{"id":16249,"date":"2014-07-05T17:23:48","date_gmt":"2014-07-05T16:23:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16249"},"modified":"2014-07-05T17:23:48","modified_gmt":"2014-07-05T16:23:48","slug":"le-jesus-historique-et-son-enseignement-esoterique-par-pierre-dangkor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-jesus-historique-et-son-enseignement-esoterique-par-pierre-dangkor\/","title":{"rendered":"Le J\u00e9sus historique et son enseignement \u00e9sot\u00e9rique par Pierre D&rsquo;Angkor"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">(Extrait de <em>La lettre et L&rsquo;esprit<\/em>. \u00c9dition \u00catre Libre 1960)<\/p>\n<p align=\"center\"><b>A. &#8211; LA R\u00c9SURRECTION DU CHRIST<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Le dogme de la r\u00e9surrection du Christ est le plus impor\u00adtant de la religion chr\u00e9tienne, car il est le couronnement du mythe biblique, de ce cycle jud\u00e9o-chr\u00e9tien, inaugur\u00e9 au Paradis terrestre par la Chute originelle suivie de la promesse d&rsquo;un R\u00e9dempteur, r\u00e9alis\u00e9e et cl\u00f4tur\u00e9e ensuite en Jud\u00e9e par l&rsquo;av\u00e8nement de ce R\u00e9dempteur, sa mort sur la croix du Calvaire, suivie de sa R\u00e9surrection glorieuse. Le fait de la r\u00e9surrection conditionne donc toute la foi chr\u00e9tienne. \u00ab Si Christ n&rsquo;est pas ressuscit\u00e9, notre foi est vaine o , proclame St-Paul. Mais comment l&rsquo;ap\u00f4tre lui-m\u00eame entend-il cette r\u00e9surrection ? C&rsquo;est l\u00e0 une toute autre question, que j&rsquo;exa\u00adminerai ult\u00e9rieurement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les faits sur lesquels est bas\u00e9e la foi en la r\u00e9surrection sont de deux natures diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p align=\"justify\">1\u00b0 La d\u00e9couverte du tombeau vide;<\/p>\n<p align=\"justify\">2\u00b0 Les apparitions du Christ vivant, apr\u00e8s sa mort sur la croix.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ces deux faits s&rsquo;appuient sur de nombreux t\u00e9moignages. Seulement, nous le verrons, il y a moins accord que d\u00e9sac\u00adcord entre les t\u00e9moins. Toutefois une question pr\u00e9alable se pose ici. J\u00e9sus est-il un personnage historique ? A-t-il r\u00e9elle\u00adment exist\u00e9 ? Il est \u00e9vident que s&rsquo;il n&rsquo;a pas exist\u00e9, s&rsquo;il ne fut qu&rsquo;un personnage mythique, la question de la r\u00e9surrection ne se pose pas historiquement non plus ! Constatons tout d&rsquo;abord qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, contrairement au si\u00e8cle dernier, la plupart des critiques rationalistes (Loizy et Guignebert en France) admettent l&rsquo;existence historique de J\u00e9sus. Pourtant il demeure qu&rsquo;en dehors des \u00c9critures Chr\u00e9tiennes, il n&rsquo;existe, pour l&rsquo;affirmer, aucun autre t\u00e9moignage. Les historiens juifs contemporains, ces minutieux analystes de l&rsquo;Histoire juive au Ier si\u00e8cle, n&rsquo;en parlent pas. Pour Philon, qui vivait vers l&rsquo;an 20, le silence est explicable, la vie publique de J\u00e9sus n&rsquo;ayant dur\u00e9 que trois ans et s&rsquo;\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9e aux alentours de l&rsquo;an 30. Pour Juste de Tib\u00e9riode, ses \u00e9crits sont aujour\u00add&rsquo;hui perdus, mais nous savons par l&rsquo;h\u00e9r\u00e9siarque Photius qu&rsquo;il ne parlait pas de J\u00e9sus. Pour l&rsquo;historien Jos\u00e8phe, le silence est plus \u00e9trange. On sait que le court passage o\u00f9 il est question de J\u00e9sus est manifestement une interpolation reconnue m\u00eame par les critiques et historiens chr\u00e9tiens. Quant aux allusions que l&rsquo;on trouve chez les \u00e9crivains latins, ce ne sont l\u00e0 que les \u00e9chos tardifs des rumeurs palestiniennes d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pandues et qui ne prouvent rien quant \u00e0 la nature et \u00e0 l&rsquo;origine historique de la croyance.<\/p>\n<p align=\"justify\">Revenons aux \u00e9crivains juifs, historiens du premier si\u00e8cle de notre \u00e8re. Leur silence pourrait \u00e9videmment s&rsquo;ex\u00adpliquer dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 J\u00e9sus aurait v\u00e9cu et serait mort ant\u00e9rieurement \u00e0 l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une \u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 celle o\u00f9 les \u00c9vangiles situent cette existence. Or, \u00e0 ce point de vue, il existe un t\u00e9moignage ancien, dont nul n&rsquo;a jamais voulu tenir compte : c&rsquo;est la tradition juive au sujet de J\u00e9sus, et cela en raison de la haine violente que les Juifs \u00e9prouvaient pour le Ma\u00eetre chr\u00e9tien et des calomnies odieuses, lanc\u00e9es contre sa famille. Cette tradition se retrouve exprim\u00e9e dans certains \u00e9crits et pamphlets talmudiques <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>. Critiques et historiens modernes d\u00e9nient toute valeur \u00e0 ces \u00e9crits, non seulement en raison de leurs pr\u00e9ventions hai\u00adneuses, mais encore parce que de r\u00e9daction tardive (IIe si\u00e8cle). Mais c&rsquo;est m\u00e9conna\u00eetre le fait que ces r\u00e9cits se r\u00e9f\u00e9raient certainement \u00e0 des souvenirs anciens que les g\u00e9n\u00e9rations, conform\u00e9ment aux coutumes orientales, se transmettaient fid\u00e8lement de bouche en bouche. Ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;int\u00e9ressant, de notre point de vue, \u00e0 retenir de ces traditions orales, c&rsquo;est qu&rsquo;elles ne m\u00e9connaissent aucunement l&rsquo;existence historique de J\u00e9sus. Lorsque le rabbin Tryphon <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>, un contemporain de ces \u00e9crits talmudiques, reproche aux Chr\u00e9tiens de s&rsquo;\u00eatre fa\u00e7onn\u00e9 un messie imaginaire, il n&rsquo;entend nullement contester l&rsquo;existence historique de J\u00e9sus, mais seulement son existence sous H\u00e9rode, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;historicit\u00e9 de la biographie \u00e9van\u00adg\u00e9lique. En jetant un total discr\u00e9dit sur les vieilles traditions talmudiques concernant J\u00e9sus, n&rsquo;a-t-on donc pas agi dans une mesure excessive et m\u00e9connu d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment une source d&rsquo;information, laquelle en d\u00e9pit de ses lacunes et des graves reproches que l&rsquo;on doit lui faire, n&rsquo;en pr\u00e9sentait pas moins un int\u00e9r\u00eat non n\u00e9gligeable du point de vue historique ? En cons\u00e9quence, m\u00eame en repoussant avec m\u00e9pris les calomnies odieuses, dont font \u00e9tat les ennemis du Christianisme, tel le philosophe Celse par exemple, on ne voit pas pourquoi les \u00e9crits de cette \u00e9poque, et Celse lui-m\u00eame qui s&rsquo;en inspire, devraient \u00eatre suspects \u00e0 tous autres \u00e9gards et pourquoi il faudrait a priori d\u00e9clarer d\u00e9nu\u00e9es de toute valeur les all\u00e9ga\u00adtions de caract\u00e8re historique qu&rsquo;ils nous apportent. Quel int\u00e9r\u00eat pouvaient avoir les milieux juifs \u00e0 inventer de toutes pi\u00e8ces un J\u00e9sus purement imaginaire et \u00e0 antidater d&rsquo;un si\u00e8cle son existence r\u00e9elle ? \u2013 \u00ab Pour \u00e9branler la foi en le J\u00e9sus de l&rsquo;\u00c9vangile \u00bb, dira-t-on ! \u2013 Pi\u00e8tre id\u00e9e, r\u00e9p\u00e9tons-le, que de vouloir d\u00e9truire un pr\u00e9tendu roman, en en inventant un autre ! Combien il eut \u00e9t\u00e9 plus facile, de leur part, de nier tout simplement toute existence historique de J\u00e9sus, comme le firent des critiques modernes. Mais non : les \u00e9crits talmu\u00addiques ne font rien de pareil. Ils ne contestent nullement l&rsquo;existence historique du personnage, mais se bornent \u00e0 opposer leurs souvenirs, leurs propres traditions, au r\u00e9cit des \u00c9vangiles. Antidater d&rsquo;un si\u00e8cle l&rsquo;existence historique de J\u00e9sus appara\u00eet donc comme une hypoth\u00e8se pour le moins int\u00e9ressante \u00e0 suivre en pr\u00e9sence du silence \u00e9tonnant qu&rsquo;ob\u00adservent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de J\u00e9sus les historiens de l&rsquo;histoire juive du premier si\u00e8cle, et les objections que l&rsquo;on peut soulever contre elle ne sont pas insurmontables, nous le verrons.<\/p>\n<p align=\"justify\">Que disent donc ces traditions juives au sujet du J\u00e9sus historique ? Elles le font na\u00eetre sous Alexandre Jeann\u00e9e, qui fut roi des juifs de 104 \u00e0 78 avant J\u00e9sus-Christ. Les \u00e9crits talmudiques relatent donc, dans un style le plus souvent all\u00e9\u00adgorique ou imag\u00e9, que sous le coup des pers\u00e9cutions \u00e9dict\u00e9es par ce prince contre les initi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des Proph\u00e8tes, J\u00e9sus accompagn\u00e9 de son ma\u00eetre Ben Perachiah dut fuir en \u00c9gypte et se r\u00e9fugia \u00e0 Alexandrie, o\u00f9 il s\u00e9journa \u2013 origine vraisemblable de la l\u00e9gende de la fuite en \u00c9gypte devant les pers\u00e9\u00adcutions d&rsquo;H\u00e9rode et du Massacre des Innocents, \u00e9pisode qui n&rsquo;est confirm\u00e9 par aucun historien juif de ce temps. \u00c0 Alexandrie, J\u00e9sus s&rsquo;initia \u00e0 la Sagesse de la Grande \u00c9gypte, nous disent les textes, et le philosophe Celse, d&rsquo;ac\u00adcord avec ces traditions juives, pr\u00e9cise qu&rsquo;il y \u00e9tudia \u00ab les sciences magiques \u00bb de ce pays. C&rsquo;est \u00e0 cette occasion, relate aussi le Talmud, qu&rsquo;il se brouilla avec son ma\u00eetre juif, qui lui reprochait avec indignation d&rsquo;admirer la sagesse de cette \u00c9gypte, terre de servitude et d&rsquo;exil pour les enfants d&rsquo;Isra\u00ebl. Et on nous rapporte, \u00e0 ce propos, la belle r\u00e9ponse qu&rsquo;il fit \u00e0 son ma\u00eetre, r\u00e9ponse qui m\u00e9riterait de figurer parmi les plus belles paroles que lui pr\u00eatent les \u00c9vangiles : \u00ab Il n&rsquo;y a pas de servitude pour les enfants de Dieu et la terre qui les porte est toujours la terre d&rsquo;Isra\u00ebl \u00bb. D\u00e8s l&rsquo;abord donc, l&rsquo;uni\u00adversalisme de J\u00e9sus s&rsquo;oppose ainsi au particularisme sectaire de sa patrie d&rsquo;origine. Une confirmation indirecte de ce s\u00e9jour en \u00c9gypte ressort des \u00e9p\u00eetres de St-Paul (et des \u00c9vangiles eux-m\u00eames qui en proc\u00e8dent) qui sont comme un parfait d\u00e9calque des enseignements de l&rsquo;\u00e9cole juive d&rsquo;Alexandrie <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00e9crits talmudiques nous racontent ensuite que, revenu au pays, il fut mis en jugement, flagell\u00e9 comme s\u00e9di\u00adtieux, lapid\u00e9 comme blasph\u00e9mateur \u00e0 Lud ou Lydda, fina\u00adlement crucifi\u00e9 sur une croix en forme de fourche, o\u00f9 il expira \u00e0 la veille de P\u00e2ques de l&rsquo;an 66 avant notre \u00e8re <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>. Puis que des disciples riches enlev\u00e8rent le corps, le d\u00e9pos\u00e8rent ostensiblement dans un s\u00e9pulcre, puis revinrent la nuit pour le reprendre et le faire dispara\u00eetre dans les eaux d&rsquo;un torrent et annoncer ensuite sa r\u00e9surrection.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9videmment le c\u00f4t\u00e9 tendancieux de la relation perce ici clairement, mais la question est de savoir si derri\u00e8re cette malveillance m\u00eame ne subsisterait pas quelque v\u00e9rit\u00e9, notam\u00adment que les disciples enlev\u00e8rent le corps, non pas pour annoncer la r\u00e9surrection de leur ma\u00eetre, mais pour le pr\u00e9\u00adserver de toute profanation par les autorit\u00e9s juives, d\u00e9sireuses de soustraire ce corps \u00e0 la d\u00e9votion des fid\u00e8les !<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais d&rsquo;o\u00f9 vint alors la croyance \u00e0 la r\u00e9surrection, dira-t-on ? Elle fut cons\u00e9cutive aux ph\u00e9nom\u00e8nes des apparitions qui survinrent ult\u00e9rieurement. Mais n&rsquo;anticipons pas.