{"id":14732,"date":"2013-12-28T02:02:56","date_gmt":"2013-12-28T01:02:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=14732"},"modified":"2013-12-28T02:04:35","modified_gmt":"2013-12-28T01:04:35","slug":"quand-la-science-etait-metaphysicienne-par-gerard-simon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/quand-la-science-etait-metaphysicienne-par-gerard-simon\/","title":{"rendered":"Quand la science \u00e9tait m\u00e9taphysicienne par G\u00e9rard Simon"},"content":{"rendered":"<p>(Revue Science et Avenir. Num\u00e9ro Sp\u00e9cial No 42. Dieu et la science. Sans date, probablement milieu des ann\u00e9es 1980)<\/p>\n<p><em>Une version PDF illustr\u00e9e se trouve <a href=\"http:\/\/www.scribd.com\/doc\/194147057\/Gerard-Simon-Quand-la-science-etait-metaphysicienne\" target=\"_blank\">ici<\/a><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong>Ce n&rsquo;est ni une m\u00e9thode ni une \u00e9cole qui ont fait na\u00eetre la science classique. Celle-ci est le fruit d&rsquo;un long d\u00e9bat qui, pendant un si\u00e8cle, fit s&rsquo;affronter des courants philosophi\u00adques oppos\u00e9s. L&rsquo;enjeu de ce combat, auquel particip\u00e8rent toutes les ressources intellectuelles du temps, n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre que l&rsquo;instauration d&rsquo;un nouvel ordre du monde. Et si, gr\u00e2ce \u00e0 Newton, la math\u00e9matique prit le pas sur la philosophie, il fallut attendre Laplace pour que toute m\u00e9taphysique soit d\u00e9finitivement rejet\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les sciences contemporaines (je ne parle ici que de nos sciences \u00ab dures \u00bb) se r\u00e9f\u00e8rent exclusivement \u00e0 elles-m\u00eames pour formuler et valider leurs hypoth\u00e8ses. L&rsquo;une des r\u00e8gles de leur jeu, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;y importer de l&rsquo;ext\u00e9rieur des questions, et encore moins des r\u00e9ponses. Une id\u00e9e non int\u00e9gr\u00e9e \u2014 ce qu&rsquo;est une hypoth\u00e8se \u2014 n&rsquo;est admise que si elle a une signification assignable \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me (ou plut\u00f4t du sys\u00adt\u00e8me de syst\u00e8mes), et si elle finit par en devenir un \u00e9l\u00e9ment, au besoin en le modi\u00adfiant. C&rsquo;est en ce sens, et en ce sens seule\u00adment, que nos sciences sont neutres d&rsquo;un point de vue philosophique, th\u00e9ologique ou politique : il serait ais\u00e9 de montrer que par leurs motivations, leurs retomb\u00e9es mat\u00e9\u00adrielles ou leurs implications th\u00e9oriques, elles s&rsquo;ins\u00e8rent pleinement dans l&rsquo;ensemble du champ culturel et des d\u00e9bats de notre temps. Mais quand on traite du pass\u00e9, il faut aller beaucoup plus loin encore, car leur neutralit\u00e9 intrins\u00e8que elle-m\u00eame n&rsquo;a pas toujours exist\u00e9 : elles ne se sont consti\u00adtu\u00e9es en syst\u00e8me que progressivement, et il fut une p\u00e9riode o\u00f9 elles n&rsquo;\u00e9taient absolu\u00adment pas autonomes. Comme, de plus, elles n&rsquo;avaient pas encore contribu\u00e9 \u00e0 modifier le champ culturel dans lequel elles se d\u00e9veloppaient, le tableau qu&rsquo;elles offrent, si on ne le modernise pas ind\u00fbment, est tout \u00e0 fait surprenant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Partons de Copernic. Quand, en 1543, sont publi\u00e9es <em>Les R\u00e9volutions des orbes c\u00e9lestes<\/em>, toute nouveaut\u00e9 intellectuelle est confront\u00e9e \u00e0 une