{"id":6082,"date":"2010-12-10T22:57:42","date_gmt":"2010-12-10T21:57:42","guid":{"rendered":"http:\/\/pro.ovh.net\/~emillena\/blog\/?p=6082"},"modified":"2011-09-24T14:23:28","modified_gmt":"2011-09-24T13:23:28","slug":"le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/","title":{"rendered":"Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue 3<sup>e<\/sup> Mill\u00e9naire. Ancienne s\u00e9rie N<sup>o<\/sup> 4. Septembre-Octobre 1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis, \u00e9crivait il y a d\u00e9j\u00e0 une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9es, le biologiste fran\u00e7ais F\u00e9lix Le Dantec, dans la situation d&rsquo;un monsieur qui tire sur la ficelle sortant de la boite de carton sur un comptoir d&rsquo;\u00e9picier. Il ne sait pas ce que contient la boite de carton ; il ne sait pas si la ficelle qui y est pelotonn\u00e9e ne changera pas plusieurs fois de couleur ; il ne sait m\u00eame pas si cette ficelle, sur laquelle il tire aveugl\u00e9ment, ne fera pas \u00e9clater, quand elle sera \u00e0 bout de course, une machine infernale capable de d\u00e9truire la boutique tout enti\u00e8re. Il ne sait rien de tout cela, et cependant, il continue bravement \u00e0 tirer sur la ficelle. Je vais faire comme lui et tirer sur cette ficelle&#8230; sans savoir le moins du monde o\u00f9 elle me conduira. Quand j&rsquo;aurais fini, je regretterai peut-\u00eatre de n&rsquo;avoir pas laiss\u00e9 la ficelle dans la boite ; mais alors, il sera trop tard \u00bb <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a>. Cette citation r\u00e9sume parfaitement \u00e0 mon sens l&rsquo;inqui\u00e9tude du chercheur qui approche de trop pr\u00e8s la connaissance profonde de l&rsquo;\u00eatre humain. Une indicible impression de jouer les apprentis-sorciers. De toucher \u00e0 quelque chose qui doit rester secret. Ainsi que je l&rsquo;ai plus longuement expliqu\u00e9 par ailleurs <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a> je vois dans cette inqui\u00e9tude la raison essentielle de toutes les pol\u00e9miques qui entourent chaque recherche approchant vraiment la connaissance de la nature et de l&rsquo;intelligence humaine. Et cela pas seulement dans le pass\u00e9, mais aujourd&rsquo;hui encore. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des travaux sur l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 de l&rsquo;intelligence humaine, sur le chromosome du crime, la sociobiologie, l&rsquo;importance des comportements agressifs ou instinctifs au sein de notre esp\u00e8ce, l&rsquo;origine des races, etc&#8230; toutes ces voies de recherche font l&rsquo;objet de conflits hors de proportion avec le degr\u00e9 de volont\u00e9 \u00ab d&rsquo;id\u00e9ologisation \u00bb des principaux savants qui s&rsquo;aventurent en ces difficiles secteurs de la connaissance. Tout se passe comme si le simple fait de violer une sorte de tabou implicite suffisait \u00e0 d\u00e9clencher de terribles foudres. Il est \u00e0 noter qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inverse ceux qui choisissent d&rsquo;aborder l&rsquo;\u00e9tude des profondeurs de l&rsquo;homme par des voies si d\u00e9tourn\u00e9es ou si peu scientifiques qu&rsquo;elles n&rsquo;ont gu\u00e8re de chance d&rsquo;aboutir \u00e0 des donn\u00e9es s\u00e9rieuses ne font l&rsquo;objet d&rsquo;aucun anath\u00e8me de ce genre. Tel est le cas des psychanalystes. On assiste ainsi \u00e0 cet incroyable spectacle : des \u00ab psychologues litt\u00e9raires \u00bb, plus ou moins psychanalysant, qui ne s&rsquo;entourent d&rsquo;aucune pr\u00e9caution de type scientifique dans l&rsquo;exercice de leur propre travail, reprochent aux \u00ab psychologues scientifiques \u00bb (sp\u00e9cialistes de l&rsquo;\u00e9tude du quotient intellectuel, de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 des comportements, de la psychiatrie biochimique, etc&#8230; ) qui proc\u00e8dent eux \u00e0 une multitude de v\u00e9rifications exp\u00e9rimentales, de n&rsquo;\u00eatre pas tout \u00e0 fait et en tous points rigoureux !