{"id":18087,"date":"2019-10-04T03:56:53","date_gmt":"2019-10-04T02:56:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=18087"},"modified":"2019-10-04T03:56:53","modified_gmt":"2019-10-04T02:56:53","slug":"epistemologie-de-la-physique-moderne-par-roberto-fondi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/epistemologie-de-la-physique-moderne-par-roberto-fondi\/","title":{"rendered":"\u00c9pist\u00e9mologie de la physique moderne par Roberto Fondi"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Vous avez trac\u00e9 un tableau tr\u00e8s clair de la r\u00e9alit\u00e9 physique. Mais, plus d&rsquo;une fois, en parlant avec des physiciens, il m&rsquo;est arriv\u00e9 de constater chez eux une incertitude \u00e9vidente, pour ne pas dire un embarras presque p\u00e9nible, lorsqu&rsquo;ils devaient r\u00e9pondre \u00e0 des questions concernant leur vision du monde personnelle, telle qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient \u00e9labor\u00e9e sur la base de leur exp\u00e9rience de scientifiques.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">J&rsquo;ai eu moi aussi cette impression.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Quelle est donc, selon vous, la Weltanschauung actuellement la plus r\u00e9pandue parmi les physiciens, en dehors, naturellement, de cas particuliers comme Heitler, Costa de Beauregard et Capra ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je l&rsquo;identifierais \u00e0 une vision du type de celle repr\u00e9sent\u00e9e en Italie par Piero Caldirola. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, cette vision semble rester dans le sillon de l&rsquo;interpr\u00e9tation fournie par Bohr et Heisenberg des ph\u00e9nom\u00e8nes de la m\u00e9canique quantique (interpr\u00e9tation dite aussi \u00ab de Copenhague \u00bb et fond\u00e9e sur l&rsquo;ind\u00e9terminisme le plus strict des faits naturels). Mais elle est en m\u00eame temps caract\u00e9ris\u00e9e par un fort \u00e9tat d&rsquo;esprit \u00ab opportuniste \u00bb (l&rsquo;adjectif est de Caldirola lui-m\u00eame), puisqu&rsquo;elle se d\u00e9clare partiellement insatisfaite des fondements conceptuels de la m\u00e9canique quantique orthodoxe, non plus li\u00e9e aux dogmatismes de la philosophie n\u00e9opositiviste (et n\u00e9omarxiste [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>]), fid\u00e8le surtout \u00e0 la logique classique-aristot\u00e9licienne [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>] et ouverte \u00e0 toute orientation th\u00e9orique susceptible d&rsquo;aider \u00e0 pr\u00e9voir avec exactitude \u2014 et non plus de fa\u00e7on probabiliste \u2014 le r\u00e9sultat de chaque mesure particuli\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Par ailleurs, les physiciens oppos\u00e9s au probabilisme de l&rsquo;orthodoxie de Copenhague, et qui sont rest\u00e9s fid\u00e8les aux positions r\u00e9alistes de Planck, Einstein, de Broglie et Schr\u00f6dinger, lesquels ni\u00e8rent toujours obstin\u00e9ment que l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9finitive, ne manquent pas. Actuellement, les repr\u00e9sentants les plus connus de ce deuxi\u00e8me front sont l&rsquo;Am\u00e9ricain David Bohm, professeur au Birkbeck College de l&rsquo;universit\u00e9 de Londres ; le Fran\u00e7ais Pierre Vigier, ancien \u00e9l\u00e8ve de Broglie et directeur de recherche au CNRS ; l&rsquo;Italien Franco Selleri et quelques autres (Halbwachs, Schiller, Weizel, Yevick).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Il y a ensuite un troisi\u00e8me front dont, curieusement, on parle peu, et qui se trouve dans une position interm\u00e9diaire entre l&rsquo;interpr\u00e9tation probabiliste et l&rsquo;interpr\u00e9tation r\u00e9aliste. Il est repr\u00e9sent\u00e9 par Costa de Beauregard, par l&rsquo;Italien Elio Conte, l&rsquo;Am\u00e9ricain H.P. Stapp et quelques autres (Rietdijk, Werbos) et semble proche des th\u00e8ses de Fantappi\u00e9. Parmi les autres physiciens \u00ab h\u00e9t\u00e9rodoxes \u00bb, on peut encore citer E. Nelson, L. de la Pen\u00e3-Auerbach et E.T. Jaynes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Commen\u00e7ons donc par l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Pour la conception r\u00e9aliste \u2014 repr\u00e9sent\u00e9e par les physiciens classiques et les physiciens relativistes \u2014, la science avait pour t\u00e2che exclusive de donner des descriptions de plus en plus pr\u00e9cises et objectives de la r\u00e9alit\u00e9, consid\u00e9r\u00e9e comme existant ind\u00e9pendamment de nos observations. Mais pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague, l&rsquo;homme ne peut pas conna\u00eetre la vraie relation existante entre ses mod\u00e8les scientifiques et exp\u00e9rimentaux, d&rsquo;une part, et la r\u00e9alit\u00e9, de l&rsquo;autre ; en fait, il ne peut m\u00eame pas savoir ce qu&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9, ni si elle est accessible \u00e0 la raison et \u00e0 la science. Il ne reste \u00e0 l&rsquo;homme qu&rsquo;\u00e0 se contenter de ses mod\u00e8les op\u00e9rationnels, qui de toute fa\u00e7on ne seront jamais des repr\u00e9sentations d\u00e9finitives de ce que ses sens exp\u00e9rimentent. Ce qu&rsquo;il peut esp\u00e9rer de mieux, c&rsquo;est une correspondance pr\u00e9dictive satisfaisante entre ses mod\u00e8les rationnels et les faits exp\u00e9rimentaux. Et puisque, en ce sens, les mod\u00e8les ind\u00e9terministes de la physique quantique fonctionnent \u00e0 merveille, il ne reste qu&rsquo;\u00e0 accepter l&rsquo;ind\u00e9termin\u00e9 comme vue ultime de tout ce que l&rsquo;homme peut conna\u00eetre. En cons\u00e9quence, le principe m\u00e9taphysique de cause, n&rsquo;ayant aucune correspondance effective dans l&rsquo;exp\u00e9rience soumise \u00e0 l&rsquo;analyse critique, cesserait d&rsquo;avoir une valeur indiscutable et resterait simple hypoth\u00e8se verbale priv\u00e9e de toute raison d&rsquo;\u00eatre.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Vous comprenez bien que cette conclusion est d&rsquo;une gravit\u00e9 inou\u00efe, parce qu&rsquo;elle sape \u00e0 la base tout le grand cycle culturel qui, inaugur\u00e9 par la philosophie grecque au VI\u00e8me si\u00e8cle avant J.-C., s&rsquo;est appuy\u00e9 sur une recherche toujours plus approfondie des \u00ab causes \u00bb de chaque ph\u00e9nom\u00e8ne ou \u00e9v\u00e9nement per\u00e7u : recherche qui constitue pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;un des fondements de la civilisation dans laquelle nous vivons.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Si l&rsquo;on ajoute, \u00e9crit Tonini, que ces critiques ont \u00e9t\u00e9 sem\u00e9es sur une terre d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment labour\u00e9e par le conventionnalisme d&rsquo;Avenarius, de Mach, de Duhem, de Poincar\u00e9, et que cette terre avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment retourn\u00e9e par la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 d&rsquo;Einstein, on comprend ais\u00e9ment que les physiciens modernes aient rapidement trouv\u00e9 le chemin de la n\u00e9gation de toute probabilit\u00e9 de d\u00e9terminer une \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, qu&rsquo;ils aient m\u00eame une authentique terreur des \u00ab v\u00e9rit\u00e9s ontologis\u00e9es \u00bb ; et que ces jugements ou id\u00e9es que l&rsquo;intellect humain croyait avoir rigoureusement formul\u00e9s et \u00e9tablis pour toujours, comme cons\u00e9quences de v\u00e9rit\u00e9s \u00e9videntes, doivent \u00eatre compl\u00e8tement renvers\u00e9s. Le vieux langage logique que nous tra\u00eenons lourdement derri\u00e8re nous, et qui vient de la plus grossi\u00e8re exp\u00e9rience de faits macroscopiques limit\u00e9s, semble d\u00e9sarmais d\u00e9suet, anachronique, quasiment un langage primordial d&rsquo;hommes des cavernes ! \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Il me para\u00eet incontestable que la pens\u00e9e philosophique moderne, pour une large part intrins\u00e8quement nihiliste, a fortement contribu\u00e9 \u2014 comme le reconna\u00eet d&rsquo;ailleurs Tonini \u2014 \u00e0 l&rsquo;apparition de cette attitude. L&rsquo;une des caract\u00e9ristiques les plus \u00e9videntes de cette pens\u00e9e, c&rsquo;est en effet son empirisme ou, mieux, son asservissement pratique \u00e0 la vision du monde et \u00e0 l&rsquo;establishment culturel dominants, qui fait d&rsquo;elle un bien de consommation au m\u00eame titre que tous les autres, et qui la d\u00e9tache des valeurs du pass\u00e9, cette pens\u00e9e ne se penchant que sur les probl\u00e8mes du pr\u00e9sent, pos\u00e9s comme absolus. \u00c0 ce sujet, les meilleurs exemples restent le positivisme logique et la philosophie analytique, qui ne s&rsquo;int\u00e9ressent pas \u00e0 des faits ou ph\u00e9nom\u00e8nes, mais seulement \u00e0 des assertions. Pour le philosophe se r\u00e9clamant de ces courants, c&rsquo;est une pr\u00e9tention tout \u00e0 fait illusoire que de tirer des v\u00e9rit\u00e9s ou des significations des choses et des faits consid\u00e9r\u00e9s en eux-m\u00eames ; c&rsquo;est au contraire \u00e0 la raison seule qu&rsquo;il incombe de cr\u00e9er ou de d\u00e9finir des choses et de leur assigner valeurs et significations. Ce qui est commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb ne serait qu&rsquo;un jeu d&rsquo;assignations de noms et de conventions logiques et linguistiques.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Un ouvrage r\u00e9cent, o\u00f9 sont rassembl\u00e9s les actes du colloque sur le r\u00e9alisme organis\u00e9 en 1978 Florence par le Centre Florentin d&rsquo;Histoire et de Philosophie de la Science [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>], illustre fort bien ce que je viens de dire. Ce volume, qui contient des contributions dues \u00e0 d&rsquo;importantes personnalit\u00e9s du monde philosophique et scientifique international (Alfred J. Ayer, Alistair C. Crombie, Bernard d&rsquo;Espagnat, David Finkelstein, Nelson Goodman, Stephen Jay Gould, Richard L. Gregory, Hilary Putnam, Giuliano Toraldo di Francia, etc.), d\u00e9bouche en effet sur des conclusions \u00ab ouvertes \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et incertaines.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Du point de vue philosophique, le processus cognitif est ici assimil\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de cartes diff\u00e9rentes d&rsquo;un m\u00eame territoire. \u00ab Un territoire \u2014 \u00e9crit Massimo Piattelli Palmarini, \u00e9diteur de l&rsquo;ouvrage \u2014 peut \u00eatre totalement ou partiellement inaccessible, actuellement ou pour une longue p\u00e9riode. Mais un territoire inaccessible n&rsquo;est pas un territoire inexistant. L\u2019accessibilit\u00e9 peut \u00eatre garantie \u2018\u00e0 la limite\u2019, c&rsquo;est-\u00e0-dire apr\u00e8s une longue s\u00e9rie de tentatives et par comparaison exhaustive de toutes les meilleures cartes. Le territoire peut \u00eatre pratiquement inaccessible, mais objectivement existant. Cette position est celle du r\u00e9aliste m\u00e9taphysique (l&rsquo;expression est de Hilary Putnam), qui se distingue du r\u00e9aliste interne (autre expression de Putnam). Pour ce dernier, la r\u00e9alit\u00e9 du territoire est partie int\u00e9grante des conventions cartographiques. La carte doit, comme n\u00e9cessit\u00e9 contractuelle, correspondre \u00e0 son territoire, selon les multiples r\u00e8gles de ce type de carte. La correspondance et la r\u00e9alit\u00e9 du territoire sont donc r\u00e9put\u00e9es internes, il n&rsquo;y a pas de notion de correspondance et de r\u00e9alit\u00e9 valable pour chaque carte (&#8230;) La v\u00e9rification n&rsquo;est pas directe, mais se fait par la m\u00e9diation d&rsquo;autres cartes, d&rsquo;autres lois scientifiques. En derni\u00e8re instance, la v\u00e9rification est une traduction. Le contr\u00f4le de chaque carte se fait toujours et seulement sur une autre carte \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">En d&rsquo;autres termes, selon le \u00ab r\u00e9alisme interne \u00bb qui inspire pratiquement toute la partie philosophique de l&rsquo;ouvrage en question, \u00ab si l&rsquo;on enl\u00e8ve les cartes, il ne reste plus aucun territoire \u00bb, et \u00ab les \u00e9v\u00e9nements n&rsquo;existent plus quand on fait abstraction de chaque r\u00e9cit de ces \u00e9v\u00e9nements \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Voulez-vous dire qu&rsquo;influenc\u00e9e par de telles positions philosophiques, l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague finit par mener bien plus loin que le simple refus du d\u00e9terminisme ? Qu&rsquo;elle finit par affirmer carr\u00e9ment que chercher dans le monde une structure sous-jacente n&rsquo;a pas de sens ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mais cela est explicitement confirm\u00e9 par l&rsquo;ouvrage dont je parlais. Il est int\u00e9ressant de constater que, dans ce livre, les contributions des philosophes s&rsquo;appuient essentiellement sur la d\u00e9fense de la position r\u00e9aliste \u00ab interne \u00bb, alors que celles des scientifiques tendent \u00e0 s&rsquo;en \u00e9loigner, car ils font remarquer qu&rsquo;elle cr\u00e9e plus de probl\u00e8mes qu&rsquo;elle n&rsquo;en r\u00e9sout lorsqu&rsquo;elle est appliqu\u00e9e aux particules, aux champs de probabilit\u00e9s et au monde microphysique en g\u00e9n\u00e9ral. Toraldo souligne fortement que les physiciens et les scientifiques en g\u00e9n\u00e9ral se servent \u00e0 chaque instant d&rsquo;un concept de v\u00e9rit\u00e9 qui, bien qu&rsquo;il ne plaise pas aux r\u00e9alistes \u00ab internes \u00bb, est exactement le concept courant : une assertion est vraie si et seulement si ce qu&rsquo;elle \u00e9nonce se produit (\u00ab La neige est blanche \u00bb est une assertion vraie si et seulement si la neige est blanche). Malgr\u00e9 cela, Toraldo affirme \u00e9galement en toutes lettres que \u00ab le dilemme r\u00e9alisme contre id\u00e9alisme (&#8230;) ne concerne vraiment, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, que le physicien en g\u00e9n\u00e9ral ; au lieu de discuter pour savoir si le monde est r\u00e9el ou non, si les choses existent ou non, nous avons plut\u00f4t tendance aujourd&rsquo;hui \u00e0 nous demander ce que nous entendons quand nous disons que quelque chose existe. Et, par-l\u00e0, nous d\u00e9couvrons qu&rsquo;il y a des significations multiples, diff\u00e9rents niveaux de signification \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Toraldo fait en effet remarquer que le concept de r\u00e9alit\u00e9 prend des sens diff\u00e9rents selon les moments travers\u00e9s par l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e scientifique. C&rsquo;est donc un concept fonci\u00e8rement instable et incertain, inexorablement destin\u00e9 \u00e0 changer de valeur selon les th\u00e9ories gr\u00e2ce auxquelles nous nous effor\u00e7ons d&rsquo;ordonner rationnellement tout ce que nous percevons. Alors qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Newton, par exemple, \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s r\u00e9els la s\u00e9parabilit\u00e9 de la mati\u00e8re et le caract\u00e8re absolu du temps et de l&rsquo;espace, nous consid\u00e9rons aujourd&rsquo;hui comme r\u00e9elles la non-s\u00e9parabilit\u00e9 de la mati\u00e8re et la relativit\u00e9 de l&rsquo;espace et du temps. Mais si, au-del\u00e0 de toute construction th\u00e9orique possible, il y a vraiment un monde r\u00e9el, si celui-ci, supposer qu&rsquo;il existe, est ordonn\u00e9 ou chaotique \u2014 ce sont l\u00e0 des questions, pr\u00e9cise Toraldo, qui \u00ab n&rsquo;int\u00e9ressent gu\u00e8re \u00bb les scientifiques.