{"id":6445,"date":"2011-01-24T23:22:47","date_gmt":"2011-01-24T22:22:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=6445"},"modified":"2011-09-18T13:12:37","modified_gmt":"2011-09-18T12:12:37","slug":"le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/","title":{"rendered":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. No 12. Mai-Juin 1976)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans sa propri\u00e9t\u00e9 de Nohant, en 1876, mourait George Sand. Loin d&rsquo;\u00eatre uniquement la militante f\u00e9ministe ou l&rsquo;amante inconstante qu&rsquo;on veut lui faire jouer, George Sand nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans cet article de Paul Arnold comme une illumin\u00e9e, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l&rsquo;a men\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 quel Dieu. Et c&rsquo;est en m\u00eame temps pour lui l&rsquo;occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l&rsquo;occultisme des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s les tentatives sans gloire de Strasbourg et de Boulogne, le prince Louis-Napol\u00e9on Bonaparte semblait avoir renonc\u00e9 \u00e0 ses ambitions politiques pour chercher le moyen de mettre un terme au paup\u00e9risme. Il publiait un plan trop s\u00e9duisant, l&rsquo;Extinction du paup\u00e9risme. Il l&rsquo;envoya \u00e0 George Sand qui lui r\u00e9pondit aussit\u00f4t, point dupe, sans doute, du stratag\u00e8me : \u00ab <em>Sachez-nous quelque gr\u00e9 de nous d\u00e9fendre des s\u00e9ductions que votre caract\u00e8re, votre intelligence et votre situation exercent sur nous, pour oser vous dire que jamais nous ne reconna\u00eetrons d&rsquo;autre souverain que le peuple. Cette souverainet\u00e9 nous para\u00eet incompatible avec celle d&rsquo;un homme ; aucun miracle, aucune personnification du g\u00e9nie populaire dans un seul ne nous prouvera le droit d&rsquo;un seul [&#8230;]. Telle est la force des lois providentielles qui poussent la France \u00e0 son but, que vous n&rsquo;avez pas mission, vous, homme d&rsquo;\u00e9lite, de nous tirer des mains d&rsquo;un homme vulgaire, pour ne rien dire de plus<\/em>. \u00bb Entendez le roi Louis-Philippe. Apr\u00e8s quoi, elle f\u00e9licita le prince de se pr\u00e9occuper du \u00ab\u00a0sort des prol\u00e9taires \u00bb : \u00ab Eh bien ! oui, l\u00e0 est votre grandeur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>George Sand, Pierre Leroux et Louis Viardot fondent \u00ab\u00a0la Revue ind\u00e9pendante \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La lettre refl\u00e9tait l&rsquo;opinion que, depuis 1842, d\u00e9fendait bruyamment la Revue ind\u00e9pendante fond\u00e9e par Pierre Leroux, George Sand et Louis Viardot. Leroux, ancien carbonaro, saint-simonien convaincu, en \u00e9tait le penseur, le politicien ardent, l&rsquo;\u00e9conomiste impitoyable, le philosophe-th\u00e9ologien. Sand fournissait des romans, Viardot des traductions de classiques espagnols et de contemporains russes. Leroux essayait l\u00e0 ses diatribes antigouvernementales ou m\u00e9taphysiques dont aucune ne put y para\u00eetre int\u00e9gralement ; et il fallut attendre 1848 et 1849 pour en lire tout le texte. Attaquant la droite par ses appels \u00ab Aux philosophes \u00bb et \u00ab Aux politiques \u00bb, d\u00e9non\u00e7ant la \u00ab ploutocratie \u00bb, laissant \u00e0 Jacques Dupuis le soin de d\u00e9montrer les erreurs du \u00ab communisme \u00bb mat\u00e9rialiste, Leroux prouvait, en logicien, que le gouvernement n&rsquo;appartient qu&rsquo;au peuple tout entier et, par son entremise, \u00e0 Dieu qui seul peut guider l&rsquo;homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une nouvelle religion : la synth\u00e8se de la connaissance humaine <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux politiciens et aux notori\u00e9t\u00e9s en place, comme Chateaubriand et Saint-Beuve, qui lui reprochaient l&rsquo;hostilit\u00e9 au christianisme refl\u00e9t\u00e9, Leroux, au nom de son \u00e9quipe, signifiait : \u00ab <em>Nous n&rsquo;acceptons pas ce reproche \u00a0[&#8230;]. Si on entend par hostilit\u00e9 au christianisme que nous croyons \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une nouvelle synth\u00e8se \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 de toute la connaissance humaine, nous acceptons pleinement la responsabilit\u00e9 de cette opinion ; car c&rsquo;est notre pens\u00e9e, notre pens\u00e9e fondamentale, celle qui embrasse et relie tous nos travaux<\/em>. \u00bb Et il y insiste : \u00ab <em>Nous croyons que cette synth\u00e8se des connaissances c&rsquo;est le travail que la soci\u00e9t\u00e9 accomplit aujourd&rsquo;hui par le politique, par la science, par les arts, sans en avoir encore clairement conscience. Et de b\u00e2tir sa pyramide sociale et religieuse : O\u00f9 r\u00e9side la souverainet\u00e9 ? Trois voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent\u00a0 qui proclament \u00e0 la fois la v\u00e9rit\u00e9 et l&rsquo;erreur. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La premi\u00e8re voix dit : \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 est dans le peuple , le vrai l\u00e9gislateur, c&rsquo;est tous.\u00a0\u00bb SOCIALISME.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La seconde voix dit : \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 est dans la raison ,  le vrai l\u00e9gislateur, c&rsquo;est chacun.\u00a0\u00bb INDIVIDUALISME.