{"id":16465,"date":"2015-03-17T21:50:58","date_gmt":"2015-03-17T20:50:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16465"},"modified":"2015-03-17T21:50:58","modified_gmt":"2015-03-17T20:50:58","slug":"rituels-de-lombre-par-michel-maffesoli","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/rituels-de-lombre-par-michel-maffesoli\/","title":{"rendered":"Rituels de l&rsquo;ombre par Michel Maffesoli"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">(Revue Itin\u00e9rance. No 2. Novembre 1986)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Le propre de la violence, comme tout objet social de quelque importance, c&rsquo;est qu&rsquo;il est bien d\u00e9licat de pr\u00e9tendre en proposer une analyse th\u00e9ori\u00adque nouvelle. Tout au plus peut-on actualiser ce que les diverses sciences de l&rsquo;homme ont dit et redit de multiples mani\u00e8res. Ce faisant il peut \u00e9ga\u00adlement \u00eatre possible de d\u00e9samorcer, ou tout au moins de relativiser, l&rsquo;angoisse qui \u00e9treint chaque \u00e9poque devant ce \u00ab\u00a0hiatus irationalis \u00a0\u00bb auquel nous sommes quotidiennement confront\u00e9s. C&rsquo;est le propos ici du sociologue <\/b><\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><span lang=\"zxx\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"http:\/\/www.michelmaffesoli.org\/\" target=\"_blank\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Michel Maffesoli<\/b><\/i><\/span><\/span><\/a><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>&#8230;<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En effet, il est n\u00e9cessaire de constater d\u00e8s l&rsquo;abord que les carnages, les massacres, les g\u00e9nocides, le bruit et la fureur, en bref la violence sous ses diverses modulations est le lot commun de quelque ensemble civilisationnel que ce soit. Certes, les m\u00e9dias audiovisuels aidant, on pourrait penser que notre temps est particu\u00adli\u00e8rement vuln\u00e9rable. Mais pour peu que l&rsquo;on soit attentif \u00e0 ce que nous racontent les histoires humaines, il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;en soit rien. \u00c0 cet \u00e9gard, la recherche contem\u00adporaine, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment historique, a fait justice \u00e0 ce pr\u00e9jug\u00e9. Ainsi, au-del\u00e0 d&rsquo;un certain alarmisme journalistique et politique (qui n&rsquo;est certes pas ponctuellement sans n\u00e9cessit\u00e9), il est bon que nous sachions comprendre ce ph\u00e9nom\u00e8ne avec le plus de s\u00e9r\u00e9\u00adnit\u00e9 possible.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi il n&rsquo;est pas question de se demander, d&rsquo;une mani\u00e8re peut-\u00eatre oiseuse, s&rsquo;il y a de nos jours plus ou moins de violence. On se contentera plut\u00f4t de reconna\u00eetre dans un premier temps qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une structure constante du ph\u00e9nom\u00e8ne humain ; ensuite on tentera de montrer que d&rsquo;une mani\u00e8re paradoxale la violence ne laisse pas de jouer un certain r\u00f4le dans la vie soci\u00e9tale ; enfin, \u00e0 titre d&rsquo;hypoth\u00e8se on essaiera d&rsquo;envisager quelle peut \u00eatre la facture contemporaine de ce que l&rsquo;on peut appeler le d\u00e9sordre f\u00e9cond.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Volens nolens<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> : la violence est toujours pr\u00e9sente. Plut\u00f4t que de la condamner d&rsquo;une mani\u00e8re par trop rapide, ou encore de d\u00e9nier son existence, il vaut mieux voir de quelle mani\u00e8re on peut n\u00e9gocier avec elle. Quelle forme de ruse on peut employer \u00e0 son \u00e9gard. C&rsquo;est \u00e0 partir d&rsquo;un tel principe de r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;il est possible d&rsquo;appr\u00e9cier la qualit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quilibre plus ou moins grand qui caract\u00e9rise toute soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Invariance de la violence<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cela ne sert \u00e0 rien de se cacher cette r\u00e9alit\u00e9, ou de la camoufler. Que ce soit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9\u00adrieur d&rsquo;une nation, ou entre les nations, ce que l&rsquo;on peut appeler la lutte pour la vie, ou l&rsquo;affrontement au destin, reste cette composante essentielle du donn\u00e9 social.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">M. Weber a su analyser cette notion de force ou de puissance avec courage et sans a priori. Pour lui, il s&rsquo;agissait de comprendre la violence, non comme un fait anachroni\u00adque, une survivance des p\u00e9riodes barbares ou pr\u00e9-civilis\u00e9es, mais bien comme la mani\u00adfestation majeure de l&rsquo;antagonisme existant entre volont\u00e9 et n\u00e9cessit\u00e9. Et quoique son analyse soit tributaire par bien des aspects de son \u00e9poque et de divers probl\u00e8mes contin\u00adgents, il a su insister sur le caract\u00e8re sp\u00e9cifique de la violence comme articulation logi\u00adque s&rsquo;instaurant dans un affrontement des valeurs (polyth\u00e9isme ou pluralit\u00e9 des valeurs). Ainsi il a pu rendre compte du jeu de la diff\u00e9rence qui ne peut \u00eatre r\u00e9duit ou d\u00e9ni\u00e9 dans un unanimisme de fa\u00e7ade, que contredit r\u00e9guli\u00e8rement et fortement une r\u00e9alit\u00e9 empirique fond\u00e9e sur les affrontements et les conflits de tous ordres.