{"id":7837,"date":"2011-08-22T00:39:09","date_gmt":"2011-08-21T23:39:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=7837"},"modified":"2011-08-27T18:44:43","modified_gmt":"2011-08-27T17:44:43","slug":"deux-evenements-pour-l%e2%80%99histoire-des-religions-par-jean-chevalier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-evenements-pour-l%e2%80%99histoire-des-religions-par-jean-chevalier\/","title":{"rendered":"Deux \u00e9v\u00e8nements pour l\u2019histoire des religions par Jean Chevalier"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup> 29. Mars-Avril 1979)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors d&rsquo;une r\u00e9cente \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e sur sa \u00ab Leda atomica \u00bb, Salvador Dali s&rsquo;\u00e9criait : \u00ab L&rsquo;histoire de l&rsquo;art ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, seul l&rsquo;art dans l&rsquo;histoire m\u00e9rite attention. \u00bb On est bien tent\u00e9 de pasticher et d&rsquo;\u00e9crire : l&rsquo;histoire des religions offre moins d&rsquo;int\u00e9r\u00eat que la religion dans l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On est g\u00e9n\u00e9ralement enclin \u00e0 juger une donn\u00e9e sociale, politique, artistique ou religieuse, par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses origines, au lieu d&rsquo;en appr\u00e9cier la force actuelle ou potentielle, manifeste ou occulte. Aussi dit-on que l&rsquo;histoire est maitresse de vie, alors que c&rsquo;est la vie qui est g\u00e9n\u00e9ratrice d&rsquo;histoire. On distingue ainsi deux cat\u00e9gories d&rsquo;esprits : ceux qui, tourn\u00e9s vers le pass\u00e9, s&rsquo;en tiennent \u00e0 l&rsquo;histoire des faits ; et ceux qui, regardant plut\u00f4t le permanent et l&rsquo;avenir, consid\u00e8rent le r\u00f4le privil\u00e9gi\u00e9 que peuvent avoir des faits sur le cours d&rsquo;une histoire, toujours inachev\u00e9e. On aborde d\u00e8s lors l&rsquo;\u00e9tude du fait religieux de deux fa\u00e7ons diff\u00e9rentes : comme r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;un pass\u00e9 ou comme porteur d&rsquo;un avenir. C&rsquo;est ce que manifestent avec \u00e9clat les deux monumentales publications que sont \u00ab l&rsquo;Histoire des religions\u00a0\u00bb, de l&rsquo;Encyclop\u00e9die de La Pl\u00e9iade <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a>, et \u00ab l&rsquo;Histoire des croyances et des id\u00e9es religieuses \u00bb, de Mircea Eliade <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur de celle-ci, roumain de naissance, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Chicago, a brillamment relev\u00e9 le d\u00e9fi lanc\u00e9 par les auteurs de \u00ab La Pl\u00e9iade\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab l&rsquo;Histoire des religions \u00e9chappe in\u00e9vitablement \u00e0 la connaissance d&rsquo;un seul chercheur&#8230; \u00bb Il n&rsquo;y aura plus de \u00ab\u00a0Rameau d&rsquo;or\u00a0\u00bb d\u00fb \u00e0 un seul auteur <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a>. \u00bb Eh bien ! Voici un auteur unique, avec une \u00e9rudition \u00e9gale \u00e0 celle des historiens les plus scrupuleux, apr\u00e8s cinquante ans de recherches et d&rsquo;exp\u00e9riences, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9preuve critique de nombreuses publications en diff\u00e9rentes langues <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a>, qui r\u00e9ussit \u00e0 rassembler en trois gros volumes l&rsquo;essentiel de l&rsquo;histoire des religions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE FAIT RELIGIEUX COMPORTE TOUJOURS<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>UN ASPECT INSAISISSABLE A LA RAISON<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces deux grandes \u0153uvres, celle de \u00ab La Pl\u00e9iade \u00bb et celle de Mircea Eliade, t\u00e9moignent d&rsquo;un m\u00eame souci d&rsquo;universalit\u00e9 dans l&rsquo;espace (toutes les religions et en tout lieu) et dans le temps (depuis les vestiges de la pr\u00e9histoire jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours). Mais, tout en m\u00e9ritant une \u00e9gale cr\u00e9ance, elles se distinguent par leur m\u00e9thode, par leurs perspectives, par leurs principes d&rsquo;interpr\u00e9tation. La possibilit\u00e9 de ces approches diff\u00e9rentes tient surtout au caract\u00e8re sp\u00e9cifique de leur objet, le fait religieux, et aux cons\u00e9quences \u00e9pist\u00e9mologiques qu&rsquo;il entraine. Il ne peut en effet \u00eatre trait\u00e9 comme un quelconque objet de science : une part au moins de lui-m\u00eame \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;ordre du savoir. Il est en effet ind\u00e9finissable de fa\u00e7on pr\u00e9cise et exhaustive <a id=\"ftnref5\" href=\"#ftn5\">[5]<\/a>. Irr\u00e9ductible, insaisissable, il se soustrait toujours par quelque aspect aux prises de l&rsquo;observation ou du raisonnement, et pourtant il existe. C&rsquo;est une sorte de gageure \u2014 n\u00e9cessaire \u2014 de fixer dans des notions et \u00e0 des dates ce qui est transrationnel et transhistorique. Sur ce point du moins \u2014 \u00e0 des nuances pr\u00e8s \u2014 les auteurs de ces \u0153uvres diff\u00e9rentes tombent d&rsquo;accord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils s&rsquo;opposent \u00e0 toute tendance r\u00e9ductionniste, qui ram\u00e8nerait le sacr\u00e9 \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne purement psychologique, en raison de leurs relations indissociables. Le r\u00f4le de l&rsquo;inconscient et de la conscience dans la d\u00e9termination du sacr\u00e9 a