{"id":2691,"date":"2010-02-15T19:08:45","date_gmt":"2010-02-15T18:08:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=2691"},"modified":"2011-09-05T23:47:32","modified_gmt":"2011-09-05T22:47:32","slug":"la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/","title":{"rendered":"La divinisation de l&rsquo;homme par B. L. Atreya"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Extrait de L\u2019homme et la connaissance, \u00e9dition Le courrier du livre 1965)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur B. L. Atreya, ancien professeur de psychologie, philosophie et religions \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de B\u00e9nar\u00e8s, poss\u00e8de, en Inde, une r\u00e9putation \u00e9tendue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est sp\u00e9cialiste d&rsquo;un ouvrage manuscrit, le Yoga-VASISHTHA, auquel il a consacr\u00e9 de nombreux et profonds travaux. Cet ouvrage est attribu\u00e9 au Sage l\u00e9gendaire Vasishtha. Il semble avoir \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 au cours du premier mill\u00e9naire de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne et constitue l&rsquo;un des trait\u00e9s les plus importants mais aussi les plus m\u00e9connus en Occident que l&rsquo;Inde ait consacr\u00e9s au Vedanta.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mot Vedanta d\u00e9signe l&rsquo;une des philosophies, ou pour mieux dire \u00ab points de vue \u00bb (\u00ab darshana \u00bb en sanscrit) au moyen desquels s&rsquo;exprime une certitude imm\u00e9moriale en Inde : celle de fonci\u00e8re unit\u00e9 qui forme la base m\u00eame et de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers. Le monde est R\u00e9alit\u00e9 homog\u00e8ne, \u00ab Brahman \u00bb. L&rsquo;homme est capable d&rsquo;apercevoir en lui-m\u00eame cette r\u00e9alit\u00e9, au terme d&rsquo;une asc\u00e8se appropri\u00e9e (\u00ab Yoga \u00bb). Il reconna\u00eet alors qu&rsquo;elle est l&rsquo;\u00e9toffe m\u00eame de son \u00eatre, \u00ab le Soi \u00bb (Atman, Param\u00e2tman).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La DIVINISATION DE L&rsquo;HOMME constitue un r\u00e9sum\u00e9 magistral de l&rsquo;aspect \u00ab yoga \u00bb du YOGA-VASISHTHA. L&rsquo;arme de ce yoga est \u00ab Connaissance \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire intuition du R\u00e9el nourrie par une conviction rationnelle. Il culmine en une \u00ab R\u00e9alisation du Soi \u00bb qui conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;homme son plus haut accomplissement : il jaillit alors hors des mis\u00e8res de ce monde, il est un \u00ab lib\u00e9r\u00e9 \u00bb, (\u00ab j\u00eevan-mukta \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&rsquo;avons pas reproduit les distiques sanscrits qui accompagnent le texte original, non plus que les divers termes sanscrits, mais nous avons respect\u00e9 la fa\u00e7on dont le Professeur Atreya les traduit : c&rsquo;est-\u00e0-dire suivant l&rsquo;esprit plut\u00f4t que mot \u00e0 mot. Souvent, du reste, se borne-t-il \u00e0 les r\u00e9sumer. Les num\u00e9ros qui les rep\u00e8rent dans l&rsquo;\u0153uvre sanscrite ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s. Nous avons, de plus, all\u00e9g\u00e9 le texte en effectuant un tri parmi les citations d&rsquo;auteurs contemporains qui y figurent, au profit de ceux auxquels le public de langue fran\u00e7aise reconna\u00eet quelque notori\u00e9t\u00e9. Le professeur Atreya a donn\u00e9 deux conf\u00e9rences en ao\u00fbt 1964, \u00e0 \u00ab L&rsquo;Homme et la Connaissance \u00bb. Le texte qui suit, est reproduit avec son aimable autorisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LA DIVINISATION DE. L&rsquo;HOMME Ses m\u00e9thodes et ses \u00e9tapes d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;enseignement du Yoga-Vasishtha<\/strong> (Traduit de l&rsquo;anglais par Patrick Lebail)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab <em>prabuddh\u00e2n\u00e2rn mano r\u00e2ma bramaiva hi netarat<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">(Yogav\u00e2sishtha, 3-97-11).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab O Rama ! l&rsquo;esprit de ceux qui ont connu l&rsquo;\u00c9veil n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le Brahman \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En Inde, la philosophie ne s&rsquo;est jamais born\u00e9e \u00e0 rechercher de fa\u00e7on purement intellectuelle la connaissance de l&rsquo;ultime R\u00e9alit\u00e9. La t\u00e2che d&rsquo;un philosophe n&rsquo;y est pas termin\u00e9e quand il a construit un syst\u00e8me m\u00e9taphysique qui satisfasse l&rsquo;intelligence. L&rsquo;intelligence n&rsquo;est pas la totalit\u00e9 de l&rsquo;homme : il existe en lui d&rsquo;autres aspects qui t\u00e9moignent d&rsquo;autant ou plus de vitalit\u00e9 dans leur recherche de leur accomplissement. Autant qu&rsquo;au Savoir, un homme aspire \u00e0 la Puissance et \u00e0 la Joie. On peut assur\u00e9ment douter que l&rsquo;homme e\u00fbt jamais philosoph\u00e9 s&rsquo;il \u00e9tait parfaitement heureux et si tous ses besoins \u00e9taient satisfaits. La pr\u00e9occupation fondamentale de l&rsquo;homme n&rsquo;est donc pas de savoir ce qu&rsquo;est Dieu, mais de savoir comment il peut devenir Dieu. Si le Dieu absolu, satisfait en Soi-m\u00eame et parfait, est B\u00e9atitude intrins\u00e8que, \u00e9ternellement exempte de besoins, en quoi cela nous concerne-t-il ? C&rsquo;est comme s&rsquo;il existait en quelque endroit un immense tr\u00e9sor, mais dont l&rsquo;usage nous soit \u00e0 jamais interdit. Toute chose nous est ch\u00e8re en raison de l&rsquo;amour que nous \u00e9prouvons pour nous-m\u00eame. Cette v\u00e9rit\u00e9 de tous les temps a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par Yajnavalkya<a href=\"#_edn1\">[1]<\/a> dans un lointain pass\u00e9. Une part importante de la t\u00e2che d&rsquo;un philosophe est, par cons\u00e9quent, de d\u00e9terminer comment la vie humaine, caract\u00e9ris\u00e9e par la souffrance et l&rsquo;agitation, peut se transmuer en vie divine, parfaite et b\u00e9atifique. C&rsquo;est ce que l&rsquo;auteur du Yoga-Vasishtha tente de faire. Nous allons jeter, dans ce qui suit, un coup d&rsquo;\u0153il, \u00e0 vol d&rsquo;oiseau, sur la m\u00e9thode qu&rsquo;il pr\u00e9conise pour r\u00e9aliser<a href=\"#_edn2\">[2]<\/a> la Conscience Divine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Toutes les cr\u00e9atures \u00bb, dit l&rsquo;auteur du Yoga-Vasishtha, \u00ab s&rsquo;efforcent d&rsquo;\u00eatre heureuses \u00bb. Mais on ne trouve presque personne qui soit heureux dans le monde. \u00ab Le monde est plein d&rsquo;affliction et de souffrances dans toutes les directions \u00bb. Cependant, toute la souffrance du monde est due \u00e0 l&rsquo;ignorance de la nature v\u00e9ritable du Soi, du Monde, et de leurs relations. \u00ab Elle ne touche pas l&rsquo;homme qui sait ce qui vaut d&rsquo;\u00eatre su, et qui poss\u00e8de la vision juste \u00bb. \u00ab La racine de toutes les souffrances est tranch\u00e9e par la vision du Soi \u00bb. \u00ab Ignorer le Soi est la source de toutes les peines ; le conna\u00eetre est celle de la b\u00e9atitude et de la paix sans d\u00e9clin \u00bb. \u00ab On peut bien r\u00e9gner sur le monde ; on n&rsquo;atteint pas la Paix de ce fait, \u00e0 moins qu&rsquo;on ne connaisse le Soi \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>QU&rsquo;EST-CE QUE LE SOI ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;est-ce donc que le Soi, dont la connaissance entra\u00eene la fin de toutes les souffrances ? Si l&rsquo;on en croit Vasishtha, on rencontre couramment chez les gens l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des quatre opinions au sujet du Soi, d&rsquo;apr\u00e8s le degr\u00e9 d&rsquo;\u00e9volution auquel ils sont parvenus. La quatri\u00e8me de ces opinions est correcte : il y faut parvenir pour \u00eatre v\u00e9ritablement heureux. La premi\u00e8re opinion est \u00ab je suis le corps \u00bb. La seconde est : \u00ab je suis l&rsquo;esprit \u00bb (l&rsquo;ensemble des facult\u00e9s mentales). La troisi\u00e8me est : \u00ab je suis cet esprit qui r\u00e9side au-dessus (ou au-del\u00e0) du corps et de l&rsquo;esprit, et qui est plus immat\u00e9riel encore que la centi\u00e8me partie de la pointe d&rsquo;un cheveu \u00bb. La quatri\u00e8me conviction au sujet du Soi est : \u00ab je suis l&rsquo;Univers entier, je suis \u00e9ternelle vacuit\u00e9, de la nature de l&rsquo;espace \u00bb. \u00ab Je suis toutes choses dans l&rsquo;Univers : le ciel, les directions, les dieux, les d\u00e9mons, l&rsquo;obscurit\u00e9, les nuages, les oc\u00e9ans, l&rsquo;air, le feu, etc&#8230; \u00bb. \u00ab Tout ce qui existe dans l&rsquo;Univers est une portion de moi-m\u00eame, comme les vagues sont des portions de l&rsquo;oc\u00e9an \u00bb. \u00ab Je suis le parfum des fleurs, la beaut\u00e9 des beaut\u00e9s, la conscience \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan des formes \u00bb. \u00ab Il voit v\u00e9ridiquement, qui voit ainsi \u00bb. Ainsi le Soi r\u00e9el est-il identique \u00e0 Brahman que le Yoga Vasishtha d\u00e9crit en ces termes : \u00ab Tout le r\u00e9seau du vaste Univers est la manifestation du Brahman \u00bb. Le Soi est donc cette r\u00e9alit\u00e9 \u00ab d&rsquo;o\u00f9 \u00e9manent tous les \u00eatres, o\u00f9 ils r\u00e9sident, et dans laquelle ils reviennent se fondre ; la Conscience o\u00f9 apparaissent, puis disparaissent le connaisseur, le connu et la connaissance ; le percevant, le per\u00e7u et la perception ; l&rsquo;agent, l&rsquo;action et l&rsquo;instrument. C&rsquo;est l&rsquo;immense joie, dont quelques \u00e9tincelles sont dispers\u00e9es sur la Terre et dans les Cieux, et pour laquelle vivent toutes les cr\u00e9atures \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre id\u00e9al \u00e0 nous tous est de conna\u00eetre le Soi. A moins que nous ne parvenions \u00e0 cette r\u00e9alisation, nous ne pouvons pas \u00eatre heureux. Etre pleinement conscient que notre \u00eatre est l&rsquo;Infinie Totalit\u00e9, c&rsquo;est le but de toutes les cr\u00e9atures, but qu&rsquo;elles atteindront quelque jour. L&rsquo;humanit\u00e9 est parvenue de nos jours au point de son \u00e9volution o\u00f9 elle conna\u00eet quelques brefs aper\u00e7us de cet \u00e9tat dans les r\u00e9v\u00e9lations occasionnelles de l&rsquo;exp\u00e9rience mystique. Cette exp\u00e9rience est diff\u00e9rente des trois \u00e9tats bien connus de l&rsquo;\u00eatre : il est \u00e9veill\u00e9, il r\u00eave ou il dort profond\u00e9ment. On l&rsquo;appelle \u00ab le quatri\u00e8me, \u00ab Tur\u00eeya \u00bb. \u00ab Nous y trouvons une lointaine ressemblance avec cette D\u00e9it\u00e9 que nous sommes \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LA CONNAISSANCE, SEULE VOIE DE R\u00c9ALISATION DU SOI<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha, il n&rsquo;existe aucune voie de R\u00e9alisation du Soi hormis la Connaissance. \u00ab L&rsquo;asc\u00e9tisme, les p\u00e8lerinages, la distribution des aum\u00f4nes, les sacrifices, les bains dans les rivi\u00e8res sacr\u00e9es, l&rsquo;\u00e9tude des Ecritures, l&rsquo;accomplissement des devoirs rituels, etc., tout cela n&rsquo;est d&rsquo;aucun usage \u00bb. C&rsquo;est par la seule connaissance que l&rsquo;individu peut r\u00e9aliser sa propre D\u00e9it\u00e9. La Connaissance est le seul moyen qui fait appara\u00eetre la Conscience du divin. \u00ab Bhakti \u00bb, la d\u00e9votion \u00e0 un Dieu personnel ou \u00e0 un Ma\u00eetre, n&rsquo;est aucunement requise et ne sert pas \u00e0 grand-chose pour r\u00e9aliser le Soi. Vasishtha croit in\u00e9branlablement qu&rsquo;il ne faut compter que sur soi-m\u00eame. Il affirme avec force : \u00ab On est soi-m\u00eame son propre ami, ou bien son propre ennemi. Aucun palliatif ne peut \u00eatre envisag\u00e9 si l&rsquo;on n&rsquo;est pas l&rsquo;artisan de son propre salut \u00bb. \u00ab Ce que l&rsquo;on n&rsquo;atteint pas soi-m\u00eame, par un effort personnel et persistant, ne peut \u00eatre atteint