{"id":18051,"date":"2019-08-10T20:35:34","date_gmt":"2019-08-10T19:35:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=18051"},"modified":"2019-08-10T20:35:34","modified_gmt":"2019-08-10T19:35:34","slug":"la-voie-de-la-calligraphie-par-jacques-deperne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-voie-de-la-calligraphie-par-jacques-deperne\/","title":{"rendered":"La voie de la calligraphie par Jacques Deperne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Jacques Deperne, qui \u00e9tudie depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es la calligraphie extr\u00eame-orientale, nous d\u00e9finit et l&rsquo;histoire et les concepts philosophiques qui sous-tendent l&rsquo;\u00e9criture de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;hommes : et, \u00e0 notre surprise na\u00eet en ces pages l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 d&rsquo;une morale. Rigoureuse et ouverte sur l&rsquo;infini&#8230;<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Affranchie des diversit\u00e9s d&rsquo;\u00e9poques et de lieux, la myst\u00e9rieuse et fascinante \u00e9criture figurative chinoise a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;instrument de culture de toute une civilisation et le v\u00e9hicule d&rsquo;une pens\u00e9e que l&rsquo;Occident semble enfin mesurer \u00e0 sa juste dimension. V\u00e9ritable expression concr\u00e8te de la pens\u00e9e, elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 l&rsquo;art le plus subtil, un art qui fait participer le corps autant que l&rsquo;esprit, un art qui donne au mot \u00ab ma\u00eetrise \u00bb sa v\u00e9ritable signification : l&rsquo;art de la calligraphie.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Au commencement \u00e9tait le signe<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La Chine poss\u00e8de une tradition scripturaire remontant \u00e0 la plus haute Antiquit\u00e9. Les commentaires du plus vieux livre du monde, le Yi Jing (Yi King) [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>] \u2014 <i>le Livre des Transformations<\/i> \u2014, attestent qu&rsquo;au commencement \u00ab on gouvernait les peuples par le moyen de certains n\u0153uds qu&rsquo;on faisait avec des cordes \u00bb. Ensuite, le sage Fu Xi (Fo Hi), empereur l\u00e9gendaire qui aurait r\u00e9gn\u00e9 environ trente si\u00e8cles avant notre \u00e8re, inventa les premiers signes pour fixer la pens\u00e9e : les ba gua, les huit figures ou trigrammes, qui combinent en ternaire les deux principes antith\u00e9tiques, compl\u00e9mentaires et alternants, du yin et du yang, v\u00e9ritable pouls de l&rsquo;Univers en \u00e9ternelle mutation.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La l\u00e9gende, qui ne pr\u00eate qu&rsquo;aux riches, a vu dans les trigrammes du premier des empereurs mythiques les premiers caract\u00e8res trac\u00e9s, opposant, dans un cercle, le ciel et la terre, le feu et l&rsquo;eau, les nuages et la montagne, le vent et les s\u00e9ismes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">De nombreux textes antiques attribuent toutefois l&rsquo;invention l\u00e9gendaire de l&rsquo;\u00e9criture \u00e0 Cang Jie, haut fonctionnaire de l&#8217;empereur Huang Di, l&#8217;empereur jaune, le p\u00e8re de la culture chinoise, dont le r\u00e8gne se situerait environ vingt-sept si\u00e8cles avant notre \u00e8re. Un soir que Cang Jie m\u00e9ditait au bord d&rsquo;une rivi\u00e8re, il observa les constellations, ainsi que les traces laiss\u00e9es par les oiseaux sur le sable. Il r\u00e9alisa qu&rsquo;on pouvait tr\u00e8s bien faire des signes pour repr\u00e9senter des id\u00e9es, et il reproduisit sur un bambou, en les simplifiant, quelques objets qui l&rsquo;entouraient, en utilisant un b\u00e2ton tremp\u00e9 dans du vernis.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et cette nuit-l\u00e0, disent les textes anciens, Les d\u00e9mons pleur\u00e8rent. L&rsquo;\u00e9criture d\u00e9chiffreuse du monde, fruit de l&rsquo;union du Ciel et de la Terre, de l&rsquo;int\u00e9rieur et de l&rsquo;ext\u00e9rieur des choses, annon\u00e7ait le pouvoir des hommes sur eux ; aussi Cang Jie est-il toujours repr\u00e9sent\u00e9 avec un double regard, le premier observe l&rsquo;int\u00e9rieur des choses, le second est tourn\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Tout laisse supposer que les caract\u00e8res chinois sont vieux de plus de quatre mill\u00e9naires, bien qu&rsquo;aucun trac\u00e9 aussi lointain n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour. Les \u00e9crits les plus anciens semblent \u00eatre ceux qui furent grav\u00e9s par les pr\u00eatres devins, il y a trente-deux si\u00e8cles, sur les \u00ab os divinatoires \u00bb, craquel\u00e9s par le feu pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;oracle. Des millions de fragments ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s \u00e0 travers toute la Chine.