{"id":3590,"date":"2010-06-03T02:42:47","date_gmt":"2010-06-03T01:42:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=3590"},"modified":"2011-10-08T23:49:01","modified_gmt":"2011-10-08T22:49:01","slug":"swami-sivananda-par-guy-despinardes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/","title":{"rendered":"Swami Sivananda par Guy Despinardes"},"content":{"rendered":"<p>(Revue \u00c9nergie Vitale. No 11. Mai-Juin 1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab <em>Le monde est l\u00e0 pour que se joue le destin du Seigneur<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(Texte v\u00e9dique)<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Le d\u00e9veloppement total est Yoga. A moins de faire un effort, vous resterez le m\u00eame homme, m\u00eame dix ans plus tard. Dieu a donn\u00e9 \u00e0 chacun de nombreuses facult\u00e9s. Vous devriez les d\u00e9velopper. Vous devriez \u00eatre capable de pr\u00e9parer aussi des galettes de bl\u00e9. Vous devriez conna\u00eetre la correction d&rsquo;\u00e9preuves d&rsquo;imprimerie et la technique de l&rsquo;impression. Et \u00e9galement la comptabilit\u00e9. Vous devriez pouvoir donner des conf\u00e9rences, donner des cours ; vous devriez d\u00e9velopper toutes les facult\u00e9s cach\u00e9es. Se d\u00e9velopper d&rsquo;un seul c\u00f4t\u00e9 ne tardera pas \u00e0 devenir fastidieux; le d\u00e9veloppement de toutes les facult\u00e9s engendrera la pl\u00e9nitude.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Swami S\u00eev\u00e2nanda<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les premi\u00e8res ann\u00e9es :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Swami Sivananda qui portait le nom civil de Kuppuswami naquit le huit septembre 1887 dans une toute petite cit\u00e9 du sud de l&rsquo;Inde, nomm\u00e9e Pattamadai, dans l&rsquo;\u00e9tat actuel de Tamil Nadu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses parents qui \u00e9taient fort pieux descendaient eux-m\u00eames d&rsquo;une longue lign\u00e9e \u2014 o\u00f9 l&rsquo;on rel\u00e8ve des Saints \u2014 et d&rsquo;\u00e9rudits sanskritistes. Le p\u00e8re \u00e9tait le collecteur d&rsquo;\u00e9tat des imp\u00f4ts et taxes, personnage consid\u00e9rable, assimilable alors \u00e0 un ministre des finances, de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;Ettayapuram. Mais en fait il \u00e9tait beaucoup plus pr\u00e9occup\u00e9 des choses de l&rsquo;esprit que de probl\u00e8mes mat\u00e9riels ; ses mains n&rsquo;avaient m\u00eame jamais manipul\u00e9 de l&rsquo;argent et il confiait cette op\u00e9ration \u00e0 son \u00e9pouse. Les gens le r\u00e9v\u00e9raient en tant que \u00ab mahan \u00bb, grande \u00e2me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans cette atmosph\u00e8re de pi\u00e9t\u00e9 et de bont\u00e9, dans le cadre bucolique d&rsquo;une paisible rivi\u00e8re, bord\u00e9e de fleurs chatoyantes, d&rsquo;arbres au feuillage verniss\u00e9 ou pigment\u00e9s de fleurs \u00e9clatantes, de p\u00e2turages g\u00e9n\u00e9reux o\u00f9 paissait le b\u00e9tail, que le futur Ma\u00eetre de Yoga grandit et se d\u00e9veloppa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il grandissait d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s vite, \u00e0 l&rsquo;image de cette race des Malabars dont il \u00e9tait issu, et d\u00e9j\u00e0 sur son corps d&rsquo;enfant se profilait une stature imposante. Ses \u00e9tudes primaires puis secondaires furent brillantes ; chaque ann\u00e9e la distribution des prix \u00e9tait pour lui l&rsquo;occasion d&rsquo;occuper la plus haute marche sur le podium et ainsi les rayons de sa biblioth\u00e8que se garnirent rapidement. Une ann\u00e9e il re\u00e7ut une \u00e9dition abr\u00e9g\u00e9e des \u0153uvres de Shakespeare et il se mit \u00e0 les apprendre par c\u0153ur dans le mois qui suivit. Il enchanta le gouverneur anglais de Madras venu visiter son coll\u00e8ge, tout comme il suscita plus tard \u00e0 l&rsquo;ashram l&rsquo;admiration de nombreux visiteurs par sa parfaite connaissance du grand po\u00e8te anglais. Le Raja d&rsquo;Ettayapuram, intrigu\u00e9 par les compliments qu&rsquo;on ne cessait de lui faire, sur le jeune Kuppuswami, lui t\u00e9moigna une grande affection et l&rsquo;aida dans l&rsquo;accomplissement de ses \u00e9tudes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l&rsquo;obtention du dipl\u00f4me de \u00ab matriculation \u00bb (qui comme le baccalaur\u00e9at marque la fin du cycle secondaire) on retrouve le jeune homme \u00e0 Tiruchirappali \u00e0 la \u00ab Society for the Propagation of the Gospel \u00bb, institution de grande renomm\u00e9e dans le sud de l&rsquo;Inde et dirig\u00e9e par des p\u00e8res j\u00e9suites, ce qui peut expliquer, par la suite, les tr\u00e8s nombreuses r\u00e9f\u00e9rences de Sivananda au christianisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1905, apr\u00e8s avoir satisfait aux \u00e9tudes pr\u00e9paratoires, il entra \u00e0 l&rsquo;Institut M\u00e9dical de Tanjore qui correspondait alors \u00e0 une Facult\u00e9 de M\u00e9decine. Il avait soudainement fix\u00e9 son choix sur cette carri\u00e8re parce qu&rsquo;il lui semblait que c&rsquo;\u00e9tait par elle qu&rsquo;il pouvait le mieux assumer son br\u00fblant d\u00e9sir de venir en aide \u00e0 son prochain, et Dieu sait si l&rsquo;Inde regorge de gens \u00e0 soigner. Il se jeta de toutes ses forces dans cette nouvelle phase d&rsquo;\u00e9tudes, transportant constamment sur lui un livre et un carnet de notes sur lequel il consignait toutes les remarques que saisissait son esprit en \u00e9veil permanent. Vivant pleinement son apprentissage de la m\u00e9decine il passait ses jours de cong\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital aidant aux soins et \u00e9tudiant de nouveaux cas sous le regard protecteur des m\u00e9decins de l&rsquo;\u00e9tablissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il en \u00e9tait \u00e0 la moiti\u00e9 de sa m\u00e9decine lorsque son p\u00e8re mourut et sa m\u00e8re tomba gravement malade. Comme il y avait encore deux autres enfants \u00e0 la maison, la poursuite d&rsquo;\u00e9tudes aussi longues et co\u00fbteuses s&rsquo;av\u00e9rait tout \u00e0 coup impossible. On proposa alors au jeune homme d&rsquo;apprendre un autre m\u00e9tier qui lui permettrait des gains presqu&rsquo;imm\u00e9diats. Mais il voulait \u00eatre m\u00e9decin pour gu\u00e9rir les \u00e2mes et les corps, alors il s&rsquo;obstina, se prit \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et trouva finalement une solution