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00c9tant donn\u00e9 cette forme mentale, il n&rsquo;y a pas lieu de s&rsquo;\u00e9tonner si de nombreux physiciens jugeaient priv\u00e9es de sens ou embarrassantes les questions que vous leur posiez. Quelle conception de la nature peuvent-ils avoir ? La v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est que pour ces physiciens aucune conception sp\u00e9cifique de la nature n&rsquo;existe ou ne saurait exister, tout \u00e9tant destin\u00e9 \u00e0 rester ind\u00e9termin\u00e9 et \u00ab ind\u00e9terminable \u00bb. Pour eux, ce qui importe vraiment, ce n&rsquo;est pas tant d&rsquo;interpr\u00e9ter les ph\u00e9nom\u00e8nes de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, que d&rsquo;\u00eatre simplement en mesure de les pr\u00e9voir et de les relier entre eux d&rsquo;une mani\u00e8re pouvant \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e exp\u00e9rimentalement. En cons\u00e9quence, tout formalisme math\u00e9matique capable de d\u00e9crire une classe donn\u00e9e de ph\u00e9nom\u00e8nes ne devra \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u2014 selon eux \u2014 que comme instrument pratique, et cela ind\u00e9pendamment de toute interpr\u00e9tation de caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral, irr\u00e9vocablement destin\u00e9e, par sa nature m\u00eame, \u00e0 avouer ses limites.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Telle est aussi, par exemple, la position adopt\u00e9e par Josef Maria Jauch dans son livre <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Are Quanta Real ?<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>] o\u00f9 il imagine que Salviati, Sagredo et Simplet (les fameux protagonistes du dialogue de Galil\u00e9e) se rencontrent \u00e0 notre \u00e9poque pour discuter de nouveau. Cette fois, Simplet personnifie ceux qui croient que le monde a une r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9pendamment de notre observation, et que la t\u00e2che de la science est de r\u00e9v\u00e9ler cette r\u00e9alit\u00e9 en en d\u00e9terminant les lois, vues comme absolues et immuables. Salviati, qui est le porte-parole de Jauch lui-m\u00eame, nie tout cela fermement et affirme que les seules lois naturelles qu&rsquo;on puisse valablement inf\u00e9rer de l\u2019observation et de l&rsquo;exp\u00e9rience ont un caract\u00e8re statistique. Les th\u00e9ories qui englobent ces lois dans des syst\u00e8mes rationnels plus larges, d&rsquo;autre part, n&rsquo;auraient aucun caract\u00e8re d\u00e9ductif, mais d\u00e9riveraient g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;inductions, d&rsquo;hypoth\u00e8ses ou d&rsquo;analyses enfon\u00e7ant leurs racines dans des domaines totalement extrascientifiques, tels que les traditions, les habitudes, les id\u00e9aux esth\u00e9tiques et des arch\u00e9type inconscients de type jungien. Selon Salviati, il ne faut donc pas avoir peur des id\u00e9ologies et de leurs syst\u00e8mes d&rsquo;images ; on doit en fait les prendre au s\u00e9rieux et les consid\u00e9rer comme des expressions symboliques de la structure arch\u00e9type de l&rsquo;\u00e2me humaine et comme une source potentielle, infiniment riche, de nouveaux concepts scientifiques. En d&rsquo;autres termes, la science ne peut pas se ramener simplement \u00e0 des observations et enregistrements de ph\u00e9nom\u00e8nes, observations int\u00e9gr\u00e9es ensuite dans une quelconque structure conceptuelle ou th\u00e9orique, mais doit s&rsquo;appuyer surtout sur l&rsquo;intuition et sur l&rsquo;imagination cr\u00e9atrice. Ces deux qualit\u00e9s, en effet, sont les seules qui nous permettent d&rsquo;abstraire, du fatras de ph\u00e9nom\u00e8nes al\u00e9atoires qui nous entourent, les ph\u00e9nom\u00e8nes vraiment susceptibles de jouer un r\u00f4le important et significatif dans notre travail de compr\u00e9hension logique du monde auquel nous appartenons.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Constamment atteint par des messages \u00ab ext\u00e9rieurs \u00bb de toutes sortes, l&rsquo;homme ressent l&rsquo;urgente n\u00e9cessit\u00e9 de les interpr\u00e9ter de fa\u00e7on compr\u00e9hensible et ordonn\u00e9e. Il \u00e9labore donc ces codes interpr\u00e9tatifs particuliers qu&rsquo;on appelle des \u00ab th\u00e9ories \u00bb. Mais celles-ci, r\u00e9p\u00e9tons-le, ne peuvent pas \u00eatre seulement le produit d&rsquo;abstractions ; et ce qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 pris en consid\u00e9ration reste comme \u00ab bruit de fond \u00bb limitant de fait toute pr\u00e9cision. Il est donc clair que toute th\u00e9orie est condamn\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part \u00e0 n&rsquo;avoir qu&rsquo;une valeur relative ; elle pourra certainement interpr\u00e9ter une bonne partie des messages, et m\u00eame la majorit\u00e9 des messages, mais jamais tous les messages. En outre, la valeur de toute donn\u00e9e ext\u00e9rieure particuli\u00e8re ne pourra que changer en fonction du cadre th\u00e9orique o\u00f9 elle sera int\u00e9gr\u00e9e : ainsi, une donn\u00e9e tr\u00e8s importante et significative dans l&rsquo;optique d&rsquo;une certaine th\u00e9orie, pourra fort bien appara\u00eetre banale et peu signifiante dans le contexte d&rsquo;une autre th\u00e9orie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Selon Jauch, en somme, la th\u00e9orie copernicienne ne pourrait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab plus vraie \u00bb ou \u00ab plus r\u00e9elle \u00bb, dans l&rsquo;absolu, que la th\u00e9orie ptol\u00e9ma\u00efque. \u00c9tant donn\u00e9 la valeur relative des th\u00e9ories, nous pourrions m\u00eame soutenir le contraire. Puisqu&rsquo;un m\u00eame ensemble de ph\u00e9nom\u00e8nes peut, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, \u00eatre expliqu\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9galement satisfaisante par des constructions th\u00e9oriques tr\u00e8s diff\u00e9rentes, et m\u00eame oppos\u00e9es entre elles, on serait autoris\u00e9 \u00e0 en conclure que ces th\u00e9ories, bien qu&rsquo;elles \u00e9noncent des choses tr\u00e8s diverses et m\u00eame contraires, peuvent toutes \u00eatre r\u00e9put\u00e9es \u00ab vraies \u00bb.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">C&rsquo;est exactement cela, et un seul exemple suffira \u00e0 ce sujet. Comme l&rsquo;a d\u00e9montr\u00e9 Einstein, un homme enferm\u00e9 dans une cabine sans fen\u00eatres qui se sentirait tout \u00e0 coup pouss\u00e9 vers l&rsquo;une des parois de la cabine pourrait imputer le ph\u00e9nom\u00e8ne soit \u00e0 un mouvement de la cabine, soit \u00e0 l&rsquo;action d&rsquo;une quelconque masse gravitationnelle agissant de l&rsquo;ext\u00e9rieur sur la cabine immobile ; et les deux interpr\u00e9tations seraient \u00e9galement valables. Puisque la masse gravitationnelle et la masse inertielle sont exactement proportionnelles dans tous les corps mat\u00e9riels, on pourrait construire une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la relativit\u00e9 qui comprendrait tous les types de mouvement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en les combinant opportun\u00e9ment avec les forces de la gravitation. Selon cette th\u00e9orie, on pourrait alors tr\u00e8s bien prendre en consid\u00e9ration une description de l&rsquo;univers avec la Terre immobile : elle serait tout aussi valable et adh\u00e9rerait tout autant aux ph\u00e9nom\u00e8nes que n&rsquo;importe quelle autre th\u00e9orie, celle de Copernic par exemple. Certes, une description de type copernicien serait incontestablement beaucoup plus simple \u00e0 utiliser qu&rsquo;une description de type ptol\u00e9ma\u00efque ; mais dans ce cas, serait-il juste de voir dans la simplicit\u00e9 un crit\u00e8re suffisant pour garantir la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>En conclusion, pour l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague parler de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement n&rsquo;a de sens que si cet \u00e9v\u00e9nement est v\u00e9rifi\u00e9 par des observations et des exp\u00e9riences men\u00e9es dans le cadre d&rsquo;une certaine construction th\u00e9orique : construction qui, en d\u00e9finitive, est toujours le fruit d&rsquo;une libre invention de l&rsquo;esprit humain. Je ne crois pas me tromper en disant qu&rsquo;il y a dans cette fa\u00e7on de voir des \u00e9l\u00e9ments que vous partagez. Au d\u00e9but de notre entretien, vous aussi souteniez que la science ne nous fournit pas une description \u00ab vraie \u00bb de la r\u00e9alit\u00e9, mais une repr\u00e9sentation subjective, un Umwelt relatif \u00e0 notre conformation psychique particuli\u00e8re.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">En effet. Je ne crois pas moi non plus que parler de connaissance rationnelle ind\u00e9pendamment de nos observations et donc de notre esprit qui organise pr\u00e9cis\u00e9ment ces observations (selon les modalit\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 sa structure sp\u00e9cifique et naturelle), ait un sens. Mais je ne peux pas non plus \u00eatre d&rsquo;accord avec Jauch et les tenants de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague, lorsqu&rsquo;ils en arrivent \u00e0 douter ou carr\u00e9ment \u00e0 nier que le monde ait une structure ontologique propre. D\u00e9clarer qu&rsquo;on reste indiff\u00e9rent devant la question de savoir si le monde existe vraiment ou non, cela repr\u00e9sente \u00e0 mon avis une forme de nihilisme culturel qui correspond tout \u00e0 fait \u00e0 celui de la philosophie analytique \u00ab interne \u00bb. Cette attitude peut fort bien \u00eatre adopt\u00e9e par certains scientifiques qui \u2014 pleinement satisfaits dans leur domaine \u2014 ont d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;enfermer dans une tour d&rsquo;ivoire ; mais elle ne sera certainement pas adopt\u00e9e par ceux qui, avant d&rsquo;\u00eatre des scientifiques \u2014 ou des philosophes, ou encore des artisans, des commer\u00e7ants, des ouvriers, des ch\u00f4meurs \u2014 se sentent tout d&rsquo;abord des hommes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">D&rsquo;accord pour l&rsquo;essentiel avec le r\u00e9alisme \u00ab m\u00e9taphysique \u00bb (bien que l&rsquo;adjectif me paraisse superflu et inopportun), je ne peux absolument pas partager les th\u00e8ses du r\u00e9alisme \u00ab interne \u00bb : pour la bonne et simple raison qu&rsquo;elles naissent d&rsquo;une \u00e9quivoque consistant \u00e0 consid\u00e9rer comme r\u00e9el ce qui est propre au champ d&rsquo;application du verbe \u00ab conna\u00eetre \u00bb, mais en donnant exclusivement \u00e0 ce verbe le sens r\u00e9ducteur de \u00ab construire en termes rationnels \u00bb. Or, la connaissance, comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit (cf. chapitre I), est un processus dont le d\u00e9roulement peut s&rsquo;effectuer \u00e0 des niveaux tr\u00e8s diff\u00e9rents. Et s&rsquo;il est certain que, parmi ces niveaux, il y en a un de nature sensible et un de nature rationnelle, il est tout aussi certain qu&rsquo;il y en a un de nature \u00e9minemment spirituelle, bien que le nihilisme culturel contemporain s&rsquo;en d\u00e9sint\u00e9resse et fasse m\u00eame tout pour lui enlever toute importance ou pour le nier.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Pour reprendre la m\u00e9taphore territoriale de Piattelli Palmarini, je pense \u2014 \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ce que soutiennent les \u00ab r\u00e9alistes internes \u00bb \u2014 que le territoire peut \u00eatre connu directement, sans aucune carte, et qu&rsquo;il subsiste donc, ind\u00e9pendamment du fait qu&rsquo;on s&rsquo;efforce ou non de le d\u00e9crire avec des instruments cartographiques plus ou moins pr\u00e9cis. Mais dans ce cas, il est sous-entendu que cette connaissance est de nature spirituelle, et non simplement scientifique et rationnelle.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ceux qui pratiquent s\u00e9rieusement une forme quelconque de discipline authentiquement spirituelle, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du yoga (qui est, traditionnellement, tout autre chose qu&rsquo;une gymnastique perfectionn\u00e9e) ou de la m\u00e9ditation Zen, pour ne citer que ces deux exemples, savent parfaitement qu&rsquo;au-del\u00e0 du seuil du sensible et du rationnel, on ne rencontre ni l&rsquo;immobile fixit\u00e9 d&rsquo;un \u00ab n\u00e9ant \u00bb, ni l&rsquo;agitation d\u00e9sordonn\u00e9e d&rsquo;un \u00ab chaos \u00bb, mais la stabilit\u00e9 calme et limpide d&rsquo;un \u00ab tout \u00bb vibrant et lumineux, \u00ab tout \u00bb qui peut-\u00eatre approfondi et int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 de multiples niveaux. La position des physiciens qui suivent l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague est donc, \u00e0 mes yeux, la cons\u00e9quence d&rsquo;un pr\u00e9jug\u00e9 scientiste [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Face \u00e0 cette situation, je crois que l&rsquo;analyse men\u00e9e depuis 1948 par l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologue Valerio Tonini, afin de restituer un fondement ontologique \u00e0 la physique quantique [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>], rev\u00eat une importance qu&rsquo;on ne soulignera jamais assez.