{"id":7058,"date":"2011-05-13T22:56:00","date_gmt":"2011-05-13T21:56:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=7058"},"modified":"2011-09-17T22:13:27","modified_gmt":"2011-09-17T21:13:27","slug":"la-vraie-religion-chinoise-le-culte-des-ancetres-par-liliane-loan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/la-vraie-religion-chinoise-le-culte-des-ancetres-par-liliane-loan\/","title":{"rendered":"La vraie religion chinoise: le culte des anc\u00eatres par Liliane Loan"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup> 25. Juillet-Ao\u00fbt 1978)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le culte des anc\u00eatres est sans doute le culte le plus ancien et le plus universel. Il a exist\u00e9 depuis l&rsquo;aube des temps aussi bien en Orient qu&rsquo;en Occident, en Afrique et dans le Pacifique. Ses formes sont des plus diverses, mais elles ont toujours un m\u00eame fond : la conscience intuitive et la reconnaissance tacite de la survie de l&rsquo;\u00e2me apr\u00e8s la mort ainsi que la possibilit\u00e9 de sa r\u00e9incarnation ; reconnaissance qu&rsquo;on serait tent\u00e9 de dire \u00ab\u00a0cautionn\u00e9e \u00bb par un culte religieux parfois officiel \u2014 comme c&rsquo;\u00e9tait le cas en Chine jusqu&rsquo;en 1917, date de l&rsquo;abolition officielle du culte de Confucius signifiant la sentence de mort du culte des anc\u00eatres traditionnel pratiqu\u00e9 depuis des mill\u00e9naires comme une religion d&rsquo;Etat.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Liliane Loan-Luong est n\u00e9e \u00e0 Saigon. Elle a publi\u00e9 des \u00e9tudes sur le culte des anc\u00eatres en Chine et au Vi\u00eat-Nam.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Non seulement en Chine mais un peu partout en Asie, particuli\u00e8rement dans les pays de culture chinoise tels que la Cor\u00e9e, le Japon et surtout le Vi\u00eat-Nam, le culte des anc\u00eatres a fa\u00e7onn\u00e9 et model\u00e9 les esprits, les croyances, les coutumes, les traditions et, tout comme en Chine o\u00f9 il est n\u00e9, l&rsquo;organisation de la soci\u00e9t\u00e9. Il a engendr\u00e9 une conception philosophique de l&rsquo;\u00e2me, un enseignement visant \u00e0 parfaire l&rsquo;homme et une certaine politique de gouvernement du pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Culte aristocratique r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine uniquement aux souverains, aux seigneurs et \u00e0 leurs vassaux depuis les temps mythiques de l&rsquo;Empire chinois, le culte des anc\u00eatres est n\u00e9 tout logiquement du culte d&rsquo;un seul homme : le chef, le h\u00e9ros, celui qui est au-dessus de tous les hommes. D\u00e8s la plus haute Antiquit\u00e9, sous la dynastie des Hsia (2205-1784 av. J.-C.), puis des Chang ou des Yin (1783-1123 av. J.-C.), les souverains rendaient un culte \u00e0 leurs anc\u00eatres v\u00e9n\u00e9r\u00e9s, dans le temple familial o\u00f9 avaient lieu les offrandes. Mais c&rsquo;est sous la dynastie des Tch\u00e9ou (1122-222 av. J.-C.) et surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque dite f\u00e9odale que le culte des anc\u00eatres se d\u00e9veloppa, atteignit son apog\u00e9e vers le VI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne et s&rsquo;imposa comme unique religion dans la Chine antique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;origine de la reconnaissance de la survie de l&rsquo;\u00e2me<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le culte des anc\u00eatres ne s&rsquo;est pas form\u00e9 comme une institution, bien que par la suite il n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 que sur des d\u00e9crets seigneuriaux. Pour retrouver son origine, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9tudier la vie rurale des premiers temps avec ses croyances, ses coutumes, ses activit\u00e9s entrecoup\u00e9es par les f\u00eates saisonni\u00e8res de printemps et d&rsquo;automne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce aux chansons et dictons populaires, on d\u00e9couvre que le peuple chinois de la campagne avait \u00e9t\u00e9, d\u00e8s les premiers temps de son existence, group\u00e9 en petites communaut\u00e9s rurales, solidaires, fortement unies, install\u00e9es dans des hameaux o\u00f9 les hommes laboureurs et les femmes tisserandes menaient d\u00e9j\u00e0 une vie tr\u00e8s organis\u00e9e dans le temps et l&rsquo;espace. La division du travail imposait la s\u00e9paration des sexes. Les hommes assurant la culture des c\u00e9r\u00e9ales vivaient ensemble dans des cabanes en plein champ et ne voyaient leurs femmes et enfants qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure des repas, lorsque ceux-ci leur