{"id":5541,"date":"2010-10-31T02:27:33","date_gmt":"2010-10-31T01:27:33","guid":{"rendered":"http:\/\/pro.ovh.net\/~emillena\/blog\/?p=5541"},"modified":"2011-10-09T00:24:59","modified_gmt":"2011-10-08T23:24:59","slug":"mort-et-survie-par-leon-jacques-delpech","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/mort-et-survie-par-leon-jacques-delpech\/","title":{"rendered":"Mort et survie par L\u00e9on-Jacques Delpech"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Psi International. N<sup>o<\/sup> 7. Octobre-Novembre-D\u00e9cembre 1978)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Nous donnons ici quelques fragments du cours du Professeur L.-J. Delpech (<\/em><\/strong><strong><em>1908-1986)<\/em><\/strong><strong><em> sur un probl\u00e8me essentiel, celui de la mort et de la survie. Nul mieux que notre collaborateur, philosophe, secr\u00e9taire \u00e0 20 ans de Maurice Blondel, le plus grand penseur chr\u00e9tien du premier demi-si\u00e8cle, parapsychologue disciple de Charles Lancelin comme du Professeur Calligaris, enfin th\u00e9rapeute du R\u00eave \u00e9veill\u00e9 dirig\u00e9 et professeur de psychologie \u00e0 la Sorbonne, puis \u00e0 Paris VII, ne pouvait sonder ce redoutable probl\u00e8me.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<figure id=\"attachment_9185\" aria-describedby=\"caption-attachment-9185\" style=\"width: 245px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9185\" title=\"Delpech2\" src=\"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/10\/Delpech2-245x300.jpg\" alt=\"\" width=\"245\" height=\"300\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9185\" class=\"wp-caption-text\">L.-J. Delpech (1908-1986)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bergson et la survie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce probl\u00e8me nous concerne tous, cela d&rsquo;ailleurs a \u00e9t\u00e9 mis en lumi\u00e8re par Pascal dans cette phrase des Pens\u00e9es : \u00ab <em>Aussi belle que soit la Com\u00e9die en tout le reste, le dernier acte est sanglant, on jette un peu de terre sur la t\u00eate, en voil\u00e0 pour jamais<\/em> \u00bb. C&rsquo;est en lisant Bergson que je me suis pos\u00e9 ce probl\u00e8me. Ecoutons-le dans <em>les deux sources<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Quelle transformation dans une humanit\u00e9 habitu\u00e9e, quoi qu&rsquo;elle dise, \u00e0 n&rsquo;accepter pour existant que ce qu&rsquo;elle croit et ce qu&rsquo;elle touche ! L&rsquo;information qui nous viendrait ainsi, concernerait peut-\u00eatre et ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;inf\u00e9rieur dans les \u00e2mes, le dernier degr\u00e9 de la spiritualit\u00e9, mais il n&rsquo;en faudrait pas davantage pour convertir en r\u00e9alit\u00e9 vivante et agissante une croyance \u00e0 l&rsquo;au-del\u00e0 qui semble se rencontrer chez la plupart des hommes mais qui reste le plus souvent verbale, abstraite et inefficace. En v\u00e9rit\u00e9, si nous \u00e9tions s\u00fbrs, absolument s\u00fbrs de survivre, nous ne pourrions plus penser \u00e0 autre chose. Les plaisirs subsisteraient mais ternes et d\u00e9color\u00e9s parce que leur intensit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait que l&rsquo;attention que nous fixions sur eux. Ils p\u00e2liraient comme la lumi\u00e8re de mes ampoules au soleil du matin. Le plaisir serait \u00e9clips\u00e9 par la joie<\/em> \u00bb ! (<em>Les deux sources de la morale et de la religion<\/em>, P.U.F. 1931 in fine).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1939, j&rsquo;ai fait demander par mon ami Jean Baruzi, professeur d&rsquo;histoire des religions au Coll\u00e8ge de France et familier de Bergson, si celui-ci maintenait toujours cette position. La r\u00e9ponse fut affirmative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Survie et bombe atomique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1946, j&rsquo;\u00e9tais chez Gaston Bachelard <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a> dans son petit appartement de la rue de la Montagne Sainte-Genevi\u00e8ve avec le Dr Francis Lef\u00e9bure qui venait de faire la campagne d&rsquo;Italie. Nous \u00e9tions tr\u00e8s marqu\u00e9s par le probl\u00e8me de la bombe atomique et nous nous sommes demand\u00e9s pourquoi l&rsquo;humanit\u00e9 qui \u00e9tait capable de mobiliser des milliers de savants pour une \u0153uvre de destruction, ne pourrait pas en faire autant pour essayer de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la mort. Je devais retrouver la m\u00eame id\u00e9e en 1958 dans un livre sur \u00ab <em>L&rsquo;humanisme technique<\/em> \u00bb de l&rsquo;\u00e9crivain, philosophe Gabriel Veraldi. \u00ab <em>L&rsquo;inconnaissable n&rsquo;existe pas, il n&rsquo;y a que des concepts insuffisants. Je suis personnellement certain que si l&rsquo;on avait appliqu\u00e9 au probl\u00e8me de la mort autant d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 et d&rsquo;efforts qu&rsquo;\u00e0 la fabrication de la bombe H, cet \u00e9ternel myst\u00e8re serait plus qu&rsquo;\u00e0 moiti\u00e9 \u00e9clairci<\/em> \u00bb (p. 87-88).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le probl\u00e8me de la vie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour aborder le probl\u00e8me de la mort je suis naturellement amen\u00e9 \u00e0 faire un d\u00e9tour : la mort est quelque chose de n\u00e9gatif, il faut donc se pencher sur ce qui est son inverse, \u00e0 savoir la vie. Depuis la d\u00e9couverte de la double h\u00e9lice par Watson et Crick, nous connaissons la structure vitale biologico-mol\u00e9culaire \u2014 mais ce n&rsquo;est pas pour le moment notre propos. Nous allons nous placer \u00e0 un point de vue ph\u00e9nom\u00e9nologique au sens \u00e9tymologique du terme \u2014 et ainsi essayer de d\u00e9terminer quelques aspects de la vie. Premi\u00e8rement, pour les scholastiques la vie c&rsquo;est le mouvement, mais le mouvement impr\u00e9visible. L&rsquo;\u00eatre vivant et plus particuli\u00e8rement l&rsquo;homme est autonome. Cf. les travaux de P. Vendry\u00e8s. Cela est caract\u00e9ristique en particulier dans le mouvement des animaux que vous d\u00e9routez en restant immobile. Au sens scientifique, le mouvement ce sont les \u00e9changes de l&rsquo;\u00eatre vivant et de son milieu. Autrement dit, le m\u00e9tabolisme. Dans ces \u00e9changes, il y a un \u00e9l\u00e9ment fondamental dont l&rsquo;homme ne peut s&rsquo;abstenir plus de quelques minutes, c&rsquo;est la respiration. Il est \u00e0 remarquer que les anciennes civilisations de l&rsquo;Orient ont accord\u00e9 une grande importance \u00e0 la science du respire. Ce fut le cas pour l&rsquo;Inde avec le yoga de Patanjali et pour le tao\u00efsme. Maspero a \u00e9crit dans le <em>Journal asiatique<\/em> de 1936 une s\u00e9rie d&rsquo;articles sur les disciplines de respiration dans cette doctrine et il a fait le rapprochement avec la respiration du nouveau-n\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre aspect de la vie, c&rsquo;est le sang. On sait que dans la Bible, l&rsquo;auteur du L\u00e9vitique (VII) identifie l&rsquo;\u00e2me avec le sang et une perte de sang assez importante menace le sujet de mort. Depuis Quinton (1904), on sait que la constitution du sang est analogue \u00e0 celle de l&rsquo;eau de mer. Un autre \u00e9l\u00e9ment, c&rsquo;est la chaleur. Les mammif\u00e8res ont besoin pour vivre d&rsquo;un certain degr\u00e9 de chaleur et les variations de chaleur dans le corps humain sont d&rsquo;une marge assez minime de trente degr\u00e9s \u00e0 quarante-deux. Quinton a essay\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudier l&rsquo;\u00e9volution des esp\u00e8ces animales en fonction de leur chaleur int\u00e9rieure (manuscrit de 1896 publi\u00e9 dans la R.M.M. de 1933). Depuis quelques ann\u00e9es certains techniciens pr\u00e9tendent que