{"id":13321,"date":"2013-03-30T13:45:26","date_gmt":"2013-03-30T12:45:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=13321"},"modified":"2013-04-02T22:43:33","modified_gmt":"2013-04-02T21:43:33","slug":"resurrection-de-la-medecine-des-simples-la-phytotherapie-et-laromatherapie-par-jean-valnet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/resurrection-de-la-medecine-des-simples-la-phytotherapie-et-laromatherapie-par-jean-valnet\/","title":{"rendered":"R\u00e9surrection de la m\u00e9decine des simples : la phytoth\u00e9rapie et l&rsquo;aromath\u00e9rapie par Jean Valnet"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Extrait de <em>Les m\u00e9decines diff\u00e9rentes<\/em>. Encyclop\u00e9die Plan\u00e8te. LDP 1970)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis quelques ann\u00e9es, les maladies m\u00e9dicamenteuses ont attir\u00e9 l&rsquo;attention du corps m\u00e9dical sur certains effets seconds des produits de synth\u00e8se. De plus en plus, les malades se tournent vers les plantes ou leurs essences. Les exemples abondent de l&rsquo;agressivit\u00e9 de certaines m\u00e9dications chimiques et synth\u00e9tiques modernes employ\u00e9es inconsid\u00e9r\u00e9ment, comme des r\u00e9sultats heureux et parfois spectaculaires des traitements v\u00e9g\u00e9taux g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9pourvus de toxicit\u00e9 <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l&rsquo;enthousiasme compr\u00e9hensible qui salue l&rsquo;apparition du rem\u00e8de nouveau, surviennent souvent les d\u00e9ceptions : d\u00e9ceptions devant les \u00e9checs renouvel\u00e9s, d\u00e9ceptions devant le camouflage des signes, le simulacre de gu\u00e9rison, la r\u00e9apparition du mal ou la naissance cons\u00e9cutive d&rsquo;un syndrome nouveau, d\u00e9ception devant les trop nombreux incidents ou accidents provoqu\u00e9s par des traitements inadapt\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le malade demande alors \u00e0 la m\u00e9decine des plantes des rem\u00e8des \u00e0 ses maux, avec d&rsquo;autant plus de ferveur que ses mis\u00e8res sont plus grandes et plus anciennes, que les th\u00e9rapeutiques utilis\u00e9es l&rsquo;ont d\u00e9\u00e7u davantage, et qu&rsquo;il lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 d&rsquo;observer autour de lui de nombreuses preuves de ce qu&rsquo;est susceptible d&rsquo;obtenir, m\u00eame dans les cas les plus graves, une phytoth\u00e9rapie ou une aromath\u00e9rapie bien conduites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une femme fut, dans son enfance, il y a une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9es, sauv\u00e9e de la mort par la seule utilisation des plantes. Elle avait alors dix-huit mois. \u00c0 la suite d&rsquo;une intoxication, sans doute alimentaire, elle se trouvait dans le coma lorsqu&rsquo;une paysanne conseilla \u00e0 la m\u00e8re d&rsquo;appliquer, sur le bas-ventre de la petite malade, des cataplasmes pr\u00e9par\u00e9s avec des plantes qu&rsquo;elle lui apportait. L&rsquo;histoire se passait \u00e0 la campagne et le m\u00e9decin avait, trois jours plus t\u00f4t, \u00e9cart\u00e9 tout espoir. Quelques heures apr\u00e8s les premi\u00e8res applications, l&rsquo;enfant \u00e9mettait une grande quantit\u00e9 de selles naus\u00e9abondes et sortait de son coma. Le lendemain, elle recommen\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;alimenter normalement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La litt\u00e9rature m\u00e9dicale des si\u00e8cles pass\u00e9s fournit quantit\u00e9 d&rsquo;exemples analogues. Si, depuis longtemps, nous en lisons beaucoup moins, c&rsquo;est que la plupart des m\u00e9decins ne traitent plus par de tels proc\u00e9d\u00e9s et mettent souvent sur le compte du hasard les gu\u00e9risons par la phytoth\u00e9rapie qu&rsquo;il leur a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de constater. Ou encore, sans doute, redoutent-ils d&rsquo;affronter l&rsquo;ironie de certains de leurs pairs. \u00ab <em>Notre esprit<\/em>, \u00e9crivait Carrel, <em>a une tendance naturelle \u00e0 rejeter ce qui n&rsquo;entre pas dans le cadre des croyances scientifiques ou philosophiques de notre \u00e9poque. Les savants, apr\u00e8s tout, sont des hommes. Ils sont impr\u00e9gn\u00e9s par les pr\u00e9jug\u00e9s de leur milieu et de leur temps. Ils croient volontiers que ce qui n&rsquo;est pas explicable par les th\u00e9ories courantes n&rsquo;existe pas<\/em>. \u00bb Or, si de nombreux auteurs ont pu trouver une explication \u00ab scientifique \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire actuellement acceptable, des r\u00e9sultats obtenus par de simples cataplasmes de v\u00e9g\u00e9taux ou d&rsquo;aromates, les pratiques curatives comparables des Anciens n&rsquo;ont pas encore \u00e9t\u00e9 toutes expliqu\u00e9es. Est-ce \u00e0 dire que les faits observ\u00e9s n&rsquo;existent pas ? <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La m\u00e9decine de la Pr\u00e9histoire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La science moderne a d&rsquo;ailleurs permis d&rsquo;expliquer d\u00e9j\u00e0, comme nous le verrons, le mode d&rsquo;action de nombreux v\u00e9g\u00e9taux, longtemps utilis\u00e9s de mani\u00e8re empirique par voie interne ou par voie externe. C&rsquo;est pourquoi, b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un recul qui a permis d&rsquo;en confirmer les indications et d&rsquo;en conna\u00eetre les effets secondaires, la phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie r\u00e9nov\u00e9es, rajeunies, \u00ab actualis\u00e9es \u00bb gr\u00e2ce aux nombreuses recherches et exp\u00e9rimentations modernes, se placent d\u00e9sormais au premier rang des th\u00e9rapeutiques actives de notre si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Originaire de la mati\u00e8re vivante et compatible avec celle-ci<\/em>, \u00e9crit le Pr Paris, <em>le m\u00e9dicament naturel est, dans l&rsquo;ensemble, mieux tol\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;organisme que les substances \u00e9trang\u00e8res cr\u00e9\u00e9es artificiellement et dont on conna\u00eet mal la toxicit\u00e9 \u00e0 longue \u00e9ch\u00e9ance et les effets accessoires<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant une p\u00e9riode tr\u00e8s longue de l&rsquo;Histoire, les hommes n&rsquo;avaient gu\u00e8re, pour se soigner, d&rsquo;autres moyens que les plantes. De tous temps, ils se sont rendus dans les montagnes, dans les bois, dans les champs pour y trouver les v\u00e9g\u00e9taux, r\u00e9colter les r\u00e9sines et les gommes. La simple observation, par quoi tout d\u00e9bute lorsqu&rsquo;elle est au service d&rsquo;hommes intelligents qui s&rsquo;accordent le temps de m\u00e9diter, a permis, voil\u00e0 des mill\u00e9naires, de dresser un bilan consid\u00e9rable des vertus offertes par les plantes dans la lutte contre la maladie, voire les \u00e9pid\u00e9mies <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les essences aromatiques des \u00c9gyptiens<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un travail consid\u00e9r\u00e9 comme le plus ancien ouvrage de m\u00e9decine, \u00e9labor\u00e9 vingt si\u00e8cles avant J.-C., Kwang Ti fait \u00e9tat notamment du grenadier, de l&rsquo;opium, de la rhubarbe, en d\u00e9crivant d&rsquo;ailleurs les indications que les recherches ult\u00e9rieures, y compris les plus modernes, ont depuis confirm\u00e9es enti\u00e8rement. Le <em>Peng T&rsquo;Sao<\/em>, de Li Che Ten (2500 ans avant J.-C.), fait \u00e9tat d&rsquo;environ 1100 v\u00e9g\u00e9taux r\u00e9partis en 68 classes. Il cite plus de 8000 recettes ou formules.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, quand on lit certains trait\u00e9s anciens, ou leur relation, on les croirait parfois \u00e9crits par des contemporains. Ainsi les \u00c9gyptiens antiques connaissaient les principes de l&rsquo;alimentation saine et des r\u00e9gimes, chez l&rsquo;homme comme chez les animaux. Ils buvaient du vin, de la bi\u00e8re, des liqueurs, des jus de fruits, des eaux min\u00e9rales, et les thermes leur \u00e9taient familiers. Ils savaient suturer et panser les blessures, ils savaient tr\u00e9paner. Ils soignaient de nombreuses affections, les maladies v\u00e9n\u00e9riennes, le mal de mer, certaines tumeurs. Ils connaissaient admirablement les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales des plantes et les utilisaient pour gu\u00e9rir leurs malades. Ils savaient anesth\u00e9sier par des mac\u00e9rations vineuses de certains v\u00e9g\u00e9taux. Ils utilisaient aussi les plantes dans de nombreux fards et onguents de beaut\u00e9. M\u00eame la th\u00e9rapeutique cellulaire leur \u00e9tait coutumi\u00e8re. Mais, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, on n&rsquo;injectait pas encore des broyats, on se contentait d&rsquo;ing\u00e9rer les organes pr\u00e9conis\u00e9s. Les momifications en usage \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide de plantes, d&rsquo;essences aromatiques, de r\u00e9sines et de saumures diverses, suivant une technique minutieuse. Les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques des aromates \u00e9taient donc parfaitement connues des \u00c9gyptiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est de la Chine, de l&rsquo;Inde, de la Perse que les \u00c9gyptiens avaient appris l&rsquo;art de la distillation des plantes pratiqu\u00e9e dans ces pays depuis des mill\u00e9naires. Ils en instruisirent \u00e0 leur tour les Grecs dont, plus tard, les Romains utilis\u00e8rent le savoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a environ 4000 ans que les \u00c9gyptiens paraissent avoir su pr\u00e9parer une essence de c\u00e8dre. Ils chauffaient du bois de c\u00e8dre dans un r\u00e9cipient d&rsquo;argile dont l&rsquo;ouverture supportait une claie portant des brins de laine. L&rsquo;essence impr\u00e9gnait la laine qu&rsquo;il suffisait alors de presser. D\u00e8s cette \u00e9poque, on le voit, l&rsquo;humanit\u00e9 en savait d\u00e9j\u00e0 long en mati\u00e8re m\u00e9dicale, notamment en phyto et aromath\u00e9rapie <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi ne saurait-on d\u00e9sormais s&rsquo;\u00e9tonner que les Hindous, environ 1000 ans avant J.-C., aient connu l&rsquo;acore, le cumin, le basilic, le gingembre, la noix muscade, l\u2019\u0153illet, le poivre, la r\u00e9glisse, le safran, etc. Le <em>Livre de vie<\/em>, de Susrutas, mentionnait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de nombreux traitements par les plantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La longue histoire des plantes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne peut gu\u00e8re lire d&rsquo;ouvrage de m\u00e9decine sans que le nom d&rsquo;Hippocrate y figure. Ce m\u00e9decin ambulant, devenu Prince de la M\u00e9decine, semble n&rsquo;avoir laiss\u00e9 aux m\u00e9decins qui sont venus apr\u00e8s lui, \u00e9crivait un confr\u00e8re, d&rsquo;autre gloire que celle d&rsquo;\u00eatre des disciples et des commentateurs. Les ouvrages du m\u00e9decin de Cos (qui n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 interroger l&rsquo;homme de la rue pour conna\u00eetre \u00ab la chose qui gu\u00e9rit \u00bb) font \u00e9tat de plus de 250 plantes utilis\u00e9es dans sa th\u00e9rapeutique. Chiron enseigna \u00e9galement l&rsquo;usage m\u00e9dical des plantes. Dioscoride et un peu plus tard Galien trait\u00e8rent de nombreux v\u00e9g\u00e9taux, de leur culture, de leur r\u00e9colte et de leurs indications th\u00e9rapeutiques. L&rsquo;inventaire de Dioscoride porte sur 800 plantes <a id=\"ftnref5\" href=\"#ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez les Romains, Pline le Jeune, Caton l&rsquo;Ancien, de nombreux botanistes, m\u00e9decins et \u00e9crivains discourent des v\u00e9g\u00e9taux et de leurs applications m\u00e9dicales. Le chou semble avoir \u00e9t\u00e9, \u00e0 cette \u00e9poque, une vedette depuis longtemps confirm\u00e9e puisque, gr\u00e2ce \u00e0 lui, \u00e9crit Caton l&rsquo;Ancien, les Romains purent se passer de m\u00e9decins pendant six si\u00e8cles. Criton, m\u00e9decin de Trajan, utilisait une vingtaine d&rsquo;huiles odorantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Charlemagne reconnut l&rsquo;int\u00e9r\u00eat primordial des plantes, et ses Capitulaires ayant trait \u00e0 la culture des jardins ordonnent de cultiver de nombreux v\u00e9g\u00e9taux, arbres et arbustes, l\u00e9gumes et fleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Moyen Age, les Arabes red\u00e9couvrent et font progresser l&rsquo;art de la distillation des plantes. Averro\u00e8s, m\u00e9decin et philosophe arabe n\u00e9 \u00e0 Cordoue, Honul-Baytar, n\u00e9 \u00e0 Malaga, attachent leur nom \u00e0 de nombreuses \u00e9tudes v\u00e9g\u00e9tales concernant les plantes m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le dernier en d\u00e9crit pr\u00e8s de 1500.