apportaient les provisions, et durant la morte saison, en hiver, quand on laissait reposer la terre. Alors, ils revenaient se reposer dans les hameaux, en haut de la colline, dans des habitations rustiques compos\u00e9es d&rsquo;une unique pi\u00e8ce. A cette \u00e9poque, les femmes \u00e9taient gardiennes et ma\u00eetresses du foyer. Elles cultivaient le chanvre et le m\u00fbrier dans des lopins de terre avoisinant la maison familiale qui leur appartenait en propre. Elles tissaient des pi\u00e8ces d&rsquo;\u00e9toffe unies ou \u00e0 ramages teint\u00e9es avec de l&rsquo;indigo ou de la garance. C&rsquo;\u00e9taient les premi\u00e8res monnaies d&rsquo;\u00e9change, la principale richesse du foyer. Elles gardaient aussi les semences engrang\u00e9es dans la maison, dans un coin sombre, tout pr\u00e8s duquel elles dormaient la nuit par terre sur une natte. L\u00e0, leur mari leur rendait furtivement visite et, tout comme pour les semences, les croyances laissaient penser que c&rsquo;\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre des puissances f\u00e9condes r\u00e9sidant dans le sol domestique que les enfants \u00e9taient con\u00e7us. Chaque nouveau-n\u00e9 \u00e9tait suppos\u00e9 \u00eatre l&rsquo;incarnation d&rsquo;un des anc\u00eatres d\u00e9funts dont les ossements \u00e9taient ensevelis sous la terre battue du foyer, dans ce coin sombre, et dont l&rsquo;\u00e2me r\u00f4dait en permanence l\u00e0, en qu\u00eate d&rsquo;une possibilit\u00e9 de r\u00e9incarnation. Pour le paysan chinois des temps anciens, chaque famille poss\u00e9dait une certaine quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e2mes, toujours les m\u00eames, qui se d\u00e9sincarnaient et se r\u00e9incarnaient dans le m\u00eame groupe. Les femmes, et elles seules, constituaient les \u00ab auteurs de la race \u00bb. Le village manquait-il d&rsquo;hommes ? Des jeunes gens \u00e9taient aussit\u00f4t \u00ab import\u00e9s \u00bb d&rsquo;autres hameaux pour servir de maris aux jeunes filles. Si celles-ci devenaient femmes puis m\u00e8res, leurs \u00e9poux, eux, restaient ind\u00e9finiment les gendres venus de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Aussi, le nom patronymique se transmettait-il anciennement par les femmes, qui rendaient diff\u00e9rents cultes : cultes des dieux du sol et de la moisson et d&rsquo;une divinit\u00e9 appel\u00e9e \u00ab la M\u00e8re du hameau \u00bb. La femme \u00e9tait alors l&rsquo;\u00e9gale de l&rsquo;homme sur le plan du travail, avec une l\u00e9g\u00e8re pr\u00e9dominance sur le plan familial, car c&rsquo;\u00e9tait par les femmes que se transmettait la substance des a\u00efeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Au printemps, lorsque la nature renaissait, jeunes filles et jeunes gens se r\u00e9unissaient en compagnie des anciens dans les lieux saints (endroits consacr\u00e9s, hors des champs cultiv\u00e9s et territoires domestiques) pour proc\u00e9der au culte de la terre sacr\u00e9e, terre-m\u00e8re nourrici\u00e8re, afin de coop\u00e9rer au maintien de l&rsquo;ordre et de l&rsquo;harmonie de la nature g\u00e9n\u00e9reuse. Chants, danses, joutes r\u00e9unissaient les jeunes participants des deux sexes, qui terminaient les f\u00eates de printemps par des unions sexuelles sur les lieux saints en vue de conclure des \u00e9pousailles \u00e0 cette \u00e9poque de l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 les \u00e2mes des anc\u00eatres d\u00e9funts, flottant sur l&rsquo;eau, aspiraient \u00e0 revivre&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;automne, se d\u00e9roulaient d&rsquo;autres f\u00eates. F\u00eates des r\u00e9coltes, c\u00e9l\u00e9brant la f\u00e9condit\u00e9 de la terre et de la femme, pr\u00e9sid\u00e9es par les anciens qui effectuaient la mise en m\u00e9nage des \u00e9poux. C&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9but des cultes agraires \u00e0 caract\u00e8re saisonnier, \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la vie humaine, f\u00eates de la jeunesse au printemps et de la vieillesse \u00e0 l&rsquo;automne. Tout comme les ann\u00e9es, les \u00eatres humains meurent et revivent. L&rsquo;id\u00e9e de la survie de l&rsquo;\u00e2me ne faisait aucun doute dans l&rsquo;esprit des Chinois des temps anciens, qui croyaient aussi que la substance des a\u00efeux \u00e9tait \u00e9ternelle comme celle de la terre et se retrouvait toujours dans les m\u00eames groupements familiaux. Les fondements d&rsquo;un culte des anc\u00eatres \u00e9taient pratiquement r\u00e9unis, mais pourquoi le culte n&rsquo;existait-il pas encore \u00e0 cette \u00e9poque ? Simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas encore le culte du h\u00e9ros, l&rsquo;homme