{"id":16480,"date":"2015-04-03T14:55:27","date_gmt":"2015-04-03T13:55:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16480"},"modified":"2015-04-27T16:07:48","modified_gmt":"2015-04-27T15:07:48","slug":"la-solennelle-duperie-des-mots-sans-contenu-par-carlo-suares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-solennelle-duperie-des-mots-sans-contenu-par-carlo-suares\/","title":{"rendered":"La solennelle duperie des mots sans contenu par Carlo Suar\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">(Extrait de <strong>Critique de la raison impure<\/strong> par Carlo Suar\u00e8s. \u00c9dition Stock 1955)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/hommes-impensables-dans-un-monde-invivable-par-carlo-suares\/\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16502\">Chapitre Suivant<\/a><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ayant fait le tour de ses limites, l&rsquo;esprit humain est contraint de s&rsquo;arr\u00eater, non point parce qu&rsquo;il est para\u00adlys\u00e9, mais afin de ne pas d\u00e9brayer. Si le temps n&rsquo;existe pas, rien ne se \u00ab produit \u00bb, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00ab \u00e9v\u00e9nements \u00bb : tout \u00ab est \u00bb. Mais si je reconnais que, pour mon esprit, le<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">temps existe, il sera plus raisonnable \u2013 et plus profitable mille fois \u2013 de constater que, pour moi, seul l&rsquo;\u00ab \u00e9v\u00e9nement \u00bb existe, que rien n&rsquo;\u00ab est \u00bb. Alors, abandonnant les vaines questions, les \u00ab pourquoi \u00bb et les \u00ab comment \u00bb en ce qui concerne l&rsquo;intemporel (mot qui n&rsquo;a pas de sens pour ma raison), car toutes ces questions seront fatalement d&rsquo;ordre temporel, donc absurdes, donc absurdes mes r\u00e9pon\u00adses, je satisferai ma raison l\u00e0 o\u00f9 elle se trouve. Peut-\u00eatre aurai-je ainsi une possibilit\u00e9 de savoir de quoi elle est faite et pourquoi elle ne peut exister que sur des \u00ab principes \u00bb dont elle constate elle-m\u00eame l&rsquo;absurdit\u00e9. Et avant toute chose, je ne me paierai pas de mots. Individu mis\u00e9rable, angoiss\u00e9, conditionn\u00e9 ; incapable de constater le monde col\u00adlectif o\u00f9 je suis immerg\u00e9, car il est trop complexe ; incapable de me repr\u00e9senter l&rsquo;univers dont je fais partie car j&rsquo;ai appris que toute repr\u00e9sentation est r\u00eaverie ; que me reste-t-il, si ce n&rsquo;est penser le pensable, conna\u00eetre le connaissable, expli\u00adquer l&rsquo;explicable ? Et si cette r\u00e9solution est celle du bon sens, il me faudra tourner le dos aux R\u00e9v\u00e9lations, aux reli\u00adgions, aux th\u00e9ologies, aux philosophies, \u00e0 tout ce que l&rsquo;homme a accumul\u00e9 au cours de son histoire, en vue de traduire, (de trahir) l&rsquo;impensable.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il s&rsquo;est persuad\u00e9 qu&rsquo;au \u00ab commencement est la parole \u00bb et que la parole est cr\u00e9atrice de la chose. Notre esprit a une facult\u00e9 d&rsquo;abstraction. Abstraire c&rsquo;est extraire par la pens\u00e9e un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une relation et lui accorder une existence ind\u00e9pendante de cette relation. Cette existence, de ce fait, devient ce que l&rsquo;on appelle une \u00ab id\u00e9e \u00bb. Cette id\u00e9e, g\u00e9n\u00e9\u00adralis\u00e9e, est ce que les philosophes appellent un \u00ab concept \u00bb. Les concepts, donc, existent : on ne saurait nier leur exis\u00adtence en tant que concepts. Mais ce fait est-il une preuve que le concept se rapporte \u00e0 quelque chose qui existe ? Platon l&rsquo;affirme \u00e0 sa fa\u00e7on, Descartes l&rsquo;affirme aussi. Des philosophies si nombreuses, si v\u00e9n\u00e9rables, si impressionnan\u00adtes par leurs savants jargons se sont install\u00e9es sur des affir\u00admations de cet ordre, que le public, en d\u00e9pit des observations que le bon sens de chacun est \u00e0 m\u00eame de faire, en est en quelque sorte hypnotis\u00e9. Or, tandis que la philosophie contemporaine a, depuis longtemps, abandonn\u00e9 ces voies sans issues, l&rsquo;enseignement officiel persiste dans un point de vue scolastique, qui consiste \u00e0 \u00e9tablir un accord entre la \u00ab r\u00e9v\u00e9lation \u00bb (religieuse, dite intuitive) et une raison bas\u00e9e sur la pratique des syllogismes. Afin de cr\u00e9er \u00e0 cet effet un centre d&rsquo;animation c\u00e9r\u00e9brale, ces professeurs, passant d&rsquo;Aristote \u00e0 Thomas d&rsquo;Aquin, \u00e0 Descartes, \u00e0 \u00c9picure, \u00e0 Plo\u00adtin, \u00e0 Kant, \u00e0 Schopenhauer, suscitent des critiques et des controverses dont l&rsquo;effet est de circonscrire la pens\u00e9e dans un champ commun de religion d\u00e9saffect\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce scandale est en tous points semblable \u00e0 celui de l\u2019\u00c9cole des Beaux-Arts, lorsqu&rsquo;au cours de plusieurs d\u00e9cades elle s&rsquo;obstina \u00e0 enseigner l&rsquo;art acad\u00e9mique et \u00e0 ignorer la renais\u00adsance artistique marqu\u00e9e, \u00e0 ces d\u00e9buts, par les impressionnistes, plus tard par les cubistes. La circonstance aggravante, \u00e0 charge de la philosophie officielle, est que les id\u00e9es fausses sont plus dangereuses que la mauvaise peinture. Elles se r\u00e9pandent sous le couvert de mots dont le sens g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 d\u00e9signe d&rsquo;une fa\u00e7on vague un certain conformisme de bon ton. Tel est le mot \u00ab cart\u00e9sien \u00bb. Le Fran\u00e7ais se dit volontiers \u00ab cart\u00e9sien \u00bb. Pour le Fran\u00e7ais, \u00eatre \u00ab cart\u00e9sien \u00bb c&rsquo;est ne se servir que de sa raison ; c&rsquo;est ne tenir pour vrai que ce qui est \u00e9vident et clair ; c&rsquo;est m\u00eame poss\u00e9der une m\u00e9thode pour penser juste. \u00c0 l&rsquo;appui de ce mythe, les manuels offi\u00adciels, tout en constatant (forc\u00e9ment) que la pens\u00e9e de Descartes n&rsquo;a plus cours, proclament que sa \u00ab fa\u00e7on de penser \u00bb demeure. Pourtant, d\u00e8s Newton, Descartes tombait. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Un si\u00e8cle ne s&rsquo;est donc pas \u00e9coul\u00e9 sans que les d\u00e9tails de la doctrine cart\u00e9sienne aient p\u00e9ri. Mais si ces d\u00e9tails sont tomb\u00e9s, son esprit a surv\u00e9cu. On l&rsquo;a maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 : Descartes a \u00e9t\u00e9 le p\u00e8re de la philosophie moderne. Il a compris mieux que personne la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;affranchir dans la recherche, de toutes les autorit\u00e9s et de ne se fonder que sur les \u00e9vidences de la raison, le calcul et l&rsquo;exp\u00e9rience<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Rien n&rsquo;est plus artificieux que cet expos\u00e9. Car si \u00ab dans la recherche \u00bb Descartes a cherch\u00e9 \u00e0 s&rsquo;affranchir, il a, \u00e0 son \u00ab d\u00e9part \u00bb, express\u00e9ment affirm\u00e9 ne s&rsquo;affranchir point, ne pas vouloir s&rsquo;affranchir. Quant \u00e0 ce \u00ab p\u00e8re \u00bb de la philosophie moderne, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>n&rsquo;est-ce pas beaucoup&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> ajoute M. Cresson <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>d&rsquo;avoir su \u00e9crire en pr\u00e9curseur \u00ab\u00a0le monde n&rsquo;est qu&rsquo;un probl\u00e8me de m\u00e9canique \u00bb ?<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> Ainsi, en 1950, alors que depuis un demi-si\u00e8cle, la science a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de rejeter comme \u00e9tant une simple \u00ab id\u00e9e \u00bb, sans base r\u00e9elle, la notion m\u00e9caniste du<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">monde, le professorat officiel ne le sait pas. Il s&rsquo;en tient \u00e9videmment encore aux notions d&rsquo;\u00e9tendue en soi et de mou\u00advement en soi.