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ceux-ci interdisent de penser qu&rsquo;il soit possible d'\u00a0\u00bb\u00e9liminer la lutte en r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>], car cette lutte est le fondement de toute relation sociale. Elle peut se moduler de mani\u00e8res pacifiques, ainsi la diplomatie, la n\u00e9gociation, la r\u00e9gulation etc., ou encore sous forme de concurrence dans ses aspects commerciaux, culturels, scientifiques ; il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;elle renvoie toujours \u00e0 la \u00ab\u00a0s\u00e9lection\u00a0\u00bb qui oppose les individus ou groupes d&rsquo;individus entre eux. Les cons\u00e9quences sociologiques de cette r\u00e9alit\u00e9 sont immenses, et pour notre part nous la situons comme moteur principal du dynamisme des soci\u00e9t\u00e9s [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans une tradition culturelle proche, G. Simmel analyse \u00e9galement ce qu&rsquo;il appelle la lutte, comme \u00e9l\u00e9ment structurel du fait social. On peut difficilement refuser d&rsquo;admet\u00adtre, \u00e9crit-il, \u00ab\u00a0qu&rsquo;il existe un a priori en ce qui concerne l&rsquo;instinct de combat\u00a0\u00bb. Il mon\u00adtre par l\u00e0 comment le conflit est le point nodal d&rsquo;une compr\u00e9hension du fait social. Pour lui, la soci\u00e9t\u00e9 est \u00ab\u00a0une certaine proportion d&rsquo;harmonie et de discorde, d&rsquo;associa\u00adtion et de comp\u00e9tition, de tendances favorables et de tendances d\u00e9favorables\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">D&rsquo;une mani\u00e8re \u00ab\u00a0positive\u00a0\u00bb, je veux dire par l\u00e0 qui renvoie \u00ab\u00a0\u00e0 la chose m\u00eame\u00a0\u00bb, sans appr\u00e9ciation normative ou judicative, on ne peut, ainsi que l&rsquo;indique C. Schmitt, \u00ab\u00a0refouler la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une hostilit\u00e9 entre les hommes\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>]. Il convient plut\u00f4t de saisir les modulations historiques et sociales d&rsquo;une telle hostilit\u00e9. Ou plut\u00f4t, dans un premier temps, comprendre que ces modulations prennent fond sur une constante. L&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale que chaque historien ou chaque analyseur social constate pour son \u00e9poque [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>], les descriptions apocalyptiques qui sont faites depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;aux diagnostics contemporains, tout cela relativise pour le moins la nouveaut\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne. Ce qui est certain, il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une sp\u00e9cificit\u00e9 r\u00e9elle, c&rsquo;est que le caract\u00e8re morcel\u00e9 de la vio\u00adlence rend sa th\u00e9orisation d\u00e9licate. Le fait qu&rsquo;elle ne puisse pas \u00eatre \u00e0 strictement parler d\u00e9finie, augmente encore plus sa monstruosit\u00e9. J. Freund a d\u00e9j\u00e0 not\u00e9 la nature convul\u00adsive, informe, irr\u00e9guli\u00e8re et trouble de la violence, caract\u00e8re qui la rend rebelle \u00e0 l&rsquo;analyse [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>]. Voil\u00e0 bien notre paradoxe, essayer de rendre compte d&rsquo;une constante qui s&rsquo;exprime le plus souvent dans la labilit\u00e9 et la spontan\u00e9it\u00e9, dans la multiplicit\u00e9 des d\u00e9calages et des refus.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;analyser la violence d&rsquo;une mani\u00e8re univoque, de la prendre comme un ph\u00e9nom\u00e8ne unique. Sa pluralit\u00e9 m\u00eame est l&rsquo;indicatrice privil\u00e9gi\u00e9e du poly\u00adth\u00e9isme des valeurs, de la polys\u00e9mie du fait social dont il a \u00e9t\u00e9 question. Je propose donc de consid\u00e9rer que le terme violence est une mani\u00e8re commode de rassembler tout ce qui a trait \u00e0 la lutte, au conflit, au combat, en bref \u00e0 la part d&rsquo;ombre qui toujours taraude le corps individuel ou le corps social.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>La violence confisqu\u00e9e<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Rappelons que comme le remarquait Spinoza un pays \u00ab\u00a0o\u00f9 la paix est un effet de l&rsquo;inertie des sujets m\u00e9rite le nom de solitude plut\u00f4t que celui de cit\u00e9\u00a0\u00bb. Une telle notation<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">indique bien la force que l&rsquo;on peut accorder \u00e0 la violence comme structurant collectif. Mais en m\u00eame temps elle signale qu&rsquo;il est possible \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9nerver\u00a0\u00bb une soci\u00e9t\u00e9, de lui \u00f4ter ce que Machiavel appellerait sa \u00ab\u00a0virtu\u00a0\u00bb sp\u00e9cifique.