{"id":292,"date":"2009-03-17T00:00:00","date_gmt":"2009-03-17T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=292"},"modified":"2009-12-29T23:12:47","modified_gmt":"2009-12-29T22:12:47","slug":"psychanalyse-et-morale-par-gilberte-aigrisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/psychanalyse-et-morale-par-gilberte-aigrisse\/","title":{"rendered":"Psychanalyse et Morale par Gilberte Aigrisse"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Spiritualit\u00e9 Num\u00e9ros : 92-93-94, Mars-Avril-Mai 1953, 95-93-94 Juin-Septembre 1953)<br \/>\n(NOTES DE CONFERENCE)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BIBLIOGRAPHIE<br \/>\nFreud : Introduction \u00e0 la psychanalyse.<br \/>\nBaudouin : De l&rsquo;Instinct \u00e0 l&rsquo;Esprit.<br \/>\nH. Choisy : L&rsquo;anneau de Polycrate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un traitement psychanalytique, ce qui prend le plus de temps et donne le plus de peine, c&rsquo;est la lutte contre les r\u00e9sistances du patient. Ces r\u00e9sistances sont inconscientes. Le sujet a accept\u00e9 spontan\u00e9ment de se soumettre \u00e0 l&rsquo;analyse; consciemment, il n&rsquo;oppose aucune r\u00e9sistance au traitement, et, cependant, nous nous sentons en pr\u00e9sence de forces qui s&rsquo;opposent \u00e0 ce qu&rsquo;un changement quelconque soit apport\u00e9 dans la personnalit\u00e9. Nous avons form\u00e9, dans notre enfance, un \u00e9quilibre entre nos exigences psychiques et la r\u00e9alit\u00e9. Cet \u00e9quilibre ne nous satisfait plus, maintenant que nous sommes adultes. Par exemple, nous avons pu mater les tendances exhibitionnistes que nous avons tous \u00e0 trois ans, mais la r\u00e9pression a \u00e9t\u00e9 trop forte, et nous sommes devenus timides. Cette timidit\u00e9 est sans doute fort g\u00eanante dans la vie sociale, mais enfin c&rsquo;est un \u00e9quilibre. C&rsquo;est une mauvaise adaptation, mais c&rsquo;est une adaptation quand m\u00eame. L&rsquo;analyse va d\u00e9truire cet \u00e9quilibre, pour lui substituer un \u00e9quilibre meilleur, certes, mais enfin, il va commencer par remettre le sujet devant les choses qui l&rsquo;effrayaient \u00e0 3 ans. Or, ces choses l&rsquo;effrayent toujours, car son inconscient est rest\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 il n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre ses conflits parfaitement. Comment le sujet ne serait-il pas angoiss\u00e9 puisqu&rsquo;on va le remettre devant les probl\u00e8mes qui l&rsquo;angoissaient? C&rsquo;est cette angoisse inconsciente qui cr\u00e9e la r\u00e9sistance inconsciente g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 la psychanalyse. Vous savez que la psychanalyse est une m\u00e9thode th\u00e9rapeutique qui a fait ses preuves. Cette m\u00e9thode, qui s&rsquo;est d\u00e9montr\u00e9e dans les faits cliniques et dans les cures th\u00e9rapeutiques, n&rsquo;a plus \u00e0 compara\u00eetre humblement aujourd&rsquo;hui devant un ar\u00e9opage de philosophes, de psychologues et d&rsquo;organicistes pour qu&rsquo;ils d\u00e9cident de son admission \u00e0 titre de \u00ab parente pauvre \u00bb dans le sein de la psychologie traditionnelle et classique. On sait aujourd&rsquo;hui que c&rsquo;est cette derni\u00e8re qui doit \u00eatre remani\u00e9e sur les fondations apport\u00e9es par la psychanalyse. Et je vous citais l&rsquo;autre jour ce fait significatif : c&rsquo;est le Docteur Daniel Lagache, un psychanalyste, qui occupe depuis 1947 la chaire de psychologie \u00e0 la Sorbonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La psychanalyse donc est assez f\u00e9conde en d\u00e9couvertes et assez efficace dans ses cures pour ignorer ce corollaire in\u00e9vitable de toutes les grandes d\u00e9couvertes : les erreurs et la mauvaise foi. Mais il y a autre chose que de la mauvaise foi dans cette r\u00e9sistance g\u00e9n\u00e9rale qui se manifeste malgr\u00e9 les succ\u00e8s remport\u00e9s. Il se passe sur le plan g\u00e9n\u00e9ral ce qui se passe sur le\u00a0 plan individuel. Notre humanit\u00e9 actuelle est anxieuse; alors, comme les anxieux, quand on veut la gu\u00e9rir, elle r\u00e9siste! Et c&rsquo;est cette r\u00e9sistance inconsciente, bien plus encore que la mauvaise foi et l&rsquo;ignorance, qui conditionne les rationalisations, les pr\u00e9jug\u00e9s et les erreurs dont nous allons parler. Passons rapidement sur le pr\u00e9jug\u00e9 cart\u00e9sien, sur lequel j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;occasion d&rsquo;attirer votre attention. La psychanalyse \u00e9tudie l&rsquo;irrationnel en nous, alors que l&rsquo;anthropologie, l&rsquo;histoire, la sociologie observent des faits enregistr\u00e9s par la conscience. Ces \u00ab sciences de l&rsquo;homme \u00bb traitent les conduites humaines comme si elles \u00e9taient toujours rationnelles. Or, nous savons aujourd&rsquo;hui que la plus grande partie de notre vie psychique est inconsciente et que toute \u00e9tude psychologique qui n\u00e9glige nos pulsions, nos instincts, et notre code moral inconscient, est incompl\u00e8te. C&rsquo;est contre cet irrationnel que beaucoup d&rsquo;intellectuels se dressent. Ils admettent cependant sans difficult\u00e9 l&rsquo;irrationnel de la physique moderne, seul, l&rsquo;irrationnel en eux leur fait peur. Or, comme c&rsquo;est justement cet irrationnel qu&rsquo;\u00e9tudie la psychanalyse, ils ont peur de la psychanalyse. Et ils rationalisent leur peur. (Rationaliser, c&rsquo;est expliquer intellectuellement un acte qui a des motivations inconscientes. C&rsquo;est un rapport entre deux termes r\u00e9invent\u00e9 par l&rsquo;intelligence sous la pression de la r\u00e9sistance). Quelle pauvre raison, pourtant, que celle qui ne consent \u00e0 se mouvoir que dans le rationnel ! C&rsquo;est l&rsquo;irrationnel surtout qui a besoin d&rsquo;elle pour \u00eatre ma\u00eetris\u00e9 !