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">M. Cresson, plus cart\u00e9sien que Descartes, confond point d&rsquo;arriv\u00e9e et point de d\u00e9part :<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Il <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">(Descartes)<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> a d\u00e9gag\u00e9 cette v\u00e9rit\u00e9 incontestable : la pre\u00admi\u00e8re de nos certitudes est celle que nous avons de l&rsquo;existence de notre propre esprit <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>. <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Dans un passage pr\u00e9c\u00e9dent :<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> Ne faut-il pas r\u00e9p\u00e9ter avec Montaigne : \u00ab Que sais-je ? \u00bb et douter de tout ? <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">se demande cet auteur. Et il ajoute :<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> C&rsquo;est \u00e0 ce moment dramatique de sa doctrine que Descartes d\u00e9couvre une premi\u00e8re v\u00e9rit\u00e9 certaine et absolue. Cette v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;inoubliable \u00abCogito ergo sum \u00bb, \u00ab je pense donc je suis \u00bb <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>. <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Et, plus loin<\/span><\/span><\/span><i> <\/i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> \u00ab\u00a0Je pense donc je suis \u00bb ; cette proposition est \u00e0 l&rsquo;abri de tous les sophismes des sceptiques. Elle fournit an dogmatisme cart\u00e9sien une base in\u00e9branlable.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">On appelle sophisme un argument apparemment con\u00adcluant mais, en fait, illusoire. Notons, tout d&rsquo;abord, que cet auteur accepte, des sceptiques, la d\u00e9finition tendancieuse de Descartes : \u00ab les sceptiques qui ne doutent que pour dou\u00adter et affectent d&rsquo;\u00eatre toujours irr\u00e9solus \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>]. En v\u00e9rit\u00e9, le sceptique est, tout court, celui qui doute. Or, l&rsquo;affirmation de M. Cresson, selon laquelle le \u00ab\u00a0cogito \u00bb est une \u00ab premi\u00e8re \u00bb v\u00e9rit\u00e9 est contraire \u00e0 ce qu&rsquo;en dit Descartes lui-m\u00eame, encore qu&rsquo;elle soit devenue, \u00e0 la suite d&rsquo;on ne sait quel escamotage, non l&rsquo;\u00ab arriv\u00e9e \u00bb qu&rsquo;elle \u00e9tait, mais un \u00ab d\u00e9part \u00bb&#8230; <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Lorsque j&rsquo;ai dit que cette proposition : \u00ab\u00a0Je pense, donc je suis \u00bb, est la premi\u00e8re et la plus certaine qui se pr\u00e9sente \u00e0 celui qui conduit ses pens\u00e9es par ordre je n&rsquo;ai pas pour cela ni\u00e9 qu&rsquo;il me fall\u00fbt savoir auparavant ce que c&rsquo;est que pens\u00e9e, certitude, existence, et que pour penser il faut \u00eatre, et autres choses semblables ; mais \u00e0 cause que ce sont l\u00e0 des notions si simples que d&rsquo;elles-m\u00eames elles ne nous font avoir la connaissance d&rsquo;aucune chose qui existe, je n&rsquo;ai pas jug\u00e9 qu&rsquo;on ne d\u00fbt faire ici aucun d\u00e9nombrement<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Rien n&rsquo;est plus clair que ce texte : Descartes d\u00e9clare que,<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">pour chacun, la \u00ab pens\u00e9e \u00bb, la \u00ab certitude \u00bb, l&rsquo;\u00ab existence \u00bb, la notion que \u00ab pour penser il faut \u00eatre \u00bb, et mille autres id\u00e9es, si nombreuses qu&rsquo;on ne peut pas en faire le d\u00e9nom\u00adbrement, sont connues de fa\u00e7on si imm\u00e9diates et si \u00e9viden\u00adtes par la conscience, qu&rsquo;il n&rsquo;est m\u00eame pas utile d&rsquo;en parler. Or, il se trouve que l&rsquo;\u00eatre, la pens\u00e9e, la certitude, l&rsquo;existence, sont, au contraire, l&rsquo;objet de toutes les philosophies, de toutes les religions et que ces mots (ces id\u00e9es, ces concepts) sont interpr\u00e9t\u00e9s par elles de toutes les fa\u00e7ons possibles, en des syst\u00e8mes discordants. Si ces mots avaient un sens r\u00e9el et \u00e9vident, ils se coordonneraient entre eux, ils ne demeureraient pas des \u00ab abstractions \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;un syst\u00e8me qui feint de s&rsquo;ignorer, encore qu&rsquo;il existe. Des\u00adcartes n&rsquo;est \u00e0 la recherche que d&rsquo;une cl\u00e9 de vo\u00fbte, d&rsquo;une id\u00e9e qui le situera lui, Descartes, dans ses rapports avec sa foi, qui le mettra face \u00e0 face avec lui-m\u00eame, dans un acte de r\u00e9flexion, ou plut\u00f4t de pseudo-r\u00e9flexion : \u00ab je pense donc je suis \u00bb est, brusquement, la trouvaille, la d\u00e9couverte du sophisme gr\u00e2ce auquel Descartes justifiera Descartes. S&rsquo;il n&rsquo;y avait eu que la constatation honn\u00eate du ph\u00e9nom\u00e8ne qui consiste \u00e0 se penser, Descartes n&rsquo;aurait pas manqu\u00e9 de dire tout simplement : il y a pens\u00e9e, la pens\u00e9e pense \u00ab je \u00bb. Car il aurait vu qu&rsquo;\u00e0 la sortie de l&rsquo;\u00e9tat pr\u00e9-r\u00e9flexif (o\u00f9 le je ne<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">se pose pas \u00e0 lui-m\u00eame, ne se constate pas, ne se d\u00e9montre pas sa propre existence, ne fait pas retour sur lui-m\u00eame) le probl\u00e8me qui se pr\u00e9sente (avec ces deux termes \u00ab je \u00bb et \u00ab penser \u00bb) n&rsquo;existe que dans le champ de la pens\u00e9e. Il est inclus dans le champ de la pens\u00e9e. Il est pens\u00e9e. \u00ab Je \u00bb est pens\u00e9e, d\u00e8s que je le pense. Mais non : Descartes est, selon lui une \u00ab chose \u00bb, un \u00ab je \u00bb, et ce \u00ab je \u00bb pense. Ce \u00ab je \u00bb qui ne se pose \u00e0 lui-m\u00eame que par un acte de la pens\u00e9e, qui n&rsquo;est perceptible \u00e0 lui-m\u00eame qu&rsquo;en tant que pens\u00e9e, ce \u00ab je \u00bb, Descartes se l&rsquo;imagine existant en soi et se mettant \u00e0 \u00ab penser \u00bb. Or, le plus curieux au sujet de cette fausse d\u00e9couverte, est qu&rsquo;elle \u00e9tait tout enti\u00e8re incluse dans une pr\u00e9fabrication, que Descartes nous r\u00e9v\u00e8le, sans se douter qu&rsquo;il ne se la r\u00e9v\u00e8le pas \u00e0 lui-m\u00eame : \u00ab je n&rsquo;ai pas ni\u00e9 qu&rsquo;il ne fallait savoir auparavant&#8230; <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>que pour penser il faut \u00eatre<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> \u00bb. Ce \u00ab il faut \u00eatre \u00bb est une de ces formules vagues et ind\u00e9termin\u00e9es qui abondent chez Descartes, \u00ab il faut \u00eatre \u00bb, ne nous dit pas \u00ab qui \u00bb est, \u00ab quoi \u00bb est, ou comment \u00eatre est. On voit comment cette pseudo-r\u00e9flexion, cette fausse pens\u00e9e, partant d&rsquo;elle-m\u00eame, revient sur elle-m\u00eame, en s&rsquo;imaginant avoir d\u00e9couvert quelque chose : pour penser il faut \u00eatre ; je pense donc je suis. Mouvement de va-et-vient : puisque je suis, je pense ; puisque je pense, je suis.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Et rien ne nous est plus facile que de savoir \u00ab qui \u00bb est ce \u00ab je \u00bb qui se joue cette com\u00e9die de la pens\u00e9e, puisqu&rsquo;il prend la peine de se d\u00e9crire minutieusement dans ce r\u00e9cit autobiographique qu&rsquo;est le <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Discours<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">. Ayant con\u00e7u une m\u00e9thode, et d\u00e9sireux de se donner le temps de l&rsquo;examiner et de la mettre en \u0153uvre, Descartes s&rsquo;est appliqu\u00e9 \u00e0 compo\u00adser un personnage et \u00e0 le placer dans une situation aussi confortable que possible, en vue de ce travail \u00e0 ex\u00e9cuter : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>&#8230; comme ce n&rsquo;est pas assez, avant de commencer \u00e0 reb\u00e2tir le logis o\u00f9 on demeure, que de l&rsquo;abattre et de faire provision de mat\u00e9riaux et d&rsquo;architecture, ou s&rsquo;exercer soi-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;archi\u00adtecture, et outre cela d&rsquo;en avoir soigneusement trac\u00e9 le dessin\u00a0; mais qu&rsquo;il faut aussi s&rsquo;\u00eatre pourvu de quelque autre, o\u00f9 on puisse \u00eatre log\u00e9 commod\u00e9ment pendant le temps qu&rsquo;on y tra\u00advaillera ; ainsi, afin que je ne demeurasse point irr\u00e9solu en mes actions, pendant que la raison m&rsquo;obligerait de l&rsquo;\u00eatre en mes jugements, et que je ne laissasse pas de vivre d\u00e8s lors le plus heureusement que je pourrais, je me formai une morale par provision qui ne consistait qu&rsquo;en trois ou quatre maximes, dont je veux bien vous faire part.