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cela est particuli\u00e8rement net lorsque la violence est monopolis\u00e9e par une structure sur\u00adplombante (\u00e9tat, parti, organisation terroriste ou criminelle). Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un processus que l&rsquo;on retrouve d&rsquo;une mani\u00e8re bien typ\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9volution socio-politique de notre tradition culturelle depuis deux si\u00e8cles. Il n&rsquo;est pas possible de revenir en d\u00e9tail l\u00e0-dessus, mais de nombreux travaux ont bien fait ressortir comment progressivement tout a \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre afin que les zones obscures du social disparaissent au profit d&rsquo;une aseptique normalit\u00e9. On d\u00e9limite la d\u00e9viance, le dysfonctionnement afin de les mieux traiter.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La canalisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, la r\u00e9gulation sociale pouss\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ses cons\u00e9quences extr\u00eames ne laisse rien \u00e9merger qu&rsquo;elle n&rsquo;essaie de s&rsquo;approprier. La mise en place des \u00ab\u00a0indicateurs sociaux\u00a0\u00bb permet une organisation qui ne tol\u00e8re pas la moindre tache d&rsquo;ombre. On assiste \u00e0 la mise \u00e0 plat de la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 tout peut \u00eatre lisible imm\u00e9diatement et totalement ; l'\u00a0\u00bbinstant obscur\u00a0\u00bb, dont parlait E. Bloch pour qualifier la symbolisation soci\u00e9tale, est sinon supprim\u00e9, du moins rep\u00e9r\u00e9 et catalogu\u00e9. Cet \u00e9tiquetage du dysfonctionnement ne doit pas \u00eatre saisi comme un processus moral mais comme une attitude \u00e9conomique qui ne permet aucune perte.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi la violence est surveill\u00e9e par les instances techno-bureaucratiques comme cette \u00ab\u00a0part maudite\u00a0\u00bb (G. Bataille) qu&rsquo;il convient de canaliser et d&rsquo;utiliser sachant bien que sans cela elle introduit des \u00e9branlements difficiles \u00e0 ma\u00eetriser. Le contr\u00f4le de cette \u00ab\u00a0part maudite\u00a0\u00bb a toujours \u00e9t\u00e9 le souci des diverses soci\u00e9t\u00e9s dans l&rsquo;histoire, la sp\u00e9cificit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque moderne, c&rsquo;est que ce contr\u00f4le s&rsquo;op\u00e8re dans le cadre d&rsquo;un monopole administratif productif ou utilitaire se servant, en ce qui concerne les pays les plus avanc\u00e9s sur le plan industriel, de toutes les ressources de la technique et de la science. Cette violence monopolis\u00e9e qui se veut \u00eatre n\u00e9gation de la violence jug\u00e9e trop naturelle doit conduire \u00e0 une \u00ab\u00a0existence pacifi\u00e9e et satisfaite\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>], \u00e0 une s\u00e9curisation de la vie sociale.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"__DdeLink__5478_417938674\"><\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans son essai sur \u00ab\u00a0quelques cat\u00e9gories de la sociologie compr\u00e9hensive\u00a0\u00bb, M. Weber formalise tr\u00e8s clairement les divers moments de notre propos, nous suivrons donc d&rsquo;assez pr\u00e8s son analyse [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>]. La violence, ainsi qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 dit, est d&rsquo;abord pos\u00e9e comme \u00e9l\u00e9ment de base, c&rsquo;est ainsi que \u00ab\u00a0l&rsquo;activit\u00e9 soci\u00e9taire ne constitue nullement le contraire exclusif de la sorte d&rsquo;activit\u00e9 communautaire que nous appelons lutte (Kampf)\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>]. Cette lutte p\u00e9n\u00e8tre profond\u00e9ment \u00ab\u00a0toute activit\u00e9 communautaire en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb. Toute forme de communaut\u00e9, m\u00eame celle o\u00f9 le sentiment d&rsquo;abandon est le plus fort (\u00ab\u00a0par exemple une relation \u00e9rotique ou caritative\u00a0\u00bb) renferme la possibilit\u00e9 de faire violence \u00e0 autrui, on pourrait m\u00eame dire que cette possibilit\u00e9 est la condition sine qua non de toute structu\u00adration sociale quelle qu&rsquo;elle soit. Mais c&rsquo;est justement cette potentialit\u00e9 et ses r\u00e9alisa\u00adtions historiques qui r\u00e9clament \u00ab\u00a0un certain degr\u00e9 de socialisation et d&rsquo;entente\u00a0\u00bb. On est renvoy\u00e9 l\u00e0 \u00e0 ce qui s&rsquo;appellerait la ritualisation de la violence nettement perceptible dans les soci\u00e9t\u00e9s primitives ou dans la trag\u00e9die grecque. Conscient de l&rsquo;omnipr\u00e9sence de la violence, de sa consubstantialit\u00e9 avec le fait social, il faut n\u00e9gocier, ruser, l'\u00a0\u00bbamadouer\u00a0\u00bb, le socialiser. En ce sens le rituel est l&rsquo;adjuvant de la symbolisation sociale. C&rsquo;est ainsi que pour M. Weber la lutte d\u00e9pourvue de \u00ab\u00a0toute esp\u00e8ce de communalisation avec l&rsquo;adversaire\u00a0\u00bb est un cas limite.