{"id":14128,"date":"2013-10-06T05:36:02","date_gmt":"2013-10-06T04:36:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=14128"},"modified":"2015-06-30T16:25:35","modified_gmt":"2015-06-30T15:25:35","slug":"la-dialectique-du-moi-par-carlos-suares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-dialectique-du-moi-par-carlos-suares\/","title":{"rendered":"La dialectique du moi par Carlos Suar\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><em><strong>Plusieurs penseurs et chercheurs r\u00e9put\u00e9s de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle \u00e9taient impressionn\u00e9s par la pens\u00e9e marxiste et la r\u00e9volution communiste en Russie. Pour eux cette r\u00e9volution \u00e9tait une sorte de couronnement de l&rsquo;\u00e9volution humaine. Carlo Suar\u00e8s \u00e9tait de cet avis dans son livre La com\u00e9die psychologique publi\u00e9 en 1932. Mais il ajoutait que cette r\u00e9volution serait incompl\u00e8te sans une r\u00e9volution dans la structure m\u00eame du moi (ou du je) humain. Voir aussi l&rsquo;explication de Suar\u00e8s lui-m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16966\">ici<\/a>. Nous publions ci-apr\u00e8s un premier extrait de son livre sur ce sujet. Certains passages qui n&rsquo;ont plus d\u2019int\u00e9r\u00eat aujourd&rsquo;hui ne sont pas reproduits&#8230; D&rsquo;autres extraits seront publi\u00e9s.\u00a0<\/strong><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>(<\/strong>Extraits de La com\u00e9die psychologique. \u00c9dition Jos\u00e9 Corti 1932)<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><em><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-quelque-chose-et-les-objets-par-carlo-suares\/\">Chapitre suivant<\/a><\/em><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 l&rsquo;heure la plus grave de notre histoire, o\u00f9 s&rsquo;\u00e9branlent les masses en marche vers leur d\u00e9livrance, pourquoi trouvons-nous le temps de m\u00e9diter sur la fonction de la conscience?<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Parce que la conscience est la destructrice du \u00ab moi \u00bb \u00e9gocentrique, de ses \u0153uvres et de ses idoles. Parce que la conscience est TOUJOURS r\u00e9volutionnaire ; et le prol\u00e9tariat lui-m\u00eame ne devient r\u00e9volutionnaire qu&rsquo;en prenant conscience de sa fonction historique.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;\u00e8re historique de l&rsquo;humanit\u00e9 commence avec la naissance du moi. Le moi est un produit de l&rsquo;histoire : il s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 en m\u00eame temps que l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">La fonction de la conscience est de conna\u00eetre le moi et de le dissoudre, minant ainsi tous les \u00e9difices construits sur lui, toutes les valeurs, pass\u00e9es et contemporaines, de toutes les civilisations mortes ou moribondes, et pr\u00e9parant ainsi la voie \u00e0 la seule civilisation vraiment humaine : le Communisme dans sa phase sup\u00e9rieure.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>D\u00e9finitions<\/strong><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous appelons conscience individuelle une conscience qui se per\u00e7oit en tant qu&rsquo;entit\u00e9 distincte. Cette entit\u00e9, consciente de soi, nous l&rsquo;appelons le moi. Un des objets de cet ouvrage sera de montrer que la conscience de soi \u00e9mane uniquement d&rsquo;associations contract\u00e9es par l&rsquo;agr\u00e9gat humain avec des \u00e9l\u00e9ments dont il s&rsquo;imagine qu&rsquo;ils sont lui. La conscience de soi est donc un r\u00eave, une erreur. Nous disons de cet \u00e9tat de conscience qu&rsquo;il est sous-conscient. Le sous-conscient est en somme le moi. Nous disons de l&rsquo;\u00e9tat humain dans lequel le \u00ab je suis \u00bb, ou le \u00ab je suis un moi \u00bb, se trouvent poss\u00e9der un sens quelconque de r\u00e9alit\u00e9, que cet \u00e9tat est sous-humain. Seul est v\u00e9ritablement humain un \u00e9tat o\u00f9 l&rsquo;homme est d\u00e9livr\u00e9 des associations qui composaient sa conscience consciente de soi. Dans ce nouvel \u00e9tat, l&rsquo;homme, enfin conscient, n&rsquo;est plus un moi.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Le moi n&rsquo;est qu&rsquo;une contradiction aux termes absolument antinomiques, et l&rsquo;explication de ce point est un des buts principaux de cet ouvrage. Le moi a donc toujours deux p\u00f4les, qui s&rsquo;expriment dans toutes ses activit\u00e9s. Ces p\u00f4les se retrouvent en lui, sous forme d&rsquo;inconscient et de conscient. L&rsquo;inconscient et le conscient freudiens ne peuvent donc exister que dans le sous-conscient, dont ils sont les deux faces. Lorsque nous parlerons de l&rsquo;inconscient, nous le situerons toujours dans le sous-conscient. Quant \u00e0 l&rsquo;autre p\u00f4le du sous-conscient que l&rsquo;on consid\u00e8re d&rsquo;habitude comme le conscient, nous le d\u00e9signerons par les mots conscience quotidienne, ou conscience habituelle, ou par d&rsquo;autres mots du m\u00eame ordre.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Une des principales associations qui constituent la sous-conscience est la dur\u00e9e. En cette association se fondent et s&rsquo;unissent la plupart des autres, sinon toutes. Cette association, provoqu\u00e9e par un des d\u00e9sirs les plus intimes du sujet au cours de l&rsquo;\u00e9volution des esp\u00e8ces, lorsqu&rsquo;elle parvient \u00e0 se produire, est cela m\u00eame qui individualise la conscience : jusque l\u00e0, le je ne se per\u00e7oit pas encore en tant que moi. La dur\u00e9e n&rsquo;est donc pas le temps, mais la repr\u00e9sentation que s&rsquo;en fait le moi, dans son r\u00eave individuel. Il n&rsquo;y a de dur\u00e9e que dans le moi. Le moi ne peut donc jamais se d\u00e9livrer de la dur\u00e9e, qui est lui-m\u00eame, mais l&rsquo;homme peut se d\u00e9livrer du moi qui est la dur\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">La d\u00e9livrance du moi est en r\u00e9alit\u00e9 une absorption du moi par sa propre conscience consciente de soi, pouss\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, attentive \u00e0 rechercher tous les \u00e9l\u00e9ments dont elle pourra se dissocier afin de mieux se percevoir dans ce qu&rsquo;elle pense \u00eatre son unit\u00e9. La conscience de soi, en mouvement, est une autodestruction. A la fin de ce processus d&rsquo;autodestruction, le moi aura br\u00fbl\u00e9 pour ainsi dire tout ce qu&rsquo;il a pu constater comme n&rsquo;\u00e9tant pas lui, il se sera perdu, fondu dans une permanence qui s&rsquo;opposait tout le temps \u00e0 lui, et que nous appelons la conscience. Cette conscience est une synth\u00e8se des facult\u00e9s, des deux p\u00f4les, qui par leur dissociation avaient cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;illusion du moi. Elle est le seul g\u00e9nie cr\u00e9ateur, la source de tout le r\u00e9el humain. Elle est en dehors de toute dur\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Cette permanence cr\u00e9atrice qui n&rsquo;a point de dur\u00e9e, en laquelle tout temps subjectif a disparu, il nous arrivera de l&rsquo;appeler, faute de mots, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Elle n&rsquo;a aucun rapport, est-il n\u00e9cessaire de le dire, avec les illusions m\u00e9taphysiques, qui toutes recherchent bien inutilement, \u00e0 \u00e9terniser le sujet, en une union du temps et de la dur\u00e9e. Indiquons en passant que depuis que la notion de la relativit\u00e9 einsteinienne du temps a mis en d\u00e9route l&rsquo;illusion bergsonienne de la dur\u00e9e comme r\u00e9alit\u00e9, des finalistes cherchent \u00e0 s&#8217;emparer du temps discontinu pour retrouver la dur\u00e9e dans l&rsquo;arithm\u00e9tisation d&rsquo;instants sans dur\u00e9e. Ce sont ces m\u00eames th\u00e9ologiens qui construisent des droites sans aucune \u00e9paisseur, en mat\u00e9rialisant des points abstraits, qui ne poss\u00e8dent pas d&rsquo;\u00e9paisseur non plus, sans s&rsquo;apercevoir que cette transformation est une simple convention et non une r\u00e9alit\u00e9. Cette pr\u00e9cision nous semble utile, car nous parlerons du Pr\u00e9sent, comme aussi bien de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 de l&rsquo;instant. Cet instant, dont nous parlerons, ne sera jamais, en aucune fa\u00e7on, un de ces instants th\u00e9ologiques sans dur\u00e9e, qui par la vertu du Saint-Esprit deviennent \u00ab un pr\u00e9sent qui dure \u00bb. C&rsquo;est M. Maritain, croyons-nous nous rappeler, qui mettait en garde les siens contre l&rsquo;ennemi, qui, \u00e0 notre \u00e9poque apocalyptique, viendrait se servir des mots de V\u00e9rit\u00e9 pour d\u00e9truire Dieu. Il avait raison, Dieu est dans le sous-conscient, et n&rsquo;existe que dans l&rsquo;illusion de la dur\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous d\u00e9crirons assez la \u00ab mort \u00bb du moi pour dissiper tous les doutes \u00e0 ce sujet : cette mort doit \u00eatre l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un \u00e9clatement dialectique, par l&rsquo;int\u00e9rieur, semblable \u00e0 la rupture de la coquille de l&rsquo;\u0153uf, \u00e0 la naissance du poussin. Il est superflu que l&rsquo;on vienne nous critiquer ici en se basant sur le principe classique de contradiction; il est \u00e9vident, d\u00e8s le d\u00e9but, que la logique statique est rel\u00e9gu\u00e9e par nous dans le domaine du sous-conscient.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Cet ouvrage est une incitation \u2014 un appel presque d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 \u2014 ou n&rsquo;est rien. Il faut que des hommes se recr\u00e9ent en se soumettant au processus dialectique de la nature. En s&rsquo;y soumettant jusque dans leur sang. L&rsquo;essence de ce livre est cet appel. Certains de ses d\u00e9veloppements sont peut-\u00eatre erron\u00e9s. Dans ce cas, qu&rsquo;on les oublie, et qu&rsquo;on retienne leur appel. Parfois des contradictions apparentes ne feront que suivre le d\u00e9veloppement d&rsquo;un processus (on doit dire de la coquille de l&rsquo;\u0153uf f\u00e9cond\u00e9, d&rsquo;abord qu&rsquo;il est bien qu&rsquo;elle soit intacte, ensuite qu&rsquo;il est bien qu&rsquo;elle soit cass\u00e9e). Souvent des mots se pr\u00eateront \u00e0 un double sens, d\u00fb pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce renversement des rapports entre les objets et la vie, qui peut se produire dans ce processus. Ainsi le mot connaissance signifie \u00e0 la fois conscience de soi, et destruction du soi par cette m\u00eame conscience. On voit donc que \u00ab d\u00e9truire le moi \u00bb n&rsquo;aura d&rsquo;autre sens ici que \u00ab se conna\u00eetre\u00bb. Il en sera de m\u00eame du doute. Le premier acte de la conscience est un acte de \u00ab doute\u00bb. Il consiste \u00e0 renier une identit\u00e9 inconsciemment accept\u00e9e, une association, etc&#8230; Donc doute devient synonyme de connaissance. Il demeure synonyme jusqu&rsquo;\u00e0 la connaissance totale, apr\u00e8s quoi le doute dispara\u00eet, non pas par suppression, mais par transmutation&#8230; etc&#8230;., etc&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Le lecteur qui voudra r\u00e9ellement participer \u00e0 l&rsquo;aventure qui lui est propos\u00e9e ici, devra \u00e0 chaque instant suivre les mots, pour en d\u00e9couvrir la courbe. Cet effort lui ouvrira sans doute un univers int\u00e9rieur, le dynamisera, le mettra en mouvement&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">D&rsquo;autres mots sont ce qu&rsquo;ils sont : abolir la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production par l&rsquo;av\u00e8nement au pouvoir de la classe prol\u00e9tarienne, cela dit ce que cela veut dire&#8230; etc&#8230;, etc&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Ce qui cherche \u00e0 poss\u00e9der, dans l&rsquo;homme, c&rsquo;est le moi. Le fondement du moi est celui m\u00eame de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, et comporte la m\u00eame contradiction int\u00e9rieure. Dire \u00ab je suis moi \u00bb est un acte d&rsquo;exploitation. L&rsquo;homme qui s&rsquo;est d\u00e9livr\u00e9 de l&rsquo;envo\u00fbtement de cette affirmation, est pr\u00eat \u00e0 jouer son r\u00f4le dans un travail collectif, impersonnel. Sa fonction, aujourd&rsquo;hui, comme le d\u00e9montre ce livre, ne peut plus \u00eatre que r\u00e9volutionnaire.