{"id":17856,"date":"2018-09-29T02:43:30","date_gmt":"2018-09-29T01:43:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=17856"},"modified":"2018-09-29T02:43:30","modified_gmt":"2018-09-29T01:43:30","slug":"le-depassement-du-mecanisme-par-roberto-fondi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-depassement-du-mecanisme-par-roberto-fondi\/","title":{"rendered":"Le d\u00e9passement du m\u00e9canisme par Roberto Fondi"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet esprit, et afin de pouvoir d\u00e9passer la forme d&rsquo;esprit d\u00e9terministe inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;\u00e9volutionnisme darwinien, que j&rsquo;ai estim\u00e9 n\u00e9cessaire d&rsquo;approfondir un peu plus mes connaissances en physique th\u00e9orique, avant de finir par utiliser les id\u00e9es du math\u00e9maticien Luigi Fantappi\u00e9 et du physicien Giuseppe Arcidiacono.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Pouvez-vous exposer le contenu de ces id\u00e9es ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je le ferai apr\u00e8s une r\u00e9capitulation panoramique de l&rsquo;histoire de la physique moderne, dans la mesure o\u00f9 cette histoire est, en g\u00e9n\u00e9ral et surtout parmi les biologistes, vraiment mal connue. Du reste, cela explique dans une large mesure pourquoi la biologie ne parvient pas encore \u00e0 s&rsquo;\u00e9manciper de la fa\u00e7on de raisonner \u00e9volutionniste, malgr\u00e9 le manque \u00e9vident de fondements scientifiques solides qui caract\u00e9rise cette derni\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous pourrions revenir \u00e0 notre propos en partant de Galil\u00e9e qui, nous l&rsquo;avons dit, \u00e9tait parvenu \u00e0 convaincre les savants de son \u00e9poque que tous les concepts g\u00e9n\u00e9raux de la vraie science ne pouvaient \u00eatre obtenus que par induction, \u00e0 travers l&rsquo;observation et l&rsquo;exp\u00e9rimentation appliqu\u00e9es au monde sensible, consid\u00e9r\u00e9 comme la seule r\u00e9alit\u00e9 connaissable. Ce fut pr\u00e9cis\u00e9ment en adoptant la m\u00e9thode de Galil\u00e9e que, tout de suite apr\u00e8s, Isaac Newton put construire le premier grand \u00e9difice th\u00e9orique de la physique moderne. Gr\u00e2ce aux principes de sa m\u00e9canique, bien vite on eut l&rsquo;impression que tous les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels \u00e9taient enfin devenus compr\u00e9hensibles \u00e0 la raison et que m\u00eame ceux qui n&rsquo;\u00e9taient pas encore expliqu\u00e9s finiraient par se r\u00e9v\u00e9ler conformes \u00e0 ces principes. La philosophie elle-m\u00eame (il suffit de penser \u00e0 <i>la Critique de la raison pure<\/i> d&rsquo;Emmanuel Kant) fut domin\u00e9e par le cadre m\u00e9caniste.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les grandes caract\u00e9ristiques de cet \u00e9difice \u00e9taient les suivantes :<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">1) Les \u00ab cat\u00e9gories fondamentales \u00bb de chaque ph\u00e9nom\u00e8ne sont l&rsquo;espace et le temps. Tout \u00eatre naturel ne peut donc \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 et d\u00e9fini qu&rsquo;au moyen de d\u00e9terminations spatiales et temporelles : de sorte que la physique traitera exclusivement des variables spatiales dans le temps, c&rsquo;est-\u00e0-dire de mouvements.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">2) Il est n\u00e9cessaire de supposer un \u00ab quelque chose \u00bb qui accomplit ces mouvements. Ce quelque chose est la masse, caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;inertie et par la capacit\u00e9 de transmettre son propre mouvement \u00e0 d&rsquo;autres masses \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de repos. Pour Kant, la masse de Newton n&rsquo;est autre que le vieux concept philosophique de \u00ab substance \u00bb, condens\u00e9 dans une image physique pr\u00e9cise et consid\u00e9r\u00e9 comme vrai a priori.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">3) Les diff\u00e9rentes masses distribu\u00e9es dans l&rsquo;univers s&rsquo;influencent tour \u00e0 tour \u00e0 travers des forces, dont la force de gravit\u00e9 n&rsquo;est, peut-\u00eatre, qu&rsquo;un cas particulier. Ces forces, ou relations d&rsquo;influence r\u00e9ciproque, peuvent \u00eatre exprim\u00e9es en termes math\u00e9matiques, par des \u00e9quations, de m\u00eame que les masses, les temps et les espaces.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">4) Tous les mouvements se r\u00e9alisent \u00e0 travers une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9tats qui se succ\u00e8dent de mani\u00e8re ininterrompue et avec une continuit\u00e9 absolue. Cela signifie que dans les mouvements, chaque valeur interm\u00e9diaire entre la valeur initiale et la valeur finale d&rsquo;un processus physique donn\u00e9 est effectivement atteinte au moins une fois.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En conclusion, selon la repr\u00e9sentation m\u00e9caniste la r\u00e9alit\u00e9 est constitu\u00e9e d&rsquo;un ensemble de masses ou objets mat\u00e9riels qui agissent les uns sur les autres selon des lois bien d\u00e9finies de type d\u00e9terministe. D&rsquo;un point de vue th\u00e9orique, si l&rsquo;on connaissait d&rsquo;une part toutes ces lois, et d&rsquo;autre part la situation pr\u00e9cise d&rsquo;un syst\u00e8me de masses \u00e0 un moment temporel donn\u00e9 (c&rsquo;est-\u00e0-dire leurs \u00ab positions \u00bb dans l&rsquo;espace et leur \u00ab vitesse \u00bb dans ce temps donn\u00e9), il serait parfaitement possible de dominer par le calcul math\u00e9matique le syst\u00e8me en question et, \u00e0 la limite, tout l&rsquo;univers dans son \u00e9volution globale, laquelle serait ainsi pr\u00e9visible dans chacune de ses phases avec une exactitude math\u00e9matique absolue. Si nous y pr\u00eatons attention, le mod\u00e8le m\u00e9caniste de la r\u00e9alit\u00e9 propre aux XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> et XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles appara\u00eet impr\u00e9gn\u00e9 par les traits m\u00eames de l&rsquo;atmosph\u00e8re bourgeoise au sein de laquelle il m\u00fbrit pour l&rsquo;essentiel et fut \u00e9bauch\u00e9 : le \u00ab bon sens \u00bb, la s\u00e9curit\u00e9 et la s\u00e9paration individualiste. Les principes qui dominent en effet ce mod\u00e8le, ce sont les m\u00eames que ceux de nos exp\u00e9riences quotidiennes, principes int\u00e9gralement accessibles \u00e0 la fa\u00e7on de percevoir et de raisonner de l&rsquo;homme ordinaire, pour laquelle tout \u00e9v\u00e9nement ne peut qu&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 un d\u00e9terminisme inflexible. Quelle \u00e9tait l&rsquo;opinion courante au XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle ? Celle-ci : \u00ab D\u00e8s lors qu&rsquo;est connue la cause m\u00e9canique initiale d&rsquo;un quelconque ph\u00e9nom\u00e8ne particulier, il est possible d&rsquo;en pr\u00e9voir les effets avec exactitude. Si nous jetons une pierre dans un \u00e9tang, nous assisterons \u00e0 la formation imm\u00e9diate d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;ondes concentriques de plus en plus \u00e9tendues \u00e0 partir du point de contact de la pierre avec la surface de l&rsquo;eau : il ne peut y avoir le moindre doute \u00e0 ce sujet. Les choses \u00e9tant ainsi, il y a de quoi s&rsquo;occuper. On doit analyser, exp\u00e9rimenter, \u00e9tudier la nature jusque dans les moindres d\u00e9tails et inventorier soigneusement les r\u00e9sultats de chaque recherche. Avec le temps, nous r\u00e9ussirons s\u00fbrement \u00e0 conna\u00eetre avec pr\u00e9cision toutes les lois auxquelles ob\u00e9issent les ph\u00e9nom\u00e8nes de la r\u00e9alit\u00e9 et, par cons\u00e9quent, \u00e0 les reproduire au profit de l&rsquo;humanit\u00e9, r\u00e9alisant pour cette derni\u00e8re un mode de vie de plus en plus confortable et radieux, car priv\u00e9 d&rsquo;inconnues inqui\u00e9tantes et de superstitions fond\u00e9es sur l&rsquo;ignorance \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ainsi raisonnait-on, en s&rsquo;abandonnant \u00e0 un optimisme confiant (celui-l\u00e0 m\u00eame qui transpara\u00eet, par exemple, dans les romans de Jules Verne) et \u00e0 un sentiment de s\u00e9curit\u00e9 qu&rsquo;aucune circonstance \u2014 pas m\u00eame la plus risqu\u00e9e \u2014 ne semblait pouvoir entamer. Enfin, de m\u00eame que dans le syst\u00e8me social bourgeois chaque individu se consid\u00e8re comme un \u00e9l\u00e9ment autonome, ayant, en soi, importance et valeur, ind\u00e9pendamment du reste de la soci\u00e9t\u00e9, de m\u00eame les diff\u00e9rents objets de la r\u00e9alit\u00e9 sont, dans le mod\u00e8le m\u00e9caniste, s\u00e9par\u00e9s les uns des autres et donc, \u00e0 plus forte raison, de l&rsquo;homme, entendu comme sujet qui les \u00e9tudie. Temps, espace, masse et \u00e9nergie sont vus comme autant d&rsquo;individualit\u00e9s, chacune avec ses caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques (le temps est \u00e9ternel, l&rsquo;espace infini, la masse atomique, l&rsquo;\u00e9nergie ondulatoire), individualit\u00e9s qui ne sont reli\u00e9es entre elles que par de simples lois de relation, et non, certes, d&rsquo;\u00e9quivalence ou de transformation. Les diff\u00e9rentes disciplines scientifiques, par cons\u00e9quent, fonctionnent et proc\u00e8dent isol\u00e9ment. Par exemple, la s\u00e9paration entre les propri\u00e9t\u00e9s de la masse et celles de l&rsquo;\u00e9nergie se r\u00e9percute dans la s\u00e9paration des sciences qui les \u00e9tudient : la chimie et la physique. Cette derni\u00e8re, d&rsquo;ailleurs, n&rsquo;est que la \u00ab somme \u00bb globale des chapitres distincts de la m\u00e9canique, de l&rsquo;acoustique, de l&rsquo;optique, de la thermologie, de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et du magn\u00e9tisme. Quant \u00e0 la biologie, elle n&rsquo;est pas moins, mais encore plus s\u00e9par\u00e9e des autres disciplines, en raison de la singularit\u00e9 et de la complexit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes qu&rsquo;elle \u00e9tudie.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Permettez-moi une digression : selon vous, quelles furent les cons\u00e9quences de la vision m\u00e9caniste dans le domaine strictement \u00ab humain \u00bb ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Je dirais qu&rsquo;il y en eut trois, toutes tr\u00e8s importantes pour comprendre bien des traits de la mentalit\u00e9 moderne. Elles concernent essentiellement le probl\u00e8me de la \u00ab cause premi\u00e8re \u00bb, le probl\u00e8me pos\u00e9 par l&rsquo;existence des ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques et parapsychiques, enfin le probl\u00e8me du libre arbitre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Commen\u00e7ons par la premi\u00e8re. Il est clair que le d\u00e9terminisme du mod\u00e8le m\u00e9caniste laissait irr\u00e9solu le probl\u00e8me d&rsquo;une cause premi\u00e8re, source originelle de la r\u00e9alit\u00e9 et des lois qui la r\u00e9gissent. Toutefois, au fur et \u00e0 mesure que le scientisme s&rsquo;imposait, on avait tendance \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la question de quatre mani\u00e8res diff\u00e9rentes, \u00e0 savoir : 1) soit en affirmant l&rsquo;inexistence de la cause premi\u00e8re (\u00e9ternalisme) ; 2) soit en d\u00e9clarant que la cause premi\u00e8re est absolument inconnaissable (agnosticisme) ; 3) soit en pla\u00e7ant aux origines le \u00ab hasard \u00bb pur et simple (casualisme [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup>]) ; 4) soit en admettant clairement une cause surnaturelle, mais en en limitant l&rsquo;activit\u00e9 au seul instant de la cr\u00e9ation et en niant toute influence successive de cette cause sur le monde (d\u00e9isme). Quelle que f\u00fbt, en somme, l&rsquo;attitude philosophique \u00e0 la base du mod\u00e8le m\u00e9caniste de l&rsquo;univers, ce dernier cessa d&rsquo;appara\u00eetre comme l&rsquo;expression et la manifestation sensible, directe et constante de l\u2019\u00catre Supr\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme un organisme anim\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur, toujours changeant et jamais int\u00e9gralement compr\u00e9hensible par l&rsquo;esprit humain. Avant Newton, nul ne songeait qu&rsquo;il p\u00fbt y avoir des lois sans un l\u00e9gislateur, un ordre r\u00e9el compr\u00e9hensible par le raisonnement math\u00e9matique sans une intelligence qui l&rsquo;e\u00fbt instaur\u00e9. Apr\u00e8s Newton, au contraire, on eut seulement un ensemble de \u00ab lois naturelles \u00bb, entendues comme des expressions de r\u00e8gles purement \u00ab objectives \u00bb qui \u00e9taient enregistr\u00e9es comme une donn\u00e9e sensorielle quelconque. La vision du monde se r\u00e9duisit \u00e0 celle d&rsquo;une gigantesque machine, parfaitement r\u00e9gl\u00e9e dans l&rsquo;ensemble de ses engrenages, machine dont il fallait seulement bien conna\u00eetre les rouages pour en comprendre tout le fonctionnement, \u00ab charge \u00bb comprise, tandis que l&rsquo;ing\u00e9nieur qui avait projet\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 cette machine \u00e9tait laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9. M\u00eame avec une attitude d&rsquo;inspiration religieuse comme l&rsquo;attitude d\u00e9iste, \u00e0 quoi pouvait servir en effet un \u00catre surnaturel dont l\u2019\u0153uvre s&rsquo;\u00e9tait limit\u00e9e \u00e0 la construction de l&rsquo;immense et \u00e9ternel m\u00e9canisme de la r\u00e9alit\u00e9, le laissant ensuite \u00e9voluer pour son propre compte sans plus jamais l&rsquo;influencer ? Un tel \u00catre apparaissait si lointain, si englouti dans les ab\u00eemes du pass\u00e9 qu&rsquo;il devenait comme pratiquement inexistant aux yeux de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Passons \u00e0 la deuxi\u00e8me cons\u00e9quence. Si la r\u00e9alit\u00e9 se ram\u00e8ne \u00e0 un m\u00e9canisme cyclop\u00e9en priv\u00e9 d&rsquo;\u00e2me, d&rsquo;o\u00f9 viennent les ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques ? Pourquoi les sentiments, les sensations, les \u00e9motions, les instincts, les impulsions volitives et les cas \u00e9nigmatiques de manifestations paranormales ? Comment peut-on d\u00e9duire des corps, uniquement d\u00e9finis par l&rsquo;espace et le temps, un quid aussi immat\u00e9riel que la pens\u00e9e ? Le dualisme strict de Descartes entre monde de la mati\u00e8re et monde du psychisme (res extensa et res cogitans), reste donc, concr\u00e8tement, irr\u00e9solu. Cependant, puisque seules la mati\u00e8re et l&rsquo;\u00e9nergie sont scientifiquement interpr\u00e9tables et math\u00e9matiquement d\u00e9finissables, avec la diffusion du scientisme on se fera \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il n&rsquo;est possible d&rsquo;avoir une connaissance exacte des deux termes de cet embarrassant dualisme qu&rsquo;en les r\u00e9duisant aux lois de la mati\u00e8re et de l&rsquo;\u00e9nergie. Aussi le pr\u00e9suppos\u00e9 m\u00e9caniste tendra-t-il \u00e0 investir inexorablement la biologie (avec Darwin et ses \u00e9pigones), mais aussi la psychologie (avec Pavlov, Freud, Watson, Skinner, Ryle, etc.).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Troisi\u00e8me cons\u00e9quence : si la nature est une machine, alors il est \u00e9vident que l&rsquo;homme, qui en est partie int\u00e9grante, sera consid\u00e9r\u00e9 comme un simple rouage de la nature. L&rsquo;homme n&rsquo;est donc pas artisan de la nature et de l&rsquo;histoire, ce sont au contraire la nature et l&rsquo;histoire qui font de lui ce qu&rsquo;il est, d&rsquo;\u00e9poque en \u00e9poque. Il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;il ne peut pas y avoir de libre arbitre, tout \u00e9tant soumis aux lois naturelles et \u2014 la loi de l&rsquo;\u00e9volution \u00e9tant admise parmi ces derni\u00e8res \u2014 au \u00ab sens de l&rsquo;histoire \u00bb et du progr\u00e8s (historicisme, progressisme). Et de m\u00eame qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de libre arbitre, de m\u00eame nous devons effacer de notre vocabulaire le mot \u00ab \u00e9thique \u00bb et tout ce qu&rsquo;il implique, parce que toute morale est bien s\u00fbr \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la comp\u00e9tence d&rsquo;une machine. On finit donc dans un amoralisme int\u00e9gral, dont le scientifique est probablement susceptible de devenir esclave plus que quiconque. Comme l&rsquo;\u00e9crit Walter Heitler : \u00ab Le monde, vie animale comprise, devient une machine insens\u00e9e qui \u00e9volue selon des sch\u00e9mas m\u00e9canistes et quantitatifs. Cette machine se contente d&rsquo;exister et rien, en elle, ne peut changer. Cette conception n&rsquo;implique pas seulement une surestimation du quantitatif, mais aussi, dans le m\u00eame temps, une d\u00e9valuation de tout ce qui ne s&rsquo;y identifie pas, donc \u00e9galement une d\u00e9valuation, \u00e0 la limite totale et absolue, de l&rsquo;homme. Regard\u00e9 sous l&rsquo;angle quantitatif, l&rsquo;homme est compos\u00e9 de tr\u00e8s int\u00e9ressantes substances chimiques dont les fonctions et r\u00e9actions sont encore plus int\u00e9ressantes, mais alors ce n&rsquo;est plus un homme&#8230; Le fait de vouloir se limiter \u00e0 l&rsquo;aspect causal et quantitatif des choses a \u00e9loign\u00e9 la science de l&rsquo;homme \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Fort bien. Pouvons-nous reprendre le fil de notre propos ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Comme nous le disions, malgr\u00e9 les cons\u00e9quences n\u00e9gatives qui s&rsquo;\u00e9taient produites dans la sph\u00e8re humaine, le XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle sembla s&rsquo;achever dans un optimisme ins\u00e9parable du triomphe total de l&rsquo;interpr\u00e9tation m\u00e9caniste et d\u00e9terministe de la r\u00e9alit\u00e9, donc \u00e0 l&rsquo;enseigne des grandes conceptions de la m\u00e9canique et de la gravitation (Newton) et de l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme (Maxwell) en physique, de la th\u00e9orie atomique et mol\u00e9culaire de Dalton, Avogadro et Cannizzaro en chimie, de la th\u00e9orie n\u00e9bulaire de Laplace en astronomie, des deux grandes th\u00e9ories \u00e9volutionniste (Darwin) et cellulaire (Schleiden et Schwann) en biologie. Mais d\u00e9j\u00e0 s&rsquo;annon\u00e7aient, mena\u00e7ants, les prodromes d&rsquo;une remise en cause radicale de tant de belles constructions de la pens\u00e9e humaine.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;effet photo-\u00e9lectrique, le troisi\u00e8me principe de la thermodynamique, la radioactivit\u00e9, les rayons Roentgen, les premi\u00e8res particules subatomiques et le r\u00e9sultat paradoxal de l&rsquo;exp\u00e9rience de Michelson et de Morley (relatif \u00e0 l&rsquo;existence ou non du fantomatique \u00ab \u00e9ther \u00bb cosmique, imagin\u00e9 comme support m\u00e9canique n\u00e9cessaire \u00e0 la propagation des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques), voil\u00e0 quels furent les premiers coups d\u00e9molisseurs contre l&rsquo;\u00e9difice, apparemment tr\u00e8s solide, du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Ils provoqu\u00e8rent une crise profonde qui devait \u00eatre surmont\u00e9e peu \u00e0 peu, au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9volution entra\u00een\u00e9e par la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 d&rsquo;Albert Einstein et la th\u00e9orie quantique de Max Planck.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour comprendre de quelle fa\u00e7on purent na\u00eetre ces deux th\u00e9ories, il faut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la r\u00e9volution qui se v\u00e9rifia dans le domaine des math\u00e9matiques au si\u00e8cle dernier, lorsque Cauchy, Dini et tant d&rsquo;autres soumirent les fondements de leur discipline \u00e0 une critique g\u00e9n\u00e9rale. De cette critique sortit un fait d&rsquo;une port\u00e9e d\u00e9cisive : tout l&rsquo;\u00e9difice de la math\u00e9matique pouvait \u00eatre construit en restant dans le monde de la logique \u00ab pure \u00bb. Il n&rsquo;\u00e9tait donc plus n\u00e9cessaire de faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des concepts et abstractions tir\u00e9s d&rsquo;exp\u00e9riences avec le monde sensible. En effet, alors que pr\u00e9c\u00e9demment les postulats dont on partait \u00e9taient toujours \u00e9labor\u00e9s sur la base de ces concepts et abstractions (il suffit de penser au \u00ab point \u00bb, \u00e0 la \u00ab droite \u00bb, au \u00ab plan \u00bb, etc., intuitivement rapport\u00e9s, par exemple, au grain de sable, au rayon de soleil filtr\u00e9 par une fente et \u00e0 la surface de la mer), par la suite la math\u00e9matique devint pleinement ind\u00e9pendante du monde qui nous entoure, se pr\u00e9sentant exclusivement comme \u00ab science de toutes les r\u00e9alit\u00e9s logiques possibles \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire priv\u00e9es de contradictions intrins\u00e8ques.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">On a donc pu construire des \u00e9difices math\u00e9matiques tr\u00e8s riches et tr\u00e8s vari\u00e9s, en faisant totalement abstraction de leur possible correspondance effective avec les lois naturelles et en cherchant plut\u00f4t cette correspondance \u00e9ventuelle dans un deuxi\u00e8me temps seulement. Les th\u00e9ories des hyperespaces, des ensembles, des groupes abstraits et des op\u00e9rateurs fonctionnels, le calcul absolu de Ricci Curbastro et de Levi-Civita, la logique symbolique de Peano, les g\u00e9om\u00e9tries de Riemann et de Lobatchevski, etc. : tout cela, ce sont des constructions de logique pure, donc non d\u00e9duites, en aucune fa\u00e7on, d&rsquo;exp\u00e9riences avec le monde sensible. Et sur toutes ces constructions tr\u00f4ne le th\u00e9or\u00e8me de G\u00f6del, qui affirme, en un certain sens, l&rsquo;infinit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s math\u00e9matiques. Cela revient \u00e0 dire que la math\u00e9matique constitue un ensemble infiniment riche et \u00e9tendu d&rsquo;o\u00f9 il est possible de tirer tous les sch\u00e9mas logiques qui se montrent les plus aptes \u00e0 la r\u00e9solution de n&rsquo;importe quel probl\u00e8me cognitif, y compris du plus complexe.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or, les \u00ab faits nouveaux \u00bb comme l&rsquo;effet photo-\u00e9lectrique et les r\u00e9sultats de l&rsquo;exp\u00e9rience de Michelson et de Morley, qui ne pouvaient \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s par les sch\u00e9mas logico-math\u00e9matiques du d\u00e9terminisme m\u00e9caniste des XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> et XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles, fond\u00e9s sur le \u00ab bon sens \u00bb et l&rsquo;exp\u00e9rience quotidienne courante, ne pouvaient trouver une explication coh\u00e9rente qu&rsquo;\u00e0 condition d&rsquo;\u00eatre \u00ab pens\u00e9s \u00bb et pos\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re des nouveaux sch\u00e9mas math\u00e9matiques. Mais ceux-ci, s&rsquo;ils ne sont pas du tout \u00e9vidents pour le \u00ab bon sens \u00bb commun, ne sont pas non plus adaptables \u00e0 notre capacit\u00e9 d&rsquo;imaginer les choses, inexorablement li\u00e9e \u00e0 un univers \u00ab euclidien \u00bb \u00e0 trois dimensions seulement (longueur, largeur et hauteur). Du reste, on n&rsquo;exige plus aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une th\u00e9orie scientifique qu&rsquo;elle soit repr\u00e9sentable \u00e0 l&rsquo;imagination commune, on exige seulement d&rsquo;elle les trois r\u00e9quisits essentiels de la coh\u00e9rence logique (donn\u00e9e par son appareil math\u00e9matique), de l&rsquo;ad\u00e9quation aux faits (avec la possibilit\u00e9 d&rsquo;en pr\u00e9voir de nouveaux) et de la progression vers l&rsquo;unit\u00e9 du savoir (manifest\u00e9e par sa capacit\u00e9 de faire la synth\u00e8se du plus grand nombre possible de faits r\u00e9els).