l&rsquo;on peut bloquer ce processus vital par le froid \u2014 on mettrait en hibernation un sujet atteint d&rsquo;une grave maladie et on attendrait les progr\u00e8s de la science pour pouvoir le remettre dans le circuit vital et l&rsquo;op\u00e9rer \u2014 mais cette technique qui semble possible pour les reptiles (cas des crapauds) n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en fait avec succ\u00e8s sur des mammif\u00e8res. Les tentatives en Yougoslavie par Giaja il y a une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 des \u00e9checs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vie et \u00e9lectricit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons-en enfin au processus \u00e9lectrique. Lakovsky en 1930 a \u00e9mis une th\u00e9orie qui rapproche la vie d&rsquo;une oscillation \u00e9lectrique. Se basant sur ce point de vue, il a pu gu\u00e9rir des cancers de certaines plantes. Charles Laville, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, a mis en lumi\u00e8re une th\u00e9orie du m\u00e9tabolisme \u00e9lectrique de l&rsquo;\u00eatre humain. Son disciple, L.C. Vincent, a \u00e9tabli que la vie r\u00e9pondait \u00e0 une triple d\u00e9termination : 1) le PH du sang, c&rsquo;est-\u00e0-dire les ions libres d&rsquo;hydrog\u00e8ne que l&rsquo;on trouve dans le sang ; 2) l&rsquo;oxydor\u00e9duction, c&rsquo;est-\u00e0-dire les ions d&rsquo;oxyg\u00e8ne qui sont r\u00e9duits par le m\u00e9tabolisme et 3) la r\u00e9sistivit\u00e9 \u00e9lectrique du corps humain. Gr\u00e2ce \u00e0 ces trois donn\u00e9es, on peut avoir un profil de la vitalit\u00e9 de l&rsquo;homme. Durant les exp\u00e9riences astronautiques, les Am\u00e9ricains pouvaient contr\u00f4ler d&rsquo;Huston la vitalit\u00e9 de leurs astronautes \u00e0 chaque instant. Au point de vue \u00e9lectroenc\u00e9phalographique, l&rsquo;\u00e9tude des activit\u00e9s du cerveau des \u00eatres vivants a \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9e en Italie en 1812 par Rolando et en ce qui concerne les \u00eatres humains par Caton \u00e0 Londres en 1870, mais la mise au point a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par l&rsquo;ing\u00e9nieur allemand Berger de I\u00e9na en 1926. Depuis l&rsquo;E.E.G. a rendu mille services en particulier dans l&rsquo;\u00e9tude objective du r\u00eave. Actuellement, comme le disait encore lundi dernier le docteur Jean Bernard, le signe de la mort l\u00e9gale est constitu\u00e9 par deux E.E.G. plats pris \u00e0 40 heures d&rsquo;intervalle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vie et forme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On arrive maintenant \u00e0 une d\u00e9finition classique donn\u00e9e nagu\u00e8re par Aristote <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a> dans son <em>trait\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me<\/em>, \u00e0 savoir \u00ab <em>l&rsquo;\u00e2me est la forme du corps<\/em> \u00bb. Cette notion a \u00e9merg\u00e9 de la synth\u00e8se des th\u00e9ories pr\u00e9socratiques des quatre \u00e9l\u00e9ments et devait converger avec la m\u00e9decine hippocratique pour laquelle l&rsquo;homme est une synth\u00e8se de quatre \u00e9l\u00e9ments : la bile, le feu, l&rsquo;air et l&rsquo;eau et donner quatre temp\u00e9raments : le bilieux, le nerveux, le sanguin, le lymphatique. Le Dr Bayle, dans sa th\u00e8se sur la \u00ab <em>Psychologie du national-socialisme<\/em> \u00bb (1951), devait heureusement remplacer le bilieux (reste de conceptions antiques) par le synth\u00e9tique. Les n\u00e9o-hippocratiques Carton, Perriot et Viart d\u00e9fendirent de nos jours ce point de vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la notion de formes est que d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, elle transcende l&rsquo;espace-temps comme l&rsquo;a montr\u00e9 R. Ruyer dans sa \u00ab <em>Gen\u00e8se des formes vivantes<\/em> \u00bb o\u00f9 il a prouv\u00e9 qu&rsquo;elle ne peut surgir d&rsquo;une accumulation de cellules mais qu&rsquo;elle existe avant elles. Ce qui a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par les exp\u00e9riences de De Bekker reconstituant le membre sectionn\u00e9 d&rsquo;un animal (rat) par une stimulation tr\u00e8s longue d&rsquo;un mini courant \u00e9lectrique. Une autre exp\u00e9rience est celle de Paul Weiss. Celui-ci pr\u00e9leva un rein sur un embryon de poulet de 8 \u00e0 14 jours, organe qu&rsquo;il r\u00e9duisit en une bouillie cellulaire. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tamis\u00e9e et centrifug\u00e9e celle-ci fut dispos\u00e9e goutte \u00e0 goutte et \u00e0 la pipette sur la membrane d&#8217;embryons de poulet de 8 jours. Au bout de 20 jours un v\u00e9ritable nouveau rein s&rsquo;\u00e9tait form\u00e9 \u00e0 cet endroit. Les cellules r\u00e9nales isol\u00e9es avaient donc, m\u00eame en dehors de leur propre organisme, conserv\u00e9 la facult\u00e9 de d\u00e9velopper un nouveau rein. La forme du rein \u00e9tait transcendante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La notion de double<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;homme a d\u00e9couvert son image le jour o\u00f9 il s&rsquo;est pench\u00e9 sur un calme miroir d&rsquo;eau. Que la notion de miroir e\u00fbt permis \u00e0 l&rsquo;homme de d\u00e9couvrir sa personnalit\u00e9 comme le veut Lacan, c&rsquo;est discutable mais elle est une des bases de la notion de double. Notions que d&rsquo;innombrables \u00e9crivains parmi lesquels Dosto\u00efevski et quantit\u00e9s d&rsquo;autres dont on trouvera l&rsquo;historique soit dans le livre de Ranke, soit dans celui de Stocker. Une notion corr\u00e9lative est celle d&rsquo;ombre, puis enfin celle de jumeaux comme celle de sosie. De toutes ces sources convergentes on a \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 admettre que l&rsquo;homme porte en lui un ou plusieurs doubles&#8230; Mais cela est un aspect ph\u00e9nom\u00e9nologique. Nous allons essayer d&rsquo;aller plus loin et nous demander quelle est la r\u00e9alit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne ? Dans quelle mesure le double a \u00e9t\u00e9 reconnu historiquement dans l&rsquo;histoire des religions et enfin nous verrons quelle en est la r\u00e9alit\u00e9. En un mot, y-a-t-il dans l&rsquo;homme un double qui survit \u00e0 la mort ? Pour pr\u00e9ciser la question, une enqu\u00eate historique serait n\u00e9cessaire. Ce n&rsquo;est pas le lieu de la faire car cela nous am\u00e8nerait trop loin. Nous nous bornerons \u00e0 parler d&rsquo;une civilisation qui nous semble exemplaire : celle de l&rsquo;\u00c9gypte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jung et la croyance aux esprits<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le grand psychanalyste suisse a \u00e9tudi\u00e9 le r\u00f4le du subconscient dans la croyance aux esprits. Il \u00e9crit : \u00ab <em>La croyance aux esprits s&rsquo;appuie, chez le primitif, essentiellement sur le r\u00eave. En lui apparaissent tr\u00e8s souvent des personnages en action que la conscience primitive consid\u00e8re volontairement comme des esprits. On sait que pour le primitif certains r\u00eaves ont une valeur incomparablement plus grande que pour L&rsquo;homme civilis\u00e9. Non seulement il en parle beaucoup mais ils ont aussi \u00e0 ses yeux une telle importance qu&rsquo;il semble souvent pouvoir \u00e0 peine les distinguer de la r\u00e9alit\u00e9. Pour les hommes civilis\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral, les r\u00eaves paraissent sans importance, pourtant il en est aussi parmi eux un tr\u00e8s grand nombre qui attribue \u00e0 certains une grande importance, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de leur caract\u00e8re \u00e9trange. Cette particularit\u00e9 que pr\u00e9sentent certains r\u00eaves rend compr\u00e9hensible la supposition qu&rsquo;ils sont