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous avez bien compris que cette r\u00e9sistance n&rsquo;a rien de conscient et qu&rsquo;elle n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec une r\u00e9sistance consciente que l&rsquo;analys\u00e9 opposerait \u00e0 l&rsquo;analyste parce qu&rsquo;il estimerait, par exemple, que ce dernier n&rsquo;a pas la m\u00eame conception de vie que la sienne. Autre pr\u00e9jug\u00e9 des anti-psychanalystes qui disent ou \u00e9crivent des phrases pareilles \u00e0 celle-ci : \u00ab Par l&rsquo;action du transfert, les id\u00e9es et les convictions de l&rsquo;analyste finissent par s&rsquo;imposer \u00e0 celui qui est analys\u00e9 \u00bb. Il faut n&rsquo;avoir aucune id\u00e9e de ce qu&rsquo;est une cure psychanalytique pour \u00e9crire semblables phrases. La cure psychanalytique n&rsquo;est pas un dialogue; c&rsquo;est un monologue de l&rsquo;analys\u00e9; l&rsquo;analyste n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00e9cran blanc sur lequel l&rsquo;analys\u00e9 projette tous ses petits secrets d&rsquo;enfant, qu&rsquo;il avait oubli\u00e9s. C&rsquo;est cela qu&rsquo;on appelle le transfert; l&rsquo;analyste est chaque fois \u00ab un autre \u00bb pour l&rsquo;analys\u00e9. Celui-ci r\u00e9p\u00e8te (transf\u00e8re) tous les contacts qui ont compt\u00e9 dans sa vie, et l&rsquo;analyste est sans cesse diff\u00e9rent pour lui. Quel r\u00f4le croyez-vous que la personnalit\u00e9 r\u00e9elle de l&rsquo;analyste puisse jouer dans un tel rapport effectif? On a \u00e9crit : \u00ab le sujet abdique sa propre personnalit\u00e9 pour s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;analyste \u00bb. C&rsquo;est exactement le contraire qui se passe, puisqu&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;une analyse est termin\u00e9e quand l&rsquo;opinion de l&rsquo;analyste est devenue indiff\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;analys\u00e9. Nous voil\u00e0 loin de la pr\u00e9tendue influence de l&rsquo;analyste sur l&rsquo;analys\u00e9 ! Un analyste ne \u00ab dirige \u00bb pas son patient ; il s&rsquo;appuie sur la personnalit\u00e9 saine, authentique de son sujet \u2014 telle qu&rsquo;elle est donn\u00e9e, qu&rsquo;elle soit catholique, protestante, ath\u00e9e ou bouddhiste \u2014 pour d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la partie malade. La fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la partie saine de la personnalit\u00e9 de son sujet passe avant la conception philosophique de l&rsquo;analyste. Il ne faut d&rsquo;ailleurs pas exag\u00e9rer la toute-puissance magique attribu\u00e9e aux m\u00e9tamorphoses de la psychanalyse. L&rsquo;\u00eatre est chang\u00e9, il le sent, son entourage le dit, mais il reste fid\u00e8le \u00e0 sa personnalit\u00e9 profonde. Alors, abandonnons aussi ce pr\u00e9jug\u00e9 de l&rsquo;analyste tout-puissant-directeur-de-conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9jug\u00e9 cart\u00e9sien, pr\u00e9jug\u00e9 de la toute-puissance de l&rsquo;analyste, ne sont pas les seuls pr\u00e9jug\u00e9s contre la psychanalyse. Il en existe beaucoup d&rsquo;autres. L&rsquo;un des plus agissants est le pr\u00e9jug\u00e9 moral \u2014 qu&rsquo;il nous faut \u00e9tudier plus longuement, parce que, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;\u00e9lucubrations ridicules, il pr\u00e9sente des points d\u00e9licats qui m\u00e9ritent un examen approfondi. Du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9lucubrations, pla\u00e7ons ce qu&rsquo;on a appel\u00e9 le \u00ab pansexualisme \u00bb de Freud. Les termes employ\u00e9s par la psychanalyse sont presque tous connus, mais impropres ou ambigus. Ce sont des mots ordinaires dont on a d\u00e9tourn\u00e9 le sens au profit de notions souvent fort \u00e9loign\u00e9es. La \u00ab sexualit\u00e9 infantile \u00bb, par exemple. Que de mines scandalis\u00e9es, de lev\u00e9es de boucliers ! Et qu&rsquo;est-ce, au fond? Rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une continuit\u00e9, \u00e9tablie par Freud, entre les \u00e9motions du b\u00e9b\u00e9 et les grands drames de la vie de l&rsquo;adulte. Un b\u00e9b\u00e9 \u00e0 qui sa m\u00e8re est \u00ab infid\u00e8le \u00bb (en donnant par exemple le sein devant lui \u00e0 un petit fr\u00e8re ou \u00e0 une petite s\u0153ur) souffre autant qu&rsquo;un adulte dont la femme est infid\u00e8le. C&rsquo;est le g\u00e9nie de Freud de l&rsquo;avoir trouv\u00e9 et prouv\u00e9. Il faut donner raison \u00e0 Baudouin qui met l&rsquo;accent sur infantile dans l&rsquo;expression \u00ab sexualit\u00e9 infantile \u00bb, et qui d\u00e9crit la psychanalyse \u00ab moins comme une psychologie du sexuel que comme une psychologie de l&rsquo;infantile \u00bb. Freud a pr\u00e9sent\u00e9 ses d\u00e9couvertes d&rsquo;une fa\u00e7on maladroite, choquante. Mais Freud, comme beaucoup de ceux de sa race, souffrait d&rsquo;un complexe d&rsquo;\u00e9chec&#8230; et il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 analys\u00e9. Et puis, les mauvaises traductions du d\u00e9but ont encore compliqu\u00e9 les choses&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans Freud, on trouve des pages comme celles-ci :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Vous savez sans doute que les personnes qui souffrent de troubles psychologiques sont des frustr\u00e9s, des refoul\u00e9s, qui souffrent parce que la morale impos\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 ne leur a pas permis d&rsquo;assouvir leurs instincts. Vous croyez peut-\u00eatre que le traitement consistera donc \u00e0 encourager, ou m\u00eame \u00e0 inciter directement le patient \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever au-dessus de la morale courante, \u00e0 se procurer la sant\u00e9 en se refusant \u00e0 se conformer \u00e0 un id\u00e9al auquel la soci\u00e9t\u00e9 accorde certes une grande valeur, mais dont, apr\u00e8s tout, on s&rsquo;inspire rarement. Vous croyez peut-\u00eatre que la psychanalyse gu\u00e9rit en conseillant de vivre jusqu&rsquo;au bout sa vie sexuelle. Mais non, pas du tout, si elle le faisait, elle m\u00e9riterait certainement le reproche d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;encontre de la morale g\u00e9n\u00e9rale, car elle retirerait \u00e0 la collectivit\u00e9 ce qu&rsquo;elle accorderait \u00e0 l&rsquo;individu. \u00bb Dans l&rsquo;\u00ab Introduction \u00e0 la psychanalyse \u00bb (page 463), vous trouverez :<br \/>\n\u00ab Le conseil de vivre jusqu&rsquo;au bout sa vie sexuelle n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la