n&rsquo;\u00e9tant pas le chef de la famille ou du groupe dans la soci\u00e9t\u00e9 rurale paisible, trop pacifique. Bien au contraire. Le culte des anc\u00eatres de nature masculine ne pouvait na\u00eetre dans une soci\u00e9t\u00e9 rurale o\u00f9 la maison \u00e9tait une \u00ab chose f\u00e9minine \u00bb et o\u00f9 la femme \u00e9tait la propri\u00e9taire du hameau, la continuatrice de la race et la d\u00e9tentrice du nom ainsi que des cultes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cit\u00e9s seigneuriales et culte des anc\u00eatres<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;arch\u00e9ologie, en s&rsquo;appuyant sur les vestiges des tombes et les objets anciens les plus divers, permet d&rsquo;affirmer que des villes avaient \u00e9t\u00e9 b\u00e2ties en Chine d\u00e8s la plus haute Antiquit\u00e9. Vers 1401 av. J.-C., il existait d\u00e9j\u00e0 des cit\u00e9s comportant des palais, des monuments publics, des temples des anc\u00eatres, des maisons en bois avec de grands piliers dont la base \u00e9tait de bronze ou de pierre. Il semblerait donc que les Chinois se soient group\u00e9s tr\u00e8s rapidement dans des cit\u00e9s, o\u00f9 ils menaient une vie totalement diff\u00e9rente de la vie rurale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut donc s\u00e9parer, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le peuple des champs, les \u00ab rustres \u00bb m\u00e9pris\u00e9s des citadins et, de l&rsquo;autre, le seigneur, avec ses vassaux et ses sujets. Paysans et citadins formaient deux populations diff\u00e9rentes en tous points. Les premiers constituaient des groupements familiaux \u00e0 relations horizontales \u00e9galitaires de groupe \u00e0 groupe, o\u00f9 la m\u00eame importance \u00e9tait accord\u00e9e aux hommes et aux femmes. Les vassaux, eux, se trouvaient sous les ordres du seigneur et de ses proches. En ville, les relations \u00e9taient fortement hi\u00e9rarchis\u00e9es de suzerain \u00e0 vassaux, avec l&rsquo;id\u00e9e que la femme devait servir l&rsquo;homme car elle ne poss\u00e9dait qu&rsquo;une essence inf\u00e9rieure. Hommes et femmes vivaient ensemble, mais ces derni\u00e8res \u00e9taient rel\u00e9gu\u00e9es au second plan et n&rsquo;avaient aucun droit. Le nom dans la famille se transmettait de p\u00e8re \u00e0 fils. La famille citadine \u00e9tait fortement hi\u00e9rarchis\u00e9e et d\u00e9pendait enti\u00e8rement du seigneur. Dans sa ville, par essence sacr\u00e9e, celui-ci repr\u00e9sentait le chef supr\u00eame, gouvernant d\u2019une main ferme et juste comme un p\u00e8re, en s&rsquo;appuyant sur sa vertu et sa puissance h\u00e9rit\u00e9e de ses anc\u00eatres. Si les anc\u00eatres des paysans ne formaient qu&rsquo;une masse indistincte d&rsquo;\u00e2mes sans forme, sans individualit\u00e9, ceux des seigneurs, en revanche, \u00e9taient bien personnalis\u00e9s. Ces anc\u00eatres seigneuriaux \u00e9taient les fondateurs de la ville mais, surtout, des guerriers \u00e9m\u00e9rites. De ces h\u00e9ros exceptionnels, de ces illustres a\u00efeux, les seigneurs d\u00e9tenaient la vertu. La personne du seigneur \u00e9tait empreinte d&rsquo;importance. Il r\u00e9gentait la vie spirituelle, sociale et familiale de ses vassaux. Il \u00e9tait l&rsquo;interm\u00e9diaire entre les divinit\u00e9s et les hommes. Aussi, tout naturellement, le seigneur assurait-il en premier les cultes agraires les m\u00eames que ceux de la campagne \u2014, le culte des divinit\u00e9s urbaines du sol et le culte du ciel, afin de maintenir l&rsquo;ordre de la nature dans la cit\u00e9 seigneuriale pour le bien de tous. En retour, ses vassaux et sujets vouaient un v\u00e9ritable culte \u00e0 sa personne. C&rsquo;\u00e9taient l&rsquo;ob\u00e9dience et les hommages des vassaux qui cr\u00e9aient et entretenaient la grandeur et la majest\u00e9 de la personne du seigneur. En homme digne de ce nom, celui-ci rendait un culte \u00e0 ses anc\u00eatres et, ce faisant, donnait la preuve de sa vertu vis-\u00e0-vis de ses vertueux a\u00efeux. Le culte dynastique des anc\u00eatres est donc n\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 pour le seigneur, afin d&rsquo;asseoir son pouvoir, de le justifier par une essence ancestrale sup\u00e9rieure, privil\u00e8ge unique et irr\u00e9futable car la substance spirituelle ne pouvait s&rsquo;acqu\u00e9rir que par la naissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L&rsquo;origine de la noblesse<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Afin que ses vassaux parviennent aussi \u00e0 une certaine vertu, le seigneur les autorisait \u00e0 rendre un culte particulier \u00e0 un certain nombre d&rsquo;anc\u00eatres dont il d\u00e9cidait lui-m\u00eame. En cons\u00e9quence, la