inspir\u00e9s. Or s&rsquo;ils sont inspir\u00e9s il doit y avoir aussi implicitement quelque chose qui inspire un esprit, bien qu&rsquo;il ne soit gu\u00e8re question de telle cons\u00e9quence logique. Un cas particuli\u00e8rement favorable est l&rsquo;apparition dans les r\u00eaves de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. L&rsquo;entendement na\u00eff la consid\u00e8re comme une r\u00e9apparition des morts<\/em> \u00bb. Herbert Spencer et ses disciples voient dans ce fait la clef de la croyance aux esprits. Letourneau \u00e9crit : \u00ab <em>Au d\u00e9but de son \u00e9volution mentale l&rsquo;homme ne saurait mettre un instant en doute la r\u00e9alit\u00e9 des \u00eatres qui le visitent durant les r\u00eaves, il existe donc des esprits qui habituellement se d\u00e9robent aux yeux de l&rsquo;homme<\/em> \u00bb. Spencer croit prouver quelque chose en disant que les sauvages ne poss\u00e8dent m\u00eame pas un langage qui leur permet de dire : \u00ab <em>J&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 d&rsquo;avoir vu, au lieu de j&rsquo;ai vu<\/em> \u00bb. Andrew Lang lui r\u00e9pondit d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;on peut s&rsquo;assurer en consultant un dictionnaire de quelque dialecte africain, am\u00e9ricain et que l&rsquo;indig\u00e8ne sait parfaitement dire \u00ab <em>j&rsquo;ai vu en r\u00eave<\/em> \u00bb. Depuis on a d\u00e9couvert que les Sioux avaient entrevu une conception de Freud reliant le r\u00eave \u00e0 la manifestation d&rsquo;un d\u00e9sir. Il n&rsquo;en demeure pas moins que la confusion r\u00eave-r\u00e9alit\u00e9 nous para\u00eet avoir particip\u00e9 \u00e0 la gen\u00e8se de la notion d&rsquo;esprit. Jung ajoute : \u00ab <em>Comme autre source de la croyance aux esprits il faut citer les maladies psychog\u00e8nes, les troubles nerveux, surtout ceux de nature hyst\u00e9rique qui semblent assez fr\u00e9quents chez les primitifs. Comme ces maladies proviennent de conflits psychologiques la plupart du temps inconscients, il semble qu&rsquo;elles sont provoqu\u00e9es par des personnes vivantes ou mortes, rattach\u00e9es de quelque mani\u00e8re \u00e9troitement \u00e0 ce conflit subjectif. S&rsquo;agit-il des morts, on est tent\u00e9 de croire que ce sont les esprits qui ont une influence mauvaise. Les conflits pathog\u00e8nes qui remontent souvent \u00e0 l&rsquo;enfance sont rattach\u00e9s aux souvenirs des parents : il est donc compr\u00e9hensible que, pour le primitif, les esprits des parents aient une importance particuli\u00e8re. C&rsquo;est l\u00e0 ce qui explique que le culte des anc\u00eatres et des parents soit r\u00e9pandu. Le culte des morts est avant tout une protection contre la malveillance des d\u00e9funts<\/em> \u00bb. Malraux dans une interview, quelques ann\u00e9es avant sa mort, a su dire toute l&rsquo;importance du culte des morts. A. Comte, puis Barr\u00e8s ont d\u00e9clar\u00e9 que nous sommes plus gouvern\u00e9s par les morts que par les vivants. Mais venons-en \u00e0 notre enqu\u00eate historique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;Egypte, la mort et le double<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00c9gypte \u00e9tait un pays couvert de tombeaux. La pens\u00e9e de la mort et des vicissitudes mauvaises (ou bonnes) de la vie de l&rsquo;au-del\u00e0 est une caract\u00e9ristique de la religion des \u00c9gyptiens et m\u00eame de l&rsquo;ensemble de leur vie. La c\u00e9r\u00e9monie du couronnement du pharaon se terminait par la proclamation \u00ab maintenant construisez mon tombeau \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La psychologie \u00e9gyptienne discerne un certain nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1\u00b0 Le Khet ou corps physique. Cette notion ne correspond pas exactement \u00e0 ce que nous appelons le \u00ab corps \u00bb. Le Khet est ce qui se per\u00e7oit visuellement et quantitativement dans l&rsquo;homme tel qu&rsquo;il appara\u00eet en cette vie. Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire ? Ce sont les \u00e9l\u00e9ments physiques du dehors que le dynamisme occulte de l&rsquo;homme a capt\u00e9s, ordonn\u00e9s, organis\u00e9s, inform\u00e9s, vitalis\u00e9s et dont il s&rsquo;est servi pour agir dans l&rsquo;ambiance terrestre. Le Khet est un instrument d&rsquo;activit\u00e9. Comme tel il est provisoire et au moment de la mort le dynamisme de l&rsquo;homme l&rsquo;abandonne. Cependant, apr\u00e8s ce moment le Khet garde encore pour les \u00c9gyptiens une importance capitale, parce qu&rsquo;il r\u00e9pond \u00e0 un usage qui, pour \u00eatre diff\u00e9rent de celui de cette vie, est encore d&rsquo;une utilit\u00e9 essentielle. C&rsquo;est alors la momie : \u00ab <em>Momie auguste qui est dans le cercueil<\/em>, est-il \u00e9crit sur une statue fun\u00e9raire du Louvre, <em>les substances, les os sont r\u00e9unis \u00e0 leur chair, la t\u00eate est \u00e0 toi r\u00e9unie \u00e0 ton cou, ton c\u0153ur est \u00e0 toi<\/em> \u00bb. Tout cela se situe sur le plan religieux et nous en verrons le sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2\u00b0 Le Khat. A Louqsor, \u00e0 Deir-el-Bahari, \u00e0 Denderah, dans les tableaux repr\u00e9sentant le pharaon, on voit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, quand il est enfant, un enfant ; quand il est adulte, un adulte ; vieillard, un vieillard mais toujours jeune, que ne semble pas menacer la mort. Cette entit\u00e9 de d\u00e9doublement est figur\u00e9e non seulement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des pharaons, mais de tout autre personnage. Parfois on la repr\u00e9sente sous une forme all\u00e9gorique : c&rsquo;est le Khat. Maspero traduit ce mot par double et le d\u00e9finit en ces termes : une sorte de reflet, projection de la personne, qui la reproduit dans ses moindres d\u00e9tails, c&rsquo;est un second exemplaire du corps en une mati\u00e8re moins dense. On a observ\u00e9 d&rsquo;autre part, que le mot Khat avait la m\u00eame racine grammaticale que le mot taureau qui symbolise la force g\u00e9n\u00e9ratrice, le dynamisme vital. Ainsi donc le Khat, est, d&rsquo;une part l&rsquo;exemplaire primordial de l&rsquo;\u00eatre humain, en quelque sorte l&rsquo;id\u00e9e directrice l&rsquo;a fait tel qu&rsquo;il est, et d&rsquo;autre part le dynamisme vital dont le Khet ou corps physique est l&rsquo;instrument d&rsquo;activit\u00e9. Or, pour les \u00c9gyptiens, le Khat ou double peut avoir une existence ind\u00e9pendante. Pendant cette vie, il est des moments o\u00f9 il quitte pendant certaines phases du sommeil, au cours de maladies impliquant le coma ou pendant les \u00e9vanouissements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenir \u00e0 soi apr\u00e8s un \u00e9vanouissement c&rsquo;est r\u00e9cup\u00e9rer son Khat. Mourir se d\u00e9finit pour les Egyptiens, \u00ab <em>rentrer en son Khat, penser \u00e0 lui, se replier en lui, aller vivre en lui seul, retourner \u00e0 lui<\/em> \u00bb. Toutes ces expressions sont prises dans les textes. Cette notion a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9pond\u00e9rante et continue dans l&rsquo;ancienne Egypte. On la trouve enti\u00e8re d\u00e8s les origines et on la suit jusqu&rsquo;\u00e0 la fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Khat prend le nom de Khaibi quand il devient visible. Habituellement invisible en tant que soutien occulte de l&rsquo;homme, il se manifeste inhabituellement comme fant\u00f4me de vivant ou de mort. C&rsquo;est comme tel qu&rsquo;on le nomme Khaibi. Les deux termes d\u00e9signant en somme la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 mais dans l&rsquo;une elle est exp\u00e9riment\u00e9e, dans l&rsquo;autre elle ne l&rsquo;est pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3\u00b0 Le double poss\u00e8de une activit\u00e9 psychique appel\u00e9e par les Egyptiens le Khou ou