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>M\u00e9thodes<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous consid\u00e9rons le syst\u00e8me de Hegel comme parfaitement coh\u00e9rent, apte \u00e0 rendre compte de tous les points qu&rsquo;il a n\u00e9glig\u00e9 de d\u00e9velopper. Il existe une incertitude quant \u00e0 l&rsquo;adh\u00e9sion \u2014 ou non-adh\u00e9sion \u2014 implicite aux id\u00e9es de Hegel qu&rsquo;on peut apercevoir \u2014 ou ne pas apercevoir \u2014 dans la philosophie de Karl Marx. D&rsquo;excellents marxistes peuvent appeler id\u00e9alistes d&rsquo;autres marxistes dont tout le tort est de s&rsquo;\u00eatre instruits comme Marx lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Hegel. Ainsi donc, du syst\u00e8me de Hegel, peut na\u00eetre une philosophie qui ram\u00e8ne ou ne ram\u00e8ne pas \u00e0 lui, selon la nature des hommes qui le suivent. Nous avons entrepris de choisir un point particulier de la philosophie de Hegel, qui, nous guidant \u00e0 travers le psychologique, nous permette de traverser dans toute son \u00e9tendue, sans sortir jamais du cercle de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine, le syst\u00e8me h\u00e9g\u00e9lien. Que notre exploration nous ram\u00e8ne tout naturellement, \u00e0 son dernier terme, \u00e0 une adh\u00e9sion enti\u00e8re \u00e0 la doctrine de Karl Marx, et nous aurons assez prouv\u00e9, nous l&rsquo;esp\u00e9rons, que le marxisme int\u00e9grait l&rsquo;id\u00e9alisme, et qu&rsquo;il ne pourrait pas commander sans violence \u00e0 la destin\u00e9e d&rsquo;hommes \u00e9trangers \u00e0 la conscience cr\u00e9\u00e9e ou d\u00e9couverte par le h\u00e9g\u00e9lianisme.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>La transformation qu&rsquo;au terme de son \u00e9volution la dialectique mat\u00e9rialiste doit avoir accomplie dans l&rsquo;individu (pris dans le devenir historique) ne peut-on pas en partant de l&rsquo;humain, aller, chacun pour son compte, \u00e0 la recherche des conjonctions qui sauront la favoriser ou la d\u00e9terminer?<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"CENTER\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">**<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Une confusion \u00e9pouvantable est sur le point de prendre corps. On sait que, pour Hegel, il est impossible de poser un rapport : la bougie est blanche, par exemple, sans que ce rapport pose \u00e0 son tour la pens\u00e9e qui l&rsquo;affirme. La grande difficult\u00e9 de sa dialectique, justement, c&rsquo;est ceci : puisque les lois de l&rsquo;esprit sont les lois de la nature, que l&rsquo;esprit est envelopp\u00e9 avec ses lois dans l&rsquo;existence des choses, il s&rsquo;agit de d\u00e9couvrir l&rsquo;ordre selon lequel les choses sortent des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon lequel les cat\u00e9gories sortent des cat\u00e9gories. Cet ordre c&rsquo;est l&rsquo;ordre dialectique, fond\u00e9 sur la n\u00e9gation du principe de contradiction. Marx qui consid\u00e9rait cela comme acquis, a b\u00e2ti sa philosophie mat\u00e9rialiste, laquelle, bien souvent, est entendue tout de travers. Beaucoup de communistes veulent que le fait de poser l&rsquo;objet an\u00e9antisse l&rsquo;\u00eatre de celui qui le pose : le monde est comme nous le voyons, et l&rsquo;\u00eatre qui le per\u00e7oit est ce que ce monde invente \u00e0 son dernier terme \u2014 non pas afin de se percevoir soi-m\u00eame, ce qui ne serait d\u00e9j\u00e0 pas si mal \u2014 afin d&rsquo;\u00eatre per\u00e7u&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">De grands philosophes marxistes s&rsquo;\u00e9chinent \u00e0 cr\u00e9er un univers mat\u00e9riel o\u00f9 l&rsquo;homme serait comme invit\u00e9. Ils posent un objet; puis un autre objet; mais comment penser, sans intervention du sujet, l&rsquo;id\u00e9e de relation : le deuxi\u00e8me objet est pr\u00e8s du premier? Dans leur ardeur \u00e0 cr\u00e9er un univers mat\u00e9riel, mais de mati\u00e8re \u00e9teinte, de mati\u00e8re sans entrailles, ils arrivent \u00e0 ceci : ce rapport existe parce que compris dans l&rsquo;unit\u00e9 de tous les rapports mat\u00e9riels. Et \u00e0 travers cette hypoth\u00e8se ils entrent dans une sorte de monisme, mais d&rsquo;o\u00f9, au moins, eux sont absents. Ils donnent au monde mat\u00e9riel ce dont ils se d\u00e9poss\u00e8dent eux-m\u00eames. Si on leur demande alors ce qu&rsquo;ils pensent de Voltaire : ils admirent Voltaire. Il y a un marxisme de contrebande qui, pour recueillir les forces r\u00e9volutionnaires fran\u00e7aises toutes imbues de l&rsquo;esprit de 48 est pr\u00eat \u00e0 laisser Hegel en route.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Le mat\u00e9rialisme dialectique est mat\u00e9rialisme + id\u00e9alisme, il int\u00e8gre les syst\u00e8mes philosophiques connus, ou il n&rsquo;est pas. Prenons le probl\u00e8me de \u00ab la r\u00e9alit\u00e9 du dehors \u00bb, en nous posant comme un ignorant qui int\u00e8grera un \u00e0 un ces syst\u00e8mes philosophiques. Il y a le contenu de ma perception qui se pr\u00e9sente sous forme de ph\u00e9nom\u00e8nes auxquels il faut bien que j&rsquo;incarne en pens\u00e9e un soutien imp\u00e9n\u00e9trable, inconnaissable. Appelons-le l&rsquo;imp\u00e9n\u00e9trable. Pour Kant c&rsquo;est le noum\u00e8ne, qui figurera ensuite comme pens\u00e9e dans les cat\u00e9gories de l&rsquo;esprit. Pour Fichte l&rsquo;imp\u00e9n\u00e9trable c&rsquo;est le moi, lequel cr\u00e9e le monde par un processus inconscient, pour en prendre conscience \u00e0 travers sa vie. Dans la philosophie de Schelling le sujet et l&rsquo;objet s&rsquo;identifient l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre dans un imp\u00e9n\u00e9trable qui est Dieu. Tout ceci grossi\u00e8rement dit. Hegel ach\u00e8ve d&rsquo;int\u00e9grer cet imp\u00e9n\u00e9trable en posant que les lois de la pens\u00e9e sont aussi les lois de la nature. Sa v\u00e9rit\u00e9 du monde est envelopp\u00e9e dans le fait que ce monde est. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 sortir de l\u00e0. C&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9 du monde qui le cr\u00e9e, et comprendre sa v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est se sentir cr\u00e9\u00e9 \u00e0 travers lui. Tout ceci est fort clair. Mais chaque homme a le droit de se demander comment, objet de cette magnifique expression : \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, il parviendra<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> \u00e0 penser ce qui l&rsquo;agit<\/em><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">, \u00e0 \u00eatre jusque dans sa propre pens\u00e9e, dans ses amours, dans ses habitudes, dans sa nourriture spirituelle et mat\u00e9rielle, \u00e0 \u00eatre jusque dans la profondeur de sa conscience <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>une incarnation de son propre destin. Comprendre un syst\u00e8me jusqu&rsquo;\u00e0 se voir, par toutes les forces de sa volont\u00e9, compris en lui<\/em><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">&#8230; Et pr\u00e9cis\u00e9ment, Hegel, ayant int\u00e9gr\u00e9 l&rsquo;aspiration \u00e0 la subjectivit\u00e9 infinie de Fichte, en reste l\u00e0 : le sujet, apr\u00e8s avoir demand\u00e9 au processus dialectique de la Nature de lui avoir donn\u00e9 naissance, trouva dans ce fait sa justification \u00e0 vouloir vivre en soi-m\u00eame, dans son propre concept, en tant qu&rsquo;\u00ab \u00eatre \u00bb, devenu par subterfuge concret. \u00c9tant surgi du processus dialectique, il pr\u00e9tendit ensuite l&rsquo;asservir, c&rsquo;est-\u00e0-dire lui faire trouver sa continuation dans la pens\u00e9e : il suffisait pensait-il, de dissoudre tour \u00e0 tour les \u00e9l\u00e9ments de cette pens\u00e9e, ce mouvement devant constituer l&rsquo;aboutissement supr\u00eame du mouvement dialectique de toute l&rsquo;\u00e9volution. Mais cette tentative, il ne put l&rsquo;entreprendre qu&rsquo;apr\u00e8s avoir secou\u00e9 le sol au-dessous de lui-m\u00eame, d&rsquo;une fa\u00e7on autrement forte qu&rsquo;il ne pouvait le penser. Car, h\u00e9las, ce n&rsquo;\u00e9tait point une \u00ab particule d&rsquo;\u00eatre \u00bb qui \u00e9tait devenue concr\u00e8te, c&rsquo;\u00e9tait le sujet (disons ici le moi) dont l&rsquo;origine dialectique e\u00fbt d\u00fb pr\u00e9cis\u00e9ment au contraire lui indiquer la fin : sa propre fin ! Le, moi, ici, pour n&rsquo;avoir pas voulu s&rsquo;abandonner \u00e0 son \u00e9clatement dialectique au sein de la Nature, se fait saisir en flagrant d\u00e9lit d&rsquo;usurpation, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>puisqu&rsquo;il pr\u00e9tend se retrouver dans une synth\u00e8se, ou pourtant sont bien oblig\u00e9s de se faire exclure \u00e0 la fois le sujet et l&rsquo;objet qui la composent<\/em><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Que cette synth\u00e8se n&rsquo;ait pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement exprim\u00e9e par les philosophes, cela nous semble certain. Et n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e par eux, elle les oblige d&rsquo;insister sur l&rsquo;un ou l&rsquo;autre terme de la pr\u00e9tendue fusion (dont le moi voulait qu&rsquo;elle ne f\u00fbt qu&rsquo;un m\u00e9lange) : sur le sujet (qui de ce fait, et en fin de compte d\u00e9truit l&rsquo;objet) ou sur l&rsquo;objet (qui en fin de compte d\u00e9truit le sujet). Ce d\u00e9bat n&rsquo;aurait aucune esp\u00e8ce d&rsquo;importance (il n&rsquo;en a pas pour Sirius, la Terre tourne toujours, et un jour mourra) s&rsquo;il ne mettait en jeu nos innombrables vies de masses martyris\u00e9es, et celles de millions d&rsquo;hommes apr\u00e8s nous, victimes de ce \u00ab sujet \u00bb vampirique, que sans cesse sont pr\u00eats \u00e0 faire surgir de ses cendres les moi exploiteurs.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">R\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 ceci : cette synth\u00e8se n&rsquo;attend pour s&rsquo;accomplir que la mort du sujet \u2014 en tant que sujet \u2014 puisque celle de l&rsquo;objet ne peut se trouver que l\u00e0. Cela signifie, non seulement que l&rsquo;homme qui devient la dialectique en acte \u00ab change de ce fait le monde au lieu de l&rsquo;expliquer \u00bb, mais que ce monde qu&rsquo;il change, loin d&rsquo;\u00eatre seulement celui de ses \u0153uvres, n&rsquo;est celui de ses \u0153uvres que comme cons\u00e9quence du seul changement qu&rsquo;il puisse cr\u00e9er, le sien propre. Et en effet, l&rsquo;homme devient le lieu o\u00f9, en d\u00e9finitive, le processus de la Nature devient capable de se mettre en \u0153uvre lui-m\u00eame, sur lui-m\u00eame, par et pour lui-m\u00eame, lui, d\u00e9pourvu de commencement, de fin, de sujet, d&rsquo;objet. Processus qui loin de se soumettre \u00e0 devenir intellectuel <a id=\"Y1\" href=\"#X1\">[1]<\/a>, est le comportement et l&rsquo;action de tout l&rsquo;\u00eatre psycho-physiologique, o\u00f9, dans tous les domaines de la vie quotidienne, la s\u00e8ve, \u00e9motionnelle, intellectuelle, sexuelle, se trouve transmu\u00e9e en une consommation permanente du pass\u00e9, au sein d&rsquo;un temps d\u00e9livr\u00e9 de toute dur\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Dans le d\u00e9bat entre les deux camps d&rsquo;usurpateurs de cette synth\u00e8se naturelle, nous sommes donc du c\u00f4t\u00e9 du mat\u00e9rialisme dialectique. Nous combattons avec lui. Il a en effet raison. Il a raison du fait qu&rsquo;il a crucifi\u00e9 le sujet dans l&rsquo;objet. Pense-t-il aussi l&rsquo;avoir d\u00e9j\u00e0 enterr\u00e9? Tant mieux. Cette mort est la mise en mouvement de la mati\u00e8re, cette mise en terre est la f\u00e9condation de la terre, qui a d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 la sixi\u00e8me partie du globe habit\u00e9. Cette mort est sa propre r\u00e9surrection. Et nous sommes assur\u00e9s cette fois-ci d&rsquo;une r\u00e9surrection non plus mythique, non plus sous-consciente encore, parce qu&rsquo;encore subjective, mais totale, mais r\u00e9volutionnaire; d&rsquo;une r\u00e9surrection, dans le seul ordre social qui puisse convenir \u00e0 l&rsquo;Humain.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"CENTER\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>I<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"CENTER\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>LA DIALECTIQUE DU MOI<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"CENTER\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">(a) Trac\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>La Connaissance : R\u00e9soudre le \u00ab je suis moi \u00bb, qui est un mouvement.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous sommes parvenus \u00e0 une crise humaine, \u00e0 la fois mat\u00e9rielle et psychologique, si profonde, qu&rsquo;elle doit faire \u00e9clater, non seulement les cadres de nos civilisations, mais aussi tous nos jugements con\u00e7us sur ce qu&rsquo;on appelle \u00ab la nature humaine \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Un tel bouleversement nous oblige \u00e0 rechercher la connaissance au del\u00e0 des limites atteintes jusqu&rsquo;ici. La dialectique mat\u00e9rialiste, la seule qui ait expliqu\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s humaines en fonction des milieux qui leur ont donn\u00e9 naissance, n&rsquo;en est encore qu&rsquo;\u00e0 mi-chemin de son investigation, arr\u00eat\u00e9e devant le probl\u00e8me psychologique individuel. Ses r\u00e9ponses \u00e0 ce probl\u00e8me n&rsquo;ont encore rien r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sur la nature de l&rsquo;\u00eatre humain, ni sur la fa\u00e7on dont les hommes pourraient percer le mur qui les emp\u00eache d&rsquo;entrer en contact avec leur propre essence.