{"id":16969,"date":"2015-08-03T04:03:50","date_gmt":"2015-08-03T03:03:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16969"},"modified":"2015-08-03T04:03:50","modified_gmt":"2015-08-03T03:03:50","slug":"la-societe-des-hommes-nest-pas-espece-par-carlo-suares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-societe-des-hommes-nest-pas-espece-par-carlo-suares\/","title":{"rendered":"La soci\u00e9t\u00e9 des hommes n&rsquo;est pas esp\u00e8ce par Carlo Suar\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\">(Extrait de <strong>Critique de la raison impure<\/strong> par Carlo Suar\u00e8s. \u00c9dition Stock 1955)<\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16966\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/les-paralipomenes-de-la-comedie-psychologique-par-joe-bousquet-rene-daumal-et-carlo-suares\/\">Chapitre Premier<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous pouvons maintenant, sans malentendus, repren\u00addre l&rsquo;examen de notre morceau de fer et de notre galet; passer \u00e0 la vie v\u00e9g\u00e9tale; \u00e0 des consid\u00e9rations sur les soci\u00e9t\u00e9s des insectes; nous demander quand et comment le pour-soi inconscient devient un conscient pour-moi; comment se situent les unes par rapport aux autres les diff\u00e9rentes formes du subjectif dans la Nature; examiner en somme les contra\u00addictions entre le il y a et ce qu&rsquo;il y a, entre le rayonnement et la masse; et tout le long de ces r\u00e9flexions, de cette pro\u00admenade \u00e0 travers ce qui pr\u00e9c\u00e8de l&rsquo;homme, retenir ce que nous pourrons reconna\u00eetre en nous-m\u00eames, c&rsquo;est-\u00e0-dire nom\u00admer en termes humains. Cette transposition de faits naturels en valeurs humaines ne sera, de toute \u00e9vidence qu&rsquo;une all\u00e9\u00adgorie.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous avons vu que les agr\u00e9gats les plus simples, ceux dont les \u00e9l\u00e9ments sont homog\u00e8nes, n&rsquo;ont d&rsquo;autres r\u00e9actions (chimiques, physiques) que celles que provoque en eux le monde ext\u00e9rieur, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;une fatalit\u00e9. Fer est sujet disponible et toujours vaincu par les m\u00eames attaques. Point n&rsquo;est besoin de ruser avec lui : son \u00e9quilibre est \u00e9minemment instable du fait de sa stabilit\u00e9. Du monde inorganique \u00e0 l&rsquo;organique, les \u00e9quilibres provisoires sont de moins en moins statiques, adh\u00e8rent de plus en plus aux variations du milieu. La fa\u00e7on dont les diff\u00e9rents \u00e9quilibres sp\u00e9cifiques sont bris\u00e9s<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">par le mouvant il y a, constitue l&rsquo;ensemble des lois naturel\u00adles. Ainsi les lois naturelles sont la r\u00e9sultante de r\u00e9actions et celles-ci, par leur fr\u00e9quence et par les modifications du il y a, tendent \u00e0 se modifier elles-m\u00eames. Il en r\u00e9sulte que les lois naturelles ne cessent de se modifier. L&rsquo;Univers n&rsquo;est pas un \u00e9difice construit d&rsquo;une fa\u00e7on rigide; il n&rsquo;ob\u00e9it pas \u00e0 des lois immuables de m\u00e9canique, mais, au contraire, est un continu amorphe et plastique, en perp\u00e9tuelle transforma\u00adtion. Il y a une part d&rsquo;impr\u00e9vu dans toute r\u00e9action. L&rsquo;on nous parle de la \u00ab sensibilit\u00e9 \u00bb des m\u00e9taux, de leur \u00ab fatigabilit\u00e9 \u00bb, et les nouvelles et prodigieuses machines \u00e0 calculer vont jusqu&rsquo;\u00e0 sembler poss\u00e9der un syst\u00e8me nerveux, tant elles sont parfois \u00ab capricieuses et irritables \u00bb ou au contraire \u00ab de bonne humeur \u00bb. L&rsquo;on en est venu \u00e0 les traiter en robots et \u00e0 leur t\u00e9moigner la consid\u00e9ration qui se doit \u00e0 des \u00eatres conscients.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et, \u00e0 travers les r\u00e8gnes min\u00e9ral, v\u00e9g\u00e9tal, animal, nous ne savons pas o\u00f9 commencent la conscience en tant que per\u00adception et la conscience en tant que volition, ni m\u00eame s&rsquo;il existe une fronti\u00e8re entre elles. Nous ne le savons pas en ce qui nous concerne nous-m\u00eames. Des fakirs parviennent \u00e0 arr\u00eater les battements du <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">c\u0153ur<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, dont le processus nous sem\u00adble \u00e9chapper \u00e0 tout contr\u00f4le; par contre, lorsque nous croyons pouvoir corriger certaines de nos tendances, des astrologues nous disent qu&rsquo;elles sont d\u00e9termin\u00e9es par des constellations. Tous les \u00eatres, dans la nature, sont des mys\u00adt\u00e8res; les chauve-souris ont des radars; les anguilles con\u00adnaissent la g\u00e9ographie; les fourmis, les abeilles, \u00e9changent entre elles des informations pr\u00e9cises. De l&rsquo;inorganique aux plus hauts degr\u00e9s de l&rsquo;organique, nous ne savons pas ce qui est r\u00e9action au milieu, et ce qui est r\u00e9ponse. Il est n\u00e9an\u00admoins ais\u00e9 et banal de constater que les objets ne s&rsquo;int\u00e8grent au il y a qu&rsquo;en r\u00e9sistant au il y a, soit par l&rsquo;\u00e9limination du plus grand nombre possible de possibles (la puret\u00e9 du dia\u00admant fait sa duret\u00e9), soit en faisant appel au plus grand nombre possible de possibles (la souplesse de l&rsquo;homme est sa sauvegarde). Les objets, les \u00eatres anim\u00e9s, les esp\u00e8ces, se situent \u00e0 tous les \u00e9chelons de cette double r\u00e9sistance. Leurs pour-soi sont des \u00e9quilibres provisoires, constitu\u00e9s de deux formes contrastantes de l&rsquo;\u00e9quilibre. Le il y a triomphe sur les perp\u00e9tuelles ruptures d&rsquo;\u00e9quilibre de ce qu&rsquo;il y a et ce qu&rsquo;il y a n&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;en triomphant sur l&rsquo;incessant mouve\u00adment du il y a. Contradictoirement, le il y a (infini) est perp\u00e9tuellement vaincu du fait que tout ce qu&rsquo;il y a est un renoncement des possibles non avenus. (Sauf en l&rsquo;homme, s&rsquo;il apprend \u00e0 mourir perp\u00e9tuellement, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 vivre le pour-soi jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa courbe). Le pour-soi, du min\u00e9ral \u00e0 l&rsquo;homme, est une contradiction \u00e0 la recherche d&rsquo;une sta\u00adbilit\u00e9. Il arrive que celle-ci se trouve et <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">s\u2019intronise<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> : une for\u00eat p\u00e9trifi\u00e9e dans un d\u00e9sert est l&rsquo;image d&rsquo;un pour-soi triomphant. De m\u00eame un fruit s\u00e9ch\u00e9, non m\u00fbri, demeur\u00e9 sur l&rsquo;arbre, affirme son existence en tant qu&rsquo;objet. Mais le fruit qui m\u00fbrit, tombe et livre son noyau qui deviendra arbre. Une cellule ne se d\u00e9fend qu&rsquo;en devenant deux cellules. Pour ne pas mourir, elle se multiplie. Pour ne pas perdre de terrain, elle en gagne. Plus elle en gagne, plus les cellules s&rsquo;organisent par sp\u00e9cialisation. Plus les cellules d&rsquo;un orga\u00adnisme sont sp\u00e9cialis\u00e9es, moins l&rsquo;organisme est sp\u00e9cialis\u00e9. En d&rsquo;autres termes, il acquiert la libert\u00e9 de ne pas r\u00e9agir auto\u00admatiquement aux impacts. Les variations du milieu ne l&rsquo;af\u00adfectent pas au point de le transformer en \u00ab autre chose \u00bb, comme un m\u00e9tal en oxyde, ou un fruit, une fleur, un l\u00e9gume, en une nouvelle vari\u00e9t\u00e9. Et, ne pouvant se transformer, il p\u00e9rit plus ais\u00e9ment. Ce qu&rsquo;il a gagn\u00e9 en s\u00e9curit\u00e9 il l&rsquo;a perdu en s\u00e9curit\u00e9 : il est plus vuln\u00e9rable du fait qu&rsquo;il l&rsquo;est moins.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9, il a transf\u00e9r\u00e9 ses acquisitions \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce,<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">son embryon de libert\u00e9 et de conscience \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce; bref son pour-soi \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce, et elle le garde et d\u00e9fie les si\u00e8cles.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le monde des insectes est le seul qui, traduit, trans\u00adpos\u00e9 en signes humains, soit horrible et monstrueux. Pen\u00adchons-nous sur une termiti\u00e8re. Nous y voyons des insectes de trois ou quatre types diff\u00e9rents. Nous voyons des travail\u00adleurs et des guerriers qui, selon leurs attributions et leurs fonctions sp\u00e9cialis\u00e9es, sont d\u00e9velopp\u00e9s en certaines parties de leurs corps. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> vrai dire, nous ne voyons que des femelles : des femelles st\u00e9rilis\u00e9es. Les m\u00e2les sont absents. Le r\u00f4le des ouvri\u00e8res est de s\u00e9cr\u00e9ter la substance dont est faite la termi\u00adti\u00e8re. Elles sont de deux types, car les unes s\u00e9cr\u00e8tent par la bouche et celle-ci est \u00e9norme, les autres par l&rsquo;intestin dont l&rsquo;orifice est constamment b\u00e9ant. Elles s\u00e9cr\u00e8tent sans arr\u00eat. Les guerri\u00e8res ont des pinces d\u00e9mesur\u00e9es mais sont incapa\u00adbles de se nourrir seules : des nourrici\u00e8res sont l\u00e0 \u00e0 cet effet. Les guerri\u00e8res qui ne combattent pas ne sont pas nourries et meurent, \u00e9tant inutiles. R\u00e9ciproquement, les ouvri\u00e8res n&rsquo;ont aucune d\u00e9fense : celles qui cessent de travailler sont aussit\u00f4t et ais\u00e9ment tu\u00e9es. Ces diff\u00e9rences morphologiques sont obtenues par la forme et la disposition sp\u00e9ciale des cel\u00adlules o\u00f9 l&rsquo;on place les larves. Dans toute la termiti\u00e8re, une seule femelle <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">a <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&rsquo;espace et de l&rsquo;alimentation n\u00e9cessaires \u00e0 son plein d\u00e9veloppement, et quelques larves ont \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 engendrer des m\u00e2les. Parvenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat adulte, la future m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 f\u00e9cond\u00e9e et est rentr\u00e9e<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">de ses noces avec les organes du m\u00e2le \u2013 mort instantan\u00e9ment \u2013 attach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abdomen. Les autres m\u00e2les, inutiles et qui ne servaient que de r\u00e9serve ont \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t tu\u00e9s. F\u00e9con\u00add\u00e9e une fois pour toute, la m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e au centre de la termiti\u00e8re et s&rsquo;est mise \u00e0 enfler. Elle a acquis un volume dix fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui de ses compagnes. Elle n&rsquo;est plus qu&rsquo;un gigantesque ventre, incapable de bouger, auquel, comme une verrue est accol\u00e9e une t\u00eate de dimension nor\u00admale. Impotente, ph\u00e9nom\u00e9nale, immobile et gluante, la m\u00e8re, d\u00e9sormais, pond m\u00e9caniquement, sans arr\u00eat, un <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> toutes les secondes. Le jour o\u00f9 elle pondra moins, on la tuera et on en fera une autre. Tel est le spectacle qu&rsquo;offre la soci\u00e9t\u00e9 des termites, la mieux organis\u00e9e qui soit au monde. La termiti\u00e8re est faite d&rsquo;un ciment tr\u00e8s fin, mais qui ne s&rsquo;effrite qu&rsquo;\u00e0 coup d&rsquo;explosifs; ses galeries, passages, acc\u00e8s, et communications sont des <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">chefs-d\u2019\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9; elle comporte des syst\u00e8mes perfectionn\u00e9s d&rsquo;a\u00e9ration et de ventilation; des r\u00e9gulateurs de temp\u00e9rature; le trafic y est admirablement r\u00e9gl\u00e9, malgr\u00e9 sa densit\u00e9. En tous points, la vie des termites est parfaite; aussi bien, est-il inutile de la d\u00e9crire davantage.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La contradiction n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;entre l&rsquo;individu et le pour-soi. Entre l&rsquo;esp\u00e8ce et le pour-soi, il y a identit\u00e9 de fonction. L&rsquo;esp\u00e8ce est chair, la chair est fonctionnelle, son but est en elle-m\u00eame, son activit\u00e9 s&rsquo;appelle organisation. Et entre orga\u00adnisation et efficience, il y a aussi identit\u00e9. Une fonction remplie, doit l&rsquo;\u00eatre bien, doit l&rsquo;\u00eatre le mieux possible. Son imperfection ne sera jamais ce qu&rsquo;elle peut \u00eatre pour une <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> d&rsquo;art : une qualit\u00e9; car une fonction n&rsquo;est comparable qu&rsquo;\u00e0 elle-m\u00eame (l&rsquo;imperfection gothique nous touche par rapport \u00e0 la perfection classique; les imperfections de Matisse ou Picasso sont plus belles que des peintures acad\u00e9\u00admiques parfaitement ex\u00e9cut\u00e9es; etc&#8230;, etc&#8230;) . Donc, si l&rsquo;indi\u00advidu est fonction sociale, il doit l&rsquo;\u00eatre parfaitement. S&rsquo;il l&rsquo;est mal, il n&rsquo;y a plus de limites \u00e0 l&rsquo;insouciance, \u00e0 l&rsquo;irresponsa\u00adbilit\u00e9, au sabotage. Par contre s&rsquo;il l&rsquo;est bien, le maximum d&rsquo;efficience qu&rsquo;il peut atteindre est incalculable. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> cet effet, la sp\u00e9cialisation est n\u00e9cessaire. Les nazis avaient d\u00e9j\u00e0 entre\u00adpris l&rsquo;\u00e9tude des moyens propres \u00e0 sp\u00e9cialiser les enfants <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">d\u00e8s<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> avant leur naissance, par un traitement de la m\u00e8re. En quelques g\u00e9n\u00e9rations, les peuples inf\u00e9rieurs comme le fran\u00e7ais, l&rsquo;italien, n&rsquo;auraient produit que des paysans obtus, destin\u00e9s \u00e0 nourrir la race des ma\u00eetres. Je crois que le seul probl\u00e8me \u00e9tait l&rsquo;injection de l&rsquo;intelligence \u00e0 ceux-ci.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais laissons l\u00e0 ces sottises. L&#8217;empire de l&rsquo;esp\u00e8ce sur l&rsquo;individu est fonction de son degr\u00e9 d&rsquo;organisation. Celle-ci, \u00e9tant inexistante dans les esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales, un v\u00e9g\u00e9tal peut \u00e0 tout instant devenir le prototype d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 nouvelle. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9tant<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> parfaite chez certains insectes, c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle s&rsquo;exerce le mieux. Chez l&rsquo;homme il y a confusion entre soci\u00e9t\u00e9 et esp\u00e8ce, du fait que par le truchement de toutes les raisons du monde, la soci\u00e9t\u00e9 ne cesse de faire pression sur les esprits en vue de se cristalliser en esp\u00e8ce. Et sur ce registre \u2013 comme sur tout ce qui importe \u2013 nos \u00e9ternels fr\u00e8res ennemis, les croyants et les mat\u00e9rialistes, en s&rsquo;opposant totale\u00adment, se ressemblent comme deux jumeaux.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les mat\u00e9rialistes veulent que je sois un lieu g\u00e9om\u00e9tri\u00adque, d\u00e9fini par la place que j&rsquo;occupe en fonction de la pro\u00adduction; ils veulent que toute pens\u00e9e qui ne commence pas par se situer par rapport \u00e0 la production soit d\u00e9nu\u00e9e de contenu : \u00ab nous, les camarades tourneurs de l&rsquo;usine Un-tel, situ\u00e9e \u00e0&#8230; r\u00e9unis \u00e0 telle date, o\u00f9 la production a \u00e9t\u00e9 de&#8230; pensons que&#8230; \u00bb. L&rsquo;apparence de raison que peut contenir ce point de vue, je l&rsquo;ai assez d\u00e9velopp\u00e9e lorsque, \u00e0 propos de Descartes et d&rsquo;autres, j&rsquo;ai critiqu\u00e9 la fausse n\u00e9antisation d&rsquo;un personnage qui, s&rsquo;\u00e9tant fabriqu\u00e9, ne se veut plus voir. Mais j&rsquo;ai non moins explicit\u00e9 le processus inverse, du cr\u00e9a\u00adteur qui, \u00e0 travers le jeu des innombrables personnages qui le hantent, tour \u00e0 tour ou simultan\u00e9ment, ne cesse de d\u00e9ga\u00adger la valeur des hommes : leur unit\u00e9. Et si, ce faisant, je ne suis ni tourneur, ni gar\u00e7on de caf\u00e9, ni rien qui se laisse conditionner par des rapports de production; si, diff\u00e9rent en cela de Nicod\u00e8me ahuri, je fais miennes les paroles : il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle o\u00f9 il veut, et tu entends le bruit; mais tu ne sais d&rsquo;o\u00f9 il vient, ni o\u00f9 il va. Il en est ainsi de tout homme qui est n\u00e9 de l&rsquo;Esprit, je suis le petit-bourgeois en train de divaguer. J\u00e9sus \u00e9tait un petit-bourgeois qui divaguait. La soci\u00e9t\u00e9 mat\u00e9rialiste me demandera toujours qui je suis, d&rsquo;o\u00f9 je viens, o\u00f9 je vais, et n&rsquo;acceptera pas que je ne le dise pas : elle me le dira bien.