par nul autre proc\u00e9d\u00e9 dans aucun des trois mondes \u00bb. \u00ab Le Dieu vrai que l&rsquo;on doit adorer, c&rsquo;est le Soi que l&rsquo;on poss\u00e8de. Il n&rsquo;est aucun besoin d&rsquo;adorer tout autre dieu \u00bb. \u00ab Ceux qui abandonnent le dieu qui r\u00e9side en leur propre c\u0153ur et vont \u00e0 d&rsquo;autres dieux sont comparables \u00e0 ceux qui jettent les pierres pr\u00e9cieuses qu&rsquo;ils ont en main pour rechercher les verroteries \u00bb. Les Dieux, m\u00eame quand on les satisfait par la d\u00e9votion, ne peuvent conf\u00e9rer la r\u00e9alisation du Soi \u00e0 ceux qui ne mettent pas en \u0153uvre leur propre pens\u00e9e. \u00ab La d\u00e9votion aux Dieux, comme Vishnu, est invent\u00e9e pour mettre sur le droit chemin les gens peu intelligents qui r\u00e9pugnent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, l&rsquo;effort et la pens\u00e9e \u00bb. \u00ab Les modes artificiels et spectaculaires du culte de Dieu ne sont destin\u00e9s qu&rsquo;aux ignorants, comme \u00e0 ceux dont les \u00e2mes instables n&rsquo;ont pas atteint leur maturit\u00e9 \u00bb. \u00ab Le Dieu qui r\u00e9side en notre c\u0153ur ne peut \u00eatre atteint et trouv\u00e9 que par le seul Savoir \u00bb. Quelle que soit la sagesse d&rsquo;un Ma\u00eetre, il ne peut d\u00e9ifier l&rsquo;individu qui ne pense pas par lui-m\u00eame et ne fait aucun effort en vue de la R\u00e9alisation du Soi : \u00ab Si un Ma\u00eetre Spirituel est capable d&rsquo;exalter quiconque sans en requ\u00e9rir nul effort, pourquoi n&rsquo;exalte-t-il pas un taureau, un \u00e9l\u00e9phant, un chameau ? \u00bb. Ainsi, \u00ab rien de grand n&rsquo;est jamais accompli par le truchement d&rsquo;un Dieu ou d&rsquo;un Ma\u00eetre quels qu&rsquo;ils soient \u00bb. \u00ab Quoi que ce soit que quiconque accomplisse, en aucun lieu, en aucun temps, il l&rsquo;accomplit en mettant en \u0153uvre ses propres forces \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Shankara<a href=\"#_edn3\">[3]<\/a> attache une grande importance au renoncement de la vie familiale dans le but d&rsquo;atteindre la R\u00e9alisation du Soi. \u00ab Ty\u00e2ga \u00bb (le renoncement) et \u00ab Samny\u00e2sa \u00bb (l&rsquo;\u00e9tat monastique) lui paraissent \u00eatre tout \u00e0 fait indispensables. Le Bouddhisme des origines est, de m\u00eame, une religion de \u00ab bhiksus \u00bb (reclus).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La Bhagavad-G\u00eet\u00e2<a href=\"#_edn4\">[4]<\/a> cependant semble bien pr\u00eacher que les devoirs enjoints par les Sh\u00e2stras<a href=\"#_edn5\">[5]<\/a> ne doivent pas \u00eatre abandonn\u00e9s. Il les faut accomplir sans attachement ni motif personnel. Renoncer compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;action est impossible, et Krishna ne l&rsquo;exige pas non plus. L&rsquo;opinion de Vasishtha sur l&rsquo;action est tr\u00e8s proche de celle de Krishna. D&rsquo;apr\u00e8s lui, \u00ab il n&rsquo;importe aucunement, pour la r\u00e9alisation du Soi, qu&rsquo;on accomplisse ou qu&rsquo;on abandonne aucune action religieuse, morale, ou profane \u00bb. Il est stupide d&rsquo;imaginer qu&rsquo;on puisse renoncer \u00e0 l&rsquo;action : \u00ab Vivre, c&rsquo;est agir. Penser, c&rsquo;est agir. Tant qu&rsquo;on vit, on agit \u00bb. Il est impossible de renoncer aux activit\u00e9s tant physiques que profanes : \u00ab La racine de l&rsquo;action, c&rsquo;est le d\u00e9sir ou la volont\u00e9. C&rsquo;est elle, en fait, qu&rsquo;il faut trancher, pour s&rsquo;\u00e9pargner l&rsquo;effet assujettissant des actions \u00bb. On doit abandonner le d\u00e9sir et la volont\u00e9 personnels, non les actions : \u00ab Ceux qui abandonnent les actions ext\u00e9rieures sans en avoir abandonn\u00e9 le d\u00e9sir accomplissent un renoncement qui n&rsquo;est pas renoncement. Ils essaient, pour tout dire, de frapper l&rsquo;espace vide au moyen d&rsquo;un b\u00e2ton \u00bb. \u00ab Le d\u00e9mon du renoncement d\u00e9vore les imb\u00e9ciles qui tentent cette renonciation aux actions, laquelle n&rsquo;est pas du tout une renonciation\u00a0\u00bb.\u00a0 D&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha, la R\u00e9alisation du Soi n&rsquo;exige m\u00eame pas qu&rsquo;on se retire dans une for\u00eat, qu&rsquo;on renonce \u00e0 la vie comme aux activit\u00e9s du monde. La vie au foyer, avec ses travaux absorbants, n&rsquo;est pas un obstacle \u00e0 la R\u00e9alisation du Soi. Ceux dont l&rsquo;esprit est instable et remuant ne retirent pas le moindre avantage d&rsquo;une retraite dans la for\u00eat loin des activit\u00e9s de la vie et des perturbations de l&rsquo;existence ordinaire. \u00ab La maison est une calme for\u00eat pour celui dont l&rsquo;\u00e2me est en paix, tandis que la for\u00eat ressemble \u00e0 une cit\u00e9 bruyante, pleine d&rsquo;hommes et de mouvement, pour celui dont l&rsquo;\u00e2me ne conna\u00eet pas la paix int\u00e9rieure \u00bb. L&rsquo;histoire de la reine Chud\u00e2l\u00e2 et de son mari Shikhidhwaja, dans le chapitre du \u00ab Nirv\u00e2na Prakarana \u00bb en est une magnifique illustration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Vasishtha insiste grandement sur ce point : \u00ab Un sage doit pr\u00e9f\u00e9rer ne pas se retirer de la vie active du monde, bien qu&rsquo;elle ne l&rsquo;assujettisse en aucune fa\u00e7on \u00bb. La plupart de ses Lib\u00e9r\u00e9s (\u00ab J\u00eevanmuktas \u00bb), c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux qui ont r\u00e9alis\u00e9 leur propre d\u00e9it\u00e9, r\u00e8gnent sur des empires et font b\u00e9n\u00e9ficier les autres de leur sagesse. Il s&rsquo;ensuit bien que, si l&rsquo;on en croit Vasishtha, ni la d\u00e9votion \u00e0 un Dieu personnel, ni le renoncement aux activit\u00e9s, ne constituent un moyen de divinisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Savoir Juste qui divinise l&rsquo;homme consiste en une conviction pleine et enti\u00e8re, obtenue par l&rsquo;exercice personnel de la pens\u00e9e, de l&rsquo;identit\u00e9 parfaite entre tous les objets de ce monde et le Brahman, qui est notre Soi r\u00e9el. \u00ab La conviction que le seul Param\u00e2tman la conscience infinie, sans commencement et sans fin\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 est l&rsquo;unique R\u00e9alit\u00e9, voil\u00e0 la vraie Connaissance \u00bb. Cette vraie connaissance ne peut s&rsquo;acqu\u00e9rir que par la r\u00e9flexion et l&rsquo;effort. \u00ab On ne peut se convaincre de cette v\u00e9rit\u00e9 par nul autre moyen que l&rsquo;acuit\u00e9 de son propre intellect \u00bb. \u00ab Il faut r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la nature du monde, y d\u00e9couvrir ce qui est r\u00e9el et ce qui est irr\u00e9el, puis accepter la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. D&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha \u00ab le but de toute pens\u00e9e philosophique est la V\u00e9rit\u00e9 \u00bb, \u00ab son guide est la raison \u00bb, \u00ab sa source est l&rsquo;exp\u00e9rience \u00bb. \u00ab C&rsquo;est en interpr\u00e9tant rationnellement notre exp\u00e9rience que nous parvenons \u00e0 cette v\u00e9rit\u00e9 qui am\u00e8ne la paix \u00bb. Mais, pour que nous puissions penser juste, il nous faut \u00e9duquer et former notre esprit. Cette \u00e9ducation de l&rsquo;esprit s&rsquo;effectue \u00ab par l&rsquo;\u00e9tude des \u0153uvres philosophiques, par la fr\u00e9quentation des Sages, et en menant une vie aussi pure que noble \u00bb. \u00ab Un sinc\u00e8re \u00e9tudiant du vrai doit toujours garder ouvertes les fen\u00eatres de son c\u0153ur, pour recevoir la lumi\u00e8re de toutes les directions, mais il ne doit jamais s&rsquo;appuyer sur aucun credo, ni aucune \u00e9criture particuli\u00e8re, ni en \u00eatre l&rsquo;esclave. Les Ecritures n&rsquo;apportent pas beaucoup de secours \u00bb. \u00ab Si l&rsquo;Ecriture pr\u00e9sente des assertions illogiques ou irrationnelles, qui vont contre le verdict de l&rsquo;exp\u00e9rience, il en faut rejeter l&rsquo;autorit\u00e9 \u00bb. \u00ab On doit accepter les assertions raisonnables, m\u00eame si elles \u00e9manent d&rsquo;un enfant ; et celles du Cr\u00e9ateur lui-m\u00eame doivent \u00eatre rejet\u00e9es comme f\u00e9tus de paille si elles sont d\u00e9raisonnables \u00bb. \u00ab Les \u0153uvres d&rsquo;hommes ordinaires doivent \u00eatre pris\u00e9es et \u00e9tudi\u00e9es si elles sont rationnelles et nous illuminent, tandis que les fid\u00e8les de la raison doivent rejeter m\u00eame celles des Rishis<a href=\"#_edn6\">[6]<\/a> si elles ne le sont pas \u00bb. \u00ab La personne sentimentale est un esclave. Elle ressemble \u00e0 celui qui pr\u00e9f\u00e8re boire l&rsquo;eau malsaine d&rsquo;un puits, parce que ce puits fut creus\u00e9 par le p\u00e8re qu&rsquo;il aimait, et rejette l&rsquo;eau salutaire du Gange qu&rsquo;il a sous la main \u00bb. \u00ab Le Soi ne nous est montr\u00e9 ni par les Sh\u00e2stras, ni par le Guru (le Ma\u00eetre). On le voit par un savoir personnel, auquel on parvient en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Jn\u00e2na \u00bb, la Connaissance, dont Vasishtha affirme que c&rsquo;est la seule voie de R\u00e9alisation du Soi, ne doit pas demeurer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de simple conviction intellectuelle, comme c&rsquo;est le sort de la plupart des croyances philosophiques chez la vaste majorit\u00e9 des gens. La conviction intellectuelle doit se transformer avec le temps en intuition directe. Pour mieux dire, l&rsquo;individu doit grandir et grandir encore, pour se fondre en l&rsquo;Absolu et vivre la vie de l&rsquo;Absolu. La Connaissance du Soi, dans son acception la plus pleine, c&rsquo;est vivre v\u00e9ritablement l&rsquo;Exp\u00e9rience absolue. C&rsquo;est compl\u00e8te identification avec l&rsquo;Etre Divin. C&rsquo;est se mettre au parfait diapason de l&rsquo;Infini. C&rsquo;est penser comme Dieu penserait, sentir comme Dieu sentirait, agir comme Dieu agirait. C&rsquo;est devenir l&rsquo;Etre Divin. C&rsquo;est r\u00e9aliser pleinement le But de l&rsquo;Existence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Upanishads, la Bhagavad-G\u00eet\u00e2 et le Yoga-Vasishtha sont tous du m\u00eame avis, sans la moindre \u00e9quivoque : la Divinisation est le but du savoir v\u00e9ritable. Notre philosophie ne doit donc pas rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9tiage d&rsquo;une croyance intellectuelle. Il en faut vivre. Ceux qui ne vivent pas suivant leur philosophie sont qualifi\u00e9s de \u00ab jn\u00e2na-bandhus \u00bb (familiers du savoir) par Vasishtha, tandis qu&rsquo;il appelle \u00ab jn\u00e2nins \u00bb (ceux qui savent) ceux qui vivent leur philosophie. \u00ab Celui qui ne met pas en pratique son savoir, il est un \u00ab jn\u00e2nabandhu \u00bb, il est loin du vrai savoir, et pourtant il pense qu&rsquo;il sait \u00bb. La connaissance qui n&rsquo;est pas mise en pratique s&rsquo;\u00e9vanouit avec le temps. Comme l&rsquo;a dit Philon : \u00ab L&rsquo;esprit qui souhaite saisir Dieu doit devenir Dieu lui-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette sorte de vie dans la R\u00e9alisation du Soi ne saurait s&rsquo;actualiser en un instant, comme par magie. Nos limitations ont derri\u00e8re elles un long pass\u00e9. Une simple illumination de l&rsquo;intellect peut bien nous convaincre du caract\u00e8re illusoire de nos limitations, mais nous continuons \u00e0 en \u00e9prouver l&rsquo;illusion. Vasishtha, de ce fait, nous enjoint de ne pas nous satisfaire de la seule connaissance mentale, mais de nous efforcer avec constance et assiduit\u00e9 d&rsquo;actualiser ce savoir et r\u00e9aliser notre D\u00e9it\u00e9. Vasishtha appelle \u00ab Yoga \u00bb cette pratique orient\u00e9e vers la R\u00e9alisation du Soi. Son id\u00e9al est \u00ab la quatri\u00e8me sorte d&rsquo;exp\u00e9rience dont le sens est participation \u00e0 l&rsquo;Absolu, qui est r\u00e9alisation de la b\u00e9atitude inconditionn\u00e9e, qui est de la nature de la Conscience, en laquelle les autres exp\u00e9riences veille, sommeil, etc&#8230; ne