{"id":8176,"date":"2011-09-12T22:25:04","date_gmt":"2011-09-12T21:25:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?p=8176"},"modified":"2011-09-12T22:25:04","modified_gmt":"2011-09-12T21:25:04","slug":"deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/","title":{"rendered":"Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">(Revue Question De. N<sup>o<\/sup> 30. Mai-Juin 1979)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un mat\u00e9riel p\u00e9dagogique soufi de plus de 1000 ans<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>On ne peut explorer et encore moins comprendre le soufisme, ce mouvement spirituel cach\u00e9 de l&rsquo;Islam, de l&rsquo;ext\u00e9rieur parce qu&rsquo;il est d\u00e9veloppement de l&rsquo;homme int\u00e9rieur, par des m\u00e9thodes con\u00e7ues et formul\u00e9es diff\u00e9remment \u00e0 chaque \u00e9poque par des hommes int\u00e9rieurement d\u00e9velopp\u00e9s, appel\u00e9s parfois \u00ab soufis \u00bb. Le soufisme n&rsquo;existe pas en dehors des soufis. Et le soufi ce n&rsquo;est pas quelqu&rsquo;un qui est membre d&rsquo;un mouvement, qui adh\u00e8re \u00e0 un credo ou \u00e0 un syst\u00e8me mais l&rsquo;homme de connaissance assumant pleinement son humanit\u00e9 et ouvert \u00e0 ce qui est au-del\u00e0 de l&rsquo;homme.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce que R\u00fbm\u00ee, Ibn&rsquo; Arabi, Ghaz\u00e2li, les grands ma\u00eetres soufis ont fait en leur temps \u2014 reformuler et projeter les mat\u00e9riaux traditionnels. \u2014, <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Idries_Shah\" target=\"_blank\">Idries Shah<\/a> <\/strong>(<strong>1924-1996)<\/strong> <strong>l\u2019a fait pour notre temps et notre culture occidentale. A travers lui qui nous parle aujourd&rsquo;hui on peut entendre tous ceux qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Ce n&rsquo;est pas le m\u00eame langage. C&rsquo;est toujours la m\u00eame voix. Celle de l&rsquo;Homme r\u00e9el parlant et agissant \u00e0 chaque \u00e9poque \u00e0 travers les hommes vou\u00e9s au r\u00e9el et au pr\u00e9sent.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les \u00e9ditions \u00ab Le Courrier du Livre \u00bb ont publi\u00e9 la traduction de contes soufis recueillis de la tradition orale par Idries Shah.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">On a beaucoup \u00e9crit sur le soufisme. Un grand nombre de classiques soufis ont \u00e9t\u00e9 traduits et comment\u00e9s. Mais rares sont les experts <strong>\u2014 <\/strong>s&rsquo;il y en eut <strong>\u2014 <\/strong>qui aient exp\u00e9riment\u00e9 directement le tasawwuf (c&rsquo;est-\u00e0-dire travaill\u00e9 dans une \u00e9cole soufie) ou qui aient eu connaissance de sa tradition orale ou m\u00eame de l&rsquo;ordre et des conditions dans lesquels son mat\u00e9riel doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 pour agir effectivement. Ces sp\u00e9cialistes ont trop souvent trait\u00e9 du soufisme du point de vue de l&rsquo;historien \u00e9tudiant une civilisation disparue ou du linguiste d\u00e9chiffrant une langue morte <strong>\u2014 <\/strong>sans para\u00eetre prendre en compte la pr\u00e9sence continue du courant soufi parmi nous \u2014. La philosophia perennis est par d\u00e9finition toujours pr\u00e9sente. Ce qui signifie qu&rsquo;elle s&rsquo;incarne \u00e0 chaque \u00e9poque dans des hommes vivants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains ont \u00e9crit. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on doit aux soufis les chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature persane. Hafiz, R\u00fbm\u00ee, Attar, Djami <a id=\"ftnref1\" href=\"#ftn1\">[1]<\/a> \u00e9taient des hommes de la voie. Tous peuvent \u00eatre lus \u00e0 plusieurs niveaux. <em>Le Jardin de roses<\/em> de Saadi qui a constitu\u00e9 pendant sept cents ans un v\u00e9ritable code \u00e9thique pour des millions d&rsquo;Orientaux peut \u00eatre go\u00fbt\u00e9 simplement pour la beaut\u00e9 de sa po\u00e9sie. Et ses po\u00e8mes et ses contes rec\u00e8lent parall\u00e8lement des dimensions int\u00e9rieures qui se r\u00e9v\u00e8lent au chercheur de v\u00e9rit\u00e9 au fur et \u00e0 mesure de son cheminement : \u00e0 ce stade, le livre fonctionne comme un v\u00e9ritable document technique qui ne peut \u00eatre lu que par celui qui est en concordance avec le sens. Et \u00e0 chaque degr\u00e9 de compr\u00e9hension, \u00e0 chaque approfondissement de l&rsquo;exp\u00e9rience, correspond une lecture nouvelle. Ces livres ne se pr\u00e9sentent jamais sous la forme d&rsquo;expos\u00e9s syst\u00e9matiques ou didactiques. Ils comprennent des po\u00e8mes, des r\u00e9cits, des contes et des plaisanteries, des mat\u00e9riaux traditionnels refondus, reformul\u00e9s, et bien d&rsquo;autres choses encore qu&rsquo;on ne s&rsquo;attendrait pas \u00e0 trouver dans une litt\u00e9rature compos\u00e9e par des ma\u00eetres spirituels. Le mathnawi de R\u00fbm\u00ee <a id=\"ftnref2\" href=\"#ftn2\">[2]<\/a> est un exemple fameux de cette technique de diffusion des id\u00e9es et d&rsquo;infusion d&rsquo;un message par impacts multiples. Lorsqu&rsquo;ils sont traduits par un non-soufi, ces textes perdent la plupart du temps leurs gammes int\u00e9rieures de signification.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi la litt\u00e9rature soufie peut \u00eatre go\u00fbt\u00e9e pour sa beaut\u00e9, \u00e9mouvoir, divertir ou stimuler l&rsquo;esprit mais elle est essentiellement une litt\u00e9rature d&rsquo;action. Pas plus que les rituels, les livres ne sont des monuments historiques, des objets de v\u00e9n\u00e9ration ou de d\u00e9lectation. Et s&rsquo;ils le deviennent, ils perdent alors tout pouvoir effectif pour celui qui les re\u00e7oit \u00e0 ce niveau. Leur efficacit\u00e9, leur pouvoir de communication, sont fonction de la connaissance, de l&rsquo;\u00ab \u00eatre \u00bb, de celui qui les a model\u00e9s \u00e0 l&rsquo;adresse d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants d\u00e9termin\u00e9s, d&rsquo;une communaut\u00e9 ou d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re. Aucun texte, aucun \u00ab exercice \u00bb, aucune m\u00e9thode, dans cette optique, n&rsquo;a de valeur universelle ou perp\u00e9tuelle. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 chaque \u00e9poque et pour chaque communaut\u00e9 \u2014 au sens large du terme <strong>\u2014 <\/strong>d&rsquo;une reformulation, d&rsquo;une r\u00e9vision du mat\u00e9riel par un soufi qualifi\u00e9, en fonction des conditions nouvelles de temps, de lieu, de mentalit\u00e9. Il s&rsquo;agit toujours du m\u00eame travail (les soufis parlent parfois de leur entreprise comme du Travail ou du Grand \u0152uvre). Et le but est toujours le m\u00eame : percevoir le r\u00e9el <strong>\u2014 <\/strong>ce qui est <strong>\u2014 <\/strong> et accomplir toute l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme. (En persan, haqiqat, qui est l&rsquo;un des noms de Dieu, signifie \u00e0 la fois v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9). Mais les instruments changent ou sont r\u00e9ajust\u00e9s en fonction des voies choisies pour atteindre le but. Ce qui s&rsquo;applique d&rsquo;ailleurs \u00e0 bien des domaines de l&rsquo;activit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un ma\u00eetre soufi contemporain<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces quelques points fondamentaux pour qui veut s&rsquo;approcher du soufisme avec la volont\u00e9 d&rsquo;apprendre ont \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9s avec force \u00e0 notre \u00e9poque par Idries Shah, comme ils l&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9 par tous les soufis du pass\u00e9. \u00ab La connaissance de la fin cr\u00e9e les moyens \u00bb, dit-il dans son livre, <em>Learning how to learn<\/em> <strong>\u2014 <\/strong>Apprendre \u00e0 apprendre. C&rsquo;est en fait un des traits essentiels du soufisme authentique, la marque m\u00eame de son authenticit\u00e9 pourrait-on dire, que d&rsquo;\u00eatre capable de renouveler, de revivifier cycliquement les formes dans lesquelles il se projette. La tradition vivante est \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du traditionalisme r\u00e9p\u00e9titif qui constitue une d\u00e9t\u00e9rioration majeure de l&rsquo;enseignement soufi et dont les manifestations\u00a0\u00a0 \u00e9motionnellement attirantes sont, trop souvent, prises pour le soufisme alors qu&rsquo;elles ne sont que les formes us\u00e9es de ses projections ant\u00e9rieures. Le soufisme est une \u00e9cole. Pas un culte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Idries Shah est appr\u00e9ci\u00e9e, re\u00e7ue et comment\u00e9e aujourd&rsquo;hui, aussi bien au Moyen-Orient qu&rsquo;en Occident, par un tr\u00e8s large \u00e9ventail de chercheurs, de sp\u00e9cialistes et d&rsquo;\u00e9tudiants, elle reste encore quasiment ignor\u00e9e en France. <a href=\"http:\/\/www.idriesshah.com\/\" target=\"_blank\">Idries Shah<\/a> est n\u00e9 \u00e0 Simla, dans le nord de l&rsquo;Inde, en 1924. Sa famille, qui descend du proph\u00e8te Mohammed par l\u2019iman Musa Kazim, est venue s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 Paghman en Afghanistan, au XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Elle a donn\u00e9 au soufisme d&rsquo;Asie centrale nombre de ses grands ma\u00eetres. Traditionnellement, les cheiks de la voie naqshbandi (appel\u00e9e parfois \u00ab la quatri\u00e8me voie \u00bb) appartiennent \u00e0 cette lign\u00e9e et sont habilit\u00e9es \u00e0 initier leurs \u00e9l\u00e8ves dans toutes les autres voies <strong>\u2014 <\/strong>dont celles des Qadiris, des Chishtis et des Suhrawardis. Ce privil\u00e8ge leur donne acc\u00e8s, dit-on, \u00e0 l&rsquo;ensemble de la tradition, orale ou \u00e9crite, dispers\u00e9e en de nombreux courants, et la capacit\u00e9 de reconstituer la totalit\u00e9 de la voie soufie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La tariqa naqshbandi, h\u00e9riti\u00e8re de l&rsquo;enseignement des Khwajagan (\u00ab les Ma\u00eetres \u00bb) a constitu\u00e9 elle-m\u00eame une revivification majeure des enseignements originels du soufisme. Dans <em>Among the Dervisches<\/em> (Londres, Octagon Press, 1973), Micha\u00ebl Burke fait le r\u00e9cit de ses contacts avec des derviches et des soufis contemporains au Proche-Orient et en Asie centrale, et il note \u00e0 ce propos : \u00ab L&rsquo;\u00e9cole appel\u00e9e \u00ab\u00a0les Ma\u00eetres\u00a0\u00bb <strong>\u2014 <\/strong>al-Khwajagan <strong>\u2014 <\/strong>se tient \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan de toutes les manifestations soufies. Elle a donn\u00e9 naissance, dans les temps historiques, \u00e0 des organisations que l&rsquo;on a appel\u00e9es \u00ab\u00a0Ordres\u00a0\u00bb (&#8230;) L&rsquo;un des grands ma\u00eetres de cette \u00e9cole fut Bahauddin Naqshband, de Boukhara, qui mourut en 1389. C&rsquo;est lui qui r\u00e9tablit l&rsquo;enseignement fondamental bas\u00e9 sur \u00ab\u00a0Zaman \u2013 Makan &#8211; Ikhwan\u00a0\u00bb (le Moment &#8211; le Lieu &#8211; les Gens). \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elev\u00e9 au c\u0153ur de cette tradition, Idries Shah fut instruit dans une \u00e9cole fond\u00e9e sur des principes soufis traditionnels par son grand-p\u00e8re, Sayed Amjad Ali Shah, Nawab de Sardhana en Inde. L\u00e0, pendant douze ans, il re\u00e7oit une formation compl\u00e8te : il \u00e9tudie l&rsquo;immense h\u00e9ritage de la philosophie soufie \u00e0 sa source, en compagnie des soufis ; il apprend \u00e0 ma\u00eetriser les techniques d&rsquo;apprentissage et de communication qui sont une sp\u00e9cialisation de cette \u00ab science de la connaissance int\u00e9rieure \u00bb (ilm-al-maarifat) qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e tardivement \u00ab soufisme \u00bb <a id=\"ftnref3\" href=\"#ftn3\">[3]<\/a>.