{"id":16961,"date":"2015-07-20T15:10:42","date_gmt":"2015-07-20T14:10:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16961"},"modified":"2015-07-20T15:10:42","modified_gmt":"2015-07-20T14:10:42","slug":"reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\">(Extrait de <strong>Critique de la raison impure<\/strong> par Carlo Suar\u00e8s. \u00c9dition Stock 1955)<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16959\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16966\">Chapitre Suivant<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans mon pr\u00e9ambule, j&rsquo;ai essay\u00e9 de montrer que poser le probl\u00e8me de la Connaissance c&rsquo;est le postuler insoluble\u00a0; que toute pens\u00e9e est un arr\u00eat sur quelque chose, donc une cristallisation du pass\u00e9, en opposition, en conflit, avec le mouvant il y a\u00a0; qu&rsquo;il y a lieu, par cons\u00e9quent, de poser le probl\u00e8me de l&rsquo;ignorance, qui est une accumulation du pass\u00e9 en couches stratifi\u00e9es, et non le probl\u00e8me de la Connais\u00adsance\u00a0; j&rsquo;ai indiqu\u00e9 que, jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, la pens\u00e9e a construit, dans les eaux calmes du Temps, des \u00e9difices de<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">toute sorte que l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration du Temps \u2013 qui se produit en ce moment dans l&rsquo;humanit\u00e9 \u2013 emporte inexorablement\u00a0; que nous sommes \u00e0 un point de rupture, \u00e0 l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;une nouvelle Esp\u00e8ce et qu&rsquo;\u00e0 cet effet, la pens\u00e9e doit tourner le dos au processus qui l&rsquo;a conduite jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours\u00a0; j&rsquo;ai parl\u00e9 d&rsquo;une mutation brusque qui doit s&rsquo;op\u00e9rer dans le domaine du pensable, face \u00e0 l&rsquo;impensable il y a\u00a0; j&rsquo;ai relev\u00e9 l&rsquo;absurdit\u00e9 rationnelle, explicative, des religions\u00a0; et je me suis appliqu\u00e9 \u00e0 faire sentir le myst\u00e8re total, totalement imp\u00e9n\u00e9trable, du il y a, f\u00fbt-il \u00ab il y a un grain de sable \u00bb. J&rsquo;ai ensuite consid\u00e9r\u00e9 un certain nombre d&rsquo;objets, de \u00ab choses \u00bb, en commen\u00e7ant par un morceau de fer et un galet\u00a0; j&rsquo;ai appel\u00e9 \u00ab pour-soi \u00bb les \u00e9quilibres provisoires de tout ce qu&rsquo;il y a, qui \u00e0 la fois constituent tout ce qu&rsquo;il y a, et s&rsquo;opposent, chacun \u00e0 sa fa\u00e7on, au il y a. Cet \u00e9tat \u2013 int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur \u2013 de contradiction, o\u00f9 se trouve toute chose\u00a0; est le fondement \u00e0 la fois de ce que des philosophes ont appel\u00e9 l&rsquo;\u00eatre des choses et leur n\u00e9ant. J&rsquo;ai montr\u00e9 que seul est durable un \u00e9quilibre homog\u00e8ne et qu&rsquo;un \u00e9quilibre homog\u00e8ne est au con\u00adtraire si peu durable qu&rsquo;il ne peut exister. Ces deux consta\u00adtations contradictoires sont vraies. Et nous sommes entr\u00e9s ainsi de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">plain-pied<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> dans l&rsquo;irrationnel. De ce point de d\u00e9part, il nous sera possible de voir comment les \u00ab choses \u00bb, passant de l&rsquo;homog\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, de l&rsquo;inorganique \u00e0 l&rsquo;organique, de l&rsquo;inanim\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eatre vivant, acqui\u00e8rent, au fur et \u00e0 mesure, la facult\u00e9 de r\u00e9sister aux changements du milieu qui ne manquent jamais de se produire, c&rsquo;est-\u00e0-dire la facult\u00e9 de ne pas r\u00e9sister aux changements de milieu, gr\u00e2ce \u00e0 des adaptations successives, faites de ruptures d&rsquo;adaptations, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;adaptabilit\u00e9. Le pour-soi ne se maintient que par la destruction constante et ininterrompue du pour-soi. Passant ensuite de l&rsquo;examen des corps \u00e0 l&rsquo;examen de l&rsquo;intel\u00adlect, nous avons ais\u00e9ment compris que l&rsquo;intellect est un pour-soi \u2013 fait d&rsquo;id\u00e9es, de concepts, de raisonnements \u2013 irr\u00e9m\u00e9diablement inadaptable et dont la pr\u00e9tention est d&rsquo;adapter le milieu au pour-soi et non le pour-soi au milieu. Cette entreprise a connu un succ\u00e8s consid\u00e9rable, puisqu&rsquo;elle a cr\u00e9\u00e9 pour l&rsquo;homme son univers d&rsquo;inventions et de techni\u00adques. Elle a construit et fabriqu\u00e9 pendant des si\u00e8cles un monde qui s&rsquo;adaptait, au lieu de former et de cultiver des hommes qui s&rsquo;adaptaient. L&rsquo;intellect faisant \u00ab masse \u00bb s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 tout changement qui e\u00fbt boulevers\u00e9 la conception que les hommes se faisaient d&rsquo;eux-m\u00eames. Ces consid\u00e9ra\u00adtions m&rsquo;ont conduit \u00e0 rechercher une all\u00e9gorie ayant pour protagonistes principaux la masse et le rayonnement.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Revenant, maintenant sur les nombreux th\u00e8mes de ces r\u00e9flexions, je repartirai en adoptant la premi\u00e8re m\u00e9thode que j&rsquo;avais indiqu\u00e9e, qui consiste \u00e0 passer du complexe au simple, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 examiner l&rsquo;homme \u2013 \u00e0 m&rsquo;examiner moi-m\u00eame \u2013 afin de voir s&rsquo;il est possible de retrouver, dans l&rsquo;extraordinaire enchev\u00eatrement de perceptions, d&rsquo;\u00e9motions, de sentiments, d&rsquo;id\u00e9es, d&rsquo;opinions, de r\u00e9flexions et de folie que nous sommes, la m\u00eame contradiction, dans sa nudit\u00e9, que nous voyons si simplement entre tout objet et le il y a.