{"id":16206,"date":"2014-06-03T15:53:23","date_gmt":"2014-06-03T14:53:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16206"},"modified":"2014-09-24T19:37:13","modified_gmt":"2014-09-24T18:37:13","slug":"les-societes-secretes-du-moyen-age-et-de-la-renaissance-3-les-academies-et-les-societes-secretes-de-la-renaissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/les-societes-secretes-du-moyen-age-et-de-la-renaissance-3-les-academies-et-les-societes-secretes-de-la-renaissance\/","title":{"rendered":"Les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes du Moyen Age et de la Renaissance: 3 Les acad\u00e9mies et les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes de la Renaissance"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\"><strong>(<\/strong>Extrait de <em>Les Soci\u00e9t\u00e9s Secr\u00e8tes<\/em>. Encyclop\u00e9die Plan\u00e8te. LDP 1969)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/les-societes-secretes-du-moyen-age-et-de-la-renaissance-2-les-gardiens-de-la-terre-sainte-par-rene-alleau\/\">Chapitre pr\u00e9c\u00e9dent<\/a> <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16331\">Chapitre suivant<\/a><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">D\u00e8s le VIIIe si\u00e8cle, les califes abbassides, qui attachaient une grande importance aux doctrines astrologiques, avaient fait rechercher les \u0153uvres scientifiques de la Gr\u00e8ce. Abou-Djafar\u00ad-al-Mansour, Haroun-al-Raschid, Al-Mamoun ordonn\u00e8rent de traduire de nombreux trait\u00e9s anciens. Platon, H\u00e9rodote, Hom\u00e8re et X\u00e9nophon ne furent pas les seuls auteurs \u00e0 \u00eatre ainsi connus gr\u00e2ce \u00e0 la version syriaque de Th\u00e9ophile d&rsquo;\u00c9desse. Des trait\u00e9s persans de m\u00e9decine et de botanique, des ouvrages math\u00e9matiques et astronomiques pr\u00e9par\u00e8rent le vaste travail de synth\u00e8se accompli au Xe si\u00e8cle par Ibn-\u00adSina, nomm\u00e9 Avicenne par les philosophes chr\u00e9tiens scolas\u00adtiques. Les gloses d&rsquo;Ibn-Sina firent p\u00e9n\u00e9trer chez les Arabes de la Sicile et de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique la philosophie et la science de la Gr\u00e8ce. Au XIIe si\u00e8cle, en Andalousie, Aristote est comment\u00e9 par plusieurs philosophes musulmans dont le plus c\u00e9l\u00e8bre est Averro\u00e8s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le royaume de Castille, le roi chr\u00e9tien Alphonse le Sage demande \u00e0 des math\u00e9maticiens juifs ou musulmans d&rsquo;\u00e9tablir des tables astronomiques. En Sicile, Fr\u00e9d\u00e9ric II, dont nous avons rappel\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment les relations diplo\u00admatiques avec les isma\u00e9liens, envoie aux universit\u00e9s d&rsquo;Italie des traductions faites \u00e0 Tol\u00e8de gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration d&rsquo;un savant juif.<\/p>\n<p align=\"justify\">En Italie, la g\u00e9omancie \u00e9tait enseign\u00e9e \u00e0 Padoue d\u00e8s la seconde moiti\u00e9 du XIIe si\u00e8cle sous l&rsquo;influence de la science arabe qui avait apport\u00e9, avec la conception aristot\u00e9licienne des intelligences c\u00e9lestes, la th\u00e9orie de la transformation de la mati\u00e8re par les influences plan\u00e9taires et sid\u00e9rales. Philon le Juif pensait d\u00e9j\u00e0, comme Orig\u00e8ne, que les \u00e9toiles \u00e9taient des intelligences pures orient\u00e9es vers le bien universel. \u00c0 l&rsquo;uni\u00adversit\u00e9 de Padoue, l&rsquo;astrologie \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une science naturelle distincte de l&rsquo;astronomie ; l&rsquo;une et l&rsquo;autre formaient la deuxi\u00e8me division de la grande section des arts. Les princes italiens de la Renaissance, malgr\u00e9 leur culture et leur scepticisme, croyaient, d&rsquo;ailleurs, \u00e0 l&rsquo;astrologie aussi fermement que les califes abbassides. Le savant Marsile Ficin l&rsquo;a d\u00e9fendue et pratiqu\u00e9e ; le pape L\u00e9on X semble encore admettre certaines de ses conclusions <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;alchimie n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e par les traducteurs musul\u00admans et juifs. Le roi Alphonse le Sage avait fait traduire en castillan, d&rsquo;apr\u00e8s une version arabe d&rsquo;Abon-Ali, un trait\u00e9 chald\u00e9en des propri\u00e9t\u00e9s magiques et physiques de trois cent soixante pierres, par un certain Judas, fils de Mo\u00efse. Cette litt\u00e9rature herm\u00e9tique qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;histoire des sciences est encore mal connue, malgr\u00e9 de r\u00e9centes recherches. Nous n&rsquo;en avons donn\u00e9 qu&rsquo;un exemple afin de montrer que la tradition du savoir antique pa\u00efen n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 interrompue, comme on le croit g\u00e9n\u00e9ralement, durant des si\u00e8cles, malgr\u00e9 les dangers auxquels s&rsquo;exposaient les savants h\u00e9t\u00e9rodoxes aussi bien dans la chr\u00e9tient\u00e9 que dans l&rsquo;Islam.