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9tude scientifique du cerveau et du fonctionnement de l&rsquo;esprit p\u00e2tit grandement de cette forme d&rsquo;obscurantisme latent. Mais elle se heurte \u00e9galement \u00e0 une difficult\u00e9 d&rsquo;ordre logique qui s&rsquo;exprime ainsi : \u00ab le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A certains \u00e9gards, ce probl\u00e8me \u00e9voque ceux auxquels se trouvent confront\u00e9s les sp\u00e9cialistes de la logistique contemporaine, en particulier dans le cadre de la s\u00e9mantique g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;Alfred Van Vogt <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a>. Par rapport \u00e0 la logistique, la s\u00e9mantique g\u00e9n\u00e9rale apporte un correctif ainsi r\u00e9sum\u00e9 par Van Vogt : \u00ab (l\u2019)id\u00e9e essentielle est qu&rsquo;une signification ne peut \u00eatre comprise que si l&rsquo;on tient compte du syst\u00e8me nerveux et du syst\u00e8me de perception humain qui en sont les vecteurs et les filtres. Car, en raison des limitations de son syst\u00e8me nerveux, l&rsquo;homme ne peut appr\u00e9hender qu&rsquo;une partie de la v\u00e9rit\u00e9, et jamais sa totalit\u00e9. \u00bb De surcro\u00eet, interagissant avec le syst\u00e8me, l&rsquo;observateur vient obligatoirement le perturber. D&rsquo;o\u00f9 les jugements, habituels aux logiciens, tels que \u00ab une carte ne couvre pas tout le territoire auquel elle renvoie \u00bb (car elle devrait repr\u00e9senter le sujet en train de l&rsquo;examiner), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement ces interrogations n&rsquo;ont rien d&rsquo;acad\u00e9mique ou de r\u00e9volu, mais elles rejoignent celles de nombreux scientifiques contemporains, notamment parmi les physiciens et les neurophysiologistes. A tel point qu&rsquo;un sp\u00e9cialiste tel que le professeur John Eccles, Prix Nobel de m\u00e9decine 1963, pense, aujourd&rsquo;hui encore, que la science ne se r\u00e9v\u00e9lera jamais capable d&rsquo;\u00e9lucider certains myst\u00e8res de l&rsquo;esprit humain <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a>. Il en profite pour postuler \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un monde 1 (tout l&rsquo;univers mat\u00e9riel et physique y compris les cerveaux). un monde 2 (celui des exp\u00e9riences subjectives et mentales) et un monde 3 (celui de la culture) avec une myst\u00e9rieuse interaction entre les mondes 1 et 2 qui fonde son interpr\u00e9tation dualiste-interactionniste, \u00e9labor\u00e9e en collaboration avec le philosophe Karl Popper, du cerveau et de l&rsquo;esprit conscient. Non seulement une telle interpr\u00e9tation ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9 du monde savant, mais on peut se demander dans quelle mesure elle ne constitue pas une sorte de fuite de nature \u00e0 \u00e9viter de se colleter avec le probl\u00e8me essentiel : l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;origine de la pens\u00e9e humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette derni\u00e8re fait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;objet d&rsquo;autres man\u0153uvres d&rsquo;\u00e9vitements. L&rsquo;une des plus classiques correspond \u00e0 ce que l&rsquo;on peut d\u00e9signer comme la th\u00e9orie de l&rsquo;homonculus. On pensait jadis que la semence humaine pouvait rec\u00e9ler de minuscules copies d&rsquo;hommes qui n&rsquo;avaient ensuite qu&rsquo;\u00e0 cro\u00eetre. On avait m\u00eame pris la peine de dessiner de semblables personnages \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des spermatozo\u00efdes. Au plan conceptionnel, une telle hypoth\u00e8se permet d&rsquo;apporter, en dehors de toute connaissance r\u00e9elle, une explication a priori rationnelle des ph\u00e9nom\u00e8nes examin\u00e9s, mais pr\u00e9sente l&rsquo;inconv\u00e9nient de faire reculer le probl\u00e8me : y-a-t-il d&rsquo;autres homonculus dans les spermatozo\u00efdes de l&rsquo;homonculus, et ainsi de suite. Y-a-t-il m\u00eame une limite au nombre d&rsquo;homonculus embo\u00eet\u00e9s ainsi \u00e0 la mani\u00e8re des poup\u00e9es-gigogne ? A moins d&rsquo;aller ainsi jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des temps, on se rend compte qu&rsquo;il faut