<\/p>\n<p align=\"justify\">Je dois faire remarquer ici combien la th\u00e8se talmudique peut para\u00eetre confirm\u00e9e par la d\u00e9couverte des manuscrits de la mer morte. On sait depuis longtemps les rapports \u00e9troits existant entre l&rsquo;ess\u00e9nisme et le Christianisme primitif, rap\u00adports si \u00e9troits que le probl\u00e8me de J\u00e9sus ess\u00e9nien, ou r\u00e9for\u00admateur de l&rsquo;ess\u00e9nisme, s&rsquo;est souvent pos\u00e9, et qu&rsquo;on s&rsquo;est demand\u00e9 aussi si la brusque disparition de l&rsquo;ess\u00e9nisme ne r\u00e9sulte pas tout simplement du fait qu&rsquo;il s&rsquo;est fondu finalement dans la religion nouvelle. Quoiqu&rsquo;il en soit, chose curieuse, les manuscrits de la mer morte nous parlent d&rsquo;un grand r\u00e9formateur de la secte, personnalit\u00e9 qui demeure envelopp\u00e9e de myst\u00e8re, v\u00e9n\u00e9r\u00e9e sous le nom de \u00ab Ma\u00eetre de justice \u00bb, de grand justicier \u00e0 venir, qui fut immol\u00e9 par le \u00ab Pr\u00eatre impie \u00bb. On semble ne pas oser le nommer par son vrai nom par crainte ou r\u00e9v\u00e9rence. Et ce qui nous para\u00eet le plus int\u00e9ressant, c&rsquo;est que ce personnage si myst\u00e9rieux v\u00e9cut pr\u00e9cis\u00e9ment au temps o\u00f9 le Talmud situe l&rsquo;existence histo\u00adrique de J\u00e9sus, et qu&rsquo;il nous est pr\u00e9sent\u00e9, tout comme le J\u00e9sus du Talmud et le J\u00e9sus de l&rsquo;\u00c9vangile, comme une victime du haut clerg\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque. Le Professeur Dupont-Sommer, dans les conclusions de ses \u00ab <i>Aper\u00e7us pr\u00e9liminaires sur les Manuscrits de la Mer Morte<\/i> \u00bb (A. Maisonneuve), souligne ce paral\u00adl\u00e9lisme \u00e9trange entre les deux personnages : \u00ab Tout dans la nouvelle alliance, \u00e9crit-il, annonce et pr\u00e9pare la voie \u00e0 la nouvelle alliance chr\u00e9tienne. Le Ma\u00eetre galil\u00e9en, tel qu&rsquo;il se pr\u00e9sente \u00e0 nous dans les \u00c9crits du Nouveau Testament, appa\u00adra\u00eet \u00e0 beaucoup de points de vue comme une \u00e9tonnante r\u00e9in\u00adcarnation du Ma\u00eetre de Justice. Comme ce dernier, il a pr\u00each\u00e9 la p\u00e9nitence, la pauvret\u00e9, l&rsquo;humilit\u00e9, l&rsquo;amour du prochain, la chastet\u00e9. Comme lui, il a prescrit l&rsquo;observance de la Loi de Mo\u00efse, toute la Loi ; mais la Loi accomplie et rendue parfaite par ses propres r\u00e9v\u00e9lations. Comme lui, il est l\u2019\u00c9lu et le Messie de Dieu ; comme lui il fut l&rsquo;objet de l&rsquo;hostilit\u00e9 des pr\u00eatres et du parti des Sadduc\u00e9ens ; comme lui, il fut condamn\u00e9 et supplici\u00e9. Comme lui, \u00e0 la fin des temps, il sera le juge supr\u00eame ; comme lui, il a fond\u00e9 une \u00c9glise dont les adh\u00e9rents attendaient avec ferveur son retour. Dans l&rsquo;\u00c9glise chr\u00e9tienne, tout comme dans l&rsquo;\u00c9glise ess\u00e9nienne, le Rite essentiel est le Repas sacr\u00e9 ; les ministres sont des pr\u00eatres. Ici et l\u00e0, \u00e0 la t\u00eate de la communaut\u00e9, il y a le surveillant ou \u00e9v\u00eaque et l&rsquo;id\u00e9al est essentiellement celui de l&rsquo;unit\u00e9, communion dans l&rsquo;amour, allant jusqu&rsquo;au partage de la propri\u00e9t\u00e9 mise en commun \u2013 et je ne fais qu&rsquo;effleurer le sujet : toute cette similitude constitue un ensemble impres\u00adsionnant. \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Les diff\u00e9rences que l&rsquo;on constate entre l&rsquo;Ess\u00e9nisme, d&rsquo;une part, la nouvelle alliance et l&rsquo;\u00c9glise chr\u00e9tienne, de l&rsquo;autre, s&rsquo;expliquent si c&rsquo;est le m\u00eame personnage qui fut le r\u00e9formateur de la secte juive. C&rsquo;est ainsi que le pacifisme, la non-violence \u00e0 la Gandhi des Ess\u00e9niens, est r\u00e9pudi\u00e9e par la nouvelle alliance comme en t\u00e9moigne le livre \u00ab <i>Guerre des fils de la Lumi\u00e8re contre les fils des <\/i><i>T\u00e9n\u00e8bres<\/i> \u00bb. De m\u00eame, elle est r\u00e9pudi\u00e9e par le h\u00e9ros de l&rsquo;\u00c9vangile : \u00ab Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive (Math. X, 34). Je suis venu pour jeter le feu sur la terre, et que d\u00e9sir\u00e9-je, sinon qu&rsquo;il br\u00fble (Luc XII, 49). Maintenant que celui qui a un sac et une bourse les prenne et que celui qui n&rsquo;a pas de glaive, vende sa robe pour en acheter un (id. XXII, 36).<\/p>\n<p align=\"justify\">Rien ici donc d&rsquo;un pacifisme de l\u00e2chet\u00e9, car J\u00e9sus \u00e9nonce aussi la loi (Karma) : \u00ab Celui qui se sert de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e p\u00e9rira par l&rsquo;\u00e9p\u00e9e. La violence engendre la violence. \u00bb Il semble que l&rsquo;on puisse appliquer \u00e0 J\u00e9sus la pens\u00e9e de Machia\u00advel : \u00ab Il faut bl\u00e2mer celui qui est violent pour d\u00e9truire, non celui qui est \u00e9nergique pour affermir un \u00c9tat \u00bb \u2013 \u00e0 condition que cet \u00c9tat soit au service de l&rsquo;ordre et de la justice pour tous, doit-on ajouter.<\/p>\n<p align=\"justify\">Quoiqu&rsquo;il en soit, le professeur Dupont-Sommer, qui souligne ces analogies curieuses entre le Ma\u00eetre de Justice et le h\u00e9ros chr\u00e9tien, ne croit pas pouvoir les identifier, vraisem\u00adblablement parce qu&rsquo;il admet la naissance de ce dernier sous H\u00e9rode. Mais la question appara\u00eet tout autre, si on peut les rapprocher dans le temps et si, gr\u00e2ce aux traditions juives, on peut r\u00e9unir les trois personnages en un seul. Mais laissons la question en suspens pour en revenir aux \u00c9vangiles.<\/p>\n<p align=\"justify\">J&rsquo;ai dit que la foi en la r\u00e9surrection s&rsquo;appuyait sur deux ordres de faits, la d\u00e9couverte du tombeau vide et les appari\u00adtions de J\u00e9sus vivant, apr\u00e8s sa mort. Selon les \u00c9vangiles, ces deux faits sont concomitants, ou \u00e0 peu pr\u00e8s, dans le temps. Mais quant aux circonstances, aux t\u00e9moins des apparitions, aux apparitions elles-m\u00eames, aux endroits o\u00f9 elles se produi\u00adsirent, les divergences et contradictions sont nombreuses et importantes. St-Luc et St-Jean les situent \u00e0 J\u00e9rusalem, St-Mathieu en Galil\u00e9e. D&rsquo;apr\u00e8s Matthieu et Marc, un ange appara\u00eet aux saintes femmes venues au tombeau ; d&rsquo;apr\u00e8s Luc, ce sont deux anges qui apparaissent, et d&rsquo;apr\u00e8s Jean, deux anges \u00e9galement mais \u00e0 Marie-Madeleine qui est venue seule. Il est \u00e0 remarquer que quand J\u00e9sus ressuscit\u00e9 appara\u00eet aux t\u00e9moins, ceux-ci ont quelque peine \u00e0 le reconna\u00eetre. Jean Guitton \u00e9crit lui-m\u00eame : \u00ab Pierre ne reconnaissait pas son Seigneur, bien qu&rsquo;il ait v\u00e9cu dans sa familiarit\u00e9. Marie-Madeleine prenait J\u00e9sus pour un jardinier. D&rsquo;autres pensaient que c&rsquo;\u00e9tait un fant\u00f4me. Pour les disciples d&rsquo;Emma\u00fcs aussi la reconnaissance est tardive : elle ne se fait qu&rsquo;\u00e0 la suite d&rsquo;une illumination int\u00e9rieure. Bref, conclut Guitton, \u00e0 lire les \u00c9vangiles, la vision de J\u00e9sus ressuscit\u00e9 n&rsquo;appara\u00eet pas comme un \u00e9v\u00e9nement, contraignant \u00e9videmment comme un fait phy\u00adsique. \u00bb Mais un d\u00e9saccord bien plus \u00e9trange nous appara\u00eetra ici, avec St-Paul, dont les \u00e9p\u00eetres demeurent notre plus ancien t\u00e9moignage scripturaire. St-Paul (I Cor. XV, 3-8) note l&rsquo;ordre suivant lequel les apparitions de J\u00e9sus se produisirent: d&rsquo;abord \u00e0 Kefa Petros (Pierre), dit-il, puis deux fois aux douze (et c&rsquo;est peut-\u00eatre cette apparition aux douze qui fut, nous le verrons, le signe de leur \u00e9lection comme ap\u00f4tres), puis \u00e0 plus de cinq cents fr\u00e8res \u00e0 la fois, puis \u00e0 Jacob (de ces deux derni\u00e8res apparitions les \u00c9vangiles ne disent rien), puis enfin \u00e0 lui-m\u00eame. Et c&rsquo;est tout. N&rsquo;est-il pas bien \u00e9trange que l&rsquo;ap\u00f4tre ne mentionne aucune des autres apparitions, signal\u00e9es plus tard dans les \u00c9vangiles, ni les premi\u00e8res, celles \u00e0 Marie-Madeleine (Marc XVI, 9, Jean XX, 14-18) et aux saintes femmes (Matthieu XXVIII, 9-10), ni celles qui sur\u00advinrent ult\u00e9rieurement aux disciples r\u00e9unis sur les bords du lac de Tiberiade (Jean XXI), et aux deux disciples d&rsquo;Emma\u00fcs (Luc XXIV) ? Les m\u00eames d\u00e9saccords entre les t\u00e9moignages se remarquent d&rsquo;ailleurs pour l&rsquo;ascension du Christ : d&rsquo;apr\u00e8s Marc et Luc, elle survint le jour m\u00eame de la r\u00e9surrection ; \u00e0 J\u00e9rusalem dit Marc, \u00e0 Bethanie affirme Luc, tandis que d&rsquo;apr\u00e8s les \u00ab Actes \u00bb, elle ne se produisit que quarante jours apr\u00e8s la r\u00e9surrection. Ces divergences sont d&rsquo;autant plus inexplicables et regrettables, que c&rsquo;est au fait r\u00e9el des apparitions de J\u00e9sus apr\u00e8s sa mort que se rattache surtout la foi en la r\u00e9surrection, ces apparitions, nous \u00e9tant donn\u00e9es comme preuve directe d&rsquo;un ordre d&rsquo;existence sup\u00e9\u00adrieure \u00e0 notre existence sur le plan physique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous constatons donc que le dogme chr\u00e9tien de la r\u00e9surrection repose sur deux faits :<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013 l&rsquo;un d&rsquo;ordre physique, la d\u00e9couverte du s\u00e9pulcre vide, reconnu par l&rsquo;unanimit\u00e9 des t\u00e9moins ;<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013 l&rsquo;autre, celui des apparitions, constat\u00e9 par tous \u00e9galement, mais avec des variantes qui l&rsquo;apparentent aux ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;ordre psychique. Pour \u00eatre donc aussi r\u00e9el que le premier, il pr\u00e9sente un caract\u00e8re plus subjectif qu&rsquo;ob\u00adjectif, \u00e0 preuve la difficult\u00e9 que les t\u00e9moins \u00e9prouvent \u00e0 reconna\u00eetre imm\u00e9diatement leur Ma\u00eetre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Voyons d&rsquo;ailleurs comment St-Paul lui-m\u00eame consid\u00e8re cette r\u00e9surrection du Christ.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour lui, ce n&rsquo;est pas le corps de chair du Christ qui ressuscite, mais une forme psychique ou spirituelle qui surgit de la mort, le corps glorieux du Christ. Voil\u00e0 pourquoi il dit cette parole d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e : \u00ab Si j&rsquo;ai connu le Christ selon la chair, je ne le connais plus de cette mani\u00e8re \u00bb. La chair est morte, pense l&rsquo;Ap\u00f4tre, et c&rsquo;est le Verbe vivant dans un corps glorieux qui surgit du tombeau.<\/p>\n<p align=\"justify\">Est-ce bien ainsi que l&rsquo;\u00c9glise a compris et d\u00e9fini cette r\u00e9surrection du Christ ? \u00c9videmment non. Pour elle, c&rsquo;est le corps mort de J\u00e9sus qui ressuscite transfigur\u00e9, le Christ selon la chair, en d&rsquo;autres termes la r\u00e9surrection de la chair. Et c&rsquo;est ainsi d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;elle con\u00e7oit la r\u00e9surrection de tous les hommes au jugement dernier. Les corps morts de tous les hommes ressusciteront transfigur\u00e9s de leur tombeau. D&rsquo;o\u00f9 le culte des morts dans les cimeti\u00e8res, qui n&rsquo;est pas seulement dans son id\u00e9e un culte du souvenir, mais un culte rendu \u00e0 la d\u00e9pouille mortelle des d\u00e9funts, laquelle ressuscitera au dernier jour. Ceci n&rsquo;est qu&rsquo;une mat\u00e9rialisation, fruit de l&rsquo;in\u00adcompr\u00e9hension de l&rsquo;enseignement m\u00eame du Ma\u00eetre. J\u00e9sus ne dit-il pas, en effet, aux saintes femmes venues pleurer au tombeau : \u00ab Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui est vivant ? \u00bb Et \u00e0 quelqu&rsquo;un qui lui demandait l&rsquo;autori\u00adsation d&rsquo;aller ensevelir son P\u00e8re, avant de le suivre, ne r\u00e9pond-il pas : \u00ab Laisse les morts ensevelir leurs morts <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a> et toi, va annoncer le royaume de Dieu ? \u00bb (Luc IX, 59-60).