{"id":4647,"date":"2010-09-17T19:47:09","date_gmt":"2010-09-17T18:47:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=4647"},"modified":"2011-10-01T01:26:25","modified_gmt":"2011-10-01T00:26:25","slug":"telles-sont-les-questions-fondamentales-par-aime-michel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/telles-sont-les-questions-fondamentales-par-aime-michel\/","title":{"rendered":"Telles sont les questions fondamentales&#8230; par Aim\u00e9 Michel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup> 16\u00a0: <em>La fin du monde<\/em>. Janvier-F\u00e9vrier 1977)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>L&rsquo;assassinat des libert\u00e9s antiques par le christianisme \u2014 Oui, mais la question pos\u00e9e par J\u00e9sus sur la croix \u2014 Oui, mais l&rsquo;humanit\u00e9 d&rsquo;Ulysse \u2014 Oui, mais l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme ath\u00e9nien \u2014 Dialogue avec quelques-uns qui veulent recommencer l&rsquo;assassinat de la civilisation \u2014 Confiance dans ce temps d&rsquo;incertitude et d&rsquo;enfantement.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;avais en t\u00e8te, au moment de me mettre \u00e0 cet article, de d\u00e9montrer que la fin du monde, on sait ce que c&rsquo;est : cela s&rsquo;est produit d\u00e9j\u00e0 une fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois d\u00e9j\u00e0, la science a \u00e9tabli son triomphe sur les esprits, r\u00e9duisant \u00e0 de vagues survivances la religion, les meurs, le respect des liens sociaux, le bonheur d&rsquo;\u00eatre ensemble, r\u00e9v\u00e9lant au regard effray\u00e9 de l&rsquo;homme l&rsquo;immensit\u00e9 de la nature, l&rsquo;indiff\u00e9rence compl\u00e8te de ses lois, l&rsquo;absurdit\u00e9 de l&rsquo;humaine condition, la faillite de la raison \u00e0 fonder une morale et \u00e0 fournir une raison de vivre. Tout cela, les Grecs et les Romains cultiv\u00e9s du Moyen et Bas-Empire l&rsquo;ont connu et bu jusqu&rsquo;\u00e0 la lie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes nos vaines discussions, ils en ont \u00e9t\u00e9 abreuv\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e. Comme nos gauchistes, leurs cyniques et leurs cyr\u00e9na\u00efques ont rejet\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 ils vivaient, y compris ces tabous dont nos contemporains ignares croient faire la d\u00e9couverte, y compris l&rsquo;habitude de se laver, de s&rsquo;habiller comme les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Diog\u00e8ne dans son tonneau, d\u00e8s le temps de Socrate, se masturbait tranquillement au coin de la rue en soupirant : \u00ab Si au moins c&rsquo;\u00e9tait aussi facile quand la faim me travaille ! \u00bb Comme maintenant, les esprits inquiets allaient s&rsquo;\u00e9tendre sur le canap\u00e9 du m\u00e9decin de l&rsquo;\u00e2me, ou se disant tel, pour lui raconter leurs derniers r\u00eaves et ceux de leur petite amie, leurs angoisses, comment cela ne marchait pas avec leur femme, avec leur tube digestif. Le charlatan, comme aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s riche, s&rsquo;appelait l&rsquo;oneirokrit\u00e8s, l&rsquo;onirocrite. Les onirocrites, vers la fin, \u00e9taient gens tr\u00e8s importants et roulant sur l&rsquo;or. Certes, ils allaient parfois plus loin que les n\u00f4tres, se risquant \u00e0 pousser leurs patients vers la haute politique, leur annon\u00e7ant qu&rsquo;ils seraient empereurs, et alors l&#8217;empereur agac\u00e9 envoyait sans plus d&rsquo;histoires tout le monde ad patres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les d\u00e9bris de la derni\u00e8re fin du monde, on a retrouv\u00e9 le journal d&rsquo;au moins un de ces malades imaginaires et de ses cures interminables (Aelius Aristide). On croirait entendre les j\u00e9r\u00e9miades d&rsquo;un de nos riches n\u00e9vros\u00e9s, toujours d\u00e9\u00e7u, allant du cabinet de Lacan \u00e0 celui de la voyante, de chez la voyante \u00e0 la cellule du quartier, de la cellule aux eaux, des eaux \u00e0 l&rsquo;ashram du dernier gourou \u00e0 la mode.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus profond\u00e9ment, comme on le voit en lisant les hell\u00e9nistes (E.R. Dodds, Gilbert Murray, Martin P. Nilsson, etc.), la fin de l&rsquo;Empire romain, avec son hell\u00e9nisme \u00e0 la fois rationaliste et superstitieux, avec les chim\u00e8res dont il avait fait sa nourriture spirituelle quotidienne, montre les m\u00eames stigmates de l&rsquo;\u00e2me qui attisent l&rsquo;inqui\u00e9tude moderne, et d&rsquo;abord le d\u00e9go\u00fbt de la science. On connaissait un mod\u00e8le de m\u00e9canique c\u00e9leste qui marchait \u00e0 tout coup ; on savait les dimensions exactes de la Terre, au point que Strabon, par simple calcul, montrait l&rsquo;existence d&rsquo;un continent l\u00e0 o\u00f9 