noblesse ne r\u00e9sultait point de l&rsquo;anciennet\u00e9 d&rsquo;une famille mais de l&rsquo;attribution par le seigneur d&rsquo;un arbre g\u00e9n\u00e9alogique. D\u00e8s l&rsquo;instant o\u00f9 un vassal obtenait le droit d&rsquo;avoir des anc\u00eatres, il devenait noble et pouvait se r\u00e9jouir de b\u00e9n\u00e9ficier apr\u00e8s sa mort d&rsquo;une survie. C&rsquo;\u00e9tait la plus grande des f\u00e9licit\u00e9s que d&rsquo;avoir une \u00e2me vertueuse et de pouvoir garantir \u00e0 sa famille des anc\u00eatres qui faisaient la dignit\u00e9 et la fiert\u00e9 des descendants. Ainsi, le culte dynastique des anc\u00eatres seigneuriaux avait donn\u00e9 naissance au culte des anc\u00eatres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La conception f\u00e9odale de l&rsquo;\u00e2me<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Compte tenu de la forme tr\u00e8s particuli\u00e8re du culte des anc\u00eatres, les Chinois avaient, durant l&rsquo;\u00e9poque f\u00e9odale, \u00e9labor\u00e9 une conception particuli\u00e8re de l&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;\u00e2me n&rsquo;\u00e9tait pas con\u00e7ue comme unique mais multiple, car elle \u00e9tait compos\u00e9e de deux groupes d&rsquo;\u00e2mes : les \u00e2mes yin et les \u00e2mes yang. Les premi\u00e8res, appel\u00e9es P&rsquo;o, formaient l&rsquo;\u00e2me inf\u00e9rieure, ou l&rsquo;\u00ab \u00e2me du sang \u00bb, commandant les fonctions animales. Les secondes, appel\u00e9es Houen, \u00e9taient d&rsquo;essence id\u00e9ale, spirituelle, constituant l&rsquo;\u00e2me-souffle qui se manifestait d\u00e8s la naissance par les premiers cris et correspondait aux parties les plus hautes de la personnalit\u00e9. Seules les \u00e2mes yang d\u00e9terminaient l&rsquo;individualit\u00e9 de chaque homme et de chaque femme. Il existait, dans la Chine f\u00e9odale, une sorte de statut des \u00e2mes et des morts selon leur origine sociale noble ou non noble. Non seulement l&rsquo;\u00e2me \u00e9tait con\u00e7ue comme multiple mais encore, apr\u00e8s la mort, elle changeait de nature. L&rsquo;\u00e2me P&rsquo;o devenait Kouei, autrement dit \u00ab esprit \u00bb, tandis que l&rsquo;\u00e2me Houen b\u00e9n\u00e9ficiait du statut honorable de Chen, c&rsquo;est-\u00e0-dire de \u00ab g\u00e9nie \u00bb. Tous ceux qui n&rsquo;\u00e9taient pas nobles devaient s&rsquo;attendre \u00e0 ce qu&rsquo;apr\u00e8s leur mort leurs \u00e2mes deviennent Kouei pour se disperser tr\u00e8s rapidement dans la masse indistincte des esprits inf\u00e9rieurs. En revanche, le suzerain, les seigneurs et les nobles ainsi que les membres de leur famille pouvaient dans l&rsquo;au-del\u00e0 avoir le privil\u00e8ge d&rsquo;une \u00e2me posthume Chen digne du culte des anc\u00eatres. Tous les nobles n&rsquo;avaient pas la m\u00eame qualit\u00e9. Aussi, distinguait-on, tout en bas de l&rsquo;\u00e9chelle sociale de la Cour, les nobles de deuxi\u00e8me classe qui ne b\u00e9n\u00e9ficiaient d&rsquo;une survie de l&rsquo;\u00e2me Chen que pour une g\u00e9n\u00e9ration, apr\u00e8s quoi l&rsquo;anc\u00eatre devait rejoindre le groupe des Kouei. Les nobles de premi\u00e8re classe jouissaient apr\u00e8s leur mort d&rsquo;une survie Chen pendant deux g\u00e9n\u00e9rations et ne se dispersaient dans la masse des Kouei qu&rsquo;\u00e0 la cinqui\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration seulement. Un grand Officier, lui, restait Chen apr\u00e8s sa mort pendant trois g\u00e9n\u00e9rations et ne devenait Kouei qu&rsquo;\u00e0 la cinqui\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Le seigneur, comme son suzerain, demeurait Chen dans l&rsquo;au-del\u00e0 pendant quatre g\u00e9n\u00e9rations et ne retombait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de Kouei qu&rsquo;\u00e0 la cinqui\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En revanche, les premiers anc\u00eatres d&rsquo;un grand Officier, d&rsquo;un seigneur ou d&rsquo;un suzerain \u00e9taient v\u00e9n\u00e9r\u00e9s ind\u00e9finiment. Ils \u00e9taient Chen \u00ab \u00e0 vie \u00bb. Tel \u00e9tait le statut officiel des anc\u00eatres \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque f\u00e9odale chinoise : une condition spirituelle militairement hi\u00e9rarchis\u00e9e et immuable, sauf en cas d&rsquo;intervention du suzerain ou du seigneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un seigneur d\u00e9tenait dans sa cit\u00e9 un droit souverain : il pouvait octroyer \u00e0 l&rsquo;un de ses vassaux ou sujets une lign\u00e9e ancestrale plus ou moins importante, tout comme il pouvait inversement la r\u00e9duire, voire la supprimer totalement en faisant d\u00e9truire le temple familial et br\u00fbler les