{"id":282,"date":"2009-03-07T00:00:00","date_gmt":"2009-03-07T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=282"},"modified":"2009-12-30T16:24:18","modified_gmt":"2009-12-30T15:24:18","slug":"entretien-le-corps-comme-image-par-roger-godel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/entretien-le-corps-comme-image-par-roger-godel\/","title":{"rendered":"Entretien: Le corps comme image par Roger Godel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Extrait de L\u2019homme et la connaissance, \u00e9dition Le courrier du livre 1965)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>ROGER GODEL<br \/>\nLe Docteur Roger Godel nous laisse une \u0153uvre abondante et essentielle. Parmi les nombreux ouvrages qu&rsquo;il a \u00e9crits, citons : Essais sur l&rsquo;Exp\u00e9rience lib\u00e9ratrice ; Vie et R\u00e9novation, publi\u00e9s chez Gallimard ; Socrate et le Sage indien ; Un compagnon de Socrate (dialogues sur l&rsquo;exp\u00e9rience lib\u00e9ratrice) ; Une Gr\u00e8ce secr\u00e8te ; \u00e9dit\u00e9s aux Belles-Lettres.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Un livre, De l&rsquo;humanisme \u00e0 l&rsquo;humain (Belles-Lettres), inspire \u00e0 la Presse m\u00e9dicale (19 octobre 1964) les lignes suivantes :<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Ce livre retrace \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;extraits des propres \u0153uvres de Roger Godel et aussi \u00e0 l&rsquo;aide des travaux qui lui sont consacr\u00e9s et de t\u00e9moignages de m\u00e9decins, d&rsquo;\u00e9crivains et de philosophes, la vie et les pens\u00e9es d&rsquo;un homme qui poursuivit inlassablement l&rsquo;aventure de la sagesse. Ils commentent tour \u00e0 tour le philosophe, le m\u00e9taphysicien, l&rsquo;homme de science, le neurologue, le cardiologue et m\u00eame le m\u00e9decin tout court, dont \u00ab le regard plein de bont\u00e9 savait p\u00e9n\u00e9trer jusqu&rsquo;aux racines m\u00eames de toutes souffrances \u00bb.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le dialogue qui va suivre s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 entre le Docteur et Madame Roger Godel, \u00e0 la veille de leur d\u00e9part pour le Liban, et quelques mois seulement avant la mort du Docteur Godel. Alice Godel recueillait avec ferveur sur bandes magn\u00e9tiques, chaque fois que cela lui \u00e9tait possible, les conversations toujours passionnantes, toujours profond\u00e9ment instructives que son mari avait avec elle, avec ses \u00e9l\u00e8ves ou ses malades, avec ses amis et ceux qui venaient \u00e0 lui.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ce dialogue fut le premier enregistr\u00e9 sur magn\u00e9tophone duquel il est transcrit litt\u00e9ralement. Il nous est donc restitu\u00e9 dans toute sa spontan\u00e9it\u00e9. Ceux qui ont eu le privil\u00e8ge d&rsquo;approcher le Docteur Godel retrouveront l\u00e0 la voix famili\u00e8re et chaude de l&rsquo;homme \u00e9clair\u00e9, du m\u00e9decin, de l&rsquo;ami. Ami, il l&rsquo;est de tous ceux qui l&rsquo;accueillent, lui qui disait : \u00ab Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre science, au sens vrai du terme, que la science de l&rsquo;amour \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Avant ton d\u00e9part je souhaiterais t&rsquo;engager \u00e0 d\u00e9velopper encore une fois ce que tu entends par : le corps est une image mentale, et, deuxi\u00e8mement, les cons\u00e9quences que cette donn\u00e9e implique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Que le corps soit une image mentale, c&rsquo;est une \u00e9vidence que nous avons \u00e0 tout instant, et que, pourtant, nous manquons de r\u00e9aliser, nous manquons de reconna\u00eetre, pourquoi ? parce que, de notre corps, nous avons une exp\u00e9rience par le toucher, une exp\u00e9rience par la vue, une exp\u00e9rience par la douleur que nous lui attribuons \u2014 les douleurs dont nous pr\u00e9tendons du moins qu&rsquo;il est l&rsquo;origine \u2014, et il est pour nous une constante sollicitation, de telle sorte que cet ensemble \u2014 cette imagerie, pouvons-nous dire, cette construction