{"id":17707,"date":"2018-02-23T05:05:45","date_gmt":"2018-02-23T04:05:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=17707"},"modified":"2018-02-23T05:05:45","modified_gmt":"2018-02-23T04:05:45","slug":"albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/","title":{"rendered":"Albert Camus tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame&#8230; par L.-J. Delpech"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\" align=\"right\">(Extrait de la revue des deux mondes. Janvier 1971)<\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lourmarin, 8 heures, 4-1-1960 [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>S<\/b>e sentir debout dans le vent l\u00e9ger et le soleil qui commence \u00e0 poindre \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de cette froide journ\u00e9e de janvier me donne une pl\u00e9nitude qui me remplit de joie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une secr\u00e8te angoisse. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;ai d\u00fb pr\u00e9ciser \u00e0 un journaliste qu&rsquo;il y a dans mon \u0153uvre et peut-\u00eatre aussi dans mon c\u0153ur un soleil invincible. Je le go\u00fbte d&rsquo;autant plus dans cette terre de Provence qu&rsquo;on y rencontre une certaine transparence de l&rsquo;air que seuls certains tableaux de Tal Coat ont su rendre. J&rsquo;aime la lumi\u00e8re qui, \u00e0 force d&rsquo;\u00e9paisseur, coagule l&rsquo;univers et ses formes dans un \u00e9blouissement obscur.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans une minute, nous partons en auto pour Paris. J&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 prendre mon train \u00e0 Avignon o\u00f9 pourtant ma place \u00e9tait retenue. Il faut faire plaisir \u00e0 ses amis. Je crains pourtant que Michel [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>] ne pousse trop la voiture. Il est passionn\u00e9 de vitesse. Ce n&rsquo;est pas mon cas. J&rsquo;aime regarder le paysage, cela me repose, mais ce n&rsquo;est possible que si on ne va pas trop vite.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous voil\u00e0 sur la route. La vitesse me d\u00e9tachera du monde ambiant et me permettra de penser librement. Malraux m&rsquo;a longtemps parl\u00e9 de ce processus \u00e0 propos de son raid en avion au-dessus des d\u00e9serts d&rsquo;Arabie \u00e0 la recherche du royaume de la reine de Saba. Le paysage de Lourmarin qui se d\u00e9roule devant moi est proche de la campagne grecque. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a conduit \u00e0 y vivre. La Gr\u00e8ce nous enseigne, la Gr\u00e8ce \u00e0 laquelle il faut toujours revenir. J&rsquo;ai trouv\u00e9 en elle un sens complet de l&rsquo;humain. Si les Grecs ont ferm\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e du d\u00e9sespoir et de la trag\u00e9die, c&rsquo;est toujours \u00e0 travers la beaut\u00e9 et ce qu&rsquo;elle a d&rsquo;oppressant. C&rsquo;est la trag\u00e9die qui culmine. C&rsquo;est une conception de la vie qui fait sa part \u00e0 tout, au corps comme \u00e0 l&rsquo;esprit, \u00e0 la beaut\u00e9 comme \u00e0 la rigueur. Pascal n&rsquo;a-t-il pas \u00e9crit \u00ab l&rsquo;erreur vient de l&rsquo;exclusion \u00bb et Leibniz \u00ab ne m\u00e9prisez presque rien \u00bb. A la limite de l&rsquo;intelligence, on sait de science certaine qu&rsquo;il y a du vrai dans toute th\u00e9orie et qu&rsquo;aucune exp\u00e9rience de l&rsquo;humanit\u00e9, m\u00eame si elle se nomme Socrate et Emp\u00e9docle, Pascal et Sade, n&rsquo;est, \u00e0 priori, signifiante. L&rsquo;exp\u00e9rience de Nietzsche ajout\u00e9e \u00e0 la n\u00f4tre, comme celle de Pascal \u00e0 celle de Darwin, Callicl\u00e8s \u00e0 Platon, restitue tout le registre humain et nous rend notre patrie.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">J&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9occup\u00e9 du passage de l&rsquo;hell\u00e9nisme au christianisme au point d&rsquo;y consacrer mon seul travail universitaire [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>] alors que pourtant j&rsquo;\u00e9tais tent\u00e9 par un essai sur la mort et l&rsquo;absurde chez Chestov. Le XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sans ses id\u00e9ologies est plus grec et pa\u00efen que chr\u00e9tien et russe. Simone Weil pensait que le christianisme n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une branche d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 plus haute. Je crois qu&rsquo;il faut le d\u00e9passer par l&rsquo;hell\u00e9nisme.