{"id":18103,"date":"2019-11-09T03:40:09","date_gmt":"2019-11-09T02:40:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=18103"},"modified":"2019-11-09T03:40:09","modified_gmt":"2019-11-09T02:40:09","slug":"le-zen-et-les-arts-poesie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-zen-et-les-arts-poesie\/","title":{"rendered":"Le zen et les arts : Po\u00e9sie"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><b>introduction<\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le Zen trouve tout naturellement son expression la plus spontan\u00e9e dans la po\u00e9sie plut\u00f4t que dans la philosophie, car il a plus d&rsquo;affinit\u00e9s avec le sentiment qu&rsquo;avec l&rsquo;intelligence.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">D. T. SUZUKI.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le Japon a un go\u00fbt tout particulier pour le ha\u00efku [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>], po\u00e8me rapide, court, \u00e9vocateur, de dix-sept syllabes. Cette forme d&rsquo;expression doit beaucoup \u00e0 l&rsquo;influence du Zen. Les germes de cet art furent plant\u00e9s il y a quelque sept cents ans, mais c&rsquo;est au XVII<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><sup><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">e<\/span><\/span><\/sup><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> si\u00e8cle qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9panouit pleinement et sa faveur ni sa vitalit\u00e9 ne se sont affaiblies depuis [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">B. H. Blyth, qui a \u00e9crit quatre ouvrages remarquables sur le sujet, consid\u00e8re le ha\u00efku comme \u00ab la plus belle fleur de toute la culture orientale \u00bb et il en voit la plus parfaite d\u00e9finition dans cette remarque de Samuel Johnson : \u00ab Rien n&rsquo;est petit pour celui qui le sent avec une grande sensibilit\u00e9 \u00bb, car cette forme po\u00e9tique tr\u00e8s particuli\u00e8re prend ses th\u00e8mes d&rsquo;inspiration dans les choses les plus simples, les plus banales de la vie quotidienne, ces choses qui, si insignifiantes qu&rsquo;elles soient en apparence, n&rsquo;en sont pas moins \u00ab de pr\u00e9cieux tr\u00e9sor et d&rsquo;in\u00e9puisables richesses \u00bb pour qui a appris non seulement \u00e0 regarder mais \u00e0 voir.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00c0 cause de l&rsquo;extr\u00eame \u00e9conomie de cette forme traditionnelle \u2014 trois vers altern\u00e9s de 5, 7, 5 syllabes \u2014 le po\u00e8te doit atteindre son but par des moyens tr\u00e8s subtils, car un ha\u00efku \u00ab r\u00e9ussi \u00bb doit non seulement exprimer un \u00e9tat d&rsquo;esprit mais \u00e9voquer une image assez vivace pour frapper l&rsquo;imagination du lecteur ou de l&rsquo;auditeur. Aussi bien dans le ha\u00efku comme dans tous les autres arts influenc\u00e9s par le Zen, la participation de celui auquel on s&rsquo;adresse est indispensable : c&rsquo;est \u00e0 lui de \u00ab compl\u00e9ter \u00bb l&rsquo;\u0153uvre, de poursuivre l\u00e0 o\u00f9, si l&rsquo;on peut dire, l&rsquo;artiste se retire.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Bien que, selon Blyth, il faille avoir pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 se p\u00e9n\u00e9trer consciemment et inconsciemment de culture extr\u00eame-orientale pour \u00eatre en mesure de lire comme il convient un seul ha\u00efku, de nombreux Occidentaux \u2014 y compris Blyth lui-m\u00eame \u2014 ont abord\u00e9 sans pr\u00e9paration des traductions de ces po\u00e8mes et y ont pris un plaisir imm\u00e9diat. La simplicit\u00e9 savante du ha\u00efku \u00e9veille et approfondit en nous la conscience de la miraculeuse \u00ab pr\u00e9sence \u00bb des images et des sons de la vie quotidienne, car il met en lumi\u00e8re, comme le Zen lui-m\u00eame, la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab saisir le cours m\u00eame de la vie \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Les po\u00e8tes d&rsquo;Occident tendent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 accumuler les d\u00e9tails, \u00e0 pr\u00e9parer leurs lecteurs \u00e0 la \u00ab chute \u00bb de leur po\u00e8me. L\u00e0 r\u00e9side la diff\u00e9rence fondamentale entre deux conceptions de la po\u00e9sie \u2014 et pourtant, la \u00ab chute \u00bb d&rsquo;un po\u00e8me occidental rappelle souvent l&rsquo;esprit du vrai ha\u00efku. Harold Gould Henderson, dans son anthologie de ha\u00efkus, nous en donne une illustration frappante lorsqu&rsquo;il cita la \u00ab chute \u00bb du po\u00e8me d&rsquo;Edward Shanks, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La Nuit<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Si loin&#8230; si bas&#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Une grive saoule ? Un rossignol qui veille ?<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Silence. Nous ne savons pas.