{"id":12283,"date":"2012-10-17T00:10:05","date_gmt":"2012-10-16T23:10:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=12283"},"modified":"2012-10-17T00:10:05","modified_gmt":"2012-10-16T23:10:05","slug":"entre-terre-et-grandes-landes-par-jean-markale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/entre-terre-et-grandes-landes-par-jean-markale\/","title":{"rendered":"Entre terre et grandes landes par Jean Markale"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup>39. Novembre-D\u00e9cembre 1980)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>FRAGMENTS D&rsquo;UN JOURNAL POUR UNE REFLEXION NOUVELLE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans un pays de granit que j&rsquo;\u00e9cris ces lignes. Je ne peux vivre dans un pays de b\u00e9ton, car le b\u00e9ton est un astre froid, mort depuis longtemps et que le soleil ne parvient pas \u00e0 r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer de son souffle. Je ne peux \u00e9crire que dans un pays de granit parce que seule cette roche est capable de transmettre le rayonnement intense de l&rsquo;univers. Des esprits chagrins diront que ce granit est malsain parce qu&rsquo;il contient du radium, de l&rsquo;uranium et divers \u00e9l\u00e9ments assez redoutables malgr\u00e9 leur quantit\u00e9 d\u00e9risoire. La Bretagne, avec ce socle granitique qui la caract\u00e9rise, est en effet l&rsquo;une des r\u00e9gions o\u00f9 la radioactivit\u00e9 est la plus forte, atteignant m\u00eame ce qu&rsquo;on nomme \u00ab le Seuil de tol\u00e9rabilit\u00e9 \u00bb. Apr\u00e8s tout, la Bretagne a toujours \u00e9t\u00e9 ouverte sur des mondes \u00e9tranges : il y souffle le vent de l&rsquo;Autre Monde celtique, celui qui ne se trouve pas en bas ou en haut, mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et il faut que le rayonnement de la terre y soit intense pour nos cerveaux engourdis par le gel de la logique aristot\u00e9licienne. Mais je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de penser que la seule centrale nucl\u00e9aire existant actuellement en Bretagne, \u00e0 Brennilis, se dresse au milieu d&rsquo;un mar\u00e9cage \u00e9trange, le Yeun Ellez, o\u00f9 la tradition place l&rsquo;entr\u00e9e du monde infernal. Co\u00efncidence ? Alors, comment se fait-il qu&rsquo;on veuille implanter une autre centrale nucl\u00e9aire \u00e0 Plogoff, non loin d&rsquo;une baie qui est connue comme \u00ab l&rsquo;Enfer de Plogoff \u00bb ? Il y a d&rsquo;\u00e9tranges rencontres entre l&rsquo;enfer et l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le h\u00e9ros et le pacte<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, si on survole le l\u00e9gendaire breton, on s&rsquo;aper\u00e7oit que le diable y est toujours pr\u00e9sent. Est-ce par suite d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne de rejet provoqu\u00e9 par la christianisation des anciens mythes pa\u00efens ? Je le crois. Les \u00eatres diaboliques des l\u00e9gendes bretonnes sont souvent des dieux rejet\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres pour cause d&rsquo;anath\u00e8me. Est-ce pour cela qu&rsquo;ils sont diablement int\u00e9ressants ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car le diable des l\u00e9gendes n&rsquo;est pas Satan, le Shatam h\u00e9bra\u00efque, l&rsquo;ange d\u00e9chu, symbole du Mal et que les Indo-Iraniens ont nomm\u00e9 Ariaman ou Aryman (et qui paradoxalement \u00e9tait l&rsquo;ancien dieu des Aryas, comme s&rsquo;en est souvenu, h\u00e9las, un certain Hitler). Le diable des l\u00e9gendes est \u00e9tymologiquement celui qui se jette en travers. Dans le sch\u00e9ma le plus courant, le h\u00e9ros de l&rsquo;histoire le rencontre \u00e0 un carrefour. Le diable appara\u00eet alors sous son aspect le plus humain, le plus courtois, mais aussi le plus inqui\u00e9tant, l&rsquo;aspect d&rsquo;un homme v\u00eatu de noir, ou encore sous une forme f\u00e9minine ambigu\u00eb, celle de la sorci\u00e8re, belle ou laide, mais toujours \u00e9nigmatique <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car le diable, par nature, d\u00e9range un ordre \u00e9tabli, une situation donn\u00e9e, une vie qui semblait trac\u00e9e d&rsquo;avance. La rencontre du diable, au carrefour, \u00e9quivaut \u00e0 une \u00e9tape