{"id":16084,"date":"2014-05-14T14:36:10","date_gmt":"2014-05-14T13:36:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16084"},"modified":"2014-05-14T14:36:10","modified_gmt":"2014-05-14T13:36:10","slug":"gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/","title":{"rendered":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. No 50. Novembre-D\u00e9cembre 1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Dans le pr\u00e9sent article, James Moore a ramass\u00e9 les principaux \u00e9l\u00e9ments de son livre : GURDJIEFF AND MANSFIELD, Londres et Bos\u00adton, 1980. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab La France \u00bb, a \u00e9crit Gurdjieff, \u00ab est pour moi&#8230; comme mon pays natal \u00bb. C&rsquo;est l\u00e0, en effet, qu&rsquo;il a v\u00e9cu, \u00e9crit, enseign\u00e9 pendant 27 ans et, cependant, nulle part il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 plus n\u00e9glig\u00e9 ni plus mal compris. La naissance et le d\u00e9veloppement trop facile de la l\u00e9gende de Katherine Mansfield <a id=\"Y1\" href=\"#X1\">[1]<\/a> supposaient un Gurdjieff malfaisant, voire d\u00e9moniaque. Des posi\u00adtions ont \u00e9t\u00e9 prises et fermement maintenues. Les Lettres de Katherine Mansfield, qui n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 tra\u00adduites qu&rsquo;en juillet 1931, ont imm\u00e9diatement provo\u00adqu\u00e9 la publication d&rsquo;un article anonyme dans l&rsquo;Ac\u00adtion Fran\u00e7aise du 9 ao\u00fbt suivant, o\u00f9 l&rsquo;on d\u00e9plorait la mort de K.M. au sein d&rsquo;une \u00ab colonie th\u00e9oso\u00adphique \u00bb. En 1933, Fran\u00e7ois Mauriac, misant sur des ou\u00ef-dire et sur une prise de position a priori, ren\u00adfor\u00e7ait ce point de vue du poids consid\u00e9rable de son autorit\u00e9. En 1950, Roland Merlin, dans <em>Le Drame Secret de Katherine Mansfield<\/em>, d\u00e9crivait les derniers jours de Katherine Mansfield au Prieur\u00e9 en un r\u00e9cit haut en couleurs, assorti de nombreuses absurdit\u00e9s, tant histo\u00adriques que psychologiques. En 1954, pour conclure, Louis Pauwels publie son monumental (et inqui\u00e9tant) <em>Monsieur Gurdjieff<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que nous connaissons, chez les Fran\u00e7ais, d&rsquo;une cer\u00adtaine avidit\u00e9 pour le m\u00e9lodrame litt\u00e9raire, de leur besoin de m\u00e9nager la sensibilit\u00e9 catholique et de leur in\u00e9vitable tendance au rationalisme, peuvent nous aider \u00e0 comprendre leur attitude indiff\u00e9rente due envers Gurdjieff, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du Prieur\u00e9, et pourquoi, dans certains milieux, ces \u00e9l\u00e9ments contribuent encore \u00e0 d\u00e9finir Gurd\u00adjieff, comme \u00ab l&rsquo;homme qui a tu\u00e9 Katherine Mansfield \u00bb. C&rsquo;est une version d\u00e9mentie sans r\u00e9serve par les \u00e9tudes publi\u00e9es par la suite <a id=\"Y2\" href=\"#X2\">[2]<\/a> et contraire \u00e0 l&rsquo;image que l&rsquo;intui\u00adtion juste a toujours sugg\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Katherine Mansfield et Georges Ivanovitch Gurdjieff se sont rencontr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois le mardi 17 octobre 1922, \u00e0 Fontainebleau. Tr\u00e8s peu de temps auparavant, Gurdjieff s&rsquo;y \u00e9tait lui-m\u00eame install\u00e9, avec tout le cort\u00e8ge des difficult\u00e9s qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9es. \u00ab Quand je franchis le seuil du ch\u00e2teau du Prieur\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait comme si j&rsquo;\u00e9tais accueilli par madame grave probl\u00e8me en personne \u00bb : il lui fallait tout \u00e0 la fois b\u00e2tir, enseigner, cr\u00e9er des danses, les faire r\u00e9p\u00e9ter, administrer, conseiller, et payer de sa poche pour l&rsquo;ensemble.<strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Se voir en totalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et voil\u00e0 que, tout \u00e0 coup, \u2014 c&rsquo;\u00e9tait le bouquet \u2014, surgissait Katherine Mansfield. \u00ab M. Gurdjieff n&rsquo;est pas du tout comme je pensais \u00bb, \u00e9crit Katherine, \u00ab il est comme on veut vraiment le trouver. Mais je suis absolument s\u00fbre qu&rsquo;il peut me mettre sur la bonne voie en toutes circons\u00adtances&#8230; \u00bb Et maintenant qu&rsquo;il l&rsquo;avait accept\u00e9e, quel poids pour Gurdjieff : le terrible diagnostic des m\u00e9decins, le probl\u00e8me des soins intensifs, \u00e0 lui assurer la mise en p\u00e9ril de son Institut par la mort d&rsquo;une femme c\u00e9l\u00e8bre&#8230; \u00c9videmment, il avait pr\u00e9vu ces difficult\u00e9s, les avait mises en balance avec le besoin de Katherine et, tout bien pes\u00e9, les avait \u00e9cart\u00e9es. \u00ab Pour cela \u00bb, \u00e9crit Ous\u00adpensky, \u00ab il a re\u00e7u, au cours des ann\u00e9es, et avec les int\u00e9r\u00eats, son plein salaire de mensonges et de calom\u00adnies \u00bb. (<em>Fragments d&rsquo;un Enseignement inconnu<\/em>.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lettres de Katherine Mansfield sont remplies d&rsquo;appr\u00e9\u00adciations favorables : les \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;Institut n&rsquo;\u00e9taient pas du tout semblables aux gens qu&rsquo;elle avait connus aupa\u00adravant ; les hommes et les femmes plus avanc\u00e9s, \u00e9taient vraiment admirables et elle \u00e9tait entour\u00e9e d&rsquo;une extraordinaire sympathie, telle qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait jamais connue dans le monde ext\u00e9rieur. Chacune de ses journ\u00e9es \u00e9taient v\u00e9cues d&rsquo;instant en instant. \u00c0 trente-quatre ans elle commen\u00e7ait son \u00e9ducation : elle avait plus appris au Prieur\u00e9 en une semaine que pendant des ann\u00e9es l\u00e0-bas : il n&rsquo;existait pas un autre endroit au monde o\u00f9 l&rsquo;on pou\u00advait apprendre autant qu&rsquo;ici : \u00ab Ici est le lieu o\u00f9 chacun est vu en totalit\u00e9, aussi bien psychologiquement que physiquement. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les mains de l&rsquo;immortalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9loge est un genre perfide. Il incite au scepticisme et m\u00eame \u00e0 la d\u00e9rision. Mais le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que le Prieur\u00e9 a sorti la malade de l&rsquo;impasse de l&rsquo;h\u00f4tel, l&rsquo;\u00e9crivain de son bureau, et il l&rsquo;a ramen\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re du jour o\u00f9 des \u00eatres humains v\u00e9ritables affron\u00adtaient des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els. C&rsquo;est dans ce monde nou\u00adveau et \u00e9trange qu&rsquo;est entr\u00e9e une Katherine engag\u00e9e : un jour responsable des \u0153illets dans la maison, un jour \u00e0 la cuisine, fi\u00e8re de passer une matin\u00e9e enti\u00e8re avec trois carottes : \u00ab Mes mains \u00bb, se plaint-elle triomphalement, \u00ab sont maintenant ab\u00eem\u00e9es par les carottes que j&rsquo;ai grat\u00adt\u00e9es. \u00bb Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une rude \u00e9preuve mais une lib\u00e9ra\u00adtion. \u00ab Cette fa\u00e7on de vivre me prouve \u00e0 quel point les docteurs peuvent se tromper stupidement&#8230; Quand je me rappelle l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, avec ce lit dans le coin, jour apr\u00e8s jour, semaine apr\u00e8s semaine, et ces pla\u00adteaux&#8230; \u00bb Gurdjieff lui-m\u00eame eut vite fait d&rsquo;int\u00e9grer Katherine \u00e0 la vie du Prieur\u00e9, dont le centre \u00e9tait la cuisine. Elle regardait, absorb\u00e9e : \u00ab Nina, une grande fille v\u00eatue d&rsquo;un tablier noir, tr\u00e8s jolie, broie quelque chose dans un mortier. La deuxi\u00e8me cuisini\u00e8re hache de petits morceaux sur la table, fait cogner les casseroles et chante. Une autre entre et sort de la pi\u00e8ce en courant, portant des plats et des pots ; dans l&rsquo;arri\u00e8re-cuisine, un homme fait la vaisselle ; le chien aboie, se couche par terre et mordille un petit balai. Une petite fille entre avec un bouquet de feuilles pour Olga Ivanovna <a id=\"Y3\" href=\"#X3\">[3]<\/a>. M. Gurdjieff entre \u00e0 grands pas, attrape une poign\u00e9e de feuilles de choux coup\u00e9es en lamelles et les mange&#8230; Il y a au moins vingt casseroles sur le feu ; et le tout est si plein de vie et d&rsquo;humour et de bien-\u00eatre, que personne n&rsquo;a envie d&rsquo;\u00eatre nulle part ailleurs. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout ceci correspond bien mal \u00e0 des arguments en faveur d&rsquo;un r\u00e9quisitoire quelque peu s\u00e9rieux. Apr\u00e8s une longue journ\u00e9e de travail, Gurdjieff enseignait les Mouvements et les Danses Sacr\u00e9es. Il \u00e9tait debout devant ses \u00e9l\u00e8ves, assumant son r\u00f4le avec sa mani\u00e8re d&rsquo;imposer, d&rsquo;exiger. Nuit apr\u00e8s nuit, Katherine Mans\u00adfield est l\u00e0. Elle regarde. Hi\u00e9ratique, inexplicable, elle est assise sur la chaise la plus proche du feu, au salon. \u00c9l\u00e9gante dans la simplicit\u00e9 de sa robe, le visage plein d&rsquo;intensit\u00e9, avec juste assez de rouge pour relever sa p\u00e2leur. \u00c0 ses grands yeux intelligents aucune nuance n&rsquo;\u00e9chappe. Il est minuit. \u00ab Kto hochet spat \u00bb, crie Gurd\u00adjieff, \u00ab mojet itti spat \u00bb. Qui veut dormir va dormir. Mais Katherine ne bouge pas. Elle restera jusqu&rsquo;\u00e0 une heure, deux heures, elle, une femme qui peut \u00e0 peine marcher, absorb\u00e9e par des danses qui vont jusqu&rsquo;\u00e0 la limite des possibilit\u00e9s physiques. En sentait-elle le contenu reli\u00adgieux ? Participait-elle aux exercices int\u00e9rieurs ? S&rsquo;effor\u00ad\u00e7ait-elle de suivre les multiplications complexes ? Nous savons bien que oui. \u00ab Elle regardait avec une telle ardeur \u00bb, se rappelle Olgivanna, \u00ab qu&rsquo;elle semblait faire mentalement les mouvements avec les autres \u00bb. Quel \u00e9trange contraste : de la chambre 52 de l&rsquo;H\u00f4tel D\u00e9lect \u00e0 Fontainebleau, \u00eatre transport\u00e9e au Kashgaria, au Tibet, au Chitral, aux monast\u00e8res du Kisil-Djan et de Souxari, au temple de la m\u00e9decine de Sari, au sanctuaire de Houdankr !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Critique s\u00e9lective<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ses propres \u00e9crits au Mouvement des \u00ab Trente gestes \u00bb ou au \u00ab canon de Sept \u00bb, invraisemblable m\u00e9ta\u00admorphose. Katherine \u00e9tait sensible \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 et \u00e0 la valeur de celle-ci. Elle parle d&rsquo;une danse ancienne assy\u00adrienne extraordinaire. \u00ab Je n&rsquo;ai pas de mots pour la d\u00e9crire. La voir semble changer tout mon \u00eatre pour un moment. \u00bb Mais un des Mouvements qui lui apportait un message sp\u00e9cial, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00ab Initiation de la pr\u00eatresse \u00bb, fragment d&rsquo;un myst\u00e8re. Il provenait d&rsquo;un temple souter\u00adrain de l&rsquo;Hindu Kush. La femme de Gurdjieff, Madame Ostrowska, dansait le r\u00f4le de la grande pr\u00eatresse. Tou\u00adch\u00e9e par cette influence, Katherine commen\u00e7a \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer le sens et la vraie fonction de l&rsquo;\u00e9crivain. Sa critique commen\u00e7a l\u00e0 o\u00f9 toute bonne critique commence : par la sienne propre. Katherine sentit qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une cam\u00e9ra s\u00e9lective, inconsciente et, par l\u00e0 m\u00eame, nuisible. Elle avait une nouvelle vision des choses. Elle donnerait le dernier mot aux h\u00e9ros, rendant les vertus les plus courantes aussi attrayantes que le sont habituel\u00adlement les vices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que penser de tout cela? Bien des gens qui proposent une th\u00e9orie litt\u00e9raire ne sont pas des \u00e9crivains \u2014 bien des \u00e9crivains ne sont pas des critiques litt\u00e9raires. Katherine qui, certes, savait comment \u00e9crire, \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 une conception audacieuse et tr\u00e8s gurdjieffienne. Mais pour en faire la preuve, il fallait du temps et ce n&rsquo;\u00e9tait pas vers des \u00e9diteurs que se pr\u00e9cipitait le destin de Katherine Mansfield. Au plus profond d&rsquo;elle-m\u00eame, elle savait s\u00fbrement qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait plus pour longtemps \u00e0 vivre. La question de l&rsquo;immortalit\u00e9 \u00e9tait sa v\u00e9ritable pr\u00e9occupation et non pas la recherche d&rsquo;un nouveau style.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Repos<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une immortalit\u00e9 pr\u00e9cieuse, car elle ne peut \u00eatre atteinte facilement, mais n&rsquo;est pas non plus du domaine de l&rsquo;im\u00adpossible. \u00ab Plus que jamais je sens que je peux d\u00e9velop\u00adper une vie en moi, que la mort ne d\u00e9truira pas. \u00bb C&rsquo;est une \u00e9norme affirmation \u00e0 laquelle Olgivanna r\u00e9pondra : \u00ab Il n&rsquo;y a pas de mort pour un \u00eatre comme vous, qui per\u00e7oit la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9carter la mort le moment venu. \u00bb Entre-temps, autour d&rsquo;elle, la vie continuait \u00e0 bourdon\u00adner, riche de tressaillements et de palpitations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Katherine \u00e9tait enthousiasm\u00e9e par les vaches. \u00ab Je dois vous dire &#8230; que mon amour pour les vaches persiste. Nous avons maintenant&#8230; de vraies merveilles, \u00e9normes, avec des petits cheveux fris\u00e9s, de la fourrure, de la laine entre les cornes. \u00bb C&rsquo;est ainsi que, fin novembre, Gurd\u00adjieff lui am\u00e9nagea dans l&rsquo;\u00e9table un endroit de repos. Une pol\u00e9mique compliqu\u00e9e a fait entrer cette \u00e9table dans l&rsquo;histoire, place qu&rsquo;aucune autre \u00e9table n&rsquo;avait connue depuis deux mille ans !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici ce qu&rsquo;en dit Katherine : \u00ab Je dois vous parler de ce sofa que M. Gurdjieff a fait installer dans l&rsquo;\u00e9table. C&rsquo;est vraiment trop beau. Des marches raides m\u00e8nent \u00e0 une petite galerie \u00e0 balustrade qui domine les vaches. Sur cette petite galerie, des divans sont recouverts de tapis persans (seulement deux divans). Mais les murs blanchis \u00e0 la chaux et le plafond ont \u00e9t\u00e9 peints par M. de Salzmann avec la plus grande d\u00e9licatesse, des des\u00adsins de style oriental en jaune, rouge et bleu ; des fleurs, de petits oiseaux, des papillons et un arbre avec des branches sur lesquelles il y a des animaux, et m\u00eame un hippopotame. Mais&#8230; le tout est fait avec un art authen\u00adtique. C&rsquo;est un petit chef-d\u2019\u0153uvre. Et le tout, si gai, si simple, rappelle les herbes folles et les esp\u00e8ces de fleurs qui sentent le lait ! C&rsquo;est l\u00e0 que je viens me reposer tous les jours, et plus tard j&rsquo;irai y dormir. Il y fait bien chaud. On se sent tr\u00e8s heureux \u00e0 \u00e9couter et \u00e0 regarder les b\u00eates. Je sais qu&rsquo;un jour j&rsquo;\u00e9crirai une longue histoire sur ce sujet. \u00bb <a id=\"Y4\" href=\"#X4\">[4]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle est rest\u00e9e couch\u00e9e pendant les derniers jours de sa vie, en compagnie du bruit rythm\u00e9 des vaches qui ruminaient, de l&rsquo;odeur douce et apaisante du foin. Parfois, Gurdjieff venait lui parler, il se reposait en trayant du lait de ch\u00e8vre pour elle. \u00ab Maintenant \u00bb, disait-il, \u00ab vous devez ob\u00e9ir \u00e0 deux docteurs, Docteur \u00c9table et Docteur Lait frais. Ne pas penser, ne pas \u00e9crire. Repos, repos. Vivez \u00e0 nouveau dans votre corps \u00bb. L&rsquo;hiver \u00e9tait froid : que pouvait-il faire de mieux que de la mettre dans une chambre