bien, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre changer de code de correspondance et faire venir l&rsquo;homonculus d&rsquo;autre chose. L&rsquo;\u00e9tude moderne de l&#8217;embryog\u00e9n\u00e8se, que l&rsquo;on d\u00e9signe aujourd&rsquo;hui plus volontiers du nom de diff\u00e9renciation cellulaire, recherche pr\u00e9cis\u00e9ment ce mode de transformation. Elle tente d&rsquo;expliquer comment \u00e0 partir d&rsquo;une cellule (l&rsquo;\u0153uf), qui ne ressemble en rien \u00e0 un organisme en mod\u00e8le r\u00e9duit, on peut passer \u00e0 l&rsquo;\u00eatre adulte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9tude du cerveau pose le m\u00eame type de probl\u00e8me tant il est vrai qu&rsquo;on a facilement l&rsquo;impression qu&rsquo;une sorte de personnage regarde, et interpr\u00e8te le monde dans notre t\u00eate. Le fait d&rsquo;avoir vu d\u00e9crit un peu partout dans les livres d&rsquo;\u00e9cole l&rsquo;\u0153il comme un appareil photo ou une cam\u00e9ra a grandement facilit\u00e9 cette d\u00e9viation intellectuelle. Le biologiste Francis Crick a, en termes fort simples, d\u00e9montr\u00e9 pourquoi une telle explication ne pouvait satisfaire le chercheur : \u00ab R\u00e9cemment, commente-t-il, j&rsquo;essayais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d&rsquo;expliquer \u00e0 une femme intelligente le probl\u00e8me de la perception. Comme elle ne parvenait pas \u00e0 comprendre o\u00f9 il r\u00e9sidait, je finis par lui demander, en d\u00e9sespoir de cause, comment elle croyait voir le monde. Elle me r\u00e9pondit qu&rsquo;elle pensait avoir \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la t\u00eate une sorte de r\u00e9cepteur de t\u00e9l\u00e9vision. \u00ab Et alors, demandais je, qui le regarde ? Instantan\u00e9ment, elle comprit le probl\u00e8me. \u00bb \u00ab La plupart des neurobiologistes, poursuit Crick, sont d&rsquo;accord sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;homoncule dans le cerveau. Malheureusement, il est plus facile de souligner une erreur que de l&rsquo;\u00e9viter. Nous avons tous l&rsquo;intime conviction qu&rsquo;un homoncule interne nous caract\u00e9rise : le moi. Peut-\u00eatre s&rsquo;identifie-t-il au m\u00e9canisme de commande d&rsquo;ensemble du cerveau, mais la nature de cette commande centrale reste \u00e0 d\u00e9couvrir \u00bb <a id=\"ftnref5\" href=\"#ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoique abandonn\u00e9e, la th\u00e9orie de l&rsquo;homoncule c\u00e9r\u00e9bral trouve tout de m\u00eame une sorte de justification sous forme de la repr\u00e9sentation propos\u00e9e par le neurophysiologiste Penfield. Ce dernier a d\u00e9montr\u00e9 que les diverses zones du corps se projetaient sur des secteurs bien pr\u00e9cis \u00e0 la surface du cerveau. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on peut m\u00eame dire que toutes les \u00e9tudes sur la localisation c\u00e9r\u00e9brale ont trouv\u00e9 une part de leur inspiration dans une th\u00e9orie inconsciente \u00e0 base d&rsquo;homonculus. Elles n&rsquo;en sont pas moins fort pr\u00e9cieuses, car elles ont permis de localiser \u00e0 la surface du cerveau des zones en relation claire avec des manifestations de l&rsquo;esprit (langage, conscience, etc&#8230;). Cela vient donc confirmer que le cerveau peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;organe de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le cerveau produit la pens\u00e9e, on ne peut cependant pas vraiment dire qu&rsquo;il produit de la pens\u00e9e comme le rein produit de l&rsquo;urine. Car si l&rsquo;on conna\u00eet fort bien, au moins dans leurs grandes lignes, les divers m\u00e9canismes d&rsquo;\u00e9limination de substances au niveau des reins, et m\u00eame les processus d&rsquo;\u00e9changes ioniques, pourtant assez complexes qui y prennent place, on ne saurait en dire autant de la production de la pens\u00e9e. Dans ce cas, on peut sans doute mesurer d&rsquo;une fa\u00e7on convenable une manifestation aussi \u00e9volu\u00e9e que l&rsquo;intelligence (gr\u00e2ce aux tests de quotient intellectuel et bient\u00f4t sans doute gr\u00e2ce \u00e0 des techniques perfectionn\u00e9es