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;hell\u00e9nisme c&rsquo;est aussi la mer, la mer dont j&rsquo;ai toujours la nostalgie et \u00e0 laquelle je veux consacrer un ouvrage. La mer qui surgissait au coin de chaque rue \u00e0 Alger. Alger, c&rsquo;est la passion sans frein et l&rsquo;abandon \u00e0 la volupt\u00e9 d&rsquo;aimer. C&rsquo;\u00e9tait la M\u00e9diterran\u00e9e avec son tragique solaire qui n&rsquo;est pas celui des brumes. Pourtant, certains soirs, sur la mer, aux pieds des montagnes, la nuit tombe sur la courbe parfaite d&rsquo;une petite baie et des eaux silencieuses monte une pl\u00e9nitude d&rsquo;angoisse. Cette angoisse qui est le fond de notre vie comme le dit le Gisors de Malraux. Mais la libert\u00e9 est un don de la mer. Si je devais mourir ignor\u00e9 du monde, dans le fond d&rsquo;une prison froide, la mer au dernier moment emplirait ma cellule, viendrait me soulever au-dessus de moi-m\u00eame et m&rsquo;aider \u00e0 mourir sans haine. \u00ab Je trouve un symbole de ma pr\u00e9dilection pour la mer dans mon premier reportage qui fut consacr\u00e9 \u00e0 une temp\u00eate dans la baie et le port d&rsquo;Alger et me conduisit \u00e0 interviewer sur l&rsquo;incident une vingtaine de capitaines. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La nature, c&rsquo;est aussi la beaut\u00e9 et l&rsquo;amour. On aime un paysage comme on aime une femme. J&rsquo;ai d\u00e9peint une femme, Janine, qui trompait son mari avec les espaces de la nuit auxquels elle ouvrait les yeux et son corps. \u00ab Alors, avec une douceur insupportable, \u00e9crivais-je, l&rsquo;eau de la nuit commen\u00e7a d&#8217;emplir Janine, submergea le fond, monta peu \u00e0 peu du centre obscur de son \u00eatre et d\u00e9borda en flots interrompus jusqu&rsquo;\u00e0 sa bouche pleine de g\u00e9missements. L&rsquo;instant d&rsquo;apr\u00e8s, le ciel entier s&rsquo;\u00e9tendait au-dessus d&rsquo;elle renvers\u00e9e sur la terre froide. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il n&rsquo;est rien dans l&rsquo;univers de plus auguste que la beaut\u00e9, contrairement \u00e0 Ivan Karamazof qui y voyait une chose terrible et affreuse, l\u00e0 o\u00f9 le diable entre en lutte avec Dieu. Pour les musulmans, Iblis, le diable, se sert de la beaut\u00e9 pour d\u00e9tourner l&rsquo;homme de Dieu. A ce sujet, je songe \u00e0 un r\u00e9cit de Dwinger qui m&rsquo;a toujours frapp\u00e9. Pendant la r\u00e9volution russe, dans un train de l&rsquo;arri\u00e8re, Dwinger et un camarade entrent dans un compartiment o\u00f9 se trouve un grand capitaine aux yeux enfi\u00e9vr\u00e9s. Devant lui quelqu&rsquo;un allong\u00e9 sur la banquette, forme recouverte d&rsquo;un manteau. La nuit vient. La lune \u00e9claire le compartiment. \u00ab Ouvrez les yeux, fr\u00e8res, vous allez voir quelque chose, vous l&rsquo;aurez bien gagn\u00e9. \u00bb Il tire le manteau doucement, une jeune femme nue d&rsquo;une beaut\u00e9 si grande et si r\u00e9guli\u00e8re que je n&rsquo;en ai jamais vu de pareille que sur les tableaux et les gravures. Regardez, dit l&rsquo;officier. Cela vous donnera de nouvelles forces. Et vous saurez pourquoi nous combattons. Car nous combattons aussi pour la beaut\u00e9, n&rsquo;est-ce pas. Seulement personne ne le dit [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>]. La beaut\u00e9, aujourd&rsquo;hui, ne peut servir aucun parti, elle ne sert que la douleur ou la joie des hommes. La beaut\u00e9, c&rsquo;est H\u00e9l\u00e8ne \u00ab \u00c2me sereine comme le calme des mers, beaut\u00e9 qui ornait la plus riche parure, doux yeux qui per\u00e7aient \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal d&rsquo;un trait, fleur d&rsquo;amour fatale au c\u0153ur \u00bb, comme nous le commentait Mathieu en Cagne au lyc\u00e9e Bugeaud. Il y a peut-\u00eatre une transcendance vivante dont la beaut\u00e9 fait la promesse, qui peut faire aimer et pr\u00e9f\u00e9rer \u00e0 tout autre ce monde mortel et limit\u00e9. J&rsquo;ai v\u00e9cu aussi sans mesure la beaut\u00e9. Il n&rsquo;y a pas de limites pour aimer et que m&rsquo;importe de mal \u00e9treindre si je peux tout embrasser. Certes, l&rsquo;homme ne se r\u00e9alise que dans l&rsquo;amour parce qu&rsquo;il y trouve sous une forme fulgurante l&rsquo;image de sa condition sans avenir. Le type en est l&rsquo;Heatcliff d&rsquo;Emly Bront\u00eb. Quand l&rsquo;amour d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en sensualit\u00e9, il ne m\u00e8ne \u00e0 rien. La sexualit\u00e9 n&rsquo;est pas immorale, mais seulement infructueuse. Tant que l&rsquo;homme n&rsquo;a pas domin\u00e9 le d\u00e9sir il n&rsquo;a rien domin\u00e9. Seule la chastet\u00e9 est li\u00e9e au progr\u00e8s personnel.