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il n&rsquo;est que de relire ces maximes pour voir le personnage\u00a0: <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>La premi\u00e8re \u00e9tait d&rsquo;ob\u00e9ir aux lois et aux coutumes de mon pays, retenant constamment la religion en laquelle Dieu m&rsquo;a fait la gr\u00e2ce d&rsquo;\u00eatre instruit d\u00e8s mon enfance, et me gouver\u00adnant, en tout autre chose, suivant les opinions les plus mod\u00e9\u00adr\u00e9es, etc&#8230; ; ma seconde \u00e9tait d&rsquo;\u00eatre le plus ferme et le plus r\u00e9solu en mes actions que je pourrais, etc&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> (Chacun sait qu&rsquo;en 1633, lorsque le vieux Galil\u00e9e risqua le b\u00fbcher, Des\u00adcartes \u00e9vita de publier son <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Trait\u00e9 du Monde<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, car cette publication l&rsquo;aurait certainement emp\u00each\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00ab log\u00e9 commod\u00e9ment \u00bb ; la fermet\u00e9 de sa r\u00e9solution avait trouv\u00e9 ses limites). \u00c0 ces deux premi\u00e8res maximes Descartes ajoute un certain nombre de commentaires et de r\u00e9flexions de phi\u00adlosophie pratique sur l&rsquo;art de vivre en paix, et conclut : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Apr\u00e8s m&rsquo;\u00eatre ainsi assur\u00e9 de ces maximes, et les avoir mises \u00e0 part, avec les v\u00e9rit\u00e9s de la foi, qui ont toujours \u00e9t\u00e9 les premi\u00e8res en ma cr\u00e9ance, je jugeai que, pour tout le reste de mes opinions, je pourrais librement entreprendre de m&rsquo;en d\u00e9faire.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Or, \u00e0 bien examiner \u00ab tout le reste \u00bb de ces opinions, dont Descartes est dispos\u00e9 \u00e0 se d\u00e9faire, l&rsquo;on voit qu&rsquo;il n&rsquo;est aucu\u00adnement question, dans son esprit, ainsi qu&rsquo;on veut l&rsquo;enseigner depuis trois si\u00e8cles, de \u00ab table rase \u00bb, mais de se construire une bonne maison de style Louis XIII. La pens\u00e9e de Descartes, ramen\u00e9e dans les limites qu&rsquo;elle s&rsquo;est \u2013 fort honn\u00eatement \u2013 assign\u00e9es, ne d\u00e9couvre rien, du fait m\u00eame qu&rsquo;elle ne con\u00e7oit pas son propre d\u00e9passement. Nous avons vu par quel mouvement de va-et-vient elle retourne sur elle-m\u00eame et feint de d\u00e9couvrir ce qu&rsquo;en fait elle contenait. Ce processus est total, puisque ayant proclam\u00e9 son je pense donc je suis, la voici [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>] dans la n\u00e9cessit\u00e9 de prouver l&rsquo;existence de Dieu pour sortir du \u00ab\u00a0cogito ergo sum \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Je fermerai les yeux, dit-il, je boucherai mes oreilles, je d\u00e9tournerai mes sens, j&rsquo;effacerai m\u00eame de ma pens\u00e9e toutes les images&#8230; etc., je suis une chose qui pense&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> continue-t-il. Voil\u00e0 ses constatations : \u00ab Descartes \u00bb constate qu&rsquo;\u00ab il \u00bb est une \u00ab chose \u00bb ; Descartes constate que cette \u00ab chose \u00bb pense. Cette fiction, J.-P. Sartre la traite, non pas \u00e0 pro\u00adpos de Descartes, mais en analysant \u00ab la fuite devant l&rsquo;an\u00adgoisse \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>]. \u00ab Ce que je tente de fuir \u00bb (devant l&rsquo;angoisse)<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">dit Sartre, \u00ab c&rsquo;est ma transcendance m\u00eame&#8230; \u00bb Or, nous avons vu Descartes fuir sa transcendance, en \u00e9tablissant les limites de son doute. \u00ab Il \u00bb (la \u00ab chose \u00bb) s&rsquo;est construit une maison dans laquelle \u00ab il \u00bb (en tant que \u00ab chose \u00bb) n&rsquo;a qu&rsquo;un d\u00e9sir : vivre le plus heureusement que cela lui est possible. Ensuite, la \u00ab chose \u00bb ferme les yeux, et \u00ab croit \u00bb \u00e0 cette fiction que son <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>moi devient l&rsquo;origine de ses actes comme autrui des siens, \u00e0 titre de personne d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9e\u2026 Cette libert\u00e9 qui m&rsquo;inqui\u00e9terait si elle \u00e9tait libert\u00e9 \u00ab en<\/i><\/span><\/span><\/span><i> <\/i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>face \u00bb du Moi, je tente de la reporter au sein&#8230; de mon Moi. Il s&rsquo;agit d&rsquo;envisager le Moi comme un petit Dieu qui m&rsquo;habiterait et qui poss\u00e9derait ma libert\u00e9 comme une vertu m\u00e9ta\u00adphysique. Ce ne serait plus mon \u00eatre qui serait libre en tant qu&rsquo;\u00eatre, mais mon Moi qui serait libre au sein de ma conscience<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>]. Bien s\u00fbr, ce \u00ab petit Dieu \u00bb est l&rsquo;\u00ab \u00e2me immortelle \u00bb \u00e0 laquelle croit la \u00ab chose \u00bb dite Descartes, et cette \u00ab chose \u00bb qui n&rsquo;existe que par son conditionnement d&rsquo;\u00e9poque Louis XIII, fuit sa transcendance en reportant le d\u00e9sir qu&rsquo;elle a de se sentir libre, dans une <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>M\u00e9thode<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> o\u00f9 la pens\u00e9e fait du \u00ab sur place \u00bb en se donnant l&rsquo;illusion du mou\u00advement. Il serait sans doute opportun d&rsquo;examiner ici si Sartre a raison en pensant que la conscience est toujours conscience et dans quelle mesure elle ne se joue des tours que par mauvaise foi. Mais nous en \u00e9tions aux sophismes et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de sortir du \u00ab cogito ergo sum \u00bb en prouvant l&rsquo;existence de Dieu, c&rsquo;est-\u00e0-dire en revenant au point de d\u00e9part de cette tautologie. (Rappelons qu&rsquo;une tautologie est une r\u00e9p\u00e9tition inutile de la m\u00eame id\u00e9e en termes diff\u00e9\u00adrents et que, si cette id\u00e9e ne s&rsquo;est pas reconnue elle-m\u00eame au cours de son p\u00e9riple, c&rsquo;est qu&rsquo;elle s&rsquo;est n\u00e9cessairement appuy\u00e9e sur de faux raisonnements).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c0 cet effet, il nous semble utile de laisser Descartes l\u00e0 o\u00f9 il se trouvait, \u00e0 son \u00e9poque, et de l&rsquo;aborder par le truche\u00adment de ces professeurs qui se sont donn\u00e9 pour mission et de le d\u00e9former, en lui octroyant la transcendance qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait refus\u00e9e, et de vulgariser l&rsquo;enseignement de la philosophie dans des manuels tendancieux [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>]. Ayant \u00f4t\u00e9 \u00e0 Descartes et son style et la saveur \u00e9mouvante de son exp\u00e9rience humaine, M. Cresson n&rsquo;a pas redout\u00e9 de ne laisser subsis\u00adter dans son expos\u00e9 (des preuves de l&rsquo;existence de Dieu, selon Descartes) que des mots sans contenu. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Nous ne pos\u00ads\u00e9dons, en principe<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, \u00e9crit M. Cresson, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>que deux mani\u00e8res de conna\u00eetre vraiment s\u00fbres : 1\u00b0 l&rsquo;intuition ; 2\u00b0 la d\u00e9duction.