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Je serais heureux que vous en parliez, car les conclusions de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague semblent en effet plut\u00f4t d\u00e9solantes et d\u00e9cevantes.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Tonini s&rsquo;\u00e9tait parfaitement rendu compte du fait que les conclusions auxquelles parvenait l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague n&rsquo;\u00e9taient pas seulement, comme vous dites, d\u00e9solantes et d\u00e9cevantes, mais vraiment limitatives, paralysantes, \u00e9vasives. Elles ne pouvaient que mener \u00e0 une conception conventionnaliste ou nominaliste (\u00e9conomiste, historiciste, axiomatique, structuraliste ou autre) des th\u00e9ories physiques, en les privant de toute correspondance possible avec des v\u00e9rit\u00e9s ontiques naturelles. Il y a plus : elles poussaient in\u00e9vitablement \u00e0 admettre que la physique \u2014 paradoxalement \u2014 \u00e9tait impuissante \u00e0 rendre compte du rapport, institu\u00e9 par elle-m\u00eame, entre les pr\u00e9misses d&rsquo;observation et les syst\u00e8mes th\u00e9oriques. De nouveau se posait donc la question d&rsquo;aborder concr\u00e8tement ce rapport, et de parvenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairer au moyen d&rsquo;un rigoureux processus de s\u00e9mantisation. Ne pas reconna\u00eetre ce probl\u00e8me et ne pas en ressentir l&rsquo;urgence, cela aurait signifi\u00e9 s&rsquo;enfermer automatiquement dans une position limitative a priori qui aurait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e, forc\u00e9ment, comme dogmatique et r\u00e9trograde.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00c9videmment, la solution de ce probl\u00e8me impliquait de r\u00e9pondre aux deux grandes questions soulev\u00e9es par la science :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">1) De quelle mani\u00e8re peut-on rendre compr\u00e9hensible, en la ramenant \u00e0 des principes simples, la vari\u00e9t\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes qui se v\u00e9rifient dans la nature ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">2) Jusqu&rsquo;\u00e0 quel point peut-on objectiver ce que nous percevons ? Ou, en d&rsquo;autres termes, est-il possible de d\u00e9terminer un fait objectif qui se d\u00e9roule ind\u00e9pendamment de l&rsquo;observateur, en partant des ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Comme le fera apr\u00e8s lui Bunge dans son \u00e9tude monumentale sur la causalit\u00e9, Tonini consid\u00e8re que les exigences implicites dans ces deux questions n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 satisfaites par les recherches que nous pourrions appeler \u00ab axiomatiques \u00bb ou \u00ab empiristes \u00bb, ou encore \u00ab syntaxiques \u00bb. Des recherches qui s&rsquo;\u00e9taient aussi donn\u00e9 pour but l&rsquo;analyse approfondie de la fa\u00e7on dont s&rsquo;organisent les th\u00e9ories scientifiques. Des noms comme ceux de Bertrand Russell, Rudolf Carnap, Otto Neurath, Percy Bridgman, Hans Reichenbach, Ludwig Wittgenstein, Karl Popper viennent imm\u00e9diatement \u00e0 l&rsquo;esprit. Sans remettre en question la valeur des recherches logiques men\u00e9es par ces hommes, Tonini fait toutefois remarquer qu&rsquo;elles se sont d\u00e9velopp\u00e9es sur un plan \u00e9tranger \u00e0 la progression concr\u00e8te du discours scientifique, lequel a d\u00fb faire face \u00e0 des probl\u00e8mes diff\u00e9rents et bien plus difficiles. L&rsquo;inutilit\u00e9 de ces recherches philosophiques pour l&rsquo;\u00e9tude scientifique est du reste confirm\u00e9e par le fait que les sciences \u2014 y compris celles dites \u00ab humaines \u00bb \u2014 ont \u00e9norm\u00e9ment progress\u00e9 sans se soucier le moins du monde de se conformer aux \u00ab mod\u00e8les de connaissance \u00bb propos\u00e9s par les recherches logiques.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Or, toute th\u00e9orie physique bien construite \u2014 affirme Tonini \u2014, en tant que dot\u00e9e d&rsquo;un appareil coh\u00e9rent et complet sur le plan du formalisme math\u00e9matique, a d\u00e9j\u00e0 subi sa critique \u00ab de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00bb, et a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 parfaitement mise au point sous l&rsquo;angle logique ou syntaxique. Au contraire, ce qu&rsquo;il faut vraiment conna\u00eetre, le vrai probl\u00e8me de fond, c&rsquo;est celui du contenu, de la signification de chaque th\u00e9orie. Et le contenu et la signification d&rsquo;une th\u00e9orie restent parfaitement ind\u00e9pendants, c&rsquo;est-\u00e0-dire premiers et ext\u00e9rieurs, par rapport \u00e0 la structure logique de la th\u00e9orie. De l&#8217;emploi de certaines r\u00e8gles formelles plut\u00f4t que d&rsquo;autres, on ne peut inf\u00e9rer aucune r\u00e8gle interpr\u00e9tative du r\u00e9el. L&rsquo;usage de r\u00e8gles euclidiennes n&rsquo;implique pas que l&rsquo;espace r\u00e9el doive \u00eatre euclidien. Et en effet, \u00e0 y regarder de pr\u00e8s, le fait de pr\u00e9ciser en quoi la science est explication de la r\u00e9alit\u00e9, chose qui devrait constituer la seule raison d&rsquo;\u00eatre de chaque science, est en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale totalement esquiv\u00e9 par les empiristes logiques, conscients \u2014 au moins sur ce point pr\u00e9cis \u2014 de leurs limites.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Par cons\u00e9quent, loin de pouvoir \u00eatre r\u00e9duit au probl\u00e8me de leur structure logique et syntaxique, le probl\u00e8me de la signification et du contenu des th\u00e9ories scientifiques doit \u00eatre rapport\u00e9 essentiellement au langage de l&rsquo;observation, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments premiers et ext\u00e9rieurs \u00e0 la doctrine formelle, \u00e9l\u00e9ments qui constituent la seule raison de fond pour laquelle chaque th\u00e9orie scientifique est con\u00e7ue. L&rsquo;analyse op\u00e9rationnelle doit donc indiquer avec la plus grande pr\u00e9cision possible, pour chaque th\u00e9orie, quelles sont les conditions r\u00e9elles qui font qu&rsquo;on estime l\u00e9gitime d&#8217;employer telle ou telle formalisation.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Or, le jugement spontan\u00e9 qui nous porte \u00e0 \u00e9tablir, pr\u00e9liminairement et ph\u00e9nom\u00e9nologiquement, \u00e0 travers chacune de nos activit\u00e9s, cette base indispensable de toute vraie connaissance qu&rsquo;est la notion de r\u00e9alit\u00e9, se traduit en physique, comme l&rsquo;a montr\u00e9 Alfred North Whitehead, dans le concept d&rsquo;action (ou \u00e9v\u00e9nement) r\u00e9elle. Mais chaque action r\u00e9elle observable est form\u00e9e d&rsquo;un nombre immense d&rsquo;actions \u00e9l\u00e9mentaires. L&rsquo;action \u00e9l\u00e9mentaire, ou quantum de Planck, est pr\u00e9cis\u00e9ment la plus petite action r\u00e9elle observable et ne peut \u00eatre d\u00e9crite que dans les termes d&rsquo;une \u00ab cellule \u00bb spatio-temporelle, dont le param\u00e8tre temporel doit donc avoir une valeur non nulle. Ce quantum d&rsquo;action \u00e9l\u00e9mentaire fournit justement la limite de l&rsquo;exacte causalit\u00e9 d\u00e9terministe, et les relations d&rsquo;ind\u00e9termination (ou d&rsquo;incertitude) de Heisenberg indiquent pr\u00e9cis\u00e9ment de quelle fa\u00e7on se conjuguent, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cette limite, les param\u00e8tres compl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires \u00e0 la description de l&rsquo;action \u00e9l\u00e9mentaire elle-m\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu que le monde subatomique ne peut \u00eatre observ\u00e9 que si l&rsquo;on recourt \u00e0 des actions qui, en elles-m\u00eames, finissent in\u00e9vitablement par alt\u00e9rer l&rsquo;\u00e9tat de ce monde. Les diverses observations effectu\u00e9es seront donc toujours ind\u00e9termin\u00e9es, mais pourront en tout cas \u00eatre r\u00e9unies dans des sch\u00e9mas rationnels de type statistique (qui constitueront sans aucun doute un lien logique pr\u00e9cis, bien que de nature non d\u00e9terministe, entre les faits observ\u00e9s).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le fait que l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;un \u00e9tat physique ne puisse pas \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e de mani\u00e8re exacte et univoque provient en m\u00eame temps, si l&rsquo;on y r\u00e9fl\u00e9chit, d&rsquo;un crit\u00e8re d&rsquo;observabilit\u00e9 minimale et d&rsquo;un principe de dualit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le crit\u00e8re d&rsquo;observabilit\u00e9 minimale \u00e9tablit qu&rsquo;une op\u00e9ration d&rsquo;observation (ou mesure d&rsquo;\u00e9tat) quelconque d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9el implique une certaine dur\u00e9e n\u00e9cessaire \u00e0 son accomplissement : dur\u00e9e qui, si petite soit-elle, ne pourra jamais \u00eatre nulle. De cette seule consid\u00e9ration op\u00e9rationnelle du temps minimum n\u00e9cessaire pour effectuer une observation quelconque, on d\u00e9duit l&rsquo;impossibilit\u00e9 de principe de toute d\u00e9termination exacte de mesure. C&rsquo;est ainsi, par exemple, que si nous voulons d\u00e9terminer l&rsquo;\u00e9tat x d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9el quelconque, il nous faut un temps infinit\u00e9simal d&rsquo;observation ?t aussi petit qu&rsquo;on voudra, mais jamais nul. \u00c0 moins de bloquer ou de \u00ab congeler \u00bb le d\u00e9roulement de cet \u00e9v\u00e9nement pour la dur\u00e9e de ce temps minimal (en alt\u00e9rant dans ce cas le d\u00e9veloppement naturel de cet \u00e9v\u00e9nement), nous aurons toujours une certaine impr\u00e9cision x dans la d\u00e9termination de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">L&rsquo;impossibilit\u00e9 de principe d&rsquo;une d\u00e9termination exacte est inh\u00e9rente \u00e0 chacune de nos op\u00e9rations de mesure, qui pour nous est toujours un fait temporel. Par cons\u00e9quent, si nous voulons d\u00e9crire des \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;ordre de grandeur des quanta d&rsquo;action, nous sommes n\u00e9cessairement oblig\u00e9s de nous servir d&rsquo;une th\u00e9orie essentiellement ind\u00e9terministe, ce qu&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la m\u00e9canique ondulatoire. Ce n&rsquo;est donc pas la r\u00e9alit\u00e9 en elle-m\u00eame qui est ind\u00e9finie et priv\u00e9e de structure (comme le voudrait l&rsquo;interpr\u00e9tation de Copenhague), mais c&rsquo;est la repr\u00e9sentation que nous nous faisons de la r\u00e9alit\u00e9 qui, n\u00e9cessairement, ne peut pas ne pas \u00eatre ind\u00e9termin\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Venons-en maintenant au principe de dualit\u00e9. Ce principe \u00e9tablit que pour d\u00e9terminer une quantit\u00e9 physique quelconque, ou bien un quelconque degr\u00e9 de libert\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me physique, il faut au moins deux param\u00e8tres conjugu\u00e9s entre eux. Et rien ne peut garantir que les conditions d&rsquo;observation capables de nous donner, avec la plus grande exactitude possible, l&rsquo;un de ces deux param\u00e8tres laisseront inalt\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat du param\u00e8tre compl\u00e9mentaire.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La d\u00e9termination d&rsquo;au moins deux param\u00e8tres \u00e9tant toujours n\u00e9cessaire pour d\u00e9crire l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement quelconque, la mesure de chaque param\u00e8tre impliquera une op\u00e9ration distincte. Et puisque chaque op\u00e9ration comporte une alt\u00e9ration de cet \u00e9tat, l&rsquo;ordre d&rsquo;ex\u00e9cution des deux op\u00e9rations n\u00e9cessaires pour d\u00e9terminer les deux param\u00e8tres ne sera pas indiff\u00e9rent : en effet, quand on fera la premi\u00e8re op\u00e9ration, on alt\u00e9rera l&rsquo;\u00e9tat m\u00eame sur lequel on voudrait effectuer la seconde. Cela veut dire que le r\u00e9sultat final, c&rsquo;est-\u00e0-dire le produit des mesures des deux param\u00e8tres, n&rsquo;est pas ind\u00e9pendant de la succession de ces mesures. En d&rsquo;autres termes, pour ces mesures la propri\u00e9t\u00e9 commutative ne vaut pas.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Comme l&rsquo;\u00e9crit Tonini \u00ab entre la r\u00e9alit\u00e9 objective (ensemble des actions qui arrivent dans le monde) et la possibilit\u00e9 d&rsquo;observation, il y a une barri\u00e8re quantique : on ne peut rien savoir au-del\u00e0 d&rsquo;elle, si ce n&rsquo;est \u00e0 travers des actions quantiques sp\u00e9cifiques d&rsquo;observation ; mais \u00e0 peine fait-on cela, et quelque chose tombe, comme action observable, dans la sph\u00e8re d&rsquo;observation possible, cette observation s&rsquo;articule avec certaines caract\u00e9ristiques n\u00e9cessaires d&rsquo;espace et de temps qui, \u00e9tant conjugu\u00e9es entre elles, offrent des marges d&rsquo;incertitude qui dans certains cas, macroscopiques, peuvent \u00eatre n\u00e9gligeables ; dans d&rsquo;autres, non. Mais il faut ajouter que d\u00e8s qu&rsquo;un ensemble quelconque de ces actions observables devient \u2018objet\u2019 de la r\u00e9flexion humaine, il peut \u00eatre r\u00e9uni dans des sch\u00e9mas ou cadres ordonn\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans des formes math\u00e9matiques qui, si elles ne peuvent pas toujours \u00eatre des expressions formelles de d\u00e9pendance causale rigide, expriment cependant une connexion rationnelle des faits observ\u00e9s \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>]. Bunge appellerait \u00ab causalit\u00e9 statistique \u00bb cette connexion rationnelle.