{"id":14194,"date":"2013-10-26T00:42:16","date_gmt":"2013-10-25T23:42:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=14194"},"modified":"2014-01-03T23:28:30","modified_gmt":"2014-01-03T22:28:30","slug":"le-quelque-chose-et-les-objets-par-carlo-suares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-quelque-chose-et-les-objets-par-carlo-suares\/","title":{"rendered":"Le \u00abquelque chose\u00bb et les objets par Carlo Suar\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">(<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">E<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">xtrait <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">de La com\u00e9die psychologique. \u00c9dition Jos\u00e9 Corti 1932)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-dialectique-du-moi-par-carlos-suares\/\"><em>Chapitre pr\u00e9c\u00e9dent<\/em><\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/quest-ce-que-cest-que-lhumain-par-carlo-suares\/\"><em>Chapitre suivant<\/em><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>L&rsquo;\u00e9tat indescriptible<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Quand l&rsquo;homme ne trouve plus en lui que la pos\u00adsibilit\u00e9 pour les choses d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;elles sont&#8230; quand il ne sent en lui que la totalit\u00e9 de ce qui lui apparaissait comme une multiplicit\u00e9 \u00e0 vaincre ou \u00e0 dominer&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Et ce Pr\u00e9sent c&rsquo;est dans une sorte de Po\u00e9sie au sens large qu&rsquo;il aura son image.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;\u00e9tat du je d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 ne se d\u00e9crit pas. Le je d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 agit. Il agit dans l&rsquo;espace et le temps. Il agit parce qu&rsquo;il est l\u00e0 o\u00f9 les questions in\u00adsolubles ne se posent plus, du fait qu&rsquo;elles sont d\u00e9\u00adpass\u00e9es. Avant, il n&rsquo;agissait pas : prisonnier du temps il ne faisait que se d\u00e9battre, et ces convul\u00adsions multipliaient autour de lui ses prisons. Il n&rsquo;a\u00adgissait pas, parce que s&#8217;emprisonner n&rsquo;est pas une action v\u00e9ritable. Agir c&rsquo;est dissoudre les prisons. C&rsquo;est, en adh\u00e9rant au pr\u00e9sent, utiliser le temps, l&rsquo;es\u00adpace, le concret, pour faire \u00ab avancer \u00bb autrui : <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00ab\u00a0avancer \u00bb ce n&rsquo;est point progresser vers l&rsquo;avenir, mais r\u00e9absorber le pass\u00e9.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;\u00e9tat du je d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 ne se d\u00e9crit pas. Es\u00adsayer de d\u00e9crire un pays indescriptible, cela ne pro\u00adcure pas au vagabond harass\u00e9 les moyens d&rsquo;y par\u00advenir. La fausse nourriture des discours m\u00e9taphysiques serait encore pire : elle ne fait qu&rsquo;utiliser l&rsquo;envie qu&rsquo;ont certaines personnes de se r\u00e9veiller, pour les plonger encore plus profond\u00e9ment dans le sommeil.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Pr\u00e9tentions de l&rsquo;intellect<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Recommen\u00e7ons depuis le commencement, sans tenir pour acquise aucune notion abstraite. Partir avec un bagage de ce genre c&rsquo;est transporter avec mille fatigues une donn\u00e9e inconsciente, comme une valise ferm\u00e9e d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on extrait comme une d\u00e9cou\u00adverte finale ce que l&rsquo;on avait toujours port\u00e9 sur soi. Sans vouloir anticiper sur notre Com\u00e9die philoso\u00adphique, citons l&rsquo;exemple de tous les philosophes qui \u00e9tablissent leurs syst\u00e8mes sur la notion de l&rsquo;\u00eatre. Que ce soit Spinoza (dont le g\u00e9nie n&rsquo;a pu surmonter son \u00e9poque) qui d\u00e8s sa premi\u00e8re phrase se rapporte \u00e0 \u00ab ce dont la nature ne peut \u00eatre con\u00e7ue que comme existante \u00bb, ou M. Jacques Maritain (\u00e0 qui son \u00e9poque n&rsquo;a pu donner de g\u00e9nie) qui voudrait commencer une philosophie en constatant qu&rsquo;il y a des objets \u00ab qui sont \u00bb (!), ils partent tous en voyage avec Dieu dans leur valise, qu&rsquo;ils ressortent triom\u00adphalement sous une forme ou l&rsquo;autre, quelques heu\u00adres plus tard. Des objets <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>qui sont<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> ? n&rsquo;allons pas plus loin. Le syst\u00e8me th\u00e9ologique est d\u00e9j\u00e0 au complet. Pourquoi faire le clown, l&rsquo;escamoteur ? Il ne convient pas de pr\u00e9tendre \u00e0 un point de vue objectif lorsqu&rsquo;on fait de l&rsquo;abstraction. On peut objective\u00adment constater un ph\u00e9nom\u00e8ne scientifique, on ne peut objectivement abstraire. Les m\u00e9taphysiciens sont des escamoteurs : ils s&rsquo;escamotent eux-m\u00eames.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">R\u00e9pondre \u00e0 des questions abstraites par des m\u00e9taphysiques abstraites, ainsi que les hommes le font depuis des si\u00e8cles, c&rsquo;est se laisser prendre au jeu de l&rsquo;intellect, et escamoter la cause de ce jeu, qui est psychologique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">La pr\u00e9tention de l&rsquo;intellect est vici\u00e9e d\u00e8s son origine. Car comment peut-on r\u00e9soudre le moi, en fonction d&rsquo;une de ses facult\u00e9s ? Mon intellect peut orienter mon entit\u00e9 vers une activit\u00e9 particuli\u00e8re, mais il ne peut pas se retourner contre cette entit\u00e9 elle-m\u00eame (qui pour lui est l&rsquo;\u00eatre), et me d\u00e9truire en tant que moi. Autant demander \u00e0 un haut fourneau de se consumer. Autant demander aux r\u00e8gles du jeu d&rsquo;\u00e9checs de nous expliquer pour quelles raisons les hommes jouent aux \u00e9checs <a id=\"Y1\" href=\"#X1\">[1]<\/a><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Les deux instruments de notre m\u00e9thode<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Laissons l\u00e0 les abstractions. Nous nous servi\u00adrons, dans nos investigations, de deux instruments. Le premier instrument sera l&rsquo;observation scienti\u00adfique, l&rsquo;\u00e9tude analytique des causes et des effets historiques et biologiques, qui constituent les deux milieux (soci\u00e9t\u00e9 et Nature) de l&rsquo;\u00eatre humain consi\u00add\u00e9r\u00e9 dans sa totalit\u00e9 physiologique et psychique. Le deuxi\u00e8me instrument sera le fond \u2014 ou plut\u00f4t le plafond \u2014 de notre vie psychique, c&rsquo;est-\u00e0-dire la constatation inexorable : \u00ab Il y a quelque chose \u00bb . Ce deuxi\u00e8me instrument sera notre boussole, dont nous ne devrons jamais nous \u00e9carter. Une recherche scientifique peut en effet s&rsquo;orienter de mille fa\u00e7ons diff\u00e9rentes. Par exemple, si l&rsquo;on examine une partie d&rsquo;\u00e9checs, on peut examiner au microscope des frag\u00adments de l&rsquo;\u00e9chiquier, on peut ausculter les joueurs, on peut essayer de r\u00e9soudre un probl\u00e8me d&rsquo;\u00e9checs, mais on peut essayer aussi de comprendre pour\u00adquoi ces hommes jouent aux \u00e9checs. Notre plafond psychologique nous \u00e9vitera d&rsquo;errer dans des culs-de-sac, il maintiendra notre recherche dans <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>la di\u00adrection ultime<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, et nous fera rechercher le pourquoi des pourquoi, la cause de la partie qui se joue.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous verrons alors que les hommes sont des somnambules, que les solutions \u00e0 leurs probl\u00e8mes ultimes ne sont que des solutions de r\u00eave, et qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien plut\u00f4t pour eux de se r\u00e9veiller. Voyons de quoi leurs r\u00eaves sont faits, examinons tous ces moi humains, tels que la Nature les a form\u00e9s, et tels qu&rsquo;ils se transforment \u00e0 leur tour par leurs \u0153uvres; t\u00e2chons de d\u00e9couvrir quels rapports na\u00adturels ces moi devraient \u00e9tablir avec leurs milieux, afin de tendre vers leur aboutissement naturel ; et voyons enfin quel peut \u00eatre leur accomplissement.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais existe-t-il un aboutissement naturel, pour les moi humains ? En d&rsquo;autres termes, est-ce que l&rsquo;objet m\u00eame de notre expos\u00e9 existe (puisque, en somme, nous nous proposons d&rsquo;exposer la raison d&rsquo;\u00eatre ultime du moi) ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ne consid\u00e9rons pas, pour le moment, l&rsquo;\u00e9tape de la mort, \u00e0 laquelle \u00e9videmment aboutit tout le monde. La question n&rsquo;est pas l\u00e0. Si nous pensons qu&rsquo;un objet sera d\u00e9truit, cela n&#8217;emp\u00eache pas cet objet, aujourd&rsquo;hui, en ce moment-m\u00eame, d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, donc d&rsquo;exprimer quelque chose. Les moi, tous les moi du monde, agissent et d\u00e9sirent, ind\u00e9pendamment de ce que sera leur mort. Que cherchent-ils \u00e0 exprimer ? Vers quoi tendent-ils, \u00e0 quoi aspirent-ils et existe-t-il pour eux un mode naturel de vie <a id=\"Y2\" href=\"#X2\">[2]<\/a> ? <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Les objets sont et ne sont pas&#8230;<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Voyons pour commencer, si de la notion fon\u00addamentale \u00ab il y a quelque chose \u00bb, et de l&rsquo;observation imm\u00e9diate et simple de l&rsquo;univers tel qu&rsquo;il se pr\u00e9sente \u00e0 nous, nous pouvons d\u00e9gager certaines pr\u00e9cisions. L&rsquo;univers que nous voyons, essayons de le d\u00e9crire en fonction de notre donn\u00e9e psycho\u00adlogique fondamentale, car puisque cette donn\u00e9e appartient irr\u00e9ductiblement \u00e0 la fois \u00e0 notre univers subjectif et \u00e0 l&rsquo;univers objectif, il se peut qu&rsquo;\u00e0 ce point de rencontre nous puissions comprendre au m\u00eame instant ces deux univers, et de ce fait, r\u00e9soudre le probl\u00e8me du moi.