incite certains auteurs, comme Feuerbach, Freud, et nombre de leurs disciples, \u00e0 faire du sentiment religieux une fonction naturelle de la psych\u00e8. Le sens du transcendant n&rsquo;aurait pas d&rsquo;autre source qu&rsquo;une activit\u00e9 immanente de l&rsquo;imaginaire ou ne serait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00ab\u00a0une n\u00e9vrose obsessionnelle et universelle \u00bb, \u00ab\u00a0un indice de morbidit\u00e9 mentale \u00bb, une projection fantastique de craintes ancestrales enracin\u00e9es dans un inconscient collectif, une superstructure id\u00e9ologique de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Psychanalystes et, \u00e0 leur suite, sociologues extrapolent \u00e0 loisir, en confondant une r\u00e9alit\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e avec un processus de repr\u00e9sentation <a id=\"ftnref6\" href=\"#ftn6\">[6]<\/a>, une r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue avec une vie d&rsquo;illusion ou avec une cr\u00e9ation exclusivement mentale. C&rsquo;est m\u00e9connaitre toute la force de l\u2019\u00ab\u00a0intentionnel \u00bb dans la connaissance et l&rsquo;affectivit\u00e9, c&rsquo;est manquer de discernement critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il parait donc essentiel de bien distinguer deux aspects de tout acte religieux : les formes par lesquelles\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 il s&rsquo;exprime, qui s&rsquo;accordent \u00e0 la pens\u00e9e et \u00e0 la sensibilit\u00e9 des hommes d\u2019une culture donn\u00e9e et qui repr\u00e9sentent son aspect immanent ; et l&rsquo;essence m\u00eame du fait religieux, soit \u00ab\u00a0l&rsquo;appr\u00e9hension par l&rsquo;homme d&rsquo;un sacr\u00e9 qui est, pour lui, une r\u00e9alit\u00e9 objective, transcendant la condition humaine, et qu&rsquo;il per\u00e7oit \u00e0 travers des exp\u00e9riences affectives, rationnelles, symboliques ou institutionnelles <a id=\"ftnref7\" href=\"#ftn7\">[7]<\/a> \u00bb. C&rsquo;est cette relation entre l&rsquo;immanent et le transcendant, \u00e0 travers des expressions humaines in\u00e9vitablement inad\u00e9quates, qu&rsquo;il importe \u00e0 l&rsquo;historien des religions de d\u00e9couvrir. Il n&rsquo;y parviendra qu&rsquo;en embrassant la totalit\u00e9 d\u2019une culture, d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, d&rsquo;une conscience et d&rsquo;un inconscient collectif. Il n&rsquo;acc\u00e8dera \u00e0 cette totalit\u00e9 qu&rsquo;en proc\u00e9dant niveau par niveau, \u00e0 l\u2019aide de toutes les disciplines des sciences humaines, sans perdre de vue \u00e0 chaque niveau d&rsquo;analyse sa relation avec l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE PHENOMENE RELIGIEUX OFFRE CEPENDANT<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>UNE PRISE A L&rsquo;ETUDE SCIENTIFIQUE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour l&rsquo;\u00e9tude du sacr\u00e9 \u00e0 travers les religions, l&rsquo;Histoire de la Pl\u00e9iade applique les m\u00e9thodes de l&rsquo;histoire comparative, tandis que l&rsquo;Histoire de Mircea Eliade, sans m\u00e9connaitre les pr\u00e9c\u00e9dentes, recourt \u00e0 celles de la ph\u00e9nom\u00e9nologie. L&rsquo;histoire comparative, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e par les uns, la ph\u00e9nom\u00e9nologie existentielle, pr\u00e9dominante chez l&rsquo;autre \u2014 quand elles sont pratiqu\u00e9es avec sagesse, comme c&rsquo;est le cas \u2014 sont \u00e0 vrai dire plus compl\u00e9mentaires que radicalement oppos\u00e9es. La premi\u00e8re tend \u00e0 mettre plus en relief l\u2019originalit\u00e9 d&rsquo;une religion, la seconde une communaut\u00e9 profonde du v\u00e9cu religieux. L\u2019une s&rsquo;attache plus aux signes distinctifs, qui singularisent des jeux d&rsquo;influence, d\u00e9trompent sur des similitudes apparentes, ramifient des sources communes en institutions diff\u00e9rences ; l&rsquo;autre montre la convergence des attitudes, la parente des racines et des structures, qu&rsquo;elle s&#8217;emploie \u00e0 discerner sous les diff\u00e9rences. Les deux m\u00e9thodes toutefois exigent la m\u00eame richesse documentaire, la m\u00eame pr\u00e9cision d&rsquo;analyse, la m\u00eame suret\u00e9 de jugement. Un esprit plus int\u00e9ress\u00e9 par l&rsquo;aspect int\u00e9rieur et secret de l&rsquo;histoire pr\u00e9f\u00e9rera le d\u00e9crypter par l&rsquo;analyse ph\u00e9nom\u00e9nologique des faits ; un esprit plus port\u00e9 vers le caract\u00e8re \u00e9v\u00e8nementiel des faits optera pour l&rsquo;histoire comparative. Grace \u00e0 ces deux grandes \u0153uvres d&rsquo;\u00e9gale valeur, nous avons aujourd&rsquo;hui la chance de pouvoir choisir ou mieux encore, de les lire toutes deux, sans avoir jamais l&rsquo;impression qu&rsquo;elles se r\u00e9p\u00e8tent, gr\u00e2ce \u00e0 leurs diff\u00e9rences d&rsquo;analyse et de perspective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;entreprise de \u00ab\u00a0La Pl\u00e9iade \u00bb se veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment scientifique. Son directeur, H.C. Puech, l&rsquo;avoue tr\u00e8s loyalement : \u00ab A parler franc, \u00e9crit-il, le ph\u00e9nom\u00e8ne religieux, m\u00eame constat\u00e9 dans le temps et \u00e0 une date pr\u00e9cise, ne se r\u00e9sout pas en un ph\u00e9nom\u00e8ne purement historique&#8230; \u00bb ; mais il affecte toujours une certaine forme, il pr\u00e9sente une structure, il se constate \u00e0 des dates et en des lieux, il offre donc une prise \u00e0 l&rsquo;histoire. Il compose avec tous les autres facteurs d\u2019une civilisation et, si une civilisation ne