<\/p>\n<p align=\"justify\"><b>La fusion des mondes grec et latin<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">On oublie trop souvent, en effet, que c&rsquo;est au courage de ces \u00e9rudits qui, dans beaucoup de cas, risquaient d&rsquo;\u00eatre br\u00fbl\u00e9s ou d&rsquo;avoir la t\u00eate tranch\u00e9e s&rsquo;ils d\u00e9tenaient des livres interdits ou s&rsquo;ils professaient des opinions suspectes, que nous devons l&rsquo;essentiel de notre h\u00e9ritage de la culture antique. \u00c0 notre \u00e9poque, nous ne comprenons plus quelle aventure exaltante, et comparable sur bien des points \u00e0 la conqu\u00eate d&rsquo;un conti\u00adnent ou d&rsquo;un espace nouveau, a \u00e9t\u00e9 pour les humanistes l&rsquo;amour des lettres anciennes. P\u00e9trarque, l&rsquo;un des h\u00e9ros de ce mouvement de lib\u00e9ration de l&rsquo;esprit, mourut le front sur un livre. Il avait embras\u00e9 d&rsquo;une m\u00eame passion pour l&rsquo;Anti\u00adquit\u00e9 les plus illustres de ses contemporains <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Enfin, l&rsquo;universit\u00e9 de Florence, pourvue de quarante chaires, aid\u00e9e par le m\u00e9c\u00e9nat des patriciens, devint le si\u00e8ge principal et le foyer de l&rsquo;humanisme. De plus, les savants grecs, venus d&rsquo;abord en Italie comme n\u00e9gociateurs, y accoururent en r\u00e9fugi\u00e9s apr\u00e8s la chute de Constantinople, o\u00f9 le croissant de Mahomet II dominait Sainte-Sophie depuis 1453. L&rsquo;un d&rsquo;eux, G\u00e9miste Pl\u00e9thon, transmit \u00e0 Cosme l&rsquo;Ancien la philosophie de l&rsquo;acad\u00e9mie platonicienne. Bessarion, qui, pour suivre l&rsquo;enseignement de G\u00e9miste, avait \u00e9t\u00e9 le chercher jusqu&rsquo;au P\u00e9loponn\u00e8se, d\u00e9pensa pr\u00e8s de trente mille \u00e9cus d&rsquo;or \u00e0 faire copier des manuscrits et \u00e0 en acqu\u00e9rir, constituant ainsi avec les livres de P\u00e9trarque le fonds de la biblioth\u00e8que de Saint-Marc, gr\u00e2ce auquel les Aldes ont pu imprimer leurs c\u00e9l\u00e8bres \u00e9ditions des chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature antique <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>. Les chaires de grec se multipli\u00e8rent en Italie. Partout on \u00e9change, on emprunte, on acquiert, on transcrit les pr\u00e9cieux ouvrages. Guarini de V\u00e9rone rapporte de Constantinople deux caisses de livres anciens. L&rsquo;une d&rsquo;elles est perdue. L&rsquo;humaniste en \u00e9prouve un chagrin tel que ses cheveux, en une nuit, blanchissent. Il succ\u00e8de \u00e0 son ma\u00eetre Manuel Chry\u00adsoloras dans la chaire de grec \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Florence. D&rsquo;autres traducteurs illustres apparaissent alors. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, les doctrines antiques, ignor\u00e9es de l&rsquo;Occident, vont \u00eatre r\u00e9pandues dans tous les centres d&rsquo;\u00e9tude gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;admirable moyen de diffusion et d&rsquo;unit\u00e9 savante qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 le latin, qui mettait en communication imm\u00e9diate l&rsquo;\u00e9rudit de Padoue et celui de Cracovie, le savant de Paris et celui de Madrid ou de Dublin. On peut admettre qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque la science antique perdue et retrouv\u00e9e commence \u00e0 luire comme une lampe sacr\u00e9e qui, peu \u00e0 peu, va \u00e9clairer de nouveau les temps modernes. Que doit Kepler \u00e0 Pythagore ? Copernic \u00e0 Aris\u00adtarque de Samos ? Cuvier \u00e0 X\u00e9nophane de Colophon, qui, cinq cents ans avant notre \u00e8re, voyait dans les fossiles des vestiges d&rsquo;organismes archa\u00efques ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Avec la passion des lettres anciennes se d\u00e9veloppe durant la Renaissance le go\u00fbt de l&rsquo;arch\u00e9ologie et un renouveau de l&rsquo;architecture. Alberti, en 1485, fait para\u00eetre son trait\u00e9 : \u00ab De re aedificatoria \u00bb. Toute sa doctrine repose sur la g\u00e9om\u00e9trie. Le grand ma\u00eetre de l&rsquo;\u00e9poque est l&rsquo;architecte ro\u00admain Vitruve, qui, lui-m\u00eame, avait consult\u00e9 les \u00e9crits de Thal\u00e8s, de D\u00e9mocrite, d&rsquo;Anaxagore, de Platon et d&rsquo;Aris\u00adtote. On peut remarquer que Vitruve exige de l&rsquo;architecte