lumineux. Pierret au sujet du <em>Livre des Morts<\/em>, assimile le Khou \u00e0 ce que nous d\u00e9signons par intellect, raison discursive et inductive. Mais cette facult\u00e9 n&rsquo;\u00e9puise pas pour les Egyptiens la vie spirituelle de l&rsquo;homme. Ils y joignent le Ba ou \u00e2me. Le Ba est repr\u00e9sent\u00e9 sous la forme d&rsquo;un oiseau \u00e0 t\u00eate humaine que le dieu Thot aux ailes immenses prot\u00e8ge et soutient ou encore sous la forme d&rsquo;une sauterelle, d&rsquo;un \u00e9pervier, d&rsquo;un g\u00e9nie ail\u00e9 qui parcourt les espaces infinis. Ce principe sup\u00e9rieur de l&rsquo;homme ne semble pas conna\u00eetre les limitations spatiales, le ciel est \u00e0 lui. \u00ab Ouvrez-lui les portes du ciel, prenez-le avec nous, qu&rsquo;il y vive \u00e9ternellement \u00bb, disent les Dieux dans une inscription de la pyramide de P\u00e9pi 1<sup>er<\/sup>. C&rsquo;est par lui que l&rsquo;homme communique avec la divinit\u00e9. \u00ab <em>Je vous manifesterai mes myst\u00e8res<\/em> \u00bb, dit le dieu Ra au Ba des justes, \u00ab <em>je vous donnerai ma vie<\/em> \u00bb. Quand un individu s&rsquo;est avili ici-bas, il a comme an\u00e9anti cette capacit\u00e9 supr\u00eame. Le dieu Ra dit aux m\u00e9chants : \u00ab <em>J&rsquo;an\u00e9antirai vos Ba dans des tortures \u00e9ternelles<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4\u00b0 Enfin les Egyptiens ont accord\u00e9 dans l&rsquo;essence de l&rsquo;homme une place importante au nom qu&rsquo;il porte (Ren). Quand un enfant naissait, on le conduisait au Krihabi et aux Rokhou ou Ka\u00eftou et ceux-ci \u00e9tablissaient son th\u00e8me astrologique. D&rsquo;apr\u00e8s ce travail on lui donnait un nom, ce nom repr\u00e9sentant la formule magique, de son destin, de sa vie, de son \u00eatre et par l\u00e0 constituait comme une entit\u00e9 subsistante de lui-m\u00eame, une \u00e9vocation non seulement indicatrice de sa personne, mais effective et causatrice et comme dit l&rsquo;\u00e9gyptologue Lef\u00e9bure, une sorte de substitut mental.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">(\u00e0 suivre)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Psi International. N<sup>o<\/sup> 8. Janvier-F\u00e9vrier-Mars 1979)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(2<sup>e<\/sup> Partie)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Apr\u00e8s avoir abord\u00e9 le probl\u00e8me de la mort et de la survie \u00e0 la lecture de Bergson, le Professeur Delpech nous pr\u00e9sentait dans le n<sup>o<\/sup> 7 de PSI INTERNATIONAL tout d&rsquo;abord l&rsquo;envers positif de ce probl\u00e8me ou les aspects de la vie chez les H\u00e9breux, chez Aristote suivis d&rsquo;une approche scientifique. Puis en posant la question : \u00ab Y a-t-il dans l&rsquo;homme un double qui survit \u00e0 la mort ? A), le professeur Delpech analysait les \u00e9l\u00e9ments de la psychologie \u00e9gyptienne li\u00e9e \u00e0 leur conception de l&rsquo;au-del\u00e0. Voici \u00e0 pr\u00e9sent la suite de ces quelques fragments du cours donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris VII &#8211; Sorbonne.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;exp\u00e9rience de Cassien<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cassien est un auteur chr\u00e9tien mort en 135. Il \u00e9crivit sous le titre de \u00ab Conf\u00e9rences \u00bb ses entretiens avec les moines de l&rsquo;Egypte qui l&rsquo;avaient profond\u00e9ment \u00e9difi\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait un esprit cultiv\u00e9 et critique qui ne se laissait pas prendre \u00e0 des racontars. Dans sa conf\u00e9rence sur \u00ab <em>le don des miracles<\/em> \u00bb, il rapporte que saint Macaire, r\u00e9sidant au milieu des ruines solitaires de l&rsquo;\u00c9gypte, discutait avec des visiteurs sur les doctrines d&rsquo;un h\u00e9r\u00e9tique. Pour les convaincre, il les conduisit \u00e0 une ancienne tombe, un \u00ab mastaba\u00a0\u00bb, les introduisit dans la salle du double et dit : \u00ab <em>O mort, si cet h\u00e9r\u00e9tique \u00e9tait venu ici, dis-moi si tu te serais lev\u00e9 devant ces personnes pour le contredire<\/em>. \u00bb Le mort apparut, dit Cassien, et r\u00e9pondit que \u00ab <em>oui<\/em> \u00bb. Macaire l&rsquo;interrogea sur le temps o\u00f9 il avait v\u00e9cu et lui demanda s&rsquo;il avait connu le Christ. Il r\u00e9pondit qu&rsquo;il ne savait pas qui \u00e9tait le Christ et indiqua sous quel pharaon il avait v\u00e9cu, et Cassien ajouta : \u00ab <em>Cette puissance qu&rsquo;avait Macaire \u00e9tait ignor\u00e9e, il ne s&rsquo;en servit que pour impressionner ses visiteurs<\/em>. \u00bb Qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire ? Macaire d&rsquo;origine \u00e9gyptienne \u00e9tait au courant des anciennes ma\u00eetrises de cette myst\u00e9rieuse civilisation et n&rsquo;ignorait pas les \u00e9vocations r\u00e9alisables dans ces tombes. On trouve des r\u00e9cits analogues dans les \u00ab <em>vies des P\u00e8res du d\u00e9sert<\/em> \u00bb de l&rsquo;histoire Lausiaque de Palladius ou de l&rsquo;histoire des moines de Rufin. Ils convergent tous vers la m\u00eame conclusion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La civilisation \u00e9gyptienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La civilisation \u00e9gyptienne dans son \u00e9tude, voire sa fascination de la mort, a mis en lumi\u00e8re la notion de double comme celle d&rsquo;\u00e9nergie psychique. Elle a su lier ces deux concepts \u00e0 une architecture bas\u00e9e sur les ondes de forme. On sait le r\u00f4le que peut jouer la forme pyramidale en tant qu&rsquo;accumulateur d&rsquo;\u00e9nergie et son influence sur la vie. Il en est de m\u00eame pour la momie qui, maintenant la forme, conservait d&rsquo;une certaine mani\u00e8re l&rsquo;individualit\u00e9 du sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les H\u00e9breux<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la pens\u00e9e h\u00e9bra\u00efque on trouve une conception de la structure de l&rsquo;homme tr\u00e8s proche de celle des \u00c9gyptiens. Il y a Neshamah ou l&rsquo;\u00eatre \u00e9lev\u00e9, puis Rouah la respiration, la force, enfin Nephesh la vie de tout \u00eatre individuel, son \u00e2me instinctive. L&rsquo;\u00e2me ou Rouah re\u00e7oit des impressions du monde ext\u00e9rieur par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Nephesh d&rsquo;une part et d&rsquo;autre part elle influe elle-m\u00eame Nephesh gouvernant ses actions. Apr\u00e8s la disparition compl\u00e8te du corps, une part de Nephesh est encore attach\u00e9e au squelette, comme dit le Zohar. Cet \u00eatre immortel, spirituel conserve la forme et les particularit\u00e9s du corps dissout. Tandis que les diverses parties de l&rsquo;\u00e2me retournent \u00e0 la sph\u00e8re qui correspond \u00e0 leur nature. La pens\u00e9e h\u00e9bra\u00efque admet donc l&rsquo;existence d&rsquo;un double.