{"id":3624,"date":"2010-06-05T21:32:43","date_gmt":"2010-06-05T20:32:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=3624"},"modified":"2010-06-05T21:33:35","modified_gmt":"2010-06-05T20:33:35","slug":"la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/","title":{"rendered":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&rsquo;endroit par Aim\u00e9 Michel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question DE. N<sup>o<\/sup> 6. 1<sup>er<\/sup> Trimestre 1975)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le livre de M. Raymond Ruyer, la Gnose de Princeton, publi\u00e9 fin 1974, fait \u00e9v\u00e9nement. Il r\u00e9v\u00e8le la formation, dans les milieux de la pens\u00e9e scientifique avanc\u00e9e am\u00e9ricaine, d&rsquo;un nouveau courant religieux. Religieux autant que scientifique. Sous une forme hautement \u00e9labor\u00e9e par des physiciens, astronomes, cosmologistes et biologistes de Princeton et de Pasadena, c&rsquo;est, en quelque sorte, l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une pens\u00e9e qui se trouvait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat naissant dans \u00ab Plan\u00e8te \u00bb des ann\u00e9es 1961-65.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Etre mat\u00e9rialiste, c&rsquo;est tenir que les choses n&rsquo;ont aucun sens cach\u00e9 et qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 chercher en elles, ou, \u00e9ventuellement, au-del\u00e0 d&rsquo;elles, qui ne soit \u00ab le produit du hasard et de la n\u00e9cessit\u00e9 \u00bb. Ce n&rsquo;est pas nier l&rsquo;existence de l&rsquo;esprit. Les mat\u00e9rialistes les plus d\u00e9cid\u00e9s de notre temps, \u00e0 savoir les marxistes, sont tr\u00e8s attach\u00e9s \u00e0 leurs valeurs spirituelles. Ils les rappellent en toute occasion. L\u00e0 o\u00f9 ils sont au pouvoir, et quelle que soit la forme de ce pouvoir, ils les d\u00e9fendent avec une s\u00e9v\u00e8re rigueur qui souvent effarouche nos mat\u00e9rialistes bourgeois : rappelons-nous l&rsquo;exposition de peinture moderne \u00ab d\u00e9cadente \u00bb d\u00e9truite au bulldozer \u00e0 Moscou. Rappelons-nous aussi les professions de foi de Roger Garaudy sur les finalit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il nous propose : que tout petit Mozart en puissance puisse devenir un Mozart. Non seulement les mat\u00e9rialistes les plus convaincus admettent donc hautement l&rsquo;existence de l&rsquo;esprit, mais toute leur action, si puissante en notre temps, ne vise qu&rsquo;\u00e0 cr\u00e9er et faire cro\u00eetre certaines valeurs spirituelles \u2014 les leurs. Leur mat\u00e9rialisme \u2014 et, par cons\u00e9quent, tous les autres mat\u00e9rialismes plus mitig\u00e9s \u2014, c&rsquo;est l&rsquo;affirmation que l&rsquo;esprit na\u00eet, comme toute chose, du hasard et de la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9ternellement en action dans le monde mat\u00e9riel. A l&rsquo;origine de tout ce qui existe, il n&rsquo;y a aucune conscience, aucune pens\u00e9e, aucun vouloir, aucun dessein, mais seulement de la mati\u00e8re aveugle et sourde. C&rsquo;est d&rsquo;elle seule que tout proc\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le triomphe du mat\u00e9rialisme scientifique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a cinquante ans, ou m\u00eame dix, la conception mat\u00e9rialiste des choses semblait avoir d\u00e9finitivement gagn\u00e9. Quand je me rappelle l&rsquo;univers intellectuel au sein duquel j&rsquo;ai commenc\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir, vers les ann\u00e9es 1940, je vois la d\u00e9route de tous les syst\u00e8mes de pens\u00e9e traditionnels, oblig\u00e9s d&rsquo;abandonner, devant la progression irr\u00e9sistible de la science, ce qu&rsquo;ils croyaient \u00eatre leurs domaines propres ; et cet investissement par la science \u00e9quivalait pr\u00e9cis\u00e9ment au triomphe du mat\u00e9rialisme puisque m\u00eame les savants spiritualistes, et m\u00eame ceux qui faisaient tourner des tables, comme Richet en France ou Vassiliev en Russie, ne reconnaissaient d&rsquo;autre explication scientifique que dans le d\u00e9terminisme des causes se d\u00e9veloppant selon les lois du hasard. Puisque la science, peu \u00e0 peu, expliquait tout, et puisqu&rsquo;elle le faisait en n&rsquo;usant que du d\u00e9terminisme aveugle, c&rsquo;\u00e9tait donc bien que tout s&rsquo;expliquait par le d\u00e9terminisme aveugle. Personne ne niait qu&rsquo;il rest\u00e2t beaucoup, et peut-\u00eatre m\u00eame infiniment, \u00e0 expliquer. Mais, m\u00eame si le nombre des probl\u00e8mes restant \u00e0 expliquer \u00e9tait infini, on constatait \u2014 et nul ne pouvait le nier \u2014 que sur cette route illimit\u00e9e de l&rsquo;inconnu rien ne r\u00e9sistait \u00e0 la machine de l&rsquo;explication d\u00e9terministe. Le seul point trouble restait une vague protestation du quelque chose qui en tout homme dit \u00ab je \u00bb. J&rsquo;\u00e9tais \u00e0 cette \u00e9poque comme la plupart des gens, et peut-\u00eatre un peu plus, physiquement tr\u00e8s mis\u00e9rable, sans logis, affam\u00e9, claquant des dents l&rsquo;hiver. Plus imp\u00e9rieusement encore que ces mis\u00e8res mat\u00e9rielles, s&rsquo;imposait \u00e0 moi comme \u00e0 tout le monde l&rsquo;angoisse de la guerre. J&rsquo;avais beau d\u00e9couvrir dans le fragile refuge de l&rsquo;universit\u00e9, o\u00f9 j&rsquo;achevais mes \u00e9tudes, la toute-puissante machine de l&rsquo;explication scientifique, je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 \u00e9teindre en moi le refus de me laisser enti\u00e8rement laminer par cette machine. Quand m\u00eame on aurait enti\u00e8rement \u00e9clairci les causes de ma douleur, me disais-je, il resterait que je souffre. Quand m\u00eame ma machine n&rsquo;aurait plus de myst\u00e8re, il resterait toujours que ce n&rsquo;est pas une machine que je per\u00e7ois, mais autre chose dont la science ne me parle pas. Je ne per\u00e7ois ni mes organes, ni mes cellules, ni mes atomes, ni les longueurs d&rsquo;onde que la science \u00e9tudie derri\u00e8re les couleurs et les sons, mais un je ne sais quoi de totalement diff\u00e9rent et qui est en moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je devais bien admettre cependant que cette protestation, quoique lancinante, \u00e9tait vague, informulable en termes clairs ; je savais aussi qu&rsquo;elle relevait de la philosophie, que tous les philosophes n&rsquo;avaient cess\u00e9 de se contredire depuis qu&rsquo;ils y