\u00a0 Les douze ann\u00e9es suivantes sont consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude approfondie de la pens\u00e9e et des langues occidentales ainsi qu&rsquo;\u00e0 des voyages au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Inde, en Afrique et \u00e0 des s\u00e9jours en Europe. Au cours de ses voyages, il peut recueillir et comparer les versions orales de ces histoires-enseignements qui ont \u00e9t\u00e9, depuis plus d&rsquo;un millier d&rsquo;ann\u00e9es, l&rsquo;un des instruments employ\u00e9s par les ma\u00eetres derviches pour accro\u00eetre les pouvoirs de perception de leurs \u00e9l\u00e8ves et leur communiquer ce qui ne peut l&rsquo;\u00eatre par aucune autre convention. Apr\u00e8s <em>Caravane de R\u00eaves<\/em> et <em>Les Exploits de l&rsquo;incomparable Mulla Nasrudin<\/em>, \u00ab Le Courrier du livre \u00bb publia la traduction de <em>Tales of the Dervishes<\/em> (Contes Derviches) o\u00f9 Idries Shah a rassembl\u00e9 certaines de ces histoires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La connaissance se transmet par intuition directe<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1960, Idries Shah r\u00e9side en Angleterre. En 1964, il publie The Sufis <a id=\"ftnref4\" href=\"#ftn4\">[4]<\/a>. Ce livre \u00e9tudie l&rsquo;effet des id\u00e9es soufies sur les cultures orientale et occidentale et le processus de leur cheminement : impact <strong>\u2014 <\/strong>r\u00e9ception, \u00e9closion et fructification <strong>\u2014 <\/strong>d\u00e9gradation. L&rsquo;image d&rsquo;une source unique de connaissance diffusant des id\u00e9es \u00e0 travers des hommes et des groupes capables de s&rsquo;harmoniser avec elle, reli\u00e9s organiquement, formant une sorte de tissu humain r\u00e9ceptif aux impulsions \u00e9volutives et \u00e0 son tour transmetteur d&rsquo;influences, se dessine au travers des multiples informations et impressions que communique ce livre. Le grand po\u00e8te et historien anglais, Robert Graves, en \u00e9crivit l&rsquo;introduction. Le po\u00e8te Ted Hugue salua, dans <em>The Listener<\/em>, \u00ab ce livre \u00e9tonnant \u00bb. L&rsquo;essayiste Colin Wilson fit ce commentaire dans <em>Books and Booksmen<\/em> (Juin 1972, n<sup>o<\/sup> 201) : \u00ab Idries Shah affirme dans le cours de son livre qu&rsquo;une connaissance secr\u00e8te est pr\u00e9serv\u00e9e depuis des milliers d&rsquo;ann\u00e9es par les soufis (&#8230;) mais ce qui l&rsquo;int\u00e9resse ce n&rsquo;est pas la propagation d&rsquo;une quelconque doctrine secr\u00e8te mais la m\u00e9thode par laquelle la connaissance peut \u00eatre transmise. Les soufis se pr\u00e9occupent de transmettre la connaissance par intuition directe (&#8230;). Et l&rsquo;un des moyens principaux qu&rsquo;ils emploient \u00e0 cet effet consiste en de courtes histoires qui font leur chemin dans le subconscient et activent ses forces cach\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Roger Bacon, pionnier du soufisme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>The Sufis<\/em> nous rappelait aussi \u00e0 quel point notre civilisation occidentale a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e, particuli\u00e8rement durant toute l&rsquo;\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 travers les \u00e9coles arabes d&rsquo;Espagne et la Sicile, dans les domaines religieux, scientifique, philosophique et litt\u00e9raire, par les id\u00e9es soufies et ceux qu&rsquo;elles ont inspir\u00e9s : Roger Bacon, Raymond Lulle, Duns Scot, Arnaud de Villeneuve, Paracelse et bien d&rsquo;autres. Pour ne parler que de l&rsquo;alchimie occidentale, on sait que les alchimistes tant arabes qu&rsquo;europ\u00e9ens consid\u00e9raient Geber comme leur patron. Or \u00ab Geber \u00bb n&rsquo;\u00e9tait autre que Jabir Ibn El-Hayyan, soufi d&rsquo;Irak, \u00e9l\u00e8ve de l\u2019iman Jafar Sadiq (700-765), descendant de Mohammed par Fatima. Albert le Grand qui avait \u00e9tudi\u00e9 dans les \u00e9coles arabes d&rsquo;Espagne fut l&rsquo;un des inspirateurs de Thomas d&rsquo;Aquin. Rager Bacon fut influenc\u00e9 par les soufis de l&rsquo;\u00e9cole illuministe. Il cite le livre de Suhrawardi (1154-1191), <em>Sagesse de l&rsquo;illumination<\/em> ainsi que l&rsquo;\u0153uvre de Ibn Sabin qui correspondait avec Fr\u00e9d\u00e9ric II de Hoenstaufen. Bacon souligne dans son Opus Maius (1268) la diff\u00e9rence entre \u00ab l&rsquo;argument, qui n&rsquo;entra\u00eene pas la certitude et n&rsquo;enl\u00e8ve pas les doutes \u00bb, et la connaissance acquise par l&rsquo;exp\u00e9rience. Cette doctrine soufie fut transmise \u00e0 travers lui \u00e0 l&rsquo;Occident, de fa\u00e7on partielle, et donna naissance \u00e0 la m\u00e9thode inductive sur laquelle est largement fond\u00e9e la science moderne dont Roger Bacon fut l\u2019un des pionniers. Ce que nous appelons maintenant la science prit ce concept d&rsquo;exp\u00e9rience dans son sens restreint d&rsquo;exp\u00e9rimentation \u00bb <strong>\u2014 <\/strong>o\u00f9 l&rsquo;exp\u00e9rimentateur reste autant que possible en dehors de l&rsquo;exp\u00e9rience. \u00ab Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, note Shah, la pens\u00e9e occidentale a travaill\u00e9 sans interruption et h\u00e9ro\u00efquement sur cette tradition partielle. \u00bb (<em>The Sufis<\/em>, p. XXVI.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et l&rsquo;homme, restant \u00e9tranger \u00e0 sa d\u00e9couverte du monde et demeurant \u00e9tranger \u00e0 lui-m\u00eame, est devenu de plus en plus \u00e9tranger au monde qu&rsquo;il d\u00e9couvrait. L&rsquo;id\u00e9e <strong>\u2014 <\/strong>centrale dans la philosophie soufie <strong>\u2014 <\/strong>de l&rsquo;unit\u00e9 de la connaissance fut perdue de vue. Le concept fondamental de la pens\u00e9e herm\u00e9tique, celui de l&rsquo;interd\u00e9pendance universelle, jet\u00e9 aux oubliettes de l&rsquo;occultisme. \u00ab Nous avons tendance \u00e0 consid\u00e9rer les \u00e9v\u00e9nements partialement. Nous supposons aussi, sans aucune justification, qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement survient en quelque sorte dans le vide. En r\u00e9alit\u00e9, tous les \u00e9v\u00e9nements sont associ\u00e9s \u00e0 tous les autres. C&rsquo;est seulement lorsque nous sommes pr\u00eats \u00e0 \u00e9prouver notre interrelation avec l&rsquo;organisme de la vie que nous pouvons comprendre ce qu&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience mystique. \u00bb (Les subtilit\u00e9s Mulla Nasrudin, in the Sufis, p. 71).