{"id":3199,"date":"2010-04-15T19:52:49","date_gmt":"2010-04-15T18:52:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=3199"},"modified":"2010-04-18T15:20:53","modified_gmt":"2010-04-18T14:20:53","slug":"lapport-des-yogas-aux-ecoles-de-psychanalyse-par-maryse-choisy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/lapport-des-yogas-aux-ecoles-de-psychanalyse-par-maryse-choisy\/","title":{"rendered":"L&rsquo;apport des yogas aux \u00e9coles de psychanalyse par Maryse Choisy"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Extrait du dernier chapitre du livre <\/em><em>Yogas et psychanalyse par Maryse Choisy. Editions du Mont-blanc collection Action et pens\u00e9e (1948)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous nous pla\u00e7ons \u00e0 un point de vue purement scientifique, la plus grande valeur des yogas r\u00e9side incontestablement dans leur psychologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La valeur psychologique du yoga<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long de cette \u00e9tude des comparaisons se sont impos\u00e9es involontairement. Quand on met en parall\u00e8le la psychologie de nos \u00e9coles europ\u00e9ennes et la psychologie hindoue, la balance penche quelquefois en faveur des yoguins. Le professeur Laubry et Mlle Th\u00e9r\u00e8se Brosse l&rsquo;ont d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Radja yoga est \u00e0 la fois plus pouss\u00e9, plus subtil et plus exp\u00e9rimental. Cependant quelques-unes de ses pratiques ont \u00e9t\u00e9 soit retrouv\u00e9es spontan\u00e9ment par nos psychologues, soit reprises sans indication de source le plus souvent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pratiques du Radja yoga dans notre psychologie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, par exemple, toute la r\u00e9\u00e9ducation de l&rsquo;attention tent\u00e9e chez nous a toujours \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e des proc\u00e9d\u00e9s du yoga. Montrer d&rsquo;abord un objet, puis deux, puis plusieurs et demander au sujet de les d\u00e9crire est du Radja yoga pour jardin d&rsquo;enfants. Rudyard Kipling a vulgaris\u00e9 ces m\u00e9thodes dans Kim. Elles sont maintenant \u00e0 la port\u00e9e de tous les vendeurs de succ\u00e8s en vingt le\u00e7ons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9ducation sensorielle, l&rsquo;entra\u00eenement \u00e0 la concentration, les exercices sur la volont\u00e9 qui sont tout de m\u00eame d&rsquo;une autre classe ont aussi myst\u00e9rieusement gliss\u00e9 d&rsquo;Orient en Occident. Le m\u00e9decin suisse Vittoz semble s&rsquo;\u00eatre inspir\u00e9 de ces proc\u00e9d\u00e9s indiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Indienne aussi la suggestion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>D\u00e9finition de la suggestion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec cette diff\u00e9rence que les yoguins ont propos\u00e9 l&rsquo;hypoth\u00e8se des \u00ab petites vies \u00bb. Tandis que j&rsquo;ai vainement cherch\u00e9 une bonne explication de la suggestion dans la psychologie occidentale. Et Freud s&rsquo;est \u00ab r\u00e9volt\u00e9 \u00bb contre la mani\u00e8re de penser d&rsquo;apr\u00e8s laquelle \u00ab la suggestion qui expliquait tout n&rsquo;aurait besoin elle-m\u00eame d&rsquo;aucune explication \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre Janet l&rsquo;appelle \u00ab la provocation d&rsquo;une impulsion \u00e0 la place d&rsquo;une action r\u00e9fl\u00e9chie \u00bb. Mais le processus de cette \u00ab provocation \u00bb demeure myst\u00e9rieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">M. Robert Desoille admet qu&rsquo;\u00ab un certain degr\u00e9 de suggestibilit\u00e9 est une aptitude normale commune \u00e0 tous les hommes \u00bb. I1 est pourtant oblig\u00e9 d&rsquo;avouer qu&rsquo;il manque quelquefois a ces recherches une m\u00e9thode s&rsquo;inspirant de principes d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral \u00bb. Il se contente de constater que \u00ab la suggestion nous permettra de placer le sujet dans un \u00e9tat d&rsquo;attention passive qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec l&rsquo;\u00e9tat de cr\u00e9dulit\u00e9 de l&rsquo;hypnose, \u00e9tat incompatible avec la conservation d&rsquo;un esprit sain \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rapports entre Freud et les yogas ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au premier abord on ne voit pas le rapport entre la psychanalyse et les m\u00e9thodes yoguies. Il est probable que Freud ignorait le Radja yoga. Je dis : \u00ab Il est probable \u00bb. La culture de Freud \u00e9tait immense. Il pouvait fort bien avoir connu quelques proc\u00e9d\u00e9s indiens qui tra\u00eenaient dans l&rsquo;air des biblioth\u00e8ques. Freud avoue lui-m\u00eame sa parent\u00e9 m\u00e9taphysique avec Schopenhauer. Mais le schopenhauerisme \u00e0 son tour, n&rsquo;est-ce pas de l&rsquo;indianisme d\u00e9guis\u00e9 ?&#8230; Malgr\u00e9 les d\u00e9guisements, malgr\u00e9 les d\u00e9viations, quelques \u00e9tincelles du foyer primitif ont survol\u00e9 le temps et l&rsquo;espace. Tous les philosophes influenc\u00e9s par Schopenhauer retrouvent, sans conna\u00eetre l&rsquo;Inde, un concept hindou sous la cendre. Nous savons par exemple combien le bovarysme d&rsquo;un Jules de Gaultier est proche de la Chandogya Oupanisad et de la m\u00e2y\u00e2 v\u00e9dantine. Jules de Gaultier en fut le premier \u00e9tonn\u00e9 quand je le lui dis. Il n&rsquo;avait pas lu les Oupanisads. Il aimait Schopenhauer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je veux croire pourtant \u00e0 une rencontre merveilleuse dans le sur-moi, dans le sentiment de culpabilit\u00e9, dans l&rsquo;assassinat mental, dans l&rsquo;ambivalence amour-haine, et surtout dans cette classification des \u00e9tats inconscients que la psychanalyse a donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Europe. La sympathie intellectuelle ignore les fronti\u00e8res. Deux psychologues de g\u00e9nie peuvent arriver aux m\u00eames r\u00e9sultats par des moyens diff\u00e9rents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ahimsa et le d\u00e9sir de tuer<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi cette notion d&rsquo;\u00e2himsa qui nous avait tant intrigu\u00e9s chez P\u00e2tangndjali s&rsquo;\u00e9claire par le \u00ab d\u00e9sir de tuer \u00bb de Freud. Pourquoi chez les yoguins une pens\u00e9e mauvaise \u00e9quivaut-elle au meurtre ?&#8230; La psychanalyse nous l&rsquo;expliquera deux mill\u00e9naires plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le premier et le plus important commandement qui ait jailli de la conscience \u00e0 peine \u00e9veill\u00e9e \u00e9tait : tu ne tueras point. Il exprimait une r\u00e9action contre le sentiment de satisfaction haineuse qu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la tristesse on \u00e9prouvait devant le cadavre de la personne aim\u00e9e et qui s&rsquo;est \u00e9tendu peu \u00e0 peu aux \u00e9trangers indiff\u00e9rents et m\u00eame aux ennemis d\u00e9test\u00e9s.\u00a0\u00bb [FREUD, Essais de psychanalyse, p. 258]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette ambivalence amour-haine, la psychanalyse est encore tr\u00e8s schopenhauerienne&#8230; et donc indienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On conna\u00eet le c\u00e9l\u00e8bre passage des porcs-\u00e9pics de Schopenhauer:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Un jour d&rsquo;hiver glacial, les porcs-\u00e9pics d&rsquo;un troupeau se serr\u00e8rent les uns contre les autres afin de se prot\u00e9ger contre le froid par la chaleur r\u00e9ciproque. Mais, douloureusement g\u00ean\u00e9s par les piquants, ils ne tard\u00e8rent pas \u00e0 s&rsquo;\u00e9carter de nouveau les uns des autres. Oblig\u00e9s de se rapprocher de nouveau, en raison du froid persistant, ils \u00e9prouv\u00e8rent une fois de plus l&rsquo;action d\u00e9sagr\u00e9able des piquants, et ces alternatives de rapprochement et d&rsquo;\u00e9loignement dur\u00e8rent jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils aient trouv\u00e9 une distance convenable o\u00f9 ils se sentirent \u00e0 l&rsquo;abri des maux. \u00bb [<em>SCHOPENHAUER, Parerga und Paralipomena, II<sup>e<\/sup> partie, XXXI : Gleichnisse und Parabeln]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici surtout ces lignes qui pourraient \u00eatre sign\u00e9es de P\u00e2tangndjali. Elles sont la traduction europ\u00e9enne de l&rsquo;\u00e2himsa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Notre inconscient se contente de penser \u00e0 la mort et de la souhaiter, sans la r\u00e9aliser. Mais on aurait tort de sous-estimer cette r\u00e9alit\u00e9 psychique par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de fait. Cette r\u00e9alit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 assez grave et grosse de cons\u00e9quences. Dans nos d\u00e9sirs inconscients, nous supprimons journellement, et \u00e0 toute heure du jour, tous ceux qui se trouvent sur notre chemin, qui nous ont offens\u00e9s ou l\u00e9s\u00e9s. \u00bb \u00ab Que le diable l&#8217;emporte ! \u00bb disons-nous couramment sur un ton de plaisanterie destin\u00e9 \u00e0 dissimuler notre mauvaise humeur. Mais ce que nous voulons dire r\u00e9ellement, sans l&rsquo;oser, c&rsquo;est : \u00ab que la mort l&#8217;emporte !\u00bb et ce souhait de mort, notre inconscient le prend plus au s\u00e9rieux que nous ne le pensons nous-m\u00eames et lui donne un accent que notre conscience est pr\u00eate \u00e0 d\u00e9savouer. Notre inconscient tue m\u00eame pour des d\u00e9tails. Comme l&rsquo;ancienne l\u00e9gislation ath\u00e9nienne de Dracon, il ne conna\u00eet pas d&rsquo;autre ch\u00e2timent pour les crimes que la mort, en quoi il est assez logique, puisque tout tort inflig\u00e9 \u00e0 notre moi tout-puissant et autocratique est, au fond, un crimen laesoe majestatis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;\u00e0 en juger par nos d\u00e9sirs et souhaits inconscients, nous ne sommes nous-m\u00eames qu&rsquo;une bande d&rsquo;assassins. Heureusement que ces d\u00e9sirs et souhaits ne poss\u00e8dent pas la force que leur attribuaient les hommes des temps primitifs [<em>FREUD. Voir le chapitre sur la toute-puissance des id\u00e9es, dans Totem et Tabou<\/em>]. S&rsquo;il en \u00e9tait autrement l&rsquo;humanit\u00e9 aurait p\u00e9ri depuis longtemps sous les feux crois\u00e9s des mal\u00e9dictions r\u00e9ciproques, lesquelles n&rsquo;auraient \u00e9pargn\u00e9 ni ses hommes les meilleurs et les plus sages, ni ses femmes les plus belles et les plus douces. \u00bb [<em>FREUD, Essais de psychanalyse<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le sentiment de culpabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sur-moi ne s&rsquo;y trompe pas. Autant que chez l&rsquo;enfant ou le primitif, la pens\u00e9e inconsciente de l&rsquo;homme rationnel croit \u00e0 son propre pouvoir magique. D&rsquo;o\u00f9 le m\u00e9canisme de l&rsquo;autopunition avant m\u00eame que la conscience ait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e du moindre drame. Les freudiens ont su d\u00e9celer ce sentiment de culpabilit\u00e9 nich\u00e9 dans la caverne du dragon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0On constate notamment qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un facteur pour ainsi dire moral \u00bb, d&rsquo;un sentiment de culpabilit\u00e9 qui trouve sa satisfaction dans la maladie et ne veut pas renoncer au ch\u00e2timent repr\u00e9sent\u00e9 par la souffrance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00bb &#8230;Le sentiment de culpabilit\u00e9 normal, conscient (scrupules de conscience) n&rsquo;offre \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation aucune difficult\u00e9, il repose sur l&rsquo;\u00e9tat de tension qui existe entre le moi et le moi id\u00e9al, il est l&rsquo;expression d&rsquo;une condamnation du moi par son instance critique. Les sentiments d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 qu&rsquo;\u00e9prouvent les n\u00e9vrotiques se pr\u00eatent assez bien \u00e0 cette explication. Dans deux affections qui nous sont bien famili\u00e8res, le sentiment d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 est intens\u00e9ment conscient : le moi id\u00e9al fait alors preuve d&rsquo;une rigueur particuli\u00e8re et s\u00e9vit contre le moi d&rsquo;une fa\u00e7on souvent