repr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale du monde tir\u00e9e du syst\u00e8me d&rsquo;Aristote, r\u00e9in\u00adterpr\u00e9t\u00e9e par saint Thomas pour s&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 la tradition chr\u00e9tienne, et rendue compa\u00adtible avec l&rsquo;astronomie ptol\u00e9m\u00e9enne. Mais les traits cosmologiques et physiques essen\u00adtiels demeurent. La Terre est immobile au centre de l&rsquo;Univers, entour\u00e9e comme un oignon de trois couches successives : d&rsquo;abord l&rsquo;eau (la mer) et les vapeurs (les nuages), puis au-dessus et m\u00eal\u00e9 \u00e0 ces der\u00adni\u00e8res l&rsquo;air, enfin tout en haut la zone ign\u00e9e o\u00f9 se produisent \u00e9clairs, com\u00e8tes, \u00e9toiles filantes \u2014 tous les al\u00e9as impr\u00e9visibles du ciel. La r\u00e9gion des turbulences et des ha\u00adsards s&rsquo;\u00e9tend ainsi jusqu&rsquo;\u00e0 la sph\u00e8re de la Lune ; les quatre \u00e9l\u00e9ments s&rsquo;y \u00e9tagent en fonction de leur poids ou de leur l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 naturels. Au-dessus d&rsquo;elle commencent les sph\u00e8res c\u00e9lestes \u2014 transparentes, incorrup\u00adtibles, form\u00e9es d&rsquo;un cinqui\u00e8me \u00e9l\u00e9ment \u00e9th\u00e9r\u00e9, qui tournent sur elles-m\u00eames (donc sans changer de place) en entra\u00eenant cha\u00adcune leur astre, ench\u00e2ss\u00e9 en elle comme un joyau dans son \u00e9crin. C&rsquo;est l\u00e0 la r\u00e9gion divine de l&rsquo;ordre, de la n\u00e9cessit\u00e9 et de la permanence. En englobant le tout, au-del\u00e0 de la Lune, de V\u00e9nus et Mercure, du Soleil et des trois plan\u00e8tes sup\u00e9rieures, la sph\u00e8re des fixes entra\u00eene l&rsquo;ensemble dans sa rotation diurne. La tradition chr\u00e9tienne ren\u00adforce encore l&rsquo;opposition de valeur entre la Terre et le Ciel en situant l&rsquo;enfer dans les gouffres qui s&rsquo;ouvrent sous nos pieds, et le s\u00e9jour des bienheureux au-del\u00e0 du sep\u00adti\u00e8me ciel, celui des \u00e9toiles. Ce qu&rsquo;illustre fort bien le monde de Peter Appianus (Bennewitz), math\u00e9maticien contemporain de Copernic.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est sur ce fond syst\u00e9matique de r\u00e9f\u00e9\u00adrence, non pas physique au sens o\u00f9 nous l&rsquo;entendons mais philosophique, que prirent sens les d\u00e9couvertes majeures des ann\u00e9es 1540-1640. Elles finirent par le d\u00e9truire, mais il leur fallut un si\u00e8cle. Car elles se heurtaient \u00e0 lui au coup par coup, soulevant autant de probl\u00e8mes insolubles qu&rsquo;el\u00adles en r\u00e9solvaient : par exemple, en l&rsquo;ab\u00adsence du principe d&rsquo;inertie, on objecte \u00e0 Copernic que si la Terre tourne sur elle-m\u00eame, elle doit \u00eatre constamment balay\u00e9e par un gigantesque ouragan&#8230; C&rsquo;est donc en visant la philosophie d&rsquo;Aristote, autant que la synth\u00e8se ptol\u00e9m\u00e9enne, que les nova\u00adteurs travaill\u00e8rent. Sous leur critique, cette philosophie s&rsquo;effilocha par pans successifs, gr\u00e2ce \u00e0 des d\u00e9couvertes retentissantes dont certaines aujourd&rsquo;hui sont bien oubli\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9j\u00e0 la r\u00e9volution copernicienne remet\u00adtait en question, avec la cosmologie, la physique des graves. Pour Aristote, les corps sont par nature, selon les \u00e9l\u00e9ments qui les composent, lourds ou l\u00e9gers ; ils tendent tous \u00e0 rejoindre