o\u00f9 il faisait chaud ? Si l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00e9table para\u00eet incongrue, Katherine Mansfield elle-m\u00eame aurait-elle pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un h\u00f4tel ou un lit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital pour y terminer sa vie ? Si la chaleur humaine et les Danses sacr\u00e9es propres \u00e0 l&rsquo;Institut lui apportaient une force int\u00e9rieure, Gurdjieff pouvait-il la chasser ? Si, par moments, elle se nourrissait d&rsquo;un espoir insens\u00e9, \u00e9tait-ce son r\u00f4le de la d\u00e9tromper ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;in\u00e9luctable<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cause premi\u00e8re de la mort de Katherine Mansfield est que la mort est in\u00e9luctable ; la cause physique est le bacille de la tuberculose <a id=\"Y5\" href=\"#X5\">[5]<\/a> ; et la cause finale est un mys\u00adt\u00e8re primordial. Mais nous avons peut-\u00eatre un indice sur la cause efficiente : elle est morte lors de la visite de son mari. Par une courte journ\u00e9e d&rsquo;hiver, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, le 9 janvier 1923, John Middleton Murry a fran\u00adchi les portes du Prieur\u00e9. D\u00e8s qu&rsquo;il e\u00fbt pos\u00e9 son regard sur Katherine, il sentit qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 en elle quelque chose de d\u00e9cisif&#8230; Elle semblait transform\u00e9e par l&rsquo;amour et totalement rassur\u00e9e. Pendant un moment, son scepti\u00adcisme inn\u00e9 et son hostilit\u00e9 vacill\u00e8rent. \u00ab Il y avait un m\u00e9lange de simplicit\u00e9 et de s\u00e9rieux chez les gens que j&rsquo;ai rencontr\u00e9s l\u00e0-bas, s\u00e9par\u00e9ment et dans leur ensemble, qui m&rsquo;a profond\u00e9ment impressionn\u00e9. \u00bb Apr\u00e8s un d\u00eener servi \u00e0 Murry et \u00e0 Katherine dans sa chambre, qui donnait sur le \u00ab corridor du Ritz \u00bb, ils all\u00e8rent au salon regarder les Danses Sacr\u00e9es. Katherine arrive, blanche comme un linge, l&rsquo;air \u00e9gar\u00e9, \u00e9trange, et s\u2019assoit \u00e0 sa place cou\u00adtumi\u00e8re, pr\u00e8s du feu. \u00ab Je veux de la musique. Pourquoi ne commencent-ils pas ? Il est tard&#8230; \u00bb Elle voulait avant tout \u00ab l&rsquo;Initiation de la Pr\u00eatresse \u00bb et, pour Katherine, certes, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 bien tard. Pour la derni\u00e8re fois, la danse commen\u00e7a, celle \u00e0 laquelle elle aurait tant voulu participer. \u00ab Si seulement je pouvais avoir une petite place dans ce groupe, comme j&rsquo;en serais reconnaissante. \u00bb Comme les sons de la musique de Gurdjieff montaient et vibraient, ses yeux, qui semblaient voir \u00e0 travers et au-del\u00e0 des danseurs, re\u00e7urent leurs derni\u00e8res impressions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 dix heures, la classe retourna au Study House pour commencer la s\u00e9ance de travail de la nuit, et Katherine remonta dans sa chambre. Dans l&rsquo;escalier, elle fut saisie par une h\u00e9morragie et malgr\u00e9 les soins imm\u00e9diats de trois m\u00e9decins, elle quitta ce monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame de nos jours, la relation Gurdjieff-Katherine Mansfield reste un myst\u00e8re insaisissable. \u00ab Le temps \u00bb, dit Gurdjieff, \u00ab est l&rsquo;archi-subjectif \u00bb. \u00ab Savez-vous \u00bb, demande Olgivanna \u00e0 Katherine, en d\u00e9cembre, \u00ab que vous \u00eates ici depuis plus de deux mois ? \u00bb Deux mois ! Vous voulez dire deux mille ans ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De l&rsquo;auteur isol\u00e9e et pleine d&rsquo;amertume qui \u00e9crivait Dans une pension allemande, \u00e0 l&rsquo;\u00eatre transform\u00e9 par amour, tout \u00e0 fait apais\u00e9, c&rsquo;est une v\u00e9ritable m\u00e9tamorphose. Katherine n&rsquo;est pas all\u00e9e au Prieur\u00e9 accidentellement. Sa qualit\u00e9, son intervention, son but, contenaient d\u00e9j\u00e0 en eux le germe d&rsquo;une vraie compr\u00e9hension. Ce n&rsquo;est pas dans le sens ordinaire que Gurdjieff est devenu son Ma\u00eetre. Mais que de tr\u00e8s loin, et en dernier lieu, elle ait reconnu en lui \u00ab un homme sans guillemets \u00bb, voil\u00e0 qui est vraiment lourd de sens.