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans The Dermis Probe (Jonathan Cape &#8211; Londres 1970), Idries Shah, se r\u00e9f\u00e9rant au livre de Michel Gauquelin, <em>Les Horloges cosmiques<\/em> (\u00e9d. Plan\u00e8te), souligne qu&rsquo;\u00ab il y a une concordance \u00e9tonnante entre ce que les soufis affirment avec insistance \u2014 \u00e0 savoir que plus la communication est subtile, plus elle affecte l&rsquo;homme <strong>\u2014 <\/strong>et certains travaux scientifiques qui ont montr\u00e9 que toute la mati\u00e8re vivante, l&rsquo;homme y compris, est \u00ab\u00a0incroyablement sensible\u00a0\u00bb \u00e0 des ondes d&rsquo;\u00e9nergie extraordinairement faible\u00a0\u00a0 alors que des influences plus puissantes sont rejet\u00e9es \u00bb. Dans son livre, Michel Gauquelin rendait compte de la science naissante des influences cosmiques telle que la fondent des savants comme Tchijewsky, Takata et Piccardi, qui ont mis en \u00e9vidence des effets globaux dont la ma\u00eetrise nous \u00e9chappe et qui d\u00e9truisent toute pr\u00e9tention de l&rsquo;homme \u00e0 isoler un ph\u00e9nom\u00e8ne et \u00e0 s&rsquo;isoler lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;exp\u00e9rience spirituelle risque de se figer dans des \u00ab \u00e9coles \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que d&rsquo;autres syst\u00e8mes ont \u00e9clat\u00e9 en facettes innombrables ou bien sont devenus ritualistes, r\u00e9p\u00e9titifs et donc st\u00e9riles du point de vue de l&rsquo;homme int\u00e9rieur, le soufisme v\u00e9ritable sut se ressourcer sans cesse et se projeter cycliquement en des formes adapt\u00e9es \u00e0 chaque culture particuli\u00e8re. Et cela parce que la vitalit\u00e9 du courant central o\u00f9 il puisait \u00e9tait telle qu&rsquo;il fut capable \u00e0 chaque \u00e9poque de produire de nouveaux exemplaires d&rsquo;hommes accomplis (insani kamil) dont l&rsquo;\u00ab homme complet \u00bb de la Renaissance a \u00e9t\u00e9 la version humaniste, tronqu\u00e9e de l&rsquo;id\u00e9e de transformation int\u00e9rieure. Ces hommes parvinrent \u00e0 vivre \u00e0 leur tour l&rsquo;exp\u00e9rience de la perception directe du r\u00e9el et, \u00e0 partir de l\u00e0, \u00e9labor\u00e8rent les m\u00e9thodes appropri\u00e9es (litt\u00e9rature, exercices, guildes artisanales, ordres chevaleresques, musique, danses, groupes de recherche scientifique ou philosophique, etc.) con\u00e7ues comme des instruments d&rsquo;approche permettant \u00e0 diff\u00e9rents types et groupes humains de s&rsquo;avancer sur la voie qu&rsquo;ils avaient parcourue. \u00ab Le Relatif est la Voie vers l&rsquo;Absolu \u00bb (Al-Majazu qantarat al-Haqiqa) (<em>Learning how to learn<\/em>, p. 57). Le soufi accompli est le trouveur de v\u00e9rit\u00e9. Le but atteint, il ne tourne pas le dos au monde mais revient chercher les chercheurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces phases op\u00e9ratoires successives laiss\u00e8rent derri\u00e8re elles, une fois pass\u00e9 le temps de leur efficacit\u00e9, des traces, des formes (organisations, \u00ab soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00bb, rituels, etc.) d\u00e9sormais inop\u00e9rantes mais que ceux qui n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 transmu\u00e9s cherch\u00e8rent \u00e0 conserver, \u00e0 faire durer au-del\u00e0 de leur temps d&rsquo;utilisation. Ces \u00ab fossiles \u00bb eurent et ont toujours une grande capacit\u00e9 de survivance. Ce qui avait \u00e9t\u00e9 une \u00e9cole devenait un culte. Ce qui avait \u00e9t\u00e9 soigneusement agenc\u00e9 pour activer les pouvoirs de perception se d\u00e9gradait en instrument de conditionnement g\u00e9n\u00e9rateur d&rsquo;\u00e9motion dite \u00ab religieuse\u00a0\u00bb. L&rsquo;outil \u00e9tait v\u00e9n\u00e9r\u00e9 mais ne fonctionnait plus (voir \u00ab L&rsquo;histoire du feu \u00bb dans Tales of the Derviches, p. 39). Et lorsqu&rsquo;apparaissait une \u00e9cole nouvelle, ceux qui s&rsquo;\u00e9taient attach\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuer et \u00e0 imiter (ou \u00e0 \u00e9tudier de l&rsquo;ext\u00e9rieur) une phase ant\u00e9rieure de l&rsquo;enseignement, ne la reconnaissaient pas. \u00ab Montrez trop d&rsquo;os de chameaux \u00e0 un homme, ou montrez-les lui trop souvent, et il ne sera pas capable de reconna\u00eetre un chameau lorsqu&rsquo;il en rencontrera un vivant. \u00bb (The Dermtis Probe, p. 18)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un institut de recherches soufies<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1965, Idries Shah qui est membre de la Royal Economic Society, de la Royal Society of Arts et de la British Association for the Advancement of Science, fonde \u00e0 Londres l&rsquo;Institute for Cultural Research dont il est directeur des \u00e9tudes. Cette \u00ab soci\u00e9t\u00e9 savante \u00bb se veut interdisciplinaire et transculturelle. On trouve parmi ses membres, et les participants aux s\u00e9minaires, aussi bien des philosophes, des historiens, des p\u00e9dagogues, des \u00e9conomistes, des psychologues et des parapsychologues que des biologistes, des m\u00e9decins, des explorateurs et des orientalistes. Citons les noms de Edward de Bono, de l&rsquo;universit\u00e9 de Cambridge, connu pour ses ouvrages sur le \u00ab penser lat\u00e9ral \u00bb ; du docteur Christopher Evans, de la Brain Research Association, sp\u00e9cialiste des recherches sur le r\u00eave ; de William Sargant qui a mis en lumi\u00e8re les m\u00e9canismes de conditionnement et de \u00ab conversion \u00bb ; de Dennis Gabor qui obtint un prix Nobel de physique en 1971 ; de Jorge Sabato, de Aurelio Peccei, de Robert Ornstein. D&rsquo;autres membres de l&rsquo;Institut sont originaires des pays du Proche et du Moyen-Orient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert Ornstein est un chercheur de l&rsquo;institut neuropsychiatrique Langley Porter de San Francisco. Il est aussi professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 du Centre m\u00e9dical de Californie. \u00ab Nous nous sommes sp\u00e9cialis\u00e9s dans la technologie et notre approche de la connaissance s&rsquo;est voulue \u00ab\u00a0objective\u00a0\u00bb, impersonnelle\u00a0\u00bb, \u00e9crit-il dans Psychology Today Juillet 1973, vol. 7, n<sup>o<\/sup> 2. \u00ab\u00a0Les cultures orientales ont fait un effort tout aussi rigoureux pour atteindre \u00e0 une connaissance exp\u00e9rientielle. La psychologie soufie est all\u00e9e plus loin dans certaines directions que la recherche scientifique occidentale. Directions o\u00f9 nous ne faisons que nous engager. La d\u00e9couverte de la sp\u00e9cialisation diff\u00e9rentielle des deux h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux l&rsquo;a confirm\u00e9 encore r\u00e9cemment. Chacun d&rsquo;entre nous semble poss\u00e9der deux modes de conscience diff\u00e9rents et compl\u00e9mentaires, l&rsquo;un analytique et rationnel, l&rsquo;autre holistique et intuitif. Le soufi Roger Bacon d\u00e9crivit ces deux modes il y a 700 ans. Le soufisme n&rsquo;est pas une connaissance formelle, canonique. Des disciplines comme la psychologie et la physique aspirent \u00e0 l&rsquo;objectivit\u00e9, \u00e0 une connaissance impersonnelle. Le soufisme d\u00e9pend des \u00eatres, de l&rsquo;exp\u00e9rience. C&rsquo;est une fa\u00e7on de voir les choses, une qualit\u00e9 qui \u00ab\u00a0s&rsquo;attrape\u00a0\u00bb plut\u00f4t qu&rsquo;elle ne s&rsquo;enseigne (&#8230;). Le soufisme n&rsquo;est pas de la psychologie telle que nous la connaissons, ni de l&rsquo;anthropologie, de la philosophie, de la religion, de la physique ou de la litt\u00e9rature, non plus qu&rsquo;une th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9ducation. Et pourtant, les soufis ont apport\u00e9 dans tous ces domaines des contributions de la plus haute importance. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le professeur Charles Tart, ing\u00e9nieur et psychophysiologiste, sur les recherches duquel Aim\u00e9 Michel attirait <a href=\"..\/..\/..\/..\/..\/?p=3815\">ici-m\u00eame<\/a> l&rsquo;attention, d\u00e9clare dans son livre <em>Altered States of Consciousness<\/em> : \u00ab L&rsquo;\u0153uvre de Idries Shah, plus que toute autre, m&rsquo;a permis de saisir l&rsquo;objet v\u00e9ritable de la psychologie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Au XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Roger Bacon, habill\u00e9 en arabe, avait expos\u00e9 la \u00ab philosophie orientale \u00bb \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Oxford, nouvellement fond\u00e9e. Sept cents ans apr\u00e8s, Idries Shah, contemporain de notre culture europ\u00e9enne, traite de l&rsquo;\u00c9tude du soufisme en Occident (Voir <em>l&rsquo;El\u00e9phant dans le noir<\/em>) \u00e0 la facult\u00e9 d&rsquo;histoire de l&rsquo;universit\u00e9 du Sussex (Angleterre). A l&rsquo;universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, o\u00f9 il est nomm\u00e9 professeur associ\u00e9 en 1972-1973, il donne une s\u00e9rie de conf\u00e9rences sur le Christianisme, l&rsquo;Islam et les Soufis <a id=\"ftnref5\" href=\"#ftn5\">[5]<\/a>. En 1976, il parle \u00e0 la New School for Social Research de New York des Aspects n\u00e9glig\u00e9s de l&rsquo;\u00e9tude soufie <a id=\"ftnref6\" href=\"#ftn6\">[6]<\/a> et de, la Nature de la connaissance soufie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les contes soufis : des histoires-enseignements<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la suite de The Sufis, Idries Shah a publi\u00e9 une douzaine de livres qui composent, lorsqu&rsquo;on les prend globalement, le Mathnawi de notre temps. Contes derviches dont nous avons extrait deux textes pour les lecteurs contient certaines des histoires-enseignements utilis\u00e9es par les ma\u00eetres soufis depuis plus de mille ans. Elles proviennent d&rsquo;\u0153uvres ant\u00e9rieures, de la tradition orale, de manuscrits non-publi\u00e9s et d&rsquo;\u00e9coles d&rsquo;enseignement soufi de nombreux pays. C&rsquo;est un mat\u00e9riel vivant, toujours en usage. \u00ab\u00a0L&rsquo;histoire-enseignement a atteint sa perfection en tant qu&rsquo;instrument de communication, il y a plusieurs milliers d&rsquo;ann\u00e9es (&#8230;). Elle est partie int\u00e9grante de l&rsquo;h\u00e9ritage le plus pr\u00e9cieux de l&rsquo;humanit\u00e9. Il ne faut pas confondre les v\u00e9ritables histoires-enseignements avec les paraboles (&#8230;) qui se bornent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 inculquer des principes moraux au lieu d&rsquo;aider le mouvement int\u00e9rieur de l&rsquo;esprit. A la diff\u00e9rence de la parabole, l&rsquo;histoire-enseignement ne se laisse pas \u00e9lucider par les seules m\u00e9thodes intellectuelles \u00e0 notre port\u00e9e. Elle est capable d&rsquo;une action directe, certaine, sur la part la plus profonde de l&rsquo;\u00eatre humain action qui ne peut se manifester par l&rsquo;interm\u00e9diaire du syst\u00e8me intellectuel ou \u00e9motionnel. Elle entre en contact avec un \u00e9l\u00e9ment dans l&rsquo;homme qui ne peut \u00eatre atteint par aucune autre convention et \u00e9tablit en lui une voie de communication avec une v\u00e9rit\u00e9 non-exprim\u00e9e, par-del\u00e0 les limitations habituelles de nos dimensions famili\u00e8res. \u00bb \u00a0(Voir The Way of the Sufi &#8211; Londres, Jonathan Cape, 1963, p. 11 \u00e0 40).<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean N\u00e9aumet<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;HOMME A LA VIE INEXPLICABLE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait une fois un homme nomm\u00e9 Mojud qui vivait dans une ville o\u00f9 il occupait un poste de petit fonctionnaire. Il avait toutes les chances de finir ses jours comme inspecteur des Poids et Mesures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour, alors qu&rsquo;il se promenait pr\u00e8s de chez lui, dans les jardins d&rsquo;un ancien \u00e9difice, Khidr <strong>\u2014 <\/strong>le myst\u00e9rieux Guide des soufis <strong>\u2014 <\/strong>lui apparut, drap\u00e9 dans un manteau vert \u00e9tincelant. Khidr lui dit \u00ab Homme au brillant avenir ! Quitte ton travail. Je te donne rendez-vous dans trois jours au bord de la rivi\u00e8re. \u00bb Et il s&rsquo;\u00e9vanouit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout tremblant, Mojud vint trouver son sup\u00e9rieur et lui annon\u00e7a qu&rsquo;il lui fallait partir. Tr\u00e8s vite, la nouvelle se r\u00e9pandit dans la ville. Chacun s&rsquo;exclamait : \u00ab Pauvre Mojud ! Il est devenu fou. \u00bb Mais comme il y avait de nombreux candidats sur les rangs pour son poste, ils eurent vite fait de l&rsquo;oublier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Au jour convenu, Mojud rencontra Khidr qui lui dit : \u00ab D\u00e9chire tes v\u00eatements et jette-toi dans la rivi\u00e8re. Peut-\u00eatre quelqu&rsquo;un te sauvera&#8211;t-il. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mojud ob\u00e9it, tout en se demandant s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas devenu fou. Comme il savait nager, il ne se noya pas mais il alla \u00e0 la d\u00e9rive sur une tr\u00e8s longue distance avant d&rsquo;\u00eatre tir\u00e9 de l&rsquo;eau par un p\u00eacheur qui le prit dans sa barque : \u00ab Homme insens\u00e9 !, lui cria-t-il, le courant est fort par ici. Mais diable, que fais-tu ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En v\u00e9rit\u00e9, je ne sais pas, r\u00e9pondit Mojud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu es fou ! , dit le p\u00eacheur. N\u00e9anmoins je vais t&rsquo;h\u00e9berger dans ma hutte de roseau, l\u00e0-bas au bord de la rivi\u00e8re, et nous verrons alors ce que je peux faire pour toi. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand il se rendit compte que Mojud savait bien parler, il apprit avec lui \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. En \u00e9change, le p\u00eacheur pourvut \u00e0 la subsistance de Mojud qui l&rsquo;aida dans son travail. Au bout de quelques mois, Khidr apparut de nouveau, cette fois au pied du lit de Mojud et il lui dit : \u00ab L\u00e8ve-toi maintenant et quitte ce p\u00eacheur. Tu ne manqueras de rien ! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mojud quitta aussit\u00f4t la hutte, v\u00eatu comme un p\u00eacheur, et il alla \u00e0 l&rsquo;aventure jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il arrive sur une grand-route. Comme l&rsquo;aube se levait, il vit un fermier mont\u00e9 sur un \u00e2ne qui allait au march\u00e9. \u00ab Cherches-tu du travail ? lui demanda le fermier. Parce que j&rsquo;ai besoin d&rsquo;un homme pour m&rsquo;aider \u00e0 rapporter quelques achats. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Mojud le suivit. Il travailla au service du fermier pendant pr\u00e8s de deux ans pendant lesquels il apprit beaucoup sur l&rsquo;agriculture mais presque rien par ailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Un apr\u00e8s-midi, alors qu&rsquo;il \u00e9tait en train de mettre de la laine en balles, Khidr lui apparut : \u00ab Quitte ce travail, marche jusqu&rsquo;\u00e0 la ville de Mossoul et avec tes \u00e9conomies installe-toi comme pelletier. \u00bb Mojud ob\u00e9it.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">A Mossoul, il devint bient\u00f4t un pelletier r\u00e9put\u00e9 et trois ans s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent pendant lesquels il exer\u00e7a son m\u00e9tier sans jamais revoir Khidr. Il avait mis de c\u00f4t\u00e9 une somme d&rsquo;argent assez consid\u00e9rable et projetait d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;acheter une maison lorsque Khidr lui apparut et lui dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Donne-moi ton argent, quitte cette ville et mets-toi en route pour la lointaine Samarcande o\u00f9 tu travailleras pour le compte d&rsquo;un \u00e9picier. \u00bb C&rsquo;est ce que fit Mojud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Bient\u00f4t, il commen\u00e7a \u00e0 manifester les signes indubitables de l&rsquo;illumination. Il gu\u00e9rissait les malades, prodiguait soins et conseils tant \u00e0 la boutique que durant ses moments de loisir. Sa connaissance des myst\u00e8res s&rsquo;approfondissait chaque jour davantage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Des clercs, des philosophes et bien d&rsquo;autres encore venaient lui rendre visite et l&rsquo;interrogeaient : \u00ab Avec qui as-tu \u00e9tudi\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014<\/strong> C&rsquo;est difficile \u00e0 dire \u00bb, r\u00e9pondait Mojud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses disciples lui demandaient :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Comment as-tu d\u00e9but\u00e9 dans la vie ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014<\/strong> Comme simple fonctionnaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014<\/strong> Et tu as abandonn\u00e9 ton travail pour te vouer \u00e0 la mortification ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014<\/strong> Non, j&rsquo;ai abandonn\u00e9 mon travail, tout simplement. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils ne comprenaient pas. D&rsquo;autres l&rsquo;approch\u00e8rent qui voulaient \u00e9crire l&rsquo;histoire de sa vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Qu&rsquo;as-tu fait dans la vie ? lui demand\u00e8rent-ils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014<\/strong> J&rsquo;ai saut\u00e9 dans une rivi\u00e8re, je suis devenu p\u00eacheur puis j&rsquo;ai quitt\u00e9 la hutte de roseau au beau milieu de la nuit. Apr\u00e8s quoi, je suis devenu valet de ferme. Tandis que je mettais la laine en balles, j\u2019ai chang\u00e9 mes plans et je suis parti pour Mossoul o\u00f9 je suis devenu pelletier. L\u00e0, j&rsquo;ai pu mettre de l&rsquo;argent de c\u00f4t\u00e9 mais je l&rsquo;ai donn\u00e9 finalement. Puis je me suis rendu \u00e0 pied \u00e0 Samarcande o\u00f9 je suis entr\u00e9 au service d&rsquo;un \u00e9picier. Et c&rsquo;est ici que je me trouve maintenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014 <\/strong>Mais cette conduite inexplicable n&rsquo;\u00e9claire en rien tes dons \u00e9tranges et ton comportement exemplaire, dirent les biographes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2014 <\/strong>C&rsquo;est vrai \u00bb, r\u00e9pondit Mojud.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est ainsi que les biographes fabriqu\u00e8rent pour Mojud un r\u00e9cit prodigieux et passionnant, parce que tous les saints doivent avoir leur hagiographie et elle doit \u00eatre conforme aux app\u00e9tits de l&rsquo;auditoire et non aux r\u00e9alit\u00e9s de la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et personne n&rsquo;a le droit de parler de Khidr directement. C&rsquo;est pourquoi cette histoire n&rsquo;est pas vraie. C&rsquo;est la repr\u00e9sentation d&rsquo;une vie. C&rsquo;est la vie r\u00e9elle de l&rsquo;un des plus grands soufis.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Cheikh Ali Farmadhi (mort en 1078) soulignait l&rsquo;importance de cette histoire qui illustre ce que croient les soufis : le \u00ab monde invisible \u00bb interp\u00e9n\u00e8tre \u00e0 tout moment, et en diff\u00e9rents lieux, la r\u00e9alit\u00e9 ordinaire. Ce que nous prenons pour inexplicable est en r\u00e9alit\u00e9 d\u00fb \u00e0 cette intervention. De plus, les gens ne reconnaissent pas la participation de ce \u00ab monde \u00bb dans le n\u00f4tre parce qu&rsquo;ils croient conna\u00eetre la cause r\u00e9elle des \u00e9v\u00e9nements. En fait, ils ne la connaissent pas. Ce n&rsquo;est que lorsqu&rsquo;ils parviennent \u00e0 garder pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;esprit la possibilit\u00e9 qu&rsquo;une autre dimension affecte parfois les exp\u00e9riences ordinaires, que cette dimension peut leur devenir accessible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Cheikh est le dixi\u00e8me Cheikh et Ma\u00eetre enseignant des khwajagan (\u00ab ma\u00eetres \u00bb) qui prirent par la suite le nom de Naqshbandis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sente version est tir\u00e9e d&rsquo;un manuscrit du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, de Lala Anwar, Hikayat-i-Abdalan (\u00ab Histoires des Transform\u00e9s \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">1967 \u00a9 by ldries Shah.