leur lieu propre, le centre de la Terre pour les premiers, les confins ign\u00e9s de la zone sublunaire pour les seconds. Mais si la Terre n&rsquo;est plus immo\u00adbile au centre du monde et voyage dans les cieux, comment assigner un lieu propre aux \u00e9l\u00e9ments terrestres, et aux \u00e9l\u00e9ments a\u00e9\u00adriens ? Une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es plus tard, en 1572, le grand astronome Tycho-Brah\u00e9 d\u00e9\u00admontre par ses relev\u00e9s qu&rsquo;un nouvel astre tr\u00e8s brillant, une nova brusquement appa\u00adrue dans les cieux, est situ\u00e9 au-del\u00e0 de la sph\u00e8re de Saturne, et donc parmi les \u00e9toiles fixes ; et, en 1576, qu&rsquo;une com\u00e8te est pas\u00ads\u00e9e par la sph\u00e8re de Mars et celle de V\u00e9nus. D\u00e8s lors, il pol\u00e9mique durement contre l&rsquo;existence d&rsquo;orbes solides, l&rsquo;incorruptibilit\u00e9 des cieux (puisque des corps peuvent y appara\u00eetre et y dispara\u00eetre), la nature su\u00adblunaire des com\u00e8tes et toute la th\u00e9orie aristot\u00e9licienne du ciel et des m\u00e9t\u00e9ores.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La tendance s&rsquo;accentue encore au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle. Mais d\u00e9sormais ce sont des synth\u00e8ses nouvelles qui, comme au temps de Copernic, viennent s&rsquo;opposer au syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence. En 1604, Kepler explique les ph\u00e9nom\u00e8nes constat\u00e9s dans la chambre noire qui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, \u00e9tait une pi\u00e8ce aveugle, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;un petit ori\u00adfice laissant passer un filet de lumi\u00e8re, dans laquelle on faisait des relev\u00e9s astronomi\u00adques. Il d\u00e9montre sur ce mod\u00e8le la forma\u00adtion d&rsquo;une image r\u00e9elle sur la r\u00e9tine. Il ruine ainsi la conception aristot\u00e9licienne de la lumi\u00e8re, de la transparence et de la vision. Un peu apr\u00e8s, il \u00e9nonce ses deux premi\u00e8res lois : les corps c\u00e9lestes, libres de tout orbe, parcourent pour des raisons dynamiques des orbites elliptiques \u00e0 des vites\u00adses non constantes. C&rsquo;en est fini de l&rsquo;abso\u00adlue r\u00e9gularit\u00e9 et de la sph\u00e9ricit\u00e9 des mouvements du ciel, identifi\u00e9es \u00e0 sa perfec\u00adtion postul\u00e9e. En 1610, \u00e9clate le coup de tonnerre du message c\u00e9leste transmis par Galil\u00e9e ; tournant sa toute neuve lunette vers les astres, il voit des montagnes sur la Lune, constate que la voie lact\u00e9e se r\u00e9sout en une multitude d&rsquo;\u00e9toiles, d\u00e9couvre les satellites de Jupiter, et, continuant sur sa lanc\u00e9e, observe (avec Scheiner) des taches sur le Soleil, la forme oblongue de Saturne (qui sera plus tard identifi\u00e9e \u00e0 un anneau) et surtout les phases de V\u00e9nus : la plan\u00e8te tourne donc autour du Soleil, et le syst\u00e8me de Ptol\u00e9m\u00e9e est d\u00e9finitivement caduc. De plus, les corps c\u00e9lestes sont aussi irr\u00e9guliers que notre globe et, comme lui, Jupiter a des lunes : les coperniciens ont donc raison, les plan\u00e8tes sont des terres, et la Terre une plan\u00e8te. Galil\u00e9e en tire toutes les cons\u00e9quences, ce qui lui vaut une premi\u00e8re condamnation en 1616 par le Saint-Office, et une seconde beaucoup plus dure en 1633 \u00e0 la suite de son <em>Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes<\/em>.