cruelle. \u00bb [<em>Loc. cit., p. 220<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;autopunition<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est une constatation clinique devenue banale : la n\u00e9vrose est en r\u00e9gression quand le patient a un trouble organique. On peut m\u00eame se demander avec Paracelse et avec les Indiens, si toute maladie n&rsquo;a pas pour origine l&rsquo;autopunition. Et n&rsquo;est-ce pas ainsi qu&rsquo;on pourrait interpr\u00e9ter ce fait significatif de l&rsquo;Evangile ? Aux aveugles, aux paralytiques qu&rsquo;Il gu\u00e9rissait, J\u00e9sus remettait d&rsquo;abord les p\u00e9ch\u00e9s. C&rsquo;est la clef de la m\u00e9decine psychosomatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On s&rsquo;explique \u00e9galement le sens de cette formule de Vivekananda : \u00ab Si vous ne faites aucun mal \u00e0 autrui pendant douze ans, m\u00eame les lions et les tigres viendront se coucher \u00e0 vos pieds \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fauves sentiront le calme inconscient qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve du c\u0153ur sans p\u00e9ch\u00e9. Aucun ennemi int\u00e9rieur ne combattra en faveur de l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur. On comprend mieux les miracles des saints expos\u00e9s dans les cirques romains et que les lions ont refus\u00e9 de d\u00e9vorer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On imagine que l&rsquo;homme id\u00e9al est une m\u00e9canique si bien r\u00e9gl\u00e9e qu&rsquo;il doit \u00e9viter automatiquement, au quart de seconde, la maladie, l&rsquo;accident et m\u00eame la Gestapo. Les bacilles de Koch, les spiroch\u00e8tes p\u00e2les, le SS qui vous flaire, le lion qui vous mord ne triomphent que parce que le sentiment de culpabilit\u00e9 a rendu les leucocytes et les r\u00e9flexes de d\u00e9fense d\u00e9faitistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Hygi\u00e8ne intellectuelle des yoguins<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce sentiment de culpabilit\u00e9, les yoguins, nous l&rsquo;avons vu, ont tir\u00e9 une loi de la pens\u00e9e, une hygi\u00e8ne intellectuelle, une \u00e9thique de la cr\u00e9ation sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le dynamisme de la doctrine gandhienne de la non-violence vient de ce qu&rsquo;elle r\u00e9ussit \u00e0 liquider totalement le sentiment inconscient de culpabilit\u00e9 chez le non-violent tandis qu&rsquo;elle actualise simultan\u00e9ment dans la m\u00eame proportion la culpabilit\u00e9 chez l&rsquo;adversaire. Et c&rsquo;est cette mauvaise conscience de l&rsquo;autre qui le rend plus vuln\u00e9rable Mais dans la mesure o\u00f9 le non-violent agit par amour, non seulement il a port\u00e9 la culpabilit\u00e9 de l&rsquo;autre \u00e0 sa conscience, mais il lui a fait accepter cette culpabilit\u00e9. Elle ne peut plus se muer en projection parano\u00efde. Au contraire, elle inhibe l&rsquo;\u00e9lan agressif. Parce qu&rsquo;au moment o\u00f9 elle se d\u00e9couvre, elle se sent d\u00e9j\u00e0 pardonn\u00e9e par le non-violent. Ainsi dans ce dialogue int\u00e9rieur il y a un triple mouvement dialectique de r\u00e9actions contraires : Le non-violent s&rsquo;exalte. Le violent s&rsquo;attendrit. Et le non-violent l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve avec lui. Voil\u00e0 en quoi consiste cette trouvaille admirable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Psychagogie et p\u00e9dagogie bas\u00e9es sur la psychanalyse<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Europe cependant il manque encore le ma\u00eetre g\u00e9nial n\u00e9 de la psychanalyse. Ici \u00e9ducation \u00e9quivaut \u00e0 prophylaxie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Des centres psychop\u00e9dagogiques se sont fond\u00e9s en France, en Angleterre. Anna Freud a soutenu contre M\u00e9lanie Klein la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette action \u00e9ducatrice [<em>Anna FREUD, Introduction \u00e2 la psychanalyse des enfants (In Revue de psych. Tome IV, Nos 3 et 4)<\/em>]. Enfin en Suisse l&rsquo;Institut de Psychagogie a fait de l&rsquo;excellent travail sous l&rsquo;impulsion de M. Baudouin. Mais nulle part pour les petits une \u00e9cole comparable \u00e0 celle qui fut cr\u00e9\u00e9e par Rabindranath Tagore sur les bases du yoga [<em>Cf. pour la description de cette \u00e9cole dans la nouvelle \u00e9dition de mon livre Savoir \u00eatre maman (Editions Montaigne, Paris, 1945)<\/em>]. Il est vrai qu&rsquo;en France m\u00eame les \u00e9coles montessoriennes trouvent peu d&rsquo;amateurs parmi les parents routiniers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le Pancatattva vu \u00e0 la lumi\u00e8re freudienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est que ce sentiment de culpabilit\u00e9 pose un grand nombre de probl\u00e8mes. Autour de lui pivotent la plupart des conflits int\u00e9rieurs. Il met \u00e0 nu toute la structure freudienne : le \u00e7a, le moi et le sur-moi ou l&rsquo;id\u00e9al du moi. Entre ces divers syst\u00e8mes se balancent progr\u00e8s et chutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Freud se rapproche du vieux commentateur du Pancatattva quand il dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Or, nous pouvons parfaitement admettre que la s\u00e9paration qui s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e entre le moi et l&rsquo;id\u00e9al du moi ne peut pas, elle non plus, \u00eatre support\u00e9e pendant tr\u00e8s longtemps et qu&rsquo;elle doit subir de temps \u00e0 autre une r\u00e9gression. Malgr\u00e9 toutes les privations et restrictions qui sont impos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;individu, la violation p\u00e9riodique des prohibitions constitue partout la r\u00e8gle et nous en avons la preuve dans l&rsquo;institution des f\u00eates qui, au d\u00e9but, n&rsquo;\u00e9taient que des p\u00e9riodes pendant lesquelles les exc\u00e8s \u00e9taient autoris\u00e9s par la loi, ce qui explique la ga\u00eet\u00e9 qui les caract\u00e9risait. Les Saturnales des Romains et le Carnaval de nos jours se rapprochent sur ce point essentiel des f\u00eates des primitifs, pendant lesquelles on se livrait \u00e0 des d\u00e9bauches comportant la violation des commandements les plus sacr\u00e9s. Or, comme l&rsquo;id\u00e9al du moi comprend la somme de toutes les restrictions auxquelles l&rsquo;individu doit se plier, la rentr\u00e9e de l&rsquo;id\u00e9al dans le moi, sa r\u00e9conciliation avec le moi doit \u00e9quivaloir, pour l&rsquo;individu, qui retrouve ainsi le contentement de soi-m\u00eame, \u00e0 une f\u00eate magnifique. \u00bb [<em>Dr Sigmund FREUD, Essais de Psychanalyse, p. 157<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le sur-moi freudien<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici et ailleurs Freud postule l&rsquo;existence d&rsquo;un coin de la psych\u00e9 qui n&rsquo;est plus uniquement color\u00e9 par l&rsquo;instinct.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour en revenir \u00e0 notre \u00e9chelle de valeurs, nous pouvons donc dire : <em>ce n&rsquo;est pas seulement ce qu&rsquo;il y a de plus profond en nous qui peut \u00eatre inconscient, mais aussi ce qu&rsquo;il y a de plus \u00e9lev\u00e9<\/em> [Les italiques sont de moi]. Nous avons l\u00e0 comme une nouvelle d\u00e9monstration de ce que nous avons dit plus haut au sujet du moi conscient, \u00e0 savoir qu&rsquo;il ne repr\u00e9sente que notre corps. \u00bb [<em>Dr Sigmund FREUD, loc. cit., p. 193<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Inconscient mais non refoul\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9crit express\u00e9ment que l&rsquo;inconscient ne co\u00efncide pas avec les \u00e9l\u00e9ments refoul\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous trouvons ainsi dans la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;admettre l&rsquo;existence d&rsquo;un troisi\u00e8me inconscient, non refoul\u00e9 [<em>Loc. cit., p. 183<\/em>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins Freud n&rsquo;\u00e9tudie pas directement ce \u00ab supra-conscient \u00bb ou ce \u00ab supra-intellect \u00bb, comme l&rsquo;appellent quelques-uns de ses disciples. De m\u00eame pour Jung cet inconscient est inconnaissable. Nous ne savons rien aux deux bouts. Nous ne savons rien ni de la psych\u00e9 ni de la mati\u00e8re [<em>JUNG, L&rsquo;homme a la d\u00e9couverte de son \u00e2me, Collection Action et Pens\u00e9e, Ed. du Mont-Blanc, 1944<\/em>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il sera toujours \u00e0 la gloire de Freud d&rsquo;avoir \u00e9nonc\u00e9 que nos tendances g\u00e9n\u00e9reuses demeurent, elles aussi, cach\u00e9es. En filigrane transpara\u00eet une sorte d&rsquo;imp\u00e9ratif kantien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le moi id\u00e9al repr\u00e9sente ainsi l&rsquo;h\u00e9ritage du complexe d&rsquo;\u0152dipe, et, par cons\u00e9quent, l&rsquo;expression des tendances les plus puissantes, des destin\u00e9es libidinales les plus importantes du \u00e7a. Par son interm\u00e9diaire, le moi s&rsquo;est rendu ma\u00eetre du complexe d&rsquo;\u0152dipe et s&rsquo;est soumis en \u00a0m\u00eame temps au \u00e7a. Alors que le moi repr\u00e9sente essentiellement le \u00a0monde ext\u00e9rieur, la r\u00e9alit\u00e9, le sur-moi s&rsquo;oppose \u00e0 lui, en tant que charg\u00e9 des pouvoirs du monde int\u00e9rieur, du \u00e7a. Et nous devons nous attendre \u00e0 ce que les conflits entre le moi et l&rsquo;id\u00e9al refl\u00e8tent en derni\u00e8re analyse l&rsquo;opposition qui existe entre le monde ext\u00e9rieur et le monde psychique. \u00bb [<em>FREUD, Essais de psychanalyse, p. 203<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le Soi inconnaissable<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore une fois ce psychisme sup\u00e9rieur le Soi des yoguins Freud le d\u00e9clare inaccessible \u00e0 l&rsquo;analyse. Il \u00e9chappe \u00e0 la connaissance. Ici la censure demeure totale. Pourquoi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je crois que Freud se heurte \u00e0 un fait spirituel. Son honn\u00eatet\u00e9 scientifique est oblig\u00e9e de le constater. Son pr\u00e9jug\u00e9 mat\u00e9rialiste refuse de le discuter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins il admet que l&rsquo;homme est \u00e0 la fois meilleur et pire qu&rsquo;il ne le suppose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le sur-moi de Janet<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pierre Janet lui-m\u00eame semble croire au sur-moi puisqu&rsquo;il parle de \u00ab mobiliser les \u00e9nergies profondes d&rsquo;un psychisme sup\u00e9rieur pour se maintenir dans un \u00e9tat d&rsquo;\u00e9quilibre hautement d\u00e9sirable \u00bb. Je sais bien que pour l&rsquo;\u00e9cole de Janet ce \u00ab psychisme sup\u00e9rieur \u00bb a un sens plus biologique que spirituel. Il est une acquisition de l&rsquo;esp\u00e8ce, h\u00e9rit\u00e9e par l&rsquo;individu, souvent a son d\u00e9triment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Inconscient collectif<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous aboutissons alors \u00e0 l&rsquo;inconscient collectif de Jung.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit, dit C.-G. Jung, de la manifestation de couches plus profondes de l&rsquo;inconscient o\u00f9 sommeillent les images ancestrales appartenant \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re. \u00bb [<em>C. G. JUNG, L&rsquo;inconscient dans la vie psychique normale et anormale, p. 110 (Payot, Paris, 1928)<\/em>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la liste des \u00e9tats de conscience des yoguins cet inconscient collectif correspond \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage des habitudes de l&rsquo;humanit\u00e9 et de l&rsquo;instinct.