de l&rsquo;esprit \u2014 nous rev\u00eat comme s&rsquo;il \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 nous par des liens indissolubles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Qu&rsquo;est-ce que tu entends par l\u00e0 ? Que cette image ne repose sur absolument rien de physique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Ce que nous appelons physique est une id\u00e9e, un concept. Nous faisons du physique ou du moral une id\u00e9e purement mentale, uniquement mentale. Nous disons : ceci est physique, ceci est moral. C&rsquo;est une fa\u00e7on de d\u00e9finir les choses, c&rsquo;est une fa\u00e7on de d\u00e9finir un ph\u00e9nom\u00e8ne. Cette d\u00e9finition, elle, n&rsquo;est donc que mentale, elle s&rsquo;applique \u00e0 des choses que nous avons le tort d&rsquo;appeler des r\u00e9alit\u00e9s ; mais l\u00e0 encore, quand nous attribuons la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat physique, mat\u00e9riel, c&rsquo;est une affirmation d&rsquo;exp\u00e9rience, une affirmation purement empirique, et discutable, contestable, qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;\u00e0 nous. Non ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Oui&#8230; Mais il m&rsquo;est difficile de comprendre que si j&rsquo;ai une douleur, je l&rsquo;ai invent\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Ah mais je n&rsquo;ai jamais dit qu&rsquo;une douleur \u00e9tait invent\u00e9e, je n&rsquo;ai jamais dit que le corps \u00e9tait invent\u00e9. Il donne lieu \u00e0 des effets manifest\u00e9s dans un champ de conscience qui est le n\u00f4tre, mais si tu s\u00e9pares cette imagerie ou cet ensemble de repr\u00e9sentations du champ de conscience dont tu es toi-m\u00eame la projection, que reste-t-il ? Un corps qui ne serait pas construit sur un mod\u00e8le de ta repr\u00e9sentation, que serait-il ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Il ne serait rien, ni moi non plus&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Mais non, il ne serait rien, ni toi non plus, c&rsquo;est exactement cela. S&rsquo;il n&rsquo;est rien, toi, telle que tu te consid\u00e8res telle que tu prends conscience de toi-m\u00eame, tu cesses aussi d&rsquo;avoir un sens. Donc, l&rsquo;imagerie et l&rsquo;id\u00e9e que tu te fais de toi-m\u00eame sont solidaires \u2014 une seule et m\u00eame chose&#8230;<br \/>\nJ&rsquo;ai un corps, si ce corps dispara\u00eet, je ne suis rien, c&rsquo;est bien une identification avec le corps. Or, ce corps est-il autre chose que l&rsquo;ensemble des constatations que tu peux faire ?..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Il est mon moyen de communication avec le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Il n&rsquo;est jamais qu&rsquo;un moyen de communication avec toi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;et avec le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur \u2014 &#8230;avec le monde que tu appelles ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;et qui est ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 &#8230;qui est, mais qui n&rsquo;est pas ext\u00e9rieur \u2014 qui est ext\u00e9rieur \u00e0 cette imagerie du corps. Mais est-il ext\u00e9rieur \u00e0 toi-m\u00eame ce monde ? Puisqu\u2019il se pr\u00e9sente \u00e0 toi, comment peut-il \u00eatre ext\u00e9rieur \u00e0 toi ? Il est ext\u00e9rieur \u00e0 ton corps, pas \u00e0 toi. Il est hors de ton corps, c&rsquo;est incontestable, cette table n&rsquo;est pas dans ton corps, Marguerite n&rsquo;est pas dans ton corps, elle est distincte de ton corps, mais est-elle hors de ton champ de conscience ? Hors de ta conscience ? Si elle \u00e9tait hors de ta conscience, tu ne pourrais pas l&rsquo;atteindre ni par des paroles, ni m\u00eame par le sentiment d&rsquo;une pr\u00e9sence. D\u00e8s qu&rsquo;un corps ou une chose p\u00e9n\u00e8trent dans ton champ de conscience, cela en fait partie int\u00e9grante. Rien n&rsquo;est hors de ta conscience qui soit concevable, repr\u00e9sentable ou imaginable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;et en mon absence ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Tu