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Plus que jamais, la question d&rsquo;actualit\u00e9 devient celle d&rsquo;une th\u00e9orie unifi\u00e9e du mou\u00advement des corps terrestres et des corps c\u00e9lestes. D\u00e9j\u00e0 Kepler croit, \u00e0 tort, l&rsquo;avoir construite : l&rsquo;analyse aristot\u00e9licienne du mouvement, depuis le XIVe si\u00e8cle fort dis\u00adcut\u00e9e, est devenue intenable. En 1638, Ga\u00adlil\u00e9e fait para\u00eetre son <em>Discours sur deux nouvelles sciences<\/em> : il y jette les bases d&rsquo;une nouvelle dynamique, avec l&rsquo;id\u00e9e du mouve\u00adment inertiel, et son application \u00e0 la chute des corps et \u00e0 la trajectoire des projectiles. Dernier ouvrage d&rsquo;un novateur \u00e0 prendre express\u00e9ment \u00e0 partie Aristote en tant qu&rsquo;autorit\u00e9 reconnue, il marque la fin d&rsquo;une \u00e9poque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s lors, la conjoncture intellectuelle se transforme. D\u00e9j\u00e0 Descartes a dans ses ti\u00adroirs son Trait\u00e9 du Monde qu&rsquo;il n&rsquo;ose pu\u00adblier apr\u00e8s la condamnation de Galil\u00e9e et dont il reprendra dans les <em>Principes<\/em> les id\u00e9es essentielles ; et il vient de faire \u00e9diter son <em>Discours de la M\u00e9thode<\/em>, avec les opus\u00adcules qui l&rsquo;accompagnent. Il n&rsquo;est plus nomm\u00e9ment question d&rsquo;Aristote, m\u00eame s&rsquo;il reste souvent vis\u00e9. La Dioptrique part des conceptions optiques de Kepler pour les d\u00e9velopper ; quant aux M\u00e9t\u00e9ores, ils enta\u00adment l&rsquo;entreprise, poursuivie dans les <em>Prin\u00adcipes de la Philosophie<\/em> (1644), de rempla\u00adcer le corpus aristot\u00e9licien par un autre, offrant du monde une conception m\u00e9ca\u00adniste synth\u00e9tisant les donn\u00e9es de la toute nouvelle modernit\u00e9. C&rsquo;est d\u00e9sormais cette synth\u00e8se cart\u00e9sienne qui va servir, pour un demi-si\u00e8cle, de r\u00e9f\u00e9rence et de cible aux novateurs. Entre 1640 et 1690, on voit successivement Pascal sur le vide, Huy\u00adghens sur la lumi\u00e8re et le choc, Leibniz sur la dynamique, Newton sur les forces cen\u00adtrales, la lumi\u00e8re et les tourbillons, corriger Descartes ou le plus souvent pol\u00e9miquer contre les id\u00e9es qu&rsquo;il l\u00e8gue. Les math\u00e9mati\u00adques se perfectionnent vite, et commencent \u00e0 offrir les ressources de recoupements m\u00e9\u00adthodiques entre ph\u00e9nom\u00e8nes jusqu&rsquo;alors trait\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment. Et bien que les protago\u00adnistes aient chang\u00e9, le sc\u00e9nario demeure le m\u00eame, celui d&rsquo;un syst\u00e8me philosophique mis \u00e0 mal par sa confrontation avec des donn\u00e9es empiriques \u00e9labor\u00e9es math\u00e9mati\u00adquement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est un signe des temps que Newton ait intitul\u00e9 son \u0153uvre ma\u00eetresse <em>Principes ma\u00adth\u00e9matiques<\/em> <em>de la philosophie naturelle<\/em> (1687) : cette fois le rapport s&rsquo;inverse, et la math\u00e9matique prend le pas sur la philoso\u00adphie, en offrant \u00e0 sa place les bases d&rsquo;une description syst\u00e9matique du monde. Mais il faudra encore attendre avant que la physique n&rsquo;acqui\u00e8re sa pleine autonomie. Jusqu&rsquo;au XVIIIe si\u00e8cle, les d\u00e9couvertes prennent sens \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de synth\u00e8ses pour l&rsquo;essentiel philosophiques, qui