se trouve l&rsquo;Am\u00e9rique et annon\u00e7ait la pr\u00e9sence de contr\u00e9es temp\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud ; on savait la distance de la Lune, et mille autres connaissances exactes d\u00e9duites d&rsquo;une admirable ma\u00eetrise math\u00e9matique ; on savait aussi l&rsquo;homme, ou l&rsquo;on croyait le savoir, gr\u00e2ce aux \u00e9coles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>D\u00e9j\u00e0 l\u2019homme avait peur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">De cette rigueur, et de ces connaissances, on avait d\u00e9duit, comme pr\u00e9sentement, la mort des dieux et du coup la vanit\u00e9 universelle. Une technologie de plus en plus sophistiqu\u00e9e comme maintenant, mais fond\u00e9e, il est vrai, sur l&rsquo;esclavage et non sur la machine, vidait les campagnes et jetait dans des villes monstrueuses (Alexandrie, Byzance, Rome, mais aussi vingt autres moins connues) des foules d\u00e9racin\u00e9es, ne croyant plus \u00e0 rien, pr\u00eates \u00e0 n&rsquo;importe quoi, que le pouvoir et les factions politiques occupaient avec des jeux de cirque, comme actuellement avec le tierc\u00e9 et le tour de France, la t\u00e9l\u00e9vision et les \u00ab manifs \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous les Antonins et m\u00eame apr\u00e8s, l&rsquo;homme cultiv\u00e9 antique, celui qui cr\u00e9e le climat intellectuel, d\u00e9couvre l&rsquo;insupportable vertige de la libert\u00e9 : il pense ce qu&rsquo;il veut ; il va o\u00f9 il veut de l&rsquo;\u00c9cosse \u00e0 l&rsquo;Inde, de l&rsquo;Oural au fond du Soudan \u00e9gyptien ; il fait ce qu&rsquo;il veut. Alors il prend peur. \u00catre libre ! N&rsquo;avoir \u00e0 ses trousses aucun dieu, aucun flic, aucune inquisition ! Devoir chaque matin choisir soi-m\u00eame ses id\u00e9es et ses sentiments ! Quel ab\u00eeme ! Quel poids ! Quelle angoisse, m\u00eame pour l&rsquo;onirocrite, qui \u00e0 ce moment se rabat sur la rigueur de l&rsquo;astrologie !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme antique prend peur devant l&rsquo;infinie disponibilit\u00e9 de son \u00e2me. C&rsquo;est ce que Gilbert Murray a appel\u00e9 <em>failure of nerve<\/em> (la d\u00e9faillance nerveuse). Tout, plut\u00f4t que l&rsquo;effrayante libert\u00e9 ! Or, justement, la libert\u00e9, quelqu&rsquo;un est l\u00e0 pour l&rsquo;en soulager. Il faut, lui dit ce nouveau venu, tout abandonner, redevenir petit enfant, tomber \u00e0 genoux. Qu&rsquo;est-ce que tout cela si l&rsquo;on est sauv\u00e9 ? Sauv\u00e9 de quoi ? Justement, de tout ce qui soutient le pr\u00e9sent monde : de sa stabilit\u00e9, de ses lois, de ses sagesses qui sont du Diable. Car le monde, c&rsquo;est la B\u00eate ! Le nombre de la mal\u00e9diction est inscrit sur son front : 666 ! Qu&rsquo;il s&rsquo;effondre, qu&rsquo;il cr\u00e8ve, et b\u00e9nis soient les Barbares jusqu&rsquo;ici d\u00e9faits aux fronti\u00e8res et qui se mettent \u00e0 d\u00e9ferler tout \u00e0 leur aise ! Malheur au monde ! Le vrai royaume n&rsquo;en est pas. \u00ab Passons aux Barbares ! \u00bb (saint Augustin). Ce fut la premi\u00e8re fin du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 en deux mots ce que j&rsquo;avais en t\u00eate en pr\u00e9parant le pr\u00e9sent article. Mais, \u00e0 la r\u00e9flexion, pour cette fois j&rsquo;y renonce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le cri d\u2019un crucifi\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Car, certes, tout ce que je viens d&rsquo;\u00e9crire est vrai, quoique sommaire, et je n&rsquo;en ai pas dit le centi\u00e8me ni mis au jour toutes les terribles et proph\u00e9tiques correspondances. Seulement, pour aller au fond des choses, il faudrait se sentir assez s\u00fbr de soi pour oser mettre sur les deux plateaux o\u00f9 se p\u00e8sent les drames de l&rsquo;histoire, d&rsquo;une part, le sublime h\u00e9ro\u00efsme du g\u00e9nie grec et, d&rsquo;autre part, cette obscure et \u00e0 jamais sanglante blessure ouverte au c\u0153ur de l&rsquo;humanit\u00e9 par la mort d&rsquo;un vagabond juif qui se croyait Dieu, qui, le croyant, se fit n\u00e9anmoins clouer sur une croix et qui, au bout d&rsquo;un supplice insupportable m\u00eame \u00e0 mon imagination, pronon\u00e7a les deux ou trois mots o\u00f9 tout homme, chr\u00e9tien ou non, reconna\u00eet le sceau de sa destin\u00e9e : \u00ab P\u00e8re, pourquoi m&rsquo;as-tu abandonn\u00e9 ? \u00bb Ah ! Je d\u00e9fie quiconque, seul, la nuit, apr\u00e8s une heure de silence, de r\u00e9cuser cette question. Le monde est beau, oui ! Je m&rsquo;y sens chez moi, c&rsquo;est ma patrie. Oui&#8230; oui&#8230; Je l&rsquo;aime, ce monde, et chaque fois que, m&rsquo;\u00e9veillant, je sors du n\u00e9ant du sommeil, je n&rsquo;en reviens pas d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, de penser, d&rsquo;\u00e9prouver que, dans l&rsquo;infini myst\u00e8re de l&rsquo;espace et du temps, je suis unique, et qu&rsquo;importe que ce soit bref et sem\u00e9 de douleurs ! Non, de d\u00e9couvrir mon incompr\u00e9hensible chance d&rsquo;\u00eatre, je n&rsquo;en reviens pas ! Mais n\u00e9anmoins, \u00ab P\u00e8re, pourquoi m&rsquo;as-tu abandonn\u00e9 ? \u00bb Pourquoi suis-je seul ? Pourquoi mourrai-je seul apr\u00e8s si peu de temps et sans avoir compris ? \u00ab Quand je serai mort, me dit un jour Cocteau, raconte partout mon mot de la fin. C&rsquo;est : \u00ab\u00a0\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai rien pig\u00e9, remboursez !