{"id":17054,"date":"2015-09-18T18:11:49","date_gmt":"2015-09-18T17:11:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=17054"},"modified":"2015-09-18T18:11:49","modified_gmt":"2015-09-18T17:11:49","slug":"prendre-conge-de-lillusion-cest-un-peu-prendre-conge-des-hommes-par-pascal-ruga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/prendre-conge-de-lillusion-cest-un-peu-prendre-conge-des-hommes-par-pascal-ruga\/","title":{"rendered":"Prendre cong\u00e9 de l&rsquo;illusion, c&rsquo;est un peu prendre cong\u00e9 des hommes par Pascal Ruga"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\" style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">(Extrait de Pascal Ruga \u2013 <em>Au temps des anges<\/em>. \u00c9ditions \u00catre Libre &amp; Aux sources du pr\u00e9sent. 2e \u00e9dition 1976)\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>C&rsquo;est \u00e0 Rio que j&rsquo;ai appris \u00e0 me m\u00e9fier de la logique. Vivre est un acte magique. L\u2019\u0153il est-il \u00e0 gauche ou \u00e0 droite de la main ? demande un proverbe n\u00e8gre. Ce n&rsquo;est pas une \u00e9nig\u00adme. C&rsquo;est une recette de sorcellerie sous forme de devinette, il faut r\u00e9pondre. C&rsquo;est le papillon ! cela vous apprend \u00e0 mieux regarder et \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l&rsquo;essence myst\u00e9\u00adrieuse des choses.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Blaise Cendrars<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">La vie a pass\u00e9, continue de passer. Elle passe comme un songe dont il est difficile de s&rsquo;\u00e9veil\u00adler, et rares sont les instants o\u00f9 l&rsquo;homme vit r\u00e9ellement. L&rsquo;homme souffre de la maigreur de son esprit, non qu&rsquo;il ne puisse l&rsquo;alimenter, mais il pr\u00e9f\u00e8re besogner \u00e0 de petites t\u00e2ches ; en fait, c&rsquo;est un besogneux, et ses probl\u00e8mes sont plus<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">d&rsquo;ordre \u00e9conomique que spirituel, \u2013 m\u00eame lorsqu&rsquo;il \u00ab roule sur l&rsquo;or \u00bb, surtout lorsqu&rsquo;il \u00ab roule <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">s<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">ur l&rsquo;or \u00bb !&#8230; Ce qui lui r\u00e9pugne le plus, c&rsquo;est de voir sa mis\u00e8re. Ce qui lui arrive de plus courant, c&rsquo;est de se construire un refuge et d&rsquo;en faire sa prison. Il aime les prisons, les barri\u00e8res, tout ce qui limite la vie d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre. Il doit prot\u00e9ger ce qu&rsquo;il s&rsquo;est mis en t\u00eate de sauvegarder : lui-m\u00eame bien s\u00fbr !&#8230; et lorsque l&rsquo;on veut sauver quelque chose, f\u00fbt-ce soi-m\u00eame, c&rsquo;est que l&rsquo;on s&rsquo;est exil\u00e9 de la grande patrie cosmique pour s&rsquo;enfermer dans la sordide cellule de notre personne. L&rsquo;enfer commence ici !&#8230;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Certes, la souffrance est notre lot, et nous ne serions pas loin de penser que la vie est une absurdit\u00e9 ; mais issue de notre angoisse, com\u00admence alors l&rsquo;aventure prodigieuse de l&rsquo;homme religieux. D\u00e8s que nous regardons au-del\u00e0 des barreaux de notre ego, nous savons et sentons sourdement que quelque chose se d\u00e9passe en nous. Le vent frais de l&rsquo;esprit nous traverse alors avec la violence d&rsquo;une puissance inconnue, et nous voil\u00e0 pr\u00eats \u00e0 repartir de z\u00e9ro, pr\u00eats \u00e0 tout reconsid\u00e9rer. Le tunnel des exp\u00e9riences nous transmue, nous captive sur les voies les plus diverses et les plus folles. Enfin, le mot vivre prend toute son intensit\u00e9 dramatique. Nous \u00e9mergeons d&rsquo;un fatras de lois et de fausses civilisations ; autour de nous, des modes de vie s\u00e9culaires et m\u00eame mill\u00e9naires s&rsquo;\u00e9croulent \u00e0 la lueur des incendies, des r\u00e9volutions et des guer\u00adres. Tout cela nous est familier, trop familier !&#8230; Les hommes vont-ils s&rsquo;\u00e9veiller \u00e0 l&rsquo;approche des temps <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">apocalyptiques\u00a0? Cesseront-ils de s\u2019\u00e9vader <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00adet de s&rsquo;amalgamer autour de leurs pernicieuses fanfares-suicides\u00a0? Chacun d\u00e9couvrira-t-il \u00e0 temps l&rsquo;ordre de sa solitude \u00e0 laquelle il ne sau\u00adrait \u00e9chapper, et qui seule lui permettra de se trouver ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous d\u00e9couvrons que les plus subtiles cons\u00adtructions de la pens\u00e9e perdent leur \u00e9clat, que les livres ne sont que drogue, que nous sommes lass\u00e9s, bless\u00e9s de toutes parts. Les multiples contra\u00addictions au sein desquelles se d\u00e9battent th\u00e9ories, doctrines, et autres connaissances, ne font qu&rsquo;ac\u00adcuser la crise de ce monde. Dans ce grand cirque, chacun veut modifier quelque chose, soit pour garder des privil\u00e8ges soit pour en acqu\u00e9rir ; l&rsquo;univers ne leur appara\u00eet plus que semblable \u00e0 un objet qu&rsquo;ils utilisent sans vergogne. Il est incontestable que si nous ne concevons l&rsquo;uni\u00advers que de cette fa\u00e7on, nous le faussons, le limi\u00adtons, le r\u00e9duisons \u00e0 n&rsquo;\u00eatre plus qu&rsquo;une erreur dans notre esprit, nous l&rsquo;\u00e9tablissons dans une s\u00e9paration dont nous portons la responsabilit\u00e9. D\u00e8s lors, nous construisons le domaine de notre illusion \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre sensation, en fai\u00adsons le seul crit\u00e8re de notre existence ; et comme dirait monsieur de La Palisse : en nous s\u00e9parant, nous nous sommes s\u00e9par\u00e9s !&#8230; faisant fi de notre infinie relation aux choses, et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, nous nous coupons de la seule source qui alimentait notre esprit.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Notre avidit\u00e9 est devenue une protub\u00e9rance qui \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de notre \u00eatre nous a rendus aveugles. Toute la complexion de l&rsquo;homme se trouve dans le d\u00e9passement ou le non-d\u00e9passe\u00adment de son avidit\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 le probl\u00e8me fonda\u00admental o\u00f9 chacun ne peut \u00eatre que le seul r\u00e9pondant. La mis\u00e8re nous tenaille, et pour compenser les maux qu&rsquo;elle nous donne, tout ce qui est en dehors de la puissance du moi affectif ne nous para\u00eet que n\u00e9ant. Nous ignorons la d\u00e9tente, notre sommeil devient de plus en plus agit\u00e9. Par l&rsquo;utilisation outranci\u00e8re de ce monde, nous avons \u00e9tabli l&#8217;empire du bruit, empoisonn\u00e9 l&rsquo;air des vil\u00adles, nous nous d\u00e9t\u00e9riorons, d\u00e9tournons des grands rythmes universels, notre vie devient de plus en plus artificielle, et bient\u00f4t nous aurons des \u00e2mes en plastique !&#8230; Nous aurons avili ce monde, et peut-\u00eatre que dans notre d\u00e9mence nous ne manquerons pas de le faire sauter avec nous !&#8230; Voil\u00e0 o\u00f9 nous en sommes, ces images sont le r\u00e9sultat de notre souffrance et de notre impuis\u00adsance.