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"X1\" href=\"#Y1\">[1]<\/a> Voir : <em>Katherine Mansfield en France<\/em>, par J.O. Miller. (Th\u00e8se de Doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 de Strasbourg, 1966.)<br \/>\n<em>Gen\u00e8se et d\u00e9veloppement de la l\u00e9gende de Katherine Mansfield en France<\/em>, par Christiane Mortelier. (M\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9 au 12<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s A.U.L.L.A. \u00e0 Perth, Australie, en f\u00e9vrier 1969.)<br \/>\n<a id=\"X2\" href=\"#Y2\">[2]<\/a> Voir : <em>La Vie de Katherine Mansfield<\/em> (Londres, Cape, 1980) par Antony Alpers, o\u00f9 dans le chapitre XXI il renonce aux critiques de sa biographie ant\u00e9rieure, parue en 1954.<br \/>\n<em>Gurdjieff et Mansfield<\/em> (Londres et Boston, Routledge &amp; Kegan Paul, 1980) par James Moore : une \u00e9tude tr\u00e8s pouss\u00e9e.<br \/>\n<a id=\"X3\" href=\"#Y3\">[3]<\/a> Olgivanna (plus tard Mme Frank Lloyd Wright) \u00e9tait l&rsquo;une des personnes d\u00e9sign\u00e9es par Gurdjieff pour aider Katherine Mansfield. Voir : <em>Les derniers jours de Katherine Mansfield<\/em>, The Bookman (New York), LXXIII (1) : 6-13 mars 1931.<br \/>\n<a id=\"X4\" href=\"#Y4\">[4]<\/a> Pour un approfondissement de ses id\u00e9es, voir : \u00ab Entretiens avec Katherine Mansfield \u00e0 Fontainebleau \u00bb, par A.R. Orage : The Century Magazine (New York), CIX (1) : 36-40, novembre 1924.<br \/>\n<a id=\"X5\" href=\"#Y5\">[5]<\/a> Voir : <em>La Maladie de Katherine Mansfield<\/em>, par le Dr Brice Clark MD. (London), Proceedings of the Royal Society of Medecine, vol. 48, avril 1955, p. 1029-32. Une tuberculose pulmonaire, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pratiquement incurable, avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9e en 1911.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et voil\u00e0 que, tout \u00e0 coup, \u2014 c\u2019\u00e9tait le bouquet \u2014, surgissait Katherine Mansfield. \u00ab M. Gurdjieff n\u2019est pas du tout comme je pensais \u00bb, \u00e9crit Katherine, \u00ab il est comme on veut vraiment le trouver. Mais je suis absolument s\u00fbre qu\u2019il peut me mettre sur la bonne voie en toutes circons\u00adtances\u2026 \u00bb Et maintenant qu\u2019il l\u2019avait accept\u00e9e, quel poids pour Gurdjieff : le terrible diagnostic des m\u00e9decins, le probl\u00e8me des soins intensifs, \u00e0 lui assurer la mise en p\u00e9ril de son Institut par la mort d\u2019une femme c\u00e9l\u00e8bre\u2026 \u00c9videmment, il avait pr\u00e9vu ces difficult\u00e9s, les avait mises en balance avec le besoin de Katherine et, tout bien pes\u00e9, les avait \u00e9cart\u00e9es. \u00ab Pour cela \u00bb, \u00e9crit Ous\u00adpensky, \u00ab il a re\u00e7u, au cours des ann\u00e9es, et avec les int\u00e9r\u00eats, son plein salaire de mensonges et de calom\u00adnies \u00bb. (Fragments d\u2019un Enseignement inconnu.)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16117,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1014],"tags":[864,1241],"class_list":["post-16084","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essais","tag-gurdjieff","tag-katherine-mansfield"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Et voil\u00e0 que, tout \u00e0 coup, \u2014 c\u2019\u00e9tait le bouquet \u2014, surgissait Katherine Mansfield. \u00ab M. Gurdjieff n\u2019est pas du tout comme je pensais \u00bb, \u00e9crit Katherine, \u00ab il est comme on veut vraiment le trouver. Mais je suis absolument s\u00fbre qu\u2019il peut me mettre sur la bonne voie en toutes circons\u00adtances\u2026 \u00bb Et maintenant qu\u2019il l\u2019avait