peut \u00eatre comprise sans lui, comme le pense \u00e9galement Arnold Toynbee <a id=\"ftnref8\" href=\"#ftn8\">[8]<\/a>, il ne peut non plus \u00eatre per\u00e7u, sans \u00eatre replac\u00e9 dans l\u2019ensemble de corr\u00e9lations qu&rsquo;il contribue \u00e0 souder. Mais il le d\u00e9passe toujours en quelque mani\u00e8re. Cette Histoire des religions n&rsquo;en m\u00e9rite pas moins son nom, car elle respecte pleinement ses objectifs : \u00ab\u00a0La t\u00e2che qui lui est assign\u00e9e, \u00e9crit son directeur, \u2026revient en principe, \u00e0 partir de faits d\u00fbment constat\u00e9s ou \u00e9tablis, \u00e0 les ordonner et \u00e0 les coordonner, \u00e0 d\u00e9crire ou \u00e0 reconstituer des ensembles de doctrines, de croyances, de pratiques, d&rsquo;institutions, historiquement attest\u00e9s et positivement v\u00e9rifiables\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Les auteurs de \u00ab\u00a0La Pl\u00e9iade\u00a0\u00bb, estimant que l\u2019\u00e9tude historique des civilisations, et donc du facteur religieux, avec toutes les exigences de la m\u00e9thode scientifique, ne peut plus, malgr\u00e9 l\u2019exemple d&rsquo;un Arnold Toynbee, \u00eatre l\u2019\u0153uvre d&rsquo;un seul savant, sont oblig\u00e9s de s&rsquo;appuyer sur les travaux d&rsquo;autres sp\u00e9cialistes pour ce qui n\u2019est pas de leur domaine propre. Car la m\u00e9thode comparative est \u00ab\u00a0la seule qui puisse \u00e9clairer l&rsquo;histoire des religions\u00a0\u00bb. Comment expliquer les phases du juda\u00efsme, par exemple, si l&rsquo;on ignore les influences religieuses de la M\u00e9sopotamie, de l&rsquo;Egypte, des cultes de Baal, des myst\u00e8res hell\u00e9niques ? L&rsquo;histoire comparative, n\u00e9cessaire, pr\u00e9suppos\u00e9 aujourd&rsquo;hui le concours de nombreux sp\u00e9cialistes qui m\u00e9ritent et s&rsquo;accordent une mutuelle confiance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais elle ne va pas sans danger, comme le notent, plusieurs auteurs de l&rsquo;\u00ab\u00a0Encyclop\u00e9die\u00a0\u00bb, dont Andr\u00e9 Caquot (vol. I, 365), qui signalent des erreurs, des rapprochements superficiels et inconsid\u00e9r\u00e9s, des analogies trompeuses. Elle r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;existence d&rsquo;un syncr\u00e9tisme r\u00e9el, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une interp\u00e9n\u00e9tration des diff\u00e9rentes croyances et pratiques religieuses. Une religion dogmatique condamne le syncr\u00e9tisme, mais elle ne peut en nier le fait, non plus que la tendance \u00e0 des emprunts ou \u00e0 des adaptations, tendance qui se fait sentir jusque dans son sein, par suite des in\u00e9vitables contacts qui sont entretenus avec des religions ou des id\u00e9ologies diff\u00e9rentes. Certains historiens, tels ceux de \u00ab La Pl\u00e9iade \u00bb, se montreront plus attentifs \u00e0 d\u00e9celer le sp\u00e9cifique d&rsquo;une religion, son intuition fondamentale propre, \u00e0 travers les contaminations \u00e9trang\u00e8res, tandis que d&rsquo;autres historiens, tels Mircea Eliade, verront dans certains cas de syncr\u00e9tisme un signe de cr\u00e9ativit\u00e9. \u00ab Ph\u00e9nom\u00e8ne imm\u00e9morial et abondamment attest\u00e9, le syncr\u00e9tisme a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la formation des religions hittite, grecque, romaine, isra\u00e9lite, dans le bouddhisme mahayana et le tao\u00efsme. Mais ce qui caract\u00e9rise le syncr\u00e9tisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque hell\u00e9nique et romaine c&rsquo;est son envergure et sa surprenante cr\u00e9ativit\u00e9. Loin de trahir usure ou st\u00e9rilit\u00e9, le syncr\u00e9tisme semble \u00eatre la condition de toute cr\u00e9ation religieuse <a id=\"ftnref9\" href=\"#ftn9\">[9]<\/a>. \u00bb Et de citer entre autres exemples le juda\u00efsme post-exilique, le mazd\u00e9isme, le christianisme primitif. La fid\u00e9lit\u00e9 aux origines chez les uns, la permanente cr\u00e9ativit\u00e9 de l&rsquo;esprit religieux chez les autres, tels pourraient \u00eatre les centres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat caract\u00e9ristiques de deux \u00e9coles d&rsquo;historiens. Toutefois, \u00e9crivant une histoire, sans proposer un enseignement religieux, ils ne peuvent, ni les uns, ni les autres, \u00eatre accus\u00e9s de syncr\u00e9tisme. Sils d\u00e9couvrent des rapports de similitude et d&rsquo;influence, ils les signalent en historiens, non en th\u00e9ologiens qui les fondraient en une synth\u00e8se doctrinale, au risque de tout trahir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE FAIT RELIGIEUX S&rsquo;INTEGRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>DANS LES STRUCTURES DE LA PSYCHE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La recherche de Mircea Eliade se distingue par la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique qui est employ\u00e9e, et qui s&rsquo;assortit d&rsquo;un mod\u00e8le structural. Issue de la philosophie d&rsquo;Edmund Husserl et de Max Scheler, la ph\u00e9nom\u00e9nologie vise, par l&rsquo;analyse concr\u00e8te des actes, id\u00e9es et objets religieux, \u00e0 d\u00e9couvrir leur sens profond. Il peut se retrouver identique ou convergent \u00e0 travers des formes diff\u00e9rentes de religion. Cette m\u00e9thode s&rsquo;int\u00e9resse moins \u00e0 la succession historique des faits qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9 permanente qu&rsquo;ils r\u00e9v\u00e8lent, \u00e0 la structure fondamentale dont ils proc\u00e8dent, \u00e0 leur orientation inexprim\u00e9e, si ce n&rsquo;est par des symboles, dont les