postules des pr\u00e9sences en ton absence, tu dis : ah je m&rsquo;en vais et je laisse des gens \u00e0 tel endroit. C&rsquo;est une id\u00e9e que tu te fais, c&rsquo;est aussi une repr\u00e9sentation que tu te donnes. Tu imagines des personnes, tu les situes, par tes souvenirs, tu les situes par ton \u00e9vocation de leurs silhouettes, de leurs formes et de leurs occupations, tu les situes quelque part dans un cadre qui t&rsquo;est familier, c&rsquo;est encore quelque chose que tu \u00e9voques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Mais tu es aussi t\u00e9moin de mes propres \u00e9vocations&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Je suis t\u00e9moin seulement de ce que j&rsquo;affirme, de ce que je d\u00e9clare. Je ne peux pas \u00eatre t\u00e9moin en ton lieu et place, je ne peux pas \u00eatre t\u00e9moin pour toi, tu r\u00e9cuserais mon t\u00e9moignage. Comment puis-je me situer l\u00e0 o\u00f9 tu te situes toi-m\u00eame ? Comment puis-je te voir telle que tu te vois ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Nous sommes cependant deux \u00e0 t\u00e9moigner des m\u00eames objets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Mais non, nous nous mettons d&rsquo;accord pour donner un m\u00eame nom \u00e0 des objets, ou pour les d\u00e9crire de fa\u00e7on similaire. En fait, nous ne pourrons jamais confronter nos exp\u00e9riences ; elles nous sont int\u00e9rieures, elles ne peuvent pas \u00eatre confront\u00e9es. Il faudrait que je sois simultan\u00e9ment toi et moi pour pouvoir dire : ah, ce que Alice voit bleu, moi je le vois bleu, comment puis-je me situer l\u00e0 o\u00f9 tu te situes, avoir le m\u00eame spectacle sans \u00eatre toi-m\u00eame ? Si cela \u00e9tait possible, c&rsquo;est que je suis toi, je suis r\u00e9ellement toi, et la vision que tu as, sera la mienne. Si j&rsquo;aime le bleu et que tu n&rsquo;aimes pas le bleu, il est certain que tu ne vois pas la couleur de la m\u00eame fa\u00e7on que moi, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas simplement une sensation, elle est aussi une adh\u00e9sion ou un refus. Elle ne peut pas \u00eatre exactement semblable&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Et cependant quelque chose la rend possiblement compr\u00e9hensible \u00e0 toi et \u00e0 moi&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Ce quelque chose r\u00e9sulte uniquement de notre accord, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une convention entre nous. Cette chaise porte une couleur bleue, elle est de couleur bleue, et tu acquiesces, parce que chaque fois que tu as signal\u00e9 sur un objet la couleur bleue, j&rsquo;ai pris conscience d&rsquo;une couleur qui, pour moi, \u00e9tait ce qu&rsquo;elle est et qui correspondait \u00e0 ton bleu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Oui, mais il y a un ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;il soit ou ne soit pas bleu, et qui est interpr\u00e9t\u00e9 bleu, et un ph\u00e9nom\u00e8ne qui me fait dire bleu et qui te fait dire bleu, d&rsquo;accord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Et alors? Qu&rsquo;est-ce que prouve ce ph\u00e9nom\u00e8ne ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;ind\u00e9pendant de moi personnellement, puisque tu es devant moi, t\u00e9moin de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, et que tu le traduis comme moi \u2014 par accord, d&rsquo;accord&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Un accord verbal, et d&rsquo;ailleurs purement verbal. Cet accord t\u00e9moigne simplement d&rsquo;une constance dans les affirmations, c&rsquo;est tout. Elles ne prouvent rien de plus, elles ne prouvent pas que le bleu soit bleu. Elles prouvent que nous sommes d&rsquo;accord pour donner le nom et la qualit\u00e9 de bleu \u00e0 telle exp\u00e9rience empirique, et que par cons\u00e9quent une similitude dans les constitutions se r\u00e9v\u00e8le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Mais elle est humaine, non ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que l&rsquo;humain ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;elle est propre \u00e0 l&rsquo;humain cette exp\u00e9rience&#8230; il y a donc&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 &#8230;encore un mot, encore un concept, l&rsquo;humain. L&rsquo;humain, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est l&rsquo;humain ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Je reviens donc maintenant \u00e0 ma seconde question : Quelles sont les cons\u00e9quences que cette donn\u00e9e implique ? Puisque je construis mon image et mon monde, puis-je en transformer le destin ? Et puis-je me reforger diff\u00e9rente de ce que je suis ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Eh bien, la question : \u00ab puis-je ? \u00bb. Que repr\u00e9sente ce je dans le \u00ab puis-je \u00bb ? Cela repr\u00e9sente un niveau de perception, cela repr\u00e9sente une instance dans un monde illimit\u00e9 de possibles. Je me con\u00e7ois comme tel, comme un \u00eatre fini, un \u00eatre arr\u00eat\u00e9 dans sa forme, dans ses contours, dans ses possibilit\u00e9s. Eh bien, \u00e0 ce titre-l\u00e0, \u00e9videmment je suis totalement impuissant. Je dois admettre au pr\u00e9alable la possibilit\u00e9 d&rsquo;un renouvellement complet, total et incessant de moi-m\u00eame. Donc ce qui va b\u00e9n\u00e9ficier de la transformation, ce n&rsquo;est pas moi, c&rsquo;est un devenir incessant qui b\u00e9n\u00e9ficiera de la transformation. Et ce devenir, o\u00f9 doit-il aboutir en fin de compte ? A un d\u00e9pouillement complet, total de toutes les cristallisations que ma pens\u00e9e peut retenir pour me limiter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu vois ce que je veux dire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne sommes pas ce que nous paraissons \u00eatre \u00e0 nos propres yeux. Nous ne sommes pas cela. Nous sommes ce perp\u00e9tuel devenir, cette perp\u00e9tuelle transformation qui, en nous an\u00e9antissant, nous renouvelle. Elle ne peut nous renouveler que par un continuel an\u00e9antissement des formes auxquelles nous nous attachons, auxquelles, momentan\u00e9ment, nous nous identifions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, qui est le b\u00e9n\u00e9ficiaire de la transformation Non pas moi qui suis en train d&rsquo;\u00e9noncer l&rsquo;espoir d&rsquo;une transformation, mais un \u00eatre dont, pr\u00e9sentement, je ne sais rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que serai-je en fin de compte, si je b\u00e9n\u00e9ficie de ce \u00e0 quoi, j\u2019aspire ? Que serai-je ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je serai ce que je suis r\u00e9ellement. Non pas ce que je parais en ce moment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Ce que je suis r\u00e9ellement est inamovible&#8230; il n&rsquo;a rien \u00e0 gagner ni rien \u00e0 perdre ?..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Non. Mais cette conscience au niveau de laquelle je vis peut b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un \u00e9claircissement. De noire elle peut devenir lumineuse. Si je vis dans le noir, si je vis dans les t\u00e9n\u00e8bres, si je vis dans la d\u00e9tresse, si je vis dans le scepticisme et dans le d\u00e9sespoir, n&rsquo;est-il pas b\u00e9n\u00e9fique d&rsquo;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9 de cette couleur ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Mais qui b\u00e9n\u00e9ficie, puisque je ne suis qu&rsquo;une forme, donc cr\u00e9atrice de formes. Par cons\u00e9quent la forme ne b\u00e9n\u00e9ficie de rien, puisqu&rsquo;elle s&rsquo;en va&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Ah mais la forme ne peut jamais b\u00e9n\u00e9ficier de rien puisqu&rsquo;elle s&rsquo;en va, comme tu le dis, elle part, elle dispara\u00eet, elle glisse dans ce n\u00e9ant que toutes les formes rejoignent ; mais, le b\u00e9n\u00e9ficiaire c&rsquo;est, \u00e0 tout instant, celui qui est en progr\u00e8s sur la, situation pass\u00e9e, c&rsquo;est cet \u00eatre naissant qui peut \u00eatre continuellement le b\u00e9n\u00e9ficiaire. Si demain je suis plus heureux que je ne l&rsquo;\u00e9tais aujourd&rsquo;hui, que