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Sur la base de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, Tonini en conclut qu&rsquo;\u00e9tendre l&rsquo;ind\u00e9terminisme du cadre de notre capacit\u00e9 repr\u00e9sentative \u00e9l\u00e9mentaire de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame, est une extrapolation injustifi\u00e9e. Physique classique et physique quantique sont des repr\u00e9sentations compl\u00e9mentaires de la r\u00e9alit\u00e9, de m\u00eame que la continuit\u00e9 d\u00e9terministe et la discontinuit\u00e9 ind\u00e9terministe. Dans la construction de tout syst\u00e8me rationnel sur une base scientifique, la consid\u00e9ration de chacun de ces aspects compl\u00e9mentaires se constitue comme syst\u00e8me hypoth\u00e9tico-d\u00e9ductif de concepts coh\u00e9rent en soi-m\u00eame, ayant son domaine d&rsquo;application propre et pertinent, d\u00e9fini par des limites qui doivent \u00eatre tir\u00e9es des repr\u00e9sentations compl\u00e9mentaires. Celles-ci (nous pouvons actuellement en distinguer quatre types : d\u00e9terministes, probabilistes, ind\u00e9terministes et informationnelles) sont donc vraies en m\u00eame temps, bien qu&rsquo;elles ne puissent \u00eatre appliqu\u00e9es que l\u00e0 o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tend leur domaine d&rsquo;application. Selon Tonini, le processus de d\u00e9veloppement de la science n&rsquo;est donc pas dialectique, il est \u00ab synectique \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La \u00ab synectique \u00bb entre des repr\u00e9sentations compl\u00e9mentaires n&rsquo;est pas une donn\u00e9e hypoth\u00e9tique, ou pouvant \u00eatre d\u00e9duite des hypoth\u00e8ses sur lesquelles tel ou tel syst\u00e8me conceptuel a \u00e9t\u00e9 construit ; au contraire, elle est fournie, en d\u00e9finitive, par l&rsquo;observation et, \u00e0 la limite, par l&rsquo;action observable minimale (qui est le quantum mat\u00e9riel). La seule antinomie logique des syst\u00e8mes de concepts ne fournirait aucune r\u00e8gle de compl\u00e9mentarit\u00e9, si la convergence des doctrines oppos\u00e9es ne se r\u00e9alisait sur la base d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment unique, qui est l&rsquo;observation de contr\u00f4le. Cet acte d&rsquo;observation est une action qui poss\u00e8de certaines caract\u00e9ristiques intrins\u00e8ques, lesquelles sont ind\u00e9pendantes des r\u00e9f\u00e9rences et des syst\u00e8mes de concepts qui tendent \u00e0 les repr\u00e9senter. C&rsquo;est ce caract\u00e8re intrins\u00e8que de l&rsquo;acte d&rsquo;observation qui constitue la limite de fait \u00ab ext\u00e9rieure \u00bb au syst\u00e8me conceptuel adopt\u00e9. Le principe de compl\u00e9mentarit\u00e9 trouve ainsi une base \u00e0 la fois r\u00e9aliste et op\u00e9rationnelle.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La compl\u00e9mentarit\u00e9 de plusieurs syst\u00e8mes logico-d\u00e9ductifs antith\u00e9tiques m\u00e8ne directement \u00e0 la formulation de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie des syst\u00e8mes, que nous devons d\u00e9sormais consid\u00e9rer, d&rsquo;apr\u00e8s Tonini, comme la plus lucide synth\u00e8se actuellement possible de la pens\u00e9e scientifique.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Or, si d\u00e9termination, probabilit\u00e9, ind\u00e9termination et information sont des species expressae humaines d\u00e9crivant des aspects compl\u00e9mentaires de la r\u00e9alit\u00e9, ces expressions logiques ne sont possibles que parce qu&rsquo;il y a un principe logique, le principe de raison suffisante, qui nous permet de classifier les \u00e9v\u00e9nements naturels dans telle ou telle classe typique. Ce principe nous interdit d&rsquo;affirmer qu&rsquo;au m\u00eame instant et sous le m\u00eame aspect, une chose donn\u00e9e est existante et non existante, vraie et non vraie. Ainsi, chaque fois que de l&rsquo;\u00ab ext\u00e9rieur \u00bb quelque chose frappe notre syst\u00e8me de perception (intellect passif ou \u00ab path\u00e9tique \u00bb), cette chose est imm\u00e9diatement rationalis\u00e9e, \u00e0 la lumi\u00e8re du principe de raison suffisante, par notre syst\u00e8me repr\u00e9sentatif (intellect actif ou \u00ab po\u00e9tique \u00bb) c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab pens\u00e9e \u00bb. Et ce processus m\u00e8ne \u00e0 un ordre logique, de quelque type qu&rsquo;il soit : une<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">species expressa d\u00e9terministe, probabiliste, ind\u00e9terministe ou informationnelle.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ces expressions psychiques, nous les extrayons compl\u00e9mentairement, comme les diff\u00e9rentes faces d&rsquo;un t\u00e9tra\u00e8dre, d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 qui, en elle-m\u00eame, reste globalement irr\u00e9ductible \u00e0 chacune d&rsquo;elles.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Mais qu&rsquo;est-ce qui nous garantit que nos sch\u00e9mas logico-d\u00e9ductifs, destin\u00e9s \u00e0 \u00ab penser \u00bb des aspects diff\u00e9rents et compl\u00e9mentaires de la r\u00e9alit\u00e9, adh\u00e8rent vraiment \u00e0 celle-ci ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je crois que pour donner une r\u00e9ponse juste \u00e0 cette question, le mieux est de se r\u00e9f\u00e9rer directement \u00e0 ce qu&rsquo;\u00e9crivait Tonini dans un livre paru en 1953. La citation sera un peu longue, mais elle vaut vraiment la peine d&rsquo;\u00eatre ins\u00e9r\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Chaque loi naturelle a pour contenu, non le fait mat\u00e9riel en soi, innombrablement entour\u00e9 de contingences al\u00e9atoires, mais une certaine invariance ou ordre abstrait qui ne s&rsquo;impose qu&rsquo;en vertu d&rsquo;une id\u00e9e intrins\u00e8que de raison suffisante. Il est l\u00e9gitime d&rsquo;estimer que cette structure de notre m\u00e9thodologie correspond \u00e0 une structure contraignante de la r\u00e9alit\u00e9, non par juxtaposition, mais par analogie. De cette structure de r\u00e9alit\u00e9, chacune des lois que nous tirons est une transcription humaine partiellement adapt\u00e9e et compl\u00e9mentaire.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab L&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un ordre dans la r\u00e9alit\u00e9, d&rsquo;un Logos ontologique, nous donne le maximum de probabilit\u00e9 (qui deviendra ensuite certitude). En effet, il serait toujours possible d&rsquo;avancer une hypoth\u00e8se quelconque \u00e0 partir d&rsquo;une incoh\u00e9rence ou d&rsquo;une libert\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e. Mais toutes ces hypoth\u00e8ses, si elles \u00e9taient toutes \u00e9galement l\u00e9gitimes, rendraient tr\u00e8s improbable l&rsquo;efficacit\u00e9 du processus de v\u00e9rification de chacune de ces lois naturelles qui sont indispensables \u00e0 nos \u2018exp\u00e9riences sens\u00e9es\u2019, \u00e0 notre vie m\u00eame d&rsquo;\u00eatres humains.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab L&rsquo;hypoth\u00e8se la plus simple et la moins incoh\u00e9rente est donc celle d&rsquo;un ordre g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9el, ind\u00e9pendant de mon existence particuli\u00e8re, et non chaotique. De cet ordre je tire une s\u00e9rie de lois particuli\u00e8res, dont chacune est valable dans un certain champ d&rsquo;application, qui tr\u00e8s souvent est aussi un domaine d&rsquo;activit\u00e9s pratiques, technologiques. En effet, dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, aucune exp\u00e9rience et aucune loi scientifique, m\u00eame quantique ou statistique, n&rsquo;est en contradiction avec l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un ordre r\u00e9el. Je dois en conclure que cet ordre r\u00e9el me fournit le maximum de coh\u00e9rence et comme une m\u00e9thode indispensable \u00e0 toute affirmation : je l&rsquo;admets donc au moins comme le plus possible. Il me donne, en d&rsquo;autres termes, le maximum de certitude, en tant qu&rsquo;il me donne raison suffisante de toutes les lois naturelles particuli\u00e8res, dont chacune, \u00e0 son tour, repr\u00e9sente un maximum de certitude dans un champ donn\u00e9 du connaissable.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Je ne vois aucune raison \u2014 et aucun homme, de fait, ne voit jamais aucune raison \u2014 d&rsquo;abandonner ce crit\u00e8re de certitude maximale acquise \u00e0 travers un long processus de non-contradiction. Il serait m\u00eame excessivement miraculeux qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;une irrationalit\u00e9 fondamentale du r\u00e9el chaotique, l&rsquo;homme invent\u00e2t gratuitement les formes pures de ses cadres rationnels. Un <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>esprit de finesse<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [En fran\u00e7ais dans le texte. N.D.T.] aussi m\u00e9taphysique, une cr\u00e9ation \u00e0 partir de rien, voil\u00e0 l&rsquo;attribut d&rsquo;une imagination par trop d\u00e9brid\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab L&rsquo;ordre des choses, inatteignable en soi, mais analogique \u00e0 mon intime rationalit\u00e9 constructrice, et pouvant \u00eatre inf\u00e9r\u00e9 de lois de position relative, je l&rsquo;appelle r\u00e9alit\u00e9 et Logos de cette r\u00e9alit\u00e9. Et c&rsquo;est ici qu&rsquo;il faut faire le dernier pas : je transf\u00e8re \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, par analogie, un ordre rationnel, non dans ses expressions humaines d&rsquo;espace, de temps et de cause, mais dans le principe moteur interne en vertu duquel nous-m\u00eames sommes capables de formuler ces expressions. Ou encore : nous ne devons pas transf\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre de Dieu, ni le d\u00e9terminisme causal m\u00e9caniste, ni l&rsquo;ind\u00e9terminisme des cas fortuits : nous transf\u00e9rons \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 un principe int\u00e9rieur purifi\u00e9 de Logos, dont nos logoi particuliers et compl\u00e9mentaires sont \u00e0 peine un reflet. Mais aussi un indice.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Nous n&rsquo;appliquons pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 objective et universelle autre-que-nous (mais dans laquelle nous sommes) un d\u00e9terminisme de type classique, ni le principe contingent exprim\u00e9 dans la notion de causalit\u00e9 physique, ni un ind\u00e9terminisme irr\u00e9fl\u00e9chi ; nous estimons l\u00e9gitime d&rsquo;attribuer \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, seule et enti\u00e8re, l&rsquo;essence d&rsquo;une raison qui, \u00e9tant en nous principe moteur de notre intellection, doit au moins correspondre partiellement \u00e0 une rationalit\u00e9 analogue, mais plus haute, que nous appelons &lsquo;V\u00e9rit\u00e9&rsquo;. V\u00e9rit\u00e9 extr\u00eame et finale ou ontologique de toutes choses, dont notre logique est \u00e0 peine un possible reflet ad\u00e9quat.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Sans cette limite de v\u00e9rit\u00e9 ontologique, \u2018dont notre logos formel est reproduction\u2019, il n&rsquo;y aurait aucune probabilit\u00e9 de calcul, aucune probabilit\u00e9 maximale ou minimale, aucune garantie de r\u00e9sultat quelconque. Toutes ces possibilit\u00e9s de calcul, vraies et effectives, supposent un ordre r\u00e9el n\u00e9cessaire, formel et transcendant (&#8230;) En d&rsquo;autres termes, s&rsquo;il existe une intelligibilit\u00e9 relative des choses observables, il doit exister une intellection apte \u00e0 les comprendre \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ces consid\u00e9rations sont capitales et nous autorisent \u00e0 penser que le monde \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire cet immense et extraordinaire jeu d&rsquo;interaction entre les \u00eatres pensants que nous sommes et tout ce qui nous appara\u00eet comme \u00ab ext\u00e9rieur \u00bb \u2014 a sans nul doute une structure ontologique propre, est donc une r\u00e9alit\u00e9 ordonn\u00e9e et non chaotique. Quel jeu, en effet, peut se passer de r\u00e8gles bien pr\u00e9cises ? Nous humains, qui sommes partie int\u00e9grante de la logique de ce jeu (que nous pourrions appeler Logica Entis ou Logica maior), nous nous servons de notre logique, infiniment plus limit\u00e9e bien que qualitativement analogue \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente (nous pouvons l&rsquo;appeler logica mentis ou logica minor), pour chercher \u00e0 comprendre la premi\u00e8re de mani\u00e8re de plus en plus juste, \u00e0 travers d&rsquo;innombrables tentatives gnos\u00e9ologiques et scientifiques. Par cons\u00e9quent, bien qu&rsquo;il soit illusoire de pr\u00e9tendre que notre esprit limit\u00e9 puisse arriver \u00e0 comprendre la logique cosmique (\u00e0 moins de r\u00e9ussir \u00e0 ne faire qu&rsquo;un avec elle, ce qui suppose une rupture radicale de niveau), il sera toujours licite, pour nous, de consid\u00e9rer comme conforme ou non \u00e0 la logique de la r\u00e9alit\u00e9 toute th\u00e9orie sortant victorieuse, ou non, du contr\u00f4le des observations et des exp\u00e9riences. Nous pourrions donc tr\u00e8s bien parvenir \u00e0 formuler plusieurs th\u00e9ories contradictoires entre elles mais \u00e9galement conformes \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, sans que cela nous autorise \u00e0 dire que l&rsquo;une est, dans l&rsquo;absolu, \u00ab plus vraie \u00bb que les autres.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Je crois que nous en avons termin\u00e9 avec l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague dans ses extrapolations de caract\u00e8re parascientifique. Passons donc aux physiciens qui s&rsquo;affirment explicitement en d\u00e9saccord avec cette interpr\u00e9tation.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Comme vous le savez, le V\u00e8me Congr\u00e8s Solvay de Physique, qui se tint \u00e0 Bruxelles en 1927, bien qu&rsquo;il ait sanctionn\u00e9 la victoire de l&rsquo;interpr\u00e9tation fournie par Bohr, Heisenberg, Born, Dirac et Pauli, vit cependant une forte minorit\u00e9 \u2014 repr\u00e9sent\u00e9e, rappelons-le, par Einstein, de Broglie et Schr\u00f6dinger \u2014 se d\u00e9clarer ouvertement hostile \u00e0 cette interpr\u00e9tation et soutenir que les probabilit\u00e9s observ\u00e9es en physique quantique ne constituent que la limite objective de fr\u00e9quences r\u00e9elles r\u00e9sultant d&rsquo;un enchev\u00eatrement de ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9terministes \u00e0 un niveau plus profond. En d&rsquo;autres termes, la statistique ne traduirait pas l&rsquo;absence de d\u00e9terminisme dans les racines ultimes de la mati\u00e8re, mais seulement notre incapacit\u00e9 \u00e0 le saisir, si bien qu&rsquo;elle doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide de variables \u00ab cach\u00e9es \u00bb \u00e0 un niveau sub-quantique plus profond.