th\u00e9rapeutique psychanalytique, ne serait-ce que pour la raison qu&rsquo;il existe chez le malade, ainsi que je vous l&rsquo;ai annonc\u00e9 moi-m\u00eame, un conflit opini\u00e2tre entre la tendance libidineuse et le refoulement sexuel, entre son c\u00f4t\u00e9 sensuel et son c\u00f4t\u00e9 asc\u00e9tique. Ce n&rsquo;est pas r\u00e9soudre ce conflit que d&rsquo;aider l&rsquo;un des adversaires \u00e0 vaincre l&rsquo;autre. Nous voyons que chez le nerveux c&rsquo;est l&rsquo;asc\u00e8se qui l&#8217;emporte, avec cette cons\u00e9quence que la tendance sexuelle se d\u00e9dommage \u00e0 l&rsquo;aide de sympt\u00f4mes. Si, au contraire, nous procurions la victoire au c\u00f4t\u00e9 sensuel de l&rsquo;individu, c&rsquo;est son c\u00f4t\u00e9 asc\u00e9tique, qui, ainsi refoul\u00e9, chercherait \u00e0 se d\u00e9dommager \u00e0 l&rsquo;aide de sympt\u00f4mes. Aucune des deux solutions n&rsquo;est capable de mettre un terme au conflit int\u00e9rieur; il y aura toujours un c\u00f4t\u00e9 qui ne sera pas satisfait. Rares sont les cas o\u00f9 le conflit soit tellement faible que l&rsquo;intervention du m\u00e9decin suffise \u00e0 apporter une d\u00e9cision, et \u00e0 vrai dire ces cas ne r\u00e9clament pas un traitement analytique. Les personnes sur lesquelles un m\u00e9decin pourrait exercer une influence de ce genre, obtiendraient facilement 1e m\u00eame r\u00e9sultat sans l&rsquo;intervention du m\u00e9decin. Vous savez fort bien que lorsqu&rsquo;un jeune homme abstinent se d\u00e9cide \u00e0 avoir des rapports sexuels ill\u00e9gitimes et lorsqu&rsquo;une femme insatisfaite cherche \u00e0 se d\u00e9dommager aupr\u00e8s d&rsquo;un autre homme, ils n&rsquo;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas attendu, pour le faire, l&rsquo;autorisation du m\u00e9decin ou m\u00eame du psychanalyste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous avez entendu : \u00ab le conseil de vivre jusqu&rsquo;au bout sa vie sexuelle n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la th\u00e9rapeutique psychanalytique \u00bb. On l&rsquo;a dit et redit, on l&rsquo;a \u00e9crit et r\u00e9p\u00e9t\u00e9, rien n&rsquo;y fait. Il y a toujours des gens bien inform\u00e9s pour raconter des histoires en cachette, ou pour \u00e9crire des articles retentissants et faux depuis la premi\u00e8re ligne jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re. Donc, Freud a toujours soutenu que la raison doit contr\u00f4ler toutes les manifestations de l&rsquo;affectivit\u00e9 \u2014 pour les laisser s&rsquo;\u00e9panouir quand c&rsquo;est possible, ou pour les emp\u00eacher, quand cela ne l&rsquo;est pas, par cette transformation intelligente qu&rsquo;on appelle sublimation. (C&rsquo;est le conseil que tous les grands \u00e9ducateurs, la\u00efcs ou religieux, ont donn\u00e9 depuis toujours \u00e0 tous les adolescents).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici encore un texte puis\u00e9 aux sources :<br \/>\n\u00ab Nous connaissons encore une issue, meilleure peut-\u00eatre, par o\u00f9 les d\u00e9sirs infantiles peuvent manifester toutes leurs \u00e9nergies et substituer au penchant irr\u00e9alisable de l&rsquo;individu un but sup\u00e9rieur, plac\u00e9 parfois compl\u00e8tement en dehors de la sexualit\u00e9 : c&rsquo;est la sublimation. Les tendances qui composent l&rsquo;instinct sexuel se caract\u00e9risent pr\u00e9cis\u00e9ment par cette aptitude \u00e0 la sublimation : \u00e0 leur fin sexuelle se substitue un objectif plus \u00e9lev\u00e9 et de plus grande valeur sociale. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;enrichissement psychique succ\u00e9dant \u00e0 ce processus de sublimation, que sont dues les plus nobles acquisitions de l&rsquo;esprit humain. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;esp\u00e8re que ce retour aux textes freudiens vous aura aid\u00e9 \u00e0 surmonter ce pr\u00e9jug\u00e9 sexuel. Dans la litt\u00e9rature psychanalytique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus l&rsquo;instinct sexuel qui a la vedette, ce sont les instincts agressifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Belgique, nous devons lutter aussi contre ce que je pourrais appeler : le pr\u00e9jug\u00e9 psychanalytique. Quand un m\u00e9decin veut envoyer \u00e0 un psychanalyste un malade qu&rsquo;il juge susceptible d&rsquo;\u00eatre am\u00e9lior\u00e9 par cette m\u00e9thode, il se heurte souvent \u00e0 cette r\u00e9action : \u00ab Mais je ne suis pas fou! \u00bb Mais, justement ! S&rsquo;il \u00e9tait fou, le m\u00e9decin l&rsquo;enverrait chez le psychiatre et non chez le psychanalyste. Il faut au contraire \u00eatre tr\u00e8s intelligent pour faire une bonne analyse. Il faut que la partie consciente de la personnalit\u00e9 soit rest\u00e9e tr\u00e8s saine, sinon, l&rsquo;analyste n&rsquo;aura pas la victoire. Nous pourrions encore recourir \u00e0 Freud pour avoir une explication nette : \u00ab Le moi est affaibli par des conflits internes et il convient de lui porter secours. Tout se passe comme dans certaines guerres civiles o\u00f9 c&rsquo;est un alli\u00e9 du dehors qui emporte la d\u00e9cision. L&rsquo;analyste et le moi du malade, en s&rsquo;appuyant sur le monde r\u00e9el, s&rsquo;unissent contre leurs ennemis : les exigences pulsionnelle du \u00ab ES \u00bb, et les exigences morales sadiques du surmoi \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;analyse n&rsquo;est pas seulement une th\u00e9rapeutique; elle peut nous servir \u00e0 la culture affective. De plus en plus, les normaux se font analyser, et la psychanalyse est devenue une psychagogie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous allons maintenant parler de critiques beaucoup plus justifi\u00e9es. La notion de refoulement est tomb\u00e9e dans le domaine public. Les chauffeurs de taxi parisiens s&rsquo;insultent maintenant en se criant : \u00ab Esp\u00e8ce de refoul\u00e9 ! \u00bb Elle est d&rsquo;ailleurs mal comprise et employ\u00e9e \u00e0 tort et \u00e0 travers. La psychanalyse n&rsquo;a jamais dit qu&rsquo;il ne faut pas r\u00e9primer ses instincts \u2014 elle dit qu&rsquo;il est nocif de les refouler. Ce n&rsquo;est pas du tout la m\u00eame chose. La r\u00e9pression est le rejet conscient