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ces vers, dit Henderson, feraient un parfait ha\u00efku, n&rsquo;\u00e9taient leurs quatre derniers mots qui, selon les r\u00e8gles du ha\u00efku, sont tout \u00e0 fait superflus, le mot \u00ab silence \u00bb \u00e0 lui seul suffisant \u00e0 exprimer ce qu&rsquo;un auteur de ha\u00efku e\u00fbt jug\u00e9 bon d&rsquo;exprimer.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">On sait que toute traduction fait perdre \u00e0 la po\u00e9sie une partie de ses vertus originelles. Cela est particuli\u00e8rement vrai dans le cas de la po\u00e9sie japonaise, o\u00f9 les \u00ab effets sonores \u00bb, l&rsquo;usage d&rsquo;onomatop\u00e9es, les jeux de mots et les calembours jouent un grand r\u00f4le. Faire rimer les vers d&rsquo;une traduction de ha\u00efku est aussi contraire \u00e0 la tradition originale. En effet, tous les mots japonais se terminant soit par une voyelle soit par un \u00ab n \u00bb, l&rsquo;usage de la rime dans cette langue cr\u00e9erait une impression d&rsquo;\u00ab insupportable monotonie \u00bb, comme le dit Henderson. Bien que, pour go\u00fbter pleinement cette po\u00e9sie, une certaine connaissance du japonais (si riche en nuances et si elliptique) soit n\u00e9cessaire, on y aidera peut-\u00eatre le lecteur occidental en \u00e9num\u00e9rant ici certaines lois du ha\u00efku telles que Henderson les a expos\u00e9es :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Les auteurs de ha\u00efkus font grand usage de ce qu&rsquo;ils appellent renso, ou association d&rsquo;id\u00e9es, et cela de plusieurs fa\u00e7ons. Les plus anciens, ayant constat\u00e9 que tous les hommes \u00e9taient sensibles aux changements de temps particuliers aux diverses saisons, ont introduit dans presque tous leurs po\u00e8tes ce qu&rsquo;on nomme ki (ou saison). Entendons par l\u00e0 que, dans presque tous ces po\u00e8mes, un mot ou une expression indique le moment de l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9voqu\u00e9 et constitue ainsi une \u00ab toile de fond \u00bb sur laquelle se d\u00e9coupera l&rsquo;image sugg\u00e9r\u00e9e. Ce kigo (\u00ab mot de saison \u00bb) peut \u00eatre tr\u00e8s pr\u00e9cis (par exemple : \u00ab chaleur d&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00bb ou \u00ab vent d&rsquo;automne \u00bb) ou n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une simple allusion (par exemple, aux fleurs de prunier ou \u00e0 la neige). La coutume d&rsquo;utiliser le kigo a pris la forme d&rsquo;une r\u00e8gle presque inviolable et la plupart des recueils modernes de ha\u00efkus sont compos\u00e9s en tenant compte des saisons auxquelles les po\u00e8mes se r\u00e9f\u00e8rent.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Notons en passant que l&rsquo;usage du ki est probablement \u00e0 l&rsquo;origine du pr\u00e9jug\u00e9 selon lequel le ha\u00efku serait davantage une po\u00e9sie de la nature plus qu&rsquo;une po\u00e9sie de l&rsquo;homme. Rien n&rsquo;est plus faux. Dans le ha\u00efku, il est vrai que la part est faite plus belle \u00e0 la sensibilit\u00e9 humaine qu&rsquo;aux actions des humains et que les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels y sont \u00e9voqu\u00e9s pour refl\u00e9ter les \u00e9motions des hommes, mais c&rsquo;est tout.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Bien entendu, beaucoup de ha\u00efkus comportent des allusions aux convictions bouddhistes, aux coutumes locales et \u00e0 des \u00e9pisodes de l&rsquo;histoire japonaise. Ces allusions sont aussi inintelligibles malheureusement pour le lecteur occidental que le seraient pour un Japonais des allusions \u00e0 nos f\u00eates religieuses ou nationales.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Une autre forme d&rsquo;associations d&rsquo;id\u00e9es, largement utilis\u00e9e, est l&rsquo;opposition ou la comparaison de deux ou plusieurs id\u00e9es exprim\u00e9es dans le po\u00e8me lui-m\u00eame. Dans certains ha\u00efkus, ce rapprochement est \u00e9vident, comme dans celui-ci, qui a pour auteur le po\u00e8te moderne Kwaso : <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Je monte \u00e0 la haute tour<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Sur son sommet pointu <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Un papillon est pos\u00e9 !<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab L&rsquo;effet ici est un effet de contraste. Mais prenons ce ha\u00efku de Sodo \u00e9voquant le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Des feuilles vertes \u00e0 regarder<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Un coucou de montagne<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La premi\u00e8re truite : trois merveilles !<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Cette fois, il s&rsquo;agit d&rsquo;illustrer l&rsquo;effet simultan\u00e9 de trois choses exquises sur trois sens diff\u00e9rents.