r\u00e9fl\u00e9chissaient, et surtout que les domaines suppos\u00e9s r\u00e9serv\u00e9s de la philosophie \u00e9taient l&rsquo;un apr\u00e8s l\u2019autre investis par la science : sans doute celui-l\u00e0 aussi le serait-il un jour. Mieux valait donc ne pas m&rsquo;en laisser imposer par l&rsquo;inconnu et m&rsquo;en tenir au s\u00fbr et certain, \u00e0 savoir la science, et au mat\u00e9rialisme absolu qu&rsquo;elle implique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelque chose d&rsquo;inou\u00ef est peut-\u00eatre en train de se passer<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela semble maintenant encore, en 1975, irr\u00e9futable \u00e0 la plupart de nos contemporains. Ceux qui pensent le contraire ont simplement choisi de croire \u00e0 leurs intuitions. Il ne viendrait \u00e0 l&rsquo;esprit de personne de chercher du c\u00f4t\u00e9 de la science une certitude d&rsquo;essence non mat\u00e9rialiste : cela leur semblerait absurde, contraire \u00e0 la nature m\u00eame de la d\u00e9marche scientifique, qui ne peut rien conna\u00eetre hors d&rsquo;une mati\u00e8re suppos\u00e9e command\u00e9e par le d\u00e9terminisme aveugle et le hasard. Et il en est ainsi depuis la naissance de la science, c&rsquo;est-\u00e0-dire depuis la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Eh bien ! quelque chose d&rsquo;inou\u00ef est peut-\u00eatre en train de se passer qui inverserait compl\u00e8tement cette vision des choses vieilles de deux douzaines de si\u00e8cles : l&rsquo;\u00e9lite la plus quintessenci\u00e9e de la science am\u00e9ricaine la pointe la plus avanc\u00e9e de ses physiciens, de ses astronomes, de ses biologistes aurait compl\u00e8tement chang\u00e9 d&rsquo;avis sur ce point et penserait maintenant qu&rsquo;une interpr\u00e9tation mat\u00e9rialiste de la science est devenue impossible. Non seulement, disent-ils, l&rsquo;hypoth\u00e8se mat\u00e9rialiste n&rsquo;explique pas certaines choses, ce qui n&rsquo;avait rien de troublant, comme je le disais plus haut, puisqu&rsquo;on pouvait toujours raisonnablement penser que ce qui est inexplicable aujourd&rsquo;hui cesserait de l&rsquo;\u00eatre demain, mais elle est devenue scientifiquement insoutenable. L&rsquo;hypoth\u00e8se mat\u00e9rialiste contredit des r\u00e9sultats de plus en plus nombreux qui, non contents de r\u00e9sister opini\u00e2trement \u00e0 l&rsquo;explication mat\u00e9rialiste, convergent vers une hypoth\u00e8se oppos\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un des rares philosophes fran\u00e7ais modernes : Raymond Ruyer<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mat\u00e9rialisme en d\u00e9saffection croissante chez les chercheurs de pointe, cet \u00e9v\u00e9nement parait tellement incroyable qu&rsquo;il faut examiner qui nous en fait l&rsquo;annonce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est M. Raymond Ruyer, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Nancy, l&rsquo;un des rares philosophes fran\u00e7ais \u00e0 conna\u00eetre intimement les milieux de recherche anglo-saxons et \u00e0 avoir une culture scientifique approfondie. La plupart de ses livres, publi\u00e9s depuis une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es, proposent une r\u00e9flexion sur la science : <em>la Cybern\u00e9tique et l&rsquo;Origine de l&rsquo;information<\/em> (1954) ; <em>Paradoxes de la conscience et Limites de l&rsquo;automatisme<\/em> (1960) ; <em>l&rsquo;Animal, l&rsquo;Homme, la Fonction symbolique<\/em> (1964), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La recherche philosophique sur la science n&rsquo;est pas \u00e0 la mode en France, o\u00f9 le public semble plus int\u00e9ress\u00e9 par des r\u00e9flexions sur la politique, le langage, la religion, l&rsquo;histoire. Je ne pense pas qu&rsquo;il faille accuser les philosophes fran\u00e7ais de cette lacune. Si la faute en \u00e9tait aux philosophes, les Fran\u00e7ais rechercheraient ailleurs ce qui leur manque et feraient un succ\u00e8s aux traductions de Wittgenstein, Popper, Els\u00e4sser, Polanyi, etc. Ils liraient davantage nos rares philosophes des sciences, comme Raymond Ruyer et Jacques Merleau Ponty. Il y a l\u00e0 une \u00e9trange d\u00e9faillance de la culture fran\u00e7aise contemporaine, dont j&rsquo;ai pris conscience en tenant, ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, la chronique scientifique d&rsquo;un hebdomadaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seuls Bachelard, Monod et Teilhard ont su, chez nous, atteindre la grande renomm\u00e9e en parlant de science. Raymond Ruyer et Jacques Merleau-Ponty ne sont gu\u00e8re lus que des savants. Et pourtant ils nous instruisent autrement plus que Teilhard, Monod et Bachelard!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenons \u00e0 Ruyer, dont le dernier livre (<em>La gnose de Princeton<\/em>, \u00e9d. Fayard) devrait faire l&rsquo;effet d&rsquo;une bombe puisqu&rsquo;il est le r\u00e9cit d&rsquo;une r\u00e9volution et le r\u00e9sum\u00e9 de sa doctrine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cela a commenc\u00e9 chez les astrophysiciens<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette r\u00e9volution, nous dit-il, a pris naissance au cours de la derni\u00e8re demi-douzaine d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 Princeton, au mont Palomar et \u00e0 Pasadena, chez les physiciens et astronomes aux prises avec les donn\u00e9es r\u00e9centes de la cosmologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cosmologie est la science qui \u00e9tudie l&rsquo;histoire de l&rsquo;univers physique. L&rsquo;id\u00e9e m\u00eame que l&rsquo;univers physique ait une histoire est d\u00e9j\u00e0, remarquons-le, troublante au regard de la philosophie telle qu&rsquo;elle impr\u00e8gne l&rsquo;Occident depuis les Grecs. D\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole, nous sommes subtilement accoutum\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab lois \u00e9ternelles \u00bb dont l&rsquo;action fait certes \u00e9voluer les choses localement, mais qui demeurent partout et toujours les m\u00eames. Notre image implicite de l&rsquo;univers est celle d&rsquo;un oc\u00e9an o\u00f9 les vagues se succ\u00e8dent, o\u00f9 l&rsquo;on observe des temp\u00eates, des calmes plats, des r\u00e9gions chaudes, des banquises, mais qui, dans sa globalit\u00e9, reste \u00e9ternellement un oc\u00e9an.