sont m\u00eame pas pr\u00e9sentes en puissance \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>M\u00c9THODE PRATIQUE POUR LA R\u00c9ALISATION DU Soi<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Par quel chemin la R\u00e9alisation du Soi doit-elle donc progresser en pratique ? Le Yoga-Vasishtha sugg\u00e8re un canevas bien d\u00e9fini pour la m\u00e9thode \u00e0 suivre, qui ne n\u00e9glige aucun des aspects de notre existence. Notre vie pr\u00e9sente en a trois : spirituel, mental et physique. Le premier correspond approximativement \u00e0 ce que les auteurs modernes appellent le subconscient. Le second, c&rsquo;est notre vie mentale : pens\u00e9es, \u00e9motions, d\u00e9sirs, etc&#8230; Le troisi\u00e8me est le corps physique o\u00f9 le mouvement incessant des \u00ab pr\u00e2nas \u00bb \u00a0&#8211; les courants vitaux &#8211; entretient la vie. Tous ces aspects de notre personnalit\u00e9 sont en relations r\u00e9ciproques tr\u00e8s intimes. Pour cesser d&rsquo;\u00e9prouver les limitations, de fa\u00e7on \u00e0 vivre dans l&rsquo;exp\u00e9rience absolue, il est n\u00e9cessaire que nous nous affranchissions des entraves qu&rsquo;apportent le corps, l&rsquo;esprit et l&rsquo;individualit\u00e9 (notre moi subconscient). Il nous faut, en cons\u00e9quence, disposer d&rsquo;un corpus de pratiques, de modes de culture personnelle, qui nous permette de nous transmuer en l&rsquo;infini Brahman, en partant de l&rsquo;aspect de notre exp\u00e9rience qui peut nous \u00eatre le plus favorable. Vasishtha sugg\u00e8re donc trois directions le long desquelles il nous est loisible d&rsquo;avancer pour r\u00e9aliser notre D\u00e9it\u00e9. Il nous dit aussi que nous avons le choix entre elles ; nous retiendrons celle qui correspond \u00e0 nos possibilit\u00e9s et notre tournure d&rsquo;esprit. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le terme Yoga signifie :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1) affirmation profonde de la R\u00e9alit\u00e9 unique ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2) ma\u00eetrise de l&rsquo;esprit ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3) arr\u00eat des mouvements des courants vitaux (les pr\u00e2nas) \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si on r\u00e9ussit pleinement en l&rsquo;une de ces pratiques \u00ab les deux autres s&rsquo;ensuivent \u00bb. Toutefois, il penche pour la seconde m\u00e9thode la ma\u00eetrise et l&rsquo;entra\u00eenement de l&rsquo;esprit probablement parce qu&rsquo;elle est plus facile que les autres et qu&rsquo;elle est aussi plus attrayante pour un homme cultiv\u00e9. \u00ab Des trois m\u00e9thodes, la ma\u00eetrise de l&rsquo;esprit est la meilleure parce qu&rsquo;elle est d&rsquo;un accomplissement relativement facile et m\u00e8ne rapidement \u00e0 la paix \u00bb. Nous allons maintenant \u00e9tudier en d\u00e9tail ces trois m\u00e9thodes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>I. PRATIQUE DE L&rsquo;AFFIRMATION PROFONDE DE LA R\u00c9ALIT\u00c9 UNIQUE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Lorsqu&rsquo;on affirme constamment et profond\u00e9ment que l&rsquo;on est un avec la R\u00e9alit\u00e9 Unique, on arrive \u00e0 la paix de l&rsquo;esprit ; quand l&rsquo;esprit s&rsquo;est fondu dans le Soi, l&rsquo;activit\u00e9 des pr\u00e2nas s&rsquo;arr\u00eate \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;affirmation profonde peut se faire de trois fa\u00e7ons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) On peut m\u00e9diter sur le fait qu&rsquo;on est un avec le Brahman, et dans le cours de toutes les activit\u00e9s, ses pens\u00e9es et ses \u00e9motions, affirmer en esprit que l&rsquo;on est le Brahman. Le nom de ce processus est Brahmabh\u00e2van\u00e2. Vasishtha remarque \u00e0 son sujet : \u00ab On devient ce que, sans rel\u00e2che, on affirme \u00eatre. On se remplit de pouvoirs aussi grands qu&rsquo;on puisse d\u00e9sirer, en proportion de l&rsquo;affirmation qu&rsquo;on en fait \u00bb. \u00ab Le moi devient l&rsquo;Infinie Totalit\u00e9 en affirmant qu&rsquo;il l&rsquo;est \u00bb. \u00ab L&rsquo;esprit de celui qui m\u00e9dite sur le Brahman absolu dispara\u00eet par manque d&rsquo;objet fini, l&rsquo;activit\u00e9 des pr\u00e2nas s&rsquo;arr\u00eate aussi, l&rsquo;exp\u00e9rience absolue subsiste seule dans sa lumi\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">b) On peut affirmer son identit\u00e9 avec le Brahman absolu en r\u00e9alisant que les objets sont absolument irr\u00e9els en tant que diff\u00e9rents du Brahman. Comme tout est Brahman<a href=\"#_edn7\">[7]<\/a> rien n&rsquo;est r\u00e9el en soi. Ce processus porte les noms de \u00ab Pad\u00e2rtha-bh\u00e2vana-ty\u00e2ga \u00bb ou \u00ab Pad\u00e2rth\u00e2-bhava-bh\u00e2van\u00e2 \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire : r\u00e9aliser l&rsquo;irr\u00e9alit\u00e9 absolue d&rsquo;objets diff\u00e9rents du Soi. C&rsquo;est affirmer le Soi en niant le non-Soi. Vasishtha nous en dit : \u00ab Ils peuvent pratiquer en eux-m\u00eames l&rsquo;affirmation du Brahman ceux qui, en s&rsquo;aidant des Ecritures et de la logique, tentent de r\u00e9aliser l&rsquo;irr\u00e9alit\u00e9 absolue du sujet et de l&rsquo;objet \u00bb. \u00ab La libert\u00e9 consiste en l&rsquo;absence du sentiment d&rsquo;un moi limit\u00e9 ainsi que d&rsquo;un monde objectif ; elle n&rsquo;est pas r\u00e9alis\u00e9e sans que soit r\u00e9alis\u00e9e l&rsquo;irr\u00e9alit\u00e9 absolue du monde et du moi \u00bb. De la sorte, nous sommes \u00e0 m\u00eame de r\u00e9aliser notre Libert\u00e9 et notre Infinitude si nous dissolvons toutes nos limitations en les niant constamment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">c) En d\u00e9gageant l&rsquo;Esprit et le s\u00e9parant des facteurs de notre exp\u00e9rience, nous pouvons le saisir dans sa vraie nature et, d\u00e8s lors, affirmer valablement notre identit\u00e9 avec lui. Vasishtha donne \u00e0 ce processus le nom de Keval\u00ee-bh\u00e2va. Le Brahman absolu est au-dessus de l&rsquo;objectivit\u00e9 comme de la subjectivit\u00e9, puisque l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont relatives. \u00ab Kevalibh\u00e2va \u00bb veut dire : affirmer que le Soi est exempt \u00e0 la fois d&rsquo;objectivit\u00e9 et de subjectivit\u00e9. \u00ab Quand on r\u00e9alise que le Soi est exempt \u00e0 la fois d&rsquo;objectivit\u00e9 et de subjectivit\u00e9, tous les d\u00e9sirs, go\u00fbts et d\u00e9go\u00fbts tombent de la personnalit\u00e9, et les mouvements des Pr\u00e2nas s&rsquo;arr\u00eatent \u00bb. Quant \u00e0 ce que tout ceci veut dire en pratique, on ne le peut comprendre que lorsqu&rsquo;on s&rsquo;adonne effectivement \u00e0 cette m\u00e9thode de l&rsquo;Affirmation et de la N\u00e9gation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>II. MA\u00ceTRISE ET ARR\u00caT DE L&rsquo;ACTIVIT\u00c9 MENTALE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Manas \u00bb (l&rsquo;esprit, \u00ab le mental \u00bb) constitue le plus important des concepts dans la philosophie de Vasishtha. \u00ab Manas \u00bb, en son essence et son aspect statique, c&rsquo;est le Brahman. En son aspect dynamique, il devient l&rsquo;individu et le monde. La philosophie du Yoga-Vasishtha est la statique et la dynamique de l&rsquo;esprit humain. Les mouvements vers l&rsquo;objectivation auxquels se livre l&rsquo;esprit am\u00e8nent \u00e0 l&rsquo;existence le Moi individuel et l&rsquo;exp\u00e9rience du monde, avec le bien et le mal, le plaisir et la douleur, la vie et la mort, etc&#8230; Bloquer cette tendance de l&rsquo;esprit (c&rsquo;est-\u00e0-dire, en fait, l&rsquo;annihiler en tant qu&rsquo;esprit, que facult\u00e9 mentale) c&rsquo;est, sous un autre aspect, r\u00e9aliser l&rsquo;infinitude du Soi. Il nous faut assigner la responsabilit\u00e9 de ce que nous \u00e9prouvons un monde objectif illusoire au fait que nous sommes des individus. D\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 nous parvenons \u00e0 rompre la coque de notre individualit\u00e9, nous devenons l&rsquo;Infinie Totalit\u00e9. Comme l&rsquo;a \u00e9crit R\u00e2dhakrishnan<a href=\"#_edn8\">[8]<\/a> : \u00ab On ne peut conqu\u00e9rir sa libert\u00e9 sur ce monde de troubles, de risques et d&rsquo;aventures qu&rsquo;en perdant le soi s\u00e9par\u00e9 \u00bb. (The Reign of Religion in contemporary philosophy, p. 449). Bertrand Russell y fait \u00e9cho : \u00ab Un moi trop fort est une prison dont l&rsquo;homme doit s&rsquo;\u00e9chapper pour go\u00fbter pleinement les joies du monde (Conquest of Happiness, p. 183) \u00bb. \u00ab L&rsquo;homme qui est capable de centrer ses pens\u00e9es et ses espoirs sur quelque chose qui transcende le moi peut trouver, au sein des traces ordinaires de la vie, une certaine paix dont est incapable le pur \u00e9gocentriste \u00bb (ibid. p. 95). Ainsi, plus nous cessons d&rsquo;\u00eatre des \u00ab moi \u00bb individuels, des \u00ab ego \u00bb<a href=\"#_edn9\">[9]<\/a> (c&rsquo;est-\u00e0-dire des centres de volont\u00e9s individuelles, de pens\u00e9es individuelles, de sentiments individuels) plus nous sommes le v\u00e9ritable Soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">S&rsquo;il \u00e9tait en notre pouvoir de cesser totalement d&rsquo;\u00eatre des \u00ab mentaux \u00bb (des esprits, des \u00ab moi \u00bb personnels) nous serions le Brahman Absolu qui brille de sa propre gloire. Dans les termes du Yoga-Vasishtha : \u00ab L&rsquo;esprit est le moyeu de la roue de l&rsquo;illusion du monde. Si l&rsquo;on peut arr\u00eater son mouvement, la roue du monde s&rsquo;arr\u00eate, et cesse de nous affecter \u00bb. \u00ab Il faut, par cons\u00e9quent, appliquer tous ses efforts, sa force, son intelligence et son ing\u00e9niosit\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser l&rsquo;esprit, ce moyeu de la roue du mouvement du monde (\u00ab sams\u00e2ra \u00bb). \u00ab En annihilant l&rsquo;esprit, on annihile l&rsquo;exp\u00e9rience du monde \u00bb. \u00ab Apr\u00e8s l&rsquo;abandon de l&rsquo;esprit subsiste la Paix Absolue, l&rsquo;Un pur et sans tache \u00bb. Ashvagosha, le grand penseur bouddhiste, enseigne aussi que le monde s&rsquo;\u00e9vanouit et l&rsquo;illumination para\u00eet quand l&rsquo;esprit s&rsquo;annhile : \u00ab Si nous pouvions surmonter notre subjectivit\u00e9 confuse, les signes de l&rsquo;individuation dispara\u00eetraient, et nulle trace ne subsisterait du monde des objets \u00bb (Suzuki: Awakening of the Faith. P. 56). De m\u00eame, Gaudap\u00e2da, le grand instructeur v\u00e9dantique, explique : \u00ab Cette dualit\u00e9, tout ce qui se meut comme tout ce qui ne se meut pas, est un spectacle mental. Dans l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 le mental est non-mental, la dualit\u00e9 n&rsquo;est pas ressentie \u00bb (M\u00e2nd\u00fbkya-K\u00e2rik\u00e2, 3-31) .