tablettes portant le nom de chacun des anc\u00eatres et qui les repr\u00e9sentaient sur l&rsquo;autel. Mais une mesure aussi impitoyable \u00e9tait impopulaire et ne pouvait se justifier que pour une faute grave, r\u00e9bellion ou trahison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors de ces cas exceptionnels, le processus normal \u00e9tait qu&rsquo;\u00e0 la fin de la p\u00e9riode de survie accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;anc\u00eatre les h\u00e9ritiers enlevaient sa tablette pour la ranger dans un coffre en pierre r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 cet usage et dispos\u00e9 dans une pi\u00e8ce consacr\u00e9e dans la maison familiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les rites du culte des anc\u00eatres dans la Chine antique <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est important de comprendre que le culte des anc\u00eatres n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un culte des morts. Il devait s&rsquo;exercer d\u00e9j\u00e0 au b\u00e9n\u00e9fice du futur anc\u00eatre du temps de son vivant, puis au moment de son d\u00e9c\u00e8s, avant d&rsquo;\u00eatre rendu pendant la p\u00e9riode de vie ancestrale \u00e0 laquelle il avait droit. Il reposait sur une vertu fondamentale : la pi\u00e9t\u00e9 filiale. A base de profond respect, d&rsquo;amour, de sacrifice total et de d\u00e9vouement \u00e0 toute \u00e9preuve, la pi\u00e9t\u00e9 filiale cr\u00e9ait et maintenait la dignit\u00e9 et la majest\u00e9 de l&rsquo;anc\u00eatre et du futur anc\u00eatre \u00e0 l&rsquo;exemple du vassal qui vouait un culte \u00e0 son seigneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant la vie du p\u00e8re, le fils pieux devait v\u00e9n\u00e9rer et prendre religieusement soin de l&rsquo;auteur de ses jours. Il ne devait jamais utiliser un effet ou objet quelconque appartenant \u00e0 son p\u00e8re ; dans ses paroles et gestes, il lui fallait garder toujours une attitude grave, empreinte d&rsquo;humilit\u00e9 et d\u00e9pourvue de toute familiarit\u00e9. Il effectuait les besognes les plus humbles pour l&rsquo;auguste personne paternelle. Tel le loyal et fid\u00e8le vassal, le fils pieux servait son p\u00e8re et veillait \u00e0 son alimentation afin de lui assurer longue vie et longue survie. Il consommait ce que son p\u00e8re lui avait laiss\u00e9 et, de cette fa\u00e7on, communiait avec lui et constituait sa substance filiale pour pouvoir lui succ\u00e9der un jour et pr\u00e9sider \u00e0 son culte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A la mort de son p\u00e8re, il devait se retirer dans la solitude la plus compl\u00e8te, en habits de deuil, pieds nus, dormant sans literie, la t\u00eate reposant sur une motte de terre, il je\u00fbnait jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;affaiblir \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame pour \u00eatre comme son p\u00e8re d\u00e9funt. Il ne parlait pas, ne se souciait pas des soins de sa personne et manifestait sa douleur par des gestes ad\u00e9quats. Ainsi, ses sentiments pieux \u00e9taient-ils consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant des plus profonds car il avait su rester aupr\u00e8s de son p\u00e8re dans la mort. Aussi, quand venaient les condol\u00e9ances et les cadeaux fun\u00e9raires de la famille et des amis, la cons\u00e9cration du d\u00e9funt \u00e9tait-elle r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque le p\u00e8re \u00e9tait enterr\u00e9, que son \u00e2me Houen \u00e9tait ramen\u00e9e par des gestes conventionnels et son nom fix\u00e9 sur une tablette, le fils prenait le deuil en premier. Il \u00e9tait potentiellement le chef de famille car le d\u00e9funt devait, sous le patronage des a\u00efeux, faire son apprentissage de la vie ancestrale afin d&rsquo;effectuer petit \u00e0 petit son entr\u00e9e dans le groupe des Chen familiaux. Trois ans plus tard, le deuil \u00e9tait termin\u00e9 et l&rsquo;anc\u00eatre accompli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, son culte pouvait commencer, avec les sacrifices, les offrandes de liqueur et de nourritures symboliques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;anc\u00eatre \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une puissance sacr\u00e9e qui avait sur terre un repr\u00e9sentant pour parler et manger \u00e0 sa place lors des c\u00e9r\u00e9monies. Ce repr\u00e9sentant \u00e9tait n\u00e9cessairement son petit-fils, que le d\u00e9tenant du culte, son fils, servait respectueusement. Refaisant les gestes rituels, le chef du culte s&rsquo;inclinait devant son propre fils et le servait afin de continuer \u00e0 v\u00e9n\u00e9rer le d\u00e9funt. Le culte des anc\u00eatres