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Cependant, paradoxalement, nous n&rsquo;avons pas \u00e0 nous pr\u00e9occuper du devenir de notre esp\u00e8ce !&#8230; Chaque fois que nous lan\u00e7ons nos filets sur l&rsquo;ave\u00adnir, nous n&rsquo;en retirons que notre espoir accro\u00adch\u00e9 comme une pieuvre \u00e0 une chim\u00e8re ! Rien n&rsquo;est en dehors de ce qui est MAINTENANT, et nous savons bien que toute sp\u00e9culation sur l&rsquo;\u00eatre est d\u00e9j\u00e0 fausse. Quoi que nous d\u00e9sirions pour lui, l&rsquo;\u00eatre n&rsquo;est situable en aucun point de l&rsquo;es\u00adpace, il ne se circonscrit \u00e0 aucun mouvement particulier. Si nous donnons forme \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, pour l&rsquo;\u00e9tablir dans son absolu, nous en faisons d\u00e9j\u00e0 un mythe ; et si nous souffrons de ne pouvoir vivre sans ce mythe, c&rsquo;est que d\u00e9j\u00e0 notre d\u00e9sir d&rsquo;affirmation nous domine, que nous projetons au dehors de nous une image id\u00e9ale afin de pou\u00advoir nous identifier \u00e0 elle tout en gardant la complexion de notre avidit\u00e9. C&rsquo;est une formule de paresse, une subtilit\u00e9 de la dialectique de notre ego ; cela a donn\u00e9 naissance aux religions organis\u00e9es. Cort\u00e8ge de rites l\u00e9nifiants, lourde niasse d&rsquo;imageries cristallisatrices.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Tout avenir ne peut \u00eatre que suppos\u00e9, et nous devrions nous rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence qu&rsquo;il est vain de vouloir l&rsquo;hypoth\u00e9quer. Quoi que nous fas\u00adsions dans ce domaine, nous corrompons l&rsquo;\u00e9ter\u00adnel pr\u00e9sent des choses, \u00ab Le bel aujourd&rsquo;hui \u00bb, nous ternissons la transparence du \u00ab Il y a \u00bb (selon l&rsquo;expression de Carlo Suar\u00e8s). La com\u00adplexion avide de l&rsquo;homme se projette au-del\u00e0 de sa r\u00e9alit\u00e9 propre au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une accumula\u00adtion sous le poids de laquelle, t\u00f4t ou tard, il finira par \u00eatre \u00e9cras\u00e9. Toute sp\u00e9culation sur un devenir, m\u00eame probable, est fausse au d\u00e9part, car elle subit les morsures de notre imagination aux d\u00e9pens de l&rsquo;authentique r\u00e9alit\u00e9 qui n&rsquo;existe que dans l&rsquo;instant de l&rsquo;instant, qui ne s&rsquo;accom\u00adplit que dans la vie et la mort de chaque instant sans \u00eatre pr\u00e9occup\u00e9e par la moindre \u00e9chelle de valeur. D\u00e8s que l&rsquo;homme \u00e9tablit un plus et un moins, il se crucifie dans l&rsquo;\u00e9tendue de la dur\u00e9e. Toute recherche nous arrache au r\u00e9el ; nous devons trouver sans chercher. Accepter ce que nous sommes, voir au <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> de nous-m\u00eames, nous rendre aux mille provocations de la vie qui nous assaillent ; mais vivre avec demain est folie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Au long de cette vie qui s&rsquo;\u00e9coule et dont nous avons d\u00e9j\u00e0 mesur\u00e9 les innombrables victoires et d\u00e9faites, se pose en nous plus insistant que ja\u00admais, le probl\u00e8me de notre r\u00e9alisation. Quand sommes-nous vraiment nous-m\u00eames ? Le d\u00e9sir de lucidit\u00e9 envers soi, le d\u00e9sir de ne point se leur\u00adrer n&rsquo;a fait que grandir dans les multiples aven\u00adtures de notre vie. Pendant des d\u00e9cades nous avons poursuivi la r\u00e9alit\u00e9, et aujourd&rsquo;hui nous mesurons notre illusion ! Le temps de la matu\u00adrit\u00e9, c&rsquo;est aussi le temps de l&rsquo;\u00e9croulement de tou\u00adtes nos super-structures th\u00e9oriques. Aucun appui ne s&rsquo;offre, nous avons parcouru toutes les fili\u00e8res qui aboutissent fatalement \u00e0 ce grand vide. Nous d\u00e9prendre de tout ce qui nous a tenus si long\u00adtemps accroch\u00e9s semble impossible \u00e0 premi\u00e8re vue, mais quoi que nous fassions, nous nous trouvons toujours devant l&rsquo;imp\u00e9rieuse et subtile n\u00e9cessit\u00e9 que nous avons appel\u00e9e ; libert\u00e9. Ce mot qui a pr\u00e9sid\u00e9 aux plus grandes illusions de l&rsquo;histoire, ce mot mal compris, bafou\u00e9, ador\u00e9, ce mot qui est \u00e0 l&rsquo;origine de toutes nos turpitudes, comme de toutes nos joies les plus rares et les plus secr\u00e8tes, ce mot demande \u00e0 \u00eatre compris selon sa teneur propre. Ce mot qui charme et qui apeure, nous ne pouvons pas ne pas sentir sa puissance ; il s&rsquo;inscrit dans nos luttes, abat nos limites, et constamment nous place en face de ce que nous sommes. D\u00e8s que nous voulons l&rsquo;introduire dans une philosophie ou une doc\u00adtrine, il nous \u00e9chappe et nous place devant un impond\u00e9rable qui d\u00e9truit sans piti\u00e9 les plus logi\u00adques constructions de notre intelligence.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">La libert\u00e9 est \u00e0 l&rsquo;origine de toutes les relations, elle est le seul joint entre nous et l&rsquo;univers, en elle se trouve la gr\u00e2ce de notre r\u00e9alisation. Lib\u00e9\u00adration et r\u00e9alisation sont synonymes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Je n&rsquo;ai aucune m\u00e9lancolie de ma jeunesse envol\u00e9e, la r\u00e9v\u00e9rence envers le pouvoir charmeur de la jeunesse n&rsquo;est qu&rsquo;un pr\u00e9jug\u00e9 de plus. Il suffit de se souvenir ! C&rsquo;est l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 l&rsquo;on r\u00eave d&rsquo;un monde meilleur avec des fins de non-rece\u00advoir \u00e0 tous les coins de rue. Ce sont les tristes derniers sursauts de l&rsquo;enfance et de sa candeur r\u00eaveuse, c&rsquo;est la p\u00e9riode de notre vie o\u00f9 chacun prend sa place ; on pourrait dire aussi, que souvent c&rsquo;est le moment o\u00f9 chacun se fait mettre \u00e0 sa place !&#8230; C&rsquo;est le temps des pouss\u00e9es id\u00e9a\u00adlistes, ou de ce faux cynisme dont la na\u00efvet\u00e9 ne r\u00e9v\u00e8le que trop bien cette complexit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;adulte et l&rsquo;enfant s&rsquo;unissent en une \u00e9trange dualit\u00e9 : d&rsquo;une part, le d\u00e9sir de jouer un r\u00f4le, de s&rsquo;imposer \u00e0 un monde que l&rsquo;on condamne avec la superbe de quelques th\u00e9ories toutes faites et, d&rsquo;autre part, la r\u00e9volte de la derni\u00e8re enfance frustr\u00e9e de ses r\u00eaves.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Puis, lentement, la vie nous prend dans ses engrenages. Les ann\u00e9es passent ; peu \u00e0 peu, insi\u00addieusement, un ind\u00e9finissable sentiment de fata\u00adlit\u00e9 envahit notre \u00eatre. Nous constatons que l&rsquo;homme ne change gu\u00e8re. Ce que nous appelons nos na\u00efvet\u00e9s, ne fait que traduire notre confu\u00adsion. Sans trop bien s&rsquo;en rendre compte, la ma\u00adjorit\u00e9 de nos semblables se rallie \u00e0 des havres de s\u00e9curit\u00e9 politique ou religieuse ; on se con\u00adforme \u00e0 l&rsquo;esprit gr\u00e9gaire de la tribu, celle-ci nous ram\u00e8ne \u00e0 ses normes, \u00e0 ses prudentes estimations, \u00e0 la dur\u00e9e ; l&rsquo;avidit\u00e9 propre \u00e0 chacun est soi\u00adgneusement canalis\u00e9e, et ainsi l&rsquo;on cr\u00e9e des for\u00admes de civilisations o\u00f9 notre vie n&rsquo;est qu&rsquo;une routine \u00e9quilibr\u00e9e par des compromis continuels. Des groupes sociaux se forment, s&rsquo;opposent, se combattent, se supportent ou se d\u00e9truisent au gr\u00e9 de l&rsquo;histoire. Les si\u00e8cles s&rsquo;encha\u00eenent aux si\u00e8cles, les mill\u00e9naires se suivent, mais l&rsquo;homme change peu.