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 cet effet, la question pr\u00e9alable, qui se posera \u00e0 cha\u00adque instant ne sera pas abstraite, mais un \u00ab que suis-je \u00bb informul\u00e9. Et afin de la projeter directement en une p\u00e2te humaine, quelques pages d&rsquo;Andr\u00e9 Gide sur Dosto\u00efevsky, me semblent ici particuli\u00e8rement utiles. Je commencerai par citer une incidence, destin\u00e9e \u00e0 dissiper tout de suite le d\u00e9testable malentendu qui s&rsquo;est accroch\u00e9, par les m\u00e9faits de certains litt\u00e9rateurs (politiciens, officiers g\u00e9n\u00e9raux et philosophes) \u00e0 ces deux mots : connais-toi. Voici ce pas\u00adsage [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">J&rsquo;ai lu tout r\u00e9cemment, dans un<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">e<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> interview de M. Henry Bordeaux une phrase qui m&rsquo;a un peu \u00e9tonn\u00e9 : \u00ab Il faut d&rsquo;abord chercher \u00e0 se conna\u00eetre \u00bb, disait-il. L&rsquo;interviewer aura mal<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">compris. \u2013 Certes un litt\u00e9rateur qui se cherche court un grand risque\u00a0; il court le risque de se trouver. Il n&rsquo;\u00e9crit plus d\u00e8s lors que des \u0153uvres froides, conformes \u00e0 lui-m\u00eame, r\u00e9solues. Il s&rsquo;imite lui-m\u00eame. S&rsquo;il conna\u00eet ses lignes, ses limites, c&rsquo;est pour ne plus les d\u00e9passer. Il n&rsquo;a plus peur d&rsquo;\u00eatre insinc\u00e8re\u00a0; il a peur d&rsquo;\u00eatre incons\u00e9quent. Le v\u00e9ritable artiste reste toujours \u00e0 demi inconscient de lui-m\u00eame, lorsqu&rsquo;il produit. Il ne sait pas au juste qui il est. Il n&rsquo;arrive \u00e0 se conna\u00eetre qu&rsquo;\u00e0 travers son \u0153uvre, qu&rsquo;apr\u00e8s son \u0153uvre&#8230; Dosto\u00efevsky ne s&rsquo;est jamais cherch\u00e9\u00a0; il s&rsquo;est \u00e9perdument donn\u00e9 dans son \u0153uvre. Il s&rsquo;est perdu dans chacun des personnages de ses livres\u00a0; et c&rsquo;est pour\u00adquoi dans chacun d&rsquo;eux, on le retrouve. Nous verrons tout \u00e0 l&rsquo;heure son excessive maladresse, d\u00e8s qu&rsquo;il parle en son propre nom\u00a0; son \u00e9loquence tout au contraire, lorsque ses propres id\u00e9es sont exprim\u00e9es par ceux qu&rsquo;il anime. C&rsquo;est en leur pr\u00eatant vie qu&rsquo;il se trouve. Il vit en chacun d&rsquo;eux, et cet abandon de soi dans leur diversit\u00e9 a pour premier effet de prot\u00e9ger ses propres incons\u00e9quences.<\/span><\/span><\/i><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je ne connais pas d&rsquo;\u00e9crivains plus riche en contradictions et en incons\u00e9quences que Dosto\u00efevsky\u00a0; Nietzsche disait : \u00ab en antagonismes \u00bb. S&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 philosophe au lieu de romancier, il aurait certainement essay\u00e9 de mettre ses id\u00e9es au pas et nous y aurions perdu le meilleur.<\/span><\/span><\/i><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Voici maintenant l&rsquo;essentiel (P. 72) : <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Il n&rsquo;y a pas de ques\u00adtion si haute que le roman de Dosto\u00efevsky ne l&rsquo;aborde. Mais, imm\u00e9diatement apr\u00e8s avoir dit ceci, il me faudra ajouter : il ne l&rsquo;aborde jamais d&rsquo;une mani\u00e8re abstraite, les id\u00e9es n&rsquo;exis\u00adtent jamais chez lui qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;individu et c&rsquo;est l\u00e0 ce qui fait leur perp\u00e9tuelle relativit\u00e9\u00a0; c&rsquo;est l\u00e0 ce qui fait \u00e9gale\u00adment leur puissance. Tel ne parviendra \u00e0 cette id\u00e9e sur Dieu, la providence et la vie \u00e9ternelle que parce qu&rsquo;il sait qu&rsquo;il doit mourir dans peu de jours ou d&rsquo;heures (c&rsquo;est Hippolyte de \u00ab\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;Idiot<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> \u00bb) tel autre dans \u00ab <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les Poss\u00e9d\u00e9s<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> \u00bb \u00e9difie toute une m\u00e9taphysique o<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00f9<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> d\u00e9j\u00e0 Nietzsche est en germe, en fonction de son suicide, et parce qu&rsquo;il doit se tuer, dans un quart d&rsquo;heure et l&rsquo;on ne sait plus en l&rsquo;entendant parler, s&rsquo;il pense ceci parce qu&rsquo;il doit se tuer, ou s&rsquo;il doit se tuer parce qu&rsquo;il pense ceci. Tel autre enfin, le prince Muichkine, ses plus extraor\u00addinaires, ses plus divines intuitions, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;approche de la crise d&rsquo;\u00e9pilepsie qu&rsquo;il les doit\u2026<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Citons enfin (P. 217) : <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L&rsquo;enfer, d&rsquo;apr\u00e8s Dosto\u00efevsky, c&rsquo;est&#8230; la r\u00e9gion sup\u00e9rieure, la r\u00e9gion intellectuelle. <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>\u00c0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> travers tous ses livres, pour peu que nous les lisions d&rsquo;un regard averti, nous constatons une d\u00e9pr\u00e9ciation non point syst\u00e9matique, mais presque involontaire de l&rsquo;intelligence\u00a0; une d\u00e9pr\u00e9ciation \u00e9van\u00adg\u00e9lique de l&rsquo;intelligence.<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dosto\u00efevsky n&rsquo;\u00e9tablit jamais, mais laisse entendre, que ce qui s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;amour ce n&rsquo;est pas tant la haine que la rumination du cerveau. L&rsquo;intelligence, pour lui, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9\u00adment ce qui s&rsquo;individualise, ce qui s&rsquo;oppose au royaume de Dieu, \u00e0 la vie \u00e9ternelle, \u00e0 cette b\u00e9atitude en dehors du temps, qui ne s&rsquo;obtient que par le renoncement de l&rsquo;individu, pour plonger dans le sentiment d&rsquo;une solidarit\u00e9 indistincte.