{"id":16318,"date":"2014-09-20T13:10:07","date_gmt":"2014-09-20T12:10:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16318"},"modified":"2014-09-20T13:10:07","modified_gmt":"2014-09-20T12:10:07","slug":"des-liturgies-ambigues-par-jean-markale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/des-liturgies-ambigues-par-jean-markale\/","title":{"rendered":"Des liturgies ambigu\u00ebs par Jean Markale"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">(Revue Question De. No 52. Avril-Mai-Juin 1983)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Lorsque les Calvinistes s&#8217;empar\u00e8rent de Ge\u00adn\u00e8ve et pr\u00e9tendirent r\u00e9gir les coutumes selon des lois rigoristes, la premi\u00e8re chose qu&rsquo;ils d\u00e9cr\u00e9t\u00e8rent fut l&rsquo;interdiction des spectacles <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">th\u00e9\u00e2traux.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> On explique commun\u00e9ment ce rejet du th\u00e9\u00e2tre par le souci calviniste de pr\u00e9server les \u00e2mes de toute provocation au p\u00e9ch\u00e9, le th\u00e9\u00e2tre exposant trop, \u00e0 entendre les censeurs, les m\u00e9canismes pervers de la Passion et de la Sensualit\u00e9. Ce n&rsquo;est pourtant pas le seul motif. On pourrait ais\u00e9ment parler du refus absolu et obstin\u00e9 de ce que Pascal appellera plus tard le \u00ab Divertissement \u00bb. Tout ce qui nous \u00e9carte de la pens\u00e9e de notre salut, donc tous les spectacles autres que l&rsquo;assembl\u00e9e eccl\u00e9siale du dimanche, assortie de la lecture de la Bible et de son commentaire, est, au sens \u00e9tymolo\u00adgique \u00ab divertissant \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire nous \u00ab d\u00e9tour\u00adnant \u00bb de la voie divine. Et enfin, ce n&rsquo;est certaine\u00adment pas la moindre motivation, le th\u00e9\u00e2tre, parce que son origine est sacr\u00e9e et se perd dans la liturgie des anciens temps, est un rituel que l&rsquo;on doit rejeter au m\u00eame titre que la Messe ou les pompeux offices dont le catholicisme s&rsquo;est charg\u00e9 au d\u00e9triment de la m\u00e9dita\u00adtion. C&rsquo;est parce que le th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait une liturgie que les Calvinistes l&rsquo;ont maudit et \u00e9limin\u00e9 de la vie chr\u00e9tienne.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">LE JEU SACRIFICIEL<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Au d\u00e9but \u00e9tait le sacrifice. Bien entendu, le sacrifice d&rsquo;un \u00eatre humain. Le dieu biblique commande \u00e0 Abraham d&rsquo;immoler son fils. Abraham ob\u00e9it, et, au dernier moment, l&rsquo;Ange intervient, sauve Isaac, et provoque le sacrifice par substitution. Cette anecdote rend fid\u00e8lement compte de la v\u00e9ritable r\u00e9volution religieuse qui a vu le remplacement de la victime humaine par la victime ani\u00admale. Dans la chronologie biblique, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui met fin la phase sacrificielle inaugur\u00e9e par Ca\u00efn, lequel, en r\u00e9alit\u00e9, n&rsquo;est autre que le premier pr\u00eatre sacrificateur ayant os\u00e9 offrir \u00e0 Dieu une victime humaine. Certes, l&rsquo;histoire de Ca\u00efn et Abel est obscure, mais l&rsquo;interpr\u00e9ter uniquement comme un meurtre rel\u00e8ve d&rsquo;une grande primarit\u00e9 de l&rsquo;esprit. Il est vrai que l&rsquo;image du r\u00e9cit, prise \u00e0 la lettre, invite \u00e0 cette conclusion. Or, il est question de deux sacrifices offerts \u00e0 Dieu par les deux fr\u00e8res Abel et Ca\u00efn. Le sacrifice d&rsquo;Abel est agr\u00e9able \u00e0 Dieu, parce que la fum\u00e9e atteint le Ciel. Celui de Ca\u00efn ne l&rsquo;est pas, parce que la fum\u00e9e qui surgit de son autel stagne et retombe vers la terre. On pourrait ironiser et pr\u00e9tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de tirage ce jour-l\u00e0, ou encore que Ca\u00efn ne savait pas faire du feu correctement. Mais le probl\u00e8me soulev\u00e9 est plus grave qu&rsquo;on ne le pense. Ca\u00efn et Abel repr\u00e9sentant symboliquement deux peuples, ou deux ethnies diff\u00e9rentes, il faut supposer que leurs deux sacrifices n&rsquo;\u00e9taient pas de m\u00eame nature. Il est probable qu&rsquo;Abel est un pasteur, tandis que Ca\u00efn est un agriculteur (comme le prouve sa lign\u00e9e de forge\u00adrons, indispensables aux travailleurs de la terre et aux verriers). Il est probable qu&rsquo;Abel fait br\u00fbler une vic\u00adtime animale, puisqu&rsquo;il offre \u00e0 Dieu le produit de son activit\u00e9. Mais qu&rsquo;offre donc Ca\u00efn, sinon un produit de la terre ? Il est bien connu, dans toutes les religions, que les dieux r\u00e9clament des victimes vivantes et que le sacri\u00adfice doit \u00eatre sanglant. Ca\u00efn doit donc se r\u00e9soudre \u00e0 prendre une victime vivante. Et pourquoi pas un \u00eatre humain, son soi-disant fr\u00e8re, dont le nom signifie d&rsquo;ail\u00adleurs \u00ab Fils d&rsquo;El \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab Fils de Dieu \u00bb. Tout cela est bien \u00e9trange. D\u00e9sormais, chez une partie des S\u00e9mites, il y aura des sacrifices humains. Abandonn\u00e9s chez certains, \u00e0 partir d&rsquo;Abraham et d&rsquo;Isaac, ces sacrifices humains perdureront chez d&rsquo;autres, comme les Ph\u00e9niciens, et nous en avons une preuve historique \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque romaine : Hannibal