d&rsquo;une sollicitation psychique. Si vous avez conscience de vos pulsions \u00e0 casser la t\u00eate de votre voisin parce qu&rsquo;il vous empoisonne du matin au soir avec son poste de radio, et que vous r\u00e9primiez ces pulsions agressives, vous faites une r\u00e9pression \u2014 et pas du tout du refoulement. Je prends un exemple plus grave. Supposez un homme qui aime la femme d&rsquo;un de ses amis et dont l&rsquo;imagination se trouve hant\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9e de la mort accidentelle de cet ami. Deux situations sont possibles : ou bien, il envisagera franchement son d\u00e9sir, le jugera condamnable et le supprimera; en pleine conscience, il adoptera une attitude saine. Mais supposons que la simple possibilit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9sir semblable soit consid\u00e9r\u00e9e par lui comme un \u00ab p\u00e9ch\u00e9 \u00bb, il ne se l&rsquo;avouera pas \u00e0 lui-m\u00eame. Toutes les fois que son d\u00e9sir sera proche d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 sa conscience, il sera automatiquement ignor\u00e9, refoul\u00e9. Jamais alors, il ne sera assimil\u00e9 par le moi. Notre sujet ne saura m\u00eame pas qu&rsquo;il a d\u00e9sir\u00e9 supprimer le mari g\u00eanant. Mais ce d\u00e9sir continuera d&rsquo;agir, dans l&rsquo;inconscient o\u00f9 il est plong\u00e9 et il se manifestera \u00e0 la conscience par des id\u00e9es fixes, par des obsessions bizarres, dont le sujet ignorera totalement la cause. Cet exemple vous montre bien comment il faut entendre la notion du refoulement; le refoulement n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec un processus raisonn\u00e9; le refoulement est automatique et il aboutit \u00e0 l&rsquo;inconscience de certains d\u00e9sirs. Donc, on ne refoule pas un d\u00e9sir ou un souvenir d\u00e9sagr\u00e9able quand on essaie de \u00ab ne plus y penser \u00bb. On essaie de le r\u00e9primer, dans ce cas. Le refoulement, lui, interdit au d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre conscient, au souvenir d&rsquo;exister. Et, naturellement, il est impossible d&rsquo;agir sur quelque chose qu&rsquo;on ignore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous pouvons, avec notre personnalit\u00e9 consciente, condamner un d\u00e9sir \u00ab immoral \u00bb que nous \u00e9prouvons, et le faire dispara\u00eetre du m\u00eame coup; mais nous ne pouvons condamner quelque chose que nous ignorons. Si notre d\u00e9sir refoul\u00e9 de tuer quelqu&rsquo;un ne \u00ab sort \u00bb que sous la forme d&rsquo;une impossibilit\u00e9 de supporter le tic-tac d&rsquo;une horloge, par exemple, nous ne pourrons \u00e9videmment jamais condamner moralement ce sympt\u00f4me \u2014 il n&rsquo;est pas immoral en lui-m\u00eame. Nous ne parviendrons \u00e0 l&rsquo;arracher de la personnalit\u00e9 que lorsque nous aurons compris ce qui se cache derri\u00e8re lui. Alors, nous pourrons condamner le d\u00e9sir, et il dispara\u00eetra \u2014 alors que nous ne pouvions condamner le sympt\u00f4me. D\u00e9fouler, c&rsquo;est aussi chercher \u00e0 savoir ce qui est condamnable en nous pour le condamner. Qu&rsquo;y a-t-il d&rsquo;immoral \u00e0 cela ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour en revenir au sens du mot refoulement, il faut aussi que vous sachiez que le meilleur peut \u00eatre refoul\u00e9 comme le pire. Et voici encore une page de Freud : \u00ab Nous constatons au cours de nos analyses qu&rsquo;il y a des personnes chez lesquelles l&rsquo;attitude critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de soi-m\u00eame et les scrupules de conscience, c&rsquo;est-\u00e0-dire des fonctions psychiques auxquelles s&rsquo;attache certainement une valeur sociale et morale tr\u00e8s grande, se pr\u00e9sentent comme des manifestations inconscientes et, comme telles, se montrent d&rsquo;une tr\u00e8s grande efficacit\u00e9&#8230; Ce n&rsquo;est pas seulement ce qu&rsquo;il y a de plus profond en nous qui peut \u00eatre inconscient, mais aussi ce qu&rsquo;il y a de plus \u00e9lev\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;est-ce que cette partie morale inconsciente de nous-m\u00eame ? C&rsquo;est ce que nous appelons le surmoi. Et, avec la notion de surmoi nous sommes en plein dans notre sujet : PSYCHANALYSE ET MORALE. Le surmoi, c&rsquo;est notre juge int\u00e9rieur inconscient. Notre juge int\u00e9rieur conscient, c&rsquo;est ce que nous appelons notre conscience morale. Ob\u00e9ir \u00e0 la conscience morale, c&rsquo;est parfait; ob\u00e9ir au surmoi, c&rsquo;est parfois enfantin. Et malheureusement, nous ob\u00e9issons beaucoup plus souvent au surmoi qu&rsquo;\u00e0 la conscience. Voici un exemple, emprunt\u00e9 \u00e0 Baudouin, qui vous permettra de comprendre la diff\u00e9rence entre les deux concepts :<br \/>\nNelly, 40 ans, pr\u00e9sentait, parmi d&rsquo;autres sympt\u00f4mes plus douloureux, une curieuse difficult\u00e9 \u00e0 marcher, inexplicable par des causes physiques. D\u00e9j\u00e0, enfant, les promenades \u00e9taient pour elle un cauchemar; dans les derni\u00e8res ann\u00e9es, elle se voyait contrainte de faire presque toutes ses courses en voiture. Or, elle avait une s\u0153ur a\u00een\u00e9e que, d&rsquo;ailleurs, elle aimait beaucoup, et qu&rsquo;elle imitait sur bien des points, par ses go\u00fbts, son caract\u00e8re, etc., etc. Il apparut bient\u00f4t que le sympt\u00f4me proc\u00e9dait lui aussi de cette identification. Car la s\u0153ur, depuis l&rsquo;enfance, \u00e9tait impotente \u00e0 la suite d&rsquo;un accident. Nelly apprit ensuite \u00e0 son analyste que cet accident \u00e9tait survenu \u00e0 la s\u0153ur tandis que celle-ci \u00e9tait en s\u00e9jour hors de la maison paternelle, et l&rsquo;on avait expliqu\u00e9 l&rsquo;accident par le manque de surveillance, au cours de ce s\u00e9jour. Mais pourquoi cette absence de la maison ? Parce que la m\u00e8re attendait alors un nouvel enfant : pr\u00e9cis\u00e9ment Nelly. Celle-ci, qui avait maintes fois entendu raconter cette histoire, se sentait confus\u00e9ment responsable \u2014 par le seul fait de sa naissance ! &#8212; du malheur de sa s\u0153ur. Ce dont, inconsciemment, elle avait d\u00e9cid\u00e9 de se punir pour la vie