fondamentale de la d\u00e9marche du h\u00e9ros. Tout \u00e0 coup, le temps s&rsquo;arr\u00eate, l&rsquo;espace est boulevers\u00e9, et surtout le sens de la qu\u00eate qui poursuivait inconsciemment le h\u00e9ros se trouve invers\u00e9. Et que le h\u00e9ros signe avec le diable le fameux pacte, ou qu&rsquo;il se contente d&rsquo;\u00e9couter ses paroles, rien n&rsquo;est plus comme avant. Il arrive \u00e9galement que le h\u00e9ros, cach\u00e9 sur un arbre, entende la voix du diable et apprenne ainsi des secrets refus\u00e9s au commun des mortels <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a>. Cach\u00e9 et donc prot\u00e9g\u00e9 des redoutables pouvoirs de la connaissance, le h\u00e9ros peut n\u00e9anmoins les pratiquer pour son usage personnel. L\u00e0 encore l&rsquo;\u00e9tape a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive, et le monde n&rsquo;est plus comme avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fond, le th\u00e8me de la Qu\u00eate du Graal n&rsquo;est pas diff\u00e9rent : il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeune h\u00e9ros, na\u00eff et quelque peu imb\u00e9cile, qui, de m\u00e9saventure en m\u00e9saventure, devient un homme accompli et un Sage, en possession des pouvoirs d&rsquo;une Connaissance c\u00f4toy\u00e9e sans cesse par les chevaliers mais qui \u00e9chappe \u00e0 leur volont\u00e9. Les m\u00e9saventures de Perceval sont autant de rencontres avec le diable. Et si dans la version christianis\u00e9e de Chr\u00e9tien de Troyes, encore plus dans le r\u00e9cit de Wolfram d&rsquo;Eschenbach ou dans celui de la Qu\u00eate, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment diabolique semble rejet\u00e9 comme contrecarrant la d\u00e9marche du h\u00e9ros, dans la version archa\u00efque, celle du Peredur gallois <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a>, les choses sont bien diff\u00e9rentes : le diable n&rsquo;y appara\u00eet que sous sa forme f\u00e9minine, celle de l&rsquo;Initiatrice. En effet, le h\u00e9ros s&rsquo;\u00e9gare tant qu&rsquo;il peut au cours de son voyage vers le Ch\u00e2teau des Merveilles. Il ne voit rien de ce qu&rsquo;il devrait voir. Il est perdu parmi les apparences que prennent les \u00eatres et les choses, dans un univers en contradiction avec lui-m\u00eame et qui est l&rsquo;image du chaos de l&rsquo;\u00e2me. Et c&rsquo;est le personnage de l&rsquo;Imp\u00e9ratrice, femme aux multiples visages, transfiguration de la M\u00e8re et de la Ma\u00eetresse, qui, attendant Peredur \u00e0 chaque crois\u00e9e des chemins, lui indique diaboliquement le sentier sur lequel il doit s&rsquo;engager.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;Autre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette rencontre de Peredur avec l&rsquo;Imp\u00e9ratrice, ou du h\u00e9ros d&rsquo;un conte populaire avec le diable, provoque donc une rupture : le h\u00e9ros se trouve brutalement confront\u00e9 avec un r\u00e9el qu&rsquo;il ne voyait pas et dont il n&rsquo;imaginait pas la puissance. Ce r\u00e9el, sous les traits d\u00e9mystifiants du diable ou de la sorci\u00e8re, c&rsquo;est sa propre image invers\u00e9e, comme dans un miroir. Alors il peut contempler l&rsquo;Autre, cet insaisissable personnage qui le hante et qu&rsquo;il n&rsquo;arrive pas \u00e0 ext\u00e9rioriser : l&rsquo;Autre, en effet, fait partie de lui-m\u00eame, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;au moyen d&rsquo;une v\u00e9ritable op\u00e9ration chirurgicale, le choc, qu&rsquo;il peut en accoucher. Et l\u00e0 r\u00e9side, comme une surprise, la d\u00e9couverte essentielle du h\u00e9ros de la qu\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car JE est AUTRE et pourtant JE n&rsquo;est pas AUTRE. Ce paradoxe ne se comprend que dans un contexte diff\u00e9rent de celui de la logique classique. Dans sa qu\u00eate du Ch\u00e2teau des Merveilles, Peredur-Perceval, dans un premier temps, ob\u00e9it aveugl\u00e9ment aux conseils de sa m\u00e8re. Il suit donc une \u00e9ducation traditionnelle dans le mauvais sens du terme, tradition recouvrant malheureusement trop souvent routine ou \u00ab ce qui va de soi \u00bb. D&rsquo;o\u00f9 les \u00e9checs du h\u00e9ros. La rencontre, qui le met en face de lui-m\u00eame, lui fait