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pire perturbation qu&rsquo;on puisse apporter \u00e0 ceux qui dorment dans la tombe, c&rsquo;est de les \u00e9voquer. Il ne faut pas oublier que cette \u00e9vocation atteint Nephesh et m\u00eame Rouah et Neshamah. Bien que ceux-ci vivent sur des plans diff\u00e9rents, ils sont n\u00e9anmoins d&rsquo;une certaine mani\u00e8re reli\u00e9s l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre et chacun ressent ce qui atteint les autres. C&rsquo;est pourquoi Mo\u00efse (Deut\u00e9ronome V, 18-21) interdisait l&rsquo;\u00e9vocation des morts. L&rsquo;exemple le plus fameux que nous ayons de cette op\u00e9ration magique, r\u00e9alis\u00e9e malgr\u00e9 l&rsquo;interdiction, est l&rsquo;\u00e9vocation de l&rsquo;\u00e2me de Samuel par la pythonisse d&rsquo;Endore, qui annon\u00e7a \u00e0 Sa\u00fcl la d\u00e9faite de son arm\u00e9e par les Philistins ainsi que sa mort et celle des siens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Plutarque et le monde des morts<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nombreux sont les voyages dans les mondes imaginaires qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent la Divine Com\u00e9die de Dante. Citons l&rsquo;histoire de Thespesius rapport\u00e9e par Plutarque. Ce Thespesius, originaire de Galicie, s&rsquo;\u00e9tait ruin\u00e9 par la d\u00e9bauche et il avait essay\u00e9 ensuite de relever sa fortune par toutes sortes de moyens. Le scandale devenait tous les jours plus flagrant quand Thespesius se tua dans une chute. Durant la c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire, il revint \u00e0 la vie et raconta qu&rsquo;aussit\u00f4t apr\u00e8s sa mort son \u00e2me avait \u00e9t\u00e9 transport\u00e9e \u00e0 travers les astres jusqu&rsquo;\u00e0 un endroit o\u00f9 se d\u00e9couvraient deux r\u00e9gions atmosph\u00e9riques : l&rsquo;une basse, l&rsquo;autre plus \u00e9lev\u00e9e dans laquelle tourbillonnaient les \u00e2mes des morts. Chacune de ces \u00e2mes arrivait jusque-l\u00e0 au milieu d&rsquo;une bulle lumineuse qui se d\u00e9chirait, et l&rsquo;\u00e2me paraissait alors sous une forme humaine et allait prendre son rang. Dans la r\u00e9gion sup\u00e9rieure erraient doucement les \u00e2mes des justes. Elles \u00e9taient transparentes, lumineuses et gardaient leurs couleurs naturelles. Dans la r\u00e9gion inf\u00e9rieure, au contraire, se heurtaient en courant les \u00e2mes perverses. Un peu plus loin, Thespesius d\u00e9couvre des groupes d&rsquo;enfants d\u00e9chirant leurs parents causes de leurs malheurs, etc., puis notre h\u00e9ros se r\u00e9veille et se retrouve sur cette terre o\u00f9 il revient bient\u00f4t \u00e0 la vertu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Telle est bri\u00e8vement r\u00e9sum\u00e9e une vision rapport\u00e9e par Plutarque au Ier si\u00e8cle de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e0 l&rsquo;autre bout du monde, au Tibet, dans cette Asie qui a mis l&rsquo;accent sur l&rsquo;int\u00e9riorisation, les lamas vont \u00e9tudier d&rsquo;une mani\u00e8re quasi scientifique le probl\u00e8me du passage de la mort \u00e0 la vie dans un livre d\u00e9sormais classique : le Bardo Th\u00f6dol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le Livre des Morts tib\u00e9tain<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Tib\u00e9tains entendent par Bardo l&rsquo;\u00e9tat interm\u00e9diaire qui va de la mort \u00e0 la renaissance ou \u00e0 l&rsquo;illumination. Le Bardo Th\u00f6dol qui date environ du VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re est con\u00e7u comme un instrument de salut par la connaissance, la puissance du verbe et de l&rsquo;entendement. Puis il analyse les diff\u00e9rentes situations possibles de l&rsquo;\u00e2me du d\u00e9funt depuis son \u00e9tat de mourant jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du Bardo. Il expose des \u00e9l\u00e9ments de doctrine, il donne des conseils aux lecteurs du texte s&rsquo;adressant au mort, en mettant en lumi\u00e8re les paroles sacr\u00e9es qui doivent \u00eatre dites pour le salut du d\u00e9funt dans chaque cas envisag\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une partie de l&rsquo;ouvrage est consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;observation des signes de la mort. Il en nomme principalement trois qui repr\u00e9sentent la d\u00e9composition des \u00e9l\u00e9ments (air, eau, feu) qui nous constituent parall\u00e8lement \u00e0 la perte des organes des sens (muscles fasciaux, ou\u00efe, vue) et \u00e0 la destruction d&rsquo;une fonction vitale (c\u0153ur, cerveau, poumons). Soit a) une sensation physique de pression (la terre sombrant dans l&rsquo;eau), b) une sensation physique de froid comme si le corps \u00e9tait plong\u00e9 dans l&rsquo;eau qui se change graduellement en chaleur fi\u00e9vreuse (l&rsquo;eau tombant dans le feu), c) la sensation d&rsquo;explosion des atomes du corps (le feu sombrant dans l&rsquo;air).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autres parties de l&rsquo;ouvrage se succ\u00e8dent comme descente allant des cas de salut facile aux plus difficiles d&rsquo;entre eux. Il montre cependant chaque fois la possibilit\u00e9 d&rsquo;une issue de sortie bienheureuse avant de passer au stade inf\u00e9rieur, les possibilit\u00e9s sont si nombreuses qu&rsquo;on ne peut ne pas \u00eatre frapp\u00e9 par le caract\u00e8re optimiste et consolant du livre malgr\u00e9 sa hauteur religieuse. Une autre de ses caract\u00e9ristiques est qu&rsquo;il requiert l&rsquo;attention continue du mort : \u00ab <em>O fils noble \u00e9coute sans distraction<\/em>. \u00bb \u00ab <em>Concentre ton esprit sur ton Dieu tut\u00e9laire<\/em> \u00bb, enfin \u00ab <em>Exerce ton \u00e9nergie \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame limite<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une dramatisation provenant d&rsquo;une force d\u00e9croissante de la lumi\u00e8re, s&rsquo;opposant \u00e0 une puissance croissante de l&rsquo;illusion et des forces du karma se rencontre dans l&rsquo;\u00e9num\u00e9ration successive des \u00e9tats descendants du Bardo. N\u00e9anmoins reste la possibilit\u00e9 de se sauver par l&rsquo;attention et la reconnaissance de la v\u00e9rit\u00e9 connue. Le probl\u00e8me est de savoir comment une telle action est possible ? Si le vivant a pratiqu\u00e9 durant sa vie le yoga et s&rsquo;il a m\u00e9dit\u00e9 sous la direction d&rsquo;un guru et s&rsquo;il a un bon karma. Le temps du passage entre la cessation de la respiration et le d\u00e9part de la force vitale se situe entre le temps d&rsquo;un claquement de doigts, \u00e0 trois jours et demi, en passant par le temps d&rsquo;un repas. Il peut alors reconna\u00eetre la claire lumi\u00e8re fondamentale \u00ab <em>o\u00f9 toutes choses sont comme le ciel vide et sans nuage et o\u00f9 l&rsquo;intelligence est sans tache comme une vacuit\u00e9 transparente sans circonf\u00e9rence ni centre<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque ce premier stade n&rsquo;a pas conduit \u00e0 la lib\u00e9ration, le Chikha\u00ef Bardo comporte un second stade. Dans ce stade il ne suffit pas de voir et de reconna\u00eetre, il faut lutter contre les illusions et la tentation des Samsara. Cet \u00e9tat risque de durer quarante-neuf jours apr\u00e8s les trois jours et demi. Il se divise en cycles o\u00f9 on rencontre les divinit\u00e9s paisibles puis les divinit\u00e9s irrit\u00e9es. Cette confrontation avec les d\u00e9it\u00e9s dure deux fois sept jours. Dans cette p\u00e9riode le conscient est un corps fluide qui peut traverser les montagnes. Vient le jugement : un bon et un mauvais g\u00e9nie comptent avec des cailloux blancs et noirs les bonnes et mauvaises actions ni\u00e9es par le mort. Le bourreau lui fait endurer des peines atroces mais son corps \u00e9tant un corps mental est incapable de mourir car \u00ab <em>Les Seigneurs de la mort sont ses propres hallucinations<\/em> \u00bb. Sa peur et ses angoisses viennent du Vide entrevu comme un n\u00e9ant alors qu&rsquo;il est le Vide du salut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si le mort n&rsquo;a pas su comprendre cette v\u00e9rit\u00e9 salvatrice, il doit au moins conna\u00eetre les six lueurs de ses r\u00e9incarnations possibles : \u00ab <em>une terne lueur blanche du monde Deva, une terne lueur verte du monde Asura, une terne lueur jaune du monde Humain, une terne lueur bleue du monde Brut, une terne lueur rouge du monde Pretra (esprits malheureux), une terne lueur gris fum\u00e9e du monde Enfer<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est n\u00e9cessaire de fermer les portes des matrices par lesquelles se fait la r\u00e9incarnation. Il existe cinq m\u00e9thodes pour fermer les portes de la matrice. Toutes se basent sur la