rsquo;est-\u00e0-dire valables dans tout l&rsquo;univers. Einstein condense lui-m\u00eame son point de vue dans sa Troisi\u00e8me conf\u00e9rence de mai 1921 o\u00f9 il introduit la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Si, du point de vue newtonien, il \u00e9tait tout \u00e0 fait naturel d&rsquo;\u00e9noncer les deux principes : \u00ab tempus est absolutum, spatium est absolutum \u00bb, on est oblig\u00e9 de dire, quand on adopte le principe de la relativit\u00e9 restreinte, \u00ab continuum spatii et temporis est absolutum \u00bb. Ici, \u00ab absolutum \u00bb ne signifie pas seulement quelque chose de physiquement r\u00e9el mais quelque chose \u00ab dont les propri\u00e9t\u00e9s physiques sont autonomes, capables de d\u00e9terminations physiques et qui cependant n&rsquo;est pas d\u00e9termin\u00e9<\/em> \u00bb.\u00bb Cette phrase m\u00e9ritait d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9e int\u00e9gralement car d&rsquo;une part elle r\u00e9sume clairement le caract\u00e8re fondamental de la relativit\u00e9 dite restreinte et d&rsquo;autre part elle exprime quelque chose qui ressemble curieusement aux contradictions internes de la notion newtonienne d&rsquo;\u00ab action \u00e0 distance \u00bb, ce qui semble montrer que tout processus d&rsquo;unification conceptuelle se paie par l&rsquo;introduction subreptice d&rsquo;une \u00ab contradiction \u00bb plus ou moins cach\u00e9e. Bien entendu Einstein ne voulait justement pas en rester \u00e0 cette d\u00e9termination qui n&rsquo;en est pas une, et c&rsquo;est pourquoi il a cr\u00e9\u00e9, continuant dans sa pulsion d&rsquo;unification conceptuelle la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, qui r\u00e9alise cette fois une g\u00e9om\u00e9trisation totale de la repr\u00e9sentation du monde. Dans une telle repr\u00e9sentation il n&rsquo;y a litt\u00e9ralement plus de jeu, ce qui porte \u00e0 sa perfection le monisme ontologique. Mais, en fait, le d\u00e9veloppement de la physique en tant que microphysique sous la forme de la m\u00e9canique quantique devait, au contraire, introduire du jeu dans la repr\u00e9sentation des ph\u00e9nom\u00e8nes&#8230; La relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;Einstein est rest\u00e9e une construction magnifique quelque peu en marge des avanc\u00e9es scientifiques dues \u00e0 la m\u00e9canique quantique, dont d\u00e9coule pratiquement toute la technologie actuelle (lasers, semi-conducteurs, technologie des ordinateurs, \u00e9tude des r\u00e9actions chimiques, etc.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait montrer (encore que ce ne soit pas simple) que les succ\u00e8s prodigieux de la m\u00e9canique quantique sont dus en grande partie \u00e0 ce que cette discipline a adopt\u00e9 de fait une ontologie dualiste, mais en la traduisant dans le cadre de l&rsquo;ontologie moniste en vigueur. Elle a ainsi poursuivi l&rsquo;objectif d&rsquo;unification conceptuelle et technique en acceptant comme un fait incontournable une dualit\u00e9 de nature entre le microscopique et le macroscopique, entre le corpusculaire et l&rsquo;ondulatoire, entre la position et la vitesse, etc., et en recouvrant cette faille b\u00e9ante par un principe op\u00e9ratoire (en lui-m\u00eame \u00ab incompr\u00e9hensible \u00bb) affirmant la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre ces aspects duels. Bien entendu il a fallu plus que cela pour que la m\u00e9canique quantique r\u00e9ussisse : il lui a fallu, surtout, d\u00e9velopper un formalisme math\u00e9matique fort compliqu\u00e9 et complexe pour rendre compte justement de ces dualit\u00e9s et les relier. On voit ce dualisme \u00e0 sa source en \u00e9tudiant par exemple les <em>Mathematical Foundations of Quantum Mechanics<\/em> de John Von Neumann. Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant qu&rsquo;Einstein ait toujours refus\u00e9 de voir dans la m\u00e9canique quantique une repr\u00e9sentation \u00ab compl\u00e8te \u00bb et satisfaisante du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s les ann\u00e9es 1927-30 Einstein avait d&rsquo;ailleurs rep\u00e9r\u00e9 certaines des implications des principes de base de la m\u00e9canique quantique et surtout du principe de compl\u00e9mentarit\u00e9 : ces implications apparaissent depuis quelques ann\u00e9es dans la notion de non-s\u00e9parabilit\u00e9, contradictoire avec les hypoth\u00e8ses relativistes, notion selon laquelle il pourrait y avoir interaction \u00ab instantan\u00e9e \u00bb entre deux r\u00e9gions de l&rsquo;espace-temps. La \u00ab non-s\u00e9parabilit\u00e9 \u00bb semble pourtant rigoureusement \u00e9tablie comme d\u00e9coulant des hypoth\u00e8ses de base de la m\u00e9canique quantique compl\u00e9t\u00e9es par d&rsquo;autres hypoth\u00e8ses relevant de la th\u00e9orie des ensembles. D&rsquo;autre part, les hypoth\u00e8ses de base de la m\u00e9canique quantique \u2014 et notamment le principe de compl\u00e9mentarit\u00e9 \u2014 sont admises par la quasi-totalit\u00e9 des physiciens dans le cadre d&rsquo;une \u00ab interpr\u00e9tation \u00bb de la m\u00e9canique quantique que l&rsquo;on justifie g\u00e9n\u00e9ralement en exhibant l&rsquo;extraordinaire efficacit\u00e9 de cette science, dont les d\u00e9veloppements th\u00e9oriques et les calculs ont toujours \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s par les r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les germes d&rsquo;une science diff\u00e9rente<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les choses ne sont \u00e9videmment pas simples et une certaine prudence s&rsquo;impose dans une question o\u00f9 les subtilit\u00e9s th\u00e9oriques se croisent avec les r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux, les uns et les autres prenant en fait leur sens dans le cadre non seulement d&rsquo;une \u00ab interpr\u00e9tation \u00bb (qui ne serait apr\u00e8s tout qu&rsquo;une mod\u00e9lisation parmi d&rsquo;autres, m\u00eame si elle a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent la plus efficace), mais surtout d&rsquo;un ensemble d&rsquo;hypoth\u00e8ses et axiomes qui ne sont pas tous explicit\u00e9s dans la plupart des discussions concernant notamment la non-s\u00e9parabilit\u00e9, hypoth\u00e8ses parmi lesquelles se situe en premier lieu le monisme ontologique, implicitement admis, et d&rsquo;autre part les axiomes de la th\u00e9orie des ensembles, qui ne sont peut-\u00eatre pas tous consistants avec les principes et axiomes de la m\u00e9canique quantique. Que se passerait-il si l&rsquo;on reprenait l&rsquo;interpr\u00e9tation de la m\u00e9canique quantique dans le cadre d&rsquo;une ontologie admettant deux (ou plus vraisemblablement trois) niveaux diff\u00e9rents de r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La non-s\u00e9parabilit\u00e9 pourrait alors appara\u00eetre comme impliqu\u00e9e par la m\u00e9canique quantique, gr\u00e2ce au caract\u00e8re dualiste (ou ternaire) de l&rsquo;ontologie associ\u00e9e \u00e0 cette science, et r\u00e9alis\u00e9e en fait, de fa\u00e7on non d\u00e9terministe (et peut-\u00eatre probabilisable) par des processus mettant en jeu un niveau ontologique diff\u00e9rent de celui o\u00f9 se situe l&rsquo;observation proprement dite. Il n&rsquo;y aurait pas alors de contradiction avec les th\u00e9ories relativistes, \u00e0 condition \u00e9videmment d&rsquo;admettre que celles-ci ne sont valables que dans le cadre d&rsquo;un espace-temps qui repr\u00e9senterait les conditions math\u00e9matiques de la manifestation mono-ontologique et ces conditions seulement, et qui ne pourrait plus, de son c\u00f4t\u00e9, pr\u00e9tendre \u00e0 repr\u00e9senter l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la manifestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les avanc\u00e9es scientifiques de ce XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui constituent vraisemblablement les germes d&rsquo;une science diff\u00e9rente qui int\u00e9grera et d\u00e9passera l&rsquo;actuelle, il en est une dont l&rsquo;impact est encore \u00e0 venir : il s&rsquo;agit des th\u00e9or\u00e8mes de Kurt G\u00f6del sur l&rsquo;incompl\u00e9tude des th\u00e9ories logiques formalis\u00e9es \u00e0 partir de l&rsquo;arithm\u00e9tique (1930-32) : bien que ces r\u00e9sultats soient tr\u00e8s souvent consid\u00e9r\u00e9s comme purement techniques et comme ne concernant que la logique formelle, je suis parmi ceux qui les consid\u00e8rent comme essentiels \u00e0 la compr\u00e9hension des mutations en cours. Bien entendu, ces th\u00e9or\u00e8mes n\u00e9cessitent une interpr\u00e9tation si l&rsquo;on pense en d\u00e9gager le sens m\u00e9taphysique et \u00e9pist\u00e9mologique, interpr\u00e9tation qui ne saurait \u00eatre que relative \u00e0 notre actuel niveau de connaissances et de conscience. Ces th\u00e9or\u00e8mes d\u00e9montrent que