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Ces deux exemples sont simples et sans signification tr\u00e8s profonde, mais dans d&rsquo;autres ha\u00efkus le rapprochement ou la comparaison des id\u00e9es sont parfois si bien cach\u00e9s qu&rsquo;il faut plusieurs lectures pour saisir l&rsquo;intention de l&rsquo;auteur.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Les po\u00e8tes japonais recourent encore \u00e0 un autre proc\u00e9d\u00e9 pour condenser l&rsquo;expression de leurs id\u00e9es. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;omission volontaire de mots qui seraient indispensables dans une phrase grammaticalement correcte, mais qui ne le sont pas vraiment \u00e0 la compr\u00e9hension du po\u00e8me. Ce proc\u00e9d\u00e9 est extr\u00eamement efficace lorsqu&rsquo;il est utilis\u00e9 avec discr\u00e9tion, mais, lorsqu&rsquo;il l&rsquo;est avec exc\u00e8s par des auteurs de second rang, il aboutit \u00e0 faire du ha\u00efku un r\u00e9bus plut\u00f4t qu&rsquo;un po\u00e8me. Il ne faudrait pourtant pas confondre l&rsquo;impression d&rsquo;obscurit\u00e9 provoqu\u00e9e par une condensation excessive de la forme avec l&rsquo;herm\u00e9tisme r\u00e9el de certains grands ha\u00efkus, parfois incompr\u00e9hensibles pour ceux-l\u00e0 m\u00eames qui sont experts en la mati\u00e8re tant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9clair\u00e9s sur les circonstances dans lesquelles ces po\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits. Un ha\u00efku vraiment \u00ab r\u00e9ussi \u00bb sugg\u00e8re tant de choses que plus de mots en affaibliraient la signification.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Faisons encore la part de certaines conventions techniques qui devraient \u00eatre connues de ceux qui souhaitent (et sont en mesure de) remonter aux textes originaux. La plus importante est l&rsquo;usage de kireji, termes conventionnels \u00e9quivalant \u00e0 des signes de ponctuation, comme kana, qui marque d&rsquo;habitude la fin du ha\u00efku, ou ya, qui le divise en deux parties destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre oppos\u00e9es ou compar\u00e9es. De telles conventions ont surtout pour but d&rsquo;\u00e9liminer les mots inutiles [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>]. \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon R. H. Blyth, les traits caract\u00e9ristiques de cette forme po\u00e9tique pourraient \u00eatre d\u00e9finis comme suit (et ici encore on constatera l&rsquo;\u00e9vidente influence de la pens\u00e9e zen)\u00a0:<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Oubli du moi (qui, nous dit Blyth, signifie aussi bien \u00ab pl\u00e9nitude du Soi \u00bb et \u00ab communion avec toutes choses \u00bb) ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Solitude (mais non d\u00e9r\u00e9liction) ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Consentement \u00e0 ce qui est ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Refus du verbalisme (dans le ha\u00efku, les mots sont utilis\u00e9s \u00ab non pour exprimer quelque chose mais plut\u00f4t pour \u00e9carter le voile qui nous s\u00e9pare des choses r\u00e9elles \u00bb) ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Refus de l&rsquo;intellectualisme et du moralisme<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Sens de la contradiction ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Humour ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Libert\u00e9 ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Simplicit\u00e9 ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Sens du concret (comme le Zen, le ha\u00efku pr\u00e9f\u00e8re le \u00ab mat\u00e9riel \u00bb au soi-disant \u00ab spirituel \u00bb) ;<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\">\u2014 <span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Amour (il s&rsquo;agit bien entendu de l&rsquo;amour de l&rsquo;univers et de toutes les choses qui le composent, mais d&rsquo;un amour d\u00e9nu\u00e9 de tout sentimentalisme).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Blyth \u00e9crit encore :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00ab Un ha\u00efku n&rsquo;est pas un po\u00e8me, ce n&rsquo;est pas de la litt\u00e9rature : c&rsquo;est une main tendue, une porte entrouverte, un miroir qu&rsquo;on essuie. C&rsquo;est une voie de retour \u00e0 la nature, \u00e0 notre nature qui est aussi celle de la lune, de la fleur de cerisier, de la feuille morte \u2014 en un mot, \u00e0 notre nature de Bouddha. C&rsquo;est un langage o\u00f9 la froide pluie d&rsquo;hiver, les hirondelles du soir, la chaleur du jour et la longueur de la nuit deviennent des choses vivantes, partagent notre existence, parlent leur propre langage, \u00e0 la fois silencieux et expressif&#8230; \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">N. W. R.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><b>***<\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><b>Le haiku par Alan Watts<\/b><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La mer s&rsquo;assombrit,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>le cri des canards sauvages<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>est presque blanc.