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La troisi\u00e8me voix dit : \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 est en Dieu ; le vrai l\u00e9gislateur, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un ou quelques-uns, ce n&rsquo;est pas tous, ce n&rsquo;est pas chacun.\u00a0\u00bb REVELATION<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et Leroux rectifie : \u00ab\u00a0<em>Le vrai l\u00e9gislateur, c&rsquo;est chacun par tous au moyen de la science et de l&rsquo;amour<\/em>. \u00bb Pr\u00e9figuration de la lettre de Sand au prince Napol\u00e9on, mais aussi explication des ardeurs et des d\u00e9sillusions de l&rsquo;\u00e9quipe enti\u00e8re en 1848. Tandis que Proudhon \u2014 d\u00e9finissait la Revue ind\u00e9pendante : \u00ab Dieu et les prunes \u00bb \u2014 prenait ses distances par rapport au syndicalisme mystique \u00e0 la Cabet, Leroux courait les clubs pour pr\u00eacher la libert\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 fond\u00e9es sur la R\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pour George Sand, l&rsquo;action politique \u00e9tait une voie d&rsquo;acc\u00e8s vers la religion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme tant d&rsquo;autres intellectuels, comme Baudelaire brusquement sorti du dandysme pour arborer une cravate rouge (voir mon <em>Esot\u00e9risme de Baudelaire<\/em>), George Sand descend dans la rue. Apr\u00e8s avoir, le 9 mars, \u00e9crit de Nohant : \u00ab <em>La r\u00e9publique est conquise, elle est assur\u00e9e, nous y p\u00e9rirons tous plut\u00f4t que de la l\u00e2cher<\/em> \u00bb, elle participe aux journ\u00e9es d&rsquo;avril pour t\u00e2cher de sauver ce qui peut l&rsquo;\u00eatre encore. Elle ne tarde pas \u00e0 pressentir que la bataille est perdue. Et elle assiste, atterr\u00e9e, au triomphe de la \u00ab r\u00e9action \u00bb : \u00ab <em>J&rsquo;ai bien peur que l&rsquo;id\u00e9e de R\u00e9publique a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans son principe et dans son avenir, du moins dans son prochain avenir. Aujourd&rsquo;hui, elle a \u00e9t\u00e9 souill\u00e9e par des cris de mort<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle rentre \u00e0 Nohant, d\u00e9\u00e7ue, t\u00e2che, de loin, d&rsquo;agir encore et s&rsquo;interroge : \u00ab <em>Je pousse loin le scrupule, quand il s&rsquo;agit de conseiller et d&rsquo;agiter le peuple dans la rue [&#8230;]. Sommes-nous m\u00fbrs pour rendre un bon compte \u00e0 Dieu et aux hommes ?<\/em> \u00bb \u00e9crit-elle \u00e0 Th\u00e9ophile Thor\u00e9 en fuite. \u00ab <em>D&rsquo;o\u00f9 peut sortir la lumi\u00e8re, au milieu d&rsquo;un tel conflit d&rsquo;id\u00e9es fausses et de formules menteuses ?<\/em> \u00bb demande-t-elle \u00e0 Mazzini. Car, pour elle, la politique n&rsquo;est pas une id\u00e9ologie, mais la souffrance et la piti\u00e9 en action : \u00ab <em>Je souffre, \u00e9crit-elle \u00e0 Barb\u00e8s d\u00e9tenu au donjon de Vincennes, pour tous les \u00eatres qui souffrent, qui font le mal ou le laissent faire sans le comprendre ; pour ce peuple qui est si malheureux et qui tend le dos aux coups et les bras \u00e0 la cha\u00eene.<\/em> \u00bb Elle se d\u00e9tournera de l&rsquo;action politique pour devenir derechef \u00ab\u00a0la bonne Dame de Nohant \u00bb toujours pr\u00eate \u00e0 secourir celles ou ceux qui, individuellement, s&rsquo;adresseront \u00e0 elle. Et pour secouer sa peine et sa tristesse, elle \u00e9crit, avec un sourire grin\u00e7ant, en un style rabelaisien un peu bien forc\u00e9, le roman champ\u00eatre pas seulement champ\u00eatre, on le verra \u2014 de la <em>Petite Fadette<\/em>, sorci\u00e8re amoureuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Car toute cette agitation men\u00e9e avec une passion de femme n&rsquo;est pour elle que la voie d&rsquo;acc\u00e8s d&rsquo;une religion qui r\u00e9aliserait le johannisme, christianisme tout amour, \u00e9pur\u00e9, respiritualis\u00e9, enrichi par une mani\u00e8re de pythagorisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9part de tout, bien avant ses ma\u00eetres \u00e0 penser, les Leroux, les Lamennais, les Fourier, la jeune Aurore Dupin-Dudevant, la future George Sand a connu, au couvent, une crise mystique qui faillit la conduire au noviciat. Une des pages les plus s\u00fbres de <em>l&rsquo;Histoire de ma vie<\/em>, souvent quelque peu arrang\u00e9e, conte son \u00ab ravissement \u00bb pr\u00e9par\u00e9 par une p\u00e9riode d&rsquo;intense d\u00e9votion apparue \u00ab <em>tout \u00e0 coup comme une passion qui s&rsquo;allume dans une \u00e2me ignorante de ses propres forces<\/em> \u00bb. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une m\u00e9ditation sur la th\u00e9ologie, pas non plus l&rsquo;absorption de la conscience dans la pri\u00e8re en foi pure, les deux avenues qui m\u00e8nent \u00e0 la saintet\u00e9 ou, si l&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re, \u00e0 la connaissance intuitive. Non, c&rsquo;\u00e9tait une voie bien sandienne d\u00e9j\u00e0, la lecture des l\u00e9gendes et des vies de saints : \u00ab <em>La foi, le courage, le sto\u00efcisme des confesseurs et des martyrs m&rsquo;apparaissaient comme de grandes choses et r\u00e9pondaient \u00e0 quelque fibre secr\u00e8te qui commen\u00e7ait \u00e0 vibrer en moi<\/em>. \u00bb Cet aspect \u00e9minemment, chaleureusement humain de la religion vivante aimantait son c\u0153ur et allait susciter l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement : elle \u00e9tait rest\u00e9e seule \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, ardemment concentr\u00e9e : \u00ab <em>J&rsquo;avais tout oubli\u00e9. Je ne sais ce qui se passait en moi. Je respirais une atmosph\u00e8re d&rsquo;une suavit\u00e9 indicible, et je la respirais par l&rsquo;\u00e2me plus encore que par les sens. Tout \u00e0 coup, je ne sais quel \u00e9branlement se produit dans tout mon \u00eatre, un vertige passe devant mes yeux comme une lueur blanche dont je me sens envelopp\u00e9e. Je crois entendre une voix murmurer \u00e0 mon oreille : \u00ab\u00a0Tolle, 1ege.