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si nous l&rsquo;interpr\u00e9tons comme la vie propre de la pens\u00e9e, cette conception de Jung est une des plus int\u00e9ressantes d\u00e9couvertes de la psychologie moderne. Mais le sens d&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 biologique que lui donnent certains psychanalystes touche \u00e0 l&rsquo;absurde. Ils sont oblig\u00e9s de faire des efforts inou\u00efs pour \u00e9viter une hypoth\u00e8se m\u00e9taphysique. Comment admettre l&rsquo;imbrication des \u00e9tats affectifs, des images, des croyances de toute une race dans un chromosome ? Les biologistes consid\u00e8rent alors que les psychologues font de la litt\u00e9rature. Car un \u00ab scientifique \u00bb trouve toujours un plus \u00ab scientifique\u00bb qui le traite de fantaisiste. Dans les recherches rationnelles il y a aussi une mode. Et il est des intellectuels trop timides pour s&rsquo;opposer au conformisme des postulats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez Jung lui-m\u00eame, l&rsquo;inconscient collectif n&rsquo;a jamais cette signification mat\u00e9rialiste. Pour lui la psych\u00e9 est l&rsquo;ensemble des stratifications d\u00e9pos\u00e9es au cours de l&rsquo;histoire du d\u00e9veloppement humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab L&rsquo;inconscient collectif n&rsquo;est pas le produit d&rsquo;exp\u00e9riences individuelles ; il nous est inn\u00e9, au m\u00eame titre que le cerveau diff\u00e9renci\u00e9 avec lequel nous venons au monde. Cela revient simplement \u00e0 affirmer que notre structure psychique, de m\u00eame que notre anatomie c\u00e9r\u00e9brale porte les traces phylog\u00e9n\u00e9tiques de sa lente et constante \u00e9dification qui s&rsquo;est \u00e9tendue sur des millions d&rsquo;ann\u00e9es. Th\u00e9oriquement, nous pourrions reconstruire l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 en partant de notre complexion psychique, car tout ce qui exista une fois est encore pr\u00e9sent et vivace en nous. Le sympathique est plus qu&rsquo;un souvenir sentimental d&rsquo;une existence paradisiaque ; c&rsquo;est un syst\u00e8me existant et vivant en nous, qui continue de vivre, de fonctionner et de travailler comme il le faisait de temps imm\u00e9morial. Dans la sph\u00e8re psychique l&rsquo;inconscient collectif est fait d&rsquo;un ensemble de survivances. [<em>C. G. JUNG, L&rsquo;homme \u00e0 la d\u00e9couverte de son \u00e2me. Collection Action et Pens\u00e9e, Ed. du Mont-Blanc, 1944<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Explications analytiques des traditions<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semble que ce soit le destin de la psychanalyse d&rsquo;expliquer les myst\u00e8res que les hommes se chuchotaient de p\u00e8re en fils et de donner son statut scientifique \u00e0 l&rsquo;irrationnel. Freud n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 scruter les secrets de la divination chez Apollodore d&rsquo;Eph\u00e8se et dans l&rsquo;Ancien Testament pour comprendre le m\u00e9canisme du r\u00eave. Et il a lui-m\u00eame avou\u00e9 : \u00ab J&rsquo;ai eu la r\u00e9v\u00e9lation des liens \u00e9troits qui existent entre l&rsquo;interpr\u00e9tation psychanalytique des r\u00eaves et l&rsquo;art d&rsquo;interpr\u00e9ter les r\u00eaves qui \u00e9tait si en honneur dans l&rsquo;antiquit\u00e9. \u00bb [<em>Dr Sigmund FREUD, Essais de psychanalyse, p. 108<\/em>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin ailleurs il ajoute : \u00ab\u00a0Quelle ne fut pas ma surprise de m&rsquo;apercevoir un jour que la plus juste conception du r\u00eave, ce n&rsquo;est pas chez les m\u00e9decins qu&rsquo;il faut la chercher, mais chez les profanes. \u00bb [<em>FREUD, Le r\u00eave et son adaptation, p. 15. (N.R.F.)<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Instincts de mort<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, de proche en proche, Freud circonvient le fait m\u00e9taphysique. Il va m\u00eame assez loin avec sa th\u00e9orie tardive sur les instincts de mort. Beaucoup de ses disciples ont d&rsquo;ailleurs refus\u00e9 de le suivre jusque l\u00e0. Pour ceux qui s&rsquo;en tiennent \u00e0 la vision mat\u00e9rialiste, cette th\u00e9orie a quelque chose de r\u00e9voltant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle ne s&rsquo;\u00e9claire que lorsqu&rsquo;on la pousse dans ses derniers retranchements logiques, \u00e0 la mani\u00e8re indienne. Freud fait d\u00e9river les instincts de mort \u00ab du besoin de r\u00e9tablissement d&rsquo;un \u00e9tat ant\u00e9rieur \u00bb [<em>FREUD, Essais de psychanalyse, p. 72<\/em>]. Le \u00ab retour \u00e9ternel du m\u00eame \u00bb [<em>Loc. cit., p. 28<\/em>] et la r\u00e9p\u00e9tition des m\u00eames situations, des m\u00eames phases, des m\u00eames r\u00e9sultats dans un destin sont voulus inconsciemment. Avant la vie il y avait la mort. Si par \u00ab mort \u00bb nous entendons comme les freudiens, le n\u00e9ant, cela ne signifie rigoureusement rien. Un existentialisme sans issue. Mais que la mort physique soit, comme le croient les Hindous, une naissance \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat spirituel, aussit\u00f4t les instincts de mort prennent leur v\u00e9ritable valeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute cr\u00e9ation dans la nature est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une destruction qui la pr\u00e9pare. Un ordre nouveau sort d&rsquo;une r\u00e9volution rarement paisible. Le chimiste lui-m\u00eame use de violence pour d\u00e9truire une combinaison stable afin de r\u00e9aliser une synth\u00e8se plus riche. Ainsi les instincts de mort seraient dans un certain sens l&rsquo;expression du vouloir-vivre port\u00e9 \u00e0 son plus haut degr\u00e9 : du vouloir-vivre qui se renonce pour se hausser \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur dans l&rsquo;\u00e9chelle des \u00eatres. Cette dialectique de la vie se v\u00e9rifie \u00e0 tous les \u00e9tages. Et nous voyons alors comment la sublimation en d\u00e9passant le stade g\u00e9nital oblatif d\u00e9bouche sur le plan divin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00e9cole du r\u00eave \u00e9veill\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La jeune \u00e9cole fran\u00e7aise de r\u00eave \u00e9veill\u00e9 offre-t-elle plus d&rsquo;ouverture sur des espaces infinis?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici l&rsquo;influence du yoga n&rsquo;est plus niable. On peut voir enfin ce que les techniques normatives de l&rsquo;Inde apportent de neuf a notre psychologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la m\u00e9thode que M. Robert Desoille a expos\u00e9e dans son livre [<em>Robert DESOILLE, Exploration de l&rsquo;affectivit\u00e9 subconsciente par la m\u00e9thode du r\u00eave \u00e9veill\u00e9. Sublimation et acquisitions psychologiques (J. L. L. d&rsquo;Artrey, Paris)<\/em>], nous retrouvons la verticalit\u00e9 de la ligne de conscience indienne et le mouvement ascensionnel cher \u00e0 M. Gaston Bachelard. M. Desoille cite d&rsquo;ailleurs certaines pratiques indiennes. Et il va m\u00eame comme les Hatha yoguins jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9tudier les effets psycho-physiologiques et les modifications respiratoires de sa propre m\u00e9thode:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0C&rsquo;est ainsi que le rythme respiratoire, le rythme cardiaque, varient souvent avec l&rsquo;\u00e9tat de conscience du sujet. Nous avions not\u00e9 \u00e9galement une baisse de la temp\u00e9rature rectale, qui s&rsquo;explique ais\u00e9ment par l&rsquo;\u00e9tat de repos dans lequel on maintient le sujet, mais qui doit \u00eatre rapproch\u00e9e de la diminution du m\u00e9tabolisme respiratoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00bb Le rythme respiratoire peut \u00eatre ralenti jusqu&rsquo;\u00e0 trois respirations \u00e0 la minute et m\u00eame moins. Nous verrons plus tard qu&rsquo;en essayant, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat normal, de ralentir volontairement notre respiration, nous avons augment\u00e9 notre m\u00e9tabolisme; tandis que dans les \u00e9tats de conscience pour lesquels la respiration descend, d&rsquo;elle-m\u00eame, \u00e0 un rythme aussi lent, le m\u00e9tabolisme est diminu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00bb Cet abaissement du rythme respiratoire n&rsquo;a donc pas toujours la m\u00eame signification; le rythme naturel, si la volont\u00e9 n&rsquo;intervient pas pour le modifier, para\u00eet cependant pouvoir \u00eatre pris comme terme de comparaison, mais il n&rsquo;aura sa signification compl\u00e8te qu&rsquo;en fonction du m\u00e9tabolisme respiratoire. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Influence indienne dans le r\u00eave \u00e9veill\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tout cas M. Desoille a connu l&rsquo;Inde par le Sv\u00e2mi Siddhe\u00e7var\u00e2nanda [<em>Le repr\u00e9sentant en France de l&rsquo;\u00e9cole v\u00e9dantique moderne cr\u00e9\u00e9e par Ramakrichna et continu\u00e9e par Vivekananda et Aurobindo Ghose]<\/em>. Mais c&rsquo;est surtout indirectement, \u00e0 travers Caslant qu&rsquo;il s&rsquo;est inspir\u00e9 du Radja yoga. Il raconte lui-m\u00eame comment, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 une exp\u00e9rience de Caslant, il eut l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;appliquer cette m\u00e9thode de faire \u00ab monter \u00bb et \u00ab descendre \u00bb un sujet en \u00ab r\u00eave \u00e9veill\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Technique de Caslant<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre 1930 et 1935, j&rsquo;eus le privil\u00e8ge d&rsquo;\u00eatre une \u00e9l\u00e8ve de Caslant. Je pratique depuis dix ans sa m\u00e9thode. Il l&rsquo;a mise au point pour d\u00e9velopper les facult\u00e9s supranormales [<em>Lt. Cl. CASLANT, M\u00e9thode de d\u00e9veloppement des facult\u00e9s supra-normales (Meyer, Paris, 1921)<\/em>]. Mise au point seulement. A vrai dire, Caslant lui-m\u00eame avait adapt\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s mes conseils certaines m\u00e9ditations du Radja yoga, \u00e0 l&rsquo;usage des Occidentaux peu entra\u00een\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">M. Robert Desoille n&rsquo;a pas sensiblement modifi\u00e9 la technique de Caslant. Il en a supprim\u00e9 les respirations pr\u00e9liminaires, les mesures protectrices dans le passage \u00e0 travers les cercles purgatoriels, la \u00ab rentr\u00e9e \u00bb des divers rayons [<em>E. CASLANT, Rentr\u00e9es de l&rsquo;astral in revue Consolation N\u00b0 2, 1935<\/em>]. Pour un voyage int\u00e9rieur tant de pr\u00e9cautions ne sont peut-\u00eatre pas indispensables. Mais j&rsquo;en suis moins s\u00fbre que M. Desoille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 est moins douloureux que la psychanalyse. Peut-\u00eatre est-il plus superficiel. Mais entre le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 de Caslant et le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 de Robert Desoille, il y a et je ne puis trouver d&rsquo;autre expression une diff\u00e9rence de temp\u00e9rature. Le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 chez Desoille est un jeu. Personne ne croit aux images rencontr\u00e9es dans la mont\u00e9e ou la descente. Des symboles, et rien de plus. Avec Caslant, le jeu est s\u00e9rieux. L&rsquo;enfer est plus angoissant. Et les images \u00ab en voyance \u00bb donnent cette chaleur de la vie qu&rsquo;aucun cin\u00e9ma ne restituera jamais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">N&rsquo;oublions pas toutefois qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici de th\u00e9rapeutique et non de sp\u00e9culations d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9es. Les symboles du r\u00eave \u00e9veill\u00e9 sont les m\u00eames que ceux du r\u00eave ordinaire. M. Desoille s&rsquo;en tient \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation de Freud. Mais pour un m\u00e9decin, il est plus facile de diriger le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 et beaucoup plus difficile de ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de la suggestion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab La psychanalyse d\u00e9noue des complexes en actualisant une \u00e9motion, tandis que nous r\u00e9alisons une sublimation en faisant vivre \u00e0 nos sujets des sentiments nouveaux, dit M. Desoille. A l&rsquo;id\u00e9e de sacrifices de tendances \u2014 consid\u00e9r\u00e9es comme l\u00e9gitimes \u2014 on substituera la vision d&rsquo;une satisfaction des tendances les plus nobles, entra\u00eenant une autre conception du bonheur. \u00bb [<em>Robert DESOILLE, loc. cit.