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Elle ne dit pas ce que c&rsquo;est que cet \u00eatre, ni quelle est sa signification dans l&rsquo;\u00e9conomie universelle. Elle n&rsquo;a pas expliqu\u00e9 pourquoi l&rsquo;homme, l&rsquo;organisme le plus \u00e9volu\u00e9 de la plan\u00e8te, se trouve li\u00e9 \u00e0 une entit\u00e9 psychologique dont il dit qu&rsquo;elle est lui-m\u00eame, et dont il ignore d&rsquo;o\u00f9 elle vient, o\u00f9 elle va, pourquoi elle est l\u00e0, et quels sont ses rapports avec l&rsquo;univers. Cette entit\u00e9, qui dans tous les milieux, dans toutes les classes, dit \u00ab je suis moi \u00bb, constitue dans son essence <a id=\"Y2\" href=\"#X2\">[2]<\/a> un ph\u00e9nom\u00e8ne qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 compris.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>L&rsquo;\u00eatre humain est uni \u00e0 une absurdit\u00e9 : la pens\u00e9e<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;\u00eatre humain est intimement uni \u00e0 une pens\u00e9e qui est frapp\u00e9e d&rsquo;absurdit\u00e9. Il n&rsquo;existe, ne per\u00e7oit, ne pense, que dans l&rsquo;espace et le temps, et cependant il ne peut comprendre ni l&rsquo;espace, ni le temps. Il ne con\u00e7oit pas que l&rsquo;espace puisse \u00eatre limit\u00e9, il ne con\u00e7oit pas l&rsquo;illimit\u00e9; il ne con\u00e7oit pas que le temps ait un jour commenc\u00e9, ou qu&rsquo;il n&rsquo;ait jamais commenc\u00e9, pour finir un jour, ou pour ne jamais finir. Si tout a une cause, l&rsquo;intelligence ne peut s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 une cause premi\u00e8re, \u00e0 une myst\u00e9rieuse et th\u00e9ologique cause-en-soi ; car la cause de cette cause dont on voudrait qu&rsquo;elle soit premi\u00e8re n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 dite. L&rsquo;intelligence rejette comme inadmissibles et le \u00ab oui \u00bb et le \u00ab non \u00bb ; elle est devant le mur de sa propre incoh\u00e9rence. La pens\u00e9e a compris comment certaines causes, dans l&rsquo;univers, ont cr\u00e9\u00e9 certains effets, mais elle n&rsquo;ira pas plus loin sans comprendre qu&rsquo;elle se soumettait ainsi \u00e0 la plus imp\u00e9rieuse de ses lois, la loi de causalit\u00e9, qu&rsquo;elle ne faisait que s&rsquo;envelopper de plus en plus \u00e9troitement dans ses propres d\u00e9terminations. Temps, espace, loi de causalit\u00e9 sont l&rsquo;armature de notre pens\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Cette pseudo-r\u00e9alit\u00e9 s&rsquo;\u00e9croule aujourd&rsquo;hui comme un ch\u00e2teau de cartes, et ce ph\u00e9nom\u00e8ne est intimement li\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution \u00e9conomique et sociale qui, depuis <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>la r\u00e9volution d&rsquo;octobre a marqu\u00e9 le point tournant de toute l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>L&rsquo;orthodoxie n&rsquo;est pas toujours un bon instrument<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais qu&rsquo;ont fait les philosophes r\u00e9volutionnaires ? Ils ont d&rsquo;abord suivi Karl Marx dans sa dialectique mat\u00e9rialiste, en triomphant des philosophies id\u00e9alistes et spiritualistes et de toutes les th\u00e9ologies, mais sans les battre sur leur propre terrain, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans parvenir \u00e0 montrer comment et pourquoi ces philosophies ne sont que des expressions de positions assum\u00e9es par l&rsquo;inconscient <a id=\"Y3\" href=\"#X3\">[3]<\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Ensuite ils ont expliqu\u00e9 l&rsquo;histoire et la sociologie par des causes de production et d&rsquo;\u00e9conomie, mais sans r\u00e9pondre aux questions ultimes que se pose l&rsquo;intelligence humaine sur l&rsquo;absurdit\u00e9 de ses propres probl\u00e8mes au sujet du temps, de l&rsquo;espace, de l&rsquo;\u00eatre, de l&rsquo;univers, etc &#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 ces questions, un Pl\u00e9khanov, qui a vu dans la dialectique de Hegel remise sur ses pieds par Marx, la base d&rsquo;une philosophie compl\u00e8te, n&rsquo;a rien r\u00e9pondu ; sa philosophie, qui voulait r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes ultimes, a manqu\u00e9 son but sans parvenir toujours \u00e0 servir la r\u00e9volution. \u00c0 ces m\u00eames questions d&rsquo;ordre psychologique, Boukharine, pour prendre un autre exemple, reconna\u00eet qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;argumentation des psychologues selon laquelle \u00ab la conception des rapports entre les hommes pr\u00e9suppose l&rsquo;action psychologique r\u00e9ciproque de ces derniers \u00bb, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>il n&rsquo;a rien \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9 dans les milieux marxistes<\/em> <a id=\"Y4\" href=\"#X4\">[4]<\/a><em>. Or, cette question, bien qu&rsquo;elle soit encore loin d&rsquo;\u00eatre la question ultime, le dernier \u00ab pourquoi \u00bb, Boukharine l&rsquo;esquive, il la supprime tout simplement. Avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 extraordinaire, il fait des comparaisons avec la lune et les \u00e9toiles, puis il consid\u00e8re les hommes comme des machines vivantes (ce qui ne veut rien dire), par rapport \u00e0 leur travail dans l&rsquo;espace et le temps, alors qu&rsquo;il s&rsquo;agissait pr\u00e9cis\u00e9ment de percer le myst\u00e8re de l&rsquo;espace et du temps et de l&rsquo;\u00eatre.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, les philosophes r\u00e9volutionnaires ont facilement saut\u00e9 par-dessus les id\u00e9alismes, mais n&rsquo;ont encore rien \u00ab oppos\u00e9 \u00bb \u00e0 la psychologie contemporaine. Au lieu de vouloir \u00e0 priori \u00ab opposer \u00bb quelque chose \u00e0 la psychologie, sur la base de ce que l&rsquo;on croit \u00eatre l&rsquo;orthodoxie marxiste (qui, m\u00eame si elle pouvait exister n&rsquo;aurait pas tout dit), Boukharine aurait mieux fait de se servir \u00e0 la fois des d\u00e9couvertes de la psychologie, et de sa propre dialectique.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab Qu&rsquo;opposerons-nous \u00e0 ceux qui nous critiquent ? \u00bb Voil\u00e0 ce que disent les aspirants orthodoxes. Ils vont alors chercher, dans tout le pass\u00e9, des arguments qui ne se rapportent pas \u00e0 la question, mais qui, rev\u00eatus de l&rsquo;autorit\u00e9 de noms tels que Marx, Engels ou L\u00e9nine, frappent d&rsquo;excommunication ceux qui ont le courage d&rsquo;appliquer les m\u00e9thodes r\u00e9volutionnaires aux r\u00e9volutionnaires du pass\u00e9, quelle que soit leur grandeur. Pour certains orthodoxes, c&rsquo;est une h\u00e9r\u00e9sie que de vouloir aller plus loin que Marx ou L\u00e9nine, dans le domaine de la connaissance. Ils oublient que les \u00e9v\u00e8nements vont vite, et qu&rsquo;un enfant aujourd&rsquo;hui peut comprendre certaines choses que ni Marx, ni L\u00e9nine ne pouvaient comprendre, pour la bonne raison que ces choses n&rsquo;\u00e9taient pas encore l\u00e0. Un tel fait devrait donner raison, et non pas tort, aux fondateurs de la philosophie r\u00e9volutionnaire. Dans cette voie, nous devons tous souhaiter d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s aussit\u00f4t que nous avons fait un seul pas en avant. Nous n&rsquo;avons pas h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;arguments, qu&rsquo;il convient d&rsquo;\u00ab opposer \u00bb \u00e0 de nouveaux ennemis, mais nous avons acquis la capacit\u00e9 d&rsquo;assimiler le pr\u00e9sent, pour l&rsquo;usage de la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Peu nous importent les pr\u00e9occupations des conformistes (qui d&rsquo;ailleurs se disputent entre eux) au sujet du mat\u00e9rialisme dialectique; les uns lui assignent des limites en affirmant que les hommes ne conna\u00eetront jamais leur raison d&rsquo;\u00eatre ; les autres limitent encore davantage leur philosophie, en s&rsquo;imaginant que leurs explications sociologiques, biologiques ou \u00e9lectrochimiques, r\u00e9pondent au probl\u00e8me ultime de la connaissance. Une telle illusion indique clairement que ces philosophes n&rsquo;ont jamais mis en doute la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;univers o\u00f9 ils se meuvent, donc qu&rsquo;ils sont inconscients.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Une psychologie dialectique <\/strong><a id=\"Y5\" href=\"#X5\">[5]<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous nous proposons, dans le pr\u00e9sent expos\u00e9, de jeter les bases d&rsquo;une nouvelle psychologie dialectique (dynamique et r\u00e9volutionnaire) qui seule pourra r\u00e9soudre le probl\u00e8me ultime de la connaissance. Cette psychologie consid\u00e9rera que l&rsquo;interrogation ultime que se pose l&rsquo;homme, ne peut trouver sa r\u00e9ponse que dans la cause de l&rsquo;interrogation, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans l&rsquo;entit\u00e9, le moi qui interroge. Le moi sera donc la clef de la connaissance, et nous l&rsquo;envisagerons en fonction du milieu qui lui donne naissance, ce milieu \u00e9tant double : la soci\u00e9t\u00e9 et la nature.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 nous verrons comment les entit\u00e9s humaines sont \u00e0 la fois cr\u00e9\u00e9es par elle, et r\u00e9agissent sur elle, et par quels moyens elles peuvent lib\u00e9rer le social en se lib\u00e9rant elles-m\u00eames.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Par rapport \u00e0 la Nature nous envisagerons le moi comme une crise qui se produit dans l&rsquo;\u00e9volution naturelle des r\u00e8gnes, lorsque le sens subjectif (le je), apr\u00e8s \u00eatre devenu conscient et avoir augment\u00e9 d&rsquo;intensit\u00e9 \u00e0 travers les r\u00e8gnes inf\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;homme, est devenu assez aigu pour assumer \u00e0 sa propre perception la valeur d&rsquo;entit\u00e9s isol\u00e9es, de moi nettement s\u00e9par\u00e9s des autres moi. Nous reprendrons ainsi, dans le domaine psychologique, la m\u00e9thode mat\u00e9rialiste, en faisant sauter ses propres cadres, et nous indiquerons par quelles voies le moi peut et doit parvenir \u00e0 comprendre sa nature et sa raison d&rsquo;\u00eatre, passer de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;isolement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de connaissance.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Le d\u00e9bat ridicule au sujet de l&rsquo;\u0153uf et de la poule<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Il est absolument \u00e9vident que la condensation du je en moi fut le r\u00e9sultat de l&rsquo;activit\u00e9 humaine, et que cette activit\u00e9 fut, comme toujours, enti\u00e8rement unie aux rapports entre l&rsquo;homme et la nature, et aux rapports des hommes entre eux. Rapports d\u00e9termin\u00e9s par les moyens de production : mat\u00e9rialisme pr\u00e9historique, certes (et une fois que les moi sont l\u00e0, le mat\u00e9rialisme historique dans toute sa rigueur). Activit\u00e9 aussi d&rsquo;ordre biologique : \u00e9volution des esp\u00e8ces <a id=\"Y6\" href=\"#X6\">[6]<\/a>. Et en outre, activit\u00e9 d&rsquo;ordre psychologique : \u00e9volution des r\u00e9actions subjectives. \u00c0 laquelle accorder la priorit\u00e9 ? Ici, il nous est peut-\u00eatre n\u00e9cessaire de faire la d\u00e9claration suivante : dans le d\u00e9bat ridicule au sujet de la poule et de l\u2019\u0153uf, ce n&rsquo;est jamais nous qui prendrons position.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous verrons que le moi, en tant qu&rsquo;entit\u00e9 isol\u00e9e, ayant \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, comme par une condensation, par la dualit\u00e9 que manifeste la Nature dans tous ses r\u00e8gnes (polarit\u00e9, sexe, etc.), est de ce fait destin\u00e9 \u00e0 se r\u00e9soudre, \u00e0 \u00e9clater pour ainsi dire, dans un nouvel \u00e9tat, o\u00f9 il aura compl\u00e8tement disparu, o\u00f9 l&rsquo;entit\u00e9 ne sera plus l\u00e0.