<\/p>\n<p align=\"justify\">Tel fut aussi, r\u00e9p\u00e9tons-le, la compr\u00e9hension de St-Paul. Il nous dit que l&rsquo;homme est mis en terre en son corps corrup\u00adtible pour ressusciter incorruptible, c&rsquo;est-\u00e0-dire en une forme qui n&rsquo;a plus rien de charnel. Il compare ce corps corruptible \u00e0 une graine qui doit \u00eatre mise en terre pour \u00eatre d\u00e9truite, se d\u00e9composer afin de pouvoir donner naissance ou d\u00e9livrer, si l&rsquo;on veut, l&rsquo;\u00eatre dans une forme nouvelle, incorruptible. Il semble donc bien, selon l&rsquo;Ap\u00f4tre, que ce n&rsquo;est jamais le corps corruptible lui-m\u00eame qui puisse ressusciter, mais une forme subtile qui est lib\u00e9r\u00e9e par la mort et la destruction du corps de chair. Et ceci se concilie avec tout ce que nous apprend la sagesse antique, pa\u00efenne et juive (Kabbale) sur la constitution occulte de l&rsquo;homme, ainsi qu&rsquo;avec le caract\u00e8re psychique des apparitions de J\u00e9sus, comme nous le verrons. Nous constatons d&rsquo;ailleurs que la pens\u00e9e moderne rejoint et confirme les enseignements de la sagesse antique. Celle-ci, en effet, (l&rsquo;\u00c9gypte, l&rsquo;Inde, la Gr\u00e8ce) enseignait que l&rsquo;homme est un compos\u00e9 de plusieurs principes distincts. St-Paul en d\u00e9signait trois, qu&rsquo;il nomme le corps, l&rsquo;\u00e2me, l&rsquo;Esprit. Chacun de ces principes poss\u00e8de un v\u00e9hicule appropri\u00e9 de mati\u00e8re, respectivement grossi\u00e8re ou subtile. Ces derniers, \u00e9chappant aux lois de la physique, survivent \u00e0 la mort du corps physique. Or, la m\u00e9tapsychique moderne, comme l&rsquo;hagio\u00adgraphie, confirment ces donn\u00e9es en nous montrant que des ph\u00e9nom\u00e8nes, tels que l\u00e9vitation, bilocation, apparitions \u00e0 distance, psychiques ou mat\u00e9rialis\u00e9es, gu\u00e9risons spirituelles, etc., sont autant de faits relat\u00e9s dans les biographies des saints, \u00e0 toutes les \u00e9poques et sous tous les climats religieux, et font partout aujourd&rsquo;hui l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes et de recherches psychologiques, alors que, dans le pass\u00e9, ils furent toujours consid\u00e9r\u00e9s comme de purs miracles. Ici encore l&rsquo;Inde fut notre initiatrice \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de ces probl\u00e8mes.<\/p>\n<p align=\"justify\">De tout quoi, il r\u00e9sulte que l&rsquo;expression liturgique \u00ab resurrectio mortuorum \u00bb, pr\u00eate \u00e0 confusion. Ce qui est mort demeure bien mort, et de m\u00eame que c&rsquo;est le Christ vivant qui surgit du corps crucifi\u00e9 de J\u00e9sus, apr\u00e8s son dernier soupir, de m\u00eame c&rsquo;est le Christ int\u00e9rieur, vivant au plus profond de nous qui surgira de notre personnalit\u00e9 d\u00e9funte, au jour du jugement, c&rsquo;est-\u00e0-dire au jour de notre propre r\u00e9surrection, au jour de notre lib\u00e9ration finale <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>. (Nirvana.)<\/p>\n<p align=\"justify\">Il importe de pr\u00e9ciser encore que dans le cas de J\u00e9sus apparaissant apr\u00e8s sa mort, \u00e0 ses ap\u00f4tres r\u00e9unis et \u00e0 l&rsquo;incr\u00e9\u00addule Thomas, il s&rsquo;agit bien tout d&rsquo;abord d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne psychique et non physique. En effet, le Christ p\u00e9n\u00e8tre dans une chambre o\u00f9, toutes portes ferm\u00e9es, sont rassembl\u00e9s les ap\u00f4tres ; ensuite, sur le lac de Tib\u00e9riade, il marche sur les eaux, ce qui se con\u00e7oit pour une forme psychique ou spiri\u00adtuelle et non pour un corps physique, soumis aux lois de la pesanteur. Mais cette forme psychique, pour convaincre Thomas ou les disciples d&rsquo;Emma\u00fcs, il la mat\u00e9rialise graduellement, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il lui donne un degr\u00e9 de mat\u00e9rialit\u00e9 n\u00e9cessaire pour \u00eatre tangible et visible, c&rsquo;est-\u00e0-dire percep\u00adtible \u00e0 nos sens.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bien entendu, on ne peut assimiler le cas \u00e0 ces appari\u00adtions fantomales et inconscientes apr\u00e8s la mort, dont Camille Flammarion a r\u00e9uni de nombreux exemples dans un livre sp\u00e9cial, ni moins encore \u00e0 ces fantasmagories spirites, les\u00adquelles empruntent leur substance \u00e0 celle d&rsquo;un m\u00e9dium et qui paraissant gr\u00e2ce \u00e0 lui, exhaler un restant de vitalit\u00e9 suspecte, ne sont en r\u00e9alit\u00e9 que des \u00ab coques \u00bb vitalis\u00e9es, refl\u00e9tant inconsciemment les restes, les \u00ab d\u00e9bris psychiques \u00bb, d&rsquo;une personnalit\u00e9 \u00e9teinte <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Non, dans le fait historique des apparitions de J\u00e9sus apr\u00e8s sa mort, nous rencontrons au contraire quelque chose d&rsquo;exceptionnel, la projection mat\u00e9rialis\u00e9e, consciente et volontaire, d&rsquo;un \u00catre spirituel, victorieux de la mort, projec\u00adtion effectu\u00e9e par lui dans le but bien d\u00e9fini de rassembler ses fid\u00e8les dispers\u00e9s et d\u00e9moralis\u00e9s, pour dispenser par leur interm\u00e9diaire le message qu&rsquo;il destinait au monde et que sa mort pr\u00e9matur\u00e9e avait tragiquement interrompu. Et je ne puis assez insister sur ce point. Rien ne rappelle donc ici cette sombre n\u00e9cromancie qui, sous l&rsquo;effet de la magie noire, fait briller un instant dans la lumi\u00e8re magn\u00e9tique des ombres suspectes ou quelque r\u00e9sidu psychique de d\u00e9funts, venant, les uns pour d\u00e9biter un oracle obscur, les autres pour exprimer un d\u00e9sir inassouvi ou quelque sotte banalit\u00e9. Non, les apparitions de J\u00e9sus furent la magie blanche d&rsquo;un Ma\u00eetre vivant de la vie et de la mort, apparaissant en pleine lumi\u00e8re pour apporter au monde son enseignement positif et lib\u00e9ra\u00adteur. Et c&rsquo;est ainsi que la foi en la r\u00e9surrection fut d\u00e9sormais rattach\u00e9e aux preuves directes qui furent donn\u00e9es d&rsquo;un ordre d&rsquo;existence sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;existence physique. Pour repr\u00e9\u00adsenter donc un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;un ordre transcendantal, les apparitions de J\u00e9sus n&rsquo;en furent pas moins un fait r\u00e9el, un fait historique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais ce fait, quand, \u00e0 quelle \u00e9poque, peut-on le situer ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Les apparitions survinrent certainement aux alentours de l&rsquo;an 20 ou 30 de notre \u00e8re, ou quelques ann\u00e9es plus tard, puisque St-Paul connut personnellement \u00e0 J\u00e9rusalem les Ap\u00f4tres qui en furent les t\u00e9moins. Mais, dira-t-on, \u00ab ceci ne prouve-t-il pas aussi l&rsquo;historicit\u00e9 de la chronologie \u00e9vang\u00e9lique qui fait ressusciter J\u00e9sus trois jours apr\u00e8s sa mort ? <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>. Et cela ne contredit-il pas du m\u00eame coup la th\u00e8se talmudique qui met au contraire un grand intervalle de temps entre le J\u00e9sus r\u00e9el qui aurait v\u00e9cu au si\u00e8cle avant notre \u00e8re, et ses apparitions posthumes que nous consid\u00e9rons comme surve\u00adnues seulement vers l&rsquo;an 30 de notre \u00e8re ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Pas n\u00e9cessairement. D&rsquo;une part, r\u00e9p\u00e9tons-le, l&rsquo;existence historique de J\u00e9sus au premier si\u00e8cle, semble controuv\u00e9e par le silence m\u00eame des historiens juifs de ce si\u00e8cle. D&rsquo;autre part, la th\u00e8se talmudique peut para\u00eetre sinon confir\u00adm\u00e9e, du moins rendue int\u00e9ressante et vraisemblable, de par les conclusions m\u00eames auxquelles aboutissent certains histo\u00adriens contemporains, qui l&rsquo;ignorent d&rsquo;ailleurs ou ne l&rsquo;ont jamais prise au s\u00e9rieux. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;Alfred Loizy fait cette remarque que toutes les paroles \u00e9vang\u00e9liques par lesquelles J\u00e9sus fonde, \u00e0 proprement parler, l&rsquo;\u00c9glise, \u00e9manent toutes du Christ des apparitions, et non de J\u00e9sus d\u00e9livrant son message au cours de sa vie mortelle. Et, d&rsquo;autre part, Charles Guignebert, allant plus loin encore, ne rejette nullement comme impossible, ou incompr\u00e9hensible, cette hypoth\u00e8se \u00ab de l&rsquo;organisation de toute l&rsquo;histoire \u00e9vang\u00e9lique, en remontant, \u00e0 partir de la r\u00e9surrection \u00bb, all\u00e9guant que la foi en la r\u00e9surrection semblait uniquement bas\u00e9e sur les appa\u00adritions qu&rsquo;il suppose d&rsquo;ailleurs imaginaires et illusoires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment, dans ces conditions, pouvons-nous entrevoir la s\u00e9quence des \u00e9v\u00e9nements ? Le J\u00e9sus historique serait mort crucifi\u00e9 en l&rsquo;an 66 avant notre \u00e8re. Affol\u00e9s par cette mort ignominieuse, en proie au doute et au d\u00e9couragement, les disciples se dispersent, ou se r\u00e9unissent en petits conventi\u00adcules secrets. Les adeptes de la religion nouvelle sont d&rsquo;ail\u00adleurs pers\u00e9cut\u00e9s par les autorit\u00e9s religieuses <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>. Le seul nom retenu de ces premiers martyrs est St-\u00c9tienne. L&rsquo;\u00c9glise vit donc au ralenti : elle est au point mort. Cette stagnation dure longtemps, et le temps passe au milieu des troubles qui marquent le d\u00e9but du premier si\u00e8cle. Brusquement, lorsque tout semblait fini, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, surviennent les apparitions du Christ. Celles-ci raniment les esprits devenus incr\u00e9dules, gal\u00advanisent les c\u0153urs d\u00e9courag\u00e9s, suscitent \u00e0 nouveau tous les enthousiasmes, bref produisent un ardent revival religieux <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>. L&rsquo;\u00c9glise s&rsquo;organise, les ap\u00f4tres sont nomm\u00e9s par le Ma\u00eetre r\u00e9apparu. Puis le temps passe, et cinquante ans apr\u00e8s, les \u00c9vangiles racontent le tout, sous forme de biographie histo\u00adrique de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le sceptique, ici, haussera les \u00e9paules, traitera notre expos\u00e9 des faits d&rsquo;imagination maladive. Mais quelles raisons auraient les catholiques qui admettent la r\u00e9alit\u00e9 historique moderne des apparitions de la Vierge, et de ses dialogues avec Bernadette, les enfants de Beauraing ou de Fatima, r\u00e9voqueraient-ils en doute les apparitions bien plus spectaculaires du Christ, au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re Chr\u00e9tienne, apparitions qui furent le vrai point de d\u00e9part de l&rsquo;\u00e9panouissement du mouvement chr\u00e9tien dans le monde ?<\/p>\n<p align=\"center\"><b>B. &#8211; LE DOGME EUCHARISTIQUE<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Nulle preuve n&rsquo;appara\u00eet plus p\u00e9remptoire de cette mat\u00e9\u00adrialisation de l&rsquo;enseignement de cette pr\u00e9valence de la lettre sur l&rsquo;esprit, que le dogme de l&rsquo;eucharistie, tel qu&rsquo;il est compris et d\u00e9fini par l&rsquo;\u00c9glise, et seule une foi aveugle impos\u00e9e depuis pr\u00e8s de 2000 ans aux fid\u00e8les peut expliquer la compr\u00e9hension aussi irrationnelle d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 sublime, sans qu&rsquo;aucune r\u00e9action du bon sens et de la simple raison ait jamais pu se manifester. Ici aussi donc, tout homme s&rsquo;est cru coinc\u00e9 en cette alternative de la croyance aveugle ou de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 orgueilleuse, alors que la v\u00e9rit\u00e9 domine de haut ces pr\u00e9ventions r\u00e9ciproquement hostiles et but\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">La g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e n&rsquo;existe pas, pas plus en reli\u00adgion qu&rsquo;en biologie. Rites, pratiques et dogmes religieux, cachent toujours sous leur affabulation, m\u00eame primitive, quelque v\u00e9rit\u00e9 sup\u00e9rieure incomprise, d\u00e9form\u00e9e, alt\u00e9r\u00e9e, devenue m\u00e9connaissable le plus souvent. Le banquet rituel ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. On le retrouve chez tous les peuples anciens, m\u00eame primitifs. Je n&rsquo;y reviendrai pas, ayant trait\u00e9 ce point dans un pr\u00e9c\u00e9dent ouvrage <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>. Dans les religions plus \u00e9volu\u00e9es (l&rsquo;\u00c9gypte, la Gr\u00e8ce), la communion sous les esp\u00e8ces du pain et du vin \u00e9tait un rite initiatique des Myst\u00e8res, emprunt\u00e9 au symbolisme du Mythe solaire. Le soleil, je l&rsquo;ai dit, figure du Dieu cr\u00e9ateur, du Verbe cosmique, se sacrifiant dans la Nature enti\u00e8re pour \u00e9voluer la cr\u00e9ation, montait au ciel pour m\u00fbrir le bl\u00e9 et la vigne, et nourrir ses cr\u00e9atures. Le pain et le vin \u00e9taient ainsi les symboles de la vie divine animant toute chose. Mais il n&rsquo;est nullement certain que c&rsquo;est sous ces esp\u00e8ces symboliques, c&rsquo;est-\u00e0-dire sous cette forme pa\u00efenne, que J\u00e9sus c\u00e9l\u00e9bra la derni\u00e8re C\u00e8ne, relat\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9vangile.