un savoir encyclop\u00e9dique : il doit conna\u00eetre non seulement les arts plastiques, mais aussi l&rsquo;optique, la g\u00e9om\u00e9trie, l&rsquo;his\u00adtoire, la philosophie, la m\u00e9decine, la musique, la jurisprudence et m\u00eame l&rsquo;astronomie. D&rsquo;ailleurs, dans la tradition de l&rsquo;Inde, celui qui veut exercer l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9difier des monuments ne peut y pr\u00e9tendre s&rsquo;il ignore la g\u00e9om\u00e9trie, le dessin, la sculpture, l&rsquo;arithm\u00e9tique, les mythes, l&rsquo;astrologie. Or un fait dont l&rsquo;importance a \u00e9chapp\u00e9, semble-t-il, aux historiens de l&rsquo;art montre que, d\u00e8s le commencement du Moyen Age, existaient des r\u00e8gles tenues secr\u00e8tes qui \u00e9taient appliqu\u00e9es \u00e0 la construction des monuments sacr\u00e9s. Dans une monogra\u00adphie publi\u00e9e au XVIIe si\u00e8cle, il est dit qu&rsquo;un \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Utrecht du Xe si\u00e8cle fut tu\u00e9 par le p\u00e8re d&rsquo;un jeune architecte frison nomm\u00e9 Pleber, pour avoir contraint celui-ci \u00e0 lui r\u00e9v\u00e9ler le secret et la mani\u00e8re (\u00ab arcanum magisterium \u00bb) de concevoir et de faire ex\u00e9cuter les fondements d&rsquo;une \u00e9glise <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\"><b>Le secret des cath\u00e9drales<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Or on peut remarquer \u00e0 ce propos que Pleber devait \u00eatre la\u00efque bien que le texte cit\u00e9 ne l&rsquo;indique pas express\u00e9ment ; en effet, si cet architecte avait appartenu \u00e0 une confr\u00e9rie religieuse, la condition de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, le genre m\u00eame du monu\u00adment que celui-ci voulait \u00e9difier auraient suffi pour engager le jeune constructeur \u00e0 livrer spontan\u00e9ment l&rsquo;\u00ab arcanum magisterium \u00bb, le \u00ab secret de ma\u00eetrise \u00bb. Il est ainsi probable, pour ne pas dire certain, qu&rsquo;existaient, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des religieux qui avaient le monopole de l&rsquo;art de b\u00e2tir, des architectes la\u00efques, en petit nombre peut-\u00eatre, mais qui n&rsquo;en gardaient pas moins jalousement des secrets importants. En effet, il n&rsquo;est pas possible de r\u00e9duire ces arcanes \u00e0 de simples proc\u00e9d\u00e9s techniques puisque nous venons de citer les textes de Vitruve selon lesquels un savoir encyclop\u00e9dique \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;exercice m\u00eame de l&rsquo;art de l&rsquo;architecture <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9tude que nous avons faite personnellement sur les gra\u00adveurs allemands de l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;Albrecht D\u00fcrer dans leurs relations avec le symbolisme herm\u00e9tique nous a montr\u00e9 qu&rsquo;existait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la Renaissance allemande, \u00e0 Nurem\u00adberg, un centre important d&rsquo;\u00e9tudes \u00e9sot\u00e9riques, dont l&rsquo;un des ma\u00eetres aurait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;astrologue Regiomontanus. Faut-il signaler \u00e0 ce propos que, dans un autoportrait de D\u00fcrer, le chardon que tient l&rsquo;artiste signale directement son appar\u00adtenance \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce symbole, en effet, a \u00e9t\u00e9 choisi en fonction d&rsquo;une pro\u00adpri\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re au chardon. Entre ses feuilles cette plante pr\u00e9sente des concavit\u00e9s o\u00f9 s&rsquo;amassent l&rsquo;eau de pluie et la ros\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 son nom grec : \u00ab dipsakos \u00bb, \u00ab alt\u00e9r\u00e9 \u00bb. Cette singularit\u00e9 naturelle, signal\u00e9e encore dans le dictionnaire de Thomas Corneille, avait assez retenu l&rsquo;attention des Anciens pour faire du chardon l&#8217;embl\u00e8me de l&rsquo;homme qui recherche la connaissance, qui \u00e9prouve la \u00ab soif de savoir \u00bb et qui a re\u00e7u la \u00ab ros\u00e9e mystique \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la b\u00e9n\u00e9diction c\u00e9leste qu&rsquo;il garde pr\u00e9cieusement contre son c\u0153ur, en gage d&rsquo;amour. C&rsquo;est pour cette raison que le n\u0153ud connu sous le nom de \u00ab lacs d&rsquo;amour \u00bb ou de \u00ab n\u0153ud parfait \u00bb est h\u00e9raldiquement substituable au chardon. Pour n&rsquo;en donner qu&rsquo;une preuve, il suffit de constater que le grand collier de l&rsquo;ordre de la Jarreti\u00e8re, compos\u00e9 de roses blanches, de roses rouges et de chardons, portait, avant l&rsquo;alliance