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous devons bien nous dire qu&rsquo;il y a quelques irr\u00e9ductibles, qu&rsquo;il serait vain de classer en ennemis ou en amis de la soci\u00e9t\u00e9 ; mais il est certain qu&rsquo;ils sont dangereux pour l&rsquo;ordre \u00e9tabli. On en a peur, ils emp\u00eachent de tourner \u00e0 sa guise le triste commerce des relations humaines qui se satisfait trop vite de ses limites. Ces \u00eatres, on les jette souvent en prison, parfois m\u00eame, selon certaines conjonctures historiques, on les fusille ; jadis, on les mettait en croix ; ou alors, on essaye de les amener \u00e0 l&rsquo;ordre de leur temps, de les corrompre en falsifiant leurs enseignements apr\u00e8s leur mort, ou en les comblant d&rsquo;honneurs !&#8230; Parmi ces irr\u00e9ductibles, il y a \u00e9galement ceux qui vivent ignor\u00e9s de leurs semblables, ceux qui ont d\u00e9pass\u00e9 toute compassion, ceux qui ne m\u00e9\u00adprisent pas, ceux qui ont mesur\u00e9 la vanit\u00e9 de vouloir transformer les hommes malgr\u00e9 eux, ceux qui ont oubli\u00e9 leur je, ceux pour qui influencer est encore exploiter, ceux qui laissent \u00e0 chacun l&rsquo;heureuse d\u00e9couverte de sa profonde solitude, et lui permettent ainsi d&rsquo;acc\u00e9der aux transmuta\u00adtions r\u00e9alisatrices, ceux pour qui le \u00ab royaume<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">n&rsquo;est pas de ce monde \u00bb. Il y a les simples aussi, que nous ne devons pas oublier, et qui nous \u00e9meuvent par leur puret\u00e9 ; mais au bout de tout cela, il y a la mort unificatrice o\u00f9 toutes nos clowneries, nos agitations et nos mis\u00e9rables pr\u00e9\u00ads\u00e9ances se dissolvent en un secret et grand silence.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Voil\u00e0 pourquoi, \u00e0 cinquante ans j&rsquo;aime le<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">d\u00e9sert, \u2013 et le d\u00e9sert peut \u00eatre partout !&#8230; C&rsquo;est<br \/>\nun haut plateau o\u00f9 l&rsquo;air est vif, o\u00f9 tout n&rsquo;est que ciel et solitude. Ici, aucune valeur ne se super\u00adpose \u00e0 une autre valeur. Regarder un caillou, c&rsquo;est aussi voir le visage de CE QUI EST. L&rsquo;esprit n&rsquo;est plus tent\u00e9 de faire quelque chose ! Ici, il n&rsquo;y a rien \u00e0 faire ! On ne refait pas l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ! On peut quelquefois y rencontrer quelques dieux en m\u00e9ditation, mais est-ce bien encore de la m\u00e9ditation, cette impersonnalit\u00e9 solaire, ce re\u00adgard int\u00e9rieur o\u00f9 tout objet perd de sa signifi\u00adcation parce qu&rsquo;il est projet\u00e9 au-del\u00e0 de ses fron\u00adti\u00e8res ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Est-ce \u00e0 dire que je suis un homme d\u00e9tach\u00e9, que tout m&rsquo;indiff\u00e8re ? Ce serait mal me comprendre, et par surcro\u00eet m\u00e9conna\u00eetre ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la nature humaine. Celui qui veut r\u00e9duire le r\u00e9el \u00e0 \u00eatre ceci ou cela, en un tour de l&rsquo;esprit, en sera pour ses frais. Nous ne sommes pas dans le domaine des d\u00e9finitions, et ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler v\u00e9rit\u00e9, est la plus chatoyante et la plus versatile des d\u00e9esses ! Le poursuivant n&rsquo;est jamais lass\u00e9 de se sentir \u00eatre, il veut sans cesse \u00eatre plus, et encore plus !&#8230; Il collectionne les mille et une facettes de son pr\u00e9\u00adcieux moi, comme un avare accumule son or. Jamais il ne s&rsquo;abandonne \u00e0 l&rsquo;instant ; il veut sans cesse devenir, et en devenant, jamais il n&rsquo;est !&#8230; c&rsquo;est clair. L&rsquo;homme en g\u00e9n\u00e9ral est constam\u00adment dans l&rsquo;illusion qu&rsquo;il va devenir quelque chose : riche, sage, saint, courageux, dangereux m\u00eame ! <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> s&rsquo;isole du contexte de l&rsquo;univers pour tenter d&rsquo;occuper une situation privil\u00e9gi\u00e9e. Il joue avec l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame, Il se dit r\u00e9aliste (faussement d&rsquo;ailleurs), afin de mieux s&rsquo;enfer\u00admer dans une forme. Je ne repousse pas la forme, au contraire, je m&rsquo;y adapte en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;un jeu, je m&rsquo;installe en elle comme sur un cheval de bois dans un man\u00e8ge, c&rsquo;est mieux que de courir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 comme un d\u00e9rat\u00e9 ! Ce n&rsquo;est pas un acte volontaire, c&rsquo;est du bon sens.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Trop d&rsquo;artistes ont fait de la forme leur uni\u00adque probl\u00e8me, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect transitoire de ce que secr\u00e8tement ils poursui\u00advent vainement. Encore une fois, on ne poursuit pas la r\u00e9alit\u00e9, on l&rsquo;assume, \u2013 tout est l\u00e0. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L\u2019\u0153uvre<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> d&rsquo;art ne sera toujours qu&rsquo;un symbole de notre propre r\u00e9alisation, et sans cette r\u00e9alisa\u00adtion, il n&rsquo;y aura aucune pl\u00e9nitude artistique. Ce que demande une telle r\u00e9alisation implique un tel abandon de soi, que rares sont les artistes qui peuvent s&rsquo;y r\u00e9soudre. En fait, la notion de g\u00e9nie contredit d\u00e9j\u00e0 cette r\u00e9alisation. Les fan\u00adfares de la gloire sont un opium par lequel cha\u00adcun se laisse encore trop bien circonvenir !\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L&rsquo;expression la plus d\u00e9pouill\u00e9e rejoint l&rsquo;expres\u00adsion la plus simple, ce sont de vertigineux ab\u00eemes d&rsquo;innocence. Seuls quelques rares artistes, les enfants, les \u00ab pauvres en esprit \u00bb, quelques sages et quelques saints, peuvent se sentir visit\u00e9s hors du vacarme de la foire du monde dit : artistique, litt\u00e9raire, politique ou religieux.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Qui suis-je ? En marge du temps des hommes, je sais que je n&rsquo;ai plus \u00e0 prendre ou \u00e0 d\u00e9prendre, ou si peu !&#8230; mais simplement \u00e0 constater l&rsquo;al\u00adchimie int\u00e9rieure de l&rsquo;esprit qui m&rsquo;anime, et dont je me sens de plus en plus l&rsquo;instrument. Les avenues de la connaissance \u00e9taient diverses et si, dans des milliers de livres, mon \u00e2me chercha sa provende, elle ne fut gu\u00e9rie de sa qu\u00eate que du jour o\u00f9 elle comprit que toute poursuite de la r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;exprimait que notre d\u00e9mence. J&rsquo;en suis l\u00e0.