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, d\u00e8s le d\u00e9but de ce si\u00e8cle, et m\u00eame avant, les physiciens remarquaient qu&rsquo;une telle id\u00e9e aboutit \u00e0 des contradictions. Si l&rsquo;univers \u00e9tait stable, on ne verrait pas ce qu&rsquo;on voit. Par exemple (c&rsquo;est le fameux paradoxe d&rsquo;Olbers), le spectacle pourtant si familier de la nuit \u00e9toil\u00e9e serait inexplicable : le ciel serait blanc dans toutes les directions, et d&rsquo;ailleurs il n&rsquo;y aurait personne pour le regarder, car la temp\u00e9rature serait infinie, ce qui n&rsquo;a pas de sens. D&rsquo;autres raisonnements, dus \u00e0 Mach, Einstein, de Sitter, Minkowski, aboutissaient \u00e0 des contradictions de m\u00eame genre, montrant qu&rsquo;on ne pouvait, sans aboutir \u00e0 des impossibilit\u00e9s, extrapoler sans limitations les lois de la physique. On commen\u00e7a donc \u00e0 sp\u00e9culer sur ces limites (Lema\u00eetre, par exemple).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;\u00e9taient l\u00e0 que des raisonnements. Mais ils conduisaient \u00e0 certaines pr\u00e9visions. Au cours du dernier demi-si\u00e8cle, ces pr\u00e9visions, l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, commenc\u00e8rent \u00e0 se trouver confirm\u00e9es. D&rsquo;abord par l&rsquo;immense d\u00e9couverte, due \u00e0 l&rsquo;astronome am\u00e9ricain Hubble, du d\u00e9calage vers le rouge des astres les plus lointains, ce qui venait exactement corroborer la th\u00e9orie de l&rsquo;expansion de l&rsquo;univers. Ce d\u00e9calage, proportionnel \u00e0 la distance, r\u00e9sout le paradoxe d&rsquo;Olbers avec une admirable simplicit\u00e9 : au-del\u00e0 d&rsquo;une certaine distance, le d\u00e9calage est infini, et aucune lumi\u00e8re ne nous parvient plus. Voil\u00e0 pourquoi, tout simplement, le ciel est noir. On a, avec raison, qualifi\u00e9 ce d\u00e9calage de cosmologique, car il atteste la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle de l&rsquo;histoire cosmique. Un autre fait de m\u00eame nature, pr\u00e9vu par le calcul et d&rsquo;abord tenu pour fantastique, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert ces derni\u00e8res ann\u00e9es : c&rsquo;est la pr\u00e9sence d&rsquo;un rayonnement thermique faible en provenance \u00e9gale (isotope) de toutes les directions du ciel. Rien ne laissait pr\u00e9voir un tel rayonnement, sauf l&rsquo;hypoth\u00e8se du \u00ab big bang \u00bb ou \u00ab grand boum \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;un commencement de l&rsquo;univers, d&rsquo;une formidable crise initiale (si l&rsquo;on refuse le mot de cr\u00e9ation employ\u00e9 par Lema\u00eetre, il y a un demi-si\u00e8cle, bien avant la d\u00e9couverte du rayonnement thermique).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Passons&#8230; Pour le d\u00e9tail de ces faits, le lecteur se reportera au livre de Ruyer et aux deux expos\u00e9s de Jacques Merleau-Ponty<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Ils expliquent pourquoi les id\u00e9es dont parle Ruyer, quoique d\u00e9passant l&rsquo;astrophysique et englobant toutes les sciences, sont n\u00e9es chez les astrophysiciens ; ou, plut\u00f4t, pourquoi les astrophysiciens ne pouvaient pas ne pas les rencontrer, car, au m\u00eame moment, d&rsquo;autres savants dont ne parle pas Ruyer \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes de m\u00eame nature et en tiraient, avec la m\u00eame discr\u00e9tion, les m\u00eames conclusions de rejet du mat\u00e9rialisme. J&rsquo;y reviendrai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La connaissance remise \u00e0 l&rsquo;endroit<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voyons, maintenant, ce que sont ces id\u00e9es, d\u00e9sign\u00e9es par Ruyer et, dit-il, par les savants qui les lui ont expos\u00e9es, du nom de \u00ab gnose de Princeton \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La gnose classique est une \u00e9cole de pens\u00e9e qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e au d\u00e9but de notre \u00e8re au sein du paganisme finissant, ainsi que dans certains milieux juifs et chr\u00e9tiens, dans le rayonnement d&rsquo;Alexandrie. Chr\u00e9tienne, juive ou pa\u00efenne, elle \u00e9nonce, rappelle Ruyer, que \u00ab le monde est domin\u00e9 par l&rsquo;Esprit, fait par l&rsquo;Esprit, ou par des Esprits d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s. L&rsquo;Esprit trouve (ou plut\u00f4t se fait lui-m\u00eame) une r\u00e9sistance, une opposition : la Mati\u00e8re. L&rsquo;homme, par la science, mais par une science sup\u00e9rieure, peut acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;Esprit cosmique et, s&rsquo;il est sage en m\u00eame temps qu&rsquo;intelligent, y trouver le salut \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela, c&rsquo;est la gnose antique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La \u00ab gnose de Princeton \u00bb ne se d\u00e9finit \u00e9videmment pas de fa\u00e7on aussi na\u00efve. Con\u00e7ue par des savants, elle endosse globalement tout le corpus de la science exp\u00e9rimentale ayant les ph\u00e9nom\u00e8nes pour objet. Mais elle d\u00e9double, comme un miroir, le postulat de la science selon lequel tout est ph\u00e9nom\u00e8ne ; il est bien vrai que, vu \u00e0 l&rsquo;envers, tout est ph\u00e9nom\u00e8ne, mais il existe un endroit des choses que r\u00e9v\u00e8le la conscience. Tout ce qui est d&rsquo;abord vu par soi : conscience ; en outre, vu hors de soi : ph\u00e9nom\u00e8ne, mati\u00e8re. L&rsquo;exemple quotidien et v\u00e9cu, c&rsquo;est \u00e9videmment l&rsquo;homme. Il se voit lui-m\u00eame int\u00e9rieurement, il a conscience d&rsquo;\u00eatre. Et il voit son corps en tant qu&rsquo;objet ext\u00e9rieur, comme il voit les autres hommes et toutes les r\u00e9alit\u00e9s de l&rsquo;univers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;exemple v\u00e9cu de la conscience humaine n&rsquo;est pas un fait singulier, une myst\u00e9rieuse exception dans l&rsquo;inconscience suppos\u00e9e de l&rsquo;univers mat\u00e9riel : il est la cl\u00e9, l&rsquo;exemplaire de toute r\u00e9alit\u00e9. Tout ce qui est, comme l&rsquo;homme, conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce \u00e0 dire que le nuage, le fleuve, le caillou, l&rsquo;\u00e9toile ont un \u00ab je\u00a0\u00bb, une conscience comme l&rsquo;homme ? Non, bien s\u00fbr ! Car ces \u00ab \u00eatres \u00bb ne sont que des effets de perspective, de rencontres passag\u00e8res d&rsquo;\u00eatres, comme est par exemple une foule ou la queue chez le boulanger. Ils ne sont pas organis\u00e9s comme l&rsquo;est mon corps. Mais l&rsquo;herbe (tel brin d&rsquo;herbe), l&rsquo;animal (tel \u00e9l\u00e9phant, telle bact\u00e9rie), l&rsquo;atome (tel atome d&rsquo;oxyg\u00e8ne ou autre), la mol\u00e9cule, la particule, et ainsi de suite, alors l\u00e0, oui, tous ces \u00eatres ont eux aussi un endroit, un \u00ab je\u00a0\u00bb, ou, comme dit Ruyer, un \u00ab ici-maintenant \u00bb, une conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans doute l&rsquo;\u00e9toile, la roche, la vague pr\u00e9sentent-elles aussi une organisation que la science d\u00e9couvre et \u00e9tudie. Mais cette organisation n&rsquo;est pas un langage. Elle ne r\u00e9alise pas une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements improbables, comme le d\u00e9roulement d&rsquo;un discours sens\u00e9. Il y a entre les \u00ab \u00eatres \u00bb non pourvus d&rsquo;un \u00ab je \u00bb et les vrais \u00eatres la m\u00eame diff\u00e9rence qu&rsquo;il y a entre cinq cent mille signes typographiques d\u00e9pos\u00e9s sur une table, et formant tas, et les m\u00eames signes se succ\u00e9dant dans un roman de Tolsto\u00ef. Ce qui ne veut pas dire que le roman est un \u00ab je \u00bb, mais que Tolsto\u00ef est un \u00ab je \u00bb et son lecteur aussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, l&rsquo;\u00e9vidence premi\u00e8re est que l&rsquo;univers, d\u00e9crit (\u00e0 l&rsquo;envers) par la science, tend \u00e0 fabriquer du pensant, du conscient, du \u00ab je \u00bb, de l&rsquo;\u00ab endroit \u00bb. Comme disent les gnostiques cit\u00e9s par Ruyer, it thinks, \u00ab \u00e7a pense \u00bb dans l&rsquo;univers puisque je pense ! L&rsquo;irr\u00e9cusable tendance \u00e0 penser, qu&rsquo;atteste ma pens\u00e9e, est une constante cosmologique comme la constante de Hubble, comme l&rsquo;augmentation de l&rsquo;entropie. L&rsquo;\u00e9volution biologique est la longue construction d&rsquo;un roman, c&rsquo;est un roman. Il y a, entre le fait que je vois, que je pense, que je vieillis et que je meurs, et le fait de toutes les lois orient\u00e9es de la cosmologie, un lien \u00e9troit. Ce lien est universel, et mon \u00eatre \u00e0 deux faces (mon moi corporel ext\u00e9rieur et mon moi pensant) m&rsquo;en r\u00e9v\u00e8le la nature. Ce lien se fait notamment percevoir en ceci que les cellules de mon corps, qui mourront \u00e0 ma mort, mourront pour la premi\u00e8re fois depuis que sont apparues les premi\u00e8res cellules dont elles sont l&rsquo;aboutissement, depuis les commencements de la vie. Et m\u00eame, disent les gnostiques, depuis le \u00ab big bang \u00bb initial qui, \u00e0 travers le long enfantement cosmique, a cr\u00e9\u00e9 les conditions de la vie. \u00ab \u00c7a pense \u00bb donc depuis le commencement du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a peut-\u00eatre envie d&rsquo;\u00e9voquer ici Teilhard de Chardin. Mais la ressemblance est superficielle. La gnose de Princeton est en effet une gnose. Il n&rsquo;y a pas en elle de Christ, pas de point Om\u00e9ga. Les gnostiques am\u00e9ricains ne vont pas plus loin que la science, ils ne requi\u00e8rent rien d&rsquo;autre que la science. C&rsquo;est par elle que l&rsquo;homme acc\u00e8de \u00e0 la pens\u00e9e cosmique : la gnose, c&rsquo;est cela. La science d\u00e9chiffre la pens\u00e9e primordiale dont l&rsquo;univers est le langage. Mais de m\u00eame que tout \u00eatre a un endroit et un envers, de m\u00eame la science, qui est connaissance \u00e0 l&rsquo;envers, sollicite une remise \u00e0 l&rsquo;endroit du langage d\u00e9chiffr\u00e9 qu&rsquo;elle nous d\u00e9couvre. Cette remise \u00e0 l&rsquo;endroit est un acte de participation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arr\u00eatons-nous un instant sur cette id\u00e9e de participation dont Ruyer nous dit qu&rsquo;elle est au c\u0153ur de la gnose scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Philosophiquement, elle n&rsquo;est certes pas nouvelle. On la trouve d\u00e9velopp\u00e9e avec une rigueur toute spinozienne dans les \u00c9l\u00e9ments de th\u00e9ologie de Proclus. Mais Proclus ! Proclus qui croyait aux amulettes, aux pierres magiques, \u00e0 la d\u00e9esse sorci\u00e8re H\u00e9cate ! Que peut trouver la science la plus moderne dans une id\u00e9e \u00e0 premi\u00e8re vue si \u00e9loign\u00e9e de son esprit, si entach\u00e9e de superstition ? C&rsquo;est justement en cela que nous allons mesurer la nouveaut\u00e9 de la gnose et son \u00e9loignement \u00e0 la foi du mat\u00e9rialisme et de Teilhard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La participation ou la conscience de l&rsquo;\u00e9ternel dessein<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ruyer cite d&rsquo;abord, comme exemple de participation, la joie furieuse de l&rsquo;animal accomplissant une impulsion de son instinct (il nous a avertis que la gnose est une \u00e9cole de pens\u00e9e semi-secr\u00e8te, et ne cite nomm\u00e9ment aucun de ses gnostiques. Mais on peut penser ici \u00e0 l&rsquo;Anglais Thorpe, professeur \u00e0 Cambridge, et \u00e0 d&rsquo;autres encore). Il est certain que, le plus souvent, l&rsquo;animal ne sait pas ce qu&rsquo;il fait r\u00e9ellement et que l&rsquo;oiseau qui d\u00e9fend son nid n&rsquo;a aucune conscience de la perp\u00e9tuation de son esp\u00e8ce. Il n&rsquo;a aucune conscience de l&rsquo;avenir de ses petits, ni m\u00eame de l&rsquo;individualit\u00e9 de ses petits, puisque, pouss\u00e9 par son instinct \u00e0 attaquer tout ce qui bouge pr\u00e8s du nid, il exterminera avec fureur (du moins chez certaines esp\u00e8ces) ses petits renvers\u00e9s par le vent et appelant avec d\u00e9sespoir sur la branche voisine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;oiseau ne sait rien des buts qu&rsquo;il accomplit et que l&rsquo;\u00e9thologiste d\u00e9couvre. C\u00f4t\u00e9 \u00ab envers \u00bb, Tinbergen en sait infiniment plus sur le go\u00e9land argent\u00e9 que le go\u00e9land lui-m\u00eame. Mais le c\u00f4t\u00e9 \u00ab endroit \u00bb du go\u00e9land, le go\u00e9land le conna\u00eet mieux que personne au monde. Les gnostiques appellent \u00ab participation \u00bb chez l&rsquo;animal cette conscience fulgurante de la force qui le pousse. L&rsquo;oiseau \u00e9prouve si intens\u00e9ment la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;attaquer ce qui menace son nid qu&rsquo;il se fera souvent tuer pour le faire, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit objectivement de massacrer lui-m\u00eame ses petits \u00e9gar\u00e9s ! Pourquoi appeler cette conscience \u00ab participation \u00bb ? Parce