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">M\u00eame dans les ann\u00e9es qui suivirent le Congr\u00e8s Solvay de 1927, certaines th\u00e8ses de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague ne furent jamais accept\u00e9es par Planck, ni par Einstein, ni par Schr\u00f6dinger ; tandis que de Broglie, apr\u00e8s une longue r\u00e9flexion, recommen\u00e7a \u00e0 d\u00e9velopper, \u00e0 partir de 1952, son point de vue original.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">En effet, s&rsquo;il est assez facile d&rsquo;argumenter que l&rsquo;introduction de grandeurs exp\u00e9rimentalement inaccessibles finirait par alourdir inutilement le formalisme d&rsquo;une th\u00e9orie avec des suppositions incontr\u00f4lables, l&rsquo;histoire m\u00eame de la physique nous apprend que cette argumentation s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plusieurs fois tout \u00e0 fait fallacieuse et paralysante. Comme l&rsquo;\u00e9crivent Andrade e Silva et Lochak, \u00ab une nouvelle interpr\u00e9tation d&rsquo;une quantit\u00e9 physique ou d&rsquo;un formalisme math\u00e9matique ne d\u00e9bouche pas seulement sur une nouvelle vision du monde, mais sur une autre th\u00e9orie capable de mener \u00e0 de nouveaux r\u00e9sultats qui, sans \u00eatre contraires \u00e0 l&rsquo;ancienne th\u00e9orie, lui \u00e9chappent compl\u00e8tement. Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on doit introduire des quantit\u00e9s physiques hypoth\u00e9tiques, inobservables sur le moment, on le fait \u00e9videmment dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;un jour l&rsquo;exp\u00e9rience en rendra compte directement ou indirectement. L&rsquo;histoire montre que cet espoir n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u, si mince qu&rsquo;il ait paru au d\u00e9but \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Dans son combat contre l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague, Einstein attaqua surtout le principe de non-s\u00e9parabilit\u00e9, formulant \u2014 j&rsquo;y reviens comme promis \u2014 le fameux \u00ab paradoxe EPR \u00bb (ou d&rsquo;Einstein-Podolsky-Rosen). Ce paradoxe a de nombreuses variantes, mais l&rsquo;une des plus simples est la suivante : imaginons qu&rsquo;un \u00e9lectron et son \u00e9quivalent anti-mat\u00e9riel, un positron, s&rsquo;annulent en entrant en contact. Dans ce cas se forment deux photons qui sont projet\u00e9s dans des directions oppos\u00e9es. Or, bien que ces photons puissent \u00eatre projet\u00e9s \u00e0 des distances qui les \u00e9loignent consid\u00e9rablement l&rsquo;un de l&rsquo;autre, ils restent corr\u00e9l\u00e9s, en ce sens que quelques-unes de leurs propri\u00e9t\u00e9s devront alors avoir des valeurs oppos\u00e9es. Si, par exemple, le photon A a un spin (le moment magn\u00e9tique provoqu\u00e9 par son mouvement de rotation) \u00e9gal \u00e0 +1, le spin de B devra \u00eatre -1.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">L\u00e0 r\u00e9side le paradoxe. Selon la physique quantique orthodoxe, une particule n&rsquo;a aucune propri\u00e9t\u00e9 bien d\u00e9finie, tant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas observ\u00e9e ou mesur\u00e9e. Au moment de la mesure, la fonction d&rsquo;onde de cette particule \u00ab se r\u00e9duit \u00bb dans une valeur donn\u00e9e, qui, dans le cas du spin, sera positive ou n\u00e9gative avec une \u00e9gale possibilit\u00e9. De quelle fa\u00e7on, alors, la mesure du spin de A peut-elle faire \u00ab s&rsquo;actualiser \u00bb la fonction d&rsquo;onde de B \u2014 qui se trouve, \u00e9ventuellement, \u00e0 des millions d&rsquo;ann\u00e9es-lumi\u00e8re de distance \u2014 dans la valeur identique et oppos\u00e9e ? Faut-il donc admettre qu&rsquo;une particule conna\u00eet \u00ab \u00e0 l&rsquo;instant \u00bb, comme par une esp\u00e8ce de t\u00e9l\u00e9pathie, le r\u00e9sultat d&rsquo;une mesure faite sur l&rsquo;autre ? Ou bien faut-il admettre l&rsquo;existence de signaux ou de messages qui se transmettraient \u00e0 des vitesses sup\u00e9rieures \u00e0 celle de la lumi\u00e8re ?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Pendant de nombreuses ann\u00e9es, ce paradoxe a constitu\u00e9 un dilemme embarrassant, suscitant des discussions qui semblaient cependant destin\u00e9es \u00e0 rester sur un plan purement sp\u00e9culatif. Aussi bien personne ne pouvait-il \u00e9tablir avec certitude qui de Bohr ou d&rsquo;Einstein avait raison. Mais la situation a commenc\u00e9 \u00e0 changer en 1964, ann\u00e9e o\u00f9 John Bell, des laboratoires du CERN de Gen\u00e8ve, d\u00e9montra math\u00e9matiquement que la th\u00e8se d&rsquo;Einstein et celle de la non-s\u00e9parabilit\u00e9 ne menaient pas \u2014 contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on pensait \u2014 aux m\u00eames pr\u00e9visions dans certaines situations exp\u00e9rimentales, mais \u00e0 des pr\u00e9visions tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Il devenait par cons\u00e9quent possible de tester la validit\u00e9 des deux positions th\u00e9oriques oppos\u00e9es au moyen d&rsquo;exp\u00e9riences appropri\u00e9es.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Des exp\u00e9riences de ce type ont donc \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es dans plusieurs pays et ont conduit \u00e0 des r\u00e9sultats qui semblent g\u00e9n\u00e9ralement contredire les positions d&rsquo;Einstein. Cependant, ces r\u00e9sultats n&rsquo;impliquent pas encore n\u00e9cessairement le rejet du r\u00e9alisme et sont interpr\u00e9t\u00e9s par les chercheurs en des termes souvent tr\u00e8s diff\u00e9rents. Bernard d&rsquo;Espagnat y voit une confirmation de la validit\u00e9 des positions de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague ; en r\u00e9sum\u00e9, la physique aurait un caract\u00e8re totalement exp\u00e9rimental ou, mieux, ph\u00e9nom\u00e9nologique, et les processus au niveau microphysique ne se pr\u00eateraient en rien \u00e0 une description pouvant nous faire d\u00e9couvrir des m\u00e9canismes d\u00e9terministes fondamentaux.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mais il y a d&rsquo;autres scientifiques pour qui les r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux r\u00e9cemment obtenus peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s, bien qu&rsquo;ils condamnent une vision r\u00e9aliste de type einsteinien, autrement que par la ph\u00e9nom\u00e9nologie rigoureuse de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague. Ces scientifiques appartiennent \u00e0 deux grandes directions de recherche : la direction dite causale de Bohm, Vigier et Selleri, et celle dite fondamentaliste de Costa de Beauregard, Stapp et Conte.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Commen\u00e7ons par la premi\u00e8re.<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le point de vue de Bohm est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>]. Ce physicien admet sans h\u00e9siter que la m\u00e9canique quantique est capable d&rsquo;expliquer correctement un grand nombre de choses et r\u00e9ussit plut\u00f4t bien ses pr\u00e9visions statistiques ; elle a toutefois le grave d\u00e9faut de ne pas s&rsquo;interroger sur les processus \u00e9l\u00e9mentaires qui se d\u00e9roulent, affirmant que cela n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire. \u00ab Mais cette affirmation, \u00e9crit Bohm, est fond\u00e9e uniquement sur le fait que la m\u00e9canique quantique refuse de discuter les processus \u00e9l\u00e9mentaires, et qu&rsquo;on ne peut arriver \u00e0 aucune conclusion \u00e0 ce sujet si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux sch\u00e9mas actuels. Mais il existe d&rsquo;autres sch\u00e9mas \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur desquels on peut faire cette tentative. Alors, pourquoi ne pas essayer ? \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a>]. Selon Bohm, toute sp\u00e9culation susceptible de mener \u00e0 un d\u00e9passement de la m\u00e9canique quantique, y compris dans une direction sub-quantique, n&rsquo;est pas seulement l\u00e9gitime, elle est carr\u00e9ment n\u00e9cessaire, et ce pour de solides raisons historiques, physiques et philosophiques.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Cela \u00e9tant, Bohm d\u00e9veloppe sa vision \u00e0 partir de trois \u00e9l\u00e9ments fondamentaux\u00a0:<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">1) Bien qu&rsquo;Einstein n&rsquo;y soit pas parvenu, il est possible d&rsquo;expliquer les r\u00e9sultats de la m\u00e9canique quantique de mani\u00e8re plus pr\u00e9cise que ce que permet le principe d&rsquo;ind\u00e9termination de Heisenberg, en arrivant aussi \u00e0 des r\u00e9sultats cr\u00e9dibles dans les domaines o\u00f9 la m\u00e9canique quantique a montr\u00e9 ses plus grandes faiblesses.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">2) Contrairement \u00e0 l&rsquo;opinion g\u00e9n\u00e9rale, il est possible de d\u00e9crire les \u00ab ondes \u00bb du monde quantique au moyen de mod\u00e8les du type de ceux que Heisenberg avait refus\u00e9s. \u00c0 ce sujet, il suffirait de reprendre le mod\u00e8le microphysique de Broglie, selon lequel l&rsquo;espace n&rsquo;est pas vide, mais serait un \u00e9ther form\u00e9 par une distribution de particules sub-quantiques en mouvement violent, et tel qu&rsquo;il ne peut pas \u00eatre mis en \u00e9vidence par des observateurs en mouvement. Chaque \u00e9l\u00e9ment volum\u00e9trique infinit\u00e9simal de l&rsquo;\u00e9ther est travers\u00e9 par une infinit\u00e9 de particules et contient donc une \u00e9nergie infinie. Les particules sont comme des oscillateurs se propageant dans une onde physique (appel\u00e9e aussi \u00ab onde-pilote \u00bb), laquelle vibre en phase avec eux, un peu comme un avion volant \u00e0 la vitesse du son qui reste plong\u00e9 en r\u00e9sonance dans sa propre onde sonore. Ces ondes-pilote peuvent se propager dans l&rsquo;\u00e9ther selon des lignes de courant temporel, sautant souvent d&rsquo;une ligne \u00e0 l&rsquo;autre \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re (il s&rsquo;agit donc de mouvements de type \u00ab retard\u00e9 \u00bb, dans un temps irr\u00e9versible). Mais si l&rsquo;on admet que l&rsquo;action physique de l&rsquo;onde (c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qu&rsquo;on appelle \u00ab potentiel quantique \u00bb) se propage \u00e0 travers les particules et seulement par elles, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une action collective sur un moyen physique r\u00e9el, on voit que ce moyen peut propager des ondes de pression (c&rsquo;est-\u00e0-dire des mouvements collectifs de phase d&rsquo;origine stochastique) qui voyagent plus rapidement que la lumi\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Dans cette perspective, les probabilit\u00e9s et la statistique de la m\u00e9canique quantique peuvent \u00eatre trait\u00e9es de nouveau comme les probabilit\u00e9s et la statistique de type courant, donc comme des affirmations concernant la moyenne entre de nombreuses turbulences dans le m\u00eame champ d&rsquo;\u00e9nergie sub-quantique. En outre, de ce point de vue, un \u00e9lectron ou tout autre syst\u00e8me microphysique n&rsquo;est plus une \u00ab particule \u00bb, mais un \u00e9v\u00e9nement transitoire qui a lieu dans un milieu g\u00e9n\u00e9rique \u2014 un \u00ab champ \u00bb physique, pr\u00e9cis\u00e9ment \u2014 o\u00f9, pour toute onde divergeant d&rsquo;un point quelconque du champ pour se disperser dans tout ce dernier, une autre onde devra converger dans le m\u00eame point, y produisant une impulsion tr\u00e8s forte. Et ce parce que, dans la th\u00e9orie de Bohm, les deux types d&rsquo;ondes, convergentes et divergentes, d\u00e9pendent l&rsquo;un de l&rsquo;autre d&rsquo;une certaine fa\u00e7on. Lorsque l&rsquo;onde converge appara\u00eet l&rsquo;\u00e9lectron, destin\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre imm\u00e9diatement lorsque l&rsquo;onde recommence \u00e0 diverger. Nous sommes donc en pr\u00e9sence de \u00ab quelque chose qui n&rsquo;est ni une particule, ni une onde \u00bb, et qui n&rsquo;est donc pas une chose \u00ab pouvant passer \u00e0 travers telle ou telle fente \u00bb. En fait, c&rsquo;est \u00ab quelque chose qui se forme et se dissout continuellement \u00bb et qui, dans la plupart des cas, \u00ab se comportera diff\u00e9remment lorsqu&rsquo;elle passera \u00e0 travers deux fentes, car chaque impulsion se formera d&rsquo;une mani\u00e8re qui d\u00e9pend de la fa\u00e7on dont toute l&rsquo;onde incidente passe \u00e0 travers les fentes \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Un \u00e9lectron, en somme, ne serait qu&rsquo;un type particulier de manifestation du \u00ab champ sub-quantique \u00bb. On retrouve de nouveau des concepts holistes<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Oui. Du reste, ce n&rsquo;est pas un hasard si le dernier livre de Bohm s&rsquo;appelle pr\u00e9cis\u00e9ment Wholeness and the Implicate Order [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a>], \u00ab <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>totalit\u00e9 et ordre impliqu\u00e9<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> \u00bb. L&rsquo;id\u00e9e centrale de cet ouvrage, con\u00e7u \u00e0 la suite des conversations de Bohm avec le c\u00e9l\u00e8bre mystique indien Krishnamurti, auquel il \u00e9tait tr\u00e8s li\u00e9, est celle de l&rsquo;enfolded and unfolded (or implicate and explicate) order. Dans la nature, dit Bohm, l&rsquo;ordre peut sembler absent, mais cela ne veut pas dire qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas. En fait, l&rsquo;ordre est impliqu\u00e9 dans la totalit\u00e9 de la nature et il est pr\u00eat \u00e0 se manifester chaque fois que les conditions requises se pr\u00e9sentent. Chaque forme r\u00e9elle est comme le r\u00e9sultat d&rsquo;une \u00ab pr\u00e9cipitation \u00bb particuli\u00e8re de tout l&rsquo;univers, o\u00f9 elle ira s&rsquo;\u00e9teindre. Cela implique que notre \u00ab disparition \u00bb ne sera pas n\u00e9cessairement notre fin.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Pour revenir \u00e0 l&rsquo;exemple de l&rsquo;\u00e9lectron, sa manifestation est compar\u00e9e par Bohm \u00e0 celle d&rsquo;une goutte d&rsquo;encre qu&rsquo;on laisse tomber dans de la glyc\u00e9rine contenue dans un cylindre de verre, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur duquel il y a un cylindre m\u00e9tallique reli\u00e9 \u00e0 une manivelle qui peut le faire tourner dans les deux sens. La goutte p\u00e9n\u00e9trera dans la glyc\u00e9rine et sera bien visible. Si l&rsquo;on tourne le cylindre m\u00e9tallique dans un sens, les contours de la goutte s&rsquo;effaceront et elle dispara\u00eetra ; si l&rsquo;on tourne le cylindre d&rsquo;un mouvement analogue mais en sens contraire, la goutte r\u00e9appara\u00eetra comme surgie du n\u00e9ant. N\u00e9cessairement, si l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la vitesse de la goutte (mouvement de la manivelle), sa position tendra \u00e0 s&rsquo;effacer. Et vice versa.