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9tudi\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t par les lettr\u00e9s chinois, dont Kong Fu Zi (Confucius), ils font encore l&rsquo;objet de travaux, en Chine continentale, \u00e0 Formose, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. En 1983, P\u00e9kin a publi\u00e9 en treize volumes un Recueil d&rsquo;inscriptions sur os. Il s&rsquo;agit surtout de carapaces de tortues, mais aussi d&rsquo;omoplates ou de cr\u00e2nes de cervid\u00e9s. Les inscriptions t\u00e9moignent d&rsquo;une longue pratique de l&rsquo;\u00e9criture et comprennent souvent des phrases parfaitement structur\u00e9es. Beaucoup de ces ossements, appel\u00e9s \u00ab os de dragons \u00bb, ont disparu au cours des si\u00e8cles, broy\u00e9s et utilis\u00e9s dans la pharmacop\u00e9e chinoise, en vertu de leur pouvoir magique. Grav\u00e9s sur os, sur bronze, sur pierre, peints au vernis sur bois ou sur bambou, avant d&rsquo;\u00eatre trac\u00e9s sur soie et sur papier, les caract\u00e8res chinois ont \u00e9t\u00e9 model\u00e9s, d\u00e9form\u00e9s, transform\u00e9s au cours de l&rsquo;Histoire par les outils, les supports et par l&rsquo;imagination des scribes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Les 40 000 caract\u00e8res de l&#8217;empereur Kang Xi<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Vers l&rsquo;an 120 de notre \u00e8re, sous la dynastie des Han, un lettr\u00e9 du nom de Xu Shen entreprit de classer les caract\u00e8res en usage \u00e0 son \u00e9poque. Il composa un ouvrage monumental de 9 353 caract\u00e8res, le <i>Shuo Wen Jie Zi<\/i>, qui fit autorit\u00e9 \u00e0 tous les si\u00e8cles, et que le philosophe chinois consulte toujours dans ses doutes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En 1716, seize si\u00e8cles apr\u00e8s Xu Shen, l&#8217;empereur Kang Xi, probablement aid\u00e9 par les j\u00e9suites, passionn\u00e9s par la culture chinoise, fait publier un dictionnaire de 40 000 caract\u00e8res class\u00e9s suivant 214 cl\u00e9s ou radicaux. Ces 40 000 caract\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9compos\u00e9s par le sinologue L\u00e9on Wieger, S.J., en 4 000 caract\u00e8res d&rsquo;usage courant, 2 000 noms propres et termes peu usit\u00e9s, et 34 000 \u00ab monstres \u00bb de nul usage enfant\u00e9s par les scribes et recopi\u00e9s par la post\u00e9rit\u00e9. Ces \u00ab monstres \u00bb rendent souvent fort d\u00e9licates les traductions des textes chinois anciens. En plus des difficult\u00e9s de syntaxe, traduire le Dao De Jing (Tao Te King) ou le Yi Jing (Yi King) avec un dictionnaire r\u00e9cent ou moderne ne peut conduire qu&rsquo;\u00e0 des contresens f\u00e2cheux. Pour aboutir \u00e0 une interpr\u00e9tation s\u00e9rieuse, chaque id\u00e9ogramme doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une \u00e9tude \u00e9tymologique permettant d&rsquo;en d\u00e9gager le sens \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9daction du texte.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Les formes de l\u2019\u00e9criture<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au cours de l&rsquo;histoire, les formes de l&rsquo;\u00e9criture ont subi de nombreuses variations. D\u00e9j\u00e0 Xu Shen pouvait \u00e9crire : \u00ab Depuis le temps des cinq empereurs et des trois souverains, les formes des caract\u00e8res ont beaucoup chang\u00e9. Durant les soixante-douze g\u00e9n\u00e9rations \u00e9coul\u00e9es, chaque g\u00e9n\u00e9ration a \u00e9lev\u00e9 un monument grav\u00e9 en l&rsquo;honneur de la montagne sacr\u00e9e Tai Shan, et, chaque fois, la forme des caract\u00e8res a \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente. \u00bb Les ma\u00eetres et apprentis calligraphes de tous les si\u00e8cles ont recopi\u00e9 les styles des diff\u00e9rentes \u00e9poques, comme les musiciens pratiquent des gammes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">On distingue g\u00e9n\u00e9ralement cinq styles principaux, majeurs et traditionnels.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014 Le style kai shu, ou style r\u00e9gulier, est le style classique du pinceau, l&rsquo;\u00e9criture dite r\u00e9glementaire. Il est la norme depuis le II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re et le plus couramment pratiqu\u00e9 aujourd&rsquo;hui encore.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014 L&rsquo;\u00e9criture cao shu, ou \u00ab herbiforme \u00bb, qui date de la m\u00eame \u00e9poque, a \u00e9t\u00e9 uniquement employ\u00e9e en calligraphie. Elle n\u00e9cessite un long apprentissage, et ne peut \u00eatre d\u00e9chiffr\u00e9e que par des sp\u00e9cialistes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014 Le style r\u00e9glementaire kai shu et le style herbiforme cao shu ont donn\u00e9 naissance au style cursif xing shu, qui r\u00e9pond \u00e0 des imp\u00e9ratifs d&rsquo;ordre pratique : il permet de tracer les caract\u00e8res rapidement, en respectant tous leurs \u00e9l\u00e9ments. Facilement lisible et commode d&rsquo;ex\u00e9cution, il \u00e9tait m\u00e9pris\u00e9 par les lettr\u00e9s et les dignitaires qui ne s&rsquo;en servaient que pour s&rsquo;adresser \u00e0 des subordonn\u00e9s. Les examens administratifs interdisaient l&rsquo;\u00e9criture xing shu.