n&rsquo;a surv\u00e9cu que parce que son p\u00e8re Hamilcar lui a substitu\u00e9 un enfant d&rsquo;esclave, la r\u00e8gle carthaginoise \u00e9tant que tout premier-n\u00e9 devait \u00eatre sacri\u00adfi\u00e9. Et que dire du sacrifice de J\u00e9sus, victime consentante, mais parfaitement humaine en m\u00eame temps que divine ? Seul un sacrifice humain sanglant pouvait r\u00e9concilier les cr\u00e9atures avec ce Dieu sanguinaire des premiers temps. Car tous les dieux sont sanguinaires. Ce ne sont pas des fruits de la terre, des gerbes de bl\u00e9, qu&rsquo;ils r\u00e9clament, mais des victimes conscientes de leur sort, qui seront tu\u00e9es selon les r\u00e8gles, dont le sang coulera, et qui seront les substituts de la collectivit\u00e9 dans son ensemble, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de cette collectivit\u00e9. Victimes humaines d&rsquo;abord, puis, les <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">m\u0153urs<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> s&rsquo;adoucissant, victimes animales. Et pour finir dans le rituel catholique, victime divine sous les esp\u00e8ces du pain et du vin. Qu&rsquo;on pense \u00e0 la \u00ab Diane schythique \u00bb, devenue l&rsquo;Art\u00e9mis grecque, dont le culte sanglant est mis en \u00e9vidence par les trag\u00e9dies d&rsquo;Eschyle et d&rsquo;Euripide. Qu&rsquo;on pense \u00e0 Kali l&rsquo;indienne, au char de Jaggernaut, au d\u00e9vorant <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Quetzalc\u00f3atl.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> Qu&rsquo;on pense aux mannequins d&rsquo;osier remplis de victimes et que l&rsquo;on br\u00fb\u00adlait, aux dires de C\u00e9sar, chez les Gaulois. Qu&rsquo;on pense au c\u00e9l\u00e8bre sanctuaire des Irlandais pa\u00efens, le Crom Cruaich, qu&rsquo;aurait connu saint Patrick, et dans lequel les victimes mouraient par centaines. Qu&rsquo;on pense \u00e0 certains rituels de meurtres et d&rsquo;anthropophagie rituelle dans l&rsquo;Afrique contemporaine. Qu&rsquo;on pense aussi <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00e0 <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">la D\u00e9esse Patrie qui r\u00e9clame le sang de ses enfants sur les champs de bataille. Freud a essay\u00e9 de trouver une explication \u00e0 tout cela.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">LE TOTEM ET LE TABOU<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Partant d&rsquo;un point de vue ath\u00e9e, il imagine, dans <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"><i>Totem et Tabou<\/i><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">, le meurtre du P\u00e8re (c&rsquo;est-\u00e0-dire du chef de Tribu) par les fils pour s&rsquo;assurer la possession de la <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">M\u00e8re \u2013 et des <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">s\u0153urs.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> Ce meurtre du P\u00e8re, selon Freud, a \u00e9t\u00e9 suivi de la manducation de la victime par les fils, geste r\u00e9p\u00e9t\u00e9 symboliquement le jour de la f\u00eate solennelle de la Tribu geste ayant donn\u00e9 naissance au <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">tot\u00e9misme<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">, c&rsquo;est-l\u00e0-dire \u00e0 la sacralisation du P\u00e8re mang\u00e9 symboliquement ce jour de f\u00eate (alors que sa consommation, sous forme animale, est interdite les autres jours). Freud a vu dans ces \u00e9v\u00e9nements, \u00e0 vrai dire plus imagin\u00e9s que prouv\u00e9s par les faits, la naissance de la religion, ou tout au moins d&rsquo;une certaine forme de rituel religieux.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Il n&rsquo;a peut-\u00eatre pas tort sur le deuxi\u00e8me point. Certes, il est difficile de se contenter du meurtre du P\u00e8re \u2014<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">m\u00eame d&rsquo;un point de vue mythologique \u2014 pour justifier la Religion dans sa totalit\u00e9. Mais le rapport entre un meurtre et le rituel religieux de n&rsquo;importe quelle ten\u00addance doit nous faire r\u00e9fl\u00e9chir. Les Catholiques assistent toujours au Sacrifice de la Messe, reproduction fid\u00e8le et r\u00e9elle, selon le dogme de <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">l\u2019\u00c9glise<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">, du meurtre de J\u00e9sus. Et l&rsquo;on sait bien que le th\u00e9\u00e2tre de tous les temps, et de toutes les civilisations, sort en droite ligne de certains cultes religieux ayant le sacrifice sanglant pour point de d\u00e9part. C&rsquo;est absolument prouv\u00e9 pour les Grecs : d&rsquo;ail\u00adleurs, le mot trag\u00e9die ne veut-il pas dire \u00ab sacrifice du bouc \u00bb ? C&rsquo;est \u00e9galement prouv\u00e9 pour le th\u00e9\u00e2tre m\u00e9di\u00e9val qui d\u00e9rive des c\u00e9r\u00e9monies de l&rsquo;\u00e9glise, des lectures de textes sacr\u00e9s : peu \u00e0 peu, on en est venu \u00e0 la psalmodie, puis au mime, \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation dramatique, et enfin, au d\u00e9placement profane, c&rsquo;est-<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00e0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">-dire, \u00e9tymologiquement parlant, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vacuation du jeu rituel hors de l&rsquo;\u00e9glise, \u00ab devant le temple \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Il y a donc des certitudes. Dans deux religions rep\u00e9rables historiquement, le th\u00e9\u00e2tre provient d&rsquo;un ancien jeu sacrificiel. Pourquoi n&rsquo;en serait-il pas de m\u00eame pour les autres religions et les autres civilisations ? Nous n&rsquo;avons pas de trag\u00e9dies celtiques anciennes, tant en Irlande qu&rsquo;en Bretagne. Et pourtant, comme nous allons le voir, les traces en subsistent. Et elles sont m\u00eame tr\u00e8s claires.