comprendre la multiplicit\u00e9 de son \u00eatre pourtant unique et m\u00eame singulier. A partir du moment o\u00f9 l&rsquo;Autre, sous une forme diff\u00e9rente, lui appara\u00eet, il peut comprendre que son \u00eatre rec\u00e8le de multiples formes toutes aussi uniques que celle \u00e0 laquelle il \u00e9tait habitu\u00e9. La prise de conscience fondamentale, celle qui est n\u00e9cessaire \u00e0 toute exp\u00e9rience, est de s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;Autre, que cet Autre soit un \u00eatre anim\u00e9, un v\u00e9g\u00e9tal ou un min\u00e9ral. Consid\u00e9rer une roche comme un soi ext\u00e9rieur est une des premi\u00e8res op\u00e9rations du Grand-\u0152uvre des Alchimistes. Cela devrait \u00eatre la premi\u00e8re des prises de conscience obligatoires dans tout syst\u00e8me coh\u00e9rent d&rsquo;\u00e9ducation. Nous en sommes \u00e9videmment bien loin. Mais c&rsquo;est alors qu&rsquo;appara\u00eet le diable, comme \u00e9l\u00e9ment de connaissance ou de conscience, je serai tent\u00e9 de dire m\u00eame : \u00e9l\u00e9ment de mauvaise conscience d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui s&rsquo;appuie sur des formes rigides, sur des dogmes immuables. On sait pourtant qu&rsquo;un dogme n&rsquo;est immuable que dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;ose pas y toucher. Un dogme n&rsquo;est valable que pour une \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e, correspondant \u00e0 un besoin pr\u00e9cis. Il est capable, lui aussi, de rev\u00eatir les aspects les plus contradictoires et les plus surprenants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est sans doute pour cela que le Druidisme, religion des anciens Celtes, ou du moins ce que nous en connaissons, a toujours refus\u00e9 de se laisser enfermer dans le pi\u00e8ge de la tradition \u00e9crite. L&rsquo;oralit\u00e9 lui conf\u00e9rait sa force et sa constante facult\u00e9 de se remettre en question. Il n&rsquo;y a pas de diable dans la tradition celtique pa\u00efenne, et cela parce qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas besoin de lui. Les plus anciens textes celtiques recueillis, et qui sont irlandais <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a>, sont formels sur ce point : le diable ne montre le bout de son nez que dans les r\u00e9cits o\u00f9 la christianisation, ayant apport\u00e9 avec elle la logique m\u00e9diterran\u00e9enne, a rationnalis\u00e9 des th\u00e8mes qui, dans l&rsquo;origine, \u00e9taient proprement irrationnels, ou plut\u00f4t para-rationnels. C&rsquo;est sans doute pourquoi les \u00e2ges classiques ont \u00e9cart\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de leur jeu ces textes qui d\u00e9rangeaient et qui n&rsquo;\u00e9taient que pu\u00e9rilit\u00e9s, voire diableries. Les soci\u00e9t\u00e9s organis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame se d\u00e9fendent avec violence quand on s&rsquo;avise de percer une fen\u00eatre dans un mur o\u00f9 elle n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9vue. L&rsquo;inquisition a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9fense d&rsquo;un certain christianisme autoritaire et d\u00e9positaire d&rsquo;une foi unique. Dans les religions o\u00f9 le dogme est soumis aux variances de l&rsquo;oralit\u00e9, une telle institution est non seulement impensable, mais en plus elle n&rsquo;aurait aucune raison d&rsquo;exister.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le philtre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le rejet de toute notion oui risque de troubler l&rsquo;ordre \u00e9tabli est quasi g\u00e9n\u00e9ral. Il s&rsquo;\u00e9tend dans tous les domaines. Ne s&rsquo;est-on pas d\u00e9barrass\u00e9, apr\u00e8s mai 1968, du ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab gauchiste \u00bb en le marginalisant, c&rsquo;est-\u00e0-dire en le tol\u00e9rant dans un cadre ext\u00e9rieur \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9. Cela a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 l&rsquo;universit\u00e9 de Vincennes. On ne l&rsquo;a cr\u00e9\u00e9e que pour pouvoir y fixer des abc\u00e8s. Lorsque ceux-ci sont devenus suffisamment purulents, on avait de bonnes raisons pour la d\u00e9truire, m\u00eame si