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous pr\u00e9cisons : la Nature, apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 un r\u00e8gne d&rsquo;individus qui disent \u00ab je suis moi \u00bb, doit, par leur propre d\u00e9terminisme, cr\u00e9er un nouveau r\u00e8gne d&rsquo;individus qui n&rsquo;\u00e9prouveront plus le \u00ab je suis moi \u00bb, mais dont le sens d&rsquo;entit\u00e9s individuelles isol\u00e9es se sera d\u00e9truit par exc\u00e8s de quantit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>L&rsquo;\u00e9clatement du moi<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Cet \u00e9clatement est un nouvel \u00e9tat vers lequel tend la Nature, un \u00e9tat qui doit d\u00e9passer celui de la conscience de soi, un \u00e9tat o\u00f9 l&rsquo;\u00e9volution du subjectif \u00e0 travers les r\u00e8gnes pr\u00e9-humains, parvient \u00e0 r\u00e9soudre le conflit de son antinomie, par son accomplissement au sein de la totalit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Ce nouveau r\u00e8gne post-individualis\u00e9 est celui que, dans nos expos\u00e9s nous appelons l&rsquo;Humain v\u00e9ritable, par opposition au r\u00e8gne des je isol\u00e9s, que nous voyons partout autour de nous, qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler l&rsquo;humain et qui, \u00e0 notre point de vue, n&rsquo;est encore que sous-humain <a id=\"Y7\" href=\"#X7\">[7]<\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Toutes nos civilisations historiques ont \u00e9t\u00e9 bas\u00e9es sur la r\u00e9alit\u00e9 du moi en tant qu&rsquo;\u00eatre, et de ce fait ont \u00e9t\u00e9 sous-humaines. Le moi, cr\u00e9\u00e9 par son milieu, a r\u00e9agi sur lui, et s&rsquo;est appliqu\u00e9, non pas \u00e0 accomplir sa destin\u00e9e en cherchant \u00e0 \u00e9clater en tant qu&rsquo;entit\u00e9, mais au contraire il s&rsquo;est efforc\u00e9 de faire durer son entit\u00e9, de la prolonger dans l&rsquo;espace et le temps, par des possessions dites mat\u00e9rielles et des possessions dites spirituelles, par des civilisations bas\u00e9es sur la pseudo r\u00e9alit\u00e9 du moi. Ainsi, dans le but de durer, et de se d\u00e9velopper, le moi s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 sa propre destin\u00e9e qui est de dispara\u00eetre, il s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 son propre bonheur qui est de s&rsquo;accomplir dans cette disparition. En agissant pour soi-m\u00eame, le moi agit contre lui-m\u00eame, et cette contradiction int\u00e9rieure a toujours \u00e9t\u00e9 le mouvement m\u00eame de son histoire.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab L&rsquo;\u00eatre, par d\u00e9finition, ne peut se d\u00e9truire lui-m\u00eame \u00bb, disent les philosophes. Mais le moi ne cesse de se d\u00e9truire, ses actions ne cessent de s&rsquo;opposer \u00e0 leurs propres mobiles, car le moi n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00eatre, mais une r\u00e9sistance plac\u00e9e dans le courant de la vie universelle, et dont le but est de se laisser d\u00e9truire.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi le moi a un but, car il appartient au temps et \u00e0 l&rsquo;espace. Il a un commencement et une fin, une cause et une finalit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;impossibilit\u00e9 o\u00f9 se trouve le moi de comprendre le temps, l&rsquo;espace, l&rsquo;\u00eatre, l&rsquo;univers, le fini, l&rsquo;infini, etc&#8230; cette angoisse, cette absurdit\u00e9 mentale et \u00e9motionnelle o\u00f9 il est accul\u00e9, la douleur qu&rsquo;il \u00e9prouve \u00e0 ne pouvoir r\u00e9soudre le vice originel de son essence antinomique sujet-objet, ne sont que les sympt\u00f4mes d&rsquo;une lutte int\u00e9rieure entre la vie universelle qui bout en lui, comme l&rsquo;eau dans une chaudi\u00e8re, pour le faire \u00e9clater, et lui-m\u00eame, la dualit\u00e9 incarn\u00e9e, qui r\u00e9siste tant qu&rsquo;il peut \u00e0 l&rsquo;\u00e9clatement qui serait et sa d\u00e9livrance, et l&rsquo;accomplissement de son unicit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Les valeurs r\u00e9volutionnaires doivent \u00eatre la consommation de tout le pass\u00e9<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Notre t\u00e2che aujourd&rsquo;hui est lourde. Nous devons apporter \u00e0 la R\u00e9volution mondiale les bases d&rsquo;une nouvelle culture, qui absorbera toutes les cultures mythiques du pass\u00e9, nous devons montrer aux r\u00e9volutionnaires eux-m\u00eames que la connaissance absolue et totale existe, et que la R\u00e9volution lui a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 naissance. \u00c0 toutes les religions, \u00e0 toutes les m\u00e9taphysiques, \u00e0 toutes les philosophies, nous pouvons montrer aujourd&rsquo;hui que ce qu&rsquo;elles ont pr\u00e9tendu chercher en l&rsquo;appelant de tous les noms possibles, Dieu, l&rsquo;Absolu, la V\u00e9rit\u00e9, n&rsquo;est autre chose que l&rsquo;humain, ce nouveau r\u00e8gne conscient, qu&rsquo;au moyen de la r\u00e9volution sociale, la Nature fait na\u00eetre aujourd&rsquo;hui sur ce globe.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Notre r\u00e9veil doit \u00eatre la consommation totale du pass\u00e9 de la race. Du point de vue de cette nouvelle naissance, nouvelle dans toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, nous accomplirons les valeurs fondamentales de la pens\u00e9e humaine traditionnelle, nous les d\u00e9finirons en les dig\u00e9rant, en constatant qu&rsquo;elles sont inconscientes et mythiques. Nous nous opposerons ainsi aux conceptions les plus enracin\u00e9es sur la nature humaine, sur la morale, sur la connaissance. En outre, nous devons pr\u00e9senter, en une seule dialectique, la psychologie et la sociologie, et appliquer \u00e0 l&rsquo;une les m\u00e9thodes de l&rsquo;autre, ce qui, pour nombre de psychologues et de sociologues est une effroyable h\u00e9r\u00e9sie. Pour ces raisons, notre m\u00e9thodologie, pourra au d\u00e9but, d\u00e9router un peu sans doute, et nous risquerons d&rsquo;\u00eatre mal compris, car chaque lecteur partira de son propre point de vue, et essaiera d&rsquo;adapter ce que nous dirons \u00e0 ses propres id\u00e9es. N\u00e9anmoins, et malgr\u00e9 toutes les faiblesses, tous les \u00ab trous \u00bb, qu&rsquo;une \u0153uvre comme la n\u00f4tre pr\u00e9sentera de tous c\u00f4t\u00e9s, nous pensons qu&rsquo;elle pourra orienter certains esprits vers une nouvelle direction.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous esquisserons plus tard une m\u00e9thode critique applicable en g\u00e9n\u00e9ral aux philosophies religieuses, spirituelles, id\u00e9alistes, et aux m\u00e9taphysiques. Cette critique s&rsquo;appliquera \u00e9galement aux civilisations qu\u2019appuient ces philosophies. Quant aux philosophies mat\u00e9rialistes r\u00e9volutionnaires, nous avons d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 qu&rsquo;elles n&rsquo;ont jusqu&rsquo;ici \u00e9tudi\u00e9 que des probl\u00e8mes limit\u00e9s. Elles expliquent les causes, qui, dans le temps et l&rsquo;espace, provoquent les effets historiques. Elles expliquent \u00e9galement que l&rsquo;individu humain se modifie suivant les moyens de production et les n\u00e9cessit\u00e9s \u00e9conomiques. Elles expliquent comment les id\u00e9es, les arts, les philosophies, sont des expressions qui, \u00e0 la fois, surgissent de la structure sociale, et la modifient \u00e0 leur tour en agissant sur elle. Elles montrent ainsi \u00e0 quel point les individus sont d\u00e9termin\u00e9s par le milieu qui leur donne naissance, et elles reconnaissent que ces individus sont donc en grande partie inconscients. Elles assignent ainsi comme but psychologique aux hommes la conqu\u00eate de leur inconscient, et leur lib\u00e9ration des d\u00e9terminismes inconscients qui, jusqu&rsquo;ici, les avait model\u00e9s. Tout cela est excellent. Mais ayons la franchise de reconna\u00eetre que cela ne r\u00e9pond pas \u00e0 tout. Pl\u00e9khanov et d&rsquo;autres ont voulu se leurrer, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas su aller plus loin. Ils ont d\u00e9clar\u00e9 avoir r\u00e9solu des probl\u00e8mes qu&rsquo;ils n&rsquo;ont m\u00eame pas abord\u00e9s. On a donc pu en attribuer la faute \u00e0 la m\u00e9thode plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 eux-m\u00eames. Nous essaierons au contraire de montrer que cette m\u00e9thode peut et doit conduire \u00e0 la connaissance absolue.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Pourquoi existe-t-il un univers, avec des \u00e9toiles, des soleils, des plan\u00e8tes et des \u00eatres humains perdus sur une de ces plan\u00e8tes, qui se posent le probl\u00e8me de leur raison d&rsquo;\u00eatre, sans pouvoir le r\u00e9soudre ? Ces \u00eatres humains sont des produits du temps et de l&rsquo;espace, soit, mais comment se fait-il que le temps et l&rsquo;espace soient pour eux des myst\u00e8res que leur raison ne peut pas percer ? Et puisque tout ce que ces \u00eatres humains per\u00e7oivent, imaginent et sentent, appartient \u00e0 cet impossible temps-espace, tout d\u00e8s lors, devient impossible pour eux.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Et pourtant tout est l\u00e0. La mati\u00e8re, en derni\u00e8re analyse, est mouvement. Ces hommes eux-m\u00eames ne sont que mouvement. Le mouvement a cr\u00e9\u00e9 le temps et l&rsquo;espace ? Le mouvement produit les choses et la conscience que l&rsquo;on a des choses ? Le mouvement. Soit. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? Pourquoi y a-t-il un mouvement ? Que fait-il ? O\u00f9 va-t-il ? D&rsquo;o\u00f9 vient-il ? Et nous, pourquoi sommes-nous conscients ? Pourquoi posons-nous toujours des questions ? Pourquoi la Nature donne-t-elle naissance \u00e0 des questions angoiss\u00e9es, qui ne peuvent pas se r\u00e9soudre ?<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 toutes ces questions, les m\u00e9taphysiques et les philosophies id\u00e9alistes r\u00e9pondent par des \u00e9chafaudages surhumains, divins et spirituels, qui \u00e9manent uniquement des castes dirigeantes, dans le but d&rsquo;endormir les consciences avec de l&rsquo;espoir, afin d&rsquo;exploiter les masses, mat\u00e9riellement et psychologiquement (l&rsquo;exploitation psychologique s&rsquo;appelle spiritualit\u00e9). Quant aux philosophies r\u00e9volutionnaires elles disent : \u00ab Changez les conditions des hommes, abolissez l&rsquo;exploitation, et vous aurez une race d&rsquo;hommes libres, qui aura le loisir de m\u00e9diter sur ces probl\u00e8mes et de les r\u00e9soudre. \u00bb Soit, changeons les conditions sociales en suscitant dans les masses le d\u00e9sir de prendre conscience, en luttant de toutes nos forces contre l&rsquo;exploitation, en abolissant les classes. Les questions que nous venons de poser seront encore l\u00e0.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 cela, les philosophes r\u00e9volutionnaires peuvent r\u00e9pondre : \u00ab Ces questions sont encore l\u00e0 aujourd&rsquo;hui parce que la r\u00e9volution n&rsquo;en est encore qu&rsquo;\u00e0 sa premi\u00e8re phase, qui est la lutte des classes, donc l&rsquo;id\u00e9ologie \u00e0 laquelle elle donne naissance ne peut \u00eatre qu&rsquo;une id\u00e9ologie de lutte : la r\u00e9volution n&rsquo;a pas le temps de s&rsquo;occuper de vos questions sur l&rsquo;essence des choses et des hommes; elle doit d&rsquo;abord triompher. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Cet argument n&rsquo;a pas de valeur. Il est vrai que les masses, dans tous les pays, sauf un seul, sont encore inconscientes au point de s&rsquo;opposer \u00e0 leur propre av\u00e8nement. Mais si quelques-uns d&rsquo;entre nous parviennent \u00e0 soulever leur conscience au niveau des \u00e9v\u00e8nements que nous saurons produire parce que l&rsquo;Histoire nous oblige \u00e0 les vouloir d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment, ils s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent de ce fait jusqu&rsquo;\u00e0 une compr\u00e9hension humaine totale, et, devan\u00e7ant les faits mat\u00e9riels, mais qui sont en route, ils agissent \u00e0 leur tour sur eux, afin de les pr\u00e9cipiter.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">En 1930, un fr\u00e9missement s&rsquo;est produit dans la conscience humaine, car elle a per\u00e7u une rupture d&rsquo;\u00e9quilibre, une scission, un d\u00e9part, un \u00e9veil <a id=\"Y8\" href=\"#X8\">[8]<\/a>. Malgr\u00e9 les r\u00e9pressions, la rage, le sang, l&rsquo;ancien univers est mortellement atteint, et il d\u00e9pendra de nous qu&rsquo;il ne se rel\u00e8ve plus.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">En h\u00e2te, r\u00e9veillons-nous, levons-nous, et apportons au nouvel univers son essence, qu&rsquo;il vient lui-m\u00eame de nous r\u00e9v\u00e9ler.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous sommes entr\u00e9s dans une p\u00e9riode o\u00f9 la nature humaine elle-m\u00eame se transforme, au point de donner naissance \u00e0 un nouveau r\u00e8gne de la nature. Pour trouver dans l&rsquo;histoire humaine une autre transformation du m\u00eame ordre d&rsquo;importance, il nous faudrait remonter dans le temps, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;histoire, jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire du moi sur l&rsquo;homme pr\u00e9historique, qui, lui, n&rsquo;\u00e9tait pas encore assez individualis\u00e9 pour camper son moi dans une entit\u00e9, comme un personnage de com\u00e9die dans son d\u00e9guisement. La naissance des je compl\u00e8tement individualis\u00e9s et isol\u00e9s, renversa l&rsquo;ordre communiste primitif, au b\u00e9n\u00e9fice du P\u00e8re, de l&rsquo;Autorit\u00e9, des hi\u00e9rarchies, des classes et des castes dirigeantes. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble de ces civilisations mill\u00e9naires, b\u00e2ties sur le moi, qui doit dispara\u00eetre, qui dispara\u00eet, avec ses religions, ses traditions, et tout son bagage culturel. Quel que soit le temps qu&rsquo;il faudra encore \u00e0 l&rsquo;\u00e8re humaine pour triompher effectivement de tout ce pass\u00e9 sous-humain, nous voyons assez clair aujourd&rsquo;hui, pour construire au del\u00e0 de ces d\u00e9combres.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous examinerons ensuite ces d\u00e9combres pour y retrouver le fil des aspirations humaines \u00e0 travers les \u00e2ges. Nous r\u00e9int\u00e8grerons ainsi, dans notre propre culture, les balbutiements du pass\u00e9, comme dans un mus\u00e9e r\u00e9trospectif, et cette documentation pourra alors acqu\u00e9rir une valeur relative. Pour le moment, laissons-la de c\u00f4t\u00e9. Freinons aussi notre impatient d\u00e9sir de pousser tout de suite jusqu&rsquo;\u00e0 ses extr\u00eames cons\u00e9quences sociales et individuelles cette connaissance qui s&rsquo;offre \u00e0 nous, dans sa totalit\u00e9, en un seul acte de pens\u00e9e, et examinons \u00e0 sa lumi\u00e8re le probl\u00e8me fondamental de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers, tel qu&rsquo;il se pr\u00e9sente \u00e0 nous aujourd&rsquo;hui.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"CENTER\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>(b) L&rsquo;impasse v\u00e9cue<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>1. Le minimum d&rsquo;affirmation est ce qui contient le maximum d&rsquo;inconnu<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Le moins que l&rsquo;on puisse affirmer, au sujet de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers, est ceci : \u00ab Il y a quelque chose. \u00bb Cette affirmation signifie simplement qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;un n\u00e9ant, et se prouve par elle-m\u00eame, du fait que l&rsquo;on dit quelque chose. L&rsquo;expression \u00ab il y a \u00bb ne comporte pas, ne doit pas comporter la notion d&rsquo;\u00eatre. Laissons cette hypocrisie de la pens\u00e9e aux philosophes scolastiques, qui, avec ce mot \u00ab \u00eatre \u00bb se font confortablement emporter au paradis chez leur Dieu. \u00ab Il y a quelque chose \u00bb est une constatation tr\u00e8s simple, tr\u00e8s peu docte ou philosophique, et qui ne comporte aucun d\u00e9tour de la pens\u00e9e. Elle suffit \u00e0 elle seule \u00e0 contenir le myst\u00e8re dans sa totalit\u00e9. Rien ne pourra jamais rien ajouter \u00e0 cette totalit\u00e9. Rien, non plus, ne pourra jamais d\u00e9truire cette constatation.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>2. Comment, pourquoi, par quoi, cette affirmation est-elle produite ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Aussit\u00f4t que l&rsquo;on a d\u00e9clar\u00e9 \u00ab il y a quelque chose \u00bb, la deuxi\u00e8me constatation que l&rsquo;on fait est<\/span><span style=\"font-size: small;\">celle-ci : \u00ab J&rsquo;ai dit qu&rsquo;il y a quelque chose. \u00bb En ef\u00adfet, si j&rsquo;ai commenc\u00e9 par dire \u00ab il y a quelque chose \u00bb, c&rsquo;est cette constatation qui est mon point de d\u00e9part, c&rsquo;est elle qui importe, et non point les questions qui se posent au sujet du quelque chose que j&rsquo;ai constat\u00e9. Si, apr\u00e8s ma premi\u00e8re constata\u00adtion, je posais des questions au sujet de ce quelque chose, des objets, de leur nature, etc&#8230;, j&rsquo;escamote\u00adrais tout simplement la cause de ma premi\u00e8re cons\u00adtatation, et je me pr\u00e9cipiterais dans une aventure dont je ne saurais d\u00e9j\u00e0 plus ce qu&rsquo;elle est. Si je disais, par exemple, que les objets que je vois sont faits de telle ou telle fa\u00e7on, j&rsquo;arriverais \u00e0 travers une s\u00e9rie de raisonnements, \u00e0 des conclusions sur la nature de ces objets, et cela en oubliant de poser les questions essentielles : que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ? pourquoi ai-je d\u00e9clar\u00e9 \u00ab il y a quelque chose ? \u00bb Qui est ce je qui a fait cette d\u00e9claration? etc&#8230;<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>3. C&rsquo;est le je qui est en cause<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, si l&rsquo;on ne veut pas escamoter le probl\u00e8me de la Connaissance dans la th\u00e9ologie et dans l&rsquo;abs\u00adtraction, on est bien oblig\u00e9, tout de suite, de consi\u00add\u00e9rer le sujet qui dit : \u00ab J&rsquo;ai dit qu&rsquo;il y a quelque<\/span><span style=\"font-size: small;\">chose. \u00bb Cette constatation devient aussit\u00f4t, aussi bien pour le je qui l&rsquo;a faite, que pour ceux qui l&rsquo;\u00e9coutent ou le lisent, ceci : \u00ab un je a dit qu&rsquo;il y a quel\u00adque chose \u00bb. En effet, lorsque je constate que \u00ab j&rsquo;ai dit qu&rsquo;il y a quelque chose \u00bb, je constate que c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai dit, et non pas un autre, que c&rsquo;est mon je, et non pas un autre je. Inversement, celui qui \u00e9coute, constate que c&rsquo;est un autre je que le sien qui s&rsquo;est exprim\u00e9.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>4. Un je qui doute, donc qui pose le probl\u00e8me de la connaissance<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Un \u00ab je \u00bb a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 \u00e0 d\u00e9clarer qu&rsquo;il a constat\u00e9 qu&rsquo;il y a quelque chose. Quel est cet \u00e9v\u00e8nement ? Pourquoi s&rsquo;est-il produit ? Quelles sont ses causes et ses effets ? Et quels sont les \u00e9l\u00e9ments qui sont entr\u00e9s en pr\u00e9sence ? Si un chien constate qu&rsquo;il y a \u00ab quelque chose \u00bb, par exemple un os quelque part, s&rsquo;il se souvient de cette constatation, et s&rsquo;il sait que c&rsquo;est lui qui a trouv\u00e9 l&rsquo;os, lui et non pas un autre chien, le ph\u00e9nom\u00e8ne est-il le m\u00eame que celui de tout \u00e0 l&rsquo;heure ? Il est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent. Pourquoi ? Par\u00adce que ma constatation \u00ab il y a quelque chose \u00bb, marque dans sa simplicit\u00e9, sa volont\u00e9 tr\u00e8s nette d&rsquo;\u00eatre irr\u00e9ductible, irr\u00e9futable, sa volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre une base indestructible, dont mon esprit ne pourra ja\u00admais douter, et en m\u00eame temps, elle exprime dans sa m\u00eame simplicit\u00e9, la totalit\u00e9 du myst\u00e8re entier de la vie et de l&rsquo;univers, car tous les myst\u00e8res ne sont que des probl\u00e8mes se rapportant \u00e0 cet irr\u00e9ductible \u00ab il y a quelque chose\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Pourquoi ai-je manifest\u00e9 cette volont\u00e9? Pour\u00adquoi me suis-je attach\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir la totalit\u00e9 de tous<\/span><span style=\"font-size: small;\"> les myst\u00e8res, dans la seule \u00e9vidence qu&rsquo;aucun esprit humain ne saurait contester ? Car m\u00eame si rien n&rsquo;est r\u00e9el, m\u00eame si le monde est un r\u00eave, m\u00eame si je suis un personnage de r\u00eave, m\u00eame si le monde n&rsquo;existe que dans ma repr\u00e9sentation, il y a quelque chose, et quels que soient la forme d&rsquo;esprit, le point de d\u00e9part, les d\u00e9sirs, l&rsquo;intelligence d&rsquo;un \u00eatre quel\u00adconque, il ne pourra pas nier ma constatation fon\u00addamentale : il ne me l&rsquo;enl\u00e8vera pas. Si j&rsquo;ai donc affirm\u00e9 \u00ab il y a quelque chose \u00bb, cette affirmation est le r\u00e9sultat d&rsquo;un doute absolu, d&rsquo;un doute total, d&rsquo;un agnosticisme complet. J&rsquo;ai constat\u00e9, parce que j&rsquo;ai dout\u00e9; j&rsquo;ai constat\u00e9 le minimum qui soit constatable, parce que j&rsquo;ai dout\u00e9 de tout. <\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Voil\u00e0 les premi\u00e8res r\u00e9flexions que se fait le je,<\/span><span style=\"font-size: small;\">au sujet de l\u2019\u00e9v\u00e8nement que constitue sa toute premi\u00e8re constatation. Apr\u00e8s avoir cherch\u00e9 partout, son doute total a trouv\u00e9 le roc qu&rsquo;il ne peut plus creuser. Le doute ici est vaincu. On voit donc que lorsqu&rsquo;un chien constate qu&rsquo;il y a un os, le ph\u00e9no\u00adm\u00e8ne est tout autre : le chien ne fait pas cette cons\u00adtatation afin d&rsquo;exprimer le myst\u00e8re absolu, et de vaincre son doute absolu au sujet de l&rsquo;univers et de lui-m\u00eame, au sujet de l&rsquo;existence m\u00eame du monde, mais au contraire, il constate, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un univers dont il ne doute pas, l&rsquo;existence d&rsquo;un objet dont il ne doute pas non plus : il ne s&rsquo;est pas pos\u00e9 le probl\u00e8me de la Connaissance.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>5. Ayant tout rejet\u00e9, le je per\u00e7oit enfin le pro\u00adbl\u00e8me dans sa nudit\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, la premi\u00e8re constatation, \u00ab il y a quelque chose \u00bb, met fin au doute fondamental, puisqu&rsquo;elle nous contraint \u00e0 une affirmation, qui r\u00e9sulte du fait que nous avions tout \u00e9limin\u00e9. En effet, si le doute est forc\u00e9 de s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0, c&rsquo;est qu&rsquo;il a tout \u00e9limin\u00e9, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne peut plus rien rejeter, car il a tout re\u00adjet\u00e9. Il est all\u00e9 plus loin que les id\u00e9es, que les phi\u00adlosophies, que les m\u00e9taphysiques, que les croyances, plus loin que les notions de temps, d&rsquo;espace, d&rsquo;uni\u00advers, etc&#8230; En somme le doute recommence sa re\u00adcherche depuis le commencement, afin de d\u00e9bar\u00adrasser le myst\u00e8re fondamental, ultime, de toutes les consid\u00e9rations auxiliaires qui nous emp\u00eachaient de le voir.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>6. Le probl\u00e8me est l\u00e0 parce que le je ne s&rsquo;est pas d\u00e9barrass\u00e9 de lui-m\u00eame<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">La deuxi\u00e8me constatation \u00ab j&rsquo;ai dit qu&rsquo;il y a quelque chose \u00bb exprime que je sais ce que j&rsquo;ai dit, et par cons\u00e9quent, que dans ma premi\u00e8re constata\u00adtion impersonnelle, j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. J&rsquo;explique donc ainsi ma deuxi\u00e8me proposition : \u00ab J&rsquo;ai dit qu&rsquo;il y a quelque chose parce que j&rsquo;ai dout\u00e9. \u00bb Le je, qui, dans son doute, en est arriv\u00e9 \u00e0 condenser dans la plus simple et la plus obligatoire des constatations, la totalit\u00e9 de toutes les questions qui existent au monde, ce je n&rsquo;en est plus \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur des subti\u00adlit\u00e9s en ce qui concerne le sujet et l&rsquo;objet, le moi<\/span><span style=\"font-size: small;\"> et le non-moi, qui ne sont que des d\u00e9tails du \u00ab quel\u00adque chose \u00bb. Ce je ne s&rsquo;est donc pas content\u00e9 de pro\u00adbl\u00e8mes de sociologie, il ne s&rsquo;est pas r\u00e9fugi\u00e9 dans une notion arbitraire de sa propre r\u00e9alit\u00e9, mais il a pouss\u00e9 le doute jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame limite o\u00f9 le doute n&rsquo;est plus possible. Ce je a supprim\u00e9 de son intel\u00adlect jusqu&rsquo;\u00e0 la notion de l&rsquo;\u00eatre, parce que dire \u00ab je suis \u00bb, ou \u00ab le monde est \u00bb, pr\u00e9suppose d\u00e9j\u00e0 une affirmation contestable. Et pourtant voici que dans l&rsquo;ab\u00eeme du doute total, il se retrouve, il est oblig\u00e9 de constater sa propre pr\u00e9sence : son affirmation, aussi r\u00e9duite que possible, \u00e9tait l&rsquo;expression d&rsquo;un ph\u00e9no\u00adm\u00e8ne \u00e0 deux p\u00f4les, le Monde et l&rsquo;Interrogation, o\u00f9 le doute, loin de se reposer dans une affirmation obligatoire, s&rsquo;est retrouv\u00e9 entier, devant le myst\u00e8re dont il s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait jamais entam\u00e9.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>7. Le je s&rsquo;\u00e9tait pourtant dissoci\u00e9 de tout. Que res\u00adte-t-il de lui ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Donc, non seulement il y a quelque chose, mais il y a quelque chose (le je) dans ce quelque chose, qui est amen\u00e9 \u00e0 constater quelque chose, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 toucher le fond du doute, comme on arr\u00eate une chute au fond d&rsquo;un puits.