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Une autre le\u00e7on de la nature \u2014 elle est in\u00e9puisable \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;origine de la notion de justice tel que l&rsquo;ont con\u00e7ue les premiers penseurs grecs. La justice, c&rsquo;est un reflet dans l&rsquo;homme de l&rsquo;harmonie du monde. Le vieil H\u00e9raclite \u00e9crivait : \u00ab Le soleil ne d\u00e9passera jamais ses mesures. Sinon les Erinyes, ministres de la Justice, se trouveraient sur son chemin. \u00bb Aussi ai-je choisi la justice pour \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 la terre. Elle est une id\u00e9e et une chaleur de l&rsquo;\u00e2me. Elle est \u00e0 la fois harmonie et silence. Cela m&rsquo;a conduit \u00e0 mettre au centre de ma vie l&rsquo;admirable silence de ma m\u00e8re \u2014 \u00ab une m\u00e8re, c&rsquo;est l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb disait Max Jacob, et mon effort a \u00e9t\u00e9 de retrouver une justice et un amour qui \u00e9quilibre ce silence.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;injustice, combien de fois je l&rsquo;ai rencontr\u00e9e et combien de fois j&rsquo;ai lutt\u00e9 contre elle. J&rsquo;ai d\u00e9but\u00e9 comme journaliste \u00e0 Alger. Pour moi, cela a \u00e9t\u00e9 une grande \u00e9cole de v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est en ne refusant rien de ce qui a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 et v\u00e9cu, c&rsquo;est en faisant l&rsquo;aveu du doute et de la certitude, en consignant l&rsquo;erreur qui, en politique comme dans toutes les choses humaines, suit la conviction comme son ombre, qu&rsquo;on reste fid\u00e8le \u00e0 son m\u00e9tier d&rsquo;homme. Aussi longtemps que, serait-ce dans un seul esprit, la v\u00e9rit\u00e9 sera accept\u00e9e pour ce qu&rsquo;elle est et telle qu&rsquo;elle est, il y aura place pour l&rsquo;espoir. J&rsquo;ai cherch\u00e9 cette v\u00e9rit\u00e9 dans l&rsquo;affaire El Okby, puis l&rsquo;affaire Hodent [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>]. A propos des conditions inhumaines dans lesquelles \u00e9taient transport\u00e9s au bagne les for\u00e7ats de la Martini\u00e8re. Il ne s&rsquo;agissait pas de piti\u00e9, mais de tout autre chose. Il n&rsquo;y a pas pour moi de spectre plus abject que celui d&rsquo;hommes ramen\u00e9s au-dessous de la condition d&rsquo;homme. Puis il y a eu le mensonge r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;assimilation toujours propos\u00e9e, jamais r\u00e9alis\u00e9e, comme l&rsquo;injustice \u00e9vidente de la r\u00e9partition agraire plus les expropriations injustes \u2014 et de la distribution du revenu. Enfin, la souffrance psychologique, caus\u00e9e par l&rsquo;attitude m\u00e9prisante du colonisateur a conduit \u00e0 cette guerre fratricide. Et maintenant, ces gens pour qui j&rsquo;ai combattu jusqu&rsquo;\u00e0 me faire expulser d&rsquo;Alg\u00e9rie comme mes compatriotes qui, eux aussi, sont au sens fort du terme des indig\u00e8nes, ont refus\u00e9 mon appel pour une tr\u00eave civile. A Stockholm, un jeune Kabyle m&rsquo;a reproch\u00e9 de n&rsquo;avoir pas pris parti en faveur du F.L.N. J&rsquo;ai r\u00e9pondu : \u00ab Je suis pour la justice, mais s&rsquo;il me faut choisir entre la justice et ma m\u00e8re, je choisis ma m\u00e8re. \u00bb Lorsque je parle de ma m\u00e8re, et dis que je prendrai parti contre la justice je n&rsquo;ai pas de mal \u00e0 le faire : la m\u00e8re et la justice \u00e9tant parfaitement d&rsquo;accord. Je confonds ma m\u00e8re et l&rsquo;Alg\u00e9rie dans un m\u00eame amour. Tous deux composent mon pass\u00e9. Il ne faut pas oublier que cette Alg\u00e9rie, ce sont les Europ\u00e9ens qui l&rsquo;ont peu \u00e0 peu construite, non pas contre les habitants, mais avec certains d&rsquo;entre eux. Comme je l&rsquo;ai \u00e9crit \u00e0 Aziz Kessaus, \u00ab vous et moi nous nous