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Dans la for\u00eat sombre<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>une m\u00fbre tombe.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le bruit de l&rsquo;eau.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00c0 mes yeux, le ha\u00efku est sans aucun doute la forme litt\u00e9raire \u00e0 la fois la plus simple et la plus complexe du monde, car la marque la plus constante du grand art est son apparente facilit\u00e9. Ses produits semblent presque \u00eatre l&rsquo;\u0153uvre non de l&rsquo;art mais de la nature elle-m\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Pour qui est accoutum\u00e9 \u00e0 la po\u00e9sie occidentale, le ha\u00efku a quelque chose de surprenant. Il appara\u00eet comme une \u00e9bauche ou un fragment de po\u00e9sie \u00e9veillant une attente qu&rsquo;il ne comble pas.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Les \u00e9toiles dans la mare.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>\u00c0 nouveau la pluie d&rsquo;hiver<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>trouble l&rsquo;eau<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">On a l&rsquo;impression d&rsquo;un po\u00e8me commenc\u00e9 mais laiss\u00e9 inachev\u00e9. Pourtant, avec un peu d&rsquo;habitude, on se rend compte que cette po\u00e9sie est dot\u00e9e de la plus rare des vertus esth\u00e9tiques : ses sp\u00e9cialistes savent s&rsquo;arr\u00eater \u00e0 temps, ils savent quand ils en ont dit assez \u2014 ce qui, \u00e0 certains \u00e9gards, est le secret non seulement de l&rsquo;art mais de la vie elle-m\u00eame.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le ha\u00efku repr\u00e9sente le raffinement ultime d&rsquo;une longue tradition qui, dans la litt\u00e9rature extr\u00eame-orientale, tire son inspiration du bouddhisme zen. La vertu supr\u00eame du bouddhisme zen et de tous les arts qu&rsquo;il a marqu\u00e9s est une saisissante simplicit\u00e9, qui se traduit par le refus de l&rsquo;inessentiel et un d\u00e9pouillement merveilleusement rafra\u00eechissant.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Lorsqu&rsquo;on lui demandait : \u00ab Quel est le principe ultime du bouddhisme ? \u00bb, un des grands Ma\u00eetres du Zen r\u00e9pondait : \u00ab Un morceau de brioche. \u00bb Et un autre : \u00ab Le vent souffle \u00e0 nouveau ce matin. \u00bb Chercher dans ces r\u00e9pliques quelque symbolisme obscur, c&rsquo;est \u00eatre tout \u00e0 fait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la question, car elles sont les r\u00e9ponses les plus simples et les plus compl\u00e8tes que l&rsquo;on puisse apporter aux grands probl\u00e8mes de la philosophie et de la religion. En effet, l&rsquo;id\u00e9e essentielle du Zen est que la r\u00e9ponse au probl\u00e8me de la vie (ou, si l&rsquo;on veut, au probl\u00e8me de Dieu) est si \u00e9vidente que point n&rsquo;est besoin m\u00eame de la chercher. Selon le Zen, si notre qu\u00eate d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame est si difficile, c&rsquo;est parce que nous cherchons en des lieux obscurs ce qui \u00e9clate au grand jour. Notre drame n&rsquo;est pas de n&rsquo;y point r\u00e9fl\u00e9chir assez, mais d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir beaucoup trop. L&rsquo;art, une fois encore, consiste \u00e0 savoir quand s&rsquo;arr\u00eater. Comme disait un autre ma\u00eetre du Zen : \u00ab Si vous voulez voir, contentez-vous d&rsquo;ouvrir les yeux. Lorsque vous commencez \u00e0 penser \u00e0 une chose, vous passez \u00e0 c\u00f4t\u00e9. \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le Zen r\u00e9pond aux questions profondes par des faits simples et \u00e9vidents de la vie quotidienne : \u00ab Le vent souffle \u00e0 nouveau ce matin. \u00bb Mais attention ! Ce n&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;expression ni d&rsquo;une esp\u00e8ce de panth\u00e9isme sentimental, ni d&rsquo;un mysticisme de la Nature, encore moins une mani\u00e8re philistine de dire : \u00ab Cessez de poser des questions idiotes et occupez-vous de votre travail&#8230; \u00bb S&rsquo;il est malais\u00e9 de parler du Zen, c&rsquo;est que toute tentative en vue de l&rsquo;expliquer le rend plus obscur. Quelqu&rsquo;un demandait au Ma\u00eetre Bokuju : \u00ab Il nous faut chaque jour nous v\u00eatir et manger. Comment nous accommodons-nous de cela ? \u00bb (autrement dit: comment s&rsquo;accommoder de routines insupportables ?) Bokuju r\u00e9pondit : \u00ab Nous nous v\u00eatons. Nous mangeons. \u00bb Le questionneur insista : \u00ab Je ne comprends pas. \u00bb \u00ab Si tu ne comprends pas, dit Bokuju, mets tes v\u00eatements et mange ta nourriture. \u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ces r\u00e9ponses