Raymond Lambert : Conseils de yoga


16 Apr 2014

Mr. Raymond Lambert (Kotai)

1949: après son retour d’Allemagne où il fut interné à Dachau. Physiquement et mentalement malade, il rencontra alors son premier maître Mythilde Singer, disciple du Dr. Hanish; elle lui apprit les techniques du Yoga Irano-Egyptien, grâce auxquelles il retrouva le sommeil et l’équilibre.

1956: rencontre de Swami Siddheswarananda à Gretz, dont il resta le disciple jusqu’à la mort de celui-ci.

1960: début de l’enseignement du Yoga, rue Feydeau.

1964: voyage en Inde à New -Delhi, chez Swami Dhirendra Brahmachari, où il apprend les techniques des Kriyas (Purifications internes: lavage du nez, de l’estomac, des intestins, etc.).

1966: rencontre de Swami Satchidananda, son second maître spirituel.

1967: premier stage d’été qui se poursuit chaque année et fondation de L’Integral Yoga Institute.
Rencontre de Taisen Deshimaru, venu en Europe initier les Occidentaux au Zen. Dans un esprit de communion, ils essayeront de réunir les pratiquants du Yoga et les adeptes du Zen.

1969: L’Integral Yoga Institute s’installe quai des Grands-Augustins.

1989: L’Integral Yoga Institute s’installe dans un lieu plus spacieux, dans le 9 arrondissement.

1998: M. Lambert se retire à la campagne, dans le midi de la France, et continue de participer à des stages en tant qu’invité.

2005: M. Lambert nous a quitter le 3 mai jour de son anniversaire.

(Revue Question De. No 49. Septembre-Octobre 1982)

Le yoga est une discipline unique susceptible de répondre à l’attente du monde moderne. Chacun peut le pratiquer, sans distinction de race, de nationalité ni de religion. Beaucoup de croyants de différentes confessions, aussi bien que des athées se réunissent pour commenter le yoga.

Si nous voulions résumer le yoga en une phrase, ce serait : « le yoga est la perfection en tous nos actes ».

Chaque action doit être droite et pure, que nous nous lavions, que nous prenions une posture, ou que nous fassions le ménage. Il y a une façon « yoga » de faire toute chose.

Dans notre vie, il faut trouver une harmonie avec tout ce qui nous entoure ; et pour la trouver, il faut obtenir un contrôle parfait de soi-même, sans crispation, tension, ni rigidité ; en souplesse. Pour cela, nous devons nous élever au-delà de nos propres limites ; or le yoga permet de nous en affranchir. Voilà pourquoi tous l’acceptent.

Le yoga bien pratiqué épanouit à la fois le corps, l’esprit et l’intellect. Il nous aide à développer notre énergie, à gouverner nos instincts, à dominer nos émotions et nos faiblesses.

Le yoga donne un nouveau sens et une valeur nouvelle à notre vie. Une conception de la vie plus vraie, plus pure et plus réelle s’offre à nous en fonction de notre transformation en tant qu’être physique, spirituel et intellectuel. L’élévation de « l’homme » dans le sens le plus noble de ce terme, est l’objet du yoga et de sa discipline.

Le corps et l’esprit s’influencent réciproquement ; le yoga peut être aussi bien psycho-somatique que « somato-psychique ». Pourquoi ? parce que dans la pratique du hatha-yoga nous ne pouvons dissocier corps et esprit sans nous exposer à de graves dangers tant sur le plan mental que physique.

Il y a des milliers d’années, les yogis pratiquaient le yoga dans la jungle et les montagnes, ils gardaient une santé excellente et vivaient longtemps. Le yoga n’a pas changé, il est ce qu’il a été et peut apporter de nombreuses améliorations à toutes les maladies psycho-somatiques.

Retentions de souffle : danger

Actuellement, il existe en Inde des centres de recherches qui retournent aux sources du yoga pour en expérimenter les principes. C’est ainsi qu’à l’aide d’instruments modernes on a pu vérifier scientifiquement ce que les anciens yogis avaient découvert par la pratique dans les temps les plus reculés. On saisit ici l’intérêt actuel du yoga en tant que méthode thérapeutique au sein du monde moderne, mais cette manière de voir le yoga peut conduire à des impasses.