polarit\u00e9s identiques sont discern\u00e9es sous les variations culturelles et temporelles. Le ph\u00e9nom\u00e8ne religieux s&rsquo;int\u00e8gre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un syst\u00e8me global d&rsquo;associations et d&rsquo;interactions, il prend place dans la structure permanente de l&rsquo;humaine psych\u00e8. Cette m\u00e9thode a le m\u00e9rite, reconnait Michel Meslin, \u00ab\u00a0en \u00e9tablissant des modes de comparaison indiff\u00e9rents \u00e0 l&rsquo;espace culturel comme au temps historique, de faire saisir \u00e0 des esprits trop historicistes que tout fait religieux d\u00e9passe, de par sa nature m\u00eame, le cadre dans lequel l\u2019analyse le saisit, et qu&rsquo;il n\u2019est jamais, en r\u00e9alit\u00e9, qu&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 quasi accidentelle d&rsquo;une structure universelle <a id=\"ftnref10\" href=\"#ftn10\">[10]<\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;examen des manifestations du sacr\u00e9, qu&rsquo;Eliade appelle les hi\u00e9rophanies ou les th\u00e9ophanies \u2014 bien que le sacr\u00e9 reste inaccessible dans sa transcendance \u2014, \u00ab r\u00e9v\u00e8le par excellence l&rsquo;unit\u00e9 fondamentale des ph\u00e9nom\u00e8nes religieux et \u00e0 la fois l&rsquo;in\u00e9puisable nouveaut\u00e9 de leurs expressions \u00bb. La prise de conscience de cette unit\u00e9 conduit \u00e0 une d\u00e9couverte, plus r\u00e9cente et encore mal assimil\u00e9e, \u00ab l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;histoire spirituelle de l&rsquo;humanit\u00e9 <a id=\"ftnref11\" href=\"#ftn11\">[11]<\/a> \u00bb. Cette attention \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 ne va-t-elle pas obnubiler la perception des diff\u00e9rences ? N&rsquo;est-ce pas dans sa diff\u00e9rence la plus fine, la plus t\u00e9nue, sur un fonds g\u00e9n\u00e9rique commun \u00e0 toutes les religions, que r\u00e9side l&rsquo;essentielle originalit\u00e9 d&rsquo;une religion\u00a0? S&rsquo;abstraire de ce qu&rsquo;une religion aide plus exclusif, c&rsquo;est laisser \u00e9chapper ce qui la constitue comme telle. Mircea Eliade ne tombe pas dans le pi\u00e8ge d&rsquo;une telle r\u00e9duction. Quand une religion ne subsiste plus que par ce qu&rsquo;il y a de g\u00e9n\u00e9rique dans le sentiment religieux, dans l&rsquo;homo religiosus, elle est sur le chemin de la d\u00e9cadence, de la d\u00e9gradation, de la mort. Son cadavre d\u00e9compos\u00e9 connait toute sorte d&rsquo;avatars. C&rsquo;est son caract\u00e8re sp\u00e9cifique, irr\u00e9ductible, qui la vivifie. Aucune religion dans l&rsquo;histoire n&rsquo;a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ces vicissitudes. Ce n&rsquo;est pas une raison pour confondre l\u2019\u00e9l\u00e9mentaire et l&rsquo;essentiel et pour \u00e9lever au niveau de l&rsquo;authentique aspiration religieuse ce qu&rsquo;il y a en elle de plus embryonnaire ou de plus diminu\u00e9. \u00ab\u00a0Il y a toujours un moment, observe Mircea Eliade, o\u00f9 l&rsquo;exp\u00e9rience religieuse se fossilise. A un moment de l&rsquo;histoire indienne, la relation cosmique s&rsquo;an\u00e9mie, meurt. On en vient \u00e0 accomplir m\u00e9caniquement les rites. Et puis, il y a les Upanishads, la Renaissance, Joachim de Flare, Berdiaev. Le feu, toujours, couve sous la cendre\u00a0\u00bb. Il pourrait citer dans l&rsquo;histoire du christianisme ces floraisons de saintet\u00e9 qui succ\u00e8dent \u00e0 des p\u00e9riodes de corruption, ou m\u00eame les deux invasions simultan\u00e9es, l&rsquo;invasion mystique et l&rsquo;invasion libertine, dont Pascal fut le t\u00e9moin et Henri Bremond le peintre \u00e9blouissant. L&rsquo;homo christianus n&rsquo;\u00e9tait pas supprim\u00e9 au profit de l&rsquo;homo religiosus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE SYMBOLE RELIE LE MOI,<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L&rsquo;UNIVERS ET DIEU<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sens des hi\u00e9rophanies apparait gr\u00e2ce aux symboles qui les prolongent ou les expriment. Le symbole \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9alit\u00e9 sacr\u00e9e ou cosmologique qu&rsquo;aucune autre manifestation n&rsquo;est \u00e0 m\u00eame de r\u00e9v\u00e9ler <a id=\"ftnref12\" href=\"#ftn12\">[12]<\/a> \u00bb. Le symbolisme \u00ab\u00a0anthropocosmique \u00bb, qui est au c\u0153ur des interpr\u00e9tations d&rsquo;Eliade, ouvre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 \u00ab\u00a0un mode d&rsquo;\u00eatre \u00bb, le ph\u00e9nom\u00e8ne religieux, qui n\u2019est pas \u00e9vident \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience imm\u00e9diate et qui engage l&rsquo;existence humaine. Nul historien des religions n&rsquo;a mis autant en valeur la port\u00e9e herm\u00e9neutique des symboles. \u00ab Le symbolisme est une donn\u00e9e imm\u00e9diate de la conscience totale, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;homme qui se d\u00e9couvre comme tel, de l&rsquo;homme qui prend conscience de sa position dans l&rsquo;univers. Ces d\u00e9couvertes primordiales sont li\u00e9es de fa\u00e7on si organique \u00e0 son drame que le m\u00eame symbolisme d\u00e9termine aussi bien l\u2019activit\u00e9 de son subconscient que les plus nobles exp\u00e9riences de sa vie spirituelle <a id=\"ftnref13\" href=\"#ftn13\">[13]<\/a>. \u00bb Les symboles du Cantique des Cantiques ou de la Gita Govinda, par exemple, peuvent s&rsquo;interpr\u00e9ter aussi bien \u00e0 plusieurs plans, l&rsquo;un \u00e9rotique, l&rsquo;autre mystique. Les symboles inclus dans les mythes, les contes, les l\u00e9gendes, qui