accept\u00e9e, quel poids pour Gurdjieff : le terrible diagnostic des m\u00e9decins, le probl\u00e8me des soins intensifs, \u00e0 lui assurer la mise en p\u00e9ril de son Institut par la mort d\u2019une femme c\u00e9l\u00e8bre\u2026 \u00c9videmment, il avait pr\u00e9vu ces difficult\u00e9s, les avait mises en balance avec le besoin de Katherine et, tout bien pes\u00e9, les avait \u00e9cart\u00e9es. \u00ab Pour cela \u00bb, \u00e9crit Ous\u00adpensky, \u00ab il a re\u00e7u, au cours des ann\u00e9es, et avec les int\u00e9r\u00eats, son plein salaire de mensonges et de calom\u00adnies \u00bb. (Fragments d\u2019un Enseignement inconnu.)\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-05-14T13:36:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"225\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"255\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"14 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"headline\":\"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore\",\"datePublished\":\"2014-05-14T13:36:10+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\"},\"wordCount\":2772,\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg\",\"keywords\":[\"Gurdjieff\",\"Katherine Mansfield\"],\"articleSection\":[\"Essais\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\",\"name\":\"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg\",\"datePublished\":\"2014-05-14T13:36:10+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg\",\"width\":\"225\",\"height\":\"255\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"Et voil\u00e0 que, tout \u00e0 coup, \u2014 c\u2019\u00e9tait le bouquet \u2014, surgissait Katherine Mansfield. \u00ab M. Gurdjieff n\u2019est pas du tout comme je pensais \u00bb, \u00e9crit Katherine, \u00ab il est comme on veut vraiment le trouver. Mais je suis absolument s\u00fbre qu\u2019il peut me mettre sur la bonne voie en toutes circons\u00adtances\u2026 \u00bb Et maintenant qu\u2019il l\u2019avait accept\u00e9e, quel poids pour Gurdjieff : le terrible diagnostic des m\u00e9decins, le probl\u00e8me des soins intensifs, \u00e0 lui assurer la mise en p\u00e9ril de son Institut par la mort d\u2019une femme c\u00e9l\u00e8bre\u2026 \u00c9videmment, il avait pr\u00e9vu ces difficult\u00e9s, les avait mises en balance avec le besoin de Katherine et, tout bien pes\u00e9, les avait \u00e9cart\u00e9es. \u00ab Pour cela \u00bb, \u00e9crit Ous\u00adpensky, \u00ab il a re\u00e7u, au cours des ann\u00e9es, et avec les int\u00e9r\u00eats, son plein salaire de mensonges et de calom\u00adnies \u00bb. (Fragments d\u2019un Enseignement inconnu.)","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2014-05-14T13:36:10+00:00","og_image":[{"width":225,"height":255,"url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"14 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore","datePublished":"2014-05-14T13:36:10+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/"},"wordCount":2772,"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg","keywords":["Gurdjieff","Katherine Mansfield"],"articleSection":["Essais"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/","name":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg","datePublished":"2014-05-14T13:36:10+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/James-Moore.jpg","width":"225","height":"255"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/gurdjieff-et-katherine-mansfield-par-james-moore\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Gurdjieff et Katherine Mansfield par James Moore"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16084","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16084"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16084\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16117"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16084"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16084"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16084"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}