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les diverses r\u00e9glementations des armes et des moyens de lutte, le pr\u00e9caire \u00ab\u00a0droit des gens\u00a0\u00bb, les rituels des duels ou des comp\u00e9titions sportives, le consensus n\u00e9cessaire dans les cit\u00e9s grecques pour d\u00e9clencher ou arr\u00eater une guerre, r\u00e8glements et r\u00e8gle du jeu, on pourrait multiplier les exemples de ritualisation et d&rsquo;entente dans le champ de la violence. Par contre le devenir rationnel ou rituel entra\u00eene une monopolisation de la violence. \u00ab\u00a0Au cours du d\u00e9veloppement historique, l&rsquo;usage de la force physique a \u00e9t\u00e9 monopolis\u00e9 de fa\u00e7on croissante par l&rsquo;appareil de contrainte d&rsquo;une esp\u00e8ce d\u00e9termin\u00e9e de socialisation et de communaut\u00e9 par entente, \u00e0 savoir l&rsquo;organisation politique. Elle a \u00e9t\u00e9 ainsi convertie en une menace organis\u00e9e de la contrainte par les puissants et finalement par un pouvoir qui se donne formellement l&rsquo;apparence de la neutralit\u00e9.\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>] Voil\u00e0, on ne peut mieux pr\u00e9ciser le processus qui conduit \u00e0 l&rsquo;abstraction du pouvoir par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Ce qui se dessine dans cette description, c&rsquo;est que la ma\u00eetrise de cette \u00ab\u00a0menace organis\u00e9e\u00a0\u00bb en \u00e9tant d\u00e9li\u00e9e d&rsquo;un enracinement social devient le lot d&rsquo;un \u00ab\u00a0Big Brother\u00a0\u00bb anonyme, contr\u00f4leur et constructeur de la r\u00e9alit\u00e9 [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>] ; d\u00e8s lors, sans communalisation possible, la violence abstraitement ou\/et l\u00e9galement d\u00e9tenue par un seul (individu, groupe, appareil, bureaucratie&#8230;) devient directement mena\u00e7ante, d\u00e9termine l&rsquo;ob\u00e9issance et partant conforte le pouvoir. La surrationalisation de cette structure sociale s&rsquo;ach\u00e8ve dans un irrationalisme complet et terrifiant renvoyant les individus \u00e0 la plus \u00ab\u00a0primitive\u00a0\u00bb des angoisses [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Voil\u00e0 une ruse de la raison bien paradoxale, en devenant rationnelle la violence s&rsquo;accom\u00adpagne en fait d&rsquo;une potentialit\u00e9 irrationnelle. On peut dire que n&rsquo;ayant plus de centre de gravit\u00e9 populaire ou social, elle peut basculer dans une irrationalit\u00e9 de plus en plus croissante. De plus, en d\u00e9tachant la violence de son substrat rituel, ce qui \u00e9tait la lutte de tous contre d&rsquo;autres tend \u00e0 se parcellariser en lutte de chacun contre tous ; petite <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">gu\u00e9rilla<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> fond\u00e9e sur l&rsquo;atomisation qui fait que la violence se dilue en agressivit\u00e9 mesquine et quotidienne.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi la mise en spectacle rituelle de la violence permettait que celle-ci f\u00fbt en quelque sorte ext\u00e9rioris\u00e9e. Sa monopolisation, son devenir rationnel tend au contraire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9\u00adrioriser. Le m\u00e9canisme de cette int\u00e9riorisation peut se comparer \u00e0 la mani\u00e8re dont Tocqueville d\u00e9crivait le fonctionnement de cette sorte de tyrannie anonyme qui \u00ab\u00a0laisse le corps libre et va droit \u00e0 l&rsquo;\u00e2me. Le ma\u00eetre ne dit plus : vous penserez comme moi ou vous mourrez. Il dit : vous \u00eates libre de ne point penser ainsi que moi : votre vie, vos biens, tout vous reste, mais de ce jour vous \u00eates un \u00e9tranger parmi nous\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>]. Si je cite ce texte de Tocqueville, c&rsquo;est qu&rsquo;il semble bien d\u00e9crire le glissement dont j&rsquo;ai parl\u00e9. La violence nette et pr\u00e9cise, coercitive du pouvoir s&rsquo;exer\u00e7ait avec duret\u00e9, mais sans deman\u00adder adh\u00e9sion, on pouvait ob\u00e9ir et ha\u00efr. Par contre, dans le jeu de la technostructure, le pouvoir ne peut s&rsquo;exercer que s&rsquo;il trouve \u00e9cho chez les domin\u00e9s. Ainsi, de ce que nous avons analys\u00e9, il faut retenir que la petite violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e caract\u00e9rise l&rsquo;ambiance de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">l\u2019asepsie<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> sociale. La s\u00e9curit\u00e9, le progr\u00e8s dont se pr\u00e9vaut la soci\u00e9t\u00e9, son aspect polic\u00e9 jusque dans ses diverses ramifications sont autant de masques que la r\u00e9alit\u00e9 se charge d&rsquo;arracher, ce qui fait penser \u00e0 cette triste plaisanterie de l&rsquo;Allemagne nazie : \u00ab\u00a0Nul ne doit avoir faim ou froid ; tout contrevenant ira en camp de concentration.