<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> Notons en passant, le curieux emploi, par un professeur de philosophie, des mots \u00ab en principe \u00bb, \u00e0 la fa\u00e7on dont on dirait famili\u00e8rement : \u00ab en principe, le tour que je vais vous montrer devrait r\u00e9ussir, mais on ne sait jamais \u00bb&#8230; En effet : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>l&rsquo;intuition, <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">continue cet auteur,<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> est l&rsquo;op\u00e9ration mentale par laquelle gr\u00e2ce \u00e0 une simple \u00ab inspection de l&rsquo;esprit \u00bb directe, nous apercevons avec une certitude indestructible certaines v\u00e9rit\u00e9s. Exemple : s&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 l&rsquo;analyse de la notion du triangle, notre esprit voit imm\u00e9diatement que le triangle a trois angles, qu&rsquo;il a trois c\u00f4t\u00e9s, qu&rsquo;il est une figure ferm\u00e9e, etc. Ces v\u00e9rit\u00e9s imm\u00e9diates sont des notions simples. Il y en a dans toutes les \u00e9tudes que nous faisons. Elles nous fournissent nos points de d\u00e9part, \u00ab l&rsquo;absolu de la question \u00bb<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>]. Et plus loin : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Mais voici la preuve d\u00e9cisive (de l&rsquo;existence de Dieu). Elle est connue sous le nom d&rsquo;argument ontologique. Formul\u00e9e jadis par Saint-Anselme et longuement discut\u00e9e, elle prend, chez Descartes, une allure math\u00e9matique. Une fois pos\u00e9e la notion de triangle, nous savons par une simple analyse que le triangle a n\u00e9cessairement trois angles et trois c\u00f4t\u00e9s. Posons de m\u00eame (sic) la notion de Dieu. D\u00e9finissons Dieu la perfec\u00adtion absolue. Nous voyons imm\u00e9diatement la n\u00e9cessit\u00e9 de son existence. En effet la perfection absolue est la somme de toutes les perfections concevables (sic). Or l&rsquo;existence est une perfection. Donc la perfection absolue ne serait pas absolue si elle n&rsquo;existait pas. L&rsquo;existence lui appartient par suite aussi n\u00e9cessairement qu&rsquo;au triangle ses trois angles et ses trois c\u00f4t\u00e9s. Voil\u00e0 donc l&rsquo;existence d&rsquo;un Dieu parfait d\u00e9montr\u00e9e trois fois&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> Nous reprendrons les deux premi\u00e8res preuves tout \u00e0 l&rsquo;heure. Il s&rsquo;agit, pour commencer, du processus qui consiste \u00e0 \u00ab poser la notion de triangle et \u00e0 poser de m\u00eame \u00bb la notion de Dieu. Il y a confusion dans le sens du mot intuition, lequel est diff\u00e9rent lorsqu&rsquo;il s&rsquo;adresse aux sens (\u00e0 la vision, \u00e0 l&rsquo;image) ou pr\u00e9tend au contraire attribuer \u00e0 une transcen\u00addance que je ne connais pas des qualit\u00e9s que je crois pouvoir imaginer.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il n&rsquo;est pas vrai que l&rsquo;intuition \u00ab triangle \u00bb soit une notion imm\u00e9diate et simple. Je veux bien qu&rsquo;elle ait pu le devenir, mais il ne m&rsquo;est pas difficile de me souvenir du temps o\u00f9, enfant, j&rsquo;apprenais \u00e0 appeler triangle, non seulement des d\u00e9coupages en forme de triangles \u00e9quilat\u00e9raux, mais \u00ab aussi \u00bb d&rsquo;autres images qui ne leur ressemblaient que peu, dont les trois c\u00f4t\u00e9s, et les angles, \u00e9taient fort diff\u00e9rents les uns des autres. Et les notions : lignes droites, angles, intersections, etc&#8230; ont toutes d\u00fb passer par mes yeux, par ma main qui les tra\u00e7ait, par ma m\u00e9moire qui les retenait. L&rsquo;\u00ab intuition \u00bb triangle est tout bonnement un condens\u00e9 d&rsquo;images, une id\u00e9e qui n&rsquo;a d&rsquo;abstrait que sa capacit\u00e9 de s&rsquo;adapter \u00e0 toutes les images possibles de triangles. C&rsquo;est ainsi que je \u00ab pose \u00bb la notion du triangle. Mais il m&rsquo;est impossible de poser \u00ab de m\u00eame \u00bb la notion de Dieu. Impossible, car elle ne s&rsquo;adresse ni \u00e0 ma m\u00e9moire, ni \u00e0 mes sens, ni \u00e0 rien que je puisse percevoir. La d\u00e9finition du triangle r\u00e9sulte de la constatation de l&rsquo;existence de triangles ; tandis que par une op\u00e9ration inverse Descartes-Cresson voudrait que la constatation de l&rsquo;existence de Dieu r\u00e9sulte de sa d\u00e9finition. Elle ne peut en r\u00e9sulter que si la d\u00e9finition a un contenu. Or la d\u00e9finition \u00ab Dieu est la perfection absolue \u00bb n&rsquo;a pas de contenu. Les seuls contenus que nous puissions accorder au mot \u00ab perfec\u00adtion \u00bb sont ceux qui se rapportent \u00e0 l&#8217;emploi de ce mot dans un ordre donn\u00e9 de propri\u00e9t\u00e9 (le Parth\u00e9non est une \u00ab perfec\u00adtion \u00bb ; la cath\u00e9drale de Chartres est \u00ab une perfection \u00bb ; cette rose est \u00ab une perfection \u00bb ; les dessins de givre sur cette vitre sont \u00ab une perfection \u00bb, etc&#8230;).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ces perfections sont au sens comparatif. Elles sont toutes \u00ab concevables \u00bb ; de sorte que lorsque M. Cresson nous dit<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">que la \u00ab perfection absolue est la somme de toutes les perfections concevables \u00bb, nous ne comprenons pas, nous ne savons pas par quel tour de sa pens\u00e9e il s&rsquo;imagine dire quelque chose. Additionne-t-il le Parth\u00e9non, Chartres, cette rose, ce givre et la s\u00e9rie ind\u00e9finie de tout ce qu&rsquo;il con\u00e7oit comme \u00e9tant relativement parfait ? Sans doute pas. Peut-\u00eatre s&rsquo;imagine-t-il faire la somme de perfections plus abstraites, de perfections \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de concepts, comme Jus\u00adtice Charit\u00e9, Vertu, etc&#8230; C&rsquo;est par l\u00e0, dans le passage du concret \u00e0 l&rsquo;abstrait, que se joue l&rsquo;artifice. Car, \u00e0 consid\u00e9rer par exemple l&rsquo;id\u00e9e de Justice, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00eatre \u00e9rudit pour se rendre compte qu&rsquo;elle n&rsquo;existe que dans des rapports : rapports de la chose jug\u00e9e \u00e0 celui qui exerce le jugement et \u00e0 celui sur qui le jugement s&rsquo;exerce ; ce rapport est une action, et cette action a un effet : si elle \u00e9tait sans effet elle n&rsquo;existerait pas. En outre, la Justice est un choix entre au moins deux jugements : celui que l&rsquo;on consid\u00e8re bon et celui que l&rsquo;on consid\u00e8re mauvais. Et ce choix s&rsquo;exerce par comparaison avec des valeurs de jugement. Et que vaudraient ces valeurs si elles ne tiraient leur existence de l&rsquo;existence des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de comparaison ? Une justice abstraite sans sujet ni objet ni effet est inconcevable. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Mais aussit\u00f4t que nous la concevons, c&rsquo;est dans l&rsquo;espace et<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">le temps que nous lui donnons son existence. Et, nous l&rsquo;avons vu <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">p<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">lus haut, l&rsquo;espace et le temps sont toujours relatifs \u00e0 un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rences. Ajoutons que dire que la perfection absolue est la somme des perfections concevables c&rsquo;est \u00e9liminer de son champ toutes les imperfections. Cette perfection soi-disant absolue existerait donc c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec le monde des innombrables imperfections et n&rsquo;existerait, par cons\u00e9quent, que comparativement \u00e0 lui. Ainsi, dans la mesure o\u00f9 j&rsquo;introduis dans la notion d&rsquo;absolu celle de perfection par opposition \u00e0 l&rsquo;imperfection (puisque j&rsquo;ai mis celle-ci de c\u00f4t\u00e9 par le choix m\u00eame que j&rsquo;ai fait du mot perfection) j&rsquo;ai supprim\u00e9 l&rsquo;absolu. Personne, aucun esprit ne peut conce\u00advoir cet assemblage de mots \u00ab perfection absolue \u00bb. Et en voici la derni\u00e8re preuve : Si l&rsquo;on \u00ab d\u00e9finit \u00bb Dieu la perfec\u00adtion absolue, et si l&rsquo;on pouvait concevoir la perfection abso\u00adlue, on affirmerait par l\u00e0 que l&rsquo;on con\u00e7oit Dieu, ce qui est absurde. L&rsquo;on doit donc avouer que cette \u00ab d\u00e9finition \u00bb est inconcevable, ce qui rejette dans l&rsquo;absurde tout ce que l&rsquo;on en d\u00e9duit.