se d\u00e9veloppent autour de faits historiques, sont aussi importants dans leur trans-historicit\u00e9 que les faits d&rsquo;origine eux-m\u00eames dans leur temporalit\u00e9, aussi r\u00e9v\u00e9lateurs de la pens\u00e9e et du sentiment religieux. Ce qu&rsquo;il importe de d\u00e9couvrir dans leur dramaturgie imaginaire, c&rsquo;est un sens \u00e0 la fois sugg\u00e8r\u00e9 et occulte, mais propre \u00e0 conduire \u00e0 l&rsquo;intuition d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 transcendante. Quand Mircea Eliade \u00e9crit, par exemple : \u00ab L&rsquo;\u00e9piphanie de l&rsquo;enfant divin annonce la nouvelle jeunesse de l&rsquo;univers, la paling\u00e9n\u00e9sie cosmique <a id=\"ftnref14\" href=\"#ftn14\">[14]<\/a> \u00bb, il use d&rsquo;une formule ambigu\u00eb et ind\u00e9finiment discutable. Elle r\u00e9v\u00e8le cependant avec force une croyance en un fait, la naissance de J\u00e9sus, qui a r\u00e9ellement inaugur\u00e9 une \u00e8re nouvelle, annonc\u00e9 un homme nouveau et un prochain renouvellement de l&rsquo;univers. Le fait est devenu symbole de multiples r\u00e9alit\u00e9s, r\u00e9unies par un m\u00eame sens. Il \u00e9voque une vision de l&rsquo;univers et de la destin\u00e9e, une re-cr\u00e9ation, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un arch\u00e9type de l&rsquo;imaginaire et participer des structures signifiantes de l&rsquo;inconscient. Cette capacit\u00e9 de s&rsquo;inscrire dans une symbolique universelle facilitera d&rsquo;ailleurs l&rsquo;expansion du christianisme, en manifestant son caract\u00e8re \u0153cum\u00e9nique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>ON PEUT TOUJOURS SE TROMPER D&rsquo;ARCHETYPES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00e9thode de lecture qui consiste \u00e0 d\u00e9couvrir par les symboles le sens des ph\u00e9nom\u00e8nes religieux conduit parfois \u00e0 des amalgames douteux. Cette herm\u00e9neutique, dont la f\u00e9condit\u00e9 est ind\u00e9niable, exige clairvoyance et discernement, car elle risque d&rsquo;alt\u00e9rer les textes, de privil\u00e9gier un sens par rapport \u00e0 la lettre, de prendre un symbole pour un autre, lors de cette r\u00e9duction \u00e0 des arch\u00e9types universels. Elle banalise alors ce qui est distinctif, le trahit, oblit\u00e8re son originalit\u00e9 profonde. Citant le verset de saint Paul : \u00ab Il n&rsquo;y a ni esclave, ni homme libre, il n&rsquo;y a ni homme, ni femme \u00bb (aux Galates, 3, 28), Mircea Eliade le commente ainsi : \u00ab Selon saint Paul, par le bapt\u00eame on obtient la r\u00e9conciliation des contraires&#8230; Autrement dit, le baptis\u00e9 r\u00e9cup\u00e8re la condition primordiale d&rsquo;androgyne.\u00a0\u00bb A l&rsquo;appui de cette th\u00e8se, il invoque l&rsquo;Evangile de Thomas o\u00f9, dit-il, l&rsquo;id\u00e9e est clairement exprim\u00e9e : \u00ab\u00a0\u2026lorsque vous ferez du male et de la femme une seule chose, en sorte que le male ne soit pas male et que la femme ne soit pas femme&#8230; alors vous entrerez dans le Royaume\u00a0\u00bb. Inutile d&rsquo;insister, poursuit Mircea Eliade, \u00ab sur l&rsquo;archa\u00efsme et la diffusion universelle du symbole de l&rsquo;androgyne, en tant qu&rsquo;expression exemplaire de la perfection humaine. Il est probable que c&rsquo;est \u00e0 cause de l&rsquo;importance consid\u00e9rable accord\u00e9e par les gnostiques \u00e0 l&rsquo;androgynie que ce symbolisme fut de moins en moins \u00e9voqu\u00e9 apr\u00e8s saint Paul.\u00a0\u00bb Mais il ne disparut jamais compl\u00e8tement de l&rsquo;histoire du christianisme Et de rappeler les noms de Scot Erig\u00e8ne, de Jacob Boehme, de Baader, le romantisme allemand et certaines th\u00e9ologies contemporaines <a id=\"ftnref15\" href=\"#ftn15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le contexte de l&rsquo;Epitre aux Galates ne semble pas justifier cette extrapolation. Saint Paul enseigne ici l\u2019Egalit\u00e9 de tous les hommes qui, tous, et non seulement les juifs, non seulement les hommes ou les femmes, tous sans aucune discrimination, peuvent devenir : \u00ab\u00a0fils de Dieu, par la foi dans le Christ J\u00e9sus. Vous tous, en effet, baptis\u00e9s dans le Christ, vous avez rev\u00eatu le Christ\u00a0\u00bb (aux Galates, 3, 27). Et l&rsquo;unit\u00e9 que le bapt\u00eame r\u00e9alise entre les titres humains n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;androgynie ; elle est d&rsquo;un tout autre ordre que celui du sexe, de l&rsquo;individu, du pouvoir, ou de l&rsquo;ethnie, c&rsquo;est l&rsquo;unit\u00e9 collective dans le Christ J\u00e9sus. \u00ab\u00a0Tous, vous ne faites qu&rsquo;un dans le Christ J\u00e9sus \u00bb (fin du verset 28), c&rsquo;est-\u00e0-dire : vous ne formez qu&rsquo;un corps mystique, l&rsquo;unit\u00e9 de \u00ab la descendance d&rsquo;Abraham, des h\u00e9ritiers de la promesse\u00a0\u00bb. (verset 29). Le sexe, la race, l&rsquo;origine n&rsquo;ont plus d&rsquo;importance pour les baptis\u00e9s, pour les croyants, qui ne forment plus qu&rsquo;un seul corps en J\u00e9sus-Christ. S&rsquo;il y a un symbolisme, un arch\u00e9type, dans ce texte, c&rsquo;est celui du corps social, le corps mystique du Christ, l&rsquo;Eglise de la foi, ce que confirme toute la th\u00e9ologie paulinienne. Bel exemple de confusion des symboles, sous l&rsquo;influence du gnosticisme. Ce qui semble se produire ici, c&rsquo;est l&rsquo;infiltration d&rsquo;arch\u00e9types nouveaux dans l&rsquo;interpr\u00e9tation de textes, qui en \u00e9taient exempts \u00e0 l\u2019origine et dont le sens premier se trouve ensuite infl\u00e9chi en un sens diff\u00e8rent. Quand