que, sur la ligne infinie de l&rsquo;\u00e9volution, l&rsquo;oiseau voit en toute conscience, int\u00e9rieurement, le petit point limit\u00e9 o\u00f9 ses actes bien r\u00e9gl\u00e9s accomplissent un dessein qui le d\u00e9passe : sa conscience \u00e9claire le dessein \u00e9ternel du monde dans les humbles limites qu&rsquo;elle atteint. Pour reprendre l&rsquo;image du roman, la conscience de l&rsquo;oiseau saisit int\u00e9rieurement, mais avec une intensit\u00e9 path\u00e9tique, le mot qu&rsquo;il est en train d&rsquo;\u00e9crire, et ce mot seul. Il participe de tout son \u00eatre \u00e0 la composition de l&rsquo;\u00e9ternel roman des choses, qu&rsquo;il est \u00e0 jamais incapable de lire, et m\u00eame de pressentir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, remarque Ruyer, deux jeunes gens qui se regardent en souriant et se prennent la main ont-ils davantage conscience de l&rsquo;\u00e9ternel dessein qui les pousse l&rsquo;un vers l&rsquo;autre ? Rom\u00e9o, en grimpant \u00e0 son \u00e9chelle, \u00e9prouve-t-il l&rsquo;infini de cette autre \u00e9chelle o\u00f9 tout ce qui existe ne cesse de grimper depuis le \u00ab big bang \u00bb ? Cependant, c&rsquo;est bien le plan de cette derni\u00e8re \u00e9chelle qu&rsquo;il accomplit, sans le savoir, et avec une ardeur telle qu&rsquo;il en mourra. Dans le bref \u00e9clair de sa vie, il aura particip\u00e9, de tout son \u00eatre, \u00e0 l&rsquo;enfantement cosmologique qui le d\u00e9passe infiniment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le \u00ab d\u00e9ficelage \u00bb de l&rsquo;esprit<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux exemples semblent exclure l&rsquo;intelligence et la raison de la participation au grand dessein cosmique. Mais non ! Bien au contraire ! Car que nous montre l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;\u00e9volution biologique, dernier chapitre observable de l&rsquo;\u00e9volution cosmique ? Nous l&rsquo;avons vu : qu&rsquo;elle va irr\u00e9sistiblement vers la pens\u00e9e, vers le \u00ab\u00a0toujours plus de pens\u00e9e \u00bb. L&rsquo;intelligence et la raison marquent, dans le cours illimit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution cosmique, le commencement d&rsquo;une \u00e9tape nouvelle, celle du d\u00e9chiffrement objectif ext\u00e9rieur, \u00ab \u00e0 l&rsquo;envers \u00bb, \u0153uvre propre de la d\u00e9marche scientifique. Cette saisie nouvelle de la r\u00e9alit\u00e9 cosmique s&rsquo;op\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 un fait lui aussi nouveau dans le cours de l&rsquo;\u00e9volution et que Ruyer appelle unbundling, ou \u00ab d\u00e9ficelage \u00bb de l&rsquo;esprit. Pour faire comprendre cette id\u00e9e, il se sert de l&rsquo;image de l&rsquo;ordinateur. Tous les calculs, raisonnements et op\u00e9rations de l&rsquo;ordinateur passent sur lui sans modifier en aucune fa\u00e7on son organisation physique sauf qu&rsquo;\u00e0 la longue ils l&rsquo;usent. Quand on met un nouvel ordinateur \u00e0 ma disposition, je commence par r\u00e9aliser sur lui les op\u00e9rations que je sais d\u00e9j\u00e0 faire, puis, peu \u00e0 peu, j&rsquo;en invente de nouvelles dont la possibilit\u00e9 pr\u00e9existe certes dans la machine, mais qui sont tellement ind\u00e9pendantes d&rsquo;elle que son constructeur lui-m\u00eame n&rsquo;y avait pas pens\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ou encore l&rsquo;exemple du piano : le piano de Mozart aurait pu jouer du Schuman. Mais le Carnaval de Vienne \u00e9tait impossible au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle parce qu&rsquo;il ne pouvait jaillir de l&rsquo;instrument qu&rsquo;au terme d&rsquo;une \u00e9volution ext\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;instrument, celle de la culture musicale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De l&rsquo;ordinateur et du piano, passons \u00e0 un autre instrument, le cerveau humain. Dans le cerveau d&rsquo;Archim\u00e8de existait certes la possibilit\u00e9 de la fonction logarithmique. Un bachelier de 1975 transport\u00e9 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 par la machine de Wells expliquerait en un quart d&rsquo;heure cette fonction au savant de Syracuse. Mais l&rsquo;apparition spontan\u00e9e de la fonction dans le cerveau de ce dernier \u00e9tait impossible parce qu&rsquo;elle ne pouvait survenir qu&rsquo;au terme d&rsquo;une \u00e9laboration s\u00e9culaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;on appelle \u00ab esprit \u00bb ce je ne sais quoi dont le cerveau est l&rsquo;instrument, on doit bien constater que ce je ne sais quoi est compl\u00e8tement (ou du moins tr\u00e8s largement) \u00ab d\u00e9ficel\u00e9 \u00bb de la mat\u00e9rialit\u00e9 de son instrument. D\u00e9ficel\u00e9, mais point ind\u00e9pendant comme l&rsquo;enseignait la gnose antique, pour qui l&rsquo;esprit \u00e9tait une entit\u00e9 emprisonn\u00e9e dans un corps imparfait : loin d&rsquo;\u00eatre emprisonn\u00e9e dans le piano, la musique de Chopin n&rsquo;existe pas sans piano.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;\u00e9volution culturelle, aussi, est une \u00e9volution. Elle aussi \u00e9crit un roman. Et ce roman est le m\u00eame, il est la suite acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du grand roman dont le premier mot fut le \u00ab big bang\u00a0\u00bb. En y participant, je participe \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de la grande \u0153uvre cosmologique. Ma participation d\u00e9passe celle de l&rsquo;animal, d&rsquo;autant que mon esprit est plus \u00ab d\u00e9ficel\u00e9 \u00bb que le sien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, disent les gnostiques de Ruyer, la connaissance par participation \u00ab \u00e0 l&rsquo;endroit \u00bb s&rsquo;exalte dans des domaines de plus en plus vastes \u00e0 mesure que le cheminement de l&rsquo;\u00e9volution cr\u00e9e l&rsquo;organisation de plus en plus complexe o\u00f9 ces domaines se d\u00e9veloppent. Ici se place l&rsquo;exp\u00e9rience mystique, dont les gnostiques donnent la premi\u00e8re interpr\u00e9tation, conciliant \u00e0 la fois les affirmations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de ceux qui la vivent et les donn\u00e9es de la science. Pourquoi les mystiques s&rsquo;effaroucheraient-ils que l&rsquo;on donne de leur exp\u00e9rience une explication psychologique, voire biologique, puisque les faits de la biologie et de la psychologie recel\u00e8rent le grand dessein ? Si le mystique saisit parfois en