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Revenons maintenant \u00e0 la premi\u00e8re preuve de l&rsquo;existence de Dieu selon Descartes, dans les termes de M. Cresson : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>J&rsquo;ai l&rsquo;id\u00e9e de perfection et je suis imparfait. Voil\u00e0 le point de d\u00e9part de la premi\u00e8re des preuves cart\u00e9siennes<\/i><\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Partons de ce double fait et raisonnons. Un ouvrier imparfait ne peut r\u00e9aliser une <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>\u0153uvre<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i> parfaite. \u00c9tant imparfait, je n&rsquo;ai donc pas pu fabriquer moi-m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e de la perfection absolue. Pour la m\u00eame raison aucun \u00eatre imparfait n&rsquo;a pu me donner cette id\u00e9e. Si je la poss\u00e8de, ce doit \u00eatre parce qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 mise en moi par un \u00eatre capable de la cr\u00e9er, c&rsquo;est-\u00e0-dire par un \u00eatre parfait. Il faut donc bien que cet \u00eatre parfait existe ; sans quoi je n&rsquo;en aurais assur\u00e9ment pas l&rsquo;id\u00e9e que j&rsquo;en ai effectivement.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Prestige des mots et des comparaisons ! L&rsquo;ouvrier \u00ab fabri\u00adque \u00bb et, de m\u00eame, en \u00ab fabriquant \u00bb les mots \u00ab perfection<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">absolue \u00bb j&rsquo;en ai \u00ab fabriqu\u00e9 \u00bb l&rsquo;id\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire que moi, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">imparfait <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">et ignorant par cons\u00e9quent la perfection, je me constate en train de \u00ab fabriquer \u00bb une perfection <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">q<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">ue <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">je <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">reconnais perfection bien que je ne la connaisse pas, \u00e9tant imparfait. \u00ab Reconna\u00eetre \u00bb ce qu&rsquo;elle ne conna\u00eet pas est le retour sur elle-m\u00eame de cette fausse pens\u00e9e qui \u2013 nous venons de le voir \u2013 ne \u00ab reconna\u00eet pas \u00bb dans les mots \u00ab perfection absolue \u00bb ce Dieu m\u00eame qu&rsquo;elle ne conna\u00eet pas.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Peut-\u00eatre est-ce le malheur de l&rsquo;homme de pouvoir pro\u00adnoncer tant de mots : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">I<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">nfini, Perfection, Intemporel, Absolu,<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Dieu, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c9ternit\u00e9<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, par lesquels il se fait envo\u00fbter dans l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 lui-m\u00eame, dans une transcendance qu&rsquo;il ne<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">trouve pas par ce moyen. Ce moyen est celui de la pens\u00e9e fausse, de la fausse abstraction. Les seules abstractions valables sont des instruments de l&rsquo;intellect qui se font constamment v\u00e9rifier par l&rsquo;exp\u00e9rience. \u00ab Triangle \u00bb se v\u00e9rifie, \u00ab\u00a0Dieu \u00bb non. Les r\u00e9sultats des calculs math\u00e9matiques sont consid\u00e9r\u00e9s exacts par la science physique lorsque<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l&rsquo;observation les v\u00e9rifie. Et les math\u00e9maticiens utilisent judicieusement sans se livrer au vain effort de le rendre pensa\u00adble : tous les calculs contiennent des signes impensables et absurdes comme\u00a0<\/span><\/span><\/span><strong>&infin;<\/strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> (l&rsquo;infini) ou des racines n\u00e9gatives. Ces signes, quelle que soit leur apparente irr\u00e9alit\u00e9, sont n\u00e9cessaires au calcul et \u00e0 son embrayage dans le r\u00e9el. Cette m\u00e9thode est la bonne. C&rsquo;est celle qu&rsquo;il est grand temps qu&rsquo;adoptent les philosophes. Il n&rsquo;est l\u00e9gitime, dans le discours, d&rsquo;introduire l&rsquo;impensable que lorsqu&rsquo;il est n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e du pensable. L&rsquo;impensable, apr\u00e8s tout, et lorsqu&rsquo;on a fait le tour des philosophies, n&rsquo;est autre que mon ignorance, puisqu&rsquo;il est tout ce que j&rsquo;ignore et ne peux qu&rsquo;ignorer. Je veux bien d\u00e8s lors l&rsquo;appeler Dieu, mais son existence, l&rsquo;existence de mon impensable igno\u00adrance, je n&rsquo;ai plus \u00e0 la d\u00e9montrer : je la constate.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">**<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"en-US\">*<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">En cherchant \u00e0 constater la crise actuelle, nous avons vu que cette constatation n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie d&rsquo;une fa\u00e7on assez \u00e9vidente et g\u00e9n\u00e9rale pour deux principales raisons : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">a complexit\u00e9 de cette crise, et le fait que les esprits se livrent \u00e0 son sujet \u00e0 de fausses simplifications au moyen de mots qui n&rsquo;ont pas le contenu qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent avoir. Tandis que<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">les probl\u00e8mes des hommes en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce sont ceux de l&rsquo;existence : nourriture, logement, habillement, la recherche de leur solution est abandonn\u00e9e dans la poursuite d&rsquo;inexis\u00adtences telles que : comp\u00e9tence, s\u00e9curit\u00e9, libert\u00e9. Les \u00e9v\u00e9ne\u00adments qui se suivent quotidiennement ne sont ainsi que la r\u00e9sultante malheureuse, ind\u00e9termin\u00e9e et incontr\u00f4lable d&rsquo;ac\u00adtions d&rsquo;individus ou de groupes, dont le pouvoir n&rsquo;est pro\u00adportionnel \u00e0 rien, et dont les mobiles psychologiques n&rsquo;h\u00e9si\u00adtent pas \u00e0 leur faire tourner le dos aux buts qu&rsquo;ils procla\u00adment. Nous sommes lanc\u00e9s dans des catastrophes dans le but de les \u00e9viter. L&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 se trouve fabriqu\u00e9e par le mot s\u00e9curit\u00e9 que l&rsquo;on a substitu\u00e9 \u00e0 son sens primitif et concret : nourriture, logement, habillement. La nourriture, le loge\u00adment, l&rsquo;habillement se sont \u00e9loign\u00e9s hors de port\u00e9e de la vaste majorit\u00e9 des hommes, parce que le contenu concret r\u00e9el et quotidien de ces mots a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le contenu psychologique, irr\u00e9el et situ\u00e9 dans un avenir illusoire, de mots tels que s\u00e9curit\u00e9, nationalisme, capitalisme, commu\u00adnisme, Dieu, mat\u00e9rialisme, etc&#8230; Nous avons ensuite \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 analyser le contenu de quelques-uns de ces mots et nous l&rsquo;avons cherch\u00e9 \u00e0 titre d&rsquo;exemple, dans une des phi\u00adlosophies les plus c\u00e9l\u00e8bres, celle de Descartes. Notre analyse nous a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que, dans ce cas, certains mots sans contenu sont l&rsquo;expression d&rsquo;une pens\u00e9e fausse. Nous avons vu, tou\u00adjours en \u00e9tudiant Descartes, que la pens\u00e9e fausse a, pour base, un individu fabriqu\u00e9 \u00ab en de\u00e7a \u00bb du doute qu&rsquo;il <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">proj<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">ette sur lui-m\u00eame, \u00ab en de\u00e7a \u00bb de la r\u00e9flexion qu&rsquo;il a consenti \u00e0 exercer sur les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de sa pens\u00e9e. Il se dit \u00ab chose \u00bb (je suis une \u00ab chose \u00bb qui pense). L&rsquo;analyse de la mauvaise foi que comporte cet \u00e9tat n&rsquo;\u00e9tant plus \u00e0 faire apr\u00e8s<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Sartre ; nous ne l&rsquo;avons que signal\u00e9e en passant. Ajoutons-y toutefois ceci : selon Sartre [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>], <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>nous ne pouvons rien \u00eatre sans jouer \u00e0 l&rsquo;\u00eatre&#8230; Si je suis gar\u00e7on de caf\u00e9, ce ne peut \u00eatre que sur le mode de ne l&rsquo;\u00eatre pas. Et cela est vrai, si je pouvais \u00ab \u00eatre \u00bb gar\u00e7on de caf\u00e9, je me constituerais soudain comme un bloc contingent d&rsquo;identit\u00e9. Cela n&rsquo;est point : cet \u00eatre contin\u00adgent et en soi m&rsquo;\u00e9chappe toujours<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Or, nous avons vu, au cours de sa com\u00e9die philosophique, Descartes jouer \u00e0 n&rsquo;\u00eatre pas Descartes (.