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;affirmation \u00ab il y a quelque chose \u00bb, lorsqu&rsquo;elle se tourne vers l&rsquo;ext\u00e9rieur afin d&rsquo;examiner ce quel\u00adque chose, nous trouve bien embarrass\u00e9s. En effet nous constatons que rien dans l&rsquo;univers n&rsquo;est jamais stable, que notre observation, pour minu\u00adtieuse qu&rsquo;elle soit, ne peut se reposer \u00e0 aucun ins\u00adtant. Tout est mouvement ; non seulement la ma\u00adti\u00e8re dont les choses sont faites se d\u00e9robe \u00e0 notre analyse, mais de l&rsquo;objet le plus banal que nous ren\u00adcontrons, il nous est impossible de dire quels sont les \u00e9l\u00e9ments qui lui sont n\u00e9cessaires pour \u00eatre cet objet. Cette table a quatre pieds. Une table dont un pied est cass\u00e9 est encore une table. Mais une table \u00e0 laquelle on a arrach\u00e9 les quatre pieds n&rsquo;est plus qu&rsquo;un plateau de bois. \u00c0 quel moment a-t-elle cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre une table, \u00e0 quel moment la table a-t-elle cess\u00e9 d&rsquo;\u00ab \u00eatre \u00bb ? Personne ne pourra jamais r\u00e9\u00adpondre \u00e0 cette question, pourtant si simple. Et quand le menuisier assemblait des pi\u00e8ces de bois pour fabriquer sa table ; \u00e0 quel moment pr\u00e9cis ses planches ont-elle cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre des planches, pour devenir une table. Personne ne le sait. Il en est de m\u00eame de tout ce que nous construisons. Ce ch\u00e2ssis \u00e0 la cha\u00eene, \u00e0 quel moment devient-il une auto ? On pourrait essayer de r\u00e9pondre qu&rsquo;il devient une auto quand le travail est termin\u00e9. Mais cette r\u00e9\u00adponse ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;examen, car il est \u00e9vident qu&rsquo;une auto, m\u00eame lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;a pas ses phares, ses pneus, etc&#8230;, est quand m\u00eame une auto. Et encore : voici une auto qui a subi un terrible accident, elle est en miettes, mais c&rsquo;est pourtant toujours une auto. On dit de cet objet, auquel un accident a enlev\u00e9 certains \u00e9l\u00e9ments, que c&rsquo;est encore une auto, alors que de ce m\u00eame objet en construction, auquel manquent pr\u00e9cis\u00e9ment ces m\u00eames \u00e9l\u00e9ments, il se peut que l&rsquo;on dise que ce n&rsquo;est pas encore une auto !<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Par contre, pla\u00e7ons cette table et cette auto, objets de notre discussion, sous un \u00e9norme marteau pilon. Voici que tout le monde sera d&rsquo;accord pour constater qu&rsquo;\u00e0 telle minute pr\u00e9cise, il n&rsquo;y a plus ni table, ni auto, mais des d\u00e9bris de bois et de m\u00e9\u00adtal. Une machine \u00e0 emboutir nous montre qu&rsquo;une feuille de m\u00e9tal peut se transformer d&rsquo;un instant \u00e0 l&rsquo;autre en un objet indiscutable.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Il en est de m\u00eame des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. Le vague duvet qui fait mine de vouloir pousser sur le menton de ce jeune gar\u00e7on, est-ce une barbe ? \u00c9videmment non. Dans quelque temps nous pour\u00adrons voir sur ce menton une barbe indiscutable. \u00c0 quel moment la barbe est-elle une barbe ? Et cette calvitie ? Un, cent, mille cheveux tombent. \u00c0 quel moment la calvitie est-elle l\u00e0 ? Par contre voici un \u0153uf. Tout d&rsquo;un coup l&rsquo;\u0153uf est cass\u00e9, et le poussin est sorti : \u00e0 un moment pr\u00e9cis il s&rsquo;est produit quel\u00adque chose de nouveau. Voici de l&rsquo;oxyg\u00e8ne et de l&rsquo;hydrog\u00e8ne dans deux tubes : \u00e0 un moment pr\u00e9cis nous voyons appara\u00eetre de l&rsquo;eau. Chauffons cette eau : \u00e0 un moment pr\u00e9cis appara\u00eet de la vapeur. Voici un nuage : tout d&rsquo;un coup voici la pluie qui tombe&#8230;, etc&#8230; La Nature, tout comme l&rsquo;activit\u00e9 humaine, nous donne des exemples de transforma\u00adtions lentes au cours desquelles il est impossible d&rsquo;\u00e9tablir des zones, impossible de dire \u00e0 quel mo\u00adment l&rsquo;objet est l\u00e0, et par contre elle nous donne aussi des exemples de transformations brusques, de bonds, qui nous permettent d&rsquo;affirmer que tel objet est l\u00e0, alors qu&rsquo;il n&rsquo;y \u00e9tait pas, ou que tel objet n&rsquo;est plus l\u00e0, alors qu&rsquo;il y \u00e9tait.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ces observations, qui illustrent la m\u00e9thode dia\u00adlectique, et auxquelles les m\u00e9taphysiciens ne r\u00e9pondent que par des abstractions, nous obligent \u00e0 examiner l&rsquo;univers, et tous les \u00e9l\u00e9ments qui le com\u00adposent, dans son dynamisme, dans ses perp\u00e9tuelles transformations, et nous obligent \u00e0 employer des raisonnements dialectiques, l\u00e0 o\u00f9 la logique fig\u00e9e des th\u00e9ologiens veut nous obliger \u00e0 choisir entre l&rsquo;absurde et Dieu. Ils pr\u00e9tendent nous faire choisir entre l&rsquo;\u00eatre et le non-\u00eatre, et comme le non-\u00eatre est impossible, puisque cette table nous cr\u00e8ve les yeux, l&rsquo;\u00eatre de cette table veut se charger de nous conduire \u00e0 l&rsquo;\u00catre Supr\u00eame, sans que nous ayons le droit de protester. Si nous revenons sur cette erreur fondamentale de la logique, ce n&rsquo;est pas encore pour en faire une critique approfondie, mais pour marquer combien il est st\u00e9rile de vouloir abstraire un objet du monde qui l&rsquo;entoure, puisque, bien souvent, il nous est m\u00eame impossible de savoir ce qui fait que cet objet est lui-m\u00eame.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Les objets, \u00e9tats provisoires du mouvement<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Les constatations faites plus haut nous font dire que c<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>e que l&rsquo;on appelle commun\u00e9ment<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>un ob\u00adjet est un \u00e9tat provisoire du mouvement<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, \u00e9tat dont nous ne pouvons souvent tracer les limites ni dans le temps, ni dans l&rsquo;espace. En effet, non seulement un objet change d&rsquo;aspect, \u00e9volue, est encore table ou pas encore table, d\u00e9j\u00e0 un homme ou encore un enfant, etc&#8230;, mais chaque particule dont est fait l&rsquo;objet le plus massif, ce roc, cette masse de plomb, est compos\u00e9e de particules en mouvement infini, et ces particules se composent d&rsquo;autres particules en tourbillons, etc&#8230;, de sorte que la mati\u00e8re solide se d\u00e9robe ind\u00e9finiment, jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus \u00eatre que du mouvement.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">En outre, nous constatons qu&rsquo;il arrive \u00e0 ces \u00e9tats provisoires du mouvement, de changer si lentement d&rsquo;\u00e9tat que nous ne savons pas \u00e0 quel mo\u00adment ce changement s&rsquo;est produit, et qu&rsquo;il arrive aussi qu&rsquo;un \u00e9tat passe brusquement \u00e0 un autre \u00e9tat, qui lui est nettement diff\u00e9rent. Nous disons donc, de tous les \u00e9tats du mouvement, qu&rsquo;ils sont des \u00e9tats d&rsquo;\u00e9quilibre instable, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>susceptibles de rup\u00adtures brusques<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Or, tout ce que nous pouvons constater de cet in\u00e9vitable \u00ab quelque chose \u00bb, tout, depuis nous?m\u00eames jusqu&rsquo;\u00e0 cette plan\u00e8te, jusqu&rsquo;au soleil, jusqu&rsquo;aux milliards de syst\u00e8mes solaires qui nous en\u00adtourent, n&rsquo;est qu&rsquo;une perp\u00e9tuelle transformation. Un objet n&rsquo;existe en tant qu&rsquo;objet qu&rsquo;\u00e0 partir du moment d\u00e9terminable ou ind\u00e9terminable, o\u00f9 d&rsquo;au\u00adtres objets, qui exprimaient un certain \u00e9tat, se transforment en un nouvel \u00e9tat qui ne peut plus \u00eatre exprim\u00e9 par eux, mais qu&rsquo;exprime le nouvel objet : c&rsquo;est sa naissance. L&rsquo;objet est ensuite appel\u00e9 \u00e0 parcourir une courbe, qui fatalement le conduira \u00e0 un nouvel \u00e9tat, qu&rsquo;il cessera \u00e0 son tour de pouvoir exprimer. L\u2019objet sera alors d\u00e9truit : ce sera sa mort. Ce nouvel \u00e9tat s&rsquo;exprimera \u00e0 son tour par de nouveaux objets et ainsi de suite.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, nous ne pouvons pas dire des objets qu&rsquo;ils sont ou qu&rsquo;ils ne sont pas. Par objets nous entendons tout ce qu&rsquo;il y a dans le \u00ab quelque chose \u00bb. Les objets qui expriment des \u00e9tats du mouvement ne sont pas seulement des tables, des au\u00adtos, notre plan\u00e8te, les \u00e9toiles, mais des \u00e9motions, des id\u00e9es, et le je, le monde subjectif lui-m\u00eame. En effet, nous ne pouvons pas concevoir un je sans quelque chose qui soit ce je ; et nous ne pouvons pas concevoir la perception \u00ab je suis moi \u00bb, sans quelque chose qui per\u00e7oive que son \u00ab je \u00bb est une entit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Si le sujet \u00e9prouve une \u00e9motion, le voici en mouvement ; si une foule \u00e9prouve la m\u00eame \u00e9mo\u00adtion, la voici prise dans ce mouvement. Si une id\u00e9e germe dans une cervelle, voici un mouvement nou\u00adveau, un nouvel \u00e9tat d&rsquo;\u00e9quilibre qui se fait jour. Des id\u00e9alistes veulent-ils imaginer que des id\u00e9es existent ind\u00e9pendamment des hommes ? Qu&rsquo;il existe une intelligence universelle ? Cette croyance en fin de compte, ne fait qu&rsquo;amplifier ind\u00e9finiment, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il englobe tout, le je, qui, du coup devient divin, et attribuer \u00e0 ce je des \u00e9tats du mou\u00advement : intelligence, bont\u00e9, etc&#8230; Amplifier le pro\u00adbl\u00e8me ne le r\u00e9sout pas, ne le change en aucune fa\u00e7on. Ce je divin est encore \u00ab quelque chose \u00bb qui s&rsquo;exprime par du mouvement, et aucun th\u00e9ologien du monde, apr\u00e8s avoir recul\u00e9 le probl\u00e8me tant qu&rsquo;il a pu n&rsquo;a jamais su nous dire la nature de ce quel\u00adque chose. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>En derni\u00e8re analyse, nous retrouvons donc, dans le monde subjectif, comme dans le monde objectif, l&rsquo;irr\u00e9ductible \u00ab quelque chose \u00bb, qui s&rsquo;exprime par du mouvement.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Le \u00ab plus \u00bb universel<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ceci nous conduit aux constatations suivantes, tout \u00e0 fait g\u00e9n\u00e9rales : 1\u00b0 le \u00ab quelque chose \u00bb que nous sommes oblig\u00e9s d&rsquo;admettre, s&rsquo;exprime par du mouvement en continuelles transformations, par du mouvement instable, insaisissable, susceptible d&rsquo;\u00e9quilibres provisoires et de ruptures rapides; 2\u00b0 la totalit\u00e9 de ces mouvements donne un r\u00e9sultat po\u00adsitif : le \u00ab quelque chose \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous disons donc que la totalit\u00e9 de la vie et de l&rsquo;an\u00e9antissement, des constructions et des destructions, des mouvements vers le plus et des mouvements vers le moins, des chutes vers des \u00e9tats de mouvement r\u00e9duit et des ascensions vers des \u00e9tats de mouvement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, que tout cet ensemble universel d&rsquo;objets qui expriment le plus, et d&rsquo;objets qui expriment le moins, d&rsquo;attractions et de r\u00e9pulsions, de f\u00e9condations et de st\u00e9ri\u00adlisations, que les luttes, les souffrances, les catas\u00adtrophes et les paix cosmiques et humaines, qu&rsquo;en un mot t<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>ous les ensembles des contraires se r\u00e9sol\u00advent <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00e0<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> chaque instant en plus et non pas en moins.