<\/span><\/span><\/i><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ces quelques paragraphes sont si charg\u00e9s de substance que je suis quelque peu effray\u00e9 du sentiment qui me pousse \u00e0 les commenter. \u00ab C&rsquo;est une des erreurs les plus fr\u00e9quentes \u2013 dit quelque part Charles P\u00e9guy (dans <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L&rsquo;Argent ou l&rsquo;Argent<\/i><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>(suite)<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> \u2013 je cite de m\u00e9moire) c&rsquo;est une des erreurs les plus fr\u00e9quentes que de confondre l&rsquo;homme, l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme avec ces malheureux personnages que nous jouons\u00a0\u00bb. Cela est bien vrai, mais P\u00e9guy pose mal son \u00e9quation, car l&rsquo;homme, l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme, qu&rsquo;est-il, o\u00f9 est-il, que fait-il, comment se per\u00e7oit-il, et (peut-on m\u00eame se demander) est-il perceptible\u00a0? Est-il en aucune fa\u00e7on \u00ab quelque chose \u00bb qui se puisse sentir, penser, et encore moins dire\u00a0? L&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme, est-ce un \u00e9l\u00e9ment, une sorte de parcelle ind\u00e9com\u00adposable, un v\u00e9ritable nous-m\u00eames qui, par intuition, divina\u00adtion ou gr\u00e2ce providentielle, aurait la facult\u00e9 de s&rsquo;abstraire, de se d\u00e9gager tout nu, lav\u00e9 et propre, sans rien retenir pour soi du personnage\u00a0? Charles P\u00e9guy le croit, cependant que vu de l&rsquo;ext\u00e9rieur, son \u00ab \u00eatre \u00bb, qui se veut \u00e2me ou esprit, n&rsquo;est autre que son propre personnage, catholique, fran\u00e7ais, pay\u00adsan, assoiff\u00e9 de justice, militariste, v\u00e9h\u00e9ment, adorable, m\u00ealant sans discernement les id\u00e9es les plus fausses aux per\u00adceptions les plus aigu\u00ebs, s&rsquo;observant en tant que super-per\u00adsonnage rationnel mais absurde, intarissable dans ses explications, enfonc\u00e9 jusqu&rsquo;aux yeux, jusqu&rsquo;au regard, dans son illogique raison.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il n&rsquo;y a rien de cela chez Dosto\u00efevsky, et, chez Gide, \u00e0 la fois moins et mieux : l&rsquo;intelligence de ne vouloir \u00eatre rien de cela. (D&rsquo;o\u00f9 le prix des meilleures parties de son \u0153uvre, des parties les moins bien venues de son \u0153uvre, o\u00f9 n&rsquo;a pas jou\u00e9 la complaisance de l&rsquo;\u00e9crivain pour un travail bien fait). Mais \u00e9largissons la question et voyons s&rsquo;il est possible de l&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 notre usage. L&rsquo;homme ordinaire n&rsquo;a pas la facult\u00e9 de se recr\u00e9er en cr\u00e9ant, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un Dosto\u00efevsky. Il se sent petit, sa vitalit\u00e9 rencontre partout ses limites, son potentiel ne va pas jusqu&rsquo;\u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;inven\u00adter un prince Muichkine, un Stavroguine, des Karamazof, cent personnages tout juste capables de le contenir quelques instants. Cette apparente faiblesse (cette simple faiblesse d&rsquo;expression) n&rsquo;est, en v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;un pr\u00e9texte. Nos personna\u00adges int\u00e9rieurs, pour petits qu&rsquo;ils soient, sont toujours perceptibles. Et si les circonstances qui les font surgir sont minimes, nous n&rsquo;avons qu&rsquo;\u00e0 les examiner d&rsquo;assez pr\u00e8s, pour les agrandir jusqu&rsquo;\u00e0 les vivre en tant qu&rsquo;\u00e9v\u00e9nements. N&rsquo;ayant pas prise sur elles (par faiblesse, parce que nous n&rsquo;osons pas, parce que nous n&rsquo;allons jusqu&rsquo;au bout de rien : ni de nos passions ni de nos folies, ni de nos sottises, ni de notre saintet\u00e9), n&rsquo;ayant pas de prise, dis-je, parce que nous l\u00e2chons prise lorsque les circonstances tendent \u00e0 nous \u00e9tirer <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">au-del\u00e0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> de nous-m\u00eames, du moins ce qui nous reste c&rsquo;est la facult\u00e9 de nous regarder au microscope et de nous r\u00e9duire, de nous ralentir \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du microscope, de vivre \u00e0 cette \u00e9chelle. Un rien d\u00e8s lors, peut devenir r\u00e9v\u00e9lation. Ainsi, (et ce n&rsquo;est pas un artifice) en amplifiant la perception que nous avons de nous-m\u00eames, un petit mouvement de l&rsquo;\u00e2me peut nous appara\u00eetre comme un tourbillon, une agitation devient \u2013 sous notre microscope \u2013 temp\u00eate, et les cent personnages que nous sommes \u00e0 la fois et tour \u00e0 tour, non pas seulement successivement, mais simultan\u00e9ment, s&rsquo;entrechoquent, se combattent, s&rsquo;entred\u00e9chirent, p\u00eale-m\u00eale, effarants. Si nous nous voyons ainsi \u2013 et c&rsquo;est ainsi que nous sommes \u2013 o\u00f9 est l&rsquo;\u00eatre\u00a0? L&rsquo;homme, o\u00f9 est-il\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En particulier, la vie et la mort, l&rsquo;amour et le meurtre, sont si intimes et participent tellement de la m\u00eame essence, que, au passage d&rsquo;un camion ou d&rsquo;un train, sur un viaduc ou un pont, qui de nous ne s&rsquo;est dit \u00ab qu&rsquo;il pourrait \u00bb se suicider\u00a0? En me promenant sur une rive avec un ami, il m&rsquo;est arriv\u00e9 bien souvent de me dire que je \u00ab pourrais \u00bb, d&rsquo;un coup d&rsquo;\u00e9paule, l&rsquo;envoyer se noyer. Je ne crois pas qu&rsquo;il me soit jamais arriv\u00e9 de penser que je \u00ab pourrais \u00bb assassiner les personnes les plus malveillantes \u00e0 mon \u00e9gard, mais je l&rsquo;ai pens\u00e9 pour les \u00eatres que j&rsquo;aimais le plus au monde, sans lesquels la vie m&rsquo;e\u00fbt sembl\u00e9 odieuse. M&rsquo;attendrissant sur un enfant au berceau, j&rsquo;ai souvent pens\u00e9 que je \u00ab pourrais \u00bb le prendre par les deux pieds et le projeter hors de la fen\u00eatre. Ces monstres mort-n\u00e9s, je suis bien oblig\u00e9 de constater que je les ai con\u00e7us. Ajoutez-y du g\u00e9nie, de l&rsquo;\u00e9pilepsie, et tout autre ingr\u00e9dient qu&rsquo;il vous plaira (mais qui ne changera rien \u00e0 la qualit\u00e9 monstrueusement