en s&rsquo;infligeant une infirmit\u00e9 semblable,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se sentir coupable et se punir. Pourquoi se sentir coupable ? Parce que le surmoi s&rsquo;est form\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la vie, lors de la toute premi\u00e8re \u00e9ducation, L&rsquo;enfant a introject\u00e9 (a pris en lui) les interdits des parents et des premiers \u00e9ducateurs et c&rsquo;est ainsi que s&rsquo;est form\u00e9 son code de morale, son surmoi, archa\u00efque, p\u00e9rim\u00e9 pour l&rsquo;adulte qu&rsquo;il est devenu, mais continuant \u00e0 agir dans l&rsquo;ombre comme un gendarme sans piti\u00e9. Ce gendarme sans piti\u00e9 n&rsquo;est pas le v\u00e9ritable \u00e9l\u00e9ment \u00e9thique dans la psych\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9al du moi qui repr\u00e9sente la v\u00e9ritable instance morale dans la psych\u00e9. Il s&rsquo;oppose au conformisme du surmoi. Il est cr\u00e9ateur. Il veut d\u00e9passer les pulsions des instincts, les r\u00e8gles anachroniques du surmoi, les automatismes psychiques. On l&rsquo;a compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la statue qui guide le sculpteur \u00e0 travers tous ses efforts pour r\u00e9aliser son \u0153uvre. Le surmoi, \u00e9crit M. Choisy, n\u00e9 d&rsquo;une influence exerc\u00e9e par des personnes de l&rsquo;ext\u00e9rieur, garde toujours ce go\u00fbt insipide de l&rsquo;obligation et du devoir. L&rsquo;id\u00e9al du moi est un enfant de l&rsquo;amour. Le surmoi, c&rsquo;est la morale close; l&rsquo;id\u00e9al du moi, c&rsquo;est la morale ouverte. (Nous y reviendrons tant\u00f4t.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenons maintenant aux sentiments inconscients de culpabilit\u00e9 qui font que \u00ab nous nous sentons coupables \u00bb quand nous avons un surmoi sadique. (Et nous avons un surmoi sadique, la plupart du temps, quand nos parents ont \u00e9t\u00e9 trop s\u00e9v\u00e8res ou trop indulgents. Pour former un surmoi normal, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;attitude s\u00e9v\u00e8re et l&rsquo;attitude trop indulgente qui est n\u00e9cessaire.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sentiment inconscient de culpabilit\u00e9 est fort mal nomm\u00e9 sans doute, mais enfin, on n&rsquo;a pas encore trouv\u00e9 mieux jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. On s&rsquo;en aper\u00e7oit (on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il est mal nomm\u00e9) quand on parle \u00e0 des croyants qui, si bien dispos\u00e9s qu&rsquo;ils soient \u00e0 vous \u00e9couter, n&rsquo;arrivent pas, malgr\u00e9 d&rsquo;abondantes explications, \u00e0 saisir que ce sentiment pathologique de culpabilit\u00e9 n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le \u00ab p\u00e9ch\u00e9 originel \u00bb. Nous touchons ici \u00e0 un malentendu initial. On oublie trop que la culpabilit\u00e9 dont s&rsquo;occupe la psychanalyse est inconsciente. Le repentir d&rsquo;une faute consciente est l&rsquo;affaire du confesseur, et le psychanalyste est loin d&rsquo;\u00eatre un confesseur !\u00a0 Il ne faut pas confondre culpabilit\u00e9 inconsciente et remords.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;elles sont connues \u2014 accept\u00e9es par la conscience \u2014 les fautes cessent d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la merci du gendarme sans piti\u00e9. Or, le pr\u00eatre pardonne. Alors, pourquoi les n\u00e9vros\u00e9s catholiques ne sont-ils pas gu\u00e9ris par l&rsquo;absolution ? Parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas pu avouer les fautes qu&rsquo;ils ignorent ! Il n&rsquo;est pas besoin de \u00ab p\u00e9cher \u00bb r\u00e9ellement pour se sentir p\u00e9cheur. Le fils se croit coupable de d\u00e9passer son p\u00e8re; une femme sans enfant peut se sentir coupable \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de sa vie de femme non v\u00e9cue; on peut se sentir coupable si l&rsquo;on est infid\u00e8le \u00e0 un r\u00f4le social que l&rsquo;on s&rsquo;est impos\u00e9 de jouer, etc., etc. Le sujet m\u00e9riterait des heures de d\u00e9veloppement. Au cours des six premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie (et plus tard aussi, mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un autre ordre de faits) l&rsquo;homme accumule tant de sujets de culpabilit\u00e9 qu&rsquo;il parait difficile de trouver un seul \u00eatre poss\u00e9dant un inconscient pur de tout reproche. \u00ab D\u00e8s le moment o\u00f9 le b\u00e9b\u00e9, dans son berceau, s&rsquo;aper\u00e7oit que sa m\u00e8re n&rsquo;est pas \u00e0 lui tout seul, il se met \u00e0 la d\u00e9tester en m\u00eame temps qu&rsquo;il l&rsquo;adore. Il l&rsquo;aime quand elle le caresse et le nourrit; il la d\u00e9teste quand elle s&rsquo;\u00e9loigne, quand elle ose n&rsquo;\u00eatre pas l\u00e0 \u00e0 son premier appel. Et il sait le manifester ! Mais la premi\u00e8re col\u00e8re du b\u00e9b\u00e9 se heurte \u00e0 une r\u00e9action personnelle de la m\u00e8re. Et le b\u00e9b\u00e9 a vite compris ! Avant de parler, il apprend \u00e0 mentir. De peur de perdre l&rsquo;amour de sa m\u00e8re, il refoulera son mouvement d&rsquo;agressivit\u00e9. Et d\u00e8s ce moment, joue l&rsquo;ambivalence, h\u00e9las. Le drame de l&rsquo;\u00eatre humain, c&rsquo;est que le premier objet d&rsquo;amour soit aussi le premier objet d&rsquo;agressivit\u00e9. \u00bb Et c&rsquo;est ainsi que s&rsquo;installent les premiers sentiments inconscients de culpabilit\u00e9 : d\u00e9tester ce qu&rsquo;on aime. Quand on est un b\u00e9b\u00e9, quand on vit au stade de la pens\u00e9e magique, c&rsquo;est tr\u00e8s grave, d\u00e9tester ce qu&rsquo;on aime. Une pens\u00e9e agressive contre la personne aim\u00e9e d\u00e9termine une forte culpabilit\u00e9, parce que l&rsquo;enfant, comme le primitif, croit qu&rsquo;il peut tuer par un d\u00e9sir de mort. Voil\u00e0 pourquoi la culpabilit\u00e9 s&rsquo;attache plus aux intentions qu&rsquo;aux actes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;absence de culpabilit\u00e9 inconsciente fait, dans les mythes, les l\u00e9gendes et m\u00eame l&rsquo;histoire, le \u00ab h\u00e9ros au c\u0153ur pur \u00bb que rien