parfaitement accompli assurait l&rsquo;ordre et l&rsquo;harmonie dans la famille, qui b\u00e9n\u00e9ficiait en cons\u00e9quence du bonheur, sous trois formes : longue lign\u00e9e, honneurs f\u00e9odaux et long\u00e9vit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Un id\u00e9al moral et politique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e9t\u00e9 filiale ainsi con\u00e7ue impliquait un devoir majeur pour un fils : l&rsquo;obligation de se marier pour avoir au moins un h\u00e9ritier m\u00e2le et une assistante, en quelque sorte, dans la personne de sa femme, fid\u00e8le, et indispensable pour le culte de ses a\u00efeules. Il ne devait se marier ni trop t\u00f4t ni trop tard, et ses enfants devaient \u00eatre comme lui, sains de corps et d&rsquo;esprit. Lui-m\u00eame avait le devoir de conserver son corps intact en \u00e9vitant les risques et dangers inutiles. Etant une partie de ses parents, ni son corps ni son \u00e2me ne lui appartenaient en propre. Un fils pieux ne d\u00e9shonorait jamais ses parents et vouait sa vie au culte des anc\u00eatres afin de se pr\u00e9parer lui-m\u00eame \u00e0 en devenir un plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette conception id\u00e9aliste du culte, fond\u00e9e sur la vertu et les rites patriciens, visait \u00e0 donner un v\u00eatement de loyaut\u00e9 ainsi qu&rsquo;une \u00e2me noble et ordonn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme civilis\u00e9, dont la vie devait n&rsquo;avoir pour but que le maintien de l&rsquo;ordre et l&rsquo;harmonie au sein de sa Famille, dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans le monde naturel. Le culte des anc\u00eatres \u00e9tait alors un culte officiel, une religion d&rsquo;Etat habilement institu\u00e9e dans un but politique, afin de transformer l&rsquo;homme en citoyen disciplin\u00e9 au service du seigneur ou du suzerain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La disparition du culte f\u00e9odal des anc\u00eatres<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais alors que le culte des anc\u00eatres se perfectionnait, du moins dans les rites, la r\u00e9alit\u00e9 politique et sociale devenait pr\u00e9occupante. Les troubles, les complots, les guerres se succ\u00e9daient et s&rsquo;amplifiaient un peu partout dans les Etats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s chinois. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque des \u00ab royaumes combattants \u00bb et, \u00e0 la fin de la dynastie des Tch\u00e9ou (1122-222 av. J.-C.), les nombreux Etats offraient le spectacle d&rsquo;un d\u00e9sordre moral, social et politique gigantesque et lamentable. La plus grande confusion r\u00e9gnait dans tous les domaines et \u00e0 tous les niveaux sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La noblesse f\u00e9odale fut d\u00e9cim\u00e9e par ces guerres. Sa disparition et l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;Empire apport\u00e8rent \u00e0 la Chine une unit\u00e9 politique et, avec elle, de profondes transformations. Une \u00e8re nouvelle commen\u00e7a. L&rsquo;ancienne noblesse disparut. Il y avait toujours opposition entre riches et pauvres mais le privil\u00e8ge de la naissance ne jouait plus. Les seuls crit\u00e8res consid\u00e9r\u00e9s pour \u00e9tablir une noblesse nouvelle \u00e9taient beaucoup plus d\u00e9mocratiques : la vaillance guerri\u00e8re ou le m\u00e9rite par le travail. Aussi, anciens nobles et nouveaux riches se c\u00f4toy\u00e8rent-ils \u00e0 la cour imp\u00e9riale. L&rsquo;Empereur regroupa tous les Etats f\u00e9odaux et donna la primaut\u00e9 au commerce. La richesse, l&rsquo;opulence, le faste \u00e9taient hiss\u00e9s au premier rang des consid\u00e9rations sociales. La conception f\u00e9odale du culte des anc\u00eatres fut balay\u00e9e et, tr\u00e8s rapidement, la pratique du culte fut \u00e9tendue \u00e0 la bourgeoisie urbaine. Bien des choses furent alors simplifi\u00e9es, et le culte des anc\u00eatres perdit son caract\u00e8re patricien ainsi que son id\u00e9al moral et politique. Il n&rsquo;y avait plus de repr\u00e9sentant du mort, ce qui donna plus de droits au p\u00e8re sur ses enfants : les rites ne portaient plus sur la personne d\u00e9funte de l&rsquo;anc\u00eatre en tant qu&rsquo;entit\u00e9, mais sur la tablette consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e et anim\u00e9e d&rsquo;une vie surnaturelle. Certains fils pouss\u00e8rent m\u00eame l&rsquo;idol\u00e2trie jusqu&rsquo;\u00e0 faire peindre les portraits des parents morts pour s&rsquo;en servir pour des consultations magiques. Mais ces pratiques \u00ab\u00a0occultes \u00bb \u00e9taient rares et ne se rencontraient que dans le peuple. N\u00e9anmoins, la