<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est donc avant tout comme le yoga une m\u00e9thode de sublimation. Mais il ne semble pas jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent qu&rsquo;au point de vue th\u00e9rapeutique, le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 ait donn\u00e9 les r\u00e9sultats brillants enregistr\u00e9s par la psychanalyse classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cha\u00eene des images arch\u00e9typiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que l&rsquo;exp\u00e9rience du \u00ab r\u00eave \u00e9veill\u00e9 \u00bb semble avoir le mieux mis en valeur, c&rsquo;est la cha\u00eene des images arch\u00e9typiques, une des plus brillantes d\u00e9couvertes de Jung.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab L&rsquo;un des plus remarquables, parmi ces symbolismes, est l&rsquo;association des images visuelles et affectives li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;image motrice d&rsquo;ascension ou de descente. Cette association, que l&rsquo;on trouve chez Dante, est l&rsquo;axe m\u00eame de notre technique. Sur ce symbole primitif, que nous avons \u00e9tudi\u00e9, viendront se greffer tous les symbolismes que nous pourrons soumettre \u00e0 une \u00e9tude directe. \u00bb [<em>Robert DESOILLE, LOC. Cit., p. 90<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a deux cha\u00eenes d&rsquo;images arch\u00e9typiques : 1\u00b0 Toutes les repr\u00e9sentations de l&rsquo;homme, puis du sujet lui-m\u00eame, puis du p\u00e8re, puis de Dieu. 2\u00b0 Toutes les repr\u00e9sentations de la femme, puis du sujet, puis de la m\u00e8re, puis de la Vierge. Cette progression se retrouve dans les m\u00e9ditations du Radja yoga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs la psychanalyse classique a, elle aussi, comment\u00e9 la hi\u00e9rarchie des devas indiens et les ch\u0153urs d&rsquo;anges de saint Denys l&rsquo;Ar\u00e9opagite. Jung ne cherche pas la raison m\u00e9taphysique qui les postule pour \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;antinomie kantienne. Il les consid\u00e8re comme des cr\u00e9ations issues des couches plus ou moins profondes de l&rsquo;inconscient collectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab La repr\u00e9sentation d&rsquo;anges, d&rsquo;archanges, celles des Tr\u00f4nes et des Dominations chez Saint-Paul, celle des archontes et des royaumes de lumi\u00e8re des Gnostiques, celle de la hi\u00e9rarchie c\u00e9leste de saint Denys l&rsquo;Ar\u00e9opagite, etc. Tout cela provient de la perception de l&rsquo;ind\u00e9pendance relative des arch\u00e9types ou dominantes de l&rsquo;inconscient collectif. \u00bb [<em>C.G. JUNG, M\u00e9tamorphoses et symboles de la libido<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La r\u00e9alit\u00e9 des arch\u00e9types<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi supposer \u00e0 priori qu&rsquo;ici notre perception nous trompe ? Les arch\u00e9types peuvent \u00eatre ind\u00e9pendants, m\u00eame s&rsquo;ils nous apparaissent ainsi. Le probl\u00e8me de leur r\u00e9alit\u00e9 objective \u00e9chappe \u00e0 la psychologie. Refuser tout degr\u00e9 de r\u00e9alit\u00e9 aux arch\u00e9types du monde int\u00e9rieur, c&rsquo;est tomber en sens inverse dans le sophisme de l&rsquo;id\u00e9aliste absolu quand il nie les objets ext\u00e9rieurs. Vieux paradoxe du monisme int\u00e9gral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;importe que dans certains r\u00eaves, \u00e9veill\u00e9s ou nocturnes, les mauvaises tendances du sujet soient personnifi\u00e9es par des entit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res ! Qu&rsquo;importe que les complexes deviennent kobolds ! Cela ne prouve pas que tous les anges et tous les devas soient des projections de l&rsquo;inconscient. On peut en conclure au plus que le sujet, \u00e0 l&rsquo;instar du Radja yoguin, a fait un tri entre le moi et le non-moi. Il a rejet\u00e9 comme ext\u00e9rieur \u00e0 lui-m\u00eame tout ce qui est le non-moi, toutes les forces qui agissent, soit du dedans, soit du dehors, sur le moi sup\u00e9rieur le seul moi r\u00e9el pour les Indiens. Mais les autres \u00ab moi \u00bb en existent-ils moins pour cela dans le monde noum\u00e9nal ? Saint Thomas d&rsquo;Aquin\u00a0 nous enseigne aussi que la vision peut \u00eatre due \u00e0 quatre agents divers : le r\u00eave, la maladie, l&rsquo;autosuggestion, les anges. Pourquoi \u00e0 tout prix \u00e9liminer les anges ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Malentendu verbal<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;ailleurs je soup\u00e7onne fort ici un malentendu verbal. C&rsquo;est une question m\u00e9taphysique. Les psychologues posent mal les questions m\u00e9taphysiques. Voil\u00e0 pourquoi elles restent sans r\u00e9ponse. Avant de d\u00e9cr\u00e9ter un objet r\u00e9el ou non r\u00e9el, il faut s&rsquo;entendre sur une d\u00e9finition de la r\u00e9alit\u00e9. Sinon la discussion finit par \u00ab Votre Dieu est mon diable \u00bb. En somme, c&rsquo;est toute la base philosophique qui est en jeu. Or, les psychologues appliquent des m\u00e9thodes de laboratoire aux faits spirituels. Le savant peut travailler sans doctrine m\u00e9taphysique. Le psychologue, non. Sous des expressions contradictoires, le savant et le mystique d\u00e9signent, parfois sans en prendre conscience, la m\u00eame chose. Discussion de mots qui ne touche pas au fond du probl\u00e8me. On se bat pour des mots. Les id\u00e9es sont plus pacifiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Restons pour l&rsquo;instant dans la psychologie pure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 est en somme une variante des m\u00e9ditations du Radja yoga. De la m\u00e9ditation avec images, on s&rsquo;avance progressivement vers la m\u00e9ditation sans objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi par une technique analogue aux So\u00fbtras de P\u00e2tangndjali, on parvient aux m\u00eames r\u00e9sultats que le yoguin qui dit : \u00ab Je suis devenu Dieu \u00bb. A travers des mots diff\u00e9rents court la m\u00eame id\u00e9e. Le monde ph\u00e9nom\u00e9nal est une illusion. Mais tandis que l&rsquo;Indien englobe dans cette illusion du monde ph\u00e9nom\u00e9nal l&rsquo;homme apparent lui-m\u00eame, M. Desoille se contente de nier uniquement les images.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A la mani\u00e8re du Radja yoga \u00e9galement, le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 aboutit \u00e0 l&rsquo;appel du Soi \u2014 cette fronti\u00e8re de la sublimation. Au del\u00e0 nous sommes dans une patrie nouvelle. Mais pour M. Desoille, comme pour le yoguin, du type \u00ab je-suis-Dieu \u00bb, le Soi n&rsquo;est qu&rsquo;une repr\u00e9sentation du meilleur de nous-m\u00eames.\u00a0 L&rsquo;ange que nous apercevons dans le r\u00eave \u00e9veill\u00e9, c&rsquo;est le moi qui se corrige. L&rsquo;appel du Soi, c&rsquo;est l&rsquo;ange qui est en nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le djg\u00e2nin, lui, identifie le Soi au Br\u00e2hman. Dans le syst\u00e8me s\u00e2mkhya le Soi correspond au Pourousa qui assiste au spectacle offert par les transformations de Prakriti. De la notion du Soi du Radja yoga au m\u00eame concept dans le Djgn\u00e2na yoga, toute la diff\u00e9rence qui s\u00e9pare la psychologie de la m\u00e9taphysique. Le psychologue \u00e9tudie Dieu en moi le m\u00e9taphysicien cherche le moi en Dieu. Ils finissent bien par se rencontrer quelque part en route. Toutefois la guerre du verbalisme les guette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi pr\u00e8s que le lui permet la compatibilit\u00e9 avec les pr\u00e9jug\u00e9s m\u00e9canistes du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, M. Desoille c\u00f4toie la doctrine orientale sur l&rsquo;efficience des images. Par l\u00e0 il enrichit le virtuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme devient tel qu&rsquo;il se r\u00eave dans une verticalit\u00e9 mill\u00e9naire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ici l&rsquo;Occident est moins logique. Il d\u00e9truit ce\u00a0 qu&rsquo;il voudrait reconstruire. Au moment m\u00eame o\u00f9 Baudouin et Jung retrouvent le dynamisme des mythes, au moment m\u00eame o\u00f9 l&rsquo;\u00e9cole du r\u00eave \u00e9veill\u00e9 d\u00e9couvre le pouvoir curatif des images, M. Desoille nie toute r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 ces images. Or, sans pr\u00e9juger de l&rsquo;objectivit\u00e9 m\u00e9taphysique, il semble certain au moins psychologiquement que les images ne sont efficaces\u00a0 que pour autant que le sujet les croit authentiques. Dans cette contradiction, la psychologie mat\u00e9rialiste se trouve emprisonn\u00e9e sans espoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Utilit\u00e9 d&rsquo;expression des images<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est encore un autre emploi de l&rsquo;image que les Europ\u00e9ens ne semblent \u2014 ou ne veulent \u2014pas voir. En dehors de sa valeur dynamique, elle a une utilit\u00e9 d&rsquo;expression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une douloureuse page autobiographique, Freud a fait la psychanalyse des d\u00e9tracteurs de la psychanalyse :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ralement, un novateur m\u00e9connu se donne beaucoup de mal pour rechercher les raisons de l&rsquo;indiff\u00e9rence ou de l&rsquo;hostilit\u00e9 de ses contemporains \u00e0 son \u00e9gard, indiff\u00e9rence et hostilit\u00e9 dans lesquelles il voit un v\u00e9ritable d\u00e9fi \u00e0 ses convictions dont la certitude lui para\u00eet absolue. C&rsquo;est l\u00e0 un travail qui me fut \u00e9pargn\u00e9, car je n&rsquo;eus pas de peine \u00e0 trouver une explication purement psychanalytique de l&rsquo;attitude n\u00e9gative de mes contemporains \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de mes th\u00e9ories. S&rsquo;il est exact, me suis-je dit, que les faits refoul\u00e9s dont j&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;existence ne peuvent parvenir \u00e0 la conscience du malade, parce que des r\u00e9sistances affectives s&rsquo;y opposent, il doit \u00eatre non moins exact que des r\u00e9sistances analogues se manifestent \u00e9galement chez l&rsquo;homme sain, toutes les fois qu&rsquo;on veut le mettre en pr\u00e9sence de faits que, pour une raison ou pour une autre, il a cru devoir refouler de sa conscience. Il cherche, sans doute, \u00e0 justifier cette aversion essentiellement affective par des raisons intellectuelles. Cela n&rsquo;est pas fait pour nous \u00e9tonner; puisque nous retrouvons le m\u00eame effort de rationalisation chez l&rsquo;homme malade qui se sert des m\u00eames arguments (rien de plus commun que les arguments, sinon, disait Falstaff, les m\u00fbres sauvages, et aussi peu ing\u00e9nieux). La seule diff\u00e9rence consiste en ce que, dans le cas de l&rsquo;homme malade, nous disposons de moyens de pression gr\u00e2ce auxquels nous pouvons lui rendre manifestes les r\u00e9sistances et lui donner la possibilit\u00e9 de les vaincre, tandis que dans le cas de l&rsquo;homme pr\u00e9sum\u00e9 sain ces moyens nous font d\u00e9faut. Ces hommes sains pourront-ils jamais, et par quel moyen, \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 soumettre mes th\u00e9ories \u00e0 une \u00e9preuve calme, sereine, scientifiquement objective ? C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 pour moi un probl\u00e8me encore obscur; et je me suis dit que le mieux que j&rsquo;avais \u00e0 faire, c&rsquo;\u00e9tait de me fier au temps, d&rsquo;attendre la solution du probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9volution naturelle des esprits. Le fait a souvent \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans l&rsquo;histoire des sciences, qu&rsquo;une affirmation qui s&rsquo;\u00e9tait heurt\u00e9e de prime abord \u00e0 une violente opposition, avait fini par \u00eatre accept\u00e9e quelque temps apr\u00e8s sans que de nouvelles preuves aient \u00e9t\u00e9 produites en sa faveur. \u00bb [<em>Dr Sigm. FREUD, Essais de psychanalyse, p. 280<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les yoguins sont assez psychologues pour avoir d\u00e9cel\u00e9 d&rsquo;avance ces r\u00e9sistances affectives. Ils ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les contourner par ruse au lieu de les attaquer de front. Le sage ne parle pas quand il faut se taire. Pour ses pairs il proc\u00e8de par allusions. Qui doit comprendre comprendra. Est-il si utile de r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 la conscience du primaire les dragons de son inconscient ? Parmi les Argonautes, il n&rsquo;y avait que des h\u00e9ros. Seul un saint combat le dragon face \u00e0 face.