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014 La premi\u00e8re \u00e9criture compos\u00e9e de traits de pinceau correspond au style li shu. L&rsquo;\u00e9paisseur des lignes varie. Les caract\u00e8res sont larges et d\u00e9ploy\u00e9s. Cr\u00e9\u00e9e pour simplifier le travail des fonctionnaires, elle est l&rsquo;\u00e9criture officielle de l&rsquo;impressionnante administration imp\u00e9riale, mise sur pied par Qin Shi Huang Di, le constructeur de la Grande Muraille de Chine, au III<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant notre \u00e8re. Un Chinois du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle peut la d\u00e9chiffrer sans mal.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u2014 Auparavant, l&rsquo;\u00e9criture en vigueur \u00e9tait du style zhuan shu. C&rsquo;est elle qui a servi \u00e0 la r\u00e9daction de tous les textes antiques, notamment sur les os divinatoires et sur les bronzes. Souvent grav\u00e9s ou trac\u00e9s au b\u00e2ton enduit de vernis, les caract\u00e8res sont tr\u00e8s proches de l&rsquo;image originelle. Le style zhuan shu a \u00e9t\u00e9 v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les Chinois, \u00e0 toutes les \u00e9poques de l&rsquo;histoire de la Chine. Des affiches de la R\u00e9volution culturelle ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites dans ce style. Zhuan shu signifie litt\u00e9ralement : \u00e9criture des sceaux, \u00e9criture sigillaire. Aujourd&rsquo;hui encore, \u00e0 P\u00e9kin, \u00e0 Hong Kong, \u00e0 Taiwan, \u00e0 Singapour, ou \u00e0 Kyoto, les sceaux sont grav\u00e9s en \u00e9criture zhuan. En Chine, l&rsquo;usage du cachet personnel, aux formes et motifs divers et vari\u00e9s, remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La forme des traits des styles kai shu, cao shu, li shu et xing shu tient en grande partie \u00e0 l&rsquo;usage du pinceau. Les huit mouvements principaux sont renferm\u00e9s dans le caract\u00e8re yong, signifiant \u00ab \u00e9ternel \u00bb. Chaque segment, plus ou moins long, est diversement orient\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le pinceau est toujours pratiqu\u00e9 dans les \u00e9coles \u00e0 Taiwan et en Chine continentale, ainsi qu&rsquo;au Japon. En mars 1981, 70 000 enfants chinois ont particip\u00e9 \u00e0 un concours de calligraphie dans les diff\u00e9rents styles.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Les mots vivants<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Beaucoup plus qu&rsquo;avec la convention alphab\u00e9tique le mot chinois sugg\u00e8re une quantit\u00e9 d&rsquo;images et d&rsquo;\u00e9motions qui sont le reflet du r\u00e9el. Le sens du mot est concr\u00e9tis\u00e9, ce qui lui conf\u00e8re un pouvoir. L&rsquo;\u00e9criture figurative engendre des mots vivants, qui deviennent des forces agissantes, \u00e0 la puissance magique et quelquefois th\u00e9rapeutique. La m\u00e9decine traditionnelle chinoise utilisait des caract\u00e8res anciens comme topiques pour gu\u00e9rir des plaies et des ulc\u00e8res. Les pr\u00eatres tao\u00efstes modelaient les caract\u00e8res sigillaires dans les formes les plus diverses, en talismans destin\u00e9s \u00e0 chasser les influences n\u00e9fastes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Plus pr\u00e8s de nous, ne faut-il pas interpr\u00e9ter comme des talismans les caract\u00e8res g\u00e9ants signifiant \u00ab bonheur \u00bb, port\u00e9s par les Chinois de la Chine populaire, de part et d&rsquo;autre du portrait du Grand Timonier, lors des d\u00e9fil\u00e9s \u00e0 travers les rues de P\u00e9kin ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le m\u00eame esprit, ne dit-on pas que c&rsquo;est Mao Ze Dong (Mao Tse Toung) qui aurait calligraphi\u00e9 le titre du <i>Quotidien du peuple<\/i>, le journal le plus lu de la Chine, \u00e0 l&rsquo;instar des empereurs qui r\u00e9compensaient leurs sujets en leur offrant un rouleau de soie calligraphi\u00e9 de leur main ? En fixant les d\u00e9nominations et les formes de l&rsquo;\u00e9criture, l&#8217;empereur, m\u00e9diateur et intercesseur entre les trois puissances de l&rsquo;univers : le Ciel, la Terre et l&rsquo;Homme, mettait les choses et les actions dans l&rsquo;ordre et l&rsquo;harmonie cosmiques. Comment dans ce cas discuter \u00ab la perle du dragon \u00bb, la parole du chef, expression fr\u00e9quemment employ\u00e9e par Mao Ze Dong lui-m\u00eame ?<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 tous les si\u00e8cles de son histoire, la Chine a respect\u00e9 et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 le signe \u00e9crit. On ne le br\u00fblait que dans un temple d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Kong Fu Zi (Confucius). Alain Mac Kenzie cite, dans la pr\u00e9face de ses <i>Mille Caract\u00e8res<\/i>, le tableau du code moral confuc\u00e9en en vigueur sous les Ming, intitul\u00e9 M\u00e9rites et D\u00e9m\u00e9rites : \u00ab Jeter un morceau de papier sur lequel on a \u00e9crit, lire en ayant les mains sales, laisser tra\u00eener des livres ou des \u00e9ventails orn\u00e9s de caract\u00e8res, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme des actes irr\u00e9v\u00e9rencieux et bl\u00e2mables. \u00bb Le m\u00eame respect, la m\u00eame v\u00e9n\u00e9ration ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s envers \u00ab les quatre tr\u00e9sors de la chambre de litt\u00e9rature \u00bb. C&rsquo;est par cette p\u00e9riphrase que