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque que l&rsquo;abbesse b\u00e9n\u00e9dictine sainte Hildegarde \u00e9crit <em>Physica<\/em>, qui \u00e9tudie l&rsquo;int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique d&rsquo;un grand nombre de v\u00e9g\u00e9taux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au XIIIe si\u00e8cle, en France, sous la pouss\u00e9e de la pharmacie naissante, la distillation commence \u00e0 conna\u00eetre un grand essor. Les \u00ab ma\u00eetres gantiers \u00bb de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient autoris\u00e9s \u00e0 parfumer leurs gants et \u00e0 vendre des huiles odorantes. Rappelons aussi que le moine allemand Albert le Grand consacra une grande partie de son activit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des plantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gildemeister estime qu&rsquo;au XVe si\u00e8cle \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 connus beaucoup de v\u00e9g\u00e9taux et de plantes aromatiques. De nombreux travaux de tous les pays, des missions diverses (surtout espagnoles) compl\u00e8tent alors les notions acquises. Au XVIe si\u00e8cle, Nicolas Monard\u00e8s et Jos\u00e9 de Acosta, entre autres, favoris\u00e8rent l&rsquo;introduction dans nos pays des plantes m\u00e9dicinales du Nouveau Monde (Azt\u00e8ques et Incas). Le premier cultivait lui-m\u00eame les plantes exotiques dont il assurait l&rsquo;exp\u00e9rimentation. Le second publia son <em>Historia natural y moral de las Indias<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, d\u00e8s le d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle, la pharmacop\u00e9e conna\u00eet-elle \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les plantes utiles d&rsquo;Europe et du monde entier. C&rsquo;est de cette \u00e9poque que datent les corporations d&rsquo;apothicaires et les codex, tandis qu&rsquo;abondent les formules les plus vari\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le si\u00e8cle de Louis XIV eut la passion des plantes et surtout des essences aromatiques. Le Roi Soleil les utilisait abondamment (ainsi que l&rsquo;argile), pour tenter de neutraliser les inconv\u00e9nients d&rsquo;un solide app\u00e9tit qu&rsquo;il ne pouvait refr\u00e9ner. Dans son entourage, beaucoup de grands et plus encore de grandes voulurent donner leur nom \u00e0 des compositions aromatiques. On vit alors appara\u00eetre les \u00ab poudre de la Mar\u00e9chale X. \u00bb, les \u00ab eau de la Duchesse Y. \u00bb, les \u00ab vinaigre de la Comtesse Z. \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en 1798 que para\u00eet le <em>Dictionnaire des drogues simples<\/em>, de L\u00e9mery, ouvrage auquel on se r\u00e9f\u00e9rera souvent par la suite pour l&rsquo;\u00e9tude et l&rsquo;utilisation des v\u00e9g\u00e9taux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec le XIXe si\u00e8cle, les progr\u00e8s de la chimie analytique permirent d&rsquo;inventorier certains constituants des v\u00e9g\u00e9taux et de leurs essences aromatiques, et de faire ainsi un choix, parmi les plantes et les essences, pour le traitement des affections diverses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne saurait \u00eatre question d&rsquo;\u00e9voquer tous ceux qui, depuis le d\u00e9but de notre si\u00e8cle, \u00e9tudi\u00e8rent les plantes et les huiles essentielles. Mais Miguel qui, en 1894, d\u00e9montra le pouvoir bact\u00e9ricide de l&rsquo;essence de thym ; B. Cabasse qui \u00e9tudia certaines essences odorantes ; Chamberland, J. Marchand, Forgues et M. Neurisse qui \u00e9tudi\u00e8rent, entre autres, les vertus de l&rsquo;essence de lavande ; Brissemoret, Vulpian, Trousseau, Cad\u00e9ac et Meunier sont des noms qui reviennent constamment dans les ouvrages ayant trait \u00e0 ces \u00e9tudes. Et plus pr\u00e8s de nous, attach\u00e9s \u00e0 des recherches et exp\u00e9rimentations particuli\u00e8res concernant tels ou tels fruits, l\u00e9gumes, plantes ou leurs huiles volatiles, il faut citer R.-M. Gattefoss\u00e9, les professeurs Courmont, Morel, Rochaix, Bay, H. Leclerc, F. Decaux, Loeper, Lemaire, Lian, L\u00e9on Binet, Paris, Caujolle, Chabrol, Carraz, Gr\u00e9goire, Mouriquant, Guerrier&#8230; Il faudrait en citer combien d&rsquo;autres <a id=\"ftnref6\" href=\"#ftn6\">[6]<\/a> ! Et, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, les \u00e9coles anglaise, allemande, am\u00e9ricaine, italienne, russe, chinoise, japonaise se signalent depuis longtemps dans cette voie par d&rsquo;\u00e9minents chercheurs bien connus des milieux scientifiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les noms d&rsquo;auteurs et ouvrages cit\u00e9s ont donc \u00e9t\u00e9 choisis parmi des centaines d&rsquo;autres de valeur comparable. On ne peut les mentionner tous, pas plus que toutes les recherches r\u00e9centes, car, ainsi que le souligne le Pr Paris, \u00ab <em>les travaux effectu\u00e9s en chimie v\u00e9g\u00e9tale sont de plus en plus nombreux et dans des pays tr\u00e8s vari\u00e9s<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en tirera seulement cette conclusion que l&rsquo;\u00e9norme quantit\u00e9 des ouvrages publi\u00e9s t\u00e9moigne de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que suscite la phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie chez les savants, tandis que les m\u00e9decins et l&rsquo;opinion commencent \u00e0 les red\u00e9couvrir. \u00ab <em>Beaucoup de choses rena\u00eetront, qui \u00e9taient depuis longtemps oubli\u00e9es<\/em>\u00a0\u00bb, disait d\u00e9j\u00e0 Horace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;utilisation des plantes sous les formes que nous ont transmises les Anciens, c&rsquo;est-\u00e0-dire les infusions, les d\u00e9coctions, les mac\u00e9rations ou les poudres, si les pr\u00e9parations plus r\u00e9centes telles que les alcoolatures, les intraits ou extraits conservent encore, de nos jours, leur grande valeur th\u00e9rapeutique, l&#8217;emploi des essences aromatiques, forme moderne de la m\u00e9decine des plantes, repr\u00e9sente, \u00e0 plus d&rsquo;un titre, un progr\u00e8s consid\u00e9rable. Progr\u00e8s consid\u00e9rable et m\u00eame, sous certains de ses aspects, parfois insoup\u00e7onn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un produit naturel ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les essences aromatiques, appel\u00e9es encore huiles essentielles, sont des produits huileux, volatils et odorants que l&rsquo;on extrait des v\u00e9g\u00e9taux, g\u00e9n\u00e9ralement par la distillation. Il s&rsquo;agit, contrairement \u00e0 ce que l&rsquo;on pourrait croire, non de corps simples, mais de produits complexes qui comportent, selon les cas, des alcools, des \u00e9thers, des ald\u00e9hydes, des c\u00e9tones, des ph\u00e9nols, des terp\u00e8nes, dans des proportions d\u00e9termin\u00e9es. La pr\u00e9sence de ces divers constituants a permis enfin (nous le verrons) d&rsquo;expliquer les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques, diur\u00e9tiques, carminatives, antispasmodiques&#8230; pr\u00e9sent\u00e9es par les huiles essentielles. Outre ces composants, les recherches entreprises dans de nombreux pays ont permis de d\u00e9couvrir, dans la plupart des essences, des corps chimiques apparent\u00e9s aux hormones v\u00e9g\u00e9tales. Divers exp\u00e9rimentations animales ont confirm\u00e9 ces donn\u00e9es. Ainsi, a-t-on pu dire que les essences \u00e9taient aux v\u00e9g\u00e9taux ce que les secr\u00e9tions endocrines sont pour l&rsquo;animal. Il y a plus de trente ans, d&rsquo;ailleurs, que R.-M. Gattefoss\u00e9 qualifiait d\u00e9j\u00e0 les essences d&rsquo;hormones v\u00e9g\u00e9tales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;aromath\u00e9rapie, d\u00e9riv\u00e9e de la phytoth\u00e9rapie, s&rsquo;est-elle vite impos\u00e9e par un certain nombre d&rsquo;avantages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) De par leur extraction, les essences s&rsquo;av\u00e8rent de v\u00e9ritables extraits physiologiques, d\u00e9finis et fixes. Leur composition permet de les diff\u00e9rencier, donc de les reconna\u00eetre et, ainsi d&rsquo;en expliquer l&rsquo;exact mode d&rsquo;action, qu&rsquo;elle facilite consid\u00e9rablement. Enfin, leur administration s&rsquo;assortit de toute la pr\u00e9cision d\u00e9sirable qui fit si longtemps d\u00e9faut \u00e0 la m\u00e9decine des plantes. On sait que les d\u00e9tracteurs de l&rsquo;ancienne phytoth\u00e9rapie faisaient grand cas de son caract\u00e8re impr\u00e9cis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) Par suite de la concentration des principes actifs rencontr\u00e9s dans les huiles essentielles, ces corps se r\u00e9v\u00e8lent, en outre, d&rsquo;action souvent sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plante, elle-m\u00eame tr\u00e8s sup\u00e9rieure \u00e0 ses composants isol\u00e9s. Cette activit\u00e9 se trouve, d&rsquo;ailleurs, renforc\u00e9e, sinon conditionn\u00e9e, par une propri\u00e9t\u00e9 capitale des essences : leur extr\u00eame diffusibilit\u00e9 qui permet de les retrouver dans le sang ou les organes (poumons, reins&#8230;) quelques minutes apr\u00e8s leur absorption. Cette constatation a \u00e9t\u00e9 souvent faite chez l&rsquo;animal et chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) L&rsquo;aromath\u00e9rapie, enfin, est d&rsquo;un maniement commode, et cet aspect devait s\u00e9duire nombre de contemporains que les pr\u00e9parations anciennes, souvent longues et complexes, suffisaient \u00e0 d\u00e9tourner de la m\u00e9decine des plantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi r\u00e9nov\u00e9e, actualis\u00e9e, d\u00e9barrass\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des recherches scientifiques actuelles de \u00ab ses obscurit\u00e9s et de ses l\u00e9gendes \u00bb, devenue plus pr\u00e9cise et puissante, facile d&rsquo;administration, l&rsquo;aromath\u00e9rapie s\u00e9duit-elle, de plus en plus, le corps m\u00e9dical et l&rsquo;opinion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exceptionnelle activit\u00e9 des essences \u2014 due, r\u00e9p\u00e9tons-le, \u00e0 leur composition et \u00e0 leur haute diffusibilit\u00e9 \u2014 est telle qu&rsquo;il sera souvent possible d&rsquo;obtenir les m\u00eames effets, que l&rsquo;essence soit administr\u00e9e par voie interne ou par voie externe. L&rsquo;essence de cypr\u00e8s, par exemple, parmi ses multiples propri\u00e9t\u00e9s, se r\u00e9v\u00e8le antispasmodique. Quelques gouttes d\u00e9pos\u00e9es sur l&rsquo;oreiller arr\u00eatent en quelques secondes une toux convulsive \u00e9puisante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives de l&rsquo;essence de lavande sont souvent mises \u00e0 profit dans des pr\u00e9parations ing\u00e9rables. Mais un bain comportant de l&rsquo;essence de lavande, pris \u00e0 six heures du soir, permettra rapidement aux plus r\u00e9calcitrants de passer une bonne nuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On conna\u00eet les propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9sinfectantes pulmonaires et bronchiques de certaines essences telles que l&rsquo;essence de pin, l&rsquo;essence de t\u00e9r\u00e9benthine, les essences de romarin et d&rsquo;origan. Leur p\u00e9n\u00e9tration \u00e0 travers la peau, \u00e0 l&rsquo;aide de frictions, obtiendra souvent les m\u00eames effets qu&rsquo;une potion comportant ces divers \u00e9l\u00e9ments. Les travaux du Pr Valette, doyen de la Facult\u00e9 de pharmacie de Paris, ont, entre autres, d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;exceptionnelle diffusibilit\u00e9 des essences aromatiques \u00e0 travers les t\u00e9guments et dans l&rsquo;organisme animal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cinquante essences de base<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On utilise actuellement une cinquantaine d&rsquo;essences et notamment celles issues des plantes suivantes : lavande, thym, romarin, cannelle, girofle, pin, cypr\u00e8s, eucalyptus, hysope, sauge, estragon, menthe poivr\u00e9e, gen\u00e9vrier, niaouli <a id=\"ftnref7\" href=\"#ftn7\">[7]<\/a>, marjolaine, g\u00e9ranium, sarriette&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les huiles essentielles sont administr\u00e9es de diverses mani\u00e8res, soit sous forme de pilules ou de perles, soit, d&rsquo;une mani\u00e8re plus commode pour le pharmacien et le prescripteur, sous forme de gouttes, sur un morceau de sucre ou en dilution alcoolique. Les doses pr\u00e9conis\u00e9es doivent \u00eatre tr\u00e8s faibles : il existe en effet, une dose d&rsquo;efficacit\u00e9 maxima.