\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Le d\u00e9sordre f\u00e9cond<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 titre d&rsquo;hypoth\u00e8se, et reprenant une vieille <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">dichotomie<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, on peut se demander si contemporainement les grandes valeurs prom\u00e9th\u00e9ennes du progr\u00e8s, du travail, de la raison ne sont pas en train de c\u00e9der la place \u00e0 des attitudes dionysiaques qui accentuent le pr\u00e9sent, la jouissance, le corps collectif [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>]. On peut \u00e9galement envisager que, tout comme dans les dionysies antiques, il s&rsquo;agisse l\u00e0 pour le corps social de vivre \u00e0 moindre frais le rapport \u00e0 la violence.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Naturellement sans qu&rsquo;il soit possible de le r\u00e9duire \u00e0 cela, et gardant \u00e0 l&rsquo;esprit le fait que l&rsquo;on force le trait pour mieux faire ressortir une tendance, on peut imaginer qu&rsquo;une s\u00e9rie de pratiques que l&rsquo;actualit\u00e9 nous apporte, tout en \u00e9tant immorales, peuvent \u00eatre grosses de charge prospective. Il ne faut pas oublier que tr\u00e8s souvent l&rsquo;anomique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devient le canonique de demain.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est Hegel qui a pu dire que la dialectique de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait une bacchanale o\u00f9 pas un des participants n&rsquo;\u00e9tait ivre, peut-\u00eatre faut-il comprendre cette remarque comme la reconnaissance d&rsquo;un v\u00e9ritable instinct collectif qui au-del\u00e0 de l&rsquo;imperium de la raison assure justement ce que j&rsquo;ai appel\u00e9 l&rsquo;affrontement au destin. Dans son sens \u00e9tymologique, il y a toujours quelque chose de \u00ab\u00a0panique\u00a0\u00bb dans toute soci\u00e9t\u00e9 et il est vain de vouloir d\u00e9nier ou marginaliser cet \u00e9tat de chose. Peut-\u00eatre que la turbulence contre le fantasme de l&rsquo;ordre est cela m\u00eame qui au sein de la vie courante permet une r\u00e9sistance qui selon les p\u00e9riodes sera explosive ou molle.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La sagesse dionysiaque a souvent \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9e \u00e0 la trop tranquille certitude apollinienne. Dans le mythe de la fondation de Th\u00e8bes, Dionysos vient d\u00e9ranger la sage gestion mor\u00adtif\u00e8re de son cousin Penth\u00e9e. Cette image est instructive, tout ce que repr\u00e9sente Diony\u00adsos renvoie \u00e0 la force vive qui travaille et taraude la raison, autre mani\u00e8re de dire qu&rsquo;elle desserre l&rsquo;\u00e9treinte de l&rsquo;imposition naturelle et sociale. Cette figure, sous des noms divers, se retrouve dans de multiples soci\u00e9t\u00e9s, c&rsquo;est en quelque sorte une structure anthropolo\u00adgique. G. Balandier, dans son dernier livre, rep\u00e8re quelques modulations de ce que j&rsquo;appelle l&rsquo;instinct turbulent : Legba au Dahom\u00e9, dont la fonction est de \u00ab\u00a0ruser avec les contraintes\u00a0\u00bb, le Bouffon rituel chez les Indiens d&rsquo;Am\u00e9rique centrale et d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, le Clown sacr\u00e9 des Zuni et des Hopi, etc. La liste est longue de ces \u00ab\u00a0rupteurs d&rsquo;ordre\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a>], qui tournent en d\u00e9rision le pouvoir \u00e9tabli, qui introduisent le d\u00e9sordre, qui jouent la perturbation.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ces divers perturbateurs sont toujours accompagn\u00e9s d&rsquo;une grande libert\u00e9 d&rsquo;apparence ; ils exercent \u00e9galement une grande fascination sur l&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Dans certai\u00adnes situations exemplaires que l&rsquo;on conna\u00eet, carnavals, f\u00eates des fous, la perturbation est contagieuse, elle stimule et dynamise des pratiques g\u00e9n\u00e9rales qu&rsquo;il n&rsquo;est plus possi\u00adble de contenir. Ainsi le burlesque, le rire, l&rsquo;ironie, la d\u00e9rision, l&rsquo;inversion des valeurs r\u00e9g\u00e9n\u00e8rent le corps social, r\u00e9affirment sa puissance originaire face \u00e0 des pouvoirs seconds et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce qui est surtout remarquable dans ces moments d&rsquo;effervescence, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9clatement qu&rsquo;ils impulsent. Alors que l&rsquo;ordre, quel qu&rsquo;il soit, fonctionne toujours sur le fantasme de l&rsquo;Un, sur une monovalence, sur un p\u00f4le dominant, l&rsquo;irruption du d\u00e9sordre renvoie au pivotal, au polydimensionnel, \u00e0 la pluralit\u00e9 des valeurs. Les passions d\u00e9cha\u00een\u00e9es sont difficilement contr\u00f4lables parce qu&rsquo;elles font appel \u00e0 tous les \u00e9l\u00e9ments qui sont la plu\u00adpart du temps occult\u00e9s dans la structuration sociale, c&rsquo;est en ce sens qu&rsquo;elles sont sub\u00adversives. Mais en m\u00eame temps ce d\u00e9sordre apparent n&rsquo;en est pas moins f\u00e9cond, car \u00e0 la monovalence abstraite il oppose une architectonique, un foisonnement, une organi\u00adcit\u00e9 concr\u00e8te. Comme le remarque G. Durand, il existe une \u00ab\u00a0vieille doctrine diony\u00adsienne des hi\u00e9rarchies interm\u00e9diaires\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a>]. Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire sinon que c&rsquo;est avec la \u00ab\u00a0tri\u00adplicit\u00e9\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0tiers\u00a0\u00bb (J. Freund) que commence l&rsquo;agr\u00e9gation sociale. Il faut comprendre cette \u00ab\u00a0triplicit\u00e9\u00a0\u00bb comme une figure exemplaire de la multiplicit\u00e9 des rapports, des rela\u00adtions, des situations. Et ce n&rsquo;est pas pour rien que l&rsquo;on retrouve cette multiplicit\u00e9, cette pluralit\u00e9 des effets \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la structure dionysiaque.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En ce sens, la violence peut \u00eatre cause et effet d&rsquo;une r\u00e9elle sant\u00e9 populaire. D&rsquo;une mani\u00e8re concr\u00e8te, le consensus soci\u00e9tal existe lorsqu&rsquo;il est possible de communier lors des mani\u00adfestations exub\u00e9rantes que l&rsquo;ordre r\u00e9prouve mais qui font partie aussi de la symbolique affective commune. Ainsi l&rsquo;\u00e9thique (comprise dans son sens \u00e9tymologique \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9thos\u00a0\u00bb d&rsquo;un peuple, de ciment structurel) est bien souvent immorale, et ce n&rsquo;est pas l\u00e0 un vain paradoxe !<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 sa mani\u00e8re Machiavel a pu montrer que l&rsquo;effervescence, en actualisant les conflits de factions, permettait d&rsquo;\u00e9purer la violence accumul\u00e9e et de ce fait r\u00e9tablissait la \u00ab\u00a0virtu\u00a0\u00bb du peuple. Ainsi la perturbation immorale exprime le conflit des valeurs toujours pr\u00e9\u00adsent dans le corps social et en m\u00eame temps le ritualise, lui donne une forme acceptable et \u00ab\u00a0passable\u00a0\u00bb. En quelque sorte l&rsquo;effervescence c&rsquo;est le conflit des passions v\u00e9cu d&rsquo;une mani\u00e8re hom\u00e9opathique. Refuser cette proc\u00e9dure, qui peut avoir des formes fort vari\u00e9es, c&rsquo;est s&rsquo;exposer \u00e0 un retour du refoul\u00e9, c&rsquo;est encourager l&rsquo;explosion brutale et sanguinaire. En r\u00e9sistant ponctuellement au pouvoir, en transgressant les normes \u00e9tablies, l&rsquo;effervescence permet donc que la trame sociale rel\u00e2ch\u00e9e se retende, elle rappelle contre ce qui en est le garant, tout ce qui fait la sp\u00e9cificit\u00e9 et la caract\u00e9ristique d&rsquo;une communaut\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 cet \u00e9gard les pratiques dionysiaques contemporaines (festivals populaires, familles \u00e9largies, communaut\u00e9s sexuelles, perversions discr\u00e8tes ou affich\u00e9es, rassemblements festifs, errances professionnelles&#8230;) peuvent \u00eatre une modulation de la vie collective et une ini\u00adtiation sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;apprivoisement de la violence.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En effet, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du temps de la s\u00e9paration ou de l&rsquo;atomisation, la turbulence des instincts est une technique efficace qui d&rsquo;une mani\u00e8re plus ou moins brutale rappelle l&rsquo;\u00e9troite solidarit\u00e9 de base. Comme l&rsquo;indique avec justesse Gurvitch \u00ab\u00a0l&rsquo;interp\u00e9n\u00e9tration des consciences et des conduites \u00e9tant \u00e0 son maximum, leur fonction partielle englobe les aspirations profondes du moi qui participent \u00e0 l&rsquo;Union\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a>]. Ainsi l&rsquo;effervescence dionysiaque permet ce mixte de paroles et de situations qui exprime le d\u00e9sir de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00eatre ensemble\u00a0\u00bb. Ce que l&rsquo;on voit se jouer quotidiennement dans les lieux publics, dans les bistrots, sur les march\u00e9s, sur les places, en bref dans les espaces de la d\u00e9ambulation existentielle, ce spectacle chatoyant qui constitue une partie de la vie sociale, tout cela se cristallise en un moment particulier pour r\u00e9affirmer avec force qu&rsquo;il constitue une part importante de toute soci\u00e9t\u00e9. L\u00e0 encore il ne saurait \u00eatre question d&rsquo;avoir une appr\u00e9ciation morale car il est certain que ces manifestations sont moins que raisonnables, et ce parce qu&rsquo;elles accentuent la \u00ab\u00a0part d&rsquo;ombre\u00a0\u00bb qui la plupart du temps est isol\u00e9e, cadenass\u00e9e dans le corps propre. C&rsquo;est cette conjugaison qui permet d&rsquo;expliquer les figures de l&rsquo;exc\u00e8s. En fin de compte ces derni\u00e8res rappellent qu&rsquo;au-del\u00e0 des principes d&rsquo;utilit\u00e9 ou de r\u00e9alit\u00e9 sous toutes leurs formes, il y a une pr\u00e9gnance de l&rsquo;imaginaire qu&rsquo;il est vain d&rsquo;oublier ou d&rsquo;occulter. Contre tout monoth\u00e9isme des valeurs, l&rsquo;\u00e9clatement des passions dans la violence montre avec force que cet imaginaire est une structure anthro\u00adpologique, ce qui en fait un facteur de communion.