m\u00e9ditation et l&rsquo;attention, tandis que le guru fid\u00e8le r\u00e9p\u00e8te ici-bas pendant quarante-neuf jours les paroles du Bardo Th\u00f6dol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;on ne peut fermer les portes, on peut choisir d&rsquo;apr\u00e8s leurs lueurs le monde o\u00f9 on rena\u00eetra : on ne peut gu\u00e8re que conseiller le monde des deva, les autres sont sinistres. Surgissent alors les furies tourmenteuses auxquelles un supr\u00eame effort de m\u00e9ditation sur la d\u00e9it\u00e9 tut\u00e9laire o\u00f9 le grand Compatissant peut encore permettre d&rsquo;\u00e9chapper pour atteindre l&rsquo;\u00e9tat de Bouddha. Sinon c&rsquo;est la renaissance et le retour au monde humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit par cette description la multitude de chances donn\u00e9es au d\u00e9funt pour atteindre le Nirvana gr\u00e2ce \u00e0 ce livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les voyages au Royaume de la mort au Moyen Age dans l&rsquo;Occident Chr\u00e9tien<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la m\u00eame \u00e9poque les voyages imaginaires aux pays des morts se succ\u00e8dent dans l&rsquo;Occident chr\u00e9tien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est le cas de saint Carpe, de sainte Perp\u00e9tue dans les premiers si\u00e8cles. Puis \u00e0 partir du VI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle le soldat de saint Gr\u00e9goire, saint Macaire auraient visit\u00e9 le Paradis mais jamais les visions ne furent plus fr\u00e9quentes qu&rsquo;au IX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. On peut citer le pr\u00eatre inconnu des Annales de saint Bertin, la l\u00e9gende de Charles le Gros. Au XI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle les d\u00e9couvertes navales se m\u00ealent aux voyages imaginaires avec le voyage de saint Brendan&#8230; Et nous arrivons enfin \u00e0 la Divine Com\u00e9die de Dante, chef-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature italienne aux plus de 14000 vers et dont la descente aux Enfers comme la mont\u00e9e vers le Ciel rencontrent les arch\u00e9types classiques de la descente avec ses monstres, ses sorciers, tandis que l&rsquo;esprit qui monte rencontre les anges puis la lumi\u00e8re pour se fondre en Dieu. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont retrouv\u00e9 Caslant sur le plan occulte et R. Desoille avec sa technique du R\u00eave \u00e9veill\u00e9 dirig\u00e9. Mais puisque nous avons r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 le monde de l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9, passons \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne limite, c&rsquo;est-\u00e0-dire la bilocation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La bilocation dans le monde religieux<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le monde religieux catholique les faits de bilocation sont nombreux et extraordinairement remarquables tant par la dur\u00e9e du d\u00e9doublement que par l&rsquo;importance du r\u00f4le jou\u00e9 par le fant\u00f4me des sujets d\u00e9doubl\u00e9s. En voici quelques exemples tir\u00e9s de la Mystique de Goerres et de la Mystique divine de Ribet qui les avaient extraits de la vie des Saints.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pape saint Cl\u00e9ment, un des premiers successeurs de saint Pierre c\u00e9l\u00e9brait la messe \u00e0 Rome quand il parut soudain s&rsquo;endormir d&rsquo;un profond sommeil qui dura 3 heures. Quand il se r\u00e9veilla il dit au peuple que par ordre de saint Pierre il \u00e9tait all\u00e9 \u00e0 Pise pendant son sommeil consacrer une \u00e9glise au prince des ap\u00f4tres. En effet, \u00e0 Pise tous les fid\u00e8les l&rsquo;avaient vu pendant l&rsquo;office qui avait lieu le m\u00eame jour et \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame o\u00f9 il dormait \u00e0 Rome. Saint Alphonse de Liguori \u00e9tait \u00e0 Arienzo, petite ville de son dioc\u00e8se. Il tomba dans une sorte d&rsquo;extase, et resta ainsi pendant deux jours \u00e9tendu sans mouvement dans un fauteuil. Lorsqu&rsquo;il revint \u00e0 lui, il dit \u00e0 ses serviteurs inquiets : \u00ab Vous avez cru que je dormais, vous ne savez donc pas que je suis all\u00e9 assister le pape qui vient de mourir. On apprenait bient\u00f4t que le pape Cl\u00e9ment XIV \u00e9tait mort pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;instant o\u00f9 saint Alphonse de Liguori s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9veill\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voici l&rsquo;exemple le plus frappant : Marie de J\u00e9sus d&rsquo;Agreda, religieuse espagnole, tomba plus de cent fois en extase et se vit emport\u00e9e chaque fois vers les Indiens du Nouveau-Mexique, dont elle souhaitait ardemment la conversion. Elle se voyait et se sentait traversant les mers, subissant une temp\u00e9rature plus \u00e9lev\u00e9e, abordant la terre, \u00e9vang\u00e9lisant ces peuples dans leur langue, rencontrant des religieux de saint Fran\u00e7ois qui allaient devenir les ap\u00f4tres de ce pays ; et pendant ses p\u00e9r\u00e9grinations qui se succ\u00e8dent, qu&rsquo;elle ne comprend pas, qu&rsquo;elle raconte simplement et modestement \u00e0 son confesseur, son corps reste plong\u00e9 ici dans l&rsquo;immobilit\u00e9 de l&rsquo;extase. Le r\u00e9sultat de ses voyages en astral fut \u00e9tonnant. En avan\u00e7ant dans ce pays les franciscains virent bient\u00f4t venir \u00e0 eux de nombreux Indiens qui leur demand\u00e8rent le bapt\u00eame. Interrog\u00e9s, on constata qu&rsquo;ils connaissaient les principes fondamentaux de la doctrine chr\u00e9tienne qui leur avait \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e, affirmaient-ils, par une femme qui \u00e9tait venue et qui venait encore de temps en temps s&rsquo;entretenir avec eux. Ces affirmations furent v\u00e9rifi\u00e9es par un franciscain du nom de Benavides qui en 1630 revenait du Nouveau-Mexique pour y retourner ensuite. Il s&rsquo;entretint d&rsquo;abord avec Morzella, provincial \u00e0 Burgos, puis pr\u00e8s du P\u00e8re de la Terre qui \u00e9tait depuis peu le confesseur de Marie d&rsquo;Agreda. Ils demand\u00e8rent alors \u00e0 celle-ci ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 en elle. Benavides s&rsquo;informa d&rsquo;abord des lieux o\u00f9 elle \u00e9tait all\u00e9e. Elle nomma le pays et ses habitants comme si elle y avait demeur\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es. Elle lui raconta qu&rsquo;elle l&rsquo;avait vu lui-m\u00eame en compagnie d&rsquo;autres religieux : elle lui nomma le lieu, le jour et l&rsquo;heure, d\u00e9signant chacun de ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents, de sorte que Benavides fut enti\u00e8rement convaincu de la v\u00e9rit\u00e9 de ses r\u00e9cits. Tous trois \u00e9crivirent le r\u00e9sultat de leur enqu\u00eate et en laiss\u00e8rent une copie au confesseur. Benavides en emporta une autre au Nouveau-Mexique avec une lettre de Marie d&rsquo;Agreda. Cette copie fut d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la maison des franciscains au Nouveau-Mexique et le commissaire g\u00e9n\u00e9ral de la Nouvelle Espagne en fit une copie que le biographe de Marie d&rsquo;Agreda avait sous les yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La bilocation s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;ailleurs jusqu&rsquo;\u00e0 la multi-location dans le cas du Bienheureux Martin de Porr\u00e8s vu dans les Philippines, en Afrique, en France et dans cinq autres endroits simultan\u00e9ment. Fait qu&rsquo;il expliquait simplement, \u00ab <em>puisque le Christ a multipli\u00e9 les pains et les poissons, ne pouvait-il me multiplier \u00e9galement<\/em> \u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une histoire analogue eut lieu au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avec le c\u00e9l\u00e8bre thaumaturge Cagliostro. \u00ab <em>Apr\u00e8s son s\u00e9jour \u00e0 Berlin celui-ci fit pour les Berlinois un dernier prodige. Il quitta Berlin en partant en m\u00eame temps par les six portes. Les six voitures furent vues par plus de vingt mille personnes<\/em> \u00bb (G. Sand).