\u00a0\u00bb \u00bb Pourquoi le silence de tes espaces infinis ? Pourquoi ne vois-je dans les \u00e9toiles et dans la vie que ton ind\u00e9chiffrable pens\u00e9e ? Pourquoi te caches-tu, toi ? Pourquoi es-tu absent ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si je rencontrais un jour un \u00eatre d&rsquo;un autre monde, j&rsquo;entends vraiment autre, o\u00f9 n&rsquo;existeraient ni le principe de Pauli, ni les galaxies, ni l&rsquo;amour, ni la musique, ni l&rsquo;espace, ni le temps, et qu&rsquo;il me demand\u00e2t ce qu&rsquo;est l&rsquo;homme, je lui lirais trois textes dont aucun ne fait plus de quelques lignes, sans ajouter un mot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le refus de la divinit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier de ces textes est l&rsquo;adieu d&rsquo;Ulysse \u00e0 Calypso <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La nymphe immortelle Calypso aime Ulysse. Elle est divinement belle et bonne. Elle offre \u00e0 Ulysse, s&rsquo;il reste pr\u00e8s d&rsquo;elle, de devenir un dieu : il ne souffrira plus, ne mourra plus, sera pour toujours d\u00e9livr\u00e9 des angoisses et des incertitudes de ce monde. N&rsquo;est-ce pas l\u00e0 le r\u00eave de tout homme ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0D\u00e9esse souveraine, r\u00e9pond Ulysse, \u00e9coute et pardonne-moi : tout cela, je le sais, et aussi qu&rsquo;aupr\u00e8s de toi ma P\u00e9n\u00e9lope n&rsquo;est rien. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une pauvre mortelle, alors que toi, tu ne vieilliras ni ne mourras. Et pourtant je n&rsquo;ai \u00e0 tout instant qu&rsquo;un d\u00e9sir, celui d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau l\u00e0-bas, dans ma maison, couch\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;elle. Et si c&rsquo;est le d\u00e9sir des dieux de me tourmenter encore dans les p\u00e9rils de la mer, tant pis, je tiendrai bon. Ce c\u0153ur qui a tant souffert sur les flots, \u00e0 la guerre, il est toujours l\u00e0, et quoi qu&rsquo;il doive encore endurer, je suis pr\u00eat ! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-il besoin de commenter ? De chair, de c\u0153ur, d&rsquo;\u00e2me, j&rsquo;appartiens \u00e0 ce monde d&rsquo;\u00e9preuves et jamais ne le fuirai. Avec ses joies, les yeux ouverts, je prends aussi ses larmes. Tel est mon choix. Mortel je suis, mortel je reste, avec tout ce que j&rsquo;aime et qui passe comme moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas sans une pleine conscience que les Grecs avaient, d\u00e8s leur premier \u00e9veil, con\u00e7u le personnage d&rsquo;Ulysse, ni qu&rsquo;\u00e0 ce h\u00e9ros abreuv\u00e9 de malheur ils avaient pr\u00eat\u00e9 comme premi\u00e8re aventure celle, d\u00e9chirante, de sa rencontre avec Calypso la divine, ni que leur grand po\u00e8te inconnu et g\u00e9nial ait su en vingt vers, pas un de plus, dire son fait \u00e0 la tentation de n&rsquo;\u00eatre plus homme. Ce n&rsquo;est pas sans conscience ni dessein, car d\u00e8s cette \u00e9poque recul\u00e9e, je crois, les deux maximes sacr\u00e9es au fronton de leurs temples \u00e9taient : Gn\u00f4thi seauton, \u00ab Connais-toi toi-m\u00eame \u00bb, et M\u00ead\u00e8n agan, \u00ab Rien de trop \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le deuxi\u00e8me texte, j&rsquo;h\u00e9siterais entre deux passages du r\u00e9cit qu&rsquo;H\u00e9rodote nous a laiss\u00e9 des guerres m\u00e9diques : un certain \u00e9pisode de la bataille des Thermopyles et le d\u00e9but de la bataille de Marathon. Dans chacune de ces batailles, souvenons-nous, le sort de la premi\u00e8re civilisation fut jou\u00e9 et gagn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;historien anglais Toynbee, faisant le bilan de l&rsquo;histoire, compte une quarantaine de civilisations. Si l&rsquo;on veut. Mais, enfin, de civilisations scientifiques, de civilisations tout court, universelles, il n&rsquo;y en a eu jusqu&rsquo;ici que deux : la premi\u00e8re, invent\u00e9e par les Grecs, adopt\u00e9e par cent peuples et morte avec Rome, et la n\u00f4tre, n\u00e9e quinze si\u00e8cles plus tard de la r\u00e9surrection de l&rsquo;autre