ressemblons tant, de m\u00eame culture, partageant le m\u00eame espoir. Fraternels depuis si longtemps, unis par l&rsquo;amour que nous portons \u00e0 notre terre, nous savons que nous ne sommes pas des ennemis et que nous pourrions vivre heureux ensemble, sur cette terre qui est la n\u00f4tre. Ils ne veulent pas \u00e9viter l&rsquo;irr\u00e9parable, ce qu&rsquo;aucune cause ne justifie : la mort de l&rsquo;innocent. Il en est de m\u00eame pour la peine de mort car si la nature ne condamne pas \u00e0 mort l&rsquo;homme, qu&rsquo;au moins l&rsquo;homme ne le fasse pas. Je ne puis m&#8217;emp\u00eacher de penser au dernier ouvrage de Tolsto\u00ef que l&rsquo;on trouva inachev\u00e9 sur sa table de travail \u00ab Au monde, il n&rsquo;y a pas de coupable \u00bb. Pour moi, l&rsquo;homme est coupable, mais il l&rsquo;est de ne pas avoir su tirer tout de lui-m\u00eame et de ce monde ext\u00e9rieur qui peut toujours sauver de tout.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Que serait la justice sans la chance du bonheur ? L&rsquo;homme est fait pour le bonheur qui est le simple accord entre un \u00eatre et l&rsquo;existence qu&rsquo;il m\u00e8ne. Et quel accord plus l\u00e9gitime pour unir l&rsquo;homme \u00e0 la vie sinon la double conscience de son d\u00e9sir de dur\u00e9e et de son d\u00e9sir de mort, comme le disait le vieux Freud. Mais le bonheur est la plus grande des conqu\u00eates : celle qu&rsquo;on fait contre le destin qui nous est impos\u00e9. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ordre sans justice et l&rsquo;ordre id\u00e9al des peuples r\u00e9side dans leur bonheur. Les obstacles au bonheur sont nombreux. Il y a entre autre la maladie. Pressentir la mort \u00e0 la simple vue d&rsquo;un mouchoir rempli de sang, c&rsquo;est \u00eatre replong\u00e9 dans le temps d&rsquo;une fa\u00e7on vertigineuse. Cette maladie, sans doute, ajoutait d&rsquo;autres entraves et les plus dures, \u00e0 celles qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 les miennes. Elle favorisait finalement cette libert\u00e9 du c\u0153ur, cette l\u00e9g\u00e8re distance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des int\u00e9r\u00eats humains qui m&rsquo;a toujours pr\u00e9serv\u00e9 du ressentiment. J&rsquo;en ai joui sans limite ni remords. Si la constante justification des hommes est la douleur, la maladie est un courant qui a sa r\u00e8gle, son asc\u00e8se, ses silences et ses inspirations. L&rsquo;id\u00e9al serait de lui prendre sa force mais aussi d&rsquo;en refuser les faiblesses. Il y a aussi la pauvret\u00e9 que je n&rsquo;ai pas apprise dans Marx mais dans la mis\u00e8re. Le bonheur demande une disposition \u00e0 laquelle la pauvret\u00e9 pr\u00e9pare moins que la mort silencieuse. Quinze mille francs par mois, la vie d&rsquo;atelier et Tristan n&rsquo;a plus rien \u00e0 dire \u00e0 Iseut. Simone Weil a bien exp\u00e9riment\u00e9 et d\u00e9crit cette terrible d\u00e9gradation cons\u00e9cutive \u00e0 la condition ouvri\u00e8re. Pourtant, s&rsquo;il y a une solitude dans la pauvret\u00e9, c&rsquo;est une solitude qui rend son prix \u00e0 chaque chose. A un certain degr\u00e9 de richesse, le ciel lui-m\u00eame et la nuit pleine d&rsquo;\u00e9toiles semblent des biens naturels. Mais au bas de l&rsquo;\u00e9chelle le ciel reprend tout son sens : une gr\u00e2ce sans prix. En un mot, un point extr\u00eame de pauvret\u00e9 rejoint toujours le luxe et la richesse du monde. La pauvret\u00e9 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 un malheur pour moi, elle a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9quilibr\u00e9e par les richesses de la lumi\u00e8re. Il semble que, pour corriger une indiff\u00e9rence naturelle, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 \u00e0 mi-distance de la lumi\u00e8re et du soleil. La mis\u00e8re m&#8217;emp\u00eache de croire que tout est bien sous le soleil et dans l&rsquo;histoire. Hegel a d\u00e9truit d\u00e9finitivement toute transcendance verticale et surtout celle des principes. Il instaure, sans doute, dans le devenir du monde, l&rsquo;immanence de l&rsquo;esprit. Mais cette immanence n&rsquo;est pas fixe, elle n&rsquo;a rien de commun avec le panth\u00e9isme ancien. L&rsquo;esprit est, et n&rsquo;est pas dans le monde ; il s&rsquo;y fait et il y sera. La valeur est donc rapport\u00e9e \u00e0 la fin de l&rsquo;histoire. Jusque-l\u00e0, point