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les autres, les d\u00e9fenseurs canoniques de l&rsquo;esprit, pour qui est sublime cette phrase de J\u00e9sus, me le diront aussi. Et me le disent d\u00e9j\u00e0, par la r\u00e9probation tout \u00e0 fait muette, tout \u00e0 fait silencieuse, tout \u00e0 fait unanime, dont ils envelop\u00adpent mes \u00e9crits. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de mesure com\u00admune \u00e0 ces deux soci\u00e9t\u00e9s : il y a la soci\u00e9t\u00e9-esp\u00e8ce de la termiti\u00e8re ou la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on est un avec les hommes et Dieu, n&rsquo;\u00e9tant rien et soufflant o\u00f9 cela veut. Il n&rsquo;y a pas de cote, bien ou tr\u00e8s mal taill\u00e9e, qui nous mette un peu en termiti\u00e8re, un peu en soci\u00e9t\u00e9 divine. Un tout petit peu d&rsquo;imposition (psychologique), de fa\u00e7onnement (culturel), de conformisme (bien pensant), en vue de prot\u00e9ger la famille (fran\u00e7aise), les Institutions (nationales), le patri\u00admoine (collectif), <\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><span lang=\"zxx\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">etc. et<\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> l&rsquo;esprit ne souffle plus du tout o\u00f9 il veut, ne souffle plus du tout.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les d\u00e9mocrates (la\u00efcs) et humanitaires (libre-pen\u00adseurs) ont d&rsquo;autres propositions : abandonner le pour-moi (individuel) en faveur d&rsquo;un pour-nous (fraternel). C&rsquo;est la grande id\u00e9e de notre \u00e9poque. Il faut sortir de l&rsquo;\u00e9gocentrisme, \u00e9largir son horizon, penser \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. Mais si l&rsquo;individu abandonne le pour-soi et en fait don \u00e0 une collectivit\u00e9, celle-ci devient aussit\u00f4t esp\u00e8ce et le mutile fonctionnellement. Car ce d\u00e9pouillement, ce sacri\u00adfice de soi-m\u00eame, qu&rsquo;est-il s&rsquo;il n&rsquo;est une d\u00e9vastation<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">provoqu\u00e9e par l&rsquo;homme-social, par l&rsquo;homme-qui-s&rsquo;est-d\u00e9fini-\u00aden-fonction-de-la-collectivit\u00e9, bref par un rouage, d\u00e9j\u00e0 par\u00adtiellement irresponsable, d&rsquo;une machine ? Cette d\u00e9vastation, ce pillage, ce d\u00e9m\u00e9nagement \u00e0 grande dimension, ce transfert du pour-moi au pour-nous, vide l&rsquo;individu dans la mesure o\u00f9 il le comble. Lui qui n&rsquo;est rien est maintenant impliqu\u00e9 au Panth\u00e9on, \u00e0 l&rsquo;Arc de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">l\u2019\u00c9toile<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, \u00e0 Versailles, \u00e0 St-Denis. Ou, s&rsquo;int\u00e9grant \u00e0 quelque autre esp\u00e8ce, dont il portera les stigmates (intellectuels, psychologiques, physiques) avec autant de satisfaction, il sera missionnaire, militant syndi\u00adcaliste, anarchiste. Un jour, au cours d&rsquo;une des innombrables batailles que se livrent les esp\u00e8ces, il sera mutil\u00e9. D\u00e8s lors, et jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, il empoisonnera le monde avec les manifestations de l&rsquo;Association des Anciens Combattants, des Anciens R\u00e9sistants, des Anciens Ceci ou Anti-Cela, qui sauv\u00e8rent des esp\u00e8ces dont on ne se souvient plus, par le sacrifice d&rsquo;une esp\u00e8ce qui n&rsquo;a jamais exist\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">LES <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">ESP\u00c8CES<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> ET L&rsquo;HUMAIN<\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les esp\u00e8ces ont besoin l&rsquo;une de l&rsquo;autre, parce qu&rsquo;elles se mangent l&rsquo;une l&rsquo;autre. Sur terre, dans les airs, dans les eaux, ont lieu de continuels carnages. Les esp\u00e8ces qui sur\u00advivent sont celles qui ne sont pas d\u00e9vor\u00e9es plus qu&rsquo;elles ne d\u00e9vorent. L&rsquo;homme, pour instaurer son r\u00e8gne sur terre, a graduellement \u00e9limin\u00e9 les esp\u00e8ces dangereuses et fa\u00e7onn\u00e9, \u00e9lev\u00e9 celles dont il se nourrit. En outre, les soci\u00e9t\u00e9s humai\u00adnes, fonctionnant en tant qu&rsquo;esp\u00e8ces, se sont d\u00e9truites les unes les autres, sans but biologique apparent : les Espagnols ont extermin\u00e9 les Incas, les Turcs les Arm\u00e9niens, les Alle\u00admands les Juifs d&rsquo;Europe Centrale. Ce qui survit est le hasard des bilans. Le il y a est fait de ce qui reste. Les survivants ne sont ni les plus forts ni les mieux adapt\u00e9s, mais ceux qui se trouvaient l\u00e0 o\u00f9 on ne tuait pas leurs semblables. En vue de ces perp\u00e9tuels combats, les esp\u00e8ces ont d\u00e9velopp\u00e9 des d\u00e9fenses et des attaques, des syst\u00e8mes de protections et d&rsquo;agressions. Ainsi, les esp\u00e8ces sont des machines \u00e0 enregis\u00adtrer les exp\u00e9riences : des machines totalisatrices. Ces totalisations, en fixant les moyens de survivre, fixent l&rsquo;esp\u00e8ce aussi. C&rsquo;est un \u00e9tat de contradiction, mais in\u00e9vitable : l&rsquo;orga\u00adnisation du pass\u00e9, en tant que d\u00e9fense de l&rsquo;esp\u00e8ce, la fixe dans une adaptation dont elle d\u00e9finit les limites. Ainsi, l&rsquo;esp\u00e8ce ne sait lutter que contre du pr\u00e9visible fait \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s, et succombe \u00e0 l&rsquo;impr\u00e9visible, auquel<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">elle ne saura opposer que des variations sur des th\u00e8mes enre\u00adgistr\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Contre les incessants changements du il y a, les esp\u00e8ces organisent leurs r\u00e9sistances : elles font \u00ab masse \u00bb; et, irra\u00adtionnellement, n&rsquo;octroient la s\u00e9curit\u00e9 aux individus qui les composent, qu&rsquo;en proportion inverse de leur degr\u00e9 d&rsquo;\u00e9volu\u00adtion. Biologiquement, les mammif\u00e8res sup\u00e9rieurs sont infini\u00adment plus \u00e9volu\u00e9s que les insectes. Mais le chien \u00e9gar\u00e9 est plus d\u00e9sempar\u00e9 que le termite. En langage all\u00e9gorique, je suis tent\u00e9 de dire que le il y a agit \u00ab contre \u00bb. Non seule\u00adment agit-il contre tout ce qu&rsquo;il y a, mais le d\u00e9veloppement et l&rsquo;\u00e9volution que la Nature obtient dans les organismes, agit de plus en plus contre eux, en les rendant de plus en plus vuln\u00e9rables. Les termites d\u00e9vorent tout ce qu&rsquo;ils rencon\u00adtrent : \u00e0 leur passage, des maisons enti\u00e8res s&rsquo;\u00e9croulent, vid\u00e9es de leur substance; et \u00e0 l&rsquo;abri dans leurs forteresses de ciment (qui atteignent plusieurs m\u00e8tres de haut) imper\u00adturbables, ils d\u00e9fient les si\u00e8cles. Enferm\u00e9s dans le cercle de leur propre activit\u00e9, ils n&rsquo;ont m\u00eame pas d&rsquo;ennemis. Leur s\u00e9curit\u00e9 triomphe. Semblables \u00e0 ces d\u00e9chets qui, abrit\u00e9s pr\u00e8s de la rive, tournent en rond ind\u00e9finiment et ne sont pas emport\u00e9s par le courant du fleuve, les termiti\u00e8res sont aban\u00addonn\u00e9es par \u00ab l&rsquo;esprit qui souffle o\u00f9 il veut \u00bb. Leur labeur, leur incessante activit\u00e9, leur faire invariable, sont la victoire femelle sur l&rsquo;esprit : qu&rsquo;importe, d\u00e8s lors, la victoire ? Ces soci\u00e9t\u00e9s de mutil\u00e9s sont des congr\u00e9gations de mortes. Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire ? L&rsquo;\u00ab esprit \u00bb est-il donc masculin ?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La tr\u00e8s simple contradiction entre l&rsquo;\u00e9quilibre-masse et l&rsquo;\u00e9quilibre-rayonnement, en fonction de laquelle se situe tout ce qu&rsquo;il y a, d\u00e9termine les sexes et leurs fonctions dans les esp\u00e8ces. La femelle est centrip\u00e8te. Elle se referme autour du germe, auquel elle conf\u00e8re substance, pesanteur et masse. Le m\u00e2le est centrifug\u00e9. Il l&rsquo;est physiquement et psychiquement. Il jette sa vie, la projette hors de lui-m\u00eame, et va jus\u00adqu&rsquo;\u00e0 se projeter en entier dans sa propre destruction. Rien n&rsquo;est plus instructif \u00e0 ce sujet qu&rsquo;un combat de coqs, o\u00f9 les adversaires, irr\u00e9sistiblement \u00e9lectris\u00e9s, semblent accomplir leurs destin\u00e9es en s&rsquo;acharnant jusqu&rsquo;\u00e0 la mort. Les troupeaux ne se composent que de femelles et de ch\u00e2tr\u00e9s. Les b\u00e9liers, les taureaux, y <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">mettraient<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> un d\u00e9sordre indescriptible. Par contre, la reine des abeilles rentre chez elle apr\u00e8s le vol nuptial o\u00f9 le m\u00e2le, en un seul acte, a exhal\u00e9 sa vie et rendu inutile la pr\u00e9sence des m\u00e2les, et d\u00e8s lors, tout entre dans l&rsquo;ordre, d\u00e9finitivement : la ruche s&rsquo;anime et demeurera ani\u00adm\u00e9e; le miel se fera et s&rsquo;accumulera. Mais le prix de ce miel est la destruction de tous les autres possibles. La vie et la conscience de vivre y sont pris dans un cul-de-sac.