et qui en est, elle aussi, pr\u00e9sentement, \u00e0 1&rsquo;effrayante d\u00e9couverte de la solitude de l&rsquo;homme et \u00e0 la d\u00e9couverte, non moins effrayante, qu&rsquo;\u00e0 ce choc la premi\u00e8re ne put r\u00e9sister et s&rsquo;effondra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le prix de la libert\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9finitive, pour expliquer l&rsquo;homme \u00e0 mon \u00ab non-humain \u00bb, je choisirais Marathon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Quand les troupes eurent pris position, dit H\u00e9rodote (VI, 112), les Ath\u00e9niens, ayant sonn\u00e9 la charge, se lanc\u00e8rent au pas de course sur les Barbares, dont ils \u00e9taient s\u00e9par\u00e9s d&rsquo;au moins quinze cents m\u00e8tres. Les Perses, les voyant arriver sur eux en courant, se pr\u00e9par\u00e8rent \u00e0 les recevoir. A les voir peu nombreux, sans cavalerie, sans archers, et chargeant pourtant au pas de course, ils les crurent fous. Ils les voyaient d\u00e9j\u00e0 perdus par cette folie. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Suit le r\u00e9cit de la bataille, o\u00f9 les Perses, de fa\u00e7on pour eux incompr\u00e9hensible, car ils n&rsquo;\u00e9taient ni moins braves ni moins bien arm\u00e9s que les Ath\u00e9niens, furent \u00e9cras\u00e9s. Or, ce que les Perses ne comprirent pas, ce qu&rsquo;H\u00e9rodote m\u00eame ne se donne pas la peine d&rsquo;expliquer, puisqu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9crit pas pour les Barbares, nous, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que les Ath\u00e9niens furent vainqueurs et que nous sommes les enfants de Marathon, nous le voyons fort bien : \u00e0 Marathon, pour la premi\u00e8re fois, une bataille fut calcul\u00e9e o\u00f9 la mort d&rsquo;un certain nombre de combattants, qui le savaient et l&rsquo;acceptaient, entrait dans le calcul. Le centre du corps de bataille prit part au calcul qui le sacrifiait. H\u00e9rodote rapporte \u00e0 plusieurs reprises la stupeur des Perses, y compris les plus braves et les plus intelligents, devant ce qui leur apparaissait comme une absurdit\u00e9. \u00ab Mais que diable font-ils, que veut dire cette singerie ? \u00bb, dit \u00e0 peu pr\u00e8s Xerx\u00e8s en observant les Spartiates des Thermopyles tr\u00e8s occup\u00e9s, deux minutes avant de se faire massacrer, \u00e0 terminer leurs exercices quotidiens de gymnastique et \u00e0 peigner leurs longs cheveux. \u00ab Ce sont des cingl\u00e9s ! Allez me chercher ces pantins et qu&rsquo;ils viennent m&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;ils fichent l\u00e0 ! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait que les cingl\u00e9s se firent tuer jusqu&rsquo;au dernier, sauf deux, dont un, bless\u00e9 et \u00e9vanoui, se suicida \u00e0 son r\u00e9veil et l&rsquo;autre chercha et trouva la mort \u00e0 la bataille suivante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ils sont encore beaucoup comme ceux-l\u00e0 ? s&rsquo;inqui\u00e8te le roi barbare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tous sont ainsi, dit son conseiller grec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Pourquoi ? Mais pourquoi ? ne cesse de se demander le Perse tout au long de cette guerre qui ne ressemble \u00e0 aucune autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voyez-vous, lui disent un jour deux Grecs envoy\u00e9s en ambassade, il y a quelque chose que vous ne connaissez pas, que nous autres\u00a0 appelons eleutheria, la libert\u00e9, et quiconque y a go\u00fbt\u00e9 ne peut plus vivre autrement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Absurdit\u00e9 ! Qu&rsquo;est-ce que la libert\u00e9 d&rsquo;un homme mort ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux Grecs sourient et se taisent. Plut\u00f4t mourir que de vivre barbare. Ces hommes de Marathon qui couraient \u00e0 la mort avaient go\u00fbt\u00e9 \u00e0 un surcro\u00eet d&rsquo;\u00eatre indiciblement neuf, irr\u00e9sistible, plus pr\u00e9cieux que la vie : la lumi\u00e8re et le sourire d&rsquo;Apollon, fr\u00e8re des Muses. Ils \u00e9taient habit\u00e9s par cette lumi\u00e8re. Derri\u00e8re eux, par-del\u00e0 le temps et l&rsquo;espace, couraient Socrate, Pythagore, Platon, Archim\u00e8de, \u00c9ratosth\u00e8ne, l&rsquo;homme futur, dans sa jeunesse \u00e9blouissante&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La mort de Dieu<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Au temps de Marathon, l&rsquo;homme futur ne pouvait deviner que l&rsquo;obstacle supr\u00eame n&rsquo;\u00e9tait pas le Barbare, mais lui-m\u00eame, et qu&rsquo;il n&rsquo;affronterait pas cet obstacle au coude \u00e0 coude exaltant de la charge guerri\u00e8re, mais tout seul, dans la d\u00e9r\u00e9liction et le silence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui suis-je ? A quoi rime ce monde de causes aveugles en proie au d\u00e9sordre, au crime, \u00e0 la violence et toujours, finalement, \u00e0 la mort ? Pourquoi le bien se d\u00e9robe-t-il obstin\u00e9ment \u00e0 mes mains qui ont cr\u00e9\u00e9 le beau, \u00e0 mon esprit qui contemple le vrai ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme futur de Marathon ne pouvait pr\u00e9voir que l&rsquo;univers lumineux d&rsquo;Apollon s&rsquo;effondrerait par l&rsquo;effet d&rsquo;une absence, celle d&rsquo;Apollon lui-m\u00eame. Comme nous sur la mort de Dieu, Plutarque, pr\u00eatre d&rsquo;Apollon, s&rsquo;interroge sur la disparition des prodiges. Cic\u00e9ron fait le tour de tous les syst\u00e8mes, n&rsquo;en retient aucun <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a>. L&rsquo;homme antique a fait le tour de lui-m\u00eame, d&rsquo;abord tout joyeux de se d\u00e9couvrir, puis terrifi\u00e9 de constater qu&rsquo;il est une prison, et que cette prison est vide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est ici qu&rsquo;\u00e0 mon non-humain je citerai pour pr\u00e9senter l&rsquo;homme mon troisi\u00e8me texte, le cri de J\u00e9sus sur sa croix : \u00ab P\u00e8re, p\u00e8re, pourquoi m&rsquo;as-tu abandonn\u00e9 ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Remarquez-en, lui dirais-je, toutes les circonstances. Ce J\u00e9sus qui lance ainsi son appel vers un ciel muet, il s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9 Dieu, il se croit Dieu. Il l&rsquo;a dit \u00e0 son juge, un Romain nourri de Cic\u00e9ron, que cette sornette a fait b\u00e2iller.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, ajouterais-je, et si c&rsquo;\u00e9tait vrai ? Et si, sans le savoir, vous, moi, Pilate, Judas, Staline, Platon, Ulysse qui choisit de ne pas l&rsquo;\u00eatre, nous \u00e9tions Dieu ? Si \u00eatre Dieu, c&rsquo;\u00e9tait se demander si on l&rsquo;est ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite sans fin des \u00eatres, qui de l&rsquo;inanim\u00e9 montent vers la pens\u00e9e, vers l&rsquo;homme et au-del\u00e0, n&rsquo;aboutit-elle pas \u00e0 ce : \u00ab Qui suis-je ? \u00bb. Cette interrogation n&rsquo;est-elle donc pas pos\u00e9e d\u00e8s le commencement des choses, \u00e0 leur source, l\u00e0 o\u00f9 en d&rsquo;autres temps on posait l&rsquo;acte cr\u00e9ateur ? Ne l&rsquo;est-elle pas, oui, d\u00e8s le commencement, d\u00e8s que les premi\u00e8res particules, conform\u00e9ment au myst\u00e9rieux principe de Pauli, entreprennent de se rassembler pour former des structures et ainsi s&rsquo;engagent dans l&rsquo;infatigable remaniement cr\u00e9ateur d&rsquo;\u00e9toiles, puis de plan\u00e8tes, puis de vie, puis de pens\u00e9e, cette pens\u00e9e qui s&rsquo;interroge sur elle-m\u00eame ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une interrogation sans r\u00e9ponse<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et poursuivant tout haut avec mon non-humain ce soliloque o\u00f9 je suis engag\u00e9 depuis mon enfance, je lui dirais encore\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Moi, Aim\u00e9 Michel, homme quelconque, vieillissant et repu d&rsquo;interrogations, je me sens d\u00e9positaire de cette interrogation ultime de l&rsquo;univers sur lui-m\u00eame. Si je pense, je sais que ce n&rsquo;est pas par hasard. Il ne m&rsquo;est plus loisible, comme \u00e0 Saunderson, le math\u00e9maticien aveugle et ath\u00e9e de Diderot <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a> d&rsquo;interpeller en mourant le \u00ab dieu de Newton \u00bb pour lui demander compte de mon absurdit\u00e9. Je sais que je ne suis pas une lubie de l&rsquo;\u00e9ternelle horloge, puisque, infatigablement et sans jamais interrompre son infini travail, l&rsquo;horloge depuis toujours me cherche. Je ne suis pas sa lubie, fruit de quelque al\u00e9atoire fluctuation, mais son enfant. Il est bien vrai qu&rsquo;\u00ab avant le commencement du monde \u00bb elle m&rsquo;a voulu, que c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;acte d&rsquo;amour par excellence, puisqu&rsquo;il emplit pour le moins tout l&rsquo;espace-temps et peut-\u00eatre d&rsquo;autres gouffres que mon insuffisance est impuissante \u00e0 soup\u00e7onner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cet amour est muet comme le ciel du Golgotha. \u00c9tait-il homme, \u00e9tait-il Dieu, le crucifi\u00e9 ? Y a-t-il une diff\u00e9rence ? Comme nous tous, il mourut seul, abandonn\u00e9. Et parfois me vient cette id\u00e9e h\u00e9r\u00e9tique l&rsquo;Innommable s&rsquo;est vraiment fait homme et est mort crucifi\u00e9 sous Ponce Pilate, non (ou non seulement) comme ses fid\u00e8les l&rsquo;ont dit, pour effacer\u00a0 les p\u00e9ch\u00e9s du monde, non pas seulement dans ce but, mais pour participer \u00e0 ses douleurs, pour r\u00e9pondre \u00e0 Ulysse\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Oui, tu as bien choisi en ne fuyant pas ta condition, en choisissant d&rsquo;\u00eatre fid\u00e8le \u00e0 ton \u00e9pouse fl\u00e9trie loin de toi, \u00e0 ta patrie avec ses \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 durs travaux, \u00e0 ta terre toujours secou\u00e9e de temp\u00eates et destin\u00e9e \u00e0 mourir. La preuve que tu as bien choisi, c&rsquo;est que Moi, le Sans-Nom, d&rsquo;o\u00f9 tout proc\u00e8de, Moi qui sais le dernier mot des choses, j&rsquo;ai voulu que tu me voies comme tu es toi-m\u00eame, enfonc\u00e9 dans le dernier d\u00e9sespoir, appelant un p\u00e8re qui ne r\u00e9pond pas. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux mille ans plus tard, la science, ressuscit\u00e9e, ayant interrog\u00e9 les confins non plus seulement de l&rsquo;homme, mais de la nature, trouve elle aussi (en se trompant selon moi, mais enfin elle croit trouver) que, comme l&rsquo;homme antique, la nature est une prison vide. Alors se l\u00e8ve un autre h\u00e9r\u00e9siarque juif qui proclame le meurtre du P\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Funeste proclamation que l&rsquo;on voit, depuis, vider le c\u0153ur humain de son vieil entrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un monde irrespirable<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;avais hier, dans mon bureau, deux jeunes gens venus me dire leur d\u00e9sarroi. Un m\u00e9cano et un \u00e9tudiant, dix-huit et dix-neuf ans. Bien portants, bien nourris, se d\u00e9pla\u00e7ant dans une jolie voiture italienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ce monde est impossible, irrespirable, me disent-ils en ch\u0153ur. Nous ne pouvons croire que quelque chose de pire soit viable. Il faut donc le d\u00e9truire. Qu&rsquo;importe que nous ne sachions pas par quoi le remplacer, puisque de toute fa\u00e7on n&rsquo;importe quoi ne peut \u00eatre que meilleur. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils sont gentils, paisibles, mais poss\u00e9d\u00e9s par une foi : il faut tout d\u00e9truire, quelque chose de meilleur en sortira forc\u00e9ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates beaucoup \u00e0 penser ainsi ? dis-je \u00e0 peu pr\u00e8s comme Xerx\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Mais tous ! (Ils ont l&rsquo;air \u00e9tonn\u00e9s.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Savez-vous que jamais, aussi loin que l&rsquo;histoire remonte, le monde n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 si paisible et si confortable ? Que Rome, la Gr\u00e8ce, la France de Louis XIV, l&rsquo;Espagne de Philippe II \u00e9taient des pays du tiers monde ? Que vous \u00eates la premi\u00e8re port\u00e9e de jeunes hommes qui ne soit pas \u00e0 se faire tuer quelque part ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils ont l&rsquo;air \u00e9tonn\u00e9s, mais n&rsquo;en r\u00e9p\u00e8tent pas moins que ce monde vide est irrespirable, et que mieux vaut n&rsquo;importe quoi. Je les confesse. Pourquoi croient-ils si fortement que n&rsquo;importe quoi serait meilleur ? Et je trouve, comme toujours, la foi irrationnelle dans le troisi\u00e8me grand h\u00e9r\u00e9siarque juif, celui qui a \u00e9crit d&rsquo;\u00e9normes livres illisibles, mais imposants, montrant qu&rsquo;il existe un cours inexorable de l&rsquo;histoire et que ce cours aboutit fatalement, par le jeu de lois naturelles \u00ab scientifiquement d\u00e9montr\u00e9es \u00bb, \u00e0 un \u00e9tat de l&rsquo;humanit\u00e9 all\u00e9g\u00e9 de tout ce qui nous oblige \u00e0 la patience et \u00e0 l&rsquo;effort. Je cherche un autre livre et leur lis :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Puisque, dans la sagesse de Dieu, le monde n&rsquo;a pas connu Dieu par le moyen de la sagesse, il a plu \u00e0 Dieu de sauver ceux qui croient par la folie de la proclamation\u00a0\u00bb (\u00c9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens, 1, 21).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils ont l&rsquo;air ennuy\u00e9s: Dieu, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? Ce genre de truc, c&rsquo;est aberrant, on n&rsquo;y comprend rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0\u2014 On n&rsquo;y comprend rien, en effet, parce qu&rsquo;il faut traduire m\u00eame la traduction fran\u00e7aise: c&rsquo;est tellement vieux ! Deux mille ans ! Les id\u00e9es ont vieilli ! Mais pas la situation que cette phrase exprime, et qui est la v\u00f4tre. Si je vous disais, par exemple, ceci : \u00ab\u00a0Puisque, soumis \u00e0 des lois scientifiques inexorables, l&rsquo;homme se trouve incapable de savoir par sa raison \u00e0 quoi rime la vie, nous le saurons en croyant dur comme fer \u00e0 l&rsquo;avenir promis par la dialectique et la roue de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb, est-ce que cela vous appara\u00eet plus clair ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tr\u00e8s clair, dit le m\u00e9cano. Mais si j&rsquo;y crois, c&rsquo;est parce que c&rsquo;est la science.