humaine de&#8230; faut-il dire de nos \u00ab \u00eatres \u00bb\u00a0?) et vous avez notre pr\u00e9cieux microscope, et vous avez Dosto\u00efevsky. Gide (et qui, mieux que lui con\u00adnaissait, palpait, auscultait cette faune int\u00e9rieure\u00a0?), au con\u00adtact de Dosto\u00efevsky, s&rsquo;est vu. Et l&rsquo;on comprend son ironie, son accrochage au d\u00e9part, son irritation de s&rsquo;entendre dire pompeusement : \u00ab il faut d&rsquo;abord chercher \u00e0 se conna\u00eetre \u00bb. Ces mots sont un ab\u00eeme de sottise. La connaissance de soi, je veux dire la perception aigu\u00eb de ce qu&rsquo;il y a, de ce qu&rsquo;il y a \u00e0 la fois et successivement et contradictoirement, en un homme, ou plut\u00f4t en la vie d&rsquo;un homme telle qu&rsquo;elle est dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et par l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement n&rsquo;a aucun rapport avec \u00ab il faut d&rsquo;abord chercher \u00e0 se conna\u00eetre \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je ne sais plus si mon commentaire s&rsquo;applique mainte\u00adnant \u00e0 Dosto\u00efevsky ou \u00e0 Gide. Au demeurant, Gide, commen\u00adtant Dosto\u00efevsky, ne se fait pas faute de dire qu&rsquo;il a trouv\u00e9 l\u00e0 une bonne occasion d&rsquo;exposer sa fa\u00e7on de penser. Ou plut\u00f4t sa fa\u00e7on de voir. Car il n&rsquo;y a pas de pens\u00e9e dans ce livre. Pas plus qu&rsquo;il n&rsquo;y a de pens\u00e9e chez Dosto\u00efevsky. Je veux dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de corps de pens\u00e9e. Il n&rsquo;y a pas de \u00ab rumination du cerveau \u00bb \u00e9rig\u00e9e en \u00e9difice permanent. On ne sait plus \u2013 dit en substance Gide \u2013 si la pens\u00e9e, toute fugitive, toute relative, d&rsquo;un homme-\u00e9v\u00e9nement, \u00e0 tel moment, en tel lieu engendre le ph\u00e9nom\u00e8ne ou est engen\u00addr\u00e9e par lui. On ne sait plus o\u00f9 est le penseur, car il n&rsquo;est l\u00e0, temporairement, qu&rsquo;en tant que pens\u00e9e. Et celle-ci, \u00e0 la fa\u00e7on des nuages, se fait et se d\u00e9fait au gr\u00e9 d&rsquo;on ne sait quelle combinaison de vents contrastants. En v\u00e9rit\u00e9, la pen\u00ads\u00e9e n&rsquo;est qu&rsquo;un sympt\u00f4me qui permet \u00e0 l&rsquo;intellect de se pr\u00eater \u00e0 la vision, de la sortir de l&rsquo;indistinct, de l&rsquo;ind\u00e9ter\u00admin\u00e9, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;images successives, \u00e9videmment fig\u00e9es chacune d&rsquo;elle, mais dont la projection cin\u00e9matographique donne l&rsquo;illusion du mouvement, et permet de diagnostiquer les vents. C&rsquo;est bien l\u00e0 une fa\u00e7on de \u00ab voir \u00bb, et une fa\u00e7on de projeter, non pas une vision, mais un \u00e9tat de vision. De sorte que la question pr\u00e9alable \u00ab qui suis-je \u00bb, se posant sans cesse et se renouvelant sans arr\u00eat en un continu de sensa\u00adtions, de perceptions, d&rsquo;\u00e9motions, trouve dans ce discontinu qu&rsquo;est l&rsquo;intellect, \u00e0 tout instant, les raisons qui lui sont n\u00e9cessaires pour ne pas se donner de r\u00e9ponse, pour se pr\u00eater \u00e0 son propre mouvement, propre et combien vital. Le \u00ab que suis-je \u00bb, n&rsquo;est valable, n&rsquo;est vrai, n&rsquo;est cr\u00e9ateur, que s&rsquo;il demeure interrogation et vision, que si, matraquant le per\u00adsonnage, il l&rsquo;assomme, le paralyse, le rend muet, le supprime en un mot \u00e0 lui-m\u00eame. Mais c&rsquo;est \u00e0 ce seuil que je ne suis plus d&rsquo;accord avec Gide ni avec Dosto\u00efevsky. Nous leur devons beaucoup, nous ne leur devons pas tout. Cette \u00ab d\u00e9pr\u00e9ciation \u00e9vang\u00e9lique de l&rsquo;intelligence \u00bb, ce \u00ab renoncement de l&rsquo;individu \u00bb, ce \u00ab sentiment de solidarit\u00e9 indis\u00adtincte \u00bb, par quoi j&rsquo;ai termin\u00e9 tout \u00e0 l&rsquo;heure mes citations, n&rsquo;ont rien pour me satisfaire. Je ne vois pas qu&rsquo;en d\u00e9pr\u00e9ciant ma qualit\u00e9 la plus pr\u00e9cieuse \u2013 tout de m\u00eame \u2013 l&rsquo;intelligence, je puisse apprendre \u00e0 m&rsquo;en servir de fa\u00e7on ad\u00e9quate\u00a0; ni que le renoncement de l&rsquo;individu se puisse op\u00e9rer sans l&rsquo;individu lui-m\u00eame, s&rsquo;affermissant au contraire sous le d\u00e9guisement d&rsquo;un sur-individu, ni qu&rsquo;un sentiment de soli\u00addarit\u00e9 indistincte ait une valeur quelconque, une quelconque vertu. Il est certain que Gide n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par l&rsquo;ab\u00ea\u00adtissement, le renoncement, la d\u00e9pr\u00e9ciation des facult\u00e9s, le refuge dans des sentiments indistincts, ces mutilations fus\u00adsent-elles \u00ab \u00e9vang\u00e9liques \u00bb. Ce qui le fascinait c&rsquo;est l&rsquo;irra\u00adtionnel \u00e9vang\u00e9lique, le jeu myst\u00e9rieux de qui-perd-gagne qu&rsquo;offrent les paraboles et que r\u00e9sume cette mort du grain, qui l&rsquo;a tant hant\u00e9. Mais s&rsquo;il ne pouvait manquer de compren\u00addre que les gens rationnels sont les plus incons\u00e9quents et que les plus coh\u00e9rents, les plus consistants, sont les plus absurdes et les plus vides, sa logique ne s&rsquo;est jamais voulu pr\u00eater aux culbutes qu&rsquo;exige l&rsquo;irrationnel. Cette faiblesse \u2013 qui fut aussi un facteur de sa grandeur \u2013 projetait son esprit, au seuil de l&rsquo;impensable, dans des m\u00e9taphores de Diable et de Dieu, dont il ne cherchait pas toujours \u00e0 se persuader qu&rsquo;elles avaient un sens. Il envie Dosto\u00efevsky d&rsquo;avoir appris, du Christ, que \u00ab qui veut sauver sa vie la perdra \u00bb\u00a0; que \u00ab qui donnera sa vie pour l&rsquo;amour de moi la rendra vraiment vivante \u00bb\u00a0; mais demeure convaincu que la v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas l\u00e0, puisque d\u00e8s le premier pas qu&rsquo;on lui demande de faire dans la direction de la foi, son horizon s&rsquo;obscurcit, il bute, s&rsquo;arr\u00eate, et, courageusement, repart vers sa propre lumi\u00e8re. Aussit\u00f4t cependant, sa raison, se heurtant \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence vivante de l&rsquo;irrationnel, se retrouve, malgr\u00e9 ses efforts, projet\u00e9e dans le mythe. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il en co\u00fbte de confondre l&rsquo;irraison et l&rsquo;irrationnel. Car s&rsquo;il est vrai que l&rsquo;irrationnel \u00e9chappe \u00e0 la raison, il ne s&rsquo;oppose pas \u00e0 elle. Il l&rsquo;int\u00e8gre loin de la nier. De m\u00eame que l&rsquo;adaptabilit\u00e9 ne peut se passer de l&rsquo;adaptation (car si je ne suis pas adapt\u00e9 aux conditions de cette minute-ci, comment pourrais-je absorber la minute qui vient\u00a0?) ni peut se passer de la d\u00e9truire (car si je m&rsquo;incruste dans l&rsquo;adaptation aux condi\u00adtions de cette minute-ci, comment aborderais-je la minute qui vient\u00a0?) et ainsi de suite, et ainsi de suite, de culbute en culbute, de vie \u00e0 perte de vie, \u00e0 vie encore\u00a0; ainsi les person\u00adnages qui nous hantent, fugitifs ou tenaces, mort-n\u00e9s ou vampires, comment, par quelle aberration, par quelle \u00ab rumi\u00adnation \u00bb, nous persuadons-nous qu&rsquo;ils puissent, imperturb\u00e9s, installer en nous des constantes\u00a0? L&rsquo;ambitieux, l&rsquo;envieux, le jouisseur, l&rsquo;inquiet, le sage, le fou qui, aujourd&rsquo;hui, usurpent la notion du moi, comment, pourquoi nous persuadent-ils que ce sont eux-m\u00eames qui hier, nous poss\u00e9daient ? Qui reconna\u00eet qui, dans ces rencontres ? Dans cette discontinuit\u00e9, de quoi est faite la continuit\u00e9 ? Dans cette cacophonie, sur\u00adgissant par bribes, sans entretenir de rapports entre elles (ce soir je suis un p\u00e8re de famille sentimental, ce matin j\u2019ai ruin\u00e9 un d\u00e9biteur, etc&#8230;, etc&#8230;) o\u00f9 est la constante ? O\u00f9 est le continu\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>CONSTANTES ET VARIABLES.<br \/>\nR\u00c9SURRECTIONS ET MORTS<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les constantes d&rsquo;un individu, qui composent ce que l&rsquo;on appelle son caract\u00e8re, nous savons bien qu&rsquo;elles existent. Nous le savons depuis le Roman de Renard. Renard, person\u00adnage fatalement, magnifiquement constant \u00e0 lui-m\u00eame, entour\u00e9 de \u00ab types \u00bb de caract\u00e8res, si apparents gr\u00e2ce \u00e0 leur transposition (Ysengrin, Noble, Grimbert, Couard et tutti quanti) semble avoir donn\u00e9 \u00e0 notre litt\u00e9rature et \u00e0 nos esprits un go\u00fbt immod\u00e9r\u00e9 des d\u00e9finitions simples, des repr\u00e9\u00adsentations \u00e9videntes. Nous aimons savoir qu&rsquo;un-tel est un avare, que tel autre est un misanthrope\u00a0; nous nous f\u00e9licitons de notre clart\u00e9, lorsque nous avons substitu\u00e9 \u00e0 un \u00eatre vivant, une imagerie, un guignol. Un des plus habiles arti\u00adsans de cette simplification, Moli\u00e8re, ce g\u00e9nie du m\u00e9diocre, flatte jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours son public, en ne lui laissant rien dans l&rsquo;ombre, aucune marge, aucune profondeur, de sorte que ce public se f\u00e9licite d&rsquo;avoir tout compris (et Moli\u00e8re vivait du temps de Corneille\u00a0!). Mais Renard \u00e9tait trop rus\u00e9 pour ces moli\u00e9resques chasseurs de caract\u00e8res\u00a0; il les a lanc\u00e9s sur une fausse piste. Son secret est l&rsquo;amour. Il est perp\u00e9\u00adtuellement amoureux, et parce qu&rsquo;il aime on l&rsquo;aime. On l&rsquo;aime irrationnellement. Toujours \u00e0 la fois en \u00e9tat de gr\u00e2ce et de p\u00each\u00e9 mortel, ador\u00e9 du roi (ch\u00e9ri de la reine) dans ses actes les plus effarants de l\u00e8se-majest\u00e9, Renard \u00e9chappe<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">malgr\u00e9 ses constantes de caract\u00e8re, de comportement, de go\u00fbts, \u00e0 tous les traits qui voudraient le d\u00e9finir, et le conte\u00adnir dans sa propre image. Plus malin que lui serait celui qui expliquerait rationnellement pourquoi le roi l&rsquo;aime, lorsqu&rsquo;il n&rsquo;a que des raisons pour le ha\u00efr. Que la sympathie du public aille \u00e0 celui qui rosse le gendarme, mais qui ne le rosse que jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, jusqu&rsquo;\u00e0 une distance convenable des marches du tr\u00f4ne, le fait est connu. Mais Renard sape le tr\u00f4ne, tourne en ridicule la majest\u00e9, \u00e0 aucun instant n&rsquo;est courtisan, et enfin dispara\u00eet (ou meurt, ou fait semblant de mourir) insoumis. Ainsi, son caract\u00e8re, et ses caract\u00e9ris\u00adtiques, ne sont que l&rsquo;aspect visible, descriptible de sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre\u00a0; mais derri\u00e8re cette fa\u00e7ade, (cette constante) il \u00e9chappe, il est insaisissable, il a toutes les profondeurs, il est incompr\u00e9hensible. Son comportement se conforme aux r\u00e8gles d&rsquo;un jeu immuable\u00a0; mais pourquoi joue-t-il\u00a0? On ne le sait pas plus que l&rsquo;on ne pourra jamais \u00ab savoir \u00bb pourquoi la for\u00eat est for\u00eat, pourquoi le vent est vent. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> travers les tours de Renard, comme \u00e0 travers le chant du coq, la chute du torrent, la fleur qui s&rsquo;\u00e9panouit, on per\u00e7oit l&rsquo;insondable, le beau, le terrible il y a.