lui-m\u00eame ce grand dessein, il s&rsquo;agit bel et bien, comme il l&rsquo;affirme, du divin. Il participe bel et bien \u00e0 la pens\u00e9e qui, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e8se centrale de toute gnose, pr\u00e9existe \u00e0 tout ce qui est et que les religions appellent Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Qui sont les nouveaux gnostiques am\u00e9ricains ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme on ne saurait r\u00e9sumer si rapidement un livre de trois cents pages qui, par surcro\u00eet, se pr\u00e9sente comme le bref expos\u00e9 d&rsquo;une pens\u00e9e collective, je bornerai ici mon expos\u00e9 en souhaitant que le lecteur se reporte au livre lui-m\u00eame, infiniment plus riche, touchant \u00e0 une foule de faits et d&rsquo;id\u00e9es dont je n&rsquo;ai pas parl\u00e9 : les gnostiques de Ruyer semblent avoir r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 tout, ils offrent de toutes les grandes questions de notre temps une interpr\u00e9tation radicalement nouvelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et j&rsquo;examinerai pour conclure, dans la limite de mes moyens, l&rsquo;aspect historique de ce livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ruyer nous dit qu&rsquo;il a d\u00e9couvert les gnostiques am\u00e9ricains par hasard, lors d&rsquo;un congr\u00e8s tenu \u00e0 Londres ; qu&rsquo;il est peu \u00e0 peu entr\u00e9 dans l&rsquo;intimit\u00e9 et la confiance d&rsquo;un bon nombre d&rsquo;entre eux \u00e0 Princeton, \u00e0 Pasadena, au mont Wilson ; qu&rsquo;ils sont \u00e0 l&rsquo;heure actuelle quelques milliers ; que, sans \u00eatre \u00e0 proprement parler \u00ab secr\u00e8te \u00bb (comme l&rsquo;ancienne franc-ma\u00e7onnerie, par exemple), leur soci\u00e9t\u00e9 de pens\u00e9e est \u00ab discr\u00e8te \u00bb, qu&rsquo;elle n&rsquo;a rien publi\u00e9 jusqu&rsquo;ici (mais, ajoute-t-il, elle publiera) ; que, sans faire aucun pros\u00e9lytisme (comportement que ses adeptes ont en horreur), ils font tache d&rsquo;huile : aux sp\u00e9cialistes des sciences physiques de la premi\u00e8re heure se joignent maintenant, de plus en plus nombreux, des biologistes, des hommes de r\u00e9flexion de toutes branches et m\u00eame, dit-il, des hommes d&rsquo;\u00c9glise \u00e0 hautes responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mais tout cela est-il vrai ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si tout cela est vrai, s&rsquo;il est vrai que la fine fleur de l&rsquo;intelligence scientifique am\u00e9ricaine professe une conception en rupture si compl\u00e8te avec tous les grands syst\u00e8mes id\u00e9ologiques pr\u00e9sentement dominants et qui r\u00e9sultent d&rsquo;une \u00e9volution remontant \u00e0 la naissance de l&rsquo;esprit scientifique il y a deux mille cinq cents ans, le livre de Ruyer annonce un des \u00e9v\u00e9nements les plus importants de l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais est-ce vrai ? Les lecteurs fran\u00e7ais cultiv\u00e9s auront, j&rsquo;en suis s\u00fbr, le r\u00e9flexe du doute, voire du rejet. Et Ruyer aussi en est s\u00fbr ! Il l&rsquo;\u00e9crit : \u00ab Je n&rsquo;ai pas, dit-il, cach\u00e9 (\u00e0 mes amis gnostiques) mon intention de les pr\u00e9senter au public fran\u00e7ais, et, sans les enthousiasmer, ce projet n&rsquo;a pas suscit\u00e9 d&rsquo;objection majeure&#8230; Ils ont accept\u00e9 mon projet peut-\u00eatre surtout, j&rsquo;en ai peur, parce qu&rsquo;ils ne prennent pas le public fran\u00e7ais tr\u00e8s au s\u00e9rieux, qu&rsquo;ils comptent sur sa puissance d&rsquo;inattention et sur le snobisme antiam\u00e9ricain des \u00a0milieux intellectuels. \u00bb Mais cela m\u00eame n&rsquo;est-il pas une supr\u00eame malice d&rsquo;auteur ? On sent Raymond Ruyer tellement intelligent, on le voit manipuler une formidable culture avec tant d&rsquo;aisance qu&rsquo;on se m\u00e9fie ! On se dit que, si un tel homme a voulu se payer la t\u00eate d&rsquo;une intelligentsia fran\u00e7aise dont la balourdise en mati\u00e8re de philosophie scientifique le fait sourire, personne ici ne sera de taille \u00e0 d\u00e9monter sa machine. Ce qui est indubitable ! Raymond Ruyer est le seul homme en France capable d&rsquo;inventer jusque dans ses d\u00e9tails les plus pr\u00e9cis un \u00e9norme syst\u00e8me philosophique englobant l&rsquo;astronomie, la physique, la biologie mol\u00e9culaire, la biologie du comportement, l&rsquo;informatique, la linguistique, et j&rsquo;en passe, et de l&rsquo;attribuer, comme dans une nouvelle de Borges, \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 semi-secr\u00e8te de pens\u00e9e dont l&rsquo;inexistence est impossible \u00e0 d\u00e9montrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 ce que se dira le Fran\u00e7ais, n\u00e9 malin et \u00e0 qui on ne la fait pas. Seulement, il suffit de passer quelque temps dans une grande universit\u00e9 am\u00e9ricaine pour sentir d\u00e9faillir sa mentalit\u00e9 de Fran\u00e7ais n\u00e9 malin et \u00e0 qui on ne la fait pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je confesse n&rsquo;avoir jamais entendu en Am\u00e9rique l&rsquo;expression \u00ab gnose de Princeton\u00a0\u00bb. Je n&rsquo;ai ai eu connaissance qu&rsquo;en lisant le livre de Ruyer. Mais, d&rsquo;une part, je ne connais ni Princeton ni Pasadena. Si la gnose de Princeton existe et se compla\u00eet dans la discr\u00e9tion, elle peut tr\u00e8s bien rester inconnue sous son nom \u00e0 Stanford ou ailleurs. Et, surtout, des id\u00e9es toutes semblables (quoique pas absolument identiques) \u00e0 celles qu&rsquo;expose Ruyer sont le pain quotidien des discussions philosophiques priv\u00e9es et parfois publiques entre chercheurs am\u00e9ricains, et aussi anglais, et en g\u00e9n\u00e9ral des pays de langue anglaise. Pour avoir le moindre doute l\u00e0-dessus, il faut tout simplement se claquemurer dans l&rsquo;hexagone, s&rsquo;abstenir m\u00eame de lire le peu que l&rsquo;on nous offre ici, dans ce domaine, en traduction ! Que l&rsquo;on se reporte, par exemple, au livre collectif publi\u00e9 par I.J. Good en 1962, il y a douze ans<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. On y verra des savants de toutes disciplines discuter froidement de t\u00e9l\u00e9pathie, des anges, voire de l&rsquo;enfer. Or, les audaces de ce livre, d\u00e9j\u00e0 aseptis\u00e9es en 1962, paraissent maintenant bien timides : entre-temps, il y a eu le tremblement de terre intellectuel parti en 1964 de Berkeley et dont nous ne per\u00e7\u00fbmes, \u00e0 distance, en mai 1968, qu&rsquo;un bizarre avatar politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La simple visite d&rsquo;une librairie de campus, et m\u00eame d&rsquo;une biblioth\u00e8que d&rsquo;universit\u00e9, constitue en 1975, pour le visiteur europ\u00e9en (ou tout au moins continental), une \u00e9preuve s\u00e9v\u00e8re. M\u00eame un ancien collaborateur de Plan\u00e8te n&rsquo;en croit pas ses yeux. Il est \u00e9vident que les usagers de ces livres ne peuvent en aucune fa\u00e7on prendre encore au s\u00e9rieux l&rsquo;interpr\u00e9tation mat\u00e9rialiste de la science. Et ce sont eux qui font le monde de demain !