de Jacques VI, roi d\u2019\u00c9cosse, \u00e0 la couronne d&rsquo;Angleterre, le \u00ab lacs d&rsquo;amour \u00bb au lieu et place du chardon. Or c&rsquo;\u00e9tait en comm\u00e9moration de l&rsquo;aide apport\u00e9e par les chevaliers du Temple \u00e0 la victoire de Bannockburn que le roi Robert Bruce avait cr\u00e9\u00e9 en leur honneur l&rsquo;ordre de Saint-Andr\u00e9-du\u00ad-Chardon, qui se r\u00e9unissait en la cath\u00e9drale d&rsquo;\u00c9dimbourg. Ce fut, d&rsquo;ailleurs, le jour de la Saint-Andr\u00e9, le 30 novembre 1736, que se constitua la \u00ab grande loge d&rsquo;\u00c9cosse \u00bb. On peut donc se demander si Albrecht D\u00fcrer n&rsquo;a pas voulu signaler par ce symbole sa qualit\u00e9 d&rsquo;initi\u00e9 \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te templi\u00e8re allemande qui aurait \u00e9t\u00e9 en relation avec des confr\u00e9ries \u00e9cossaises.<\/p>\n<p align=\"justify\"><b>Les origines de la franc-ma\u00e7onnerie<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">En effet, nous pensons qu&rsquo;avant l&rsquo;apparition de la franc-ma\u00e7onnerie, au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, se form\u00e8rent en Allemagne comme en Italie des loges et des ateliers \u00ab pr\u00e9-ma\u00e7onniques \u00bb, o\u00f9 se r\u00e9unissaient des architectes, des hel\u00adl\u00e9nistes, des philosophes, des m\u00e9decins et des artistes, qui communiaient dans le m\u00eame culte de l&rsquo;Antiquit\u00e9 pa\u00efenne et qui essayaient de concilier leur philosophie n\u00e9o-plato\u00adnicienne avec leur foi chr\u00e9tienne. En d&rsquo;autres termes, \u00e0 cette \u00e9poque, le christianisme a \u00e9t\u00e9 en quelque sorte \u00ab hell\u00e9nis\u00e9 \u00bb de m\u00eame qu&rsquo;au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne l&rsquo;hell\u00e9nisme avait \u00e9t\u00e9 \u00ab christianis\u00e9 \u00bb <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Parall\u00e8lement \u00e0 la r\u00e9surrection du n\u00e9o-platonisme en Italie, certains philosophes, comme J\u00e9r\u00f4me Cardan (1501-1576), semblaient entrevoir une synth\u00e8se possible entre la philoso\u00adphie, la science exp\u00e9rimentale et l&rsquo;antique magie. L\u2019\u0153uvre de Cardan pr\u00e9sente de nombreuses analogies avec celle d&rsquo;un polygraphe qui fut presque son contemporain, J.B. Porta (1537-1615), et dont le nom m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre retenu dans la mesure o\u00f9 le principal ouvrage de ce chercheur, \u00ab <span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>Magia Naturalis<\/i><\/span> \u00bb, a connu une diffusion remarquable et a \u00e9t\u00e9 traduit dans toutes les langues de l&rsquo;Europe, sa premi\u00e8re \u00e9dition datant de 1584. Or on peut constater que le cardinal d&rsquo;Este, qui prenait le plus vif int\u00e9r\u00eat aux travaux de Porta, fonda, dans sa maison, d\u00e8s les derni\u00e8res ann\u00e9es du XVIe si\u00e8cle, une soci\u00e9t\u00e9 savante, l&rsquo;Acad\u00e9mie des secrets, qui est la plus ancienne de toutes les acad\u00e9mies des sciences.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, un personnage dont le r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 trop peu \u00e9tudi\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, Jacques Gohorry, prieur de Marsilly, auquel on doit une renaissance de l&rsquo;herm\u00e9tisme en France, avait ouvert son jardin, non loin des Gobelins, \u00e0 des savants comme Botal, Chapelier, Ch\u00e2telain, qui, vers 1572, y donnaient des conf\u00e9rences auxquelles assist\u00e8rent Fernel et Ambroise Par\u00e9. On y proc\u00e9dait \u00e0 des exp\u00e9riences sur l&rsquo;art de faire \u00e9clore des poulets dans des fourneaux dont on r\u00e9glait les degr\u00e9s de chaleur par des registres. Des m\u00e9decins herm\u00e9\u00adtistes comme Duchesne (\u00ab Quercetanus \u00bb) et Ribit (\u00ab De la Rivi\u00e8re \u00bb) \u00e9taient les oracles de ces assembl\u00e9es. La Rivi\u00e8re, devenu premier m\u00e9decin d&rsquo;Henri IV, prot\u00e9gea B\u00e9guin et fit venir en France, en 1606, le pythagoricien Davisson. Il a \u00e9crit dans une de ses lettres ces paroles assez significatives de l&rsquo;\u00e9tat des esprits en ce d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle : \u00ab Pr\u00e9parez-vous \u00e0 explorer les montagnes, \u00e0 visiter les vall\u00e9es, les d\u00e9serts, les bords de la mer, les entrailles de la terre ; notez les caract\u00e8res des animaux et des plantes, les ordres des min\u00e9raux ; approfondissez l&rsquo;agriculture, la philo\u00adsophie naturelle ; ne rougissez pas de manier le charbon, de construire des fourneaux ; veillez et travaillez sans rel\u00e2che ; car ce n&rsquo;est qu&rsquo;ainsi que vous arriverez \u00e0 conna\u00eetre les pro\u00adpri\u00e9t\u00e9s des choses. \u00bb (Ce texte est cit\u00e9 par F. Hoefer dans son \u00ab <span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>Histoire de la chimie<\/i><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"> \u00bb, t. II, Paris, 1864, p. 103).