qui ne manquait ni d&rsquo;audace, ni d&rsquo;originalit\u00e9. Avec 100 roupies emprunt\u00e9es pour assumer les frais de lancement, il fonda tout bonnement un journal m\u00e9dical qu&rsquo;il intitula \u00ab AMBROISIE \u00bb (Ambrosia en anglais). La premi\u00e8re parution e\u00fbt lieu en 1909 sous la forme d&rsquo;un mensuel de 32 pages, dans lesquelles il traitait de la sant\u00e9, de l&rsquo;hygi\u00e8ne, de la di\u00e9t\u00e9tique, de m\u00e9decines traditionnelles telle l&rsquo;\u00ab ayurv\u00e9dique \u00bb et modernes comme l&rsquo;hom\u00e9opathie. Ce journal, pr\u00e9curseur de nos actuelles revues m\u00e9dicales, conn\u00fbt un rapide succ\u00e8s et comme Kuppuswami ne pouvait se permettre de r\u00e9mun\u00e9rer des m\u00e9decins et auteurs en renom, il r\u00e9digeait tout par lui-m\u00eame en signant de divers pseudonymes&#8230; Ainsi \u00e9diteur, r\u00e9dacteur et exp\u00e9diteur du journal, il ne s&rsquo;enrichit pas cependant de ses ventes, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il distribuait gratuitement un grand nombre d&rsquo;exemplaires aux pauvres gens qui ne pouvaient pas l&rsquo;acheter. Il p\u00fbt tout juste achever ses \u00e9tudes gr\u00e2ce \u00e0 cette id\u00e9e g\u00e9niale certes mais mat\u00e9riellement improductive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il obtint son premier emploi chez deux pharmaciens associ\u00e9s de Madras dont il g\u00e9rait pratiquement \u00e0 lui seul l&rsquo;officine en tenant les comptes, examinant les malades et dispensant les m\u00e9dicaments. Mais en 1913 les pharmaciens s&rsquo;\u00e9tant s\u00e9par\u00e9s, le Dr Kuppuswami d\u00e9cida qu&rsquo;il lui fallait entrer hardiment dans le \u00ab vif de son sujet \u00bb et pratiquer la m\u00e9decine intensivement, \u00e0 la mesure de son in\u00e9puisable vitalit\u00e9. Il s&#8217;embarqua r\u00e9solument pour l&rsquo;Indon\u00e9sie o\u00f9 il comptait un ami de sa famille mais dont il ne conservait qu&rsquo;une vague adresse. La travers\u00e9e f\u00fbt agit\u00e9e et il dut prodiguer ses soins aux passagers incommod\u00e9s. Lorsqu&rsquo;il enjamba enfin la passerelle, \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e, il pr\u00e9senta, du haut de sa haute silhouette, aux Malaisiens qui ne le connaissaient ni ne l&rsquo;attendaient, son ins\u00e9parable passeport : un large et irr\u00e9sistible sourire&#8230; D\u00e9j\u00e0 le m\u00e9decin prend le pas sur le nouvel arrivant et sans perdre un moment il fonce en direction de l&rsquo;h\u00f4pital, comme une m\u00e8re tendre et vigilante accourt aupr\u00e8s du nouveau-n\u00e9 qu&rsquo;elle entend crier. Swami Sivananda, nous a lui-m\u00eame relat\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ashram, cette premi\u00e8re prise de contact du Dr Kuppuswami avec la vie du milieu hospitalier :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le m\u00e9decin chef que je d\u00e9sirais rencontrer n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. J&rsquo;avais faim, la nourriture \u00e0 laquelle je n&rsquo;\u00e9tais pas habitu\u00e9 \u00e0 bord, m&rsquo;avait d\u00e9clench\u00e9 une terrible dysenterie et j&rsquo;errai dans la ville, ne sachant trop o\u00f9 je pourrais trouver \u00e0 manger. J&rsquo;avisai un Malabar qui me conseilla de me rendre dans un temple et d&rsquo;y prendre quelque caill\u00e9 et du riz. Mais les pr\u00eatres du temple n&rsquo;\u00e9taient pas aussi hospitaliers que le laissait entendre mon Malabar ! Je r\u00e9ussis cependant \u00e0 trouver quelque nourriture qui me rafra\u00eechit agr\u00e9ablement puis je pris un billet pour me rendre dans le district du Caoutchouc au domicile du m\u00e9decin chef de l&rsquo;h\u00f4pital car je m&rsquo;\u00e9tais engag\u00e9 \u00e0 ne prendre aucun repos tant que je n&rsquo;aurais pas rencontr\u00e9 l&rsquo;homme dont j&rsquo;avais besoin. Je le tins enfin et par chance il avait justement besoin d&rsquo;un m\u00e9decin. Il me demanda : \u00ab Pourriez-vous assurer seul la direction d&rsquo;un h\u00f4pital ? \u00bb. Je r\u00e9torquai : \u00ab \u2014 Je peux m\u00eame en diriger trois s&rsquo;il le faut \u00bb. Le dynamique m\u00e9decin ne croyait pas si bien dire car il finira effectivement par assumer la responsabilit\u00e9 de trois d\u00e9partements diff\u00e9rents. Il allait finalement demeurer dix ans \u00e0 Kuala Lumpur pour y exercer son apostolat de m\u00e9decin des pauvres. Il y avait en effet beaucoup de pauvres ouvriers dans les plantations de caoutchouc ou d&rsquo;hommes de peine employ\u00e9s aux rudes travaux du port. Ces infortun\u00e9s, ainsi que leur famille, souffraient de malnutrition, de conditions de travail et d&rsquo;habitat d\u00e9plorables et constituaient des proies faciles pour les maladies. Le Dr Kuppuswami les soignait avec amour et compassion, dans des conditions cliniques qui n&rsquo;\u00e9taient pas toujours tr\u00e8s confortables. Aussi lui arrivait-il de diriger des malades gravement atteints sur un \u00e9tablissement sp\u00e9cialis\u00e9, leur assurant le transport, s&rsquo;occupant de toutes les formalit\u00e9s d&rsquo;admission, puis continuait \u00e0 prendre de leurs nouvelles. Il ne pouvait se contenter d&rsquo;appliquer un traitement en fonction de diagnostic, il lui fallait humaniser sa m\u00e9decine en gagnant la confiance et l&rsquo;amiti\u00e9 de ses patients. Ce n&rsquo;est pas seulement \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital que Kuppuswami pratiquait la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, son domicile \u00e9tait ouvert \u00e0 tous, il en avait fait une sorte de maison d&rsquo;accueil o\u00f9 venaient se r\u00e9fugier les nouveaux arrivants du continent indien, sans g\u00eete, sans travail et sans argent, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la condition que lui-m\u00eame avait connue autrefois. Il les traitait en h\u00f4tes estim\u00e9s et leur cherchait lui-m\u00eame du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes il connut de grandes joies durant cette phase de sa vie professionnelle de m\u00e9decin ; il trouvait encore le temps de pratiquer le sport, d&rsquo;\u00e9crire des ouvrages sur la m\u00e9decine et l&rsquo;hygi\u00e8ne, de devenir Membre de l&rsquo;Institut Royal de la Sant\u00e9 Publique de Londres, membre de la Soci\u00e9t\u00e9 Asiatique&#8230; Mais il y connut aussi des peines cruelles en perdant sa femme et son enfant du terrible typhus. Il augmenta encore ses charges de travail s&rsquo;adonnant de plus en plus \u00e0 la pri\u00e8re, \u00e0 la M\u00e9ditation ; il rechercha la compagnie des sages avec la m\u00eame avidit\u00e9 qu&rsquo;il avait manifest\u00e9e pour celle des pauvres. Puis un jour il d\u00e9cida d&rsquo;aller faire un long p\u00e8lerinage, un de ces p\u00e8lerinages en dehors de toute notion de temps et de distance, o\u00f9 le p\u00e8lerin \u2014 ce fou de Dieu \u2014 inclut autant de lieux sacr\u00e9s que son organisme et sa vision mystique peuvent en supporter&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">De retour dans son village natal le Dr Kuppuswami c\u00e9da tout d&rsquo;abord \u00e0 la joie de retrouver ses amis et sa famille \u00e0 laquelle il apportait de l&rsquo;argent et de nombreux objets mais il comprit tr\u00e8s vite que le dialogue \u00e0 peine renou\u00e9 touchait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 sa conclusion et de la gare voisine o\u00f9 il \u00e9tait all\u00e9 s&rsquo;enqu\u00e9rir de l&rsquo;arriv\u00e9e de colis exp\u00e9di\u00e9s depuis la Malaisie, il d\u00e9cida de monter vers le nord avec la m\u00eame fulgurance qu&rsquo;il avait d\u00e9cid\u00e9, dix ans plus t\u00f4t, de cingler vers les mers du sud. Le nord c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;abord B\u00e9nar\u00e8s, l&rsquo;antique Kashi, cit\u00e9 sainte entre toutes celles de l&rsquo;Inde mill\u00e9naire, que le Gange purifie et que les invocations sacr\u00e9es de ses fid\u00e8les rendent ch\u00e8re aux dieux qui lui \u00e9pargnent l&rsquo;oubli du temps dans les affres de la mort des civilisations&#8230; Qui reconnaitrait l&rsquo;\u00e9l\u00e9gant gentleman de Malaisie, \u00e0 la taille bien prise dans des costumes de bonne coupe, \u00e0 la prestance soulign\u00e9e d&rsquo;un large n\u0153ud papillon, d&rsquo;une fleur \u00e9panouie \u00e0 la boutonni\u00e8re, de bagues joliment ouvr\u00e9es, dans cet asc\u00e8te imberbe, l&rsquo;humble \u00ab dhoti \u00bb traditionnel serr\u00e9 \u00e0 la taille, portant encore gauchement son vase \u00e0 ablutions et \u00e0 mendicit\u00e9 ? Il est l\u00e0 parmi ses fr\u00e8res \u00ab s\u00e2dhus \u00bb frissonnant dans le petit matin, le visage un instant illumin\u00e9 par le rougeoiement des b\u00fbchers fun\u00e9raires que l&rsquo;on attise, en les rechargeant de bois et en y faisant couler quelques onces de beurre fondu. Une main charitable a entour\u00e9 ses larges \u00e9paules d&rsquo;une mince couverture, prot\u00e9geant ce corps dont il vient de faire le don, afin de mieux assurer la Paix de son mental plong\u00e9 dans la M\u00e9ditation profonde, \u00e0 la recherche de sa Divine Origine. S&rsquo;est-il seulement rendu compte qu&rsquo;il venait de recevoir sa premi\u00e8re aum\u00f4ne de renon\u00e7ant ? C&rsquo;est peu probable car son esprit est d\u00e9j\u00e0 loin, au-del\u00e0 de la multitude de temples sacr\u00e9s qui r\u00e9percutent, dans une quincaphonie de sons de cloches et de conques, l&rsquo;appel \u00e0 la pri\u00e8re et \u00e0 l&rsquo;envol des \u00e2mes vers \u00ab Moksha \u00bb, la supr\u00eame et d\u00e9finitive d\u00e9livrance, tandis que les enveloppes charnelles se consument et que leurs cendres se perdent dans le lit du fleuve&#8230;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rishikesh ou la terre promise<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est bien long l&rsquo;itin\u00e9raire de p\u00e8lerinage que l&rsquo;inconscient du S\u00e2dhu Kuppuswami a trac\u00e9 \u00e0 travers les routes infinies de l&rsquo;Inde du Nord. A combien de portes a-t-il frapp\u00e9, lui, qui respectueux de la r\u00e8gle d\u00e9s moines errants ne devait jamais prendre de nourriture \u00e0 la m\u00eame main plus de trois jours d&rsquo;affil\u00e9s ? A-t-il su, en cette chaude journ\u00e9e de mai 1924, alors que quittant Hardw?r, premi\u00e8re grande cit\u00e9 sainte de la vall\u00e9e du Gange, et tandis qu&rsquo;il s&rsquo;engageait sur une mauvaise route qui s&rsquo;essoufflait \u00e0 se frayer sa voie au milieu de la jungle envahissante, qu&rsquo;il en avait enfin bient\u00f4t fini de ce cheminement \u00e9puisant et sans espoir de halte ? A la mi-journ\u00e9e il s&rsquo;assit au pied d&rsquo;un arbre et se mit en contemplation ; une \u00ab tonga \u00bb, petite voiturette tir\u00e9e par un cheval survint et l&rsquo;inonda d&rsquo;un nuage de cette impalpable mais envahissante poussi\u00e8re des terres arides. Lorsque la clart\u00e9 se fit \u00e0 nouveau l&rsquo;asc\u00e8te en ouvrant les yeux aper\u00e7ut une pi\u00e8ce de cinq roupies qui brillait \u00e0 ses pieds ; il sourit doucement mais ne la ramassa pas car si son esprit voguait d\u00e9j\u00e0 vers les cimes \u00e9th\u00e9r\u00e9es de la vie spirituelle, son \u00ab moi \u00bb n&rsquo;\u00e9tait pas encore tout \u00e0 fait entr\u00e9 dans la peau de son nouveau personnage de moine errant. Il atteign\u00eet les premi\u00e8res maisons d&rsquo;une petite ville toute ramass\u00e9e dans l&rsquo;amorce d&rsquo;une boucle du Gange comme le soleil d\u00e9clinait sur le fa\u00eete des montagnes voisines. A une \u00e9chancrure, au tournant de la route, il put apercevoir le fleuve, maigre en cette p\u00e9riode de s\u00e9cheresse, qui se coulait p\u00e9niblement entre les rochers, d\u00e9couvrant son flanc rocailleux. Comme il se sentait loin des eaux profondes et sombres de B\u00e9nar\u00e8s. Une vaste v\u00e9randa o\u00f9 clignotaient des flammes vacillantes de lumignons attira son regard. On y devinait des silhouettes immobiles qui se tenaient au ras du sol ; bient\u00f4t, tandis qu&rsquo;il approchait, des chants se firent distincts et l&rsquo;oreille d\u00e9j\u00e0 experte du moine-m\u00e9decin les identifia avec ravissement : des s\u00e2dhus \u00e9taient en train de glorifier Ganesha, le dieu le plus populaire de l&rsquo;Inde avec une t\u00eate d&rsquo;\u00e9l\u00e9phant et un corps d&rsquo;homme \u2014 tout cela parce que Shiva, grand Ma\u00eetre des Yogins, impatient de retrouver son \u00e9pouse, la d\u00e9licieuse Parvati, n&rsquo;avait pas su reconna\u00eetre en ce gardien vigilant de la chastet\u00e9 de la d\u00e9esse, son fils Ganesha. Alors pour \u00e9carter ce cerb\u00e8re importun il lui avait tout simplement tranch\u00e9 la t\u00eate. Pour r\u00e9parer sa funeste imp\u00e9tuosit\u00e9 il n&rsquo;e\u00fbt d&rsquo;autre id\u00e9e que d&rsquo;ordonner qu&rsquo;on aille dans la for\u00eat couper la t\u00eate au premier \u00eatre vivant qui se pr\u00e9senterait afin qu&rsquo;il la fixe solidement sur le corps d\u00e9capit\u00e9 de son fils. Malheureusement en ce temps l\u00e0, dans les for\u00eats terrestres, les \u00e9l\u00e9phants \u00e9taient beaucoup plus nombreux que les humains&#8230; \u2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Kuppuswami s&rsquo;\u00e9tait humblement prostern\u00e9 le visage au sol comme pour demander la permission de prendre place dans cette assembl\u00e9e de sages ou \u00ab satsang \u00bb dont il perp\u00e9tuera le souvenir d\u00e9sormais chaque soir et chaque matin. Ombre parmi les ombres, il se sent tout \u00e0 la fois plus dense que la mati\u00e8re et plus all\u00e9g\u00e9 que l&rsquo;air. Transcendant les illusions de la vie terrestre il prend tout \u00e0 coup conscience qu&rsquo;il EST ce principe immuable de la vie omnipotente, omnisciente, omnipr\u00e9sente, qu&rsquo;il apprendra \u00e0 reconna\u00eetre d\u00e9sormais dans le terme de \u00ab satchidananda \u00bb. O nuit merveilleuse qui lui r\u00e9v\u00e9la \u00e0 jamais la puissance insondable de l&rsquo;Esprit Divin qui parcourt son \u00eatre tout abandonn\u00e9 et ouvert comme un canal aux vaisseaux c\u00e9lestes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain dans la lueur incertaine du petit jour, Kuppuswami d\u00e9couvre tout pr\u00e8s de lui le visage illumin\u00e9 et serein d&rsquo;un vieil homme, resplendissant de vie et d&rsquo;humilit\u00e9 dans son humble v\u00eatement monacal ocre. Au dedans de lui brille le feu de la connaissance et le c\u0153ur de Kuppuswami s&rsquo;\u00e9panouit comme une fleur d\u00e9licatement contenue, apr\u00e8s l&rsquo;ond\u00e9e, se montre au soleil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">O comble de joie, le saint homme accorde \u00e0 Kuppuswami son \u00ab darshan \u00bb en lui permettant de le contempler et de l&rsquo;interroger : \u00ab \u2014 O v\u00e9n\u00e9rable Maharaj o\u00f9 suis-je donc ? Ai-je quitt\u00e9 mon corps pour me poser dans la demeure du grand Shiva ? Ma position \u00e0 Ton Pied de Lotus Sacr\u00e9 me le fait croire ! \u00bb. Le vieux sage r\u00e9pondit doucement en plongeant avec fermet\u00e9 son regard d&rsquo;asc\u00e8te dans les yeux \u00e9merveill\u00e9s de Kuppuswami : \u00ab \u2014 Non mon fils ce temps de la d\u00e9livrance n&rsquo;est pas encore venu pour toi et ne t&rsquo;en d\u00e9plaise je t&rsquo;y pr\u00e9c\u00e9derai. Tu es simplement \u00e0 Rishikesh, parmi d&rsquo;autres Saddhus comme toi. A observer l&rsquo;\u00e9tat de tes v\u00eatements et les blessures de tes pieds, je vois que tu viens de loin. Je t&rsquo;ai \u00ab \u00e9cout\u00e9 \u00bb m\u00e9diter cette nuit et j&rsquo;ai per\u00e7u dans ton c\u0153ur les nobles paroles suivantes : \u00ab Oui je suis venu vers Toi, Seigneur, et je suis Ta chose. Prends-moi \u00e0 ton service, et fait de moi ce qu&rsquo;il Te plaira. Seule m&rsquo;importe l&rsquo;action et non le fruit qu&rsquo;elle porte. Ce fruit est \u00e0 Toi seul. Ma seule joie est d&rsquo;\u00eatre comme la feuille s\u00e8che au souffle du vent de Ta volont\u00e9. Je suis \u00e0 Toi, tout est \u00e0 Toi en moi, Seigneur, que Ta volont\u00e9 s&rsquo;accomplisse \u00e0 travers ce corps et cet esprit ! \u00bb. Puis en ouvrant les yeux j&rsquo;ai relev\u00e9 des signes sur ton front qui indiquent clairement que tu ne tarderas pas \u00e0 devenir un instrument perfectionn\u00e9 dans les mains du Seigneur pour r\u00e9pandre son message sur cette terre. Ai-je tort de conclure que tu as d\u00e9finitivement renonc\u00e9 au monde et que tu t&rsquo;appr\u00eates \u00e0 assumer d&rsquo;une fa\u00e7on permanente la vie de moine ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les paroles du vieillard venaient de sceller le destin de Kuppuswami ; d\u00e8s ce moment il s\u00fbt qu&rsquo;il avait rencontr\u00e9 son Ma\u00eetre spirituel en la personne de Swami Viswananda Sarasvati et qu&rsquo;il avait atteint le lieu d\u00e9finitif de son p\u00e8lerinage \u00e0 Rishikesh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques jours plus tard le premier juin 1924, le Dr Kuppuswami entre dans l&rsquo;ordre glorieux des Sannyasins, r\u00e9form\u00e9 par l&rsquo;immortel Shankaracharya, et s&rsquo;efface devant le Swami Sivananda Sarasvati ! Le nom de Sivananda Saraswati \u2014 puisque c&rsquo;est ainsi d\u00e9sormais qu&rsquo;il faut le nommer \u2014 a pour sens : atteindre \u00e0 la F\u00e9licit\u00e9 supr\u00eame ou \u00ab Ananda \u00bb \u00e0 travers Shiva et entrer en harmonie avec la nature ou Prakriti, dans son immensit\u00e9 cosmique. Nous touchons d\u00e9sormais \u00e0 la seconde partie de la vie de Sivananda et bien que d\u00e8s son origine cette vie fut dirig\u00e9e sur une absence d&rsquo;attachement et de d\u00e9sirs, elle n&rsquo;aura plus d\u00e8s lors qu&rsquo;un seul et unique but : r\u00e9aliser le Divin dans chacune de ses actions.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(\u00e0 suivre)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">(Revue \u00c9nergie Vital. No 12. Juillet-Ao\u00fbt 1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(suite)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le \u00ab sannyasa \u00bb ou renoncement de Swami Sivananda \u00e9tait du type \u00ab jnana \u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire con\u00e7u dans la connaissance intuitive approfondie. Par une minutieuse observation, il avait r\u00e9alis\u00e9 l&rsquo;utopie de chercher un bonheur total dans les choses du monde et la vanit\u00e9 illusoire de s&rsquo;attacher \u00e0 un nom, \u00e0 une position sociale, une renomm\u00e9e. Y aurait-il souscrit, pour combien de temps l&rsquo;aurait-il observ\u00e9 ? \u00ab Le monde est l\u00e0 pour que se joue le spectacle du Seigneur \u00bb, enseigne le Vedanta. Tous les \u00eatres n&rsquo;en sont que les acteurs, et le Seigneur distribue \u00e0 chacun le r\u00f4le qui lui convient. Combien peu, lorsqu&rsquo;ils ont le vent en poupe, r\u00e9alisent qu&rsquo;ils doivent au Cr\u00e9ateur ce bonheur dont ils jouissent, et qui leur est envoy\u00e9 pour t\u00e9moigner de Son existence ou pour tester leur amour envers Lui, le Ma\u00eetre de la Vie ! Lorsque ceux qui furent combl\u00e9s se mettent, dans leur enivrement, \u00e0 l&rsquo;oublier, alors il les frappe \u00e0 la t\u00eate et leur envoie la mis\u00e8re pour les r\u00e9veiller \u00e0 Son souvenir. Aussi, ce n&rsquo;est pas en recevant le bonheur que l&rsquo;on r\u00e9pond le mieux \u00e0 la gratitude du Seigneur : c&rsquo;est en se sacrifiant \u00e0 Son service&#8230; Et c&rsquo;est exactement ce que fit Sivananda au cours de sa vie si riche en enseignements. La prosp\u00e9rit\u00e9 ne lui a jamais tourn\u00e9 la t\u00eate. Son \u0153il per\u00e7ant a su d\u00e9couvrir tr\u00e8s t\u00f4t la main qui est derri\u00e8re toute chose en ce monde : il est alors tomb\u00e9 \u00e0 genoux devant le Seigneur de la Vie, et s&rsquo;est donn\u00e9 totalement et d\u00e9finitivement \u00e0 Lui en ce lieu sacr\u00e9 de Rishikesh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A Rishikesh, en ce temps l\u00e0, la vie paraissait douce \u00e0 l&rsquo;observation du voyageur : humains, animaux et plantes semblent contenir au plus profond de leur \u00eatre la parole de v\u00e9rit\u00e9 : SIVOHAM ! SIVOHAM ! \u00ab Je suis le Soi b\u00e9ni ! \u00bb. Tous portent naturellement en eux, les qualit\u00e9s physiques et mentales du contr\u00f4le de soi, de l&rsquo;amour du prochain, de la charit\u00e9. Tous vivent en bonne harmonie. Ici, le Gange sacr\u00e9, charriant ses alluvions, creusant son lit lentement mais s\u00fbrement, s&rsquo;\u00e9coule dans un vaste mouvement de p\u00e9rennit\u00e9 comme le temps qui l&rsquo;entra\u00eene. Ses larges rives ensabl\u00e9es et les belles for\u00eats qui l&rsquo;\u00e9treignent au nord et vers l&rsquo;est invitent ostensiblement les chercheurs de la V\u00e9rit\u00e9 \u00e0 y demeurer seuls avec le Divin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le m\u00e9rite profond de ces grandes for\u00eats o\u00f9 se tisse la solitude est d&rsquo;intensifier la vie sensitive des \u00eatres, en d\u00e9veloppant l&rsquo;amour physique chez les animaux et la d\u00e9votion chez l&rsquo;homme. Cette atmosph\u00e8re aide \u00e0 la concentration puis \u00e0 la plong\u00e9e dans la M\u00e9ditation. Si la puret\u00e9 du mental est essentielle \u00e0 la r\u00e9alisation de Dieu, la d\u00e9votion au Gange en est une aide puissante ; elle doit \u00eatre l&rsquo;objet de tous les chercheurs sinc\u00e8res venus dans ces lieux. Chanter des hymnes d\u00e9votionnels et adorer la m\u00e8re Gange, se baigner dans son cours et boire son eau, voil\u00e0 les moyens les plus s\u00fbrs de purifier son c\u0153ur&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces moyens l\u00e0 Swami Sivananda les utilisa \u00e0 fond, tandis qu&rsquo;il s\u00e9journait \u00e0 Swargahsram, l&rsquo;une des plus grandes communaut\u00e9s monacales de Rishikesh alors. Il en abusa peut-\u00eatre car souvent le lever du jour le surprenait dans l&rsquo;eau jusqu&rsquo;aux \u00e9paules, priant et m\u00e9ditant, les mains \u00e9lev\u00e9es en offrandes de soi. Il lui arrivera aussi, lorsque sa renomm\u00e9e de sage drainera la foule vers lui, de s&rsquo;enfoncer, en plein jour alors que le soleil est \u00e0 son z\u00e9nith, dans le lit du fleuve, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ait encore pied, afin de ne pas rompre son dialogue avec le Divin. Cette attitude donne la mesure de l&rsquo;asc\u00e8se de Sivananda qui f\u00fbt des plus rudes. Refusant toute mansu\u00e9tude pour ce corps dont il voulait faire une urne du Divin, il se contentera souvent de pain sec qu&rsquo;il trempait alors dans l&rsquo;eau du Gange pour le transformer en la plus \u00ab pure des hosties \u00bb. Par contre tout ce qu&rsquo;il pouvait obtenir comme \u00ab douceurs \u00bb, sous la forme de soupe, de caill\u00e9, de riz, il le r\u00e9servait pour les moines \u00e2g\u00e9s, dont l&rsquo;estomac et l&rsquo;intestin se d\u00e9labraient. Une touchante mais na\u00efve conception, qui a toujours cours en occident, veut que tout Yogin connaisse une long\u00e9vit\u00e9 exemplaire et sans d\u00e9faillance, hors de l&rsquo;atteinte des maux physiques. Cela est vrai, pour certains dot\u00e9s d&rsquo;une solide nature biologique ou encore assez \u00e9gocentristes pour prot\u00e9ger ce corps, mais c&rsquo;est aussi ignorer la rudesse climatique et sa violente agressivit\u00e9 contre l&rsquo;organisme ; \u00e0 ceci il faut ajouter l&rsquo;alimentation d\u00e9ficiente, les longues expositions dans une nature hostile, les nuits pass\u00e9es dans le froid et le vent&#8230; Si bien que Swami Sivananda e\u00fbt tout le loisir d&rsquo;exercer l&rsquo;art m\u00e9dical du Dr Kuppuswami ! Il cr\u00e9a un dispensaire de fortune, qu\u00e9mandant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 les m\u00e9dicaments qui lui \u00e9taient n\u00e9cessaires pour prodiguer des soins non seulement aux habitants du pays mais aussi aux moines, saddhus et \u00e0 la cohorte des p\u00e8lerins vers les sources du Gange dont c&rsquo;\u00e9tait le passage obligatoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sivanandashram<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1934, soit dix ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Rishikesh, Swami Sivananda sera amen\u00e9 \u00e0 quitter Swargahsram, l\u00e0 o\u00f9 Mircea Elliade l&rsquo;avait d\u00e9couvert vers 1930, en raison du nombre croissant de ses admirateurs qui le pressaient de les accepter pour disciples. C&rsquo;est un peu contraint par cette vox populi qu&rsquo;il traversa le Gange pour s&rsquo;installer sur la rive oppos\u00e9e dans une \u00e9table \u00e0 vaches&#8230; Il n&rsquo;accepta d&rsquo;abord que quatre disciples pour vivre \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, plus le vieux berger qui les avait accueillis. Le minuscule Ashram des origines, qui portait le nom de Ramashram, progressait lentement mais les conditions d&rsquo;hygi\u00e8ne s&rsquo;y am\u00e9lior\u00e8rent notablement. C&rsquo;est l\u00e0 que Lanza del Vasto, redescendant de son p\u00e8lerinage aux sources, tr\u00e8s affaibli physiquement, prit refuge quelque temps vers 1936.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis les choses all\u00e8rent tr\u00e8s vite lorsque Sivananda donna enfin le feu vert de l&rsquo;expansion, tant attendu de ses disciples et visiteurs de plus en plus nombreux. Les constructions se multipli\u00e8rent, pas toujours avec bonheur il faut bien en convenir, si bien que celui qui d\u00e9barque aujourd&rsquo;hui \u00e0 Muni-ki-reti, aux portes de la cit\u00e9 de Sivananda, en contemplant de chaque c\u00f4t\u00e9 de la route des Himalayas, ces innombrables b\u00e2timents bariol\u00e9s d&rsquo;ocre se demande dans son imaginatif effort de compr\u00e9hension, s&rsquo;il ne se trouve pas au centre d&rsquo;un gigantesque navire \u00e9chou\u00e9 sur cette rive du Gange et ancr\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 terrestre !