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1979 \u00a9 Le Courrier du livre pour la traduction en langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;HISTOIRE DU THE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En des temps tr\u00e8s anciens, on ne connaissait pas le th\u00e9 en dehors de la Chine. Des rumeurs quant \u00e0 son existence \u00e9taient parvenues aux oreilles des sages et des moins sages des autres pays, et chacun essayait de d\u00e9couvrir ce que c&rsquo;\u00e9tait en fonction de ses d\u00e9sirs ou de l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il, s&rsquo;en faisait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le roi d&rsquo;Inja (\u00ab ici \u00bb) envoya des ambassadeurs en Chine et l&#8217;empereur de Chine leur offrit du th\u00e9. Mais comme ils voyaient les paysans en boire aussi, ils en conclurent que ce n&rsquo;\u00e9tait pas une boisson digne de leur ma\u00eetre royal ou, pire encore, que l&#8217;empereur de Chine essayait de les tromper en faisant passer une substance quelconque pour le breuvage c\u00e9leste dont ils avaient entendu parler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le plus grand philosophe d&rsquo;Anja (\u00ab l\u00e0 \u00bb) r\u00e9unit toutes les informations qu&rsquo;il put recueillir sur le th\u00e9 et en conclut qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l\u00e0 d&rsquo;une substance qui existait bien, mais en tr\u00e8s petite quantit\u00e9, et qu&rsquo;elle \u00e9tait d&rsquo;une autre nature que tout ce qu&rsquo;on avait connu jusque-l\u00e0. N&rsquo;en parlait-on pas en effet comme d&rsquo;une herbe, comme d&rsquo;un liquide, tant\u00f4t vert, tant\u00f4t noir, amer parfois et parfois doux ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les pays de Koshish et de Bebinem, les gens, pendant des si\u00e8cles, essay\u00e8rent toutes les herbes qu&rsquo;ils purent d\u00e9couvrir. Beaucoup s&#8217;empoisonn\u00e8rent et tous furent d\u00e9\u00e7us. Car personne n&rsquo;avait introduit le th\u00e9 dans leur pays et ils ne pouvaient donc le trouver. Ils burent aussi tous les breuvages qu&rsquo;ils purent pr\u00e9parer, mais sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le territoire de Mazhab (\u00ab sectarisme \u00bb), un petit sac de th\u00e9 \u00e9tait port\u00e9 en procession devant le peuple lorsqu&rsquo;il se rendait aux lieux du culte. Personne ne pensa jamais \u00e0 y go\u00fbter. Et pour cause : personne en fait ne savait comment s&rsquo;y prendre. Tous \u00e9taient convaincus que le th\u00e9 avait par lui-m\u00eame une qualit\u00e9 magique. Un sage leur dit : \u00ab Versez de l&rsquo;eau bouillante dessus, ignorants ! \u00bb. Ils le pendirent et le clou\u00e8rent au pilori puisque ce qu&rsquo;il leur disait de faire impliquait, croyaient-ils, la destruction de leur th\u00e9. Cela prouvait assez qu&rsquo;il \u00e9tait un ennemi de leur religion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de mourir, il avait pu transmettre son secret \u00e0 quelques-uns et ceux-l\u00e0 r\u00e9ussirent \u00e0 obtenir du th\u00e9 et \u00e0 le boire en secret. Lorsqu&rsquo;on leur demandait : \u00ab Que faites-vous ? \u00bb, ils r\u00e9pondaient : \u00ab Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un m\u00e9dicament que nous prenons pour une certaine maladie. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il en \u00e9tait ainsi partout dans le monde. Certains avaient vu du th\u00e9 pousser mais ne l&rsquo;avaient pas reconnu. D&rsquo;autres s&rsquo;en \u00e9taient vu offrir mais ils avaient pens\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 une boisson pour les gens du commun. D&rsquo;autres encore en avaient eu en leur possession mais ils l&rsquo;avaient idol\u00e2tr\u00e9. En dehors de la Chine, tr\u00e8s peu de gens en buvaient et encore le faisaient-ils en secret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors vint un homme de connaissance qui d\u00e9clara aux marchands de th\u00e9, aux buveurs de th\u00e9 et \u00e0 tous les autres : \u00ab Celui qui go\u00fbte, conna\u00eet, celui qui ne go\u00fbte pas, ne conna\u00eet pas. Au lieu de parler de breuvage c\u00e9leste, ne dites rien, mais offrez-le dans vos banquets. Ceux qui l&rsquo;aiment en redemanderont. Ceux qui ne l&rsquo;aiment pas montreront par l\u00e0-m\u00eame qu&rsquo;ils ne sont pas faits pour \u00eatre des buveurs de th\u00e9. Fermez la boutique des palabres et du myst\u00e8re. Ouvrez la maison-de-th\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;\u00e9tape en \u00e9tape, en apporta le th\u00e9 par la Route de la Soie et chaque fois qu&rsquo;un marchand qui transportait des pierres pr\u00e9cieuses, du jade ou de la soie, s&rsquo;arr\u00eatait pour se reposer, il faisait du th\u00e9 et en offrait aux gens qui se trouvaient l\u00e0, qu&rsquo;ils connaissent ou non la r\u00e9putation du th\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;origine des chaikhanas, les maisons-de-th\u00e9 qui furent ouvertes tout le long de la route qui va de P\u00e9kin \u00e0 Boukhara et \u00e0 Samarcande. Et ceux qui go\u00fbtaient, connaissaient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d&rsquo;abord, remarquez bien, seuls les grands et les pr\u00e9tendus sages recherchaient le breuvage c\u00e9leste et s&rsquo;exclamaient : \u00ab Mais ce ne sont l\u00e0 que des feuilles s\u00e9ch\u00e9es ! \u00bb, ou bien : \u00ab Pourquoi fais-tu bouillir de l&rsquo;eau, \u00e9tranger, quand tout ce que je te demande, c&rsquo;est le breuvage c\u00e9leste ? \u00bb, ou bien encore : \u00ab Comment puis-je \u00eatre s\u00fbr que c&rsquo;est du th\u00e9 ? Prouve-le-moi. Et puis la couleur de ce liquide n&rsquo;est pas dor\u00e9e, comme on l&rsquo;a dit, mais ocre ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque la v\u00e9rit\u00e9 fut connue et que le th\u00e9 fut apport\u00e9 pour tous ceux qui voulaient le go\u00fbter, les r\u00f4les furent renvers\u00e9s et les seuls redire ce qu&rsquo;avaient prof\u00e9r\u00e9 les grands et les savants furent les idiots complets. Et il en est ainsi encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce conte est tir\u00e9 des enseignements du Ma\u00eetre Hamadani (mort en 1140) qui enseigna le grand Yasavi du Turkestan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">1967 \u00a9 by ldries Shah.