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">DU DRAME AU <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">R\u00c9CIT<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">La civilisation celtique \u00e9tant de caract\u00e8re oral, c&rsquo;est seu\u00adlement \u00e0 partir du haut Moyen Age, et dans le contexte chr\u00e9tien, que l&rsquo;ancienne tradition a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cri\u00adture. D&rsquo;o\u00f9, au Pays de Galles et en Irlande, une masse de r\u00e9cits dits mythologiques, dont de nombreux th\u00e8mes se retrouvent dans les Romans de la Table Ronde. Or, la structure m\u00eame des plus anciens de ces r\u00e9cits laisse sup\u00adposer un \u00e9tat ant\u00e9rieur plus proche du drame liturgique que du conte \u00e9v\u00e9nementiel. En effet, si le corps du r\u00e9cit est en prose, il est \u00e9maill\u00e9 de fragments en vers, parfois dans une langue si archa\u00efque qu&rsquo;il est difficile de les comprendre, et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, on a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre en pr\u00e9sence de la description d\u00e9taill\u00e9e d&rsquo;une c\u00e9r\u00e9\u00admonie dont les participants sont des humains int\u00e9grant les fonctions divines au cours d&rsquo;un jeu cosmique o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8lent les lignes de force de la destin\u00e9e du monde. La plupart de ces \u00e9pop\u00e9es sont centr\u00e9es autour des prin\u00adcipales f\u00eates religieuses des anciens Celtes, autour de Samain notamment, qui est le <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">1<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">er novembre, jour de l&rsquo;an celtique, <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">pivot<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> essentiel de l&rsquo;ann\u00e9e, f\u00eate de la communi\u00adcation entre le monde humain et le monde divin, ce qui se reconna\u00eet ais\u00e9ment dans la Toussaint chr\u00e9tienne et dans les manifestations folkloris\u00e9es de la Halloween anglo-saxonne. Il y est question de batailles, de meurtres, de disparitions, de r\u00e9apparitions, de \u00ab voyages dans l&rsquo;Autre Monde \u00bb, de pillage des tr\u00e9sors de l&rsquo;Autre Monde, d&rsquo;histoires d&rsquo;amour impossibles entre des \u00eatres humains et des \u00eatres f\u00e9eriques, d&rsquo;intronisations royales, d&rsquo;initia\u00adtions myst\u00e9rieuses. Et le tout exhale un parfum de vio\u00adlence et de sang. C&rsquo;est de la trag\u00e9die, mais non de l&rsquo;\u00e9po\u00adp\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">L\u2019\u00c9POP\u00c9E<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> CELTIQUE<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">C&rsquo;est donc dire que l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e celtique telle que nous la connaissons est une forme romanc\u00e9e, narrative, d&rsquo;une antique liturgie qui n&rsquo;est plus pratiqu\u00e9e par suite de la conversion des Celtes au christianisme, mais qui per\u00addure dans l&rsquo;inconscient jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;exprimer verbalement dans les aventures et les prouesses des h\u00e9ros. En fait, on s&rsquo;aper\u00e7oit que les h\u00e9ros sont les humains, pr\u00eatres et z\u00e9lateurs de la divinit\u00e9 innomm\u00e9e et incr\u00e9\u00e9e, qui ont rev\u00eatu, sinon les masques, du moins les multiples fonc\u00adtions de cette divinit\u00e9. Les h\u00e9ros sont les acteurs du drame sacr\u00e9 qui oppose la Cr\u00e9ature au Cr\u00e9ateur par le biais d&rsquo;une nature tourment\u00e9e et non encore r\u00e9conci\u00adli\u00e9e avec l&rsquo;un ou avec l&rsquo;autre. Les h\u00e9ros sont les pr\u00eatres. Parfois ils sont les victimes. Parfois, ils sont les sacrifi\u00adcateurs. Et le sang qui coule r\u00e9g\u00e9n\u00e8re \u00e0 la fois la terre c&rsquo;est-\u00e0-dire la vie terrestre et le ciel, c&rsquo;est-<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00e0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">-dire la force divine toujours omnipr\u00e9sente, immanente, mais qui ne prend sa pleine signification que lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;in\u00adcarne, donc lorsqu&rsquo;elle passe de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;immanence \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de la permanence. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> ce compte, on est amen\u00e9 \u00e0 pr\u00e9tendre que la religion des Celtes, le druidisme, n&rsquo;est pas un polyth\u00e9isme, mais un monoth\u00e9isme : les person\u00adnages class\u00e9s par les historiens comme \u00e9tant des dieux ne sont en r\u00e9alit\u00e9 que les incarnations, ou mieux les mat\u00e9rialisations fantasmatiques d&rsquo;un dieu unique et multiforme.