de crit\u00e8res propres \u00e0 fonder un jugement de valeur. Il faut agir et vivre en fonction de l&rsquo;avenir. Les h\u00e9g\u00e9liens et les marxistes ont un alibi, la responsabilit\u00e9 envers l&rsquo;histoire dispense de la responsabilit\u00e9 envers les \u00eatres humains. Il est vrai que nous ne pouvons \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;histoire puisque nous y sommes plong\u00e9s jusqu&rsquo;au cou, mais on peut pr\u00e9tendre \u00e0 lutter dans l&rsquo;histoire pour pr\u00e9server cette part de l&rsquo;homme qui ne lui appartient pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais le monde est ambivalent. S&rsquo;il est justice, harmonie, beaut\u00e9, il est aussi absurde. Comment na\u00eet cet aspect ? Si le souci fondamental de l&rsquo;homme est le besoin d&rsquo;unit\u00e9, si le monde ou Dieu ne peuvent satisfaire, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;homme de se fabriquer une unit\u00e9, soit en se d\u00e9tournant du monde, soit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du monde. L&rsquo;absurde, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9paisseur et l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 du monde, c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 sans Dieu. Il ne peut y avoir d&rsquo;absurde hors de ce monde et c&rsquo;est \u00e0 ce crit\u00e9rium \u00e9l\u00e9mentaire que je juge que la notion d&rsquo;absurde est essentielle et qu&rsquo;elle peut figurer parmi mes premi\u00e8res v\u00e9rit\u00e9s. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l&rsquo;absurde na\u00eet de la confrontation entre l&rsquo;appel humain et le silence d\u00e9raisonnable du monde. Ainsi se retrouvent restitu\u00e9es une morale et une asc\u00e8se qui restent \u00e0 pr\u00e9ciser. Le monde absurde ne re\u00e7oit qu&rsquo;une justification esth\u00e9tique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est l&rsquo;art qui nous apprend que l&rsquo;homme ne se r\u00e9sume ni \u00e0 l&rsquo;histoire ni \u00e0 l&rsquo;absurde et qu&rsquo;il trouve ainsi une raison d&rsquo;\u00eatre dans l&rsquo;ordre de la nature. La cr\u00e9ation artistique est la d\u00e9fense de l&rsquo;homme. Dire oui au monde, le r\u00e9p\u00e9ter, c&rsquo;est \u00e0 la fin recr\u00e9er le monde et soi-m\u00eame. C&rsquo;est devenir le grand artiste, le cr\u00e9ateur. Cr\u00e9er, c&rsquo;est donner un sens \u00e0 son destin, un sens \u00e0 la souffrance en disant qu&rsquo;elle est inadmissible. La beaut\u00e9 surgit \u00e0 cet instant des d\u00e9combres de l&rsquo;injustice et du mal.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">D&rsquo;o\u00f9 chercher la fabrique des mondes artificiels ? Les matches du dimanche dans un stade plein \u00e0 craquer et le th\u00e9\u00e2tre que j&rsquo;ai aim\u00e9 avec une passion sans \u00e9gale sont les seuls endroits du monde o\u00f9 je me sens innocent, ai-je fait dire \u00e0 Cl\u00e9mence (h\u00e9ros de la <i>Chute)<\/i><i><b>. <\/b><\/i>Qu&rsquo;est-ce que le th\u00e9\u00e2tre ? Un royaume de nulle part avec ses lois, ses traditions, ses ordonnances, d&rsquo;autant plus strictes qu&rsquo;elles fonctionnent en vase clos : au seuil de l&rsquo;entr\u00e9e des artistes, le monde s&rsquo;arr\u00eate. La convention du th\u00e9\u00e2tre, c&rsquo;est que le c\u0153ur ne s&rsquo;exprime et ne se fait comprendre que par les gestes et dans le corps et par la croix qui est autant de l&rsquo;\u00e2me que du corps. C&rsquo;est un univers qui m&rsquo;enchante. On peut le ha\u00efr ou l&rsquo;ignorer. On peut rire de ses travers et de ses exc\u00e8s, mais ne nous y trompons pas. Si les \u00e9glises et les dictatures ont de tout temps censur\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre c&rsquo;est que son innocence les d\u00e9fiait ; c&rsquo;est aussi parce que la v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;\u00e9clate jamais mieux que sous la d\u00e9froque et le masque. C&rsquo;est le th\u00e9\u00e2tre qui m&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 mon don de cr\u00e9ateur en Alg\u00e9rie avec la troupe de <i>l&rsquo;Equipe <\/i>et <i>R\u00e9volte dans les Asturies.