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute la grandiose sublimation sexuelle de la koundalini n&rsquo;\u00e9volue qu&rsquo;en images. Dieux, d\u00e9esses, serpents, bijoux, b\u00eedjas, lotus, ors, expriment \u2014 nous l&rsquo;avons vu \u2014 les forces, les instincts, les pulsions, les conflits et leurs modifications \u00e0 chaque \u00e9tape. Plus tard, un Vivek\u00e2nanda, un Aurobindo Ghose les commenteront intellectuellement pour les disciples europ\u00e9ens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e0 ce moment-l\u00e0 les r\u00e9sistances produiront des\u00a0 effets plus faibles. Deux mille ans auront donn\u00e9 \u00e0 la sublimation indienne une autorit\u00e9 v\u00e9n\u00e9rable. Le temps fait accepter une affirmation \u00ab sans que de nouvelles preuves soient produites en sa faveur \u00bb. Aupr\u00e8s de la foule Freud lui-m\u00eame selon ses propres pr\u00e9visions, est devenu un grand homme apr\u00e8s sa mort, surtout depuis que les Allemands ont interdit la psychanalyse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours les origines sexuelles se heurteront \u00e0 des r\u00e9sistances. Pourquoi lutter contre des demi-savants ? Freud ne proc\u00e8de pas ainsi avec ses n\u00e9vros\u00e9s. Est-il rien de plus n\u00e9vros\u00e9 que le demi-savant avec son sentiment \u00a0d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 si terriblement coriace ?&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un psychanalyste subtil peut observer que si Freud a suscit\u00e9 tant de r\u00e9sistance chez les demi-savants, c&rsquo;est que le premier psychanalyste de tous n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 psychanalys\u00e9. (Encore l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u0153uf et de la poule&#8230;) Ainsi c&rsquo;est son propre complexe d&rsquo;\u00e9chec retournement des instincts agressifs contre soi-m\u00eame c&rsquo;est son complexe d&rsquo;\u00e9chec qui a pouss\u00e9 Freud \u00e0 pr\u00e9senter sa th\u00e9orie de fa\u00e7on \u00e0 heurter ses contemporains. Nommer par exemple l&rsquo;Eros platonicien \u00ab libido \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9cha\u00eener \u00e0 coup s\u00fbr contre lui la pers\u00e9cution que cherchait son inconscient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela est certainement vrai. Mais il est vrai aussi que toute d\u00e9couverte suscite des r\u00e9actions pers\u00e9cutrices, m\u00eame si son auteur n&rsquo;est pas travaill\u00e9 par un complexe de suicide ou d&rsquo;\u00e9chec, ou un sentiment de culpabilit\u00e9 ou un besoin d&rsquo;autopunition. Les m\u00e9decins n&rsquo;ont-ils pas voulu traduire Pasteur en correctionnelle ? Toujours la foule moutonni\u00e8re ha\u00efra le surhomme qui s&rsquo;attaque aux id\u00e9es re\u00e7ues. Toujours le conformiste offrira la cigu\u00eb \u00e0 Socrate. Toujours le petit canard comme tout le monde mordra le cygne d&rsquo;Andersen. Toujours un Cauchon br\u00fblera une Jeanne d&rsquo;Arc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette incidence pathologique ne touche pas au probl\u00e8me de fond que la d\u00e9couverte de la bombe atomique pose de nouveau avec une urgence dramatique. Faut-il tout divulguer des acquisitions scientifiques ? Ou bien, comme les anciens et les Orientaux, les garder jalousement secr\u00e8tes pour ne les r\u00e9v\u00e9ler qu&rsquo;aux initi\u00e9s irr\u00e9prochables, dans cette langue des images qu&rsquo;eux seuls sont aptes \u00e0 d\u00e9chiffrer ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Europ\u00e9en est un enfant. Il dit tout ce qu&rsquo;il sait. Le yoguin pr\u00e9f\u00e8re agir. Que d&rsquo;\u00e9nergies gaspill\u00e9es dans l&rsquo;ardeur de convaincre ! Diff\u00e9rence essentielle entre Est et Ouest!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Points communs<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le moment est venu maintenant de souligner comment les deux techniques s&rsquo;\u00e9clairent mutuellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le yoga tantrique qui traite des cakras a scandalis\u00e9 plus d&rsquo;un lecteur europ\u00e9en, exactement comme l&rsquo;ont scandalis\u00e9 Freud et ses disciples, et pour les m\u00eames raisons. Rien ne ressemble davantage \u00e0 koundalini que la libido. Les m\u00eames personnes qui refoulaient mal leurs propres conflits ont cri\u00e9 devant la valorisation sexuelle de la doctrine koundalinienne et de la psychanalyse. Et \u2014 d\u00e9tail amusant \u2014 cette valorisation sexuelle \u00e9tait soutenue chez les yoguins comme chez les psychanalystes par des th\u00e9oriciens qui dans leur vie priv\u00e9e, t\u00e9moignaient d&rsquo;un puritanisme impr\u00e9vu. Ils avaient confondu psychologie et morale. D\u00e9crire n&rsquo;est pas prescrire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est qu&rsquo;au d\u00e9part du yoga comme au d\u00e9part de l&rsquo;\u0153uvre freudienne brille le m\u00eame postulat qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 clairement exprim\u00e9. La conception spirituelle suit les m\u00eames r\u00e8gles que la conception physique. En mystique, en art, en science, dans ses activit\u00e9s sociales ou cr\u00e9atrices, l&rsquo;homme se comporte comme il se comporte dans le co\u00eft. Le symbolisme sexuel n&rsquo;est donc pas une image de rh\u00e9torique, mais la clef de la personnalit\u00e9, le moule premier de son destin. Voil\u00e0 pourquoi Freud a pu dire que partout o\u00f9 il a trouv\u00e9 une inadaptation sociale ou un \u00e9chec professionnel, quelque chose clochait dans la sexualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-on parler m\u00eame de sublimation, l\u00e0 o\u00f9 il y a une constante de comportement, quel que soit le plan sur lequel elle se laisse saisir ? A la limite, le sexe est une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre. Mais c&rsquo;est une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre par rapport \u00e0 un autre. Car l&rsquo;amour et la guerre sont les seuls liens sociaux possibles. Cette constante r\u00e9actionnelle s&rsquo;est fix\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t dans l&rsquo;enfance. Les premiers liens d&rsquo;amour et de haine ont \u00e9t\u00e9 nou\u00e9s avec la famille. Ainsi la structure familiale a \u00e9tabli le moule fondamental.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Fondamentale aussi l&rsquo;ambivalence qu&rsquo;on retrouve chez les yoguins et en psychanalyse. \u00ab La corolle du lotus \u00e9clate pure au soleil. Mais ses racines plongent dans la boue des marais \u00bb, dit un vieux texte hindou. D\u00e8s le d\u00e9but l&rsquo;enfant associe la sorci\u00e8re \u00e0 la reine des f\u00e9es. D\u00e8s le premier jour hait et aime \u00e0 la fois la m\u00eame m\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u00e0 o\u00f9 Freud, de par sa pens\u00e9e g\u00e9n\u00e9tiquement orient\u00e9e, souligne l&rsquo;\u00e9volution manqu\u00e9e, l&rsquo;\u00e9chec, les yoguins mettent l&rsquo;accent sur la finalit\u00e9 et se rapprochent ainsi davantage d&rsquo;Adler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Yoga et psychanalyse ne sont pas des introspections, mais bien des \u00e9tudes du comportement au m\u00eame titre que la r\u00e9flexologie de Pavlov et le behaviourism am\u00e9ricain. Puisque yoguins et freudiens plongent dans les profondeurs de l&rsquo;\u00e2me et cherchent \u00e0 quel moment de la pr\u00e9histoire affective, koundalini ou la libido ont \u00e9t\u00e9 mal aiguill\u00e9es, puisque chacun d&rsquo;eux parle de renaissance, ce qui n&rsquo;est possible que si on ram\u00e8ne l&rsquo;homme au z\u00e9ro des petits enfants, faut-il s&rsquo;\u00e9tonner si yoguins et analystes usent \u00e9galement du transfert ? Pour cette nouvelle vie il faut un nouveau p\u00e8re. Le ma\u00eetre jouera donc le m\u00eame r\u00f4le envers son disciple que le m\u00e9decin envers le n\u00e9vros\u00e9. Nous savons que pas plus que la psychanalyse, le yoga ne saurait s&rsquo;apprendre par les livres, qu&rsquo;il y faut le t\u00e9moin humain, mais que ce t\u00e9moin doit rester objectif, passif, un \u00e9cran blanc sur lequel l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ou le n\u00e9vros\u00e9 projettent leurs transferts, leurs images, leurs propres cr\u00e9ations. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit dans Psych\u00e9 (et ce mot a fait fortune depuis et a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 sati\u00e9t\u00e9) que la psychanalyse est \u00e0 \u00a0narco-analyse et \u00e0 l&rsquo;hypnotisme ce qu&rsquo;est la d\u00e9mocratie \u00e0 la dictature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Voyons jusqu&rsquo;\u00e0 quel point le yoga et la psychanalyse ont \u00e9t\u00e9 fid\u00e8les \u00e0 ce principe d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Freud lui-m\u00eame a d\u00fb beaucoup lutter contre les pr\u00e9jug\u00e9s de son milieu. Mais s&rsquo;est-il compl\u00e8tement d\u00e9barrass\u00e9 de l&rsquo;influence de Charcot ? On sait combien l&rsquo;hypnotisme fut cher au ma\u00eetre fran\u00e7ais. C&rsquo;est l\u00e0 une technique grossi\u00e8re qui appartient aux \u00e2ges barbares de pr\u00e9-Ligue des droits de l&rsquo;homme. C&rsquo;est un protectorat exerc\u00e9 sur les activit\u00e9s inconscientes, plus ouvertes dans l&rsquo;\u00e9tat dit second, aux suggestions d&rsquo;une volont\u00e9 \u00e9trang\u00e8re. Le besoin de domination du m\u00e9decin y montre le bout de son fouet. Une telle colonisation intellectuelle est incompatible avec la dignit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les yoguins consid\u00e8rent que, pour une gu\u00e9rison obtenue ainsi, on affaiblit davantage la volont\u00e9 du malade. Or, nous savons qu&rsquo;ils cherchent avant tout \u00e0 renforcer la ma\u00eetrise des pulsions inconscientes. Il faut savoir se d\u00e9fendre m\u00eame dans les \u00e9tats passifs. En ce sens, le R. P. Gaston Fessard a eu ce mot profond : \u00ab Le meilleur directeur de conscience est celui qui vous apprend \u00e0 vous passer de lui. \u00bb [<em>R. P. Gaston FESSARD, S. J. Direction de conscience (r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate de Volont\u00e9s)<\/em>] Ainsi le meilleur m\u00e9decin est celui qui vous apprend \u00e0 vous passer du m\u00e9decin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement Freud a abandonn\u00e9 l&rsquo;hypnotisme, mais il a condamn\u00e9 la suggestion comme un coup d\u00e9fendu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Lorsqu&rsquo;\u00e0 un malade qui se montrait r\u00e9calcitrant on criait : \u00ab Que faites-vous ? Vous vous contre-suggestionnez \u00bb, je ne pouvais m&#8217;emp\u00eacher de penser qu&rsquo;on se livrait sur lui \u00e0 une injustice et \u00e0 une violence. L&rsquo;homme avait certainement le droit de se contre-suggestionner, lorsqu&rsquo;on cherchait \u00e0 se le soumettre par suggestion. Mon opposition a pris plus tard la forme d&rsquo;une r\u00e9volte contre la mani\u00e8re de penser d&rsquo;apr\u00e8s laquelle la suggestion, qui expliquait tout, n&rsquo;aurait besoin elle-m\u00eame d&rsquo;aucune explication. \u00bb [<em>Dr Sigmund FREUD, Essai de psychanalyse, p. 108<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la psychanalyse est-elle vraiment exempte de toute suggestion ? Lorsque le jeu des associations est termin\u00e9 et que le n\u00e9vros\u00e9 apprend qu&rsquo;il a peur des araign\u00e9es, parce que l&rsquo;image de l&rsquo;araign\u00e9e s&rsquo;est condens\u00e9e avec l&rsquo;image d&rsquo;une m\u00e8re castratrice, cette d\u00e9couverte suffit-elle \u00e0 le gu\u00e9rir ? Et l&rsquo;autorit\u00e9 du m\u00e9decin n&rsquo;entre-t-elle pas pour une large part dans la th\u00e9rapeutique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils auront beau souligner que le psychanalyste n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00e9cran sur lequel le n\u00e9vros\u00e9 projette tout ce qu&rsquo;il veut, que le n\u00e9vros\u00e9 se gu\u00e9rit lui-m\u00eame, le transfert, qui est la base m\u00eame d&rsquo;une cure psychanalytique, le transfert comporte par d\u00e9finition un vol de volont\u00e9. Est-il influence plus grande que l&rsquo;amour ou la haine ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les meilleurs d&rsquo;entre les psychanalystes le savent. Il en est pour eux comme pour les gourous. Tout d\u00e9pend de leur valeur personnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Une psychanalyse