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et alors, tout s&rsquo;ouvre, tandis que tout se ferme derri\u00e8re les portes closes de ces litt\u00e9rateurs qui voudraient que \u00ab d&rsquo;abord on se connaisse \u00bb. Je crois que c&rsquo;est cela que disait Andr\u00e9 Gide dans le passage que je citais tout \u00e0 l&rsquo;heure : commencez par savoir, dans le jeu d&rsquo;\u00e9checs, dans le jeu de la vie, comment se meuvent un pion, un timide, une tour, un ambitieux, un cavalier, un sauteur, un fou, un autre fou, et vous \u00ab conna\u00eetrez \u00bb les r\u00e8gles du jeu d&rsquo;\u00e9checs, les carac\u00adt\u00e8res des hommes. Mais pourquoi joue-t-on aux \u00e9checs ? Pourquoi joue-t-on dans la vie ? Pour quelle raison profonde ? Pour quel mobile\u00a0? Cette question, ni Moli\u00e8re ni Henry Bor\u00addeaux ne se doutent qu&rsquo;elle se pose, qu&rsquo;elle est la seule qui compte et que le reste, la marche du jeu, n&rsquo;est rien. Tandis que l&rsquo;\u00e9cho du \u00ab pourquoi \u00bb que l&rsquo;homme adresse \u00e0 la Nature, \u00e0 l&rsquo;Univers, ne peut que retentir dans des r\u00eaves et rebondir dans des mythes, les innombrables \u00ab comment \u00bb de l&rsquo;homme en face du Monde sont utiles et profitables et charg\u00e9s de fruits. Mais les \u00ab comment \u00bb des litt\u00e9rateurs au sujet des autres et d&rsquo;eux-m\u00eames finissent dans des farces \u00e0 la Mama\u00admouchi et des romans plats\u00a0; tandis que la seule question qui nous mette face \u00e0 face avec notre myst\u00e8re int\u00e9rieur, est le perp\u00e9tuel \u00ab pourquoi \u00bb, sans cesse renouvel\u00e9, lancinant, inexorable, que nous nous adressons \u00e0 nous-m\u00eames, sans jamais nous arr\u00eater \u00e0 une r\u00e9ponse, sans cesser d&rsquo;ouvrir au doute de nouvelles profondeurs o\u00f9 s&rsquo;an\u00e9antissent les \u00ab parce que \u00bb et de nouveaux ab\u00eemes d&rsquo;o\u00f9 n&rsquo;\u00e9merge que l&rsquo;interro\u00adgation, le point seul de l&rsquo;interrogation, en suspens, priv\u00e9 de tout, d\u00e9nu\u00e9 m\u00eame de la formulation qui l&rsquo;avait engendr\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous nous retrouvons ici sur les traces de la pens\u00e9e d&rsquo;Andr\u00e9 Gide, lorsqu&rsquo;apr\u00e8s avoir rejet\u00e9 l&rsquo;\u00e9tude de soi, il invoquait au sujet de Dosto\u00efevsky une mort et une r\u00e9surrec\u00adtion \u00e0 la mani\u00e8re des \u00c9vangiles. Car cette d\u00e9nudation de l&rsquo;interrogation, \u00e0 tout jamais priv\u00e9e de r\u00e9ponse, est une vraie mort : c&rsquo;est la mort perp\u00e9tuelle du \u00ab je suis \u00bb. En effet, le \u00ab je suis \u00bb est une r\u00e9ponse, une r\u00e9ponse affirmative, une r\u00e9ponse par anticipation, une r\u00e9ponse p\u00e9remptoire, une r\u00e9ponse qui tue dans son germe toute nouvelle tentative d&rsquo;interrogation. Gide savait fort bien que cette mort du grain dans la terre st\u00e9rile des \u00ab parce que \u00bb n&rsquo;est pas celle qu&rsquo;il souhaitait. Celle qu&rsquo;il appelait est celle dont parlent les \u00c9vangiles. Mais comment pouvait-il, avec son esprit habi\u00adtu\u00e9, entra\u00een\u00e9 \u00e0 ne consid\u00e9rer une chose que pour ce qu&rsquo;elle est, avec son talent d&rsquo;artiste et d&rsquo;artisan, comment pouvait-il, par un renversement dialectique, (alors qu&rsquo;il formulait ses \u00ab pourquoi \u00bb sans savoir qu&rsquo;en les intellectualisant, il les \u00e9touffait), reconna\u00eetre dans le doute qui l&rsquo;assaillait encore, cela m\u00eame qu&rsquo;on lui pr\u00e9sentait (les \u00c9vangiles) comme \u00e9tant le contraire du doute : comme une foi\u00a0? Et puis, il \u00e9tait trop curieux. Il voulait bien mourir, \u00e0 la fa\u00e7on du grain, mais il voulait surtout se voir mourir. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit cela de Sartre. Lorsqu&rsquo;on fait tant d&rsquo;efforts pour conna\u00eetre la relation entre le pensable et l&rsquo;impensable, en d&rsquo;autres termes, pour penser l&rsquo;impensable, on tombe dans une logo\u00admachie, ou dans un b\u00e9nitier. Gide n&rsquo;a pas voulu s&rsquo;obstiner jusque l\u00e0.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><a name=\"__DdeLink__17108_171676511\"><\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Plus est ind\u00e9termin\u00e9e cette \u00ab perte de vie \u00bb (plus est vague cet abandon du soi) moins est r\u00e9elle l&rsquo;action qui en r\u00e9sulte. D&rsquo;o\u00f9 ce sentiment \u00ab indistinct de solidarit\u00e9 \u00bb auquel Gide feint d&rsquo;aspirer, et qu&rsquo;il feint d&rsquo;attribuer \u00e0 Dosto\u00efevsky. Je demeure persuad\u00e9 que le christianisme de Dosto\u00efevsky n&rsquo;a qu&rsquo;une part descriptive (je dirai presque d\u00e9corative) dans son sentiment de solidarit\u00e9 humaine. Comment ne pas comprendre, au contraire, que si Dosto\u00efevsky, par le truchement des innombrables caract\u00e8res qui s&rsquo;offrent \u00e0 lui de tous c\u00f4t\u00e9s, s&rsquo;identifie (ne serait-ce qu&rsquo;un instant) \u00e0 tous les \u00eatres humains, c&rsquo;est parce que, loin de se perdre, il se trouve, et se retrouve, partout, sous les aspects les plus divers, sous les formes les plus monstrueuses comme les plus banales, les plus fortement en relief et les plus plates\u00a0? L&rsquo;ind\u00e9termi\u00adnation de l&rsquo;homme \u00ab qui se voit \u00bb n&rsquo;est pas faite d&rsquo;un seul \u00e9l\u00e9ment, d&rsquo;un seul \u00e9quilibre, d&rsquo;un seul caract\u00e8re, bref d&rsquo;une seule vie, qui ne sachant ce qu&rsquo;elle est ni o\u00f9 se poser, finit par planer \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un brouillard sur l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, laquelle, \u00e0 la faveur justement de ce brouillard, finit par se confondre dans une commune et abstraite grisaille. La v\u00e9rit\u00e9 est \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de cette ind\u00e9termination. L&rsquo;on a si peu compris et si constamment pris \u00e0 rebours les \u00c9vangiles que l&rsquo;on ne semble pas s&rsquo;\u00eatre avis\u00e9 de chercher (justement) \u00e0 les lire \u00e0 rebours, en vue de les comprendre. C&rsquo;est \u00ab qui rendra sa vie vraiment vivante, la perdra par amour \u00bb qu&rsquo;il faut lire : la perdra par exc\u00e8s de richesse. Parce que, la recon\u00adnaissant partout et en chacun, il ne saura vraiment plus \u00ab qui \u00bb il est.