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Cela rappelle de fa\u00e7on singuli\u00e8re le principe d&rsquo;ind\u00e9termination de Heisenberg. Bohm ram\u00e8nerait-il donc l&rsquo;ind\u00e9terminisme quantique au d\u00e9terminisme classique ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Dans un certain sens seulement. Bohm parvint \u00e0 formuler sa th\u00e9orie en 1952, en suivant des pistes de recherche d\u00e9j\u00e0 parcourues ind\u00e9pendamment de lui par de Broglie. Il s&rsquo;aper\u00e7ut que la fonction d&rsquo;onde de Schr\u00f6dinger, l&rsquo;expression math\u00e9matique fondamentale de la physique quantique, ressemblait \u00e0 une \u00e9quation de Hamilton-Jacobi. Or, ces deux grands math\u00e9maticiens \u00e9taient parvenus \u00e0 d\u00e9montrer, au si\u00e8cle dernier, que toute la m\u00e9canique classique pouvait \u00eatre d\u00e9crite comme une th\u00e9orie d&rsquo;ondes, avec les particules qui se d\u00e9pla\u00e7aient conform\u00e9ment \u00e0 celles-ci. En modifiant donc opportun\u00e9ment (par l&rsquo;introduction du \u00ab potentiel quantique \u00bb) la fonction de Hamilton-Jacobi, Bohm arriva \u00e0 concilier les diff\u00e9rences entre la m\u00e9canique quantique et la m\u00e9canique classique.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mais Bohm ne ram\u00e8ne pas par-l\u00e0 l&rsquo;ind\u00e9terminisme quantique au d\u00e9terminisme classique. Sa th\u00e9orie cherche plut\u00f4t \u00e0 donner une interpr\u00e9tation rationnelle de l&rsquo;ind\u00e9termination de Heisenberg, sans retomber vraiment dans le d\u00e9terminisme. Elle tend m\u00eame \u00e0 aller au-del\u00e0 du d\u00e9terminisme comme de l&rsquo;ind\u00e9terminisme en postulant des niveaux de r\u00e9alit\u00e9 qui peuvent \u00eatre compris intuitivement et dont l&rsquo;ind\u00e9termination de Heisenberg s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un simple effet, une manifestation visible \u2014 plut\u00f4t qu&rsquo;une \u00ab v\u00e9rit\u00e9 ultime \u00bb destin\u00e9e \u00e0 se pr\u00e9senter comme permanent <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>cul-de-sac<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [En fran\u00e7ais dans le texte. N.D.T.] philosophique.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Et le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment fondamental de la vision de Bohm ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">C&rsquo;est le suivant : 3) La m\u00e9canique quantique orthodoxe a assur\u00e9ment de nombreux m\u00e9rites, mais se r\u00e9v\u00e8le inad\u00e9quate surtout pour ce qui concerne la physique des forces nucl\u00e9aires et celle de la diffusion des particules \u00e0 haute \u00e9nergie. On rencontre ici de graves difficult\u00e9s dans la description math\u00e9matique, car celle-ci finit par fournir des r\u00e9sultats qui divergent \u00e0 l&rsquo;infini ; et il est clair que des \u00e9quations r\u00e9solues par l&rsquo;une quelconque des valeurs d&rsquo;une infinit\u00e9 ne peuvent avoir aucune signification physique, puisqu&rsquo;elles sont compatibles avec n&rsquo;importe quel r\u00e9sultat exp\u00e9rimental. N&rsquo;excluant rien, elles ne disent rien, ne d\u00e9crivent rien et ne pr\u00e9disent rien.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon Bohm, il n&rsquo;est possible de surmonter des obstacles de ce genre qu&rsquo;\u00e0 condition de reconsid\u00e9rer certains choix sur lesquels se sont fond\u00e9es \u2014 \u00e0 partir du XVIII\u00e8me si\u00e8cle \u2014 toutes les th\u00e9ories physiques. Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, par exemple, les physiciens, pour relier entre eux les ph\u00e9nom\u00e8nes, se sont servis de l&rsquo;exp\u00e9rience commune bas\u00e9e sur l&rsquo;espace et le temps, perfectionn\u00e9e d&rsquo;une certaine mani\u00e8re par les math\u00e9matiques et, plus particuli\u00e8rement, par la g\u00e9om\u00e9trie des cordonn\u00e9es cart\u00e9siennes. Mais d&rsquo;apr\u00e8s Bohm, cela implique l&rsquo;acceptation en physique de choses qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 la critique et qu&rsquo;il est maintenant temps d&rsquo;abandonner. En r\u00e9alit\u00e9, puisque le monde est constitu\u00e9 d&rsquo;actions ou \u00e9v\u00e9nements, ce sont ces derniers qui doivent d\u00e9finir le processus spatio-temporel et non le contraire. Au lieu de commencer par l&rsquo;espace et le temps, comme s&rsquo;ils \u00e9taient la r\u00e9alit\u00e9 ultime, et ensuite situer en eux les diff\u00e9rents objets, il faudrait commencer par tout le processus actif tel qu&rsquo;il est, et apr\u00e8s seulement chercher \u00e0 en discuter l&rsquo;ordre dans l&rsquo;espace et le temps.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Cons\u00e9quemment, Bohm propose d&rsquo;abandonner l&rsquo;utilisation des coordonn\u00e9es cart\u00e9siennes (caract\u00e9ris\u00e9es par la continuit\u00e9 univoque) pour exp\u00e9rimenter la red\u00e9finition des concepts spatio-temporels en termes topologiques (c&rsquo;est-\u00e0-dire compl\u00e9mentairement discontinus).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Je voudrais proposer une autre conception de l&rsquo;espace et du temps, la conception topologique \u00bb, dit Bohm. \u00ab Je veux indiquer par l\u00e0 \u2014 poursuit-il \u2014 l&rsquo;\u00e9tude des aspects non quantitatifs des relations spatiales (et temporelles aussi, naturellement). Par exemple\u00a0: \u2018dehors\u2019, \u2018avant\u2019, \u2018apr\u00e8s\u2019, \u2018entre\u2019, \u2018reli\u00e9\u2019 et ainsi de suite. Consid\u00e9rons une id\u00e9e typique\u00a0: comment localisons-nous en r\u00e9alit\u00e9 quelque chose dans l&rsquo;espace ? Si nous voulons localiser un verre sur une table, donnons-nous sa latitude et sa longitude, comme nous devrions le faire selon les coordonn\u00e9es cart\u00e9siennes ? Non, \u00e9videmment. Nous ne faisons rien d&rsquo;autre que de dire qu&rsquo;il se trouve sur la table, laquelle est dans la pi\u00e8ce, \u00e0 son tour situ\u00e9e dans tel \u00e9difice, lui-m\u00eame situ\u00e9 dans telle rue de telle ville, et ainsi de suite. C&rsquo;est une s\u00e9rie de relations topologiques, \u00eatre dedans ou dessus. Or, si nous prenons toute une s\u00e9rie de ces relations, comme \u00e0 travers une exp\u00e9rience commune, nous localisons quelque chose \u00bb <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">. Par ailleurs, Bohm a le sentiment qu&rsquo;il y a des analogies tr\u00e8s \u00e9troites entre la fa\u00e7on dont peuvent \u00eatre exprim\u00e9es les notions topologiques et la mani\u00e8re dont sont exprim\u00e9es les lois de la m\u00e9canique quantique. En effet, on peut introduire des coordonn\u00e9es topologiques discr\u00e8tes en d\u00e9signant, par exemple, le fait d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">d<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">ehors\u00bb par <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> et le fait d&rsquo;\u00eatre \u00ab dedans \u00bb par 1.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><i><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je ne connaissais pas les th\u00e8ses de Bohm. Je dois dire que je les trouve tr\u00e8s int\u00e9ressantes.<\/span><\/span><\/span><\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Elles le sont assur\u00e9ment, ne serait-ce que parce qu&rsquo;elles parviennent \u00e0 r\u00e9soudre \u00e9l\u00e9gamment le paradoxe EPR. En admettant l&rsquo;existence d&rsquo;un \u00e9ther sub-quantique, elles permettent en effet de renoncer au principe einsteinien de la s\u00e9parabilit\u00e9. Par exemple, les deux photons consid\u00e9r\u00e9s dans la description du paradoxe ne sont plus s\u00e9par\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre dans l&rsquo;espace physique. En outre, chacune de leurs corr\u00e9lations peut \u00eatre justifi\u00e9e par un \u00e9change d&rsquo;informations au moyen de potentiels quantiques qui se propagent \u00e0 des vitesses sup\u00e9rieures \u00e0 celle de la lumi\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Malgr\u00e9 tout, il semble que les th\u00e8ses de Bohm n&rsquo;aient pas eu de confirmations significatives sur le plan exp\u00e9rimental, et qu&rsquo;elles se soient montr\u00e9es jusqu&rsquo;ici tr\u00e8s peu fertiles sur le plan de la pr\u00e9vision de faits nouveaux. En r\u00e9sum\u00e9, on peut dire qu&rsquo;elles sont fond\u00e9es, en accord avec ce que nous savons et formellement impeccables ; mais elles restent encore sur le terrain de la sp\u00e9culation pure.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><i><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Passons maintenant \u00e0 la direction de recherche fondamentaliste de Costa de Beauregard.<\/span><\/span><\/span><\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon elle, dite \u00ab fondamentaliste \u00bb parce qu&rsquo;hostile \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation \u00ab pragmatiste \u00bb de l&rsquo;\u00c9cole de Copenhague, Bohm comme Einstein avaient raison \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de leur controverse : le premier, parce qu&rsquo;il estimait que les ph\u00e9nom\u00e8nes microphysiques d\u00e9pendent \u00e9troitement du contexte de l&rsquo;op\u00e9ration d&rsquo;observation et de mesure ; le second, parce qu&rsquo;il refusait l&rsquo;id\u00e9e que ces m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes ne sont pas produits par des causes pr\u00e9cises, si cach\u00e9es soient-elles. En effet, la seule variable cach\u00e9e qu&rsquo;il faudrait prendre en consid\u00e9ration serait de type temporel et r\u00e9siderait dans les solutions des potentiels anticip\u00e9s, ressortant \u2014 avec celles des potentiels retard\u00e9s \u2014 des \u00e9quations de la m\u00e9canique quantique. Cette derni\u00e8re serait donc actuellement une th\u00e9orie incompl\u00e8te, car n&rsquo;envisageant pas la part future du r\u00e9el, repr\u00e9sent\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment par les potentiels \u00ab r\u00e9troactifs \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Si l&rsquo;on admet l&rsquo;existence des potentiels anticip\u00e9s \u2014 comme l&rsquo;avait fait Fantappi\u00e9, avant m\u00eame Costa de Beauregard \u2014, on se rend compte qu&rsquo;un processus causal ne peut plus \u00eatre construit, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, uniquement \u00e0 partir des donn\u00e9es du temps initial, mais doit tenir compte aussi des conditions finales. Les notions d&rsquo;ordre dans le temps comme pass\u00e9, pr\u00e9sent et avenir sont donc directement mises en cause, car pass\u00e9, pr\u00e9sent et avenir \u00ab existeraient simultan\u00e9ment \u00bb, tant du point de vue physique que du point de vue math\u00e9matique.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Cons\u00e9quence imm\u00e9diate et d\u00e9cisive de tout cela : les propri\u00e9t\u00e9s des syst\u00e8mes microphysiques d\u00e9pendent directement du contexte d&rsquo;observation et de mesure avec lequel ils \u00ab interagiront \u00bb dans l&rsquo;avenir. Et cela m\u00e8ne \u00e0 une solution presque automatique du paradoxe EPR.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Reprenons en effet l&rsquo;exemple des deux photons A et B. Ils sont s\u00e9par\u00e9s depuis tr\u00e8s longtemps et se trouvent donc tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Un scientifique mesure le spin de A et constate que la fonction d&rsquo;onde de ce dernier \u00ab s&rsquo;actualise \u00bb dans la valeur + 1. Comment l&rsquo;autre photon B, qui se trouve tr\u00e8s loin de A et qui doit n\u00e9cessairement \u00eatre corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 ce dernier en sens oppos\u00e9, fera-t-il pour acqu\u00e9rir l&rsquo;information lui indiquant que le r\u00e9sultat de la mesure de A a donn\u00e9 la valeur + 1 ? La r\u00e9ponse de Costa de Beauregard est la suivante : l&rsquo;information part de A et, voyageant \u00e0 reculons dans le temps par l&rsquo;interm\u00e9diaire des potentiels anticip\u00e9s, se transmet directement \u00e0 B dans l&rsquo;instant m\u00eame o\u00f9 les deux photons sont en train de se produire et sont donc conjoints.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Somme toute, et en tenant compte de ce que j&rsquo;ai dit jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, j&rsquo;imagine que vous ne serez pas surpris si je vous avoue que, de toutes les th\u00e9ories microphysiques actuelles, c&rsquo;est la th\u00e9orie de Costa de Beauregard que je pr\u00e9f\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i><b>Y a-t-il d&rsquo;autres th\u00e9ories quantiques h\u00e9t\u00e9rodoxes ?<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je n&rsquo;en connais que deux : la th\u00e9orie semi-classique de la radiation, due \u00e0 E.T. Jaynes et \u00e0 ses collaborateurs, et la th\u00e9orie microstochastique, d\u00e9velopp\u00e9e surtout par E. Nelson et L. de la Pe<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00f1<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">a-Auerbach.