<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b>Le programme des Rose-Croix<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce programme ambitieux allait \u00eatre en partie celui de la \u00ab science universelle \u00bb des Rose-Croix, dont l&rsquo;existence fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9e publiquement en 1614 et en 1615 par la publication des trois manifestes de la \u00ab fraternit\u00e9 \u00bb : l&rsquo;\u00ab Allgemeine und General Reformation \u00bb ; la \u00ab Fama Fraternitatis Rosae Crucis \u00bb ; la \u00ab Confessio Fratrum Rosae Crucis \u00bb <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">La confr\u00e9rie des Rose-Croix n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;existence sociale. \u00ab Les adeptes porteurs du titre, dit Fulcanelli, sont seulement fr\u00e8res par la connaissance et par le succ\u00e8s de leurs travaux. Aucun serment ne les engage, aucun statut ne les lie entre eux, aucune r\u00e8gle autre que la discipline herm\u00e9tique librement accept\u00e9e, volontairement observ\u00e9e, n&rsquo;in\u00adfluence leur libre arbitre&#8230; Ils furent et sont encore des isol\u00e9s, travailleurs dispers\u00e9s dans le monde, chercheurs \u00ab cos\u00admopolites \u00bb selon la plus \u00e9troite acception du terme. Comme les adeptes ne reconnaissent aucun degr\u00e9 hi\u00e9rarchique, il s&rsquo;ensuit que la Rose-Croix n&rsquo;est pas un grade, mais la seule cons\u00e9cration de leurs travaux secrets, celle de l&rsquo;exp\u00e9\u00adrience, lumi\u00e8re positive dont une foi vive leur avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&rsquo;existence&#8230; Il n&rsquo;y eut jamais entre les possesseurs du titre d&rsquo;autre lien que celui de la v\u00e9rit\u00e9 scientifique confirm\u00e9e par l&rsquo;acquisition de la pierre. Si les Rose-Croix sont fr\u00e8res par la d\u00e9couverte, le travail et la science, fr\u00e8res par les actes et les \u0153uvres, c&rsquo;est \u00e0 la mani\u00e8re du concept philo\u00adsophique, lequel consid\u00e8re tous les individus comme membres de la m\u00eame famille humaine <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>. \u00bb Nous ajouterons \u00e0 ces pr\u00e9cisions n\u00e9cessaires et qui nous \u00e9viteront de critiquer de ce point de vue les recherches par ailleurs pleines d&rsquo;in\u00adt\u00e9r\u00eat de Paul Arnold, auteur d&rsquo;une \u00ab <span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>Histoire des Rose-Croix et des origines de la Franc-Ma\u00e7onnerie<\/i><\/span> \u00bb, que le pro\u00adbl\u00e8me de l&rsquo;influence des doctrines rosicruciennes sur le mouvement des id\u00e9es au XVIIe et au XVIIIe si\u00e8cle se confond, en fait, avec la grande diffusion des doctrines alchimiques et kabbalistiques \u00e0 cette \u00e9poque. Dans ces conditions, m\u00eame si la confr\u00e9rie n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;existence sociale, il n&rsquo;est pas douteux qu&rsquo;au temps de Descartes et de Francis Bacon, de m\u00eame qu&rsquo;a la fin du XVIe si\u00e8cle, un profond courant de doctrines \u00e9sot\u00e9riques, souvent peu orthodoxes, a parcouru toute l&rsquo;Europe, en m\u00eame temps que l&rsquo;on assis\u00adtait \u00e0 la fondation, \u00e0 des dates tr\u00e8s rapproch\u00e9es, de nom\u00adbreuses acad\u00e9mies savantes.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1602, appara\u00eet en Italie, apr\u00e8s l&rsquo;acad\u00e9mie des Secrets, de Porta, celle de Lyncei, qui est bient\u00f4t dissoute apr\u00e8s la mort du protecteur de Galil\u00e9e, le prince de Cesi ; en 1648, une autre acad\u00e9mie est fond\u00e9e par Fr\u00e9d\u00e9ric II, grand-duc de Toscane ; en 1657, sous le patronage du prince L\u00e9opold, est cr\u00e9\u00e9e l&rsquo;acad\u00e9mie \u00ab del Cimento \u00bb ; en 1662, la soci\u00e9t\u00e9 du coll\u00e8ge de Gresham prend le nom de \u00ab Royal Society of London \u00bb, et le titre d&rsquo;un ouvrage de T. Sprat, en 1667, ajoute cette pr\u00e9cision significative : \u00ab for the advancement of experimental philosophy \u00bb. En 1666, Colbert prend la haute direction de l&rsquo;acad\u00e9mie des sciences de Paris, qui vient d&rsquo;\u00eatre fond\u00e9e, et \u00e0 l&rsquo;histoire de laquelle sont intimement li\u00e9s le p\u00e8re Mersenne, le traducteur de Galil\u00e9e, Montmort et Thevenot, chez lesquels se tenaient, avant 1666, des r\u00e9unions scientifiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">En Allemagne, l&rsquo;acad\u00e9mie des Curieux de la nature s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9unie pour la premi\u00e8re fois en 1652. En m\u00eame temps que sont fond\u00e9es ces acad\u00e9mies, on voit appara\u00eetre dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle des journaux scientifiques, et notamment, en 1665, le \u00ab Journal des Savants \u00bb, la premi\u00e8re publication de ce genre ; en 1668, en Italie, le \u00ab Giornale d&rsquo;Italia \u00bb, imit\u00e9 du pr\u00e9c\u00e9dent par Nazari et Ciam\u00adponi.