<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Plus tard avec <i>Caligula<\/i><i><b> <\/b><\/i>et mes adaptations de Malraux, Calderon, Faulkner et Dosto\u00efevski. J&rsquo;aime jouer et peut-\u00eatre, si ma sant\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 meilleure, aurais-je \u00e9t\u00e9 com\u00e9dien. C&rsquo;est cette terrible sant\u00e9 qui m&rsquo;a arrach\u00e9 aux joies du sport, \u00e0 ce football que, comme tout Alg\u00e9rien, j&rsquo;ai tant aim\u00e9. Comme je l&rsquo;ai dit un jour \u00e0 Chariot, j&rsquo;aurais d\u00e9sir\u00e9 devenir footballeur professionnel !<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il y a enfin, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du mal physique, le mal moral, l&rsquo;un symbolisant quelquefois l&rsquo;autre comme je l&rsquo;ai montr\u00e9 dans <i>la Peste<\/i><i><b> <\/b><\/i>\u00e0 travers Tarrou. Ceux qui sont meilleurs que d&rsquo;autres ne peuvent s&#8217;emp\u00eacher aujourd&rsquo;hui de tuer ou de laisser tuer parce que c&rsquo;est dans la logique o\u00f9 ils vivent. Nous ne pouvons faire un geste au monde sans risquer de faire mourir. J&rsquo;ai donc eu honte et j&rsquo;ai appris que nous \u00e9tions tous dans la peste. J&rsquo;en ai perdu la paix. Ce que je cherche maintenant, c&rsquo;est ce qui peut soulager les hommes et sinon les sauver, du moins leur faire le moins de mal possible. Le seul probl\u00e8me concret que je connaisse c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre un saint sans Dieu, comme Kaliayev (un des personnages des <i>Justes) <\/i>j&rsquo;aime ceux qui vivent aujourd&rsquo;hui sur la m\u00eame terre que moi. C&rsquo;est pour eux que je lutte et je consens \u00e0 mourir.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour une cit\u00e9 lointaine dont je ne suis pas s\u00fbr je n&rsquo;irai pas frapper le visage de mes fr\u00e8res. Je n&rsquo;irai pas ajouter \u00e0 l&rsquo;injustice vivante pour une justice morte. Contrairement \u00e0 Grenier et aux chr\u00e9tiens, je crois qu&rsquo;il faut se r\u00e9volter pour aboutir au bonheur terrestre, pour abolir l&rsquo;injustice et cela dans l&rsquo;imm\u00e9diat et non dans le lointain.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 ainsi amen\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volte.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un homme r\u00e9volt\u00e9 ? C&rsquo;est un homme qui dit non. Mais s&rsquo;il refuse, il ne renonce pas : c&rsquo;est aussi un homme qui dit oui d\u00e8s son premier mouvement. La r\u00e9volte la plus n\u00e9gative \u2014 par exemple celle de l&rsquo;esclave qui se rebelle contre un ordre de son ma\u00eetre \u2014 contient forc\u00e9ment un \u00e9l\u00e9ment positif. Si je refuse d&rsquo;accomplir tel acte \u00e0 quoi on pr\u00e9tend m&rsquo;obliger, c&rsquo;est qu&rsquo;en moi r\u00e9side une volont\u00e9 plus ou moins confuse du contraire, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a dans l&rsquo;homme quelque chose \u00e0 quoi l&rsquo;homme peut s&rsquo;identifier, f\u00fbt-ce pour un temps. Par cons\u00e9quent, je me r\u00e9volte, donc je suis. Cependant, mille exemples nous d\u00e9montrent que la r\u00e9volte ne na\u00eet pas seulement d&rsquo;une oppression personnellement subie, mais au moins aussi souvent du spectacle de l&rsquo;oppression des autres : l&rsquo;individu r\u00e9volt\u00e9 a donc le pouvoir de s&rsquo;identifier \u00e0 un autre. Dans l&rsquo;exp\u00e9rience absurde, la souffrance est individuelle comme je l&rsquo;ai montr\u00e9 dans <i>L\u2019\u00c9tranger<\/i><i> <\/i>et <i>Caligula.<\/i><i><b> <\/b><\/i>A partir du mouvement de r\u00e9volte, elle a conscience d&rsquo;\u00eatre collective, elle est l&rsquo;aventure de tous.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab J&rsquo;ai un si fort d\u00e9sir de voir diminuer la somme des malheurs et de l&rsquo;amertume qui empoisonne les hommes. Pour cela, j&rsquo;exalte ma lucidit\u00e9 au milieu de ce qui la nie. J&rsquo;exalte l&rsquo;homme devant ce qui l&rsquo;\u00e9crase et ma libert\u00e9, ma r\u00e9volte et ma passion se rejoignent alors dans cette tension, cette clairvoyance et cette r\u00e9p\u00e9tition d\u00e9mesur\u00e9e. Cela \u00e0 longueur de vie c&rsquo;est cr\u00e9er son \u00e2me. Et vivre n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que ce long et torturant accouchement. Quand l&rsquo;\u00e2me est pr\u00eate, cr\u00e9\u00e9e par nous et la douleur, voici la mort. Aussi faut-il nous contenter. Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes ! Voici d\u00e9j\u00e0 beaucoup de certitude pour cette vie d&rsquo;homme. Aussi, la vraie g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 envers l&rsquo;avenir est de tout donner au pr\u00e9sent&#8230; \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le lundi 4 janvier 1960 \u00e0 13 h 55 sur la route de Sens \u00e0 Paris, au lieu-dit Villeblerin, un paysan en v\u00e9lomoteur fut d\u00e9pass\u00e9 par une voiture Facel-Vega qui roulait \u00e0 vive allure, la route \u00e9tant parfaitement droite. Quelque cent m\u00e8tres plus loin, l&rsquo;homme entendit un bruit terrible. \u00ab Eclatement de pneu, rupture de direction. \u00bb Il vit la voiture d\u00e9raper, heurter un platane, et rebondir sur le suivant \u2014 le dernier de la rang\u00e9e \u2014 contre lequel elle s&rsquo;arr\u00eata, coup\u00e9e en deux. Dans le champ voisin, on d\u00e9couvrit trois corps, deux femmes l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9es, et le conducteur, Michel Gallimard, qui devait mourir quelques jours plus tard. Entre les t\u00f4les fracass\u00e9es, dans la carrosserie, gisait le quatri\u00e8me passager. Il avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 sur le coup. Il reposait \u00e0 demi engag\u00e9, les yeux exorbit\u00e9s, \u00ab un peu de sang suintant sur la nuque. \u00bb Quand on fouilla ses poches, une des premi\u00e8res choses qu&rsquo;on trouva fut un billet de train inutilis\u00e9. La carte d&rsquo;identit\u00e9 indiquait : Albert Camus, \u00e9crivain, n\u00e9 le 7 novembre 1913 \u00e0 Mondovi, d\u00e9partement de Constantine.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"right\">L.-J. DELPECH<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p>Extrait du site de <a href=\"http:\/\/www.revuedesdeuxmondes.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la revue des deux mondes<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">_______________________________________________________________<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><sup>\u0002<\/sup> Le monologue Int\u00e9rieur est une forme bien connue d&rsquo;expression datant du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et dont la th\u00e9orie a \u00e9t\u00e9 faite par E. Dujardin dans son livre \u00ab <i>Le monologue int\u00e9rieur<\/i> \u00bb, Messein 1931, et mise en \u0153uvre dans son roman \u00ab <i>Les lauriers sont coup\u00e9s<\/i> \u00bb, Messein 1887.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Elle a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e par Camus dans \u00ab <i>La Chute<\/i> \u00bb. Notre \u00e9tude se pr\u00e9sente comme un montage de textes emprunt\u00e9s aux \u0152uvres compl\u00e8tes de Camus, aux Carnets, \u00e9dition de la Pl\u00e9iade, \u00e0 Camus par lui-m\u00eame de Morvan-Lebesque, au Camus de J.-C. Brisville, \u00e0 l&rsquo;Albert Camus, par Jean-Grenier, enfin \u00e0 des souvenirs de conversation avec Camus et ses amis : E. Chariot, P. Mathieu, J. Grenier, J. Brune, etc.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><sup>\u0002<\/sup> Michel Gallimard.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><sup>\u0002<\/sup> Un dipl\u00f4me d&rsquo;\u00e9tudes sup\u00e9rieures soutenu en 1936, portant sur les rapports de l&rsquo;hell\u00e9nisme et du christianisme, d&rsquo;apr\u00e8s Plotin et saint Augustin et intitul\u00e9 \u00ab m\u00e9taphysique chr\u00e9tienne et n\u00e9o-platonisme \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><sup>\u0002<\/sup> <i>Carnets de Camus, <\/i>janvier 1942 &#8211; mars 1951, Gallimard 1964, p. 213, cf. E. Dwinger : <i>Entre les rouges et les blancs <\/i>(1919-1920), traduction fran\u00e7aise, Payot 1931, p. 17.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><sup>\u0002<\/sup> <span style=\"font-size: medium;\">Dans <\/span><span style=\"font-size: medium;\"><i>Alger-R\u00e9publicain, <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium;\">Camus prouva qu&rsquo;un malheureux commis<\/span> <span style=\"font-size: medium;\">de ferme \u00e9tait innocent du vol dont l&rsquo;accusait un colon. Il d\u00e9montra aussi<\/span> <span style=\"font-size: medium;\">l&rsquo;innocence d&rsquo;un musulman El Okby, inculp\u00e9 d&rsquo;assassinat par ordre du<\/span> <span style=\"font-size: medium;\">Pouvoir et pour des raisons politiques.