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cl\u00e9ment d&rsquo;Alexandrie, illustre P\u00e8re grec du deuxi\u00e8me si\u00e8cle, nous rapporte que dans les temps primitifs de l&rsquo;\u00c9glise une partie des chr\u00e9tiens communiait, selon la coutume ess\u00e9nienne, sous les esp\u00e8ces du pain et de l&rsquo;eau. Il nous dit encore que le m\u00e9lange d&rsquo;eau et de vin, qui se pratique dans l&rsquo;eucharistie, repr\u00e9sente l&rsquo;union de la loi nouvelle avec la loi ancienne (<i>P\u00e6dagogium<\/i> IV). \u00ab L&rsquo;eau est l&rsquo;ancienne loi, nous explique-t-il, le vin est le sang du Christ qui est le fondement de la loi nouvelle. \u00bb Si donc le Christ a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la derni\u00e8re C\u00e8ne sous les esp\u00e8ces du pain et de l&rsquo;eau, il s&rsquo;ensui\u00advrait que ce repas n&rsquo;aurait pas eu ce caract\u00e8re pr\u00e9figuratif de sa mort, qui lui fut attribu\u00e9 ult\u00e9rieurement, mais le carac\u00adt\u00e8re ess\u00e9nien de communion rituelle avec la nourriture divine, exprim\u00e9e par ces symboles <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>. Ce n&rsquo;est donc qu&rsquo;apr\u00e8s la mort de J\u00e9sus que l&rsquo;\u00e9pisode de la C\u00e8ne rev\u00eatit, dans le r\u00e9cit \u00e9vang\u00e9lique un autre caract\u00e8re : il devint pr\u00e9figuratif de cette mort m\u00eame, et comme devant en devenir ult\u00e9rieurement le souvenir comm\u00e9moratif. On en revint donc au rite pa\u00efen et le vin fut substitu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau, comme symbole du sang de J\u00e9sus-Christ mort pour nos p\u00e9ch\u00e9s. Mais ceci ne put s&rsquo;effec\u00adtuer en Jud\u00e9e m\u00eame que sous l&rsquo;influence de l&rsquo;hell\u00e9no-Christianisme de St-Paul, laquelle influence, nous l&rsquo;avons vu, ne tarda pas \u00e0 pr\u00e9valoir dans la primitive \u00c9glise. St-Paul, voyant le Verbe cr\u00e9ateur, non plus incarn\u00e9 dans la Nature enti\u00e8re, mais dans la personne de J\u00e9sus, propagea donc dans la com\u00admunion eucharistique l&rsquo;usage du vin, comme symbole du sang vers\u00e9 sur la croix. Et ainsi s&rsquo;\u00e9tablit le rite nouveau dont nous parle Cl\u00e9ment d&rsquo;Alexandrie <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>. On consid\u00e9ra d\u00e8s lors la derni\u00e8re C\u00e8ne que J\u00e9sus c\u00e9l\u00e9bra avec ses disciples comme la c\u00e9r\u00e9monie symbolique au cours de laquelle le divin Ma\u00eetre en offrant \u00e0 manger et \u00e0 boire le pain et le vin consacr\u00e9s, offrait en r\u00e9alit\u00e9 son propre corps qui allait \u00eatre livr\u00e9 et son propre sang qui allait \u00eatre vers\u00e9 sur la croix.<\/p>\n<p align=\"justify\">On sait les jongleries th\u00e9ologiques auxquelles donna lieu le dogme de la transsubstantiation, selon lequel le pain et le vin perdent leur substance propre pour \u00eatre chang\u00e9s en la substance du corps et du sang de J\u00e9sus-Christ. Ce ne sont plus d\u00e8s lors que les apparences (ce qu&rsquo;on nomme les acci\u00addents) du pain et du vin, la r\u00e9alit\u00e9, la substance invisible, c&rsquo;est le corps et le sang de l&rsquo;homme J\u00e9sus. Tel est, du moins selon la lettre, le sens irrationnel du dogme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ant\u00e9rieurement \u00e0 la version \u00e9vang\u00e9lique de la derni\u00e8re C\u00e8ne, St-Paul nous en avait fait le r\u00e9cit. Or St-Paul s&rsquo;est rendu plusieurs fois \u00e0 J\u00e9rusalem pour conf\u00e9rer avec les autres ap\u00f4tres, et il est pour le moins extraordinaire que pour faire un r\u00e9cit exact de la C\u00e8ne, \u00e0 laquelle lui-m\u00eame n&rsquo;avait pu participer, il n&rsquo;invoque pas le t\u00e9moignage des ap\u00f4tres qui en avaient \u00e9t\u00e9 les participants et les t\u00e9moins directs. Et bien non : il en parle seulement d&rsquo;apr\u00e8s une r\u00e9v\u00e9lation person\u00adnelle, il se base uniquement sur une vision qu&rsquo;il en eut.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment, du point de vue historique, devons-nous donc consid\u00e9rer le r\u00e9cit des \u00c9vangiles ? Il nous faut \u00e9videmment faire les r\u00e9serves suivantes :<\/p>\n<p align=\"justify\">Premi\u00e8rement ces r\u00e9cits ne sont en somme qu&rsquo;une r\u00e9p\u00e9\u00adtition ou une amplification du r\u00e9cit ant\u00e9rieur de St-Paul, lequel, je l&rsquo;ai dit, ne repose pas sur des t\u00e9moignages directs mais sur une illumination de l&rsquo;Ap\u00f4tre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ensuite, m\u00eame en accordant \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode un caract\u00e8re historique, encore faudrait-il prouver qu&rsquo;il eut r\u00e9ellement ce caract\u00e8re proph\u00e9tique que St-Paul et les \u00e9vang\u00e9listes lui attri\u00adbu\u00e8rent longtemps apr\u00e8s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Enfin, on doit se demander si ces transmetteurs et inter\u00adpr\u00e8tes eux-m\u00eames, et toute cette tradition litt\u00e9rale de l&rsquo;\u00c9glise qui les a suivis jusqu\u2019\u00e0 nos jours, ne tombent pas sous le coup des reproches que le Christ faisait pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ceux qui l&rsquo;\u00e9coutaient, le reproche de prendre \u00e0 la lettre et dans un sens strictement mat\u00e9rialiste, les paroles rituelles qu&rsquo;il pro\u00adnon\u00e7ait : \u00ab Celui qui mange ma chair et boit mon sang \u00bb. Comme son entourage s&rsquo;effare de ces paroles, il poursuit : \u00ab c&rsquo;est l&rsquo;esprit qui vivifie, la chair (c&rsquo;est-\u00e0-dire la lettre) ne sert de rien : mes paroles sont esprit et vie \u00bb (Jean, VI). N&rsquo;est-ce pas le sens symbolique de la C\u00e8ne qui est ici sou\u00adlign\u00e9 ? Et n&rsquo;est-il pas tout \u00e0 fait significatif que ce soit pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 propos de ce myst\u00e8re de l&rsquo;eucharistie que J\u00e9sus ait prononc\u00e9 cette parole qui exalte le sens spirituel au d\u00e9triment du sens litt\u00e9ral adopt\u00e9 par les \u00c9glises et en vertu duquel c&rsquo;est la chair et le sang de l&rsquo;homme J\u00e9sus qui sont consomm\u00e9s dans le sacrement ? Mais alors quel est le vrai sens des paroles myst\u00e9rieuses ?<\/p>\n<p align=\"justify\">St-Paul lui-m\u00eame n&rsquo;a jamais entendu dire que dans le repas eucharistique le fid\u00e8le consomm\u00e2t la chair et le sang de l&rsquo;homme J\u00e9sus, puisqu&rsquo;il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 dire : \u00ab Si j&rsquo;ai connu le Christ selon la chair, je ne le connais plus de cette mani\u00e8re \u00bb. Dans sa pens\u00e9e le pain et le vin sont les symboles d&rsquo;une nourriture spirituelle <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>, qui est la nature divine du Christ. La communion nous fait donc participer \u00e0 cette \u00e9tincelle du Verbe qui s&rsquo;est manifest\u00e9e en J\u00e9sus, dans son plein et divin \u00e9panouissement. L&rsquo;acte de communion vivifie notre propre \u00c9tincelle divine, latente au plus profond de nous-m\u00eame, immanente en notre inconscient sup\u00e9rieur,<\/p>\n<p align=\"justify\">Concluons. La lettre du dogme ne peut nous mener qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde. Comment les ap\u00f4tres auraient-ils pu consom\u00admer la chair et le sang du Christ, alors qu&rsquo;il \u00e9tait encore vivant et pr\u00e9sent parmi eux ? Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde que peut mener l&rsquo;abdication du simple bon sens et de la raison. La lettre tue !<\/p>\n<p align=\"center\"><b>C. &#8211; LE DOGME DES SANCTIONS \u00c9TERNELLES<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">S&rsquo;il est un dogme dont les implications r\u00e9voltent profond\u00e9ment la conscience de l&rsquo;homme \u2013 et par conscience j&rsquo;entends ici son c\u0153ur autant que sa raison \u2013 c&rsquo;est le dogme des sanctions \u00e9ternelles qui attendent l&rsquo;homme apr\u00e8s sa courte vie terrestre. Il est d&rsquo;un illogisme total, comme d&rsquo;une injustice r\u00e9voltante, que des fautes \u2013 si graves soient-elles \u2013 commises dans le temps, c&rsquo;est-\u00e0-dire n&rsquo;ayant qu&rsquo;une port\u00e9e relative, puissent \u00eatre sanctionn\u00e9es par une damnation \u00e9ternelle <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a>. Sans doute on peut supposer un enfer \u00e9ternel si on croit le monde \u00e9ternel, mais que les hommes qui y tombent puissent y demeurer \u00e9ternellement est une id\u00e9e qui ne peut sortir que d&rsquo;une imagination moyen\u00e2geuse ou bar\u00adbare. Il n&rsquo;est pas plus logique d&rsquo;ailleurs de croire que les m\u00e9rites d&rsquo;une courte vie puissent valoir \u00e0 son auteur la r\u00e9compense d&rsquo;un bonheur \u00e9ternel. Comment une seule existence suffirait-elle pour satisfaire \u00e0 l&rsquo;injonction \u00e9vang\u00e9lique : \u00ab Soyez parfait comme votre P\u00e8re c\u00e9leste est parfait \u00bb ?<\/p>\n<p align=\"justify\">D&rsquo;autre part, un autre probl\u00e8me, annexe au premier, et qui nous r\u00e9volte tout autant, est celui des in\u00e9galit\u00e9s humaines. Comment en justifier le cr\u00e9ateur ? Pourquoi tant d&rsquo;injustices au d\u00e9part ? Pourquoi les uns naissent-ils avec tous les filons inn\u00e9s du c\u0153ur et de l&rsquo;esprit, les autres avec une nature stupide ou un c\u0153ur perverti, les uns dans l&rsquo;opulence et la joie, tandis que les autres ne trouvent, d\u00e8s le berceau, que tristesse et mis\u00e8res ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Pourquoi d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la beaut\u00e9, la sant\u00e9, la vertu, de l&rsquo;autre la laideur, la maladie et le vice ? Est-ce le caprice du Dieu partial et jaloux de la Bible qui en d\u00e9cide, et ne voit-on pas St-Paul lui-m\u00eame souscrire \u00e0 cette doctrine abominable de la pr\u00e9destination de chacun \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection ou \u00e0 la damnation \u00e9ternelles ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Le probl\u00e8me se pose aussi bien d&rsquo;ailleurs sur le plan collectif. Pourquoi des peuples sont-ils vou\u00e9s au malheur, alors que le destin porte les autres au triomphe, \u00e0 la gloire ? Pourquoi certaines g\u00e9n\u00e9rations sont-elles sacrifi\u00e9es, alors que d&rsquo;autres vivent dans l&rsquo;euphorie d&rsquo;une atmosph\u00e8re sereine et apais\u00e9e ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Et, de nos jours m\u00eame, quel myst\u00e9rieux destin nous a fait na\u00eetre dans un coin privil\u00e9gi\u00e9, alors que l&rsquo;immense majo\u00adrit\u00e9 des \u00eatres humains succombe \u00e0 la mis\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;oppression, \u00e0 la famine ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab Mais, objectera-t-on \u00bb, c&rsquo;est la m\u00e9chancet\u00e9 des hommes qu&rsquo;il faut ici incriminer : c&rsquo;est elle qui cr\u00e9e l&rsquo;injus\u00adtice. Ou bien, encore, c&rsquo;est l&rsquo;aveugle nature, les myst\u00e9rieux hasards de la naissance et de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9. Dieu est \u00e9tranger \u00e0 tout cela ! \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Oui, mais Dieu intervient avant et apr\u00e8s, comme cause premi\u00e8re et fin derni\u00e8re. Pourquoi les \u00e2mes