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les huiles essentielles sont prescrites seules ou en associations diverses selon certaines synergies non encore toutes codifi\u00e9es actuellement, la prescription relevant de nos jours surtout du domaine de l&rsquo;art plus que de la science. \u00ab <em>Un peu plus d&rsquo;art, Messieurs, et moins de science<\/em> \u00bb, aimait \u00e0 rappeler Trousseau. Il existe, toutefois, des synergies bien connues des m\u00e9decins phytoth\u00e9rapeutes, telle l&rsquo;association, dans le domaine veineux, cypr\u00e8s-hamamelis-marron d&rsquo;Inde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour donner une id\u00e9e de la prescription des essences dans un syndrome courant, choisi parmi tant d&rsquo;autres, voici le r\u00e9gime d&rsquo;une observation. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une femme de vingt-sept ans afflig\u00e9e, depuis sept ans, d&rsquo;une cystite rebelle \u00e0 tous les traitements. L&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 est pr\u00e9caire, tant par l&rsquo;infection chronique que par la douleur qui en r\u00e9sulte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On prescrit un m\u00e9lange d&rsquo;essences d&rsquo;eucalyptus, de pin (aiguilles), de niaouli, de thym et de lavande (0,50 g pour 60 cc d&rsquo;alcool \u00e0 90\u00b0) ; vingt gouttes seront absorb\u00e9es dans un demi-verre d&rsquo;eau ti\u00e8de, quelques minutes avant les trois repas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La malade est d\u00e9barrass\u00e9e de sa cystite en quelques jours et le ph\u00e9nom\u00e8ne dure depuis quatre ans. En outre, la jeune femme a grossi de cinq kilos et a accouch\u00e9 d&rsquo;un enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Tout est poison rien n&rsquo;est poison<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si, dans le traitement des diverses maladies, on se tourne actuellement de plus en plus vers les plantes, c&rsquo;est tout d&rsquo;abord que la posologie des m\u00e9dications puissantes, chimiques et de synth\u00e8se, est souvent loin d&rsquo;\u00eatre adapt\u00e9e \u00e0 la physiologie du patient <a id=\"ftnref8\" href=\"#ftn8\">[8]<\/a>. Il en r\u00e9sulte fr\u00e9quemment pour le malade certains inconv\u00e9nients, parfois tr\u00e8s graves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Rien n&rsquo;est poison, tout est poison, seule la dose compte<\/em> \u00bb, disait en son temps Paracelse. Or, une exp\u00e9rience mill\u00e9naire a permis d&rsquo;\u00e9tablir les doses efficaces, exemptes de danger, des divers v\u00e9g\u00e9taux dans le domaine m\u00e9dical. A l&rsquo;inverse, si nous pouvons esp\u00e9rer de mieux pr\u00e9ciser dans l&rsquo;avenir la posologie de maintes m\u00e9dications modernes, le recul est aujourd&rsquo;hui encore tr\u00e8s insuffisant. Et si on a le droit de faire courir un risque th\u00e9rapeutique \u00e0 un malade lorsque son \u00e9tat le justifie, il n&rsquo;en est pas de m\u00eame pour beaucoup d&rsquo;affections justiciables de traitements depuis longtemps connus pour leur efficacit\u00e9, jointe \u00e0 une absence de toxicit\u00e9 et d&rsquo;effets secondaires n\u00e9fastes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreux auteurs ont, depuis quelques ann\u00e9es et \u00e0 maintes reprises, \u00e9voqu\u00e9 le cas, maintenant bien connu, des antibiotiques. Ces m\u00e9dications pr\u00e9cieuses, qui ont r\u00e9volutionn\u00e9 certains chapitres de la pathologie, sont souvent prescrites \u00e0 des doses sans rapport avec la gravit\u00e9 de l&rsquo;affection, le ou les germes en cause, le pass\u00e9 et l&rsquo;\u00e9tat actuel du malade. Et m\u00eame prescrites hors de propos. Cette pratique a provoqu\u00e9 des d\u00e9sastres sans nombre allant de la banale allergie, facilement r\u00e9versible, aux d\u00e9r\u00e8glements organiques aigus ou d&rsquo;une d\u00e9sesp\u00e9rante chronicit\u00e9, et parfois \u00e0 la mort. Combien d&rsquo;angines, d&rsquo;affections bronchiques ou urinaires, justiciables d&rsquo;une th\u00e9rapeutique v\u00e9g\u00e9tale et trait\u00e9es inconsid\u00e9r\u00e9ment par les antibiotiques au gout du jour, ce sont termin\u00e9es par des mutilations ou, comme maintes publications l&rsquo;ont relat\u00e9, par le d\u00e9c\u00e8s du malade !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le but de pr\u00e9ciser les indications des antibiotiques et d&rsquo;\u00e9viter les accidents que leur usage erron\u00e9 ou abusif ne pouvait manquer d&rsquo;entra\u00eener, de tr\u00e8s int\u00e9ressantes recherches furent entreprises, dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s \u00e0 la connaissance des m\u00e9decins et des usagers. Mais, malgr\u00e9 ces pr\u00e9cisions, le probl\u00e8me ne s&rsquo;en trouve pas pour autant r\u00e9solu, tant s&rsquo;en faut, d&rsquo;une mani\u00e8re acceptable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la pratique des antibiogrammes, sur laquelle on avait cru pouvoir fonder de grands espoirs, s&rsquo;est-elle r\u00e9v\u00e9l\u00e9e tr\u00e8s imparfaite et reste tr\u00e8s controvers\u00e9e. Une publication relativement r\u00e9cente parue dans \u00ab l&rsquo;H\u00f4pital \u00bb concluait \u00e0 une marge d&rsquo;erreurs avoisinant 75 % <a id=\"ftnref9\" href=\"#ftn9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On n&rsquo;attirera jamais trop l&rsquo;attention sur les incidents et accidents susceptibles d&rsquo;\u00eatre provoqu\u00e9s par l&rsquo;usage aveugle des antibiotiques, en \u00e9voquant les nombreux cris d&rsquo;alarme lanc\u00e9s de tous c\u00f4t\u00e9s \u00e0 leur sujet. On comprend que, m\u00eame en milieu chirurgical, l&#8217;emploi abusif des antibiotiques ait pu \u00eatre d\u00e9nonc\u00e9. Ainsi, Meyers (de Chicago) s&rsquo;insurge-t-il contre l&#8217;emploi syst\u00e9matique (et inutile, si toutes les pr\u00e9cautions d&rsquo;asepsie ont \u00e9t\u00e9 prises) des cures prophylactiques antibiotiques en chirurgie. Il a constat\u00e9 que l&rsquo;infection postop\u00e9ratoire est survenue chez 1,3 % de ses op\u00e9r\u00e9s non trait\u00e9s et chez 4 % de ceux qui avaient subi le traitement. Il en conclut que cette m\u00e9thode n&rsquo;a aucune valeur th\u00e9rapeutique et qu&rsquo;elle fait courir un danger suppl\u00e9mentaire aux malades.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;emploi inconsid\u00e9r\u00e9 des antibiotiques, qui frappent en aveugles, d\u00e9truisant aussi bien les germes utiles que les autres, entra\u00eene donc souvent des ph\u00e9nom\u00e8nes urinaires, auditifs, d&rsquo;ent\u00e9rite, de colites, de fatigue g\u00e9n\u00e9rale, cons\u00e9cutifs au d\u00e9s\u00e9quilibre brutal provoqu\u00e9 chez le malade. Il peut donc provoquer l&rsquo;apparition de nouvelles maladies, de nouveaux syndromes qui sont peu \u00e0 peu d\u00e9crits dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale et m\u00eame dans la grande presse. Ces nouveaux syndromes sont d&rsquo;ailleurs souvent rapport\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres causes quand l&rsquo;origine r\u00e9elle n&rsquo;a pu en \u00eatre \u00e9tablie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Lutter contre les maladies m\u00e9dicamenteuses<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces constatations ne signifient pas, bien entendu, qu&rsquo;il faille revenir exclusivement aux m\u00e9thodes de traitement de nos anc\u00eatres et ne point profiter des d\u00e9couvertes th\u00e9rapeutiques modernes int\u00e9ressantes. Mais il convient d&rsquo;\u00eatre perspicace et tr\u00e8s mesur\u00e9 dans l&rsquo;utilisation non seulement des antibiotiques, mais aussi de certaines m\u00e9dications puissantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car les antibiotiques ne sont pas les seuls \u00e0 provoquer des m\u00e9faits. Pour nous limiter, nous n&rsquo;\u00e9voquerons encore que les dangers des traitements anticoagulants dont ont parl\u00e9 Audier et Coll dans \u00ab la Presse m\u00e9dicale \u00bb. Les malades soumis \u00e0 un traitement anticoagulant au long cours, \u00e9crivent les auteurs, sont expos\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents risques. Certains sont rares : ce sont le choc, les troubles digestifs, l&rsquo;allergie cutan\u00e9e, l&rsquo;alop\u00e9cie ou chute plus ou moins temporaire des cheveux et des poils. D&rsquo;autres sont classiques ; ce sont les h\u00e9morragies et c&rsquo;est leur si\u00e8ge qui en fait la gravit\u00e9. Toutes les localisations peuvent se voir : h\u00e9matomes, h\u00e9moptysies, h\u00e9maturies, h\u00e9morragies c\u00e9r\u00e9bro-m\u00e9ning\u00e9es. En conclusion, disent les auteurs, si la th\u00e9rapeutique anticoagulante a transform\u00e9 le pronostic des phl\u00e9bites et des affections embolisantes, elle doit cependant \u00eatre appliqu\u00e9e sous une surveillance minutieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des faits comparables ont pu \u00eatre relev\u00e9s \u00e0 l&rsquo;encontre de diverses autres m\u00e9dications chimiques ou de synth\u00e8se. La banale aspirine elle-m\u00eame, utilis\u00e9e en si grande quantit\u00e9 qu&rsquo;on a pu inventer le terme d&rsquo;aspirinite, n&rsquo;est pas exempte d&rsquo;inconv\u00e9nients. Elle entra\u00eene, dans une majorit\u00e9 de cas, au niveau du tube digestif, des h\u00e9morragies microscopiques mises en \u00e9vidence par de patientes recherches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le plus souvent, il est difficile de pr\u00e9voir \u00e0 l&rsquo;avance les effets d&rsquo;une m\u00e9dication dangereuse \u00e0 long terme. On comprend sans peine que, \u00e0 la suite des incidents et des accidents provoqu\u00e9s par les m\u00e9dicaments toxiques, m\u00e9decins et malades se soient alarm\u00e9s et se tournent vers d&rsquo;autres th\u00e9rapeutiques aussi actives, mais d\u00e9pourvues de toxicit\u00e9 <a id=\"ftnref10\" href=\"#ftn10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au premier rang de ces th\u00e9rapeutiques, se placent obligatoirement les plantes et leurs essences aromatiques. En m\u00eame temps, on red\u00e9couvre les innombrables cas d&rsquo;am\u00e9lioration ou de gu\u00e9rison obtenus de tous temps par ces moyens. Certaines plantes, d&rsquo;ailleurs, n&rsquo;ont jamais pu \u00eatre d\u00e9tr\u00f4n\u00e9es. C&rsquo;est le cas de la digitale, ce tonicardiaque majeur, que rien actuellement ne saurait remplacer. On pourrait en dire autant de nombreux autres v\u00e9g\u00e9taux dont l&rsquo;action se r\u00e9v\u00e8le plus profonde et plus compl\u00e8te que celle des m\u00e9dications chimiques de synth\u00e8se. Il faut y reconna\u00eetre la pr\u00e9dominance du naturel, du produit vivant et \u00e9quilibr\u00e9 sur le synth\u00e9tique amorphe et fatalement incomplet. Il s&rsquo;agit l\u00e0, en r\u00e9alit\u00e9, d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral. On conna\u00eet, par exemple, la sup\u00e9riorit\u00e9 th\u00e9rapeutique, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent inexpliqu\u00e9e, des gaz naturels de certaines stations thermales sur les gaz analogues obtenus industriellement. Cette sup\u00e9riorit\u00e9 para\u00eet \u00eatre due au fait que le gaz naturel est \u00ab vivant \u00bb et non point inerte, ph\u00e9nom\u00e8ne vraisemblablement en rapport avec la pr\u00e9sence, m\u00eame infinit\u00e9simale, de \u00ab gaz rares \u00bb divers, connus ou inconnus. Apr\u00e8s une p\u00e9riode vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;analyse, et dans laquelle la recherche ne disposait pas de moyens assez pouss\u00e9s pour d\u00e9couvrir des ph\u00e9nom\u00e8nes subtils, mais biologiquement d&rsquo;une importance capitale (comme, par exemple, l&rsquo;action des oligo\u00e9l\u00e9ments dans le sol), de puissants moyens d&rsquo;investigation nous ont permis en partie d&rsquo;y parvenir. Toutefois, notre science est encore tr\u00e8s loin de rendre compte des propri\u00e9t\u00e9s totales du vivant, et il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle y parvienne jamais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les propri\u00e9t\u00e9s des plantes et des essences sont multiples. La plupart des plantes sont diur\u00e9tiques, et il convient sans doute de rapprocher ces effets diur\u00e9tiques des propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9puratives, antipl\u00e9thoriques, antiarthritiques, antirhumatismales, antigoutteuses. D&rsquo;autres sont dou\u00e9es de propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques puissantes et d&rsquo;activit\u00e9 cicatrisante <a id=\"ftnref11\" href=\"#ftn11\">[11]<\/a>. On en trouve m\u00eame d\u00e9j\u00e0 que l&rsquo;on peut qualifier d&rsquo;antivirales. De nombreuses plantes sont stimulantes, soit d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, soit par rapport \u00e0 une fonction, \u00e0 un syst\u00e8me physiologique ou \u00e0 un organe. Il faut mentionner encore des propri\u00e9t\u00e9s antitoxiques, antifermentaires, vermifuges, antiparasitaires, antispasmodiques, antin\u00e9vralgiques, remin\u00e9ralisantes, aphrodisiaques. Relevons aussi des propri\u00e9t\u00e9s hormonales diverses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nouvelles publications nous rapportent fr\u00e9quemment des d\u00e9couvertes qui font figure de curiosit\u00e9 avant de trouver leur place dans la th\u00e9rapeutique. Telle cette remarque du Pr Robert D. Higginbotham, de l&rsquo;universit\u00e9 du Texas, selon lequel l&rsquo;h\u00e9parine, substance anticoagulante existant particuli\u00e8rement dans le foie, est un antidote naturel contre les morsures de serpent, piq\u00fbres d&rsquo;insectes et autres r\u00e9actions allergiques. Des exp\u00e9riences effectu\u00e9es sur des souris ont montr\u00e9 que l&rsquo;h\u00e9parine d\u00e9truit la toxicit\u00e9 des venins de serpent et autres poisons (\u00ab Science New Letters \u00bb, 5 janvier 1963).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux m\u00e9decins britanniques viennent de relater, dans la revue m\u00e9dicale de Grande-Bretagne \u00ab The Lancet \u00bb, les succ\u00e8s qu&rsquo;ils ont obtenus dans le traitement de la leuc\u00e9mie et de la maladie de Hodgkin \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une substance extraite de la pervenche de Madagascar. Ils font \u00e9tat de r\u00e9missions parfois durables sans affirmer, bien entendu, que l&rsquo;\u00e9volution de la maladie puisse \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e de fa\u00e7on satisfaisante pendant longtemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi sont justiciables de la phyto et de l&rsquo;aromath\u00e9rapie de tr\u00e8s nombreuses affections qui forment la grande majorit\u00e9 de la pathologie. C&rsquo;est le cas notamment des infections pulmonaires, intestinales, h\u00e9patiques, urinaires, ut\u00e9rines, des rhinopharyngites, des sinusites, des troubles circulatoires, de certaines d\u00e9ficiences endocriniennes et, par ailleurs, de syndromes aussi vari\u00e9s que l&rsquo;asth\u00e9nie physique, intellectuelle ou sexuelle, les rhumatismes, la tuberculose, le diab\u00e8te, les insuffisances de d\u00e9veloppement, les troubles de l&rsquo;ossification, la s\u00e9nescence avec ses manifestations multiples, les affections de la peau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;origine, l&rsquo;utilisation des plantes fut empirique et fr\u00e9quemment soumise aux id\u00e9es particuli\u00e8res des sorciers qui en faisaient commerce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Longtemps, peut-\u00eatre, les hommes se sont laiss\u00e9 guider par un instinct disparu de nos jours. Cet instinct, on le retrouve chez de nombreux animaux : le chien et le chat qui mangent du chiendent et du dactyle agglom\u00e9r\u00e9 quand ils souffrent de l&rsquo;estomac, les moutons qui trouvent dans le millefeuille rem\u00e8de \u00e0 leurs troubles digestifs, les vaches souffrant de rhumatismes qui se couchent sur les renoncules, les ch\u00e8vres et les chamois bless\u00e9s qui se roulent sur du plantain, les corneilles qui tapissent leur nid de feuilles de tomates pour \u00e9loigner les puces et les poux, les fourmis rouges qui cultivent partout le thym&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis naquit la th\u00e9orie des signatures selon laquelle \u00ab <em>le signe indiquait ce qu&rsquo;\u00e9tait la chose et dans quel but elle avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e <\/em>\u00bb (Paracelse). Ainsi croyait-on que la ressemblance de certains v\u00e9g\u00e9taux avec des organes humains indiquait les affections qu&rsquo;ils \u00e9taient susceptibles d&rsquo;am\u00e9liorer ou de gu\u00e9rir. La feuille de la pulmonaire, que des taches blanches ont fait comparer aux poumons, se trouvait alors recommand\u00e9es en cas d&rsquo;affections pulmonaires. Le haricot \u00e9tait pr\u00e9conis\u00e9 contre les affections r\u00e9nales. L&rsquo;ingestion de noix, miniatures d&rsquo;h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux, devait r\u00e9parer la fatigue intellectuelle, et on utilisait le pavot, dont la capsule \u00e0 l&rsquo;apparence d&rsquo;un cr\u00e2ne, dans tous les cas de maux de t\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette croyance qui dura assez longtemps engendra une stagnation n\u00e9faste dans l&rsquo;usage des plantes en m\u00e9decine, et fut cause de maints d\u00e9boires pr\u00e9judiciables \u00e0 la m\u00e9thode. Mais au XVIIIe si\u00e8cle, \u00e9crit G. Valette, \u00ab <em>les apothicaires s&rsquo;int\u00e9ressent non plus seulement \u00e0 l&rsquo;aspect ext\u00e9rieur des drogues, mais \u00e0 leur composition chimique<\/em> \u00bb, d&rsquo;abord par les distillations s\u00e8ches, de tr\u00e8s faible valeur, puis par l&rsquo;analyse de solutions, alcooliques ou aqueuses notamment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De grands progr\u00e8s furent permis un si\u00e8cle plus tard, gr\u00e2ce \u00e0 la mise au point de certaines m\u00e9thodes d&rsquo;analyse, par la d\u00e9couverte de principes chimiques tels que les glucosides (comme la digitaline, de Nativelle), les alcalo\u00efdes (comme la quinine, la strychnine et la morphine) et de divers autres constituants v\u00e9g\u00e9taux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis, certains auteurs ont d\u00e9montr\u00e9 que la d\u00e9couverte de ces principes dans les plantes ne saurait expliquer, pour tous les cas, leur action curative dans son int\u00e9gralit\u00e9. En effet, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du \u00ab principe actif \u00bb ou du constituant principal, les v\u00e9g\u00e9taux contiennent de nombreux autres facteurs dont l&rsquo;association permet une action plus compl\u00e8te, plus soutenue, en \u00e9vitant certains effets secondaires pr\u00e9judiciables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, divers travaux r\u00e9cents ont attir\u00e9 l&rsquo;attention sur la valeur de la m\u00e9dication par le tanin dans la tuberculose, mais ce principe garde l&rsquo;inconv\u00e9nient de provoquer souvent des crampes gastriques ou intestinales, ce qui en limite singuli\u00e8rement l&#8217;emploi : or, l&rsquo;\u00e9corce de ch\u00eane, riche en tanin, ne pr\u00e9sente pas de tels d\u00e9sagr\u00e9ments, parce qu&rsquo;elle contient, combin\u00e9s au tanin, divers \u00e9l\u00e9ments mucilagineux, amers, aromatiques qui en corrigent l&rsquo;action. L&rsquo;opium a une action s\u00e9dative plus compl\u00e8te que la morphine, bien que les autres alcalo\u00efdes entrant dans sa composition n&rsquo;aient, par eux-m\u00eames, aucun effet narcotique. L&rsquo;acide ascorbique (ou vitamine C, appel\u00e9e encore vitamine antiscorbutique) ne suffit pas pour gu\u00e9rir le scorbut, au contraire du jus de citron ; c&rsquo;est que le citron, toujours donn\u00e9 en exemple pour sa richesse en vitamine C, contient d&rsquo;autres principes utiles, notamment la vitamine P, \u00e9galement antiscorbutique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces exemples d\u00e9montrent que si chaque plante, chaque v\u00e9g\u00e9tal se voit d\u00e9j\u00e0 nanti de nombreuses indications connues, tant par le fait de l&rsquo;exp\u00e9rience que par les analyses phytochimiques, on ne devra pas s&rsquo;\u00e9tonner d&rsquo;en d\u00e9couvrir de nouvelles au hasard des observations. C&rsquo;est pourquoi le bouleau, connu particuli\u00e8rement comme diur\u00e9tique, est-il susceptible de gu\u00e9rir un ecz\u00e9ma rebelle <a id=\"ftnref12\" href=\"#ftn12\">[12]<\/a>. Nul, sans doute, ne peut expliquer pour quelle raison. Peut-\u00eatre, tout simplement, parce que c&rsquo;est un agent d\u00e9puratif. Peut-\u00eatre encore parce que le malade gu\u00e9ri ainsi \u00e9tait d&rsquo;une physiologie particuli\u00e8re apte \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de cette th\u00e9rapeutique qui, pour un autre cas comparable, se serait sold\u00e9e par un \u00e9chec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Du rem\u00e8de de bonne femme au traitement scientifique<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cas du bouleau n&rsquo;est pas unique. Les vertus des plantes, m\u00eame \u00e0 notre \u00e9poque et malgr\u00e9 de nombreuses \u00e9tudes et exp\u00e9rimentations, ne sont parfois connues que gr\u00e2ce \u00e0 la seule observation. Ainsi, les ouvriers qui trient le chardon b\u00e9nit ou le pulv\u00e9risent voient-ils leur app\u00e9tit augmenter. Et le chardon b\u00e9nit, qui poss\u00e8de maintes propri\u00e9t\u00e9s actuellement r\u00e9pertori\u00e9es, est \u00e9galement actif contre la fi\u00e8vre de Malte, appel\u00e9e encore fi\u00e8vre m\u00e9diterran\u00e9enne ou ondulante. Cette maladie infectieuse, qui se transmet g\u00e9n\u00e9ralement de la ch\u00e8vre ou de la brebis \u00e0 l&rsquo;homme, a, du littoral m\u00e9diterran\u00e9en, gagn\u00e9 peu \u00e0 peu toute la France. Depuis quelques ann\u00e9es, sa fr\u00e9quence et sa gravit\u00e9 augmentent, tandis que sa symptomatologie, pour \u00eatre bien connue, n&rsquo;est pas toujours rapport\u00e9e \u00e0 sa cause v\u00e9ritable. Le traitement de cette affection n&rsquo;est pas ais\u00e9. Or \u2014 comme Paracelse qui aimait perfectionner ses connaissances par ses entretiens avec les tziganes ou les gardiens de troupeaux \u2014 A. Raybaud rapporte une recette tr\u00e8s utile en l&rsquo;occurrence et qu&rsquo;il re\u00e7ut en h\u00e9ritage d&rsquo;un vieux berger du Lub\u00e9ron. On fait bouillir une poign\u00e9e de capitules dess\u00e9ch\u00e9s de chardon b\u00e9nit dans trois quarts de litre de vin rouge jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9duction de moiti\u00e9. Le traitement consiste \u00e0 boire une tasse de cette d\u00e9coction matin et soir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous savons d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale que les plantes agissent gr\u00e2ce \u00e0 leurs tanins, leurs hormones, leurs vitamines, leurs m\u00e9tallo\u00efdes et leurs m\u00e9taux, donc leurs oligo\u00e9l\u00e9ments, leurs enzymes ou ferments solubles, leurs principes antibiotiques, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;iode, au fer, au mangan\u00e8se, au magn\u00e9sium, au soufre, \u00e0 la silice, au phosphore, au calcium qu&rsquo;elles contiennent, gr\u00e2ce \u00e0 leurs mucilages, leurs glucosides, leurs alcalo\u00efdes, leurs essences aromatiques \u2014 elles-m\u00eames compos\u00e9es de constituants divers \u2014, leurs principes volatils