un gnostique consid\u00e8re l&rsquo;homme parfait, que peut devenir le baptis\u00e9, plut\u00f4t que sa qualit\u00e9 de membre du corps du Christ, il con\u00e7oit alors que l&rsquo;arch\u00e9type de l&rsquo;androgyne s&rsquo;impose \u00e0 l&rsquo;imagination. Mircea Eliade se montre d&rsquo;ailleurs bien conscient de cette mobilit\u00e9 dans la valorisation des ph\u00e9nom\u00e8nes, comme de la polyvalence des symboles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L&rsquo;HERESIE NAIT DES RATIONALISATIONS DU SACRE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame qu&rsquo;il existe pour les faits religieux des inductions abusives \u00e0 un arch\u00e9type plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 un autre, il y a des r\u00e9ductions qui les banalisent par une rationalisation philosophique. Qu&rsquo;une formule dogmatique soit choquante pour les cat\u00e9gories habituelles de la raison, telle que par exemple la formule du dogme de la Trinit\u00e9, aussit\u00f4t la raison tend \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9ter en fonction et dans les limites de ses cat\u00e9gories. L&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie nait d\u2019une rationalisation. Le myst\u00e8re s&rsquo;\u00e9vanouit dans le d\u00e9j\u00e0 connu, le d\u00e9j\u00e0 vu. Ainsi, au d\u00e9but du IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Arius, un pr\u00eatre d&rsquo;Alexandrie, proposa une interpr\u00e9tation que Mircea Eliade qualifie justement de \u00ab plus coh\u00e9rente et plus philosophique de la Trinite\u00a0\u00bb. Sans rejeter le mot, Arius le vide de son sens sp\u00e9cifique, il \u00ab\u00a0nie la consubstantialit\u00e9 des trois Personnes divines. Pour lui, Dieu est seul et il est incr\u00e9\u00e9 ; le Fils et le Saint-Esprit ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s plus tard par le P\u00e8re, donc lui sont inf\u00e9rieurs <a id=\"ftnref16\" href=\"#ftn16\">[16]<\/a> \u00bb. Bel exemple de r\u00e9duction \u00e0 des concepts rationnels, issus de l&rsquo;observation du monde des cr\u00e9atures, mais incapables de s&rsquo;appliquer \u00e0 des relations incr\u00e9\u00e9es. Par refus du supra-rationnel, confondu avec du d\u00e9raisonnable, le philosophe qui th\u00e9ologise abolit le myst\u00e8re. Le transcendant est \u00e9cr\u00eat\u00e9, couch\u00e9 sur un lit de Procuste. Mircea Eliade d\u00e9crit avec un sens aigu de leur importance ces ph\u00e9nom\u00e8nes de banalisation par le rationnel, autant que par l&rsquo;imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il discerne trois niveaux d&rsquo;analyse en toute hi\u00e9rophanie : d&rsquo;abord, l&rsquo;objet naturel ou artificiel, les signes, dans leur apparence profane ; puis, une m\u00e9diation symbolique ou symbolisante qui, le rev\u00eatant d&rsquo;une autre dimension, le distingue de tout autre objet, le sacralise ; enfin, le symbolise, cette r\u00e9alit\u00e9 invisible, indicible, le \u00ab tout autre\u00a0\u00bb qui est le terme transcendant de la relation religieuse. Dans la perspective eliad\u00e9enne, l&rsquo;histoire devient \u00ab\u00a0une herm\u00e9neutique du sacr\u00e9\u00a0\u00bb, un d\u00e9chiffrement de la dimension religieuse des faits. A travers la vari\u00e9t\u00e9 quasi infinie des ph\u00e9nom\u00e8nes, elle conduit \u00e0 d\u00e9couvrir une homologie int\u00e9rieure, une identit\u00e9 de structure, des consciences humaines. Cette dialectique comparative du sacr\u00e9 et du profane, fond\u00e9e sur une \u00e9rudition vaste et sure, d\u00e9passe les bornes du positivisme et du scientisme, sans perdre la caution des sciences historiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>LE FAIT RELIGIEUX SUBSISTE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>JUSQUE DANS LES NEGATIONS MODERNES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mircea Eliade ne m\u00e9connait pas la th\u00e9ologie de la mort de Dieu et le refus m\u00e9taphysique de la transcendance. Mais, \u00e9crit-il, l&rsquo;homme qui se veut non religieux \u00ab assume une nouvelle condition existentielle : il se consid\u00e8re dans sa solitude sujet et agent de l&rsquo;histoire&#8230; Il n&rsquo;accepte pour l&rsquo;humanit\u00e9 aucun autre mod\u00e8le le sortant de sa condition humaine telle qu&rsquo;on peut l&rsquo;observer tout au long de l&rsquo;Histoire. L&rsquo;homme se fait lui-m\u00eame, et ne peut y arriver vraiment que s&rsquo;il se d\u00e9sacralise, lui et le monde qui l&rsquo;entoure\u00a0\u00bb. D\u00e9sacralises, l&rsquo;homme et l&rsquo;univers n&rsquo;appartiennent plus, en th\u00e9orie, au domaine d&rsquo;exploration de l&rsquo;histoire des religions. Mais un probl\u00e8me surgit : les id\u00e9ologies et les soci\u00e9t\u00e9s fond\u00e9es sur le rejet de toute transcendance ne se sont-elles pas sacralis\u00e9es elles-m\u00eames, en s&rsquo;imposant comme v\u00e9rit\u00e9s et autorit\u00e9s supr\u00eames, en adoptant une attitude quasi religieuse dans leur lutte anti-religieuse ? Le sacril\u00e8ge apparaitrait comme un transfert du sacr\u00e9, l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 prendrait les dimensions d&rsquo;une hi\u00e9rophanie ! Religiosit\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e, un ath\u00e9isme \u00e9rig\u00e9 en absolu se sacralise. Il faudra attendre le troisi\u00e8me volume de cette Histoire des croyances et des id\u00e9es religieuses pour mieux connaitre \u00e0 ce sujet la pens\u00e9e de Mircea Eliade. Son Journal nous en montre d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;orientation. L&rsquo;histoire des religions pourrait bien d\u00e9couvrir le caract\u00e8re