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En r\u00e9sum\u00e9, le tableau de la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9fini par la physique de notre si\u00e8cle appara\u00eet donc beaucoup plus complexe que le tableau m\u00e9caniste et ne peut \u00eatre compris par la logique limit\u00e9e de nos exp\u00e9riences quotidiennes courantes. D&rsquo;o\u00f9 les grandes difficult\u00e9s qu&rsquo;on rencontre g\u00e9n\u00e9ralement pour le faire comprendre au public. Malgr\u00e9 cela, un tel tableau explique les ph\u00e9nom\u00e8nes de fa\u00e7on bien plus compl\u00e8te que le mod\u00e8le de Galil\u00e9e et de Newton, dont il r\u00e9duit la port\u00e9e de mani\u00e8re radicale et d\u00e9cisive. En effet, alors que le mod\u00e8le physique du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle se caract\u00e9risait par le \u00ab bon sens \u00bb, la s\u00e9curit\u00e9 et la s\u00e9paration, le mod\u00e8le actuel pr\u00e9sente les caract\u00e9ristiques totalement oppos\u00e9es du paradoxe, de l&rsquo;incertitude et de la fusion.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on avait toujours cru, les lois qui semblent r\u00e9gler le monde de notre exp\u00e9rience quotidienne \u2014 le \u00ab m\u00e9socosme \u00bb \u2014 ne sont applicables ni aux ph\u00e9nom\u00e8nes du microcosme (atomes et particules \u00e9l\u00e9mentaires), ni \u00e0 ceux du macrocosme (\u00e9toiles, galaxies, quasars). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les lois m\u00e9socosmiques ne sont pas valables au sens absolu, mais seulement dans un sens statistique : chacune d&rsquo;elles, en somme, est la r\u00e9sultante de composantes donn\u00e9es et n&rsquo;est valable que dans le cadre o\u00f9 ces composantes donnent cette r\u00e9sultante. Tant pis pour nous si nos capacit\u00e9s de perception sont limit\u00e9es \u00e0 des cadres bien d\u00e9finis et ne savent pas saisir la situation en-de\u00e7\u00e0 et au-del\u00e0 de ces cadres, o\u00f9 valent des notions apparemment ambigu\u00ebs et paradoxales (mais seulement pour notre point de vue habituel) comme le \u00ab chronotope \u00bb, le \u00ab nuage de probabilit\u00e9s \u00bb, le \u00ab corpuscule-onde \u00bb, l&rsquo;\u00ab espace courbe \u00bb, la \u00ab ligne g\u00e9od\u00e9sique \u00bb, etc. Ici, le fameux \u00ab bon sens \u00bb bourgeois finit vraiment par prendre sa retraite !<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ceux qui d\u00e9sirent conna\u00eetre dans ses d\u00e9tails la r\u00e9volution produite par la physique contemporaine sur la fa\u00e7on de percevoir la nature, peuvent lire l&rsquo;un des nombreux livres de vulgarisation publi\u00e9s sur le sujet. Je me contenterai ici de rappeler que les d\u00e9veloppements de la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 et de la th\u00e9orie quantique, qui ont eu lieu s\u00e9par\u00e9ment, ont fini par briser peu \u00e0 peu tous les \u00e9l\u00e9ments les plus importants de la conception m\u00e9caniste du monde : les notions de temps et d&rsquo;espace absolus, la notion de particules \u00e9l\u00e9mentaires solides, la nature \u00e9troitement d\u00e9terministe des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques et la pr\u00e9tention d&rsquo;une description objective de la r\u00e9alit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile d&rsquo;arriver \u00e0 ces conclusions. Elles furent formul\u00e9es pour la premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es vingt par un grand solitaire, Albert Einstein, et par un groupe international de physiciens, comprenant le Danois Niels Bohr, le Fran\u00e7ais Louis de Broglie, les Autrichiens Erwin Schr\u00f6dinger et Wolfgang Pauli, l&rsquo;Allemand Werner Heisenberg et l&rsquo;Anglais Paul Dirac, qui unirent leurs efforts par-del\u00e0 les fronti\u00e8res pour donner naissance \u00e0 l&rsquo;une des p\u00e9riodes les plus f\u00e9condes de l&rsquo;histoire de la science [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Des travaux de tous ces hommes il ressort, sans le moindre doute, qu&rsquo;il existe une interd\u00e9pendance essentielle entre tous les ph\u00e9nom\u00e8nes de l&rsquo;univers et que, par cons\u00e9quent, on ne peut pas d\u00e9composer le monde en unit\u00e9s \u00e9l\u00e9mentaires ayant une existence s\u00e9par\u00e9e et ind\u00e9pendante.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lorsqu&rsquo;on \u00e9tudie la mati\u00e8re en profondeur, en effet, on d\u00e9couvre qu&rsquo;elle est compos\u00e9e, certes, de toutes petites parties, mais que celles-ci ne sont pas les \u00ab briques fondamentales \u00bb de la r\u00e9alit\u00e9 naturelle \u2014 comme le supposaient D\u00e9mocrite et Newton. Au niveau microcosmique, la poussi\u00e8re faite de myriades de corpuscules solides de la physique classique, se transforme en un tumultueux oc\u00e9an impalpable, impossible \u00e0 visualiser, d&rsquo;\u00ab entit\u00e9s attractivo-r\u00e9pulsives \u00bb, dont l&rsquo;action s&rsquo;exerce par l&rsquo;interm\u00e9diaire de rythmes incessants d&rsquo;\u00e9mission et d&rsquo;absorption d&rsquo;\u00ab actions \u00e9l\u00e9mentaires \u00bb virtuellement contenues en elles. Les actions \u00e9l\u00e9mentaires \u00e9mises par l&rsquo;une de ces entit\u00e9s sont imm\u00e9diatement absorb\u00e9es par une autre entit\u00e9 qui, \u00e0 son tour, r\u00e9agira en \u00e9mettant d&rsquo;autres actions \u00e9l\u00e9mentaires qui seront absorb\u00e9es par d&rsquo;autres entit\u00e9s analogues. La seule fa\u00e7on de se repr\u00e9senter rationnellement ce continuum agit\u00e9 et changeant, c&rsquo;est une expression math\u00e9matique appel\u00e9e \u00ab fonction d&rsquo;onde de Schr\u00f6dinger \u00bb, dont le carr\u00e9 fournit la probabilit\u00e9 de pr\u00e9sence de certaines actions \u00e9l\u00e9mentaires dans un point donn\u00e9 du continuum lui-m\u00eame.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ces \u00ab ondes \u00bb, ou distributions de probabilit\u00e9s, dont se sert la physique quantique, ne repr\u00e9sentent pas des probabilit\u00e9s de choses, mais plut\u00f4t des probabilit\u00e9s d&rsquo;interconnexions entre les diff\u00e9rentes parties d&rsquo;un tout unifi\u00e9. Et l&rsquo;homme qui observe constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel, impossible \u00e0 \u00e9liminer, de ce r\u00e9seau de relations compliqu\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab L&rsquo;observateur constitue le dernier maillon de la cha\u00eene des processus d&rsquo;observation, \u00e9crit Capra, et les propri\u00e9t\u00e9s de n&rsquo;importe quel objet atomique ne peuvent \u00eatre comprises qu&rsquo;en termes d&rsquo;interaction de l&rsquo;objet et de l&rsquo;observateur. Cela signifie que l&rsquo;id\u00e9al classique d&rsquo;une description objective de la nature n&rsquo;est plus valide. Le dualisme cart\u00e9sien du sujet et du monde, de l&rsquo;observateur et de ce qui est observ\u00e9, ne peut plus \u00eatre utilis\u00e9 lorsqu&rsquo;on traite de la mati\u00e8re atomique. En physique atomique, nous ne pouvons jamais parler de la nature sans, simultan\u00e9ment, parler de nous-m\u00eames \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Autant la vieille science des XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> et XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9paratrice, autant la nouvelle science appara\u00eet donc port\u00e9e vers une interpr\u00e9tation unitaire de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. Et, de fait, aujourd&rsquo;hui chaque discipline scientifique ne peut plus proc\u00e9der pour son propre compte et interf\u00e8re de plus en plus avec telle ou telle autre discipline. Au point qu&rsquo;il est d\u00e9sormais impossible de dire si le chercheur qui travaille par exemple sur l&rsquo;ADN fait de la chimie, de la g\u00e9n\u00e9tique, de la physique, de la morphologie, de la physiologie ou de l&#8217;embryologie. Ainsi, pr\u00e9c\u00e9demment compos\u00e9e de plusieurs parties fond\u00e9es sur des postulats distincts, et donc s\u00e9par\u00e9es les unes des autres, la physique fut r\u00e9duite, avec James Clerk Maxwell, \u00e0 deux parties : la m\u00e9canique et l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme. Enfin, avec tout d&rsquo;abord la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 et la th\u00e9orie quantique partiellement harmonis\u00e9es par Dirac, puis avec la \u00ab th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers \u00bb de Fantappi\u00e9 et Arcidiacono [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup>], les bases logiques de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, ph\u00e9nom\u00e8nes vivants compris, ont \u00e9t\u00e9 harmonieusement coordonn\u00e9es dans un ensemble unitaire. La fusion unificatrice a fini par impliquer notions et concepts autrefois r\u00e9put\u00e9s non seulement distincts, mais carr\u00e9ment antith\u00e9tiques et inconciliables : espace et temps, masse et \u00e9nergie, continu et discontinu, d\u00e9terminisme et finalit\u00e9, sujet et objet. Tous ces concepts ne cessent pas d&rsquo;exister, mais se r\u00e9v\u00e8lent des manifestations compl\u00e9mentaires et diff\u00e9rentes de la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Nous voici donc arriv\u00e9s \u00e0 la \u00ab th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers \u00bb. J&rsquo;aimerais que vous exposiez en d\u00e9tail cette conception unitaire.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est une th\u00e9orie qu&rsquo;on comprend mieux si l&rsquo;on rappelle d&rsquo;abord celles d&rsquo;Einstein. On sait que ce dernier, en 1905, parvint \u00e0 r\u00e9soudre brillamment et de mani\u00e8re d\u00e9finitive le probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9ther en appliquant pour la premi\u00e8re fois en physique la math\u00e9matique des hyperespaces (ou espaces \u00e0 plus de trois dimensions). C&rsquo;\u00e9tait en cela que consistait pr\u00e9cis\u00e9ment la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte, qu&rsquo;on peut formuler de la fa\u00e7on suivante : \u00ab Dans tous les rep\u00e8res inertiels : a) les lois de la nature (tant m\u00e9caniques qu&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tiques) sont les m\u00eames ; b) la vitesse de la lumi\u00e8re dans le vide est la m\u00eame \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il faut souligner que la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte n&rsquo;a pas repr\u00e9sent\u00e9 la plus petite anomalie dans le cadre du processus normal de d\u00e9veloppement historique qui a caract\u00e9ris\u00e9 la science moderne depuis l&rsquo;\u00e9poque de Galil\u00e9e. Elle a \u00e9t\u00e9, en somme, une \u00e9tape n\u00e9cessaire, qui aurait certainement \u00e9t\u00e9 parcourue t\u00f4t ou tard, avec ou sans Einstein.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Comme l&rsquo;\u00e9crit tr\u00e8s justement Leopold Infeld : \u00ab Aujourd&rsquo;hui, on ne porte pas sur les d\u00e9couvertes d&rsquo;Einstein le m\u00eame jugement qu&rsquo;il y a cinquante ans. Nous savons maintenant qu&rsquo;on serait arriv\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte (dont l&rsquo;exactitude ne peut \u00eatre mise en doute que par un fou) m\u00eame sans Einstein. \u00c0 sa place, Poincar\u00e9 l&rsquo;aurait d\u00e9couverte, lui qui, ind\u00e9pendamment d&rsquo;Einstein, s&rsquo;en \u00e9tait beaucoup approch\u00e9. Il ne fait aucun doute (ce fut Einstein qui me le dit lui-m\u00eame) que la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte aurait \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e sans l&rsquo;opuscule d&rsquo;Einstein paru en 1905. Les mouvements browniens furent expliqu\u00e9s, ind\u00e9pendamment de lui, un an plus tard, et, en ce qui concerne la radiation photonique, elle aussi aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte \u00e0 partir du travail fondamental de Planck et serait certainement connue aujourd&rsquo;hui \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais si tout cela est indiscutable, alors deux questions se posent tout naturellement : en quoi consiste donc, exactement, l&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;Einstein ? En quel sens peut-on dire qu&rsquo;il a vraiment conditionn\u00e9 le d\u00e9veloppement post\u00e9rieur des sciences physiques ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Ce fut Einstein lui-m\u00eame \u00bb, nous r\u00e9v\u00e8le encore Infeld, \u00ab qui donna la r\u00e9ponse \u00e0 ces questions, lorsque, lui ayant fait remarquer que la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e sans lui, il me r\u00e9pondit : \u2018Oui, mais la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale serait encore inconnue\u2019. Nous \u00e9tions en 1938. Et c&rsquo;\u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans cette nouvelle th\u00e9orie, formul\u00e9e en 1914, Einstein soulignait qu&rsquo;il existe une parfaite \u00ab \u00e9quivalence \u00bb entre les effets inertiels et les effets gravitationnels [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/sup>], donc que si l&rsquo;on voulait b\u00e2tir une th\u00e9orie de la gravitation valable pour tous les syst\u00e8mes \u2014 inertiels ou non \u2014 et en accord avec ce principe d&rsquo;\u00e9quivalence, il fallait remplacer l&rsquo;espace-temps \u00e0 \u00ab courbure \u00bb nulle de la relativit\u00e9 restreinte par un espace-temps dont la \u00ab courbure \u00bb changerait de point \u00e0 point (c&rsquo;est-\u00e0-dire un espace non plus euclidien, mais riemannien). Il fallait donc admettre que tous les syst\u00e8mes mat\u00e9riels et \u00e9nerg\u00e9tiques produisaient, par leur pr\u00e9sence m\u00eame, des \u00ab incurvations \u00bb plus ou moins accentu\u00e9es dans l&rsquo;espace-temps, qui se manifesteraient comme champs gravitationnels.