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un pr\u00eatre allemand, l&rsquo;abb\u00e9 Steinmetz, cit\u00e9 par Karl du Preel dans son livre <em>la mort et l&rsquo;au-del\u00e0<\/em>, voyait souvent son fant\u00f4me assis dans son jardin \u00e0 la place qu&rsquo;il se plaisait \u00e0 occuper lui-m\u00eame. Un jour, pendant qu&rsquo;il se trouvait dans sa chambre avec quelques amis, il leur dit en se montrant du doigt, puis en indiquant son fant\u00f4me dans le jardin : \u00ab <em>Voici le Steinmetz mortel, voil\u00e0 le Steinmetz immortel<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici un autre cas classique rapport\u00e9 par d&rsquo;Assier. Sir Robert Dale Onven \u00e9tait ambassadeur de la R\u00e9publique des \u00c9tats-Unis \u00e0 Naples. En 1845, raconte ce diplomate, existait en Livonie la pension de Neuwelke \u00e0 douze lieux de Riga. L\u00e0 se trouvaient 42 pensionnaires, la plupart de familles nobles, et parmi les sous-ma\u00eetresses figurait Emilie Sag\u00e9e, Fran\u00e7aise d&rsquo;origine, \u00e2g\u00e9e de trente-deux ans, de bonne sant\u00e9 mais nerveuse et de conduite m\u00e9ritant tous les \u00e9loges. Peu de semaines apr\u00e8s son arriv\u00e9e, on remarquait que quand une pensionnaire disait l&rsquo;avoir vue dans un endroit, souvent une autre affirmait qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e0 une place diff\u00e9rente. Un jour, les jeunes filles virent tout d&rsquo;un coup deux Emilie Sag\u00e9e exactement semblables et faisant les m\u00eames gestes, l&rsquo;une cependant tenait \u00e0 la main un morceau de craie et l&rsquo;autre rien. Peu de temps apr\u00e8s Antoinette de Wrangel faisait sa toilette, Emilie lui agrafa sa robe par-derri\u00e8re : la jeune fille vit dans un miroir, en se retournant, deux Emilie agrafant ses v\u00eatements et s&rsquo;\u00e9vanouit de peur. Quelquefois, aux repas, la double figure paraissait debout derri\u00e8re la chaise de la sous-ma\u00eetresse et imitant les mouvements qu&rsquo;elle faisait pour manger ; mais les mains ne tenaient ni couteau, ni fourchette. Cependant la substance d\u00e9doubl\u00e9e ne semblait imiter qu&rsquo;accidentellement la personne r\u00e9elle et quelquefois, lorsque Emilie se levait de sa chaise, l&rsquo;\u00eatre d\u00e9doubl\u00e9 paraissait y \u00eatre assis. Une fois, Emilie \u00e9tant souffrante, elle \u00e9tait comme assoupie et \u00e9puis\u00e9e. Tout \u00e0 coup la sous-ma\u00eetresse devint raide, p\u00e2le et parut pr\u00e8s de s&rsquo;\u00e9vanouir. La jeune \u00e9l\u00e8ve lui demanda si elle se trouvait plus mal ; elle r\u00e9pondit n\u00e9gativement, mais d&rsquo;une voix faible ; quelques secondes apr\u00e8s, Mlle de Wrangel vit tr\u00e8s distinctement le double d&rsquo;\u00c9milie se promener \u00e7\u00e0 et l\u00e0 dans l&rsquo;appartement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voici le plus remarquable exemple de d\u00e9doublement que l&rsquo;on ait observ\u00e9 chez la sous-ma\u00eetresse. Un jour, les 42 pensionnaires brodaient dans la m\u00eame salle et les 4 portes vitr\u00e9es de cette salle donnaient sur le jardin. Elles voyaient dans ce jardin Emilie cueillant des fleurs lorsque tout \u00e0 coup son corps parut dans un fauteuil devenu vacant. Les pensionnaires regard\u00e8rent imm\u00e9diatement le jardin et continu\u00e8rent d&rsquo;y voir Emilie ; mais elles observ\u00e8rent la lenteur de sa locomotion et son air de souffrance ; elle \u00e9tait comme assoupie et \u00e9puis\u00e9e. Deux des plus hardies s&rsquo;approch\u00e8rent du double et essay\u00e8rent de le toucher ; elles sentirent une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9sistance qu&rsquo;elles compar\u00e8rent \u00e0 celle de quelque objet en mousseline ou en cr\u00eape. L&rsquo;une d&rsquo;elles passa doucement la main \u00e0 travers une partie de la figure du double et apr\u00e8s cette op\u00e9ration l&rsquo;apparence resta la m\u00eame quelques instants encore, puis elle disparut enfin, mais graduellement. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se reproduisit mais de diff\u00e9rentes mani\u00e8res aussi longtemps qu&rsquo;\u00c9milie occupa son emploi, c&rsquo;est-\u00e0-dire en 1845 et 1846 pendant le laps d&rsquo;une ann\u00e9e et demie ; mais il y eut des intermittences d&rsquo;une \u00e0 plusieurs semaines. On remarqua quelquefois que plus le double \u00e9tait distinct et d&rsquo;une apparence mat\u00e9rielle, plus la personne r\u00e9ellement mat\u00e9rielle \u00e9tait g\u00ean\u00e9e, souffrante et languissante, lorsque au contraire l&rsquo;apparence du double s&rsquo;affaiblissait on voyait le sujet reprendre ses forces. Emilie, du reste, n&rsquo;avait aucune conscience de ce d\u00e9doublement et ne l&rsquo;apprenait que par ou\u00ef-dire. Jamais elle n&rsquo;a vu ce double, jamais elle n&rsquo;a suppos\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat dans lequel il la jetait. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne avait inqui\u00e9t\u00e9 les parents, ceux-ci retir\u00e8rent les enfants et l&rsquo;institution dut fermer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus r\u00e9cemment le Dr F. Lef\u00e9bure raconte : \u00ab <em>Pendant la guerre (1939-1945) je fus m\u00e9decin d&rsquo;un camp de prisonniers italiens situ\u00e9 \u00e0 dix kilom\u00e8tres environ de Guelma, en Alg\u00e9rie, ma chambre ne communiquant qu&rsquo;avec la salle de soins, local o\u00f9 dormaient les infirmiers. Chaque soir, je pratiquais mes exercices spirituels. Au mess des officiers, mes opinions \u00e9taient connues et bien entendu l&rsquo;objet de plaisanteries.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em> <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Un matin, je sortais de ma chambre et je trouve que l&rsquo;on me regarde bizarrement. Un moment apr\u00e8s un ami m&rsquo;interpelle : \u00ab Toi, alors tu fais de dr\u00f4les de farce, la nuit ! \u00bb Puis dans un groupe, on me dit en riant : \u00ab Oui, allez voir le lieutenant ; il pr\u00e9tend qu&rsquo;il vous a vu cette nuit dans le bois pendant que vous dormiez dans votre chambre. Depuis il est terroris\u00e9. \u00bb Je vais \u00e0 sa rencontre. Il \u00e9tait chez le coiffeur. Lui, toujours le premier \u00e0 me plaisanter, si courageux sous les bombardements, ne paraissait pas rassur\u00e9 en ma pr\u00e9sence. Il me fit \u00e0 peu pr\u00e8s ce r\u00e9cit : \u00ab Hier soir, vers minuit, \u00e9tant all\u00e9 \u00e0 la petite gare (\u00e0 environ trois kilom\u00e8tres du camp), je vous ai subitement vu d&rsquo;une fa\u00e7on tellement \u00e9vidente qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune confusion possible. Je vous ai dit : \u00ab Tiens, Lef\u00e9bure, que faites-vous ici \u00e0 cette heure ? \u00bb Et vous m&rsquo;avez r\u00e9pondu : \u00ab Ce n&rsquo;est pas moi, c&rsquo;est mon double \u00bb, puis vous avez disparu comme par enchantement. \u2014 \u00ab Alors j&rsquo;ai couru jusqu&rsquo;au campement et j&rsquo;ai v\u00e9rifi\u00e9 que vous \u00e9tiez dans votre chambre ; j&rsquo;ai interrog\u00e9 les infirmiers et les sentinelles et ils m&rsquo;ont tous garanti que vous n&rsquo;\u00e9tiez pas sorti durant la nuit. \u00bb Le lieutenant, qui paraissait effectivement tr\u00e8s impressionn\u00e9, ne me plaisanta plus jamais. Comme l&rsquo;enqu\u00eate prouva qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait nullement ivre ce jour-l\u00e0 et qu&rsquo;il ne l&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;ailleurs jamais, le