les lettr\u00e9s d\u00e9signaient le pinceau, le papier, l&rsquo;encre et l&rsquo;encrier, qualifi\u00e9s de \u00ab joyaux sans prix \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Les quatre tr\u00e9sors<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Le pinceau<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le pinceau de poils aurait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par Meng Tian, g\u00e9n\u00e9ral en chef de l&#8217;empereur Qin Shi Huang Ti, alors qu&rsquo;il surveillait la construction de la Grande Muraille de Chine, pour rendre compte \u00e0 son souverain de l&rsquo;avancement des travaux. On \u00e9crivait auparavant avec des b\u00e2tons de bois ou de bambou effiloch\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le pinceau est constitu\u00e9 de poils d&rsquo;animaux fix\u00e9s dans un b\u00e2tonnet de bambou, le bambou mouchet\u00e9 \u00e9tant le plus appr\u00e9ci\u00e9. On a utilis\u00e9 des poils de renne, de ch\u00e8vre, de pattes de coq, de cheval, de b\u0153uf, de daim, de mouton, de gorille, de renard, de lapin, de belette, de loup, de mangouste, et m\u00eame de tigre. Les poils doivent \u00eatre souples pour permettre des touches rapides. La pointe doit \u00eatre molle et sensible, les poils \u00e9tant quelquefois fendus en plusieurs brins. Ainsi les touches seront \u00ab &#8230; comme un vol d&rsquo;oiseau jaillissant dans l&rsquo;herbe \u00bb. Des textes anciens conseillent de prendre des poils de lapins blancs, aux sommets des montagnes, \u00e0 la saison d&rsquo;automne. L\u00e9on L. Y. Chang affirme dans son ouvrage <i>La Calligraphie chinoise<\/i> que le calligraphe Ou Yang Tong \u00ab n&rsquo;aurait jamais utilis\u00e9 un pinceau dont les poils n&rsquo;eussent pas \u00e9t\u00e9 de renard au centre et de lapin sur le pourtour \u00bb, et que la c\u00e9l\u00e8bre pr\u00e9face du recueil du <i>Pavillon des orchid\u00e9es<\/i> aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Wang Si Zhi avec un pinceau dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e9tait faite de moustaches de souris \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Chaque lettr\u00e9 a eu ses propres pinceaux, et les grands calligraphes les ont souvent fabriqu\u00e9s eux-m\u00eames. Il en est qui se firent enterrer avec eux. Prolongement du bras, des entrailles, de l&rsquo;esprit, on le nommait aussi \u00ab l&#8217;empreinte du c\u0153ur \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Le papier<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est en Chine que le papier a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9. On a retrouv\u00e9 en 1957 des fragments de papier de chanvre et d&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;arbres, datant du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re. Dans le <i>Hou Han Shu<\/i>, le livre qui relate l&rsquo;histoire des Han orientaux, on peut lire : \u00ab Les anciens textes \u00e9taient \u00e9crits sur des planchettes de bambou ; comme ce proc\u00e9d\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait ni commode, ni pratique, Cai Lun commen\u00e7a \u00e0 fabriquer du vrai papier avec de l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;arbre, du chanvre, du chiffon et des fils us\u00e9s. Sa fabrication fut offerte \u00e0 l&#8217;empereur He Di de la dynastie des Han, la premi\u00e8re ann\u00e9e du Yuan Xing, nom du r\u00e8gne de l&#8217;empereur He Di, \u00e0 la fin du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re. Bient\u00f4t, tout le monde se servit de ce papier, connu sous le nom de papier du marquis Cai. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La bourre de soie entrait tr\u00e8s probablement dans sa fabrication, ce qui expliquerait la pr\u00e9sence du radical mi, la soie, dans le caract\u00e8re zhi, le papier.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les calligraphes chinois et japonais ont le plus souvent utilis\u00e9 un papier tr\u00e8s fin, et l\u00e9g\u00e8rement absorbant. De ce fait, la quantit\u00e9 d&rsquo;encre d\u00e9pos\u00e9e d\u00e9pend du temps de contact avec le support. Aucune retouche n&rsquo;est possible.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>L&rsquo;encre<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le Wen Fang Si Kao, ouvrage du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e9tudiant les outils de l&rsquo;\u00e9criture, il est dit que \u00ab dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, on ne connaissait pas l&rsquo;encre, on \u00e9crivait avec du vernis. Plus tard, on fabriqua de l&rsquo;encre avec une sorte de pierre de Yan An. Ce ne fut que sous la dynastie des Wei qu&rsquo;on commen\u00e7a \u00e0 fabriquer des b\u00e2tons d&rsquo;encre s\u00e9ch\u00e9e \u00bb. La fabrication de l&rsquo;encre remonterait donc au milieu du IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re. Les b\u00e2tons d&rsquo;encre sont constitu\u00e9s d&rsquo;un m\u00e9lange de colle provenant du traitement de peaux d&rsquo;\u00e2ne ou d&rsquo;\u00e9cailles de poisson et de noir de fum\u00e9e obtenu \u00e0 partir de branches de pin calcin\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les proportions sont gard\u00e9es secr\u00e8tes. Elles