pi\u00e9t\u00e9 filiale n&rsquo;\u00e9tait plus ce qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque f\u00e9odale. Elle ne se manifesta plus que lors des fun\u00e9railles. Plus les c\u00e9r\u00e9monies \u00e9taient riches et somptueuses, plus la pi\u00e9t\u00e9 filiale \u00e9tait suppos\u00e9e \u00eatre grande. Aussi, la qualit\u00e9 et le prix du cercueil, l&rsquo;importance des monuments fun\u00e9raires suffisaient-ils pour t\u00e9moigner de l&rsquo;intensit\u00e9 des sentiments filiaux. La tablette sur l&rsquo;autel perdit peu \u00e0 peu son caract\u00e8re sacr\u00e9 au profit des tombeaux. Tr\u00e8s rapidement s&rsquo;instaura un culte des tombes et des ossements \u00e0 des fins magiques que Confucius et ses disciples condamn\u00e8rent si s\u00e9v\u00e8rement. Le culte des anc\u00eatres, en se d\u00e9mocratisant, avait perdu son caract\u00e8re id\u00e9aliste de culte de la vertu et sa puret\u00e9 originelle. Il \u00e9tait devenu pour chaque famille une sorte de religion populaire personnalis\u00e9e. Seul, le culte dynastique des anc\u00eatres demeura intact. Les h\u00e9ros ne faisant jamais partie du commun des mortels, leur essence ne pouvait qu&rsquo;\u00eatre sacr\u00e9e, quelle que f\u00fbt leur origine. Aussi, jusqu&rsquo;au si\u00e8cle dernier, les dynasties imp\u00e9riales chinoises continu\u00e8rent-elles de v\u00e9n\u00e9rer leurs anc\u00eatres comme par le pass\u00e9, mais en utilisant le culte des anc\u00eatres \u00e0 bon escient \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du peuple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le culte de Confucius <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quel peuple n&rsquo;\u00e9prouve pas le besoin de v\u00e9n\u00e9rer d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre un h\u00e9ros national, un \u00eatre exceptionnel, digne d&rsquo;un culte justifi\u00e9 et durable ? A ce point de vue, la personnalit\u00e9 m\u00eame de Confucius, sa vie, son combat pour la morale et la vertu, sa profonde connaissance des hommes, son enseignement visant \u00e0 un ordre moral parfait et \u00e0 la paix dans le monde firent de ce philosophe l&rsquo;\u00ab anc\u00eatre magnifique \u00bb r\u00eav\u00e9 pour le peuple chinois tout entier jusqu&rsquo;\u00e0 la chute de l&#8217;empire mandchou et \u00e0 la proclamation de la R\u00e9publique chinoise en 1911.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Confucius avait la conviction qu&rsquo;il devait r\u00e9tablir en Chine la civilisation traditionnelle de la dynastie des Tch\u00e9ou, remarquable de beaut\u00e9 et de perfection. Il croyait ferme en cette mission divine car il ne se r\u00e9f\u00e9rait qu&rsquo;\u00e0 la volont\u00e9 du Ciel et \u00e0 la loi naturelle. Sa philosophie, son enseignement, son action et son legs spirituel ne visaient qu&rsquo;un but bien pr\u00e9cis : sauver le monde chinois d\u00e9cadent en instaurant une humanit\u00e9 parfaite, c&rsquo;est-\u00e0-dire des citoyens bien disciplin\u00e9s dirig\u00e9s par des gouvernants sages et vertueux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il excluait de son enseignement tout mysticisme, toute doctrine de puissance ou de salut personnel, ainsi que la magie sous toutes ses formes. Pour Confucius, le v\u00e9ritable esprit religieux consiste \u00e0 \u00ab accomplir son devoir de citoyen \u00bb et \u00e0 \u00ab d\u00e9velopper en soi un sentiment d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de l&rsquo;ordre universel\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 une id\u00e9ologie bien adapt\u00e9e au mode de gouvernement de la Chine f\u00e9odale, que Confucius connaissait bien car il \u00e9tait n\u00e9 en 551 av. J.-C. et mourut en l&rsquo;an 478 avant l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne. Apr\u00e8s avoir connu bien des vicissitudes, en raison de deux courants religieux totalement oppos\u00e9s \u00e0 son \u00e9thique, le tao\u00efsme et le bouddhisme, le confucianisme fut officialis\u00e9 et r\u00e9apparut en Chine, en particulier sous la dynastie des Song (960-1127), sous la forme d&rsquo;un n\u00e9o-confucianisme. Les empereurs autoris\u00e8rent le peuple \u00e0 effectuer des p\u00e8lerinages sur le tombeau de Confucius. Il fut proclam\u00e9 \u00ab Supr\u00eame Saint \u00bb en 1013 et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 comme un anc\u00eatre dynastique en 1048, lorsque l&#8217;empereur lui conf\u00e9ra \u00e0 titre posthume la robe imp\u00e9riale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plus de deux mille ans, la sagesse de Confucius guida la morale individuelle et sociale chinoise et modela profond\u00e9ment l&rsquo;esprit des Grands et du peuple. Le culte de