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il se pourrait que la v\u00e9rit\u00e9 ne f\u00fbt pas triste<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant lu avec attention (et admiration) le livre de Ruyer, et le comparant \u00e0 ce que j&rsquo;entends quand je parle \u00e0 des savants am\u00e9ricains, surtout au-dessous de quarante ans, je dis que <em>la gnose de Princeton<\/em> est une version plus structur\u00e9e, plus construite, plus prudente probablement pour ne pas trop effaroucher le lecteur fran\u00e7ais de ce qu&rsquo;on entend quotidiennement dans les grandes universit\u00e9s am\u00e9ricaines. Il est peut-\u00eatre difficile d&rsquo;\u00eatre introduit aupr\u00e8s des gnostiques dont nous parle Ruyer. Mais, pour se convaincre que des id\u00e9es de m\u00eame nature que celles qu&rsquo;il expose font maintenant l&rsquo;objet des m\u00e9ditations habituelles des savants am\u00e9ricains, il suffit de passer huit jours parmi eux, et de savoir assez d&rsquo;anglais pour suivre une conversation. Si je vois une diff\u00e9rence entre la gnose de Princeton et les autres formes de gnose ou de spiritualisme en train de germer dans l&rsquo;immense Am\u00e9rique, ce serait, de la part des gnostiques de Ruyer, un exc\u00e8s de conservatisme ! Par exemple, nous dit-il, ses gnostiques soup\u00e7onnent Rhine d&rsquo;avoir mal conduit ses exp\u00e9riences, et pour cette raison rejettent g\u00e9n\u00e9ralement la parapsychologie. Mais les savants que j&rsquo;interroge sur ce point se moquent bien de Rhine, que pour la plupart ils n&rsquo;ont pas lu : ils font eux-m\u00eames des exp\u00e9riences de parapsychologie. Le physicien Ted Bastin, professeur \u00e0 Cambridge et gnostique d\u00e9cid\u00e9, en a m\u00eame fait avec Uri Geller (en Angleterre) et ne s&rsquo;en cache pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui rapproche la gnose de Princeton des id\u00e9ologies diffuses dont je parle, c&rsquo;est le rejet du mat\u00e9rialisme en tant qu&rsquo;interpr\u00e9tation de la science ou, comme dit Monod, en tant que \u00ab philosophie naturelle \u00bb. C&rsquo;est le constat de son \u00e9chec. De ce point de vue, leur port\u00e9e historique est \u00e9gale, et ce, d&rsquo;autant plus (mais il serait trop long d&rsquo;en parler dans cet article) que des mouvements identiques s&rsquo;observent chez les savants des pays socialistes, surtout russes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui singularise, en revanche, la gnose de Princeton telle que l&rsquo;expose Ruyer, c&rsquo;est sa haute \u00e9laboration. Elle est un vrai syst\u00e8me du monde englobant tout le connu dans une logique, dans une architecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce syst\u00e8me est ouvert : il est ouvert vers le haut, vers l&rsquo;esprit, vers la surhumanit\u00e9, vers la non-humanit\u00e9. Peut-\u00eatre dira-t-on que ce syst\u00e8me n&rsquo;est pas une th\u00e9orie scientifique puisqu&rsquo;il ne permet pas de pr\u00e9voir des ph\u00e9nom\u00e8nes nouveaux. Mais d&rsquo;abord Raymond Ruyer est un philosophe, et son expos\u00e9 est celui d&rsquo;un philosophe. Ensuite, est-ce bien s\u00fbr? Un nouveau syst\u00e8me du monde pens\u00e9 par des savants ne peut pas, \u00e0 la longue, ne pas leur donner des id\u00e9es nouvelles. Voil\u00e0 qui devra \u00eatre observ\u00e9 attentivement au cours des prochaines ann\u00e9es<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et enfin, un syst\u00e8me plausible (puisqu&rsquo;il rend mieux compte des faits connus, surtout cosmologiques et biologiques) et qui restitue \u00e0 l&rsquo;homme son bonheur d&rsquo;\u00eatre, est-ce rien ? Je ne dis pas que ce syst\u00e8me est le mien. J&rsquo;ignore quelle en sera la fortune. Mais, dans le monde sans espoir et glac\u00e9, fait de d\u00e9go\u00fbt et de r\u00e9criminations que nos autres philosophes s&rsquo;obstinent \u00e0 nous offrir, je salue la gnose de Princeton avec reconnaissance et respect. Il se pourrait bien, apr\u00e8s tout, que la v\u00e9rit\u00e9 ne f\u00fbt pas triste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aim\u00e9 Michel<\/p>\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> J. Merleau-Ponty : la Cosmologie du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Paris Gallimard). Plus r\u00e9cent, et appuy\u00e9 sur tout l&rsquo;appareil de l&rsquo;astronomie, est le chapitre r\u00e9dig\u00e9 par Merleau-Ponty dans le cadre de l&rsquo;ouvrage collectif dirig\u00e9 par Jean-Claude Pecker, professeur au Coll\u00e8ge de France et directeur de l&rsquo;Institut d&rsquo;astrophysique, la Nouvelle Astronomie (Hachette).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> I.J.\u00a0 Good (livre collectif) : <em>Quand les savants donnent libre cours \u00e0 leur imagination <\/em>(Paris, Dunod, 1967). En anglais, ce livre s&rsquo;appelle tout simplement : <em>le Savant sp\u00e9cule<\/em>. Le titre fran\u00e7ais exprime d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;effroi du traducteur, tr\u00e8s anxieux de souligner que le contenu annonc\u00e9 est un produit de la \u00ab folle du logis \u00bb. Rien de tel n&rsquo;est sugg\u00e9r\u00e9 dans la pr\u00e9sentation anglaise. On nous dit seulement qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une anthologie d&rsquo;id\u00e9es \u00ab \u00e0 moiti\u00e9 cuites \u00bb, mais que \u00ab les id\u00e9es \u00e0 moiti\u00e9 cuites de gens cuits \u00e0 point sont pr\u00e9f\u00e9rables aux id\u00e9es convenablement cuites de gens \u00e0 moiti\u00e9 cuits \u00bb. Nous avons trop, en France, d&rsquo;id\u00e9es cuites comme semelles par des ma\u00eetres queux depuis longtemps racornis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Ted Bastin a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 un exemple d&rsquo;heuristique gnostique en proposant de r\u00e9interpr\u00e9ter les difficult\u00e9s de la