religieux inconscient de certaines exp\u00e9riences esth\u00e9tiques, \u00e9rotiques, politiques, qui rejettent consciemment le sacr\u00e9, et rendre manifeste d&rsquo;autre part que l&rsquo;exp\u00e9rience religieuse int\u00e9grale, consciemment v\u00e9cue, peut devenir \u00ab une source de cr\u00e9ativit\u00e9 et de renaissance de l&rsquo;homme moderne \u00bb. Recevant Mircea Eliade \u00e0 la Sorbonne, pour la remise de son doctorat honoris causa en 1976, Michel Meslin disait : \u00ab\u00a0\u00e0 travers les multiples exp\u00e9riences religieuses de l&rsquo;humanit\u00e9, Mircea Eliade constate que, toujours, l&rsquo;homme place devant un monde chaotique, fuyant, illusoire, recherche un sens \u00e0 donner \u00e0 sa vie&#8230; L&rsquo;histoire des religions a pour but de retrouver ce type d&rsquo;homme quasi \u00e9ternel dont les comportements s&rsquo;opposent \u00e0 ceux de .l&rsquo;homme d\u00e9sacralis\u00e9 de nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines\u00a0\u00bb. Certains niveaux de \u00a0la conscience moderne sont comme inhib\u00e9s, anesth\u00e9si\u00e9s, paralys\u00e9s ; ils peuvent \u00eatre r\u00e9anim\u00e9s, r\u00e9activ\u00e9s par le symbolisme anthropocosmique, mis en relief et en \u0153uvre dans l&rsquo;histoire des religions. Alors \u00ab l&rsquo;histoire elle-m\u00eame sera un jour capable de d\u00e9couvrir son vrai sens : celui d&rsquo;une \u00e9piphanie d&rsquo;une condition humaine glorieuse et absolue <a id=\"ftnref17\" href=\"#ftn17\">[17]<\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean Chevalier<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Histoire de l&rsquo;Eglise par elle-m\u00eame<\/strong> sous la direction de Jacques Loew et Michel Meslin<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris, Fayard, 1978, 680 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup> 29. Mars-Avril 1979)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici une histoire de l&rsquo;Eglise, \u00e0 nulle autre pareille. Elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue dans un bureau de professeur ni dans un amphith\u00e9\u00e2tre d&rsquo;universit\u00e9 ni dans une biblioth\u00e8que. Elle ne r\u00e9pond pas \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un savant \u00e9rudit. Elle est n\u00e9e d&rsquo;une exp\u00e9rience apostolique aupr\u00e8s de dockers \u00e0 Marseille, de prospecteurs de p\u00e9trole au Sahara, de m\u00e9tallurgistes dans des usines d&rsquo;Allemagne, de banlieusards br\u00e9siliens de Sao-Paulo, d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;Ecole de la Foi \u00e0 Fribourg en Suisse. Partout, la m\u00eame interrogation s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e : comment la Parole de Dieu, configur\u00e9e dans la Bible a-t-elle \u00e9t\u00e9 transmise, per\u00e7ue, v\u00e9cue, pendant deux mille ans ? Comme l&rsquo;\u00e9crit le P\u00e8re Loew dans sa pr\u00e9face, il s&rsquo;agit ici \u00ab de poursuivre la lecture des Actes des Ap\u00f4tres en une lecture des Actes du Peuple chr\u00e9tien \u00bb. Si la tradition est bien, selon le mot de Paul Claudel, \u00ab un homme qui marche \u00bb, cette nouvelle histoire est comme la biographie d&rsquo;un homme, d&rsquo;un homme collectif si l&rsquo;on peut dire, le Peuple de Dieu en marche, la dramatique histoire d&rsquo;une vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se r\u00e9partit en cinq grandes p\u00e9riodes : l&rsquo;Eglise antique, l&rsquo;Eglise au Moyen Age, l&rsquo;Eglise des Temps modernes, l&rsquo;Eglise contemporaine, l&rsquo;Eglise de Vatican II. Ces p\u00e9riodes pourraient correspondre aux phases d&rsquo;une vie humaine : l&rsquo;enfance, l&rsquo;adolescence, la jeunesse, la maturit\u00e9, l&rsquo;\u00e2ge adulte ; il n&rsquo;y a pas de vieillesse pour une Eglise promise \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ! Pour chaque p\u00e9riode historique, un aper\u00e7u synth\u00e9tique, assez court, est r\u00e9dig\u00e9 par un sp\u00e9cialiste ; puis des textes d&rsquo;auteurs chr\u00e9tiens de l&rsquo;\u00e9poque envisag\u00e9e sont largement cit\u00e9s, reli\u00e9s par de brefs commentaires et group\u00e9s autour de sept th\u00e8mes : l&rsquo;Eglise en tant que communaut\u00e9 ; la connaissance de Dieu ; l&rsquo;exp\u00e9rience chr\u00e9tienne ; culte et d\u00e9votions ; Eglise et charit\u00e9 ; la mission chr\u00e9tienne ; l&rsquo;Eglise et l&rsquo;Etat. Plusieurs de ces th\u00e8mes se recoupent ; aussi, les citations se suivent-elles sans beaucoup de rigueur, ni chronologique ni syst\u00e9matique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ensemble se pr\u00e9sente ainsi comme une anthologie, \u00e0 la fois historique et th\u00e9matique, illustrant aussi bien le changement que la continuit\u00e9, aussi bien la diversit\u00e9 que l&rsquo;unit\u00e9 des chr\u00e9tiens. Des glossaires, notices, index fournissent \u00e0 la fin rep\u00e8res, pr\u00e9cisions et r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques. Deux mille ans d&rsquo;histoire ne vont pas sans ombres, ni sans d\u00e9chirements. Les dissentiments d&rsquo;aujourd&rsquo;hui entre confessions chr\u00e9tiennes, et entre catholiques, en sont de vivants exemples, mais non les pires. Ce livre n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 les signaler. Il t\u00e9moigne d&rsquo;un esprit \u0153cum\u00e9nique, notamment lorsqu&rsquo;il aborde la R\u00e9forme et cite une page \u00e9mouvante de Luther, sans toutefois passer sous silence la pr\u00e9face du Cat\u00e9chisme du Concile de Trente. C&rsquo;est la loi de l&rsquo;Histoire. Le livre se termine sur un tr\u00e8s beau texte, le Testament de Paul VI :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00bb &#8230; sur le monde : qu&rsquo;on ne croie pas lui faire du bien en \u00e9pousant ses pens\u00e9es, ses coutumes, ses go\u00fbts, mais en l&rsquo;\u00e9tudiant, en l&rsquo;aimant et en le servant. Je ferme les yeux sur cette terre douloureuse, dramatique et magnifique, en appelant encore une fois sur elle la bont\u00e9 divine. Encore une fois, je b\u00e9nis tout le monde. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean Chevalier<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>QUELQUES GRANDS LIVRES DE L&rsquo;HISTOIRE DES RELIGIONS<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Histoire des religions (. Encyclop\u00e9die de la Pl\u00e9iade sous la direction de H.C. Puech, 3 vol., 1970-1976).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Mircea Eliade, Trait\u00e9 d&rsquo;histoire des religions (nouvelle \u00e9dition, avec une pr\u00e9face de Georges Dum\u00e9zil, Paris, Payot, 1964).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Mircea Eliade, Histoire des croyances et des id\u00e9es religieuses (3 vol., Paris, Payot, 1978).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 Les Religions (Paris, Retz, nouvelle \u00e9dition, 1978) sous la direction de Jean Chevalier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 H.C. Puech, Bibliographie g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;histoire des religions (Paris, 1944).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 M. Meslin, Pour une science des religions (Paris, 1973).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 H. Pinard de la Boullaye, L&rsquo;\u00e9tude compar\u00e9e des religions (3e \u00e9dition, Paris, 1929-1931).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2022 E.G. Sharpe, A Comparative Religion History (London, 1975).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> \u0152uvre collective, sous la direction de H.C. Puech (Paris, Gallimard, trois volumes, 1970-1976).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Trois volumes (Paris, Payot, 1978).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> Le Rameau d&rsquo;Or, titre de l\u2019\u0153uvre de l&rsquo;historien Sir James Frazer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> Les \u00ab Cahiers de l&rsquo;Herne\u00a0\u00bb, n\u00b0 33, 1978, pp. 391-409 en ont publi\u00e9 une riche bibliographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn5\" href=\"#ftnref5\">[5]<\/a> Il existe plus de cent tentatives de d\u00e9finition, aucune satisfaisante ; voir mon \u00e9tude sur<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab le Ph\u00e9nom\u00e8ne religieux \u00bb, dans les Religions (Paris, Retz, r\u00e9\u00e9dition de 1978).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn6\" href=\"#ftnref6\">[6]<\/a> Voir le d\u00e9veloppement de cette critique dans Michel Meslin, \u00ab La Pl\u00e9iade \u00bb vol. III, p. 1314.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn7\" href=\"#ftnref7\">[7]<\/a> Michel Meslin, La Pl\u00e9iade vol. III, p. 1289.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn8\" href=\"#ftnref8\">[8]<\/a> Historien anglais (1899-1975) dont l\u2019\u0153uvre maitresse A Study of History (12 volumes) lui a valu une C\u00e9l\u00e9brit\u00e9 mondiale. Les \u00e9ditions Elsevier en ont publi\u00e9 en fran\u00e7ais une version abr\u00e9g\u00e9e intitul\u00e9e l&rsquo;Histoire (1975) ainsi que le volume la Grande aventure de l&rsquo;humanit\u00e9 (1977), dernier ouvrage de A. Toynbee.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn9\" href=\"#ftnref9\">[9]<\/a> M. Eliade : Histoire des croyances, II, pp. 267-268.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn10\" href=\"#ftnref10\">[10]<\/a> Histoire des religions, t. III, p. 1305.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn11\" href=\"#ftnref11\">[11]<\/a> Histoire des croyances, t. I, pp. 8-10.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn12\" href=\"#ftnref12\">[12]<\/a> M. Eliade : Trait\u00e9 de l&rsquo;histoire des religions (Payot, 1964), p. 375.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn13\" href=\"#ftnref13\">[13]<\/a> Eliade : Trait\u00e9, p. 47.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn14\" href=\"#ftnref14\">[14]<\/a> M. Eliade : Histoire des croyances&#8230;, II, p. 273.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn15\" href=\"#ftnref15\">[15]<\/a> Histoire des croyances, II, p. 382.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn16\" href=\"#ftnref16\">[16]<\/a> Histoire des croyances, II, p. 389.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn17\" href=\"#ftnref17\">[17]<\/a> M. Eliade : Images and Symbols (New York, 1961), p 36.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On est g\u00e9n\u00e9ralement enclin \u00e0 juger une donn\u00e9e sociale, politique, artistique ou religieuse, par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses origines, au lieu d&rsquo;en appr\u00e9cier la force actuelle ou potentielle, manifeste ou occulte. Aussi dit-on que l&rsquo;histoire est maitresse de vie, alors que c&rsquo;est la vie qui est g\u00e9n\u00e9ratrice d&rsquo;histoire. On distingue ainsi deux cat\u00e9gories d&rsquo;esprits : ceux qui, tourn\u00e9s vers le pass\u00e9, s&rsquo;en tiennent \u00e0 l&rsquo;histoire des faits ; et ceux qui, regardant plut\u00f4t le permanent et l&rsquo;avenir, consid\u00e8rent le r\u00f4le privil\u00e9gi\u00e9 que peuvent avoir des faits sur le cours d&rsquo;une histoire, toujours inachev\u00e9e. 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