peuvent sembler tr\u00e8s prosa\u00efques, tr\u00e8s sommaires et allant de soi, mais le ha\u00efku exprime en termes de po\u00e9sie la m\u00eame mani\u00e8re de voir la r\u00e9alit\u00e9 ultime. Encore une fois, il ne faut y chercher ni symbolisme ni mat\u00e9rialisme terre \u00e0 terre. Je pense que le meilleur moyen de se faire une id\u00e9e de cette po\u00e9sie est de se dire qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas absente de notre propre litt\u00e9rature : nombreux sont les po\u00e8mes dont nous n&rsquo;avons retenu qu&rsquo;un seul vers, par lequel le po\u00e8me a atteint, une seconde, \u00e0 la po\u00e9sie pure, qui est chose aussi malais\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir que la signification du Zen.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Blyth nous propose un grand choix de ha\u00efkus emprunt\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature anglaise. Citons-en quelques-uns :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le chant du ruisseau assoiff\u00e9<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>inaudible tout le jour<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 nouveau.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La chauve-souris myope <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>avec son petit cri per\u00e7ant <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>passe sur ses ailes de cuir.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Dans le fourr\u00e9, un oiseau <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>\u00e9l\u00e8ve un instant la voix <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>puis se tait.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Dans l&rsquo;ombre des feuilles les oranges brillent<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>comme des lampes d&rsquo;or<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>dans une nuit verte.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La merveille de ces quelques vers [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>], c&rsquo;est que dans chaque cas ils repr\u00e9sentent un moment d&rsquo;intense perception. Chacun de nous se rappelle avoir connu de tels instants, o\u00f9 se fait extraordinairement aigu\u00eb la conscience de la r\u00e9alit\u00e9 vivante, par la gr\u00e2ce de spectacles ou de sensations aussi simples que celles-l\u00e0 : un vol de pigeons \u00e9clair\u00e9s par le soleil devant un nuage sombre, un son de cloche dans le silence d&rsquo;un apr\u00e8s-midi d&rsquo;\u00e9t\u00e9 en montagne, le bruit lointain d&rsquo;un torrent au cr\u00e9puscule, l&rsquo;odeur d&rsquo;un feu de feuilles mortes en automne, une branche noire se dessinant sur un ciel d&rsquo;hiver&#8230; Lorsque j&rsquo;\u00e9voque de telles images, il me semble \u00e9baucher un ha\u00efku. Mais je n&rsquo;\u00e9prouve aucun d\u00e9sir d&rsquo;en faire de la litt\u00e9rature, car le sentiment \u00e9voqu\u00e9 est si intense par lui-m\u00eame qu&rsquo;il n&rsquo;appelle aucun commentaire et qu&rsquo;il suffit \u00e0 ma m\u00e9moire de s&rsquo;y arr\u00eater pendant quelques secondes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Et voil\u00e0 encore l&rsquo;un des secrets du Zen : c&rsquo;est que la vie se r\u00e9v\u00e8le le plus s\u00fbrement lorsqu&rsquo;on ne \u00ab s&rsquo;accroche \u00bb pas \u00e0 elle sentimentalement ou intellectuellement. Toucher du doigt et poursuivre sa route : tout l&rsquo;art est l\u00e0 ! C&rsquo;est pour cette raison que nos yeux voient le mieux lorsqu&rsquo;ils effleurent les choses et ne se fixent pas sur elles. Tout ce qui se fige, se fl\u00e9trit. Tout ce qui est important, vivant, \u00e9mouvant, est momentan\u00e9. Notre exp\u00e9rience de la vie ne conna\u00eet ni tr\u00eave ni retour en arri\u00e8re et nous ne la vivons vraiment que dans la mesure o\u00f9 nous la suivons comme l&rsquo;esprit suit la musique ou comme une feuille suit le fil de l&rsquo;eau. C&rsquo;est m\u00eame trop en dire d\u00e9j\u00e0, car d\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 nous nous attardons \u00e0 philosopher \u00e0 ce sujet, \u00e0 en tirer des le\u00e7ons, nous perdons le contact de la r\u00e9alit\u00e9 vivante. Le plus grand de tous les po\u00e8tes japonais, Bash\u00f4, l&rsquo;a dit :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Lorsque jaillit l&rsquo;\u00e9clair,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>admirable est celui qui ne pense pas<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>\u00ab La vie passe. \u00bb<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Et ce ha\u00efku lui-m\u00eame est discutable, dans la mesure o\u00f9 il commence \u00e0 philosopher, m\u00eame si c&rsquo;est contre la philosophie&#8230; Mais il ne fait que commencer, et l\u00e0 est le point important. Prendre trop parti contre la philosophie, est le fait d&rsquo;un intellectualisme aride tout autant que de trop prendre parti pour elle. Bash\u00f4 se trouve au c\u0153ur m\u00eame de la v\u00e9rit\u00e9 dans le plus c\u00e9l\u00e8bre de tous les ha\u00efkus :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le vieil \u00e9tang.