\u00a0\u00bb Je me retourne, croyant que c&rsquo;est (s\u0153ur) Marie Aldicia qui me parle. J&rsquo;\u00e9tais seule. Je ne me fis pas d&rsquo;orgueilleuse illusion, je ne crus point \u00e0 un miracle&#8230; Seulement, je sentis que la foi s&#8217;emparait de moi, comme je l&rsquo;avais souhait\u00e9, par le c\u0153ur. Je sentis encore que j&rsquo;aimais Dieu, que ma pens\u00e9e embrassait et acceptait pleinement cet id\u00e9al de justice, de tendresse et de saintet\u00e9 que je n&rsquo;avais jamais r\u00e9voqu\u00e9 en doute, mais avec lequel je ne m&rsquo;\u00e9tais jamais trouv\u00e9e en communication directe<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les mondanit\u00e9s familiales mirent un terme \u00e0 cette tentation o\u00f9 les religieuses qui l&rsquo;entouraient voyaient un signe \u00e0 \u00e9prouver. Mais l&rsquo;aventure de \u00ab l&rsquo;\u00e2me \u00bb divor\u00e7ant du corps allait \u00eatre la pr\u00e9occupation constante de la jeune romanci\u00e8re, avec d\u00e9j\u00e0 les premiers \u00e9chos dans <em>L\u00e9lia<\/em>. Il faudra pourtant le saint-simonisme \u00e9largi et la dialectique fougueuse de Pierre Leroux, \u00e0 partir de 1832, pour la doter d&rsquo;un cadre m\u00e9taphysique suffisamment rigide et en apparence indiscutable, rassurant, o\u00f9 s&rsquo;adosser et adosser l&rsquo;imagination romanesque. Leroux s&rsquo;en prend aux Lavater, aux Fourier et autres philosophes scientistes qui \u00ab <em>ne voient pas que, dans tous leurs ph\u00e9nom\u00e8nes, l&rsquo;Univers ou Dieu intervient soit comme fait ou totalit\u00e9, soit comme cause ou attraction, soit comme manifestation pr\u00e9sente ou mouvement<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette affirmation de pure foi bridait les curiosit\u00e9s de la romanci\u00e8re qui courait, comme toute l&rsquo;\u00e9lite, de la phr\u00e9nologie \u00e0 la physiognomonie et au magn\u00e9tisme par lesquels s\u2019exprimaient alors les rapports de la m\u00e9taphysique et de la psychologie avec la science d&rsquo;observation. Car aucune de ces th\u00e9ories ne la convainquait sans reste, et tout au plus croyait-elle aux \u00ab influences \u00bb, sur le syst\u00e8me nerveux d&rsquo;autrui, des personnes sympathiques et des personnes antipathiques, \u00ab car, avoue-t-elle, je l&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9 et suis forc\u00e9e d&rsquo;y croire \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>George Sand et l&rsquo;occultisme : \u00ab Il y a une science occulte dont je me pique mais&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il devait bien y avoir une connaissance occulte ; son secret m\u00eame suscitait encore plus sa m\u00e9fiance et son hostilit\u00e9 \u2014 comme exemple d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 et couverture du vice \u2014 qu&rsquo;il n&rsquo;excitait sa curiosit\u00e9. Albert, le h\u00e9ros de <em>Consuelo et de la Comtesse de Rudolstadt<\/em> (parue par tranches dans <em>la Revue ind\u00e9pendante<\/em>, ne m\u00e9nage pas Cagliostro qui lui fait horreur et demeure fort r\u00e9ticent pour le comte de Saint-Germain qui, certes, \u00ab avait une gr\u00e2ce d&rsquo;enthousiasme et de folie [&#8230;] s&rsquo;il \u00e9tait charlatan et m\u00eame j\u00e9suitique \u00e0 beaucoup d&rsquo;\u00e9gards, il y avait au fond de tout cela une conviction fanatique qui pr\u00e9sentait de singuliers contrastes et lui faisait commettre beaucoup d&rsquo;incons\u00e9quences \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Albert-Sand n&rsquo;\u00e9tait pas dupe de sa magie et lui pr\u00eate ce propos lucide : \u00ab <em>Il y a [&#8230;] une science occulte dont je me pique, et dans laquelle je suis aid\u00e9 par une lumi\u00e8re sup\u00e9rieure. Mais cette science n&rsquo;a rien de surnaturel, puisque c&rsquo;est purement et simplement celle du c\u0153ur humain ou [&#8230;] la connaissance approfondie de la vie humaine<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, elles pourraient contenir un grand espoir que justifiait le carbonarisme : \u00ab <em>Il ne \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 se commet pas, dans les soci\u00e9t\u00e9s humaines, une seule injustice, une seule violation du principe de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame il n&rsquo;y ait un germe de soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te implant\u00e9 aussi dans le monde, pour r\u00e9parer cette injustice et punir cette violation de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ecrivant <em>Consuelo<\/em> et pr\u00e9parant <em>la Comtesse de Rudolstadt<\/em>, George Sand, romanci\u00e8re soucieuse d&rsquo;all\u00e9cher son public encore plus que spiritualiste en qu\u00eate d&rsquo;un havre \u2014 point aid\u00e9e, ici, par Leroux (initi\u00e9 seulement en 1848, Loge des Artistes R\u00e9unis, \u00e0 Limoges) \u2014 \u00e9tudie avec scrupule l&rsquo;histoire et l&rsquo;organisation, l&rsquo;id\u00e9al de la franc-ma\u00e7onnerie : \u00ab <em>Je suis, \u00e9crit-elle \u00e0 Maurice Sand en juin 1843, dans la franc-ma\u00e7onnerie jusqu&rsquo;aux oreilles. Je ne sors pas du kadosh et du Rose-Croix et du Sublime \u00e9cossais. Il en r\u00e9sultera un roman des plus myst\u00e9rieux<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il en