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment, alors, subjuguer l&rsquo;esprit et le dissoudre dans le Brahman infini ? \u00ab L&rsquo;esprit, dit Vasishtha, ne peut \u00eatre subjugu\u00e9 que par les bonnes m\u00e9thodes \u00bb. \u00ab Ceux qui ne recourent pas aux bonnes m\u00e9thodes et proc\u00e8dent au hasard sont des obstin\u00e9s. Ils achoppent \u00e0 chaque pas sur les dangers et vont de tracas en tracas \u00bb. Quelques-unes des m\u00e9thodes que Vasishtha sugg\u00e8re pour dissoudre l&rsquo;esprit sont :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">a) r\u00e9aliser son irr\u00e9alit\u00e9 par la r\u00e9flexion philosophique ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) \u00e9viter l&rsquo;id\u00e9ation et la r\u00eaverie ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) avoir du d\u00e9go\u00fbt pour les objets des plaisirs des sens ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">d) renoncer aux d\u00e9sirs ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">e) proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;\u00e9radication du sentiment de 1&rsquo;\u00ab ego \u00bb;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">f) pratiquer le d\u00e9tachement ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">g) atteindre \u00e0 l&rsquo;\u00e9quanimit\u00e9 ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">h) renoncer mentalement \u00e0 toutes les possessions ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">i) pratiquer constamment le \u00ab\u00a0sam\u00e2dhi \u00bb (l&rsquo;intense concentration mentale sur la R\u00e9alit\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous allons passer en revue ces m\u00e9thodes, chacune \u00e0 son tour, et noter bri\u00e8vement ce qu&rsquo;en dit Vasishtha :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">a) la r\u00e9flexion philosophique. \u00ab Abandonner l&rsquo;\u00e9go est plus facile que fermer l&rsquo;\u0153il ou froisser une fleur. Cela ne comporte presque aucune difficult\u00e9. Une chose que l&rsquo;on estime \u00eatre r\u00e9elle en raison de l&rsquo;ignorance dispara\u00eet quand on atteint au v\u00e9ritable Savoir \u00bb. \u00ab L&rsquo;esprit n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion con\u00e7ue dans le Soi Absolu, comme le serpent que l&rsquo;on croit voir l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a qu&rsquo;un bout de corde, ou l&rsquo;eau qui est mirage dans un d\u00e9sert \u00bb. Lorsqu&rsquo;on s&rsquo;est aper\u00e7u, de la sorte, que l&rsquo;\u00e9go (ou l&rsquo;esprit) est une sensation irr\u00e9elle, illusoire, qui appara\u00eet dans notre Soi infini, il se perd dans le Soi, et nous r\u00e9alisons que nous sommes le Brahman \u00e9ternel, infini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">b) abandon de l&rsquo;id\u00e9ation et de la r\u00eaverie. \u2014 \u00ab L&rsquo;esprit se dissout quand il n&rsquo;y a pas d&rsquo;id\u00e9ation \u00bb. \u00ab Notre id\u00e9ation fait que nous \u00e9prouvons l&rsquo;illusion du monde. Elle s&rsquo;\u00e9vanouit quand l&rsquo;id\u00e9ation se trouve compl\u00e8tement discontinu\u00e9e \u00bb. Comment donc cesser de former des id\u00e9es ? En quoi est-il difficile de mettre fin \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9ation ? \u00ab Niez l&rsquo;id\u00e9ation au moyen de l&rsquo;id\u00e9ation \u00bb. \u00ab L&rsquo;id\u00e9ation dispara\u00eet d&rsquo;elle-m\u00eame si on s&rsquo;abstient de laisser courir son esprit \u00bb. \u00ab Les effets de l&rsquo;id\u00e9ation peuvent \u00eatre annul\u00e9s, en y opposant les id\u00e9es contraires \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fondement de ces assertions est que, lorsque l&rsquo;esprit imagine quelque chose, l&rsquo;id\u00e9ation est aussit\u00f4t cr\u00e9\u00e9e dans le monde objectif et son auteur en est indissociable<a href=\"#_edn10\">[10]<\/a>. Pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser, il faut faire na\u00eetre un courant inverse d&rsquo;id\u00e9ation qui nie l&rsquo;affirmation ant\u00e9c\u00e9dente. Les id\u00e9es positives et n\u00e9gatives se neutralisent mutuellement : elles laissent briller la gloire propre au Soi Absolu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous trouvons aussi la m\u00eame notion dans la \u00ab M\u00e2nd\u00fbkya-K\u00e2rik\u00e2 \u00bb de Gaudap\u00e2da : \u00ab Lorsque les id\u00e9es ne se forment plus parce qu&rsquo;on s&rsquo;est \u00e9veill\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 du Soi, on entre dans l&rsquo;\u00e9tat non mental \u00bb (3-32).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">c) d\u00e9go\u00fbt pour les objets de jouissance. Notre asservissement \u00e0 la limitation se constitue et se prolonge pour une bonne part en raison de notre fascination pour ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler les plaisirs du monde. Nous courons apr\u00e8s eux et nous continuons \u00e0 supputer en nous-m\u00eames des occasions, des situations, qui nous am\u00e8neraient en contact avec tel ou tel objet de plaisir. Il en r\u00e9sulte que nous sommes toujours confront\u00e9s avec un monde objectif. Pour nous lib\u00e9rer de cet \u00e9tat de choses, il faut nous mettre \u00e0 cultiver l&rsquo;\u00e9loignement et l&rsquo;indiff\u00e9rence pour les objets du plaisir. Vasishtha nous dit \u00e0 ce sujet : \u00ab D\u00e9sirer les objets de jouissance, c&rsquo;est l&rsquo;esclavage. S&rsquo;en d\u00e9sister, c&rsquo;est lib\u00e9ration \u00bb. \u00ab La libert\u00e9 compl\u00e8te ne se manifeste pas tant que l&rsquo;indiff\u00e9rence au plaisir n&rsquo;est pas n\u00e9e spontan\u00e9ment dans l&rsquo;esprit \u00bb. Comment donc acqu\u00e9rir cette indiff\u00e9rence ? La r\u00e9ponse est simple : pensez au caract\u00e8re illusoire du plaisir ; r\u00e9alisez que chacun d&rsquo;entre eux rec\u00e8le la semence de l&rsquo;affliction ; apercevez-vous que ceux-l\u00e0 m\u00eame qui poss\u00e8dent les plaisirs auxquels vous aspirez ne sont en aucune fa\u00e7on plus heureux que vous ; r\u00e9fl\u00e9chissez que les plaisirs auxquels vous avez aspir\u00e9 dans le pass\u00e9, et que vous avez obtenus, ne vous ont pas rendu plus heureux. Vasishtha d\u00e9nomme \u00ab vich\u00e2ra \u00bb (investigation) ce genre de r\u00e9flexion sur la nature des plaisirs. La seconde r\u00e9ponse qu&rsquo;il donne est : \u00ab Connais-toi toi-m\u00eame ! \u00bb. \u00ab Quand tu arriveras \u00e0 savoir ce que tu es r\u00e9ellement, tu apprendras que ton Soi est la source ultime de toute la joie que tu cherches en vain dans les objets du plaisir \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">d) renoncement aux d\u00e9sirs. Il est tr\u00e8s important de renoncer aux d\u00e9sirs pour dissoudre l&rsquo;esprit dans le but de r\u00e9aliser le Soi. C&rsquo;est, en fait, le d\u00e9sir qui nous encha\u00eene aux choses, \u00e0 toutes les facettes du monde objectif. Le monde qui nous entoure, l&rsquo;environnement o\u00f9 nous sommes plac\u00e9s, les gens que nous fr\u00e9quentons, la famille o\u00f9 nous figurons, le corps auquel nous sommes associ\u00e9s, les pouvoirs et les capacit\u00e9s que nous avons, sont tous les r\u00e9sultats de nos propres d\u00e9sirs. Nous sommes ballott\u00e9s de-ci, de-l\u00e0, dans l&rsquo;oc\u00e9an du monde; nous errons de droite et de gauche ; nous vivons d&rsquo;une vie ou d&rsquo;une autre, et tout cela simplement parce que nous sommes \u00e0 la remorque de nos d\u00e9sirs. Ils sont omnipotents dans la mesure o\u00f9 ils fructifient. Mais, par malheur, ils arrivent \u00e0 leur fruition quand notre int\u00e9r\u00eat a fini par quitter les objets que nous d\u00e9sirions. Cependant, il nous faut acqu\u00e9rir ce que nous avions d\u00e9sir\u00e9, peu importe que nous en ayons encore envie, ou non. Ainsi va l&rsquo;existence en son ironie fonci\u00e8re. C&rsquo;est le processus par lequel le d\u00e9sir nous asservit et cause notre souffrance : ce que nous souhaitons, nous ne l&rsquo;obtenons pas sur le champ ; si nous y acc\u00e9dons, c&rsquo;est au moment o\u00f9 nous avons cess\u00e9 d&rsquo;y aspirer. De plus, un d\u00e9sir que l&rsquo;on ch\u00e9rit promet la joie de son assouvissement ; mais, lorsque cet assouvissement s&rsquo;approche, ou lorsqu&rsquo;il est d\u00e9j\u00e0 en acte, le bonheur escompt\u00e9 se transf\u00e8re rapidement bien qu&rsquo;imperceptiblement vers l&rsquo;objet d&rsquo;un nouveau d\u00e9sir. Ce supplice de Tantale se perp\u00e9tue sans fin. Il en r\u00e9sulte que nous errons au sein du mouvement incessant du monde, sans jamais parvenir au repos ni \u00e0 la paix. Voil\u00e0 pourquoi, depuis le temps des Upanishads, les philosophes indiens ont toujours insist\u00e9 sur l&rsquo;abandon des d\u00e9sirs, condition essentielle \u00e0 l&rsquo;acquisition de la Libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Quand tous les d\u00e9sirs qui vivent dans le c\u0153ur sont abandonn\u00e9s le mortel devient immortel et atteint l&rsquo;Eternel \u00bb (Katha Upanishad, 2-6-14). Il est facile de le comprendre. Lorsque nous cessons de braquer nos d\u00e9sirs sur ce qui est limit\u00e9, nous ne sommes plus astreints \u00e0 l&rsquo;\u00e9prouver en tant que contenu de l&rsquo;exp\u00e9rience du monde. L&rsquo;individualit\u00e9 est constitu\u00e9e par une coque de d\u00e9sirs au sein de l&rsquo;Exp\u00e9rience Absolue. Briser la coque des d\u00e9sirs (ce qui est aussi l&rsquo;annihilation de l&rsquo;esprit, puisque ce dernier est l&rsquo;hypostase d&rsquo;une tendance \u00e0 d\u00e9sirer et imaginer des objets de d\u00e9sir) c&rsquo;est permettre \u00e0 l&rsquo;individu de prendre part \u00e0 l&rsquo;Exp\u00e9rience Absolue qui ignore les limitations. C&rsquo;est comme si l&rsquo;on crevait une bulle : elle n&rsquo;est plus, d\u00e8s lors, une bulle, elle est l&rsquo;Oc\u00e9an. En fait, le d\u00e9sir des choses limit\u00e9es constitue la seule barri\u00e8re entre nous et le Brahman Infini. Quand cette mince cloison du d\u00e9sir se trouve abattue, rien ne nous s\u00e9pare plus de l&rsquo;Absolue Totalit\u00e9. On ne saurait donc s&rsquo;\u00e9tonner que Vasishtha enjoigne sans rel\u00e2che \u00e0 ses auditeurs d&rsquo;abandonner le d\u00e9sir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment donc s&rsquo;affranchir du d\u00e9sir ? On doit, tout d&rsquo;abord, \u00eatre convaincu que c&rsquo;est un mal, qu&rsquo;il le faut repousser. \u00ab Il faut r\u00e9aliser combien le d\u00e9sir diminue notre force, quel puissant empire il prend sur nous, \u00e0 quel point tous nos ennuis et toutes nos souffrances y prennent leur source \u00bb. \u00ab Il faut aussi s&rsquo;en convaincre : \u00e0 parler vrai nul objet n&rsquo;est dans le monde si exclusivement bon, agr\u00e9able ou beau, qu&rsquo;il vaille d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sir\u00e9. Il n&rsquo;existe pas, non plus, d&rsquo;objet au monde qui soit si exclusivement mauvais, douloureux ou repoussant qu&rsquo;il m\u00e9rite notre aversion. Il n&rsquo;y a rien, en fait, qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre obtenu ou d&rsquo;\u00eatre \u00e9vit\u00e9 car, de l&rsquo;ultime point de vue du Soi, il n&rsquo;y a rien qui soit r\u00e9el en soi \u00bb. Ainsi, \u00e0 vrai dire, aucune perte, aucun profit ne r\u00e9sultent lorsque nous sommes incapables d&rsquo;obtenir une chose, ou quand nous y parvenons. \u00ab Le Soi n&rsquo;\u00e9prouve ni perte, ni gain, quand les possessions s&rsquo;accroissent ou d\u00e9croissent en ce monde \u00bb. Assigner une valeur aux objets, c&rsquo;est la semence du d\u00e9sir. A l&rsquo;instant m\u00eame o\u00f9 nous sommes convaincus que les objets de notre d\u00e9sir ou de notre aversion ne peuvent, en fin de compte, nous occasionner ni tort ni avantage, nous cessons de les rechercher comme de les ha\u00efr (rappelons-nous que la haine est un d\u00e9sir n\u00e9gatif). Un autre fait tr\u00e8s important doit rester pr\u00e9sent \u00e0 notre esprit, en ce qui concerne le renoncement au d\u00e9sir : ce renoncement ne peut pas conna\u00eetre le succ\u00e8s si l&rsquo;on se borne \u00e0 la m\u00e9thode n\u00e9gative de pure et simple r\u00e9pression. Freud, le grand voyant et proph\u00e8te de la psychologie moderne, l&rsquo;a bien expliqu\u00e9 : aucun d\u00e9sir (tendance de l&rsquo;instinct ou pulsion) ne peut \u00eatre \u00e9teint dans la personnalit\u00e9 s&rsquo;il est \u00e9limin\u00e9 par la force. Ce genre de tentative a pour seul r\u00e9sultat d&rsquo;enfouir les d\u00e9sirs plus profond\u00e9ment ; ils se dissimulent \u00e0 notre conscience et nous troublent en diverses fa\u00e7ons. Que nous en soyons inconscients ne garantit nullement qu&rsquo;ils n&rsquo;existent plus. Ils ressemblent aux Soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes qui travaillent dans l&rsquo;ombre ; ils affaiblissent la personnalit\u00e9 en \u00e9parpillant ses forces et, finalement, la mettent \u00e0 leur merci. Vasishtha n&rsquo;ignorait pas cette loi de la vie mentale. Il qualifie ces d\u00e9sirs refoul\u00e9s de \u00ab d\u00e9sirs endormis \u00bb ; pour lui cette mani\u00e8re de renoncer par la force aux d\u00e9sirs est ce qu&rsquo;il appelle \u00ab le d\u00e9mon du renoncement, qui d\u00e9vore le renon\u00e7ant lui-m\u00eame \u00bb. En fait, un \u00ab d\u00e9sir endormi \u00bb