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">J&rsquo;imagine la conscience d&rsquo;une fourmili\u00e8re fonctionnant d&rsquo;une fa\u00e7on assez analogue \u00e0 celle de ce dormeur dont le pour-soi s&rsquo;\u00e9tait identifi\u00e9 \u00e0 une incessante recherche d&rsquo;eau de fleur d&rsquo;oranger. On se souvient que le faire de cette pour\u00adsuite, sur des patins \u00e0 roulettes, tout le long de cha\u00eenes de montagnes imaginaires, \u00e9tait la forme m\u00eame qu&rsquo;avait assum\u00e9e le pour-soi-sommeil, enferm\u00e9 dans sa propre protection. La r\u00e9ussite de la protection avait fait culbuter la conscience dans la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une action mue d&rsquo;un mouvement inces\u00adsant, uniforme, in\u00e9branlable. Ce faire avait happ\u00e9 juste ce qu&rsquo;il fallait de conscience pour l&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;urgence de chercher de l&rsquo;eau de fleur d&rsquo;oranger, et avait n\u00e9antis\u00e9 tout le reste de la conscience : tout ce qui, en posant la moindre interrogation, aurait rompu le mythe et bris\u00e9 le charme hypnotique. Et cette recherche, n\u00e9cessairement st\u00e9rile, ne comportait ni espoir ni d\u00e9sespoir; ni expectative, ni <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">frustration<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">; ni joie, ni douleur. Elle ne comportait pas de r\u00e9signation non plus : tous ces jugements de valeurs n&rsquo;existent que par comparaison. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;\u00eatre en situation, mais une situation pour-soi, qui \u00e9tait son propre faire. Les fourmis, actives, h\u00e2tives, press\u00e9es, empress\u00e9es, vont et viennent, viennent et vont. Les soci\u00e9t\u00e9s fonctionnelles fonctionnent pour fonctionner. Tel est leur postulat, leur credo, leur morale. \u00ab Business as usual \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les soci\u00e9t\u00e9s sont en tous cas femelles. Elles le sont toujours, tout le <\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><span lang=\"zxx\"><a href=\"http:\/\/temps.et\/\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">temps et<\/span><\/span><\/a><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> par d\u00e9finition. D&rsquo;o\u00f9 leur incom\u00adpatibilit\u00e9 avec ce qu&rsquo;enseignait celui qui, si justement, se disait Fils de l&rsquo;Homme. Elles le sont, parce qu&rsquo;elles s&rsquo;appel\u00adlent accumulation, patrimoine, protection, exp\u00e9rience, insti\u00adtutions. Elles le sont parce qu&rsquo;elles s&rsquo;appellent Pass\u00e9 et Valeurs. Elles le sont, parce qu&rsquo;elles se sont <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">cristallis\u00e9es<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> d\u00e8s leur origine autour de rapports sociaux et \u00e9conomiques, autour de repr\u00e9sentations de l&rsquo;homme et de l&rsquo;Univers, autour de relations familiales, nationales et internationales, qui ont forc\u00e9ment vieilli d&rsquo;une ann\u00e9e chaque ann\u00e9e, d&rsquo;une id\u00e9e \u00e0 chaque id\u00e9e. Mais ces esp\u00e8ces humaines (en r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9-humaines), contrairement aux esp\u00e8ces animales, contien\u00adnent en leurs seins les \u00e9l\u00e9ments de destruction, qui, de catas\u00adtrophe en catastrophe, tendent vers l&rsquo;\u00e9closion humaine. En effet, les esp\u00e8ces animales, des moins \u00e9volu\u00e9es aux plus \u00e9volu\u00e9es, impriment aux individus qui leur appartiennent, les stigmates des barri\u00e8res infranchissables qu&rsquo;elles opposent aux possibles refus\u00e9s. L&rsquo;animal, \u00e0 sa naissance, exprime une pr\u00e9pond\u00e9rance du pass\u00e9 sur l&rsquo;ind\u00e9termin\u00e9. Les r\u00e9actions d&rsquo;auto-protection de tout le pass\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce, sont cela m\u00eame par quoi se d\u00e9finit l&rsquo;activit\u00e9 du jeune poussin qui, \u00e0 la sortie de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">l\u2019\u0153uf<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, se comporte \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;une petite m\u00e9canique bien remont\u00e9e. Quant aux d\u00e9finitions morpholo\u00adgiques des esp\u00e8ces, on les d\u00e9couvre tout au long de l&rsquo;\u00e9volu\u00adtion que parcourt le <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">f\u0153tus<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> humain. Ce <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">f\u0153tus<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> passe \u00e0 travers les formes qu&rsquo;assument les esp\u00e8ces et ne s&rsquo;y arr\u00eate pas, et les esp\u00e8ces, \u00e0 chaque progression, se reconnaissent en tant que fixations d&rsquo;instants qu&rsquo;il d\u00e9passe.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est ici que mon all\u00e9gorie voudrait pouvoir s&rsquo;ins\u00e9rer<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">dans les prodigieux po\u00e8mes \u00e9piques \u2013 si mal compris \u2013 <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">la Gen\u00e8se, de l&rsquo;Exode, des Proph\u00e8tes et des <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9vangiles.<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Car tout le drame humain est dans ce germe fouett\u00e9, harcel\u00e9, expuls\u00e9 de chacun des abris qui sollicitent l&rsquo;arr\u00eat, la nais\u00adsance, la fixation de l&rsquo;esp\u00e8ce. Tout au long, cette invitation au repos, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la survivance passive, a attir\u00e9 le germe de l&rsquo;\u00c9ternel, et il n&rsquo;a pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 son emprise enchan\u00adteresse. Saisi, happ\u00e9 par la magie de la Grande Femelle, il s&rsquo;est retrouv\u00e9 d\u00e9finitivement transform\u00e9 en poisson, en chien, en singe, en statue de sel. Mais, malgr\u00e9 lui, une partie de lui-m\u00eame, fouaill\u00e9e <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">au-del\u00e0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> des limites de ce qu&rsquo;il pouvait supporter, semble avoir bascul\u00e9 dans l&rsquo;indicible souffrance d&rsquo;un refus obstin\u00e9, o\u00f9, perdant vie et conscience, le germe s&rsquo;est retrouv\u00e9 par del\u00e0 lui-m\u00eame, dans l&rsquo;\u00e9tat de mutation qu&rsquo;impliquerait ce refus. L&rsquo;homme ne descend pas du singe. S&rsquo;est fix\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9tat simiesque le germe qui n&rsquo;a pas su deve\u00adnir le cruel anthropopith\u00e8que gav\u00e9 de sang. Le jeu des deux \u00e9quilibres; le statique et le dynamique; celui de la Chair et celui du Souffle; celui du Nombre et celui de l&rsquo;Infini (qu&rsquo;im\u00adporte leurs noms !) a constamment r\u00e9parti les pertes et les gains, mais en jouant \u00e0 qui perd gagne.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;esp\u00e8ce, \u00e9tant une m\u00e9canisation du pass\u00e9, les indivi\u00addus qui la composent ne peuvent, \u00e0 aucun moment s&rsquo;int\u00e9grer dans la conscience du pr\u00e9sent. Leur armure d&rsquo;instincts leur donne un acc\u00e8s instantan\u00e9 au monde, mais \u00e0 travers les seules ouvertures de leurs sp\u00e9cialisations. Dans les esp\u00e8ces plus souples que ne le sont celles, condamn\u00e9es, des insectes, le degr\u00e9 d&rsquo;\u00e9ducabilit\u00e9 des individus est loin d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli. En particulier, chez les esp\u00e8ces domestiqu\u00e9es, dont la s\u00e9curit\u00e9 est assum\u00e9e par l&rsquo;homme et o\u00f9, par cons\u00e9quent, l&rsquo;instinct de conservation est \u00e0 peu pr\u00e8s an\u00e9anti, il est fort difficile de discerner les qualit\u00e9s intellectuelles et psycholo\u00adgiques susceptibles de se d\u00e9velopper \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du vide qui s&rsquo;est ainsi produit. L&rsquo;on a vu des chiens et des chevaux sachant lire, \u00e9crire et r\u00e9ussir des calculs compliqu\u00e9s. Les familiers des b\u00eates leur accordent, \u00e0 juste raison, des senti\u00adments profonds et une intelligence complexe. Cependant, quelles que soient ces qualit\u00e9s, aucune b\u00eate ne se situera universellement dans l&rsquo;espace et le temps, en tant qu&rsquo;inter\u00adrogation au sujet de son \u00eatre. Il est en effet \u00e9vident que, pour intelligent que soit un chien, il ne transcendera jamais le cercle magique o\u00f9 l&rsquo;enferme sa condition morphologique, tr\u00e8s limit\u00e9e par rapport \u00e0 celle de l&rsquo;homme. Quoi que l&rsquo;on fasse pour lui, on ne pourra pas d\u00e9faire sa naissance, qui a lieu dans le lointain pass\u00e9 du germe universel, au cours d&rsquo;une des innombrables \u00e9tapes o\u00f9, lui, n&rsquo;a pas voulu s&rsquo;arr\u00eater.