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Extrait de la revue des deux mondes. Janvier 1971) Lourmarin, 8 heures, 4-1-1960 [1] Se sentir debout dans le vent l\u00e9ger et le soleil qui commence \u00e0 poindre \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de cette froide journ\u00e9e de janvier me donne une pl\u00e9nitude qui me remplit de joie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une secr\u00e8te angoisse. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;ai d\u00fb pr\u00e9ciser [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9185,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[725,558],"tags":[],"class_list":["post-17707","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-delpech-l-j","category-portrait"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Albert Camus tel qu&#039;en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Albert Camus tel qu&#039;en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"(Extrait de la revue des deux mondes. Janvier 1971) Lourmarin, 8 heures, 4-1-1960 [1] Se sentir debout dans le vent l\u00e9ger et le soleil qui commence \u00e0 poindre \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de cette froide journ\u00e9e de janvier me donne une pl\u00e9nitude qui me remplit de joie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une secr\u00e8te angoisse. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;ai d\u00fb pr\u00e9ciser [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2018-02-23T04:05:45+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"245\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb\"},\"headline\":\"Albert Camus tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame&#8230; par L.-J. Delpech\",\"datePublished\":\"2018-02-23T04:05:45+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\"},\"wordCount\":3898,\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg\",\"articleSection\":[\"Delpech L.-J.\",\"Portrait\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\",\"name\":\"Albert Camus tel qu'en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg\",\"datePublished\":\"2018-02-23T04:05:45+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg\",\"width\":200,\"height\":245,\"caption\":\"L.-J. Delpech (1908-1986)\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Albert Camus tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame&#8230; par L.-J. Delpech\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/scoussa\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Albert Camus tel qu'en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Albert Camus tel qu'en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"(Extrait de la revue des deux mondes. Janvier 1971) Lourmarin, 8 heures, 4-1-1960 [1] Se sentir debout dans le vent l\u00e9ger et le soleil qui commence \u00e0 poindre \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de cette froide journ\u00e9e de janvier me donne une pl\u00e9nitude qui me remplit de joie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une secr\u00e8te angoisse. L&rsquo;autre jour, j&rsquo;ai d\u00fb pr\u00e9ciser [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2018-02-23T04:05:45+00:00","og_image":[{"width":200,"height":245,"url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb"},"headline":"Albert Camus tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame&#8230; par L.-J. Delpech","datePublished":"2018-02-23T04:05:45+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/"},"wordCount":3898,"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg","articleSection":["Delpech L.-J.","Portrait"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/","name":"Albert Camus tel qu'en lui-m\u00eame... par L.-J. Delpech - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg","datePublished":"2018-02-23T04:05:45+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-e1511562876636.jpg","width":200,"height":245,"caption":"L.-J. Delpech (1908-1986)"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/albert-camus-tel-quen-lui-meme-l-j-delpech\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Albert Camus tel qu&rsquo;en lui-m\u00eame&#8230; par L.-J. Delpech"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/b692dacff720a5344a6190bc714397eb","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/scoussa\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17707"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17707\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}