officiellement on pr\u00e9tend que l&rsquo;exp\u00e9rience doit \u00eatre maintenue. Si Pascal vivait de nos jours, il \u00e9crirait s\u00fbrement des Provinciales pour d\u00e9noncer le j\u00e9suitisme du Pouvoir. Mais il faut avouer que c&rsquo;est de bonne guerre, une soci\u00e9t\u00e9 min\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur r\u00e9sistant beaucoup moins \u00e0 la fermentation que si elle est attaqu\u00e9e de l&rsquo;ext\u00e9rieur par un ennemi visible et qui est, en d\u00e9finitive, un \u00e9l\u00e9ment positif puisqu&rsquo;il permet la coh\u00e9sion de ladite soci\u00e9t\u00e9 (comme ce fut le cas pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale avec l&rsquo;Union Sacr\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;on peut tenter d&rsquo;expliquer une l\u00e9gende celtique universellement connue, mais non moins universellement obscure, celle de Tristan et Yseult. Assur\u00e9ment, c&rsquo;est l&rsquo;aventure qui peut pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e selon les crit\u00e8res les plus divers et les plus oppos\u00e9s. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour cela que cette l\u00e9gende; issue d&rsquo;Irlande pendant les \u00e2ges obscurs, s&rsquo;est r\u00e9pandue aussi facilement dans le monde entier, faisant r\u00eaver les uns parce que c&rsquo;est une belle histoire d&rsquo;amour, plongeant les autres dans des ab\u00eemes de perplexit\u00e9 : apr\u00e8s tout, on ne sait toujours pas qui est Yseult, ni qui est Tristan. Et chaque nouvelle r\u00e9daction de la l\u00e9gende d\u00e9clenche le m\u00eame processus d&rsquo;interrogation <a id=\"ftnref5\" href=\"#ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors du r\u00f4le proprement f\u00e9minin qui est celui d&rsquo;Yseult, la Femme-Soleil, que je pense avoir \u00e9clair\u00e9 longuement dans un ouvrage d\u00e9j\u00e0 ancien <a id=\"ftnref6\" href=\"#ftn6\">[6]<\/a>, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que rien n&rsquo;est dit encore sur ce sch\u00e9ma tragique qui est celui des deux amants r\u00e9unis dans l&rsquo;instant supr\u00eame et \u00e9ternel de la mort. Tout reste \u00e0 d\u00e9couvrir, notamment ce que contenait le philtre qu&rsquo;ils ont bu. Etait-ce un breuvage aphrodisiaque tel que l&rsquo;on en consommait autrefois dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 ou pendant le Moyen Age ? Je ne parle \u00e9videmment par de ces \u00e9lixirs commerciaux ridicules que la brutale lib\u00e9ration de la sexualit\u00e9 a fait appara\u00eetre dans des boutiques sp\u00e9cialis\u00e9es : l\u00e0, il y a de toute \u00e9vidence une escroquerie et une d\u00e9viance qui ne sont pas dues au diable, mais \u00e0 Satan lui-m\u00eame, Satan le triomphateur et le Destructeur, l&rsquo;anti-Amour, le ma\u00eetre de la N\u00e9gation. J&rsquo;ose pr\u00e9tendre au contraire que le philtre bu par Tristan et Yseult \u2014 et vers\u00e9 intentionnellement, sur l&rsquo;ordre d&rsquo;Yseult, par Brengwain, la suivante-d\u00e9esse, \u2014 \u00e9tait le MIROIR PARFAIT o\u00f9 l&rsquo;un et l&rsquo;autre se sont vus dans leur r\u00e9alit\u00e9. Il n&rsquo;y a donc rien d&rsquo;aphrodisiaque dans le philtre, seulement la conscience fulgurante de la compl\u00e9mentarit\u00e9 de deux \u00eatres. Et c&rsquo;est cela qui est la plus haute d\u00e9finition de l&rsquo;Amour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Union fauss\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car cet \u00e9trange miroir o\u00f9 se trouvent cach\u00e9es des choses diablement int\u00e9ressantes refl\u00e8te ce que les \u00eatres n&rsquo;osent pas sortir d&rsquo;eux-m\u00eames \u00e0 cause des interdits de la conscience morale et de la maturation culturelle dont ils sont les objets serviles. C&rsquo;est le miroir d&rsquo;Alice, mais comme Alice est une nymphette impub\u00e8re et solitaire, ce sont ses fantasmes masturbatoires qui prennent corps. Ou mieux, ce sont les fantasmes de Lewis Carroll, superbe nympholepte comme le sera plus tard son compatriote John Cowper Powys <a id=\"ftnref7\" href=\"#ftn7\">[7]<\/a>. Tandis que Tristan et Yseult, eux, prennent conscience, par leur image invers\u00e9e, de ce qui est autre en eux, et donc de ce qui d\u00e9range le cours normal des