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En d&rsquo;autres termes, pour Einstein les propri\u00e9t\u00e9s de la mati\u00e8re (ou, pour reprendre le langage des physiciens, la structure g\u00e9om\u00e9trico-math\u00e9matique de l&rsquo;espace-temps ou \u00ab chronotope \u00bb) n&rsquo;\u00e9taient autre que l&rsquo;effet \u2014 pur et simple \u2014 de la pr\u00e9sence m\u00eame de la mati\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais alors que la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte rencontra tout de suite un succ\u00e8s extraordinaire, celle de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale fut pratiquement ignor\u00e9e au d\u00e9but, comprise par peu de gens et rejet\u00e9e par la majorit\u00e9 des physiciens. Elle ne parvint \u00e0 se r\u00e9pandre p\u00e9niblement qu&rsquo;apr\u00e8s avoir trouv\u00e9 quelques confirmations apparentes dans le domaine astronomique. Il y avait deux raisons \u00e0 cela : d&rsquo;une part cette th\u00e9orie \u00e9tait tr\u00e8s compliqu\u00e9e dans sa structure math\u00e9matique ; d&rsquo;autre part elle \u00e9tait impuissante \u00e0 r\u00e9aliser l&rsquo;unification des lois physiques fondamentales (on n&rsquo;en connaissait que deux \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque : la m\u00e9canique-gravitation et l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme) dans le sillage du d\u00e9terminisme de la physique classique, unification \u00e0 laquelle Einstein aspirait tant.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab L\u2019\u0153uvre d&rsquo;Einstein, \u00e9crit Gamow, se traduisit pratiquement dans la g\u00e9om\u00e9trisation d&rsquo;une partie plus vaste de la physique : le temps devint un proche parent des trois coordonn\u00e9es spatiales et les forces de gravit\u00e9 furent attribu\u00e9es \u00e0 la courbure de cet univers quadridimensionnel. Mais les forces \u00e9lectriques et magn\u00e9tiques \u00e9taient encore en dehors du domaine de la g\u00e9om\u00e9trie et Einstein, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 all\u00e9 tr\u00e8s loin, concentra toutes ses \u00e9nergies pour comprendre aussi le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique. Parmi les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques de l&rsquo;espace \u00e0 quatre dimensions, laquelle, encore inconnue, pourrait expliquer les interactions \u00e9lectriques et magn\u00e9tiques ? Einstein lui-m\u00eame et de nombreux autres \u2018coint\u00e9ress\u00e9s\u2019, parmi lesquels le c\u00e9l\u00e8bre math\u00e9maticien allemand Hermann Weyl, firent de leur mieux pour donner du champ \u00e9lectromagn\u00e9tique une interpr\u00e9tation purement g\u00e9om\u00e9trique, mais avec une typique obstination \u00e9cossaise la cr\u00e9ature de James Clerk Maxwell, le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique, refusa de se laisser g\u00e9om\u00e9triser.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Pendant quarante ans environ, et jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, survenue en 1955, Einstein travailla sur la \u2018th\u00e9orie unifi\u00e9e des champs\u2019, une th\u00e9orie qui aurait d\u00fb unifier, sur une base g\u00e9om\u00e9trique commune, le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique et le champ gravitationnel. Mais on comprit au fil des ans que ce travail \u00e9tait sans espoir : de temps en temps, Einstein revenait sur le devant de la sc\u00e8ne avec un nouveau groupe de formules destin\u00e9es, selon lui, \u00e0 r\u00e9soudre enfin l&rsquo;\u00e9nigme de la th\u00e9orie unifi\u00e9e des champs, et les premi\u00e8res pages du New York Times et d&rsquo;autres journaux du monde entier \u00e9taient alors envahies d&rsquo;expressions tensorielles compliqu\u00e9es. T\u00f4t ou tard cependant, les nouvelles formules se r\u00e9v\u00e9laient inad\u00e9quates et tout retombait dans l&rsquo;obscurit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la prochaine r\u00e9v\u00e9lation. Les physiciens th\u00e9oriciens, jeunes et vieux, ne crurent plus, peu \u00e0 peu, \u00e0 la possibilit\u00e9 de donner au champ \u00e9lectromagn\u00e9tique une base purement g\u00e9om\u00e9trique (&#8230;) Quant \u00e0 Einstein, il devint de plus en plus ombrageux et r\u00e9ticent \u00e0 parler de ces questions avec d&rsquo;autres physiciens (&#8230;) Son attention, peu \u00e0 peu, se concentra sur les probl\u00e8mes des Juifs et de la paix dans le monde, mais son esprit resta toujours lucide et aigu \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Einstein v\u00e9cut toujours \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart (\u00ab Je n&rsquo;ai jamais connu quelqu&rsquo;un d&rsquo;aussi solitaire et d&rsquo;aussi d\u00e9tach\u00e9 \u00bb, dira Infeld) et resta convaincu jusqu&rsquo;au bout de la valeur de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Dans une lettre adress\u00e9e peu avant sa mort \u00e0 Infeld, qui lui avait \u00e9crit pour l&rsquo;inviter \u00e0 participer \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration du cinquanti\u00e8me anniversaire de la relativit\u00e9 restreinte qui se tint \u00e0 Berlin, Einstein r\u00e9pondit : \u00ab Malheureusement \u2014 ou peut-\u00eatre devrais-je dire gr\u00e2ce au ciel \u2014 je ne me sens pas assez bien pour appara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;occasion de telles c\u00e9r\u00e9monies officielles. Je pense qu&rsquo;il serait bon que dans votre sermon soit soulign\u00e9 le fait que le c\u0153ur de la th\u00e9orie r\u00e9side dans le principe de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, parce que la plupart des physiciens contemporains ne l&rsquo;ont pas encore compris \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Mais on a d\u00fb chercher \u00e0 rem\u00e9dier, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, aux insuffisances de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Oui. D&rsquo;une part en tentant d&rsquo;\u00e9largir (par exemple en introduisant une \u00ab torsion \u00bb, ou une unit\u00e9 de mesure variable) la g\u00e9om\u00e9trie riemannienne de l&rsquo;espace-temps, de fa\u00e7on \u00e0 y inclure, non seulement la gravitation, mais aussi l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme. C&rsquo;est l\u00e0-dessus que reposent, en effet, les th\u00e9ories de Weyl, de Straneo et d&rsquo;Einstein dans leurs versions successives. De l&rsquo;autre, en conservant l&rsquo;espace de Riemann mais en introduisant de nouvelles dimensions au-del\u00e0 de la quatri\u00e8me, de fa\u00e7on \u00e0 \u00ab g\u00e9om\u00e9triser \u00bb aussi, par l\u00e0, le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique. C&rsquo;est la direction actuellement suivie par la plupart des physiciens, comme le prouvent les th\u00e9ories de Kaluza-Klein, d&rsquo;Ingraham et de Podolanski. Mais il faut reconna\u00eetre qu&rsquo;aucune de ces th\u00e9ories ne s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e satisfaisante, ni sur le plan purement th\u00e9orique ni sur le plan exp\u00e9rimental, soit parce qu&rsquo;elles sont trop artificielles et simplistes, soit parce qu&rsquo;elles sont incapables de donner une interpr\u00e9tation physique claire des nouvelles dimensions ajout\u00e9es. Par ailleurs, au fil des ans on a d\u00fb admettre le fait que les lois ou interactions fondamentales de la nature ne sont pas seulement au nombre de deux, mais de quatre (gravitationnelle, \u00e9lectromagn\u00e9tique, nucl\u00e9aire faible et nucl\u00e9aire forte) ; si bien que les th\u00e9ories en question se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es encore plus impuissantes et inad\u00e9quates quant \u00e0 leurs intentions unificatrices. Aujourd&rsquo;hui, une th\u00e9orie du type Kaluza-Klein, par exemple, devrait recourir, pour rendre compte des quatre interactions universelles, \u00e0 un espace-temps \u00e0 onze dimensions !<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il semble donc que les sciences physiques ne disposent actuellement d&rsquo;aucune th\u00e9orie unitaire vraiment solide et prometteuse [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/sup>], \u00e0 l&rsquo;exception de la th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers de Fantappi\u00e9 et Arcidiacono que je vais maintenant vous exposer.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">On ne peut pas nier que les id\u00e9es unificatrices de Luigi Fantappi\u00e9 (1901-1956), telles qu&rsquo;elles furent pr\u00e9sent\u00e9es dans les ann\u00e9es quarante et cinquante, pr\u00eataient le flanc \u00e0 certaines critiques importantes, puisqu&rsquo;elles tendaient \u00e0 subdiviser les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels dans les deux cat\u00e9gories s\u00e9par\u00e9es des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00ab entropiques \u00bb (ph\u00e9nom\u00e8nes physiques ordinaires tendant \u00e0 la d\u00e9sorganisation uniformisatrice) et des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00ab syntropiques \u00bb (ph\u00e9nom\u00e8nes biologiques tendant \u00e0 l&rsquo;organisation diff\u00e9renciatrice). Mais \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;on en \u00e9tait alors au tout d\u00e9but des recherches sur la syntropie et sur la th\u00e9orie de l&rsquo;information, l&rsquo;erreur de Fantappi\u00e9 \u00e9tait beaucoup moins grave que ce que cherch\u00e8rent \u00e0 faire croire quelques-uns de ses adversaires succombant \u00e0 la jalousie et \u00e0 la pol\u00e9mique, qui \u00e9taient alors les repr\u00e9sentants officiels des milieux scientifiques italiens et qui visaient seulement \u00e0 l&rsquo;ostraciser. Mais l\u2019\u0153uvre ult\u00e9rieure du plus fid\u00e8le des \u00e9l\u00e8ves de Fantappi\u00e9, le physicien Giuseppe Arcidiacono, qui en a recueilli l&rsquo;h\u00e9ritage et l&rsquo;a perfectionn\u00e9 de fa\u00e7on enthousiasmante, est amplement suffisante pour montrer que les adversaires de Fantappi\u00e9 avaient tort et que la figure du math\u00e9maticien de Viterbe reste l&rsquo;une des plus \u00e9minentes dans le panorama scientifique de ce si\u00e8cle [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/sup>]. \u00c0 la lumi\u00e8re de la th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers, la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;Einstein, qui avait elle aussi \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue dans le but de mener \u00e0 l&rsquo;unification de toutes les lois physiques, appara\u00eet maintenant comme le principal obstacle \u00e0 la r\u00e9alisation de cet objectif.