hautement diffusibles qui leur permettent d&rsquo;agir avec une rapidit\u00e9 \u00e9tonnante, m\u00eame par voie transcutan\u00e9e. Tel constituant agit sur les tuniques vasculaires, tel autre sur les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques qu&rsquo;il aseptise et fluidifie, certains interviennent dans l&rsquo;ossification, la constitution sanguine, d&rsquo;autres encore sur les fonctions d&rsquo;\u00e9limination ou d&rsquo;assimilation. La th\u00e9rapeutique restant, dans beaucoup de cas, une question de recettes, il peut suffire \u00e0 certains de savoir quels sont les traitements actifs pour une affection donn\u00e9e, sans avoir le souci d&rsquo;en conna\u00eetre les raisons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, le but de la science est de comprendre. Les exp\u00e9rimentations et multiples recherches de laboratoire, jointes aux observations cliniques, nous permettent d\u00e9sormais d&rsquo;expliquer les effets de nombreuses plantes et leur mode d&rsquo;action. L&rsquo;ancien rem\u00e8de de bonne femme devient ainsi un traitement s\u00e9rieux, appuy\u00e9 sur des preuves scientifiques. En outre, on est en droit de penser que ce qui n&rsquo;est pas encore d\u00e9couvert aujourd&rsquo;hui le sera dans l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En mati\u00e8re de phyto et d&rsquo;aromath\u00e9rapie, on peut dire que, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les recherches modernes confirment jour apr\u00e8s jour, selon une parole de L\u00e9on Binet, \u00ab <em>le bien-fond\u00e9 de notions traditionnelles d\u00e9coulant d&rsquo;un simple empirisme<\/em> \u00bb. Cette constatation nous engage \u00e0 ne point sourire de certains traitements pour la seule raison que l&rsquo;\u00e9tat actuel de la science ne nous a pas encore permis d&rsquo;en d\u00e9couvrir pr\u00e9cis\u00e9ment le bien-fond\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment agissent les simples ?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la composition des v\u00e9g\u00e9taux et de leurs essences, la pr\u00e9sence de tels et tels constituants permettent de donner g\u00e9n\u00e9ralement une explication logique, donc acceptable, de leurs diverses propri\u00e9t\u00e9s, des auteurs ont cherch\u00e9 par d&rsquo;autres voies \u00e0 expliquer leur mode d&rsquo;action.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La th\u00e9orie de Filatov, \u00e0 laquelle certains se r\u00e9f\u00e8rent, repose sur la notion suivante : un tissu vivant (humain, animal ou v\u00e9g\u00e9tal) s\u00e9par\u00e9 de son organisme et conserv\u00e9 dans des conditions de souffrance (dessiccation, froid, distillation) produit, dans le cadre de sa lutte pour la vie, des substances de r\u00e9sistance appel\u00e9es bio ou phytostimulines. Ces noms commencent \u00e0 \u00eatre connus. Ces stimulines, introduites dans un organisme d\u00e9ficient, activeront les processus vitaux d\u00e9faillants, am\u00e9lioreront les diverses fonctions physiologiques, lutteront contre l&rsquo;infection en renfor\u00e7ant le terrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon une optique diff\u00e9rente, les v\u00e9g\u00e9taux et particuli\u00e8rement les essences ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s \u00e0 de v\u00e9ritables hormones v\u00e9g\u00e9tales. On sait que diverses hormones ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes dans de nombreuses plantes, dont la liste s&rsquo;allonge d&rsquo;ailleurs constamment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains travaux donnent, par ailleurs, tout lieu de penser que les plantes et leurs essences seraient susceptibles d&rsquo;agir en modifiant le champ magn\u00e9tique des sujets <a id=\"ftnref13\" href=\"#ftn13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour d&rsquo;autres auteurs, les extraits de plantes agiraient par l&rsquo;effet de vibrations sur le syst\u00e8me vago-sympathique. Les ouvrages de Ch. Laville et de Lakhowsky, notamment, \u00e9clairent ces derni\u00e8res conceptions d&rsquo;un jour particulier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, de r\u00e9centes \u00e9tudes sur l&rsquo;acidit\u00e9, la r\u00e9sistivit\u00e9, le pouvoir d&rsquo;oxydor\u00e9duction de certains extraits de plantes, et surtout des essences aromatiques, tendraient \u00e0 d\u00e9montrer que leurs propri\u00e9t\u00e9s s&rsquo;opposent \u00e0 la pullulation microbienne. La valeur de certains facteurs physiques pr\u00e9sent\u00e9s par les essences pourrait expliquer leur action dans le traitement de nombreuses affections, y compris les plus graves, comme les \u00e9tats canc\u00e9reux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La v\u00e9rit\u00e9 doit, semble-t-il, tenir compte de ces divers \u00e9clairages. Les ph\u00e9nom\u00e8nes biologiques apparaissent d&rsquo;une complexit\u00e9 sans rapport avec nos actuels moyens d&rsquo;investigation. S&rsquo;il est du devoir de l&rsquo;homme de chercher toujours plus \u00e0 sonder les myst\u00e8res, \u00ab <em>on ne doit enfermer aucune m\u00e9thode biologique dans une formule, car t\u00f4t ou tard les faits la brisent<\/em> \u00bb, ainsi que l&rsquo;\u00e9crivait Charles Nicolle. Force nous est de continuer \u00e0 observer et \u00e0 croire, quand les preuves scientifiques nous font provisoirement d\u00e9faut, ce que nos yeux nous enseignent, car mille raisonnements n\u00e9gatifs ne peuvent d\u00e9truire un fait, \u00e0 plus forte raison une accumulation de faits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreux travaux et exp\u00e9rimentations ont permis de d\u00e9montrer qu&rsquo;en mati\u00e8re th\u00e9rapeutique la plante enti\u00e8re est souvent sup\u00e9rieure au principe actif isol\u00e9. A l&rsquo;exemple de l&rsquo;opium que nous avons cit\u00e9 d\u00e9j\u00e0, nous en ajouterons quelques autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La quinine ne gu\u00e9rit pas toujours le paludisme, que l&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9corce de quinquina, riche en compos\u00e9s divers, gu\u00e9rit totalement. \u00c9tudiant les vertus antisudorales de l&rsquo;agaric, Hofmeister et Combemale sont d&rsquo;avis que l&rsquo;acide agaricique est le seul principe actif. Mais les recherches de Bardet semblent prouver que les r\u00e9sines ont \u00e9galement leur action propre : aussi conseille-t-il de prescrire le produit entier. En ce qui concerne la digitale, tout le monde conna\u00eet l&#8217;emploi, devenu g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, de la digitaline dans certaines affections cardiaques. Or, R. Tissot a montr\u00e9 que \u00ab <em>les feuilles de valeur normale et constante sont pr\u00e9f\u00e9rables aux glucosides isol\u00e9s, parce qu&rsquo;elles renferment une s\u00e9rie de corps agissant synergiquement<\/em> \u00bb. Les semences de semen-contra ont des propri\u00e9t\u00e9s vermifuges fr\u00e9quemment sup\u00e9rieures \u00e0 celles de leur principe actif bien connu, la santonine, qui se r\u00e9v\u00e8le, par ailleurs, non toujours d\u00e9pourvue de toxicit\u00e9. Les principes totaux du bourgeon de peuplier entra\u00eenent une excr\u00e9tion de l&rsquo;acide urique sup\u00e9rieure \u00e0 ce qu&rsquo;obtiennent g\u00e9n\u00e9ralement certains de ces constituants tels que la populine et la salicine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, par de multiples exemples, la sup\u00e9riorit\u00e9 du complexe naturel \u00ab plante enti\u00e8re \u00bb se trouve affirm\u00e9e sur les divers constituants utilis\u00e9s isol\u00e9ment. \u00ab <em>Les subtilit\u00e9s d&rsquo;action des principes actifs d&rsquo;une plante enti\u00e8re ne peuvent pas \u00eatre concurrenc\u00e9es par les substances isol\u00e9es<\/em> \u00bb, \u00e9crit Forsch.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est que, dans la plante enti\u00e8re, les principes actifs se trouvent aid\u00e9s, mais aussi compens\u00e9s et neutralis\u00e9s dans leurs possibles effets nocifs, par les diverses substances qui les accompagnent, qui les environnent, qui les catalysent en m\u00eame temps qu&rsquo;elles les mod\u00e8rent. \u00ab <em>Non seulement<\/em>, \u00e9crit le Dr Taylor, <em>les compos\u00e9s fabriqu\u00e9s par les plantes sont infiniment plus vari\u00e9s que ceux dont nous disposons \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, mais ils sont toujours mieux tol\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;organisme parce qu&rsquo;ils sont le produit naturel d&rsquo;une chimie de la vie<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les essences aromatiques, la sup\u00e9riorit\u00e9 de l&rsquo;essence totale sur son constituant principal a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement souvent d\u00e9montr\u00e9e. Ainsi le cas de l&rsquo;essence d&rsquo;eucalyptus dont les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques s&rsquo;av\u00e8rent sup\u00e9rieures \u00e0 celles de l&rsquo;eucalyptol, son constituant principal, dont elle contient 80 \u00e0 85 %. Qui plus est, certains auteurs am\u00e9ricains et australiens ont accord\u00e9 une influence pr\u00e9pond\u00e9rante aux autres principes constitutifs de l&rsquo;essence d&rsquo;eucalyptus, l&rsquo;eucalyptol \u00e9tant pour eux un corps sans action apparente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi les plantes, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, bien que dou\u00e9es de propri\u00e9t\u00e9s sp\u00e9cifiques, sont-elles pourvues surtout de vertus r\u00e9gulatrices. C&rsquo;est la raison pour laquelle on pourra voir de nombreux v\u00e9g\u00e9taux assortis de qualit\u00e9s apparemment dissemblables, par exemple antispasmodiques et toniques. L&rsquo;usage de nombreuses plantes antispasmodiques (ou s\u00e9datives), en combattant l&rsquo;exacerbation nerveuse pr\u00e9judiciable, contribuera \u00e0 r\u00e9tablir le \u00ab\u00a0calme organique \u00bb, mais aussi \u00e0 stimuler un ou plusieurs organes. Ces plantes se seront comport\u00e9es, en fait, en r\u00e9\u00e9quilibrants organiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre particularit\u00e9 importante des v\u00e9g\u00e9taux utilis\u00e9s en th\u00e9rapeutique est de permettre g\u00e9n\u00e9ralement aux autres th\u00e9rapeutiques de mieux agir, par exemple en ce qui concerne les antibiotiques \u2014 dont ils semblent neutraliser, tout au moins partiellement, les effets nocifs \u2014 et les anticoagulants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les pansements de feuilles et d&rsquo;herbes de la guerre d&rsquo;Indochine<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plantes et leurs essences peuvent s&rsquo;utiliser par voie interne ou par voie externe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par voie interne on les emploie sous forme d&rsquo;infusions, de d\u00e9coctions, de poudres, d&rsquo;entraits, d&rsquo;extraits, d&rsquo;alcoolatures. Certains trait\u00e9s pr\u00e9cisent les doses et les associations diverses susceptibles d&rsquo;augmenter les effets de chacune d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On utilise les essences g\u00e9n\u00e9ralement sous forme de perles ou en solution hydro-alcoolique. Leurs propri\u00e9t\u00e9s \u00e9tant tr\u00e8s puissantes, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;obtenir des solutions tr\u00e8s dilu\u00e9es, en observant certains m\u00e9langes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, qui dit plante ou essence aromatique ne veut pas dire produits \u00e0 utiliser n&rsquo;importe quand, n&rsquo;importe comment et selon l&rsquo;humeur du moment. Des directives devront pr\u00e9sider \u00e0 leur utilisation, et par cons\u00e9quent s&rsquo;imposera la prescription m\u00e9dicale, du moins pour les essences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par voie externe, les plantes entrent dans diverses compositions : d\u00e9coctions pour inhalations, irrigations vaginales, lotions externes, onguents ou baumes, bains locaux ou g\u00e9n\u00e9raux, etc. Les essences se pr\u00eatent particuli\u00e8rement \u00e0 ces usages vari\u00e9s. De nombreux gargarismes, inhalations, pommades, produits antibr\u00fblures ou cicatrisants, baumes antin\u00e9vralgiques, lotions \u00ab antifatigue \u00bb ou, \u00e0 