sont-elles cr\u00e9\u00e9es in\u00e9gales, et pourquoi, apr\u00e8s la vie, les sanctions \u00e9ternelles ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab Mais les hommes sont libres, me dit-on : ils forgent eux-m\u00eames leur destin ! \u00bb C&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 tout le probl\u00e8me de la libert\u00e9 et du d\u00e9terminisme qui est ici pos\u00e9. Et combien th\u00e9orique appara\u00eet notre libert\u00e9 devant les impulsions irr\u00e9\u00adsistibles qui nous font agir ? La religion elle-m\u00eame le recon\u00adna\u00eet, puisqu&rsquo;elle nous dit qu&rsquo;il y faut un miracle, le secours d&rsquo;une Gr\u00e2ce surnaturelle, pour nous permettre l&rsquo;exercice de notre libert\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Devant ces probl\u00e8mes qui semblent nous d\u00e9passer, d\u00e9passer les limites de notre raison, il importe, nous dit-on, de nous incliner devant le Myst\u00e8re de la Providence. Mais ce myst\u00e8re m\u00eame, je l&rsquo;ai dit, nous semble bien inconciliable avec celui de la pr\u00e9destination des \u00e2mes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Au surplus, peut-\u00eatre conviendrait-il en effet de s&rsquo;in\u00adcliner humblement devant un myst\u00e8re qui nous d\u00e9passe, si la sagesse antique, imm\u00e9moriale et universelle, ne nous en apportait au contraire une solution r\u00e9pondant enti\u00e8rement \u00e0 nos exigences. Cette r\u00e9ponse au myst\u00e8re, c&rsquo;est la loi paling\u00e9n\u00e9sique, la loi des vies successives de l&rsquo;homme. Celles-ci, cr\u00e9ations dans le temps de ses d\u00e9sirs, de ses efforts, se suc\u00adc\u00e8dent les unes aux autres en filiation naturelle, en vertu de la loi universelle de cause \u00e0 effet que l\u2019Inde nomme \u00ab Karma \u00bb. De par cette filiation m\u00eame, chaque homme se construit lui-m\u00eame, \u00e9difie sa propre nature, au cours des \u00e2ges. Il n&rsquo;est donc pas arbitrairement cr\u00e9\u00e9, par d\u00e9cret divin, intelligent ou stupide, vertueux ou vicieux, beau ou laid, fort ou faible, mais s&rsquo;est \u00e9rig\u00e9 lui-m\u00eame en bien ou en mal de par ses propres d\u00e9sirs, ses propres efforts, r\u00e9coltant en chaque existence la moisson de ses semailles ant\u00e9rieures. Nul Dieu n&rsquo;est donc responsable de son \u00e9tat pr\u00e9sent, fruit d&rsquo;un long pass\u00e9 oubli\u00e9, oubli\u00e9 parce que \u00ab l&rsquo;eau du L\u00e9th\u00e9 \u00bb, pour des raisons compr\u00e9hensibles, en a provisoirement aboli en lui le souvenir, d\u00e9sormais enfoui dans les profondeurs de son inconscient.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cette loi paling\u00e9n\u00e9sique, la Bhagavad-G\u00eet\u00e2 la procla\u00admait il y a trois mille ans.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab L&rsquo;homme v\u00e9ritable est immortel&#8230; \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Pendant la vie, il ne fait qu&rsquo;occuper son corps ; il le quitte quand il est hors d&rsquo;usage, pour en prendre un autre plus tard&#8230; Il \u00e9volue vers Dieu, son principe et sa fin&#8230; Sachant cela, on ne doit se lamenter de rien. \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Une telle v\u00e9rit\u00e9, ouvertement proclam\u00e9e dans les \u00c9critures sacr\u00e9es de l&rsquo;Inde antique, la Sagesse Occidentale la maintint au contraire prudemment sous le boisseau. Elle demeura l&rsquo;enseignement secret des temples d&rsquo;\u00c9gypte, r\u00e9serv\u00e9e, en Gr\u00e8ce, aux initi\u00e9s des Myst\u00e8res, Orphiques et Eleusinien ; elle fut aussi la doctrine de Pythagore et de Platon, enseign\u00e9e pareillement par la sagesse juive <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a>. Elle \u00e9tait la doctrine traditionnelle des Ess\u00e9niens, admise aussi par les Pharisiens, nous dit l&rsquo;historien Jos\u00e8phe. De plus, les allusions nombreuses \u00e0 cette m\u00eame doctrine qui subsistent dans les \u00c9vangiles <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a>, prouvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence qu&rsquo;elle faisait partie des enseignements que J\u00e9sus donnait en particulier \u00e0 ses disciples, se refusant \u00e0 en faire l&rsquo;objet d&rsquo;un enseignement public, en raison des dangers qu&rsquo;il pouvait pr\u00e9senter. Nous y revien\u00addrons.<\/p>\n<p align=\"center\"><b>D. &#8211; LES DOGMES MARIAUX<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Marie, la M\u00e8re de J\u00e9sus, fut cette femme admirable, m\u00e8re douloureuse, qui v\u00e9cut toute sa vie dans l&rsquo;humilit\u00e9 et la retraite la plus absolue. Les \u00c9vangiles, \u00e0 part un texte contest\u00e9, nous le verrons, nous disent en v\u00e9rit\u00e9 peu de chose sur elle. Apr\u00e8s le drame du Calvaire, o\u00f9 nous la retrouvons au pied de la croix, le silence retombe sur elle, car, sauf erreur de ma part, nous ne voyons ni St-Paul, ni les actes des Ap\u00f4tres, lui consacrer la moindre allusion, ce qui, il faut l&rsquo;avouer, est pour le moins \u00e9trange. C&rsquo;est bien l&rsquo;oubli complet et il nous faut attendre jusqu&rsquo;au deuxi\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re pour que, r\u00e9pondant \u00e0 une grave lacune de la religion nouvelle, fut instaur\u00e9 le culte de Marie, instaur\u00e9 non \u00e0 J\u00e9ru\u00adsalem, non \u00e0 Rome, mais \u00e0 \u00c9ph\u00e8se, c&rsquo;est-\u00e0-dire l\u00e0 o\u00f9 subsis\u00adtait encore le culte pa\u00efen de la D\u00e9esse-M\u00e8re Cyb\u00e8le, dont la statue demeurait l&rsquo;objet de la v\u00e9n\u00e9ration de quelques fid\u00e8les attard\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le Mythe de la Vierge-M\u00e8re \u00e9tait, en effet, un mythe pr\u00e9-chr\u00e9tien quasi universellement r\u00e9pandu dans l&rsquo;antiquit\u00e9 et qui doit \u00eatre compris all\u00e9goriquement dans son sens cos\u00admique et transcendantal. La science nous montre le monde comme \u00e9tant le produit de forces \u00e9manant de deux P\u00f4les oppos\u00e9s, positif et n\u00e9gatif, qui furent g\u00e9n\u00e9ralement person\u00adnifi\u00e9s dans les cultes par le Dieu et la D\u00e9esse, le P\u00e8re et la M\u00e8re (ou des principes masculin et f\u00e9minin, comme le Yang et le Yin, en Chine) ou encore symbolis\u00e9s astronomiquement comme le Ciel et la Terre, repr\u00e9sentant les deux aspects du R\u00e9el sur le triple plan, divin, cosmique et humain. C&rsquo;est le double aspect sous lequel l&rsquo;Un, le Transcendant, se manifeste Lui-m\u00eame dans l&rsquo;\u00e9quilibre de toute cr\u00e9ation. En \u00c9gypte, adjointe \u00e0 Osiris est Isis, la Vierge-M\u00e8re qui s&rsquo;efforce de rassembler les membres \u00e9pars et dispers\u00e9s de son fr\u00e8re et \u00e9poux, symbole de la multiplication et de la dispersion de la Vie universelle dans tous les \u00eatres. La Vierge-M\u00e8re, personnification de la Nature, une et int\u00e9grale, se retrouve donc partout, qu&rsquo;elle se nomme Isis, Cyb\u00e8le, D\u00e9m\u00e9ter ou Rh\u00e9a. La m\u00e8re immacul\u00e9e est donc cette pure Matrice divine, qui, f\u00e9cond\u00e9e par l&rsquo;Esprit divin, donne naissance \u00e0 son fils macrocosmique, l&rsquo;univers, comme du point de vue microcos\u00admique elle repr\u00e9sente l&rsquo;\u00e2me pure qui met au monde l&rsquo;homme r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 : le Christ, l&rsquo;homme-Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\">De ce symbolisme de la M\u00e8re divine, Charles Autran \u00e9crit : \u00ab La merveilleuse t\u00e9nacit\u00e9 du culte de la M\u00e8re dans l&rsquo;Inde actuelle, comme de celui de Cyb\u00e8le et de la grande d\u00e9esse, la Magna Mater en Asie ant\u00e9rieure et jusque dans la M\u00e9diterran\u00e9e romaine, en est une preuve. Ses caract\u00e9ristiques partout sont rest\u00e9es inalt\u00e9r\u00e9es. Partout elle est libre et vierge, partout, agent immacul\u00e9 de puret\u00e9. Partout aussi elle est la M\u00e8re, d&rsquo;abord de son compagnon, par conception imma\u00adcul\u00e9e, puis ensuite des Dieux et de la vie universelle, de par le baiser de son fils. Cette Divinit\u00e9 et son par\u00e8dre sont donc, de la Mer noire \u00e0 l&rsquo;Indus, et de l&rsquo;Indus \u00e0 l\u2019\u00c9g\u00e9e, bien les m\u00eames \u00bb <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment Marie, la m\u00e8re de J\u00e9sus, en arrive-t-elle \u00e0 symboliser, \u00e0 personnifier, \u00e0 son tour, l\u2019\u00c9ternel f\u00e9minin, c&rsquo;est-\u00e0-dire cet aspect f\u00e9minin de la Divinit\u00e9, id\u00e9e que le monde juif repoussait avec horreur comme blasph\u00e9matoire, tandis que toutes les religions anciennes le v\u00e9n\u00e9raient et le person\u00adnifiaient sous des noms divers, consid\u00e9rant qu&rsquo;il repr\u00e9sentait la Nature universelle, l&rsquo;\u00e9pouse de Dieu, la M\u00e8re de son Fils.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais voyons d&rsquo;abord ce que les \u00c9critures nous disent de Marie. Elles nous en disent bien peu de chose et l&rsquo;on doit \u00e0 coup s\u00fbr s&rsquo;\u00e9tonner de ce silence relatif \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la personne la plus importante du r\u00e9cit des \u00c9vangiles, apr\u00e8s le Christ lui-m\u00eame, et qui fut plac\u00e9e \u00e0 juste titre plus haut que les patriarches, le proph\u00e8tes, et tous les saints de l&rsquo;ancien et du nouveau Testament, pour \u00eatre finalement promue au rang de Reine du ciel, v\u00eatue du soleil, la lune sous ses pieds et couronn\u00e9e de douze \u00e9toiles (Mich\u00e9e IX, 1 2).<\/p>\n<p align=\"justify\">Tout d&rsquo;abord, il y a l&rsquo;\u00e9pisode de l&rsquo;Annonciation. L&rsquo;ange pr\u00e9dit \u00e0 Marie la naissance du Sauveur. Les critiques ratio\u00adnalistes ont vu dans cet \u00e9pisode une influence Alexandrine, sugg\u00e9r\u00e9e aux auteurs par les l\u00e9gendes qui y circulaient partout relatives aux hommes suppos\u00e9s n\u00e9s d&rsquo;un Dieu et d&rsquo;une M\u00e8re mortelle, l&rsquo;influence aussi d&rsquo;une erreur commise par les auteurs de la \u00ab Version des Septante \u00bb, traduisant erron\u00e9\u00adment le verset d&rsquo;Isa\u00efe : \u00ab la femme concevra un fils&#8230; \u00bb traduisant par le terme grec Parthenos, vierge, le mot h\u00e9breu \u00ab halama \u00bb, qui signifie femme \u00e2g\u00e9e. Quoiqu&rsquo;il en soit, il est \u00e9trange que deux \u00e9vang\u00e9listes seulement relatent le fait si important de l&rsquo;annonciation. Marc et Jean n&rsquo;en disent rien. Ensuite aucune autre allusion \u00e0 une conception miraculeuse de J\u00e9sus ne figure dans le contexte des quatre \u00e9vangiles, et certains \u00e9pisodes m\u00eame semblent la d\u00e9mentir. Ainsi lorsque J\u00e9sus, \u00e2g\u00e9 de 12 ans, est retrouv\u00e9 dans le temple enseignant les docteurs, les \u00c9vangiles nous montrent sa m\u00e8re, son p\u00e8re putatif et ses fr\u00e8res, inquiets, doutant de sa mission, craignant m\u00eame \u00ab qu&rsquo;il n&rsquo;ait perdu l&rsquo;esprit \u00bb. (Marc III, 21 &#8211; Luc II, 48-50 &#8211; Matth. XIII, 57). Comment en cas de naissance mira\u00adculeuse, sa propre m\u00e8re eut-elle pu douter de son fils ?<\/p>\n<p align=\"justify\">On sait aussi que l&rsquo;ap\u00f4tre St-Paul ignore tout d&rsquo;une conception ou d&rsquo;une naissance miraculeuse, lui qui d\u00e9clare au contraire que J\u00e9sus \u00ab est n\u00e9 sous la loi \u00bb et issu de la semence de David selon la chair \u00bb (Rom. I, 3), c&rsquo;est-\u00e0-dire fils r\u00e9el de Joseph, descendant de David <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\"><sup>19<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">St-Mathieu se contredit du reste lui-m\u00eame, puisque apr\u00e8s avoir donn\u00e9 la g\u00e9n\u00e9alogie de Joseph, descendant de David et p\u00e8re de J\u00e9sus, il relate l&rsquo;\u00e9pisode de l&rsquo;annonciation qui d\u00e9nie cette paternit\u00e9. De tout quoi, il r\u00e9sulte que des doutes s\u00e9rieux existent quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;annonciation, du moins sur le plan physiologique et historique, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur l&rsquo;\u00e9pisode lui-m\u00eame pris en son sens litt\u00e9ral. Si une annon\u00adciation fut faite \u00e0 Marie, elle n&rsquo;est concevable que sur le plan de la conscience et relative \u00e0 la mission divine de son fils.