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La premi\u00e8re tient compte, non seulement de l&rsquo;action du champ \u00e9lectromagn\u00e9tique sur les atomes ou sur les mol\u00e9cules, mais aussi de l&rsquo;effet de ces derniers sur le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique lui-m\u00eame, r\u00e9ussissant \u00e0 obtenir par voie \u00ab semi-classique \u00bb \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 travers des mod\u00e9lisations math\u00e9matiques diff\u00e9rentes et plus simples que celles employ\u00e9es par l&rsquo;\u00e9lectrodynamique classique \u2014 des r\u00e9sultats qu&rsquo;on pensait ne pouvoir obtenir que par cette derni\u00e8re. Conceptuellement tr\u00e8s simple, cette th\u00e9orie a le d\u00e9faut de n\u00e9gliger l&rsquo;action des fluctuations du champ \u00e9lectromagn\u00e9tique (dont l&rsquo;existence est \u00e9tablie) ; sous sa forme actuelle, en tout cas, elle est, pour Piero Caldirola, \u00ab plut\u00f4t na\u00efve et loin de poss\u00e9der le caract\u00e8re exhaustif et la rigueur de l&rsquo;\u00e9lectrodynamique quantique \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\"><sup>19<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Par contre, la th\u00e9orie stochastique, bien que moins au point que celle de Bohm sur le plan formel, a un contenu physique plus profond et se r\u00e9v\u00e8le tout aussi suggestive. Elle a en effet d\u00e9montr\u00e9 (et il s&rsquo;agit, pour Caldirola et Loinger, \u00ab d&rsquo;un r\u00e9sultat conceptuellement tr\u00e8s important \u00bb <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\"><sup>20<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">) que ta m\u00e9canique quantique d&rsquo;un syst\u00e8me de particules peut \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 un processus stochastique, \u00e0 la base duquel se place l&rsquo;hypoth\u00e8se physique que les ph\u00e9nom\u00e8nes quantiques sont dus \u00e0 une interaction stochastique entre les micro-objets \u00e9tudi\u00e9s et le reste de l&rsquo;univers. Selon cette interpr\u00e9tation, un \u00e9lectron devrait \u00eatre con\u00e7u comme une esp\u00e8ce de particule brownienne qui se d\u00e9place en d\u00e9crivant une trajectoire en zigzag extr\u00eamement irr\u00e9guli\u00e8re. Le mouvement fortuit de l&rsquo;\u00e9lectron serait d\u00fb \u00e0 l&rsquo;action du \u00ab milieu \u00bb environnant (le reste de l&rsquo;univers !), de m\u00eame que le mouvement fortuit d&rsquo;une particule collo\u00efdale en suspension dans un liquide est d\u00fb \u00e0 l&rsquo;agitation thermique des mol\u00e9cules constituant le liquide lui-m\u00eame. L&rsquo;interpr\u00e9tation stochastique a aussi \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue r\u00e9cemment \u00e0 la th\u00e9orie des champs quantiques, o\u00f9 elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 une mod\u00e9lisation math\u00e9matique tr\u00e8s efficace. Elle s&rsquo;av\u00e8re donc prometteuse.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><i><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">L&rsquo;exemple de la particule collo\u00efdale en suspension dans un liquide rappelle l&rsquo;exemple de Bohm sur la goutte d&rsquo;encre en suspension dans la glyc\u00e9rine.<\/span><\/span><\/span><\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je ne dirais pas que ce sont deux illustrations de la m\u00eame chose, mais elles sont cependant assez analogues. Dans les deux cas, il y aurait d\u00e9pendance r\u00e9ciproque et \u00e9troite entre \u00e9v\u00e9nements microcosmiques et \u00e9v\u00e9nements macrocosmiques. Les deux visions ont un caract\u00e8re holiste.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><i><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Faisons donc un rapide bilan des th\u00e9ories microphysiques h\u00e9t\u00e9rodoxes.<\/span><\/span><\/span><\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Il est incontestable que la th\u00e9orie quantique actuelle \u2014 surtout sous sa forme la plus compl\u00e8te, \u00e0 savoir la \u00ab th\u00e9orie quantique des champs d&rsquo;interaction \u00bb dont l&rsquo;\u00e9lectrodynamique est l&rsquo;exemple le plus significatif \u2014 reste la th\u00e9orie la plus au point et la plus exacte de toute la physique moderne pour ce qui est de la pr\u00e9vision des r\u00e9sultats exp\u00e9rimentaux. Mais bien qu&rsquo;elle ait fait d&rsquo;indiscutables progr\u00e8s, qui seront sans doute suivis d&rsquo;autres acquis, il ne semble pas que les r\u00e9sultats obtenus soient \u00e0 la hauteur des efforts \u00e9normes effectu\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. \u00ab L&rsquo;optimisme des premi\u00e8res ann\u00e9es, \u00e9crivent Andrade e Silva et Lochak, s&rsquo;est un peu affaibli, on ressent le besoin d&rsquo;id\u00e9es nouvelles, et il est parfois naturel de se demander si la th\u00e9orie quantique n&rsquo;a pas d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 sa meilleure p\u00e9riode, et si elle retrouvera un jour sa vigueur d&rsquo;antan \u00bb <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\"><sup>21<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">. J&rsquo;ai donc le sentiment que l&rsquo;avenir, t\u00f4t ou tard, nous fera assister \u00e0 d&rsquo;importants changements dans les fondements conceptuels de la physique : changements qui seront certainement favoris\u00e9s, sinon provoqu\u00e9s, par des points de vue h\u00e9t\u00e9rodoxes comme ceux que j&rsquo;ai r\u00e9sum\u00e9s ici.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><i><b><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Avant de conclure le chapitre sur la physique, il y a un dernier probl\u00e8me qui, \u00e0 mon avis, doit \u00eatre abord\u00e9 et r\u00e9solu : jusqu&rsquo;\u00e0 quel point les conclusions tir\u00e9es de l&rsquo;\u00e9tude des microsyst\u00e8mes quantiques peuvent-elles \u00eatre appliqu\u00e9es aux macrosyst\u00e8mes ?<\/span><\/span><\/span><\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">C&rsquo;est un probl\u00e8me que les physiciens n&rsquo;ont abord\u00e9 que r\u00e9cemment et qui reste donc ouvert. Quelques r\u00e9sultats dans ce domaine ont cependant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 obtenus, gr\u00e2ce surtout \u00e0 G. Ludwig. Je vais tenter de r\u00e9sumer ces acquis.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">On sait maintenant que la conviction, tacitement admise, selon laquelle la th\u00e9orie quantique a pour objet la description des seuls ph\u00e9nom\u00e8nes du microcosme, la description des ph\u00e9nom\u00e8nes macroscopiques exigeant toujours l&rsquo;utilisation de la th\u00e9orie classique de Newton et de Maxwell, s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e erron\u00e9e au fil des ans. Il y a en effet des conditions o\u00f9 la mati\u00e8re, m\u00eame envisag\u00e9e sous l&rsquo;angle macroscopique, pr\u00e9sente des aspects typiquement quantiques, comme dans le cas des liquides superfluides (par exemple l&rsquo;h\u00e9lium), des solides supraconducteurs, du laser, etc. Mais il ne s&rsquo;ensuit pas que l&rsquo;axiomatique de la m\u00e9canique quantique puisse repr\u00e9senter un sch\u00e9ma idoine pour int\u00e9grer toute la physique, ni que la description de syst\u00e8mes micro- ou macrophysiques sp\u00e9cifiques puisse se ramener essentiellement \u00e0 un probl\u00e8me de sp\u00e9cialisation ad\u00e9quate du sch\u00e9ma g\u00e9n\u00e9ral et de technique math\u00e9matique pour calculer les quantit\u00e9s int\u00e9ress\u00e9es. Cette fa\u00e7on erron\u00e9e de voir les choses, \u00ab largement r\u00e9pandue parmi les physiciens \u00bb, disent Caldirola et Loinger, m\u00e8ne, selon ces derniers, \u00e0 de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">L&rsquo;\u00e9tat (dans un temps donn\u00e9) d&rsquo;un syst\u00e8me microphysique est en effet repr\u00e9sent\u00e9 par un vecteur qui ne peut fournir directement que certaines grandeurs tr\u00e8s particuli\u00e8res, comme la charge \u00e9lectrique et la masse (grandeurs appel\u00e9es \u00ab observables de supers\u00e9lection \u00bb), lesquelles restent n\u00e9cessairement constantes durant l&rsquo;\u00e9volution du syst\u00e8me lui-m\u00eame. Mais ces grandeurs sont trop peu nombreuses pour rendre compte de toutes les autres grandeurs typiques des syst\u00e8mes macrophysiques, et il n&rsquo;existe aucun proc\u00e9d\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral pour obtenir, gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9canique quantique, les distributions de probabilit\u00e9s de couples de grandeurs relatives \u00e0 des points diff\u00e9rents du chronotope.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Partant de consid\u00e9rations analogues et d&rsquo;un r\u00e9examen global des probl\u00e8mes quantiques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;acte de mesure, Ludwig a donc \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 rejeter l&rsquo;\u00e9quation \u00ab th\u00e9orie quantique = th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la physique \u00bb, et \u00e0 envisager une situation bien plus complexe et susceptible de d\u00e9veloppements peut-\u00eatre f\u00e9conds pour la description des syst\u00e8mes physiques interm\u00e9diaires (c&rsquo;est-\u00e0-dire non plus microscopiques, mais pas encore macroscopiques ; exemple : les macromol\u00e9cules biologiques).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon Ludwig, la m\u00e9canique quantique est une th\u00e9orie satisfaisante pour les microsyst\u00e8mes. Ces derniers sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab v\u00e9hicules \u00bb d&rsquo;interaction entre des macrosyst\u00e8mes sources des microsyst\u00e8mes et d&rsquo;au<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">t<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">res macrosyst\u00e8mes qui servent d&rsquo;instruments d&rsquo;observation et de mesure. <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">L<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;existence des <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">m<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">acrosyst\u00e8mes est donc le pr\u00e9suppos\u00e9 le plus logique pour l<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">a<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> formulation m\u00eame de la th\u00e9orie quantique ; tandis qu&rsquo;on ne peut pas attribuer des propri\u00e9t\u00e9s objectives aux microsyst\u00e8mes en eux-m\u00eames, \u00e0 l&rsquo;ex<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">c<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">eption des observables de supers\u00e9lection. Et puisqu&rsquo;\u00e0 chaque macro-objet Correspond \u00e0 tout instant <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00e0<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> un certain \u00e9tat objectif E, et en d\u00e9finitive une trajectoire Z = E(t) dans un espace d&rsquo;\u00e9tats possibles, il s&rsquo;ensuit que la physique th\u00e9orique d&rsquo;un syst\u00e8me macroscopique n&rsquo;est autre qu&rsquo;une th\u00e9orie probabiliste de ses trajectoires possibles.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Supposons, \u00e9crivent Caldirola et Loinger, que nous soyons parvenus b\u00e2tir une telle th\u00e9orie probabiliste ; la physique th\u00e9orique serait alors form\u00e9e de deux &lsquo;morceaux&rsquo;, l&rsquo;un valable pour des syst\u00e8mes dont l&rsquo;\u00e9volution est d\u00e9crite par une trajectoire dans un espace des \u00e9tats opportun, l&rsquo;autre valable pour des syst\u00e8mes dont l&rsquo;histoire individuelle se ram\u00e8ne, par exemple dans le cas d&rsquo;une particule, \u00e0 une valeur donn\u00e9e de la charge \u00e9lectrique et \u00e0 une valeur donn\u00e9e de la masse. Les syst\u00e8mes de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie sont constitu\u00e9s de tr\u00e8s nombreuses particules, ceux de la seconde d&rsquo;un petit nombre de particules. On s&rsquo;attend, disposant de ces deux <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">morceaux&rsquo; de th\u00e9orie, \u00e0 ce qu&rsquo;il soit possible d&rsquo;\u00e9difier une nouvelle th\u00e9orie, unique, qui fournisse en particulier le <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">pont&rsquo; entre les susdits <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">morceaux&rsquo; ; cette th\u00e9orie sera certainement diff\u00e9rente, tant de la m\u00e9canique quantique des microsyst\u00e8mes, que de la pure th\u00e9orie probabiliste des <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">trajectoires&rsquo; des macro-objets \u00bb. On observera que ce r\u00f4le de <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">pont&rsquo; n&rsquo;est pas jou\u00e9 de mani\u00e8re satisfaisante par la m\u00e9canique quantique des syst\u00e8mes \u00e0 nombre toujours croissant de particules, comme cela est indiqu\u00e9 par le fait que la th\u00e9orie probabiliste des trajectoires d&rsquo;un macro-syst\u00e8me ne peut pas \u00eatre d\u00e9duite de la m\u00e9canique quantique statistique, mais exige \u2014 selon Ludwig \u2014 une invention qui n&rsquo;est pas encore tout \u00e0 fait r\u00e9ussie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab La nouvelle th\u00e9orie pourrait fournir une description des syst\u00e8mes interm\u00e9diaires \u2014 typiquement, les macromol\u00e9cules \u2014 qualitativement diff\u00e9rente de celles concernant les syst\u00e8mes \u00e9tudi\u00e9s par les deux <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">morceaux&rsquo; de physique th\u00e9orique d\u00e9j\u00e0 connus. Les syst\u00e8mes interm\u00e9diaires se situeraient entre les microsyst\u00e8mes, objets priv\u00e9s d&rsquo;histoire individuelle, mais v\u00e9hicules d&rsquo;interaction, c&rsquo;est-\u00e0-dire dou\u00e9s d&rsquo;une <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">fonction&rsquo; de type extr\u00eamement \u00e9l\u00e9mentaire, et les macrosyst\u00e8mes, objets caract\u00e9ris\u00e9s par une <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">histoire&rsquo; et priv\u00e9s a priori de toute <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">&lsquo;<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">fonction&rsquo; ; les syst\u00e8mes interm\u00e9diaires en viendraient \u00e0 \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9s par une histoire individuelle et par une fonction. Alors surgirait la possibilit\u00e9 d&rsquo;une corr\u00e9lation entre histoire individuelle et fonction, et donc d&rsquo;une \u00e9volution finalis\u00e9e vers une certaine fonction \u00bb <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\"><sup>22<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon Ludwig, par cons\u00e9quent, les fr\u00e9quences des transformations possibles qui auraient caract\u00e9ris\u00e9 le passage \u00e9volutif des syst\u00e8mes microphysiques aux syst\u00e8mes macromol\u00e9culaires, devraient s&rsquo;\u00eatre \u00e9tablies selon des lois physiques finalis\u00e9es et non fortuites. Sur ces bases, Caldirola s&rsquo;oppose \u00e0 la perspective darwinienne fond\u00e9e sur l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;apparition fortuite des nouveaut\u00e9s \u00e9volutives. Mais nous pourrions maintenant reprendre notre conversation sur la biologie, conversation que nous avions interrompue pour examiner de plus pr\u00e8s ce que nous enseignent vraiment les sciences physiques contemporaines.