est aussi dangereux qu&rsquo;un lion endormi. Vasishtha conseille, d\u00e8s lors, \u00e0 R\u00e2machandra<a href=\"#_edn11\">[11]<\/a> de devenir \u00ab un grand consommateur de biens, un grand abstinent, et un grand homme d&rsquo;action \u00bb. \u00ab Un grand consommateur de biens est celui qui jouit de tous les plaisirs naturels, sans y aspirer ardemment mais sans les refuser \u00bb. Ainsi, quiconque est d\u00e9pourvu de notions \u00e9troites aux points de vue tant moral que social n&rsquo;a aucunement besoin de r\u00e9primer ses impulsions naturelles : \u00ab Son renoncement n&rsquo;est pas renoncement ni abandon d&rsquo;aucune des fonctions du corps. C&rsquo;est un affranchissement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des pens\u00e9es inutiles et des \u00e9motions qui en d\u00e9coulent \u00bb. En fait, les pulsions instinctives inassouvies et les tendances r\u00e9prim\u00e9es absorbent une bonne part de notre \u00e9nergie \u00e9motive et mentale. D&rsquo;o\u00f9 cette explication : \u00ab Un grand abstinent est celui qui d\u00e9tache sa pens\u00e9e de tous ses d\u00e9sirs, ses impulsions, ses craintes et ses convictions, qui acquiert une attitude correcte de renoncement mental \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du monde objectif tout entier \u00bb. Enfin : \u00ab Un grand homme d&rsquo;action est celui qui accomplit sans pr\u00e9f\u00e9rences toutes les activit\u00e9s qu&rsquo;exige le moment pr\u00e9sent : peu lui importe qu&rsquo;elles s&rsquo;accompagnent d&rsquo;amour ou de col\u00e8re, de plaisir ou de peine, quelle que soit leur valeur morale aux yeux d&rsquo;autrui, quelles que soient leurs cons\u00e9quences bonnes ou mauvaises \u00bb. Il n&rsquo;est pas facile d&rsquo;atteindre un si haut id\u00e9al. Par suite, tant que l&rsquo;individu reste gouvern\u00e9 par les notions morales du bien et du mal, il lui faut recourir consciemment au remplacement progressif de certains d\u00e9sirs par d&rsquo;autres. Substituer de bons d\u00e9sirs aux mauvais, puis de meilleurs aux bons, puis les plus nobles aux meilleurs, c&rsquo;est la m\u00e9thode. Cette sublimation graduelle doit se poursuivre jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le d\u00e9sir embrasse le Bien sans limites. Un d\u00e9sir dont l&rsquo;objet comporte le Bien Absolu n&rsquo;est plus, \u00e0 proprement parler, un d\u00e9sir. C&rsquo;est une aspiration \u00e0 l&rsquo;Infini, qui doit pr\u00e9c\u00e9der notre devenir-infini. A l&rsquo;instant m\u00eame o\u00f9 nous devenons Infinis, le d\u00e9sir nous quitte pour ne jamais revenir. La petite coque de d\u00e9sirs qui forme notre individualit\u00e9 va, de la sorte, en s&rsquo;\u00e9tendant, en s&rsquo;\u00e9largissant de plus en plus, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle englobe les dimensions de l&rsquo;Exp\u00e9rience Absolue, o\u00f9 elle cesse d&rsquo;\u00eatre une coque individuelle<a href=\"#_edn12\">[12]<\/a>. Comme on l&rsquo;a remarqu\u00e9 ci-dessus, c&rsquo;est une bulle qui grossit jusqu&rsquo;\u00e0 devenir Oc\u00e9an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">e) Perte de l&rsquo;Ego. Etre limit\u00e9s \u00e0 quelque aspect particulier de l&rsquo;Infinie Totalit\u00e9, nous y identifier, cela constitue notre personnalit\u00e9. D\u00e8s le moment o\u00f9 nous affirmons que nous sommes quelque chose, nous nous concr\u00e9tisons en individus et commen\u00e7ons une existence d&rsquo;isolement et de souffrance. Affirmer que le Soi est quelque chose se place au d\u00e9but de notre carri\u00e8re dans le monde : d\u00e8s que nous avons affirm\u00e9 notre ind\u00e9pendance, les autres aspects de l&rsquo;Absolue Totalit\u00e9 se refusent \u00e0 notre moi et sont rel\u00e9gu\u00e9s dans la sph\u00e8re du non-moi. Mais la Totalit\u00e9 est indivisible : il s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve en nous un d\u00e9sir du non-moi qui fructifie en une s\u00e9rie interminable de naissances et de morts et se perp\u00e9tue jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous nous soyons aper\u00e7us que nous sommes le Tout et non pas une de ses parties. L&rsquo;Ego, ou \u00ab affirmation de soi \u00bb (\u00ab ahambh\u00e2va \u00bb) doit donc \u00eatre compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9 pour que nous r\u00e9alisions notre D\u00e9it\u00e9. R\u00e2dhakrishnan fait remarquer dans le m\u00eame esprit : \u00ab Tant que nous ressentons que nous avons des individualit\u00e9s s\u00e9par\u00e9es, nous sommes infest\u00e9s de conflits et de contradictions, de douleur et de plaisir ; mais d\u00e8s que nous nous abandonnons au Tout avec d\u00e9sint\u00e9ressement, les dysharmonies arrivent \u00e0 leur terme \u00bb (The Reign of Religion in Contemporary Philosophy, p. 437). Comment donc nous lib\u00e9rer du moi ? Comment cesser de nous affirmer sous l&rsquo;angle d&rsquo;un aspect particulier de l&rsquo;Absolue Totalit\u00e9 ? Vasishtha nous assure que l&rsquo;affirmation de soi mourrait de mort naturelle si nous arrivions \u00e0 reconna\u00eetre, \u00e0 force de r\u00e9flexion philosophique, qu&rsquo;elle est erron\u00e9e du point de vue absolu ; si nous \u00e9tions convaincus qu&rsquo;en fait nous sommes la R\u00e9alit\u00e9 Totale, y compris m\u00eame ce qui en semble ni\u00e9 par notre pr\u00e9tention d&rsquo;en \u00eatre seulement une parcelle. \u00ab L&rsquo;affirmation que l&rsquo;on est Absolue Totalit\u00e9 r\u00e9futera quelque jour l&rsquo;affirmation qu&rsquo;on est seulement un fragment. D\u00e8s le moment o\u00f9 l&rsquo;on affirme que l&rsquo;on est quelque chose, il faut aussi affirmer que l&rsquo;on est ce que niait l&rsquo;affirmation pr\u00e9c\u00e9dente \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le passage ci-apr\u00e8s sugg\u00e8re une progression suivant laquelle le moi peut, en pratique, se fondre graduellement dans la Conscience Cosmique<a href=\"#_edn13\">[13]<\/a> : \u00ab Le chercheur doit progressivement retirer ses sens de leurs objets respectifs. Qu&rsquo;il fusionne l&rsquo;id\u00e9e de son corps, de ses sens, de son esprit et de son individualit\u00e9 avec les El\u00e9ments Cosmiques d&rsquo;o\u00f9 ils sont provenus. Il doit, par exemple, dissoudre l&rsquo;id\u00e9e de la partie min\u00e9rale de son corps en celle de Terre, et de m\u00eame la partie fluide dans l&rsquo;Eau, la partie ign\u00e9e dans le Feu, la partie gazeuse dans l&rsquo;Air, et la partie spatiale en l&rsquo;Espace. De m\u00eame il fusionne les organes avec leurs sources respectives : les oreilles avec les Directions, la peau avec l&rsquo;Electricit\u00e9, les yeux avec le Soleil, l&rsquo;anus avec Mitra, le p\u00e9nis avec Kashyapa, l&rsquo;esprit (l&rsquo;organe mental) avec la Lune, l&rsquo;intellect avec Brahm\u00e2 : ce sont les dieux cosmiques de la causalit\u00e9. Quand il a dissous, de la sorte, sa personnalit\u00e9 propre dans la Personnalit\u00e9 Cosmique, il lui faut ressentir qu&rsquo;il est le Cosmos. Ensuite, qu&rsquo;il fusionne l&rsquo;Air avec l&rsquo;Eau, l&rsquo;Eau avec le Feu, le Feu avec l&rsquo;Air, l&rsquo;Air avec l&rsquo;Espace, et l&rsquo;Espace avec le Grand-Espace qui est la source de toutes choses en ce monde. Il lui faut comprendre alors qu&rsquo;il est le Corps Immat\u00e9riel Cosmique. Il lui faut alors fusionner le Corps Immat\u00e9riel Cosmique avec l&rsquo;Objectivit\u00e9 non-manifest\u00e9e, non-diff\u00e9renci\u00e9e, en laquelle le monde entier existe, sans nom ni forme, et que certains des logiciens appellent Nature, d&rsquo;autres Pouvoir-Evocateur, d&rsquo;autres encore Vacuit\u00e9. Quand il a op\u00e9r\u00e9 cette fusion, il doit \u00e9prouver qu&rsquo;il est la Source non-manifest\u00e9e du monde entier. Il existe un quatri\u00e8me \u00e9tat, plus immat\u00e9riel encore (le Brahman absolu), qui est la source in\u00e9puisable de tout. Pour l&rsquo;\u00e9prouver, le chercheur doit alors m\u00e9diter sur lui et finalement s&rsquo;y fondre \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;est pas difficile de concevoir qu&rsquo;il soit possible de r\u00e9aliser la Conscience du Cosmique suivant cette m\u00e9thode, si l&rsquo;on se rappelle que, d&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha, un individu sur quelque plan de la manifestation qu&rsquo;il puisse penser \u00eatre n&rsquo;est autre qu&rsquo;une modalit\u00e9 ou diff\u00e9renciation de la Totalit\u00e9, \u00e0 laquelle il est \u00e0 jamais identique, bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;en aper\u00e7oive pas. Il ne s&rsquo;en aper\u00e7oit pas parce qu&rsquo;il est bien trop occup\u00e9 de la petite portion du Tout qu&rsquo;il appelle son corps, ou sa personnalit\u00e9. Il ne faut pas non plus perdre de vue, si l&rsquo;on veut comprendre ce proc\u00e9d\u00e9 de R\u00e9alisation, que notre corps est uniquement bas\u00e9 sur l&rsquo;id\u00e9e que nous en avons, sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que nous lui portons et sur le sentiment de r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;il nous inspire. Si nous pouvions arriver \u00e0 en retirer totalement nos pens\u00e9es, nos sentiments, et nos int\u00e9r\u00eats, nous ne ressentirions plus qu&rsquo;il est un objet de notre conscience. Cela se produit assur\u00e9ment au cours de l&rsquo;oubli temporaire, du r\u00eave, du sommeil, de la transe hypnotique, et de l&rsquo;alt\u00e9ration pathologique de la personnalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">(f) Pratiquer le d\u00e9tachement. \u00ab L&rsquo;attachement aux objets de notre exp\u00e9rience, aux actions et aux corps constitue le lien qui ne permet jamais \u00e0 l&rsquo;esprit de se lib\u00e9rer des limitations et de la particularisation. Il faut donc essayer, pour r\u00e9aliser le Soi, de se d\u00e9barrasser de l&rsquo;attachement \u00bb. \u00ab La premi\u00e8re \u00e9tape vers le d\u00e9tachement est d&rsquo;\u00eatre d\u00e9tach\u00e9 de ce corps avec lequel nous nous sentons si \u00e9troitement identifi\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">g) Cultiver l&rsquo;\u00e9quanimit\u00e9. Le pouvoir particularisant de l&rsquo;esprit s&rsquo;affaiblit grandement lorsqu&rsquo;on cultive l&rsquo;\u00e9quanimit\u00e9. Quand on consid\u00e8re d&rsquo;un \u0153il \u00e9quanime chaque vicissitude de l&rsquo;existence, quand on re\u00e7oit tout objet avec une m\u00eame satisfaction, quand toute personne est consid\u00e9r\u00e9e impartialement, on a grandi sa personnalit\u00e9 : notre int\u00e9r\u00eat n&rsquo;est plus confin\u00e9 aux affaires d&rsquo;un corps ni d&rsquo;un esprit particulier, mais nous vivons de la vie du Soi, qui est pr\u00e9sent en tous les \u00eatres. \u00ab Nous devons toujours rester \u00e9quanimes, en toutes circonstances, envers tous les hommes. Un esprit de fraternit\u00e9 envers tous exprime cette attitude d&rsquo;\u00e9quanimit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">h) Renoncer \u00e0 toutes choses.