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;on voit combien d\u00e9testable est l&rsquo;\u00e9tude des caract\u00e8res, lorsque nous nous imaginons qu&rsquo;elle peut nous ouvrir la porte de la Connaissance. La psychologie contemporaine, qui surgit si rapidement et si admirablement arm\u00e9e (avec ses tests de comportement depuis les premiers mois de la vie de l&rsquo;enfant\u00a0; ses tests de caract\u00e8res et d&rsquo;intelligence scolaire et extra-scolaire\u00a0; ses examens d&rsquo;aptitude professionnelle\u00a0; ses recoupements m\u00e9dicaux\u00a0; les recherches sur les rapports du psychologique et du physiologique\u00a0; l&rsquo;\u00e9tude du r\u00f4le des<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">glandes endocrines; etc&#8230;, etc&#8230;) est \u2013 qui oserait le mettre en doute\u00a0? \u2013 d&rsquo;une importance consid\u00e9rable. Cette science (cette batterie de sciences) qui mobilise \u00e0 la fois les psychologues, les m\u00e9decins, les ethnologues, les sociolo\u00adgues, les physiciens, les chimistes, les historiens, les g\u00e9ographes \u2013 et j&rsquo;en oublie \u2013 nous \u00e9blouit en ce moment jusqu&rsquo;\u00e0 nous faire confondre les connaissances et la Connaissance, les acquisitions et la nue perception de l&rsquo;homme, tel qu&rsquo;il est, au sein impensable du il y a. Souvenons-nous des anciens <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9gyptiens<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, qui, entre autres Myst\u00e8res, enseignaient aux ini\u00adti\u00e9s, dans les profondeurs des sanctuaires, des th\u00e9or\u00e8mes de g\u00e9om\u00e9trie, et est-il n\u00e9cessaire de revenir sur la confusion th\u00e9ologico-scientifique de Descartes\u00a0? De tout temps, l&rsquo;on a cherch\u00e9 la Connaissance (la relation entre le pensable et l&rsquo;impensable) dans l&rsquo;\u00e9tude objective des lois de la Nature. Ayant, tout r\u00e9cemment renonc\u00e9 \u00e0 cette entreprise, la science a trouv\u00e9 \u00e0 la fois ses limites et pos\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 \u2013 c&rsquo;est-\u00e0-dire la relativit\u00e9 \u2013 de la pens\u00e9e. Cependant, reprenant pour leur compte cette folle poursuite (abandonn\u00e9e dans le domaine ext\u00e9rieur, objectif) les psychologues ont lanc\u00e9 les hommes \u00ab \u00e0 la d\u00e9couverte de leur \u00e2me \u00bb en rebaptisant celle-ci psych\u00e9, mais sans majuscule. Je ne sais si leur faillite a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e utilement, efficacement, de fa\u00e7on \u00e0 nous \u00e9clairer sur le probl\u00e8me v\u00e9ritable que fuit la psycholo\u00adgie, par le biais de la m\u00e9taphysique. Il devient de plus en plus \u00e9vident que le sur-moi occidental lance un appel pres\u00adsant aux Vedantas, pour se faire accorder un refuge dans les cieux tranquilles de l&rsquo;Absolu. Le penseur, ayant d\u00e9mont\u00e9 \u00ab sa \u00bb psych\u00e9 en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et ne se reconnaissant dans aucune d&rsquo;elles, s&rsquo;investit lui-m\u00eame, et usurpant la majuscule dont il a priv\u00e9 l&rsquo;\u00e2me, se d\u00e9clare Esprit. Voil\u00e0 la vieille chanson qui recommence \u00ab da capo \u00bb, avec ses cons\u00e9\u00adquences sociales, la fausse notion de libert\u00e9 (et de d\u00e9mo\u00adcratie) l&#8217;empire de l&rsquo;abstraction, les mots sans contenu, etc&#8230;, etc&#8230; Contre ces mobilisations guerri\u00e8res (dont j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 tant parl\u00e9) la doctrine apostolique des mat\u00e9rialistes, nous d\u00e9montre que neuf personnes sur dix, en cette plan\u00e8te, vivent mal, et que les autres questions sont secondaires.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La controverse byzantine entre les m\u00e9taphysiciens et les pragmatistes porte sur \u00ab la nature humaine \u00bb. Pour les premiers, elle est une constante et un absolu, pour les seconds, une variable en fonction du conditionnement. Existe-t-il une constante de libert\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e, ind\u00e9finissable, insaisissable en chacun de nous, qui se trouve comme empri\u00adsonn\u00e9e dans nos caract\u00e8res, dans nos qualit\u00e9s, \u00ab une libert\u00e9 en condition \u00bb\u00a0? Mon caract\u00e8re particulier, mes caract\u00e9ris\u00adtiques nationales, h\u00e9r\u00e9ditaires, sociales, etc&#8230; ne sont-elles que des formes, des sortes de r\u00e9cipients contenant, limitant, mesurant ma libert\u00e9 int\u00e9rieure\u00a0? Dans ce cas, puis-je trans\u00adcender mon conditionnement, refuser de m&rsquo;identifier \u00e0 mon m\u00e9tier, \u00e0 mon \u00e9tat civil, et m\u00eame \u00e0 mon caract\u00e8re, \u00e0 mes go\u00fbts, \u00e0 mes tendances, et retrouver par del\u00e0 tout ce qui me d\u00e9finit, cette libert\u00e9 emprisonn\u00e9e\u00a0? Ou le conditionnement est-il si important, si essentiel, qu&rsquo;en le modifiant dans le sens d&rsquo;une justice sociale, qu&rsquo;en tendant vers une perfection de production et de consommation, je trouverai, en voie de cons\u00e9quence une libert\u00e9 de fait, un \u00e9panouissement de mon \u00eatre\u00a0? Un \u00e9tat social qui me permettrait de d\u00e9velopper libre\u00adment mes facult\u00e9s et mes capacit\u00e9s latentes, bref qui, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un bon sol, d&rsquo;un bon climat, d&rsquo;un bon jardinier, pro\u00advoquerait en moi l&rsquo;\u00e9closion de ce que je puis contenir, la floraison de cette plante humaine que je suis, n&rsquo;est-ce point le seul but \u00e0 atteindre\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais est-il n\u00e9cessaire de montrer encore une fois que ces fr\u00e8res ennemis se ressemblent comme des jumeaux\u00a0? Que le non-conditionnement des uns, rejoint, par ces concepts vides de contenu, le d\u00e9dain des autres pour le pourquoi int\u00e9\u00adrieur\u00a0? Trouver la solution du probl\u00e8me dans une abstraction, ou faire abstraction du probl\u00e8me : tel est le choix que l&rsquo;on nous demande de faire d&rsquo;urgence, afin que les deux camps proc\u00e8dent au d\u00e9nombrement de leurs forces arm\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16959\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16966\">Chapitre Suivant<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">_______________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>\u0002 <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Dosto\u00efevsky<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> \u00bb, par Andr\u00e9 Gide, \u00e9d. Plon, 1923, p. 82.