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Si nous pensions que la totalit\u00e9 universelle des con\u00adtraires puisse tendre vers le moins, nous imagine\u00adrions que l&rsquo;univers entier est en voie d&rsquo;autodestruction, qu&rsquo;il tend vers le n\u00e9ant, et que le \u00ab quel\u00adque chose \u00bb un jour se volatilisera dans le n\u00e9ant absolu et total, ce que nous ne pouvons concevoir. Aucun esprit humain ne peut imaginer qu&rsquo;un uni\u00advers surgisse du n\u00e9ant ou qu&rsquo;il finisse dans le n\u00e9ant. Les esprits les plus mythiques font intervenir un Dieu qui cr\u00e9e, et Dieu c&rsquo;est bien \u00ab quelque chose \u00bb, et Brahma c&rsquo;est aussi \u00ab quelque chose \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c9tablissons donc, comme postulat, l&rsquo;impossibilit\u00e9 du passage du quelque chose universel \u00e0 un n\u00e9ant absolu. Le \u00ab plus \u00bb de l&rsquo;univers, est l&rsquo;absolue permanence du \u00ab quelque chose<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00bb, du fait qu&rsquo;il y a quelque chose <a id=\"Y3\" href=\"#X3\">[3]<\/a>. Le \u00ab quelque chose \u00bb (dont toutes les manifestations de l&rsquo;univers sont des ex\u00adpressions mouvantes, qui continuellement changent et se transforment), nous pourrons maintenant l&rsquo;appeler de n&rsquo;importe quel terme positif dont nous pourrons avoir besoin, tout en tenant \u00e0 l&rsquo;esprit le fait que ce terme positif ne s&rsquo;oppose pas au n\u00e9gatif, mais l&rsquo;englobe et le domine. Nous pourrons dire de ce \u00ab quelque chose \u00bb qu&rsquo;il est la vie universelle, et que cette vie est l&rsquo;ensemble des vies et des an\u00e9antissements; nous pourrons dire de lui qu&rsquo;il est l&rsquo;essence des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;ensemble de l&rsquo;essence et du transitoire; qu&rsquo;il est le permanent, c&rsquo;est-\u00e0-dire l<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>a r\u00e9sultante permanente de tout ce qui n&rsquo;est pas permanent<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>`<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">; l&rsquo;absolu, la v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire la totalit\u00e9 de ce qui tend vers la pl\u00e9nitude et de ce qui tend vers le vide, la totalit\u00e9 de ce qui est vrai et de ce qui est faux.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>La v\u00e9rit\u00e9, r\u00e9sultante de l&rsquo;univers<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ces termes n&rsquo;auront rien de commun avec les concepts abstraits de V\u00e9rit\u00e9, d&rsquo;Absolu, etc&#8230; Les philosophes id\u00e9alistes et mythiques, qui, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, \u00e9rigent devant l&rsquo;humanit\u00e9 inconsciente le Bien, le Beau, le Vrai, en souverains associ\u00e9s \u00e0 un <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00catre<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Supr\u00eame, ceux-l\u00e0 font de l&rsquo;abstraction. Leurs souverains (Bien, Beau, etc&#8230;) sont des points fixes, irr\u00e9els, des inventions de leur esprit, qui n&rsquo;ont rien de commun avec l&rsquo;uni\u00advers tel qu&rsquo;il est. Au contraire, en d\u00e9finissant le per\u00admanent, l&rsquo;essence, la v\u00e9rit\u00e9, la vie, etc&#8230; comme la r\u00e9sultante, la totalit\u00e9 de tous les mouvements de l&rsquo;univers, nous ne faisons que traduire notre im\u00adpossibilit\u00e9 absolue <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">o\u00f9<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> nous sommes de douter qu&rsquo;il y a quelque chose comme r\u00e9sultante obligatoire de tous les mouvements les plus oppos\u00e9s qui s&rsquo;entre\u00adchoquent dans l&rsquo;univers. Ainsi, notre conception de la v\u00e9rit\u00e9 est essentiellement dynamique : la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9sulte de l&rsquo;univers. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Elle est l&rsquo;impossibilit\u00e9 qu&rsquo;a l&rsquo;univers de ne pas \u00eatre l\u00e0. Elle est la r\u00e9sultante po\u00adsitive de l&rsquo;univers, \u00e0 chaque instant. Elle est donc une v\u00e9rit\u00e9 perp\u00e9tuelle en mouvement.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Il serait inexact de vouloir consid\u00e9rer cette v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on purement objective. Elle est \u00e0 la fois objective et subjective, d&rsquo;une mani\u00e8re irr\u00e9\u00adductible. Elle r\u00e9sulte, d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement simple, de notre plus petite affirmation possible, et de notre plus grand doute possible. Elle n&rsquo;est donc en aucune fa\u00e7on une v\u00e9rit\u00e9 m\u00e9taphysique. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> quoi nous servira la recherche de cette v\u00e9rit\u00e9, et com\u00adment la rechercherons-nous ? <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Elle servira \u00e0 d\u00e9cou\u00advrir les rapports naturels qui existent entre les ma\u00adnifestations de l&rsquo;univers et sa permanence, entre les objets et leur essence, entre l&rsquo;homme et sa rai\u00adson d&rsquo;\u00eatre<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Nous la rechercherons, en \u00e9tudiant les choses en fonction des \u00e9tats qu&rsquo;elles expriment. Le r\u00e9sultat de nos recherches doit \u00eatre d&rsquo;un ordre pra\u00adtique ; il doit amener une nouvelle orientation de l&rsquo;humain, c&rsquo;est-\u00e0-dire cr\u00e9er une nouvelle valeur, au moyen de laquelle les hommes pourront par\u00advenir au nouvel \u00e9tat qui les appelle. Cette valeur sera la valeur-base de la nouvelle civilisation.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Objet (mouvement) contradiction int\u00e9rieure. Les rapports avec le \u00ab plus \u00bb de vie<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Revenons \u00e0 nos objets en tant qu&rsquo;expressions d&rsquo;\u00e9tats provisoires du mouvement. Il appara\u00eet clairement maintenant, que puisque le mouvement to\u00adtal de l&rsquo;univers a un sens, qui est positif, tout objet peut, \u00e0 un moment quelconque, exprimer ce mou\u00advement, ou exprimer le mouvement contraire (n\u00e9\u00adgatif). Il appara\u00eet aussi, qu&rsquo;en fin de compte, le mouvement naturel de l&rsquo;univers, (c&rsquo;est-\u00e0-dire la permanence de l&rsquo;univers) sera le vainqueur. Ainsi, un objet peut n&rsquo;exprimer qu&rsquo;une direction, ou il peut en exprimer deux. En effet, tout objet fait partie du \u00ab quelque chose \u00bb universel, et en cette qualit\u00e9, la permanence positive de l&rsquo;univers est en lui, comme en tout. Mais contre cette permanence, l&rsquo;objet peut agir n\u00e9gativement. Nous pouvons con\u00adcevoir alors une lutte entre l&rsquo;objet et son essence, qui aboutit en tous cas, fatalement, \u00e0 la mort de l&rsquo;objet, soit que l&rsquo;objet, vainqueur sur son essence, parvienne \u00e0 l&rsquo;\u00e9touffer, et \u00e0 survivre dans la per\u00admanence de sa forme, qui devient alors une per\u00admanence priv\u00e9e de vie, soit que l&rsquo;essence d\u00e9truise l&rsquo;objet.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Si l&rsquo;on arrive \u00e0 comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne, par rapport au moi humain, et aux civilisations que cr\u00e9ent les hommes, et si l&rsquo;on agit conform\u00e9ment \u00e0 la direction naturelle de l&rsquo;univers, on peut suppri\u00admer, en les d\u00e9passant, tous les probl\u00e8mes humains, et parvenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de la Connaissance. Un exemple rendra ceci plus clair. Voici un \u0153uf f\u00e9cond\u00e9, dans une couveuse. Nous l&rsquo;examinons, sa coquille est dure. L&rsquo;\u0153uf est rigide, il faut un choc relative\u00adment violent pour le casser. Il est n\u00e9cessaire que l&rsquo;\u0153uf soit dur : il abrite une vie qui se forme lente\u00adment. Cet \u0153uf, immobile et rigide, exprime une vie, qui, \u00e0 chaque instant devient quelque chose de \u00ab plus \u00bb. La dure coquille de l&rsquo;\u0153uf, parce qu&rsquo;elle est assez dure pour r\u00e9sister, apporte son aide au plus de vie universel. Elle ne prot\u00e8ge pas seule\u00adment la nouvelle vie contre le monde ext\u00e9rieur, mais aussi contre cette vie elle-m\u00eame : si la co\u00adquille n&rsquo;\u00e9tait pas assez dure, le poussin la casse\u00adrait trop vite, il na\u00eetrait avant terme, et la nouvelle vie serait en danger. Et en effet, le poussin ne pourra na\u00eetre que lorsqu&rsquo;il aura la force de casser sa coquille. La r\u00e9sistance de la coquille est sou\u00admise au besoin du sens positif de l&rsquo;univers. L&rsquo;\u0153uf, en tant qu&rsquo;objet, sera fatalement d\u00e9truit, aussit\u00f4t qu&rsquo;il g\u00eanera l&rsquo;expansion de la vie par le sens posi\u00adtif de l&rsquo;univers. Il sera d\u00e9truit \u00e0 la suite d&rsquo;une lutte entre le bec du poussin et la r\u00e9sistance de la co\u00adquille. Cette lutte sera n\u00e9cessaire : la coquille ne r\u00e9sistera qu&rsquo;afin de mieux prot\u00e9ger <a id=\"Y4\" href=\"#X4\">[4]<\/a>. Mais si nous imaginons que l&rsquo;\u0153uf a, par accident, une coquille trop dure, l&rsquo;\u0153uf pourra \u00eatre plus fort que le poussin, et vaincre en tant qu&rsquo;objet, avec, comme r\u00e9sul\u00adtat la mort du poussin \u00e9touff\u00e9. L&rsquo;\u0153uf en tant qu&rsquo;\u0153uf, aura pay\u00e9 sa victoire de sa propre mort.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">En manipulant un \u0153uf f\u00e9cond\u00e9, nous pouvons comprendre quel est le sens positif de l&rsquo;univers qui s&rsquo;exprime par cet \u0153uf, et agir de fa\u00e7on \u00e0 ne pas en\u00adtraver la vie dans son \u00e9panouissement. Nous pou\u00advons aussi opter pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la coquille, la plonger dans une solution calcifiante, et trouver que cet objet est beau. Nous ne tarderons pas \u00e0 voir que cette rigidit\u00e9 ext\u00e9rieure n&rsquo;abrite plus que la pourri\u00adture d&rsquo;une vie qui n&rsquo;a pas pu na\u00eetre.