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Exposons donc la nouvelle th\u00e9orie. En 1954 Fantappi\u00e9, alors professeur \u00e0 l&rsquo;Institut des hautes \u00e9tudes math\u00e9matiques de l&rsquo;universit\u00e9 de Rome, se demanda quel \u00e9tait le vrai probl\u00e8me de fond des sciences naturelles, et il en conclut qu&rsquo;il consistait dans la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9cider s&rsquo;il faut consid\u00e9rer l&rsquo;univers r\u00e9el comme un syst\u00e8me ordonn\u00e9 (donc r\u00e9gi par des lois uniques et valables partout sans exception), ou bien comme un syst\u00e8me fortuit (avec des lois valables localement et transitoirement seulement). Ayant opt\u00e9 pour la premi\u00e8re solution [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a><\/sup>], Fantappi\u00e9 d\u00e9cida d&rsquo;\u00e9tudier syst\u00e9matiquement, avec les m\u00e9thodes les plus modernes de l&rsquo;analyse math\u00e9matique, les possibles sch\u00e9mas logiques ou \u00ab mod\u00e8les d&rsquo;univers \u00bb susceptibles d&rsquo;\u00eatre construits de mani\u00e8re purement th\u00e9orique ; puis de choisir dans un deuxi\u00e8me temps, parmi ces sch\u00e9mas, celui qui se pr\u00eaterait le mieux \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration coh\u00e9rente de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s dans la nature.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour cette recherche de caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral, il partit d&rsquo;une enqu\u00eate \u00e9pist\u00e9mologique sur les pr\u00e9misses de la physique. Et il comprit que, si l&rsquo;univers \u00e9tait un syst\u00e8me ordonn\u00e9 r\u00e9gi par des lois, il s&rsquo;ensuivait que pour construire une th\u00e9orie coh\u00e9rente des possibles mod\u00e8les d&rsquo;univers, il fallait s&rsquo;appuyer sur une analyse approfondie de la notion de loi. Il en r\u00e9sulta que cette notion n&rsquo;est pas ind\u00e9pendante, mais au contraire \u00e9troitement associ\u00e9e \u00e0 celle, plus simple, d&rsquo;\u00e9galit\u00e9. Une loi, en effet, pour \u00eatre vraiment telle, ne doit pas valoir pour un ph\u00e9nom\u00e8ne particulier, mais pour toute une classe de ph\u00e9nom\u00e8nes que nous consid\u00e9rons comme \u00ab \u00e9gaux \u00bb. En d&rsquo;autres termes, nous admettons implicitement que des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9gaux sont r\u00e9gis par les m\u00eames lois, sans quoi parler de science n&rsquo;aurait pas de sens. Une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale des mod\u00e8les d&rsquo;univers doit donc se fonder principalement sur la notion d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre quantit\u00e9s ou ph\u00e9nom\u00e8nes physiques.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or, en g\u00e9om\u00e9trie le crit\u00e8re d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre deux figures g\u00e9om\u00e9triques est exprim\u00e9 math\u00e9matiquement par un groupe d&rsquo;op\u00e9rations, et en fonction de la variation de ce groupe on obtient tous les types possibles de g\u00e9om\u00e9trie (selon le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab programme d&rsquo;Erlangen \u00bb de Klein). Puisque ces consid\u00e9rations valent aussi pour la physique, Fantappi\u00e9 arriva \u00e0 cette tr\u00e8s importante conclusion : \u00e0 chaque groupe d&rsquo;op\u00e9rations on peut faire correspondre un \u00ab possible \u00bb mod\u00e8le d&rsquo;univers, dont les lois sont susceptibles d&rsquo;\u00eatre d\u00e9termin\u00e9es par voie purement math\u00e9matique, d\u00e8s lors qu&rsquo;on conna\u00eet le groupe d&rsquo;op\u00e9rations qui d\u00e9finit le crit\u00e8re d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre deux quantit\u00e9s ou ph\u00e9nom\u00e8nes physiques.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 premi\u00e8re vue, cette th\u00e9orie peut sembler excessivement g\u00e9n\u00e9rale : non seulement parce qu&rsquo;elle nous d\u00e9crit les univers \u00ab possibles \u00bb sans rien nous dire sur celui dans lequel nous vivons, mais aussi parce que, le nombre de \u00ab groupes d&rsquo;op\u00e9rations \u00bb \u00e9tant infini, il y aura aussi d&rsquo;infinis mod\u00e8les d&rsquo;univers possibles. Toutefois, si l&rsquo;on examine les choses de plus pr\u00e8s et si on laisse de c\u00f4t\u00e9 les pures abstractions math\u00e9matiques, on se rend compte que pour avoir des mod\u00e8les susceptibles d&rsquo;une interpr\u00e9tation physique, il est n\u00e9cessaire et suffisant \u2014 comme l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 Arcidiacono \u2014 de se limiter \u00e0 ceux correspondant aux groupes qui d\u00e9crivent les mouvements rigides de l&rsquo;espace ace \u00e0 n dimensions avec m = n (n \u20141) \/ 2 param\u00e8tres [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous aurons ainsi des mod\u00e8les d&rsquo;univers R<sub>n<\/sub><sup>m<\/sup> fond\u00e9s sur les groupes d\u00e9crivant les mouvements rigides des espaces \u00e0 5, 6, 7, &#8230;n dimensions, lesquels seront respectivement repr\u00e9sent\u00e9s par une s\u00e9rie d\u2019hypersph\u00e8res \u00e0 4, 5, 6, &#8230; n -1 dimensions. Chacun de ces mod\u00e8les est contenu dans les suivants (dont il constitue donc un cas particulier) et contient \u00e0 son tour tous les pr\u00e9c\u00e9dents (les int\u00e9grant dans un syst\u00e8me hi\u00e9rarchique unitaire). Ces mod\u00e8les peuvent donc \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme des perfectionnements successifs de la description physique de la r\u00e9alit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Chacun des groupes d&rsquo;op\u00e9rations qui se trouve \u00e0 la racine de ces mod\u00e8les aura une signification triple : analytique (en tant qu&rsquo;il nous fournira un crit\u00e8re d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre quantit\u00e9s ou ph\u00e9nom\u00e8nes physiques), g\u00e9om\u00e9trique (en tant que ses transformations refl\u00e9teront des changements internes au mod\u00e8le d&rsquo;univers correspondant) et physique (en tant qu&rsquo;il exprimera un \u00ab principe de relativit\u00e9 \u00bb en fonction duquel les lois physiques resteront toujours les m\u00eames, abstraction faite des diff\u00e9rentes transformations possibles du groupe). L&rsquo;existence du groupe, en outre, nous donnera l&rsquo;assurance que le mod\u00e8le d&rsquo;univers correspondant sera, non seulement un syst\u00e8me ordonn\u00e9 (car pour lui vaudront des lois physiques sp\u00e9cifiques sans ambigu\u00eft\u00e9s ni exceptions), mais aussi un syst\u00e8me autonome (car avec les mouvements internes \u00e0 la structure g\u00e9om\u00e9trique relative au groupe qui le caract\u00e9rise, toute \u00ab fuite \u00bb hors de lui-m\u00eame sera impossible).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cela \u00e9tant, il devient extr\u00eamement int\u00e9ressant d&rsquo;examiner les diff\u00e9rents mod\u00e8les d&rsquo;univers qui r\u00e9sultent de la succession hi\u00e9rarchique d&rsquo;hypersph\u00e8res mentionn\u00e9e plus haut :<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>1<\/i><sup><i>er<\/i><\/sup><i> niveau hi\u00e9rarchique<\/i> : univers de Newton, ou de la relativit\u00e9 galil\u00e9enne.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Puisque les lois de la physique classique satisfont au principe de relativit\u00e9 de Galil\u00e9e (elles restent identiques qu&rsquo;on fasse les exp\u00e9riences ici ou ailleurs, avant ou apr\u00e8s, en \u00e9tant arr\u00eat\u00e9 ou en se d\u00e9pla\u00e7ant d&rsquo;un mouvement rectiligne uniforme par rapport \u00e0 n&rsquo;importe quel autre syst\u00e8me inertiel), il en d\u00e9rive qu&rsquo;elles peuvent \u00eatre int\u00e9gralement ramen\u00e9es au groupe de Galil\u00e9e, dou\u00e9 de 10 param\u00e8tres. A ce groupe correspond un univers o\u00f9 les \u00e9v\u00e9nements physiques se d\u00e9roulent dans un espace euclidien \u00e0 trois dimensions, infini et illimit\u00e9. En ajoutant une quatri\u00e8me dimension temporelle, \u00e9galement infinie et illimit\u00e9e, aux espaces infinis tridimensionnels qui repr\u00e9sentent les ph\u00e9nom\u00e8nes physiques dans leurs instants successifs, on obtient l&rsquo;univers de la physique newtonienne. Cet univers a une structure \u00ab \u00e0 feuilles \u00bb (comme les pages d&rsquo;un livre, mais avec une dimension suppl\u00e9mentaire), car le temps et l&rsquo;espace sont absolus et ind\u00e9pendants l&rsquo;un de l&rsquo;autre ; si bien que les \u00e9valuations de distance et de dur\u00e9e seront les m\u00eames pour tous les observateurs, ind\u00e9pendamment du fait que ceux-ci se d\u00e9placent ou restent immobiles (figure 1a).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>2<\/i><sup><i>e<\/i><\/sup><i> niveau hi\u00e9rarchique<\/i> : univers de Minkowski, ou de la relativit\u00e9 restreinte.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Pour rendre compatibles les lois de la physique newtonienne avec les lois \u00e9lectromagn\u00e9tiques, il faut consid\u00e9rer la vitesse de la lumi\u00e8re, qui dans l&rsquo;univers de Newton est r\u00e9put\u00e9e infinie, comme finie et constante. Cela a \u00e9t\u00e9 fait par Einstein pr\u00e9cis\u00e9ment, avec sa th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte, laquelle est exprim\u00e9e math\u00e9matiquement par le groupe de Poincar\u00e9, lui aussi \u00e0 10 param\u00e8tres. L&rsquo;interpr\u00e9tation g\u00e9om\u00e9trique de ce groupe avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fournie par Hermann Minkowski, qui avait d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;elle ne refl\u00e9tait que le groupe des mouvements internes \u00e0 un espace-temps encore \u00e0 quatre dimensions, mais sans la structure \u00ab \u00e0 feuilles \u00bb. Dans l&rsquo;univers de Minkowski, en effet, les \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent dans un espace non plus euclidien, mais pseudo-euclidien, car l&rsquo;\u00e9valuation des distances et des dur\u00e9es finit par d\u00e9pendre de l&rsquo;\u00e9tat de mouvement particulier et relatif des observateurs par rapport aux autres syst\u00e8mes physiques. Chaque point de cet univers devient donc, comme tout observateur, le centre du \u00ab c\u00f4ne-lumi\u00e8re \u00bb (figure 1b), c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un double c\u00f4ne \u2014 bidimensionnel sur la figure, mais \u00e0 trois dimensions dans la r\u00e9alit\u00e9 \u2014 qui divise l&rsquo;univers lui-m\u00eame dans les trois sections distinctes \u00ab pr\u00e9sent \u00bb, \u00ab pass\u00e9 \u00bb et \u00ab futur \u00bb. Et puisque la vitesse de la lumi\u00e8re c n&rsquo;est pas infinie, un observateur quelconque ne pourra pas voir le \u00ab pr\u00e9sent \u00bb (ni, a fortiori, le \u00ab futur \u00bb), mais seulement le \u00ab pass\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire uniquement le bord inf\u00e9rieur du c\u00f4ne-lumi\u00e8re. Il est clair qu&rsquo;en faisant tendre c \u00e0 l&rsquo;infini, le c\u00f4ne-lumi\u00e8re a tendance \u00e0 \u00ab s&rsquo;\u00e9craser \u00bb dans le \u00ab pr\u00e9sent \u00bb, retombant ainsi dans l&rsquo;univers de Newton. La physique classique n&rsquo;est donc qu&rsquo;un cas-limite de la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 restreinte, et seule la valeur tr\u00e8s grande de c (300 000 km\/seconde environ) peut nous permettre de comprendre pourquoi les physiciens ne sont pas parvenus, pendant si longtemps, \u00e0 distinguer le groupe-limite de Galil\u00e9e de celui de Poincar\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Tandis qu&rsquo;Einstein, en formulant la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et en adoptant l&rsquo;espace-temps de Riemann \u00e0 courbure variable (qui n&rsquo;admet plus de mouvements en soi-m\u00eame), abandonnait l&rsquo;orientation groupale de la physique (figure 1c), Fantappi\u00e9 d\u00e9cidait d&rsquo;y rester fid\u00e8le, se demandant si par hasard l&rsquo;univers de la relativit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 son tour un cas-limite d&rsquo;un univers plus vaste, caract\u00e9ris\u00e9 par un groupe encore plus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. En 1954, dans une note pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00ab Accademia dei Lincei \u00bb [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/sup>] et publi\u00e9e par celle-ci, Fantappi\u00e9 d\u00e9montra qu&rsquo;il en \u00e9tait effectivement ainsi. Le groupe de Poincar\u00e9 s&rsquo;av\u00e9rait n&rsquo;\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment qu&rsquo;un cas-limite d&rsquo;un autre groupe, d\u00e9pendant d&rsquo;un param\u00e8tre r (au sens o\u00f9, pour r tendant \u00e0 l&rsquo;infini, on obtenait de nouveau le groupe de Poincar\u00e9), que Fantappi\u00e9 appela groupe final, en tant qu&rsquo;il ne pouvait plus repr\u00e9senter un cas-limite d&rsquo;autres groupes \u00e0 10 param\u00e8tres. On arrive ainsi au<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>3e niveau hi\u00e9rarchique<\/i> : univers de De Sitter, ou de la relativit\u00e9 finale.