choses. Et le cours normal des choses, c&rsquo;est le mariage d&rsquo;Yseult avec le roi Mark, mariage dans lequel elle se donnera vierge \u00e0 l&rsquo;\u00e9poux que la soci\u00e9t\u00e9 androcratique lui a choisi, paradoxalement mais logiquement par le biais de Tristan lui-m\u00eame <a id=\"ftnref8\" href=\"#ftn8\">[8]<\/a>. Le diable s&rsquo;est jet\u00e9 en travers. L&rsquo;union d&rsquo;Yseult avec Mark sera fauss\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part, et c&rsquo;est ce que la Soci\u00e9t\u00e9 ne pardonnera jamais aux deux amants, usant contre eux de toutes les inquisitions dont elle dispose jusqu&rsquo;\u00e0 leur destruction biologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Yseult est sorci\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les expressions utilis\u00e9es par le sens commun pour d\u00e9signer l&rsquo;\u00e9tat des deux amants, sont r\u00e9v\u00e9latrices des censures sociales qui p\u00e8sent sur eux. Tristan et Yseult ont notamment \u00ab le diable au corps \u00bb. Tristan est atteint de folie furieuse et Yseult a, tr\u00e8s prosa\u00efquement, \u00ab le feu au cul \u00bb, ce qui sous-tend une notion d&rsquo;enfer. D&rsquo;ailleurs, Yseult n&rsquo;est-elle pas une \u00ab diablesse \u00bb ? N&rsquo;a-t-elle pas le don de gu\u00e9rir les blessures empoisonn\u00e9es ? Le plus ennuyeux pour la Soci\u00e9t\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut pas la traiter de \u00ab pute \u00bb. Ce serait pourtant si commode, la putain justifiant la morale et l&rsquo;ordre d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 bien \u00e9tablie. Mais on a beau chercher, Yseult n&rsquo;est pas une \u00ab pute \u00bb, \u00e0 la diff\u00e9rence de Gu\u00e9ni\u00e8vre, l&rsquo;\u00e9pouse du roi Arthur, dont le r\u00f4le mythologique est fondamentalement oppos\u00e9 <a id=\"ftnref9\" href=\"#ftn9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car Yseult est sorci\u00e8re. Elle a h\u00e9rit\u00e9 de sa m\u00e8re, la reine d&rsquo;Irlande, le don de gu\u00e9rir. Voil\u00e0 qui est d\u00e9j\u00e0 diabolique. Mais dans le sch\u00e9ma de la l\u00e9gende, trois blessures rythment l&rsquo;aventure. La premi\u00e8re blessure est celle inflig\u00e9e par le Morholt, oncle d&rsquo;Yseult. La seconde blessure est celle qui d\u00e9coule du combat avec le grand serpent cr\u00eat\u00e9 d&rsquo;Irlande, image symbolique du pouvoir paternel qu&rsquo;il faut vaincre pour obtenir Yseult. Yseult gu\u00e9rit les deux blessures de Tristan. La troisi\u00e8me, celle de la fin de l&rsquo;histoire, sera par contre fatale aux deux amants, car Yseult arrivera trop tard. Mais il reste \u00e0 s&rsquo;interroger sur les trois blessures de Tristan : sont-elles r\u00e9elles sur le plan corporel ou sont-elles de simples images destin\u00e9es \u00e0 accentuer l&rsquo;appartenance de Tristan \u00e0 Yseult ? Car, ce n&rsquo;est plus \u00e0 d\u00e9montrer, Yseult est D\u00e9esse solaire tandis que Tristan est Dieu lunaire. Par cons\u00e9quent, en bonne logique commune, la lune ne peut survivre que si elle est \u00e9clair\u00e9e par les rayons du soleil. Sinon, elle n&rsquo;est plus que Lune Noire, et les Grecs la nommaient H\u00e9cate, la sinistre d\u00e9esse des carrefours. Tristan est actif, il est l&rsquo;un des plus braves \u2014 et des plus cultiv\u00e9s \u2014 de son temps. Il faut qu&rsquo;il puise son \u00e9nergie quelque part. Et o\u00f9 le pourrait-il sinon dans les rayons \u00e9mis par la figure solaire d&rsquo;Yseult ? Etrange univers o\u00f9 la d\u00e9esse du Soleil prime sur le Dieu-Lune des soci\u00e9t\u00e9s androcratiques&#8230; Mais ne sait-on pas qu&rsquo;Apollon, le gu\u00e9risseur, \u00e9tait \u00e9galement capable de lancer des fl\u00e8ches pour tuer ou blesser ? Cette terrible ambigu\u00eft\u00e9 de la divinit\u00e9, nous la retrouvons dans le cas de Tristan et Yseult.