Confucius \u00e9tait un culte d&rsquo;anc\u00eatre et, jusqu&rsquo;en 1911, le portrait du Ma\u00eetre \u00e9tait accroch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de chaque \u00e9cole. Mais Mao Ts\u00e9-toung avait d\u00e9cid\u00e9 de lutter \u00e0 mort contre Confucius et sa religion f\u00e9odale. Il d\u00e9clara : \u00ab J&rsquo;ai ha\u00ef Confucius depuis l&rsquo;\u00e2ge de huit ans&#8230; \u00bb En 1917, le culte de Confucius fut aboli et son effigie br\u00fbl\u00e9e en place publique. Mao \u00e9tait devenu officiellement le nouveau ma\u00eetre de la Chine et Karl Marx avait remplac\u00e9 le vieux sage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En Chine, aujourd&rsquo;hui&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un sursaut de sauvegarde des traditions mill\u00e9naires balay\u00e9es par deux divinit\u00e9s nouvelles venues de l&rsquo;Occident, \u00ab la Science et la D\u00e9mocratie \u00bb, mot d&rsquo;ordre de la jeunesse chinoise communiste, Chiang Kai-chek r\u00e9agit en 1934 par un d\u00e9cret ordonnant que le jour anniversaire de la naissance de Confucius dev\u00eent un jour de f\u00eate nationale. Mais peu de temps apr\u00e8s, il dut s&rsquo;enfuir avec ses soldats et ses fid\u00e8les dans l&rsquo;\u00eele de Formose, emportant avec eux ce que la Chine poss\u00e9dait de plus authentique, l&rsquo;h\u00e9ritage de plusieurs mill\u00e9naires de civilisation&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe \u00e0 pr\u00e9sent deux Chines : la Chine continentale et la Chine outre-continent, qui superficiellement semble multiple mais qui, en profondeur, est rest\u00e9e tr\u00e8s traditionnelle. En effet, tant chez le Chinois de Taiwan, de Hong Kong, de Singapour, de l&rsquo;\u00eele de Penang, en Malaisie, que chez celui vivant en Occident, l&#8217;empreinte du confucianisme est toujours pr\u00e9sente, la pratique du culte des anc\u00eatres encore existante, de m\u00eame que celui de Confucius, l&rsquo;anc\u00eatre pour ainsi dire commun, le g\u00e9nie spirituel en qui le Chinois en g\u00e9n\u00e9ral se reconna\u00eet autant qu&rsquo;en ses propres anc\u00eatres. Le Chinois n&rsquo;a jamais eu l&rsquo;esprit religieux comme on l&rsquo;entend en Occident. Il est avant tout, et surtout, conformiste et attach\u00e9 aux traditions. Aussi, pourrait-on se demander si la seule religion vraiment chinoise n&rsquo;est pas le culte des anc\u00eatres&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Liliane Loan<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 P\u00e8re L\u00e9on Wieger S.J.: <em>Histoire des croyances religieuses et des opinions philosophiques en Chine<\/em> (Imprimerie de Sien-hsien, 1922).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Marcel Granet\u00a0: <em>la Pens\u00e9e chinoise<\/em> (La Renaissance du Livre, 1934) ; <em>la Religion des Chinois<\/em> (Gauthier-Villars, 1922) ; <em>la Civilisation chinoise<\/em> (La Renaissance du Livre, 1929).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Chow Yih-ching : <em>la Philosophie chinoise<\/em> (Presses universitaires de France, 1961) ; <em>la Philosophie morale dans le n\u00e9o-confucianisme<\/em> (Presses universitaires de France, 1954).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 G. Dubarbier : <em>Histoire de la Chine moderne<\/em> (P.U.F., coll. \u00ab Que sais-je 1949).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Max Kaltenmark\u00a0: <em>la Philosophie chinoise<\/em> (P.U.F., coll. \u00ab Que sais-je ? \u00bb, P.U.F., 1972).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022Joseph Needham : <em>Science and Civilization in China<\/em> (Cambridge University Press, vol. II, 1956) .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Fun Yu-lan : <em>A History of Chinese Philosophy<\/em> (trad. Derk Bodde, 2 vol., Princeton, 1952-1953) ; The Spirit of Chinese Philosophy (trad. E.R. Hughues, Londres, 1947).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Wing Stsit-chan : <em>A Source Book in Chinese Philosophy<\/em> (Princeton, 1963).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Creel : <em>Chinese Thought from Confucius to Mao Tse-tung<\/em> (Londres, 1954; trad. fran\u00e7aise : Payot, Paris, 1955).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Non seulement en Chine mais un peu partout en Asie, particuli\u00e8rement dans les pays de culture chinoise tels que la Cor\u00e9e, le Japon et surtout le Vi\u00eat-Nam, le culte des anc\u00eatres a fa\u00e7onn\u00e9 et model\u00e9 les esprits, les croyances, les coutumes, les traditions et, tout comme en Chine o\u00f9 il est n\u00e9, l&rsquo;organisation de la soci\u00e9t\u00e9. 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