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">__________________________________________________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> \u00ab La naissance du formalisme de la m\u00e9canique quantique, sous sa forme heisenbergienne de m\u00e9canique des matrices, fut fortement influenc\u00e9e par la philosophie n\u00e9opositiviste, qui \u00e9tait alors le <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>dernier cri<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [en fran\u00e7ais dans le texte, N.D.T.] de la mode intellectuelle. M\u00eame dans les ann\u00e9es qui suivirent, l&rsquo;influence n\u00e9opositiviste resta longtemps agissante ; ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 date r\u00e9cente qu&rsquo;a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre parmi les physiciens une attitude plus d\u00e9tach\u00e9e par rapport aux dogmes du positivisme. Comme l&rsquo;a soulign\u00e9 un \u00e9pist\u00e9mologue contemporain, Mario Bunge, \u2018l&rsquo;union de la m\u00e9canique quantique avec l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie n\u00e9opositiviste fut un <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>mariage de convenance<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [en fran\u00e7ais dans le texte, N.D.T.], \u00e0 la suite duquel le positivisme gagna en prestige, tandis que la nouvelle science, accueillie au d\u00e9but avec r\u00e9ticence en raison de son \u00e9loignement de la physique classique, en venait \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier du soutien d&rsquo;une philosophie qui \u00e9tait \u00e0 la mode parmi les scientifiques\u2019 (P. Caldirola et A. Loinger, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Teoria fisica e realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Liguori, Napoli, 1979, pp. 28-29).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Et aussi : \u00ab A une premi\u00e8re observation, les philosophies marxistes (au pluriel, car il y en a plus d&rsquo;une !) se pr\u00e9sentent au lecteur libre de pr\u00e9jug\u00e9s comme un ensemble \u00e9clectique d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et souvent contradictoires, puis\u00e9s au r\u00e9pertoire id\u00e9aliste et \u00e0 celui du vieux mat\u00e9rialisme &lsquo;m\u00e9taphysique&rsquo;. Toutefois, si l&rsquo;on approfondit l&rsquo;\u00e9tude, on se rend compte qu&rsquo;on est en pr\u00e9sence, selon les cas, soit d&rsquo;un mat\u00e9rialisme vieux style, rev\u00eatu d&rsquo;oripeaux dialectiques, soit de variations sur des th\u00e8mes typiques de la philosophie id\u00e9aliste. Lucio Colletti \u00e9crit de mani\u00e8re drastique : \u2018C&rsquo;est un fait \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire une donn\u00e9e consign\u00e9e dans la philologie des textes \u2014 que la dialectique de la mati\u00e8re, la dialectique des choses (qui devrait \u00eatre le \u2018sp\u00e9cifique\u2019 du marxisme) est d\u00e9j\u00e0 tout enti\u00e8re contenue dans l&rsquo;\u0153uvre de Hegel. Et ce non en contradiction avec son id\u00e9alisme, mais comme instrument et moyen de ce dernier\u2019. Cette remarque de Colletti atteint particuli\u00e8rement le mat\u00e9rialisme dialectique tel qu&rsquo;il fut formul\u00e9 par Engels ou L\u00e9nine, mais vaut aussi \u2014 nous semble-t-il \u2014 pour la forme pragmatique (ante litteram) et plus raffin\u00e9e de philosophie marxiste \u00e9bauch\u00e9e dans les c\u00e9l\u00e8bres Th\u00e8ses sur Feuerbach, et qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment reprise, dans un ouvrage stimulant, par un collectif n\u00e9omarxiste italien \u00bb (op. cit., p. 14). Les auteurs se r\u00e9f\u00e8rent ici \u00e0 l&rsquo;ouvrage collectif <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>L&rsquo;ape e l&rsquo;architetto. Paradigmi scientifici e materialismo storico<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Feltrinelli, Milano, 1976,<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Notre position philosophique est la suivante : nous partageons avec le manzonien Don Ferrante l&rsquo;admiration pour l&rsquo;\u0153uvre du Stagirite : il nous semble en effet que, comme orientation g\u00e9n\u00e9rale, le r\u00e9alisme aristot\u00e9licien n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9. Il s&rsquo;ensuit, en particulier, que nous continuons \u00e0 accorder \u00e0 la logique classique une position privil\u00e9gi\u00e9e. Sans doute la logique \u00e0 deux valeurs n&rsquo;est-elle, d&rsquo;un point de vue purement formel, qu&rsquo;un des possibles syst\u00e8mes logico-formels ; mais il n&rsquo;est pas raisonnable, croyons-nous, de s&rsquo;imaginer qu&rsquo;on peut choisir entre les diff\u00e9rentes logiques dans le sens m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;on choisit entre les diff\u00e9rentes g\u00e9om\u00e9tries m\u00e9triques \u00bb (P. Caldirola et A. Loinger, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Teoria<\/i><\/span><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>fisica e realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., p. 12).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Caldirola et Loinger font remarquer que, d&rsquo;un point de vue formel, il est possible d&rsquo;attribuer aux microsyst\u00e8mes toutes les grandeurs qui interviennent dans la physique quantique, pourvu cependant qu&rsquo;on abandonne la logique habituelle pour la remplacer par une \u00ab logique quantique \u00bb, comme l&rsquo;ont fait H. Putnam, D. Finkelstein et d&rsquo;autres. Mais \u00ab cette id\u00e9e (&#8230;) de consid\u00e9rer la logique comme une discipline scientifique ayant, en derni\u00e8re analyse, un fondement empirique, et donc de ne pas attribuer une position d\u00e9finitivement privil\u00e9gi\u00e9e \u00e0 la logique classique, a suscit\u00e9 des r\u00e9actions oppos\u00e9es. En particulier, elle a \u00e9t\u00e9 accueillie plus favorablement dans le milieu des philosophes de la science que par les physiciens \u00bb (op. cit., p. 23).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Valerio Tonini, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le scelle della scienza<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Studium, Roma, 1977, pp. 85-86.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Massimo Piattelli Palmarini (ed.), <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Livelli di realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Feltrinelli, Milano, 1984.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Op. cit., p. 18.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Op. cit., p. 19.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Giuliano Toraldo di Francia, in M. Piattelli Palmarini (ed.), <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Livelli di realtez<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, op. cit., p. 315.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Josef Maria Jauch, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Sulla<\/i><\/span><\/span> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>realt\u00e0 dei quanta<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> (trad. it. de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Are Quanta Real?<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Indiana University Press, Indiaapolis, 1973), Adelphi, Milano, 1980.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La position de Bernard d&rsquo;Espagnat, directeur du laboratoire de physique th\u00e9orique de l&rsquo;universit\u00e9 Paris-XI, est incontestablement plus ouverte et dict\u00e9e par le bon sens : \u00ab &#8230;ce que pour ma part je sugg\u00e8re, \u00e9crit d&rsquo;Espagnat, c&rsquo;est (&#8230;) un retour partiel au r\u00e9alisme. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, c&rsquo;est la recherche d&rsquo;un r\u00e9alisme tenant compte des limitations essentielles que notre savoir actuel impose \u00e0 toute tentative visant \u00e0 identifier trop \u00e9troitement le r\u00e9el et les ph\u00e9nom\u00e8nes (&#8230;) ce que je propose donc, c&rsquo;est ma conception d&rsquo;un r\u00e9el voil\u00e9. Le nom choisi signifie (&#8230;) que le r\u00e9el auquel il r\u00e9f\u00e8re n&rsquo;est pas explorable par le moyen de la physique. Ou, en tout cas, pas par le seul moyen de la physique. La question se pose donc\u00a0: est-il inconnaissable ? Ou est-il en partie connaissable : peut-il \u00eatre explor\u00e9 par d&rsquo;autres proc\u00e9d\u00e9s que ceux de la physique ? \u00c0 ce stade on entre dans un domaine o\u00f9 non seulement la d\u00e9duction est interdite, mais o\u00f9 m\u00eame la conjecture raisonn\u00e9e devient extr\u00eamement difficile et doit bien trop souvent c\u00e9der le pas \u00e0 de vagues arguments de plausibilit\u00e9. Comme, ni dans l&rsquo;intuition, ni dans aucun Grand Livre, ni dans la philosophie traditionnelle on ne dispose de rien de plus solide, de tels arguments ne sont cependant pas \u00e0 n\u00e9gliger. Bien au contraire, le fait de les avoir pr\u00e9sents \u00e0 l&rsquo;esprit me parait essentiel d\u00e8s que l&rsquo;on veut tenter de d\u00e9passer le v\u00e9cu quotidien et d\u00e8s que l&rsquo;on veut s&rsquo;efforcer d&rsquo;acqu\u00e9rir une vision d&rsquo;ensemble qui soit moderne, au lieu de n&rsquo;\u00eatre faite que de lambeaux mal ajust\u00e9s de traditions \u00bb (<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>\u00c0 la recherche du r\u00e9el<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Gauthier-Villars, 1979, pp. 158-159).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Cf. les ouvrages suivants de Tonini : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Epistemologia della fisica moderna<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Bocca, Milano\/Roma, 1953 : <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La scienza dell&rsquo;uomo dalla psicoanalisi alla cibernetica<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Vallecchi, Firenze, 1969 ; <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Scienza dell&rsquo;informazione, cibernetica<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, epistemologia, Bulzoni, Roma, 1971 ; <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La vita e la ragione. Dialogo sul caso e la necessit\u00e0<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Bulzoni, Roma, 1977.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Valerio Tonini, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le scelte della scienza<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., p. 105.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Valerio Tonini, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Epistemologia della fisica moderna<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., pp. 512-514, p. 515.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">J. Andrade e Silva et G. Lochak, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>I quanti<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, Il Saggiatore, Milano, 1969, p. 192.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cf S. Toulmin (ed.), <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Quanti e realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> (trad. it. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Quanta and Reality<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">A Symposium, Hutchinson and Co., London, 1962), Sansoni, Firenze, 1967. Voir aussi l&rsquo;entretien accord\u00e9 par Bohm au New Scientist du 11 novembre 1982, ainsi que l&rsquo;excellent article de J.-P. Vigier, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Il materialismo di Einstein<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, in Nuova Scienza, avril 1980.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">David Bohm, in S. Toulmin (ed.), Op. cit., p. 88.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">David Bohm, in S. Toulmin (ed.), Op. cit., p. 83. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Bohm fait ici allusion \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre exp\u00e9rience effectu\u00e9e par Young, qui pla\u00e7a un \u00e9cran perc\u00e9 de deux trous microscopiques entre une source de lumi\u00e8re ponctuelle et une plaque photographique. L&rsquo;exp\u00e9rience montra qu&rsquo;un seul photon pouvait traverser simultan\u00e9ment les deux trous, produisant des franges d&rsquo;interf\u00e9rence lumineuse sur la plaque photographique. Les particules \u00e9l\u00e9mentaires ne peuvent donc pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme de simples corpuscules, puisqu&rsquo;elles pr\u00e9sentent aussi une nature ondulatoire.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">David Bohm, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Wholeness and the Implicate Order<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Routledge and Kegan, London, 1980. <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[Un entretien avec David Bohm sur la notion d&rsquo;ordre impliqu\u00e9 \u2014 ou \u00ab implicite \u00bb \u2014 a paru dans deux livraisons de la revue <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>\u00catre<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> : XII, 1984, 4, pp. 6-19 et XIII, 1985, 1, pp. 33-48 (N.D.T.)].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"> David Bohm, in S. Toulmin (ed.), Op. cit., pp. 92-93.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Piero Caldirola, <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>Dalla microfisica alla macrofisica<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">, Mondadori, Milano, 1974, p. 219.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> Piero Caldirola et A. Loinger, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Teoria fisica e realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., p. 28.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> J. Andrade e Silva et G. Lochak, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>I quanti<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., p. 189.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> Piero Caldirola et A. Loinger, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Teoria fisica e realt\u00e0<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">, op. cit., pp. 146-147.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Vous avez trac\u00e9 un tableau tr\u00e8s clair de la r\u00e9alit\u00e9 physique. 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