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La br\u00fblure d&rsquo;amour<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis de Rougemont, dans son essai d\u00e9sormais classique sur <em>l&rsquo;Amour et l&rsquo;Occident<\/em>, met l&rsquo;accent sur la br\u00fblure que ressentent Tristan et Yseult et qui \u2014 fatalit\u00e9 du philtre \u2014 les oblige \u00e0 s&rsquo;aimer physiquement sous peine de perdre la vie. Le roman en prose de Tristan pr\u00e9cise m\u00eame que Tristan ne pouvait survivre que s&rsquo;il s&rsquo;unissait \u00e0 Yseult dans les d\u00e9lais absolus. D&rsquo;o\u00f9 les fr\u00e9quents retours de Tristan d\u00e9guis\u00e9 \u00e0 la cour du roi Mark. Il n&rsquo;est pas difficile de reconna\u00eetre ici les phases de la lune. Parvenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de Lune Noire, Tristan est oblig\u00e9 de se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer au contact de la solaire ma\u00eetresse qui lui infuse sa nouvelle lumi\u00e8re. Sinon sa blessure se rouvrirait et il perdrait son sang. Et c&rsquo;est la br\u00fblure d&rsquo;une blessure jamais compl\u00e8tement gu\u00e9rie qui le pousse vers le corps d&rsquo;Yseult. Mais alors pourquoi parler des blessures de Tristan et passer sous silence celles qui marquent la chair d&rsquo;Yseult. Certes, la premi\u00e8re blessure de Tristan est celle qui correspond \u00e0 son amour inconscient, la deuxi\u00e8me \u00e9tant le pr\u00e9mice de la r\u00e9v\u00e9lation du philtre. Mais Yseult ? S&rsquo;il est vrai que les deux h\u00e9ros ont vu dans le miroir leur fulgurante compl\u00e9mentarit\u00e9. \u00ab Ni vous sans moi, ni moi sans vous \u00bb, dit l&rsquo;un des textes de la l\u00e9gende. Incontestablement. Yseult est bless\u00e9e, et sa blessure n&rsquo;est pas celle que Tristan lui a inflig\u00e9e lors de leur premi\u00e8re \u00e9treinte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa blessure, comme celle de Tristan, est celle du sexe. On a tendance \u00e0 oublier que \u00ab sexe \u00bb signifie \u00ab s\u00e9paration \u00bb, \u00ab coupure \u00bb, et que la br\u00fblure dont parle Denis de Rougemont, br\u00fblure inextinguible dans le cas d&rsquo;amants parfaits comme Tristan et Yseult, est la marque vivante de la lointaine s\u00e9paration qui fit de l&rsquo;Androgyne primitif le couple. L&rsquo;imperfection des \u00eatres est sans doute due \u00e0 cette s\u00e9paration. Et la Divinit\u00e9, qui, par d\u00e9finition, ne peut \u00eatre que parfaite, est n\u00e9cessairement androgyne. N&rsquo;y a-t-il pas au fond de chacun de nous une bisexualit\u00e9 latente qui se r\u00e9veille parfois d&rsquo;\u00e9trange fa\u00e7on ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, la vie d&rsquo;un \u00eatre humain se passe \u00e0 chercher l&rsquo;Autre, le double invers\u00e9. Herbert Marcuse a mis en \u00e9vidence que l&rsquo;activit\u00e9 humaine, le progr\u00e8s de la civilisation \u00e9taient les cons\u00e9quences du report de ce qu&rsquo;il nomme le principe de plaisir : ne pouvant atteindre imm\u00e9diatement ce plaisir absolu auquel il tend, l&rsquo;individu le projette sur l&rsquo;avenir et agit de telle sorte qu&rsquo;il s&rsquo;en rapproche le plus possible. Mais la soci\u00e9t\u00e9 se garde bien de permettre \u00e0 l&rsquo;individu de parvenir au stade d&rsquo;ach\u00e8vement, car elle se priverait alors de l&rsquo;activit\u00e9 dudit individu. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;histoire de Tristan et Yseult est proprement scandaleuse, et c&rsquo;est pourquoi on l&rsquo;a \u00e9dulcor\u00e9e en en faisant un cas extraordinaire, en d\u00e9culpabilisant leur amour \u2014 non volontaire puisque d\u00fb \u00e0 la fatalit\u00e9 du philtre \u2014 et en culpabilisant l&rsquo;adult\u00e8re, au second degr\u00e9, puisque la mort devient la seule issue possible \u00e0 cette aventure. On imagine la port\u00e9e du scandale si Tristan et Yseult avaient \u00e9t\u00e9 deux hommes, ou deux femmes ! Car l&rsquo;homosexualit\u00e9 ne change rien au probl\u00e8me : il s&rsquo;agit toujours de deux \u00eatres qui se cherchent. Mais alors que la sexualit\u00e9 dite normale peut d\u00e9boucher sur la procr\u00e9ation, dont la soci\u00e9t\u00e9 ne peut se passer, et qu&rsquo;elle encourage, l&rsquo;homosexualit\u00e9, qui ne d\u00e9bouche sur rien d&rsquo;autre que le principe de plaisir, est intol\u00e9rable, sinon comme d\u00e9viance marginale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et si l&rsquo;on va au-del\u00e0 des termes normalis\u00e9s, le principe de plaisir n&rsquo;est pas diff\u00e9rent de l&rsquo;Amour consid\u00e9r\u00e9 dans sa phase ultime