r\u00e9sulte aussi une d\u00e9sillusion de plus ; car Albert \u00ab <em>reconnut l&rsquo;erreur, l&rsquo;ignorance, la vanit\u00e9, l&rsquo;imposture, la fraude m\u00eame qui commen\u00e7aient alors \u00e0 se glisser dans ces sanctuaires d\u00e9j\u00e0 envahis par la d\u00e9mence et les vices du si\u00e8cle<\/em> \u00bb. Et, bien s\u00fbr, la grande d\u00e9cadence de la franc-ma\u00e7onnerie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Cagliostro justifiait ce jugement s\u00e9v\u00e8re. Pourtant George Sand esp\u00e8re encore que, oubliant leurs rivalit\u00e9s et leurs mesquineries, toutes les soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes r\u00e9unies feront na\u00eetre, un jour, \u00ab une seule foi \u00bb. La romanci\u00e8re pr\u00e9figure cet id\u00e9al dans l&rsquo;utopique Loge des Invisibles fond\u00e9e au ch\u00e2teau des Rudolstadt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>George Sand et la vie apr\u00e8s la mort : Les morts ne quittent pas la tombe, mais ils vivent autour de nous&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces approches de la spiritualit\u00e9 ne satisfaisaient gu\u00e8re sa soif de certitudes imm\u00e9diatement saisissables. \u00a0Elle interrogeait la croyance \u00e0 la m\u00e9tempsycose, qui, de Saint-Germain \u00e0 Saint-Simon, de Nerval \u00e0 Balzac, de Baudelaire \u00e0 M\u00e9nard, passionnait le si\u00e8cle. Pierre Leroux se faisait l&rsquo;avocat et le th\u00e9oricien de ce qu&rsquo;il appelle \u00ab l&rsquo;\u00e9ternel hym\u00e9n\u00e9e des \u00e2mes des morts avec le monde des vivants\u00a0\u00bb. Les morts, soutenait-il, prennent possession d&rsquo;un corps nouveau et poursuivent leur vie dans la n\u00f4tre. Sand n&rsquo;avait pas attendu Leroux pour r\u00eaver, dans <em>Lelia<\/em>, autour de cette id\u00e9e : \u00ab <em>Il y a des souvenirs qui semblent ceux d&rsquo;une autre vie, des enfants qui viennent au jour avec des douleurs qu&rsquo;on dirait contract\u00e9es dans la tombe, car l&rsquo;homme quitte peut \u00eatre le froid du cercueil pour rentrer dans le duvet du berceau<\/em>. \u00bb Elle n&rsquo;en est pourtant pas convaincue. Consuelo veut chasser du cerveau d&rsquo;Albert, le pr\u00e9tendu r\u00e9incarn\u00e9, ce qu&rsquo;elle tient pour des phantasmes. Et <em>Spiridion<\/em> (de 1855, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Pierre Leroux, \u00ab <em>Ami et fr\u00e8re par les ann\u00e9es, p\u00e8re et ma\u00eetre par la vertu et la science<\/em> \u00bb) n&rsquo;offre pas une r\u00e9ponse \u00e0 quelque degr\u00e9 s\u00fbre. Ce r\u00e9cit plut\u00f4t m\u00e9diocre, sur le th\u00e8me du revenant, Spiridion, fondateur de l&rsquo;ordre, qui cherche \u00e0 revivre et \u00e0 poursuivre son \u0153uvre dans le corps d&rsquo;un jeune moine, enferme-t-il, vraiment la pens\u00e9e de l&rsquo;auteur ? George Sand a-t-elle essay\u00e9 sur le lecteur une croyance m\u00e9taphysique ? N&rsquo;a-t-elle pas plus simplement c\u00e9d\u00e9 \u00e0 un go\u00fbt du public pour les histoires de spectre ? Quelle foi ajouter \u00e0 ces mots du h\u00e9ros : \u00ab Ou mon esprit avait par moments la puissance de ranimer fictivement ce que la mort avait plong\u00e9 dans le pass\u00e9, ou ce que la mort a frapp\u00e9 avait la puissance de se ranimer pour se communiquer \u00e0 moi \u00bb ? Plus proche, sans doute, du scepticisme sandien cette confession : \u00ab\u00a0<em>Les morts ne quittent pas le sanctuaire de la tombe pour venir, sous une forme sensible, nous instruire ou nous reprendre, mais ils vivent en nous [&#8230;] et notre imagination exalt\u00e9e les ressuscite et les met aux prise avec notre conscience<\/em>. \u00bb Sand restera toujours dans l&rsquo;incertitude, comme Consuelo apr\u00e8s la mort d&rsquo;Albert : \u00ab <em>Certaines facult\u00e9s rest\u00e8rent chez lui incompr\u00e9hensibles pour ses proches, comme elles le sont pour l&rsquo;historien qui vous les raconte<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>George Sand et l&rsquo;extase : \u00ab Puissance interdite ! facult\u00e9 \u00e0 la fois naturelle et divine&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Une porte lui semblait pourtant ouverte sur l&rsquo;Au-del\u00e0 : l&rsquo;extase. Elle avait sous les yeux un exemple saisissant, son grand ami Mickiewicz qui, au milieu de ses exaltations po\u00e9tiques, connaissait des \u00e9tats en marge de la conscience, \u00e9trangement contagieux. Elle nous parle avec ferveur d&rsquo;une r\u00e9union de Polonais o\u00f9 le po\u00e8te, \u00a0plongea l&rsquo;assistance dans une sorte de d\u00e9lire : \u00ab <em>Il s&rsquo;est senti tout \u00e0 coup \u00e9lev\u00e9 par l&rsquo;enthousiasme au-dessus de lui-m\u00eame<\/em> \u00bb, par une sorte \u00ab d&rsquo;`extase \u00bb. Elle en discute ardemment avec Pierre Leroux : \u00ab <em>Leroux d\u00e9finit l&rsquo;extase et la classe dans les hautes facult\u00e9s de l&rsquo;esprit humain<\/em> [&#8230;]\u00a0\u00bb. Dans ce si\u00e8cle ath\u00e9e, la facult\u00e9 extatique a pris la forme du magn\u00e9tisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00ab <em>l&rsquo;extase est contagieuse. Depuis la sublime descente du Paraclet sur les ap\u00f4tres jusqu&rsquo;aux ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;\u00e9pilepsie du tombeau de saint M\u00e9dard, depuis le fakir de l&rsquo;Orient jusqu&rsquo;aux passionnistes du si\u00e8cle dernier, depuis le divin J\u00e9sus et le po\u00e9tique Apollonius de Tyane jusqu&rsquo;aux mis\u00e9rables sujets des exp\u00e9riences du somnambulisme, depuis les pythonisses de l&rsquo;Antiquit\u00e9 jusqu&rsquo;aux religieuses du