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Je n&rsquo;ai plus \u00e0 chercher si je suis diff\u00e9rent ou non des autres, le d\u00e9roulement de ma n\u00e9cessit\u00e9 fr\u00f4le d&rsquo;une aile sa fatalit\u00e9, et de l&rsquo;autre sa gr\u00e2ce. La plus humble besogne me r\u00e9v\u00e8le \u00e0 moi-m\u00eame, me cheville au plus pr\u00e8s de cette \u00e2me universelle que je sens au <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> de toutes les choses et dont ne m&rsquo;\u00e9tonnent plus les innombrables manifes\u00adtations.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Chaque temps a son regard, et rares sont les moments qui n&rsquo;aient point leur glu sur laquelle notre destin semble se d\u00e9battre comme une mou\u00adche dans un pot de miel ! La vie est plus que du miel, et de n&rsquo;avoir su ce simple pr\u00e9cepte qui d\u00e9canterait nos d\u00e9sirs, nous mourons sur le lieu m\u00eame o\u00f9 nos ailes se sont enlis\u00e9es ; nous con\u00adsommons notre damnation. Nous avons chu de quelques ciels lointains, comme un ange bless\u00e9 ; et maintenant, lorsque parfois nous relevons la t\u00eate, ce n&rsquo;est que pour mieux prendre conscience de notre esclavage, ou tout au moins, de ce que nous croyons \u00eatre notre esclavage. Notre drame, c&rsquo;est d&rsquo;aimer notre servitude, m\u00eame le saint qui regarde le ciel et supplie Dieu de le garder sous sa protection, est esclave. H\u00e9las ! presque toujours en nous l&rsquo;esprit encombre la r\u00e9alisation. La compr\u00e9hension de notre condition semble si bien nous satisfaire, que nous ne remarquons pas combien vite nous sommes emprisonn\u00e9s par nos raisonnements. Comment r\u00e9aliser notre na\u00adture ? C&rsquo;est l\u00e0 une grande difficult\u00e9, tr\u00e8s peu d&rsquo;hommes l&rsquo;ont surmont\u00e9e ! Que nous reste-t-il alors, hors de cette ch\u00e8re connaissance ? C&rsquo;est tout un programme : ne nous en effrayons point\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il nous reste d\u00e9j\u00e0 notre mis\u00e8re ; qui n&rsquo;est notre mis\u00e8re que parce que nous le voulons bien, car la souffrance est toujours \u00e0 la mesure de la fer\u00admet\u00e9 de nos d\u00e9sirs. Mais vivre sans d\u00e9sirs nous semble de folle condition, en effet, en dehors d&rsquo;eux, qu&rsquo;avons-nous de positif \u00e0 notre compte ? De telles questions mettent mal \u00e0 l&rsquo;aise, nous nous sentons \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans notre condition humaine. Le n\u00e9ant nous angoisse, vite, peuplons-le, m\u00eame n&rsquo;aurions-nous que des ombres pour nous donner la sensation d&rsquo;exister malgr\u00e9 tout. Nous pourrions diriger mille th\u00e9\u00e2tres, pourvu que tout cela s&rsquo;agite, nous n&rsquo;en demandons gu\u00e8re plus, nous nuancerons \u00e0 l&rsquo;infini le spectacle que nous nous donnerons, et m\u00eame notre souci de transcendance ne sera qu&rsquo;un tableau de plus. Celui que les <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c9critures<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> nomme le malin a plus de mille tours dans son sac pour que nous regardions toujours en bas, et nous attendrissions sur nous-m\u00eames.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Mais il y a l&rsquo;irr\u00e9ductible !&#8230; L&rsquo;irr\u00e9ductible, lui, refuse le th\u00e9\u00e2tre, ne s&rsquo;y compla\u00eet point, bien qu&rsquo;il soit de nature inconstante et qu&rsquo;un rien le distraie. Mais ne nous formalisons pas de ses distractions, qu&rsquo;allons-nous donc demander \u00e0 l&rsquo;homme ? Le commencement de la sagesse n&rsquo;est-il point de ne jamais trop lui demander ? Pre\u00adnons plut\u00f4t notre fl\u00fbte, et le thym refleurira, quoi que nous fassions de nos inqui\u00e8tes agi\u00adtations. L&rsquo;irr\u00e9ductible est rarement un volon\u00adtaire, ou un phraseur, ou un pr\u00eachi-pr\u00eacha ; peut-\u00eatre est-il un germe perdu, \u00e9gar\u00e9 par la main de Dieu, un ferment que nul temps ne peut r\u00e9duire ; un \u00e9l\u00e9ment de relation universelle branch\u00e9 sur l&rsquo;infini, ni ange ni b\u00eate. Il est dans une position inconfortable. En fait, il n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel, n&rsquo;est qu&rsquo;une incidence parmi tant d&rsquo;autres, un produit de la nature, \u00e0 la dif\u00adf\u00e9rence toutefois qu&rsquo;il ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la seule forme de son expression dont i<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">l<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> se m\u00e9fie \u00e0 juste titre. Diff\u00e9rence qui n&rsquo;est qu&rsquo;artifice d&rsquo;ailleurs, car la nature propre des choses ne se modifie pas selon une diff\u00e9rence. L&rsquo;irr\u00e9ductible est celui qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 ce qu&rsquo;il est, ou tout au moins \u00e0 ce qu&rsquo;il croit \u00eatre. Ce n&rsquo;est pas une<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">mesure de sagesse, c&rsquo;est sa n\u00e9cessit\u00e9, un accom\u00adplissement de la relation au-del\u00e0 du temps et de l&rsquo;espace. L&rsquo;irr\u00e9ductible est un grand voyageur, mais ce n&rsquo;est pas la lune qui l&rsquo;int\u00e9resse !\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Et \u00e0 chaque page je me trouve devant la m\u00eame faim, devant la m\u00eame ind\u00e9cision. Tout semble recommencer, et pourtant au plus profond de moi-m\u00eame, je sais que rien n&rsquo;existe en son com\u00admencement ou sa fin, chaque instant porte son \u00e9ternit\u00e9, la mort et la vie ne sont peut-\u00eatre que les deux faces d&rsquo;un pr\u00e9jug\u00e9. Nulle r\u00e9alit\u00e9 ne peut se limiter \u00e0 cette continuit\u00e9 dans l&rsquo;espace et dans le temps qui va de la naissance \u00e0 la mort. En ce moment, le vent qui fait bruire le vieux noyer qui ombrage la terrasse, n&rsquo;est point le vent d&rsquo;hier ou de demain, mais le vent d&rsquo;au\u00adjourd&rsquo;hui qui me traverse et me lie \u00e0 sa pr\u00e9\u00adsence. Cette \u00e9criture n&rsquo;a aucune raison de se poursuivre, n&rsquo;a aucun but, si ce n&rsquo;est l&rsquo;imm\u00e9diat de ma r\u00e9alit\u00e9 qui s&rsquo;inscrit comme ces nuages passent dans le ciel. Ce paysage, ces pierres, cette verdure, le chant des cigales, ces montagnes, dont la patience d\u00e9fie les mill\u00e9naires, ne sont que les relations de cet instant dont la tendresse secr\u00e8te me tient immobile. Je n&rsquo;ai rien \u00e0 donner en ces moments, o\u00f9 je ne distingue plus tr\u00e8s bien ce qui contemple de ce qui est contempl\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Jadis tout semblait partir \u00e0 la conqu\u00eate des visages aim\u00e9s. Dans le diamant des ros\u00e9es, d\u00e9j\u00e0 les premiers chars emportaient la ronde, d\u00e9j\u00e0 les premi\u00e8res cit\u00e9s de l&rsquo;\u00e2me surgissaient dans la joie des formes, la vie \u00e9tait un don des dieux pour l&rsquo;homme, et les toisons d&rsquo;or flottaient aux oriflammes des passions. Mon adolescence tour\u00adnait les pages de mon <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur.<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> Un chant de guerre montait sourdement de mes entrailles, ensevelis\u00adsant la mort dans un fr\u00e9missement de puis\u00adsance, l&rsquo;ivresse du matin enluminait le monde, l&rsquo;homme \u00e9tait le roi d&rsquo;une cr\u00e9ation sans m\u00e9lange o\u00f9 ma jeunesse criait son avenir et l&rsquo;orgueil de sa foi ! Tout cela s&rsquo;est \u00e9croul\u00e9 comme un ch\u00e2\u00adteau de cartes ; au lyrisme des poursuites et des conqu\u00eates, succ\u00e9da le calme visage du Bouddha. L&rsquo;ivresse des mots fut annihil\u00e9e, les chants de l&rsquo;avenir cess\u00e8rent de se faire entendre, l&rsquo;espoir, cette sir\u00e8ne de l&rsquo;illusion, fut d\u00e9masqu\u00e9 sans piti\u00e9, toutes les compensations qui font que l&rsquo;homme se console d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;il est, disparu\u00adrent les unes apr\u00e8s les autres, et s&rsquo;il en reste quelques-unes, l&rsquo;esprit en sourit d\u00e9j\u00e0. Ce fut une \u00e9trange bataille en v\u00e9rit\u00e9, o\u00f9 la mort sem\u00adblait \u00eatre la seule triomphatrice, s&rsquo;imposant peu \u00e0 peu au gr\u00e9 des exclusions successives. Cepen\u00addant que chaque instant \u00e9tait une souffrance, du fait qu&rsquo;il \u00e9tait arrach\u00e9 \u00e0 son avenir, il \u00e9tait \u00e9galement en puissance d&rsquo;amour puisqu&rsquo;il se d\u00e9poss\u00e9\u00addait de son avidit\u00e9 en cessant enfin de se pour\u00adsuivre au-del\u00e0 de lui-m\u00eame. Chaque instant est accept\u00e9 comme l&rsquo;offrande que l&rsquo;on donne et que l&rsquo;on re\u00e7oit en m\u00eame temps. Que cet instant soit fait de tristesse ou de joie, peu importe, il ne m&rsquo;appartient plus de le changer, on ne change pas ce que l&rsquo;on est, si l&rsquo;on est honn\u00eate et lucide devant les motivations qui font se mouvoir notre nature propre. La nuit ne choisit pas d&rsquo;\u00eatre la nuit, comme le jour ne choisit pas d&rsquo;\u00eatre le jour ; ainsi je puis fermer les yeux sur mes d\u00e9sirs, com\u00adme je puis les ouvrir sur mes app\u00e9tits les plus f\u00e9roces, sans que je m&rsquo;identifie enti\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;une ou \u00e0 l&rsquo;autre de ces actions. Ce que j&rsquo;af\u00adfirme ici est plus qu&rsquo;une d\u00e9claration, c&rsquo;est le t\u00e9moignage d&rsquo;un \u00e9tat qui s&rsquo;est affermi presque malgr\u00e9 moi. Je ne pouvais plus me trouver au creux de ces ambivalences, qui semblaient si naturellement convenir \u00e0 l&rsquo;homme, que je les consid\u00e9rais comme faisant partie int\u00e9grante de la condition humaine. Je ne crois plus \u00e0 l&rsquo;ac\u00adtion pour la conqu\u00eate d&rsquo;un but, rien n&rsquo;est \u00e0 conqu\u00e9rir, car tout ce qui se conquiert devient cendre !&#8230; C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;homme agite les gre\u00adlots de sa folie. L&rsquo;action r\u00e9elle n&rsquo;a pas de fruit, ou du moins n&rsquo;en attend point, elle se suffit dans sa gratuit\u00e9, et sainte Pauvret\u00e9 l&rsquo;aur\u00e9ole de sa gr\u00e2ce. De m\u00eame que nous n&rsquo;avons pas \u00e0 devenir quoi que ce soit en regard de notre r\u00e9alit\u00e9, nous n&rsquo;ajouterons rien \u00e0 cette derni\u00e8re, elle est assez riche pour se suffire. Chaque instant de notre vie a la lucidit\u00e9 de sa relation communiant sans se perdre dans le labyrinthe des <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">justifications<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> ; chaque instant est neuf, puisque aucune identification ne l&#8217;emprisonne.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Je ne fais qu&rsquo;\u00e9puiser l&rsquo;expression qui m&rsquo;habite. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> tout prix vouloir s&rsquo;exprimer, conduit \u00e0 per\u00addre pied, car en v\u00e9rit\u00e9, QUI veut s&rsquo;exprimer en nous ? et pourquoi ce \u00ab qui \u00bb veut-il s&rsquo;expri\u00admer ? J&rsquo;assure \u00e0 qui veut entendre, qu&rsquo;avec un peu de franchise, nous aurons vite fait le tour de ces deux questions. Nous ne connaissons que trop notre peur du n\u00e9ant et, en fin de compte, pour tenter de lui \u00e9chapper, nous ne faisons que nous agiter dans le vide, c&rsquo;est comme si nous voulions nous mordre \u00e0 la nuque pour nous prouver que nous existons. Aucune expression n&rsquo;est immortelle. Plus l&rsquo;on s&rsquo;exprime, plus l&rsquo;on se situe dans un \u00e9tat de transition o\u00f9 l&rsquo;on ne fait qu&rsquo;\u00e9puiser une peur, la grande peur de n&rsquo;\u00eatre rien. Il est rare que nous acceptions ce que nous sommes en toute innocence, et sans prolonger quoi que ce soit de notre \u00eatre particulier. Nous nous d\u00e9menons, et plus nous nous d\u00e9menons,<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">plus nous nous accrochons \u00e0 notre vision parti\u00adculi\u00e8re, (m\u00eame, et surtout, si elle n&rsquo;est que la projection d&rsquo;une discipline sociale ou religieuse). C&rsquo;est ainsi que nous alt\u00e9rons notre vision et obstruons l&rsquo;horizon de notre vraie nature, que nous sommes amen\u00e9s \u00e0 mordre les barreaux de notre prison.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Secr\u00e8tement, il est possible que je me repro\u00adche de donner ce livre en p\u00e2ture, de livrer tous les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;un t\u00e9moignage qui rend encore hommage \u00e0 mon d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre compris. Ultime et dernier d\u00e9sir en lequel je m&rsquo;allonge en long et en large, c&rsquo;est un peu comme un adieu avant que la transformation d&rsquo;une secr\u00e8te conversion me poss\u00e8de et m&rsquo;arrache au monde familier qui si longtemps fut le mien. Au fond de tout cela, pour faire acte de sinc\u00e9rit\u00e9, il me semble que je suis plus avide d&rsquo;\u00eatre compris par moi-m\u00eame que par les autres. J&rsquo;essaie de me convaincre de m&rsquo;ap\u00adpliquer \u00e0 \u00eatre ce que je suis au plus profond de l&rsquo;ab\u00eeme de ma psych\u00e9. En \u00e9crivant ces pages, je me clarifie, je me d\u00e9cante, j&rsquo;expulse les d\u00e9chets. Je ne puis me satisfaire des demi-mesures de ces multiples compromis sociaux qui ne sont que l\u00e2chet\u00e9, paresse et complaisance dans la m\u00e9\u00addiocrit\u00e9. Une grande faim me tient \u00e9veill\u00e9, je veux me rassasier de solitude, de m\u00e9ditation, de joie \u00e9tonn\u00e9e et calme ; je veux \u00e9peler les choses comme le petit enfant les \u00e9pelle, c&rsquo;est ainsi peut-\u00eatre que la chenille tisse le cocon de sa chrysalide.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">En surface, rien ne semble changer, et pour\u00adtant un pressentiment de gestation silencieuse enveloppe mon <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur.<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> Sans impatience, j&rsquo;attends que s&rsquo;accomplisse ce qui me poss\u00e8de. De repren\u00addre ici ce livre, me replonge dans le r\u00eave de la chrysalide. De ce r\u00eave, la vie de tous les jours m&rsquo;\u00e9loigne. Les imp\u00e9ratifs de la vie quotidienne sont des gouffres, des monstres, si l&rsquo;on se laisse investir par la croyance \u00e0 leur urgence. Mais il faut bien s&rsquo;en accommoder, transmuter l&rsquo;ennui qu&rsquo;ils diluent, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre voie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Tous les matins, nous nous \u00e9veillons avec no\u00adtre vieille \u00e2me, avec le sentiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 que rien ne change, que tout recommence selon un rythme qui nous lasse et nous \u00e9crase lentement ; c&rsquo;est une plaie tr\u00e8s ancienne qui pourrit et ne veut pas se refermer, une pr\u00e9occupation obs\u00e9\u00addante, une fatigue de vivre \u00e0 faire pleurer. Et voici que tout d&rsquo;un coup l&rsquo;on se questionne pourquoi ce corps, qu&rsquo;il faut nourrir, sans comp\u00adter nos lourdes responsabilit\u00e9s envers nos pro\u00adches., pourquoi tant de besoins, tant de d\u00e9sirs<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">insatisfaits ? Il semble alors que nous allons enfin savoir, que nous sommes pr\u00e8s d&rsquo;une solu\u00adtion, qu&rsquo;il suffirait d&rsquo;un geste, d&rsquo;un abandon, d&rsquo;une pri\u00e8re peut-\u00eatre, mais notre souffrance reste sans r\u00e9ponse et nous mesurons la vanit\u00e9 de nos questions. Nous abandonnons tous ces points d&rsquo;interrogation, et acceptons notre sort. Oui, c&rsquo;est cela, accepter son sort. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> cette pens\u00e9e, voil\u00e0 qu&rsquo;une chaude liqueur coule dans nos veines, la souffrance s&rsquo;\u00e9loigne, et marcher dans le matin n&rsquo;accuse plus cet harassement de faire et refaire la m\u00e9canique du quotidien.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Cette p\u00e9tulance qui nous anime est assez forte pour que nous nous demandions quelles sont les raisons exactes et presque inopin\u00e9es dans notre esprit, d&rsquo;un tel changement \u00e0 vue dans l&rsquo;expression de nos sentiments. Accepter son sort, disions-nous, et il a suffi d&rsquo;une phrase aussi banale pour que le soleil brille d&rsquo;un autre \u00e9clat ! Accepter son sort en toute ga\u00eet\u00e9 de <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, accueil\u00adlir chaque minute comme \u00e9tant la meilleure, \u00eatre passivement pr\u00e9sent en chacun de nos actes, voil\u00e0 ce qui importe, voil\u00e0 ce que nous ne recon\u00adna\u00eetrons jamais assez.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Le d\u00e9sir ne chante plus qu&rsquo;en sourdine, nous sommes surpris par des gestes nouveaux et pour\u00ad tant famili\u00e8rement joyeux, nous sentons que l&rsquo;orni\u00e8re des relations habituelles est subite\u00adment effac\u00e9e ; il y aura plus de bienveillance envers les \u00eatres et les choses, mais aussi plus d&rsquo;\u00e9loignement ; comme il y aura \u00e9galement plus de compr\u00e9hension, plus d&rsquo;ouverture envers au\u00adtrui, mais moins de d\u00e9sir de se faire comprendre. La plus juste voie pour aimer les hommes, c&rsquo;est de n&rsquo;en rien attendre !&#8230; Tout cela donne beau\u00adcoup de solitude et de silence. Nous ne sommes pas obs\u00e9d\u00e9s par l&rsquo;engagement, nous ne sommes pas les d\u00e9fenseurs d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 particuli\u00e8re, et le monde est accept\u00e9 tel qu&rsquo;il est, car chacun incarne \u00e0 sa mesure les n\u00e9cessit\u00e9s qui lui sont propres. Tout devient simple, la vie et la mort ne sont que des incidences ; nous ne cherchons plus \u00e0 \u00eatre distraits, car le plus humble de nos actes est accept\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal des actions qui nous paraissent les plus nobles. En d\u00e9finitive, nous ne diff\u00e9rencions plus.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Un d\u00e9collement s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9, je ne suis plus \u00e0 la recherche d&rsquo;une qualification, je ne d\u00e9sire plus me consid\u00e9rer comme \u00e9crivain, po\u00e8te ou quoi que ce soit de ce genre. La v\u00e9rit\u00e9 est tou\u00adjours au fond d&rsquo;un puits, jamais sur la place publique. Chacun ne peut <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u0153uvrer<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> que dans l&rsquo;in\u00adtimit\u00e9 de lui-m\u00eame. Ceux que l&rsquo;on nomme des artistes, sauf quelques rares exceptions, sont presque tous domin\u00e9s par l&rsquo;ambition, et comme il va de soi, par la vanit\u00e9 de cette ambition. Ils se sentent trop diff\u00e9rents des autres hommes pour ne pas se complaire \u00e0 s&rsquo;en distinguer. Ce sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9 est cultiv\u00e9 en secret, il faut \u00e9tonner \u00e0 tout prix. Quoi que fasse un artiste, il sera toujours \u00e0 la poursuite d&rsquo;une per\u00adfectibilit\u00e9 qui l&#8217;emprisonnera dans les m\u00e9andres de la forme. Son \u00e9cueil, c&rsquo;est l&rsquo;esth\u00e9tisme. Cer\u00adtains esth\u00e8tes sont les damn\u00e9s de la forme.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L&rsquo;art d\u00e9gag\u00e9 de sa poursuite, c&rsquo;est l&rsquo;art sans art ! C&rsquo;est donc la fin d&rsquo;une qualification artistique quelconque. Ce qui est simple n&rsquo;est jamais soumis au processus de la cr\u00e9ation artistique, parce que ce qui est simple n&rsquo;est jamais cr\u00e9\u00e9 volontairement ! Ce qui est simple se d\u00e9tache nettement de notre d\u00e9sir de cr\u00e9ation qui n&rsquo;est que la projection d&rsquo;une peur ! Quoi que puis\u00adsent en penser les artistes, le d\u00e9sir de cr\u00e9ation nie notre nature propre, il est une non accepta\u00adtion de ce que nous sommes. L&rsquo;acte cr\u00e9ateur est une compensation \u00e0 notre angoisse, il manifeste une volupt\u00e9 de l&rsquo;affirmation, il multiplie \u00e0 l&rsquo;in\u00adfini les facettes de notre moi pour notre tr\u00e8s particuli\u00e8re satisfaction ; il ne se lassera jamais maintenant que le myst\u00e8re de toute relation se d\u00e9noue dans de cette prolif\u00e9ration par laquelle nous cachons notre faiblesse.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Mourir \u00e0 soi, \u00e0 son art, \u00e0 sa famille, \u00e0 ses amis, c&rsquo;est aussi abandonner toute raison de vivre, toute justification, toute mentalisation de cette justification ; c&rsquo;est laisser \u00e0 chaque mouve\u00adment la transparence de sa pr\u00e9sence dans l&rsquo;im\u00adm\u00e9diat, c&rsquo;est le laisser na\u00eetre d&rsquo;une source intem\u00adporelle, o\u00f9 la mort et la vie sont les fleurs d&rsquo;un m\u00eame bouquet.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Aucune forme, et aucun instant ne sont pri\u00advil\u00e9gi\u00e9s ; ils accomplissent ce qu&rsquo;ils sont sans que nous intervenions, et nous savons que tout accomplissement contient d\u00e9j\u00e0 sa mort. Ainsi le temps passe dans le plus strict d\u00e9pouillement, au silence succ\u00e8de le silence, on n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 soi-m\u00eame ; les conversations se font rares, nous avons de moins en moins le d\u00e9sir de nous expri\u00admer ! Ah ! si l&rsquo;expression de l&rsquo;homme pouvait avoir l&rsquo;innocence de l&rsquo;eau qui passe !