\u00a0 Poss\u00e9der, c&rsquo;est se limiter. Le grand psychologue William James enseigne que nos possessions forment une part de notre moi qu&rsquo;il appelle le \u00ab moi mat\u00e9riel \u00bb. Tant que nous estimons poss\u00e9der en propre un aspect particulier de la R\u00e9alit\u00e9, en refusant aux autres de nous appartenir, nous ne pouvons pas jouir d&rsquo;une union avec la Totalit\u00e9. Par contre, lorsque l&rsquo;Absolue Totalit\u00e9 est mon Soi, et quand l&rsquo;Univers entier est manifestation de l&rsquo;Absolu, tous les \u00eatres sont en moi et je suis en tous les \u00eatres. Non seulement il est absurde de croire qu&rsquo;une chose nous appartient, mais pas une autre ; c&rsquo;est, de plus, \u00e0 notre d\u00e9triment : les limites, en effet, de notre pens\u00e9e, de notre croyance, co\u00efncident avec les limites de notre \u00eatre. Ou bien l&rsquo;on poss\u00e8de tout, ou bien l&rsquo;on ne poss\u00e8de rien, si l&rsquo;on doit s&rsquo;unifier dans cet Absolu Transcendant. Or, la signification vraie \u00e0 la fois du renoncement et de la \u00ab possession de tout \u00bb a \u00e9t\u00e9 mal comprise tout au long de l&rsquo;histoire du monde ; les hommes \u00e9taient fr\u00e9quemment incapables de distinguer entre le point de vue centr\u00e9 sur le corps et le point de vue centr\u00e9 sur le Soi. Le renoncement asc\u00e9tique total, tel qu&rsquo;il fut enseign\u00e9 et pratiqu\u00e9 en Inde, n&rsquo;est pas ce que Vasishtha pr\u00e9conise \u00e0 R\u00e2machandra. Renoncer \u00e0 tout, fuir tout, ce n&rsquo;est pas, d&rsquo;apr\u00e8s lui, un renoncement v\u00e9ritable. Tant que nous sommes au monde il nous est impossible de renoncer \u00e0 tout, de tout abandonner. Tant que la vie continue on ne peut faire autrement que de poss\u00e9der une chose ou l&rsquo;autre. Le renoncement ne saurait \u00eatre complet. Il est donc impraticable en ce sens de renoncer \u00e0 tout. Au reste, cela ne vaudrait rien, ne servirait \u00e0 rien. Ce genre de renoncement ne saurait apporter la paix int\u00e9rieure \u00e0 quiconque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Vasishtha en illustre fort bien la futilit\u00e9 dans l&rsquo;histoire de Chud\u00e2l\u00e2 et Shikhidhwaja. Pour lui, le renoncement est purement mental. Un homme richissime qui nage dans les tr\u00e9sors et r\u00e9git un empire peut fort bien \u00eatre plus \u00ab abstinent \u00bb qu&rsquo;un reclus pauvre et sans foyer. Le renoncement n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une certaine attitude mentale envers les choses du monde. C&rsquo;est un sentiment que rien, ici-bas, n&rsquo;appartient \u00e0 l&rsquo;individu, mais que tout appartient \u00e0 Dieu, ainsi que nous le dit l&rsquo;Ish\u00e2 Upanishad<a href=\"#_edn14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">i) Pratique du Sam\u00e2dhi (intense concentration mentale sur l&rsquo;Absolu). L&rsquo;exp\u00e9rience du \u00ab Sam\u00e2dhi \u00bb (o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;immerge \u00e0 une telle profondeur dans la contemplation de l&rsquo;Absolue R\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;on y devient oublieux de toute autre notion) est aussi l&rsquo;une des m\u00e9thodes au moyen desquelles on dissout l&rsquo;esprit et r\u00e9alise l&rsquo;Exp\u00e9rience Absolue. \u00ab Sam\u00e2dhi \u00bb, d&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha, est \u00ab une sorte de folie divine, une ivresse dans l&rsquo;amour intense de l&rsquo;Absolu, une intense concentration de l&rsquo;esprit sur la pens\u00e9e du Soi, o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;aper\u00e7oit \u00e0 l&rsquo;entour rien d&rsquo;autre que le Divin, o\u00f9 l&rsquo;individualit\u00e9 se vient totalement fondre et s&rsquo;abaisse bien en dessous du seuil de la conscience claire \u00bb. \u00ab Sam\u00e2dhi \u00bb n&rsquo;a rien de myst\u00e9rieux : \u00ab Sam\u00e2dhi ne signifie pas un \u00e9tat de silence ni d&rsquo;inaction. Cela veut dire intense conscience de la pr\u00e9sence du R\u00e9el, intuition la plus p\u00e9n\u00e9trante qui nous r\u00e9v\u00e8le les choses sous leur v\u00e9ritable aspect, o\u00f9 l&rsquo;on go\u00fbte la Paix \u00e9ternelle \u00bb. \u00ab L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;existence o\u00f9 dispara\u00eet l&rsquo;agitation de l&rsquo;esprit, o\u00f9 le moi reste \u00e0 son plus bas niveau qui ne comporte plus la dualit\u00e9 des choses, on l&rsquo;appelle Sam\u00e2dhi \u00bb. \u00ab Les grandes \u00e2mes connaissent un Sam\u00e2dhi sans \u00e9clipse : il n&rsquo;est pas de moment o\u00f9 leur esprit ne soit pas identique \u00e0 la Conscience Divine \u00bb. Comme Plotin l&rsquo;a fait remarquer \u00ab c&rsquo;est sombrer dans l&rsquo;Essence Divine avec perte totale de la conscience de soi \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici donc l&rsquo;expos\u00e9 de quelques-unes des m\u00e9thodes qui permettent d&rsquo;annihiler l&rsquo;esprit, ou dissoudre l&rsquo;individualit\u00e9, pour r\u00e9aliser l&rsquo;Exp\u00e9rience Absolue et la rendre n\u00f4tre. \u00ab La joie que l&rsquo;on \u00e9prouve lorsque est dissous l&rsquo;esprit est telle qu&rsquo;on ne peut, autrement, l&rsquo;\u00e9prouver, m\u00eame si on r\u00e8gne sur l&rsquo;univers entier \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>III.\u00a0 MA\u00ceTRISE ET ARR\u00caT DE L&rsquo;ACTIVIT\u00c9 DU PRANA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Vasishtha pense que le \u00ab pr\u00e2na \u00bb (\u00e9nergie vitale) et l&rsquo;esprit sont en relation tr\u00e8s intime. Les mouvements du pr\u00e2na manifestent l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;esprit, et les activit\u00e9s mentales sont les manifestations psychiques du pr\u00e2na.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est pr\u00e2na sur le plan physique est mental sur le plan psychique. Il existe une identit\u00e9, un parfait parall\u00e9lisme, une parfaite sym\u00e9trie entre les faces psychique et physique de notre \u00eatre. Vasishtha semble accepter, comme certains physiologistes parall\u00e9listes modernes, que tout fait psychique \u00e0 son corr\u00e9latif du c\u00f4t\u00e9 physique, et vice versa. Mais, d&rsquo;apr\u00e8s lui, cette corr\u00e9lation n&rsquo;est que ph\u00e9nom\u00e9nale. En fin de compte, c&rsquo;est un id\u00e9aliste, un spiritualiste ; il n&rsquo;oublie jamais de faire remarquer que ce parall\u00e9lisme m\u00eame n&rsquo;est, en fin de compte, qu&rsquo;une cr\u00e9ation mentale. Il dit : \u00ab L&rsquo;arr\u00eat des mouvements du pr\u00e2na bloque s\u00fbrement les activit\u00e9s mentales \u00bb. \u00ab Quand le pr\u00e2na se trouve au repos, l&rsquo;esprit est dissous \u00bb. Et de m\u00eame : \u00ab Quand les activit\u00e9s de l&rsquo;esprit s&rsquo;arr\u00eatent, les mouvements du pr\u00e2na s&rsquo;arr\u00eatent aussi \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est donc important de comprendre par quel m\u00e9canisme on peut prendre en main les activit\u00e9s du pr\u00e2na et comment on peut les enrayer compl\u00e8tement. Il est bien regrettable que Vasishtha ait n\u00e9glig\u00e9 de s&rsquo;expliquer l\u00e0-dessus avec clart\u00e9. C&rsquo;est tr\u00e8s sommairement qu&rsquo;il \u00e9nonce les diverses mani\u00e8res dont on peut bloquer l&rsquo;activit\u00e9 du pr\u00e2na, probablement parce qu&rsquo;il est dangereux de s&rsquo;immiscer, sans guide qualifi\u00e9, dans ces activit\u00e9s. D&rsquo;apr\u00e8s lui: \u00ab Le pr\u00e2na est l&rsquo;\u00e9nergie vitale dont les courants circulent dans tout le corps pour conserver aux organes leur vie et leur activit\u00e9. Une d\u00e9rivation en anime l&rsquo;\u0153il, il y en a dans la peau, un courant en irrigue le nez, d&rsquo;autres dig\u00e8rent les aliments, font mouvoir la langue, etc&#8230; En bref, le pr\u00e2na anime la machine du corps par sa propre force \u00bb. Le Yogin qui veut acqu\u00e9rir la ma\u00eetrise du pr\u00e2na doit pratiquer d&rsquo;abord la concentration, puis la ma\u00eetrise sur l&rsquo;\u00e9coulement naturel du pr\u00e2na au cours de l&rsquo;inspiration et de l&rsquo;expiration. Vasishtha cite un certain nombre de \u00ab Pr\u00e2n\u00e2y\u00e2mas \u00bb (exercices de ma\u00eetrise du souffle allant jusqu&rsquo;\u00e0 son arr\u00eat complet).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous les passons ici sous silence dans le but de ne pas allonger le pr\u00e9sent expos\u00e9. Il est, cependant, un point des plus importants que nous ne pouvons pas ne pas mentionner \u00e0 ce sujet : au cours de l&rsquo;incessant mouvement du pr\u00e2na-respiration, il y a deux phases qui exigent du Yogin une concentration, une attention toute particuli\u00e8re. Ce sont les deux \u00ab Kumbhakas \u00bb, l&rsquo;\u00ab ext\u00e9rieur \u00bb et l&rsquo;\u00ab int\u00e9rieur \u00bb<a href=\"#_edn15\">[15]<\/a> : \u00ab Dans l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 le dernier rayon de l&rsquo;\u00ab ap\u00e2na \u00bb (un des pr\u00e2nas respiratoires, en correspondance \u00e9sot\u00e9rique avec la Lune) s&rsquo;est \u00e9teint dans le pr\u00e2na, alors que le premier rayon du pr\u00e2na (ici en correspondance avec le Soleil) n&rsquo;a pas encore jailli (\u00e0 savoir le \u00ab calice int\u00e9rieur \u00bb) et vice versa, le yogin n&rsquo;\u00e9prouve plus de trouble \u00bb. Dans l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 le pr\u00e2na est parvenu jusqu&rsquo;\u00e0 la distance de 12 \u00ab angulas \u00bb (15 centim\u00e8tres) alors que l&rsquo;ap\u00e2na ne s&rsquo;en est pas encore \u00e9lev\u00e9 (c&rsquo;est le calice int\u00e9rieur) le yogin n&rsquo;\u00e9prouve plus de trouble, s&rsquo;il sait longtemps s&rsquo;y maintenir \u00bb. En d&rsquo;autres termes, le yogin doit essayer, \u00e0 force de pratique, de prolonger l&rsquo;\u00e9tat de qui\u00e9tude physique o\u00f9 ne se produisent ni aspiration ni inspiration, qu&rsquo;elles soient internes ou externes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Yoga-Vasishtha d\u00e9crit tr\u00e8s sommairement, au cours des passages ci-apr\u00e8s, comment on peut arr\u00eater et le pr\u00e2na et l&rsquo;ap\u00e2na : \u00ab On arr\u00eate les mouvements du pr\u00e2na par vair\u00e2gya (manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le monde), en m\u00e9ditant sur la Cause Ultime, en pratiquant par les m\u00e9thodes correctes, en abandonnant les mauvaises habitudes \u00bb&#8230; \u00ab en perdant sa confiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du monde \u00e0 la suite de l&rsquo;\u00e9tude des Ecritures, par la fr\u00e9quentation des gens vertueux, par la pratique du Yoga, en se concentrant sur l&rsquo;objet de son amour, en m\u00e9ditant sur la R\u00e9alit\u00e9 Unique, en pratiquant le pr\u00e2n\u00e2y\u00e2ma et la m\u00e9ditation dans la solitude ; en se concentrant sur le son final du mot OM ; en mettant en sommeil la conscience du monde, en pratiquant le rechaka (l&rsquo;un des \u00ab\u00a0 calices \u00bb) quand le pr\u00e2na s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9, par la pratique de Kumbhaka prolong\u00e9e (c&rsquo;est l&rsquo;autre calice), en dirigeant le mouvement du pr\u00e2na vers l&rsquo;\u00ab orifice sup\u00e9rieur \u00bb (le \u00ab brahmarandhra \u00bb) ce qui s&rsquo;obtient en obturant son passage habituel au moyen de la langue retrouss\u00e9e sur la base du palais ; quand m\u00eame la conscience de la concentration se perd dans le subtil \u00ab espace de la conscience \u00bb, l\u00e0 o\u00f9 n&rsquo;existent ni pens\u00e9es ni activit\u00e9s, quand le processus mental s&rsquo;arr\u00eate, de par la concentration, \u00e0 12 angulas du bout du nez, quand on atteint la paix en se concentrant sur le point du front \u00e0 mi-chemin des sourcils, quand on force le mouvement du pr\u00e2na \u00e0 venir s&rsquo;arr\u00eater au milieu du cerveau \u00e0 12 angulas du palais en le faisant passer par l&rsquo;\u00ab orifice sup\u00e9rieur \u00bb ; en se perdant dans l&rsquo;espace de la conscience par l&rsquo;absence de d\u00e9sirs et l&rsquo;intensit\u00e9 de la m\u00e9ditation ; en attachant son esprit \u00e0 la Pure Conscience qui est libre de d\u00e9sir, en s&rsquo;\u00e9tablissant dans cette connaissance qui flamboie occasionnellement dans l&rsquo;esprit \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ces m\u00e9thodes, aussi bien que par d&rsquo;autres qu&rsquo;enseignent les ma\u00eetres comp\u00e9tents<a href=\"#_edn16\">[16]<\/a> on peut arr\u00eater le Pr\u00e2na.