<\/p>\n<p align=\"justify\"><b>La naissance de l&rsquo;esprit scientifique<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Tous ces faits t\u00e9moignent de l&rsquo;importance essentielle des id\u00e9es philosophiques exprim\u00e9es par le chancelier Francis Bacon dans la \u00ab <span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>Nova Atlantis<\/i><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"> \u00bb, et surtout dans le \u00ab <\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><i>No\u00advum Organum<\/i><\/span><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"> \u00bb, o\u00f9 il propose notamment de substituer au syllogisme et \u00e0 des principes g\u00e9n\u00e9raux pos\u00e9s \u00ab a priori \u00bb la logique f\u00e9conde de l&rsquo;exp\u00e9rience et de l&rsquo;induction. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 une r\u00e9volution si profonde dans l&rsquo;esprit europ\u00e9en qu&rsquo;il faut rappeler que des encyclop\u00e9distes du XVIIIe si\u00e8cle comme Diderot et d&rsquo;Alembert, dont on sait par ailleurs les liens avec la franc-ma\u00e7onnerie, ne feront que reprendre l&rsquo;\u00ab arbre encyclop\u00e9dique \u00bb des connaissances d\u00e9j\u00e0 con\u00e7u par Francis Bacon. Cet esprit g\u00e9nial qui, selon certains, aurait \u00e9t\u00e9 capable non seulement d&rsquo;\u00e9laborer l&rsquo;une des \u0153uvres philo\u00adsophiques les plus consid\u00e9rables de tous les temps, mais aussi le th\u00e9\u00e2tre de Shakespeare, a-t-il \u00e9t\u00e9 Rose-Croix ? <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a> Il est certain, au moins, que le voyage mythique de la \u00ab Nou\u00advelle-Atlantide \u00bb r\u00e9v\u00e8le une affinit\u00e9 \u00e9troite avec celui de Christian Rosenkreutz en Terre sainte. Des naufrag\u00e9s guid\u00e9s par une croix c\u00e9leste parviennent \u00e0 l&rsquo;\u00eele de Bensalem, ana\u00adgramme de la \u00ab Nouvelle-J\u00e9rusalem \u00bb. Ils y trouvent une soci\u00e9t\u00e9 initiatique id\u00e9ale, une sorte de Christianopolis. Les naufrag\u00e9s sont initi\u00e9s ensuite aux arcanes les plus \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;\u00eele. Il y existe une soci\u00e9t\u00e9 plus secr\u00e8te. Ses membres se proposent de rechercher les causes et les vertus cach\u00e9es de la nature et de donner \u00e0 l&#8217;empire de l&rsquo;esprit humain toute l&rsquo;\u00e9tendue qu&rsquo;il peut avoir.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">N&rsquo;est-ce pas, en quelques mots, le programme \u00e9sot\u00e9rique et exp\u00e9rimental de la future franc-ma\u00e7onnerie ? Ne faut-il pas voir dans le premier philosophe de son temps qu&rsquo;\u00e9tait Francis Bacon le v\u00e9ritable p\u00e8re spirituel de l&rsquo;id\u00e9al ma\u00e7on\u00adnique ? Si, d&rsquo;autre part, on constate, avec Gould, que les ann\u00e9es 1650-1660 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es \u00e0 Londres par l&rsquo;essor des clubs politiques et philosophiques, on peut se demander s&rsquo;il ne convient pas de situer \u00e0 cette \u00e9poque la premi\u00e8re apparition de loges ma\u00e7onniques sp\u00e9culatives en Angleterre.<\/p>\n<p align=\"justify\">En effet, il est n\u00e9cessaire de distinguer ces loges des guildes d&rsquo;architectes, fortement hi\u00e9rarchis\u00e9es et op\u00e9ratives, dont l&rsquo;existence est attest\u00e9e par des documents incontestables, \u00e0 Strasbourg et \u00e0 Ratisbonne, par exemple, le 25 avril 1459. Leur liaison avec les loges \u00ab sp\u00e9culatives \u00bb demeure contestable historiquement. Toutefois, il est assez \u00e9vident que le m\u00e9tier m\u00eame d&rsquo;architecte \u00e0 cette \u00e9poque exigeait de vastes connaissances g\u00e9n\u00e9rales, comme nous l&rsquo;avons remarqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 propos du t\u00e9moignage d&rsquo;Alberti, en 1485. C&rsquo;est pourquoi, si l&rsquo;on est en droit de nier ces rapports entre \u00ab op\u00e9ratifs \u00bb et \u00ab sp\u00e9culatifs \u00bb sur le plan de la simple critique historique, il est plus