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et nous arrivons \u00e0 l&rsquo;homme ou, du moins, \u00e0 l&rsquo;approxima\u00adtion d&rsquo;homme que nous repr\u00e9sentons. Ici, l&rsquo;organisme \u00e0 sa naissance est le plus souple et le plus plastique que la Terre ait encore enfant\u00e9. En lui, sont mis en d\u00e9route les automa\u00adtismes accumul\u00e9s des esp\u00e8ces. En lui, le pass\u00e9 se tait, d\u00e9sem\u00adpar\u00e9, ayant perdu jusqu&rsquo;au souvenir des exp\u00e9riences. En lui, la dur\u00e9e des Temps a achev\u00e9 sa course \u00e9perdue en vue de rattraper le Pr\u00e9sent. En lui est l&rsquo;aboutissement, non pas des adaptations qui fix\u00e8rent les esp\u00e8ces, mais des ruptures d&rsquo;adaptations en vue d&rsquo;adaptabilit\u00e9s de plus en plus d\u00e9licates et pr\u00e9cises. En lui, tous les possibles avenus sont silencieux dans l&rsquo;attente de l&rsquo;impr\u00e9visible contact de cette merveille plastique et du Pr\u00e9sent. En lui, la Terre a enfin \u00e9labor\u00e9 sa r\u00e9ponse au il y a, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternel Pr\u00e9sent du il y a, \u00e0 sa fra\u00eecheur, \u00e0 sa spontan\u00e9it\u00e9. Voici : le Pass\u00e9 a recul\u00e9; il ne p\u00e8se plus sur cette chair \u00e9minemment vierge; il n&rsquo;imprime pas en sa conscience le savoir et le faire et le reconna\u00eetre et le choisir; ni les protections, ni les r\u00e9sistances, ni enfin tout ce par quoi les esp\u00e8ces m\u00e8nent leurs luttes auto-mutilatrices contre l&rsquo;ineffable courant vital du il y a. Regardez-le. L&rsquo;Enfant est l\u00e0. Et que fait-il ? Il dort, il ne se rend compte de rien.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le Pr\u00e9sent lui a donn\u00e9 son baiser ineffable. Cet \u00eatre est si d\u00e9licat que, nous dit-on, les astres lointains l&rsquo;ont mar\u00adqu\u00e9 des effluves de leur conjonction&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Eh&#8230; Mais c&rsquo;est bien l\u00e0 que tout se g\u00e2te, et se retourne en une diabolique moquerie. Car cet \u00eatre est une r\u00e9ponse si merveilleuse au Pr\u00e9sent, que, plus vuln\u00e9rable que la plus molle des cires molles, tout s&rsquo;imprime en lui p\u00eale-m\u00eale, au hasard des contingences. Bient\u00f4t, tout \u00e0 l&rsquo;heure, tout de suite, ce <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">chef-d\u2019\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> de virginit\u00e9 ne sera plus qu&rsquo;un inex\u00adtricable brouillamini d&#8217;empreintes.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Peu importe que la catastrophe se produise au cours de ce que l&rsquo;on a appel\u00e9 le traumatisme de la naissance ou d\u00e8s les premiers mouvements de la vie intra-ut\u00e9rine : elle se produit in\u00e9vitablement en chacun. Chacun de nous a re\u00e7u en don la gr\u00e2ce d&rsquo;\u00eatre effleur\u00e9 par la pr\u00e9sence du Pr\u00e9sent. Au fait, je ne sais trop ce que ces mots veulent dire. Je voudrais exprimer tout ce qu&rsquo;un \u00eatre absolument neuf, abso\u00adlument lav\u00e9 du pass\u00e9, \u00e9prouverait au contact de la myst\u00e9\u00adrieuse pr\u00e9sence du il y a, si, pr\u00e9cis\u00e9ment, sa virginit\u00e9, sa puret\u00e9, n&rsquo;avait tout balay\u00e9 en lui, ne laissant rien. Il y a l\u00e0 une contradiction totale, celle m\u00eame qui expulse l&rsquo;homme hors de tout ce qui le d\u00e9finirait \u00e0 sa perception. La percep\u00adtion primordiale et pure du il y a, \u00e9tant neuve, ne se sait pas perception. L&rsquo;enfant dort. En lui, le myst\u00e8re s&rsquo;est pench\u00e9 sur lui-m\u00eame; peut-\u00eatre l&rsquo;ineffable s&rsquo;est-il reconnu dans le Nombre de l&rsquo;Univers; peut-\u00eatre s&rsquo;est-il murmur\u00e9 son nom&#8230; Et l&rsquo;enfant, grandissant, se h\u00e2tera de ressembler \u00e0 tout le<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux \u00eatres les plus laids, les plus mes\u00adquins, les plus stupides que la Terre puisse former.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">* *<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"en-US\"><br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et maintenant, de Profundis : du fond de l&rsquo;ab\u00eeme cla\u00admez vers le Seigneur; priez, invoquez le Ciel, suppliez; allez \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise; cela ne servira qu&rsquo;\u00e0 vous enterrer davantage. Lisez cinq-cent-mille mots d&rsquo;ontologie, de th\u00e9ologie, de philo\u00adsophie, et vous vous enterrerez encore. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9tudiez.<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Faites-vous psychanalyser. Exercez-vous au yoga. Vous vous enterrerez \u00e9galement, Aussi bien, pour ma part, je sens que mon \u00e9crit est sur le point de s&rsquo;achever brusquement, car je n&rsquo;ai rien \u00e0 dire encore que je n&rsquo;aie dit ad nauseam.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je tenais, entre autres choses, \u00e0 suivre avec logique le d\u00e9veloppement irrationnel de la contradiction interne qui est l&rsquo;essence de tout ce qu&rsquo;il y a, et \u00e0 le poursuivre jusqu&rsquo;\u00e0 son \u00e9clatement paradoxal dans l&rsquo;homme. J&rsquo;ai choisi \u00e0 cet effet des mots simples. J&rsquo;aurais pu en choisir d&rsquo;autres, et l&rsquo;all\u00e9\u00adgorie e\u00fbt \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente. Je ne pr\u00e9tends pas avoir exprim\u00e9 une v\u00e9rit\u00e9 en termes de v\u00e9rit\u00e9 : les mots ne sont que des images et une repr\u00e9sentation ne vaut que dans la mesure o\u00f9, s&rsquo;effa\u00e7ant, elle ouvre les voies de l&rsquo;ind\u00e9finissable. Il m&rsquo;impor\u00adtait de d\u00e9p\u00eatrer la recherche int\u00e9rieure propre \u00e0 tout homme digne de ce nom, des trahisons de la v\u00e9rit\u00e9 que sont les religions et du blabla ontologique; je crois avoir montr\u00e9, \u00e0 cet effet, que l&#8217;emploi de mots sans contenu masque tou\u00adjours la volont\u00e9 d&rsquo;instaurer un \u00e9quilibre statique, bas\u00e9 sur des notions pass\u00e9es (la pens\u00e9e n&rsquo;est jamais qu&rsquo;un pass\u00e9 congel\u00e9), donc en perp\u00e9tuel d\u00e9saccord avec le Pr\u00e9sent. La science de l&rsquo;\u00eatre et le Pr\u00e9sent, (le il y a vivant) ne se ren\u00adcontrent jamais.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La Bonne Nouvelle d&rsquo;une R\u00e9v\u00e9lation n&rsquo;est pas la R\u00e9v\u00e9\u00adlation : la parole de J\u00e9sus n&rsquo;est vraie que si l&rsquo;on est un avec lui; si l&rsquo;on est un avec la v\u00e9rit\u00e9, son parfum est celui du printemps.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il y a une fa\u00e7on simple de s&rsquo;aborder soi-m\u00eame et d&rsquo;abor\u00adder le Monde en \u00e9tat de Connaissance. Mais, il faut pour cela, n&rsquo;\u00eatre pas docteur.