&#8230; mais d&rsquo;avoir exprim\u00e9 cette image dans la m\u00e9lancolie d&rsquo;un regret, cette eau en est d\u00e9j\u00e0 troubl\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Il faudra bien cesser d&rsquo;\u00e9crire, terminer la parade, surmonter la naus\u00e9e ; d&rsquo;humbles t\u00e2ches que ma vanit\u00e9 d&rsquo;homme avait n\u00e9glig\u00e9es, m&rsquo;appellent comme si tout ne devait commencer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Que la mort ou la vie vienne, j&rsquo;ai tout \u00e0 apprendre. Je m&rsquo;incline devant cha\u00adque chose qui me r\u00e9v\u00e8le ma juste relation, me r\u00e9v\u00e8le le silence d&rsquo;o\u00f9 elle a surgi. Ma vie est devenue une sorte de pri\u00e8re impersonnelle, un abandon plus qu&rsquo;une demande, une r\u00e9ception passive plus qu&rsquo;une exigence. Si je ne demande rien, je n&rsquo;en demanderai pas plus aux hommes ; les choses ont \u00e0 \u00eatre ce qu&rsquo;elles sont, et accepter cela dans l&rsquo;esprit humain, est plus difficile qu&rsquo;on ne le pense.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Comme l&rsquo;arbre ou le fleuve, je n&rsquo;ai pas de morale, je m&rsquo;incurve au creux du monde, et telle une mouche morte, je n&rsquo;attends rien. Les extases et les aur\u00e9oles ne sont encore que les exc\u00e9dents de la souffrance. Pour moi, souffrir ou ne pas souffrir n&rsquo;est plus un probl\u00e8me. Je ne repousse ni la souffrance ni la joie, je suis L&rsquo;ACCEP\u00adTANT. Je sais cette marge de solitude qui est le nid de notre \u00e2me. Si j&rsquo;utilise encore ce monde, ce ne le sera que dans la juste proportion que ma condition humaine exige ; exactement comme l&rsquo;hirondelle nourrit ses petits, ou le nuage donne sa pluie. En v\u00e9rit\u00e9, au-del\u00e0 de mon apparence, je ne suis que le simple \u00e9l\u00e9ment naturel d&rsquo;une masse homog\u00e8ne que j&rsquo;appelle avec beaucoup de difficult\u00e9 (il y faudrait aussi de la discr\u00e9\u00adtion !&#8230;) : R\u00e9alit\u00e9. R\u00e9alit\u00e9 que la folie des hom\u00admes a toujours voulu nommer de fa\u00e7ons diverses selon les multiples fixations de leurs d\u00e9sirs. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> la mesure de cet \u00e9l\u00e9ment naturel, je puis \u00eatre autant pierre que f\u00e9tu de paille. Quelle impor\u00adtance cela aurait-il que je sois quelque chose de plus, si ce n&rsquo;est que de m&rsquo;enivrer une fois de plus aux ardentes illusions qui sont le \u00ab vade-mecum \u00bb de la grande majorit\u00e9 de nos sembla\u00adbles ? Pourtant je ne pr\u00e9tends pas \u00e0 la sagesse ! La sagesse n&rsquo;est souvent que le \u00ab statu quo \u00bb par lequel il semble que nous limitions notre avidit\u00e9 de conna\u00eetre. La sagesse pour la plupart des hom\u00admes est une sorte de temp\u00e9rance, un \u00e9quilibre de l&rsquo;app\u00e9tit, une prudence. Chaque instant peut remettre en question l&rsquo;instant pr\u00e9c\u00e9dent, l&rsquo;\u00e9qui\u00adlibre de la vie n&rsquo;est pas \u00e0 la merci d&rsquo;une pru\u00addence !<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">O\u00f9 que nous nous trouvions, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 peut surgir et nous lib\u00e9rer du temps, mais nous som\u00admes trop pr\u00e9occup\u00e9s de nous-m\u00eames pour nous en apercevoir, trop pr\u00e9occup\u00e9s par les n\u00e9cessit\u00e9s que demande notre vie, pour nous d\u00e9crocher des conditions qui nous tiennent en esclavage. L&rsquo;\u00e9ter\u00adnit\u00e9 est toujours pr\u00e9sence, jamais attente ; niais presque tous les hommes sont un troupeau de<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">songe-creux ; un troupeau qui ne se satisfait jamais de ce qui est, un troupeau qui b\u00eale sans discontinuer vers les fant\u00f4mes de l&rsquo;avenir. Pour\u00adtant, les vraies richesses sont \u00e0 port\u00e9e d&rsquo;\u00e2me, nous n&rsquo;aurions qu&rsquo;\u00e0 laisser l\u00e0 notre avidit\u00e9, ouvrir largement notre <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> ; mais en nous g\u00e9mit le d\u00e9sir de la possession, nous refusons de nous int\u00e9grer au monde parce que nous vou\u00adlons le dominer (collectivement ou individuellement, sur le plan politique ou religieux). Nous ne voulons pas \u00eatre au monde. Nous refusons ce que nous croyons \u00eatre notre suj\u00e9tion, pour accro\u00ee\u00adtre notre volont\u00e9 agressive de conqu\u00eate ; ainsi s&rsquo;entretient la grande illusion qui nous ballotte de plaisir en douleur, et vice-versa, comme des cr\u00e9atures condamn\u00e9es \u00e0 tourner perp\u00e9tuellement dans le m\u00eame cercle. Lorsque l&rsquo;homme consen\u00adtira \u00e0 n&rsquo;\u00eatre rien, \u00e0 ne se pr\u00e9valoir d&rsquo;aucun titre, qu&rsquo;il consentira \u00e0 cro\u00eetre simplement, pareil \u00e0 un brin d&rsquo;herbe, alors il y aura communion, int\u00e9\u00adgration, r\u00e9alisation. Il y aura ce qu&rsquo;aucune ima\u00adgination ne pourra donner, car la r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est jamais imagin\u00e9e. L&rsquo;imagination est souvent <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">s\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> de l&rsquo;illusion, elle compense nos mis\u00e8res, elle est notre th\u00e9\u00e2tre int\u00e9rieur, et notre erreur la plus fr\u00e9quente, c&rsquo;est de confondre la richesse de l&rsquo;ima\u00adgination avec la richesse de l&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;homme se meut entre l&rsquo;agitation et l&rsquo;ennui, et il r\u00e9ussit tr\u00e8s rarement \u00e0 se d\u00e9gager de cette balance infer\u00adnale ; s&rsquo;il s&rsquo;en d\u00e9croche, c&rsquo;est qu&rsquo;il a \u00e9puis\u00e9 le battement de cette dualit\u00e9, qu&rsquo;il consent \u00e0 mou\u00adrir aux d\u00e9sirs qui entretenaient en lui l&rsquo;illusion d&rsquo;exister. Bref, il consent enfin \u00e0 ne se pr\u00e9valoir d&rsquo;aucune qualification, non par l&rsquo;acte de sa volont\u00e9 (ce serait une illusion de plus), mais simplement parce que les \u00e9cailles de l&rsquo;illusion sont tomb\u00e9es comme les feuilles d&rsquo;un arbre tom\u00adbent en automne, ou repoussent au printemps.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous nous trouvons ici devant une alchimie de l&rsquo;\u00e2me qu&rsquo;il faut aborder avec pr\u00e9caution. Ce qui nous bloque est toujours un processus \u00e9go\u00adtiste ; le <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">n\u0153ud<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">, c&rsquo;est le moi qui envahit l&rsquo;horizon de notre vision, c&rsquo;est une forme d&rsquo;obsession tr\u00e8s puissante qui nous obnubile et nous paralyse. Le moi est une masse de plomb sur l&rsquo;esprit ; n&rsquo;est-il pas \u00e9trange que de le constater, nous lib\u00e8re d\u00e9j\u00e0 dans une certaine mesure de sa pesanteur ? Quelle est donc cette force ? Et voil\u00e0 la premi\u00e8re question que se posera l&rsquo;irr\u00e9ductible. V\u00e9rit\u00e9 ! r\u00e9alit\u00e9 ! diront les uns, Dieu ! diront les autres ; mais ce n&rsquo;est pas un mot qui nous sortira d&#8217;embarras. Il nous faut plus qu&rsquo;un symbole ; un concept de plus ne pourra que nous enliser da\u00advantage. Nous ne les connaissons que trop, ces grands intellectuels pour qui l&rsquo;intelligence ou<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">le talent ne deviendra qu&rsquo;un brillant, et l&rsquo;on ne brille que pour hypnotiser les autres&#8230; ou