elles-m\u00eames sont autant de prises de parti dans le contexte culturel et religieux. Cette d\u00e9\u00adpendance n&rsquo;est nullement une faiblesse \u00e9vi\u00adtable ; elle est due \u00e0 une insuffisante matu\u00adration, \u00e0 un d\u00e9veloppement encore lacunaire et parcellis\u00e9. Le recours \u00e0 la m\u00e9taphysique pallie le manque de r\u00e9ponse technique aux questions ouvertes, ou l&rsquo;im\u00adpuissance \u00e0 les transformer en questions simplement techniques. Descartes a besoin de Dieu pour donner \u00e0 son monde une chiquenaude initiale et le conserver dans l&rsquo;existence (nous ne parlons \u00e9videmment ici que du r\u00f4le interne qu&rsquo;il joue dans sa physique) ; Leibniz, pour en assurer la finalit\u00e9 et l&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie ; Newton, pour rendre compte de l&rsquo;action \u00e0 distance, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 plus besoin de le pr\u00e9supposer explicitement dans le syst\u00e8me. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s lui que la physique math\u00e9\u00admatique peut prendre le relais de la philo\u00adsophie de la nature.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il s&rsquo;en faut d&rsquo;ailleurs que l&rsquo;invocation m\u00e9taphysique ait \u00e9t\u00e9 simplement un pallia\u00adtif. Bien au contraire : l&rsquo;inqui\u00e9tude philoso\u00adphique et religieuse, l&rsquo;angoisse devant l&rsquo;ef\u00adfondrement de vieilles certitudes, ont \u00e9t\u00e9 une motivation essentielle pour nombre d&rsquo;acteurs de premier plan de la r\u00e9volution scientifique. Ce n&rsquo;est pas un hasard si Lu\u00adther et Copernic sont contemporains. La crise de l\u2019\u00c9glise fut aussi celle de sa repr\u00e9\u00adsentation philosophique du monde. Devant cette crise, tous deux ont la m\u00eame r\u00e9ac\u00adtion : ils reviennent, par-del\u00e0 toutes les in\u00adterpr\u00e9tations, directement au message divin, le r\u00e9formateur religieux aux \u00c9critures, le r\u00e9formateur de l&rsquo;astronomie au grand livre de la Cr\u00e9ation. Comment au surplus, sans une profonde conviction m\u00e9\u00adtaphysique, faire le pari fou qu&rsquo;il existe dans la nature, sous-jacent aux apparences, un ordre math\u00e9matique cach\u00e9 ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s qu&rsquo;on \u00e9tudie sur une longue p\u00e9riode les courants intellectuels \u00e0 l\u2019\u0153uvre, on se rend compte que le d\u00e9bat philosophique fut l&rsquo;un des moteurs directs du d\u00e9veloppement scientifique, et que sa configuration resta pendant pr\u00e8s de deux si\u00e8cles d&rsquo;une \u00e9ton\u00adnante stabilit\u00e9. Tout fut bon contre Aris\u00adtote ; toutes les traditions philosophiques concurrentes, tous les savoirs m\u00eame les plus \u00e9sot\u00e9riques furent invoqu\u00e9s. On manquait trop cruellement d&rsquo;alternative th\u00e9orique. On se r\u00e9clama au premier chef du plato\u00adnisme sous sa forme n\u00e9oplatonicienne ; il avait toujours \u00e9t\u00e9 op\u00e9rant chez les astrono\u00admes et les opticiens. Pour justifier sa qu\u00eate d&rsquo;un ordre harmonieux du monde, Copernic rappelle qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le plus parfait des artistes et le rang qu&rsquo;il assigne au Soleil va presque jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;h\u00e9liol\u00e2trie. Kepler s&rsquo;aventure plus loin encore : son hypoth\u00e8se initiale d\u00e9crit un cosmos dont les proportions internes