n&rsquo;atteint. Dans la vie de tous les jours, \u00ab avoir de la<br \/>\nchance \u00bb, c&rsquo;est tout simplement \u00eatre une m\u00e9canique psychique tellement bien r\u00e9gl\u00e9e, du fait de l&rsquo;absence de sentiment de culpabilit\u00e9, que l&rsquo;on n&rsquo;\u00e9prouve nul besoin de se punir \u2014 ce qui fait que l&rsquo;on traverse les \u00e9pid\u00e9mies sans \u00eatre malade ou que l&rsquo;on \u00e9vite par un coup de volant g\u00e9nial l&rsquo;accident imminent. Vous connaissez le c\u00e9l\u00e8bre aphorisme, vieux de vingt si\u00e8cles, de Patandjali : \u00ab Les b\u00eates f\u00e9roces n&rsquo;attaqueront pas celui qui pendant 7 ans s&rsquo;est abstenu de haine \u00bb. Patandjali, et plus tard, Vivekananda, emploient le mot \u00ab ahimsa \u00bb qui veut dire litt\u00e9ralement \u00ab non-meurtre \u00bb. C&rsquo;est bien le sens freudien qu&rsquo;il faut donner \u00e0 \u00ab non-meurtre \u00bb : ne pas avoir envie, m\u00eame dans la pens\u00e9e la plus cach\u00e9e, de nuire \u00e0 qui que ce soit. (C&rsquo;est l\u00e0 le but final de toute psychanalyse, et on l&rsquo;accuse d&rsquo;immoralisme !) D\u00e8s qu&rsquo;un psychisme est d\u00e9barrass\u00e9 de ces sentiments de culpabilit\u00e9, il ne se sent plus le besoin de se punir par des catastrophes, des maladies, des accidents, des maladresses. Mais pourquoi se punir ? Parce que \u00ab il faut payer \u00bb est une des grandes lois inscrites dans l&rsquo;inconscient humain. Dans tous les livres \u00e9thiques et religieux de l&rsquo;humanit\u00e9, le mot \u00ab dette \u00bb s&rsquo;associe au mot \u00ab faute \u00bb. Partout la tradition juridique met en regard du meurtre le prix \u00e0 payer. Les dommages et int\u00e9r\u00eats soldent les d\u00e9lits. L&rsquo;exp\u00e9rience journali\u00e8re elle-m\u00eame nous montre que le besoin de punition peut \u00eatre satisfait par un acquittement en argent, \u00e9quivalent \u00e0 l&rsquo;acquittement de la faute. Payer une dette et payer une faute semblent des faits affectivement indissolubles. C&rsquo;est donc au fond ce besoin de croire que tout bonheur, toute paix doivent se payer, parce qu&rsquo;on n&rsquo;en est pas digne, que nous devons dissoudre dans l&rsquo;inconscient des patients.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;esp\u00e8re que nous sommes maintenant parfaitement d&rsquo;accord sur la valeur de ces sentiments de culpabilit\u00e9 que la psychanalyse pr\u00e9tend pourchasser \u2014 \u00e0 juste raison puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une fausse culpabilit\u00e9, d&rsquo;une culpabilit\u00e9 qui s&rsquo;est form\u00e9e au berceau, et que vraiment nous ne pouvons plus \u00eatre responsable de ce que nous \u00e9prouvions \u00e0 6 mois ou \u00e0 4 ans. Je viens d&rsquo;introduire un nouveau terme dans la discussion : responsabilit\u00e9. Nous avons vu, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, que les inqui\u00e9tudes des moralistes traditionnels \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la psychanalyse gravitent autour de deux points bien d\u00e9finis : la th\u00e9orie du refoulement et la d\u00e9valorisation du sentiment de culpabilit\u00e9. Il est un troisi\u00e8me point plus subtil, plus d\u00e9licat, que nous devons aussi essayer d&rsquo;\u00e9claircir, celui de la responsabilit\u00e9. Nos actes, nous apprend la psychanalyse, nos actes indiff\u00e9rents, machinaux, mais aussi ceux que nous croyons les plus rationnels et les plus voulus sont le r\u00e9sultat d&rsquo;un d\u00e9terminisme psychologique auquel nous ne pouvons nous soustraire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette d\u00e9couverte, se demandent les moralistes, ne va-t-elle pas amener un affaiblissement g\u00e9n\u00e9ral de la notion de responsabilit\u00e9 ? En r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est exactement le contraire qui se passe. Quand, au cours d&rsquo;une analyse, le sujet s&rsquo;aper\u00e7oit que, vraiment, \u00ab ce n&rsquo;est pas sa faute \u00bb, vous croyez qu&rsquo;il se sent soulag\u00e9 ? Mais non, il commence par avoir peur. Il a peur&#8230; de tout ce qu&rsquo;il pourrait avoir envie de faire si vraiment \u00ab ce n&rsquo;est pas sa faute \u00bb. Il a peur de se sentir seul, livr\u00e9 \u00e0 ses propres ressources, priv\u00e9 de la surveillance protectrice de son gendarme int\u00e9rieur. La s\u00e9curit\u00e9 trompeuse de l&rsquo;enfant vient de sa certitude qu&rsquo;on criera d\u00e8s qu&rsquo;il approchera d&rsquo;un danger r\u00e9el : c&rsquo;est ce qui lui permet \u00e0 l&rsquo;occasion de traverser une rue sans regarder \u00e0 droite ou \u00e0 gauche au risque d&rsquo;\u00eatre \u00e9cras\u00e9 si les parents ont une seconde de distraction. Ainsi, la libert\u00e9 l&rsquo;effraye parce que le danger est plus grand. Et le d\u00e9terminisme psychologique effraye, non parce que l&rsquo;individu redoute d&rsquo;\u00eatre encha\u00een\u00e9, mais au contraire parce qu&rsquo;il a l&rsquo;impression que rien ni personne ne le retiennent plus. Mais enfin, quand on a chass\u00e9 de la personnalit\u00e9 ce gendarme cruel qu&rsquo;est le surmoi, que faut-il mettre \u00e0 sa place ? Le surmoi pr\u00e9sente un incontestable aspect social; il peut appara\u00eetre, en somme, comme une introjection de la \u00ab contrainte social \u00bb, et la contrainte sociale (convenances, \u00e9ducation, politesse) est n\u00e9cessaire pour que nous puissions vivre en soci\u00e9t\u00e9. S&rsquo;il nous est utile de savoir que nous n&rsquo;avons plus \u00e0 ob\u00e9ir aux interdits parentaux de nos 6 ans, nous devons cependant reconna\u00eetre qu&rsquo;il existe des interdits sociaux que nous ne pouvons l\u00e2cher. Alors, la morale sera-t-elle tout simplement d&rsquo;accord avec les r\u00e8gles du groupe ? En suivant le crit\u00e8re social jusqu&rsquo;au bout, dit Baudouin, on tombe dans l&rsquo;absurdit\u00e9. Ce qui est social \u2014 le fait de tous \u2014 n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement moral, et le sch\u00e9ma de la contrainte sociale agissant \u00e0 travers le surmoi ne saurait rendre compte de toute la vie \u00e9thique. Non, la qualit\u00e9 d&rsquo;instance \u00e9thique dans la personnalit\u00e9 revient \u00e0 