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Tout nous indique donc que l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e celtique traduit sur le plan du langage ce qui reste dans l&rsquo;ancienne liturgie druidique. Son aspect th\u00e9\u00e2tral ne pouvait plus se mani\u00adfester dans le cadre chr\u00e9tien dans lequel elle renaissait. Mais la trame rec\u00e8le les moindres parcelles de son pass\u00e9 dramatique. Il y avait donc, dans l&rsquo;antique soci\u00e9t\u00e9 celtique, un th\u00e9\u00e2tre sacr\u00e9, et des repr\u00e9sentations au cours des principales f\u00eates. Dans ces repr\u00e9sentations, les rapports entre l&rsquo;humain et le divin \u00e9taient \u00e9tudi\u00e9s, normali\u00ads\u00e9s, st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s. Ils se reconnaissent dans le r\u00e9cit \u00e9pique, m\u00eame si l&rsquo;int\u00e9r\u00eat anecdotique para\u00eet l&#8217;emporter sur la signification magico-religieuse.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas seulement dans la tradition cel\u00adtique qu&rsquo;une telle d\u00e9marche est observable. On pourrait en dire autant de toutes les civilisations qui n&rsquo;ont pas connu les formes \u00e9labor\u00e9es de la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2\u00adtrale. Et m\u00eame chez les Grecs, lors du passage du drame au r\u00e9cit \u00e9pique, les rep\u00e8res demeurent : la fin de l&rsquo;Odys\u00ads\u00e9e, tout enti\u00e8re b\u00e2tie sur le culte de l&rsquo;ancienne d\u00e9esse de souverainet\u00e9 P\u00e9n\u00e9lope, en demeure un exemple remarquable, car tous les d\u00e9tails concordent \u00e0 nous faire vivre un authentique rituel, d&rsquo;ailleurs sanglant, autour du personnage central de cette reine-d\u00e9esse, filant et d\u00e9filant, immobile et omnipotente, qui tisse sa toile arachn\u00e9enne afin de capturer son daim\u00f4n (Ulysse) apr\u00e8s \u00e9limination des parasites qui s&rsquo;efforcent de la contrain\u00addre (les pr\u00e9tendants). Triomphe de la D\u00e9esse-M\u00e8re. Triomphe de la Femme. Triomphe de l&rsquo;Ut\u00e9rus divin. Sacrifice sanglant de ceux qui se croyaient missionn\u00e9s, mais qui se r\u00e9v\u00e8lent de simples victimes pour \u00e9tancher la soif de sang inextinguible qui caract\u00e9rise les divinit\u00e9s, les grecques en particulier.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">LA <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">D\u00c9IT\u00c9<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Car toute trag\u00e9die, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout sacrifice sanglant ritualis\u00e9 et conserv\u00e9 dans la m\u00e9moire des peuples sous forme de jeu dramatique organis\u00e9 et structur\u00e9, com\u00adporte une confrontation entre la D\u00e9it\u00e9, d&rsquo;essence f\u00e9mi\u00adnine, et son Daim\u00f4n <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">d<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">&lsquo;essence masculine, sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessairement question d&rsquo;un rapport affectif ou sexuel entre ces deux p\u00f4les constituant <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">l\u2019\u00catre<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> dans sa totalit\u00e9. Toute l&rsquo;histoire du monde, et partant, toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, est accroch\u00e9e au concept de sexualit\u00e9, au sens le plus strict et le plus \u00e9tymologique du terme, c&rsquo;est-\u00e0-dire de \u00ab coupure \u00bb, \u00ab s\u00e9paration \u00bb. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> partir du Chaos grec, l&rsquo;apparition d&rsquo;Ouranos et de Ga\u00efa, le Ciel et la Terre, correspond \u00e0 ce qui est relat\u00e9 dans la Gen\u00e8se \u00e0 propos de la s\u00e9paration de la Lumi\u00e8re et des T\u00e9n\u00e8bres. Sur un plan humanis\u00e9, la cr\u00e9ation d&rsquo;Eve, \u00e0 partir d&rsquo;un Adam androgyne, donne pleinement \u00e0 la sexualit\u00e9 sa valeur de d\u00e9chirement, de s\u00e9paration, d&rsquo;\u00e9cart\u00e8lement, et donc de souffrance, de recherche permanente de l&rsquo;Autre pour parvenir \u00e0 l&rsquo;Unit\u00e9 primordiale perdue. Il y a la m\u00eame dichotomie entre la Cr\u00e9ature et le Cr\u00e9ateur, celui qui subit passivement la cr\u00e9ation et celui qui assume cette cr\u00e9ation. Que le mythe de Lilith, en fait la premi\u00e8re femme, vienne s&rsquo;interjeter entre l&rsquo;image adamique et la myst\u00e9rieuse Figura du <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"><i>Jeu d&rsquo;Adam<\/i><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> ne change rien au probl\u00e8me : <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">l\u2019\u00catre<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">, dans son existence, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans son aspect relatif, ressent cruellement la coupure qui le s\u00e9pare de son aspect absolu. Et cette coupure se traduit par une blessure : c&rsquo;est le nombril, trace de la s\u00e9paration d&rsquo;avec la m\u00e8re. C&rsquo;est le sexe, qu&rsquo;il soit phallus ou vulve, parce qu&rsquo;il est incomplet, et qu&rsquo;il ne recherche qu&rsquo;une seule chose, la r\u00e9int\u00e9gration dans ou par l&rsquo;autre.