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Montons \u00e0 bord pour explorer le navire du Yoga. Cela commence tout en bas, \u00e0 ras du Gange, avec les escaliers monumentaux, ou Ghats, d\u00e9grad\u00e9s en terrasses ou il fait bon s&rsquo;isoler du monde, dans la paix du fleuve ; c&rsquo;est l\u00e0 que se tinrent les manifestations les plus intimes de la vie de l&rsquo;Ashram, telles les cr\u00e9mations des serviteurs de la communaut\u00e9. Puis on trouve les anciennes cuisines et attenant, le hall des origines o\u00f9 se d\u00e9roulaient les Satsangs du matin et du soir. Tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 le bureau de poste cr\u00e9\u00e9 et inaugur\u00e9 par Sivananda pour permettre d&rsquo;acheminer le volumineux courrier et aussi les livres. Swamiji nous a souvent expliqu\u00e9 le plaisir qu&rsquo;il prenait \u00e0 aller poster lui-m\u00eame les lettres qu&rsquo;il \u00e9crivait, c&rsquo;est un peu comme s&rsquo;il portait la lettre \u00e0 l&rsquo;ami, au disciple et qu&rsquo;il lui transmettait le message de vive voix. Au-dessus de ces \u00e9difices, la biblioth\u00e8que et la salle des exp\u00e9ditions ainsi que la salle de ventes et d&rsquo;exposition des livres. \u00ab Mon royaume c\u00e9leste \u00bb aimait \u00e0 dire Sivananda, tandis qu&rsquo;il caressait du regard tous ces ouvrages qu&rsquo;il ne revendiquait pas comme \u00ab siens \u00bb bien qu&rsquo;il les sign\u00e2t, mais comme inspir\u00e9s du Divin, sa main n&rsquo;\u00e9tant que l&rsquo;instrument de la r\u00e9daction. Il n&rsquo;\u00e9crivit jamais pour \u00e9crire mais pour enseigner, et de fait c&rsquo;est sa parole chaude, affectueuse et puissante que l&rsquo;on retrouve \u00e0 chaque ligne et non son intellect. Il ne craint pas de se r\u00e9p\u00e9ter car \u00ab le savoir \u00bb, disait-il, \u00ab entre en nous \u00e0 coups de redites \u00bb. On ne sait plus tr\u00e8s bien combien il r\u00e9digea de livres et brochures, certainement plus de deux cents. Il y travaillait tard dans la nuit, \u00e0 la lueur d&rsquo;une bougie, et t\u00f4t le matin, au petit jour, et puis aussi chaque fois qu&rsquo;il disposait d&rsquo;un instant. Peu d&rsquo;hommes ont d\u00e9ploy\u00e9 une activit\u00e9 aussi soutenue que la sienne, jamais de temps mort, toujours une utilisation positive de chaque instant de sa vie. D&rsquo;ailleurs il dormait fort peu : la m\u00e9ditation et le pranayama l&rsquo;en dispensaient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En face de la biblioth\u00e8que, une autre des \u0153uvres majeures de Sivananda, le dispensaire. C&rsquo;est l\u00e0 que durant de longues ann\u00e9es il continua d&rsquo;exercer la vocation qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait donn\u00e9e: le b\u00e9n\u00e9volat de la m\u00e9decine. Nombreux furent ceux qui vinrent \u00e0 la consultation abattus, souffrants, mis\u00e9rables et qui repartirent confiants, esp\u00e9rant, soulag\u00e9s, avec la conviction d&rsquo;avoir rencontr\u00e9, sous les traits d&rsquo;un homme, un messager de Dieu. Juste en face, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une ruelle se dresse l&rsquo;h\u00f4pital chirurgical des yeux, la pi\u00e8ce monumentale de l&rsquo;Ashram. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il savait qu&rsquo;il y avait tant de maladies ophtalmologiques et rien pour les soigner dans cette r\u00e9gion excentr\u00e9e que Swami Sivananda accepta l&rsquo;opulente g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de quelques disciples qui permit de construire cet incomparable outil de travail clinique. Il s\u00fbt susciter la vocation spirituelle et la volont\u00e9 du renoncement au monde chez sa disciple Ma Swami Hridayananda, (Mataji) chirurgien de Madras, dont le talent f\u00fbt mis au service de tous ces pauvres gens qui se pressaient dans le hall de l&rsquo;h\u00f4pital pour un Satsang inspir\u00e9, pr\u00e9ludant aux soins et aux actes chirurgicaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&rsquo;avons encore parl\u00e9 ni de l&rsquo;\u00e9cole o\u00f9 les principes du Yoga s&rsquo;enseignaient en m\u00eame temps que l&rsquo;alphabet, ni de l&rsquo;imprimerie o\u00f9 messages et livres se succ\u00e9daient sans tr\u00eave sous la presse, ni du laboratoire o\u00f9 se confectionnaient les m\u00e9dicaments ayurv\u00e9diques. D&rsquo;ailleurs nous ne pourrions qu&rsquo;effleurer le gigantisme de cette \u0153uvre sans commencement ni fin, \u00e9ternelle dans sa conception, \u00e0 l&rsquo;image de celui qui la dirigeait. Nous ne pouvons cependant passer sous silence le lieu o\u00f9 s&rsquo;\u00e9labora l&rsquo;essence m\u00eame de l&rsquo;enseignement de Sivananda : cette Acad\u00e9mie du Yoga Vedanta de la For\u00eat, ce prytan\u00e9e vedantin o\u00f9 furent initi\u00e9s aux diverses disciplines yogiques disciples et chercheurs de toutes nationalit\u00e9s, de toutes confessions. Nul ne f\u00fbt plus \u00e9clectique dans son enseignement que ce mystique hindou : il s&rsquo;int\u00e9ressa passionn\u00e9ment \u00e0 tout ce qu&rsquo;il pratiqua et il pratiqua tout ce qu&rsquo;il d\u00e9couvrit. Ses connaissances du Hatha Yoga qu&rsquo;il commen\u00e7a \u00e0 pratiquer en Malaisie, \u00e9taient pratiquement illimit\u00e9es et son contr\u00f4le des \u00e9nergies d&rsquo;une rare ma\u00eetrise. Tour \u00e0 tour, asanas, pranayama, kundalini yoga, mudra yoga, kriya yoga et tantrisme furent exp\u00e9riment\u00e9s par lui, si bien qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9crivit ni ne parla jamais en th\u00e9oricien mais en pur praticien. Que dire de son enseignement du Raja Yoga, du Jnana Yoga et du Vedanta sinon qu&rsquo;il \u00e9tait celui d&rsquo;un Ma\u00eetre accompli mesurant pour chaque \u00e9l\u00e8ve, l&rsquo;ampleur de la t\u00e2che \u00e0 accomplir et \u00e9valuant les moyens \u00e0 acqu\u00e9rir pour y parvenir. Car cet artisan de l&rsquo;esprit ne souffrait pas la moindre n\u00e9gligence technique qui p\u00fbt compromettre la r\u00e9ussite de l&rsquo;adepte et mettre en p\u00e9ril son \u00e9quilibre psychosomatique. Tout \u00eatre qui se confiait \u00e0 lui devenait un envoy\u00e9 du Seigneur qu&rsquo;il fallait traiter comme son propre enfant. Sa douceur t\u00e9moignait de ce sens universel de la paternit\u00e9, sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait dict\u00e9e par l&rsquo;amour de l&rsquo;autre dans son plus haut degr\u00e9 de d\u00e9passement et de r\u00e9alisation. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;adressait \u00e0 nous, ses disciples, il n&rsquo;y avait jamais dans son expression le moindre sympt\u00f4me de sup\u00e9riorit\u00e9 mais une affection \u00e9gale coulant en chacun de nous. Il ne diff\u00e9renciait ni le m\u00e9diocre du super intelligent, ni l&rsquo;avare du prodigue en efforts, ni le mesquin du g\u00e9n\u00e9reux, ni le terne du brillant, il \u00e9tait au-del\u00e0 des contradictions et des oppositions, install\u00e9 pour toujours dans la non-dualit\u00e9 et pr\u00eat \u00e0 nous accueillir tous comme \u00ab ses \u00bb enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un tel homme f\u00fbt cependant critiqu\u00e9, voire attaqu\u00e9. Il se fit des ennemis implacables en voulant imposer son amour intarissable pour chaque \u00eatre vivant, humain, animal, plante. On a voulu le faire dispara\u00eetre : un soir un de ses \u00ab faux \u00bb disciples que rongeait le feu de la jalousie se pr\u00e9cipita sur lui, durant le Satsang, une hache en main mais ne fit que l&rsquo;\u00e9gratigner. L&rsquo;homme tra\u00een\u00e9 devant la police par les autres disciples f\u00fbt n\u00e9anmoins graci\u00e9 \u00e0 la demande imp\u00e9rative de Sivananda qui se prosterna \u00e0 ses pieds et le renvoya chez lui les poches pleines de douceurs et continua de lui \u00e9crire r\u00e9guli\u00e8rement. D&rsquo;autres tent\u00e8rent de le salir, l&rsquo;accusant de vivre comme un Raja et d&rsquo;accepter beaucoup trop lib\u00e9ralement les dons en esp\u00e8ces. Pourtant nous qui le connaissions intimement savions bien qu&rsquo;aucun \u00eatre n&rsquo;\u00e9tait plus d\u00e9pouill\u00e9, plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et que ce qu&rsquo;il allait recevoir d&rsquo;une main \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 redistribu\u00e9, en pens\u00e9e, par l&rsquo;autre : il faut l&rsquo;avoir vu dans son \u00ab kutir \u00bb, sa cellule monacale, dominant ce Gange qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e9rait comme la M\u00e8re Divine, humble, pieux, laborieux, obstin\u00e9 dans sa Sadhana ou asc\u00e8se du Yogin, d\u00e9nu\u00e9 de toute possession comme l&rsquo;enfant qui vient de na\u00eetre, mettant son corps et son \u00e2me \u00e0 nu \u2014 ses instruments du Divin \u2014 sans orgueil et sans fausse pudeur ; il faut l&rsquo;avoir vu mesur\u00e9, pond\u00e9r\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chi dans son raisonnement puis soudainement chaleureux, passionn\u00e9, irr\u00e9sistible dans ses affections et ses \u00e9lans vers Dieu et vers les \u00eatres ; il faut l&rsquo;avoir vu plein de sollicitude et de pr\u00e9caution se penchant sur un grand malade terrass\u00e9 par sa maladie ou sur un vieillard cass\u00e9 par l&rsquo;\u00e2ge ; il faut l&rsquo;avoir vu prenant dans ses bras un jeune enfant comme une fleur d\u00e9licate qui vient d&rsquo;\u00e9clore ; il faut l&rsquo;avoir vu rayonnant et convainquant parmi ses \u00e9l\u00e8ves pour ne pas douter un seul instant qu&rsquo;il f\u00fbt un Yogin accompli et r\u00e9alis\u00e9 !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans ce Kutir o\u00f9 il v\u00e9cu comme  ses fr\u00e8res les pauvres qu&rsquo;il rend\u00eet au Maitre Supr\u00eame son \u00e2me superbe le 14 juillet 1963. Il passa \u00e0 la fa\u00e7on des Yogins, apr\u00e8s avoir choisi son lieu et son temps, sans plainte ni g\u00e9missement, dans la pleine lumi\u00e8re de la Conscience Universelle, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sa vie au service du Divin. Divin. On l&rsquo;installa dans cette posture yogique de Padmasana qui lib\u00e8re l&rsquo;\u00e9nergie du corps, et la flamme d&rsquo;Agni, le feu d\u00e9vorant, l&rsquo;\u00e9pargna, lui rendant un supr\u00eame hommage et le dispensant de revenir parmi cette humanit\u00e9 qu&rsquo;il a tant aim\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un message de Swami Sivananda\u00a0: EN AVANT VERS UNE NOUVELLE CIVILISATION <\/strong>(Revue \u00c9nergie Vitale. No 11. Mai-Juin 1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La pens\u00e9e fait l&rsquo;homme ; la pens\u00e9e fait la civilisation. Il y a une puissante force de la pens\u00e9e derri\u00e8re chaque grand \u00e9v\u00e8nement de la vie et dans l&rsquo;histoire du monde, derri\u00e8re toutes d\u00e9couvertes et inventions, derri\u00e8re toutes religions et philosophies, derri\u00e8re tout aspect constructif et derri\u00e8re tout aspect destructif, derri\u00e8re tout d\u00e9faut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La pens\u00e9e s&rsquo;exprime en parole et s&rsquo;ex\u00e9cute (se traduit) en acte. Le mot est l&rsquo;outil de la pens\u00e9e et l&rsquo;acte en est l&rsquo;ach\u00e8vement, d&rsquo;o\u00f9 le dicton \u00ab vous devenez ce que vous pensez \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment peut-on construire une nouvelle civilisation ? En \u00e9mettant une nouvelle force (pens\u00e9e-force).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment construire une civilisation qui assurera la paix de l&rsquo;humanit\u00e9, la prosp\u00e9rit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, le salut de l&rsquo;individu ? En \u00e9mettant une pens\u00e9e-force qui permettra \u00e0 l&rsquo;homme de jouir de la paix du mental, qui distillera dans son c\u0153ur les vertus divines de compassion, du service envers ses semblables, de l&rsquo;amour de Dieu et un d\u00e9sir intense de se r\u00e9aliser en Lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;une fraction de la richesse et du temps d\u00e9pens\u00e9s dans des fins \u00e0 gaspillage et dans des activit\u00e9s destructives soit consacr\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er une bonne pens\u00e9e et sur le champ appara\u00eetra une nouvelle forme de civilisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bombes atomiques et tout un lot d&rsquo;autres inventions nous m\u00e8nent in\u00e9vitablement \u00e0 la destruction. Elles dilapident notre sant\u00e9 ; elles d\u00e9truisent notre entourage ; elles polluent l&rsquo;atmosph\u00e8re du monde entier, engendrent la peur, la haine et le doute dans le c\u0153ur ; le mental est d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 et le corps sujet aux maladies. Ne peut-on faire cesser cette tendance ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Encouragez la recherche de la spiritualit\u00e9, de la religion et de toutes les bonnes choses de la vie, aidez les philosophes et les saints, les vrais bienfaiteurs de l&rsquo;humanit\u00e9. Encouragez-les dans leur \u00e9tude de la religion, dans leur recherche sur les anciennes litt\u00e9ratures, sur la spiritualit\u00e9 et \u00e0 la projection d&rsquo;une grande force de pens\u00e9e pour le Bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Renoncez