Loudun, depuis Mo\u00efse jusqu&rsquo;\u00e0 Swedenborg, on peut suivre les diff\u00e9rentes phases de l&rsquo;extase et voir comme elle se communique spontan\u00e9ment, m\u00eame \u00e0 des individus qui n&rsquo;y semblaient pas pr\u00e9dispos\u00e9s [&#8230;]. C&rsquo;est une facult\u00e9 \u00e0 la fois naturelle et divine, susceptible de produire les plus nobles effets, d\u00e8s qu&rsquo;une grande cause m\u00e9taphysique et morale les provoque<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit d&rsquo;o\u00f9 est sorti ce passage de Consuelo : \u00ab <em>Dieu ne veut pas que l&rsquo;homme abjure ainsi le sentiment et la conscience de sa vie r\u00e9elle pour s&rsquo;\u00e9lever trop souvent \u00e0 de vagues conceptions d&rsquo;un monde id\u00e9al. La d\u00e9mence et la fureur sont au bout de ces sortes d&rsquo;ivresses<\/em> \u00bb, et c&rsquo;est tout le th\u00e8me du roman, comme c&rsquo;est la clef des fr\u00e9n\u00e9sies de Laurent (Musset) dans <em>Elle et lui<\/em>. Et l&rsquo;on a eu bien raison de dire que <em>Consuclo<\/em> et <em>la Comtesse de Rudolstadt<\/em> veulent \u00eatre \u00ab une \u00e9tude sur les diverses sortes d&rsquo;extatiques et, par voie de cons\u00e9quence, sur les rapports entre la d\u00e9mence et la voyance \u00bb (L. Cellier) du moins au premier degr\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre. La gradation y va de Zdenko, l&rsquo;\u00ab innocent \u00bb, l&rsquo;inspir\u00e9 naturel, et de Gottlieb, disciple de Boehme, r\u00e9alisant, \u00ab pr\u00e9cieux talisman \u00bb, la source primordiale de l&rsquo;amour divin selon saint Jean (toujours le johannisme, cl\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre sandienne tout enti\u00e8re), \u00e0 Albert, le h\u00e9ros, le voyant qui aper\u00e7oit dans la terre les squelettes enfouis, l&rsquo;illumin\u00e9 aux confins de la d\u00e9mence qui sentait la folie l&rsquo;envahir, mais avait aussi la \u00ab facult\u00e9 de retrouver sa raison \u00bb et que son amour pour Consuelo aidait \u00e0 \u00ab vivre de la vie des autres hommes \u00bb, sans le priver d\u00e9finitivement de cette facult\u00e9 sup\u00e9rieure, signe de la parfaite incarnation.<\/p>\n<table style=\"text-align: justify;\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" width=\"522\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"522\" valign=\"top\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>PETIT AIDE-MEMOIRE<\/strong><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Etienne Cabet<\/strong><\/p>\n<p>Partisan de la Charbonnerie, il participa   aux insurrections de 1830. Apr\u00e8s son retour d&rsquo;exil, il \u00e9crivit en 1839   l&rsquo;Histoire populaire de la r\u00e9volution. fran\u00e7aise de 1789, puis un roman philosophique,   Voyage en Icarie, o\u00f9 il pr\u00f4ne un communisme pacifiste et utopique. Il essaya   vainement d&rsquo;en appliquer les principes dans des colonies communautaires qu&rsquo;il   fonda en Am\u00e9rique.<\/p>\n<p><strong>Charles Fourier<\/strong><\/p>\n<p>Ancien commis voyageur, il fonda, pour   diffuser ses id\u00e9es r\u00e9formatrices, l&rsquo;hebdomadaire la Phalanst\u00e8re. Critiquant   la soci\u00e9t\u00e9 industrielle bourgeoise, il pr\u00f4na une organisation de la soci\u00e9t\u00e9   fond\u00e9e sur de petits groupes de travail qui aimanteraient les diverses formes   de passions humaines. Projet utopique qui eut cependant de nombreux adeptes,   en d\u00e9pit des sarcasmes de Proudhon.<\/p>\n<p><strong>Pierre Leroux<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 en 1797 Bercy, Pierre Leroux d\u00fbt   renoncer \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole polytechnique pour des raisons mat\u00e9rielles et travailler   comme ma\u00e7on, puis comme typographe. Collaborateur au journal le Globe, il   devint d\u00e8s 1831 le porte-parole du saint-simonisme. Dans son ouvrage De   l&rsquo;humanit\u00e9, de son principe et de son avenir, o\u00f9 se trouve expos\u00e9e sa   d\u00e9finition de la religion, il se fait l&rsquo;ap\u00f4tre de la solidarit\u00e9 humaine, des   id\u00e9es \u00e9galitaires et le d\u00e9fenseur du prol\u00e9tariat. En 1848, il fut d\u00e9put\u00e9 \u00e0   l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante, puis \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative (1849), mais le coup   d&rsquo;Etat de 1851 le contraignit \u00e0 s&rsquo;exiler en Angleterre. De retour en France   dix-huit ans plus tard, il cessa toute activit\u00e9 politique.<\/p>\n<p><strong>Mazzini<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9volutionnaire italien r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Paris en   1831 o\u00f9 il fonda le mouvement \u00ab Jeune Italie \u00bb, en vue de l&rsquo;unification du   pays par la R\u00e9publique. Rentr\u00e9 en Italie en 1848, il devint l&rsquo;un des   triumvirs de la R\u00e9publique romaine avant que les troupes fran\u00e7aises ne   r\u00e9tablissent la puissance papale (1849).<\/p>\n<p><strong>Mickiewicz<\/strong><\/p>\n<p>Le plus c\u00e9l\u00e8bre des po\u00e8tes et patriotes   polonais. Install\u00e9 \u00e0 Paris en 1832, il devint le chef spirituel des Polonais   \u00e9migr\u00e9s. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il publia son chef-d\u2019\u0153uvre, Monsieur Thad\u00e9e, \u00e9pop\u00e9e   en douze chants exaltant les coutumes lituaniennes.<\/p>\n<p><strong>Louis Viardot<\/strong><\/p>\n<p>Il fut le directeur du Th\u00e9\u00e2tre italien de Paris.   Sa femme \u00e9tait la c\u00e9l\u00e8bre contralto Pauline Viardot-Garcia. C&rsquo;est en 1841   qu&rsquo;il s&rsquo;associa \u00e0 Pierre Leroux et George Sand pour fonder la Revue   ind\u00e9pendante.