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bien rares, dans la vie publique du h\u00e9ros de l&rsquo;\u00c9vangile, sont les \u00e9pisodes o\u00f9 la pr\u00e9sence et le r\u00f4le de Marie sont mentionn\u00e9s. Aux noces de Cana, c&rsquo;est sur la demande de sa m\u00e8re que J\u00e9sus change l&rsquo;eau en vin. Au pr\u00e9alable toutefois il accueille la demande par cette rude parole : \u00ab Femme, qu&rsquo;y a-t-il de commun entre vous et moi \u00bb ? Marie ne r\u00e9pond pas. Elle se borne humblement \u00e0 dire aux serviteurs : \u00ab Faites tout ce qu&rsquo;il vous dira \u00bb. Mais cette parole de son fils, cruelle aux oreilles d&rsquo;une M\u00e8re aimante, comment l&rsquo;expliquer ? J\u00e9sus voulut-il signifier que le pouvoir divin dont il disposait n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 des parents ? C&rsquo;est l&rsquo;explication de St-Augustin. Elle para\u00eet bien insuffisante. N&rsquo;est-ce pas plut\u00f4t pour nous avertir que les liens sentimentaux \u2013 si respectables soient-ils \u2013 tels ceux de la famille, ne peuvent jamais \u00eatre un obstacle, une entrave, pour ceux qui aspirent \u00e0 fouler \u00ab le sentier \u00e9troit \u00bb ? C&rsquo;est dans ce m\u00eame esprit que chez les Th\u00e9rapeutes \u2013 ces Ess\u00e9niens d&rsquo;\u00c9gypte \u2013 le postulant devait briser tout lien familial, nous dit le philosophe Philon, \u00ab abandonnant fr\u00e8res, femme, enfants et parents \u00bb <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\"><sup>20<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ceci expliquerait donc mieux la duret\u00e9 du propos de J\u00e9sus \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de sa m\u00e8re, comme cela explique \u00e9galement cette autre r\u00e9ponse par laquelle il semble renier publique\u00adment tout lien de parent\u00e9 lorsque, \u00e0 celui qui lui fait remar\u00adquer que sa m\u00e8re et ses fr\u00e8res l&rsquo;attendent au dehors, il r\u00e9pond : \u00ab Qui est ma m\u00e8re, qui sont mes fr\u00e8res ? \u00bb Apr\u00e8s les noces de Cana, il semble que Marie s&rsquo;en retourna chez elle, reprit sa vie pure, simple et r\u00e9sign\u00e9e, de plus en plus angois\u00ads\u00e9e par les menaces qu&rsquo;elle sentait peser sur la t\u00eate de son fils. J\u00e9sus, au cours de sa vie publique, p\u00e9n\u00e8tre dans des mai\u00adsons \u00e9trang\u00e8res. On ne dit pas qu&rsquo;il rentre jamais se reposer chez lui, chez sa m\u00e8re. Marie ne repara\u00eet finalement qu&rsquo;au pied de la Croix, \u00e0 l&rsquo;heure des supr\u00eames douleurs. Alors elle est l\u00e0 \u00e9plor\u00e9e, path\u00e9tique, le c\u0153ur bris\u00e9, mais toujours coura\u00adgeuse et forte. \u00c9pouse incomparable, M\u00e8re sublime. J\u00e9sus lui rend t\u00e9moignage sur la croix, en lui confiant son disciple pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 : \u00ab Femme, voil\u00e0 votre fils \u00bb, et en disant \u00e0 Jean : \u00ab Voil\u00e0 votre M\u00e8re \u00bb. Douce parole de reconnaissance qui la console, et la d\u00e9chire tout \u00e0 la fois. Puis, apr\u00e8s la mort de J\u00e9sus, je l&rsquo;ai dit, il n&rsquo;est plus question d&rsquo;elle, elle ne figure m\u00eame pas parmi les t\u00e9moins de la r\u00e9surrection.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment expliquer, dans l&rsquo;\u00c9glise primitive, cette indif\u00adf\u00e9rence qui nous scandalise, ce d\u00e9sint\u00e9ressement apparent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la m\u00e8re de J\u00e9sus, car les \u00c9critures canoniques n&rsquo;en parlent plus et n&rsquo;ont enregistr\u00e9 aucune des l\u00e9gendes que les apocryphes imagin\u00e8rent ult\u00e9rieurement ?<\/p>\n<p align=\"justify\">Il semble qu&rsquo;une telle attitude ne puisse s&rsquo;expliquer qu&rsquo;en raison des pr\u00e9jug\u00e9s juifs \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la femme en g\u00e9n\u00e9ral. Le souvenir de la premi\u00e8re Eve qui fut cause de la perdition du genre humain aurait maintenu ces pr\u00e9ventions juives contre la femme, bien que ce fut de la seconde Eve qu&rsquo;ils attendaient la naissance du Messie sauveur. Ainsi, sur le plan terrestre, la femme demeure suspecte, subordonn\u00e9e \u00e0 &lsquo;l&rsquo;homme. Elle ne peut parler \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, nous dit St-Paul. Et sur le plan m\u00e9taphysique, la plus grande h\u00e9r\u00e9sie pour les Juifs, c&rsquo;est de croire qu&rsquo;il puisse y avoir un aspect f\u00e9minin dans la Divinit\u00e9 m\u00eame. J\u00e9hovah est essentiellement un Dieu masculin, bien que son nom m\u00eame \u2013 Yod \u2013 Heve \u2013 implique une dualit\u00e9 active et passive, masculine et f\u00e9minine. En ceci la tradition juive orthodoxe s&rsquo;\u00e9rige donc en opposi\u00adtion formelle avec toutes les autres traditions o\u00f9 les deux aspects divins, Dieu et Nature demeurent toujours \u00e9troite\u00adment associ\u00e9es dans toutes les trinit\u00e9s divines : Osiris-Isis \u2013 Horus, en \u00c9gypte \u2013 Anu \u2013 Ta \u2013 Bel, chez les Assyriens \u2013 Odin \u2013 Freya \u2013 Thor, chez les Scandinaves, les Dieux hindous et leur Shakti, etc. <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\"><sup>21<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour servir de conclusion \u00e0 cette modeste \u00e9tude, je dirais que trois erreurs capitales me paressent \u00eatre \u00e0 la base de notre enseignement religieux :<\/p>\n<p align=\"justify\">1\u00b0 la notion jud\u00e9o-chr\u00e9tienne du \u00ab p\u00e9ch\u00e9 \u00bb, \u00e0 savoir cette id\u00e9e pu\u00e9rile et anthropomorphique que Dieu puisse jamais se sentir offens\u00e9 par les actes humains, et inversement que l&rsquo;homme puisse par ses actes atteindre jamais ou offenser la Majest\u00e9 divine et doive en cons\u00e9quence \u00eatre rachet\u00e9 par le sacrifice de Dieu Lui-m\u00eame pour que le rachat fut ad\u00e9quat \u00e0 l&rsquo;offense. Pareille id\u00e9e nous semblerait follement supersti\u00adtieuse, si nous ne l&rsquo;eussions suc\u00e9e en quelque sorte depuis notre tendre enfance avec le lait maternel. L&rsquo;homme ne peut jamais p\u00e9cher que contre lui-m\u00eame et ses semblables, en commettant des actes qui compromettent son destin. Dieu n&rsquo;est pas un Magister qui punit et r\u00e9compenses mais c&rsquo;est l&rsquo;aveugle Nature qui, par une infaillible loi, fait r\u00e9colter t\u00f4t ou tard par chacun le fruit naturel de ses actes : car les lois inflexibles de la Nature sont la Justice de Dieu ;<\/p>\n<p align=\"justify\">2\u00b0 que l&rsquo;intelligence n&rsquo;est pas une facult\u00e9 qualifi\u00e9e pour s&rsquo;\u00e9lever au domaine dit surnaturel, que ce n&rsquo;est pas l\u00e0 sa t\u00e2che normale, et que c&rsquo;est la foi aveugle \u00e0 l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00c9glise qui doit ici suppl\u00e9er sa carence. Sans doute, la t\u00e2che normale de l&rsquo;intelligence, chez l&rsquo;homme \u2013 animal, que nous sommes encore, est ax\u00e9e sur notre monde terrestre de fa\u00e7on apparemment exclusive. Mais la transfiguration de l&rsquo;homme \u2013 animal en un homme divin \u00e9tant le but m\u00eame de la vie humaine, ce but implique un renversement complet dans l&rsquo;orientation de l&rsquo;intelligence qui doit d\u00e9sormais s&rsquo;\u00e9lever du p\u00f4le inf\u00e9rieur de l&rsquo;homme \u00e0 son p\u00f4le sup\u00e9rieur et divin. C&rsquo;est ce dernier qui est appel\u00e9 \u00e0 diriger notre mental et notre c\u0153ur, et, partant toute notre conduite. C&rsquo;est en s&rsquo;orien\u00adtant vers l&rsquo;intelligence divine que l&rsquo;intelligence humaine en recevra l&rsquo;illumination. \u00ab Spiritus omnia scrutatur, etiam mysteria Dei \u00bb, a dit St-Paul ;<\/p>\n<p align=\"justify\">3\u00b0 l&rsquo;harmonie des contraires doit \u00eatre recherch\u00e9e dans une synth\u00e8se sup\u00e9rieure. La voie du juste milieu permet d&rsquo;y atteindre. Les contraires sont en l&rsquo;homme lui-m\u00eame, dans une dualit\u00e9 d&rsquo;orientation de sa nature, dualit\u00e9 de tendances oppos\u00e9es qui le d\u00e9chirent et prouvent la complexit\u00e9 de cette nature. Une religion primaire y voyait la lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e entre Dieu et le Diable, se disputant chaque \u00e2me humaine. St-Paul nous parle de la loi de la chair \u00e0 laquelle s&rsquo;oppose la loi de l&rsquo;Esprit. La philosophie catholique moderne (l&rsquo;Abb\u00e9 Bremond et le philosophe Maurice Blondel) d\u00e9couvre aussi la dualit\u00e9 en nous : \u00ab anima \u00bb, l&rsquo;\u00e2me immortelle, orient\u00e9e en haut, vers le divin ; \u00ab animus \u00bb, notre moi mortel (non seule\u00adment notre corps, mais nos pens\u00e9es et nos sentiments ordi\u00adnaires) orient\u00e9 vers les choses de ce monde. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est l&rsquo;opposition entre l\u2019\u00catre, ce que nous sommes r\u00e9ellement, transcendantalement, et le Devenir, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette projection \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019\u00catre dans le Temps, notre personnalit\u00e9 mortelle. L\u2019\u00catre, l&rsquo;Unit\u00e9, est l&rsquo;Alpha et l&rsquo;Om\u00e9ga. Le but final du Devenir (les \u00eatres) est donc de rejoindre l&rsquo;Unit\u00e9 originelle de l\u2019\u00catre, au terme du cycle actuel de sa manifestation p\u00e9riodique (involution et \u00e9volution). Car au sommet, l\u2019\u00catre est Un, le Tout est Un, et tous les \u00eatres ne sont que des modalit\u00e9s substantielles de son Essence \u00e9ter\u00adnelle. En potentialit\u00e9 d&rsquo;immortalit\u00e9 seulement, ils doivent y atteindre progressivement en r\u00e9alisant par la conscience l&rsquo;Unit\u00e9 essentielle.<\/p>\n<p align=\"justify\">J&rsquo;ai r\u00e9sum\u00e9 autant que je l&rsquo;ai pu ma th\u00e8se concernant le J\u00e9sus historique et son enseignement \u00e9sot\u00e9rique. Elle para\u00eetra \u00e0 premi\u00e8re vue \u00e9trange, r\u00e9voltante, aux yeux des catholiques. Pourtant, et \u00e0 premi\u00e8re vue aussi, elle r\u00e9sout bien des difficult\u00e9s :<\/p>\n<p align=\"justify\">1\u00b0 Elle explique la fuite en \u00c9gypte, de J\u00e9sus adulte, devant les pers\u00e9cutions du roi Alexandre Jeann\u00e9e, et non sous H\u00e9rode. Aucun historien juif ne mentionnant le mas\u00adsacre des Innocents sous ce prince ;<\/p>\n<p align=\"justify\">2\u00b0 Elle explique les similitudes de doctrine entre l&rsquo;en\u00adseignement \u00e9vang\u00e9lique et les doctrines Alexandrines, J\u00e9sus ayant s\u00e9journ\u00e9 dans cette ville et s&rsquo;\u00e9tant, selon les traditions juives, initi\u00e9 \u00e0 la Sagesse de l&rsquo;\u00c9gypte ;<\/p>\n<p align=\"justify\">3\u00b0 Elle explique cette promesse de J\u00e9sus : \u00ab Cette g\u00e9n\u00e9\u00adration ne passera pas&#8230; \u00bb, ses apparitions glorieuses apr\u00e8s sa mort r\u00e9elle s&rsquo;\u00e9tant effectu\u00e9es en accomplissement de cette promesse, moins d&rsquo;un si\u00e8cle apr\u00e8s cette mort ;<\/p>\n<p align=\"justify\">4\u00b0 Elle expliquerait certains miracles relat\u00e9s dans les \u00c9vangiles, notamment celui de J\u00e9sus marchant sur les eaux, explicable pour une apparition plut\u00f4t que pour un corps physique <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\"><sup>22<\/sup><\/a> ;<\/p>\n<p align=\"justify\">5\u00b0 Elle expliquerait aussi par les apparitions la doctrine du doc\u00e9tisme qui, d\u00e8s le premier si\u00e8cle, affirmait que J\u00e9sus n&rsquo;avait de l&rsquo;homme que l&rsquo;apparence, et la primitive \u00c9glise ne para\u00eet pas avoir condamn\u00e9 de suite cette doctrine. Au quatri\u00e8me si\u00e8cle, St-J\u00e9r\u00f4me atteste, scandalis\u00e9, qu&rsquo;alors que le sang du Christ \u00e9tait encore frais en Jud\u00e9e, dit-il, et que les Ap\u00f4tres vivaient encore, il se trouva des hommes pour affirmer que le corps de J\u00e9sus n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un fant\u00f4me (Adv. Luciferum, 23) ;<\/p>\n<p align=\"justify\">6\u00b0 Elle expliquerait