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Avez-vous lu le proph\u00e8te qui l&rsquo;affirme ? Non. Savez-vous au juste comment fonctionne la science ? Non plus. Mais vous \u00eates, nous sommes tous, dans un monde proph\u00e9tique. Quelques hommes, tous h\u00e9r\u00e9siarques de la religion des proph\u00e8tes, ont r\u00e9ussi \u00e0 sauver le proph\u00e9tisme en le d\u00e9guisant en science. Le premier vous dit qu&rsquo;il sait ce qu&rsquo;est l&rsquo;homme en devenir : un \u00eatre qui n&rsquo;atteint sa maturit\u00e9 que par le meurtre du p\u00e8re, et qui donc n&rsquo;a plus de p\u00e8re s&rsquo;il est adulte. Le second proclame ce que sera l&rsquo;homme de demain. Et comme vous ne vous sentez ni d\u00e9sireux de n&rsquo;avoir plus de p\u00e8re, ni actionn\u00e9s par la roue de l&rsquo;histoire, vous \u00eates tr\u00e8s malheureux, vous aussi, vous criez vers le ciel muet : \u00ab\u00a0P\u00e8re, pourquoi m&rsquo;as-tu abandonn\u00e9 ?\u00a0\u00bb C&rsquo;est le cri de notre temps. Et c&rsquo;est pourquoi, comme les croyants d&rsquo;il y a vingt si\u00e8cles, vous appelez l&rsquo;apocalypse : \u00ab\u00a0Tant crie-t-on No\u00ebl qu&rsquo;il vient&#8230;\u00a0\u00bb \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La confiance et la chance<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Crois-je \u00e0 l&rsquo;apocalypse ? J&rsquo;avoue \u00eatre moins s\u00fbr de l&rsquo;avenir que Louis Pauwels. Il dit que quelque chose de fondamental et d&rsquo;irr\u00e9sistible a chang\u00e9 depuis les premiers apocalyptiques : maintenant, il y a la science exp\u00e9rimentale et la technologie toujours renouvel\u00e9es, qui ne cessent de d\u00e9couvrir des moyens de ma\u00eetriser les situations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est vrai ! Objectivement, les hommes ont ces moyens-l\u00e0, et c&rsquo;est une situation totalement nouvelle. Il est entre nos mains, le pouvoir de ma\u00eetriser toutes les apocalypses. Seulement, il y a les proph\u00e8tes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un proph\u00e8te n&rsquo;est pas un voyant qui sait ce qui viendra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un \u00e9nergum\u00e8ne poss\u00e9d\u00e9 par une seule id\u00e9e et dou\u00e9 du fatal g\u00e9nie de la rendre contagieuse. Ses catastrophes arrivent non parce qu&rsquo;il les a pr\u00e9vues, mais parce que ses s\u00e9duisantes clameurs y ont conduit ses croyants et tout le monde avec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les Grecs s&rsquo;\u00e9taient tenus au choix d&rsquo;Ulysse, ils n&rsquo;auraient jamais pris peur. Les invasions n&rsquo;auraient jamais d\u00e9truit un empire dot\u00e9 trois ou quatre si\u00e8cles apr\u00e8s Archim\u00e8de de la bombe atomique. Ils auraient march\u00e9 sur la Lune au temps de M\u00e9rov\u00e9e, lequel, plut\u00f4t que de faire le fier avec sa francisque \u00e0 deux tranchants, serait all\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou aurait d\u00e9couvert l&rsquo;Am\u00e9rique. H\u00e9las ! si&#8230; Ils le savent bien, les proph\u00e8tes, que l&rsquo;histoire est faite par leur folie, eux qui nous r\u00e9p\u00e8tent qu&rsquo;on ne la refait pas avec des si inspir\u00e9s par la raison&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, plus profond\u00e9ment, je crois \u00e0 l&rsquo;existence de ressorts myst\u00e9rieux dont les proph\u00e8tes eux-m\u00eames ne sont que l&rsquo;aveugle instrument. Et l\u00e0, je ne suis plus, je crois, en d\u00e9saccord avec Pauwels. Que la premi\u00e8re civilisation se soit effondr\u00e9e, on voit bien, apr\u00e8s coup, que cela a un sens. On voit bien ce que cet effondrement\u00a0 a d\u00e9finitivement effac\u00e9, mais on voit mieux encore ce que sa r\u00e9surrection a fait na\u00eetre de neuf. La Renaissance, c&rsquo;est plus que la r\u00e9surrection d&rsquo;Archim\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Que voyons-nous pr\u00e9sentement ? Que les progr\u00e8s de la m\u00e9decine, du syndicalisme, du droit international, plus la protection de la bombe atomique, ont suspendu la s\u00e9lection biologique de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine presque tout le monde survit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et dans cette cohue de survivants forc\u00e9s, attend sans le savoir une foule cach\u00e9e d&rsquo;esprits neufs qui traverseront l&rsquo;apocalypse gr\u00e2ce \u00e0 la nouveaut\u00e9 de leurs dons. Invisible m\u00eame \u00e0 ses futurs passagers, c&rsquo;est la nouvelle arche de