et totale. La r\u00e9pression sociale a \u0153uvr\u00e9 de telle sorte que la sexualit\u00e9 s&rsquo;est trouv\u00e9e r\u00e9duite aux seuls organes sexuels alors qu&rsquo;elle concerne l&rsquo;\u00eatre tout entier dans sa vie biologique, dans sa vie psychique et aussi dans sa vie spirituelle, ce qu&rsquo;on oublie volontiers. Qu&rsquo;on relise les \u00e9crits r\u00e9els ou suppos\u00e9s des grands mystiques de n&rsquo;importe quelle religion. Th\u00e9r\u00e8se d&rsquo;Avila atteint l&rsquo;orgasme supr\u00eame avec Dieu lui-m\u00eame. Alors l&rsquo;individu n&rsquo;est plus enferm\u00e9 dans sa d\u00e9sesp\u00e9rante solitude. Il cr\u00e9e, avec l&rsquo;Autre, le nouvel \u00eatre, celui qui est potentiel en chacun de nous mais qui ne peut surgir des t\u00e9n\u00e8bres que par la fulgurance de l&rsquo;union avec l&rsquo;Autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Je suis un corps et&#8230; le monde<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce moment, l&rsquo;individu peut s&rsquo;\u00e9crier : \u00ab Je suis l&rsquo;Autre. \u00bb Et cela voudra dire r\u00e9ellement : \u00ab Je suis Autre. \u00bb L&rsquo;enfermement de l&rsquo;individu est aboli dans l&rsquo;instant. Il n&rsquo;y a aucune diff\u00e9rence entre l&rsquo;\u00e9clatement orgasmique et la prise de conscience que l&rsquo;\u00eatre, appartenant \u00e0 tout, EST TOUT. Mais l&rsquo;environnement culturel qui a \u00e9t\u00e9 longtemps le n\u00f4tre a fait que la notion d&rsquo;appartenance a \u00e9t\u00e9 fauss\u00e9e. On a trop r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que l&rsquo;Homme avait le monde \u00e0 sa disposition. On sait maintenant ce qu&rsquo;il eut est : \u00e0 force d&rsquo;avoir le monde et de l&rsquo;avoir exploit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9truit, l&rsquo;homme se d\u00e9truit lui-m\u00eame. Car l&rsquo;homme est le monde. Le verbe avoir n&rsquo;existait pas en latin, du moins dans son sens actuel de \u00ab poss\u00e9der\u00a0\u00bb. Il existe dans les langues dominantes de notre \u00e9poque, ce qui est significatif. Mais il n&rsquo;existe pas dans des langues dites vernaculaires comme le breton ou le gallois qui sont d&rsquo;essence purement orale, donc proches de la vie instinctive quotidienne, proches d&rsquo;une nature non encore agonisante. Quand donc pourrons-nous dire en langue fran\u00e7aise, de fa\u00e7on courante, \u00ab Je suis un corps \u00bb et non \u00ab J&rsquo;ai un corps \u00bb, \u00ab Je suis le monde \u00bb et non \u00ab J&rsquo;ai le monde \u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et quand pourrons-nous entendre un homme prononcer non pas \u00ab J&rsquo;ai une femme \u00bb mais \u00ab Je suis une femme \u00bb ? Car la solution du probl\u00e8me de l&rsquo;\u00eatre passe par la reconnaissance de l&rsquo;Autre comme identique \u00e0 soi-m\u00eame. Sagesse \u00e9l\u00e9mentaire, certes, mais combien difficile \u00e0 restaurer dans sa pl\u00e9nitude !&#8230; Fran\u00e7ois d&rsquo;Assise n&rsquo;avait pas dit autre chose, pourtant, mais on se contente de lui \u00e9lever des statues dans les \u00e9glises. Merlin l&rsquo;Enchanteur, lui aussi, ou du moins ceux qui l&rsquo;ont fait parler, nous a donn\u00e9 cette le\u00e7on de choses : Je suis le Roc, je suis l&rsquo;Arbre, je suis l&rsquo;Eau, je suis le Feu&#8230; Le barde gallois Taliesin aussi, dont le plus \u00e9trange po\u00e8me le Cad God-deu <a id=\"ftnref10\" href=\"#ftn10\">[10]<\/a> est une identification totale de l&rsquo;\u00eatre au monde v\u00e9g\u00e9tal. Il semble bien qu&rsquo;autrefois on \u00e9tait ouvert sur les choses. Depuis, l&rsquo;homme classique, cern\u00e9 dans les \u00e9taux d&rsquo;une raison abstraite, a oubli\u00e9 que l&rsquo;Esprit ne peut s&rsquo;exprimer que par la chair, et que cette chair est issue des min\u00e9raux de la terre et de l&rsquo;eau du ciel. A force de nier la chair, on en est venu \u00e0 nier l&rsquo;Amour. Et \u00e0 oublier que la seule fa\u00e7on d&rsquo;assurer notre dignit\u00e9 humaine est d&rsquo;atteindre \u00e0 l&rsquo;amour universel des \u00eatres et des choses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pourquoi j&rsquo;\u00e9cris ces lignes d&rsquo;un pays de granit. Le granit de mon pays est charg\u00e9 d&rsquo;uranium, cet \u00e9l\u00e9ment de destruction implacable qui est aussi la preuve que les roches vivent et se r\u00e9pandent sur le monde. Je suis le granit de mon pays. C&rsquo;est dans cette mesure que je peux pr\u00e9tendre \u00e0 ma nature humaine.