l&rsquo;inverse, calmantes sont \u00e0 base d&rsquo;essences aromatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et surtout, selon, une pratique ancienne dont les recherches modernes ont reconnu la pleine efficacit\u00e9, les bains aromatiques \u00e0 base d&rsquo;essences semblent devoir \u00eatre compt\u00e9s parmi les meilleurs traitements de nombreux syndromes et maladies. La diffusibilit\u00e9 exceptionnelle des huiles essentielles \u00e0 travers la peau (propri\u00e9t\u00e9 qui permet de retrouver ces agents dans le sang quelques minutes apr\u00e8s un bain) rend compte de leur action dans les asth\u00e9nies physiques et intellectuelles, les affections pulmonaires, urinaires et intestinales, divers syndromes endocriniens, les insomnies et de nombreux d\u00e9r\u00e8glements que les conditions difficiles de la vie moderne ont provoqu\u00e9s chez la plupart de nos contemporains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La haute diffusibilit\u00e9 des essences aromatiques en fait des vecteurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire des agents de p\u00e9n\u00e9tration. A ce titre, elles sont incorpor\u00e9es depuis longtemps dans des cr\u00e8mes, baumes, lotions, pour permettre la diffusion, \u00e0 travers l&rsquo;Organisme, des principes actifs de ces produits. L&rsquo;action des bains d&rsquo;algues ne pouvait donc \u2014 \u00e0 son tour \u2014 qu&rsquo;\u00eatre renforc\u00e9e et compl\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;adjonction de certaines essences, par ailleurs compl\u00e9mentaires en tant qu&rsquo;hormones v\u00e9g\u00e9tales. La pratique a confirm\u00e9 ce point de vue, et divers complexes aromatiques peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour \u00ab dynamiser \u00bb les effets d\u00e9sormais connus du bain d&rsquo;algues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ceux qui r\u00e9pugnent \u00e0 absorber une m\u00e9dication, aussi d\u00e9pourvue de toxicit\u00e9 soit-elle, la pratique des bains aromatiques repr\u00e9sente une solution id\u00e9ale alliant \u00e0 l&rsquo;instinct de propret\u00e9 des vertus curatives parfois insoup\u00e7onn\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant la guerre d&rsquo;Indochine, les m\u00e9decins militaires eurent de fr\u00e9quentes occasions de donner leurs soins \u00e0 des Africains ou des Vietnamiens bless\u00e9s, dont le premier pansement consistait en une bouillie de feuilles ou d&rsquo;herbes diverses compos\u00e9e par eux-m\u00eames. Du pansement individuel r\u00e9glementaire, ces soldats n&rsquo;utilisaient que la bande pour maintenir le cataplasme. On n&rsquo;a, dans ces conditions, presque jamais observ\u00e9 l&rsquo;infection de la plaie et, pour peu que le pansement v\u00e9g\u00e9tal soit rest\u00e9 2 \u00e0 3 jours en place, sous la s\u00e9rosit\u00e9 apparaissaient des chairs roses, de bon aloi, en voie de cicatrisation. Ces r\u00e9sultats devaient \u00eatre attribu\u00e9s au choix des v\u00e9g\u00e9taux employ\u00e9s selon une connaissance traditionnelle. Pour certains chercheurs, qui s&rsquo;appuient sur de nombreuses constatations, diverses peuplades primitives se trouveraient, dans certains domaines de la th\u00e9rapeutique, tr\u00e8s en avance sur nous, notamment dans le traitement de certaines affections psychiques et pour le contr\u00f4le des naissances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sultats obtenus par les plantes et les essences sont attest\u00e9s par des cas innombrables dont nous citerons quelques-uns. Par exemple le cas de cette femme, qu&rsquo;une d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce de bouleau d\u00e9barrassa, en quelques jours, d&rsquo;un ecz\u00e9ma rebelle des avant-bras. La recette lui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par un Canadien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelques cas spectaculaires de gu\u00e9rison<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi le cas de ce malade qui, hospitalis\u00e9 pour \u00eatre op\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un calcul r\u00e9nal, \u00e9limina le matin m\u00eame de l&rsquo;intervention, quelques heures avant l&rsquo;arriv\u00e9e du chirurgien, le caillou responsable. Quelques jours plus t\u00f4t, l&rsquo;infirmi\u00e8re du service avait conseill\u00e9 \u00e0 son malade, en lui recommandant la plus grande discr\u00e9tion, de tenter un traitement par une d\u00e9coction d&rsquo;aubier de tilleul sauvage. Le malade avait alors absorb\u00e9 chaque jour 3\/4 de litre de cette d\u00e9coction facile \u00e0 obtenir, et lorsque le chirurgien vint \u00e0 son lit, quelques minutes avant l&rsquo;op\u00e9ration, le malade put sugg\u00e9rer que, sans doute, toute incision \u00e9tait inutile. Surpris, le chirurgien fit, sur-le-champ, faire de nouveaux clich\u00e9s. Le doute n&rsquo;\u00e9tait plus permis : le caillou, autrefois sur les films, se trouvait \u00eatre, pour l&rsquo;heure, dans sa main.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un malade, armateur de profession, avait tout essay\u00e9 depuis plus de dix ans pour retrouver le sommeil que de fr\u00e9quents ennuis d&rsquo;argent s&rsquo;ing\u00e9niaient \u00e0 lui soustraire. Chaque produit nouveau, disait-il, agissait, quoique faiblement, pendant 8 \u00e0 15 jours. Un mois \u00e9tait le d\u00e9lai exceptionnellement d\u00e9pass\u00e9. Puis il fallait trouver autre chose. On sait que le probl\u00e8me de l&rsquo;insomnie est l&rsquo;un de ceux qui ont fait couler le plus d&rsquo;encre depuis que la civilisation actuelle a tellement malmen\u00e9 les esprits. Le v\u00e9ritable traitement de l&rsquo;insomnie r\u00e9side parfois en une modification radicale du mode de vie pour \u00e9liminer les soucis majeurs, ce qui peut conduire au changement de situation ou du domicile. Le malade en question ne pouvait ou ne voulait en aucun cas changer de situation. D\u00e8s lors, les voyages, les fr\u00e9quents d\u00e9jeuners d&rsquo;affaires, les coups de t\u00e9l\u00e9phone incessants demeuraient son lot. Mais ses d\u00e9placements le conduisirent dans un village o\u00f9 une paysanne lui conseilla banalement de prendre chaque soir une infusion de feuilles et de fleurs d&rsquo;oranger. Le cosmonaute sera toujours ravi de caresser une arbal\u00e8te. Notre insomniaque, d\u00e9go\u00fbt\u00e9 des trouvailles ultramodernes, fit l&rsquo;exp\u00e9rience. Quelques jours plus tard, il avait retrouv\u00e9 son sommeil. Le ph\u00e9nom\u00e8ne dure actuellement depuis plus de dix ans. \u00c9videmment, c&rsquo;est un cas qui ne permet nullement de g\u00e9n\u00e9raliser, mais il valait d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une jeune fille chlorotique pr\u00e9sentait un \u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9testable avec an\u00e9mie, amaigrissement notable, disparition des r\u00e8gles depuis huit mois. Les Anciens nous ont transmis comme traitement de ces troubles un certain nombre de m\u00e9dications parmi lesquelles figurent l&rsquo;armoise et les pr\u00e9parations ferrugineuses. Quelques cachets, \u00e0 base de fer et de remin\u00e9ralisants v\u00e9g\u00e9taux, associ\u00e9s \u00e0 une infusion quotidienne d&rsquo;armoise, firent tout rentrer dans l&rsquo;ordre en l&rsquo;espace de deux mois. Depuis, cette jeune fille a 4700000 globules rouges, est bien r\u00e9gl\u00e9e et a grossi de 6 kg d\u00e8s les quatre premiers mois de son traitement. Il va sans dire que l&rsquo;alimentation a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e et que les l\u00e9gumes, les amandes, les fruits, les aromates ont acquis dans ses menus une place pr\u00e9pond\u00e9rante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Dr H. Leclerc relate, au sujet du sene\u00e7on, le cas d&rsquo;une jeune fille priv\u00e9e de r\u00e8gles et atteinte de convulsions. Le sene\u00e7on, en r\u00e9tablissant les r\u00e8gles, fit dispara\u00eetre les convulsions. Leclerc rapporte aussi l&rsquo;observation d&rsquo;une jeune fille atteinte de tuberculose r\u00e9nale droite. L&rsquo;affection avait \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9e et contr\u00f4l\u00e9e par de multiples examens, notamment des radiographies et une inoculation au cobaye qui s&rsquo;\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e positive. Cette malade, mise au repos en station d&rsquo;altitude, fut trait\u00e9e par des instillations v\u00e9sicales, une m\u00e9dication remin\u00e9ralisante et trois cuiller\u00e9es \u00e0 caf\u00e9 par jour d&rsquo;une mixture comprenant les extraits fluides de renou\u00e9e et de pr\u00eale \u00e0 parties \u00e9gales. De nouvelles recherches de bacille de Koch, effectu\u00e9es trois mois plus tard, permirent de consid\u00e9rer que la l\u00e9sion r\u00e9nale \u00e9tait cicatris\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces quelques observations d\u00e9montrent la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;action, souvent incomparable, des v\u00e9g\u00e9taux et de leurs essences dans la lutte contre la maladie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Conscience du m\u00e9decin, mais aussi conscience du r\u00e9coltant<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;on veut bien se rappeler que (contrairement \u00e0 de nombreuses m\u00e9dications synth\u00e9tiques modernes abandonn\u00e9es plus ou moins rapidement) les v\u00e9g\u00e9taux permettent d&rsquo;obtenir, aujourd&rsquo;hui comme autrefois, des r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques permanents, on peut se demander pour quelles raisons la phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie ont, au cours des si\u00e8cles, connu tour \u00e0 tour des p\u00e9riodes de faveur et d&rsquo;oubli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est que, sans doute, autrefois comme aujourd&rsquo;hui, \u00e0 tout instant de l&rsquo;Histoire, on crut souvent avoir trouv\u00e9 la panac\u00e9e d\u00e9finitive ou la m\u00e9thode id\u00e9ale qui surpassait d\u00e9finitivement les autres. Mais c&rsquo;est aussi que, pour poss\u00e9der leur pleine action, les plantes doivent avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9es avec art et en temps opportun, qu&rsquo;elles doivent avoir \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement trait\u00e9es, et aussi qu&rsquo;elles doivent provenir de terrains et de climats d\u00e9termin\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;efficacit\u00e9 de la phyto et de l&rsquo;aromath\u00e9rapie est donc conditionn\u00e9e par le savoir et la conscience professionnelle des r\u00e9coltants, la rigueur scientifique et la probit\u00e9 de tous ceux qui, aux divers stades, jouent un r\u00f4le dans la pr\u00e9paration et la conservation des multiples formes pharmaceutiques. Ces conditions, il faut le dire, n&rsquo;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 r\u00e9unies. Elles ne sont d&rsquo;ailleurs pas encore, obligatoirement et partout, rencontr\u00e9es de nos jours. Dans ces cas, les \u00e9checs th\u00e9rapeutiques sont fr\u00e9quents, qui furent et qui sont encore, par ignorance, mis au passif de la m\u00e9thode et non du mat\u00e9riel d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 <a id=\"ftnref14\" href=\"#ftn14\">[14]<\/a>. Pour obtenir un plein effet, il faut enfin, bien entendu, que les indications aient \u00e9t\u00e9 parfaitement pos\u00e9es et les plantes ou les essences choisies judicieusement. Fort heureusement pour nous, la plupart des plantes m\u00e9dicinales, ou leurs essences, sont pourvues chacune de nombreuses propri\u00e9t\u00e9s et parfois tr\u00e8s diverses. Une plante ou une huile essentielle peut \u00eatre antiseptique, tonique et anti-spasmodique (ces deux propri\u00e9t\u00e9s, comme on l&rsquo;a vu, loin de s&rsquo;exclure, au contraire se compl\u00e8tent), diur\u00e9tique, antirhumatismale, etc. Une l\u00e9g\u00e8re impr\u00e9cision dans le diagnostic ou le choix de la plante n&rsquo;est pas obligatoirement une source de d\u00e9convenue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, si la phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie ont, \u00e0 notre \u00e9poque, connu une p\u00e9riode d&rsquo;indiff\u00e9rence ou de m\u00e9pris, c&rsquo;est que l&rsquo;homme moderne ne croit gu\u00e8re qu&rsquo;aux