No\u00e9. Elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, parmi nous, toute pr\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Supposons qu&rsquo;elle vienne, cette apocalypse tant attendue par la mar\u00e9e des fanatiques. Nous savons, gr\u00e2ce \u00e0 la seule loi certaine et d\u00e9montr\u00e9e de l&rsquo;histoire, que rien ne se passera comme annonc\u00e9 ni pr\u00e9vu. Le chaos, c&rsquo;est le chaos. Il faudra, pour passer au travers, beaucoup de chance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Traverseront, donc, premi\u00e8rement, le petit nombre des chanceux tir\u00e9s par l&rsquo;avare loterie du hasard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais surtout traverseront ceux qui cr\u00e9eront leur chance en devinant. Ceux-l\u00e0 existent parmi nous sans le savoir, h\u00f4tes pr\u00e9matur\u00e9s d&rsquo;un monde o\u00f9 leur diff\u00e9rence n&rsquo;a pas d&#8217;emploi. N&rsquo;a pas encore d&#8217;emploi. Quelle \u00e2me faudra-t-il pour se sentir chez soi dans une terre du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle livr\u00e9e \u00e0 la folie, mais munie des impr\u00e9visibles sophistications de la modernit\u00e9 ? Peut-\u00eatre ce genre d&rsquo;esprit qu&rsquo;\u00e9tudient J.-B. Rhine et ses disciples <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a> ? Peut-\u00eatre un esprit enfin r\u00e9concili\u00e9 avec le c\u0153ur ? Qui le sait ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour moi qui depuis mon enfance n&rsquo;ai jamais song\u00e9 au futur qu&rsquo;avec l&rsquo;indicible jubilation du matin et que rien jamais n&rsquo;a d\u00e9\u00e7u, je remercie le Sans-Nom, le Vieux des jours, l&rsquo;Inconnu des inconnus, le Cach\u00e9 des cach\u00e9s, de m&rsquo;avoir r\u00e9serv\u00e9 pour ce temps d&rsquo;incertitude et d&rsquo;enfantement. J&rsquo;ai confiance dans les t\u00e9n\u00e8bres o\u00f9 peut-\u00eatre nous allons. Ce sont les m\u00eames t\u00e9n\u00e8bres qui, depuis toujours, du n\u00e9ant tirent l&rsquo;\u00eatre, de la nuit le jour, de l&rsquo;ignorance le savoir, du sommeil l&rsquo;acte, de la mort l&rsquo;amour. \u00ab P\u00e8re inconnu, dit Ulysse, d\u00e9cid\u00e9ment je n&rsquo;aime pas ce calice. Mais s&rsquo;il faut le boire, on le boira. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aim\u00e9 Michel<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Aim\u00e9 Michel (1919-1992), ing\u00e9nieur, philosophe, po\u00e8te, a \u00e9crit notamment \u00ab Myst\u00e9rieux Objets c\u00e9lestes \u00bb et \u00ab les Pouvoirs du mysticisme \u00bb. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> Hom\u00e8re : <em>l&rsquo;odyss\u00e9e<\/em> (chant V, vers 215 et suiv.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Dans le <em>De natura deorum<\/em>, o\u00f9 le lecteur de 1977 doit admettre que d\u00e8s ce temps-l\u00e0 tout avait \u00e9t\u00e9 dit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> A la fin de sa Lettre sur les aveugles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> C&rsquo;est-\u00e0-dire un esprit ma\u00eetre enfin de ses facult\u00e9s dites paranormales, pour le moment si insaisissables ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La suite sans fin des \u00eatres, qui de l&rsquo;inanim\u00e9 montent vers la pens\u00e9e, vers l&rsquo;homme et au-del\u00e0, n&rsquo;aboutit-elle pas \u00e0 ce : \u00ab Qui suis-je ? \u00bb. Cette interrogation n&rsquo;est-elle donc pas pos\u00e9e d\u00e8s le commencement des choses, \u00e0 leur source, l\u00e0 o\u00f9 en d&rsquo;autres temps on posait l&rsquo;acte cr\u00e9ateur ? Ne l&rsquo;est-elle pas, oui, d\u00e8s le commencement, d\u00e8s que les premi\u00e8res particules, conform\u00e9ment au myst\u00e9rieux principe de Pauli, entreprennent de se rassembler pour former des structures et ainsi s&rsquo;engagent dans l&rsquo;infatigable remaniement cr\u00e9ateur d&rsquo;\u00e9toiles, puis de plan\u00e8tes, puis de vie, puis de pens\u00e9e, cette pens\u00e9e qui s&rsquo;interroge sur elle-m\u00eame ?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[534],"tags":[409,16],"class_list":["post-4647","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-michel-aime","tag-destin","tag-mort"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Telles sont les questions fondamentales... par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/telles-sont-les-questions-fondamentales-par-aime-michel\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Telles sont les questions fondamentales... par Aim\u00e9 Michel - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La suite sans fin des \u00eatres, qui de l&#039;inanim\u00e9 montent vers la pens\u00e9e, vers l&#039;homme et au-del\u00e0, n&#039;aboutit-elle pas \u00e0 ce : \u00ab Qui suis-je ? \u00bb. 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