se transmettent de p\u00e8re en fils ou de ma\u00eetre \u00e0 disciple. On additionne quelquefois du musc, des perles finement broy\u00e9es ou de la poussi\u00e8re d&rsquo;or dont les particules scintilleront discr\u00e8tement sous les caract\u00e8res calligraphi\u00e9s. La r\u00e9putation de l&rsquo;encre de Chine est universelle. Elle a toujours \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une qualit\u00e9 telle que les documents les plus anciens sont rest\u00e9s en parfait \u00e9tat de lisibilit\u00e9. Alain Mac Kenzie rappelle dans la pr\u00e9face de ses Mille Caract\u00e8res que \u00ab les lettr\u00e9s organisaient des \u00ab\u00a0concours d&rsquo;encres\u00a0\u00bb o\u00f9 l&rsquo;on comparait les diff\u00e9rents crus, en admirant la qualit\u00e9 du lustre \u00bb. Certains calligraphes allaient m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 en boire r\u00e9guli\u00e8rement pour s&rsquo;en impr\u00e9gner et am\u00e9liorer ainsi leur art. On en prescrivait d&rsquo;ailleurs aux malades, pour ses vertus curatives dans le cas de saignements de nez ou pour lutter contre la fi\u00e8vre rebelle.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;anciennet\u00e9 d&rsquo;un b\u00e2ton d&rsquo;encre ne fait qu&rsquo;accro\u00eetre ses qualit\u00e9s et sa valeur. Les plus anciens \u00e9chantillons en notre possession datent du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (dynastie des Ming). Ils sont recherch\u00e9s par les collectionneurs chinois et japonais. Toujours moul\u00e9s, grav\u00e9s et dor\u00e9s, ils portent le nom du fabricant ou du propri\u00e9taire, de courts po\u00e8mes, ou sont orn\u00e9s de paysages et de dragons. Le dragon sous forme de caract\u00e8re ou de dessin est souvent repr\u00e9sent\u00e9 sur les objets destin\u00e9s \u00e0 la calligraphie.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La l\u00e9gende raconte que Lu Dong Bin, l&rsquo;auteur du c\u00e9l\u00e8bre <i>Trait\u00e9 alchimique de la Fleur d&rsquo;or<\/i>, aurait v\u00e9cu quatre si\u00e8cles dans une grotte de la r\u00e9gion de Shan Dong, \u00e0 \u00e9crire des po\u00e9sies. Chaque matin, un mis\u00e9rable dragon rampant venait se prosterner devant ses po\u00e8mes calligraphi\u00e9s sur les rochers. Un jour, ma\u00eetre Lu le toucha de la pointe de son pinceau. Aussit\u00f4t, des ailes pouss\u00e8rent au dragon qui s&rsquo;envola, signe tao\u00efste de l&rsquo;immortalit\u00e9. Ma\u00eetre Lu et le dragon devinrent les divinit\u00e9s protectrices des fabricants d&rsquo;encre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>L\u2019encrier<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le b\u00e2ton d&rsquo;encre s\u00e9ch\u00e9 est broy\u00e9 dans un yan ou encrier. La forme des encriers peut \u00eatre des plus diverses suivant l&#8217;emploi ou la destination. La forme classique est constitu\u00e9e d&rsquo;un bloc rectangulaire, semblable \u00e0 une petite piscine aux bords arrondis, comportant une partie profonde et \u00e9troite, et une plage peu profonde et plus large. Le mat\u00e9riau ne doit \u00eatre ni trop rugueux ni trop lisse. Les encriers les plus r\u00e9put\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 taill\u00e9s dans une pierre poreuse de couleur brune, extraite d&rsquo;une carri\u00e8re proche de Guang Zhou (Canton), au sud de la Chine, sous les Tang et sous les Song (aux environs de notre Moyen Age). Les encriers ordinaires sont en ardoise.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Une exposition des \u00ab quatre tr\u00e9sors \u00bb a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e d\u00e9but 1981 dans les villes de Beijing (P\u00e9kin), Shanghai et Guang Zhou (Canton). Elle a attir\u00e9 un grand nombre d&rsquo;experts et d&rsquo;amateurs chinois et \u00e9trangers.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Un rite de concentration<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le calligraphe se doit de pr\u00e9parer lui-m\u00eame l&rsquo;encre n\u00e9cessaire. La pr\u00e9paration est longue et minutieuse. Il faut appuyer avec force sur le b\u00e2ton d&rsquo;encre en le poussant doucement dans un mouvement circulaire, qui pr\u00e9pare ainsi au maniement du pinceau en \u00e9chauffant l&rsquo;\u00e9paule et le coude. Le m\u00e9lange des pigments noirs et de l&rsquo;eau pure vers\u00e9e goutte \u00e0 goutte doit appara\u00eetre onctueux et bleut\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re. L&rsquo;op\u00e9ration demande de dix \u00e0 trente minutes suivant la nature des encres et la quantit\u00e9 d\u00e9sir\u00e9e. Un parfum d&rsquo;alo\u00e8s et de santal se d\u00e9gage dans la chambre. Le moment est d\u00e9cisif pour la mise en condition de l&rsquo;artiste. V\u00e9ritable rite de concentration, totalement au geste accompli, ici et maintenant, dans une \u0153uvre au noir, pr\u00e9ambule \u00e9vocateur d&rsquo;une \u00ab op\u00e9ration alchimique \u00bb o\u00f9 sujet et objet vont \u00eatre confondus. Seul le vulgaire emploie l&rsquo;encre en flacon, ou la fait pr\u00e9parer par des apprentis. Dans le m\u00eame esprit, un calligraphe consciencieux nettoie lui-m\u00eame son yan et ses pinceaux. Le c\u00e9l\u00e8bre Mi Fei descendait pour cela jusqu&rsquo;au torrent qui coulait non loin de chez lui.