en elle-m\u00eame n&rsquo;a jamais rendu un \u00eatre plus sain qu&rsquo;avant. Elle le met seulement sur la voie de le devenir apr\u00e8s le traitement, par un travail de synth\u00e8se personnelle qui lui reste \u00e0 faire quand ont enti\u00e8rement disparu les mobiles inconscients qui ont tenu le patient li\u00e9, pendant la dur\u00e9e de son traitement psychanalytique, tout ce qui l&rsquo;entourait, en particulier \u00e0 son m\u00e9decin. Ce travail de synth\u00e8se peut \u00eatre plus ou moins amorc\u00e9 au cours du traitement quand le psychanalyste est dou\u00e9 d&rsquo;une quantit\u00e9 appr\u00e9ciable de libido g\u00e9nitale, gr\u00e2ce\u00a0 \u00e0 laquelle il n&rsquo;\u00e9prouve pas inconsciemment d&rsquo;angoisse \u00e0 sentir son analys\u00e9 atteindre son \u00e9panouissement affectif, m\u00eame si celui-ci d\u00e9passe le sien propre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00bb En tout cas, l&rsquo;analyste ne peut conduire son analys\u00e9 \u00e0 un point du d\u00e9veloppement affectif auquel lui-m\u00eame n&rsquo;a pas encore atteint. De m\u00eame, le m\u00e9decin ne peut pas, dans bien des cas, faute de possibilit\u00e9s libidinales fondamentales chez l&rsquo;analys\u00e9, l&rsquo;amener, en fin de traitement, \u00e0 un d\u00e9veloppement psycho-affectif achev\u00e9. \u00bb [<em>Dr Fran\u00e7oise MARETTE, Le complexe de castration, p. 165<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et Fran\u00e7oise Dolto-Marette ajoute :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Nous dirons que notre r\u00f4le de psychoth\u00e9rapeute fut seulement un r\u00f4le de catalyseur. \u00bb [<em>Ibid., p.202<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle avoue d&rsquo;ailleurs avec beaucoup de loyaut\u00e9 : \u00ab Des causes nombreuses d&rsquo;erreurs existent, \u00e0 commencer par l&rsquo;influence de l&rsquo;inconscient du m\u00e9decin. \u00bb [<em>Ibid., p. 169<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le moyen de pallier cet inconv\u00e9nient ? \u00ab\u00a0C&rsquo;est de ne faire de la psychanalyse que lorsque nous avons \u00e9t\u00e9 nous-m\u00eames psychanalys\u00e9. \u00bb [<em>Ibid<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Technique semblable au yoga, en ce sens que le ma\u00eetre doit avoir pass\u00e9 effectivement l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve (ou le malade) passera un jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Dr Juliette Boutonier dans un tour d&rsquo;horizon impartial, nous met aussi en garde contre les illusions de la psychanalyse et surtout du r\u00eave \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0On a beaucoup reproch\u00e9 \u00e0 la psychanalyse d&rsquo;\u00eatre une m\u00e9thode passive. Nous avons tent\u00e9 d&rsquo;expliquer pourquoi ce reproche est \u00e0 la fois justifi\u00e9 et injuste. Il est bien vrai que l&rsquo;investigation psychanalytique est faite avant tout dune observation et d&rsquo;une attente de r\u00e9actions spontan\u00e9es du sujet, et qu&rsquo;on offre \u00e0 celui-ci avant tout un milieu nouveau. Mais, d&rsquo;autre part, si minime que soit, quantitativement parlant, l&rsquo;activit\u00e9 du m\u00e9decin, elle est loin d&rsquo;\u00eatre nulle, car ce qui vient de lui prend une importance \u00e9norme. Ses paroles et son comportement agissent comme des catalyseurs permettant des synth\u00e8ses nouvelles, comme des ferments si l&rsquo;on veut&#8230; Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;analyse sans synth\u00e8se \u2014 et le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 de Robert Desoille souligne le c\u00f4t\u00e9 synth\u00e9tique de la th\u00e9rapeutique, l&rsquo;intervention du m\u00e9decin devenant d&rsquo;ailleurs avec cette technique beaucoup plus apparente\u00bb. [<em>Dr Juliette BOUTONIER, L&rsquo;angoisse<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, on peut conclure : \u00ab Au fond de tout \u00eatre l&rsquo;analyse ne trouve jamais que ce qui est \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais dans \u00ab ce qui est \u00bb jusqu&rsquo;o\u00f9 va le yoga, jusqu&rsquo;o\u00f9 va la psychanalyse ? Et n&rsquo;y a-t-il jamais une tentative de d\u00e9passement ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un certain d\u00e9sespoir filtre \u00e0 travers toute cette litt\u00e9rature pathologique. Les observations cliniques accusent l&rsquo;incapacit\u00e9 des anormaux \u00e0 r\u00e9aliser leur synth\u00e8se. Si leur moi avait \u00e9t\u00e9 assez puissant, n&rsquo;auraient-ils pas d&rsquo;eux-m\u00eames et sans intervention ext\u00e9rieure r\u00e9solu le conflit, surmont\u00e9 la n\u00e9vrose ?&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette synth\u00e8se, le yoga apporte le renfort n\u00e9cessaire. Il permet de d\u00e9gager en soi-m\u00eame un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e9nergie. Seulement il est trop tard pour pratiquer le yoga quand on est malade. De m\u00eame une psychanalyse \u00e9choue quand il n&rsquo;y a point de parties saines chez le sujet. Le th\u00e9rapeute s&rsquo;allie avec la partie saine du moi pour gu\u00e9rir la n\u00e9vrose. C&rsquo;est avant qu&rsquo;il faut constituer une r\u00e9serve \u00e9nerg\u00e9tique. Le yoga est une m\u00e9decine pr\u00e9ventive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;Ou une m\u00e9decine de convalescence. C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 la technique indienne compl\u00e8te utilement les \u00e9coles de Vienne, de Zurich, de Paris, de Londres et de New-York.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">De l&rsquo;aveu m\u00eame des disciples de Freud, le m\u00e9decin n&rsquo;est qu&rsquo;un catalyseur. Ni l&rsquo;analyse ni la synth\u00e8se ne donnent au malade l&rsquo;\u00e9nergie n\u00e9cessaire \u00e0 son r\u00e9tablissement psychique. Ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre n&rsquo;\u00e9duquent sa volont\u00e9. Il sort des mains de son m\u00e9decin presque aussi faible qu&rsquo;avant. L&rsquo;association d&rsquo;id\u00e9es ou le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 ont tout au plus propos\u00e9 \u00e0 sa solitude inqui\u00e8te \u00ab le secours d&rsquo;un visage humain \u00bb. Mais personne, sauf le yoguin, ne lui apprend \u00e0 se passer du visage humain. \u00ab C&rsquo;est de lui (du malade lui-m\u00eame) que viendra en d\u00e9finitive l&rsquo;\u00e9lan qui le portera en avant \u00bb, dit le Dr Boutonier. Mais personne, sauf le yoguin, ne lui apprend \u00e0 puiser dans le Cosmos l&rsquo;\u00e9nergie du premier pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi le yoga pourra-t-il achever la gu\u00e9rison commenc\u00e9e avec la psychanalyse. Par ses m\u00e9thodes de transformation de l&rsquo;\u00e9nergie psychique et pranique, par sa science du souffle m\u00e9diateur, par son \u00e9ducation subtile de la volont\u00e9, le yoga offrira aux \u00e9coles de psychanalyse une th\u00e9rapeutique finale. Les m\u00e9decins europ\u00e9ens gagneraient donc beaucoup \u00e0 se familiariser avec ses proc\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Prenons par exemple la liquidation de la culpabilit\u00e9 \u0153dipienne. Les psychanalystes savent le nombre de mois \u2014 parfois d&rsquo;ann\u00e9es \u2014 qu&rsquo;il faut \u00e0 un malade pour oser prendre, sa place dans la soci\u00e9t\u00e9. Le Radja yoga par sa s\u00e9rie de purifications, de je\u00fbnes calcul\u00e9s, de sacrifices, r\u00e9unit tous les m\u00e9canismes d&rsquo;autopunition dans une ???????? savamment calcul\u00e9e. Je crois qu&rsquo;il est impossible \u00e0 un Europ\u00e9en d&rsquo;\u00e9luder la premi\u00e8re partie, la partie anamnestique de la psychanalyse. Peut-\u00eatre est-elle mieux adapt\u00e9e \u00e0 notre psych\u00e9 que la descente dans le sous-conscient (l&rsquo;exercice XII du Radja yoga <em>dans un chapitre pr\u00e9c\u00e9dent<\/em>). Sans doute les premi\u00e8res phases de l&rsquo;abr\u00e9action sont-elles plus efficientes, plus nuanc\u00e9es, plus m\u00e9thodiques dans la th\u00e9rapeutique freudienne. Personnellement je n&rsquo;accepte plus d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves europ\u00e9ens pour le yoga s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s auparavant. Faire du Radja yoga sur des conflits non liquid\u00e9s, c&rsquo;est mettre des fards pour masquer une plaie qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9sinfect\u00e9e. Le danger est le m\u00eame. Mais il faut bien avouer que souvent au cours de la p\u00e9riode de liquidation, la cure pi\u00e9tine. Ici le yoga a des moyens infiniment plus puissants et plus rapides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les freudiens s&rsquo;accordent sur ce point. Pour qu&rsquo;une cure r\u00e9ussisse, une grande force vitale est indispensable. On ne peut sortir rien de rien. Il faut un pouvoir de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence chez le psychanalyste et une puissante libido g\u00e9nitale chez le n\u00e9vros\u00e9. Voil\u00e0 pourquoi les freudiens classiques n&rsquo;entreprennent aucune cure apr\u00e8s le retour d&rsquo;\u00e2ge. De toute fa\u00e7on, la psychanalyse repr\u00e9sente une grande d\u00e9pense d&rsquo;\u00e9nergie. On a d\u00e9truit toute la structure, tout le faux \u00e9quilibre d&rsquo;une vie, mais \u00e9quilibre quand m\u00eame. Avec quoi reconstruire ? On a r\u00e9duit le sujet \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de chrysalide. Et apr\u00e8s ? O\u00f9 prendre ces forces de croissance que l&rsquo;enfant poss\u00e8de \u00e0 l&rsquo;infini ? On recommence \u00e0 z\u00e9ro. C&rsquo;est tr\u00e8s bien. Mais o\u00f9 les moyens de refaire une vie id\u00e9ale dont la premi\u00e8re n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un brouillon ? A cause de cela beaucoup de psychanalyses se terminent en queue de poisson ou ne finissent jamais&#8230; C&rsquo;est l\u00e0 que le yoguin avec ses souffles vitaux bat la m\u00e9decine occidentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin\u00a0\u00a0 en plus de cette revitalisation physiologique du yoga la culture psychique a besoin dans certains cas de se r\u00e9soudre dans une \u00e9chapp\u00e9e spirituelle qui est sa continuation logique. La R\u00e9demption et la Gr\u00e2ce sont parfois les mythes n\u00e9cessaires pour gu\u00e9rir un sentiment de culpabilit\u00e9 rebelle \u00e0 tous les rem\u00e8des. [<em>Cf. mon Anneau de Polycrate (Editions Psych\u00e9). Bien entendu \u00ab mythe \u00bb est employ\u00e9 ici dans le sens psychologique et non ontologique<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je mets au point \u00e0 l&rsquo;heure actuelle une m\u00e9thode combin\u00e9e de psychanalyse la plus orthodoxe et de Radja yoga pour le dernier tiers de la cure. Mais ceci fera le sujet d&rsquo;un autre livre o\u00f9 je pourrai citer des cas concrets et donner un assez grand nombre d&rsquo;observations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>LA RECHERCHE DU SURHUMAIN<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je voudrais tout de suite tuer dans l&rsquo;\u0153uf un malentendu avant qu&rsquo;il ne naisse. Il n&rsquo;est pas question \u00e0 aucun moment ni pour le yoguin, ni pour le psychanalyste, de sortir de son r\u00f4le d\u00e9mocratique d&rsquo;\u00e9cran blanc (ou si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re le terme socratique \u00ab\u00a0d&rsquo;accoucheur d&rsquo;id\u00e9es \u00bb) pour prendre le r\u00f4le dictatorial de conseiller et de directeur d&rsquo;inconscience. Il s&rsquo;agit bien plut\u00f4t ici de continuer la m\u00eame technique de plong\u00e9e en profondeur sur un plan sup\u00e9rieur. D\u00e9j\u00e0 P. Teilhard de Chardin a lanc\u00e9 cet appel aux psychanalystes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, et pour d&rsquo;excellentes raisons, votre science s&rsquo;est surtout pr\u00e9occup\u00e9e de faire apercevoir par l&rsquo;individu au fond de lui-m\u00eame, certaines impressions oubli\u00e9es, certaines complications secr\u00e8tes, avec l&rsquo;id\u00e9e (v\u00e9rifi\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience) que ces refoulements, ces complexes, une fois d\u00e9masqu\u00e9s et accept\u00e9s, s&rsquo;\u00e9vanouiront \u00e0 la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Ceci est bien. Mais ce travail de d\u00e9blaiement et de liquidation une fois accompli, est-ce qu&rsquo;une autre \u0153uvre de clarification \u2014 plus constructive, et donc plus importante \u2014 ne reste pas \u00e0 faire ? Je veux dire aider le sujet \u00e0 d\u00e9chiffrer, dans les zones encore mal explor\u00e9es et explicit\u00e9es de lui-m\u00eame, les grandes aspirations (sens de l&rsquo;Irr\u00e9versible, sens cosmique, sens de la Terre, sens humain&#8230;) dont je parlais tout \u00e0 l&rsquo;heure. Op\u00e9ration inverse de la pr\u00e9c\u00e9dente. Psychanalyser, non pas pour d\u00e9gager, mais pour engager. Faire lire l&rsquo;homme en soi, non plus pour dissiper des fant\u00f4mes, mais pour donner consistance, direction et satisfaction \u00e0 certains grands besoins ou appels essentiels qui \u00e9touffent en nous (et dont nous \u00e9touffons), faute d&rsquo;\u00eatre traduits et compris ?