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">LA <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">D\u00c9IT\u00c9<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> ET SON DAIMON<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">C&rsquo;est donc le souvenir d&rsquo;une blessure sanglante qui domine \u00e0 la fois dans la m\u00e9moire traditionnelle exprim\u00e9e par les \u00e9pop\u00e9es et les jeux dramatiques et dans l&rsquo;in\u00adconscient des peuples depuis des mill\u00e9naires. Cette bles\u00adsure, qui n&rsquo;implique aucunement une relation de type purement sexuel se sert souvent du symbole sexuel parce qu&rsquo;il est le plus latent, le plus sensible, <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">l<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">e plus \u00e9vident. C&rsquo;est la relation entre l&rsquo;humain et la divine, comme en t\u00e9moignent les mythes d&rsquo;Adonis et de tous les autres amants de la D\u00e9esse, aim\u00e9s et massacr\u00e9s par un \u00eatre divin qui lui aussi ressent la m\u00eame blessure, qui lui aussi ne peut rien sans le contact avec l&rsquo;Autre, parce que, selon la magnifique formule de Hegel, Dieu en tant qu&rsquo;absolu, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans pr\u00e9sence de l&rsquo;Autre, son contraire, \u00e9quivaut au n\u00e9ant. Et c&rsquo;est aussi le symbole fondamental de la Mante Religieuse : la D\u00e9it\u00e9, avec son aspect maternel intimement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aspect de souverainet\u00e9, est une vacuit\u00e9 absolue sans le Daim\u00f4n \u2014 autrement dit le H\u00e9ros \u2014 qui va la remplir, \u00e0 l&rsquo;image du phallus envahissant la vulve, f\u00e9condant la matrice. Mais l&rsquo;\u00e9coulement de la semence pr\u00e9figure l&rsquo;\u00e9coulement du sang. Et la D\u00e9it\u00e9 d\u00e9vore son Daim\u00f4n, dont elle s&rsquo;assure ainsi la force par ingestion. Toute liturgie sacrificielle prend sa source et sa justification sur cette id\u00e9e fondamentale. Le rapport du non-divin au divin, qui est au centre du d\u00e9bat soulev\u00e9 par une trag\u00e9die, ou n&rsquo;importe quel drame sacr\u00e9, s&rsquo;ex\u00adprime en termes d&rsquo;opposition entre sacrificateur et victime. Mais cette opposition n&rsquo;est pas sans ambigu\u00eft\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">En effet, de m\u00eame que l&rsquo;\u00e9cole freudienne a pu insister sur les troublantes complicit\u00e9s qui peuvent exister entre le bourreau et sa victime, nous pouvons facilement dis\u00adcerner une impulsion\/r\u00e9pulsion de type sadomasochiste entre les protagonistes du drame sacr\u00e9 qui met aux <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">prises les forces divines \u2014 voire les forces de la nature \u2014 aux forces conscientes de l&rsquo;humanit\u00e9 prom\u00e9th\u00e9enne. L&rsquo;Anank\u00ea des Grecs, parfois plus accessible sous les traits des trois Moires, r\u00e9git aussi bien les dieux que les hommes. La D\u00e9it\u00e9 et le Daim\u00f4n, apparemment contra\u00addictoire, sont engag\u00e9s dans le m\u00eame processus et conver\u00adgent vers le m\u00eame but : un orgasme au go\u00fbt de mort. Moyennant quoi l&rsquo;ordre du monde sera maintenu.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">D\u00c9SESPOIR<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> ET <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">TRAG\u00c9DIE<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Il appara\u00eet que, dans toute dramaturgie tant soit peu nourrie de l&rsquo;essence religieuse primitive, le sch\u00e9ma est toujours le m\u00eame : un h\u00e9ros se trouve en conflit avec une divinit\u00e9, ou la nature, ou la soci\u00e9t\u00e9, ce qui revient au m\u00eame. Les sources de ce conflit peuvent \u00eatre tr\u00e8s diverses dans leurs formulations, elles se r\u00e9f\u00e8rent cependant \u00e0 un th\u00e8me unique : l&rsquo;ordre du monde est menac\u00e9. La dra\u00admaturgie a donc pour but essentiel de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer l&rsquo;\u00e9qui\u00adlibre, soit en accomplissant des prouesses par lesquelles le h\u00e9ros se haussera au plan divin, soit par le sacrifice d&rsquo;une victime, qui peut \u00eatre le h\u00e9ros lui-m\u00eame, afin de donner \u00e0 la marche du monde une nouvelle impulsion. En ce sens, une dramaturgie est identique \u00e0 un rituel religieux, sacrificiel bien entendu, par lequel le monde est r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par le sang de la victime. J\u00e9sus, en mourant sur la Croix, conduit le monde \u00e0 un nouvel \u00e9quilibre. Mais Prom\u00e9th\u00e9e encha\u00een\u00e9 sur le Caucase, dans la permanence du sacrifice qu&rsquo;il subit, offre les m\u00eames garanties. Et toute m\u00e9morisation, f\u00fbt-elle symbolique, de ces deux \u00e9v\u00e9nements, est une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du rapport entre la D\u00e9it\u00e9 et le Daim\u00f4n : en vertu du principe qui veut que sans Dieu, la cr\u00e9ature ne soit rien, et que sans la cr\u00e9ature Dieu soit n\u00e9ant, toute action qui met en jeu les deux forces compl\u00e9mentaires bien qu&rsquo;apparemment antago\u00adnistes, d\u00e9bouche sur la constitution d&rsquo;un monde nouveau, provisoirement \u00e9quilibr\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 la prochaine alerte. C&rsquo;est le fondement m\u00eame de la religion.