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Similitude du moi et d&rsquo;une coquille d&rsquo;\u0153uf<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous nous proposons de montrer que les hom\u00admes, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de leurs moi isol\u00e9s, sont, comme des poussins dans <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, dans une p\u00e9riode pr\u00e9-na\u00adtale. Il nous est possible aujourd&rsquo;hui de briser ces coques du moi, et le seul fait de les briser prou\u00adverait notre aptitude \u00e0 vivre; ou de nous attacher \u00e0 cette coque, et d&rsquo;en mourir \u00e9touff\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui cette naissance est possible, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>la nature humaine peut faire un \u00ab bond \u00bb dans un nouvel \u00e9tat<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Aujourd&rsquo;hui, car le d\u00e9terminisme historique nous a conduits \u00e0 cette terrible et magnifique n\u00e9cessit\u00e9. Ceux qui comprendront que la vie ne peut pas \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 la coquille qui l&rsquo;a prot\u00e9g\u00e9e, mais qu&rsquo;elle doit \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 sa propre puissance dynamique, et qu&rsquo;elle doit briser cela m\u00eame qui lui a permis de parve\u00adnir \u00e0 ce point de rupture, ceux-l\u00e0 seuls, les arti\u00adsans r\u00e9volutionnaires de l&rsquo;humain, seront confor\u00admes \u00e0 l&rsquo;ordre de la Nature. Les autres s&rsquo;identifieront \u00e0 la coque rigide, et se feront briser. Ici le doute n&rsquo;est pas possible : la r\u00e9sistance ne pourra pas vaincre, la vie doit surgir. Et ce dernier point, nous nous proposons de le d\u00e9montrer plus tard. Nous le d\u00e9montrerons, en prouvant que l&rsquo;humain est le prisonnier qui jusqu&rsquo;ici s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 cette protection rigide, mais qui ne peut na\u00eetre qu&rsquo;en la brisant, qu&rsquo;en affirmant son pouvoir sur elle. L&rsquo;hu\u00admain, d\u00e9livr\u00e9 de sa prison individuelle, est <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019universel,<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">i<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l est la vie elle-m\u00eame, le \u00ab plus \u00bb de 1<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">&lsquo;<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">univers, il est l&rsquo;expression la plus intense que notre plan\u00e8te soit s<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">u<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">scept<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">ib<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">le de cr\u00e9er, il correspond <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00e0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>un nou\u00adveau <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>r\u00e8gne<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> de la nature, qui est aussi diff\u00e9rent des hommes les plus fortement assis dans leurs per\u00adsonnalit\u00e9s, que ceux-ci sont diff\u00e9rents des <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>anthropo\u00efdes<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>Destruction du m<\/strong><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>o<\/strong><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>i par une pouss\u00e9e int\u00e9rieure<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous verrons que l&rsquo;\u00e9volution des esp\u00e8ces, et l&rsquo;\u00e9volution du subjectif dans la nature, sont un seul et m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne. Introduire la m\u00e9thode dia\u00adlectique dans le domaine psychologique, c&rsquo;est r\u00e9soudre d\u00e9finitivement le probl\u00e8me de la connais\u00adsance. Vivre cette solution, l&rsquo;appliquer dans la vie quotidienne, c&rsquo;est parvenir \u00e0 la connaissance. Le \u00ab je suis moi \u00bb, entit\u00e9 psychique humaine, est le r\u00e9\u00adsultat d&rsquo;une \u00e9volution. La race des moi humains a une origine, elle doit \u00e0 son tour \u00eatre l&rsquo;origine d&rsquo;une autre race. Elle provient de quelque chose, elle tend \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer autre chose. Dou\u00e9e de conscience, cette race peut aujourd&rsquo;hui appliquer \u00e0 elle-m\u00eame les r\u00e9sultats de ses observations, et devenir ainsi un processus conscient qui, dans la Nature, tend \u00e0 cr\u00e9er sans cesse de nouvelles formes qui s&rsquo;orien\u00adtent vers le positif universel. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Le moi, en tant qu&rsquo;en\u00adtit\u00e9, pouss\u00e9 par des n\u00e9cessit\u00e9s historiques, peut au\u00adjourd&rsquo;hui aller, dans son doute, jusqu&rsquo;\u00e0 <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>r\u00e9viser<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> la certitude absolue qu&rsquo;il avait eue pendant des mil\u00adl\u00e9naires d&rsquo;\u00eatre associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eatre. Il peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 comprendre que son essence peut exiger de lui qu&rsquo;il se brise.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Jusqu&rsquo;ici, le moi s&rsquo;\u00e9tait dit : \u00ab Je suis l&rsquo;\u00eatre, et l&rsquo;\u00eatre ne peut pas se d\u00e9truire lui-m\u00eame, par d\u00e9\u00adfinition. \u00bb Aujourd&rsquo;hui le moi peut comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une enveloppe, et que s&rsquo;il a pu \u00e0 juste raison s&rsquo;identifier \u00e0 la vie tant qu&rsquo;il prot\u00e9geait cette vie int\u00e9rieure, il s&rsquo;oppose \u00e0 elle, aujourd&rsquo;hui, jour de naissance. Sa raison d&rsquo;\u00eatre, aujourd&rsquo;hui, veut qu&rsquo;il se brise ; son essence exige qu&rsquo;il se brise ; <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>qu&rsquo;il perde sa vie<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, pour qu&rsquo;elle se retrouve, non pas en tant que moi, mais en tant que vie.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>La destruction du moi par la vie elle-m\u00eame<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, la destruction f\u00e9conde, par la vie int\u00e9rieure, de ce qui jusqu&rsquo;ici l&rsquo;a prot\u00e9g\u00e9e, voil\u00e0 l&rsquo;Apocalypse que nous vivons aujourd&rsquo;hui <a id=\"Y5\" href=\"#X5\">[5]<\/a>. Tous les autres diagnostics de notre \u00e9poque ne sont que superficiels. Et si l&rsquo;on songe que la totalit\u00e9 du bagage humain, cultures, traditions, etc&#8230; est bas\u00e9e sur la certitude que le moi a toujours eue jusqu&rsquo;ici d&rsquo;\u00eatre la r\u00e9alit\u00e9 vivante \u2014 sauf quelques phrases paradoxales du Bouddha, de J\u00e9sus, etc&#8230; \u2014 si l&rsquo;on songe que toutes les valeurs qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 notre \u00e9poque r\u00e9volu\u00adtionnaire (\u00e9poque qui a commenc\u00e9 vers le milieu du si\u00e8cle dernier) doivent \u00eatre recr\u00e9\u00e9es pour des n\u00e9\u00adcessit\u00e9s vitales, on voit pa<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">r <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">quelles douleurs la nou\u00advelle humanit\u00e9 doit encore passer, puisque l&rsquo;an\u00adcienne humanit\u00e9 doit mourir, d\u00e9truite par ses pro\u00adpres mains.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Cette destruction est son propre accomplisse\u00adment. Cette notion tr\u00e8s simple est bien difficile \u00e0 comprendre en ce qui concerne le moi, car dans son domaine toute affirmation comporte une n\u00e9gation \u00e9quivalente, et si l&rsquo;on n&rsquo;y prend garde, ne peut cr\u00e9er que des malentendus. La seule fa\u00e7on de s&rsquo;y pren\u00addre, pour avoir quelque chance de s&rsquo;expliquer, est d&rsquo;envisager tout objet d&rsquo;une fa\u00e7on dynamique, et de le situer par rapport \u00e0 son \u00e9volution et \u00e0 celle de son milieu. En reprenant l&rsquo;exemple de <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, nous pouvons dire en effet que <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>sa coquille doit \u00eatre bri\u00ads\u00e9e, mais uniquement \u00e0 la suite d&rsquo;une pouss\u00e9e int\u00e9\u00adrieure<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Dire des <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u0153ufs<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> en g\u00e9n\u00e9ral, que selon le Bien et le Beau supr\u00eames, leurs coquilles doivent tou\u00adjours \u00eatre en miettes, ou toujours \u00eatre intactes, serait une absurdit\u00e9. Et pourtant cette absurdit\u00e9 serait en tous points semblable \u00e0 celle o\u00f9 sont tom\u00adb\u00e9s les philosophes id\u00e9alistes, les m\u00e9taphysiciens et les th\u00e9ologiens, au sujet de la personne humaine. Leurs pr\u00e9ceptes religieux et moraux ne tiennent aucun compte du mouvement vital. Il semblerait absurde \u00e0 ces l\u00e9gislateurs du \u00ab Bien \u00bb, que le \u00ab Bien \u00bb p\u00fbt brusquement, \u00e0 un tournant de l&rsquo;histoire, \u00eatre l&rsquo;oppos\u00e9 de ce qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;ici. Il leur semblerait absurde que, tout comme la co\u00adquille de <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, la personnalit\u00e9 humaine soit obli\u00adg\u00e9e, si elle veut achever son r\u00f4le, de se faire bri\u00adser.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Le moi est bien une coque, puisqu&rsquo;il est isol\u00e9, en\u00adferm\u00e9 en lui-m\u00eame<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Du fait qu&rsquo;un moi se sent isol\u00e9, du fait qu&rsquo;il se per\u00e7oit en tant qu&rsquo;entit\u00e9, du fait qu&rsquo;il se donne des limites (elles peuvent ne pas \u00eatre tr\u00e8s pr\u00e9cises en ce qui concerne les \u00e9l\u00e9ments qui composent le je, mais \u00ab je-ne-suis-pas-toi \u00bb est une limite incontes\u00adtable), de ce fait donc, le moi doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 comme objet, tout comme n&rsquo;importe quel autre objet au monde.