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce r\u00f4le r\u00e9dempteur de la femme, qui est tout le myst\u00e8re de Faust, est une autre id\u00e9e force de la Revue ind\u00e9pendante et de son m\u00e9taphysicien. Et c&rsquo;est l&rsquo;une des lignes de force de toute l&rsquo;\u0153uvre sandienne. Pour George Sand, la femme, dans sa fonction v\u00e9ritable, finalement dominante et salvatrice, est la m\u00e8re, \u00e9loign\u00e9e de tout amour sensuel, protectrice de l&rsquo;homme et de l&rsquo;univers. Tous les romans sandiens aboutissent \u00e0 cela : l&rsquo;homme, l&rsquo;amant est en fin de compte un enfant que l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, l&rsquo;amante, ram\u00e8ne \u00e0 cette suj\u00e9tion, f\u00fbt-il le m\u00e2le imp\u00e9nitent, forcen\u00e9. Peu nous importe ici la psychanalyse et les justifications que Sand a pu inconsciemment \u00e9chafauder. Son syst\u00e8me de pens\u00e9e d\u00e9bouche sur ce r\u00f4le r\u00e9dempteur, instinctivement, tout comme elle retombe instinctivement. Et c&rsquo;est bien ce que lui reproche Baudelaire dans ses notes intimes : \u00ab <em>George Sand inf\u00e9rieure \u00e0 de Sade [&#8230;]. Elle n&rsquo;est pas lucide dans le mal. Elle est poss\u00e9d\u00e9e<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>George Sand et la religion : Tous les \u00eatres vivent par la gr\u00e2ce de l&rsquo;Etre universel&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi se dessine la m\u00e9taphysique sandienne que nous d\u00e9voile quelque peu Albert s&rsquo;identifiant \u00e0 Pythagore et simultan\u00e9ment \u00e0 Herm\u00e8s Trism\u00e9giste (preuve que l&rsquo;auteur n&rsquo;ignorait pas que l&rsquo;herm\u00e9tisme attribu\u00e9 au Trism\u00e9giste est une \u00e9laboration tardive du pythagorisme fusionnant avec des traditions \u00e9gyptiennes : \u00ab\u00a0Recueille pieusement ce qui est rest\u00e9 de Pythagore \u00bb, recommande \u00e0 Consuelo le Comte de Rudolstadt. Et plus loin : \u00ab Ce nom v\u00e9n\u00e9r\u00e9 de Trism\u00e9giste, ne croyez pas, mes amis, que j&rsquo;eusse os\u00e9 de moi-m\u00eame le prendre : ce furent les invisibles qui m&rsquo;ordonn\u00e8rent de le porter. Ces \u00e9crits d&rsquo;Herm\u00e8s&#8230; renferment l&rsquo;ancienne science \u00e9gyptienne \u00bb o\u00f9 Platon s&rsquo;est inspir\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un dialogue sans doute un peu imit\u00e9 des livres d&rsquo;Herm\u00e8s, dialogues du divin Trism\u00e9giste et de Tat le terrestre, Rudolstadt-Trism\u00e9giste enseigne au populaire Spartacus la \u00ab formule supr\u00eame de la doctrine\u00a0\u00bb. Et afin de lui donner plus de poids il l&rsquo;attribue \u2014faussement \u2014\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00e0 Pythagore : \u00ab Tu l&rsquo;entendras non pas de ma bouche, mais de celle de Pythagore, \u00e9cho lui-m\u00eame de  tous les sages : O Dieu T\u00e9trade ! Voil\u00e0 la formule. C&rsquo;est elle que, sous toutes sortes d&rsquo;images, de symboles et d&#8217;embl\u00e8mes, l&rsquo;Humanit\u00e9 a proclam\u00e9 par la voix des grandes religions, quand elle n&rsquo;a pu la saisir d&rsquo;une fa\u00e7on purement spirituelle, sans incarnation, sans idol\u00e2trie, telle qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aux r\u00e9v\u00e9lateurs de la r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 eux-m\u00eames. \u00bb La T\u00e9trade est faite de la Trinit\u00e9, qu&rsquo;au dire de l&rsquo;auteur v\u00e9n\u00e8rent toutes les grandes religions anciennes d&rsquo;Occident et d&rsquo;Orient (\u00ab Inde, Egypte, Gr\u00e8ce \u00bb) et qui, avec l&rsquo;Unit\u00e9, forme la fameuse T\u00e9trade. Passons sur le brassage ind\u00e9fendable de souvenirs d&rsquo;histoire, de connaissances superficielles, d&rsquo;erreurs volontaires et de la \u00ab m\u00e9taphysique \u00bb de Leroux. Tout comme au plus haut sommet la divinit\u00e9 s&rsquo;analyse en une T\u00e9trade, l&rsquo;homme qui est \u00ab une \u00e9manation de Dieu \u00bb est \u00ab ternaire \u00bb. Sup\u00e9rieur aux animaux \u2014 \u00ab Dieu, sans doute, fait vivre toute la nature, comme il fait vivre l&rsquo;homme ; mais il y a de l&rsquo;ordre dans sa \u00a0\u00a0 th\u00e9odic\u00e9e. Il y a des distinctions dans sa pens\u00e9e, et par cons\u00e9quent dans ses \u0153uvres qui sont sa pens\u00e9e r\u00e9alis\u00e9e \u00bb) l&rsquo;homme \u00ab cette trinit\u00e9 s&rsquo;appelle dans le langage humain : sensation, sentiment, connaissance. Et l&rsquo;unit\u00e9 de ces trois choses forme la T\u00e9trade humaine \u00bb. Voil\u00e0 donc la clef de l&rsquo;univers \u2014 o\u00f9 repara\u00eet tout l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme ternaire de Trith\u00e8me \u00e0 Boehme, curieusement couronn\u00e9 par une mani\u00e8re de T\u00e9tractys platonicienne. C&rsquo;est la suite qui est originale : \u00ab Le D\u00e9luge n&rsquo;a d&rsquo;autre cause que la s\u00e9paration de ces trois facult\u00e9s de la nature humaine, sensation, sentiment, connaissance, sorties ainsi de l&rsquo;unit\u00e9, et par l\u00e0 sans rapport avec la nature divine, o\u00f9 l&rsquo;intelligence, l&rsquo;amour et l&rsquo;activit\u00e9 restent \u00e9ternellement associ\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u0153uvre, en fait r\u00e9demptrice, de No\u00e9 consistait \u00e0 ressouder sensation-sentiment et connaissance. En quoi il fut \u00ab le r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur \u00bb, l&rsquo;exemple \u00e0 suivre pour tout organisateur social-politique : \u00ab