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> Voir en particulier <em>les contes la Boule de Feu<\/em>, p. 91, et <em>Yann, le chasseur<\/em>, p. 198, dans J. Markale, <em>Contes populaires de toutes les Bretagnes<\/em>, Rennes, Ouest-France, 1977.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Voir le conte bourguignon <em>le P\u00e8re Roquelaure<\/em>, p. 111, dans J. Markale, <em>Contes populaires de toute la France<\/em>, tome 1, Paris, Stock, 1980.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> Ce magnifique r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9, par les soins de jean-Pierre Le Dantec, ainsi que les autres r\u00e9cits du Moyen Age gallois, clans la traduction jusqu&rsquo;alors introuvable de Joseph Loth, <em>les Mabinogion<\/em>, Paris, les Presses d&rsquo;Aujourd&rsquo;hui, 1979.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> Lire la r\u00e9\u00e9dition de l&rsquo;ouvrage fondamental de Georges Dottin, <em>l&rsquo;Epop\u00e9e irlandaise<\/em>, introduction et notes de J. Markale, Paris, les Presses d&rsquo;Aujourd&rsquo;hui, 1980.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn5\" href=\"#ftnref5\">[5]<\/a> Il faut signaler l&rsquo;excellente adaptation de la l\u00e9gende par Michel Manoll, sous le titre <em>Tristan et Yseult<\/em>, Paris, Jean Picollec, 1980.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn6\" href=\"#ftnref6\">[6]<\/a> Dans un chapitre intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Yseult ou la Dame du Verger \u00bb de mon ouvrage <em>la Femme Celte<\/em>, Paris, Payot, 1972.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn7\" href=\"#ftnref7\">[7]<\/a> En particulier dans son roman <em>Maiden Castle<\/em>, traduit en fran\u00e7ais sous le titre de <em>Camp retranch\u00e9<\/em> (Paris, Grasset, 1971). La nympholeptie consiste \u00e0 avoir une attitude sexuellement passive, mais teint\u00e9e d&rsquo;adoration, envers de tr\u00e8s jeunes filles. C&rsquo;\u00e9tait le cas, non avou\u00e9, de Lewis Carroll et parfaitement conscient de Powys.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn8\" href=\"#ftnref8\">[8]<\/a> C&rsquo;est Tristan qui pousse Mark \u00e0 \u00e9pouser Yseult et qui se charge d&rsquo;aller la qu\u00e9rir en Irlande. Sur le plan psychanalytique, Tristan n&rsquo;a pas encore conscience de son amour pour Yseult, aveugl\u00e9 qu&rsquo;il est par les normes de la Soci\u00e9t\u00e9 patriarcale dont il est le fid\u00e8le soutien. La r\u00e9v\u00e9lation loi est donn\u00e9e par le philtre, c&rsquo;est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 Yseult l&rsquo;oblige \u00e0 regarder son visage.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn9\" href=\"#ftnref9\">[9]<\/a> Gu\u00e9ni\u00e8vre, d\u00e9tentrice de la Souverainet\u00e9, est la Prostitu\u00e9e royale o\u00f9 divine qui donne ses pouvoirs \u00e0 ses amants \u00e0 charge pour ceux-ci d&rsquo;\u0153uvrer pour l&rsquo;\u00e9quilibre du royaume. Le personnage archa\u00efque de Gu\u00e9ni\u00e8vre a de nombreuses aventures et ce n&rsquo;est que plus tard qu&rsquo;on a fix\u00e9 l&rsquo;amour exclusif qu&rsquo;elle porte \u00e0 Lancelot, lui-m\u00eame personnage tr\u00e8s r\u00e9cent de la l\u00e9gende, par une imitation \u00e9vidente du th\u00e8me de Tristan et Yseult.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn10\" href=\"#ftnref10\">[10]<\/a> Voir la version fran\u00e7aise de ce po\u00e8me dans J. Markale, <em>les Celtes,<\/em> Paris, Payot, 1969, p. 363 et suivantes.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il semble bien qu&rsquo;autrefois on \u00e9tait ouvert sur les choses. Depuis, l&rsquo;homme classique, cern\u00e9 dans les \u00e9taux d&rsquo;une raison abstraite, a oubli\u00e9 que l&rsquo;Esprit ne peut s&rsquo;exprimer que par la chair, et que cette chair est issue des min\u00e9raux de la terre et de l&rsquo;eau du ciel. A force de nier la chair, on en est venu \u00e0 nier l&rsquo;Amour. 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