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Or, ce n&rsquo;est point seulement la coquille de <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> qui peut, sans modifications apparentes, exprimer d&rsquo;abord le plus de l&rsquo;univers (lorsqu&rsquo;elle prot\u00e8ge la vie int\u00e9rieure) puis brusquement ! exprimer le moins (lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;oppose \u00e0 la naissance) : <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>cette mutation de signe est commune \u00e0 tous les objets du monde, qui \u00e0 un moment donn\u00e9, selon les n\u00e9cessi\u00adt\u00e9s vitales, peuvent sans s&rsquo;\u00eatre modifi\u00e9s, exprimer le moins, l\u00e0 ou ils avaient jusque-l\u00e0 exprim\u00e9 le plus, et inversement<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Et si nous imaginons que cet objet s&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9 une loi immuable, un id\u00e9al, un <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">arch\u00e9type<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, un dieu, voici que fid\u00e8le \u00e0 cette image, mais tra\u00eetre \u00e0 la vie, cet objet, en vertu m\u00eame de ce qui jusqu&rsquo;\u00e0 ce point-l\u00e0 avait <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u0153uvr\u00e9<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> dans le sens de l&rsquo;universel, voit l&rsquo;universel se retourner contre lui. Car ce n&rsquo;est pas lui qui a chang\u00e9, c&rsquo;est la vie ; ce n&rsquo;est pas lui qui est illogique, c&rsquo;est la vie ; la vie n&rsquo;est pas logique, elle est dynamique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>La lutte entre l&rsquo;objet et son essence<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Un objet quel qu&rsquo;il soit, plante, \u00eatre humain, organisation, peut \u00e0 un certain moment, et en tant qu&rsquo;objet, s&rsquo;opposer \u00e0 sa propre raison d&rsquo;\u00eatre ; et \u00e0 celle-ci, il peut convenir de briser l&rsquo;objet. En d&rsquo;au\u00adtres termes, tout objet est une expression, dont la structure peut \u00e0 un certain moment s&rsquo;opposer \u00e0 sa raison d&rsquo;\u00eatre. Ce conflit est visible dans le domaine \u00e9conomique, o\u00f9 toute augmentation des moyens de production tend \u00e0 d\u00e9passer le point limite que peut encadrer sa propre organisation. La rupture des cadres <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">due<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> au d\u00e9veloppement des instruments de production que ces cadres ont rendu possible, est une n\u00e9cessit\u00e9 r\u00e9volutionnaire fondamentale. Cette conception est \u00e0 la base m\u00eame de l&rsquo;analyse mar\u00adxiste de la r\u00e9volution. Notre expos\u00e9 introduit cette m\u00eame conception dans le domaine psychologique, et nous verrons en effet que le moi qui constitue le cadre (<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">) de la conscience de soi, est fatale\u00adment amen\u00e9 \u00e0 se faire briser par le d\u00e9veloppement m\u00eame de cette conscience de soi. Cette m\u00eame loi, nous la retrouverons dans tous les domaines de la vie, lorsque nous \u00e9tudierons d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>le monde en tant qu&rsquo;expressions<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Tout objet, du point de vue de la vie univer\u00adselle, doit \u00eatre envisag\u00e9 uniquement en tant qu&rsquo;expression. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit qu&rsquo;aucun objet n&rsquo;a une valeur intrins\u00e8que. Aucune \u00ab\u00e2me \u00bb n&rsquo;est im\u00admortelle, car <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>seule est immortelle la r\u00e9sultante de <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>t<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>ous les mouvements de l&rsquo;univers<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Aucun objet n&rsquo;est immortel, aucune id\u00e9e, aucune forme, rien que l&rsquo;on puisse concevoir ou percevoir n&rsquo;est immortel. Il n&rsquo;y a rien <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">qui<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> puisse exister en soi. Aucune existence humaine ou divine, ne peut \u00eatre immortelle. Mais <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>cette entit\u00e9, cet objet, cette id\u00e9e, ce concept, s&rsquo;as\u00adsocient ou s&rsquo;opposent <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00e0<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> la vie universelle, selon qu&rsquo;ils se modifient ou non, en soumission <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00e0<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> ce que la vie exige de toutes ses expressions, quelles qu&rsquo;elles soient<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Par expressions de la vie, nous en\u00adtendons tout ce qui existe, tout ce qu&rsquo;il y a, sans exception aucune. Rien ne peut pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre plus qu&rsquo;une expression et rien ne saurait \u00eatre moins que cela, depuis le grain de sable jusqu&rsquo;\u00e0 cet \u00eatre fantastique que les croyants appellent Dieu.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Tout le drame humain r\u00e9side dans la lutte des hommes contre leur propre essence, lorsqu&rsquo;en tant qu&rsquo;expressions de la vie, ils ne savent pas s&rsquo;adapter <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00e0<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> la vie<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Cette lutte est la souffrance. La souffrance est le contraire de l&rsquo;\u00e9tat naturel, car l&rsquo;homme n&rsquo;est pas comme un objet manufactur\u00e9 qui ne peut se modifier lui-m\u00eame, mais il poss\u00e8de en lui le moyen de s&rsquo;adapter toujours \u00e0 son essence, c&rsquo;est-\u00e0-dire au sens positif de la vie. Ce moyen, il l&rsquo;a gr\u00e2ce \u00e0 un instrument, la conscience. La conscience, d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 son maximum, est l&rsquo;instrument m\u00eame au moyen duquel la vie se modifie elle-m\u00eame, dans la race humaine. L&rsquo;homme com\u00adpl\u00e8tement conscient se modifie sans cesse, car au lieu de s&rsquo;identifier \u00e0 un objet \u2014 son entit\u00e9 \u2014 il s&rsquo;identifie \u00e0 la raison d&rsquo;\u00eatre de cet objet \u2014 la vie. Si \u00e0 un moment donn\u00e9 il doit choisir entre la vie et lui (entre le poussin et la coquille) il optera pour la vie, sans qu&rsquo;il lui en co\u00fbte, mais bien au contraire, parce qu&rsquo;il y trouvera sa supr\u00eame joie. Son centre se d\u00e9placera et ira m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 voler en \u00e9clats. Cette identification constante avec la vie ne comporte pas, et ne peut pas comporter de souffrance. Un Dieu qui souffre n&rsquo;est qu&rsquo;un pauvre \u00eatre inconscient, qui n&rsquo;a pas su s&rsquo;identifier \u00e0 la vie. C&rsquo;est un tel Dieu inca\u00adpable, qu&rsquo;adorent les Chr\u00e9tiens <a id=\"Y6\" href=\"#X6\">[6]<\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Le probl\u00e8me du \u00ab quelque chose \u00bb, dans le pr\u00e9sent, se suffit \u00e0 lui-m\u00eame<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais r\u00e9sumons-nous avant d&rsquo;aller plus loin, ou plut\u00f4t faisons machine arri\u00e8re, car nous avons anticip\u00e9 sur certaines de nos conclusions. On vou\u00addra nous pardonner ces anticipations, dont le but est d&rsquo;orienter le lecteur dans un domaine <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">o\u00f9<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> les no\u00adtions du pass\u00e9 deviennent des sources d&rsquo;erreur. Mais ceci ne doit pas nous emp\u00eacher de proc\u00e9der pas \u00e0 pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">La notion \u00ab il y a quelque chose \u00bb nous a conduits \u00e0 son corollaire : ce \u00ab quelque chose \u00bb ne peut pas devenir rien, donc ce quelque chose est une permanence. L&rsquo;examen objectif de ce quelque chose nous a conduits \u00e0 \u00e9tablir que cette perma\u00adnence est la r\u00e9sultante de tous les mouvements de l&rsquo;univers, c&rsquo;est-\u00e0-dire la somme, la totalit\u00e9 de tout ce qui compose l&rsquo;univers. Cette permanence est donc la constante victoire du \u00ab quelque chose \u00bb sur le \u00ab rien \u00bb. Elle est l&rsquo;essence m\u00eame du \u00ab quelque chose \u00bb, qui fait que ce \u00ab quelque chose \u00bb est l\u00e0. Elle est donc la victoire de l&rsquo;essence des choses sur les choses elles-m\u00eames. Cette constante victoire est l&rsquo;absolu. C&rsquo;est un absolu dynamique, uniquement fait de mouvement, et qui est une transformation perp\u00e9tuelle, du fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;Univers qui ne soit mouvement. Et en effet la totalit\u00e9 de notre doute nous a fait rejeter tout concept absolu, toute id\u00e9e rigide en ce qui concerne un Bien ou un Vrai, ou un Dieu, etc&#8230;, comme cause et finalit\u00e9 du monde. Ce Vrai ou ce Dieu, etc&#8230; ce serait encore \u00ab quelque chose \u00bb. Ce nouveau \u00ab quelque chose \u00bb n&rsquo;ajoute rien au \u00ab quelque chose \u00bb universel. Pr\u00e9\u00adtend-il l&rsquo;avoir cr\u00e9\u00e9 ? Cette pr\u00e9tention se traduit de la fa\u00e7on suivante : \u00ab Avant quelque chose, il y avait quelque chose \u00bb. Pr\u00e9tend-il \u00eatre sa finalit\u00e9 ? Cela veut dire : \u00ab Apr\u00e8s quelque chose il y aura quelque chose. \u00bb C&rsquo;est une tautologie, de quelque fa\u00e7on qu&rsquo;on l&rsquo;examine. Pr\u00e9tend-il dire que ce \u00ab quelque chose \u00bb qu&rsquo;est l&rsquo;univers, n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9, mais qu&rsquo;il est entr\u00e9 un jour en mani\u00adfestation, et qu&rsquo;il rentrera un jour dans le non-manifest\u00e9 ? Cette affirmation gratuite, et \u00e0 tout ja\u00admais inv\u00e9rifiable, ne fait, dans la meilleure des hy\u00adpoth\u00e8ses possibles, que d\u00e9crire une transformation du \u00ab quelque chose \u00bb, dans le pass\u00e9 et dans l&rsquo;avenir, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>ce qui ne nous int\u00e9resse en aucune fa\u00e7on. Ce qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est la simple assertion \u00ab il y a quelque chose \u00bb, quel que soit l&rsquo;aspect de cette chose dans le pass\u00e9 ou dans l&rsquo;avenir.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Voici donc le pas suivant que nous pouvons faire : nous disons ceci : <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Il n&rsquo;y a de cause premi\u00e8re que dans le pr\u00e9sent.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> La cause de l&rsquo;univers, et de chaque chose au monde, est aussi r\u00e9elle, et vivante, et totale aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;hier ou demain. Si elle ne l&rsquo;\u00e9tait pas, ou bien en ce moment il n&rsquo;y au\u00adrait rien, ou bien en ce moment, quelque chose tendrait vers rien, ce qui est impossible. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Hier, <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>d<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>emain, le probl\u00e8me \u00e9tait, sera le m\u00eame qu&rsquo;aujour\u00add&rsquo;hui, du fait qu&rsquo;il <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>y<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> a eu et qu&rsquo;il <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>y<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em> aura toujours \u00ab quelque chose \u00bb. En d&rsquo;autres termes, ce qui sou\u00adtient la permanence de l&rsquo;univers est l\u00e0 dans sa to\u00adtalit\u00e9, \u00e0 chaque instant. Puisqu&rsquo;elle est totale au\u00adjourd&rsquo;hui, l&rsquo;univers ne peut pas tendre vers elle<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">En ce moment quelconque, la permanence est totale, la victoire de l&rsquo;essence du monde est totale, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>puisqu&rsquo;il suffit qu&rsquo;il y ait victoire pour qu&rsquo;elle soit totale<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Il n&rsquo;y a pas de gradations en cela, de m\u00eame qu&rsquo;on ne peut pas dire d&rsquo;un germe qu&rsquo;il est un peu f\u00e9cond\u00e9 ou tr\u00e8s f\u00e9cond\u00e9 : il l&rsquo;est ou il ne l&rsquo;est pas. S&rsquo;il l&rsquo;est, la cause de la vie est en lui, dans sa totalit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Donc, notre constatation fondamentale nous \u00e9vite de tomber dans des id\u00e9es de causes premi\u00e8res ou de finalit\u00e9, en ce qui concerne l&rsquo;Univers dans sa totalit\u00e9. Elle nous \u00e9vite d&rsquo;inventer dans le pass\u00e9 ou dans l&rsquo;avenir des transformations de cet uni\u00advers, qui pr\u00e9tendent expliquer des probl\u00e8mes ulti\u00admes, et qui n&rsquo;expliquent rien.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><strong>L&rsquo;absolu est la pr\u00e9sence du pr\u00e9sent<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous venons de dire que l&rsquo;univers ne tend vers rien, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas de but, pas de finalit\u00e9, car, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>\u00e0 cha\u00adque instant, est pr\u00e9sente la totalit\u00e9 de la Vie, la to\u00adtalit\u00e9 de la victoire de l&rsquo;essence sur les infinies directions du mouvement.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Cette pr\u00e9sence n&rsquo;est ni une cause, ni une finalit\u00e9, mais l&rsquo;absolu. Lorsque nous disons que l&rsquo;univers n&rsquo;a pas de but, nous affirmons par l\u00e0 que l&rsquo;absolu est pr\u00e9sent, qu&rsquo;il est le pr\u00e9sent lui-m\u00eame, dans le temps et l&rsquo;espace : <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>l&rsquo;absolu est la pr\u00e9sence du pr\u00e9sent<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Nous avons dit que cet absolu n&rsquo;a pas un caract\u00e8re de fixit\u00e9, mais qu&rsquo;il est dy\u00adnamique, qu&rsquo;il est perp\u00e9tuellement en changement, qu&rsquo;il se renouvelle lui-m\u00eame sans cesse. Nous l&rsquo;a\u00advons d\u00e9fini : la permanence de la r\u00e9sultante de tout ce qui n&rsquo;est pas permanent. L&rsquo;absolu est le fait qu&rsquo;\u00e0 chaque instant existe une r\u00e9sultante de tous les \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;univers. Cette r\u00e9sultante, \u00e0 cha\u00adque instant, r\u00e9sulte de ce qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;instant pr\u00e9c\u00e9dent, elle est donc un mouvement qui r\u00e9sulte de tous les mouvements du monde, et ce mouve\u00adment n&rsquo;a absolument pas de direction, car il est lui-m\u00eame sa propre direction, de sorte que sa di\u00adrection n&rsquo;existe en tant que direction que dans le pass\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Si l&rsquo;on veut renverser ce que nous disons l\u00e0, et dire, suivant les philosophies id\u00e9alistes, que cet ab\u00adsolu se compose d&rsquo;une infinit\u00e9 d&rsquo;infinis, qu&rsquo;il est <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>l&rsquo;\u00eatre<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> absolu, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il existe en soi d&rsquo;une fa\u00e7on absolument infinie, et qu&rsquo;il englobe donc tous les infinis de tout ce qui existe en soi, si en d&rsquo;au\u00adtres termes, on accorde \u00e0 cet infiniment infini, des qualit\u00e9s ou des attributs, on doit : ou bien lui at\u00adtribuer la totalit\u00e9 des qualit\u00e9s de tout ce qu&rsquo;il y a au monde, et alors on revient \u00e0 dire qu&rsquo;il est la r\u00e9sultante de tout ce qu&rsquo;il y a ; ou bien attribuer \u00e0 cet infiniment infini une conscience universelle ayant un caract\u00e8re de fixit\u00e9 par rapport \u00e0 l&rsquo;univers, dire que l&rsquo;univers se dirige vers lui, et dire que tous les mouvements de l&rsquo;univers, y compris la personne humaine, ne sont que des mouvements vers lui ; et dans ce cas, on arrive \u00e0 dire que le \u00ab quelque chose \u00bb se divise en deux parties : l&rsquo;une Dieu, \u00e9tant ce vers quoi tend l&rsquo;autre ; l&rsquo;autre, l&rsquo;univers, \u00e9tant ce qui tend vers Dieu (ou vers l&rsquo;absolu). Cela revien\u00addrait \u00e0 dire que l&rsquo;univers est le r\u00e9sultat de son es\u00adsence, r\u00e9sultat qui est condamn\u00e9 \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>tendre<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> vers elle. Or, nous avons vu que ceci est compl\u00e8tement ab\u00adsurde. \u00ab Quelque chose \u00bb englobe tout ce qu&rsquo;il y a, se suffit \u00e0 soi-m\u00eame, et implique \u00e0 chaque instant sa permanence. Dire d&rsquo;une partie du \u00ab quelque chose \u00bb qu&rsquo;elle tend vers une autre partie du \u00ab quelque chose \u00bb, n&rsquo;explique rien, car, nous le r\u00e9p\u00e9tons, \u00ab quelque chose \u00bb est la plus absolue des totalit\u00e9s, il est le fait le plus irr\u00e9ductible, le plus imm\u00e9diat, qui, demain, s&rsquo;il parvenait \u00e0 sa soi-disant finalit\u00e9, ne ferait que demeurer \u00ab quelque chose \u00bb, en changeant de v\u00eatements, ce qui ne nous int\u00e9resse en aucune fa\u00e7on.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">La raison d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;un objet, ou la pr\u00e9sence, en lui, du \u00ab plus \u00bb universel<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Cela bien \u00e9tabli, voyons maintenant, en ce qui concerne les gens et les choses (les expressions en somme de l&rsquo;univers) si nos r\u00e9flexions peuvent ap\u00adporter quelque \u00e9claircissement au sujet de leur raison d&rsquo;\u00eatre.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Quelle est cette raison d&rsquo;\u00eatre, cette essence de l&rsquo;objet, qui finit toujours, de fa\u00e7on ou d&rsquo;autre, \u00e0 d\u00e9tr<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">u<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">ire l&rsquo;objet lui-m\u00eame ? Cette essence n&rsquo;est pas au\u00adtre chose que le \u00ab plus \u00bb du monde, l&rsquo;\u00e9ternel dyna\u00admisme de l&rsquo;univers. Elle n&rsquo;en est pas une partie, mais la totalit\u00e9, puisque cette totalit\u00e9 se trouve en chaque \u00e9l\u00e9ment de l&rsquo;univers, du fait que cet \u00e9l\u00e9\u00adment \u00e9tant l\u00e0, il exprime le \u00ab plus \u00bb de l&rsquo;univers, sa permanence, qui n&rsquo;est pas une question de quan\u00adtit\u00e9. Cette permanence est, nous l&rsquo;avons vu, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>le pr\u00e9\u00adsent en pr\u00e9sence <\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>e<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>t en acte<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Nous dirons donc d&rsquo;un agr\u00e9gat d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments (qui composent cet \u00e9quilibre provisoire du mouvement, bien ou mal d\u00e9fini, que nous appelons un objet) qu&rsquo;il exprime plus ou moins sa raison d&rsquo;\u00eatre, lorsqu&rsquo;il r\u00e9pond plus au moins exactement \u00e0 la pr\u00e9sence de la permanence universelle. Lorsque cet agr\u00e9gat ne correspond plus au pr\u00e9sent, il peut convenir aux \u00e9l\u00e9ments qui le composent de se dissocier, cette dissociation \u00e9tant une pouss\u00e9e vitale qui ne trouve plus dans l&rsquo;agr\u00e9gat la possibilit\u00e9 d&rsquo;exprimer la permanence de l&rsquo;univers. La d\u00e9sint\u00e9gration de ce corps, son usure, la mort de cet organisme, sont donc toujours dues \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">u<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">n \u00e9clatement vital, qui permet aux \u00e9l\u00e9ments maintenant dissoci\u00e9s de se recomposer ailleurs, autrement, avec de nouveaux \u00e9l\u00e9ments.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Nous verrons plus loin, en classant les objets, \u00e0 quelles cons\u00e9quences ces constatations peuvent nous conduire. Mais il appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;un individu humain, tout comme n&rsquo;importe quel autre objet, peut correspondre ou non \u00e0 sa raison d&rsquo;\u00eatre, qui est le pr\u00e9sent en acte. S&rsquo;il r\u00e9side dans la perma\u00adnence du pr\u00e9sent, il s&rsquo;identifie \u00e0 sa raison d&rsquo;\u00eatre, il demeure en elle. S&rsquo;il ne r\u00e9side pas dans le pr\u00e9\u00adsent, il manque de s&rsquo;adapter au dynamisme absolu de la vie universelle, il manque de l&rsquo;exprimer, il se trouve en opposition avec sa propre essence, il est donc en voie de se faire d\u00e9truire.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;univers, par d\u00e9finition, ne peut pas tendre vers son essence, il est cet absolu, il ne peut pas tendre vers l&rsquo;absolu, puisque l&rsquo;univers est la tota\u00adlit\u00e9 du \u00ab quelque chose \u00bb, qui inclut \u00e0 la fois l&rsquo;uni\u00advers et son essence ; mais dans l&rsquo;univers, chaque agr\u00e9gat en particulier peut tendre vers sa raison d&rsquo;\u00eatre, ou l&rsquo;exprimer, ou se faire d\u00e9truire par elle. Donc, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>dans l&rsquo;universel, qui n&rsquo;a pas de finalit\u00e9 ni de cause, existent des objets qui ont une cause et une fin<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> ; dans l&rsquo;universel, qui est une r\u00e9alit\u00e9 sans direc\u00adtion, existent des objets qui tendent ou non vers la r\u00e9alit\u00e9, et qui ont une direction. Parmi ces ob\u00adjets sont des hommes. Ces hommes vivent d&rsquo;une fa\u00e7on absurde, cruelle, barbare. L&rsquo;univers dans son propre processus est d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;absolu. Les hommes ne peuvent s&rsquo;en retrancher qu&rsquo;en se consid\u00e9rant comme un avec leurs fins particuli\u00e8res. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre mal que celui-l\u00e0. Les meilleurs d&rsquo;entre eux s&rsquo;efforcent par des moyens inefficaces de d\u00e9\u00adcouvrir une v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle ils ne peuvent pas renoncer, ou au contraire, d\u00e9courag\u00e9s, se r\u00e9signent \u00e0 admettre que cette v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;existe pas. Pendant ce temps, la pr\u00e9sence b\u00e9ante des choses telles qu&rsquo;elles sont, est l\u00e0, totale, absolue, r\u00e9elle, vivante Et m\u00eame \u00e0 ceux qui peut-\u00eatre comprennent, m\u00eame \u00e0 ceux-l\u00e0 il faut du temps. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Il faut du temps pour en\u00adtrer dans le pr\u00e9sent. Voil\u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 qui est pour\u00adtant un fait.<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Mais si en effet ce temps <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">est<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> n\u00e9ces\u00adsaire, nous devons v\u00e9ritablement l&#8217;employer \u00e0 p\u00e9\u00adn\u00e9trer dans le pr\u00e9sent, \u00e0 l&rsquo;exprimer, \u00e0 nous identifier \u00e0 lui, qui est l&rsquo;essence du monde. Nous ne de\u00advons pas projeter ce temps dans un avenir illu\u00adsoire, dans une survivance ou dans notre an\u00e9antis\u00adsement. Car la vie et les souffrances humaines, exi\u00adgent aujourd&rsquo;hui beaucoup de nous ; la vie est trop intense, et les souffrances sont trop intenses ; le d\u00e9sordre social est devenu trop imb\u00e9cile, et le d\u00e9\u00adsarroi individuel est devenu trop pitoyable. La vie exige de nous que nous parvenions \u00e0 la connais\u00adsance totale, qui est le pr\u00e9sent. Devons-nous con\u00adqu\u00e9rir le pr\u00e9sent ? Non pas. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>C&rsquo;est le pr\u00e9sent qui doit nous conqu\u00e9rir, nous les individus, nous les masses<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. Nous, les masses humaines, nous devons aujourd&rsquo;hui briser le Temps, et nous laisser em\u00adporter, par la force d&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;instant pr\u00e9\u00adsent.<\/span><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-dialectique-du-moi-par-carlos-suares\/\"><em>Chapitre pr\u00e9c\u00e9dent<\/em><\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/quest-ce-que-cest-que-lhumain-par-carlo-suares\/\"><em>Chapitre suivant<\/em><\/a><\/p>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X1\" href=\"#Y1\">[1]<\/a> TENTER DE R\u00c9SOUDRE LE MOI EN FONCTION D&rsquo;UNE DE SES FACULT\u00c9S. <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Donner dans cet exercice harassant au cours duquel on parle au nom du moi, on le perd, on le retrouve, afin que le syst\u00e8me achev\u00e9 suppose intact ce moi dont on a trois ou quatre fois ouvert le ventre par surcro\u00eet. Nous soutiendrons que la philosophie de Kant, plus qu&rsquo;aucune autre, nous a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;elle avait, elle, dans le monde mat\u00e9riel, toutes les routes de son syst\u00e8me, elle nous a \u00e9clair\u00e9 le moi au centre d&rsquo;un univers de cat\u00e9gories, o\u00f9 il avait sa place comme un point lumi\u00adneux, qui est un soleil dans le syst\u00e8me sid\u00e9ral. D&rsquo;o\u00f9 im\u00adpossibilit\u00e9 de donner \u00e0 un d\u00e9veloppement philosophique un point de d\u00e9part qui ne soit qu&rsquo;intellectuel. L&rsquo;\u0153il est prisonnier de l&rsquo;objet qu&rsquo;il voit, comme les lunettes font partie du monde mat\u00e9riel qu&rsquo;elles donnent comme contenu \u00e0 notre vision subjective. C&rsquo;est la philosophie de Kant. (En tant que n\u00e9gatrice de tous les syst\u00e8mes fond\u00e9s sur un t\u00e9lescopage verbal de la pens\u00e9e et de la mati\u00e8re, et notam\u00adment de celui qui veut que la possibilit\u00e9 pour l&rsquo;homme d&rsquo;imaginer l&rsquo;\u00eatre compromette dans cette notion tout ce qui s&rsquo;insurge contre elle dans notre impossibilit\u00e9 de la limiter). (On devrait dire que la notion d&rsquo;\u00eatre nous \u00e9chappe parce que nous n&rsquo;en concevons que le commencement et qu&rsquo;il nous est impossible de lui donner des limites. Nous ne pouvons que l&rsquo;apercevoir). La philosophie de Kant, nous retenons ici qu&rsquo;elle a r\u00e9tabli la circulation entre le moi et l&rsquo;univers o\u00f9 il est compris, qu&rsquo;elle lui a enlev\u00e9 la tentation de dispara\u00eetre derri\u00e8re le raisonnement qu&rsquo;il \u00e9difie. Elle lui a donn\u00e9 pour limites les limites de ce qu&rsquo;il percevait, l&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 ne plus se d\u00e9couvrir que sous la forme d&rsquo;une pens\u00e9e du monde \u2014 laquelle ne devait pas, se faire faute de jouer l&rsquo;homuncule dans les philosophies ult\u00e9rieures, soucieuses de moderniser \u00e0 tout prix l&rsquo;id\u00e9a\u00adlisme de tous les temps.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X2\" href=\"#Y2\">[2]<\/a> ASPIRATION AU BONHEUR. \u2014 Les hommes aspirent au bonheur dira-t-on. Affirmation bien peu philosophique, le bonheur n&rsquo;\u00e9tant que le plus vague des mots vagues, et pouvant se d\u00e9finir seulement comme l&rsquo;\u00e9tat auquel as\u00adpirent tous les hommes. Voil\u00e0 encore un ensemble de ces utopies dont on ne peut que d\u00e9crire, de son mieux, le contenu. Notre bonheur, le plus souvent, appara\u00eet dans l&rsquo;op\u00e9ration qui nous d\u00e9poss\u00e8de de nous-m\u00eames au sein de l&rsquo;activit\u00e9 que nous avons choisie. Quand nous agissons sur les choses jusqu&rsquo;\u00e0 les douer du pouvoir qui nous \u00e9tait donn\u00e9 sur elles, jusqu&rsquo;\u00e0 nous sentir, en elles, agir et comme cr\u00e9\u00e9s en vue d&rsquo;un sort s\u00e9par\u00e9 de nous par toute l&rsquo;\u00e9paisseur de la mati\u00e8re, quand nous obtenons un objet longtemps souhait\u00e9 et dont la possession ne pouvait pas \u00eatre pens\u00e9e dans l&rsquo;id\u00e9e que nous nous faisions de nous-m\u00eames, c&rsquo;est notre bonheur de nous reporter de notre existence dans l&rsquo;existence de ces choses, ou dans la possession de cet objet, de nous plonger \u00e0 travers eux dans l&rsquo;oubli de l&rsquo;\u00eatre que nous \u00e9tions jusqu&rsquo;\u00e0 en sentir le moi \u00e9clater sur son contenu affectif, et se voir pour ainsi dire, par ce contenu affectif, cr\u00e9\u00e9 du dehors&#8230; et cr\u00e9\u00e9 unique\u00adment pour les besoins de la cause, cr\u00e9\u00e9 dans sa dissolution prochaine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Je ne peux que passer tr\u00e8s rapidement sur ces indi\u00adcations, et regrette de ne pouvoir analyser ici le bonheur particulier dont l&rsquo;amour est le principe. On verrait com\u00adment dans <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>la lumi\u00e8re particuli\u00e8re de l&rsquo;amour le bonheur est de cr\u00e9er le moi, mais de ne le cr\u00e9er qu&rsquo;afin de mieux le d\u00e9truire<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, comme on met \u00e0 nu la victime avant de l&rsquo;\u00e9le\u00adver sur l&rsquo;autel o\u00f9 elle sera sacrifi\u00e9e. (Le bonheur d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9, c&rsquo;est de sentir que ce n&rsquo;\u00e9tait pas le premier venu qu&rsquo;il fallait \u00e0 cet amour, que ce n&rsquo;\u00e9tait pas le premier, venu qu&rsquo;il voulait dissoudre). Et pr\u00e9cis\u00e9ment, dans l&rsquo;amour, le moi au sein de ce bonheur d&rsquo;\u00eatre plus que jamais un moi, devance le processus de dissolution en dig\u00e9rant le temps, en disant toujours en compromettant un avenir qui ne lui appartient pas, pour mieux figurer l&rsquo;intensit\u00e9 de ce qui l&#8217;emplit et menace de le d\u00e9sint\u00e9grer, en pr\u00e9tendant m\u00eame annexer et dig\u00e9rer le pass\u00e9, comme il appara\u00eet dans la jalousie r\u00e9trospective.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Les innombrables agitations du moi tendent toutes, maladroitement, vers quelque chose : le bonheur. J&rsquo;admet\u00adtrai donc provisoirement comme v\u00e9rit\u00e9, cette \u00ab chasse au bonheur \u00bb de Stendhal. Mais je tiens beaucoup \u00e0 formuler ici une d\u00e9claration qui sera justifi\u00e9e par la suite : nous tendons vers la n\u00e9gation du Temps, n\u00e9gation o\u00f9 la sensi\u00adbilit\u00e9 se conserverait intacte. La sensibilit\u00e9, enfant du Temps, d\u00e9vorant le Temps dans l&rsquo;exercice de sa fonction la plus haute. Voil\u00e0 ce que l&rsquo;on trouve, je crois, en creu\u00adsant l&rsquo;id\u00e9e du bonheur et qui nous conduit par d&rsquo;autres chemins \u00e0 la dissolution du moi. C&rsquo;est ce que j&rsquo;entendais dans la phrase suivante, primitivement mise en marge du pr\u00e9sent ouvrage : \u00ab et si c&rsquo;est la recherche du bonheur qui nous poussait, le bonheur dispara\u00eetra pour ne plus repr\u00e9senter un jour que le contenu des choses \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Comme tous les mots du langage psychologique, bonheur a un sens statique et un sens dynamique ; un sens d&rsquo;\u00e9tat et un sens d&rsquo;acte. Au premier sens, le \u00ab bonheur \u00bb est un \u00e9tat dans lequel l&rsquo;homme esp\u00e8re pouvoir se reposer enfin : il exprime une aspiration au sommeil, \u00e0 la mort. Le sens dynamique appara\u00eet dans les expressions : \u00ab agir, danser, marcher, \u00e9crire avec bonheur \u00bb, \u00ab faire un geste heureux \u00bb, etc. Ce \u00ab bonheur \u00bb actif, celui de la cr\u00e9ation po\u00e9tique, ne se conna\u00eet pas comme un \u00e9tat : il est le sentiment dynamique de tout acte d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, au sens tr\u00e8s fort de ce mot.