analyses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La base scientifique manqua longtemps pour expliquer l&rsquo;action th\u00e9rapeutique des plantes et des essences. A l&rsquo;inverse, si, depuis quelques ann\u00e9es, la phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie connaissent d\u00e9j\u00e0 chez les m\u00e9decins et dans l&rsquo;opinion un regain de faveur, elles le doivent aux travaux scientifiques publi\u00e9s : \u00e9tudes phytochimiques, chromatographies, analyses capillaires, examens radiologiques, trac\u00e9s divers, exp\u00e9rimentations animales multiples, etc. Les d\u00e9tracteurs reprochent encore \u00e0 certaines pr\u00e9parations leur manque de pr\u00e9cision et leur in\u00e9gale activit\u00e9 dus \u00e0 des vices de r\u00e9colte ou de pr\u00e9paration. Or, les pr\u00e9parations d\u00e9fectueuses ont toujours exist\u00e9. Elles existeront malheureusement toujours. Force reste \u00e0 chacun, aujourd&rsquo;hui comme hier, de s&rsquo;adresser \u00e0 la fabrication loyale, aux pharmaciens, aux herboristes connus pour leur comp\u00e9tence, aux laboratoires sp\u00e9cialis\u00e9s qui ont fait l&rsquo;effort n\u00e9cessaire pour conserver, dans leurs produits, l&rsquo;enti\u00e8re activit\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales. Certaines m\u00e9thodes actuelles rendent possibles non seulement l&rsquo;identification et l&rsquo;analyse qualitative, mais m\u00eame, dans certains cas, des certitudes quant \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du produit. Il est donc relativement facile d&rsquo;utiliser des pr\u00e9parations efficaces et stabilis\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie ont \u00e9t\u00e9 aussi victimes de l&rsquo;enthousiasme exag\u00e9r\u00e9 de certains auteurs anciens qu&rsquo;une imagination trop fertile entra\u00eena \u00e0 \u00e9crire sur les plantes bien des inexactitudes, voire des contes et des l\u00e9gendes. C&rsquo;\u00e9tait appeler le scepticisme. Le cours de la pens\u00e9e, aussi bien chez l&rsquo;individu que pour les g\u00e9n\u00e9rations, affecte g\u00e9n\u00e9ralement la forme d&rsquo;une courbe sinuso\u00efdale, les positions extr\u00eames \u00e9tant plus souvent adopt\u00e9es que le juste milieu. Or, la v\u00e9rit\u00e9, dans ce domaine comme dans beaucoup d&rsquo;autres, semble devoir se situer entre pan\u00e9gyrique et indiff\u00e9rence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Disons encore que, sauf quelques rares exceptions, l&rsquo;homme a tendance \u00e0 fuir \u00ab les voies fray\u00e9es du vulgaire \u00bb. Quel cr\u00e9dit accorder \u00e0 des herbes qu&rsquo;on foule aux pieds, dont les rebouteux et m\u00eame les vieilles paysannes pr\u00f4nent les vertus ? Il semble, effectivement, que de longues \u00e9tudes ne soient pas n\u00e9cessaires pour utiliser les effets diur\u00e9tiques de la feuille de cassis, ou les propri\u00e9t\u00e9s carminatives de la semence d&rsquo;anis. Mais prescrire des suppositoires, des pilules ou des potions \u00e0 formules chimiques compliqu\u00e9es et incompr\u00e9hensibles, voil\u00e0 qui exige des connaissances \u00e9tendues. Par ailleurs, il y a beaucoup de malades qui attendent de leurs m\u00e9decins ces formes th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9sormais, les partisans de la phyto et de l&rsquo;aromath\u00e9rapie peuvent \u00e0 bon droit se r\u00e9jouir. Ils poss\u00e8dent de nombreuses preuves scientifiques de la valeur de ces th\u00e9rapeutiques et constatent que la science moderne a d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9, dans la grande majorit\u00e9 des cas, que \u00ab les Anciens avaient raison \u00bb. Ils disposent de pr\u00e9parations stabilis\u00e9es efficaces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une m\u00e9decine sans dogmes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il importe peu, ajoutent d&rsquo;ailleurs certains d\u00e9fenseurs des plantes, que les v\u00e9g\u00e9taux utilis\u00e9s ne poss\u00e8dent pas toujours leurs propri\u00e9t\u00e9s int\u00e9grales. Celui qui exerce la th\u00e9rapeutique par les plantes et les essences sait qu&rsquo;il doit employer plusieurs de ces agents. En cons\u00e9quence, si l&rsquo;hamam\u00e9lis, par exemple, utilis\u00e9 pour traiter un \u00e9tat veineux d\u00e9fectueux, n&rsquo;a pas la qualit\u00e9 souhaitable, il serait bien invraisemblable que le marron d&rsquo;Inde, le cypr\u00e8s, la feuille de noisetier ou l&rsquo;hydrastis, qui prendront bient\u00f4t le relais ou qui se trouvent administr\u00e9s dans la m\u00eame association, soient \u00e9galement mal pr\u00e9par\u00e9s, mal conserv\u00e9s et d\u00e9pourvus d&rsquo;activit\u00e9. La pratique confirme ce point de vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, pour la grande majorit\u00e9 des cas, le but n&rsquo;est pas de neutraliser dans les moindres d\u00e9tails des maladies gravissimes par des rem\u00e8des h\u00e9ro\u00efques, mais d&rsquo;am\u00e9liorer chaque jour davantage, par l&rsquo;usage des plantes et des essences, l&rsquo;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire le \u00ab terrain \u00bb dont l&rsquo;importance est depuis longtemps d\u00e9montr\u00e9e. Toutefois, l&rsquo;action des essences et m\u00eame des simples (dont la composition est en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une extr\u00eame complexit\u00e9), action g\u00e9n\u00e9ralement lente, peut parfois \u00eatre d&rsquo;une \u00e9tonnante rapidit\u00e9. C&rsquo;est un argument suppl\u00e9mentaire pour les partisans de la th\u00e9rapeutique v\u00e9g\u00e9tale g\u00e9n\u00e9ralement atoxique et d\u00e9pourvue d&rsquo;effets secondaires f\u00e2cheux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La composition et les effets des plantes et de leurs huiles essentielles permettent de comprendre les relations qui existent entre elles et d&rsquo;autres th\u00e9rapeutiques. Leurs oligo-\u00e9l\u00e9ments les rendent utiles, sinon parfois indispensables \u00e0 la th\u00e9rapeutique catalytique par les oligo-\u00e9l\u00e9ments. Les m\u00eames oligo-\u00e9l\u00e9ments en font des proches parents des algues qui constituent, dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la phytoth\u00e9rapie, le chapitre nouveau de la phytoth\u00e9rapie marine. Ces oligo-\u00e9l\u00e9ments les rapprochent \u00e9galement de l&rsquo;eau de mer et de l&rsquo;argile dont les effets curatifs ne sont plus \u00e0 d\u00e9montrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leurs hormones en font les compl\u00e9mentaires (pour certains praticiens, ins\u00e9parables des hormones animales) des tissus animaux dont Filatov, Bogomoletz, Barda, Carnot, Niehans, Haubold et d&rsquo;autres ont d\u00e9montr\u00e9 les exceptionnelles possibilit\u00e9s actuellement repr\u00e9sent\u00e9es par la th\u00e9rapeutique cellulaire. Mais il para\u00eet essentiel, compte tenu des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res des plantes et des essences, de consid\u00e9rer ces derni\u00e8res comme des traitements pr\u00e9dominants, des traitements de fond, des traitements obligatoires pour qui voudra utiliser les possibilit\u00e9s de ces autres th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il convient de conclure sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;associer, \u00e0 tout traitement v\u00e9g\u00e9tal, les bienfaits d&rsquo;une alimentation saine, biologiquement \u00e9quilibr\u00e9e. Dans les menus, figurent obligatoirement et en quantit\u00e9, pour qui prend soin de sa sant\u00e9, les fruits, les l\u00e9gumes, les v\u00e9g\u00e9taux divers, les aromates. A l&rsquo;assertion d&rsquo;Hippocrate : \u00ab <em>Il est des maladies qui ne se soignent que par l&rsquo;alimentation<\/em> \u00bb, r\u00e9pondent les paroles de Jean Rostand pour qui \u00ab <em>tout menu est une ordonnance<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">Docteur JEAN VALNET<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> On n&rsquo;envisage pas ici les v\u00e9g\u00e9taux tels que la digitale, la belladone, le datura, l&rsquo;ergot de seigle&#8230; dont la toxicit\u00e9 est notoire. Certaines essences utilis\u00e9es \u00e0 doses excessives peuvent aussi occasionner quelques d\u00e9sagr\u00e9ments. Ainsi les essences d&rsquo;hysope, de sauge, d&rsquo;anis, de fenouil sont-elles susceptibles, \u00e0 certaines doses et chez certains sujets, de provoquer des accidents nerveux tels que les crises \u00e9pileptiformes.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> \u00ab <em>La v\u00e9rit\u00e9 scientifique est une explication du moment \u00e0 un moment de la science\u00a0\u00bb <\/em>\u00e9crivait H. Poincar\u00e9. Cette opinion est partag\u00e9e par de nombreux auteurs, tel Auguste Lumi\u00e8re, pour qui \u00ab <em>toutes les th\u00e9ories m\u00e9dicales sont provisoires : elles ne correspondent nullement \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9finitives<\/em> \u00bb. En face des th\u00e9ories et explications \u00ab scientifiques \u00bb sujettes \u00e0 de multiples remaniements, se situent les faits qui, eux, sont objectifs, r\u00e9els et, dans des conditions identiques, constamment observ\u00e9es. \u00ab <em>C&rsquo;est toujours la pratique qui juge la valeur des m\u00e9thodes prophylactiques. Il faut un singulier ent\u00eatement pour pr\u00e9tendre avoir raison contre les faits<\/em>\u00a0\u00bb, dit \u00e0 son tour le professeur Delbet.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> Il n&rsquo;est pas interdit de penser que l&rsquo;usage des plantes, surtout aromatiques, joua un r\u00f4le dans la pr\u00e9vention ou la limitation de certaines \u00e9pid\u00e9mies. Rappelons la fameuse \u00e9pid\u00e9mie de peste d&rsquo;Ath\u00e8nes jugul\u00e9e par Hippocrate en faisant br\u00fbler des plantes odorantes dans les rues.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> Le secret des embaumements appartenait aux pr\u00eatres. L&rsquo;historien grec H\u00e9rodote en a donn\u00e9 la description suivante : \u00ab <em>Apr\u00e8s avoir nettoy\u00e9 les visc\u00e8res avec du vin de palme, on les saupoudre d&rsquo;\u00e9pices tritur\u00e9es. Puis on remplit l&rsquo;abdomen de myrrhe tritur\u00e9e, de cassie et de toutes sortes de substances fumig\u00e8nes. Ceci fait, on baigne le cadavre pendant 70 jours dans le natron (<\/em>carbonate de soude naturel<em>). Ensuite, le cadavre est lav\u00e9, envelopp\u00e9 de bandelettes enduites de gommes et de r\u00e9sines<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn5\" href=\"#ftnref5\">[5]<\/a> Dans son <em>De materia medica<\/em>, Dioscoride d\u00e9crit \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les essences connues. Il recommande le fenouil \u00ab \u00e0 ceux qui ne peuvent pisser que goutte \u00e0 goutte \u00bb, l&rsquo;origan \u00ab \u00e0 ceux qui ont perdu l&rsquo;app\u00e9tit, qui ont l&rsquo;estomac d\u00e9bile et font des rots acides et f\u00e2cheux \u00bb. Pour masquer l&rsquo;odeur d\u00e9sagr\u00e9able de l&rsquo;ail et de l&rsquo;oignon, dont on faisait \u00e0 son \u00e9poque une grande consommation, il conseille de conserver sous la langue une petite feuille de nard ou un morceau de \u00ab malobatre \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn6\" href=\"#ftnref6\">[6]<\/a> On en parlait beaucoup au XVIe si\u00e8cle du vinaigre des quatre voleurs, pr\u00e9paration antiseptique utilis\u00e9e dans la pr\u00e9vention des maladies contagieuses. On s&rsquo;en frottait les mains et le visage, on en br\u00fblait dans les appartements.<\/p>\n<p>Sa formule fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par quatre d\u00e9trousseurs de cadavres, arr\u00eat\u00e9s en flagrant d\u00e9lit lors des grandes pestes de Toulouse de 1628 \u00e0 1631. Leur m\u00e9pris de la contagion avait \u00e9t\u00e9 un sujet d&rsquo;\u00e9tonnement pour les juges&#8230; Les archives du parlement de Toulouse rapportent que ces quatre voleurs furent convaincus, lors de l&rsquo;ancienne grande peste, qu&rsquo;ils allaient chez les pestif\u00e9r\u00e9s, les \u00e9tranglaient dans leur lit et, apr\u00e8s, volaient leurs maisons : pourquoi ils furent condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9s vifs et, pour qu&rsquo;on leur adouc\u00eet la peine, ils d\u00e9couvrirent leur secret pr\u00e9servatif ; apr\u00e8s quoi ils furent pendus \u00bb. Ce vinaigre contenait notamment de l&rsquo;absinthe, de la reine-des-pr\u00e9s, du geni\u00e8vre, de la marjolaine sauvage, de la sauge, de la girofle, de l&rsquo;ang\u00e9lique, du romarin, du camphre.