Si le yoga convenablement pratiqué et bien contrôlé peut guérir éventuellement certaines maladies, le yoga mal compris et mal dirigé peut en occasionner d’autres. Je voudrais prendre seulement comme exemple la respiration. Nous savons tous que sans respir il n’y a pas de vie ; vie est respir et respir est vie. Néanmoins, si les différentes techniques respiratoires sont mal pratiquées, elles peuvent déclencher toutes sortes de maux, depuis le hoquet et la toux, jusqu’à l’inflammation des poumons en passant par des migraines, des lésions auriculaires ou même des risques de cécité.

Les rétentions de souffle abusives à poumons vides, peuvent conduire tout droit à la névrose avec des troubles du système nerveux ; à poumons pleins, elles peuvent engendrer des psychoses avec toutes sortes d’hallucinations, proches de la démence.

Il faut aussi que le grand public sache bien qu’avant de pratiquer les rétentions de souffle qui appartiennent à un yoga plus avancé, il faut être très attentif à de nombreux détails.

Maîtrise du souffle : harmonie corps-mental

Il est nécessaire tout d’abord de réapprendre à respirer correctement, avec beaucoup de discernement. Apprendre à maîtriser sa respiration : c’est-à-dire savoir inspirer puis expirer régulièrement, lentement, profondément et sans effort, selon les capacités et les limites de chacun. Cela peut prendre plusieurs années pour la majorité des cas que nous rencontrons actuellement.

Nous avons coutume d’entendre dire que la maîtrise du souffle, permet d’harmoniser le corps et le mental. Cela est vrai, mais il faut d’abord retrouver ce souffle, prendre conscience de notre respir. Retrouver l’équilibre entre les trois modes respiratoires : abdominal, médian et supérieur, permet d’obtenir l’équilibre entre nos trois natures : physique, spirituelle et intellectuelle. Cette harmonie totale redonne un psychisme sain sans lequel il est impossible d’aborder des techniques respiratoires pratiquées par les yogis, sans nous exposer aux graves dangers mentionnés ci-dessus.

Sans prise de conscience du souffle, aucune méditation (quelle qu’elle soit) ne peut être saine ni positive. Cette pris de conscience en effet est la base même de la pratique méditative.

Bouddha a dit : « c’est l’observation consciente de l’inspir et de l’expir qui conduit systématiquement à la maturité ».

Observer, se concentrer sur le respir, c’est faire l’expérience du corps dans son ensemble, mais à une condition : d’abord apprendre à respirer. C’est l’acte le plus important car il permet de rétablir l’équilibre que nous recherchons tous, c’est-à-dire l’équilibre psychophysique.

La valeur thérapeutique des exercices a été prouvée devant un grand nombre d’autorités médicales et il est généralement reconnu que leur pratique triomphe des différentes maladies chroniques telles que la tuberculose, certains diabètes et l’arthrite. Raison pour laquelle des médecins, voyant dans le yoga une forme de thérapeutique, consentent à diriger certains de leurs malades vers des centres de yoga. C’est leur droit et quelquefois la santé du malade s’améliore ; toutefois, dans certains cas, son état peut s’aggraver, surtout lorsqu’il s’agit de problèmes vertébraux ou psychiques.

Yoga : prophylaxie hygiénique

Le yoga ne se résume pas en effet à une série de recettes qui s appliqueraient à coup sûr à des maux spécifiques. Il met en jeu et transforme la totalité de la personne, et seul un instructeur compétent peut en tenir compte avec discernement.

Survivant des camps de la mort en 1945, c’est avec beaucoup de difficultés que j’ai dû me réintégrer dans la vie dite « normale » et pendant cinq années je n’ai cessé de hurler chaque nuit, hanté par les visions du camp, je vous passe les détails… Je devins malade psychique et cardiaque. C’est en 1949 que j’ai eu la chance de rencontrer en Suisse une disciple directe du Docteur Hanish, qui m’enseigna durant une année cette science merveilleuse qu’est l’enseignement « Mazdaznan » ou « Yoga Irano-Égyptien », qui s’appuie sur la science du Respir et de l’alimentation, les exercices glandulaires, l’hygiène sexuelle, l’amour et le respect à l’égard de toute vie manifestée ; l’ensemble conduisant à la régénération.

C’est, je dois l’avouer, grâce à une technique respiratoire que mon maître m’enseigna, que le sommeil m’est revenu dès la première nuit. Un an plus tard j’avais retrouvé l’équilibre physique et mental. La joie de vivre coulait à nouveau dans mes veines et mes yeux commençaient à s’ouvrir au monde spirituel.