puis-je dire du b\u00e9n\u00e9ficiaire ? Que c&rsquo;est un autre que l&rsquo;\u00eatre malheureux qui subissait le malheur la veille ; un autre. Celui qui est malheureux ne sera jamais heureux&#8230; il cesse d&rsquo;\u00eatre malheureux par le fait m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Cet \u00eatre que j&rsquo;appellerai ici : interm\u00e9diaire, et qui n&rsquo;est ni l&rsquo;\u00eatre r\u00e9el, inamovible, que rien ne change et que rien ne d\u00e9\u00e7oit, ni la forme qui s&rsquo;en va, serait une esp\u00e8ce de liaison\u2026 n&rsquo;est-ce pas ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Bien s\u00fbr, ce ne sera jamais que cette&#8230; on pourrait dire que cette forme ou ces formes de transition qui pourront \u00eatre en progr\u00e8s les unes par rapport aux autres et \u00eatre b\u00e9n\u00e9ficiaires les unes comparativement aux autres&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Alors comment peuvent-elles se changer, se transformer, s&rsquo;\u00e9clairer, s&rsquo;ensoleiller ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Oui. Eh bien, d\u00e8s lors, qu&rsquo;elles s&rsquo;informent des lois auxquelles elles sont soumises, qu&rsquo;elles connaissent les lois qui font \u00e9voluer leur condition de formes. Si, par exemple, dans cet \u00eatre auquel momentan\u00e9ment je m&rsquo;identifie, cet \u00eatre physique, psychique, mental, sensible, etc., si cet \u00eatre puise, en la conscience, aux normes pour en conna\u00eetre la structure, pour en conna\u00eetre le fonctionnement, que d\u00e9couvrira-t-il ? Il d\u00e9couvre que loin d&rsquo;\u00eatre une individualit\u00e9 s\u00e9par\u00e9e du reste de l&rsquo;univers, il est immerg\u00e9 dans une sorte d&rsquo;oc\u00e9an, oc\u00e9an que l&rsquo;on pourrait provisoirement comparer \u00e0 un vaste champ de conscience. Il est ins\u00e9parable de ce champ. Il n&rsquo;y a pas de cloison \u00e9tanche l\u00e0 o\u00f9 dispara\u00eet le confin, la limite stricte d&rsquo;un corps. Entre deux corps il peut n&rsquo;y avoir aucun contact, il peut y avoir un intervalle d&rsquo;espace, mais entre deux champs de conscience il n&rsquo;y a pas de fronti\u00e8re ; il n&rsquo;y a d&rsquo;autre fronti\u00e8re que la distance qui oppose les attitudes, mais il n&rsquo;y a pas de fronti\u00e8re spatiale entre des champs de conscience. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de s\u00e9paration \u2014 de s\u00e9paration spatiale \u2014 ne peut \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 la notion de champ, pas plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un champ magn\u00e9tique il n&rsquo;y a de trous et de d\u00e9chirures qui s\u00e9pareraient les particules de ce champ ou les lignes de force constituant ce champ. Le champ est une continuit\u00e9, non pas une continuit\u00e9 dans l&rsquo;espace, mais une continuit\u00e9 substantielle, une sorte de consubstantialit\u00e9. Cette substantialit\u00e9 est faite de conscience, par nature. De sorte que nous plongeons dans cet oc\u00e9an, et tout ce qui nous porte \u00e0 une attitude, emprunte \u00e0 la totalit\u00e9 du champ ses complicit\u00e9s. Complicit\u00e9 pour la d\u00e9ch\u00e9ance, complicit\u00e9 pour la destruction, ou complicit\u00e9 pour une avance sur un terrain nouveau, pour un renouvellement. Et sans que nous nous en doutions le moins du monde, chacune de nos attitudes se trouve spontan\u00e9ment assist\u00e9e par tout ce qui lui est conforme, tout ce qui lui est de nature semblable. Nous aspirons vers un plus grand bien, le bien \u00e9pars dans ce champ cosmique universel afflue vers nous et nous porte et renforce nos aspirations. Si nous aspirons \u00e0 un acte mauvais, cet acte mauvais est cent mille fois renforc\u00e9 par tout le mal qui r\u00e8gne dans le champ. Un acte de violence re\u00e7oit la complicit\u00e9 de toutes les violences \u00e9parses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Est-ce que la m\u00eame donn\u00e9e peut s&rsquo;appliquer aux lois physiques ? Par exemple : j&rsquo;ai une douleur, je la vois avec d\u00e9sespoir, elle s&rsquo;aggrave, elle aspire tout ce