sont tir\u00e9es des cinq poly\u00e8dres r\u00e9guliers ; le Dieu chr\u00e9tien use des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments que le d\u00e9miurge du Tim\u00e9e, le grand dialogue cosmologique de Platon. Ce finalisme se retrouvera jusque chez Leibniz et m\u00eame Newton, quand il avance l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;espace est le sen\u00adsorium divin, ce qui implique que Dieu est sensible \u00e0 tout ce qui s&rsquo;y passe. Mieux encore : le panpsychisme n\u00e9o-platonicien \u2014 l&rsquo;id\u00e9e que le monde est un grand vivant, dou\u00e9 d&rsquo;une \u00e2me, et que les choses en sont \u00e9galement pourvue \u2014 retrouve une nou\u00advelle vigueur. Tycho-Brah\u00e9, Giordano Bruno, Kepler crurent aux \u00e2mes des plan\u00e8\u00adtes ou du monde ; bien apr\u00e8s eux, et malgr\u00e9 le m\u00e9canisme de Descartes, Leibniz conti\u00adnue \u00e0 penser que le monde est plein d&rsquo;\u00e2mes, auxquelles il assimile les forces \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la dynamique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jusqu&rsquo;\u00e0 Descartes (et cela se poursuivit apr\u00e8s lui), le monde \u00e9tait peupl\u00e9 de signes et de symboles dou\u00e9s d&rsquo;une efficace physi\u00adque. L&rsquo;un des ressorts de la recherche \u00e9tait la qu\u00eate des analogies et des correspondan\u00adces livrant les secrets de la nature. Le XVIe si\u00e8cle surtout est l&rsquo;\u00e2ge des savoirs comme la magie naturelle, l&rsquo;astrologie et l&rsquo;alchimie. On peut les appeler savoirs, parce qu&rsquo;ils \u00e9taient pleinement int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la culture du temps, en tant que sp\u00e9cialit\u00e9s de praticiens, et qu&rsquo;ils ne furent pas sans f\u00e9condit\u00e9. Les recettes de magie naturelle qui, apr\u00e8s celle de Marsile Ficin, le philosophe florentin de la Renaissance, firent la gloire de Porta n&rsquo;\u00e9taient pas toutes fausses : par exemple, le dispositif de la chambre noire, utilis\u00e9 par Porta comme un artifice de prestidigita\u00adtion, inspira Kepler en optique ; l&rsquo;astrologie fit vivre Tycho-Brah\u00e9 et Kepler, et appela du premier des observations plus exactes, et du second une r\u00e9flexion pouss\u00e9e sur l&rsquo;harmonie du monde ; quant \u00e0 l&rsquo;alchimie, \u00e0 laquelle on doit une premi\u00e8re couche d&rsquo;acquis proprement chimiques, elle s&rsquo;int\u00e9\u00adgrait aux id\u00e9es m\u00e9dicales du temps, et fut pratiqu\u00e9e par Tycho-Brahe et, \u00f4 surprise, beaucoup plus assid\u00fbment encore par Newton. Tous ces savoirs reposaient sur l&rsquo;\u00e9tude des affinit\u00e9s naturelles mettant en \u0153uvre des forces cach\u00e9es, analogues \u00e0 des \u00e2mes formatrices ou d\u00e9sirantes, et fournirent nombre d&rsquo;aliments intellectuels aux adversaires du m\u00e9canisme, qui lui-m\u00eame s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9 en partie contre eux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On voit que parmi les novateurs les plus marquants notre conception de la scientifi\u00adcit\u00e9 \u00e9tait loin d&rsquo;\u00eatre acquise. Ceux qui s&rsquo;en rapprochent le plus sont Galil\u00e9e et ses disciples, auxquels on peut joindre Pascal. Quand on regarde les choses de pr\u00e8s, on se rend compte qu&rsquo;ils ne furent pas des positi\u00advistes avant la lettre, mais qu&rsquo;ils perp\u00e9tuent sur de nouveaux objets une tradition issue d&rsquo;Archim\u00e8de, traitant