Tout organisateur doit imiter No\u00e9, le r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur \u00bb ; on trouvera ainsi dans la v\u00e9rit\u00e9 m\u00e9taphysique une m\u00e9thode de certitude pour cultiver dignement la nature humaine dans chaque homme et une lumi\u00e8re pour (l&rsquo;) \u00e9clairer sur la v\u00e9ritable organisation des soci\u00e9t\u00e9s \u00bb. Nous voil\u00e0 au bas de l&rsquo;\u00e9chelle universelle, pr\u00eats \u00e0 \u00ab comprendre comment tous les \u00eatres particuliers vivent par la gr\u00e2ce et l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etre universel sans \u00eatre pour cela absorb\u00e9s en lui \u00bb. C&rsquo;est la th\u00e9orie et la preuve par neuf de la doctrine politique sur la Souverainet\u00e9-R\u00e9v\u00e9lation rectifi\u00e9e par Leroux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Sans idol\u00e2trie \u00bb mais non \u00ab sans incarnation \u00bb. R\u00e9alisant l&rsquo;Empire universel gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une foi, par un Evangile d\u00e9velopp\u00e9\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u2014 selon saint Jean \u2014 : \u00ab Nous ne commettrons pas le crime d&rsquo;idol\u00e2trie \u00bb lequel, selon Sand, appara\u00eet avec les religions de myst\u00e8res. Nous \u00ab\u00a0ne croirons plus \u00e0 la divinit\u00e9 du Christ mais rendrons hommage au Sauveur des hommes [&#8230;]. Le Christ est un homme divin que nous v\u00e9n\u00e9rons, comme le plus grand philosophe et le plus grand saint des temps antiques \u00bb. Aujourd&rsquo;hui, nous voulons l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 non seulement devant Dieu, mais parmi les hommes. La v\u00e9rit\u00e9 se poursuit, religion secr\u00e8te. vivante loi d&rsquo;amour formul\u00e9e par saint Jean \u2014 \u00a0\u00ab l&rsquo;Esprit souffle o\u00f9 il veut \u00bb, mais tout est Amour \u2014 pour faire triompher l&rsquo;id\u00e9al de Libert\u00e9, d&rsquo;Egalit\u00e9 et de Fraternit\u00e9. Et c&rsquo;est cette formule \u2014 que la Seconde R\u00e9publique intronisera enfin officiellement \u2014 qui est \u00ab la Parole perdue \u00bb des vrais francs-ma\u00e7ons, vestige que Rudolstadt, initiateur de Consuelo, refuse au mythe d&rsquo;Hiram, le mythe ma\u00e7onnique par excellence. Voil\u00e0 d\u00e9finie la mission de la Soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te id\u00e9ale, la loge des invisibles fond\u00e9e au ch\u00e2teau de Rudolstadt (on a pens\u00e9 qu&rsquo;il y avait l\u00e0 une r\u00e9miniscence ou une allusion \u00e0 la loge Amalia qui d\u00e9pendait de celle de Rudolstadt et o\u00f9 fut initi\u00e9 Goethe). Dissipant toute occultation des dogmes, mais aussi rejetant l&rsquo;action sanglante, curieuse prescience de la retraite qui suivra peu d&rsquo;ann\u00e9es plus tard ce que George Sand consid\u00e9rait comme l&rsquo;\u00e9chec de 1848, les \u00ab\u00a0invisibles \u00bb, ma\u00e7ons parfaits, proclament : \u00ab Nous agissons par l&rsquo;esprit \u00bb seul.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout est clair, tout est r\u00e9v\u00e9l\u00e9. Toutes choses seront d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9es, incarn\u00e9es par l&rsquo;union, dans l&rsquo;amour transcendant, de Rudolstadt op\u00e9rant par la Loge et de l&rsquo;\u00e9pouse-m\u00e8re Consuelo, la grande r\u00e9demptrice. Et, inspir\u00e9, Rudolstadt mourant s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab Je suis heureux ; gloire \u00e0 Dieu ! Gloire \u00e0 Dieu dans le ciel ! [&#8230;] Je me sens comme les anges, et je chanterai avec eux&#8230; Qu&rsquo;est-il donc arriv\u00e9 ? Je suis toujours au milieu de vous, mes amis, je suis toujours avec toi, \u00f4 mon Eve, \u00f4 ma Consuelo ! Voil\u00e0 mes enfants, les \u00e2mes de mon \u00e2me ! [&#8230;]. Les tyrans ont g\u00e2t\u00e9 tout cela [&#8230;]. Plus de ma\u00eetres, plus d&rsquo;esclaves ! Entendez-vous ce cri : \u00ab\u00a0Vive la r\u00e9publique !\u00a0\u00bb Entendez-vous cette foule innombrable qui proclame la libert\u00e9, la fraternit\u00e9, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ?\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Don proph\u00e9tique naturel \u00e0 Zdenko, d\u00e9velopp\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude par Albert-Rudolstadt, mais inspir\u00e9 au po\u00e8te, car le po\u00e8te est autre chose que le sorcier. Il r\u00eave, \u00e0 coup s\u00fbr, tandis que l&rsquo;autre invente au hasard \u00bb. Et cette r\u00e9conciliation du litt\u00e9raire et du mystique o\u00f9 domine la femme r\u00e9demptrice est tout le secret de George Sand romanci\u00e8re. Accord fondamental de <em>Consuelo<\/em> et d&rsquo;<em>Elle et Lui<\/em>, dans les gammes \u00e9lev\u00e9es, accord fondamental dans les gammes inf\u00e9rieures, par-del\u00e0 les menues protestations contre les pr\u00e9jug\u00e9s sociaux tels que les mariages de castes, avec son th\u00e8me, <em>la Mare au diable<\/em>, et son anthith\u00e8me, <em>la Petite Fadette<\/em> ; toujours la nature, en po\u00e8te, pr\u00e9pare et d\u00e9noue le drame et toujours domine la femme-m\u00e8re, mais toujours la Providence pose le doigt sur la balance pour prot\u00e9ger l&rsquo;innocence. Il est vrai, ce lourd bagage social, philosophique et m\u00e9taphysique se venge quelque peu. L&rsquo;imagination in\u00e9puisable de la romanci\u00e8re est asservie, nou\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9ologie, et l&rsquo;on ressent toujours quelque malaise \u00e0 une lecture pourtant toujours attachante : l&rsquo;artifice miroite entre les lignes. Cette d\u00e9faillance explique-t-elle la d\u00e9saffection dont souffre aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u0153uvre de George Sand ? Explique-t-elle la discr\u00e9tion du centenaire, cette ann\u00e9e, de sa mort que, paradoxalement, le seul sp\u00e9cialiste actuel, un Japonais, le professeur Nagatsuka, ne peut c\u00e9l\u00e9brer qu&rsquo;au Japon ? La frappante analogie de notre temps et du sien, la recherche, pour parler comme Pierre Leroux, d&rsquo;une nouvelle synth\u00e8se de toute la connaissance humaine, ne va-t-elle pas susciter une r\u00e9habilitation de la romanci\u00e8re prolifique et de l&rsquo;\u00e9crivain malgr\u00e9 tout estimable, m\u00eame si des n\u00e9gligences et des facilit\u00e9s nous font parfois sourciller ?