d&rsquo;\u00e9lectro-enc\u00e9phalogrammes si l&rsquo;on en croit les travaux d&rsquo;Elaine et Alan Hendrickson) et comprendre les m\u00e9canismes \u00e9l\u00e9mentaires pr\u00e9sidant au fonctionnement des cellules nerveuses ou neurones. Mais on ne voit gu\u00e8re comment l&rsquo;un peut produire l&rsquo;autre. Tout ce que l&rsquo;on sait aujourd&rsquo;hui sur les transports de substances chimiques dans les neurones, sur leur lib\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 ces derniers s&rsquo;ach\u00e8vent (la synapse) pour se connecter avec un autre neurone ou une autre cellule, sur les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectriques au niveau des nerfs, etc&#8230; ne rend pas compte d&rsquo;une fa\u00e7on claire de la production de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En jetant un regard superficiel et m\u00eame pas si superficiel que cela, sur les travaux des neurophysiologistes, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de penser qu&rsquo;ils tournent autour de la question centrale sans l&rsquo;aborder jamais : comment le cerveau \u00ab produit-il \u00bb de la raison, de la conscience, etc&#8230; ? D\u00e9tail significatif, dans son r\u00e9cent panorama sur les neurosciences, la revue Nature, que l&rsquo;on consid\u00e8re le plus souvent comme le p\u00e9riodique scientifique le plus prestigieux du monde, n&rsquo;a \u00e9voqu\u00e9 la notion d&rsquo;esprit (mind) qu&rsquo;\u00e0 une reprise et dans la seule pr\u00e9sentation de son dossier <a id=\"ftnref6\" href=\"#ftn6\">[6]<\/a>. Tout le reste \u00e9tait clair, moderne et d\u00e9taill\u00e9. Mais le probl\u00e8me des m\u00e9canismes de la pens\u00e9e ne se trouvait m\u00eame pas pos\u00e9 ! C&rsquo;est dire que les neurophysiologistes \u00e9voquent quelque peu l&rsquo;image d&rsquo;astronomes qui n&rsquo;\u00e9tudieraient de l&rsquo;univers que le cadre de leur chambre \u00e0 coucher !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant leur travail ne manque pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Tout d&rsquo;abord, parce qu&rsquo;ils font ce qu&rsquo;ils peuvent. D&rsquo;autre part, parce qu&rsquo;en renon\u00e7ant provisoirement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9tudier une pens\u00e9e au niveau cellulaire, ils contribuent peut-\u00eatre \u00e0 d\u00e9couvrir le code de correspondance permettant de passer du cerveau \u00e0 l&rsquo;esprit. A cet \u00e9gard, il convient de d\u00e9noncer avec Crick l&rsquo;id\u00e9e du \u00ab neurone savant \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette id\u00e9e consiste \u00e0 imaginer que le neurone peut envoyer des messages au contenu extr\u00eamement sophistiqu\u00e9 (\u00e0 la limite une \u00ab pens\u00e9e \u00bb). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, une telle th\u00e9orie revient \u00e0 se repr\u00e9senter le cerveau comme une population d&rsquo;homonculus sp\u00e9cialis\u00e9s dans des t\u00e2ches diverses. Et par la m\u00eame occasion, \u00e0 d\u00e9placer \u00e0 nouveau le probl\u00e8me. En v\u00e9rit\u00e9, les capacit\u00e9s des neurones semblent plus modestes : elles se limitent \u00e0 des d\u00e9charges de m\u00e9diateurs chimiques suivant une certaine fr\u00e9quence. Alors comment l&rsquo;information est-elle transmise ou stock\u00e9e ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La clef est-elle dans le r\u00e9seau des synapses, dans la fr\u00e9quence des d\u00e9charges, elles-m\u00eames li\u00e9es aux ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectriques prenant place le long des nerfs, \u00e0 des mol\u00e9cules, principalement de types peptidiques ? On ne peut r\u00e9pondre avec pr\u00e9cision \u00e0 ces questions. Du moins dispose-t-on de certaines pistes. Ces derni\u00e8res trouvent des v\u00e9rifications non seulement dans le cadre de la neurobiologie fondamentale, mais aussi en clinique. La psychiatrie biochimique naissante, a en effet r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les maladies mentales ou nerveuses les plus connues, schizophr\u00e9nie, psychose maniaco-d\u00e9pressive, d\u00e9pression, etc&#8230;, s&rsquo;accompagnent de perturbations biochimiques. En clair, les d\u00e9sordres de l&rsquo;esprit ne sont pas immat\u00e9riels (m\u00eame s&rsquo;il est encore bien difficile de dire dans quelles mesures les modifications biochimiques observ\u00e9es sont cause ou cons\u00e9quence des processus pathologiques).