difficile de le faire du point de vue de la critique philosophique et scientifique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous pensons qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;admettre qu&rsquo;au XVIIe si\u00e8cle, durant une p\u00e9riode \u00ab proto-ma\u00e7onnique \u00bb, se sont form\u00e9es des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes inspir\u00e9es par la philosophie \u00ab nouvelle \u00bb de Francis Bacon<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup> 10<\/sup><\/a>. C&rsquo;est de leur tra\u00addition, \u00e0 la fois scientifique et mystique, emprunt\u00e9e d&rsquo;ail\u00adleurs en partie \u00e0 l&rsquo;herm\u00e9tisme et \u00e0 la kabbale, que proc\u00e8de celle de la franc-ma\u00e7onnerie du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\" style=\"text-align: justify;\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> Le \u00ab T\u00e9trabiblos \u00bb de Ptol\u00e9m\u00e9e, version latine de l&rsquo;arabe, avait \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9 \u00e0 Venise pour la premi\u00e8re fois en 1484, mais on connaissait en Italie, bien auparavant, le trait\u00e9 \u00ab Du ciel et du monde \u00bb d&rsquo;Aristote, traduit par Michel Scot, et l&rsquo;\u00ab Alma\u00adgeste \u00bb du savant alexandrin, gr\u00e2ce aux travaux de G\u00e9rard de Cr\u00e9mone, auteur d&rsquo;un c\u00e9l\u00e8bre trait\u00e9 sur la g\u00e9omancie et sur les sept plan\u00e8tes.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2 <\/a>Cependant, P\u00e9trarque, qui avait \u00e9tudi\u00e9 le grec avec un ma\u00eetre cala\u00adbrais, Barlaam, th\u00e9ologien, philo\u00adsophe, math\u00e9maticien et astronome, n&rsquo;\u00e9tait pas capable de lire Hom\u00e8re, comme il l&rsquo;avoue dans ses lettres, car en ce temps, selon son t\u00e9moi\u00adgnage, il n\u2019y avait point dans toute l&rsquo;Italie dix hommes capables de consulter avec fruit la version grecque des textes latins. C&rsquo;est, en fait, \u00e0 l&rsquo;ami fraternel de P\u00e9trarque, Boccace, qui avait re\u00e7u son initia\u00adtion d&rsquo;un autre disciple de Barlaam, Paolo Perugino, le biblioth\u00e9caire royal de Naples, que l&rsquo;on doit, gr\u00e2ce \u00e0 la \u00ab G\u00e9n\u00e9alogie des dieux \u00bb, non seulement le d\u00e9veloppement de la culture hell\u00e9nique mais aussi le progr\u00e8s des \u00e9tudes mythologiques sans lesquelles il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 impossible de comparer les religions entre elles.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3 <\/a>C&rsquo;est \u00e0 Alde Manuce, dit L&rsquo;An\u00adcien (1449-1515), qui perfectionna la typographie, que l&rsquo;on doit les caract\u00e8res appel\u00e9s \u00ab italiques \u00bb, gra\u00adv\u00e9s par l&rsquo;orf\u00e8vre Francia, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9criture de P\u00e9trarque. L&rsquo;acad\u00e9mie aldine comptait parmi ses membres Ange Politien et Pic de la Miran\u00addole.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4 <\/a>Nous avons retrouv\u00e9 cette anec\u00addote dans \u00ab De episcopis ultrafect \u00bb par J. de B\u00e9ka et W. H\u00e9da (illus\u00adtr\u00e9 par Arn. Buchelio. Ultrafecti 1643, p. 43).<\/p>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5 <\/a>D&rsquo;ailleurs, on comprend mal pourquoi certains historiens contemporains refusent d&rsquo;admettre l&rsquo;existence d&rsquo;un savoir \u00e9sot\u00e9rique au Moyen Age. Nous leur conseillons d&rsquo;\u00e9tudier l&rsquo;h\u00e9raldique, par exemple dans l&rsquo;ouvrage monu\u00admental de Bernhard Koerner : Handbuch des Heralds Kunst (Wissenschaftliche Beitrage zur Deutung der Hausmarken, Stein\u00admetz-Zeichen und Wappen )4 4 vo\u00adlumes in-8\u00b0, G\u00f6rlitz, 1926-29). Ils d\u00e9couvriront l&rsquo;existence d&rsquo;une lan\u00adgue secr\u00e8te, pr\u00e9cise, \u00e9tendue \u00e0 toute l&rsquo;Europe, et \u00e0 laquelle M. Robert Viel a consacr\u00e9, en France, de re\u00admarquables recherches, malheureu\u00adsement encore in\u00e9dites dans leur en\u00adsemble. Robert Viel : \u00ab Naissance du Blason \u00bb, Archivum Heraldicum, n\u00b0 4 1958. \u00ab Influence du cycle Lancelot-Graal sur le symbolisme du l\u00e9opard et du lion. Mutation naturelle et mutation provoqu\u00e9e \u00bb (Archivum Heraldicum, n\u00b0S 2, 3 et 4, 1959), etc.