les questions de phy\u00adsique comme autant de probl\u00e8mes math\u00e9\u00admatiques partiels. De m\u00eame, quand quel\u00adqu&rsquo;un comme Bacon invoque l&rsquo;exp\u00e9rience, il pense d&rsquo;abord \u00e0 la m\u00e9decine et \u00e0 son courant empirique : il convient de se m\u00e9fier des transpositions anachroniques. Pour ne rien dire des \u00c9picuriens comme Gassendi, qui ne sont pas des mat\u00e9rialistes moder\u00adnes&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La science classique n&rsquo;est pas n\u00e9e d&rsquo;une m\u00e9thode, encore moins d&rsquo;une seule \u00e9cole, mais d&rsquo;un long d\u00e9bat \u00e0 plusieurs voix entre courants philosophiques oppos\u00e9s, faisant appel, pour concevoir un nouvel ordre du monde, \u00e0 toutes les ressources intellectuel\u00adles dont disposait leur temps. Et si cet ordre finit par \u00eatre math\u00e9matique, ce fut pour une raison contingente \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des moti\u00advations des acteurs. Ce monde nouveau, parti de l&rsquo;astronomie et de l&rsquo;optique qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 sciences de math\u00e9maticiens, exigea vite un renouvellement de la th\u00e9orie du mouvement pouvant int\u00e9grer la nou\u00advelle astronomie : cela aboutit \u00e0 la perc\u00e9e d\u00e9cisive de la dynamique. Avec elle, et seulement \u00e0 partir de Newton, la cl\u00f4ture en syst\u00e8me autosuffisant devint partiellement possible, et notre arch\u00e9type des sciences dures \u00bb commen\u00e7a \u00e0 se d\u00e9gager. Mais il s&rsquo;\u00e9coula encore un si\u00e8cle avant Laplace, et son d\u00e9daigneux rejet de toute hypoth\u00e8se m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\">*** ***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>G\u00e9rard Simon (1931-2009), est un historien des sciences fran\u00e7ais. Ancien \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, il fut professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Lille III. Sous la direction de Ferdinand Alqui\u00e9, il a consacr\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat \u00e0 Kepler, Structures de pens\u00e9es et objets de savoir chez Kepler (publi\u00e9e en 1979 chez Gallimard sous le titre Kepler astronome astrologue).<\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><strong>L&rsquo;originalit\u00e9 de G\u00e9rard Simon est de proposer une pratique de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie et de l&rsquo;histoire des sciences aux antipodes de celle de Gaston Bachelard. Pour G\u00e9rard Simon, l&rsquo;inscription culturelle des sciences est fondamentale\u00a0: son travail ne consiste pas \u00e0 opposer une alchimie pr\u00e9scientifique \u00e0 une chimie devenue scientifique en insistant sur une coupure \u00e9pist\u00e9mologique. Au contraire, il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9tudier un savoir en devenir, qui peut prendre la forme de l&rsquo;alchimie \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e, puis de la chimie \u00e0 partir d&rsquo;une certaine \u00e9poque. En Kepler, il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;opposer l&rsquo;astrologue et l&rsquo;astronome, puisque les deux coexistent ensemble. Il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9tudier les conditions de possibilit\u00e9, les structures du savoir consacr\u00e9 aux astres au d\u00e9but du XVIIe\u00a0si\u00e8cle\u00a0: ce savoir prend parfois la forme de l&rsquo;astrologie, parfois de l&rsquo;astronomie. Certains travaux (r\u00e9daction d&rsquo;almanachs et de calendriers) n\u00e9cessitent d&rsquo;ailleurs une comp\u00e9tence d&rsquo;astronome jointe \u00e0 une comp\u00e9tence d&rsquo;astrologue.