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Une grenouille y plonge.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Plop !<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ces vers, dit-on, sont l&rsquo;expression du moment o\u00f9 Bash\u00f4 comprit pleinement le sens du Zen et o\u00f9, pour lui, le myst\u00e8re de l&rsquo;univers trouva son explication dans le \u00ab plop \u00bb de la grenouille plongeant dans l&rsquo;eau.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit est nomm\u00e9 mushin, litt\u00e9ralement l&rsquo;\u00e9tat-de-non-esprit. Nous le connaissons lorsque nous avons simplement conscience de ce qui est, sans le d\u00e9former par le m\u00e9canisme complexe de l&rsquo;analyse intellectuelle \u2014 ainsi que nous faisons par exemple lorsque, dans notre effort pour go\u00fbter pleinement la vie, nous ne nous contentons pas de sentir que nous sentons, mais nous sentons que nous sentons que nous sentons&#8230; L&rsquo;\u00e9tat de mushin est une forme extr\u00eamement claire de conscience non \u00e9gotiste, o\u00f9 le po\u00e8te n&rsquo;est plus distinct de son sujet, le \u00ab connaisseur \u00bb du \u00ab connu \u00bb. Si et lorsqu&rsquo;il parle de ses propres sentiments, il ne les consid\u00e8re pas comme des r\u00e9actions personnelles, mais comme une partie int\u00e9grante de l&rsquo;exp\u00e9rience qu&rsquo;il \u00e9voque :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le lointain \u00e9pouvantail<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>marchait avec moi <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>tandis que j&rsquo;allais.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le gr\u00e9sil tombe. <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Solitude infinie, <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>insondable.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Tristesse de l&rsquo;hiver.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Dans un monde d&rsquo;une seule couleur,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>le bruit du vent.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Brouillard du soir.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Je pense aux choses pass\u00e9es.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Comme elles sont loin!<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La forme litt\u00e9raire du ha\u00efku est encore plus rigide que celle du sonnet. Non seulement il doit comporter dix-sept syllabes, mais le choix du sujet lui-m\u00eame est soumis \u00e0 de nombreuses r\u00e8gles traditionnelles. Un ha\u00efku doit toujours \u00eatre \u00e9crit en tenant compte des saisons de l&rsquo;ann\u00e9e et de certains th\u00e8mes coutumiers : fleurs, arbres, insectes, animaux, f\u00eates ou paysages sont les plus usuels. Parfois un ha\u00efku semble \u00e9voquer une sc\u00e8ne assez conventionnelle, comme celui-ci, de Shiki\u00a0:<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Un saule<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>et deux ou trois vaches<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>attendant le bateau.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Au contraire, le po\u00e8te para\u00eet parfois se livrer ing\u00e9nument \u00e0 un exercice de style et se laisser aller \u00e0 des trouvailles de ce genre :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Une feuille morte<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>regagnant sa branche ? <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Non, c&rsquo;est un papillon.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Une porte de broussailles<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>avec, pour loquet,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>un escargot <\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">[<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>]<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mais les meilleurs ha\u00efkus sont ceux dont la perfection na\u00eet du contraste entre la rigidit\u00e9 de la forme et la profondeur du sentiment po\u00e9tique. Les artistes chinois et japonais admirent par-dessus tout une certaine sorte de contrainte, une forme d&rsquo;expression qui sugg\u00e8re plut\u00f4t qu&rsquo;elle ne d\u00e9crit, qui proc\u00e8de par allusion plut\u00f4t que par explication ou affirmation, un art qui fait la part belle \u00e0 l&rsquo;imagination du spectateur, du lecteur ou de l&rsquo;auditeur plut\u00f4t qu&rsquo;il ne rend sa participation superflue par le \u00ab fini \u00bb des d\u00e9tails. Mais en fait, dans le cas du ha\u00efku, on lui demande moins de compl\u00e9ter l&rsquo;\u0153uvre au sens propre que de partager l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit qu&rsquo;il \u00e9voque.