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn7\" href=\"#ftnref7\">[7]<\/a> Niaouli, arbre de la famille des myrtac\u00e9es, originaire de la Nouvelle-Cal\u00e9donie.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn8\" href=\"#ftnref8\">[8]<\/a> \u00ab <em>On ne saurait trop d\u00e9noncer l&#8217;emploi inconsid\u00e9r\u00e9, dans les pneumopathies aigu\u00ebs ou subaigu\u00ebs (c&rsquo;est-\u00e0-dire les affections pulmonaires banales), de l&rsquo;association streptomycine-p\u00e9nicilline<\/em> \u00bb, \u00e9crivent R. Lesobre et M. Oury dans <em>les Insuffisances de la lutte anti-tuberculeuse en France<\/em>, article paru dans \u00ab l&rsquo;H\u00f4pital \u00bb en 1960. Car, \u00ab <em>en cas de pouss\u00e9e bacillaire, cette pratique ne peut que brouiller les cartes, d\u00e9capiter les sympt\u00f4mes fonctionnels et g\u00e9n\u00e9raux, pr\u00e9parer de dramatiques r\u00e9veils<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Avant l&rsquo;apparition des antibiotiques, nombre de tuberculoses pulmonaires ont gu\u00e9ri gr\u00e2ce au repos et \u00e0 diverses m\u00e9thodes. \u00ab <em>La part de la mode n&rsquo;est pas n\u00e9gligeable en mati\u00e8re th\u00e9rapeutique<\/em>. \u00bb Il faut souhaiter, pour le bien des malades eux-m\u00eames, que la mode revienne aux plantes et aux essences aromatiques dont les propri\u00e9t\u00e9s antituberculeuses ont \u00e9t\u00e9 depuis longtemps d\u00e9montr\u00e9es par de nombreux chercheurs dans tous les pays.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn9\" href=\"#ftnref9\">[9]<\/a> L&rsquo;antibiogramme, rappelons-le, est la constatation en laboratoire de la sensibilit\u00e9 des germes microbiens \u00e0 diff\u00e9rents antibiotiques. G\u00e9n\u00e9ralement, on proc\u00e8de de la mani\u00e8re suivante : on ensemence, \u00e0 l&rsquo;aide du ou des microbes en cause, une surface de g\u00e9lose et on d\u00e9pose sur cette pr\u00e9paration une dilution de l&rsquo;antibiotique \u00e9tudi\u00e9. Si l&rsquo;antibiotique se r\u00e9v\u00e8le actif contre le germe microbien, on pourra constater apr\u00e8s un laps de temps (\u00e0 l&rsquo;\u0153il nu, \u00e0 la loupe, au biophotom\u00e8tre) que la culture microbienne ne s&rsquo;est pas ou tr\u00e8s peu d\u00e9velopp\u00e9e. Or, le r\u00e9sultat des observations est fonction de plusieurs facteurs parmi lesquels la vitesse de diffusion \u2014 fort variable \u2014 de l&rsquo;antibiotique, le milieu de culture et la nature du germe, en particulier sa vitesse de croissance et le nombre \u00e0 l&rsquo;ensemencement.<\/p>\n<p>L&rsquo;action des m\u00e9langes d&rsquo;antibiotiques, si souvent prescrits en pratique m\u00e9dicale, peut se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s diff\u00e9rente de l&rsquo;action de chaque antibiotique isol\u00e9. On a pu classer l&rsquo;action d&rsquo;un m\u00e9lange d&rsquo;antibiotiques en : effet additif, effet synergique, effet antagoniste, indiff\u00e9rence. Cette complexit\u00e9 ne peut permettre de pr\u00e9voir l&rsquo;action d&rsquo;un m\u00e9lange d&rsquo;antibiotiques sur un germe donn\u00e9. Disons que l&rsquo;on ne sait pas ce qui se passe exactement. Car si l&rsquo;on peut agir sur la diffusion de l&rsquo;antibiotique, il n&rsquo;en est pas du tout de m\u00eame en ce qui concerne le germe, puisque cela d\u00e9pend de facteurs pathologiques : \u00e9tat du malade, virulence, repaires anatomiques&#8230; En d\u00e9finitive, l&rsquo;\u00e9chec fr\u00e9quent, en pratique m\u00e9dicale, de l&rsquo;antibiogramme provient de ce que, sur les trois facteurs en cause, les constatations ne sont relatives qu&rsquo;aux deux premiers, antibiotique et germe, et ne peuvent tenir compte du troisi\u00e8me, le plus important, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du malade.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn10\" href=\"#ftnref10\">[10]<\/a> L&rsquo;aspirine est le m\u00e9dicament de \u00ab diffusion et de popularit\u00e9 universelles \u00bb, a-t-on pu \u00e9crire. Son innocuit\u00e9 semblait bien \u00e9tablie et empiriquement d\u00e9montr\u00e9e. Cependant, par la recherche syst\u00e9matique du sang dans les selles des rhumatisants hospitalis\u00e9s et trait\u00e9s par l&rsquo;aspirine \u00e0 des doses quotidiennes de 2 \u00e0 6 comprim\u00e9s \u00e0 0,50 g, Stubb\u00e9 a d\u00e9cel\u00e9 des h\u00e9morragies jusqu&rsquo;alors m\u00e9connues dans la proportion de 70 % des cas. L&rsquo;aspirine joue, par ailleurs, chez les sujets atteints d&rsquo;ulc\u00e8res gastriques, un r\u00f4le important dans l&rsquo;aggravation des sympt\u00f4mes et favorise les h\u00e9morragies gastriques dans environ un cas sur huit. La toxicit\u00e9 de l&rsquo;aspirine peut aussi se manifester sur le foie et le syst\u00e8me nerveux, et les r\u00e9actions allergiques cons\u00e9cutives \u00e0 son absorption ne sont pas une raret\u00e9 (Blamoutier).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn11\" href=\"#ftnref11\">[11]<\/a> Le pouvoir antiseptique et cicatrisant des plantes et des essences aromatiques est d&rsquo;autant plus pr\u00e9cieux qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;agressivit\u00e9 vis-\u00e0-vis des germes microbiens s&rsquo;assortit une parfaite innocuit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des tissus. On sait que l&rsquo;un des grands reproches oppos\u00e9s \u00e0 la plupart des antiseptiques chimiques est leur nocivit\u00e9 souvent \u00e9gale pour les bacilles comme pour les cellules de l&rsquo;organisme. Divers auteurs, notamment les Pr Delbet, Fiessinger, le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ral Policard, ont constat\u00e9 sur des plaies pans\u00e9es avec le liquide de Dakin (sorte d&rsquo;eau de Javel modifi\u00e9e, utilis\u00e9e fr\u00e9quemment dans le pansement des plaies, et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, en temps de guerre) que les microbes persistaient apr\u00e8s le traitement. Certains de ces auteurs, comme l&rsquo;a rappel\u00e9 Azaloux dans sa th\u00e8se de 1943, ont m\u00eame observ\u00e9 que la densit\u00e9 des bacilles dans les plaies \u00e9tait plus forte apr\u00e8s quelques jours de traitement qu&rsquo;au d\u00e9but&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn12\" href=\"#ftnref12\">[12]<\/a> Les affections de la peau sont justiciables d&rsquo;un traitement externe (mac\u00e9rations huileuses, d\u00e9coctions aqueuses, etc.). La phyto et l&rsquo;aromath\u00e9rapie provoquent l&rsquo;arr\u00eat de ces d\u00e9sint\u00e9grations cutan\u00e9es que sont les ecz\u00e9mas, les dartres, les pelades, les teignes. Il en r\u00e9sulte une reconstruction tissulaire aboutissant \u00e0 la gu\u00e9rison. De plus, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les applications locales de v\u00e9g\u00e9taux ou d&rsquo;essences aboutissent \u00e0 la neutralisation des compos\u00e9s toxiques des l\u00e9sions cutan\u00e9es, ce qui \u00e9vite l&rsquo;intoxication cons\u00e9cutive \u00e0 la r\u00e9sorption pure et simple des toxines par l&rsquo;organisme. Toutefois, on n&rsquo;oubliera pas que les maladies de la peau ont g\u00e9n\u00e9ralement une origine interne et que les applications externes devront \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es par un traitement interne, variable selon les sujets.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn13\" href=\"#ftnref13\">[13]<\/a> \u00c9metteurs d&rsquo;ondes vari\u00e9es comme tout ce qui vit ou existe dans l&rsquo;univers, les plantes agissent aussi tr\u00e8s vraisemblablement par les modifications de champ magn\u00e9tique qu&rsquo;elles provoquent.<\/p>\n<p>\u00ab Les \u00c9chos de Grande-Bretagne \u00bb (1<sup>er<\/sup> avril 1963) nous apprennent qu&rsquo;un appareil \u00e9mettant des rayons ultraviolets peut d\u00e9truire plusieurs millions de microbes \u00e0 la seconde. L&rsquo;appareil fonctionne comme un aspirateur : l&rsquo;air charg\u00e9 de poussi\u00e8res contamin\u00e9es provenant des lits, des rideaux, des rayonnages et des crevasses du plancher est aspir\u00e9. Il traverse un champ de rayons ultraviolets \u00e9mis par des lampes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;appareil et en ressort purifi\u00e9. Cet appareil d\u00e9truit tous les microbes r\u00e9sistant aux antibiotiques connus. Ces propri\u00e9t\u00e9s bact\u00e9ricides des rayons ultraviolets sont connues depuis longtemps d\u00e9j\u00e0. Or, leur action rel\u00e8ve d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne attach\u00e9 \u00e0 leur longueur d&rsquo;onde. On peut parfaitement concevoir que les propri\u00e9t\u00e9s analogues des essences des plantes rel\u00e8vent d&rsquo;un m\u00eame processus.<\/p>\n<p>Il y a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de trente ans que le Dr Jules Regnault \u00e9crivait \u00ab qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des d\u00e9formations cellulaires et des modifications chimiques des humeurs doit succ\u00e9der l&rsquo;\u00e9tude des \u00e9tats \u00e9lectroniques (ou dynamiques) caract\u00e9ris\u00e9s par une polarit\u00e9, une potentialit\u00e9 et une p\u00e9riode (ou rythme) d\u00e9termin\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a id=\"ftn14\" href=\"#ftnref14\">[14]<\/a> Terrain et climat influent sur la nature des v\u00e9g\u00e9taux. Les plantes m\u00e9dicinales sont obligatoirement soumises \u00e0 des influences telluriques, g\u00e9ologiques, climatiques, hygrom\u00e9triques qui en d\u00e9terminent l&rsquo;activit\u00e9.<\/p>\n<p>La digitale, riche en glucosides sur les sommets \u00e9lev\u00e9s, devient \u00e0 peu pr\u00e8s inerte dans les pays plats et humides. Le chiendent et la guimauve des marais du Nord sont plus riches en mucilages que leurs homologues du Midi de la France. On conna\u00eet la sup\u00e9riorit\u00e9 du thym de La R\u00e9union, de la cannelle de Ceylan, de la lavande proven\u00e7ale sur les plantes analogues provenant d&rsquo;autres pays. Par ailleurs, l&rsquo;entourage d&rsquo;une plante peut lui \u00eatre, selon les cas, favorable ou pr\u00e9judiciable. Aussi, les proc\u00e9d\u00e9s empiriques de culture et de r\u00e9colte ont-ils \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quemment remplac\u00e9s par des donn\u00e9es scientifiques rigoureuses permettant d&rsquo;obtenir des produits d&rsquo;une composition chimique constante. Le moment et les modalit\u00e9s de la r\u00e9colte se r\u00e9v\u00e8lent, par ailleurs, d&rsquo;une importance capitale. Les fleurs, les feuilles, les racines, les \u00e9corces poss\u00e8dent un maximum de potentiel \u00e0 certaines \u00e9poques de l&rsquo;ann\u00e9e. Leurs principes actifs varient au cours de la croissance. Telle partie devra \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9, telle autre avant le stade adulte. Leur activit\u00e9 est, de plus, subordonn\u00e9e \u00e0 certaines pr\u00e9cautions observ\u00e9es pour les recueillir.<\/p>\n<p>D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les propri\u00e9t\u00e9s des plantes sont d&rsquo;autant plus marqu\u00e9es que les plantes sont plus fra\u00eeches. Par contre, les racines de gentiane, de val\u00e9riane, l&rsquo;\u00e9corce de bourdaine ne sont vraiment efficaces que quelque temps apr\u00e8s la r\u00e9colte. Certains v\u00e9g\u00e9taux, par ailleurs, ne supportent pas la conservation.<\/p>\n<p>Le traitement des plantes m\u00e9dicinales conditionne leur valeur th\u00e9rapeutique. Un s\u00e9chage mal effectu\u00e9 entra\u00eene une d\u00e9perdition souvent importante en principes divers : glucosides, alcalo\u00efdes, huiles essentielles&#8230;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant une p\u00e9riode tr\u00e8s longue de l&rsquo;Histoire, les hommes n&rsquo;avaient gu\u00e8re, pour se soigner, d&rsquo;autres moyens que les plantes. De tous temps, ils se sont rendus dans les montagnes, dans les bois, dans les champs pour y trouver les v\u00e9g\u00e9taux, r\u00e9colter les r\u00e9sines et les gommes. 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