&#8230; \u0152uvre compliqu\u00e9e et d\u00e9licate de d\u00e9couverte, en v\u00e9rit\u00e9, puisque sur ce domaine professeur et \u00e9l\u00e8ve, directeur et dirig\u00e9, avancent \u00e9galement \u00e0 t\u00e2tons; mais travail \u00e9minemment f\u00e9cond, puisqu&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 discerner, non plus des liens ou des tares, mais les ressorts les plus secrets ou les plus g\u00e9n\u00e9reux du dynamisme psychique qui nous anime. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab En somme, jusqu&rsquo;ici, la psychanalyse a surtout \u00e9t\u00e9 m\u00e9dicalement int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 traiter des forces et des cas individuels. Au maximum, elle s&rsquo;est occup\u00e9e, par rapport \u00e0 des groupes limit\u00e9s (famille surtout), \u00e0 ouvrir et \u00e0 centrer le sujet sur soi, de fa\u00e7on \u00e0 le rendre socialisable au premier degr\u00e9. Si les remarques pr\u00e9sent\u00e9es dans cette conf\u00e9rence sont justes, le moment ne serait-il pas venu o\u00f9, par l&rsquo;\u00e9tude en chaque homme de ses aspirations trans-individuelles, elle doit s&rsquo;engager (du point de vue non plus du gu\u00e9risseur, mais de l&rsquo;ing\u00e9nieur) dans l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une Energ\u00e9tique, (d&rsquo;une Psych-\u00e9nerg\u00e9tique humaine), \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle et \u00e0 l&rsquo;usage d&rsquo;un groupe zoologique en cours de totalisation plan\u00e9taire ? \u00bb [<em>Revue Psych\u00e9 n\u00b0 25, d\u00e9cembre 1948. P. TEILHARD DE CHARDIN : Les conditions psychologiques de l&rsquo;unification humaine<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore une fois loin de nous l&rsquo;id\u00e9e de dire au malade : \u00ab maintenant que vous \u00eates gu\u00e9ri, allez \u00e0 la messe \u00bb, mais de chercher, au bout de la gu\u00e9rison, ce qui chez l&rsquo;homme normal correspond \u00e0 un besoin d&rsquo;unification. Jung s&rsquo;est sp\u00e9cialis\u00e9 dans les cures des \u00ab nervous breakdowns\u00a0\u00bb qui jaillissent comme une explosion soudaine chez les grands capitaines de l&rsquo;industrie et des affaires aux approches de la cinquantaine. Ces n\u00e9vroses particuli\u00e8res, Jung les attribue au d\u00e9s\u00e9quilibre int\u00e9rieur qui r\u00e9sulte de la n\u00e9gligence d&rsquo;un besoin essentiel de la psych\u00e9 : les tendances spirituelles. Or, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;issue de la deuxi\u00e8me p\u00e9riode de latence que j&rsquo;inclinerais \u00e0 placer un troisi\u00e8me retour des trois stades (oral-captatif, digestif-agressif, g\u00e9nital-oblatif). Maintenant il se trouve sur ce plan o\u00f9 l&rsquo;homme s&rsquo;est d\u00e9pass\u00e9 lui-m\u00eame, et vraisemblablement se pr\u00e9pare \u00e0 quelque nouvelle mutation. Tous n&rsquo;atteignent pas ce plan bien que tous y soient appel\u00e9s par les exigences m\u00eames de leur \u00e2me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plus dou\u00e9s d&rsquo;entre les freudiens ont tous trouv\u00e9 en creusant dans l&rsquo;inconscient ces exigences plus hautes. Mon ma\u00eetre et ami Ren\u00e9 Laforgue semble admettre dans ses r\u00e9cents travaux qu&rsquo;il y a un stade de pens\u00e9e au del\u00e0 du stade religieux et du stade scientifique qui participe des deux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A la limite il faut retrouver chez l&rsquo;homme sain, avec les m\u00eames m\u00e9thodes analytiques et avec le m\u00eame non-interventionnisme de la part du m\u00e9decin ou du ma\u00eetre, l&rsquo;homme spirituel et sup\u00e9rieur qui dort en graine dans chaque psych\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici le yoga pr\u00e9sente une technique irrempla\u00e7able. Il d\u00e9passe notre psychologie arr\u00eat\u00e9e au stade g\u00e9nital oblatif pour atteindre en nous la part de spiritualit\u00e9 qui cherchait \u00e0 vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais seul le nettoyage complet de l&rsquo;inconscient nous rend la disponibilit\u00e9 perdue&#8230; Avant tout, il faut emp\u00eacher le dragon du seuil de nuire&#8230; L\u00e0 Freud est un\u00a0 ma\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Bergson a fait une analyse lucide du sentiment religieux quand il a trac\u00e9 une fronti\u00e8re entre l&rsquo;\u00e9motion infra-intellectuelle et l&rsquo;\u00e9motion supra-intellectuelle. [<em>H. BERGSON, Les deux sources de la morale et de la religion, p. 40<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette distinction le m\u00eame ab\u00eeme s\u00e9pare le sous-conscient et le supra-conscient des yoguins.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9motion supra-intellectuelle qu&rsquo;il faut toucher, susciter m\u00eame, car elle est r\u00e9gulatrice de notre vie psychique. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;image qui cr\u00e9e cette \u00e9motion-l\u00e0, mais l&rsquo;\u00e9motion qui cr\u00e9e l&rsquo;image. Quel artiste, quel po\u00e8te osera nous contredire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne nous arr\u00eatons plus au bord de \u00ab l&rsquo;ineffable \u00bb comme devant un tabou. L&rsquo;Europe du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle a aussi ses tabous. Au del\u00e0 du stade g\u00e9nital oblatif nous atteignons le monde spirituel. Mais pour cela il nous faut \u00e9prouver d&rsquo;abord l&rsquo;\u00e9motion supra-intellectuelle. Le Radja yoga ne dit pas autre chose. Lui aussi ajoute que psychologiquement un homme n&rsquo;est pas complet sans cette participation du divin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;insiste sur ce point. Il ne s&rsquo;agit plus ni de th\u00e9ologie, ni de m\u00e9taphysique, mais uniquement de psychologie. Ici William James a nettement d\u00e9fini les fronti\u00e8res. L&rsquo;analyse du sentiment religieux ne confirme ni n&rsquo;infirme son contenu th\u00e9ologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la premi\u00e8re fois dans les milieux intellectuels occidentaux, des psychologues, dans leur \u00e9tude des mystiques, n&rsquo;ont parl\u00e9 ni d&rsquo;hyst\u00e9rie, ni de complexes refoul\u00e9s. Ils n&rsquo;ont pas tent\u00e9 d&rsquo;expliquer le sentiment religieux par des instincts animaux ou des n\u00e9cessit\u00e9s sociologiques. Ils l&rsquo;ont trait\u00e9 comme un produit de l&rsquo;\u00e9motion supra-intellectuelle qui a rompu tous les liens avec la sensation. C&rsquo;est une fronti\u00e8re nouvelle et vitale du psychisme int\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien qu&rsquo;\u00e0 ce seul point de vue, ils apportent un \u00e9l\u00e9ment constructif et frais dans la science europ\u00e9enne. Ils rejoignent ainsi les vieilles techniques mill\u00e9naires des yoguins. La paix entre Orient et Occident est proche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Psychanalyse et mystique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;L&rsquo;accord se fait facilement pour tout ce qui concerne la client\u00e8le commune d&rsquo;hommes plus ou moins normaux, de p\u00e9cheurs et de n\u00e9vros\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pour les autres ? Pour cette petite minorit\u00e9 qui constitue le capital spirituel de la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Que font certains psychanalystes ? Ils dessinent chez le sujet la carte routi\u00e8re des complexes. Ils situent les voies de sortie de l&rsquo;\u00e9nergie affective. Ensuite ils coupent l&rsquo;\u00e9motion n\u00e9vrotique du complexe sur lequel elle s&rsquo;\u00e9tait branch\u00e9e dans l&rsquo;inconscient. En g\u00e9n\u00e9ral, ils visent le retour \u00e0 la moyenne, \u00e0 la ti\u00e9deur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains \u00e9l\u00e8ves de Freud vivent d&rsquo;ailleurs sur ce postulat : pass\u00e9 l&rsquo;enfance, l&rsquo;affectivit\u00e9 et avec elle le pouvoir de renouveler la source des \u00e9motions va s&rsquo;\u00e9puisant&#8230; L&rsquo;adulte ne r\u00e9agit violemment que sur les points sensibilis\u00e9s avant l&rsquo;\u00e2ge de trois ans. Il n&rsquo;est plus qu&rsquo;une collection de m\u00e9canismes t\u00f4t mont\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est vrai de l&rsquo;homme ordinaire et de l&rsquo;anormal. Ce n&rsquo;est pas vrai du saint. Ce n&rsquo;est m\u00eame pas vrai du grand artiste. Ils se caract\u00e9risent justement par cette disponibilit\u00e9 constante pour l&rsquo;\u00e9motion neuve, cette extr\u00eame jeunesse de la sensibilit\u00e9. Sainte Th\u00e9r\u00e8se de Lisieux est ouverte \u00e0 la joie et \u00e0 la douleur, \u00e0 vingt ans comme \u00e0 trois. S&rsquo;il ne vivait chaque amour aussi intens\u00e9ment que l&rsquo;amour jadis \u00e9prouv\u00e9 pour sa m\u00e8re \u00e0 douze mois, le po\u00e8te n&rsquo;\u00e9crirait pas une ligne. Le c\u0153ur du surhomme a \u00e9ternellement trois ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On m&rsquo;objectera ce que moi-m\u00eame j&rsquo;ai expliqu\u00e9 longuement tout \u00e0 l&rsquo;heure : qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de contenus, mais de cadres. Le freudisme ne pr\u00e9tend pas que l&rsquo;homme soit incapable de vivre des sentiments actuels intenses. Mais il les revivra dans un certain moule, form\u00e9 dans la prime enfance. Eh bien, je crois justement que le saint et le po\u00e8te peuvent briser les cadres eux-m\u00eames. Puisque la psychanalyse consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 modifier le destin en modifiant le moule fondamental, ne peut-on pas concevoir qu&rsquo;un g\u00e9nie le modifie spontan\u00e9ment, selon la finalit\u00e9 de son \u0153uvre ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En v\u00e9rit\u00e9, qui a pouss\u00e9 la sublimation jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat mystique s&rsquo;est \u00e9vad\u00e9 du domaine de l&rsquo;analyse. Les complexes ne sont-ils pas des chemins que l&rsquo;\u00e9nergie affective s&rsquo;est fray\u00e9s pour vaincre l&rsquo;inertie de la mati\u00e8re ? L&rsquo;histoire de l&rsquo;adulte, c&rsquo;est l&rsquo;histoire de la libido qui appr\u00e9hende des objets de plus en plus distincts du sujet, de plus en plus compliqu\u00e9s, de plus en plus \u00e9lev\u00e9s. L&rsquo;homme normal surmonte ses conflits secrets, liquide progressivement des situations. Chez lui deux attitudes simultan\u00e9es. Il y a l&rsquo;homme d&rsquo;habitudes : certaines images d\u00e9clenchent les m\u00e9canismes des pulsions. Et il y a l&rsquo;homme vivant : l&rsquo;\u00e9motion supra-intellectuelle devient cr\u00e9atrice, valorise d&rsquo;autres images.