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LES \u00c9TAPES DE LA R\u00c9ALISATION DU Soi<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la R\u00e9alisation du Soi est l&rsquo;ultime expansion de l&rsquo;individu qui vient se fondre en l&rsquo;Exp\u00e9rience Infinie et Absolue. C&rsquo;est l&rsquo;extinction des distinctions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Soi qui est en tous et en qui tous les \u00eatres prennent racine. C&rsquo;est la transmutation de l&rsquo;individu avec son petit moi limit\u00e9, mat\u00e9riel, social et physique, en une personnalit\u00e9 cosmique qui ressent, \u00e9galement, et son identit\u00e9 et ses relations avec tous les \u00eatres, qui reste \u00e9quanime en toutes circonstances, que rien n&rsquo;assujettit, et qui go\u00fbte le bonheur en tous lieux. Ce n&rsquo;est pas extinction mais accomplissement du moi. L&rsquo;extinction frappe seulement le sentiment qui nous maintient dans l&rsquo;oubli et la s\u00e9paration de cette Totalit\u00e9 que nous sommes, sentiment qui fait de nous un \u00eatre imaginaire dont la vie n&rsquo;est qu&rsquo;angoisse et que s\u00e9paration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la t\u00e2che n&rsquo;est pas facile. Il faut du temps \u00e0 l&rsquo;individu pour \u00e9voluer jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Absolue Totalit\u00e9. La dur\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9coule ne peut \u00eatre pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e, car elle d\u00e9pend des efforts individuels. La carri\u00e8re peut \u00eatre parcourue en une seule existence, ou elle peut s&rsquo;\u00e9tendre sur plusieurs vies, ou d&rsquo;innombrables vies. L&rsquo;expurgation de notre ignorance peut bien n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un processus subjectif, il subsiste une longue distance entre notre situation du moment\u00a0 \u2014 \u00eatre ou individu limit\u00e9 \u2014 et l&rsquo;id\u00e9al qui est exp\u00e9rience absolue. Les philosophes qui n&rsquo;estiment pas possible de r\u00e9aliser l&rsquo;id\u00e9al en un clin d&rsquo;\u0153il ont toujours cru qu&rsquo;on l&rsquo;atteignait progressivement. Une fois que l&rsquo;on admet ce point<a href=\"#_edn17\">[17]<\/a> se pose la question des \u00e9tapes de la progression. Les philosophes ja\u00efnistes ont d\u00e9fini 14 \u00e9tapes bien diff\u00e9renci\u00e9es entre la vie de l&rsquo;homme profane et celle du \u00ab\u00a0Kevalin \u00bb, l&rsquo;homme parfait. Les Bouddhistes mah\u00e2y\u00e2nistes d\u00e9finissent 10 paliers que franchit l&rsquo;aspirant jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il devienne un Bodhisattwa. Les Th\u00e9osophes distinguent 5 \u00e9tapes sur la vie de la perfection, depuis l&rsquo;initiation jusqu&rsquo;\u00e0 la ma\u00eetrise. Vasishtha, lui, en indique 7 jusqu&rsquo;\u00e0 la R\u00e9alisation. (\u00ab Yoga-bh\u00fbmikas \u00bb, \u00ab Jn\u00e2na-bh\u00fbmikas \u00bb) . Elles sont d\u00e9crites avec quelques variantes en divers endroits du Yoga-Vasishtha. Par exemple, \u00ab la premi\u00e8re \u00e9tape est atteinte lorsque l&rsquo;individu s&rsquo;est aper\u00e7u des maux de la vie individualis\u00e9e et aspire \u00e0 la transcender. La seconde, lorsqu&rsquo;il raisonne philosophiquement sur la nature du Soi et du monde. La troisi\u00e8me, lorsque, ayant acquis par la r\u00e9flexion une certitude de sa propre irr\u00e9alit\u00e9, il devient en esprit de moins en moins affirmatif quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de son propre personnage. La quatri\u00e8me \u00e9tape est atteinte quand le chercheur commence \u00e0 ressentir en lui la pr\u00e9sence du Soi R\u00e9el. La cinqui\u00e8me, quand l&rsquo;attachement aux objets du monde se trouve finalement surmont\u00e9, parce que le chercheur s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 au-dessus de tous les d\u00e9sirs. La sixi\u00e8me, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;aper\u00e7oit que toutes choses sont irr\u00e9elles si on les consid\u00e8re hors de l&rsquo;Absolu (autre version : s&rsquo;il con\u00e7oit clairement qu&rsquo;il est l&rsquo;ultime r\u00e9alit\u00e9). La septi\u00e8me \u00e9tape est franchie quand l&rsquo;exp\u00e9rience intime de l&rsquo;identit\u00e9 avec l&rsquo;Absolue R\u00e9alit\u00e9 est actualis\u00e9e en soi. Cette derni\u00e8re porte s&rsquo;ouvre sur le sanctuaire de l&rsquo;indicible Nirv\u00e2na. Ceux, qui vivent la septi\u00e8me \u00e9tape sont appel\u00e9s \u00ab J\u00eevanmuktas \u00bb (lib\u00e9r\u00e9s vivants).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LA VIE DE \u00a0\u00ab\u00a0JIVAN-MUKTA \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;existence du Sage qui vit en l&rsquo;\u00e9tat de la R\u00e9alisation du Soi est le dernier passage sur terre de son individualit\u00e9. Du point de vue de son exp\u00e9rience subjective, elle est d\u00e9j\u00e0 transcend\u00e9e, transmut\u00e9s ; mais, du point de vue ph\u00e9nom\u00e9nal, elle continue sur sa lanc\u00e9e car elle est une cons\u00e9quence mat\u00e9rielle de volitions ant\u00e9rieures. C&rsquo;est, pour ainsi dire, un autre que porte, dans le monde mat\u00e9riel, l&rsquo;individualit\u00e9 subjective ant\u00e9c\u00e9dente, qui n&rsquo;existe plus. Il semble que la pens\u00e9e requi\u00e8re un certain temps pour se mat\u00e9rialiser dans le monde objectif, de m\u00eame que la lumi\u00e8re dune \u00e9toile lointaine met quelque temps \u00e0 nous parvenir. Il est aussi possible, si l&rsquo;\u00e9toile est assez \u00e9loign\u00e9e, qu&rsquo;elle nous donne l&rsquo;impression de son existence pr\u00e9sente alors que, depuis longtemps, elle a cess\u00e9 de briller. Pour nous, son existence est av\u00e9r\u00e9e ; dans la r\u00e9gion qu&rsquo;elle occupait, elle n&rsquo;existe plus et ne plus \u00eatre per\u00e7ue. On y peut comparer la personnalit\u00e9 du \u00ab j\u00eevan-mukta \u00bb, le sage qui a totalement dissous son moi, qui ne s&rsquo;attribue ni ne ressent aucune individualit\u00e9 s\u00e9par\u00e9e au sein de l&rsquo;univers de l&rsquo;Esprit et de la Pens\u00e9e. Il semble vivre et il vit vraiment dans le monde physique. Il est comme l&rsquo;ombre passag\u00e8re de son individualit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dente. Pour les autres, son existence est tangible ; dans son propre esprit, elle n&rsquo;est qu&rsquo;apparence : elle est irr\u00e9elle pour le Soi o\u00f9 son \u00eatre conscient a, d\u00e8s lors, pris sa r\u00e9sidence. Le Yoga-Vasishtha d\u00e9crit en grand d\u00e9tail la fa\u00e7on dont il vit et se comporte parmi nous. En voici quelques citations : \u00ab Les plaisirs ne le r\u00e9jouissent pas, les douleurs ne l&rsquo;angoissent pas \u00bb. \u00ab Les \u00e9tats de plaisir ou de souffrance, m\u00eame profonds, violents et prolong\u00e9s, ne provoquent en lui nulle r\u00e9action, ni attrait, ni r\u00e9pulsion \u00bb. \u00ab Bien que son comportement ext\u00e9rieur soit actif, il ne ressent en son c\u0153ur aucun attachement envers quoi que ce soit \u00bb. \u00ab Sa conduite ne moleste personne ; il se comporte en citoyen id\u00e9al, en ami de tous. Il est tr\u00e8s actif, mais son c\u0153ur est profond\u00e9ment calme et paisible \u00bb. \u00ab Il est au-dessus des prescriptions de caste, de croyance, de position dans la vie, de coutume, et des injonctions scripturaires \u00bb. \u00ab Il repose paisiblement dans la supr\u00eame b\u00e9atitude \u00bb. \u00ab Il n&rsquo;\u0153uvre pas pour son propre b\u00e9n\u00e9fice car il est toujours heureux et sa joie ne d\u00e9pend d&rsquo;aucun objet \u00bb. \u00ab Son visage est toujours plein de gaiet\u00e9 \u00bb. \u00ab Il se comporte envers son prochain de la fa\u00e7on qu&rsquo;exigent les circonstances, avec une parfaite limpidit\u00e9 d&rsquo;\u00e2me. En compagnie des enfants, il joue comme un enfant ; parmi les jeunes, il est jeune ; avec les gens \u00e2g\u00e9s, il agit en homme \u00e2g\u00e9. Parmi les gens valeureux, c&rsquo;est un homme de courage ; il partage l&rsquo;affliction des mis\u00e9rables \u00bb. \u00ab Il n&rsquo;y a rien qu&rsquo;il ait besoin d&rsquo;accomplir \u00bb. De ce fait, il accomplit, \u00e0 l&rsquo;instar des enfants, des actions ou bien il y renonce, sans grandement s&rsquo;en pr\u00e9occuper \u00bb. \u00ab Il ne se sent jamais ni m\u00e9lancolique, ni hautain, ni agit\u00e9, ni atterr\u00e9, ni troubl\u00e9, ni euphorique \u00bb. \u00ab Il est plein d&rsquo;habilet\u00e9 et de magnanimit\u00e9, m\u00eame quand les ennemis le pressent de toutes parts \u00bb. \u00ab Il consid\u00e8re ses activit\u00e9s dans le cadre du mouvement cosmique et les accomplit en l&rsquo;absence de d\u00e9sirs personnels \u00bb. \u00ab Il n&rsquo;aspire jamais aux plaisirs qu&rsquo;il ne poss\u00e8de pas, mais il jouit de ceux qu&rsquo;il a \u00bb. \u00ab Les notions de \u00ab Je \u00bb, de \u00ab Mien \u00bb, de but \u00e0 atteindre, d&rsquo;obstacle \u00e0 \u00e9viter, sont tout \u00e0 fait mortes en lui \u00bb. \u00ab M\u00eame quand il se livre \u00e0 toutes sortes d&rsquo;actions, un Lib\u00e9r\u00e9 est toujours en \u00ab Sam\u00e2dhi \u00bb. \u00ab C&rsquo;est un grand homme d&rsquo;action. Il \u0153uvre sans anxi\u00e9t\u00e9, sans motivations \u00e9go\u00efstes, sans orgueil, sans impuret\u00e9 du c\u0153ur \u00bb. \u00ab C&rsquo;est un grand consommateur de biens. Il ne rejette pas les plaisirs qu&rsquo;il a, il ne d\u00e9sire pas les plaisirs qui se trouvent hors de son atteinte \u00bb. \u00ab Il jouit \u00e9galement de la vieillesse, de la mort, de la mauvaise sant\u00e9, de l&rsquo;indigence, el, de la puissance que d\u00e9tient un empereur \u00bb. \u00ab Il ne laisse aucune des fonctions naturelles \u00e0 son corps se paralyser faute de l&rsquo;exercice convenable. Son corps lui est un royaume, qu&rsquo;il administre avec sagesse. Il le conserve en bonne sant\u00e9 et ne le laisse pas languir faute du n\u00e9cessaire \u00bb. \u00ab La vie du Sage qui a r\u00e9alis\u00e9 sa Divinit\u00e9 est, en v\u00e9rit\u00e9, la plus noble, la plus heureuse. Sa bont\u00e9 rayonne en tous sens \u00bb. \u00ab Toutes les cr\u00e9atures sont dans la joie quand elles l&rsquo;ont vu, quand elles l&rsquo;ont entendu, quand elles l&rsquo;ont approch\u00e9, quand elles en ont le souvenir \u00bb. \u00ab Il ne fait plus d&rsquo;efforts pour entretenir son existence : les Esprits qui prennent soin du monde le prot\u00e8gent et le portent, comme ils prot\u00e8gent et portent le Cosmos \u00bb. \u00ab Quand les effets de ses d\u00e9sirs pass\u00e9s sont \u00e9puis\u00e9s, il quitte son corps. Il fusionne avec l&rsquo;Essence Divine, ou bien il rejoint la foule des divinit\u00e9s qui gouvernent l&rsquo;Univers et y diss\u00e9minent la Connaissance \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref1\">[1]<\/a> Le personnage central de la Brihad\u00e2ranyaka Upanishad. Le c\u00e9l\u00e8bre passage (chapitres 2 et 4) auquel l&rsquo;auteur fait allusion peut \u00eatre compris de deux fa\u00e7ons, dont celle-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref2\">[2]<\/a> Dans cette acception, \u00ab r\u00e9aliser \u00bb est un barbarisme qui r\u00e9sulte de la transposition du verbe anglais \u00ab to realize \u00bb. Son usage est malheureusement devenu g\u00e9n\u00e9ral dans les langages des voies traditionnelles pour signifier \u00ab se rendre compte avec \u00e9vidence, actualiser en soi, obtenir une connaissance imm\u00e9diate et totale \u00bb. Il a donn\u00e9 naissance au substantif : \u00ab r\u00e9alisation \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref3\">[3]<\/a> Grand philosophe v\u00e9dantique du IX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il a conf\u00e9r\u00e9 au Vedanta le cadre d&rsquo;un syst\u00e8me de pens\u00e9e superbe, achev\u00e9, mais par la m\u00eame dogmatique. Son g\u00e9nie a repouss\u00e9 dans l&rsquo;ombre celui de son immense pr\u00e9d\u00e9cesseur, Gaudap\u00e2da, ainsi que celui de Vasishtha. Il a pris, en particulier, des positions pol\u00e9miques et critiques que le Vedanta ignorait avant lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref4\">[4]<\/a> Le c\u00e9l\u00e8bre trait\u00e9 o\u00f9 Krishna expose les principes de l&rsquo;action juste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref5\">[5]<\/a> Les \u00e9critures hindoues, dont les Upanishads font partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref6\">[6]<\/a> Les Sages, auteurs (historiques ou suppos\u00e9s) des Ecritures telles que les V\u00e9das, les Upanishads, la Bhagavad-G\u00eet\u00e2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref7\">[7]<\/a> C&rsquo;est une des grandes paroles de la Ch\u00e2ndogya Upanishad (3-14-1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref8\">[8]<\/a> Le Prof. R\u00e2dhakrishnan, c\u00e9l\u00e8bre philosophe moderne, Pr\u00e9sident actuel de la R\u00e9publique Indienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref9\">[9]<\/a> \u00ab Ego \u00bb : l&rsquo;Inde religieuse et philosophique de notre temps d\u00e9signe par ce mot non pas une des trois instances psychanalytiques mais le faisceau des tendances agglutinantes qui causent le sentiment d&rsquo;\u00eatre un individu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref10\">[10]<\/a> Ce n&rsquo;est pas le solipsisme, Vasishtha ne soutient pas l&rsquo;autonomie cr\u00e9atrice des esprits. Sa cosmog\u00e9n\u00e8se fait appel \u00e0 un principe universel non personnalis\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref11\">[11]<\/a> Le jeune prince, h\u00e9ros du \u00ab R\u00e2m\u00e2yana \u00bb, auquel s&rsquo;adresse le Yoga-Vasishtha.