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">On a souvent insist\u00e9 sur l&rsquo;aspect d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que rev\u00eat l&rsquo;action du h\u00e9ros engag\u00e9 dans un combat qui d\u00e9passe de beaucoup sa condition humaine. Ce d\u00e9sespoir lui vient de ce qu&rsquo;il est parfaitement conscient de l&rsquo;enjeu et du rapport de forces, lequel lui est, \u00e0 l&rsquo;origine, d\u00e9favorable. Mais si le h\u00e9ros avait la curiosit\u00e9 de s&rsquo;interroger sur la force de l&rsquo;adversaire, il comprendrait peut-\u00eatre que cet adversaire est aussi faible que lui. Son seul tort est de ne pas le savoir. Car \u00e0 ce moment-l\u00e0, la victime ne serait plus le Daim\u00f4n, mais la D\u00e9it\u00e9. Dans la Fable, Apollon combattant et tuant le serpent Python est un simple Daim\u00f4n en face de la puissante D\u00e9it\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e par le Serpent de Delphes. Le sacrifice a lieu, mais la victime n&rsquo;\u00e9tait pas celui qu&rsquo;on croyait. Et Apollon prend la place de sa victime, quitte pour lui, quand le besoin s&rsquo;en fera sentir, \u00e0 prendre d&rsquo;autres victimes et \u00e0 les sacrifier. Mais les Grecs n&rsquo;ont jamais os\u00e9, dans leurs dramaturgies sacr\u00e9es, repr\u00e9senter la victoire de la victime d\u00e9sign\u00e9e sur le sacrificateur qui-va-de-soi. Si Iphin\u00e9gie est sauv\u00e9e, au dernier moment, par l&rsquo;intervention de Diane-Art\u00e9mis, ce n&rsquo;est pas par pure gratuit\u00e9 : Iphig\u00e9nie deviendra une pr\u00eatresse d&rsquo;Art\u00e9mis, et en tant que telle, elle devra accom\u00adplir des sacrifices sanglants, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;imbroglio mytholo\u00adgique d&rsquo;Iphig\u00e9nie en Tauride, tout embu\u00e9 de r\u00e9minis\u00adcences archa\u00efques concernant la grande d\u00e9esse sangui\u00adnaire des Scythes.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Comme la dramaturgie a tendance de plus en plus \u00e0 se d\u00e9placer, \u00e0 sortir du temple et \u00e0 devenir profane, les \u00e9l\u00e9ments psychologiques prennent le dessus sur les rouages mythologiques. Ces derniers n&rsquo;\u00e9tant plus per\u00e7us au premier degr\u00e9, le fid\u00e8le, qui venait autrefois assister \u00e0 une liturgie, se retrouve tr\u00e8s vite un simple spectateur, davantage pr\u00e9occup\u00e9 des \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me des h\u00e9ros que de leurs motivations ontologiques. Comme ces h\u00e9ros sont des humains comme lui, il va s&rsquo;identifier \u00e0 eux et res\u00adsentir encore plus durement le d\u00e9sespoir qu&rsquo;engendre leur situation. Et l&rsquo;attitude du spectateur ne sera pas \u00e9loign\u00e9e du blasph\u00e8me : il consid\u00e9rera les divinit\u00e9s comme des \u00eatres monstrueux assoiff\u00e9s de sang et pro\u00adfond\u00e9ment injustes. Seul le christianisme apportera quelque adoucissement \u00e0 cette vision d\u00e9sesp\u00e9rante de l&rsquo;action humaine. Encore faut-il ne pas trop explorer l&rsquo;univers racinien, car Racine, tout en s&rsquo;affirmant chr\u00e9\u00adtien, ne peut oublier que ses ma\u00eetres jans\u00e9nistes lui ont fait d\u00e9couvrir une aveuglante v\u00e9rit\u00e9 : les humains ne sont sur terre que pour \u00eatre sacrifi\u00e9s \u00e0 la volont\u00e9 d&rsquo;un Dieu tout puissant qui ne pense qu&rsquo;\u00e0 une chose, recons\u00adtituer la dixi\u00e8me l\u00e9gion des Anges gr\u00e2ce \u00e0 un v\u00e9ritable tri o\u00f9 la notion de justice s&rsquo;estompe sous la notion de n\u00e9cessit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">RACINE, OU L&rsquo;ESSENCE DE LA <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">TRAG\u00c9DIE<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Nul n&rsquo;a en effet mieux t\u00e9moign\u00e9 de la valeur liturgique du th\u00e9\u00e2tre que Jean Racine, tout en ayant la supr\u00eame habilet\u00e9 de camoufler cette valeur religieuse sous l&rsquo;appa\u00adrence du spectacle, ce spectacle \u00e9tant d&rsquo;ailleurs du meil\u00adleur ton, et de la technique la plus classique qui soit.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Certes, une trag\u00e9die comme Andromaque ou comme Ph\u00e8dre peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 diff\u00e9rents niveaux : il n&rsquo;en reste pas moins vrai que l&rsquo;essence m\u00eame du spec\u00adtacle est de nature \u00e0 r\u00e9veiller en nous le plus f\u00e9roce d\u00e9ferlement de la passion religieuse.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Prenons Ph\u00e8dre comme exemple. C&rsquo;est la plus \u00ab noire \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">de toutes les pi\u00e8ces de Racine. Son \u00e9chec \u2014 relatif \u2014 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00fb au hasard. Elle \u00e9tait trop lourde \u00e0 sup\u00adporter, surtout par un public qui voyait dans la trag\u00e9die, celle de Corneille en particulier, une glorification du h\u00e9ros et l&rsquo;encouragement \u00e0 l&rsquo;action volontaire. Ph\u00e8dre nous offre une palette de personnages, pr\u00e9sents ou absents, qui sont des victimes d\u00e9sign\u00e9es ou possibles. Mais ils sont aussi des bourreaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire des sacri\u00adficateurs potentiels. Et les grands absents sont des D\u00e9i\u00adt\u00e9s : V\u00e9nus \u00ab tout enti\u00e8re \u00e0 sa proie attach\u00e9e \u00bb, Neptune, dont Th\u00e9s\u00e9e n&rsquo;invoquera pas en vain le nom, et surtout Diane \u2014 encore elle, cette <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">A<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">rt\u00e9mis des anciens temps \u2014 dont le malheureux Hippolyte est le pr\u00eatre plus ou moins inconscient.