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre piste int\u00e9ressante : les donn\u00e9es d\u00e9j\u00e0 disponibles sur les m\u00e9canismes de la perception. En apparence, elles concernent des choses relativement simples (par rapport au probl\u00e8me de \u00ab l&rsquo;esprit \u00bb). En r\u00e9alit\u00e9, il s&rsquo;agit de d\u00e9couvertes d&rsquo;une importance philosophique majeure. Les travaux les plus remarquables en ce domaine sont ceux des prix Nobel David Hubel et Tornstein Wiesel sur les m\u00e9canismes de la vision. Ces chercheurs ont montr\u00e9 que les neurones du cortex c\u00e9r\u00e9bral participant \u00e0 ces processus formaient un c\u00e2blage pr\u00e9cis, g\u00e9n\u00e9tiquement d\u00e9termin\u00e9 et correspondant \u00e0 des syst\u00e8mes de colonnes ne donnant pas l&rsquo;image exacte de l&rsquo;objet vu mais une sorte de construction g\u00e9om\u00e9trique. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;exclamation de Hubel et Wiesel : \u00ab Quels doivent \u00eatre la surprise et m\u00eame l&rsquo;ahurissement d&rsquo;un minuscule observateur regardant, dans le cerveau, une telle repr\u00e9sentation du monde ext\u00e9rieur ! \u00bb <a id=\"ftnref7\" href=\"#ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cerveau reconstruit le r\u00e9el, il ne le photographie pas. Il est un g\u00e9om\u00e8tre comme le dit le biochimiste fran\u00e7ais Jacques Ninio <a id=\"ftnref8\" href=\"#ftn8\">[8]<\/a>. Le fait que cette aptitude \u00e0 construire le r\u00e9el d\u00e9pende directement des structures c\u00e9r\u00e9brales (et non d&rsquo;un \u00e9ventuel esprit immat\u00e9riel) est illustr\u00e9 par les fascinantes recherches r\u00e9alis\u00e9es sur les split brain, les cerveaux-fendus. Ces derniers, des \u00e9pileptiques chez lesquels on a coup\u00e9 l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment joignant les deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux, ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s avec soin par le Prix Nobel Sperry. Ils montrent une \u00e9tonnante dissociation de la personnalit\u00e9, tout particuli\u00e8rement quand on leur pr\u00e9sente des portraits chim\u00e9riques (c&rsquo;est-\u00e0-dire constitu\u00e9s par la photo d&rsquo;une moiti\u00e9 gauche de visage associ\u00e9e \u00e0 celle d&rsquo;une moiti\u00e9 droite d&rsquo;un autre sujet). Si on demande au patient voyant l&rsquo;image de la d\u00e9crire, il d\u00e9crit verbalement ce qu&rsquo;il a vu avec son h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral gauche (o\u00f9 se projette l&rsquo;image du c\u00f4t\u00e9 droit de la photo). Si on lui demande de d\u00e9signer avec son doigt le visage reconnu, il montre au contraire une photo repr\u00e9sentant le personnage figur\u00e9 sur l&rsquo;autre moiti\u00e9. Cela prouve que chaque h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral fonctionne \u00e0 sa fa\u00e7on et que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux domine l&rsquo;autre dans tel ou tel cas pr\u00e9cis (le gauche domine le droit pour tout ce qui concerne les fonctions verbales).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On n&rsquo;en finirait pas de citer toutes les histoires de split brain. L&rsquo;une des plus spectaculaires est rapport\u00e9e par M. S. Gazzaniga. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une jeune Am\u00e9ricaine \u00e0 l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re droit de laquelle on a pr\u00e9sent\u00e9 la photo d&rsquo;une femme nue. Elle a souri, mais interrog\u00e9e, elle a r\u00e9pondu (avec son h\u00e9misph\u00e8re gauche) qu&rsquo;elle n&rsquo;avait rien vu. En r\u00e9p\u00e9tant la projection, elle a ri de nouveau, rougi, paru g\u00ean\u00e9e, mais en d\u00e9clarant toujours n&rsquo;avoir rien observ\u00e9 de dr\u00f4le ou de choquant !