qu&rsquo;il y a de douloureux autour de moi, et vice versa ; si au contraire je suis confiante, la chose par elle-m\u00eame peut se transformer par le fait que&#8230; ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Oui. Eh bien, l\u00e0 nous arrivons au ph\u00e9nom\u00e8ne de mat\u00e9rialisation. Dans la mesure m\u00eame o\u00f9 nous mat\u00e9rialisons une attitude, une sensation, un \u00e9tat de conscience, la densit\u00e9, le durcissement en quelque sorte de cet \u00e9tat se constitue. Par exemple, si je souffre et si je localise ma souffrance, si je lui donne une base mat\u00e9rielle et physique, la voici comme ancr\u00e9e en moi. C&rsquo;est comme si cette souffrance avait trouv\u00e9 son terrain d&rsquo;atterrissage et permettait l&rsquo;atterrissage d&rsquo;une multitude d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments de souffrance. Alors, puisque pr\u00e9cis\u00e9ment nous nous donnons un corps physique et que nous attribuons \u00e0 ce corps physique l&rsquo;origine de toutes nos souffrances, nous les mat\u00e9rialisons par l\u00e0 m\u00eame. La souffrance, tout en \u00e9tant psychique \u2014 elle est sentie comme un \u00e9l\u00e9ment, je dirais, de notre conscience de vivre. N\u00e9anmoins elle participe \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 leur duret\u00e9, \u00e0 leur dur\u00e9e, \u00e0 leur in\u00e9luctable imposition. Ce qui est mat\u00e9riel, c&rsquo;est quelque chose que l&rsquo;on ne peut pas \u00e9viter : si je me heurte \u00e0 une table, si je vais vers une table, je me cogne contre cette table, pourquoi ? Parce qu&rsquo;elle a rev\u00eatu le caract\u00e8re mat\u00e9riel et cette mat\u00e9rialit\u00e9 est quelque chose qui r\u00e9siste \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration. Le caract\u00e8re m\u00eame de la mati\u00e8re c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre imp\u00e9n\u00e9trable et de se pr\u00e9senter comme chose imp\u00e9n\u00e9trable. D\u00e8s que nos \u00e9tats de conscience prennent affinit\u00e9 avec ce qui est mat\u00e9riel et s&rsquo;\u00e9tablissent sur des bases \u2014 et en particulier sur des bases d&rsquo;interpr\u00e9tation mat\u00e9rielle \u2014, elles s&rsquo;imposent \u00e0 nous d&rsquo;une fa\u00e7on ind\u00e9racinable. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il est tellement dangereux de donner \u00e0 des malades l&rsquo;explication mat\u00e9rielle de leur douleur : \u00ab Vous avez mal \u00e0 cause de ceci, vous avez mal parce qu&rsquo;un nerf est comprim\u00e9 dans votre dos \u00bb. Eh bien, le malade a mat\u00e9rialis\u00e9 sa douleur, il lui a trouv\u00e9 \u2014 \u00e0 tort ou \u00e0 raison \u2014 une cause m\u00e9canique, une cause \u00e0 laquelle on ne peut porter rem\u00e8de qu&rsquo;en d\u00e9truisant la mati\u00e8re, alors il faut couper \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0 ; il faut couper ou d\u00e9connecter les contacts, du nerf par exemple, avec la masse qui le blesse, avec un os qui le blesse, ou avec un disque de cartilage qui le blesse. Parce qu&rsquo;on lui a donn\u00e9 force mat\u00e9rielle, consistance mat\u00e9rielle, et irr\u00e9ductibilit\u00e9 mat\u00e9rielle. Si, par contre, on fait d\u00e9couvrir au malade la signification fonctionnelle de sa douleur, l&rsquo;origine fonctionnelle de la douleur et non mat\u00e9rielle \u2014 comme ce qui est fonctionnel n&rsquo;a pas consistance \u2014, on peut par une op\u00e9ration purement fonctionnelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire dynamique, le d\u00e9livrer \u00e9galement. De m\u00eame, lorsqu\u2019on donne \u00e0 un malade une conception organique de son \u00e9tat morbide : on lui explique que son c\u0153ur est atteint de tel et tel d\u00e9faut organique, et que c&rsquo;est l\u00e0 que se trouve l&rsquo;origine de toutes ses perturbations, il est \u00e9vident qu&rsquo;aucun rem\u00e8de ne peut lui \u00eatre apport\u00e9 sans qu&rsquo;une transformation mat\u00e9rielle soit possible. Or, il n&rsquo;y a gu\u00e8re de transformations mat\u00e9rielles qui soient op\u00e9rantes, op\u00e9rantes d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9finitive