<\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><strong>La pratique historienne de G\u00e9rard Simon a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9habiliter le travail du Kepler astrologue, trop souvent ni\u00e9 par l&rsquo;historiographie positiviste. En refusant de s\u00e9parer l&rsquo;astrologue de l&rsquo;astronome, G\u00e9rard Simon offre enfin aux historiens le moyen de comprendre ces \u0153uvres magistrales que sont le Mysterium cosmographicum (1596) et l&rsquo;Harmonice Mundi (1619).<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"JUSTIFY\">(Extrait de Wikipedia)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;en faut d&rsquo;ailleurs que l&rsquo;invocation m\u00e9taphysique ait \u00e9t\u00e9 simplement un pallia\u00adtif. Bien au contraire : l&rsquo;inqui\u00e9tude philoso\u00adphique et religieuse, l&rsquo;angoisse devant l&rsquo;ef\u00adfondrement de vieilles certitudes, ont \u00e9t\u00e9 une motivation essentielle pour nombre d&rsquo;acteurs de premier plan de la r\u00e9volution scientifique. Ce n&rsquo;est pas un hasard si Lu\u00adther et Copernic sont contemporains. La crise de l\u2019\u00c9glise fut aussi celle de sa repr\u00e9\u00adsentation philosophique du monde. Devant cette crise, tous deux ont la m\u00eame r\u00e9ac\u00adtion : ils reviennent, par-del\u00e0 toutes les in\u00adterpr\u00e9tations, directement au message divin, le r\u00e9formateur religieux aux \u00c9critures, le r\u00e9formateur de l&rsquo;astronomie au grand livre de la Cr\u00e9ation. Comment au surplus, sans une profonde conviction m\u00e9\u00adtaphysique, faire le pari fou qu&rsquo;il existe dans la nature, sous-jacent aux apparences, un ordre math\u00e9matique cach\u00e9 ?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14734,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1199],"tags":[],"class_list":["post-14732","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-science-religion"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Quand la science \u00e9tait m\u00e9taphysicienne par G\u00e9rard Simon - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/quand-la-science-etait-metaphysicienne-par-gerard-simon\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Quand la science \u00e9tait m\u00e9taphysicienne par G\u00e9rard Simon - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Il s&#039;en faut d&#039;ailleurs que l&#039;invocation m\u00e9taphysique ait \u00e9t\u00e9 simplement un pallia\u00adtif. 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Bien au contraire : l'inqui\u00e9tude philoso\u00adphique et religieuse, l'angoisse devant l'ef\u00adfondrement de vieilles certitudes, ont \u00e9t\u00e9 une motivation essentielle pour nombre d'acteurs de premier plan de la r\u00e9volution scientifique. Ce n'est pas un hasard si Lu\u00adther et Copernic sont contemporains. La crise de l\u2019\u00c9glise fut aussi celle de sa repr\u00e9\u00adsentation philosophique du monde. Devant cette crise, tous deux ont la m\u00eame r\u00e9ac\u00adtion : ils reviennent, par-del\u00e0 toutes les in\u00adterpr\u00e9tations, directement au message divin, le r\u00e9formateur religieux aux \u00c9critures, le r\u00e9formateur de l'astronomie au grand livre de la Cr\u00e9ation. 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