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X3\" href=\"#Y3\">[3]<\/a> LE \u00ab QUELQUE CHOSE \u00bb, BILAN DE L&rsquo;UNIVERS. \u2014 Le \u00ab quelque chose \u00bb doit \u00eatre entendu ind\u00e9pendamment de toutes les distinctions concret-abstrait, objet-sujet, \u00eatre-non \u00eatre, etc&#8230; Il est simplement un in\u00e9luctable et inexo\u00adrable, \u00ab plus que n\u00e9ant \u00bb. En somme, un bilan de notre univers est n\u00e9cessairement, et sera n\u00e9cessairement tou\u00adjours, \u00e0 chaque instant, plus que z\u00e9ro. Le \u00ab plus que z\u00e9ro \u00bb se transforme, mais jamais en un n\u00e9ant total, il ne devient pas z\u00e9ro. Un pralaya, un univers en puissance, non manifest\u00e9, ce serait \u00ab quelque chose \u00bb. I<span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> ne nous semble pas n\u00e9cessaire d&rsquo;insister sur ce point. Ce que nous pouvons remarquer c&rsquo;est ceci : ne pouvant pas tendre vers z\u00e9ro, il semble que l&rsquo;univers ne puisse donc m\u00eame pas diminuer. Rapprochons de cette notion celle \u00e0 laquelle est parvenue la science contemporaine : l&rsquo;univers ne cesse \u00e0 aucun instant, para\u00eet-il, de s&rsquo;agrandir d&rsquo;une fa\u00e7on verti\u00adgineuse. La science confirmerait donc par une \u00e9tude pure\u00adment objective l&rsquo;exactitude de notre dialectique.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X4\" href=\"#Y4\">[4]<\/a> COMPLEXE DE RETARDEMENT ET LUTTE DE CLASSES. \u2014 J&rsquo;ai analys\u00e9 ailleurs (Carnets mensuels 1931), du point de vue social et mythique, la fonction \u00ab retardatrice \u00bb qu&rsquo;assument les castes et les classes au pouvoir, sous pr\u00e9texte de prot\u00e9ger, de guider, d&rsquo;instruire les masses. Il y a l\u00e0 l&rsquo;expression d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel extr\u00eamement impor\u00adtant, qui est le prolongement du processus d&rsquo;adaptation des <span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">esp\u00e8ces.<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> Les classes au pouvoir tendent par tous les moyens possibles \u00e0 arr\u00eater l&rsquo;\u00e9volution humaine, en main\u00adtenant les hommes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cadres, de sp\u00e9cialisations. Or, \u00e0 chaque nouvelle \u00e9tape vers l&rsquo;humain, la cons\u00adcience nouvelle ne sera viable que si, par la lutte, elle par\u00adviendra \u00e0 briser cette force de retardement. Tant qu&rsquo;elle ne peut pas la briser, c&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas assez claire, assez puissante pour vivre. Si l&rsquo;on comprend ce processus, on comprend aussi la n\u00e9cessit\u00e9 absolue de la lutte des classes, et quelle trahison de l&rsquo;humain repr\u00e9sente toute coop\u00e9ration au sein des sp\u00e9cialisations impos\u00e9es par les classes au pouvoir. Si l&rsquo;on comprend ce processus on est d\u00e9finitivement r\u00e9volutionnaire. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit que ce pro\u00adcessus se retrouve \u00e0 chaque instant dans la bible (par exemple, lorsque l&rsquo;\u00c9ternel, ayant charg\u00e9 Mo\u00efse de de\u00admander \u00e0 Pharaon la mise en libert\u00e9 du peuple h\u00e9breu, le rassure en ces termes : \u00ab j&rsquo;endurcirai son <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">c\u0153ur<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, et il refusera \u00bb ; de m\u00eame <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u00c9ternel<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">, ayant investi Mo\u00efse, n&rsquo;a rien de plus press\u00e9 \u00e0 faire que de se pr\u00e9cipiter sur lui pendant son sommeil afin de le tuer ; tout cela n&rsquo;est pas absurde : ce n&rsquo;est qu&rsquo;en arrachant de haute lutte, contre <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">l\u2019\u00c9ternel<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> lui-m\u00eame, le signe du pouvoir, que Mo\u00efse prouve sa l\u00e9gitimit\u00e9, et celle de son peuple&#8230;, etc&#8230;, etc&#8230;). \u2014 C. S.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X5\" href=\"#Y5\">[5]<\/a> Nous nous r\u00e9f\u00e9rons ici au po\u00e8me de Jean l&rsquo;\u00e9van\u00adg\u00e9liste qui, comme dans un r\u00eave grandiose et terrible, per\u00e7oit et d\u00e9forme cette r\u00e9alit\u00e9. \u2014 C. S.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a id=\"X6\" href=\"#Y6\">[6]<\/a> \u00ab TOUT LE DRAME HUMAIN R\u00c9SIDE DANS LA LUTTE DES HOMMES CONTRE LEUR PROPRE ESSENCE&#8230; \u00bb \u2014 Je mon\u00adtrerai de quelle profondeur jaillit cette aspiration, en r\u00e9v\u00e9lant qu&rsquo;elle \u00e9tait exprim\u00e9e dans un passage de Saint-Augustin \u00ab Utinam, homo, Romaniane, sibi aptus sit! \u00bb. Et ce sera le d\u00e9veloppement d&rsquo;une des id\u00e9es sous-entendues par la n\u00e9gation envelopp\u00e9e dans le souhait ci-dessus que cette esp\u00e8ce de vue panoramique o\u00f9 j&rsquo;entends reprendre ce que je disais en note sur le bonheur et la chasse au bonheur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Je me souviens que Suar\u00e8s, dans une premi\u00e8re version de son \u00e9crit, avait d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab tous les hommes souf\u00adfrent et voudraient ne pas souffrir \u00bb, affirmation \u00e0 laquelle je ne pus me r\u00e9signer \u00e0 souscrire qu&rsquo;apr\u00e8s avoir, vingt pages plus loin, pris connaissance de cet aper\u00e7u du drame humain \u00ab tout le drame humain r\u00e9side dans la lutte&#8230;, etc&#8230; \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 entendre le mot souffrance au sens ordinaire qui met en jeu la totalit\u00e9 du bonheur objectif sous une forme n\u00e9gative, \u00e0 entendre le mot souffrance au sens g\u00e9n\u00e9ral qui suppose qu&rsquo;elle est la pens\u00e9e du bonheur, on peut soutenir que le pire \u00e9tat pour l&rsquo;homme c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat de non-souffrance, l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 le Temps se d\u00e9veloppe \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;une stabilit\u00e9 plus grande que le Temps, \u00e9tat o\u00f9 l&rsquo;\u00eatre est comme le cancer de la dur\u00e9e ; \u00e9tat de d\u00e9ch\u00e9ance qui a \u00e9t\u00e9 magnifiquement d\u00e9crit par Rainer Maria Rilke dans un po\u00e8me de \u00ab Vergers \u00bb que je ne peux r\u00e9sister au d\u00e9sir de transcrire en entier :<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Ce soir, quelque chose dans l&rsquo;air a pass\u00e9 <\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Qui fait pencher la t\u00eate<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">On voudrait prier pour les prisonniers <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Dont la vie s&rsquo;arr\u00eate<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Et on pense \u00e0 la vie arr\u00eat\u00e9e.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> la vie qui ne bouge plus vers la mort <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Et d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;avenir est absent<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">O\u00f9 il faut \u00eatre inutilement fort<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Et triste, inutilement.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">O\u00f9 tous les jours pi\u00e9tinent sur place <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">O\u00f9 toutes les nuits tombent dans l&rsquo;ab\u00eeme <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Et o\u00f9 la conscience de l&rsquo;enfance intime <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> ce point s&rsquo;efface<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Qu&rsquo;on a le <\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">c\u0153ur<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> trop vieux pour penser un enfant. <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Ce n&rsquo;est pas tant que la vie soit hostile <\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Mais on lui ment<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em>Enferm\u00e9 dans le bloc d&rsquo;un sort immobile<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Cet \u00e9tat o\u00f9 la vie ne nous fait pas souffrir, o\u00f9 elle ne se sert pas de nos infirmit\u00e9s pour nous rendre imagi\u00adnable sa pl\u00e9nitude est l&rsquo;\u00e9tat dont l&rsquo;homme peut le plus difficilement se satisfaire. Il est celui dans lequel les religions occidentales pr\u00e9tendent nous faire trouver nos aises, et dans lequel certains disgr\u00e2ces physiques, celles qu&rsquo;apporte l&rsquo;\u00e2ge, pour ne citer que celles-l\u00e0, commence\u00adraient \u00e0 faire un nid \u00e0 notre salut!! J&rsquo;ai peu de chose \u00e0 dire apr\u00e8s avoir recopi\u00e9 l&rsquo;admirable po\u00e8me de Rilke qui marque bien le front extr\u00eame de la Pr\u00e9sence dans la Po\u00e9sie, qui suppose tout d&rsquo;un coup une immobilit\u00e9 enne\u00admie d\u00e9velopp\u00e9e contre le Temps, \u00e0 la place de celle-l\u00e0 o<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\">\u00f9<\/span><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: small;\"> le temps a atteint ses limites. Lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;es\u00adsence, \u00e9touffement de l&rsquo;essence dans un bonheur qui ne lui est pas appropri\u00e9 ; parce qu&rsquo;il s&rsquo;oppose toutes les images vivantes du bonheur, parce que le bonheur est comme la tranquillit\u00e9 d&rsquo;un malheur qui a \u00e9puis\u00e9 toutes ses possibilit\u00e9s. \u2014 J. B.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout le drame humain r\u00e9side dans la lutte des hommes contre leur propre essence, lorsqu&rsquo;en tant qu&rsquo;expressions de la vie, ils ne savent pas s&rsquo;adapter \u00e0 la vie. Cette lutte est la souffrance. La souffrance est le contraire de l&rsquo;\u00e9tat naturel, car l&rsquo;homme n&rsquo;est pas comme un objet manufactur\u00e9 qui ne peut se modifier lui-m\u00eame, mais il poss\u00e8de en lui le moyen de s&rsquo;adapter toujours \u00e0 son essence, c&rsquo;est-\u00e0-dire au sens positif de la vie. Ce moyen, il l&rsquo;a gr\u00e2ce \u00e0 un instrument, la conscience. La conscience, d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 son maximum, est l&rsquo;instrument m\u00eame au moyen duquel la vie se modifie elle-m\u00eame, dans la race humaine. L&rsquo;homme com\u00adpl\u00e8tement conscient se modifie sans cesse, car au lieu de s&rsquo;identifier \u00e0 un objet \u2014 son entit\u00e9 \u2014 il s&rsquo;identifie \u00e0 la raison d&rsquo;\u00eatre de cet objet \u2014 la vie. Si \u00e0 un moment donn\u00e9 il doit choisir entre la vie et lui (entre le poussin et la coquille) il optera pour la vie, sans qu&rsquo;il lui en co\u00fbte, mais bien au contraire, parce qu&rsquo;il y trouvera sa supr\u00eame joie. Son centre se d\u00e9placera et ira m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 voler en \u00e9clats. Cette identification constante avec la vie ne comporte pas, et ne peut pas comporter de souffrance. Un Dieu qui souffre n&rsquo;est qu&rsquo;un pauvre \u00eatre inconscient, qui n&rsquo;a pas su s&rsquo;identifier \u00e0 la vie. 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