la confusion qu&rsquo;ont faite les \u00c9vangiles, r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 la fin du premier si\u00e8cle seulement, entre J\u00e9sus et divers personnages du m\u00eame nom, dont J\u00e9sus de Gamala principalement, et aussi cet \u00c9gyptien myst\u00e9rieux dont nous parle l&rsquo;historien Jos\u00e8phe. Cette confusion expliquerait, en effet, la version slave du texte de Jos\u00e8phe pour ceux qui, comme Salomon Reinach, admettent l&rsquo;authenticit\u00e9 de cette version tardive, laquelle est manifestement pourtant une interpr\u00e9tation chr\u00e9tienne <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\"><sup>23<\/sup><\/a>. Ce texte, en effet, trahit un certain embarras et vise une apparition psychique autant qu&rsquo;un personnage r\u00e9el. \u00ab En ce temps-l\u00e0, dit-il, apparut un homme, si on peut l&rsquo;appeler ainsi. Sa nature \u00e9tait humaine, mais son apparence plus qu&rsquo;humaine&#8230; Pourtant, vu la nature qu&rsquo;il avait avec nous, je ne l&rsquo;appellerai pas un ange&#8230; \u00bb Plus loin, il dit encore : \u00ab A l&rsquo;\u00e9poque de ces gouverneurs, beau\u00adcoup des partisans du thaumaturge susdit parlaient de leur Ma\u00eetre au peuple, disant qu&rsquo;il \u00e9tait vivant quoique mort&#8230; \u00bb Dans ce texte suspect, il s&rsquo;agit bien du Christ des apparitions, et l&rsquo;historien Jos\u00e8phe, en supposant qu&rsquo;il l&rsquo;ait r\u00e9ellement \u00e9crit, ne l&rsquo;a fait qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;an 70, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la croyance chr\u00e9tienne, dont il se fait l&rsquo;\u00e9cho, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fortement enracin\u00e9e. Pourtant l&rsquo;historien juif n&rsquo;identifie pas ce J\u00e9sus dont il parle ici par ou\u00ef-dire avec l\u2019\u00c9gyptien, qu&rsquo;il cite par ailleurs et qui, selon sa version grecque plus authen\u00adtique, apr\u00e8s avoir attir\u00e9 au d\u00e9sert, et puis au mont des Oliviers, la foule de ses partisans, fut attaqu\u00e9 par les Romains et disparut myst\u00e9rieusement apr\u00e8s la d\u00e9faite. Le texte dit litt\u00e9ralement \u00ab il devint invisible \u00bb, chose plus ais\u00e9e pour une apparition que pour un corps physique. Un pareil r\u00e9cit figure aussi d&rsquo;ailleurs chez Hi\u00e9rocl\u00e8s, un ennemi et pers\u00e9\u00adcuteur du Christianisme au troisi\u00e8me si\u00e8cle, qui assure que J\u00e9sus avait rassembl\u00e9 neuf cents hommes et qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 leur t\u00eate pour commettre des brigandages, accusation absurde \u00e9videmment, mais parall\u00e8le tout de m\u00eame \u00e0 celle que Jos\u00e8phe porte contre l\u2019\u00c9gyptien. Il semble donc que les \u00c9vangiles aient m\u00e9lang\u00e9 dans leur r\u00e9cit des \u00e9pisodes de la vie de trois personnages : le J\u00e9sus r\u00e9el, dont ils reproduisent les pr\u00e9ceptes moraux, puis le patriote juif J\u00e9sus de Gamala (ils \u00e9taient deux fr\u00e8res, nous dit Jos\u00e8phe, J\u00e9sus et Jean, dont l&rsquo;un \u00e9tait ess\u00e9nien), qui se rallia au parti sacerdotal, dont le chef respect\u00e9 \u00e9tait Ananus, essaya de s&rsquo;entremettre entre les Z\u00e9lotes et les Romains, \u00e9choua, et fut mis \u00e0 mort. Dans l&rsquo;\u00c9vangile, J\u00e9sus dit : \u00ab Rendez \u00e0 C\u00e9sar ce qui est \u00e0 C\u00e9sar et \u00e0 Dieu ce qui est \u00e0 Dieu \u00bb, et il est traduit en jugement devant Anan, beau-p\u00e8re de Ca\u00efphe <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\"><sup>24<\/sup><\/a> ; enfin le troisi\u00e8me personnage fut l\u2019\u00c9gyptien guerrier, qui fut vaincu par les Romains. Ici aussi une confusion fut possible, le J\u00e9sus de l&rsquo;\u00c9vangile n&rsquo;apparaissant pas du tout comme un pacifiste \u00e0 la Gandhi, partisan de la non-violence, de la non-r\u00e9sistance au mal. J&rsquo;ai cit\u00e9 les textes et notamment celui o\u00f9 il dit : \u00ab que celui qui n&rsquo;a pas de glaive, vende sa robe pour en acheter un \u00bb. La confusion avec l\u2019\u00c9gyptien de Jos\u00e8phe pour\u00adrait encore se d\u00e9duire d&rsquo;un texte de St-Ir\u00e9n\u00e9e, un des pre\u00admiers P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise (adversus haereses, II, 22), texte suivant lequel J\u00e9sus atteignit l&rsquo;\u00e2ge de 50 ans, ce qui, d&rsquo;apr\u00e8s la computation orthodoxe, nous reporterait aux alentours de l&rsquo;an 50, qui est pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 l\u2019\u00c9gyptien disparut myst\u00e9rieusement, lorsque ses partisans furent dispers\u00e9s par les troupes romaines <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\"><sup>25<\/sup><\/a> ;<\/p>\n<p align=\"justify\">7\u00b0 Enfin l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e0 laquelle nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s, expliquerait comment St-Paul peut mettre son monde d&rsquo;\u00e9lection comme ap\u00f4tre sur le m\u00eame pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 que les douze. Dans cette hypoth\u00e8se, en effet, \u2013 et partag\u00e9e sur ce point, nous l&rsquo;avons vu, par des critiques comme Alfred Loizy et Charles Guignebert \u2013 les douze ap\u00f4tres auraient r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 choisis par le Christ r\u00e9apparu et non au cours de sa vie mortelle. St-Paul parle de son indignit\u00e9 pass\u00e9e comme pers\u00e9cuteur ; pour le surplus, sa vocation comme ap\u00f4tre est la m\u00eame que la leur, il est leur \u00e9gal (I Cor. XV, 8-11). Et l&rsquo;on ne peut manquer de souligner l&rsquo;opposition qui existe ici entre les \u00ab Actes des Ap\u00f4tres \u00bb et les \u00ab \u00e9p\u00eetres \u00bb de St-Paul. Gustave Lejeal \u00e9crit : \u00ab que l\u00e0 o\u00f9 les Actes marquent une union \u00e9troite entre Paul, Pierre et les Ap\u00f4tres, c&rsquo;est le contraire qui r\u00e9sulte des \u00c9p\u00eetres. Paul commence son minist\u00e8re sans s&rsquo;en r\u00e9f\u00e9rer aux Ap\u00f4tres. Il va en Arabie, puis \u00e0 Damas. C&rsquo;est trois ans apr\u00e8s seulement qu&rsquo;il monte \u00e0 J\u00e9ru\u00adsalem pour faire connaissance avec Pierre, avec lequel il demeure quinze jours, sans voir aucun autre ap\u00f4tre, sinon Jacques, dit le fr\u00e8re du Seigneur. Et ce n&rsquo;est que quatorze ans plus tard qu&rsquo;il retourne une fois encore \u00e0 J\u00e9rusalem. Pierre est-il \u00e0 ses yeux le Pontife supr\u00eame, le Ma\u00eetre de la foi ? Non, dans les \u00c9p\u00eetres, il se montre comme \u00ab lui r\u00e9sis\u00adtant en face \u00bb. \u00ab Il l&rsquo;accuse d&rsquo;hypocrisie et voit en lui, et dans les ap\u00f4tres de la Jud\u00e9e, de faux-fr\u00e8res, de faux-ap\u00f4tres, des ouvriers trompeurs, d\u00e9guis\u00e9s en ap\u00f4tres du Christ, des ouvriers de Satan qui viennent troubler son \u0153uvre <a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\"><sup>26<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais revenons au J\u00e9sus r\u00e9el. Les \u00c9vangiles auraient confondu dans une m\u00eame unit\u00e9 de temps des \u00e9v\u00e9ne\u00adments s\u00e9par\u00e9s dans la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;Histoire par un si\u00e8cle de distance. Consciemment ou inconsciemment, leurs auteurs, qui, dans l&rsquo;ambiance troubl\u00e9e du moment s&rsquo;inspiraient de traditions qu&rsquo;ils ne pouvaient plus v\u00e9rifier, d&rsquo;exemples et d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;ils avaient eus sous les yeux \u2013 ils \u00e9crivaient apr\u00e8s l&rsquo;an 70 \u2013 laiss\u00e8rent leur imagination po\u00e9tique et leur exaltation mystique suppl\u00e9er au d\u00e9faut d&rsquo;une documentation s\u00fbre et pr\u00e9cise, pour \u00e9crire une biographie all\u00e9gorique de leur Ma\u00eetre, l\u00e9gendaire le plus souvent du point de vue stric\u00adtement historique. Le souci de la rigueur historique est un souci tout moderne, \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;esprit d&rsquo;Orient. Et c&rsquo;est ainsi que les auteurs des quatre \u00c9vangiles ont amalgam\u00e9 dans le m\u00eame temps l&rsquo;existence r\u00e9elle de J\u00e9sus (mort vers l&rsquo;an 66 avant J\u00e9sus-Christ, et que nous avons suppos\u00e9 iden\u00adtifi\u00e9 au Ma\u00eetre de Justice) et, d&rsquo;autre part, ses apparitions post mortem, autrement dit les activit\u00e9s du Christ ressuscit\u00e9, lesquelles apparitions seraient survenues aux alentours de l&rsquo;an 30, conform\u00e9ment \u00e0 la version chronologique des \u00c9vangiles. Sous leur voile pseudo-historique, ceux-ci devinrent ainsi cette exaltation magnifique du message spirituel de J\u00e9sus qui a r\u00e9volutionn\u00e9 le monde. Et ne fut-ce pas l\u00e0 l&rsquo;essentiel ?<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> Ce sont les auteurs talmudiques du Sota et du Sanh\u00e9\u00addrin, cit\u00e9s au Livre de la dispute de J\u00e9chiel, le Nizzachon Vetus, le Toldos Jeschu, etc. (Citation d&rsquo;apr\u00e8s Eliphas Levi.)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> St-Justin : \u00ab Dialogue avec Tryphon \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> Parmi les principaux enseignements de cette \u00e9cole, on peut citer :<\/p>\n<p align=\"justify\">a) L&rsquo;id\u00e9e juive du p\u00e9ch\u00e9 originel et la promesse d&rsquo;un Messie r\u00e9dempteur;<\/p>\n<p align=\"justify\">b) L&rsquo;id\u00e9e hell\u00e9nique du Verbe de Dieu, transposition juive de l&rsquo;id\u00e9e platonicienne du Logos, s&rsquo;incarnant dans la mati\u00e8re pour \u00e9voluer la cr\u00e9ation et ressusciter dans l&rsquo;homme. Chez les Alexandrins, le Verbe est une procession divine, la premi\u00e8re des cr\u00e9atures \u2014 St-Paul dit la m\u00eame chose. \u2014 \u00ab Il n&rsquo;est pas comme Dieu sans principe, d\u00e9clare Philon, il n&rsquo;a pas comme nous de g\u00e9n\u00e9ration. \u00bb \u00ab Il est l&rsquo;unique et supr\u00eame m\u00e9diateur entre Dieu et les hommes \u00bb, dit encore Philon avant St-Paul, \u00ab l&rsquo;interm\u00e9\u00addiaire ontologique entre Dieu et le monde \u00bb \u2014 mais pas Dieu ;<\/p>\n<p align=\"justify\">c) L&rsquo;id\u00e9e de la Vierge c\u00e9leste. \u00ab La gr\u00e2ce est cette Vierge c\u00e9leste \u00bb, \u00e9crit Philon, qui sert de m\u00e9diatrice entre Dieu qui offre et l&rsquo;\u00e2me qui re\u00e7oit. Id\u00e9e encore emprunt\u00e9e \u00e0 Platon, pour qui cette gr\u00e2ce est une faveur divine spontan\u00e9e, imm\u00e9rit\u00e9e (theia Moira). Les Chr\u00e9tiens ont masculinis\u00e9 le saint Esprit, qui, dans certains apocryphes comme pour la sagesse antique, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un aspect f\u00e9minin de la Divinit\u00e9, dont le symbole \u00e9tait la colombe (au bapt\u00eame de J\u00e9sus par Jean-Baptiste). Dans les religions antiques, le Dieu avait toujours sa par\u00e8dre la D\u00e9esse.<\/p>\n<p align=\"justify\">d) L&rsquo;id\u00e9e que la gr\u00e2ce divine peut \u00eatre incarn\u00e9e dans un homme juste, qui devient alors, nous explique Philon, \u00ab la victime expiatrice du m\u00e9chant \u00bb. Id\u00e9e que l&rsquo;on retrouve d&rsquo;ailleurs dans ce verset bouddhique de \u00c7antideva : \u00ab Et si la souf\u00adfrance du grand nombre doit cesser par la souffrance d&rsquo;un seul, celui-ci doit la provoquer par compassion pour autrui et pour lui-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> Citons pour m\u00e9moire la th\u00e8se th\u00e9osophique bas\u00e9e sur la clairvoyance, laquelle confirme la th\u00e8se Talmudique que le vrai J\u00e9sus mourut vers l&rsquo;an 66 avant notre \u00e8re, mais qu&rsquo;il y eut confusion chez les \u00c9vang\u00e9listes avec un autre personnage, fou ou fanatique, qui portait \u00e9galement le nom de J\u00e9sus et qui fut mis \u00e0 mort aux alentours de l&rsquo;an 20 ou 30 de notre \u00e8re. Une confir\u00admation indirecte et assez curieuse de cette th\u00e8se pourrait \u00eatre trouv\u00e9e dans le r\u00e9cit de Philon, d&rsquo;un \u00e9pisode survenu en ce m\u00eame temps \u00e0 Alexandrie : celui d&rsquo;un fou, nous dit-il, qui se croyait roi et d&rsquo;origine divine. Ses bourreaux lui mirent une feuille de papyrus en guise de couronne sur la t\u00eate, le rev\u00eatirent d&rsquo;une natte grossi\u00e8re figurant un manteau royal, lui mirent un roseau entre les mains en guise de sceptre, et fl\u00e9chissant le genou devant lui, le couvrirent de moqueries et d&rsquo;insultes. Ce fou s&rsquo;appelait \u00ab Carabas \u00bb, nous dit Philon, et l&rsquo;\u00e9pisode fut peut-\u00eatre l&rsquo;origine de la l\u00e9gende de Barabbas que les \u00c9vangiles oppo\u00adsent \u00e0 J\u00e9sus et dont le nom signifie \u00e9galement \u00ab fils du P\u00e8re \u00bb (cfr. art. de Daniel Mass\u00e9, Mercure de France, avril 1923).