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Gazzaniga raconte aussi l&rsquo;histoire du fameux split brain W. J. qui essaya un jour de frapper sa femme avec son bras gauche tout en utilisant son bras droit pour la prot\u00e9ger ! <a id=\"ftnref9\" href=\"#ftn9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque \u00eatre vivant, nous l&rsquo;avons dit, construit sa repr\u00e9sentation du r\u00e9el. Il en r\u00e9sulte que l&rsquo;homme, la grenouille ou l&rsquo;insecte voient le monde \u00e0 leur fa\u00e7on. En outre, certains per\u00e7oivent des sons que d&rsquo;autres n&rsquo;entendent pas. Bref, interpr\u00e9tant le monde \u00e0 leur mani\u00e8re, chaque organisme vit dans un univers diff\u00e9rent, dans une umwell particuli\u00e8re pour reprendre le concept forg\u00e9 par Jacob Von Uexhkull et, h\u00e9las, un peu oubli\u00e9 <a id=\"ftnref10\" href=\"#ftn10\">[10]<\/a>. Non seulement chaque esp\u00e8ce, mais chaque individu vit dans un monde \u00e0 part. Chacun secr\u00e8te en quelque sorte son environnement. C&rsquo;est la raison pour laquelle il est strictement impossible que deux personnes vivent exactement dans le m\u00eame milieu. Si forte soit l&rsquo;\u00e9galisation artificiellement pratiqu\u00e9e, le milieu, m\u00eame objectivement identique, sera per\u00e7u diff\u00e9remment. Il sera diff\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces consid\u00e9rations, associ\u00e9es \u00e0 celles de la g\u00e9n\u00e9tique, d\u00e9bouchent sur une donn\u00e9e r\u00e9volutionnaire : le ph\u00e9nom\u00e8ne essentiel r\u00e9side moins dans la fa\u00e7on par laquelle le monde environnant nous influence que dans la mani\u00e8re suivant laquelle nous le cr\u00e9ons. La preuve en est que le cerveau peut exercer une activit\u00e9 constructrice ind\u00e9pendamment des stimulations de l&rsquo;environnement. Par exemple, lors des ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;hallucinations ou des r\u00eaves sans parler de l&rsquo;imagination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette fa\u00e7on de consid\u00e9rer un attribut des \u00eatres vivants non comme un \u00e9l\u00e9ment principalement modifiable par son environnement mais comme quelque chose qui pr\u00e9existe \u00e0 l&rsquo;action du milieu rejoint directement la vision darwinienne du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette derni\u00e8re n&rsquo;est en effet pas autre chose qu&rsquo;une fa\u00e7on de consid\u00e9rer les structures vivantes comme g\u00e9n\u00e9tiquement fix\u00e9es, non modifi\u00e9es avec finalit\u00e9 par l&rsquo;environnement (qui joue un r\u00f4le important en tant qu&rsquo;agent s\u00e9lectif mais non comme facteur modifiant directement les organismes). C&rsquo;est pourquoi la plupart des sp\u00e9cialistes qui s&rsquo;interrogent aujourd&rsquo;hui sur l&rsquo;\u00e9volution de la conscience situent leur r\u00e9flexions dans le cadre de la sociobiologie (donc du darwinisme) en expliquant par exemple que la conscience de soi a pu devenir un avantage s\u00e9lectif, que l&rsquo;altruisme r\u00e9ciproque a d\u00fb en favoriser l&rsquo;\u00e9mergence, etc&#8230; <a id=\"ftnref11\" href=\"#ftn11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un tel regard vient, de toute \u00e9vidence, renforcer une certaine interpr\u00e9tation id\u00e9aliste. Si cette derni\u00e8re est d\u00e9finie comme le contraire du mat\u00e9rialisme extr\u00eame (c&rsquo;est-\u00e0-dire la croyance suivant laquelle le monde physique existerait tel que nous le percevons et ind\u00e9pendamment de notre perception), alors, la science moderne doit \u00eatre comprise comme un vigoureux soutien \u00e0 l&rsquo;id\u00e9alisme. En un sens, il s&rsquo;agit de revenir en partie \u00e0 des id\u00e9es d\u00e9j\u00e0 forg\u00e9es par Berkeley, Ernst Mach, Karl Pearson et plusieurs autres et qui, pour avoir suscit\u00e9 le m\u00e9pris de bien des auteurs (tout particuli\u00e8rement L\u00e9nine dans Mat\u00e9rialisme et empiriocriticisme) n&rsquo;en restent pas moins fort pertinentes. Il est bien \u00e9vident en effet que la science ne nous d\u00e9voile la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb du monde qu&rsquo;\u00e0 travers nos sens ou ces prolongements de nos sens que sont les instruments d&rsquo;observations