<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>.. je fermerai main\u00adtenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je d\u00e9tournerai tous mes sens, j&rsquo;efforcerai m\u00eame de ma pens\u00e9e toutes les images<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, etc&#8230;) C&rsquo;est le processus inverse de celui que d\u00e9crit Sartre.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Sartre ne peut pas \u00ab \u00eatre \u00bb gar\u00e7on de caf\u00e9, car ce bloc, cette \u00ab chose \u00bb, qui serait gar\u00e7on de caf\u00e9 comme l&rsquo;encrier est encrier et la table table, il sait qu&rsquo;il lui \u00e9chappe. I<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> lui \u00e9chappe \u00e0 la fois dans son pass\u00e9 et dans son avenir. Dans son pass\u00e9, parce qu&rsquo;\u00e0 tout instant il a la facult\u00e9 de poser son angoisse, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa libert\u00e9, en face et comme en-dehors de ce moi-objet, et que, par cons\u00e9quent, il ne sait pas, en cet instant-ci, \u00ab qui \u00bb agira, r\u00e9agira, pensera, si c&rsquo;est ce moi-objet tel qu&rsquo;il serait si Sartre \u00ab \u00e9tait \u00bb gar\u00e7on de caf\u00e9, ou quelque impr\u00e9vu, quelque nouveau possible surgissant sou\u00addain. Et voici que le doute sur le pass\u00e9 a ouvert la porte \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9termin\u00e9 \u00e0 venir. Par contre, que fait Descartes ? Dans des maximes qu&rsquo;il se donne, il constitue ce bloc, cette \u00ab chose \u00bb, avec pr\u00e9cision, avec soin, avec une grande d\u00e9lib\u00e9\u00adration de propos (<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>afin&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>que je ne laissasse pas de vivre le plus heureusement que je pourrais&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">). Descartes, pour com\u00admencer, fabrique Descartes. \u00ab Il est \u00bb Descartes \u00e0 la fa\u00e7on dont Sartre ne peut pas \u00ab \u00eatre gar\u00e7on de caf\u00e9 \u00bb (ou autre chose). Il est cela, il est cette chose. Et cette chose est fabri\u00adqu\u00e9e de fa\u00e7on \u00e0 vivre le plus confortablement possible, \u00e0 la suite d&rsquo;une de ces comparaisons de mauvaise foi qui lui tien\u00adnent lieu de raisonnement : ne se propose-t-il pas d&rsquo;\u00e9laborer une m\u00e9thode \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;une architecture, et l&rsquo;architecte ne doit-il pas \u00eatre bien install\u00e9 pour dessiner ? Le voici donc<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">install\u00e9 et install\u00e9 en son fauteuil. Il ferme les yeux, se bouche les oreilles, en d&rsquo;autres termes pr\u00e9tend faire le vide en lui. Le vide de quoi ? Il avait pris la peine de nous le dire : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>apr\u00e8s m&rsquo;\u00eatre assur\u00e9 de ces maximes, et les avoir mises \u00e0 part, avec les v\u00e9rit\u00e9s de la foi&#8230; etc&#8230; je jugeai que pour tout le reste de mes opinions, je pouvais librement entreprendre de m&rsquo;en d\u00e9faire<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">. Vide bien relatif, comme on voit.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce \u00ab tout le reste \u00bb est \u00e9videmment tout ce qui ne fera pas courir \u00e0 cet objet \u00ab Descartes \u00bb le risque d&rsquo;\u00e9prouver de<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l&rsquo;angoisse \u00e0 se constater conscience en-dehors de ce moi. En d&rsquo;autres termes, cette entit\u00e9, ayant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi les \u00e9l\u00e9ments les mieux faits pour se constituer confortablement, se persuade que ces \u00e9l\u00e9ments qu&rsquo;elle \u2013 conna\u00eet bien \u2013 n&rsquo;existent plus en son sein que d&rsquo;une fa\u00e7on inanalysable : ils sont soudain une chose, une seule chose, une chose qui<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">pr\u00e9tend avoir d&rsquo;elle-m\u00eame une vue imm\u00e9diate, directe,<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">indestructible, absolue. Le regard jet\u00e9 sur elle-m\u00eame par cette combinaison, elle l&rsquo;appelle \u00ab intuition\u00a0\u00bb. C&rsquo;est, on l&rsquo;a vu, une des deux mani\u00e8res de conna\u00eetre \u00ab vraiment s\u00fbres \u00bb, que nous poss\u00e9dons \u00ab en principe \u00bb, selon certains profes\u00adseurs ! De conna\u00eetre quoi ? Ils ne le disent pas. Cette \u00ab vue imm\u00e9diate \u00bb est dans le vrai sens de ce mot une illusion, puisqu&rsquo;elle fait prendre l&rsquo;apparence de bloc ind\u00e9composable, d&rsquo;\u00e9l\u00e9ment unique, \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui est fort complexe et consciemment fabriqu\u00e9e. Cette pseudo \u00ab chose qui pense \u00bb a donc d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e et assembl\u00e9e. Elle n&rsquo;a pens\u00e9 qu&rsquo;ensuite. Et cette deuxi\u00e8me pens\u00e9e ne peut \u00eatre que le reflet de la pens\u00e9e qui s&rsquo;est constitu\u00e9e \u00ab chose \u00bb. Voil\u00e0 qui est important et explique pourquoi, tournant en rond sur elle-m\u00eame, elle ne d\u00e9couvre rien, ne se transcende jamais, en fait ne pense pas. Ce reflet d&rsquo;une pens\u00e9e n&rsquo;est pas pen\u00ads\u00e9e, n&rsquo;est pas source, parce qu&rsquo;il ne peut se servir que des<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00e9l\u00e9ments qu&rsquo;il poss\u00e8de ou plut\u00f4t qui le poss\u00e8dent : ces \u00e9l\u00e9ments sont ceux qui, barricad\u00e9s contre le doute, en bloc, se sont soud\u00e9s les uns aux autres \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ces barri\u00adcades, dont ils ont pris la forme, comme un m\u00e9tal dans un moule de sculpteurs. En v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;homme est devenu sa pro\u00adpre statue, dans l&rsquo;image qu&rsquo;il a de lui-m\u00eame. Cette image, ne l&rsquo;oublions pas, ne se veut pas image et pr\u00e9tend ne l&rsquo;\u00eatre point ; son auto-contemplation rejette dans le n\u00e9ant tout ce par quoi elle se per\u00e7oit et ne retient d&rsquo;elle-m\u00eame que tout ce qu&rsquo;il lui faut pour se sentir se percevant, sans se voir.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L&rsquo;image se d\u00e9fait, se \u00ab n\u00e9antise \u00bb en tant qu&rsquo;image, pr\u00e9tend r\u00e9duire \u00e0 z\u00e9ro la distance qui la s\u00e9pare de la conscience d&rsquo;\u00ab \u00eatre \u00bb ; la r\u00e9duit \u00e0 z\u00e9ro gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration magique de l&rsquo;invisibilit\u00e9 ; s&rsquo;installe dans la conscience, la hante, la vam\u00adpirise et r\u00e9duit \u00e0 ce n\u00e9ant auquel elle pr\u00e9tend pour elle-m\u00eame, la facult\u00e9 de voir les choses telles qu&rsquo;elles sont.