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est donc pour \u00ab\u00a0revivifier le sentiment qu&rsquo;elle a d&rsquo;elle-m\u00eame\u00a0\u00bb qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 se met selon l&rsquo;expression de Durkheim en \u00ab\u00a0\u00e9tat de congr\u00e9gation\u00a0\u00bb. Par la suite, la dispersion est n\u00e9cessaire, la tension n&rsquo;est convenable que s&rsquo;il y a par la suite d\u00e9tente, mais par une sorte de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">c\u0153nesth\u00e9sie<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> inconsciente la pulsion au rassemblement se fait tr\u00e8s forte lorsque la d\u00e9tente a \u00e9t\u00e9 suffisante. Et \u00e0 la lumi\u00e8re des travaux historiques ou ethnologiques r\u00e9cents, ce que Durkheim analyse pour les tribus australiennes et nord-am\u00e9ricaines, peut certainement se g\u00e9n\u00e9raliser, \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tat de congr\u00e9gation\u00a0\u00bb entra\u00eene une \u00ab\u00a0fr\u00e9n\u00e9sie\u00a0\u00bb, une \u00ab\u00a0v\u00e9ritable d\u00e9bauche de vie collective\u00a0\u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a>]. Par l\u00e0, la communaut\u00e9 est reciment\u00e9e. C&rsquo;est cette perspective qui doit nous rendre attentifs \u00e0 des situations anomiques que nous aurions, a priori, tendance \u00e0 condamner.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les observateurs ont remarqu\u00e9 que les p\u00e9riodes de grands cataclysmes, dangers, \u00e9pid\u00e9mies, peste, ou encore dans les villes assi\u00e9g\u00e9es et en passe de succomber, se manifestait un irr\u00e9sistible d\u00e9bordement sexuel. La licence et la transgression sous toutes leurs formes sont alors permises. Outre les multiples causes psychologiques bien compr\u00e9hensibles, ces ph\u00e9nom\u00e8nes sont certainement l&rsquo;indice d&rsquo;un sursaut existentiel d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 don\u00adn\u00e9e, ils peuvent surtout servir de paradigme \u00e0 l&rsquo;effervescence ludique. En effet quand l&rsquo;\u00e9tau de la n\u00e9cessit\u00e9 tend \u00e0 se resserrer, quand sa pression \u00e0 la longue commence \u00e0 se faire sentir ou encore quand l&rsquo;indiff\u00e9rence de l&rsquo;ennui commence \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">d\u00e9structurer<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> le corps social, c&rsquo;est alors que la vie d\u00e9borde. Le dionysiaque est un rachat de l&rsquo;existence qui se sent menac\u00e9e. C&rsquo;est le \u00ab\u00a0d\u00e9mon de midi&rsquo; &lsquo; d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui voit la fin proche et qui entend encore profiter des plaisirs et des joies qui sont encore \u00e0 sa port\u00e9e. Que l&rsquo;on comprenne bien, si l&rsquo;on a pu qualifier l&rsquo;effervescence \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9thique de la mort\u00a0\u00bb c&rsquo;est certainement dans le sens de la dialectique du ma\u00eetre et de l&rsquo;esclave de Hegel : parce qu&rsquo;il a su reconna\u00eetre la mort et l&rsquo;affronter en tant que telle, l&rsquo;esclave peut triompher et acqu\u00e9rir la souverainet\u00e9. De m\u00eame la socialit\u00e9, par le biais de l&rsquo;effervescence, en recon\u00adnaissant la mort (le pouvoir extrins\u00e8que ou l&rsquo;ennui intrins\u00e8que) l&rsquo;affronte rituellement, l&rsquo;incorpore d&rsquo;une mani\u00e8re hom\u00e9opathique, et par l\u00e0 m\u00eame s&rsquo;en purifie. C&rsquo;est en ce sens que l&rsquo;instinct turbulent d&rsquo;une mani\u00e8re qui est souvent cruelle est le garant tou\u00adjours et \u00e0 nouveau renaissant de la perdurance soci\u00e9tale.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il y a une dialectique de l&rsquo;ombre et de la lumi\u00e8re, qui \u00e0 l&rsquo;image du cosmos, assure le bon fonctionnement du donn\u00e9 mondain. Si la figure de Dionysos me para\u00eet importante, c&rsquo;est qu&rsquo;elle ressurgit toujours et \u00e0 nouveau, et parfois d&rsquo;une mani\u00e8re mena\u00e7ante, m\u00eame et surtout dans les ensembles sociaux qui essaient par tous les moyens de s&rsquo;en prot\u00e9ger.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;ombre accept\u00e9e et ritualis\u00e9e peut \u00eatre cette contre-position qui \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une tendance dominante assure l&rsquo;\u00e9quilibre en se diffusant comme valeur alternative. C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;il convient d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;effervescence anomique sous des formes multiples et vari\u00e9es, elle reste le conservatoire de toutes attitudes alternatives. Que ce soit dans la banalit\u00e9 de la petite sc\u00e8ne domestique ou dans l&rsquo;explosion collective, elle ritualise et rend humaine cette force irr\u00e9pressible et quelque peu \u00ab\u00a0paniquante\u00a0\u00bb par lequel Pan, le fripon divin, se pla\u00eet \u00e0 submerger quelquefois les simples mortels. Une telle image mytho\u00adlogique ne doit pas faire oublier que la \u00ab\u00a0panique\u00a0\u00bb a pu prendre dans le cours des histoires humaines des formes \u00f4 combien exacerb\u00e9es, et qu&rsquo;\u00e0 tout prendre, la sagesse dionysiaque, m\u00eame dans ce qu&rsquo;elle peut avoir de choquant, reste toujours un moindre mal.