<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">P. A.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ouvrages \u00e0 propos de George Sand<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">P. Maurois : L\u00e9lia ou la vie de George Sand (Hachette, 1952)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M. Toesca : Le plus grand amour de George Sand (Albin Michel, 1965)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J. Pommier : George Sand et le r\u00eave monastique (Nizet, 1966)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">F. Mallet : George Sand (Grasset, mai 1976)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H. Guillemin : La liaison Musset-Sand (Gallimard, 1972)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hommage \u00e0 George Sand (collectif, P.U.F. 1969)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">P. Lacassagne : Histoire d&rsquo;une amiti\u00e9 Pierre Leroux &#8211; George Sand (Klinsieck, 1973)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">G. Lubin : George Sand ou l&rsquo;histoire d&rsquo;une vie (Gallimard, 1973)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u0153uvres autobiographiques de George Sand sont parues dans la collection La Pl\u00e9iade (Gallimard) ; sa Correspondance aux \u00e9ditions Garnier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>George Sand nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans cet article de Paul Arnold comme une illumin\u00e9e, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l&rsquo;a men\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 quel Dieu. Et c&rsquo;est en m\u00eame temps pour lui l&rsquo;occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l&rsquo;occultisme des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[809],"tags":[647],"class_list":["post-6445","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arnold-paul","tag-histoire"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"George Sand nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans cet article de Paul Arnold comme une illumin\u00e9e, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l&#039;a men\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 quel Dieu. Et c&#039;est en m\u00eame temps pour lui l&#039;occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l&#039;occultisme des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2011-01-24T22:22:47+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2011-09-18T12:12:37+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"3e mill\u00e9naire\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"25 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"headline\":\"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold\",\"datePublished\":\"2011-01-24T22:22:47+00:00\",\"dateModified\":\"2011-09-18T12:12:37+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/\"},\"wordCount\":5033,\"keywords\":[\"Histoire\"],\"articleSection\":[\"Arnold Paul\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/\",\"name\":\"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2011-01-24T22:22:47+00:00\",\"dateModified\":\"2011-09-18T12:12:37+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\",\"description\":\"L&#039;Homme en devenir\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5\",\"name\":\"3e mill\u00e9naire\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.revue3emillenaire.com\\\/blog\\\/author\\\/admin\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"George Sand nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans cet article de Paul Arnold comme une illumin\u00e9e, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l'a men\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 quel Dieu. Et c'est en m\u00eame temps pour lui l'occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l'occultisme des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2011-01-24T22:22:47+00:00","article_modified_time":"2011-09-18T12:12:37+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"25 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold","datePublished":"2011-01-24T22:22:47+00:00","dateModified":"2011-09-18T12:12:37+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/"},"wordCount":5033,"keywords":["Histoire"],"articleSection":["Arnold Paul"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/","name":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2011-01-24T22:22:47+00:00","dateModified":"2011-09-18T12:12:37+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/le-socialisme-illumine-de-george-sand-par-paul-arnold\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le socialisme illumin\u00e9 de George Sand par Paul Arnold"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6445"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6445\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}