fins (microscopes, lunettes astronomiques, etc&#8230;). D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, on ne peut \u00eatre s\u00fbr de l&rsquo;existence de rien. Mais l&rsquo;existence de nos sens est un pr\u00e9alable \u00e0 l&rsquo;existence per\u00e7ue de notre environnement. Le fait que notre m\u00e9canique de perception c\u00e9r\u00e9brale contribue \u00e0 reconstruire le monde (et non \u00e0 se laisser impr\u00e9gner par lui) est riche d&rsquo;enseignement. Surtout si on le rapproche de cette autre grande d\u00e9couverte : l&rsquo;homme et son cerveau ne sont pas semblables \u00e0 des pages blanches sur lesquelles le milieu viendrait imprimer son \u00e9criture. Il est le reflet d&rsquo;une certaine forme de pr\u00e9existence qui utilise le monde pour se r\u00e9v\u00e9ler telle qu&rsquo;elle est plus que pour s&rsquo;y modifier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette perspective, une d\u00e9marche de type id\u00e9aliste (au sens le plus large) appara\u00eet comme non seulement conforme aux faits mais comme scientifiquement op\u00e9rationnelle : elle permet de faire avancer la recherche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle permet aussi de consid\u00e9rer sous un jour nouveau la transformation du monde par la technique moderne. Si l&rsquo;univers n&rsquo;existe vraiment que par la repr\u00e9sentation que nous en avons, nous pouvons bien, apr\u00e8s tout, le redessiner \u00e0 la mesure de notre volont\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques ouvrages de Yves Christen (1982)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;Heure de la Sociobiologie Albin Michel, 1979.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00a0\u00a0 Le Grand Affrontement : Marx et Darwin Albin Michel, 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;Homme Grand Quid illustr\u00e9\/Robert Laffont, 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00a0\u00a0 Le Stress vaincu ? (\u00e9crit en collaboration avec A. Soubiran), Albin Michel, 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Dossier Darwin Copernic. 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> F. Le Dantec : L&rsquo;Ego\u00efsme base de toute soci\u00e9t\u00e9. Flammarion, 1925.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Y. Christen : L&rsquo;Heure de la sociobiologie. Albin Michel, 1979.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> Voir \u00e0 ce sujet J.-Y. Le Gallou : in Nouvelle Ecole, n\u00b0 16, janv-f\u00e9v. 1972, pp. 55-65 et les ouvrages de A. E. Van Vogt : Le Monde des A et Les Joueurs du A (Ed. J&rsquo;ai Lu).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> J. C. Eccles : Le Myst\u00e8re humain, Pierre Margada, 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn5\" href=\"#ftnref5\">[5]<\/a> F. J. C. Crick : in Pour la science, nov. 1979, p. 168.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn6\" href=\"#ftnref6\">[6]<\/a> Nature, vol. 293, n\u00b0 5833, 15 oct. 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn7\" href=\"#ftnref7\">[7]<\/a> D. Hubel et T. Wiesel : in Pour la science, nov. 1979, p. 92.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn8\" href=\"#ftnref8\">[8]<\/a> J. Ninio : in Art Press International, n\u00b0 31, juillet-ao\u00fbt 1979, pp. 20-22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn9\" href=\"#ftnref9\">[9]<\/a> M. S. Cazzaniga : in Scientific American, vol. 228, p. 24, 1973.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn10\" href=\"#ftnref10\">[10]<\/a> Voir notamment J. V. Uexkull : Mondes animaux et monde humain, Gonthier, 1965.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn11\" href=\"#ftnref11\">[11]<\/a> J. H. Crook : The evolution of human consciousness, Oxford University Press, 1980 ; J. Jaynes : The origin of consciousness through the breakdown of the bicameral mind, Houghton Mifflin, 1976, etc.