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Or il n&rsquo;est pas difficile de constater que la fausse pens\u00e9e philosophique est l&rsquo;arme quotidienne et constante de nos hommes d\u2019\u00c9tat, de nos chefs de partis, de nos \u00e9tats-majors. Si les hommes se r\u00e9unissaient dans le but de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de leurs besoins mat\u00e9riels, ils adopteraient \u00e0 cet effet la meilleure solution possible, compte tenu de leurs moyens techniques. Ces moyens \u00e9tant virtuellement illimi\u00adt\u00e9s, le probl\u00e8me, en fait, n&rsquo;existe plus. Mais, d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 il a cess\u00e9 d&rsquo;exister il est devenu insoluble au point que nous sommes accul\u00e9s \u00e0 la destruction consciente de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine par elle-m\u00eame. Et s&rsquo;il est constant que nos pseudo-dirigeants font profession d&rsquo;apporter \u00e0 la solution d&rsquo;un pro\u00adbl\u00e8me qui n&rsquo;existe pas, des solutions discordantes faites de mots sans contenu, c&rsquo;est que la crise est dans la pens\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Chacun prof\u00e8re des \u00ab v\u00e9rit\u00e9s absolues \u00bb, des \u00ab valeurs \u00e9ter\u00adnelles \u00bb, se rapportant \u00e0 l&rsquo;individu ou \u00e0 la collectivit\u00e9, \u00e0 la<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">personne ou \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Et cette pr\u00e9tention \u00e0 l&rsquo;universel, il ne nous est pas difficile de le constater, est avanc\u00e9e par des hommes conditionn\u00e9s mais dont le condi\u00adtionnement est d&rsquo;avance rev\u00eatu \u00e0 leurs yeux du capuchon magique de l&rsquo;invisibilit\u00e9, ou s&rsquo;en rev\u00eat au moyen de justi\u00adfications. Dans ce chaos de dix civilisations qui s&rsquo;entrecho\u00adquent aujourd&rsquo;hui, chacun pr\u00e9tend se donner en legs \u00e0 \u00ab la \u00bb Civilisation. Il y a, en les esprits, d&rsquo;abord croyance, foi, repr\u00e9sentation de l&rsquo;univers et de l&rsquo;homme, spiritualiste ou mat\u00e9rialiste, m\u00e9taphysique ou historique, et ensuite pens\u00e9e. Comme si celle-ci pouvait \u00eatre objective, comme si elle n&rsquo;\u00e9tait jamais qu&rsquo;une scolastique, faite pour concilier une foi et une raison. Il y a l\u00e0 une non-co\u00efncidence entre des individus pr\u00e9fabriqu\u00e9s par leurs civilisations particuli\u00e8res (\u00e0 la fa\u00e7on dont Descartes est fabriqu\u00e9 avant de fabriquer sa m\u00e9thode) et la notion qui n&rsquo;a que la valeur d&rsquo;un mythe, d&rsquo;une Civilisation humaine. Et il y a non-perception de cette non-co\u00efncidence. Non-perception voulue, mais qu&rsquo;il ne serait pas exact d&rsquo;attribuer \u00e0 la seule mauvaise foi.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">La difficult\u00e9 est dans le fait que cette Civilisation globale est la seule alternative \u00e0 la destruction, et que, de ces deux issues, la seule pensable est la destruction. L&rsquo;autre ne l&rsquo;est en aucune fa\u00e7on. Le seul mot civilisation est contradictoire, tel qu&rsquo;il r\u00e9sulte de sa propre d\u00e9finition. La destruction est pensable car elle ne va que dans un sens. Chacun sait ce qu&rsquo;est une ville d\u00e9truite, une famille d\u00e9truite, une vie bris\u00e9e, une privation, un \u00e9croulement. Mais si nous faisons de<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l&rsquo;id\u00e9e de Civilisation le contraire de la destruction, nous y introduisons tout autre chose, c&rsquo;est-\u00e0-dire non seulement<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">une construction, mais une \u00e9laboration, un devenir, des rela\u00adtions stables entre individus, au moyen d&rsquo;institutions et d&rsquo;ac\u00adcumulations de toute sorte (mat\u00e9rielles et intellectuelles).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Une civilisation, telle que nous la concevons, a la pr\u00e9tention<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">de transformer le sauvage, qui est conditionn\u00e9 sans le savoir, en un individu conditionn\u00e9, se sachant tel. Le civilis\u00e9, se comportant civilement et civiquement, est n\u00e9cessairement d\u00e9fini par ses rapports avec la civilisation dont il est, non seulement l&rsquo;expression, mais l&rsquo;\u00eatre. Car une civilisation n&rsquo;\u00ab est \u00bb pas, s&rsquo;il n&rsquo;y a personne pour l&rsquo;\u00eatre. C&rsquo;est \u00e9vident. Donc le civilis\u00e9 incarne la d\u00e9finition de sa civilisation, et<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"en-US\"> p<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">artant la sienne (nous venons de dire qu&rsquo;il est conditionn\u00e9 se sachant tel). Et si sa situation particuli\u00e8re lui permet de s&rsquo;installer dans sa condition, afin qu&rsquo;il \u00ab ne laisse pas de vivre le plus heureusement \u00bb qu&rsquo;il puisse le faire ; et de s&rsquo;en contenter, donc de vivre cette sorte de digestion sans la sentir (ce qui est le propre d&rsquo;une digestion facile), le voici, philosophant et tournant le dos \u00e0 sa propre d\u00e9finition qui est d&rsquo;\u00eatre conditionn\u00e9 de telle et telle fa\u00e7on, le sachant. En fait, il devient la voix d&rsquo;une civilisation devenue \u00ab chose \u00bb, en train de se justifier d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;elle est, et de poss\u00e9der une valeur absolue. Naturellement, le cours de l&rsquo;Histoire ne tient pas compte de cette pr\u00e9tention. Les guerres et les r\u00e9volu\u00adtions se chargent de prouver qu&rsquo;elle n&rsquo;est que ce qu&rsquo;elle est ; qu&rsquo;elle est devenue le contraire de ce qu&rsquo;elle est. \u00ab Elle \u00bb, ce sont les voix de ceux qui, malgr\u00e9 tout, \u00ab ne laissent pas d&rsquo;y vivre le plus heureusement qu&rsquo;ils peuvent \u00bb. Leur condi\u00adtionnement est devenu valeur morale et religieuse. La civi\u00adlisation ne construit plus, d\u00e9truit, et, enfin, projet\u00e9e hors de son but, n&rsquo;est plus que destruction, et mots sans contenu. Ces mots sont ceux qui, dans chaque civilisation, expriment le postulat fondamental de la libert\u00e9 en tant qu&rsquo;acceptation voulue d&rsquo;un conditionnement raisonn\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Tel est le processus des civilisations dont nous vivons la fin. Et ce moment a ceci de particuli\u00e8rement angoissant que s&rsquo;il est vrai que le sauvage est conditionn\u00e9 sans le savoir, nous sommes des sauvages dans le vrai sens de ce mot ; toutefois, s&rsquo;il est vrai qu&rsquo;une civilisation est un nouveau condi\u00adtionnement en vue d&rsquo;\u00e9tablir des relations stables entre indi\u00advidus, nous savons que ce but n&rsquo;est plus pensable de nos jours, car une civilisation universelle devrait exclure tout conditionnement des consciences en vue de l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un moyen, quel qu&rsquo;il soit, pour atteindre ce but. Ce moyen doit-il \u00eatre une coercition, une dictature en vue de redistri\u00adbuer la production et la consommation ? Ou un \u00e9vangile \u00e9trangement efficace d&rsquo;amour universel ? Ou une victoire d&rsquo;un syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un conditionnement particula\u00adriste qui, victorieux, se transformerait spontan\u00e9ment en valeur universelle ? On le voit : le probl\u00e8me, apparemment inexistant de la nourriture, du logement, de l&rsquo;habillement, n&rsquo;a pas de solution, parce que sa solution n&rsquo;est que dans le moyen adopt\u00e9, et que ce moyen, nous ne le trouvons pas.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">En somme, la crise est grave parce qu&rsquo;elle n&rsquo;existe pas. Si elle existait, elle aurait un rem\u00e8de. N&rsquo;y a-t-il, dans la constatation de cette crise qui n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;elle est, que la constatation d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9-humaine, qui serait <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>par nature conscience malheureuse, sans d\u00e9passement possible de l&rsquo;\u00e9tat de malheur ?