aux litt\u00e9ratures qui polluent les pens\u00e9es de la jeunesse. Nourrissez les jeunes cerveaux de pens\u00e9es et d&rsquo;id\u00e9es saines, d&rsquo;id\u00e9alisme. L&rsquo;homme qui commet un meurtre, celui qui vole, celui qui fait une escroquerie est puni par la loi. Mais ces crimes sont insignifiants compar\u00e9s aux crimes commis par les intellectuels qui distillent une id\u00e9e mauvaise dans le mental d&rsquo;un jeune. Celui qui fait cela est en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;auteur de nombreux crimes ; il vole votre plus grande richesse, la sagesse ; il vous pr\u00e9sente du poison sous l&rsquo;\u00e9tiquette d&rsquo;un \u00e9lixir doux. Les lois de la nouvelle civilisation seront tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res envers ces \u00eatres d\u00e9moniaques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La Nouvelle Civilisation dispensera tout encouragement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie, de la religion et de la pens\u00e9e spirituelle. Elle rendra possible leur \u00e9tude dans les \u00e9coles et les coll\u00e8ges. Elle accordera des bourses d&rsquo;\u00e9tudes aux \u00e9tudiants en philosophie. Elle conf\u00e8rera des prix et des titres \u00e0 ceux qui entreprennent des recherches sur la religion et la philosophie. L&rsquo;impulsion la plus profonde chez l&rsquo;homme \u2014 la soif spirituelle \u2014 se verra accorder toute latitude pour r\u00e9aliser son but.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fruits de la Nouvelle Civilisation sont d&rsquo;une telle valeur que chacun doit s&rsquo;efforcer de les produire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la nouvelle civilisation l&rsquo;homme voudra mener une vie vertueuse (droite) ; il d\u00e9sirera servir ses semblables et partager avec eux ce qu&rsquo;il poss\u00e8de ; il les aimera tous, ayant r\u00e9alis\u00e9 que son propre Moi (self) demeure en tous ; il sera soucieux du bien-\u00eatre de tous les \u00eatres. Quelle soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale ce sera alors, dans laquelle chacun partagera ce qu&rsquo;il poss\u00e8de et servira les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">O\u00f9 sera le besoin de taxes et d&rsquo;imp\u00f4ts dans une telle soci\u00e9t\u00e9, dans laquelle chacun travaillera volontairement au bien de chacun ? Quel sera le besoin de police et d&rsquo;arm\u00e9e pour des gens qui sont vou\u00e9s \u00e0 la vertu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ceci enfin est l&rsquo;id\u00e9al. Pour y parvenir que chacun essaie d&rsquo;\u00e9mettre une force-pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Que Dieu vous b\u00e9nisse tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui affronte de nombreux probl\u00e8mes. Il y a toujours crainte de guerre, de famine. L&rsquo;\u00e9go\u00efsme, l&rsquo;amour du pouvoir, la haine entre individus et nations croissent de jour en jour. Quelle est la v\u00e9ritable solution de tous ces maux ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Sois bon, fais le bien ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme bon est toujours heureux, il a la divinit\u00e9 en lui-m\u00eame. Fais tout le bien que tu peux, par tous les moyens en ton pouvoir pour tous ceux \u00e0 qui tu peux l&rsquo;offrir, avec tout ton z\u00e8le, ta force, ton amour et ton c\u0153ur. Le bien est la conqu\u00eate du mal, il n&rsquo;est pas l&rsquo;absence du mal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La loi de cause \u00e0 effet est inexorable et inflexible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous r\u00e9coltez une moisson de souffrance, de pauvret\u00e9, de douleur et de peine car dans le pass\u00e9 vous avez sem\u00e9 la graine du mal. Vous r\u00e9coltez une moisson d&rsquo;abondance, de b\u00e9atitude, du fait que vous avez sem\u00e9 le Bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cultivez des id\u00e9es bonnes, divines, fermez votre mental aux id\u00e9es mauvaises, le mal ne peut plus entrer dans votre esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Celui qui plante la bont\u00e9, r\u00e9colte l&rsquo;Amour \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00e9ditons cette r\u00e9ponse de Swami Sivananda \u00e0 une adepte de notre Association tr\u00e8s angoiss\u00e9e par le futur. Que ces quelques lignes de notre Ma\u00eetre puisse lui apporter la Paix du mental.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bibliographie <\/strong>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pratique de la M\u00e9ditation, Swami Sivananda Sarasvati, Albin Michel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;enseignement de Sivananda, \u00e9d. Albin-Michel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aussi, ce n&rsquo;est pas en recevant le bonheur que l&rsquo;on r\u00e9pond le mieux \u00e0 la gratitude du Seigneur : c&rsquo;est en se sacrifiant \u00e0 Son service&#8230; Et c&rsquo;est exactement ce que fit Sivananda au cours de sa vie si riche en enseignements. La prosp\u00e9rit\u00e9 ne lui a jamais tourn\u00e9 la t\u00eate. 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Son \u0153il per\u00e7ant a su d\u00e9couvrir tr\u00e8s t\u00f4t la main qui est derri\u00e8re toute chose en ce monde : il est alors tomb\u00e9 \u00e0 genoux devant le Seigneur de la Vie, et s'est donn\u00e9 totalement et d\u00e9finitivement \u00e0 Lui en ce lieu sacr\u00e9 de Rishikesh.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2010-06-03T01:42:47+00:00","article_modified_time":"2011-10-08T22:49:01+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"34 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"Swami Sivananda par Guy Despinardes","datePublished":"2010-06-03T01:42:47+00:00","dateModified":"2011-10-08T22:49:01+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/"},"wordCount":6731,"keywords":["Hindouisme","Spiritualit\u00e9"],"articleSection":["Portrait"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/","name":"Swami Sivananda par Guy Despinardes - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2010-06-03T01:42:47+00:00","dateModified":"2011-10-08T22:49:01+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/swami-sivananda-par-guy-despinardes\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Swami Sivananda par Guy Despinardes"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3590"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3590\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}