cet \u00ab Id\u00e9al du moi \u00bb dont je vous parlais tant\u00f4t, mais que Freud a tr\u00e8s peut explicit\u00e9. Ce que Jung nomme le \u00ab Soi \u00bb, ce que Baudouin, avec les personnalistes, nomme la \u00ab Personne \u00bb sont des notions beaucoup plus claires. Cette notion d&rsquo;une \u00ab Personne \u00bb plus authentique, qui aspire \u00e0 se r\u00e9aliser en nous, para\u00eet bien \u00eatre la source de la morale la plus haute. Je vous disais tant\u00f4t que la morale du surmoi freudien correspond \u00e0 la \u00ab morale close \u00bb de Bergson. Quand Freud parle d&rsquo;id\u00e9al du moi, il se rapproche de la \u00ab morale ouverte \u00bb, mais il n&rsquo;en parle pas souvent. C&rsquo;est seulement avec le \u00ab Soi \u00bb que nous rencontrons une r\u00e9alit\u00e9 psychologique correspondant franchement \u00e0 la \u00ab morale ouverte \u00bb, celle de l&rsquo;aspiration pure. Nous sommes ainsi amen\u00e9s \u00e0 envisager, avec Baudouin, au del\u00e0 d&rsquo;une \u00e9thique sociale fond\u00e9e sur l&rsquo;accord avec autrui, une \u00e9thique personnelle fond\u00e9e sur l&rsquo;accord avec soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous tenons sans doute ici un principe de discrimination entre la th\u00e9rapeutique et l&rsquo;\u00e9thique. Une synth\u00e8se centr\u00e9e sur l&rsquo;accord avec le groupe (centr\u00e9e sur le moi) est saine \u2014 une synth\u00e8se centr\u00e9e sur le soi est bonne. La distinction \u00e9tablie par Jung entre la synth\u00e8se par le Moi et la synth\u00e8se par le Soi est \u00e0 rapprocher, \u00e9crit Baudouin, de celle que propose le Docteur Hubert Benoit dans \u00ab METAPHYSIQUE ET PSYCHANALYSE \u00bb, entre le \u00ab principe conciliateur naturel \u00bb et le \u00ab principe conciliateur sup\u00e9rieur \u00bb qui est un autre nom de \u00ab l&rsquo;intelligence ind\u00e9pendante \u00bb. La psychagogie a deux buts, et tous deux doivent toujours \u00eatre pens\u00e9s en mutuel \u00e9quilibre : l&rsquo;accord avec le monde, et l&rsquo;accord avec soi. On peut entrevoir une contradiction entre la premi\u00e8re \u00e9thique, celle de la restitution au monde, et la seconde, qui pose comme son id\u00e9al la r\u00e9alisation du \u00ab Soi \u00bb. Mais la synth\u00e8se est parfaitement r\u00e9alisable si l&rsquo;on se place, comme toujours avec Baudouin, au point de vue de l&rsquo;action et si l&rsquo;on fait appel, en dernier ressort, \u00e0 une \u00e9thique de la vocation. \u00ab La vocation, c&rsquo;est le Soi en action dans le monde \u00bb. Elle incite bien le sujet \u00e0 un d\u00e9vouement, mais elle veut ce d\u00e9vouement selon un mode qui soit \u00e9minemment propre au sujet et par lequel il exprime toute l&rsquo;originalit\u00e9 de sa Personne. Cette Personne peut se r\u00e9aliser en chacun l\u00e0 o\u00f9 le destin l&rsquo;a plac\u00e9. Elle peut certes se r\u00e9aliser par la vocation religieuse; mais la vocation professionnelle peut tout aussi bien l&rsquo;exprimer. La vocation artistique est une des formes de sa r\u00e9alisation \u2014 mais tout aussi bien la \u00ab vocation \u00bb de m\u00e8re de famille ou de cultivateur. Nous sommes loin, n&rsquo;est-ce pas, des asc\u00e8ses savantes et des imp\u00e9ratifs cat\u00e9goriques. Nous sommes, exactement, dans le domaine de l&rsquo;amour. Tous les chemins sont bons pour y arriver. Il s&rsquo;agit toujours de perfectionner chacun dans la ligne propre de son Moi id\u00e9al.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Personne est SYNTHESE, et la synth\u00e8se, c&rsquo;est l&rsquo;aboutissement du processus d&rsquo;unification de nos tendances oppos\u00e9es; c&rsquo;est la \u00ab gu\u00e9rison \u00bb de l&rsquo;ambivalence fondamentale, c&rsquo;est l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;amour d\u00e9barrass\u00e9 de toute tendance inconsciente agressive. Le but de tout psychanalyste est de conduire l&rsquo;analys\u00e9 \u00e0 la capacit\u00e9 d&rsquo;aimer sans ambivalence. L&rsquo;amour oblatif est \u00e0 la racine de toute \u00e9thique digne de ce nom. L&rsquo;amour dont on parle tant en psychanalyse, loin de se limiter \u00e0 une attirance g\u00e9nitale, est cette force de coh\u00e9sion qui joue sur tous les plans de la nature, pour assembler des \u00e9l\u00e9ments en synth\u00e8ses individualis\u00e9es. L&rsquo;amour auquel nous voulons amener nos patients est cette force qui assure la coh\u00e9sion int\u00e9rieure de l&rsquo;\u00eatre, qui harmonise le physique et le psychique, le conscient et l&rsquo;inconscient, qui accorde le sujet au monde ambiant, qui fait tomber les antagonismes sociaux, qui unit l&rsquo;individu aux aspirations de l&rsquo;esp\u00e8ce, \u00e0 tout ce qui le d\u00e9passe, et qui donne ainsi un sens \u00e0 la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La psychanalyse, loin d&rsquo;\u00eatre une \u00e9cole d&rsquo;immoralit\u00e9, est une ouvri\u00e8re d&rsquo;altruisme. Et j&#8217;emprunterai, pour terminer, un texte \u00e0 Freud lui-m\u00eame, pour que vous sachiez bien que ces notions de PERSONNE, de SOI, d&rsquo;UNITE, qui ont \u00e9t\u00e9 approfondies par des savants venus apr\u00e8s lui, \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en germe dans sa pens\u00e9e r\u00e9elle. Il n&rsquo;est pas responsable des d\u00e9formations que l&rsquo;on a parfois fait subir \u00e0 cette pens\u00e9e. Il faut parfois, par simple honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, le rappeler. Voici : (ESSAIS DE PSYCHANALYSE p. 109, 110). \u00ab LIBIDO est un terme emprunt\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de l&rsquo;affectivit\u00e9. Nous d\u00e9signons ainsi l&rsquo;\u00e9nergie (consid\u00e9r\u00e9e comme une grandeur quantitative, mais non encore mesurable) des tendances se rattachant \u00e0 ce que nous r\u00e9sumons dans le mot amour qui est form\u00e9 naturellement par ce qui est commun\u00e9ment connu comme amour et qui est chant\u00e9 par les po\u00e8tes, c&rsquo;est-\u00e0-dire par l&rsquo;amour sexuel dont le dernier terme est constitu\u00e9 par l&rsquo;union sexuelle. Mais nous n&rsquo;en s\u00e9parons pas toutes les autres vari\u00e9t\u00e9s d&rsquo;amour, telles que l&rsquo;amour de soi-m\u00eame, l&rsquo;amour qu&rsquo;on \u00e9prouve pour les parents et les enfants, l&rsquo;amiti\u00e9, l&rsquo;amour des hommes en g\u00e9n\u00e9ral, pas plus que nous n&rsquo;en s\u00e9parons l&rsquo;attachement \u00e0 des objets concrets et \u00e0 des id\u00e9es abstraites. Pour justifier l&rsquo;extension que nous faisons ainsi subir au terme \u00ab amour \u00bb, nous pouvons citer les r\u00e9sultats que nous a r\u00e9v\u00e9l\u00e9s la recherche psychanalytique, \u00e0 savoir que toutes ces vari\u00e9t\u00e9s d&rsquo;amour sont autant d&rsquo;expressions d&rsquo;un seul et m\u00eame ensemble de tendances, lesquelles, dans certains cas, invitent \u00e0 l&rsquo;union sexuelle, tandis que, dans d&rsquo;autres, elles d\u00e9tournent de ce but ou en emp\u00eachent la r\u00e9alisation, tout en conservant suffisamment de traits caract\u00e9ristiques de leur nature, pour qu&rsquo;on ne puisse pas se tromper sur leur identit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous pensons qu&rsquo;en assignant au mot \u00ab amour \u00bb une telle multiplicit\u00e9 de significations le langage a op\u00e9r\u00e9 une synth\u00e8se pleinement justifi\u00e9e et que nous ne saurions mieux faire que de mettre cette synth\u00e8se \u00e0 la base de nos consid\u00e9rations et explications scientifiques. En proc\u00e9dant ainsi, en \u00ab \u00e9largissant \u00bb la conception de l&rsquo;amour, la psychanalyse n&rsquo;a rien cr\u00e9\u00e9 de nouveau. L&rsquo;Eros de Platon pr\u00e9sente quant \u00e0 ses origines, \u00e0 ses manifestations et \u00e0 ses rapports avec l&rsquo;amour sexuel, une analogie compl\u00e8te avec l&rsquo;\u00e9nergie amoureuse, avec la libido de la psychanalyse et lorsque, dans sa fameuse \u00e9p\u00eetre aux Corinthiens, l&rsquo;ap\u00f4tre saint Paul vante l&rsquo;amour et le met au-dessus de tout le reste, il le con\u00e7oit sans doute dans ce m\u00eame sens \u00ab \u00e9largi \u00bb. D&rsquo;o\u00f9 il suit que les hommes ne prennent pas toujours au s\u00e9rieux leurs grands penseurs, alors m\u00eame qu&rsquo;ils font semblant de les admirer. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette conception de \u00ab lier \u00bb, d&rsquo;unir, que Freud introduit dans la d\u00e9finition de la libido, est essentielle. Dans un chapitre sur la psychologie collective, il explique la coh\u00e9sion du groupe par les liens \u00ab d&rsquo;amour \u00bb entre ses membres (p. 114, 115).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, dans \u00ab MALAISE DANS LA CIVILISATION \u00bb, il va jusqu&rsquo;\u00e0 soutenir que \u00ab la civilisation est un processus \u00e0 part se d\u00e9roulant au-dessus de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb (p. 57).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il ajoute que : \u00ab ce processus serait au service de l&rsquo;Eros et voudrait, \u00e0 ce titre, r\u00e9unir les individus isol\u00e9s, plus tard les familles, puis des tribus, des peuples, puis des nations, en une vaste unit\u00e9, l&rsquo;humanit\u00e9 m\u00eame. Pourquoi est-ce une n\u00e9cessit\u00e9 ? Nous n&rsquo;en savons rien; ce serait justement l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;Eros. Ces masses humaines ont \u00e0 s&rsquo;unir libidinalement entre elles; la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 elle seule, les avantages du travail en commun, ne leur donneraient pas la coh\u00e9sion voulue (p. 57).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ceci, je crois que je n&rsquo;ai plus \u00e0 vous expliquer que le pansexualisme de Freud n&rsquo;a rien d&rsquo;immoral ! Au contraire, puisqu&rsquo;il nomme ainsi la force capable de nous faire sortir des limites \u00e9troites de notre petit moi, du couple, de la famille, de la patrie, pour aboutir \u00e0 une synth\u00e8se qui groupera l&rsquo;humanit\u00e9 future, sans fronti\u00e8re, sans barri\u00e8res, sans guerres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au fond, c&rsquo;est donc Freud \u2014 pour notre monde occidental \u2014 qui a trac\u00e9 les lignes v\u00e9ritables de l&rsquo;\u00e9volution humaine. Si vous acceptez cette hypoth\u00e8se que l&rsquo;amour est l&rsquo;\u00e9nergie psychique primitive et universelle, le principe de coh\u00e9sion, tout devient imm\u00e9diatement clair pour l&rsquo;intelligence et pour l&rsquo;action. Et un crit\u00e8re moral se d\u00e9gage de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9volution psychologique qui sous-tend toute la doctrine psychanalytique. Est bon ce qui unit. Est mal ce qui d\u00e9sunit. Le bien, c&rsquo;est la marche en avant vers une unit\u00e9 de plus en plus vaste. Le mal, c&rsquo;est l&rsquo;arr\u00eat, la r\u00e9gression. La vie est le vrai crit\u00e8re. (Le progr\u00e8s, dans le sens du \u00ab moderne \u00bb n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec cette vie. L&rsquo;amour du neuf n&rsquo;est pas un signe, je vous recommande \u00e0 ce sujet la lecture du \u00ab MYTHE DU MODERNE \u00bb de Charles Baudouin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le signe, c&rsquo;est que, \u00e0 chaque instant, l&rsquo;individuel doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 mourir pour l&rsquo;universel. La v\u00e9ritable croissance de l&rsquo;homme est achev\u00e9e quand son st\u00e9rile sentiment de culpabilit\u00e9 s&rsquo;est mu\u00e9 en f\u00e9conde responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 270px;\">Gilberte AIGRISSE.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un traitement psychanalytique, ce qui prend le plus de temps et donne le plus de peine, c&rsquo;est la lutte contre les r\u00e9sistances du patient. Ces r\u00e9sistances sont inconscientes. Le sujet a accept\u00e9 spontan\u00e9ment de se soumettre \u00e0 l&rsquo;analyse; consciemment, il n&rsquo;oppose aucune r\u00e9sistance au traitement, et, cependant, nous nous sentons en pr\u00e9sence de forces qui s&rsquo;opposent \u00e0 ce qu&rsquo;un changement quelconque soit apport\u00e9 dans la personnalit\u00e9. Nous avons form\u00e9, dans notre enfance, un \u00e9quilibre entre nos exigences psychiques et la r\u00e9alit\u00e9. Cet \u00e9quilibre ne nous satisfait plus, maintenant que nous sommes adultes. 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