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N°68 - Connaissance de soi et Conscience d'être - format PDF

Eté 2003 - Tony PARSONS, Jean KLEIN, Marianne DUBOIS...

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N° 68   -   Eté 2003

 

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Thème :   Connaissance de soi
                et Conscience d'être

Sommaire

José LEROY : Un chemin de connaissance de soi.
Marianne DUBOIS : Connaissance de soi
et conscience d'être.

Satyam NADEEN : La Recette de l'Eveil.
Bernard PERNEL : De la pratique... au Mystère 
de la Présence.

3e millénaire : Connaissance de soi 
et psychologie initiatique.

Tony PARSONS : La Source impersonnelle.
Henri SAIGRE : Jeu de masques en Art-Thérapie.
Jean KLEIN : Vers une attention sans intention.
Marc MARCISZEWER : Apprendre à Voir.
Serge CARFANTAN : Conscience et connaissance de soi.
Karl RENZ : Le Soi n'est pas un concept.
Salim MICHAËL : La connaissance de soi.
Christian ROESH : Après l'hygiène du corps, 
celle de l'esprit !

Michel JOSEPH : La biographie et ses rythmes.
Témoins d'éveils : Krishna MENON, Jean KLEIN.
Textes Traditionnels :
Ibn'Arabî : Connais que tu es lui.
Henri SUSO : Discernement et dépouillement 
des cinq "moi".

çamkarâcârya : Discrimination et libération 
des cinq "gaines".

 

 

N°68 - Editorial    -   Eté 2003


Connaissance de soi Et Conscience d'Être 

 

Celui qui écrit ces lignes vient de lire les articles de ce numéro 68 de 3e millénaire. Le voici les mains sous l'eau du robinet de la cuisine, s'apprêtant à nettoyer les effluences du repas précédent. Les pensées défilent. Il a tout lu. Il reste imprégné des multiples facettes présentées en ces articles sur le thème « Connaissance de soi et Conscience d'Être ». Comme à chaque moment de la journée qu'on pourrait mécaniquement qualifier d'anodin, se produit en cet instant une succession de microscopiques histoires. Les pensées automatiques émettent des affirmations les plus contradictoires : « les autres auraient pu faire la vaisselle ; moi je travaille, eux n'avaient rien à faire : ça va être à moi de le faire ; je vais le faire ; ça me changera d'un travail intellectuel... » Durant le court laps de temps qu'il faut pour se rendre de la table à l'évier, un défilé de micro-drames se joue en la personne sans que celle-ci ne s'en rende compte.

Étant quand même un peu avertie à ce sujet, la personne ressent comme un rappel : en elle se jouent de misérables enjeux. Elle perçoit une partie du mécanisme embobinant en accéléré d'infimes émotions perturbatrices.

Un « directeur de conscience » en elle semble alors vouloir diriger le cours des évènements, changer ce qui est en train de se vivre : vouloir absolument être « bien », sauvé, libre de tout ce méli-mélo intérieur. Un « comment faire » se répète inlassablement comme une lamentation.

Est perçu à ce moment-là le fameux « directeur de conscience » qui veut diriger le devenir de l'individu. Ce processus de l'observateur serait-il l'obstacle majeur ? Ce pseudo « politicien intérieur » serait-il en fait pervers au point de prêcher le changement pour mieux masquer l'absence d'envie de changement (cette résistance dont parle Marc Marciszewer p 40 ou Salim Michaël p 60)? N'est-ce pas là le processus-même qui donne l'illusion d'un travail au service de l'idéal convoité, celui qui nous pousse à tant mentir au fil de nos journées, à transférer sur la réalité nos fantasmes les plus divers (« notre existence est basée sur un leurre », Henri Saigre p 32). La présence de ce militant de l'idéal se sent intérieurement comme une tension figeant la manière d'agir. En voulant ressembler à tel ou tel profil, à tel ou tel "je", nous reproduisons ce processus de « l'intentionnalité » si bien commenté par Serge Carfantan (p 48). Il y a intention, donc tension, peur et souffrance.

Le problème (la prétendue souffrance intérieure) viendrait-il de l'attachement aveugle à des idéaux (être « un bon » en spiritualité, en paternité, en sociabilité, en tour de taille, en musique ou en volley-ball... ), à des émotions ou à des sensations ?

De nouveau, les mains dans l'eau de vaisselle, des pensées chercheuses viennent à la charge Que faire ? Comment comprendre le « connais-toi toi même » (article de José Leroy p 4), ou le « Principe Je » ( Krishna Menon p 16) ou « il n'y a que la source » (Tony Parsons p 30 et Satyam Nadeen p 13 ).

« Si vous plongez en vous pour chercher le "moi", vous ne trouvez rien et toute définition de vous-même est un attentat contre vous-même » écrit Carfantan. Karl Renz (p 56) invite à la même mise en garde : « tout ce que tu peux percevoir, comprendre ou clarifier n'est pas ce que tu es ». Comment concilier ces propos avec ceux de Salim Michaël (le chercheur doit se battre et s'efforcer d'aller contre lui-même) ? Devons-nous pratiquer de réguliers exercices spécifiques comme le recommande vivement celui-ci, ou suivre une hygiène de vie intérieure à l'image de celle décrite par Roesch (p 68) ? Une autre agitation du mental surgit : «  nos échanges, nos écrits à ce sujet ne sont-ils pas eux aussi l'?uvre du chercheur, celui qui renforce l'ignorance en vou­lant atteindre un objectif ? ». L'entretien avec Tony Parsons (p 30) éclaire cette question en expli­quant l'utilité de ces échanges pour la nécessité de se rappeler et de clarifier...

L'écho de quelques pistes esquissées dans d'autres articles me parviennent alors « Écoutez, regardez, touchez sans nommer. » dit Jean Klein (p 36). « Cette vision peut accueillir tranquillement tous les aléas de notre existence car nous les traversons avec la reconnaissance de leur jeu d'illusion, et cet accueil devient lui-mêmele changement. » écrit Marianne Dubois (p 8).

L'eau chaude coule sur les doigts et passe au travers des trous de la passoire en train d'être nettoyée.

Quoi de plus simple ?

 

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