parce que, en somme, la vie est fonctionnelle, elle n&rsquo;est pas mat\u00e9rielle, elle est fonctionnelle, elle est perp\u00e9tuelle \u00e9mergence de transformation et de renouveau. Alors, elle recr\u00e9e constamment, elle n&rsquo;immobilise rien, rien n&rsquo;est jamais immobilis\u00e9 dans la vie. Tout est perp\u00e9tuellement remis en question, aussi bien sur le plan de la substance physique la plus mat\u00e9rielle que sur le plan des cr\u00e9ations mentales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors j&rsquo;en reviens \u00e0 ceci : rendre organique l&rsquo;interpr\u00e9tation des maladies c&rsquo;est condamner les gens \u00e0 une fixation, \u00e0 un ancrage dans la destructibilit\u00e9 de la mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Alors des gu\u00e9risons peuvent s&rsquo;op\u00e9rer, des gu\u00e9risons de mati\u00e8re \u2014 de ce que nous appelons mati\u00e8re \u2014 par une vision&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Elles le pourraient, oui, par une vision correcte. Elles le pourraient. Seulement, l&#8217;emp\u00eachement \u00e0 cette solution provient de ce qu&rsquo;il est pratiquement impossible de convaincre un homme de l&rsquo;immat\u00e9rialit\u00e9 de ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 lui comme mat\u00e9riel. Lui faire admettre que ce corps qui r\u00e9siste \u00e0 la main, qu&rsquo;il peut frapper et traumatiser et blesser, soit une pure imagerie, une cr\u00e9ation de l&rsquo;esprit, et que cette cr\u00e9ation rev\u00eate le caract\u00e8re du concept mat\u00e9riel, cela lui est inaccessible. Alors, il retombera toujours dans la mat\u00e9rialit\u00e9 de son identification avec le corps. Lui demander d&rsquo;accepter que son organe \u2014 par exemple le c\u0153ur ou l&rsquo;estomac \u2014 soit une repr\u00e9sentation des choses, ne soit qu&rsquo;imagerie, cela lui est impossible. Mais s&rsquo;il le pouvait, il gu\u00e9rirait, \u00e9videmment, il gu\u00e9rirait parce qu&rsquo;il cesserait imm\u00e9diatement de proc\u00e9der \u00e0 cette mat\u00e9rialisation de l&rsquo;image qui est la cause, qui est l&rsquo;origine de toutes les identifications avec de la mati\u00e8re. Si je m&rsquo;identifiais avec tous mes globules rouges et si j&rsquo;\u00e9tais convaincu que mon sort est li\u00e9 au sort de ces globules rouges, je mourrais dans les trois mois parce que pas un seul de ces globules rouges ne subsistera. Donc je p\u00e9rirais, je mourrais, bien que d&rsquo;autres globules rouges soient venus renouveler la masse sanguine. Alors il est extr\u00eamement difficile pour un homme de retirer sa conviction de cette identit\u00e9 avec la mati\u00e8re du corps. Le corps est mati\u00e8re, c&rsquo;est une chose presque ind\u00e9racinable. C&rsquo;est une des plus grosses r\u00e9sistances que l&rsquo;on rencontre dans l&rsquo;\u00e9ducation individuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Alors, l\u00e0 il y a un probl\u00e8me qui est extr\u00eamement grave, c&rsquo;est la croyance du malade en sa mat\u00e9rialit\u00e9 et du m\u00e9decin en la mat\u00e9rialit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 Bien s\u00fbr, c&rsquo;est la croyance la plus grave qui soit ; non seulement elle est grave, mais elle est persistante. Elle persistera parce que le malade revendique la mat\u00e9rialit\u00e9 de sa maladie comme une sorte de compensation. Il veut \u00eatre disculp\u00e9 de toute origine, de toute participation au mal : le mal est quelque chose qui l&rsquo;a assailli, quelque chose qui le blesse, qui l&rsquo;attaque, qui le menace. Par cons\u00e9quent, il lui faut consid\u00e9rer le mal comme une chose ext\u00e9rieure, et m\u00eame ce corps victime du mal lui est ext\u00e9rieur, et il demande que le mal lui soit retir\u00e9. Il lui faut mat\u00e9rialiser le mal pour, en quelque sorte, le rendre objectif. Il ne peut pas le consid\u00e9rer comme fonction inh\u00e9rente de sa vie parce qu&rsquo;alors ce serait trop intimement attach\u00e9 \u00e0 lui&#8230; Mais en le mat\u00e9rialisant dans le corps, il dit : \u00ab Mon c\u0153ur est malade, mon c\u0153ur menace ma