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la voie de l&rsquo;\u00e9volution spirituelle, l&rsquo;homme d&rsquo;habitudes avance, emport\u00e9 par le rythme de la nature, le mouvement des saisons, le cours des \u00e2ges. Il aboutit \u00e0 la phase oblative familiale. Il ne va pas plus loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;au lieu de se laisser porter par le temps, le milieu, les circonstances, il entreprenne de cultiver en lui l&rsquo;\u00e9lan spirituel, dans la mesure o\u00f9 il y parvient \u2014 o\u00f9 l&rsquo;homme vivant l&#8217;emporte sur l&rsquo;homme d&rsquo;habitudes \u2014 il \u00e9chappera non seulement \u00e0 l&rsquo;intervention, mais \u00e0 l&rsquo;analyse elle-m\u00eame. Chez l&rsquo;homme qui a sublim\u00e9 ses instincts le courant affectif passe d\u00e9sormais librement. Il baigne tout le champ de la conscience. Retracer les travaux de d\u00e9rivation et de canalisation du torrent libido, reconstituer les anciens complexes, les moments de l&rsquo;\u00e9volution accomplie, n&rsquo;a plus qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat de documentation historique. L&rsquo;adulte sublim\u00e9 s&rsquo;est d\u00e9livr\u00e9 de ses bagages anciens. Le saint s&rsquo;est lib\u00e9r\u00e9 de son enfance. Puisque chaque jour il f\u00eate ses trois ans neufs. Le saint est un voyageur sans bagages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Une nouvelle sublimation commence alors : la sublimation de l&rsquo;amour mystique lui-m\u00eame, depuis l&rsquo;image anthropomorphique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absolu sans repr\u00e9sentations. Et je le r\u00e9p\u00e8te tout se passe comme si l&rsquo;amour \u00e9tait une force cosmique, une attraction du centre de l&rsquo;univers qui s&rsquo;exerce sur tous les plans de l&rsquo;\u00eatre, une pouss\u00e9e ascensionnelle de la mati\u00e8re vers Dieu. [<em>Je traite ce sujet dans une \u0153uvre en pr\u00e9paration : Le Scandale de l&rsquo;Amour<\/em>]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne crois pas d&rsquo;ailleurs que nos savants suivront cette voie du supra-conscient. Non seulement \u00e0 cause du pr\u00e9jug\u00e9 mat\u00e9rialiste, mais aussi parce que ce n&rsquo;est pas dans la ligne d&rsquo;\u00e9volution europ\u00e9enne. Et c&rsquo;est l\u00e0 sans doute le v\u00e9ritable ab\u00eeme qui s\u00e9pare l&rsquo;Orient de l&rsquo;Occident. L&rsquo;Oriental est mystique par temp\u00e9rament et le mystique est essentiellement asocial. L&rsquo;exp\u00e9rience religieuse est un dialogue. Dans le monde il n&rsquo;y a que le moi et Dieu. Tandis que l&rsquo;Occidental se passionne avant tout pour la collectivit\u00e9. Ses recherches les plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9es tendent vers le bien-\u00eatre social. La cit\u00e9 terrestre l&rsquo;attire plus que la J\u00e9rusalem c\u00e9leste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La psychanalyse a maintenant assez d&rsquo;ann\u00e9es derri\u00e8re elle pour qu&rsquo;on puisse pr\u00e9dire dans quelle direction elle progressera. D&rsquo;apr\u00e8s les derniers travaux de Jung et de Baudouin en Suisse, de Laforgue en France, et les recherches des \u00e9coles anglaises et am\u00e9ricaines, elle promet des d\u00e9bouch\u00e9s int\u00e9ressants dans la p\u00e9dagogie, dans la sociologie, dans l&rsquo;orientation professionnelle. Elle fait entrevoir en quelque sorte un sentier insoup\u00e7onn\u00e9 encore vers un h\u00e9donisme collectif vainement mendi\u00e9 par les moralistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La psychanalyse est la science de l&rsquo;\u00e9conomie psychique individuelle. L&rsquo;\u00e9conomie politique est la science des lois qui r\u00e8glent les \u00e9changes entre les collectivit\u00e9s. La psychanalyse va nous donner des indications extr\u00eamement pr\u00e9cieuses pour comprendre les probl\u00e8mes de l&rsquo;\u00e9conomie politique. Qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par la similitude des termes tels que transfert ou int\u00e9r\u00eat avec sa d\u00e9finition anglaise : to pay attention to ? La connaissance des lois qui r\u00e8glent l&rsquo;\u00e9conomie psychique aboutira \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie politique, lorsque nous l&rsquo;appliquerons aux groupes. Il en r\u00e9sultera un jour une science neuve qui permettra selon le vieux r\u00eave de Platon, de confier le gouvernement des peuples aux plus aptes, d&rsquo;organiser les collectivit\u00e9s sur des bases plus justes et plus sereines et, tout comme on fait pour les individus, de \u00ab d\u00e9dramatiser \u00bb les tensions entre pays ou entre couches sociales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi le Dr Laforgue peut fonder une sociologie psychanalytique ou m\u00eame une psycho-politique. Depuis Platon jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;Europe tourne toujours en fin de compte autour de la politique et de l&rsquo;id\u00e9al collectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais d&rsquo;autre part un de nos plus purs ath\u00e9es peut aussi \u00e9crire : \u00ab Nous n&rsquo;avons plus besoin de religion puisque nous avons la psychanalyse. \u00bb Et sans doute la psychanalyse est-elle le dernier espoir d&rsquo;une Europe mat\u00e9rialiste. D&rsquo;elle seule beaucoup d&rsquo;entre nous attendent ce \u00ab suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e2me \u00bb d\u00e9j\u00e0 r\u00e9clam\u00e9 par Bergson. L&rsquo;homme a vu son corps devenir plus grand que lui. Il faut maintenant sous peine de mort gu\u00e9rir de cette \u00e9l\u00e9phantiasis. Il faut que le moi int\u00e9rieur arrive \u00e0 discipliner toutes ces acquisitions ext\u00e9rieures. Il ne s&rsquo;agit pas ici de litt\u00e9rature vertueuse. Il n&rsquo;est plus l&rsquo;heure de pr\u00eacher. Les terribles g\u00e9ants que la science a cr\u00e9\u00e9s, la science aussi peut et doit les soumettre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et alors, quand notre connaissance de l&rsquo;\u00e2me, m\u00eame si nous centrons notre int\u00e9r\u00eat sur le collectif et le social, sera aussi avanc\u00e9e que notre connaissance de la mati\u00e8re, alors peut-\u00eatre dans ce devenir infini, la psychanalyse rejoindra le yoga, la cit\u00e9 terrestre co\u00efncidera avec la cit\u00e9 c\u00e9leste, le Dieu de d\u00e9tente des contemplatifs de l&rsquo;Orient s&rsquo;int\u00e9grera au Dieu de tension, qui est l&rsquo;id\u00e9al occidental. Le Dieu de tension est plus dynamique. Mais il est surtout plus universel, car il repr\u00e9sente, pour employer un terme cher \u00e0 P. Teilhard de Chardin, le centre o\u00f9 convergeront un jour aussi bien la ligne contemplative et statique de l&rsquo;Inde que la ligne encore sceptique du savant europ\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le risque du savant doit \u00eatre quotidien. Aux deux bouts de l&rsquo;\u00e9chelle, de l&rsquo;infrahumain \u00e0 l&rsquo;ultra-humain, la science doit oser entrer dans le chaos pour en sauver \u00e0 chaque minute quelques parcelles. Il n&rsquo;est possible d&rsquo;\u00e9chapper aux fascinations du mythe que si l&rsquo;on peut au-dessous de soi comme au-dessus reconna\u00eetre l&rsquo;inconnu et le situer pour mieux en vivre. Trouverons-nous alors cette clef magique qui ouvrira enfin une porte sur un bonheur rationnel, dans un monde menac\u00e9 par la destruction totale ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris, 1943-1945.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur Maryse Choisy voir <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maryse_Choisy\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Maryse_Choisy<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Maryse Choisy est une \u00e9crivaine fran\u00e7aise, n\u00e9e en 1903 et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 1979.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Choisy a suivi un parcours atypique. Passionn\u00e9e de psychanalyse (elle sera patiente de Charles Odier et d\u00e9couvrira au fil de ses s\u00e9ances avec lui qu&rsquo;elle est enfant ill\u00e9gitime), elle a l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;en introduire les concepts dans ses romans pour donner plus de densit\u00e9 \u00e0 leurs personnages, puis entreprend de voir ce qui peut \u00eatre apport\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature par d&rsquo;autres disciplines, id\u00e9e que reprendra bien plus tard Michel Houellebecq dont elle a d\u00e9j\u00e0 le c\u00f4t\u00e9 cynique et d\u00e9sabus\u00e9. Elle fonde \u00e0 cette occasion un mouvement qu&rsquo;elle nomme le sur-id\u00e9alisme pour d\u00e9signer le gisement conceptuel sur lequel il va pouvoir s&rsquo;appuyer.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Elle ne va pas h\u00e9siter, comme Jack London ou Alexandra David-N\u00e9el, \u00e0 se documenter aux sources, allant jusqu&rsquo;\u00e0 passer un mois dans une maison de prostitution pour \u00e9crire son enqu\u00eate Un mois chez les filles et&#8230; \u00e0 se travestir en jeune moine pour Un mois chez les hommes (o\u00f9 elle a, \u00e9crit-elle, refus\u00e9 les avances d&rsquo;un moine du mont Athos)\u2026<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Quelques livres<\/em><\/strong><em> :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1923 : Presque\u2026, quasi-roman. \u00c9diteurs associ\u00e9s ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1927 : La Chirologie. Alcan ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1927 : Impressions de vendangeuse (texte paru en plusieurs fois dans L&rsquo;Intransigeant) ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : Mon c\u0153ur dans une formule (analogie entre la chimie min\u00e9rale et les sentiments) ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : Cahiers surid\u00e9alistes ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : Un mois mannequin ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : Un mois dompteuse dans une m\u00e9nagerie foraine ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1928 : Un mois chez les filles. Montaigne ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1929 : Un mois chez les Hommes. \u00c9ditions de France ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1930 : Delteil tout nu. Montaigne ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1930 : Le Vache \u00e0 l\u2019\u00e2me. \u00c9ditions du Tambourinaire ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : La guerre des sexes (? &#8211; r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1970).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * date : L&rsquo;Amour dans les prisons. Montaigne.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1931 : Quand les b\u00eates sont amoureuses. \u00c9dition des portiques.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1932 : Le veau d&rsquo;or. NRF, Gallimard, coll. \u00ab\u00a0les livres du jour\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1933 : Un mois chez les d\u00e9put\u00e9s (autopastiche).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1943 : Le th\u00e9 des Romanech.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1946 : Contes pour ma fille&#8230; et pour les autres.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1947 : Mes enfances, \u00c9ditions du Mont Blanc, Gen\u00e8ve.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1948 : Yoga et psychanalyse. Mont Blanc.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1948 : L&rsquo;anneau de Polycrate, Psych\u00e9 ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1950 : Psychanalyse et catholicisme, L&rsquo;Arche ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1950 : Qu\u2019est-ce que la psychanalyse ?. L\u2019Arche.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1954 : Probl\u00e8mes sexuels de l&rsquo;adolescence. Montaigne.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1965 : L&rsquo;\u00eatre et le silence, Mont Blanc, 1965<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1966 : Mo\u00efse, Mont Blanc, 1966<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1968 : &#8230;mais la Terre est sacr\u00e9e, Mont Blanc ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1970 : La guerre des sexes, Publications premi\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1971 : Mes enfances, M\u00e9moires (1903-1924), Mont Blanc ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1974 : Potala est dans le ciel, Mont Blanc ;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1974 : Dialogues avec Saintet\u00e9 le Dala\u00ef Lama, Mont Blanc.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> * 1977 : M\u00e9moires. 1925-1939. Sur le chemin de Dieu on rencontre d&rsquo;abord le diable, \u00c9mile Paul.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au premier abord on ne voit pas le rapport entre la psychanalyse et les m\u00e9thodes yoguies. Il est probable que Freud ignorait le Radja yoga. Je dis : \u00ab Il est probable \u00bb. La culture de Freud \u00e9tait immense. Il pouvait fort bien avoir connu quelques proc\u00e9d\u00e9s indiens qui tra\u00eenaient dans l&rsquo;air des biblioth\u00e8ques. Freud avoue lui-m\u00eame sa parent\u00e9 m\u00e9taphysique avec Schopenhauer. Mais le schopenhauerisme \u00e0 son tour, n&rsquo;est-ce pas de l&rsquo;indianisme d\u00e9guis\u00e9 ?&#8230; Malgr\u00e9 les d\u00e9guisements, malgr\u00e9 les d\u00e9viations, quelques \u00e9tincelles du foyer primitif ont survol\u00e9 le temps et l&rsquo;espace. 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