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">DIANE &#8211; HIPPOLYTE<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">La victime d\u00e9sign\u00e9e est Ph\u00e8dre. Elle doit \u00eatre sacrifi\u00e9e \u00e0 V\u00e9nus. Ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment son sang que la d\u00e9esse r\u00e9clame, mais son acte. Et ne pouvant accomplir son acte, elle op\u00e9rera une substitution en faisant d\u00e9signer une autre victime, le jeune Hippolyte. Car peu importe la victime, il faut que l&rsquo;ordre du monde soit maintenu de gr\u00e9 ou de force. Seulement Hippolyte n&rsquo;a pas <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00e0 <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00eatre sacrifi\u00e9 \u00e0 V\u00e9nus : la d\u00e9esse r\u00e9clame des comptes \u00e0 Ph\u00e8dre, et Ph\u00e8dre mourra quand m\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">En effet, Hippolyte est li\u00e9 \u00e0 Diane. Chez Euripide, il est nettement d\u00e9fini comme pr\u00eatre de Diane et donc vou\u00e9 \u00e0 la virginit\u00e9, tout au moins \u00e0 la chastet\u00e9. Chez Racine, on ne nous dit pas qu&rsquo;il est pr\u00eatre de Diane, mais tout ce qu&rsquo;il raconte nous fait comprendre les liens intimes qu&rsquo;il entretient avec la d\u00e9esse, ne serait-ce que par sa fr\u00e9quentation des bois et par son go\u00fbt pour la chasse. Or l&rsquo;Hippoly<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">t<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">e racinien est amoureux, non de Ph\u00e8dre, mais d&rsquo;Aricie. Il trahit donc son serment \u00e0 Diane. Celle-ci doit donc r\u00e9tablir la situation, se venger, au premier degr\u00e9, l&rsquo;absorber dans la mort, au second degr\u00e9, car il n&rsquo;est pas admissible que le couple mystique Diane-Hippo\u00adlyte soit d\u00e9truit par l&rsquo;intrusion d&rsquo;une mortelle.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Or, cette mortelle, c&rsquo;est Aricie, qui est \u00e9galement une victime d\u00e9sign\u00e9e. Elle est prisonni\u00e8re de Th\u00e9s\u00e9e, t\u00e9moin de la vengeance de la famille de Th\u00e9s\u00e9e sur les anciens <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">rois d&rsquo;Ath\u00e8nes. En fait, c&rsquo;est Aricie qui devrait p\u00e9rir, et tout rentrerait dans l&rsquo;ordre : Ph\u00e8dre aimerait Hippolyte sans rivale. Mais cette rivalit\u00e9, m\u00eame si Ph\u00e8dre fait condamner d\u00e9finitivement Hippolyte apr\u00e8s avoir appris que le jeune homme aimait Aricie, ne se joue pas dans la dimension humaine. La r\u00e9alit\u00e9 est une lutte entre V\u00e9nus et Diane, lutte m\u00e9taphysique, cosmique, m\u00eame, symbole de cet \u00e9quilibre qui doit \u00eatre maintenu entre deux forces diff\u00e9rentes de la D\u00e9it\u00e9 absolue dont Diane et V\u00e9nus ne sont que des images. Hippolyte, l&rsquo;innocent, mais aussi le niais, le trop confiant dans sa puret\u00e9, est l&rsquo;objet de la lutte entre les deux d\u00e9esses. Et c&rsquo;est une troisi\u00e8me divinit\u00e9, Neptune, qui accomplira le sacrifice. Ainsi le monde peut tourner de nouveau : Ph\u00e8dre n&rsquo;obscurcira plus les rayons du soleil avec sa mauvaise conscience et sa flamme int\u00e9rieure, Hippolyte sera \u00e9ter\u00adnellement le pr\u00eatre fid\u00e8le de sa Diane, ma\u00eetresse exi\u00adgeante et tyrannique, Th\u00e9s\u00e9e sera d\u00e9barrass\u00e9 de son orgueil qui l&rsquo;aveuglait, mais perdra \u00e9videmment tout cr\u00e9dit et tout pouvoir au profit de la \u00ab timide \u00bb Aricie qui, de victime d\u00e9sign\u00e9e, acc\u00e8de au rang de grande pr\u00eatresse des temps futurs. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> bien y r\u00e9fl\u00e9chir, le sch\u00e9ma \u00e9tait le m\u00eame dans Andromaque, o\u00f9 la veuve d&rsquo;Hector, captive et victime, conquiert, contre toute attente, le pouvoir supr\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Chez Racine, la trag\u00e9die d\u00e9passe le spectacle, quand bien m\u00eame ce spectacle serait le plus r\u00e9ussi, le plus techni\u00adquement achev\u00e9. Racine projette sur les spectateurs le plus archa\u00efque des sacrifices humains. Liturgie ambigu\u00eb s&rsquo;il en f\u00fbt, la dramaturgie racinienne \u00e9tend son ombre au plus profond de l&rsquo;inconscient humain, dans ce qu&rsquo;il a de plus primitif, de plus sauvage : l&rsquo;humanit\u00e9 ne peut survivre que gr\u00e2ce \u00e0 un accord avec les dieux. Et les Dieux r\u00e9clament de temps \u00e0 autre du sang humain. Sinon, l&rsquo;humanit\u00e9 envahirait l&rsquo;Olympe et se croirait tout permis. Prom\u00e9th\u00e9e suffit. L&rsquo;\u00e9quilibre du monde est trop pr\u00e9caire pour se permettre une nouvelle Tour de Babel. Chacun \u00e0 sa place. Le monde des dieux et celui des hommes se compl\u00e8tent et s&rsquo;interp\u00e9n\u00e8trent parfois. Mais ils sont aux deux p\u00f4les de la vie existentielle : leur confu\u00adsion serait la n\u00e9antisation de l&rsquo;univers relatif dans lequel le divin et l&rsquo;humain s&rsquo;affrontent \u00e0 corps perdus. Seul, l&rsquo;acte religieux doit servir de passerelle.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">PROFANATION OU SACRALISATION ?