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Michel Maffesoli<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"right\">____________________________________________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. les d\u00e9veloppements de M. Weber sur cette notion, in <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00c9conomie et soci\u00e9t\u00e9<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Plon, Paris, 1971, p. 38 sq.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. M. Maffesoli, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La Violence totalitaire<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, essai d&rsquo;anthropologie politique, P.U.F., Paris, 1979, ch. 1.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. C. Schmitt, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La Notion du politique<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Calmann-L\u00e9vy, Paris, p. 51.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. \u00e0 ce propos la description de J. Huizinga, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Le D\u00e9clin du Moyen \u00c2ge<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Payot, Paris, 1961, p. 36 sq.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. J. Freund, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L&rsquo;Essence du politique<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Sirey, Paris, p. 513.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. sur cette id\u00e9e : J. Habermas, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Profils philosophiques et politiques<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Gallimard, Paris, 1974, p. 226.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">M. Weber, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Essais sur la th\u00e9orie de la science<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> (Essai sur quelques cat\u00e9gories de la sociologie compr\u00e9hen\u00adsive), Plon, Paris, 1965, p. 327.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">M. Weber, ibid, p. 382 sq.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">M. Weber, op. cit., p. 284.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. la romanesque m\u00e9canique de ce processus d\u00e9crit par G. Orwell, 1984.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf. le fantasme de la bombe atomique comme d\u00e9cha\u00eenement de la violence concentr\u00e9e en un objet. Le \u00ab\u00a0bouton\u00a0\u00bb qui permet de d\u00e9clencher une guerre atomique est le fait d&rsquo;un homme, mais combien de romans de fiction, d&rsquo;espionnage, etc. d\u00e9crivent la brusque folie de cet homme, l&rsquo;erreur, la d\u00e9faillance technique&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">A. de Tocqueville, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>De la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, \u00e9d. 10\/ 18, p. 154.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cit\u00e9 par M. Horkheimer, T. Adorno, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>La Dialectique de la raison<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Gallimard, Paris, 1974, p. 158.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">M. Maffesoli, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L&rsquo;Ombre de Dionysos<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, contribution \u00e0 une sociologie de l&rsquo;orgie, Librairie des M\u00e9ridiens, Paris, 1982.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">G. Balandier, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Le pouvoir sur sc\u00e8nes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, \u00e9d. Balland, 1980, p. 62 sq.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">G. Durand, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Science de l&rsquo;homme et tradition<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, \u00e9d. Sirac, p. 155.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">G. Gurvitch, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Essais de sociologie<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, \u00e9d. Sirey, 1939, p. 43.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">E. Durkheim, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Les Formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, PUF, Paris, 1968, p. 499 sq.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la violence est toujours pr\u00e9sente. Plut\u00f4t que de la condamner d\u2019une mani\u00e8re par trop rapide, ou encore de d\u00e9nier son existence, il vaut mieux voir de quelle mani\u00e8re on peut n\u00e9gocier avec elle. Quelle forme de ruse on peut employer \u00e0 son \u00e9gard. 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