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;\u00e9tat de stupeur totale devant le il y a, o\u00f9 tout l&rsquo;\u00eatre demeure suspendu, est trop nu, trop profond\u00e9ment, trop irr\u00e9m\u00e9diablement religieux pour \u00eatre per\u00e7u par un pr\u00eatre. Car toute repr\u00e9sentation meurt \u00e0 ce seuil, et les pr\u00eatres sont des marchands de repr\u00e9sentations. Dans le vide absolu de la constatation \u00ab il y a \u00bb, il n&rsquo;y a rien \u00e0 vendre. Il n&rsquo;y a rien \u00e0 croire. Il n&rsquo;y a rien \u00e0 gagner. Aucune religion ne pour\u00adrait r\u00e9sister \u00e0 cette suspension terriblement religieuse des facult\u00e9s. Aussi bien l&rsquo;assomment-elles avec leurs credos, leurs preuves, leurs r\u00e9p\u00e9titions de gestes et de mots. L&rsquo;impensable myst\u00e8re du il y a est vite camoufl\u00e9. Et la lutte stupide, au sein du il y a, pour asseoir un semblant de dur\u00e9e psychique est aussit\u00f4t organis\u00e9e, dirig\u00e9e par les religions, gr\u00e2ce au stratag\u00e8me qui fait passer <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9ternit\u00e9<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> pour une \u00ab \u00e9ternit\u00e9 des temps \u00bb, une \u00ab \u00e9ternit\u00e9 de dur\u00e9e \u00bb, un \u00ab toujours \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au cours de cette sorcellerie, nous \u2013 chacun de nous \u2013 qui avons \u00e9t\u00e9 effleur\u00e9s ne f\u00fbt-ce qu&rsquo;en notre enfance, par l&rsquo;aile rapide du il y a en pleine \u00e9closion cr\u00e9atrice, nous voici m\u00e9tamorphos\u00e9s \u00e0 la mode des anciens contes de f\u00e9es : transform\u00e9s en pr\u00e9-humains, en post-anthropopith\u00e8ques, aux doux chants d&rsquo;hymnes religieux, guid\u00e9s par nos parents, pouss\u00e9s par nos camarades, forc\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9. Mais celui qui a v\u00e9cu l&rsquo;impensable jusque dans les fibres les plus secr\u00e8\u00adtes de sa conscience, s&rsquo;aper\u00e7oit petit \u00e0 petit qu&rsquo;une sorte de cl\u00e9 enchant\u00e9e lui a \u00e9t\u00e9 mise entre les mains, qui d\u00e9fera la mauvaise sorcellerie des marchands. Cette cl\u00e9 ouvrira tout ce qu&rsquo;il y a, dans le il y a, et lui montrera \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">l\u2019\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> le curieux m\u00e9canisme contradictoire par lequel tout ce qu&rsquo;il y a va vers sa mort, bonne ou mauvaise. La bonne est celle qui d\u00e9fait ce qu&rsquo;il y a, en soumission au il y a (je fais la volont\u00e9 du P\u00e8re, dit J\u00e9sus), la mauvaise est celle qui durcit ce qu&rsquo;il y a, contre ce qu&rsquo;il y a. Et il se trouve aussi que la mauvaise d\u00e9fait ce qu&rsquo;il y a, ne luttant pas assez contre le il y a, et que la bonne durcit ce qu&rsquo;il y a, en acceptation du don de vie. C&rsquo;est l\u00e0 que les docteurs s&rsquo;\u00e9garent, \u00e0 la poursuite de syllo\u00adgismes.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais la cl\u00e9 d\u00e9chiffre les signes int\u00e9rieurs dans l&rsquo;homme, et cette lecture a, pour premier effet, celui de nous faire taire. On ne peut pas \u00e0 la fois lire ces signes et discourir, lire ces signes et r\u00e9citer son br\u00e9viaire, lire ces signes et penser \u00e0 une th\u00e9orie. S&rsquo;il est vrai que la Nature nous a cr\u00e9\u00e9s plastiques et que l&#8217;empreinte vivante du Pr\u00e9sent est enfouie en nous; si cela est vrai, qu&rsquo;est devenue cette fra\u00eecheur ? N&rsquo;a-t-elle pas \u00e9t\u00e9 recouverte par une pelure tr\u00e8s fine de r\u00e9actions, puis par une autre, et d&rsquo;autres encore, en quan\u00adtit\u00e9s innombrables, comme par des couches stratifi\u00e9es de substance vivante, mais de plus en plus complexes et de plus en plus organis\u00e9es, de fa\u00e7on \u00e0 transformer en automatismes (combien n\u00e9cessaires) tout ce que l&rsquo;enfant a appris, de sa naissance \u00e0 l&rsquo;adolescence, et ensuite tout ce que l&rsquo;adolescent a accumul\u00e9 et enfin ce que l&rsquo;adulte a th\u00e9sauris\u00e9 ? Tout cela \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un cocon qui s&rsquo;est enroul\u00e9, enferm\u00e9, ficel\u00e9 autour de lui-m\u00eame ? Et qu&rsquo;y a-t-il dedans ? Y a-t-il quelque chose ? Ou, au contraire, n&rsquo;y a-t-il justement rien, rien que l&rsquo;ineffable r\u00e9ponse impensable du Pr\u00e9sent au Pr\u00e9sent ? Et que sommes-nous ? Sommes-nous ce cocon immobile, ember\u00adlificot\u00e9 en lui-m\u00eame ? Sommes-nous cette apparence ? Som\u00admes-nous ce fouillis inextricable de fils entortill\u00e9s sur eux-m\u00eames ? Oui, nous sommes cela. Mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cela<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">qui doit \u00ab perdre sa vie \u00bb si l&rsquo;autre, l&rsquo;indicible, doit r\u00e9ap\u00adpara\u00eetre.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous avons fil\u00e9 et tiss\u00e9 toutes les journ\u00e9es de notre existence et avons enseveli notre vie dans ce suaire. Et maintenant De Profundis : clamez de l&rsquo;ab\u00eeme. Qui vous entendra jamais\u00a0? Les Cieux sont vides, lorsque l&rsquo;homme est st\u00e9rile.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Avons-nous eu des exp\u00e9riences spirituelles ? Leur sou\u00advenir les a assassin\u00e9es. La f\u00e9licit\u00e9 que nous en avons ressentie les a assassin\u00e9es. La certitude, le cri de joie, l&rsquo;extase les a assassin\u00e9es. Car ces d\u00e9lectables \u00e9motions se sont ajout\u00e9es au per\u00e7u, au go\u00fbt\u00e9, au compar\u00e9, au connu, au pass\u00e9, \u00e0 la trame du tissu de nos jours. Go\u00fbtons-nous \u00ab encore une fois \u00bb cet ineffable ? Ce n&rsquo;est donc pas lui. Peut-\u00eatre nous a-t-il surpris une fois par m\u00e9garde. Mais si nous l&rsquo;avons \u00ab senti \u00bb c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus l\u00e0. Il n&rsquo;y a pas de rencontre possible entre le neuf et le vieux. Et \u00ab qui \u00bb \u00e9tait l\u00e0 pour l&rsquo;accueillir ? Est-on ?&#8230; Sommes-nous autre chose qu&rsquo;un pass\u00e9, et un pass\u00e9 est-il autre chose qu&rsquo;une protection ? Qu&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9fensif ? Qu&rsquo;une organisation fortifi\u00e9e ?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">S&rsquo;il est vrai, dis-je, que la Nature nous a cr\u00e9\u00e9s plasti\u00adques et que l&#8217;empreinte vivante du Pr\u00e9sent est enfouie en nous, que sommes-nous, au <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">c\u0153ur<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, au centre de cette empreinte, si ce n&rsquo;est la virginale capacit\u00e9 de la subir ? Le mot subir est inad\u00e9quat : il y a capacit\u00e9 de r\u00e9pondre. Et r\u00e9ponse est inad\u00e9quat aussi : il y a possibilit\u00e9 de cr\u00e9er le Pr\u00e9sent. Mais qu&rsquo;est-ce qui cr\u00e9e, si ce n&rsquo;est l&rsquo;incr\u00e9\u00e9 ? Je pense qu&rsquo;au d\u00e9part, il y a, en chacun de nous pr\u00e9pond\u00e9rance d&rsquo;incr\u00e9ation. Il y a rupture physiologique des fabrications en faveur d&rsquo;une courbe, unique en chacun. Que nombre de possibles soient d\u00e9termin\u00e9s par l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et le milieu, cela ne me semble avoir qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat descriptif, de m\u00eame qu&rsquo;en physiologie on \u00e9tudie la composition des tissus, \u00e9tude qui peut laisser l&rsquo;athl\u00e8te indiff\u00e9rent. Ce qui importe est que le rien du tout, enferm\u00e9 dans le cocon de son moi, s&rsquo;envole un jour. De l&rsquo;\u00e9tat de chrysalide, ce prisonnier vivant et qui n&rsquo;est rien, s&rsquo;\u00e9chappera-t-il, souffle soufflant o\u00f9 il veut ? Telle est la question, non pas \u00eatre ou ne pas \u00eatre, qui n&rsquo;a aucun sens, mais sommes-nous ce rien du tout, enferm\u00e9 dans le cocon du moi ? Non : nous sommes le cocon, devenu but-en-soi, fin-en-soi, et \u00ab je suis \u00bb, et \u00ab je me connais \u00bb, et \u00ab je m&rsquo;identifie avec moi-m\u00eame \u00bb et \u00ab je dure \u00bb, et \u00ab je suis \u00e9tincelle \u00bb, et \u00ab je suis parcelle d&rsquo;un cocon divin, Atman, Dieu Personnel \u00bb, et le reste.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et tout ce dont nous sommes ainsi faits est le contraire, l&rsquo;oppos\u00e9, la n\u00e9gation de ce rien du tout, enferm\u00e9, qu&rsquo;est l&rsquo;incr\u00e9\u00e9 en nous. L&rsquo;ai-je assez dit, et que cela ne peut plus durer, car c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;humanit\u00e9 se fera sauter ?