<\/p>\n<p align=\"justify\">De nombreux et tr\u00e8s curieux rapprochements peuvent \u00eatre faits encore, qui montrent que les \u00c9vang\u00e9listes se sont inspir\u00e9s de la vie d&rsquo;autres personnages, dont nous parle l&rsquo;historien Jos\u00e8phe, et notamment de nombreux traits de la vie et de la mort de J\u00e9sus de Gamala, ce h\u00e9ros de l&rsquo;ind\u00e9pendance Juive, et aussi de ce myst\u00e9rieux \u00c9gyptien qui v\u00e9cut dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du premier si\u00e8cle (voir \u00ab <i>J\u00e9sus l&rsquo;Alexandrin<\/i> \u00bb, par Gustave Lejeal. Librairie Orientale et Am\u00e9ricaine, J. Maisonneuve, \u00e9diteur, Paris, 1901).<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> Les morts sont ceux qui, s&rsquo;identifiant \u00e0 leur \u00ab moi \u00bb p\u00e9rissable, n&rsquo;ont pas encore pris conscience de leur \u00e2me immor\u00adtelle. Le jeu de mot, nous dit Georges M\u00e9autis, porte sur le double sens de \u00ab n\u00e9cro\u00ef \u00bb, au sens de non-initi\u00e9 et de cadavre. (\u00ab <i>Les Myst\u00e8res d&rsquo;Eleusis<\/i> \u00bb.)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> \u00ab La r\u00e9surrection de la chair est une id\u00e9e chald\u00e9enne rapport\u00e9e par les Juifs de la captivit\u00e9 de Babylone. Elle est la d\u00e9formation de l&rsquo;antique id\u00e9e de la renaissance p\u00e9riodique de l&rsquo;\u00e2me dans des corps nouveaux, enseign\u00e9e par la Sagesse d&rsquo;Orient et d&rsquo;Occident. C&rsquo;est parce que l&rsquo;\u00c9glise a promulgu\u00e9 le dogme de la r\u00e9surrection de la chair qu&rsquo;elle a condamn\u00e9 la cr\u00e9mation des corps et la doctrine de la pr\u00e9existence, profess\u00e9e par Orig\u00e8ne.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> Rappelons toutefois que certaines de ces exp\u00e9riences eurent un tout autre caract\u00e8re, notamment celles effectu\u00e9es par l&rsquo;illustre physicien et chimiste anglais Sir William Crookes, avec les apparitions de Katie King qui avait une personnalit\u00e9 bien \u00e0 elle et pr\u00e9sentait des caract\u00e9ristiques physiques diff\u00e9rant enti\u00e8\u00adrement de celles du medium, Florence Cook.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> Dans les initiations: antiques, c&rsquo;est le troisi\u00e8me jour apr\u00e8s sa mort rituelle que le candidat, r\u00e9veill\u00e9 de sa transe l\u00e9thargique, renaissait \u00e0 la vie v\u00e9ritable. De Myste, il devenait l&rsquo;\u00e9popte, le voyant. Les trois jours n&rsquo;ont donc ici qu&rsquo;un sens symbolique.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> Peut-\u00eatre est-ce \u00e0 ce moment qu&rsquo;il faudrait situer le transfert \u00e0 Damas du si\u00e8ge de la nouvelle alliance (dans notre hypoth\u00e8se, la primitive \u00c9glise chr\u00e9tienne), dont le retour \u00e0 J\u00e9ru\u00adsalem se serait effectu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du r\u00e8gne d&rsquo;H\u00e9rode (37 av. J\u00e9sus-Christ), ainsi que le suppose le professeur Dupont-Sommer.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> Ainsi s&rsquo;expliquerait aussi la promesse faite par J\u00e9sus au cours de sa vie mortelle : \u00ab Avant que cette g\u00e9n\u00e9ration ne passe, je reviendrai parmi vous dans ma gloire \u00bb. Les apparitions apr\u00e8s sa mort furent ainsi l&rsquo;accomplissement m\u00eame de cette promesse.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> \u00ab <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.net\/lire\/livres.html\" target=\"_blank\"><i>Itin\u00e9raire d&rsquo;un <\/i><i>P\u00e8lerin<\/i><i> de l&rsquo;Absolu<\/i><\/a> \u00bb 1953, par Pierre d&rsquo;Angkor sur ce site.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> L&rsquo;allusion au porteur d&rsquo;eau est significative dans le r\u00e9cit \u00e9vang\u00e9lique m\u00eame, comme rappel du rite ancien. D&rsquo;autre part, St-Justin lui-m\u00eame applique \u00e0 la derni\u00e8re C\u00e8ne le texte d&rsquo;Isa\u00efe (XXIII, 16) : \u00ab Le pain lui sera donn\u00e9 et l&rsquo;eau lui sera constante \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> Dans cette primitive \u00c9glise la communion \u00e9tait moins le sacrement qu&rsquo;il est devenu qu&rsquo;un repas symbolique, comme chez les Ess\u00e9niens. \u00c0 preuve les reproches que fait St-Paul \u00e0 ses correspondants de faire des exc\u00e8s de nourriture et de boisson \u00ab au repas du Seigneur \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> Ainsi que l&rsquo;exprime Mircea Eliade, un objet devient sacr\u00e9 tout en restant soi-m\u00eame. L&rsquo;objet, par le symbole, acquiert une valeur sup\u00e9rieure qui enrichit, ennoblit sa valeur propre et imm\u00e9diate. Une nourriture mat\u00e9rielle devient ainsi un aliment spirituel.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> Il importe toutefois de signaler l&rsquo;enseignement occulte relatif aux \u00ab \u00e2mes perdues \u00bb. Ceux-l\u00e0 qui, sans possibilit\u00e9 de retour, ont volontairement rompu tout lien avec leur \u00e2me divine (dont le si\u00e8ge est dans l&rsquo;inconscient sup\u00e9rieur) encourent ce destin fatal de voir leur ego mental vou\u00e9, apr\u00e8s de terribles souf\u00adfrances, \u00e0 l&rsquo;annihilation finale. Rejet\u00e9s hors du grand courant de l&rsquo;\u00e9volution cosmique, leur \u00e2me immortelle perd tout le b\u00e9n\u00e9\u00adfice de cette \u00e9volution m\u00eame et devra recommencer ab ovo, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 travers les r\u00e8gnes inf\u00e9rieurs, l&rsquo;interminable ascen\u00adsion au cours d&rsquo;une \u00e9volution future, celle-ci perdue dans les brumes ind\u00e9cises d&rsquo;un insondable avenir.<\/p>\n<p align=\"justify\">On comprend \u00e0 quel point l&rsquo;action et l&rsquo;influence de ces \u00eatres, condamn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;annihilation, sont dangereuses pour nous, qu&rsquo;ils soient encore de ce monde ou d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s dans l&rsquo;au-del\u00e0, car le monde dit surnaturel, invisible \u00e0 nos yeux de chair, n&rsquo;est que le prolongement vers le haut ou vers le bas du monde dit naturel : Le tout est Un.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> L&rsquo;existence pr\u00e9-chr\u00e9tienne de la Kabbale est aujour\u00add&rsquo;hui reconnue, malgr\u00e9 la r\u00e9daction tardive du Sepher Jetzirah et du Zohar.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> Matth. XI, 7, 9, 14 &#8211; XIV, 1 et 2 \u2014 XVI, 13, 14 -\u00adXVII, 12, 13 \u2014 Marc VI, 14, 15, 16 &#8211; IX, 1 et 2 \u2014 Luc IX, 7, 8, 9, 18, 19 \u2014 Jean III, 1 \u00e0 10 &#8211; IX, 1 \u00e0 3.<\/p>\n<p align=\"justify\">St-J\u00e9r\u00f4me lui-m\u00eame reconna\u00eet que cette doctrine de la pr\u00e9\u00adexistence \u00e9tait enseign\u00e9e comme une v\u00e9rit\u00e9 traditionnelle \u00e0 un petit nombre d&rsquo;initi\u00e9s, depuis les temps les plus recul\u00e9s. Il recommande de ne la point divulguer. (Epist. ad Demetriac.)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a> Charles Autran : <i>Mithra, Zoroastre<\/i>. (Payot, 1935.)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> Selon la doctrine secr\u00e8te de la Kabbale, \u00e0 la suite du schisme des dix tribus, deux messies \u00e9taient attendus : le Messie, fils de David, et le Messie, fils de Joseph (Ephra\u00efm)-V. \u00ab <i>La Kabbale juive<\/i> \u00bb II (pages 93 et suivantes), par P. Vulliaud (Nourry, Paris). St-Paul qui connaissait parfaitement la Kabbale \u2014 tout le prouve \u2014 et apr\u00e8s lui les \u00c9vang\u00e9listes, ont r\u00e9uni les deux messies en la personne de J\u00e9sus, et voil\u00e0 comment le fianc\u00e9 de Marie, que Celse nomme Jochanaan, d&rsquo;apr\u00e8s la tradition rabbinique, devient Joseph, descendant de David, dans le r\u00e9cit \u00e9vang\u00e9lique. Le b\u0153uf et l&rsquo;\u00e2ne sont dans la Kabbale les repr\u00e9sentants symboliques d&rsquo;Ephra\u00efm et de Juda.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab Lorsque se s\u00e9par\u00e8rent les deux maisons d&rsquo;Isra\u00ebl, Ephra\u00efm s&rsquo;\u00e9carta de Juda et tous les apostats furent livr\u00e9s au glaive, tandis que les tenaces s&rsquo;\u00e9taient \u00e9chapp\u00e9s au pays du Nord \u00bb, est-il \u00e9crit dans \u00ab <i>L&rsquo;\u00e9crit de Damas<\/i> \u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a> Il existait sur les bords du lac Mariout, pr\u00e8s d&rsquo;Alexan\u00addrie, un \u00e9tablissement de th\u00e9rapeutes, nous dit Philon. Il y avait entre th\u00e9rapeutes et ess\u00e9niens la m\u00eame diff\u00e9rence qu&rsquo;entre les ordres contemplatifs et les ordres actifs dans le Christianisme.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a> Soulignons que dans les apparitions de la Vierge aux petites filles ignorantes (Lourdes, Beauraing, Banneux, Fatima, etc.), l&rsquo;apparition ne se donne jamais pour Marie, la M\u00e8re de J\u00e9sus, mais se pr\u00e9sente sous le vocable de l&rsquo;Immacul\u00e9e Concep\u00adtion. Les voyantes soulignent aussi que l&rsquo;apparition merveilleuse ne rappelle en rien la forme habituelle des statues qu&rsquo;elles ont pu voir. Il semble donc bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse ici d&rsquo;une projection id\u00e9ale de l\u2019\u00c9ternel F\u00e9minin, de cet aspect transcendant et f\u00e9minin de la Divinit\u00e9, auquel le destin de Marie fut mystique\u00adment associ\u00e9, dont elle fut durant sa vie comme la figure symbolique sur notre plan terrestre et dont elle devint apr\u00e8s sa mort la m\u00e9diatrice par laquelle la gr\u00e2ce de la M\u00e8re divine parvient jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Rappelons que c&rsquo;est seulement \u00e0 partir du deuxi\u00e8me si\u00e8cle que le culte de Marie fut intronis\u00e9 dans le christianisme, qui avait rejet\u00e9 jusque-l\u00e0 tout aspect f\u00e9minin dans le Sacr\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a> Remarquons pourtant qu&rsquo;un \u00eatre tr\u00e8s spiritualis\u00e9 semble renverser les lois de la pesanteur, comme le prouvent les cas de l\u00e9vitation constat\u00e9s au cours de leurs extases dans certaines vies de saints.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a> Elle date du IXe si\u00e8cle seulement et ces textes ne figu\u00adrent pas dans les versions grecques de l&rsquo;historien.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a> Un terrible tremblement de terre se produisit \u00e9galement \u00e0 la mort de J\u00e9sus de Gamala et effraya les populations qui y virent un signe du ciel.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a> Je n&rsquo;ai pu citer que quelques analogies, mais le paral\u00adl\u00e9lisme \u00e9troit existant entre les \u00e9pisodes et les traits de caract\u00e8re de l\u2019\u00c9gyptien de Jos\u00e8phe et du h\u00e9ros de l&rsquo;\u00c9vangile doivent faire conclure que les \u00c9vang\u00e9liste se sont manifestement inspir\u00e9s de l&rsquo;historien juif dans leur biographie du Christ. D&rsquo;autre part, plusieurs apocryphes de ce temps insistent sur le s\u00e9jour que le v\u00e9ritable J\u00e9sus fit en \u00c9gypte et ceci aussi expliquerait la confu\u00adsion avec l\u2019\u00c9gyptien de Jos\u00e8phe. (Voir Lejeal, op. cit.)<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a> Actes XV, 2 et suiv. \u2014 Galat. II, 10 et suiv, \u2013 II Cor. XI 13 et suiv., XII, II.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je dois faire remarquer ici combien la th\u00e8se talmudique peut para\u00eetre confirm\u00e9e par la d\u00e9couverte des manuscrits de la mer morte. 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