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tude du cerveau pose le m\u00eame type de probl\u00e8me tant il est vrai qu&rsquo;on a facilement l&rsquo;impression qu&rsquo;une sorte de personnage regarde, et interpr\u00e8te le monde dans notre t\u00eate. Le fait d&rsquo;avoir vu d\u00e9crit un peu partout dans les livres d&rsquo;\u00e9cole l&rsquo;\u0153il comme un appareil photo ou une cam\u00e9ra a grandement facilit\u00e9 cette d\u00e9viation intellectuelle. Le biologiste Francis Crick a, en termes fort simples, d\u00e9montr\u00e9 pourquoi une telle explication ne pouvait satisfaire le chercheur : \u00ab R\u00e9cemment, commente-t-il, j&rsquo;essayais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d&rsquo;expliquer \u00e0 une femme intelligente le probl\u00e8me de la perception. Comme elle ne parvenait pas \u00e0 comprendre o\u00f9 il r\u00e9sidait, je finis par lui demander, en d\u00e9sespoir de cause, comment elle croyait voir le monde. Elle me r\u00e9pondit qu&rsquo;elle pensait avoir \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la t\u00eate une sorte de r\u00e9cepteur de t\u00e9l\u00e9vision. \u00ab Et alors, demandais je, qui le regarde ? Instantan\u00e9ment, elle comprit le probl\u00e8me. \u00bb \u00ab La plupart des neurobiologistes, poursuit Crick, sont d&rsquo;accord sur le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;homoncule dans le cerveau. Malheureusement, il est plus facile de souligner une erreur que de l&rsquo;\u00e9viter. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[739],"tags":[116,37,99],"class_list":["post-6082","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-christen-yves","tag-cerveau","tag-conscience","tag-science"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&#039;\u00e9tude du cerveau pose le m\u00eame type de probl\u00e8me tant il est vrai qu&#039;on a facilement l&#039;impression qu&#039;une sorte de personnage regarde, et interpr\u00e8te le monde dans notre t\u00eate. 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Le fait d'avoir vu d\u00e9crit un peu partout dans les livres d'\u00e9cole l'\u0153il comme un appareil photo ou une cam\u00e9ra a grandement facilit\u00e9 cette d\u00e9viation intellectuelle. Le biologiste Francis Crick a, en termes fort simples, d\u00e9montr\u00e9 pourquoi une telle explication ne pouvait satisfaire le chercheur : \u00ab R\u00e9cemment, commente-t-il, j'essayais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d'expliquer \u00e0 une femme intelligente le probl\u00e8me de la perception. Comme elle ne parvenait pas \u00e0 comprendre o\u00f9 il r\u00e9sidait, je finis par lui demander, en d\u00e9sespoir de cause, comment elle croyait voir le monde. Elle me r\u00e9pondit qu'elle pensait avoir \u00e0 l'int\u00e9rieur de la t\u00eate une sorte de r\u00e9cepteur de t\u00e9l\u00e9vision. \u00ab Et alors, demandais je, qui le regarde ? Instantan\u00e9ment, elle comprit le probl\u00e8me. \u00bb \u00ab La plupart des neurobiologistes, poursuit Crick, sont d'accord sur le fait qu'il n'y a pas d'homoncule dans le cerveau. Malheureusement, il est plus facile de souligner une erreur que de l'\u00e9viter.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2010-12-10T21:57:42+00:00","article_modified_time":"2011-09-24T13:23:28+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"18 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen","datePublished":"2010-12-10T21:57:42+00:00","dateModified":"2011-09-24T13:23:28+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/"},"wordCount":3526,"keywords":["cerveau","Conscience","Science"],"articleSection":["Christen Yves"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/","name":"Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2010-12-10T21:57:42+00:00","dateModified":"2011-09-24T13:23:28+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-cerveau-humain-peut-il-comprendre-le-cerveau-humain-par-yves-christen\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le cerveau humain peut-il comprendre le cerveau humain par Yves Christen"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6082","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6082"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6082\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6082"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6082"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6082"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}