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N°129 - C’est quoi la bienveillance ? De la relation à la Présence

N°129 - Septembre 2018 - C’est quoi la bienveillance ? De la relation à la Présence  - Caroline Blanco, Marianne Dubois, David Ciussi, Père Lazaré, François Malespine,    Michel Diviné, Serge Pastor, Rupert Spira, Martine Régis, Dominique Schmidt, Denis Marie, Jacques Vigne, J. Krishnamurti, Caroline Blanco, Anna Guégan, Nathan Céliolisa, Hélène Vallas




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N° 129   -   Septembre 2018

Thème :  C’est quoi la bienveillance ?
              De la relation à la Présence

Sommaire

 
3e millénaire : Fil d’Ariane
Caroline Blanco : Mais c’est quoi cet engouement pour la “bienveillance” ?
Marianne Dubois : Bienheureuse confiance
David Ciussi : La vie, l’œuvre de la bienveillance
Père Lazaré : Surveiller ou “bien veiller”
François Malespine : De la vigilance à la veille
Michel Diviné : Dans quel type de société désirez-vous vivre ?
Serge Pastor : Relation bienveillante - Dialogue avec le Veilleur
Rupert Spira : La Voie sans effort
Martine Régis : La Bienveillance : une Juste Présence
Dominique Schmidt : Une subtilité de vibration
Denis Marie     : Un vecteur de bienveillance
Jacques Vigne :
Comment changer de croyance de façon juste
Psychologie de la « déconversion » (deuxième partie)    
Rubriques :
Approche de la méditation :  J. Krishnamurti, Une bienveillante compréhension
Témoin d’Eveil :  
Caroline Blanco, De la nuit noire de l’âme à l’éveil
Psychologie transpersonnelle dans l’Art : Welleda Muller, Du sourire à la joie sans objet
BD :
Anna Guégan : "Bien vu !" ; Nathan Céliolisa : "Les limites de la bienveillance"  
Portfolio :
Photographies de Hélène Vallas


Un Fil d'Ariane vers C’est quoi la bienveillance - De la relation à la Présence



La “bienveillance” est devenue un nouveau style, une nouvelle mode comportementale qu’il faudrait adopter pour être bien, avec soi, avec les autres, avec la nature et l’environnement.
« On y va de bienveillance qu’il faudrait cultiver au travail, de bienveillance à entretenir vis-à-vis de soi-même, de bienveillance à développer dans les relations, de bienveillance à instaurer dans l’éducation, on entend même parler de cuisine bienveillante, de management bienveillant et même de marketing bienveillant… », remarque Caroline Blanco.
Et nous aussi nous abordons ce sujet qui semble si important dans notre société dont les bases fondamentales en sont l’absence. Car l’absence de bienveillance fait couler beaucoup d’encre, à l’instar de la morale classique qui dicte toujours ce qu’il faudrait faire plutôt que ce qu’il faut voir ; qui nourrit le monde d’illusions plutôt que d’indiquer des voies de libération intérieure. Une société, qui parle de “bienveillance” à tout bout de champ, nous éloigne du sens profond de la démocratie qu’il faudrait apprendre à découvrir par la connaissance de soi.
Comme le dit Michel Diviné, qui aborde la possibilité d’une authentique démocratie : « Dans un système bienveillant les règles sont accessibles et compréhensibles et la connaissance prime sur la croyance ». C’est ainsi que nous pouvons comprendre l’importance d’une « psychologie de la déconversion », développée par le Dr Jacques Vigne, et dont nous présentons ici la seconde partie.