m\u00e9canique quantique par l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une ant\u00e9riorit\u00e9 de l&rsquo;esprit. Un de nos plus \u00e9minents physiciens publie parfois des th\u00e8ses de m\u00eame inspiration sous le pseudonyme de D. Xodarap&#8230; assez limpide quand on le lit \u00e0 l&rsquo;envers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ainsi, disent les gnostiques de Ruyer, la connaissance par participation \u00ab \u00e0 l&rsquo;endroit \u00bb s&rsquo;exalte dans des domaines de plus en plus vastes \u00e0 mesure que le cheminement de l&rsquo;\u00e9volution cr\u00e9e l&rsquo;organisation de plus en plus complexe o\u00f9 ces domaines se d\u00e9veloppent. Ici se place l&rsquo;exp\u00e9rience mystique, dont les gnostiques donnent la premi\u00e8re interpr\u00e9tation, conciliant \u00e0 la fois les affirmations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de ceux qui la vivent et les donn\u00e9es de la science. Pourquoi les mystiques s&rsquo;effaroucheraient-ils que l&rsquo;on donne de leur exp\u00e9rience une explication psychologique, voire biologique, puisque les faits de la biologie et de la psychologie recel\u00e8rent le grand dessein ? Si le mystique saisit parfois en lui-m\u00eame ce grand dessein, il s&rsquo;agit bel et bien, comme il l&rsquo;affirme, du divin. Il participe bel et bien \u00e0 la pens\u00e9e qui, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e8se centrale de toute gnose, pr\u00e9existe \u00e0 tout ce qui est et que les religions appellent Dieu.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[534],"tags":[37,397,47,99],"class_list":["post-3624","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-michel-aime","tag-conscience","tag-gnose","tag-mystique","tag-science"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&#039;endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&#039;endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ainsi, disent les gnostiques de Ruyer, la connaissance par participation \u00ab \u00e0 l&#039;endroit \u00bb s&#039;exalte dans des domaines de plus en plus vastes \u00e0 mesure que le cheminement de l&#039;\u00e9volution cr\u00e9e l&#039;organisation de plus en plus complexe o\u00f9 ces domaines se d\u00e9veloppent. Ici se place l&#039;exp\u00e9rience mystique, dont les gnostiques donnent la premi\u00e8re interpr\u00e9tation, conciliant \u00e0 la fois les affirmations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de ceux qui la vivent et les donn\u00e9es de la science. Pourquoi les mystiques s&#039;effaroucheraient-ils que l&#039;on donne de leur exp\u00e9rience une explication psychologique, voire biologique, puisque les faits de la biologie et de la psychologie recel\u00e8rent le grand dessein ? Si le mystique saisit parfois en lui-m\u00eame ce grand dessein, il s&#039;agit bel et bien, comme il l&#039;affirme, du divin. Il participe bel et bien \u00e0 la pens\u00e9e qui, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e8se centrale de toute gnose, pr\u00e9existe \u00e0 tout ce qui est et que les religions appellent Dieu.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2010-06-05T20:32:43+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2010-06-05T20:33:35+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"29 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"headline\":\"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&rsquo;endroit par Aim\u00e9 Michel\",\"datePublished\":\"2010-06-05T20:32:43+00:00\",\"dateModified\":\"2010-06-05T20:33:35+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\"},\"wordCount\":5874,\"keywords\":[\"Conscience\",\"gnose\",\"Mystique\",\"Science\"],\"articleSection\":[\"Michel Aim\u00e9\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\",\"name\":\"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l'endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\"},\"datePublished\":\"2010-06-05T20:32:43+00:00\",\"dateModified\":\"2010-06-05T20:33:35+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&rsquo;endroit par Aim\u00e9 Michel\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l'endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l'endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"Ainsi, disent les gnostiques de Ruyer, la connaissance par participation \u00ab \u00e0 l'endroit \u00bb s'exalte dans des domaines de plus en plus vastes \u00e0 mesure que le cheminement de l'\u00e9volution cr\u00e9e l'organisation de plus en plus complexe o\u00f9 ces domaines se d\u00e9veloppent. Ici se place l'exp\u00e9rience mystique, dont les gnostiques donnent la premi\u00e8re interpr\u00e9tation, conciliant \u00e0 la fois les affirmations r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de ceux qui la vivent et les donn\u00e9es de la science. Pourquoi les mystiques s'effaroucheraient-ils que l'on donne de leur exp\u00e9rience une explication psychologique, voire biologique, puisque les faits de la biologie et de la psychologie recel\u00e8rent le grand dessein ? Si le mystique saisit parfois en lui-m\u00eame ce grand dessein, il s'agit bel et bien, comme il l'affirme, du divin. Il participe bel et bien \u00e0 la pens\u00e9e qui, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e8se centrale de toute gnose, pr\u00e9existe \u00e0 tout ce qui est et que les religions appellent Dieu.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2010-06-05T20:32:43+00:00","article_modified_time":"2010-06-05T20:33:35+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"29 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&rsquo;endroit par Aim\u00e9 Michel","datePublished":"2010-06-05T20:32:43+00:00","dateModified":"2010-06-05T20:33:35+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/"},"wordCount":5874,"keywords":["Conscience","gnose","Mystique","Science"],"articleSection":["Michel Aim\u00e9"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/","name":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l'endroit par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2010-06-05T20:32:43+00:00","dateModified":"2010-06-05T20:33:35+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-gnose-de-princeton-ou-la-science-remise-a-lendroit-par-aime-michel\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La gnose de Princeton ou la Science remise \u00e0 l&rsquo;endroit par Aim\u00e9 Michel"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3624"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3624\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}