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que le doute ? Une dissocia\u00adtion de r\u00e9alit\u00e9s. L\u00e0 o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 subjective s&rsquo;associe \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments, quels qu&rsquo;ils soient, ceux-ci ne sont pas mis en doute par le sujet. Lorsque cette r\u00e9alit\u00e9 ainsi compos\u00e9e se prend \u00e0 douter d&rsquo;elle-m\u00eame, elle ne fait que rejeter en dehors de son essence des \u00e9l\u00e9\u00adments qui deviennent aussit\u00f4t objectifs. La soustraction une fois faite, ce qui demeure du je est capable de constater que ces \u00e9l\u00e9ments ne font pas partie de lui. Cette facult\u00e9 de constatation prouve que le je se sent r\u00e9el, mais que sa r\u00e9alit\u00e9 est bas\u00e9e sur autre chose que l&rsquo;objet de sa constatation.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, un sujet hypnotis\u00e9 croit voir, entendre, ex\u00e9cuter, et qu&rsquo;on lui ordonne de voir, d&rsquo;entendre, d&rsquo;ex\u00e9cuter, et cela, sans que son je se dissocie de ces illusions qu&rsquo;il prend pour des r\u00e9alit\u00e9s. Son sens du subjectif est associ\u00e9 \u00e0 de nombreux \u00e9l\u00e9ments dont il ne doute pas. Mais lorsque le sujet est r\u00e9\u00adveill\u00e9, il dissocie son entit\u00e9 de tous ces \u00e9l\u00e9ments. Il en est de m\u00eame dans les r\u00eaves, o\u00f9 le sujet ne met pas en doute l&rsquo;univers le plus invraisemblable, mais dont il se dissocie au r\u00e9veil. Il ne peut mettre en question la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;univers o\u00f9 il a v\u00e9cu en r\u00eave, qu&rsquo;apr\u00e8s s&rsquo;en \u00eatre dissoci\u00e9.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Dans la description de l\u2019\u00e9v\u00e8nement qui nous oc\u00adcupe (un je a dit qu&rsquo;il y a quelque chose), le je, pour en arriver \u00e0 une constatation aussi irr\u00e9ductible a d\u00fb se dissocier de tout, exactement comme on se dissocie d&rsquo;un r\u00eave, au r\u00e9veil. Et en effet, lorsque nous analyserons les associations inconscientes des philosophes, des m\u00e9taphysiciens, des th\u00e9ologiens, etc&#8230;, nous verrons que tous les syst\u00e8mes connus sont, par rapport \u00e0 notre constatation, semblables \u00e0 des r\u00eaves. Chaque enfant s&rsquo;associe, d\u00e8s sa naissance, \u00e0 un entourage, puis \u00e0 son pr\u00e9nom, \u00e0 sa famille, etc&#8230; et, adulte, il s&rsquo;associe encore \u00e0 son \u00e9tat civil, \u00e0 sa race, \u00e0 son r\u00f4le social, etc&#8230; Les moi que nous rencontrons partout se sont tous dissoci\u00e9s de certains objets, mais ils tirent la notion de leur r\u00e9a\u00adlit\u00e9 du fait qu&rsquo;ils sont encore associ\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres objets, de la r\u00e9alit\u00e9 desquels ils ne doutent pas. Le moi qui a accompli la t\u00e2che colossale de se dis\u00adsocier de tout, est le seul qui ait pu sonder le doute dans sa totalit\u00e9, et parvenir \u00e0 ce qui est irr\u00e9\u00adductible.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>8. Il reste une n\u00e9cessit\u00e9 et une impossibilit\u00e9 de s&rsquo;associer au tout<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Mais c&rsquo;est bien ici que r\u00e9side l&rsquo;impossible, c&rsquo;est ici que nous constatons la nature irr\u00e9m\u00e9diablement <\/span><span style=\"font-size: small;\">antinomique du moi, car sa capacit\u00e9 de douter de tout, jusqu&rsquo;\u00e0 rencontrer l&rsquo;irr\u00e9ductible \u00ab quelque chose \u00bb prouve qu&rsquo;il s&rsquo;est isol\u00e9, qu&rsquo;il s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 du monde, qu&rsquo;il s&rsquo;est enferm\u00e9 dans la coque de sa propre r\u00e9alit\u00e9 \u00ab je suis moi \u00bb. Mais voici que par\u00advenu au bout de ce processus, il ne peut plus douter, il ne peut donc plus se dissocier plus loin, il de\u00admeure donc associ\u00e9 malgr\u00e9 lui \u00e0 l&rsquo;inexorable quel\u00adque chose, qu&rsquo;est l&rsquo;univers dans sa totalit\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;examen de cette impasse d\u00e9finitive que l&rsquo;homme peut et doit vivre dans son \u00eatre tout entier, s&rsquo;il veut s&rsquo;accomplir dans la Connaissance qui fait l&rsquo;objet de cet expos\u00e9.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous avons compar\u00e9 la courbe du doute \u00e0 une chute au fond d&rsquo;un puits. Cette image peut illustrer le d\u00e9sarroi de ceux que le doute assaille malgr\u00e9 eux. En v\u00e9rit\u00e9, le doute est une ascension, une ascension parfois vertigineuse, et ce n&rsquo;est pas le fond d&rsquo;un puits que l&rsquo;on rencontre, mais on cr\u00e8ve la vo\u00fbte des cieux. Le doute, si l&rsquo;on sait s&rsquo;en servir au lieu de s&rsquo;accrocher \u00e0 des \u00e9paves, est un \u00e9largissement, un agrandissement de l&rsquo;\u00eatre psychique. En effet, si, \u00e0 un moment donn\u00e9, au cours de mes investigations sur mon moi, j&rsquo;ai dout\u00e9 du fait que mon je c&rsquo;est mon pr\u00e9nom, Pierre ou Paul, (ce dont l&rsquo;enfant n&rsquo;avait pas dout\u00e9) c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 ce moment-l\u00e0, en tant que je, je me suis associ\u00e9 \u00e0 autre chose, qui n&rsquo;est pas un pr\u00e9nom, mais quelque chose de plus, quel\u00adque chose de moins particulier, d&rsquo;o\u00f9 je puis com\u00adprendre mon pr\u00e9nom au lieu de me faire absorber par lui. Si j&rsquo;ai pu dire que mon je aurait pu s&rsquo;appe\u00adler autre chose que Pierre, c&rsquo;est parce que, pour pouvoir dire je, je n&rsquo;ai plus eu besoin de l&rsquo;associa\u00adtion Pierre. J&rsquo;ai pu \u00e9prouver je en dehors de cette association, j&rsquo;ai appuy\u00e9 la notion de mon je sur au\u00adtre chose que Pierre, j&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9, par exemple, que mon je est un je prol\u00e9tarien, ou une \u00e2me immortelle et th\u00e9ologique.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Mon doute s&rsquo;est alors repos\u00e9 dans cet objet plus g\u00e9n\u00e9ral que Pierre. Pendant quelque temps, il a v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;aise dans ce cadre plus grand, puis il a de nouveau bris\u00e9 ce cadre pour s&rsquo;associer \u00e0 quelque chose de plus g\u00e9n\u00e9ral encore. Nous analyserons plus loin ce processus. Pour le moment, nous le sai\u00adsissons \u00e0 son point d&rsquo;arriv\u00e9e. Mon je s&rsquo;est \u00e9largi pro\u00adgressivement, en se dissociant, de plus en plus, d&rsquo;\u00e9\u00adl\u00e9ments particuliers, et en s&rsquo;associant \u00e0 des notions de plus en plus g\u00e9n\u00e9rales, jusqu&rsquo;au moment, o\u00f9, rencontrant le roc \u00ab il y a quelque chose \u00bb, il cons\u00adtate qu&rsquo;il n&rsquo;a pu en arriver l\u00e0 qu&rsquo;en se dissociant de tout. Mais il constate en outre que puisqu&rsquo;il est arriv\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 le doute ne lui est plus possible, c&rsquo;est qu&rsquo;il est contraint de s&rsquo;associer \u00e0 ce quelque chose<\/span><span style=\"font-size: small;\"> dont il ne peut plus douter, et dont le myst\u00e8re, de\u00admeur\u00e9 intact, s&rsquo;est referm\u00e9, insondable, noir, total.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le je est donc forc\u00e9 de constater qu&rsquo;il est mal\u00adgr\u00e9 lui, \u00e0 la fois associ\u00e9 \u00e0 un quelque chose, et dissoci\u00e9 de lui, puisqu&rsquo;il le constate. Puisqu&rsquo;il a disso\u00adci\u00e9 sa notion je de tout ce qu&rsquo;il peut concevoir, id\u00e9es croyances, attachements, particularit\u00e9s, qualit\u00e9s, etc&#8230; que reste-t-il de ce je ? Il reste pr\u00e9cis\u00e9ment sa derni\u00e8re association, absolument forc\u00e9e, ce quelque chose qui est si universel qu&rsquo;il englobe tout. Apr\u00e8s avoir tout rejet\u00e9, le je, qui n&rsquo;a pas pu se supprimer lui-m\u00eame, se voit contraint par la force, de s&rsquo;asso\u00adcier \u00e0 tout, de s&rsquo;associer \u00e0 la totalit\u00e9 irr\u00e9ductible, d&rsquo;un myst\u00e8re absolu.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>9. Le je se sent le prisonnier de l&rsquo;universel<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le je apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre dissoci\u00e9 de toutes les particu\u00adlarit\u00e9s de l&rsquo;univers, se trouve dans l&rsquo;obligation de demeurer associ\u00e9 \u00e0 son universalit\u00e9 qui est le total supr\u00eame de toutes les interrogations. Il voudrait, mais ne peut plus douter. Le voici donc prisonnier de l&rsquo;universel, ce qui, dans son absurdit\u00e9, est l&rsquo;ex\u00adtr\u00eame limite d&rsquo;exp\u00e9rience que puisse encore vivre le moi, limite qui ne peut que le faire changer d&rsquo;\u00e9tat, en le brisant. Le moi qui se cogne \u00e0 cette limite ex\u00adtr\u00eame, ne peut en effet pas en supporter le choc. Ce moment inexorable de lucidit\u00e9 est entr\u00e9 en lui en le broyant. Ce moment ne peut en aucune fa\u00e7on se prolonger. Il est d\u00e9cisif. Dans l&rsquo;espace d&rsquo;une se\u00adconde, le moi doit choisir : il peut mourir, devenir fou ou faire surgir la connaissance totale. Il n&rsquo;a aucune autre issue en dehors de ces trois-l\u00e0. Il ne peut pas revenir en arri\u00e8re. L&rsquo;inexorable est l\u00e0. L&rsquo;inexo\u00adrable n&rsquo;attend pas. Le moi \u00e9touffe&#8230;<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>10. Plus l&rsquo;interrogation se pose, moins elle trouve sa r\u00e9ponse. Impasse, qui n&rsquo;est autre chose que le je<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Quelle est la force qui l&rsquo;\u00e9touffe ? C&rsquo;est la fin de son doute dans l&rsquo;absolu du myst\u00e8re. C&rsquo;est l&rsquo;impossi\u00adbilit\u00e9 o\u00f9 il est de douter qu&rsquo;il y a un \u00ab quelque chose \u00bb qui n&rsquo;est qu&rsquo;une interrogation b\u00e9ante. Jus\u00adqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, chaque nouveau doute avait \u00e9t\u00e9 pour lui une v\u00e9ritable lib\u00e9ration, puisqu&rsquo;il rejetait une association particuli\u00e8re pour une association plus large. Maintenant, pour universelle que soit l&rsquo;asso\u00adciation \u00ab quelque chose \u00bb, elle \u00e9touffe le je du fait que le je ne peut pas en sortir, et du fait qu&rsquo;\u00e9tant l&rsquo;observateur, il ne peut pas non plus y entrer.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>11. Le je, oblig\u00e9 de se r\u00e9soudre, c&rsquo;est-\u00e0-dire de se d\u00e9truire<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous avons maintenant d\u00e9crit l\u2019\u00e9v\u00e8nement qui s&rsquo;est produit lorsqu&rsquo;un je a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 constater qu&rsquo;il y a quelque chose. Cet \u00e9v\u00e8nement est la d\u00e9cou\u00adverte des termes irr\u00e9ductibles du probl\u00e8me fonda\u00admental de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers, dont nous pou\u00advons r\u00e9sumer ainsi la marche : un je s&rsquo;est pos\u00e9 des questions au sujet de sa propre nature et du monde ; il a d\u00e9couvert que toutes les explications n&rsquo;expliquent rien, parce qu&rsquo;il reste toujours une interroga\u00adtion, \u00e0 la fin de tous les livres de philosophie, \u00e0 la fin de tout ce que les hommes ont toujours expli\u00adqu\u00e9 ; son doute ne s&rsquo;est repos\u00e9 ni sur des expli\u00adcations th\u00e9ologiques, ni sur des explications scientifiques, parce qu&rsquo;il ne d\u00e9sire pas se faire con\u00adsoler, ni appliquer sa recherche \u00e0 des objets ; il veut savoir pourquoi il ne sait pas ; il d\u00e9sire trouver la raison pour laquelle son esprit ne parvient pas \u00e0 se reposer ; il veut savoir la cause de son interrogation ; le probl\u00e8me est en effet l&rsquo;interrogation elle-m\u00eame, et non pas l&rsquo;objet sur lequel l&rsquo;interrogation se pose ; ainsi ce je s&rsquo;est identifi\u00e9 \u00e0 sa propre interrogation, et c&rsquo;est cela qu&rsquo;il se sent oblig\u00e9 de r\u00e9soudre, c&rsquo;est-\u00e0-dire lui-m\u00eame ; il cherche donc \u00e0 voir de quoi il est fait ; il \u00e9limine tout ce qu&rsquo;il sent n&rsquo;\u00eatre pas lui ; il \u00e9limine tout ; il retrouve tout ; il se retrouve, il est emprisonn\u00e9.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Il y a quelque chose, et il y a le je, qui se trouve dans la position absurde d&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9 d&rsquo;\u00eatre ce quel\u00adque chose, et de ne pas pouvoir. Voil\u00e0 le probl\u00e8me.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>12. Il est oblig\u00e9 de se d\u00e9truire imm\u00e9diatement<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le je est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;impossibilit\u00e9 o\u00f9 il est de douter, qui le d\u00e9sesp\u00e8re. Ce quelque chose, que force lui est de constater, est devenu sa prison. Mais la prison de quoi, puisque ce je, s&rsquo;\u00e9tant dissoci\u00e9 de tout, n&rsquo;est plus rien ? Et si ce je dans sa recherche, s&rsquo;\u00e9tant identifi\u00e9 \u00e0 son propre doute \u00e9prouve enfin que ce doute est vaincu par l&rsquo;inexorable \u00ab quelque chose \u00bb, comment se fait-il que le je soit toujours l\u00e0 ? Comment se fait-il, que forc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;associer au \u00ab quelque chose \u00bb, il ne soit pas simplement ce \u00ab quelque chose \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire le tout, la totalit\u00e9 de tout ce qu&rsquo;il y a, l&rsquo;universel, o\u00f9 l&rsquo;interrogation ne peut plus exister ?