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je voulais, en commen\u00e7ant cet ouvrage, montrer la profondeur de la crise o\u00f9 nous nous d\u00e9battons tous. Je vou\u00addrais que quelques-uns l&rsquo;aient vue insondable. Il n&rsquo;y a aucune commune valeur entre l&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9-humaine que nous som\u00admes et la lutte que nous entreprenons pour une Gen\u00e8se <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">au-del\u00e0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> de l&rsquo;esp\u00e8ce : pour une mutation. La terrible aventure de la conscience est son pouvoir de se d\u00e9truire en s&rsquo;affir\u00admant. Le pour-soi spontan\u00e9 et discontinu de l&rsquo;enfant construit, tout naturellement, le cocon n\u00e9cessaire \u00e0 une conscience abandonn\u00e9e par les automatismes de l&rsquo;instinct. La cristallisation, l&rsquo;identification de la conscience et de son cocon est in\u00e9vitable, puisque le cocon s&#8217;empare de la totalit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience. L&rsquo;incr\u00e9\u00e9 emprisonn\u00e9 au centre de ce d\u00e9ve\u00adloppement ininterrompu ne s&rsquo;exprime que par \u00e9ruptions volcaniques, incompr\u00e9hensibles, d\u00e9routantes, parfois angois\u00adsantes, et qui s&rsquo;opposent \u00e0 la conscience-entit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">plonger dans le d\u00e9sarroi. Nous avons tous connu, dans notre enfance, des moments o\u00f9 notre conscience semblait chavirer dans la terreur sans nom du vide o\u00f9 la plongeaient des questions saugrenues mais profondes comme une maladie mortelle : comment se fait-il que je sois justement moi, moi, pas un autre ? Et que le monde soit pr\u00e9cis\u00e9ment celui-ci ? Et que serait-il arriv\u00e9 si j&rsquo;\u00e9tais un autre ? Et si mes parents n&rsquo;\u00e9taient pas eux Etc&#8230; Etc&#8230; Nous avons tous connu les fausses m\u00e9moires, les souvenirs imaginaires, les mondes extravagants, les entit\u00e9s irr\u00e9elles qui vont et viennent dans la conscience de l&rsquo;enfant. Les parents se h\u00e2tent de leur opposer l&rsquo;\u00e9vidence de leur conditionnement, la solide et robuste r\u00e9alit\u00e9 de leur monde pr\u00e9fabriqu\u00e9. L&rsquo;enfant inadapt\u00e9 \u00e0 cette esp\u00e8ce pr\u00e9-humaine est un souci, un probl\u00e8me, un objet de r\u00e9probation et de honte. Les \u00e9ducateurs, et surtout les pr\u00eatres de toutes les religions, broient l&rsquo;incr\u00e9\u00e9 vivant, fa\u00e7onnent l&rsquo;enfant, le mutilent en lui inculquant la terreur des ch\u00e2timents et la douceur des soumissions et des absolu\u00adtions. Rien n&rsquo;est plus sucr\u00e9 que le sourire des grandes per\u00adsonnes aur\u00e9olant le jeune conformiste, l&rsquo;enfant sage, le bon \u00e9l\u00e8ve. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9-humaine a toutes les armes pour elles, et les richesses de toutes les possessions. Il n&rsquo;y a aucune com\u00admune mesure entre ce monde, pris en bloc, et le terrible cri int\u00e9rieur de l&rsquo;esprit \u00e9touff\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La meilleure de ces armes est la pens\u00e9e. C&rsquo;est elle qui, par sorcellerie, fait surgir le pass\u00e9 mort et lui redonne vie. Elle n&rsquo;est faite que de pass\u00e9, cela est \u00e9vident, puisqu&rsquo;elle ne manipule que ce qu&rsquo;elle peut int\u00e9grer dans ce qu&rsquo;elle con\u00adna\u00eet. Aussi, mesurant sa faiblesse, a-t-on depuis longtemps d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 son secours la panac\u00e9e dite intuition. L&rsquo;intuition m\u00e9taphysique est dou\u00e9e du pouvoir admirable de diriger la pens\u00e9e dans l&rsquo;univers des paroles sans contenu et de lui permettre ainsi de donner les d\u00e9finitions de mots qu&rsquo;elle ne<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">con\u00e7oit pas. Nous avons vu, analys\u00e9, critiqu\u00e9 cette Com\u00e9die. Il n&rsquo;est pas utile d&rsquo;y revenir, si ce n&rsquo;est pour jeter un dernier coup <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">d\u2019\u0153il<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> d&rsquo;ensemble sur la majestueuse et solennelle assembl\u00e9e de philosophes, d&rsquo;\u00e9rudits, de th\u00e9ologiens et de saints que, depuis des si\u00e8cles, accumule autour d&rsquo;elle l&rsquo;es\u00adp\u00e8ce pr\u00e9-humaine, condamn\u00e9e \u00e0 se d\u00e9truire. Cette prodi\u00adgieuse somme d&rsquo;intelligences, offre \u00e0 notre admiration tout ce qui compose notre patrimoine culturel. Pour rejeter ce patrimoine dans sa totalit\u00e9, du fait que sa base, sa fondation, pour ad\u00e9quate qu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 dans le pass\u00e9, est erron\u00e9e, fausse, pervertie, d\u00e9compos\u00e9e aujourd&rsquo;hui, \u00e0 cause de l&rsquo;acc\u00e9\u00adl\u00e9ration du Temps (dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9) il faut se laisser envahir par l&rsquo;extr\u00eame humilit\u00e9, par la nue simplicit\u00e9 de l&rsquo;esprit.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Car, si l&rsquo;on rejette ce pass\u00e9, c&rsquo;est soi-m\u00eame que l&rsquo;on rejette et est-ce possible ? Mais il existe une antinomie qui consiste \u00e0 absorber, \u00e0 int\u00e9grer, (\u00e0 accomplir, comme disait J\u00e9sus) et c&rsquo;est cela qui est possible et n\u00e9cessaire. Cela ne comporte pas tant d&rsquo;\u00e9tudes ni de grimoires. Cette simplicit\u00e9 de l&rsquo;esprit est une maturation int\u00e9rieure et, pareillement, une d\u00e9vitalisation de ce qui l&rsquo;abritait : de ce que j&rsquo;ai compar\u00e9 \u00e0 un cocon. Cette simplicit\u00e9 de l&rsquo;esprit est, en somme un transfert de vitalit\u00e9. Et si l&rsquo;ensemble de mon all\u00e9gorie fait image, l&rsquo;on voit bien que nous mourons aujourd&rsquo;hui, que nous nous tuons et nous nous d\u00e9truisons aujourd&rsquo;hui, du fait de toutes nos protections. Protections intellectuelles et psychologiques. Protections arm\u00e9es. Les unes et les autres sont devenues fins \u00e0 elles-m\u00eames. Si l&rsquo;on veut vivre, on doit cesser de se prot\u00e9ger.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et cesser de s&rsquo;organiser. En bref, pourrait-on se d\u00e9cider \u00e0 prendre au s\u00e9rieux, \u00e0 prendre \u00e0 la lettre, les pr\u00e9ceptes de J\u00e9sus, lorsqu&rsquo;il nous demandait de ne pas penser au lendemain, de ne pas nous d\u00e9fendre, de ne pas nous prot\u00e9ger ?<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il est, certes, extr\u00eamement difficile de percevoir ce<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">renversement de valeurs, sur tous les registres, avec assez d&rsquo;acuit\u00e9 pour prolonger son foyer en nous-m\u00eames. Et m\u00eame lorsque cette conversion se produit en nous, il est diaboli\u00adquement difficile de l&rsquo;y maintenir. Car il est diaboliquement facile et naturel de retomber \u00e0 tout instant dans l&rsquo;inertie du connu, des automatismes, des r\u00e9sistances passives. Et il est tout \u00e0 fait inutile de r\u00e9agir contre ces sollicitations, de se forcer \u00e0 les refuser, car cette r\u00e9sistance serait la r\u00e9sistance m\u00eame contre laquelle on s&rsquo;imaginerait lutter et qui instau\u00adrerait la lutte elle-m\u00eame. Elle s&rsquo;appuierait sur quelque id\u00e9e, sur une \u00e9thique, sur une aspiration vers l&rsquo;unit\u00e9 humaine, sur une d\u00e9finition \u2013 ou pour le moins une notion de l&rsquo;humain, sur un cadre de repr\u00e9sentations pr\u00e9par\u00e9 en vue de recevoir le souffle nouveau-n\u00e9, comme si l&rsquo;on pouvait pr\u00e9voir l&rsquo;impr\u00e9visible et penser l&rsquo;impensable.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est au contraire une disponibilit\u00e9 totale et tr\u00e8s vuln\u00e9\u00adrable qui r\u00e9sulte de cette \u00ab lucidit\u00e9 int\u00e9rieure, constamment sur le qui-vive, suspendue dans la perception d&rsquo;elle-m\u00eame \u00e0 travers toutes les couches de la conscience \u00bb <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">(Krishnamurti)<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">. Mais devant cette exigence de la conscience rendue \u00e0 elle-m\u00eame et de l&rsquo;intelligence r\u00e9instaur\u00e9e dans sa fonction, l&rsquo;on a beaucoup de mal \u00e0 admettre que c&rsquo;est l\u00e0 que se trouve la solution de la crise mondiale. La difficult\u00e9, non seulement de mettre en <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> cette lucidit\u00e9, mais de comprendre m\u00eame en quoi elle consiste, devrait r\u00e9duire \u00e0 un nombre infime les personnes dispos\u00e9es \u00e0 s&rsquo;y consacrer. Et ce travail, tout individuel, peut-il avoir une port\u00e9e sociale ? Longtemps je me suis formul\u00e9 ces objections, ou, plut\u00f4t, les ai-je oppos\u00e9es \u00e0 Krishnamurti, dans des discussions passionn\u00e9es. Je le voyais choisir le chemin le plus long et le plus fr\u00eale, comme si, pour \u00e9teindre un incendie, on s&rsquo;en allait, avec une baguette de sourcier, en qu\u00eate d&rsquo;un filet d&rsquo;eau souterraine. Mais, les ann\u00e9es passant, je voyais nos pompiers, sous leurs coiffures de chefs temporels ou spirituels alimenter l&rsquo;incen\u00addie avec tout ce qu&rsquo;ils inventaient pour l&rsquo;\u00e9teindre. Je voyais s&rsquo;\u00e9tablir, dans la plupart des esprits, la confusion entre l&rsquo;action catastrophique men\u00e9e par des hommes qui s&rsquo;iden\u00adtifiaient \u00e0 l&rsquo;inconscient collectif d&rsquo;une