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref12\">[12]<\/a> Contrairement a Shankara, Vasishtha semble enseigner que la \u00ab lib\u00e9ration \u00bb s&rsquo;effectue progressivement. Ces deux philosophes s&rsquo;accordent en tout cas sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9paration bien men\u00e9e (voir note 17 ci-apr\u00e8s). Vasishtha parle d&rsquo;\u00ab acc\u00e8s au nirv\u00e2na \u00bb, ce qui sugg\u00e8re une rupture dans l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref13\">[13]<\/a> La physique ancienne de L&rsquo;Inde n&rsquo;est pas la n\u00f4tre. Le d\u00e9but de ce texte est ainsi devenu inintelligible pour le lecteur occidental. Il pourra retenir de son ensemble le syst\u00e8me de g\u00e9n\u00e9ralisation progressive par lequel les constituants mat\u00e9riels se trouvent finalement raccord\u00e9s aux concepts les plus g\u00e9n\u00e9raux : le R\u00e9el, Brahman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref14\">[14]<\/a> Voici le passage auquel fait allusion l&rsquo;auteur (Ish\u00e2 1, 2) : \u00ab Il faut que le Seigneur r\u00e9side \u2014 En tout ce qui vit sur la Terre \u2014 Fais-en ta joie apr\u00e8s t&rsquo;en \u00eatre d\u00e9tach\u00e9 \u2014 Ne convoite les biens de personne \u2014 Il faut, en v\u00e9rit\u00e9, souhaiter vivre cent ans \u2014 Tout en accomplissant l&rsquo;action \u2014 De la sorte, il n&rsquo;est pas d&rsquo;erreur en toi \u2014 L&rsquo;action ne saurait souiller l&rsquo;homme \u2014 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref15\">[15]<\/a> \u00ab Kumbhaka \u00bb ; \u00ab calice \u00bb. Il s&rsquo;agit, dans la terminologie du Hatha-Yoga des deux moments d&rsquo;arr\u00eat du souffle, en fin d&rsquo;aspiration et en fin d&rsquo;expiration. Les allusions \u00e0 la lune, au soleil, \u00e0 l&rsquo;\u00ab orifice sup\u00e9rieur \u00bb, etc., font partie des th\u00e9ories cosmologiques du Yoga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref16\">[16]<\/a> Il est indispensable ici de mettre en garde les lecteurs plus curieux d&rsquo;aventures qu&rsquo;inform\u00e9s de la pens\u00e9e indienne, contre tous les exercices li\u00e9s au corps. Alors que la m\u00e9ditation sur des concepts g\u00e9n\u00e9raux est b\u00e9n\u00e9fique ou sans effet, des accidents tr\u00e8s graves guettent l&rsquo;aventurier des m\u00e9thodes yoguiques. Un ma\u00eetre comp\u00e9tent est n\u00e9cessaire \u00e0 quiconque en a le go\u00fbt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref17\">[17]<\/a> Si la pr\u00e9paration en est longue, la \u00ab r\u00e9alisation \u00bb, ou prise de conscience, s&rsquo;effectue peut-\u00eatre subitement. Mais il est probable que Vasishtha a raison de ne vouloir faire intervenir aucun concept de temps en ce qui est une transformation totalement inconcevable pour notre esprit. Sans doute aussi, l&rsquo;\u00ab illumination \u00bb ne suit-elle pas un cours pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 pour tous ceux (tr\u00e8s rares) qui y parviennent ici-bas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Vasishtha, il n&rsquo;existe aucune voie de R\u00e9alisation du Soi hormis la Connaissance. \u00ab L&rsquo;asc\u00e9tisme, les p\u00e8lerinages, la distribution des aum\u00f4nes, les sacrifices, les bains dans les rivi\u00e8res sacr\u00e9es, l&rsquo;\u00e9tude des Ecritures, l&rsquo;accomplissement des devoirs rituels, etc., tout cela n&rsquo;est d&rsquo;aucun usage \u00bb. C&rsquo;est par la seule connaissance que l&rsquo;individu peut r\u00e9aliser sa propre D\u00e9it\u00e9. La Connaissance est le seul moyen qui fait appara\u00eetre la Conscience du divin. \u00ab Bhakti \u00bb, la d\u00e9votion \u00e0 un Dieu personnel ou \u00e0 un Ma\u00eetre, n&rsquo;est aucunement requise et ne sert pas \u00e0 grand-chose pour r\u00e9aliser le Soi. Vasishtha croit in\u00e9branlablement qu&rsquo;il ne faut compter que sur soi-m\u00eame. Il affirme avec force : \u00ab On est soi-m\u00eame son propre ami, ou bien son propre ennemi. Aucun palliatif ne peut \u00eatre envisag\u00e9 si l&rsquo;on n&rsquo;est pas l&rsquo;artisan de son propre salut \u00bb. \u00ab Ce que l&rsquo;on n&rsquo;atteint pas soi-m\u00eame, par un effort personnel et persistant, ne peut \u00eatre atteint par nul autre proc\u00e9d\u00e9 dans aucun des trois mondes \u00bb. \u00ab Le Dieu vrai que l&rsquo;on doit adorer, c&rsquo;est le Soi que l&rsquo;on poss\u00e8de. Il n&rsquo;est aucun besoin d&rsquo;adorer tout autre dieu \u00bb. \u00ab Ceux qui abandonnent le dieu qui r\u00e9side en leur propre c\u0153ur et vont \u00e0 d&rsquo;autres dieux sont comparables \u00e0 ceux qui jettent les pierres pr\u00e9cieuses qu&rsquo;ils ont en main pour rechercher les verroteries \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[363,230],"tags":[366,42,367,153,210,164,358,233,35,364,26],"class_list":["post-2691","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-b-l-atreya","category-p-lebail","tag-activite-mentale","tag-eveil","tag-jivan-mukta","tag-jnana","tag-pratique-interieure","tag-realisation","tag-respiration","tag-samadhi","tag-soi","tag-vasishtha","tag-yoga"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La divinisation de l&#039;homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La divinisation de l&#039;homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"D&#039;apr\u00e8s Vasishtha, il n&#039;existe aucune voie de R\u00e9alisation du Soi hormis la Connaissance. \u00ab L&#039;asc\u00e9tisme, les p\u00e8lerinages, la distribution des aum\u00f4nes, les sacrifices, les bains dans les rivi\u00e8res sacr\u00e9es, l&#039;\u00e9tude des Ecritures, l&#039;accomplissement des devoirs rituels, etc., tout cela n&#039;est d&#039;aucun usage \u00bb. C&#039;est par la seule connaissance que l&#039;individu peut r\u00e9aliser sa propre D\u00e9it\u00e9. La Connaissance est le seul moyen qui fait appara\u00eetre la Conscience du divin. \u00ab Bhakti \u00bb, la d\u00e9votion \u00e0 un Dieu personnel ou \u00e0 un Ma\u00eetre, n&#039;est aucunement requise et ne sert pas \u00e0 grand-chose pour r\u00e9aliser le Soi. Vasishtha croit in\u00e9branlablement qu&#039;il ne faut compter que sur soi-m\u00eame. Il affirme avec force : \u00ab On est soi-m\u00eame son propre ami, ou bien son propre ennemi. Aucun palliatif ne peut \u00eatre envisag\u00e9 si l&#039;on n&#039;est pas l&#039;artisan de son propre salut \u00bb. \u00ab Ce que l&#039;on n&#039;atteint pas soi-m\u00eame, par un effort personnel et persistant, ne peut \u00eatre atteint par nul autre proc\u00e9d\u00e9 dans aucun des trois mondes \u00bb. \u00ab Le Dieu vrai que l&#039;on doit adorer, c&#039;est le Soi que l&#039;on poss\u00e8de. Il n&#039;est aucun besoin d&#039;adorer tout autre dieu \u00bb. \u00ab Ceux qui abandonnent le dieu qui r\u00e9side en leur propre c\u0153ur et vont \u00e0 d&#039;autres dieux sont comparables \u00e0 ceux qui jettent les pierres pr\u00e9cieuses qu&#039;ils ont en main pour rechercher les verroteries \u00bb.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2010-02-15T18:08:45+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2011-09-05T22:47:32+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"56 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"headline\":\"La divinisation de l&rsquo;homme par B. L. Atreya\",\"datePublished\":\"2010-02-15T18:08:45+00:00\",\"dateModified\":\"2011-09-05T22:47:32+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\"},\"wordCount\":11285,\"keywords\":[\"Activit\u00e9 Mentale\",\"Eveil\",\"Jivan-Mukta\",\"jnana\",\"pratique int\u00e9rieure\",\"R\u00e9alisation\",\"respiration\",\"samadhi\",\"Soi\",\"Vasishtha\",\"Yoga\"],\"articleSection\":[\"Atreya B. L.\",\"Lebail Patrick\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\",\"name\":\"La divinisation de l'homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\"},\"datePublished\":\"2010-02-15T18:08:45+00:00\",\"dateModified\":\"2011-09-05T22:47:32+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La divinisation de l&rsquo;homme par B. L. Atreya\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La divinisation de l'homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La divinisation de l'homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"D'apr\u00e8s Vasishtha, il n'existe aucune voie de R\u00e9alisation du Soi hormis la Connaissance. \u00ab L'asc\u00e9tisme, les p\u00e8lerinages, la distribution des aum\u00f4nes, les sacrifices, les bains dans les rivi\u00e8res sacr\u00e9es, l'\u00e9tude des Ecritures, l'accomplissement des devoirs rituels, etc., tout cela n'est d'aucun usage \u00bb. C'est par la seule connaissance que l'individu peut r\u00e9aliser sa propre D\u00e9it\u00e9. La Connaissance est le seul moyen qui fait appara\u00eetre la Conscience du divin. \u00ab Bhakti \u00bb, la d\u00e9votion \u00e0 un Dieu personnel ou \u00e0 un Ma\u00eetre, n'est aucunement requise et ne sert pas \u00e0 grand-chose pour r\u00e9aliser le Soi. Vasishtha croit in\u00e9branlablement qu'il ne faut compter que sur soi-m\u00eame. Il affirme avec force : \u00ab On est soi-m\u00eame son propre ami, ou bien son propre ennemi. Aucun palliatif ne peut \u00eatre envisag\u00e9 si l'on n'est pas l'artisan de son propre salut \u00bb. \u00ab Ce que l'on n'atteint pas soi-m\u00eame, par un effort personnel et persistant, ne peut \u00eatre atteint par nul autre proc\u00e9d\u00e9 dans aucun des trois mondes \u00bb. \u00ab Le Dieu vrai que l'on doit adorer, c'est le Soi que l'on poss\u00e8de. Il n'est aucun besoin d'adorer tout autre dieu \u00bb. \u00ab Ceux qui abandonnent le dieu qui r\u00e9side en leur propre c\u0153ur et vont \u00e0 d'autres dieux sont comparables \u00e0 ceux qui jettent les pierres pr\u00e9cieuses qu'ils ont en main pour rechercher les verroteries \u00bb.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2010-02-15T18:08:45+00:00","article_modified_time":"2011-09-05T22:47:32+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"56 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"La divinisation de l&rsquo;homme par B. L. Atreya","datePublished":"2010-02-15T18:08:45+00:00","dateModified":"2011-09-05T22:47:32+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/"},"wordCount":11285,"keywords":["Activit\u00e9 Mentale","Eveil","Jivan-Mukta","jnana","pratique int\u00e9rieure","R\u00e9alisation","respiration","samadhi","Soi","Vasishtha","Yoga"],"articleSection":["Atreya B. L.","Lebail Patrick"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/","name":"La divinisation de l'homme par B. L. Atreya - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2010-02-15T18:08:45+00:00","dateModified":"2011-09-05T22:47:32+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-divinisation-de-lhomme-par-b-l-atreya\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La divinisation de l&rsquo;homme par B. L. Atreya"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2691","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2691"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2691\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2691"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2691"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2691"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}