soi-m\u00eame\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L&rsquo;irr\u00e9ductible, lui, ne conna\u00eet que trop bien ce que contient le d\u00e9sir de briller, une compensa\u00adtion de plus et pas davantage. L&rsquo;irr\u00e9ductible sait qu&rsquo;il doit y aller de toute sa chair et de tout son esprit, il sait aussi qu&rsquo;entre ces deux valeurs il n&rsquo;y a aucune opposition il sait que son irr\u00e9duc\u00adtibilit\u00e9 \u00e9pouse une exp\u00e9rience dont l&rsquo;aboutisse\u00adment bouleverse son \u00eatre. Ce qui le meut et le transforme malgr\u00e9 lui, est une n\u00e9cessit\u00e9 dont il \u00e9prouve la puissance plus qu&rsquo;il ne la dirige ; et ce qui est certain, c&rsquo;est qu&rsquo;elle ne participe pas des probl\u00e8mes limit\u00e9s de sa personne, elle le traverse comme le courant \u00e9lectrique parvient \u00e0 l&rsquo;ampoule et l&rsquo;\u00e9claire ; et pourtant cette force ne s&rsquo;oppose pas au moi, au contraire, elle le p\u00e9n\u00e8tre dans la mesure o\u00f9 il s&rsquo;ouvre \u00e0 elle, o\u00f9 il abandonne ses r\u00e9sistances de privil\u00e9gi\u00e9 qu&rsquo;il croyait \u00eatre. Il y a l\u00e0 une union o\u00f9 le moi (le faux moi, le moi illusoire) se dissout en une force qui n&rsquo;est pas lui tout en \u00e9tant lui, et nous voil\u00e0 dans le paradoxe une fois de plus. Le moi quitte son microcosme pour se fondre dans son macrocosme. D\u00e9sormais il n&rsquo;y a plus de blocage, et l&rsquo;homme porte l&#8217;empreinte de Dieu ou du r\u00e9el, comme on voudra, au fond ce ne sont que des mots ; ce qui importe, c&rsquo;est ce que l&rsquo;on sent.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Le tourment ou le souci d&rsquo;une r\u00e9alisation \u00e0 effectuer va \u00e0 l&rsquo;encontre de cette derni\u00e8re. Ainsi d&rsquo;ailleurs que toutes les disciplines qui veulent nous la donner comme but. On ne doit pour\u00adsuivre la r\u00e9alisation \u00e0 aucun prix. Il faut \u00e9puiser ce qui est, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre chemin ; m\u00eame en se soumettant \u00e0 des disciplines : toujours l&rsquo;in\u00e9vitable paradoxe ! Seul ce qui est a valeur<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">d&rsquo;enseignement. Vouloir autre chose que sa nature propre est folie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">\u00c0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> tout prix nous voulons habiller notre mis\u00e8re, et notre mental nous y aide avec entrain ! Nous refusons de voir notre mis\u00e8re, nous pr\u00e9f\u00e9rons la recouvrir des oripeaux les plus vari\u00e9s de la culture, alors qu&rsquo;elle est si belle dans sa tragique nudit\u00e9. Le temps des ma\u00eetres est pass\u00e9 pour l&rsquo;irr\u00e9ductible, et le temps de la grande solitude est proche.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">L&rsquo;homme a horreur d&rsquo;\u00eatre seul. Le plus grand solitaire, c&rsquo;est Dieu. Dieu n&rsquo;a pas de semblables Il ne peut \u00eatre aim\u00e9 et compris que par et dans sa solitude ; mais l&rsquo;homme aime le troupeau, et ses croyances se d\u00e9veloppent surtout au sein du<\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">groupe, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;innombrables temples. L&rsquo;enseignement des autres peut nous aider, nous ne le nions pas (ce serait idiot), mais nous savons qu&rsquo;en dernier ressort, il faut \u00eatre seul, tout r\u00e9in\u00adventer, red\u00e9couvrir, n&rsquo;\u00eatre plus suiveur, disciple, ap\u00f4tre ou quoi que ce soit, mais seul ! seul ! au d\u00e9part de notre mis\u00e8re, avec notre seule mis\u00e8re. Autour de nous sont les ruines de toutes les th\u00e9ories, de tous les enseignements, de toutes les morales ! Ce sont nos b\u00e9quilles que l&rsquo;on vient enfin de jeter ! Il faut marcher par ses propres moyens, peu importe que nous soyons faibles, peu importe que nous tr\u00e9buchions, notre r\u00e9alit\u00e9 a trouv\u00e9 sa norme au sein de sa solitude.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">On cherche toujours ce que l&rsquo;on croit ne pas avoir, pourtant tout est en nous. Le d\u00e9sespoir est une forme de l&rsquo;illusion, le d\u00e9sespoir esp\u00e8re tou\u00adjours !&#8230; C&rsquo;est autre chose, que d&rsquo;\u00eatre vraiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 dans le vrai sens de ce mot. L&rsquo;homme vraiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 n&rsquo;a plus rien \u00e0 craindre, il est au bout de sa d\u00e9mence, il n&rsquo;a plus rien \u00e0 \u00eatre ou \u00e0 para\u00eetre, il n&rsquo;est ni au commencement ni au bout de la route, il r\u00e9int\u00e8gre le monde dans sa texture authentique, les choses perdent de leur opacit\u00e9 et s&rsquo;ouvrent \u00e0 la transparence. Les concordances retrouv\u00e9es exultent et s&rsquo;imbri\u00adquent aux musiques les plus subtiles de l&rsquo;esprit.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Ce qui voit et ce qui est vu s&rsquo;\u00e9pousent en une seule valeur, c&rsquo;est un mouvement continu, sans poursuites, toujours accompli \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame de son expression. Une fraternisation sans dua\u00adlit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Les grands pr\u00eacheurs dont la compassion pour leurs semblables \u00e9tait plus forte que l&rsquo;accep\u00adtation int\u00e9grale du monde, eurent tous le <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">c\u0153ur<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> ulc\u00e9r\u00e9 devant l&rsquo;incompr\u00e9hension de leurs pro\u00adchains, \u00e0 part peut-\u00eatre le Bouddha. Les mou\u00adtons suivront le berger, mais le berger ne pourra jamais faire que les moutons deviennent des ber\u00adgers, et s&rsquo;il ne devait plus y avoir de moutons, il n&rsquo;y aurait plus de berger. C&rsquo;est un peu une histoire de fou !&#8230; Lorsque l&rsquo;homme compren\u00addra et sentira avec tout le feu de son \u00eatre qu&rsquo;il ne devient pas, mais qu&rsquo;il est en potentialit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre pleinement ce qu&rsquo;il est \u00e0 chaque instant de sa vie, il aura retrouv\u00e9 l&rsquo;or de son \u00e9ternit\u00e9 ; non plus ce maigre individu qui s&rsquo;agite dans le temps et l&rsquo;espace pareil \u00e0 un singe inquiet, mais la pr\u00e9sence du Dieu Vivant, l&rsquo;Intraduisible, l&rsquo;Impersonnel.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mourir \u00e0 soi, \u00e0 son art, \u00e0 sa famille, \u00e0 ses amis, c&rsquo;est aussi abandonner toute raison de vivre, toute justification, toute mentalisation de cette justification ; c&rsquo;est laisser \u00e0 chaque mouve\u00adment la transparence de sa pr\u00e9sence dans l&rsquo;im\u00adm\u00e9diat, c&rsquo;est le laisser na\u00eetre d&rsquo;une source intem\u00adporelle, o\u00f9 la mort et la vie sont les fleurs d&rsquo;un m\u00eame bouquet.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16981,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[136,182],"class_list":["post-17054","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-p-ruga","tag-connaissance-de-soi","tag-maturite"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - 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