nation, d&rsquo;une religion, d&rsquo;un groupe en \u00e9tat d&rsquo;affirmation \u00e9gocentrique par opposi\u00adtion \u00e0 d&rsquo;autres groupes, et telle action isol\u00e9e qui pourrait r\u00e9sulter d&rsquo;un homme, d&rsquo;un seul, se d\u00e9gageant au contraire de l&rsquo;\u00e2me-groupe d&rsquo;un troupeau. Sa conduite ne serait pas n\u00e9cessairement marqu\u00e9e du sceau de l&rsquo;\u00e9rudition, ni de la connaissance approfondie des syst\u00e8mes philosophiques, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours. Elle se limiterait peut-\u00eatre \u00e0 un geste simple et na\u00eff, qui s&rsquo;\u00e9puiserait aussit\u00f4t exprim\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sans vouloir \u00e9valuer celui de Garry Davies, qui consista \u00e0 s&rsquo;asseoir un jour sur le bord d&rsquo;un trottoir, devant le palais de l&rsquo;O.N.U., et \u00e0 d\u00e9chirer son passeport am\u00e9ricain, en se d\u00e9clarant citoyen du monde, il m&rsquo;appara\u00eet d&rsquo;une plus grande port\u00e9e que le gigantesque appareil administratif mis en <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u0153uvre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> par l&rsquo;O.N.U., l&rsquo;UNESCO, le NATO (ou OTAN), le SHAPE, I.A.C.I ., le B.I.I ., la B.I.R.D. (ou I.B.F.R.D.), la B.I.S., le B.I.T. (ou I.L.O.) la B.R.I. (ou B.I.S.) le C.A.C., le C.A.T., le C.C.A., le C.F.S. (ou E.C.O.S.O.C. ou E.S.C.), la C.I.J. (ou I.C.J .), la E.C.A.F.E. (ou C.E.A.E.O,), la E.C.E. (ou C.E.E.), la E.C.L.A. (ou C.E.A.L.) , le F.I.S.E., le G.A.T.T., le I.C.E.F., le UNAC, l&rsquo;UNICEF, l&rsquo;ICAO, l&rsquo;IMF, l&rsquo;IRO, l&rsquo;ITO, l&rsquo;I U, l&rsquo;OIR, l&rsquo;OMS, l&rsquo;UIT&#8230; et quelque deux ou trois mille autres organisations, qui entourent cent cinquante pays d&rsquo;un r\u00e9seau aux mailles serr\u00e9es, dans lequel chacun de nous, d\u00e9sign\u00e9 par des num\u00e9ros d&rsquo;ordre et de s\u00e9ries, a \u00e9chang\u00e9 son identit\u00e9 contre une fiche de police. Cette termiti\u00e8re de paperasses fonctionne toute seule, par le truchement d&rsquo;une multitude de fonctionnaires irrespon\u00adsables. Pas plus que dans une colonie d&rsquo;insectes, il ne nous est possible de savoir \u00ab qui \u00bb dirige, \u00ab qui \u00bb m\u00e8ne, cette machine extraordinaire. Elle est faite de fa\u00e7on \u00e0 se passer d&rsquo;un centre de conscience. En v\u00e9rit\u00e9, elle n&rsquo;est pas consciente, elle n&rsquo;est qu&rsquo;intelligente. Elle ne tend vers rien, si ce n&rsquo;est vers sa propre hypertrophie. Chacun de ses pas d\u00e9clenche fatalement le pas suivant, dans la pente qui m\u00e8ne \u00e0 la guerre. En elle, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;humain. Le geste d&rsquo;un gar\u00e7on qui d\u00e9chira son passeport a plus de sens, plus de valeur, plus de contenu que l&rsquo;ensemble de ces organisations. La suite de cette histoire est connue : apr\u00e8s avoir ramass\u00e9 des millions d&rsquo;inutiles signatures, vacill\u00e9 entre un pont sur le Rhin et la porte d&rsquo;une prison militaire, s&rsquo;\u00eatre d\u00e9battu dans les conflits qui surgissaient d\u00e9j\u00e0 entre plusieurs organisa\u00adteurs des \u00ab Citoyens du Monde \u00bb, Garry Davies se vit remet\u00adtre un nouveau passeport, et on l&#8217;embarqua pour son pays d&rsquo;origine. Ce petit filet d&rsquo;eau n&rsquo;avait pas v\u00e9cu le temps de se diriger vers l&rsquo;incendie.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et il est bien et naturel qu&rsquo;il en ait \u00e9t\u00e9 ainsi. Partout, autour de nous, nous voyons de nombreux petits hommes faire de ces gestes, encore plus petits, plus na\u00effs, et de port\u00e9e encore moindre. Des gestes honn\u00eates, directs et simples, que le tohu-bohu des fausses valeurs \u00e9touffe. Il ne tient qu&rsquo;\u00e0 nous de les reconna\u00eetre, et de nous faire recon\u00adna\u00eetre. Si notre pens\u00e9e est vraiment profonde et vraiment r\u00e9fl\u00e9chie, elle se retrouvera de plain-pied avec les expres\u00adsions les plus humbles de la v\u00e9rit\u00e9, car elle sera humble. Elle se retrouvera dans leur spontan\u00e9it\u00e9 et sera b\u00e9nie par elle, du fait qu&rsquo;elle sera sa conscience et la perception qu&rsquo;elle<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">aura d&rsquo;elle-m\u00eame. Ainsi se retrouveront ceux qui auront fait le tour d&rsquo;eux-m\u00eames et ceux qui, d\u00e9munis, arriveront direc\u00adtement. Ils s&rsquo;entendront et s&rsquo;entendent d\u00e9j\u00e0 : l&rsquo;esprit de v\u00e9rit\u00e9 est un.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;on veut nous faire croire que cette esp\u00e8ce pr\u00e9-humaine supportera une troisi\u00e8me guerre mondiale; qu&rsquo;elle sortira de l\u00e0 telle qu&rsquo;elle est, dans l&rsquo;identit\u00e9 qu&rsquo;elle pr\u00e9tend assumer et faire durer; qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tablira, se r\u00e9tablira d\u00e9fini\u00adtivement dans les d\u00e9finitions qui r\u00e9sultent de son pass\u00e9; qu&rsquo;elle s&rsquo;installera \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des cadres, des institutions, des traditions, des croyances mythiques qui pr\u00e9tendent fixer l&rsquo;esprit au temps de Mo\u00efse, du Bouddha, ou de Ponce Pilate. Aucun diagnostic de l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 nous sommes ne me semble plus faux. Pour faire une maladie, il faut \u00eatre bien portant : pour supporter une attaque de peste ou de chol\u00e9ra, il faut \u00eatre robuste. Nous avons d\u00e9pass\u00e9 ce stade : la guerre est une maladie que nous ne sommes plus \u00e0 m\u00eame de subir.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Si le pire vient \u00e0 se produire, nous ferons une septic\u00e9mie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Nous aurons d&rsquo;innombrables foyers d&rsquo;infection, de guerre civile, dans le monde entier. Pour rien : pour le portrait <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">d\u2019Eisenhower<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> ou de Staline et l&rsquo;id\u00e9e idiote que nous nous en ferons. Mais c&rsquo;est alors que le moindre geste vrai, du moindre petit homme, acqu\u00e9rera toute sa valeur. L\u00e0 o\u00f9 il se produira, il arr\u00eatera le conflit. Il mettra une limite au crime. Il montrera, tr\u00e8s simplement, que s&rsquo;entretuer n&rsquo;est pas la bonne fa\u00e7on de trouver la s\u00e9curit\u00e9. Autour de lui \u2013 <\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">autour de chacun de nous \u2013 se fera le d\u00e9brayage; et la guerre, en panne, l\u00e0, n&rsquo;aura pas lieu.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">* *<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"en-US\"><br \/>\n<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et, selon la mesure o\u00f9 j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 mettre un contenu dans les mots de cet ouvrage, et \u00e0 inciter \u00e0 la r\u00e9flexion, je<\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">souhaite qu&rsquo;autour de la vie \u2013 br\u00e8ve ou longue \u2013 qu&rsquo;il aura, un peu de neuf surgisse : une paix de l&rsquo;esprit.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">FIN<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=16966\">Chapitre Pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/les-paralipomenes-de-la-comedie-psychologique-par-joe-bousquet-rene-daumal-et-carlo-suares\/\">Chapitre Premier<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avons-nous eu des exp\u00e9riences spirituelles ? Leur sou\u00advenir les a assassin\u00e9es. La f\u00e9licit\u00e9 que nous en avons ressentie les a assassin\u00e9es. La certitude, le cri de joie, l&rsquo;extase les a assassin\u00e9es. Car ces d\u00e9lectables \u00e9motions se sont ajout\u00e9es au per\u00e7u, au go\u00fbt\u00e9, au compar\u00e9, au connu, au pass\u00e9, \u00e0 la trame du tissu de nos jours. Go\u00fbtons-nous \u00ab encore une fois \u00bb cet ineffable ? Ce n&rsquo;est donc pas lui. Peut-\u00eatre nous a-t-il surpris une fois par m\u00e9garde. Mais si nous l&rsquo;avons \u00ab senti \u00bb c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus l\u00e0. Il n&rsquo;y a pas de rencontre possible entre le neuf et le vieux. Et \u00ab qui \u00bb \u00e9tait l\u00e0 pour l&rsquo;accueillir ? Est-on ?&#8230; Sommes-nous autre chose qu&rsquo;un pass\u00e9, et un pass\u00e9 est-il autre chose qu&rsquo;une protection ? Qu&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9fensif ? 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