<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">En r\u00e9alit\u00e9, toute repr\u00e9sentation dramatique demeure li\u00e9e \u00e0 des racines sacr\u00e9es. M\u00eame ce qu&rsquo;on appelle \u00ab com\u00e9die \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">est redevable \u00e0 la liturgie ancienne. Ne dit-on pas que la farce m\u00e9di\u00e9vale sort directement du drame sacr\u00e9 ? Chez Aristophane, les implications religieuses sont trans\u00adparentes, m\u00eame si elles sont parfois transform\u00e9es en parodies. Dans ce cas, les formules d&rsquo;ex\u00e9cration rem\u00adplacent facilement les d\u00e9votions. Et l&rsquo;aspect sacr\u00e9 n&rsquo;en est pas pour autant diminu\u00e9. Le Tartuffe ou l&rsquo;Avare sont plus grin\u00e7ants que dr\u00f4les. Don Juan est une immense trag\u00e9die o\u00f9 le rire est tant\u00f4t une pri\u00e8re, tant\u00f4t un blas\u00adph\u00e8me. Il en est de m\u00eame dans toutes les pi\u00e8ces de Shakespeare, ainsi que dans le drame romantique : le m\u00e9lange des genres, le \u00ab grotesque et le sublime \u00bb, ne doivent pas nous faire oublier l&rsquo;intensit\u00e9 des forces mises en jeu. Les essais contemporains dits de \u00ab th\u00e9\u00e2tre total \u00bb sont \u00e9galement caract\u00e9ristiques de cette volont\u00e9 incons\u00adciente d&rsquo;associer l&rsquo;\u00eatre tout entier au spectacle. Au fond, le secret d\u00e9sir des auteurs dramatiques contemporains et des metteurs en sc\u00e8ne, c&rsquo;est celui qu&rsquo;Antonin Artaud a tant de fois exprim\u00e9, aussi bien dans le <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"><i>Th\u00e9\u00e2tre et son Double<\/i><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> que dans le <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"><i>Th\u00e9\u00e2tre de la Cruaut\u00e9<\/i><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> : faire parti\u00adciper les spectateurs \u00e0 une action magico-religieuse dans laquelle, selon la parole d&rsquo;Andr\u00e9 Breton, \u00ab le communi\u00adcable et l&rsquo;incommunicable cessent d&rsquo;\u00eatre per\u00e7us contra\u00addictoirement \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">R\u00c9SURGENCES<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">On dira qu&rsquo;il s&rsquo;agit plus de magie que de religion. Mais la fronti\u00e8re entre la magie et la religion est difficilement rep\u00e9rable. La religion, dans ses c\u00e9r\u00e9monies, utilise des \u00e9l\u00e9ments qui se r\u00e9f\u00e8rent davantage \u00e0 la magie qu&rsquo;\u00e0 la prise de conscience claire des ph\u00e9nom\u00e8nes. La sensibilit\u00e9, pour ne pas dire la sensualit\u00e9, fait partie int\u00e9grante du c\u00e9r\u00e9monial religieux. C&rsquo;est pourquoi les Calvinistes, sou\u00adcieux de rigueur int\u00e9rieure et persuad\u00e9s qu&rsquo;une asc\u00e8se rationnelle est possible, ont \u00e9cart\u00e9 ces liturgies suspectes, parce qu&rsquo;ambigu\u00ebs dont abonde le catholicisme romain ou orthodoxe, \u00e0 l&rsquo;imitation de la plupart des religions du monde. Qu&rsquo;il y ait de la magie dans la messe catholique, c&rsquo;est incontestable. Mais la magie et la religion font tou\u00adjours bon m\u00e9nage. Elles constituent un Sacr\u00e9 v\u00e9cu dans le quotidien.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> des titres divers, le th\u00e9\u00e2tre participe de ce Sacr\u00e9. On a voulu \u00e9carter toute notion de sacr\u00e9 au nom d&rsquo;un vague rationalisme. On a profan\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre en en faisant un divertissement. Cependant, il ne suffit pas de vouloir \u00e9carter le sacr\u00e9 pour l&rsquo;an\u00e9antir. Plus il est refoul\u00e9, plus il a tendance \u00e0 franchir des niveaux de conscience qui devraient demeurer obscurs. Plus on le combat ouverte\u00adment, plus il affirme sa pl\u00e9nitude, ne serait-ce que par les biais les plus subtils, les plus innocents en apparence. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"><i>Huis Clos<\/i><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\"> de Sartre est une trag\u00e9die religieuse. Les ten\u00adtatives du Living Theater sont les balbutiements d&rsquo;une nouvelle formulation dramatique o\u00f9 le sacr\u00e9 envahit l&rsquo;univers psycho-social dans lequel on pr\u00e9tendait enfer\u00admer l&rsquo;action humaine. Alors, allons-nous assister, \u00e0 l&rsquo;aube du troisi\u00e8me mill\u00e9naire, \u00e0 une r\u00e9surgence de la drama\u00adturgie sacr\u00e9e ?<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Les p\u00e9riodes troubl\u00e9es suscitent le proph\u00e9tisme. Les guerres remplissent les \u00e9glises. Et aussi les th\u00e9\u00e2tres.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"text-decoration: none;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"letter-spacing: normal;\">Ce n&rsquo;est pas par hasard.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 des titres divers, le th\u00e9\u00e2tre participe de ce Sacr\u00e9. On a voulu \u00e9carter toute notion de sacr\u00e9 au nom d&rsquo;un vague rationalisme. On a profan\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre en en faisant un divertissement. Cependant, il ne suffit pas de vouloir \u00e9carter le sacr\u00e9 pour l&rsquo;an\u00e9antir. Plus il est refoul\u00e9, plus il a tendance \u00e0 franchir des niveaux de conscience qui devraient demeurer obscurs. Plus on le combat ouverte\u00adment, plus il affirme sa pl\u00e9nitude, ne serait-ce que par les biais les plus subtils, les plus innocents en apparence. 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