toute th\u00e9orie logique formalis\u00e9e qui poss\u00e8de les deux propri\u00e9t\u00e9s suivantes, \u00e0 savoir d&rsquo;\u00eatre consistante (c&rsquo;est-\u00e0-dire que ses axiomes ne se contredisent pas entre eux) et de contenir d&rsquo;autre part l&rsquo;arithm\u00e9tique \u00e9l\u00e9mentaire (la suite des nombres naturels), toute th\u00e9orie pr\u00e9sentant ces deux propri\u00e9t\u00e9s contient au moins une proposition ind\u00e9cidable, ou encore ind\u00e9montrable dans le cadre de la th\u00e9orie consid\u00e9r\u00e9e. Ces th\u00e9or\u00e8mes pr\u00e9sentent un aspect de limitation qui revient \u00e0 dire qu&rsquo;aucune th\u00e9orie logique formalis\u00e9e ne peut pr\u00e9tendre couvrir \u00e0 elle seule la totalit\u00e9 des formules et \u00a0des th\u00e9or\u00e8mes. D&rsquo;autre part les th\u00e9or\u00e8mes de G\u00f6del indiquent o\u00f9 se trouve l&rsquo;ouverture \u2014 et la faille \u2014 de toute d\u00e9marche conceptuelle : dans le choix et l&rsquo;abandon des hypoth\u00e8ses et axiomes. C&rsquo;est l\u00e0 que se situe le travail cr\u00e9atif de toute d\u00e9marche conceptuelle et c&rsquo;est l\u00e0 aussi qu&rsquo;elle rencontre la vie et la mort. Une telle interpr\u00e9tation des th\u00e9or\u00e8mes de G\u00f6del am\u00e8nerait donc \u00e0 consid\u00e9rer comme d\u00e9pourvue de sens et m\u00eame de possibilit\u00e9 de r\u00e9alisation toute tentative d&rsquo;enfermer \u00ab le monde \u00bb dans une seule th\u00e9orie conceptuelle consistante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela ne signifierait \u00e9videmment pas qu&rsquo;il faut abandonner l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;une unit\u00e9 de la connaissance et de l&rsquo;\u00eatre, mais qu&rsquo;il faut abandonner la pr\u00e9tention de l&rsquo;orgueilleux mental humain \u00e0 conceptualiser \u00ab le tout \u00bb, et admettre que l&rsquo;unit\u00e9 ne peut pas \u00eatre atteinte par une d\u00e9marche uniquement conceptuelle ; bien plus, qu&rsquo;elle ne peut \u00eatre \u00e9ventuellement v\u00e9cue qu&rsquo;\u00e0 travers l&rsquo;acceptation et le d\u00e9passement des multiplicit\u00e9s. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;enseignent toutes les traditions de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une telle perspective, la mutation qui s&rsquo;annonce dans la d\u00e9marche de connaissance et qui peut-\u00eatre va, elle aussi, \u00ab cristalliser \u00bb dans un avenir relativement proche \u2014 et qui ne saurais concerner seulement ce que nous appelons actuellement la \u00ab science \u00bb \u2014 une telle mutation pourrait \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;abandon du monisme ontologique, par la recherche de repr\u00e9sentation du r\u00e9el fond\u00e9es sur des ontologies polyvalentes. ou comme le dit Gotthard Giinther \u00ab poly-contexturales \u00bb, et par l&rsquo;utilisation de logiques associ\u00e9es \u00e0 ces ontologies. Bien entendu il ne s&rsquo;agirait nullement de l&rsquo;abandon de toute logique binaire du vrai-faux, cette logique restant irrempla\u00e7able et valide dans le cadre de toute ontologie moniste locale. Une telle d\u00e9marche supposerait \u00e9galement :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 de chercher \u00e0 ce que toute repr\u00e9sentation du r\u00e9el prenne en compte l&rsquo;existence de \u00ab niveaux \u00bb ou de \u00ab contextures \u00bb qualitativement diff\u00e9rents (par exemple trois niveaux r\u00e9servant dans tout champ de la manifestation la pr\u00e9sence de l&rsquo; \u00ab esprit \u00bb et de l&rsquo; \u00ab \u00e2me \u00bb \u00e0 travers le jeu des \u00ab formes \u00bb, ou encore, en d&rsquo;autres termes, la possibilit\u00e9 d&rsquo;avoir un aspect \u00ab hyl\u00e9tique \u00bb en relation avec un aspect \u00ab no\u00e9tique \u00bb <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a> \u00a0par des \u00ab processus \u00bb, etc.) ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 d&rsquo;admettre que ces diff\u00e9rents niveaux ou \u00ab contextures \u00bb ne rel\u00e8vent pas n\u00e9cessairement du m\u00eame type de formalisme logico-math\u00e9matique ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 d&rsquo;admettre que les processus qui font passer d&rsquo;un niveau \u00e0 l&rsquo;autre ne sont ni enti\u00e8rement d\u00e9terminables ou calculables (au sens de la th\u00e9orie du calcul effectif) ni m\u00eame n\u00e9cessairement probabilisables, bien qu&rsquo;\u00e9videmment la d\u00e9marche conceptuelle ait pour but de mettre en \u00e9vidence le maximum de processus calculables ou probabilisables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait il ne s&rsquo;agit de rien moins que de passer de la relativit\u00e9 physique \u00e0 la relativit\u00e9 ontologique : si l&rsquo;on admet qu&rsquo;il existe des niveaux ontologiques diff\u00e9rents, ce n&rsquo;est certainement pas pour revenir \u00e0 une classification des qualit\u00e9s sensibles irreli\u00e9es entre elles, mais au contraire pour comprendre et explorer les relations qui peuvent exister entre ces divers niveaux (de telles relations sont par exemple : le d\u00e9sir, la cr\u00e9ation, la mort). Il s&rsquo;agit donc de relativiser ces niveaux les uns par rapport aux autres, ce qui n\u00e9cessitera certainement de mettre en jeu une d\u00e9marche compl\u00e9mentaire tendant \u00e0 retrouver une certaine forme de l&rsquo;absolu, qui ne serait pas, cette fois, un absolu conceptuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re \u00e9tape de la construction d&rsquo;une telle relativit\u00e9 ontologique consistera sans doute \u00e0 \u00e9laborer une th\u00e9orie des domaines de manifestation qui serait, par exemple, ax\u00e9e sur la mise en jeu de deux processus compl\u00e9mentaires que l&rsquo;on pourrait appeler ascendant et descendant, incarnation et excarnation, naissance et mort, en donnant \u00e0 ces mots des acceptions en partie nouvelles et en tout cas non absolues&#8230; Le d\u00e9veloppement d&rsquo;une telle th\u00e9orie d\u00e9passe \u00e9videmment le cadre du pr\u00e9sent article, qui se veut seulement une esquisse, de m\u00eame que l&rsquo;\u00e9tude des cons\u00e9quences qui pourraient en r\u00e9sulter concernant notre mode de connaissance du monde en nous et de nous-m\u00eame dans le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>BIBLIOGRAPHIE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alexandre Koyr\u00e9 : <em>Etudes newtoniennes<\/em>, Biblioth\u00e8que des Id\u00e9es, Gallimard, 1968.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gotthard Gunther : <em>Beitr\u00e2ge zur Grundlegung einer operationsfcihigen Dialektik<\/em>, 3 tomes, Felix Meiner Verlag, Hamburg, 1976 ; notamment : \u00ab <em>Cybernetic ontology and transjunctional operations<\/em> \u00bb (tome I) paru \u00e9galement dans <em>Self-Organizing Systems<\/em>, Ed. M.C. Yovits and S. Cameron, Pergamon Press London, 1960.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marie-Louise Von Franz : <em>Nombre et Temps<\/em>, La Fontaine de Pierre, Paris, 1978, traduction d&rsquo;\u00c9tienne Perrot, de <em>Zahl und Zeit<\/em> (Ernst Klett Verlag, Stuttgart, 1970) .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Albert Einstein : <em>Sur l&rsquo;\u00e9lectrodynamique des corps en mouvement<\/em>, Gauthier-Villars, Paris, 1955 (traduction par M. Solovine du m\u00e9moire original de A. Einstein paru en 1905). <em>Quatre conf\u00e9rences sur la th\u00e9orie de la Relativit\u00e9<\/em>, Gauthier-Villars, Paris, 1976-80 (traduction par M. Solovine de conf\u00e9rences donn\u00e9es par A. Einstein en 1920).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">John Von Neumann : <em>Mathematical foundations of quantum mechanics<\/em>, Princeton University Press, 1955 (traduction de l&rsquo;allemand en am\u00e9ricain par Robert T. Beyer).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Richard P. Feynman : <em>Lectures on physics : Quantum Mechanics<\/em>, Addison-Wesley, Reading, Mass., USA, 1965.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bernard d&rsquo;Espagnat : <em>A la recherche du r\u00e9el<\/em>, Gauthier-Villars, Paris, 1979.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alfred Korzybski : <em>Science and Sanity, an introduction to non-aristotelian systems and General Semantics<\/em>, Institute of General Semantics, Lakeville, Conn, USA, 1933.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">St\u00e9phane Lupasco : <em>Les trois mati\u00e8res<\/em>, Julliard, Paris, 1960. <em>Du r\u00eave, de la math\u00e9matique et de la mort<\/em>, Christian Bourgois, Paris, 1971.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> Ces deux termes sont utilis\u00e9s par Husserl. Hyl\u00e9tique : ce qui a rapport \u00e0 la mati\u00e8re. 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