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Les feuilles mortes<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>reposent l&rsquo;une sur l&rsquo;autre.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La pluie tombe sur la pluie<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">La contrainte dont nous parlions a pour objet la tentation de tout artiste de se faire valoir, de ne laisser \u00e0 son lecteur rien d&rsquo;autre \u00e0 faire qu&rsquo;admirer. L&rsquo;auteur de ha\u00efku doit, \u00e0 grand-peine, s&rsquo;imposer une forme d&rsquo;expression primitive et \u00ab inachev\u00e9e \u00bb qui ne prend son sens que dans un contexte social o\u00f9 le lecteur est, pour parler vulgairement, \u00ab dans le coup \u00bb. C&rsquo;est une po\u00e9sie o\u00f9 le lecteur est presque aussi important que le po\u00e8te et o\u00f9 le po\u00e8me est \u00ab r\u00e9ussi \u00bb dans la mesure o\u00f9 ce lecteur est capable d&rsquo;\u00e9prouver le sentiment qu&rsquo;il \u00e9voque alors que celui-ci n&rsquo;est pas explicitement formul\u00e9. Il ne s&rsquo;agit pas pour lui, comme c&rsquo;est le cas pour la po\u00e9sie chinoise de la d\u00e9cadence, de saisir des allusions intelligibles seulement pour un petit nombre d&rsquo;\u00e9rudits. On n&rsquo;attend pas du lecteur de ha\u00efkus qu&rsquo;il soit nourri de litt\u00e9rature, mais qu&rsquo;il ait le sens de la vie, des lieux, des saisons et, par-dessus tout, de l&rsquo;ind\u00e9finissable \u00ab vision zen \u00bb \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une perception aigu\u00eb de l&rsquo;\u00e9vidence des choses, non point de leur beaut\u00e9 out de leur laideur, de leurs caract\u00e8res ext\u00e9rieurs ou superficiels ni m\u00eame de leur essence abstraite, mais de leur tr\u00e8s concr\u00e8te \u00ab nature de choses \u00bb [<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le ha\u00efku est \u00e9videmment en harmonie avec (et souvent accompagne) un certain style de peinture qui, comme lui, ne soul\u00e8ve qu&rsquo;un coin du voile et laisse le reste \u00e0 l&rsquo;imagination du spectateur \u2014 comme par exemple lorsque l&rsquo;artiste se borne \u00e0 \u00e9baucher \u00e0 l&rsquo;encre noire un bambou ployant sous le vent et laisse vierge le reste de la feuille de papier. Ce genre de tableau a d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s souvent un ha\u00efku pour \u00ab l\u00e9gende \u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Je crois que les ha\u00efkus ont pour origine des anthologies de courtes citations de po\u00e8mes chinois, que les bouddhistes zen ont compos\u00e9es et utilis\u00e9es comme instruments de m\u00e9ditation. R. H. Blyth a rassembl\u00e9 un grand nombre de ces po\u00e8mes dans un de ses ouvrages, en les prenant dans un livre intitul\u00e9 <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Zenrin-Kushu<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">. L&rsquo;un d&rsquo;eux exprime ce que je disais plus haut d&rsquo;une mani\u00e8re un peu plus philosophique et, de ce fait, peut-\u00eatre un peu plus intelligible pour le lecteur occidental :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Si tu ne crois pas,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>regarde l&rsquo;automne.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Les feuilles jaunies tombent, tombent,<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>couvrant \u00e0 la fois la montagne et la rivi\u00e8re.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mais encore une fois il ne faut chercher l\u00e0 aucun symbole, aucune image de Dieu r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la beaut\u00e9 des feuilles d&rsquo;automne (ou l&rsquo;absence de Dieu exprim\u00e9e par la chute des feuilles), aucune allusion \u00e0 la nature transitoire de la vie ou \u00e0 quoi que ce soit du m\u00eame genre. La myst\u00e9rieuse et pourtant manifeste \u00e9vidence des choses devient claire lorsqu&rsquo;on se contente de la regarder sans poser de questions.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Gensha, un autre Ma\u00eetre du Zen, \u00e0 qui l&rsquo;on demandait comment s&rsquo;engager sur la voie du bouddhisme, r\u00e9pondit : \u00ab Entends-tu cette eau qui coule ? Voil\u00e0 le moyen d&rsquo;entrer. \u00bb Et le po\u00e8te Gochiku a fort bien exprim\u00e9 cela dans un ha\u00efku :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>La longue nuit. <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Le bruit de l&rsquo;eau <\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>dit ce que je pense<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">____________________________________________<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le terme ha\u00efka\u00ef, traditionnellement utilis\u00e9 en fran\u00e7ais, est, en japonais, plus g\u00e9n\u00e9ral et plus abstrait. Il d\u00e9signe un genre po\u00e9tique dont le ha\u00efku est une forme particuli\u00e8re. (Je dois cette pr\u00e9cision, dont je le remercie, \u00e0 M. Toshiro Uno, secr\u00e9taire de l&rsquo;ambassade du Japon \u00e0 Paris, charg\u00e9 des Affaires culturelles.) (C. E.)