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Bien qu&rsquo;aucune r\u00e8gle absolue n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie un certain nombre de principes ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s par les grands calligraphes. Ainsi le pinceau doit \u00eatre tenu verticalement, en creusant la paume de la main. Le manche du pinceau doit \u00eatre fermement serr\u00e9 entre les doigts. Si le ma\u00eetre tente de l&rsquo;arracher par surprise, il ne doit pas \u00eatre l\u00e2ch\u00e9. Le poignet doit \u00eatre raide et non pas souple. La main doit \u00eatre vide, c&rsquo;est-\u00e0-dire disponible, afin de ne pas faire obstacle \u00e0 l&rsquo;influx qui lui est communiqu\u00e9, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re impulsion ou d&rsquo;un geste violent. La \u00ab bouche du tigre \u00bb (espace entre le pouce et l&rsquo;index) doit \u00eatre ouverte, paume creus\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Toute la force des mouvements doit venir de l&rsquo;\u00e9paule et du coude. Il faut faire corps avec le pinceau et puiser l&rsquo;\u00e9nergie de l&rsquo;action dans l&rsquo;abdomen, en \u00e9crivant sur l&rsquo;expiration, d&rsquo;un seul jet.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La fragilit\u00e9 du papier, l&rsquo;extr\u00eame souplesse des poils du pinceau, l&rsquo;obligation de le tenir sans prendre appui, exigent une parfaite ma\u00eetrise. La modulation, la vie et les nuances du trac\u00e9, d\u00e9pendront de la pression et des temps d&rsquo;arr\u00eat du pinceau.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Un charme po\u00e9tique<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En Orient, une litt\u00e9rature abondante a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la calligraphie. Quelques textes de commentaires c\u00e9l\u00e8bres, traduits en 1973 par Yang Yu Hsun, docteur \u00e8s lettres de l&rsquo;universit\u00e9 de Paris, expriment par des images infiniment po\u00e9tiques les d\u00e9licates subtilit\u00e9s de l&rsquo;art du pinceau.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Un trait vertical doit avoir l&rsquo;apparence d&rsquo;un sarment de vigne vieux de cent ans. Un trait horizontal doit ressembler \u00e0 un nuage de mille li dans le ciel. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Pour bien manier le pinceau, on doit d&rsquo;abord le tourner rapidement comme un aigle qui tourne sa t\u00eate dans l&rsquo;air, puis le faire descendre vivement comme un vautour qui fonce sur sa proie, et le conduire jusqu&rsquo;au bout d&rsquo;une mani\u00e8re naturelle comme un poisson qui nage, \u00e0 l&rsquo;aise dans l&rsquo;eau claire. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Il peut \u00eatre rapide comme l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, ou lent comme le crapaud. Il peut tracer une ligne aussi fine qu&rsquo;un fil de soie, ou poser une tache qui aura le poids d&rsquo;un rocher. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Quand on veut tracer une ligne vers le bas, on doit commencer par diriger son pinceau un peu vers le haut, et le faire descendre ensuite. Une fois parvenu au bout de la ligne, on fait revenir un peu le pinceau sur ses pas. De cette fa\u00e7on, on donnera \u00e0 l&rsquo;ensemble du caract\u00e8re de la force et de la vigueur, empreintes de finesse et de charme. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Les traits doivent \u00eatre voltigeants comme issus d&rsquo;une inspiration soudaine, ou lambeaux de brume couronnant un pin centenaire. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Parfois, c&rsquo;est l&rsquo;oiseau qui s&rsquo;envole, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e qui se croise, la fl\u00e8che qui se lance, parfois ce sont les orages qui \u00e9clatent, les volcans qui grondent, les nuages qui passent et les astres qui brillent. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab On voit des signes droits comme des aiguilles pendantes et des points ronds comme des gouttes de ros\u00e9e. On voit des signes recourb\u00e9s comme un \u00e9clair qui jaillit, ou des blocs de pierre qui tombent ; des signes inclin\u00e9s comme des oiseaux qui s&rsquo;envolent, ou des fauves qui courent. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Certains caract\u00e8res ressemblent \u00e0 des ph\u00e9nix qui dansent, \u00e0 des serpents qui rampent, \u00e0 des rochers escarp\u00e9s, \u00e0 des sommets abrupts. D&rsquo;autres sont lourds comme des nuages \u00e9pais, d&rsquo;autres l\u00e9gers comme des ailes de cigales. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les \u0153uvres des ma\u00eetres en calligraphie ont \u00e9t\u00e9 collectionn\u00e9es avec passion par les lettr\u00e9s et les empereurs de Chine et du Japon. Leurs critiques \u00e9clair\u00e9es sont rest\u00e9es attach\u00e9es \u00e0 ces \u0153uvres.