<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Voil\u00e0 pos\u00e9e la question essentielle. Ainsi la constatation de la crise de nos civilisations nous a conduits aux mots ; ceux-ci \u00e0 la pens\u00e9e philosophique ; celle-ci \u00e0 poser le probl\u00e8me de la r\u00e9alit\u00e9 humaine, r\u00e9alit\u00e9 qui, de nos jours, ne se laisse entrevoir, selon Sartre (et peut \u00eatre sommes-nous l\u00e0 au seuil d&rsquo;une d\u00e9couverte) qu&rsquo;\u00e0 travers une conscience d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de percevoir le n\u00e9ant de son \u00eatre. Cette conscience d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de n&rsquo;\u00eatre pas, de n&rsquo;\u00eatre rien, s&rsquo;\u00e9tait-elle, jusqu&rsquo;ici, cach\u00e9 sa tragique r\u00e9alit\u00e9, en r\u00eavant les all\u00e9gories mythiques de ses nombreuses religions ? Et aujourd&rsquo;hui, devant l&rsquo;inefficacit\u00e9 de ces religions, est-elle contrainte, en renon\u00e7ant aux diverses repr\u00e9sentations de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers qui composaient les images qu&rsquo;elle se faisait d&rsquo;elle-m\u00eame, \u00e0 dispara\u00eetre \u00e0 ses propres yeux ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Th\u00e9oriquement, ainsi qu&rsquo;en fait, la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 humaine \u00bb est. Th\u00e9oriquement, mais non en fait, elle ne devrait donc pas \u00eatre l&rsquo;objet d&rsquo;un probl\u00e8me, mais d&rsquo;une simple consta\u00adtation. La \u00ab chercher \u00bb c&rsquo;est ne pas la trouver. La \u00ab trouver \u00bb c&rsquo;est savoir o\u00f9 la chercher. De ces simples aphorismes, l&rsquo;on n&rsquo;a jamais rien d\u00e9duit de coh\u00e9rent. En effet : l&rsquo;on a prouv\u00e9 que si je \u00ab sais \u00bb o\u00f9 chercher, c&rsquo;est que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9, et les mystiques ont \u00e0 leur tour affirm\u00e9 que si je \u00ab cherche \u00bb, ne sachant o\u00f9 trouver, c&rsquo;est que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00ab trouv\u00e9 \u00bb, \u00e9gale\u00adment. Ces logomachies, combats, disputes ou jeux de mots, qui ont aliment\u00e9 les philosophies \u00e0 travers les \u00e2ges et les continents, n&rsquo;ont fait que cacher le cercle vicieux suivant : l&rsquo;homme \u00ab se \u00bb pense, \u00ab se \u00bb penser c&rsquo;est ne pas savoir se constater ; ou encore : l&rsquo;homme cherche \u00e0 se penser, ce qui, \u00e9galement, est ne pas savoir se constater. Nous avons vu ( Descartes) un homme \u00ab se \u00bb penser, donc ne pas se consta\u00adter en d\u00e9pit du fait qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait \u00ab pos\u00e9 \u00bb. Il nous reste, avant d&rsquo;aller plus loin, \u00e0 examiner ce ph\u00e9nom\u00e8ne en approfondis\u00adsant et en \u00e9largissant le champ de notre observation, car un exemple, quelque valable qu&rsquo;il soit, ne peut donner lieu \u00e0 un argument suffisant en soi. Nous verrons ensuite \u00e0 quoi l&rsquo;on peut arriver si, renon\u00e7ant \u00e0 \u00ab se \u00bb penser, en d&rsquo;autres termes si, abandonnant les philosophies des \u00ab id\u00e9es \u00bb, l&rsquo;on peut \u00ab chercher \u00bb \u00e0 se penser en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne. Et, \u00e0 cet effet, nous examinerons l&rsquo;essai d&rsquo;\u00ab ontologie ph\u00e9no\u00adm\u00e9nologique \u00bb de Sartre, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa tentative de fonder une science de l&rsquo;\u00catre-en-soi, de la transcendance, en partant de l&rsquo;existence du ph\u00e9nom\u00e8ne. Nous verrons qu&rsquo;il a \u00e9chou\u00e9, et, \u00e0 notre sens, que l&rsquo;on ne saurait aller plus loin, ni mieux, ni de fa\u00e7on plus aigu\u00eb dans cette voie. Nous retiendrons donc son exp\u00e9rience comme valable pour l&rsquo;instant, et d&rsquo;au\u00adtant plus valable, que les d\u00e9couvertes qu&rsquo;il a faites en cours de route nous aideront \u00e0 sortir du cercle vicieux. Avec ces remarques nous terminerons la premi\u00e8re partie de cet ouvrage. Dans la deuxi\u00e8me partie nous offrirons un champ d&rsquo;observations et de constatations concernant la biologie du pour-soi. Nous abandonnerons l&rsquo;en-soi comme impensable, mais nous nous servirons de ce signe \u00e0 la fa\u00e7on dont les math\u00e9maticiens se servent du signe\u00a0<\/span><\/span><\/span><strong>&infin;<\/strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> pour d\u00e9signer l&rsquo;infini, \u00e0 condition de ne le plus retrouver dans la r\u00e9solution des \u00e9quations. Nous ne retiendrons donc, disons-nous que le pour-soi et le poursuivrons \u00e0 travers ses d\u00e9veloppements, depuis le min\u00e9ral jusqu&rsquo;aux hommes et aux femmes, en passant par le r\u00e8gne des insectes. Et, coexistant au pour-soi nous verrons l&rsquo;autre terme de la Connaissance n&rsquo;assumer d&rsquo;autre nom que le il-y-a, suffisant en soi, parce qu&rsquo;il contient tous les myst\u00e8res et le gouffre impensable au bord duquel la pens\u00e9e ne peut m\u00eame pas se pencher. Au nom de la raison nous lui ferons sa part, telle qu&rsquo;elle est, congrue, ce<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">qui veut dire exacte et non insuffisante. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/hommes-impensables-dans-un-monde-invivable-par-carlo-suares\/\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16502\">Chapitre Suivant<\/a><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">_________________________________________________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Descartes, sa vie, son \u0153uvre, sa philosophie<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, par Andr\u00e9 Cresson, ouvrage de la collection \u00ab Philosophes \u00bb, dirig\u00e9e par \u00c9mile Br\u00e9hier,<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">membre de l&rsquo;Institut, 1950.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">P. 68.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">P. 31.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">P. 33.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>M\u00e9thode<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, III, 6.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Cit\u00e9 par M. Cresson, p. 129.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">IIIe M\u00e9ditation, ouvr. cit\u00e9, p. 125.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">J.-P. Sartre : \u00ab <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>L\u2019\u00catre et le N\u00e9ant<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> \u00bb, p. 80.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Sartre, ouvrage cit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Collection \u00ab Philosophes \u00bb, cit\u00e9e plus haut.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ouvrage cit\u00e9, p. 23.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ouvrage cit\u00e9, p. 34.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ouvrage cit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ouvrage cit\u00e9, p. 134.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Or il n&rsquo;est pas difficile de constater que la fausse pens\u00e9e philosophique est l&rsquo;arme quotidienne et constante de nos hommes d\u2019\u00c9tat, de nos chefs de partis, de nos \u00e9tats-majors. Si les hommes se r\u00e9unissaient dans le but de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de leurs besoins mat\u00e9riels, ils adopteraient \u00e0 cet effet la meilleure solution possible, compte tenu de leurs moyens techniques. Ces moyens \u00e9tant virtuellement illimi\u00adt\u00e9s, le probl\u00e8me, en fait, n&rsquo;existe plus. Mais, d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 il a cess\u00e9 d&rsquo;exister il est devenu insoluble au point que nous sommes accul\u00e9s \u00e0 la destruction consciente de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine par elle-m\u00eame. Et s&rsquo;il est constant que nos pseudo-dirigeants font profession d&rsquo;apporter \u00e0 la solution d&rsquo;un pro\u00adbl\u00e8me qui n&rsquo;existe pas, des solutions discordantes faites de mots sans contenu, c&rsquo;est que la crise est dans la pens\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13461,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[818,240,290],"class_list":["post-16480","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-c-suares","tag-descartes","tag-processus-du-moi","tag-sartre"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La solennelle duperie des mots sans contenu par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-solennelle-duperie-des-mots-sans-contenu-par-carlo-suares\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La solennelle duperie des mots sans contenu par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Or il n&#039;est pas difficile de constater que la fausse pens\u00e9e philosophique est l&#039;arme quotidienne et constante de nos hommes d\u2019\u00c9tat, de nos chefs de partis, de nos \u00e9tats-majors. 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