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6 <\/a>Ce mouvement touchait m\u00eame les dignitaires de l&rsquo;\u00c9glise romaine comme en t\u00e9moigne une lettre du cardinal Bessarion au fils de G\u00e9\u00admiste Pl\u00e9thon apr\u00e8s la mort du p\u00e8re de celui-ci. Le cardinal f\u00e9licite le d\u00e9funt \u00ab &#8230; d&rsquo;\u00eatre all\u00e9 rejoindre les dieux de l&rsquo;Olympe et de c\u00e9l\u00e9\u00adbrer avec eux le ch\u0153ur mystique d&rsquo;Iacchus \u00bb. Or cette expression d\u00e9\u00adsigne la danse et le chant des initi\u00e9s aux myst\u00e8res d&rsquo;\u00c9leusis, le jour de la \u00ab manifestation \u00bb. De plus, on peut constater, non sans quelque surprise, que l&rsquo;on proc\u00e9da solen\u00adnellement \u00e0 la translation des restes de G\u00e9miste dans une \u00e9glise de Ri\u00admini.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> Dans son \u00ab <i>Histoire des Rose-Croix<\/i> \u00bb (Paris, Nizet 1955) Serge Hutin a assur\u00e9 (p. 34) que l&rsquo;uni\u00adversalisation du mouvement ro\u00adsicrucien aurait eu comme point de d\u00e9part le chapitre de Cassel, fond\u00e9 par Maurice de Hesse-Cassel, et qui comprenait entre autres membres Michel Ma\u00efer, c\u00e9l\u00e8bre alchimiste, et Jean-Valentin Andreae, l&rsquo;auteur des \u00ab <i>Noces thymiques de Christian Rosenkreutz<\/i> \u00bb.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> Ce texte est extrait de \u00ab <i>Les Demeures philosophales<\/i>\u00bb, de Fulcanelli. Paris, 1930, p. 134.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> On sait que pour un certain nombre d&rsquo;\u00e9rudits, Shakespeare n&rsquo;\u00e9tait pas Shakespeare. C&rsquo;est Wigstone qui soutient qu&rsquo;il fut le nom de th\u00e9\u00e2tre de Francis Bacon.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote10\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> Sa biographie officielle est la suivante : naissance et mort \u00e0 Londres (1561-1626), homme de confiance du roi Jacques 1er qui le fit Chancelier de l\u2019\u00c9chiquier (1618), puis Lord Verulam (1621). Accus\u00e9 de v\u00e9nalit\u00e9 en 1621, il fut condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;un grave pro\u00adc\u00e8s. Le roi lui fit remise de l&rsquo;amende mais n&rsquo;osa lui rendre sa charge. Il consacra les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie exclusivement \u00e0 la science et \u00e0 la philosophie.<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Or on peut remarquer \u00e0 ce propos que Pleber devait \u00eatre la\u00efque bien que le texte cit\u00e9 ne l&rsquo;indique pas express\u00e9ment ; en effet, si cet architecte avait appartenu \u00e0 une confr\u00e9rie religieuse, la condition de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, le genre m\u00eame du monu\u00adment que celui-ci voulait \u00e9difier auraient suffi pour engager le jeune constructeur \u00e0 livrer spontan\u00e9ment l&rsquo;\u00ab arcanum magisterium \u00bb, le \u00ab secret de ma\u00eetrise \u00bb. Il est ainsi probable, pour ne pas dire certain, qu&rsquo;existaient, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des religieux qui avaient le monopole de l&rsquo;art de b\u00e2tir, des architectes la\u00efques, en petit nombre peut-\u00eatre, mais qui n&rsquo;en gardaient pas moins jalousement des secrets importants. En effet, il n&rsquo;est pas possible de r\u00e9duire ces arcanes \u00e0 de simples proc\u00e9d\u00e9s techniques puisque nous venons de citer les textes de Vitruve selon lesquels un savoir encyclop\u00e9dique \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;exercice m\u00eame de l&rsquo;art de l&rsquo;architecture&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13575,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[664],"tags":[1244],"class_list":["post-16206","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alleau-rene","tag-franc-maconnerie"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes du Moyen Age et de la Renaissance: 3 Les acad\u00e9mies et les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes de la Renaissance - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/les-societes-secretes-du-moyen-age-et-de-la-renaissance-3-les-academies-et-les-societes-secretes-de-la-renaissance\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes du Moyen Age et de la Renaissance: 3 Les acad\u00e9mies et les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes de la Renaissance - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Or on peut remarquer \u00e0 ce propos que Pleber devait \u00eatre la\u00efque bien que le texte cit\u00e9 ne l&#039;indique pas express\u00e9ment ; en effet, si cet architecte avait appartenu \u00e0 une confr\u00e9rie religieuse, la condition de l&#039;\u00e9v\u00eaque, le genre m\u00eame du monu\u00adment que celui-ci voulait \u00e9difier auraient suffi pour engager le jeune constructeur \u00e0 livrer spontan\u00e9ment l&#039;\u00ab arcanum magisterium \u00bb, le \u00ab secret de ma\u00eetrise \u00bb. 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