<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Si l&rsquo;on vient dire \u00e0 ce je qu&rsquo;il sortira un jour de son angoissante impasse, et que par des \u00e9volutions, des recherches scientifiques ou des disci\u00adplines religieuses, il brisera sa prison, il n&rsquo;en croira rien. Il r\u00e9pondra que c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui, maintenant, dans l&rsquo;instant pr\u00e9sent, qu&rsquo;il \u00e9prouve la torture de cette impasse, et que le temps ne fera rien \u00e0 l&rsquo;af\u00adfaire. L&rsquo;agonie actuelle et imm\u00e9diate qu&rsquo;il \u00e9prouve, ne pourrait \u00eatre que d\u00e9tourn\u00e9e, endormie, tromp\u00e9e par le temps, le devenir, ou des promesses de para\u00addis. Les termes du probl\u00e8me sont irr\u00e9ductibles, et en les compliquant, loin d&rsquo;en trouver la solution, on la d\u00e9guisera, on l&rsquo;\u00e9loignera. Le je ainsi accul\u00e9 ne peut plus entendre de doctes imb\u00e9cilit\u00e9s qui lui expliquent qu&rsquo;il est un m\u00e9lange de mati\u00e8re et d&rsquo;es\u00adprit. Il ne peut pas non plus se consoler avec l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;un jour son \u00e2me immortelle sera recueillie par le bon Dieu. Quelles que soient les perspectives de f\u00e9licit\u00e9 qu&rsquo;on veut lui offrir, il r\u00e9pond tr\u00e8s juste\u00adment que m\u00eame si son je venait \u00e0 \u00eatre glorifi\u00e9 dans des conditions incroyables de splendeur, tant qu&rsquo;il aura \u00e0 la fois cet irr\u00e9ductible \u00ab quelque chose \u00bb et un je qui constate \u00e0 la fois lui-m\u00eame et ce quel\u00adque chose, le probl\u00e8me n&rsquo;aura pas avanc\u00e9 d&rsquo;un pou\u00adce, car ce je sera toujours un spectateur emprisonn\u00e9 dans l&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Si par ailleurs on vient lui expliquer qu&rsquo;il n&rsquo;est que le produit du milieu social o\u00f9 il vit, il r\u00e9pond<\/span><span style=\"font-size: small;\"> que l\u00e0 n&rsquo;est point la question, car quelles que soient les causes qui l&rsquo;ont produit, il est l\u00e0, lui, et qu&rsquo;en ou\u00adtre il a r\u00e9duit son sens du je \u00e0 une limite si extr\u00eame, qu&rsquo;elle est commune \u00e0 tout le genre humain, ind\u00e9\u00adpendamment de tous les milieux. Si tous les \u00eatres humains ne se trouvent pas dans la m\u00eame impasse que lui, c&rsquo;est qu&rsquo;ils se sont simplement arr\u00eat\u00e9s en chemin. Ils ont endormi le probl\u00e8me fondamental de l&rsquo;homme en se lan\u00e7ant sur les fausses pistes de leur intellect ou de leurs passions. Quelles que soient ces pistes, ils trouveront au bout de leur voyage l&rsquo;antagonisme irr\u00e9ductible du je et du \u00ab quelque chose \u00bb, \u00e0 moins qu&rsquo;ils ne s&rsquo;endorment en chemin dans des illusions qui les consoleront <a id=\"Y9\" href=\"#X9\">[9]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>13. L&rsquo;\u00e9clatement<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le je, r\u00e9duit \u00e0 son point extr\u00eame, et se trou\u00advant dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 \u00e0 la fois de douter du quel\u00adque chose qu&rsquo;est l&rsquo;univers, et de s&rsquo;identifier \u00e0 lui, est enfin pourchass\u00e9, par son interrogation, jusque dans lui-m\u00eame. Comme une b\u00eate en cage qu&rsquo;un fer rouge pousse vers la seule issue possible, le je, chas\u00ads\u00e9 par l&rsquo;irr\u00e9ductible \u00ab quelque chose \u00bb et l&rsquo;irr\u00e9duc\u00adtible interrogation, est forc\u00e9 de chercher \u00e0 traver<\/span><span style=\"font-size: small;\">sa propre entit\u00e9, la seule sortie qui lui reste. Il se retourne contre lui-m\u00eame, soit, mais que trouve-t-il ? Rien. Il s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vid\u00e9. Ce je n&rsquo;est plus farci d&rsquo;id\u00e9es, de sentiments, de perceptions, de souvenirs : la notion qu&rsquo;il a d&rsquo;\u00eatre une entit\u00e9 ne s\u2019appuie plus sur rien.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Affam\u00e9, le je tourne sur lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur <\/span><span style=\"font-size: small;\">de son entit\u00e9 d\u00e9serte, et ne trouve rien, cependant que le doute, et l&rsquo;impossibilit\u00e9 de douter, le harc\u00e8lent sans r\u00e9pit.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Enfin, sur le point de mourir ou de perdre la raison, le je se pr\u00e9cipite contre les parois de cette pri\u00adson qu&rsquo;est son entit\u00e9 vide. Il mourra, cela lui est \u00e9gal. Il n&rsquo;esp\u00e8re plus rien. Il accepte d&rsquo;\u00eatre an\u00e9anti.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Voici le geste d\u00e9cisif, il se pr\u00e9cipite&#8230; et soudain comme un poussin qui vient de casser son \u0153uf, l&rsquo;homme, d\u00e9livr\u00e9, respire en contemplant les d\u00e9bris de sa propre entit\u00e9, qui, jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour l&rsquo;avait d&rsquo;a\u00adbord abrit\u00e9 et nourri, puis \u00e9touff\u00e9 et emprisonn\u00e9. L&rsquo;humain est n\u00e9, l&rsquo;homme qui n&rsquo;a plus de moi,<\/span><span style=\"font-size: small;\">l&rsquo;homme qui n&rsquo;est plus une entit\u00e9. C&rsquo;est une naissance, un nouvel \u00e9tat dans la Nature, un nouveau r\u00e8gne. Cette naissance, chacun la vit \u00e0 sa fa\u00e7on,mais \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e, qui est un d\u00e9part, tous se retrou\u00advent, engag\u00e9s dans une action commune. Pour con\u00adna\u00eetre cette exp\u00e9rience, il n&rsquo;est pas suffisant de la comprendre, il est indispensable de la vivre <a id=\"Y10\" href=\"#X10\">[10]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>14. Le r\u00e9veil, ou naissance de l&rsquo;Humain<\/strong><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">C&rsquo;est \u00e0 cette naissance qu&rsquo;a tendu toute l&rsquo;histoire humaine, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui nous devons appeler pr\u00e9-humaine. C&rsquo;est contre cette naissance que s&rsquo;op\u00adposent aujourd&rsquo;hui tous les repr\u00e9sentants des civi\u00adlisations qui luttent contre la r\u00e9volution sociale. Les je humains, qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par la Nature et par leurs milieux sociaux, ont \u00e0 leur tour agi sur la Nature et sur le social, pour se prot\u00e9ger contre ce qui pouvait les d\u00e9truire, et cette protection a d\u00e9ter\u00admin\u00e9 cela m\u00eame qui vient aujourd&rsquo;hui les lib\u00e9rer en brisant les coques de leurs entit\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui, la nouvelle aurore sociale est aussi une nouvelle nais\u00adsance de l&rsquo;humain individuel. \u00c0 un ordre social nouveau correspond un changement total de la na\u00adture humaine : la Nature ici fait un \u00ab bond \u00bb. Ce bond, naturellement, est amen\u00e9 par des d\u00e9velop\u00adpements pr\u00e9c\u00e9dents, de m\u00eame que la rupture de l\u2019\u0153uf, et la naissance du poussin, ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment par l\u2019\u0153uf qui a d\u00e9velopp\u00e9 ce qui de\u00advait le d\u00e9truire.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi est la Nature. L&rsquo;humain a jusqu&rsquo;ici \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 dans des entit\u00e9s, pour qui la notion \u00ab je suis moi \u00bb \u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9, et qui ont construit tou\u00adtes leurs id\u00e9ologies sur cette pseudo-r\u00e9alit\u00e9. Aujour\u00add&rsquo;hui l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re est oblig\u00e9e, par la force de l&rsquo;histoire, \u00e0 s&rsquo;orienter vers des notions et des id\u00e9o\u00adlogies qui appartiennent \u00e0 un nouveau r\u00e8gne, \u00e0 un r\u00e8gne o\u00f9 l&rsquo;individu, ayant d\u00e9pass\u00e9 sa p\u00e9riode d&rsquo;iso\u00adlement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la coquille de son moi, pos\u00ads\u00e8de dans sa totalit\u00e9 la Connaissance absolue, que le r\u00e8gne pr\u00e9-humain a cherch\u00e9e en vain jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous \u00e9tudierons les je dans leur \u00e9volution, nous t\u00e2cherons de voir de quoi ils sont faits, quelle est leur origine, quel est leur comportement, quelles sont leurs possibilit\u00e9s, par quelles voies naturelles ils peuvent parvenir \u00e0 leur accomplissement, quelle est cette Connaissance totale et absolue qui cons\u00adtitue leur nouvel \u00e9tat, et quelles sont les cons\u00e9\u00adquences de ce nouvel \u00e9tat.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><em><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-quelque-chose-et-les-objets-par-carlo-suares\/\">Chapitre suivant<\/a><\/em><\/p>\n<div><a id=\"X1\" href=\"#Y1\">[1]<\/a> On verra au cours de cet ouvrage qu&rsquo;en effet l&rsquo;intellect ne peut dans ce cas que servir bassement les int\u00e9r\u00eats du moi. La dialectique mat\u00e9rialiste, qui met la pens\u00e9e au pas, doit se signaler \u00e0 l&rsquo;origine, et en attendant, par une perte tr\u00e8s grande de valeur dans tous les domaines intellectuels. Les philosophies mat\u00e9rialistes, qui sont peut-\u00eatre les seules fond\u00e9es, sont en tous cas dans l&rsquo;enfance. Elles enveloppent une pens\u00e9e qui, malgr\u00e9 tout au sein de syst\u00e8mes et d&rsquo;applications p\u00e9rim\u00e9es est parvenue \u00e0 un v\u00e9ritable \u00e9tat de souverainet\u00e9; une pens\u00e9e qui, en s&rsquo;exer\u00e7ant \u00e0 rebours, n&rsquo;en a pas moins r\u00e9ussi, parce qu&rsquo;elle \u00e9tait la pens\u00e9e, \u00e0 agir sur le r\u00e9el, \u00e0 exercer un vrai pouvoir de d\u00e9sint\u00e9gration et de dissolution qui triomphait des contraintes que cette pens\u00e9e s&rsquo;imposait \u00e0 elle-m\u00eame, de sa gaucherie \u00e0 s&rsquo;exercer, tout au moins. Je n&rsquo;en veux pour preuve que la facult\u00e9 avec laquelle les th\u00e9ories artistiques avaient chang\u00e9, d&rsquo;abord, la vision des artistes, et apr\u00e8s, celle du public, etc&#8230;<\/div>\n<div><a id=\"X2\" href=\"#Y2\">[2]<\/a> ESSENCE. \u2014 L&rsquo;abus de ce mot dans le langage philosophique en a obscurci malheureusement le sens. Qu&rsquo;on se reporte \u00e0 l&rsquo;\u00e9tymologie : \u00ab esse \u00bb, \u00eatre. Ce qui est! \u00e9tant toujours acte ou mouvement, l&rsquo;essence d&rsquo;une chose particuli\u00e8re est l&rsquo;antinomie m\u00eame qui la fait exister. L&rsquo;essence d&rsquo;un \u00eatre pensant ne diff\u00e8re de l&rsquo;essence d&rsquo;une chose inerte que par une tendance \u00e0 r\u00e9soudre perp\u00e9tuellement des antinomies sans cesse renaissantes. Si l&rsquo;on entend par mati\u00e8re, selon Engels, ce dont le mode d&rsquo;existence est le mouvement, on comprend que l&rsquo;essence d&rsquo;une chose quelconque est le mode d&rsquo;existence particulier de la mati\u00e8re que cette chose exprime.<\/div>\n<div><a id=\"X3\" href=\"#Y3\">[3]<\/a>\u0002 INCONSCIENT. \u2014 Ce mot a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 situ\u00e9 par rapport au sous-conscient, ce qui ne nous permet plus de le prendre dans l&rsquo;acception \u00e0 laquelle nous ont accoutum\u00e9s les \u00e9crits de Freud et de Jung. Je ne peux qu&rsquo;indiquer ici cette nouvelle acception.<\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> L&rsquo;attention dont l&rsquo;inconscient a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet, la lib\u00e9ralit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;abandon de ses secrets a r\u00e9pondu \u00e0 nos investigations tendrait \u00e0 accr\u00e9diter l&rsquo;illusion que, cr\u00e9ateur, dans une foule de cas particuliers, l&rsquo;inconscient \u00e9tait cr\u00e9ateur d&rsquo;une mani\u00e8re absolue, qu&rsquo;il est, vraiment, ce dont nous naissons \u00e0 chaque instant. Non, que l&rsquo;on se m\u00e9fie! Si l&rsquo;inconscient est rempli de nos biens, il nous emprisonne sous leur poids, et c&rsquo;est par des victoires remport\u00e9es sur lui que nous r\u00e9ussissons \u00e0 nous inspirer de ce qu&rsquo;il contient.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> L&rsquo;inconscient est ce \u00e0 travers quoi les plus solides des biens qui nous tiennent se manifestent sous un d\u00e9guisement. L&rsquo;inconscient individuel baigne dans un inconscient collectif, et c&rsquo;est \u00e0 ce dernier qu&rsquo;il emprunte les mythes et les images que par notre interm\u00e9diaire il fait r\u00e9gner sur l&rsquo;imagination des autres hommes. Que l&rsquo;on pense \u00e0 ceci : plus un inventeur de mythes subordonne dans la prison du r\u00eave, tous les appels de l&rsquo;\u00e9veil (note term\u00e9diaire duquel il doit nous appara\u00eetre que sa d\u00e9couverte s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> Dans le r\u00eave sous-conscient, se trouvent deux d\u00e9sirs : celui de continuer \u00e0 r\u00eaver, celui de se r\u00e9veiller. La repr\u00e9sentation du premier d\u00e9sir est l&rsquo;inconscient. Les syst\u00e8mes philosophiques y appartiennent, ainsi que les religions, car ils sont des tentatives de ramener en des syst\u00e8mes, dans la prison du r\u00eave, tous les appels de l&rsquo;\u00e9veil (note pour la Com\u00e9die Philosophique).