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Selon Harold Henderson, en 1957, il y avait au Japon environ cinquante publications mensuelles consacr\u00e9es au ha\u00efku. Il estimait que ces revues (et d&rsquo;autres faisant sa place \u00e0 la po\u00e9sie, y compris certains journaux financiers&#8230;) publiaient chaque ann\u00e9e plus d&rsquo;un million de haikus.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Note du traducteur : Nancy Wilson Ross propose ici au lecteur quelques traductions anglaises rim\u00e9es de ha\u00efkus par Harold Henderson, accompagn\u00e9es du texte japonais original et de sa traduction mot \u00e0 mot. Retenons \u00e0 notre tour quelques-uns de ces exemples, \u00e0 titre purement illustratif, et sans pr\u00e9tendre en donner une traduction fran\u00e7aise pleinement satisfaisante :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ce froid per\u00e7ant que je sens :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">le peigne de ma femme morte, dans notre chambre,<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">sous mon pied<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Mi-ni-shimu ya bo-sai-no kushi neya ni fumu <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Corps perc\u00e9 : femme morte peigne chambre en marchant<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Des fleurs sur le poirier <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Une femme lit une lettre <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">au clair de lune<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Nashi-no hana tsuki ni fumi-yomu onna ari<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">De poirier fleurs lune pr\u00e8s lisant-lettre femme il y a<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">BUSON (1715-1783).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Toutes les pluies de juin :<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">et un soir, secr\u00e8tement,<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">\u00e0 travers les pins, la lune<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Samidare ya aru yo hisokani matsu-no tsuki<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Juin-pluies : certaine nuit secr\u00e8tement des-pins lune<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">RYOTA (1718-1787).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Chose adorable \u00e0 voir<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">par un trou de la fen\u00eatre de papier,<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">le fleuve du Ciel<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Utsukushi ya shoji-no ana-no Amano-gawa<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Adorable : de la fen\u00eatre du trou C\u00e9leste-fleuve<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"right\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">ISSA (1762-1826).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Ce texte est celui d&rsquo;une causerie faite par Alan Watts \u00e0 la radio am\u00e9ricaine. La traduction fran\u00e7aise des ha\u00efkus qui l&rsquo;illustrent a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie d&rsquo;apr\u00e8s la version anglaise de R. H. Blyth. (C. E.)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Est-il besoin de dire que les exemples cit\u00e9s par Blyth ont de nombreux \u00e9quivalents dans la po\u00e9sie fran\u00e7aise de tous les temps ? \u00c0 la limite, on trouverait de v\u00e9ritables ha\u00efkus sous la plume d&rsquo;un Francis Ponge, notamment. (C. E.)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\" align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">Le lecteur fran\u00e7ais ne pourra s&#8217;emp\u00eacher de penser ici \u00e0 certaines images des <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"><i>Histoires naturelles<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\"> de Jules Renard. Mais le contexte montre qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 de ressemblances purement accidentelles \u2014 et d&rsquo;ailleurs, Alan Watts le souligne suffisamment, ces ha\u00efkus sont loin d&rsquo;\u00eatre les plus \u00ab parfaits \u00bb. (C. E.)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-CA\">En anglais : Thinginess. (C. E.)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>introduction Le Zen trouve tout naturellement son expression la plus spontan\u00e9e dans la po\u00e9sie plut\u00f4t que dans la philosophie, car il a plus d&rsquo;affinit\u00e9s avec le sentiment qu&rsquo;avec l&rsquo;intelligence. D. T. SUZUKI. Le Japon a un go\u00fbt tout particulier pour le ha\u00efku [1], po\u00e8me rapide, court, \u00e9vocateur, de dix-sept syllabes. 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