bruit se r\u00e9pandit dans Guelma que je faisais d&rsquo;\u00e9tranges farces. J&rsquo;ai su que plusieurs mois apr\u00e8s, la formule \u00ab ce n&rsquo;est pas moi, c&rsquo;est mon double \u00bb \u00e9tait encore c\u00e9l\u00e8bre dans la ville. Chacun est libre de donner \u00e0 cette histoire l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;il voudra. Cela se passait apr\u00e8s sept ans environ de pratique de la m\u00e9thode de Galip<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;exp\u00e9rience de Jung<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1944, \u00e0 soixante-neuf ans, C.G. Jung eut un infarctus ; on trouve dans son autobiographie (<em>Ma vie<\/em> 1967) le r\u00e9cit de ses visions, alors qu&rsquo;il \u00e9tait dans le coma, sous masque \u00e0 oxyg\u00e8ne. Il se sentit transporter tr\u00e8s haut dans l&rsquo;espace \u00e0 environ 1500 kilom\u00e8tres au-dessus de son corps. De l\u00e0 il contemplait au-dessous de lui toute la terre, les continents, Ceylan, l&rsquo;Inde qui d\u00e9filaient sous lui dans une lumi\u00e8re bleue. Il vit alors venir vers lui comme un a\u00e9rolithe, \u00ab un temple de pierres habit\u00e9 par des \u00eatres de sa race. \u00bb C&rsquo;\u00e9tait comme si tout ce qu&rsquo;il avait fait dans sa vie \u00e9tait l\u00e0. Il sentit qu&rsquo;il allait enfin avoir les r\u00e9ponses aux questions non r\u00e9solues de son existence. Au moment o\u00f9 il allait p\u00e9n\u00e9trer dans ce temple, il vit une forme humaine qui lui parla par transmission de pens\u00e9e. C&rsquo;\u00e9tait son m\u00e9decin. \u00ab <em>Il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par la Terre pour m&rsquo;apporter un message : on y protestait contre mon d\u00e9part. Je n&rsquo;avais pas le droit de quitter la Terre et je devais y retourner. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9\u00e7u \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame. Maintenant tout me semblait avoir \u00e9t\u00e9 vain&#8230; il ne m&rsquo;\u00e9tait pas permis d&rsquo;entrer dans le temple<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le d\u00e9doublement au moment de la mort<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces ph\u00e9nom\u00e8nes furent recueillis d&rsquo;abord au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. D&rsquo;Assier dans son Humanit\u00e9 posthume 1889, rapporte le fait suivant : \u00ab C&rsquo;\u00e9tait en 1858, on s&rsquo;entretenait encore dans la colonie fran\u00e7aise de Rio de Janeiro d&rsquo;une apparition singuli\u00e8re qui avait eut lieu quelques ann\u00e9es auparavant. Une famille alsacienne compos\u00e9e du mari, de sa femme et d&rsquo;une petite fille encore en bas \u00e2ge faisait voile vers Rio de Janeiro o\u00f9 elle allait rejoindre des compatriotes \u00e9tablis dans cette ville. La travers\u00e9e \u00e9tait longue, la femme devint malade et, faute sans doute de soins et d&rsquo;une alimentation convenable, succomba avant d&rsquo;arriver. Le jour de sa mort elle tomba en syncope, resta longtemps dans cet \u00e9tat et lorsqu&rsquo;elle eut reprit ses sens, elle dit \u00e0 son mari qui veillait \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s : \u00ab Je meurs contente car maintenant je suis rassur\u00e9e sur le sort de notre enfant. Je viens de Rio de Janeiro, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 la rue et la maison de notre ami Fritz le charpentier. Il \u00e9tait sur le seuil de sa porte, je lui ai pr\u00e9sent\u00e9 la petite, je suis s\u00fbr qu&rsquo;\u00e0 son arriv\u00e9e il la reconna\u00eetra et en prendra soin. \u00bb Quelques instants apr\u00e8s elle expirait, le mari fut surpris de ce r\u00e9cit sans toutefois y attacher d&rsquo;importance. Le m\u00eame jour et \u00e0 la m\u00eame heure Fritz le charpentier, l&rsquo;Alsacien dont je viens de parler, se trouvait sur le seuil de la porte de la maison qu&rsquo;il habitait \u00e0 Rio de Janeiro, lorsqu&rsquo;il crut voir passer dans la rue une de ses compatriotes tenant dans ses bras une petite fille. Elle le regardait d&rsquo;un air suppliant et semblait lui pr\u00e9senter l&rsquo;enfant qu&rsquo;elle portait. Sa figure qui paraissait d&rsquo;une grande maigreur rappelait n\u00e9anmoins les traits de Lotta, la femme de son ami et compatriote Schmidt. L&rsquo;expression de son visage, la singularit\u00e9 de sa d\u00e9marche qui tenaient plus de la vision que de la r\u00e9alit\u00e9 impressionn\u00e8rent vivement Fritz. Voulant s&rsquo;assurer qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas dupe d&rsquo;une illusion, il appela son ouvrier qui travaillait dans la boutique et qui lui aussi \u00e9tait Alsacien et de la m\u00eame localit\u00e9. \u00ab Regarde, lui dit-il, ne vois-tu pas passer une femme dans la rue tenant un enfant dans ses bras \u2014 et ne dirait-on pas que c&rsquo;est Lotta la femme de notre pays Schmidt ? Je ne puis vous dire je ne la distingue pas bien r\u00e9pondit l&rsquo;ouvrier. \u00bb Fritz n&rsquo;en dit pas davantage mais les diverses circonstances de cette apparition, r\u00e9elle ou imaginaire, se grav\u00e8rent fortement dans son esprit, notamment l&rsquo;heure et le jour. A quelque temps de l\u00e0 il voit arriver son compatriote Schmidt portant une petite fille dans ses bras et avant que Schmidt eut ouvert la bouche il lui dit : \u00ab Mon pauvre ami, je sais tout, ta femme est morte pendant la travers\u00e9e, et avant de mourir, elle est venue me pr\u00e9senter sa petite fille pour que j&rsquo;en prenne soin. Voici la date et l&rsquo;heure. \u00bb C&rsquo;\u00e9tait bien le jour et le moment consign\u00e9 par Schmidt \u00e0 bord du navire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Note de 3e Mill\u00e9naire: Cette s\u00e9rie d&rsquo;articles n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 continu\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> Gaston Bachelard, n\u00e9 en 1884 Bar-sur-Aube, mort en 1962. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 professeur de physique et de chimie, il devint professeur d&rsquo;histoire et de philosophie des Sciences \u00e0 la Sorbonne, cela de 1940 1954. Parall\u00e8lement \u00e0 son \u0153uvre d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologue, Bachelard \u00e9crivit de tr\u00e8s beaux ouvrages de po\u00e9sie. Parmi ses \u00e9crits scientifiques majeurs, citons \u00ab Le nouvel esprit scientifique\u00a0\u00bb de 1934, \u00ab Le rationalisme appliqu\u00e9 &#8211; Essai sur la connaissance approch\u00e9e \u00bb, 1934, \u00ab La formation de l&rsquo;esprit scientifique\u00a0\u00bb, 1938.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Aristote, philosophe grec, n\u00e9 \u00e0 Stagyre en 384 d&rsquo;un p\u00e8re m\u00e9decin, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il prendra aux \u00e9tudes physiologiques et zoologiques. Alors qu&rsquo;il avait 17 ans, ayant perdu ses parents et poss\u00e9dant une tr\u00e8s grande fortune, il vient suivre les travaux de Platon, cela pendant vingt ans, jusqu&rsquo;\u00e0 la mort du Ma\u00eetre. En 342, il est charg\u00e9 de l&rsquo;\u00e9ducation du futur Roi de Mac\u00e9doine, Alexandre. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un an apr\u00e8s son av\u00e8nement qu&rsquo;il revient \u00e0 Ath\u00e8nes et fonde son \u00e9cole, le Lyc\u00e9e o\u00f9 il enseignait la philosophie en se promenant, c&rsquo;est pourquoi il fut surnomm\u00e9 P\u00e9ripat\u00e9ticien. L&rsquo;enseignement acroamatique ou \u00e9sot\u00e9rique \u00e9tait donn\u00e9 \u00e0 un public restreint, choisi et l&rsquo;autre \u2014 exot\u00e9rique \u2014 au grand public. Aristote meurt \u00e2g\u00e9 de 62 ans, en 322 avant J.-C.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Aristote et son historique ont \u00e9t\u00e9 magnifiquement \u00e9tudi\u00e9s par W. Jaeger et W.-D. 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