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1979 \u00a9 Le Courrier du livre pour la traduction en langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn1\" href=\"#ftnref1\">[1]<\/a> Les quatre grands po\u00e8tes du soufisme. On peut lire \u00e0 ce sujet: E. de Vitray- Meyerovitch\u00a0: <em>Anthologie du soufisme<\/em> (Paris, Sindbad, 1978).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn2\" href=\"#ftnref2\">[2]<\/a> Lire \u00e0 ce sujet\u00a0: Mystique<em> et po\u00e9sie en Islam<\/em> de E. de Vitray-Meyerovitch (Paris, Descl\u00e9e de Brouwer, 1972).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn3\" href=\"#ftnref3\">[3]<\/a> C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9rudit allemand Th\u00f6hluek qui en 1821, cr\u00e9a le mot \u00ab sufismus \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn4\" href=\"#ftnref4\">[4]<\/a> New York, Doubleday, 1964 ; Londres, Jonathan Cape, 1969 traduit en fran\u00e7ais chez Payot sous le titre <em>les Soufis et l&rsquo;Esot\u00e9risme<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn5\" href=\"#ftnref5\">[5]<\/a> Neglected Aspect of Sufi Study (Londres, Octagon Press, 1977).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a id=\"ftn6\" href=\"#ftnref6\">[6]<\/a> Caravane de r\u00eaves (Paris, Idries Shah Courrier du livre, 19781, p. 110 et 111.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ainsi la litt\u00e9rature soufie peut \u00eatre go\u00fbt\u00e9e pour sa beaut\u00e9, \u00e9mouvoir, divertir ou stimuler l&rsquo;esprit mais elle est essentiellement une litt\u00e9rature d&rsquo;action. Pas plus que les rituels, les livres ne sont des monuments historiques, des objets de v\u00e9n\u00e9ration ou de d\u00e9lectation. Et s&rsquo;ils le deviennent, ils perdent alors tout pouvoir effectif pour celui qui les re\u00e7oit \u00e0 ce niveau. Leur efficacit\u00e9, leur pouvoir de communication, sont fonction de la connaissance, de l&rsquo;\u00ab \u00eatre \u00bb, de celui qui les a model\u00e9s \u00e0 l&rsquo;adresse d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants d\u00e9termin\u00e9s, d&rsquo;une communaut\u00e9 ou d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 particuli\u00e8re. Aucun texte, aucun \u00ab exercice \u00bb, aucune m\u00e9thode, dans cette optique, n&rsquo;a de valeur universelle ou perp\u00e9tuelle. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 chaque \u00e9poque et pour chaque communaut\u00e9 \u2014 au sens large du terme \u2014 d&rsquo;une reformulation, d&rsquo;une r\u00e9vision du mat\u00e9riel par un soufi qualifi\u00e9, en fonction des conditions nouvelles de temps, de lieu, de mentalit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[863],"tags":[977,320],"class_list":["post-8176","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-neaumet-jean","tag-idies-shah","tag-soufisme"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ainsi la litt\u00e9rature soufie peut \u00eatre go\u00fbt\u00e9e pour sa beaut\u00e9, \u00e9mouvoir, divertir ou stimuler l&#039;esprit mais elle est essentiellement une litt\u00e9rature d&#039;action. 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3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","og_description":"Ainsi la litt\u00e9rature soufie peut \u00eatre go\u00fbt\u00e9e pour sa beaut\u00e9, \u00e9mouvoir, divertir ou stimuler l'esprit mais elle est essentiellement une litt\u00e9rature d'action. 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D'o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 chaque \u00e9poque et pour chaque communaut\u00e9 \u2014 au sens large du terme \u2014 d'une reformulation, d'une r\u00e9vision du mat\u00e9riel par un soufi qualifi\u00e9, en fonction des conditions nouvelles de temps, de lieu, de mentalit\u00e9.","og_url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/","og_site_name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","article_published_time":"2011-09-12T21:25:04+00:00","author":"3e mill\u00e9naire","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"3e mill\u00e9naire","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"27 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/"},"author":{"name":"3e mill\u00e9naire","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"headline":"Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet","datePublished":"2011-09-12T21:25:04+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/"},"wordCount":5497,"keywords":["Idies Shah","soufisme"],"articleSection":["N\u00e9aumet Jean"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/","name":"Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet - 3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website"},"datePublished":"2011-09-12T21:25:04+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/deux-contes-traditionnels-des-derviches-par-jean-neaumet\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Deux contes traditionnels des derviches par Jean N\u00e9aumet"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#website","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/","name":"3e mill\u00e9naire - Spiritualit\u00e9 - Connaissance de soi - Non-dualit\u00e9 - M\u00e9ditation","description":"L&#039;Homme en devenir","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/#\/schema\/person\/9a3a7cc4ccaa707f402d4394327106d5","name":"3e mill\u00e9naire","url":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8176","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8176"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8176\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8176"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8176"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue3emillenaire.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8176"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}