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><a id=\"X4\" href=\"#Y4\">[4]<\/a>\u0002 N. Boukharine : <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>La th\u00e9orie du mat\u00e9rialisme historique<\/em><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> (\u00c9ditions Sociales Internationales, Paris).<\/span><\/span><\/div>\n<div><a id=\"X5\" href=\"#Y5\">[5]<\/a>\u0002 PSYCHOLOGIE DIALECTIQUE. \u2014 Du point de vue m\u00e9thodologique, il est frappant de constater encore une fois qu&rsquo;une psychologie r\u00e9volutionnaire est forc\u00e9ment une psychologie dialectique. La vieille psychologie \u00e9tudiait le \u00ab\u00a0moi \u00bb comme un objet statique, une donn\u00e9e imm\u00e9diate, sans mettre en question son origine ni sa fin. Quelques penseurs, comme Bergson, ont essay\u00e9 de saisir le \u00ab moi \u00bb dans son \u00e9volution; mais toujours des conceptions finalistes, dualistes, etc. se sont gliss\u00e9es dans leurs th\u00e9ories. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u0153uvre du psychologue r\u00e9volutionnaire doit \u00eatre :<\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> 1\u00b0 de d\u00e9crire, \u00e0 partir de l&rsquo;agr\u00e9gat vivant, les naissances et les r\u00e9solutions successives de conflits internes qui constituent les diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de la vie psychique;<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> 2\u00b0 de montrer que cette dialectique est la m\u00eame que celle qui se d\u00e9veloppe dans tous les aspects de l&rsquo;histoire : dans l&rsquo;histoire des soci\u00e9t\u00e9s humaines, elle s&rsquo;appelle le mat\u00e9rialisme historique.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> C&rsquo;est cette premi\u00e8re partie qui est trait\u00e9e ici.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><a id=\"X6\" href=\"#Y6\">[6]<\/a>\u0002 \u00c9volution. \u2014 Au cours de cet ouvrage, le terme \u00ab \u00e9volution \u00bb sera employ\u00e9 \u00e0 maintes reprises. Toutefois, le sens que nous lui donnons est pr\u00e9cis ; il exclut nettement tous les autres susceptibles de lui correspondre, et c&rsquo;est pourquoi nous tenons \u00e0 l&rsquo;exposer imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> Par \u00ab \u00e9volution \u00bb nous n&rsquo;entendons pas englober, sous une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, un groupe de faits biologiques ou physiques dont le lien causal imm\u00e9diat \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience actuelle. Proc\u00e9der de cette fa\u00e7on, aurait \u00e9t\u00e9 se servir d&rsquo;une hypoth\u00e8se comme d&rsquo;un fait existant et \u00e0 l&rsquo;abri du doute.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> \u00c9tymologiquement \u00ab \u00e9volution \u00bb signifie : d\u00e9roulement (en allemand : Entwicklung). Ce sens est net. Il ne laisse aucune place \u00e0 l&rsquo;arbitraire. Une id\u00e9e, un organe, une esp\u00e8ce animale, un ph\u00e9nom\u00e8ne quelconque \u00e9voluent dans l&rsquo;histoire du monde lorsque l&rsquo;\u00e9tat post\u00e9rieur est potentiellement implicite dans l&rsquo;\u00e9tat ant\u00e9rieur, dont il n&rsquo;est que le d\u00e9roulement. L&rsquo;\u00e9volution est donc une transformation dans le temps, conditionn\u00e9e par la nature propre de la chose qui se transforme et qui varie dans les limites impos\u00e9es par les conditions ext\u00e9rieures.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> En aucun cas la conception id\u00e9aliste (Schelling : &#8230; \u00ab il existe un principe d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation, une tendance et une pouss\u00e9e vers une vie de plus en plus haute&#8230; \u00bb) reprise, avec une l\u00e9g\u00e8re variation, par Bergson : (\u00ab &#8230; il existe une pouss\u00e9e vers les formes sup\u00e9rieures de la vie\u00a0\u00bb), finaliste, ou darwinienne de l&rsquo;\u00e9volution ne s&rsquo;accorde avec ce que nous voulons dire. Les deux premi\u00e8res supposent l&rsquo;existence d&rsquo;un type id\u00e9al de l&rsquo;\u00eatre qui attire vers lui, comme une sorte d&rsquo;aimant, les formes imparfaites de la vie en progr\u00e8s continu. La derni\u00e8re se base sur l&rsquo;observation t\u00e2tonnante, cherchant dans l&rsquo;analogie ext\u00e9rieure un lien causal et d\u00e9duisant de cette comparaison un ensemble d&rsquo;hypoth\u00e8ses sur la l\u00e9galit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution dont l&rsquo;homme serait le produit parfait.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> Nous n&rsquo;admettons pas ces th\u00e9ories. Elles conditionnent le r\u00e9el par le transcendantal, le concret par l&rsquo;abstrait, l&rsquo;existant par l&rsquo;inexistant. Une forme type ne peut pas modeler les \u00eatres concrets, c&rsquo;est tout au contraire, la forme type qui est model\u00e9e par la sp\u00e9culation.<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> Ces remarques tr\u00e8s br\u00e8ves nous ont parues indispensables pour \u00e9viter tout malentendu. Nous ne voulons pas savoir si, oui ou non, l&rsquo;homme est au fa\u00eete d&rsquo;une \u00e9chelle de valeurs hi\u00e9rarchis\u00e9es : nous ne croyons pas \u00e0 l&rsquo;existence de ces valeurs. L&rsquo;homme de Darwin est une valeur au m\u00eame titre que l&rsquo;id\u00e9e de Bien dans la morale.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><a id=\"X7\" href=\"#Y7\">[7]<\/a>\u0002 HUMAIN. \u2014 Tout ce qui s&rsquo;est donn\u00e9 jusqu&rsquo;ici le nom d&rsquo;\u00ab humanisme \u00bb, \u00ab humanitarisme \u00bb, n&rsquo;\u00e9tait que la glorification d&rsquo;un \u00e9tat monstrueux et provisoire de l&rsquo;humanit\u00e9. Toute conception de l&rsquo;humanisme fond\u00e9e sur l&rsquo;existence des \u00ab moi \u00bb individuels aboutit plus ou moins nettement \u00e0 une d\u00e9ification de l&rsquo;homme, \u00e0 une th\u00e9ologie (ainsi l&rsquo;\u00e9cole positiviste).<\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: small;\"> La r\u00e9alit\u00e9 sociale de l&rsquo;\u00e9cole sociologique fran\u00e7aise (Durkheim) est, exactement comme les anciens dieux, une projection du \u00ab moi \u00bb individuel qui veut s&rsquo;\u00e9terniser en se retrouvant dans une substance suppos\u00e9e moins p\u00e9rissable. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;humanit\u00e9 transcendante \u00e0 l&rsquo;homme. L&rsquo;homme est humain ou refuse de l&rsquo;\u00eatre, et c&rsquo;est tout.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><a id=\"X8\" href=\"#Y8\">[8]<\/a>\u0002 1930. \u2014. Pourquoi y a-t-il eu un \u00e9veil de conscience en 1930 ? Probablement parce que c&rsquo;est cette ann\u00e9e-l\u00e0 que le monde, en g\u00e9n\u00e9ral, a commenc\u00e9 \u00e0 croire au succ\u00e8s du plan quinquennal, donc \u00e0 constater l&rsquo;existence de deux mondes : l&rsquo;un en construction rapide, l&rsquo;autre en voie de destruction.<\/div>\n<div><a id=\"X9\" href=\"#Y9\">[9]<\/a>\u0002 UNE EXP\u00c9RIENCE D&rsquo;UN FRAGMENT D&rsquo;UNE SECONDE. \u2014 On ne peut vivre cette exp\u00e9rience qu&rsquo;un fragment de seconde, car aucune r\u00e9sistance physique ou mentale ne pourrait supporter qu&rsquo;elle se prolonge. Elle peut cependant se r\u00e9p\u00e9ter. Ceux qui ont v\u00e9cu cette impasse du moi (sous des formes peut-\u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rentes) sont d\u00e9j\u00e0 all\u00e9s trop loin pour que les documents de la Sagesse humaine \u00e0 travers les \u00e2ges puissent encore les aider. Ils ne s&rsquo;en ser\u00adviront plus tard \u00e0 la rigueur que pour se construire une technique, mais pas pour se r\u00e9aliser.<\/div>\n<div><a id=\"X10\" href=\"#Y10\">[10]<\/a>\u00a0 DIG\u00c9RER LE MOI. \u2014 LE MOI OBJECTIF. \u2014 Le je est le t\u00e9lescopage du monde int\u00e9rieur et du monde ext\u00e9rieur, poteau-fronti\u00e8re entre ce qui est en nous et ext\u00e9rieur \u00e0 nous. Poteau-fronti\u00e8re qui doit \u00eatre consum\u00e9. La suppres\u00adsion du moi n&rsquo;est pas une mutilation. Le langage nous trahit. C&rsquo;est dig\u00e9rer le moi qu&rsquo;il faudrait dire, comme toutes les sensations fortes, au fond, le dig\u00e8rent, comme il est dig\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;op\u00e9ration d&rsquo;un esprit cr\u00e9ateur. O\u00f9 est le moi de Shakespeare ? O\u00f9 est le moi de Rimbaud ? La digestion du moi dans l&rsquo;acte cr\u00e9ateur, pr\u00e9figure sa disso\u00adlution totale (sans toutefois, en g\u00e9n\u00e9ral, la r\u00e9aliser vrai\u00adment).<\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"> Ce poteau-fronti\u00e8re, ce moi objectif, grandit sur la ligne de conjonctions et de circonstances qui se donnent \u00e0 lui sous la forme d&rsquo;une vie. On peut supposer qu&rsquo;il se r\u00e9duirait \u00e0 un point g\u00e9om\u00e9trique, \u00e0 la n\u00e9gation de l&rsquo;\u00eatre qui le manifeste, sans emp\u00eacher la vie de cet \u00eatre absent d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;elle est. Le moi est une image suivie que se donne la vie dans le miroir mouvant d&rsquo;un homme conscient, image dans laquelle tout homme vivant s&rsquo;ing\u00e8re sans le savoir s&rsquo;ing\u00e8re dans l&rsquo;op\u00e9ration inconsciente qui fait de lui un moi. Ce moi, en lequel nous nous sommes ing\u00e9r\u00e9s, il nous appartient de le dig\u00e9rer.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"> Il n&rsquo;y a pas de moi subjectif, sinon en tant que renvoy\u00e9 par une somme de perceptions (nous n&rsquo;avons de moi subjectif qu&rsquo;enfant\u00e9 par des perceptions de choses du monde r\u00e9el).<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"> Le moi est comme un sommet que les choses se met\u00adtent \u00e0 plusieurs pour se d\u00e9couvrir, un sommet qu&rsquo;elles se d\u00e9couvrent en rar\u00e9fiant leur mati\u00e8re (la mati\u00e8re de leurs pr\u00e9sence), jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;accomplir dans une autre qua\u00adlit\u00e9, particuli\u00e8re \u00e0 ce qui leur est ext\u00e9rieur ; cime qui a sa transparence dans l&rsquo;esprit qu&rsquo;elle change ainsi en un esprit.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"> Le moi nous est donn\u00e9 du dehors. Il n&rsquo;y a en nous que la lumi\u00e8re qui le fait appara\u00eetre. Nous sommes une lu\u00admi\u00e8re qui ne jouit d&rsquo;elle-m\u00eame qu&rsquo;en se m\u00ealant \u00e0 ce qu&rsquo;elle \u00e9claire.<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par rapport \u00e0 la Nature nous envisagerons le moi comme une crise qui se produit dans l&rsquo;\u00e9volution naturelle des r\u00e8gnes, lorsque le sens subjectif (le je), apr\u00e8s \u00eatre devenu conscient et avoir augment\u00e9 d&rsquo;intensit\u00e9 \u00e0 travers les r\u00e8gnes inf\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;homme, est devenu assez aigu pour assumer \u00e0 sa propre perception la valeur d&rsquo;entit\u00e9s isol\u00e9es, de moi nettement s\u00e9par\u00e9s des autres moi. Nous reprendrons ainsi, dans le domaine psychologique, la m\u00e9thode mat\u00e9rialiste, en faisant sauter ses propres cadres, et nous indiquerons par quelles voies le moi peut et doit parvenir \u00e0 comprendre sa nature et sa raison d&rsquo;\u00eatre, passer de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;isolement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de connaissance.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13461,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[298,240],"class_list":["post-14128","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-c-suares","tag-materialisme","tag-processus-du-moi"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La dialectique du moi par Carlos Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-dialectique-du-moi-par-carlos-suares\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La dialectique du moi par Carlos Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Par rapport \u00e0 la Nature nous envisagerons le moi comme une crise qui se produit dans l&#039;\u00e9volution naturelle des r\u00e8gnes, lorsque le sens subjectif (le je), apr\u00e8s \u00eatre devenu conscient et avoir augment\u00e9 d&#039;intensit\u00e9 \u00e0 travers les r\u00e8gnes inf\u00e9rieurs \u00e0 l&#039;homme, est devenu assez aigu pour assumer \u00e0 sa propre perception la valeur d&#039;entit\u00e9s isol\u00e9es, de moi nettement s\u00e9par\u00e9s des autres moi. 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