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La controverse byzantine entre les m\u00e9taphysiciens et les pragmatistes porte sur \u00ab la nature humaine \u00bb. Pour les premiers, elle est une constante et un absolu, pour les seconds, une variable en fonction du conditionnement. Existe-t-il une constante de libert\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e, ind\u00e9finissable, insaisissable en chacun de nous, qui se trouve comme empri\u00adsonn\u00e9e dans nos caract\u00e8res, dans nos qualit\u00e9s, \u00ab une libert\u00e9 en condition \u00bb ? Mon caract\u00e8re particulier, mes caract\u00e9ris\u00adtiques nationales, h\u00e9r\u00e9ditaires, sociales, etc\u2026 ne sont-elles que des formes, des sortes de r\u00e9cipients contenant, limitant, mesurant ma libert\u00e9 int\u00e9rieure ? Dans ce cas, puis-je trans\u00adcender mon conditionnement, refuser de m\u2019identifier \u00e0 mon m\u00e9tier, \u00e0 mon \u00e9tat civil, et m\u00eame \u00e0 mon caract\u00e8re, \u00e0 mes go\u00fbts, \u00e0 mes tendances, et retrouver par del\u00e0 tout ce qui me d\u00e9finit, cette libert\u00e9 emprisonn\u00e9e ?&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13461,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[],"class_list":["post-16961","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-c-suares"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La controverse byzantine entre les m\u00e9taphysiciens et les pragmatistes porte sur \u00ab la nature humaine \u00bb. Pour les premiers, elle est une constante et un absolu, pour les seconds, une variable en fonction du conditionnement. Existe-t-il une constante de libert\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e, ind\u00e9finissable, insaisissable en chacun de nous, qui se trouve comme empri\u00adsonn\u00e9e dans nos caract\u00e8res, dans nos qualit\u00e9s, \u00ab une libert\u00e9 en condition \u00bb ? Mon caract\u00e8re particulier, mes caract\u00e9ris\u00adtiques nationales, h\u00e9r\u00e9ditaires, sociales, etc\u2026 ne sont-elles que des formes, des sortes de r\u00e9cipients contenant, limitant, mesurant ma libert\u00e9 int\u00e9rieure ? Dans ce cas, puis-je trans\u00adcender mon conditionnement, refuser de m\u2019identifier \u00e0 mon m\u00e9tier, \u00e0 mon \u00e9tat civil, et m\u00eame \u00e0 mon caract\u00e8re, \u00e0 mes go\u00fbts, \u00e0 mes tendances, et retrouver par del\u00e0 tout ce qui me d\u00e9finit, cette libert\u00e9 emprisonn\u00e9e ?...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2015-07-20T14:10:42+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"135\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"182\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"27 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"headline\":\"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s\",\"datePublished\":\"2015-07-20T14:10:42+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/\"},\"wordCount\":5319,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2013\\\/04\\\/suares4.jpg\",\"articleSection\":[\"Suar\u00e8s Carlo\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/\",\"name\":\"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2013\\\/04\\\/suares4.jpg\",\"datePublished\":\"2015-07-20T14:10:42+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2013\\\/04\\\/suares4.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2013\\\/04\\\/suares4.jpg\",\"width\":\"135\",\"height\":\"182\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/author\\\/admin\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"La controverse byzantine entre les m\u00e9taphysiciens et les pragmatistes porte sur \u00ab la nature humaine \u00bb. Pour les premiers, elle est une constante et un absolu, pour les seconds, une variable en fonction du conditionnement. Existe-t-il une constante de libert\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e, ind\u00e9finissable, insaisissable en chacun de nous, qui se trouve comme empri\u00adsonn\u00e9e dans nos caract\u00e8res, dans nos qualit\u00e9s, \u00ab une libert\u00e9 en condition \u00bb ? Mon caract\u00e8re particulier, mes caract\u00e9ris\u00adtiques nationales, h\u00e9r\u00e9ditaires, sociales, etc\u2026 ne sont-elles que des formes, des sortes de r\u00e9cipients contenant, limitant, mesurant ma libert\u00e9 int\u00e9rieure ? Dans ce cas, puis-je trans\u00adcender mon conditionnement, refuser de m\u2019identifier \u00e0 mon m\u00e9tier, \u00e0 mon \u00e9tat civil, et m\u00eame \u00e0 mon caract\u00e8re, \u00e0 mes go\u00fbts, \u00e0 mes tendances, et retrouver par del\u00e0 tout ce qui me d\u00e9finit, cette libert\u00e9 emprisonn\u00e9e ?...","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2015-07-20T14:10:42+00:00","og_image":[{"width":135,"height":182,"url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"27 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s","datePublished":"2015-07-20T14:10:42+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/"},"wordCount":5319,"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg","articleSection":["Suar\u00e8s Carlo"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/","name":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg","datePublished":"2015-07-20T14:10:42+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/suares4.jpg","width":"135","height":"182"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/reflexions-allant-du-complexe-au-simple-par-carlo-suares\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"R\u00e9flexions allant du complexe au simple par Carlo Suar\u00e8s"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16961","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16961"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16961\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13461"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16961"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16961"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16961"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}