Au-delà des modes et de la morale

Lorsque nous souffrons, « il est préférable d’être honnête vis-à-vis de nous-mêmes et d’examiner celui qui souffre, nous dit Rupert Spira, après tout, si nous souffrons, c’est, par définition, que nous cherchons ». Chercher au-dehors, vouloir adopter les images, les concepts, les motifs d’un mode de comportement ou d’une morale, nous détourne de nous-même. Alors que « le premier pas consiste bien à prendre conscience que nous vivons très souvent dans notre monde mental et pas dans le monde », souligne François Malespine. « Mais « cette façon de vivre nous est devenue si habituelle, ajoute-t-il, que nous n’en avons plus conscience, ou pire que nous trouvons cet état normal ».
La bienveillance commencerait donc à l’égard de nous-même. « Aime ton prochain comme toi-même » implique d’abord que tu t’aimes, que tu te comprends toi-même, et « cela nécessite un détachement tolérant et charitable » précise Krishnamurti. Si vous ne vous comprenez pas vous-mêmes, vous ne comprendrez rien, ajoute-t-il ; vous pourrez avoir de grands idéals, des croyances et des formules, mais qui n’auront pas de réalité, qui seront des illusions » (voir notre rubrique Approche de la méditation). C’est ce dont parle Denis Marie, car « il nous sera difficile, dit-il, d’être authentiquement attentionnés aux autres si nous ne nous aimons pas, si la bienveillance ne passe pas d’abord par notre cœur ».
Ainsi, au-delà des pensées surfaites, des croyances vaines, il nous faut apprendre, avec David Ciussi, à « “Voir” les instincts surgissants, les émotions colorant la vie, la peur sans peur, les pensées justes sans penseur » car c’est ce qui « donne le nouveau et le pédagogue bienveillant de l’immédiat ».


Être “bien veillant”

Être bienveillant, c’est avant tout “bien veiller” en soi. Mais « veiller n’est pas se surveiller » constate le Père Lazaré. En effet, « penser mentalement automatiquement sans conscience n’est pas veiller », ajoute David Ciussi.
C’est, nous dit Martine Régis, « une juste “veillance”, que j’entendrais comme une Présence éclairée par un Cœur dont l’action rayonnante bouscule et transforme ce qui apparaît dans son champ ».
Évidemment, il s’agit d’être lucide, car, avec François Malespine, « nous entrapercevons que la vigilance peut elle aussi faire partie du rêve. Le rêveur veut devenir vigilant et croit le devenir ». Il n’y a pas de veille intérieure sans honnêteté. Il faut donc commencer sérieusement par le début d’un chemin qui n’en est pas encore un, et qui par la suite n’en sera pas un. C’est pourquoi, comme le rappelle Rupert Spira : « la Voie Directe est qualifiée de voie-sans-voie ». Ce commencement et cette fin résident dans « le fait de percevoir avec lucidité la totalité du faux en moi, le factice, les rôles et personnages que mon ego joue au quotidien », ce qui, constate Serge Pastor, « fissure et peut briser la coquille de ce moi, cette forteresse à l’intérieur de laquelle je m’étais enfui et emmuré depuis très longtemps ». C’est alors, remarque-t-il, que : « ce retournement, en auto-observation bienveillante de ce que je suis, fait courir à travers mon être un souffle de liberté et un parfum de joie ».
Par-delà la complexité apparente du jeu égotique qui domine le monde, nous cheminons ainsi vers l’ultime simplicité qui, nous dit Dominique Schmidt, « advient quand le moi réalise qu’il n’est qu’une création de la pensée, de la peur, de l’insécurité qui le structure ». Car « La simplicité ne juge pas, ne compare pas, elle est la bienveillance-même envers tout, car n’étant plus rien parmi les hommes, son énergie devient disponible à la Vie et à ses expressions ».

Une pratique au cœur du corps

Ce dont nous parlons ne peut être vécu que si nous apprenons à vivre dans notre corps, dans ses sensations superficielles et profondes, dans ses plaisirs, ses douleurs et l’espace énergétique qui les enveloppe, dans toutes ses impressions qui peuvent nous nourrir lorsque nous les recevons sans penser, sans image, sans jugement, sans ego.
Car la « descente de la Conscience supramentale dans notre monde terrestre », évoquée ici par Dominique Schmidt, passe par notre masse corporelle qui se révèle infiniment légère, lumineuse, vacante,… lorsque nous la percevons telle qu’elle est… spirituelle !
Comme tous nos auteurs, David Ciussi rappelle alors que « les gestes de conscience s’exercent à partir de notre corps. Si vous ne faites pas un geste pour revenir vers lui, vous allez rester dans la réflexion, l’analyse, la comparaison, et c’est comme cela que vous ne faites rien, vous pensez en passant et en repassant dans les mêmes plis ».
Par cette démarche méditative essentielle, nous pouvons alors réaliser, avec Marianne Dubois, que « Cela nous permet d’accepter avec bienveillance tous les évènements, individuels ou collectifs, même les désastres apparents », avec un sourire authentique ! (voir notre rubrique Art).