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Su Jing nous a donn\u00e9 des caract\u00e8res qui ressemblent \u00ab \u00e0 des oiseaux de proie qui prennent leur essor dans un tourbillon de vent \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les caract\u00e8res de Xiao Zi Yun ressemblent \u00ab \u00e0 des cimes escarp\u00e9es qui cachent le soleil ou \u00e0 des branches gigantesques d&rsquo;un vieux sapin \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ceux de Zhong You ressemblent \u00e0 \u00ab des ph\u00e9nix qui planent dans les airs, ou \u00e0 des mouettes qui survolent la surface de la mer. Ils sont d&rsquo;une \u00e9tonnante beaut\u00e9 qui semble venir d&rsquo;au-del\u00e0 de l&rsquo;\u0153uvre contempl\u00e9e \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Wang Xi Zhi, dont \u00ab l&rsquo;habilet\u00e9 \u00e9tait telle qu&rsquo;il pouvait tracer un caract\u00e8re d&rsquo;un seul coup de pinceau, un caract\u00e8re vigoureux comme le tigre fr\u00e9missant, et l\u00e9ger comme un nuage \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mi Fei, dont le style donne l&rsquo;impression \u00ab d&rsquo;un guerrier qui taille un chemin \u00e0 coups d&rsquo;\u00e9p\u00e9e \u00e0 travers les rangs ennemis ou d&rsquo;une vol\u00e9e d&rsquo;arbal\u00e8te que rien ne peut arr\u00eater \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La plupart des po\u00e8tes et des peintres d&rsquo;Extr\u00eame-Orient \u00e9taient aussi d&rsquo;excellents calligraphes, les trois arts utilisant le m\u00eame mat\u00e9riel.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Peinture, po\u00e9sie et calligraphie ont \u00e9t\u00e9 souvent \u00e9troitement li\u00e9es dans une m\u00eame \u0153uvre. Le graphisme des peintres chinois et japonais, auquel se sont particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9s nos impressionnistes, a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par l&rsquo;\u00e9criture, pratiqu\u00e9e en tant que moyen d&rsquo;expression d&rsquo;un \u00e9tat de conscience, l&rsquo;essentiel \u00e9tant la qualit\u00e9 du style, beaucoup plus que la recherche d&rsquo;un effet purement esth\u00e9tique.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Devant une belle calligraphie, nous ne voyons pas la forme des caract\u00e8res, nous nous laissons irradier par son esprit. \u00bb (Zhang Huai Guan, VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.)<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Zen et calligraphie<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Chaque id\u00e9ogramme est l&rsquo;image abstraite d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment du processus de la nature, du cours de l&rsquo;Univers. Lorsque Su Dong Po manie le pinceau, il a le sentiment d&rsquo;une possibilit\u00e9 infinie. Il lui semble qu&rsquo;en lui coule un flot paisible qui bouge quand il faut, et qui s&rsquo;interrompt quand il faut. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Zhang Yan Yuan, \u00e0 qui l&rsquo;on demandait comment le ma\u00eetre Wu Dao Zi avait pu tracer des caract\u00e8res aux lignes et aux courbes aussi pures, r\u00e9pondit que \u00ab ce grand artiste s&rsquo;\u00e9tait identifi\u00e9 avec l&rsquo;Univers, et avec toutes choses, de telle sorte que le pinceau n&rsquo;\u00e9tait plus son pinceau, mais l&rsquo;agent cr\u00e9ateur de toutes les formes \u00bb. Un seul coup de pinceau suffit \u00e0 un ma\u00eetre pour juger du degr\u00e9 de lib\u00e9ration auquel est parvenu son \u00e9l\u00e8ve. L&rsquo;esprit du chan (le zen japonais) impr\u00e8gne profond\u00e9ment l&rsquo;art de la calligraphie. Les ma\u00eetres du bouddhisme zen de la Chine et du Japon, tr\u00e8s influenc\u00e9s par le tao\u00efsme, ont toujours \u00e9t\u00e9 de grands calligraphes.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">En transmettant aux Occidentaux l&rsquo;exp\u00e9rience du vrai zen, la pratique de la m\u00e9ditation juste, zazen, le bodhidharma des temps modernes, ma\u00eetre Taisen Deshimaru, a initi\u00e9 ses disciples europ\u00e9ens \u00e0 l&rsquo;art de la calligraphie. Ses \u0153uvres sont de plus en plus recherch\u00e9es par les collectionneurs. Elles illustrent, dans ce style si particulier au zen, le style dit \u00ab patte de tigre \u00bb, tout ce que cet art contient d&rsquo;essentiel au sens \u00e9minent du mot.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le ma\u00eetre zen, concentr\u00e9 sur l&rsquo;attitude juste du corps, totalement \u00ab ici et maintenant \u00bb, sans intention de profit, sans but, ne voulant rien fuir, rien saisir, est en parfaite communion avec la totalit\u00e9 de l&rsquo;Univers. Si la logique ou la r\u00e9flexion se mettent entre le pinceau ou le papier, tout l&rsquo;effet est g\u00e2ch\u00e9. Si l&rsquo;effet est recherch\u00e9, le caract\u00e8re, aussi \u00ab beau \u00bb soit-il, n&rsquo;exprimera rien de profond.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Aucune h\u00e9sitation, aucune correction, aucun repentir, ne sont possibles pour le ma\u00eetre calligraphe. On ne rattrape pas la t\u00e2che d&rsquo;encre. Le principe de la calligraphie, c&rsquo;est celui du tao : la spontan\u00e9it\u00e9. Qu&rsquo;est-ce qui anime le pinceau du ma\u00eetre ? Cai Yong \u00e9crivait au II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : \u00ab Le calligraphe a la spontan\u00e9it\u00e9 pour origine. La spontan\u00e9it\u00e9 une fois pos\u00e9e, le yin et le yang se manifestent. Le yin et le yang s&rsquo;\u00e9tant manifest\u00e9s, la forme appara\u00eet. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab Le vide est la forme, et la forme est le vide \u00bb, r\u00e9p\u00e8te le sutra de la supr\u00eame sagesse, psalmodi\u00e9 chaque matin par les moines dans les temples zen. La vacuit\u00e9 devient le r\u00e9servoir de toute cr\u00e9ativit\u00e9, et c&rsquo;est \u00e0 cette source que le calligraphe puise son \u00e9nergie. C&rsquo;est en elle, pour ainsi dire, qu&rsquo;il trempe son pinceau. Georges Rowley souligne \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 de la m\u00e9ditation et de la concentration si l&rsquo;on veut atteindre au plus haut \u00e9tat de \u00ab\u00a0disponibilit\u00e9 cr\u00e9atrice\u00a0\u00bb et au naturel spontan\u00e9 \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;attitude juste de l&rsquo;esprit, le geste de l&rsquo;\u00e9criture, issus naturellement, automatiquement, d&rsquo;une conscience objective, cosmique, sont ins\u00e9parables d&rsquo;une attitude juste du corps. En faisant taire ses pens\u00e9es conceptuelles et les \u00e9motions de son ego, le corps comme un arc tendu dont la fl\u00e8che serait l&rsquo;esprit, vigilant comme le tigre pr\u00eat \u00e0 bondir, concentr\u00e9 sur l&rsquo;expiration, poussant la terre avec les genoux et le ciel avec la t\u00eate, unissant Ciel et Terre avec le corps, le ma\u00eetre, en harmonie avec l&rsquo;ordre cosmique, poss\u00e8de le pouvoir et le principe du tao, saisissant ainsi l&rsquo;essence des 10 000 choses, au-del\u00e0 des dualit\u00e9s, des contradictions, des cat\u00e9gories, l&rsquo;esprit vraiment libre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Or, \u00ab si vous n&rsquo;avez pas l&rsquo;esprit libre, nous dit Cai Yong, m\u00eame avec les meilleurs pinceaux en poils de li\u00e8vre de la montagne de Zhong, vous ne ferez rien de bien \u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Au VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Yu Shu Nan exposait ainsi la philosophie de la calligraphie : \u00ab Celui qui va prendre le pinceau doit faire taire ses sens, \u00e9carter toute pens\u00e9e et se concentrer sur la r\u00e9alit\u00e9 spirituelle. Lorsque son esprit sera serein, et son souffle harmonieux, son pinceau se fera subtil. Si son esprit est agit\u00e9, son \u00e9criture ne sera plus juste. Si son souffle n&rsquo;est pas harmonieux, le caract\u00e8re sera imparfait. \u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La calligraphie contient l&rsquo;essence de l&rsquo;art. \u00c0 l&rsquo;aube du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, notre Occident d\u00e9couvrira peut-\u00eatre cet art initiatique et sacr\u00e9, \u00e9mergeant du fond des \u00e2ges, art royal et mercuriel, o\u00f9 sujet et objet sont unifi\u00e9s, o\u00f9 le regard est tourn\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur et vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, ce que les Orientaux appellent une Voie : LA VOIE DE LA CALLIGRAPHIE.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Bibliographie<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Alain McKenzie, <i>1 000 Caract\u00e8res chinois<\/i>, Morel, 1975.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u00e9on Y. Chang, <i>La Calligraphie chinoise<\/i>, Club fran\u00e7ais du livre, Paris, 1971.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">B. Tchang Tcheng Ming, <i>L&rsquo;\u00c9criture chinoise et le Geste humain<\/i>, Geuthner, 1937.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Yan Yu Hsun<i>, La Calligraphie chinoise depuis les Han<\/i>, Geuthner, 1937.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Viviane Alleton, <i>L&rsquo;\u00c9criture chinoise<\/i>, PUF, Paris, 1976.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Chang Chung Yuan, <i>Le Monde du Tao<\/i>, Stock, Paris, 1971.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Marcel Granet, <i>La Pens\u00e9e chinoise<\/i>, Albin Michel, Paris, 1974.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Questions \u00e0 un ma\u00eetre zen<\/i>, Albin Michel, Paris, 1984.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">(L&rsquo;orient Int\u00e9rieur. Collectif. Autrement 1985)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">______________________________________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><span style=\"font-size: medium;\"> Les transcriptions alphab\u00e9tiques sont \u00e9tablies selon le syst\u00e8me officiel pin yin, en vigueur en Chine continentale depuis f\u00e9vrier 1958. Les mots et noms les plus courants sont suivis entre parenth\u00e8ses de la romanisation habituellement pratiqu\u00e9e en Occident.<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jacques Deperne, qui \u00e9tudie depuis des dizaines d\u2019ann\u00e9es la calligraphie extr\u00eame-orientale, nous d\u00e9finit et l&rsquo;histoire et les concepts philosophiques qui sous-tendent l&rsquo;\u00e9criture de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;hommes : et, \u00e0 notre surprise na\u00eet en ces pages l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 d&rsquo;une morale. 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