vie, je ne suis donc plus mon c\u0153ur, je m&rsquo;en d\u00e9gage, je m&rsquo;en d\u00e9solidarise. Je vous remets ce c\u0153ur, soignez-le, remettez-le en \u00e9tat comme je vous remettrais ma voiture pour qu&rsquo;on la confie au m\u00e9canicien, au r\u00e9parateur. R\u00e9parez cela \u00bb. Et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est v\u00e9ritablement la t\u00e2che, je dirais ingrate, du m\u00e9decin :<br \/>\nc&rsquo;est que des organes mat\u00e9riels qui lui sont confi\u00e9s par le malade pour \u00eatre r\u00e9tablis dans leur int\u00e9grit\u00e9, alors que le malade les a lui-m\u00eame mat\u00e9rialis\u00e9s \u2014 avec la complicit\u00e9 du m\u00e9decin, d&rsquo;ailleurs \u2014, les a lui-m\u00eame mat\u00e9rialis\u00e9s pour les rendre en quelque sorte ind\u00e9pendants de lui : \u00ab Je suis malade, pauvre corps malade, prenez-en soin, remettez-le d&rsquo;aplomb. Je n&rsquo;ai aucun contact avec ce corps, je n&rsquo;ai aucun pouvoir sur ce corps&#8230; \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu comprends cela ? \u00ab Je vous le remets, je vous le confie, faites-en ce qu&rsquo;il faut. Endormez-moi et op\u00e9rez-moi et j&rsquo;ignore tout ce que vous voulez faire, ce n&rsquo;est plus mon affaire&#8230; \u00bb<br \/>\nLe corps est confi\u00e9 comme un objet \u00e0 son r\u00e9parateur. Alors l&rsquo;individu s&rsquo;en d\u00e9solidarise, et pourtant \u2014 et voil\u00e0 la fausse position \u2014 et pourtant il continue de s&rsquo;identifier avec ce corps. Si on touche ce corps il pousse des cris, comme si&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 Cela me rappelle ce que le grand cardiologue disait : qu&rsquo;on op\u00e9rait certains malades \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on ouvrait sans op\u00e9rer, et qu&rsquo;en refermant, le malade se croyait gu\u00e9ri.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 C&rsquo;est tr\u00e8s courant, pour toutes les op\u00e9rations&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 &#8230;il suffit d&rsquo;y croire&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 &#8230;qu&rsquo;il ait la conviction que le n\u00e9cessaire lui a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 et&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. \u2014 C&rsquo;est extraordinaire !..<br \/>\nEh bien je crois qu&rsquo;en relisant ceci ou en r\u00e9-\u00e9coutant ce que tu as dit \u2014 ce que tu viens d&rsquo;enseigner, qui m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9 depuis tant d&rsquo;ann\u00e9es, je peux te rassurer, au moment de ton d\u00e9part que je ne serai pas malade.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Docteur. \u2014 &#8230;Je souhaite que non seulement tu ne sois pas malade, mais que tu sois en plein soleil, en pleine lumi\u00e8re, tu l&rsquo;es, tu es la lumi\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 240px; text-align: justify;\">La Jonch\u00e8re, le 14 mai 1960.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que le corps soit une image mentale, c&rsquo;est une \u00e9vidence que nous avons \u00e0 tout instant, et que, pourtant, nous manquons de r\u00e9aliser, nous manquons de reconna\u00eetre, pourquoi ? parce que, de notre corps, nous avons une exp\u00e9rience par le toucher, une exp\u00e9rience par la vue, une exp\u00e9rience par la douleur que nous lui attribuons \u2014 les douleurs dont nous pr\u00e9tendons du moins qu&rsquo;il est l&rsquo;origine \u2014, et il est pour nous une constante sollicitation, de telle sorte que cet ensemble \u2014 cette imagerie, pouvons-nous dire, cette construction de l&rsquo;esprit \u2014 nous rev\u00eat comme s&rsquo;il \u00e9tait attach\u00e9 \u00e0 nous par des liens indissolubles.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[5,67],"tags":[42,234,236,23,235],"class_list":["post-282","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-interview","category-r-godel","tag-eveil","tag-guerison","tag-image-mentale","tag-liberation","tag-suggestion"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - 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