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Apr\u00e8s la mort de Fantappi\u00e9, Arcidiacono poursuivit son \u0153uvre et d\u00e9montra que le groupe final d\u00e9crit parfaitement les mouvements rigides d&rsquo;une hypersph\u00e8re quadridimensionnelle immerg\u00e9e dans une cinqui\u00e8me dimension, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un espace-temps non plus \u00ab plat \u00bb comme celui de Minkowski, mais \u00ab \u00e0 courbure constante positive \u00bb + 1\/ r<sup>2<\/sup> (r = rayon de l&rsquo;hypersph\u00e8re) comme celui propos\u00e9 en 1917 par l&rsquo;astronome hollandais Willem De Sitter (figure 1d). Ainsi, la courbure de l&rsquo;univers, qui d\u00e9pend \u00e9troitement, dans la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, de la simple pr\u00e9sence de mati\u00e8re, d\u00e9pend directement, dans la relativit\u00e9 finale, de la structure g\u00e9om\u00e9trique correspondant au groupe logico-math\u00e9matique de d\u00e9part et sans aucune autre hypoth\u00e8se (c&rsquo;est-\u00e0-dire sans qu&rsquo;il faille recourir \u00e0 l&rsquo;introduction \u00ab depuis l&rsquo;ext\u00e9rieur \u00bb d&rsquo;autres sch\u00e9mas g\u00e9om\u00e9triques tels le sch\u00e9ma riemannien).<\/span><\/span><\/p>\n<table border=\"1\" width=\"585\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"7\">\n<colgroup>\n<col width=\"569\" \/> <\/colgroup>\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"569\">\n<p align=\"center\"><a href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-17857\" src=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1-300x297.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1-300x297.jpg 300w, https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1-100x99.jpg 100w, https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-1.jpg 429w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\">Figure 1<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les principaux mod\u00e8les d&rsquo;univers propos\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui par les sciences physiques. Les mod\u00e8les sont repr\u00e9sent\u00e9s par des figures tridimensionnelles (T, temps ; E, espace ; O, observateur), m\u00eame s&rsquo;ils doivent \u00eatre pens\u00e9s comme des simplifications de structures \u00e0 plus de trois dimensions.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le mod\u00e8le de Newton (a) est r\u00e9gi par le groupe d&rsquo;op\u00e9rations et la relativit\u00e9 de Galil\u00e9e. Les \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent dans un espace euclidien \u00e0 trois dimensions immerg\u00e9 dans une quatri\u00e8me dimension temporelle. Espace et temps sont absolus et ind\u00e9pendants, tandis que la vitesse de la lumi\u00e8re est infinie. Il en d\u00e9rive une structure \u00e0 succession uniforme, comme les pages de la tranche d&rsquo;un livre (pages qui devraient cependant \u00eatre imagin\u00e9es non comme des plans \u00e0 deux dimensions, mais comme des volumes \u00e0 trois dimensions).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le mod\u00e8le de Minkowski (b) est r\u00e9gi par le groupe d&rsquo;op\u00e9rations de Poincar\u00e9 et la relativit\u00e9 restreinte d&rsquo;Einstein. Les \u00e9v\u00e9nements se d\u00e9roulent dans un espace pseudo-euclidien o\u00f9 l&rsquo;\u00e9valuation des distances et des dur\u00e9es d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e9tat de mouvement particulier de l&rsquo;observateur par rapport \u00e0 d&rsquo;autres syst\u00e8mes physiques. Espace et temps sont donc relatifs et interd\u00e9pendants, tandis que la vitesse de la lumi\u00e8re est finie. En chacun de ses points, l&rsquo;univers est par cons\u00e9quent divis\u00e9 dans les trois r\u00e9gions distinctes pass\u00e9, pr\u00e9sent et avenir par un double c\u00f4ne-lumi\u00e8re (bidimensionnel sur la figure, mais \u00e0 trois dimensions en r\u00e9alit\u00e9). Puisque la vitesse de la lumi\u00e8re est finie, l&rsquo;observateur ne peut pas voir le pr\u00e9sent (ni, a fortiori, l&rsquo;avenir), mais seulement le pass\u00e9. Si l&rsquo;on fait tendre \u00e0 l&rsquo;infini la vitesse de la lumi\u00e8re, le double c\u00f4ne s&rsquo;\u00e9crase et le mod\u00e8le se transforme dans celui de Newton.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le mod\u00e8le de la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;Einstein (c), l&rsquo;espace physique n&rsquo;est plus euclidien, mais \u00ab courbe \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire fini et illimit\u00e9 comme la surface d&rsquo;une sph\u00e8re (qui doit cependant \u00eatre pens\u00e9e comme quadridimensionnelle), tandis que le temps est infini et illimit\u00e9. Si nous repr\u00e9sentons le mod\u00e8le avec deux dimensions en moins, l&rsquo;espace peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 un cercle qui, en se d\u00e9pla\u00e7ant le long de l&rsquo;axe du temps, donne naissance \u00e0 la surface lat\u00e9rale d&rsquo;un cylindre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le mod\u00e8le de De Sitter (d) est r\u00e9gi par le groupe d&rsquo;op\u00e9rations et la relativit\u00e9 finale de Fantappi\u00e9. Puisqu&rsquo;ici l&rsquo;espace, mais aussi le temps, sont courbes, l&rsquo;univers, tout en restant fini et limit\u00e9 dans l&rsquo;espace, et infini et illimit\u00e9 dans le temps (comme dans la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale), n&rsquo;est cependant pas toujours \u00e9gal \u00e0 lui-m\u00eame et se manifeste comme une structure dynamique, en expansion progressive. Si l&rsquo;on fait tendre \u00e0 l&rsquo;infini le rayon de l&rsquo;univers, le mod\u00e8le de De Sitter se transforme dans celui de Minkowski.<\/span><\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ici se situe une importante conclusion. Comme l&rsquo;a fait remarquer Arcidiacono, un univers \u00e0 quatre dimensions est forc\u00e9ment inaccessible \u00e0 notre capacit\u00e9 de repr\u00e9sentation, celle-ci \u00e9tant inexorablement li\u00e9e \u00e0 un monde tridimensionnel. Cet univers, par cons\u00e9quent, nous appara\u00eetra \u00e0 coup s\u00fbr comme diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;il est dans sa r\u00e9alit\u00e9 effective. C&rsquo;est ainsi, par exemple, que bien que les lumi\u00e8res provenant des \u00e9toiles et des galaxies ne suivent pas des trajectoires rectilignes, mais des trajectoires courbes (selon les lignes g\u00e9od\u00e9siques, ou grands cercles, de l&rsquo;espace-temps hypersph\u00e9rique), nous localiserons ces \u00e9toiles et galaxies \u2014 \u00e0 cause d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne optique bien connu \u2014 dans la direction de la tangente \u00e0 la trajectoire dans le point de l&rsquo;hypersph\u00e8re o\u00f9 nous effectuons l&rsquo;observation. Pour savoir, par cons\u00e9quent, de quelle fa\u00e7on nous appara\u00eetrait l&rsquo;univers de De Sitter, nous devrions toujours nous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 sa \u00ab projection \u00bb, ou repr\u00e9sentation sur le plan tangent en chacun de ses points (figure 2a). On obtient ainsi une nouvelle relativit\u00e9, qui utilise la g\u00e9om\u00e9trie projective et qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s fouill\u00e9e par Arcidiacono.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sur la base de cette nouvelle relativit\u00e9 (figure 2b), on voit imm\u00e9diatement que l&rsquo;univers courbe de De Sitter, qui est infini dans le temps et fini dans l&rsquo;espace, doit au contraire appara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;observateur comme s&rsquo;il \u00e9tait fini dans le temps et infini dans l&rsquo;espace. En d&rsquo;autres termes, il se pr\u00e9sentera comme s&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9 il y a t<sub>0<\/sub> ann\u00e9es \u00e0 partir d&rsquo;un point.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Je crois avoir saisi l&rsquo;importance de ces conclusions. Si je ne me trompe, on retrouve ainsi, r\u00e9unies en une seule th\u00e9orie, les deux conceptions cosmologiques principales \u2014 et jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent oppos\u00e9es \u2014 de notre si\u00e8cle : celle du Big-Bang ou de l&rsquo;expansion cosmique (Lema\u00eetre, Gamow, Bethe, Dicke, etc.) et celle de l&rsquo;\u00e9tat stationnaire (Bondi, Hoyle, Gold, Narlikar).<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Exactement. Il faut cependant remarquer que seule la seconde conception nous donne une \u00ab explication \u00bb de la r\u00e9alit\u00e9 physique, la premi\u00e8re \u00e9tant essentiellement une \u00ab description \u00bb relative \u00e0 notre point de vue d&rsquo;\u00eatres humains. Ce n&rsquo;est pas pour rien que t<sub>0<\/sub>, que nous pouvons d\u00e9finir sans h\u00e9siter comme \u00ab \u00e2ge de l&rsquo;univers \u00bb, se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une v\u00e9ritable constante physique universelle, donc non susceptible d&rsquo;augmenter avec l&rsquo;\u00e9coulement du temps.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on entend dire aujourd&rsquo;hui un peu partout, la cosmologie de l&rsquo;\u00e9tat stationnaire ne devrait donc pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9pass\u00e9e ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le cadre de la th\u00e9orie de Fantappi\u00e9 et Arcidiacono, cette cosmologie reste parfaitement valable et actuelle. Par ailleurs, la relativit\u00e9 finale s&rsquo;av\u00e8re trop prometteuse pour \u00eatre mise de c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Entre autres choses, pour des raisons sur lesquelles je ne peux pas m&rsquo;\u00e9tendre ici, elle n&rsquo;admet pas seulement que la vitesse de la lumi\u00e8re puisse \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e (fournissant ainsi un bon support physico-th\u00e9orique \u00e0 l&rsquo;existence des fameux \u00ab tachyons \u00bb), mais parvient aussi \u00e0 \u00e9tablir un premier lien logique entre la mati\u00e8re et l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, car elle permet d&rsquo;unifier de fa\u00e7on simple et naturelle (bien que limit\u00e9e au cas des hautes \u00e9nergies, de la mati\u00e8re hyperdense et \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle cosmique) l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme et l&rsquo;hydrodynamique.<\/span><\/span><\/p>\n<table border=\"1\" width=\"585\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"7\">\n<colgroup>\n<col width=\"569\" \/> <\/colgroup>\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"569\">\n<p align=\"center\"><a href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-17858\" src=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-2-278x300.jpg\" alt=\"\" width=\"278\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-2-278x300.jpg 278w, https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-2-100x108.jpg 100w, https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/la-r\u00e9volution-organiciste-fig-2.jpg 469w\" sizes=\"auto, (max-width: 278px) 100vw, 278px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\">Figure 2<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le caract\u00e8re hypersph\u00e9rique de l&rsquo;espace-temps implique que la lumi\u00e8re ne parcourt pas des trajectoires rectilignes, mais des arcs de cercle, ou \u00ab g\u00e9od\u00e9siques \u00bb. Cela signifie que les \u00e9toiles et les galaxies ne se trouvent pas l\u00e0 o\u00f9 nous les voyons. Ce que nous observons n&rsquo;est pas l&rsquo;univers r\u00e9el, mais un univers apparent, r\u00e9sultant de la \u00ab projection \u00bb de l&rsquo;espace-temps hypersph\u00e9rique sur l&rsquo;espace euclidien qui nous est familier (a). \u00c0 ce sujet, la \u00ab projection \u00bb du chronotope de De Sitter correspond au chronotope de Castel-nuovo (b), o\u00f9 l&rsquo;espace se pr\u00e9sente comme infini, tandis que le temps se pr\u00e9sente comme fini. Cela signifie que l&rsquo;univers appara\u00eet en tout lieu et instant \u00e0 l&rsquo;observateur humain comme s&rsquo;il avait commenc\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;un certain moment du pass\u00e9 (-t\u00b0 : le moment de la singularit\u00e9 initiale ou big-bang) et comme s&rsquo;il \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 prendre fin dans l&rsquo;avenir apr\u00e8s une quantit\u00e9 de temps analogue (+ t\u00b0 : le moment de la singularit\u00e9 ou implosion finale).<\/span><\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Quels autres mod\u00e8les d&rsquo;univers ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis en remontant la succession hi\u00e9rarchique des hypersph\u00e8res impliqu\u00e9e par la th\u00e9orie de Fantappi\u00e9 et Arcidiacono ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Si l&rsquo;on reste fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;orientation groupale de la physique, on peut dire que la g\u00e9n\u00e9ralisation la plus simple de la relativit\u00e9 finale est fournie par la relativit\u00e9 r\u00e9sultant du groupe conforme, dou\u00e9 de 15 param\u00e8tres et d\u00e9crivant les mouvements rigides d&rsquo;un espace-temps pentadimensionnel immerg\u00e9 dans une sixi\u00e8me dimension. Nous pouvons donc parler d&rsquo;un<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>4<\/b><\/i><sup><i><b>e<\/b><\/i><\/sup><i><b> niveau hi\u00e9rarchique<\/b><\/i> : univers conforme<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce type de relativit\u00e9 n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 formul\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9finitive ; il en existe donc plusieurs versions, dont la plus c\u00e9l\u00e8bre est peut-\u00eatre celle d&rsquo;Ingraham, qui est d&rsquo;une grande importance pour l&rsquo;\u00e9tude et la classification des particules \u00e9l\u00e9mentaires. Selon Ingraham, en effet, on peut tirer du groupe conforme les deux grands principes de compl\u00e9mentarit\u00e9 et d&rsquo;ind\u00e9termination auxquels ob\u00e9it la physique quantique. D&rsquo;autre part, l&rsquo;adoption de la relativit\u00e9 conforme entra\u00eene une r\u00e9vision profonde de la m\u00e9canique, \u00e0 partir de laquelle il n&rsquo;est pas du tout improbable qu&rsquo;on finisse par arriver \u00e0 une unification, fond\u00e9e sur les groupes, de l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme et de la gravitation.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En 1958, Arcidiacono d\u00e9montra que la relativit\u00e9 d&rsquo;Ingraham peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un cas-limite d&rsquo;une th\u00e9orie encore plus large, susceptible de mener \u00e0 une physique tout \u00e0 la fois relativiste, cosmologique et quantique, et capable d&rsquo;\u00e9clairer la relation existant entre ces th\u00e9ories [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15<\/a><\/sup>]. Au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, de fait, les recherches d&rsquo;Arcidiacono se sont orient\u00e9es dans cette direction et ont donn\u00e9 des r\u00e9sultats extr\u00eamement significatifs. La complexit\u00e9 de ces recherches d&rsquo;avant-garde ne me permet pas de les exposer de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e. Je me contenterai de souligner que la relativit\u00e9 conforme d&rsquo;Arcidiacono, construite en tenant compte aussi de certains apports th\u00e9oriques fondamentaux du physicien bulgare N. Kalitzine [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/sup>], est capable de mener \u00e0 l&rsquo;unification de l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme et de la gravitation. R\u00e9cemment, enfin, la th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par Arcidiacono dans un sens encore plus g\u00e9n\u00e9ral, car il a imagin\u00e9 que notre univers ne fait pas seulement partie d&rsquo;univers plus vastes, mais contient \u00e0 son tour des micro-univers, qui peuvent \u00eatre assimil\u00e9s aux particules \u00e9l\u00e9mentaires. Du reste, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette direction qu&rsquo;ont prise r\u00e9cemment certains physiciens tr\u00e8s connus. Piero Caldirola, par exemple, en est arriv\u00e9 \u00e0 concevoir l&rsquo;\u00e9lectron comme un micro-univers de De Sitter : ce qui permet d&rsquo;appliquer \u00e0 ses travaux le groupe final de Fantappi\u00e9 et la relativit\u00e9 projective [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/sup>].<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Votre pr\u00e9sentation de la th\u00e9orie des mod\u00e8les d&rsquo;univers me para\u00eet suffisamment compl\u00e8te. Mais je ne comprends pas encore tr\u00e8s bien pourquoi vous lui donnez tant d&rsquo;importance dans le cadre d&rsquo;une r\u00e9vision critique de l&rsquo;\u00e9volutionnisme biologique.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Justement, j&rsquo;y arrive. Le sch\u00e9ma des mod\u00e8les d&rsquo;univers inclut en effet la \u00ab th\u00e9orie unitaire du monde physique et du monde biologique \u00bb formul\u00e9e par Fantappi\u00e9 en 1944 [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/sup>]. Cette th\u00e9orie introduisait l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels ne d\u00e9pendent pas seulement de causes situ\u00e9es dans le pass\u00e9, mais aussi de causes situ\u00e9es dans le futur [<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/sup>], les deux types de causes correspondant aux deux classes de solutions, oppos\u00e9es mais compl\u00e9mentaires, qu&rsquo;on obtient par les \u00e9quations fondamentales de la physique quantique et relativiste : la classe des \u00ab potentiels retard\u00e9s \u00bb (repr\u00e9sent\u00e9s par des ondes divergeant de la source) et celle des \u00ab potentiels anticip\u00e9s \u00bb (repr\u00e9sent\u00e9s par des ondes convergeant vers la source). Alors que les solutions des potentiels retard\u00e9s d\u00e9crivent les ph\u00e9nom\u00e8nes courants de nature d\u00e9terministe, pour lesquels vaut la loi de l&rsquo;accroissement progressif de l&rsquo;entropie, avec la tendance correspondante \u00e0 la d\u00e9sorganisation et \u00e0 l&rsquo;uniformit\u00e9, les solutions des potentiels anticip\u00e9s d\u00e9crivent des ph\u00e9nom\u00e8nes o\u00f9 il y a augmentation progressive d&rsquo;entropie n\u00e9gative, ou syntropie, et donc une tendance nette \u00e0 l&rsquo;organisation et \u00e0 la diff\u00e9renciation.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Fantappi\u00e9 faisait remarquer qu&rsquo;il est parfaitement illicite de consid\u00e9rer a priori comme r\u00e9elles les seules solutions des potentiels retard\u00e9s, ce qu&rsquo;on avait fait jusque-l\u00e0 et qu&rsquo;on continue \u00e0 faire. Les solutions des potentiels anticip\u00e9s doivent \u00eatre r\u00e9put\u00e9es r\u00e9elles \u00e9galement, si bien qu&rsquo;il est obligatoire d&rsquo;admettre l&rsquo;existence, dans la nature, des forces d\u00e9sorganisatrices bien connues qui gouvernent les ph\u00e9nom\u00e8nes entropiques, mais aussi de forces actives organis\u00e9es constituant un nombre non moins impressionnant de ph\u00e9nom\u00e8nes syntropiques. Et l&rsquo;exemple le plus \u00e9clatant de ph\u00e9nom\u00e8nes syntropiques est justement constitu\u00e9, pour Fantappi\u00e9, par les syst\u00e8mes biologiques.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or, dans le sch\u00e9ma des mod\u00e8les d&rsquo;univers, l&rsquo;existence simultan\u00e9e des tendances au d\u00e9sordre et \u00e0 l&rsquo;ordre ne constitue rien de surprenant, puisqu&rsquo;elle est une cons\u00e9quence n\u00e9cessaire des propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques des hypersph\u00e8res qui composent la succession hi\u00e9rarchique des mod\u00e8les eux-m\u00eames. En fonction de ces propri\u00e9t\u00e9s, en effet, une onde apparue en un point quelconque de l&rsquo;hypersph\u00e8re sera tout d&rsquo;abord divergente, puis atteindra son expansion maximale en rapport avec le cercle maximal (ou cercle \u00ab \u00e9quatorial \u00bb), et s&rsquo;inversera donc, convergeant progressivement vers le point antipodique, d&rsquo;o\u00f9 le processus s&rsquo;inversera de nouveau pour donner naissance \u00e0 une nouvelle onde divergente. Et il en sera de m\u00eame pour tout autre point de l&rsquo;espace hypersph\u00e9rique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans la nature, en somme, l&rsquo;entropie et la syntropie sont \u00e9troitement interconnect\u00e9es, et sont donc toutes deux n\u00e9cessaires \u00e0 une description compl\u00e8te de la Physis. Il n&rsquo;y a donc pas (contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;avait postul\u00e9 Fantappi\u00e9 lui-m\u00eame dans un premier temps) des ph\u00e9nom\u00e8nes entropiques ou syntropiques \u00ab purs \u00bb, mais seulement des ph\u00e9nom\u00e8nes dot\u00e9s d&rsquo;une \u00ab composante \u00bb entropique et d&rsquo;une \u00ab composante \u00bb syntropique compl\u00e9mentaires et interd\u00e9pendantes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous retrouvons donc les conclusions r\u00e9sum\u00e9es par la phrase de Fantappi\u00e9 que j&rsquo;ai voulu placer en exergue de notre entretien. Le fait d&rsquo;avoir d\u00e9montr\u00e9 scientifiquement que la nature est gouvern\u00e9e par une compl\u00e9mentarit\u00e9 de forces d\u00e9sorganisatrices et de forces organisatrices, donc non seulement par ce que nous appelons simplement \u00ab mati\u00e8re \u00bb (ou masse-\u00e9nergie), mais aussi par une v\u00e9ritable \u00ab forme \u00bb (on dit aujourd&rsquo;hui \u00ab information \u00bb), nous renvoie directement \u00e0 Aristote et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 la vision traditionnelle du monde. Comment ne pas songer, en effet, \u00e0 la compl\u00e9mentarit\u00e9 du yin et du yang, de khouen et de khien, de prakriti et de purusha, de la substance et de l&rsquo;essence, de la solutio et de la coagulatio, du mercure et du soufre des m\u00e9taphysiques respectivement extr\u00eame-orientale, indienne, m\u00e9di\u00e9vale et herm\u00e9tique ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">D&rsquo;un point de vue rigoureusement scientifique, on est aujourd&rsquo;hui parfaitement en droit d&rsquo;interpr\u00e9ter le monde physique comme un syst\u00e8me tout \u00e0 la fois statique et dynamique : il est statique lorsqu&rsquo;on le consid\u00e8re dans son ensemble, et dynamique lorsqu&rsquo;on le consid\u00e8re dans ses \u00e9l\u00e9ments particuliers. Mais, de toute fa\u00e7on, il s&rsquo;agit dans ce cas d&rsquo;un dynamisme actif, cybern\u00e9tique, non-\u00e9volutionniste, un dynamisme o\u00f9, du fait de l&rsquo;existence compl\u00e9mentaire de l&rsquo;entropie et de la syntropie, l\u2019\u00ab avant \u00bb conditionne l&rsquo;\u00ab apr\u00e8s \u00bb et r\u00e9ciproquement, dans un ensemble harmonieux d&rsquo;interactions qui ne peut absolument pas \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un simple jeu m\u00e9caniste et fortuit comme le pr\u00e9tendait Darwin.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est surtout en pensant constamment \u00e0 la r\u00e9volution conceptuelle produite par la physique que j&rsquo;ai pu mener sans crainte et sans h\u00e9sitation ma critique de l&rsquo;\u00e9volutionnisme biologique. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la vision \u00ab cosmique \u00bb \u2014 au sens antique du terme \u2014 telle qu&rsquo;elle se d\u00e9gage de cette r\u00e9volution, que j&rsquo;ai cru devoir opposer \u00e0 l&rsquo;\u00e9volutionnisme, ridiculement attach\u00e9 \u00e0 l&rsquo;illusion que tout peut \u00eatre model\u00e9 par l&rsquo;action aveugle du hasard et de la n\u00e9cessit\u00e9. Cette vision ne nie pas du tout qu&rsquo;il y ait des changements dans la nature ; mais elle les consid\u00e8re comme caus\u00e9s par les lois qui pr\u00e9sident \u00e0 toute l&rsquo;architecture spatio-temporelle du \u00ab Systema Naturae \u00bb. Ainsi sont d\u00e9finitivement mis de c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;\u00e9volutionnisme, bien s\u00fbr, mais aussi un fixisme trop rigide et na\u00eff, d\u00e9sormais insoutenable et anachronique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il est donc faux d&rsquo;affirmer, comme beaucoup l&rsquo;ont fait, qu&rsquo;avec <i>Dopo Darwin<\/i> j&rsquo;ai simplement critiqu\u00e9 sans proposer d&rsquo;alternative. Mon alternative n&rsquo;est autre que la vision traditionnelle de la r\u00e9alit\u00e9, mais formul\u00e9e dans la terminologie scientifique moderne.<\/span><\/span><\/p>\n<p>(Extrait de <em>La R\u00e9volution organiciste<\/em> \u2013 entretien sur les nouveaux courants scientifiques)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">_______________________________________________<\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> \u00ab Casualisme n&rsquo;est pas usuel en fran\u00e7ais \u00bb, \u00e9crit Andr\u00e9 Lalande dans son <i>Vocabulaire technique et critique de la philosophie<\/i>, 13<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9d., PUF, 1980, p. 1155. Nous l&rsquo;avons n\u00e9anmoins parfois employ\u00e9, plus ou moins dans le sens d&rsquo;\u00ab ind\u00e9terminisme \u00bb, les philosophes ayant refus\u00e9 le terme tychisme (du grec tukh\u00e9 = hasard), techniquement plus pr\u00e9cis, propos\u00e9 par C. S. Peirce en 1892. En fran\u00e7ais, \u00ab casuel \u00bb est synonyme d&rsquo;\u00ab accidentel, contingent, fortuit \u00bb. (N.D.T.)<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>Walter Heitler, <i>Causalit\u00e0 e teleologia nelle scienze della natura<\/i> (trad. it. de <i>Der Mensch und die naturwissenschaftliche Erkenntnis<\/i>, Braunschweig, 1962), Boringhieri, Torino, 1967, pp. 55-56.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><span lang=\"en-US\"> Cf. George Gamow, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Trent&rsquo;anni che sconvolsero la fisica<\/i><\/span><span lang=\"en-US\"> (trad. it. de <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Thirty Years that Shook Physics<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, Anchor Books, Doubleday and Co., New York, 1966), Zanichelli, Bologna, 1966.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> Fritjof Capra, <i>Le Tao de la physique<\/i>, op. cit., p. 71.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> Voir \u00e0 ce sujet : Luigi Fantappi\u00e9, <i>Nuove vie per la scienza<\/i>, Sansoni, Firenze, 1961 ; et de Giuseppe Arcidiacono, les ouvrages suivants : <i>Universo e relativit\u00e0<\/i>, Massimo, Milano, 1967 ; <i>Relativit\u00e0 e cosmologia<\/i>, Veschi, Roma, 1979 ; <i>Relativit\u00e0 ed esistenza<\/i>, Studium Christi, Roma, 1973 ; <i>Oltre la quarta dimensione<\/i>, Il Fuoco, Roma, 1980. Diff\u00e9rents textes s&rsquo;inspirant de la conception unitaire de Fantappi\u00e9 et d&rsquo;Arcidiacono ont paru dans la revue <i>Responsabilit\u00e0 del Sapere<\/i>, publi\u00e9e par le Centre International de Comparaison et de Synth\u00e8se (Rome).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a><span lang=\"en-US\"> Leopold Infeld, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Il mio amico Einstein<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, in <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Nuova Scienza<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, XX, 3, 1979, p. 58.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a><span lang=\"en-US\"> Leopold Infeld, Art. cit\u00e9, ibidem.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> <span style=\"font-size: small;\">Un astronaute enferm\u00e9 dans un vaisseau spatial sans hublots et se sentant pouss\u00e9 vers une des parois, ne pourrait \u00e9tablir si le ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u00fb \u00e0 l&rsquo;attraction de quelque corps c\u00e9leste ou \u00e0 la pouss\u00e9e inertielle du vaisseau spatial qui s&rsquo;est tout \u00e0 coup d\u00e9plac\u00e9 dans la direction oppos\u00e9e \u00e0 la paroi elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a><span lang=\"en-US\"> George Gamow, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Biografia della fisica<\/i><\/span><span lang=\"en-US\"> (trad. it. de <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Biography of Physics<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, Harper, New York, 1961), EST Mondadori, Milano, 1963, pp. 204-205.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> Le seul r\u00e9sultat important obtenu au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es n&rsquo;est autre que la \u00ab th\u00e9orie \u00e9lectrofaible \u00bb de Higgs, Weinberg, Salam et Ward, formul\u00e9e en 1967. Cette th\u00e9orie unifie l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme et la force nucl\u00e9aire faible. Supposant l&rsquo;existence de deux nouvelles particules appel\u00e9es W et Z, la th\u00e9orie en question a trouv\u00e9 une confirmation spectaculaire au CERN de Gen\u00e8ve, en 1983, gr\u00e2ce \u00e0 Carlo Rubbia.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> Pour une biographie et une pr\u00e9sentation d\u00e9taill\u00e9e des principaux travaux de Luigi Fantappi\u00e9, cf. Giuseppe Arcidiacono, <i>Fantappi\u00e9 e gli Universi<\/i>, Il Fuoco, Roma, 1986.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> Ce choix se fonde sur l&rsquo;hypoth\u00e8se, qui s&rsquo;est toujours r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plausible jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, selon laquelle les lois physiques valables pour notre Terre \u2014 ou, disons, pour notre syst\u00e8me stellaire \u2014 peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es \u00e0 tout l&rsquo;univers. Cette hypoth\u00e8se est pleinement justifi\u00e9e parce qu&rsquo;elle est la seule raisonnable et donc aussi la seule possible sur le plan de la recherche scientifique, si bien que le chercheur peut s&rsquo;en servir en ayant la conscience tranquille. Mais cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien au fait qu&rsquo;elle reste, naturellement, une simple hypoth\u00e8se.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> <span style=\"font-size: small;\">Nous devons ici renvoyer le lecteur d\u00e9sireux de comprendre de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise la signification de ces param\u00e8tres au livre d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 d&rsquo;Arcidiacono, <\/span><span style=\"font-size: small;\"><i>Oltre la quarta dimensions<\/i><\/span><span style=\"font-size: small;\">.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> <span style=\"font-size: small;\">Luigi Fantappi\u00e9, <\/span><span style=\"font-size: small;\"><i>Su una nuova teoria di relativit\u00e0 finale<\/i><\/span><span style=\"font-size: small;\">, in <\/span><span style=\"font-size: small;\"><i>Rend. Atti Accad. Naz. Lincei<\/i><\/span><span style=\"font-size: small;\">, s\u00e9rie 8, XVII, 5, 1954.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> Giuseppe Arcidiacono, <i>La relativit\u00e0 di Fantappi\u00e9<\/i>, in <i>Collectanea Mathematica<\/i>, 1958.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> Kalitzine s&rsquo;\u00e9tait propos\u00e9 de g\u00e9n\u00e9raliser la relativit\u00e9 restreinte \u00e0 un espace euclidien de n dimensions, en soutenant que d&rsquo;un point de vue purement logique, rien n&rsquo;oblige \u00e0 accepter l&rsquo;id\u00e9e que notre univers ne compte vraiment que 4 dimensions, et non pas 5, 6, n ou carr\u00e9ment d&rsquo;infinies dimensions. Il est alors n\u00e9cessaire d&rsquo;aborder le probl\u00e8me de la signification physique des nouvelles dimensions, et puisque nous ne voyons pas les corps qui nous entourent appara\u00eetre ou dispara\u00eetre pour se d\u00e9placer ensuite dans des dimensions \u00ab autres \u00bb, nous devons accepter l&rsquo;id\u00e9e que celles-ci sont toutes des dimensions temporelles. La \u00ab relativit\u00e9 multitemporelle \u00bb de Kalitzine, th\u00e9orie rest\u00e9e inachev\u00e9e \u00e0 la mort de son fondateur, est en effet fond\u00e9e sur un espace euclidien \u00e0 n dimensions, dont 3 dimensions spatiales et n-3 dimensions temporelles. En 1978, G. Arcidiacono (cf. <i>Atti del III Congresso di Relativit\u00e0 Generale e Gravitazione<\/i>, in <i>Atti Accademia delle Scienze di Torino<\/i>) a donn\u00e9 une interpr\u00e9tation physique simple de la th\u00e9orie de Kalitzine, obtenant, dans le cas d&rsquo;un espace \u00e0 n-5 dimensions, une \u00ab relativit\u00e9 conforme \u00bb \u00e0 deux temps qui unifie l&rsquo;\u00e9lectromagn\u00e9tisme et la gravitation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du sch\u00e9ma de la th\u00e9orie groupale des mod\u00e8les d&rsquo;univers.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a><span lang=\"en-US\"> Piero Caldirola, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>The Chronon in the Quantum Theory of Electron and the Existence of Heavy Leptons<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, in <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Nuovo Cimento<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">, XXV, 284, 1979.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a> Luigi Fantappi\u00e9, <i>Principi di una teoria unitaria del mondo fisico e biologico<\/i>, <i>Humanitas Nova<\/i>, Roma, 1944.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> Plus tard, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence intitul\u00e9e \u00ab Un nouveau concept d&rsquo;Existence \u00bb et prononc\u00e9e le 19 mai 1947 dans la grande salle de la facult\u00e9 des lettres et de philosophie de l&rsquo;universit\u00e9 de Rome, Fantappi\u00e9 s&rsquo;appuiera sur la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 pour \u00e9tendre le concept d&rsquo;existence, pr\u00e9c\u00e9demment limit\u00e9 au pr\u00e9sent, au pass\u00e9 et au futur (existence totale).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a>Giuseppe Sermonti et Roberto Fondi, <i>Dopo Darwin<\/i>. <i>Critica all&rsquo;evoluzionismo<\/i>, Rusconi, Milano, 1982 (4<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a> N\u00e9 en 1925, Giuseppe Sermonti a \u00e9tudi\u00e9 la g\u00e9n\u00e9tique des micro-organismes \u00e0 l&rsquo;Institut de la Sant\u00e9 de Rome, de 1950 1965. Il a publi\u00e9 <i>Genetics of Antibiotic Producing Microorganismus<\/i> (1969), II crepuscolo dello scientismo (1971), <i>Genetica Generale<\/i> (1971 et 1974), <i>La mela di Adamo e la mela di Newton<\/i> (1974), <i>Le forme della vita<\/i> (1981). Depuis 1974, Giuseppe Sermonti est professeur de g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de P\u00e9rouse, o\u00f9 il dirige l&rsquo;Institut d&rsquo;Histologie et d&rsquo;Embryologie. Il s&rsquo;est rendu \u00e0 Moscou en 1978 en tant que vice-pr\u00e9sident du XIV<sup>\u00e8me<\/sup> Congr\u00e8s international de g\u00e9n\u00e9tique. Le professeur Sermonti dirige, depuis la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1979, la <i>Rivista di Biologia<\/i> (N.D.T.).<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet esprit, et afin de pouvoir d\u00e9passer la forme d&rsquo;esprit d\u00e9terministe inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;\u00e9volutionnisme darwinien, que j&rsquo;ai estim\u00e9 n\u00e9cessaire d&rsquo;approfondir un peu plus mes connaissances en physique th\u00e9orique, avant de finir par utiliser les id\u00e9es du math\u00e9maticien Luigi Fantappi\u00e9 et du physicien Giuseppe Arcidiacono. Pouvez-vous exposer le contenu de ces id\u00e9es ? 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