Bien que ce soit la maladie qui m’ait fait découvrir le yoga, je ne le considère toujours pas comme une thérapeutique, c’est plutôt une prophylaxie hygiénique capable de nous préserver de la maladie. Mal compris ou mal enseigné, il engendre toutes sortes de désordres. Nombreux sont les enseignants, mais très rare est le véritable yoga.

Au nom du yoga, il est très souvent donné un enseignement à l’eau de rose, fort dangereux de par son caractère teinté d’exotisme qui est loin de la vraie tradition. Il arrive aussi que certains professeurs veuillent jouer aux grands thérapeutes.

Parfois je suis très triste de voir cet abîme qui existe entre le yoga d’autrefois et celui d’aujourd’hui. Entre les deux toute une prairie verdoyante et florissante, une immense étendue de sagesse et d’amour reste encore inexplorée. Nous vivons très souvent un yoga factice dans lequel l’homme ne recherche que la récolte et refuse totalement l’importance de la graine, de la semence et de sa qualité…

Si le hatha-yoga est une ascèse remarquable pour des gens normalement constitués, c’est-à-dire sains de corps et d’esprit ayant un dos droit et musclé, une colonne vertébrale souple, un ventre ferme et des intestins fonctionnant normalement, il peut se révéler inopérant ou nuisible pour tous ceux qui sont privés de ces privilèges et qui constituent la majorité de notre civilisation nourrie au coca-cola.

Le yoga tel que les maîtres l’enseignent aux disciples bien constitués peut être une source de dangers inévitables pour nos nouvelles générations au dos bien « cyphosé ». C’est là que réside toute la difficulté d’enseigner un hatha-yoga efficace et positif.

Chaque être est unique, chaque colonne vertébrale est un cas et chaque mental est une histoire. Non pas qu’il existe un yoga oriental et un yoga occidental comme on le prétend aujourd’hui, non plus que des yogas personnalisés comme on l’entend souvent: « le yoga de M. ou Mme Untel ».

Vivre en yoga

Il existe un seul et véritable enseignement, au sein duquel il faut savoir sélectionner et adapter les postures en fonction des besoins, des anomalies et des capacités de chacun, ce qui est totalement différent.

Certaines postures sont même impossibles à réaliser, à moins d’être par nature « hyperlaxe », d’être né dans une famille de contorsionnistes, ou d’avoir suivi dès le plus jeune âge une discipline et un entraînement intensif.

Ici les acrobaties et les contorsions ne nous intéressent pas car ce genre de prouesses n’est pas le but du vrai yoga.

Il faut travailler progressivement avec prudence et discernement en tenant compte de nombreux facteurs, tels que la morphologie, l’état de santé, l’âge, le sexe, la profession, le niveau spirituel et intellectuel et aussi l’éducation reçue, quoique maintenant on n’en reçoive plus ; c’est peut-être un bien, c’est peut-être un mal…

Le yoga pratiqué par les yogis menant une vie et une ascèse particulière dans un but totalement différent du nôtre n’est pas pour nous. Néanmoins, nous sommes également dans l’erreur lorsque pour un but uniquement thérapeutique, nous nous entêtons à vouloir considérer les exercices comme parfaits et le yoga comme une panacée.

Nous sommes encore dans l’erreur en pensant que le yoga va nous apporter le succès et la solution de tous nos problèmes. Cette façon trop simpliste de présenter le yoga a plus un aspect commercial que sacerdotal. Nous ne sommes ni des érudits, ni des intellectuels, ni des médecins, ni des kinésithérapeutes ; nous voulons « vivre en yoga » et transmettre le « vécu » de nos expériences et non de notre savoir.

Connaître les noms en sanscrit de chaque asana et leur étymologie, c’est bien. Connaître par une étude approfondie les bienfaits des asanas, c’est bien aussi, mais cela peut être à la portée de tout le monde.

En revanche, connaître les dangers d’un mauvais usage du hatha-yoga et du pranayama, ce n’est pas à la portée de tout le monde, bien que nul ne doive l’ignorer.

Le but de ce dossier n’est pas de donner un cours de hatha-yoga ni des techniques respiratoires pouvant faire décoller du sol, mais plutôt d’éviter certaines embûches que nous dépistons sans cesse tout au long du chemin à parcourir dans le yoga. Nous attirons l’attention du lecteur sur les différents dangers que peuvent présenter les postures d’un cours de hatha-yoga classique.

Les postures, leurs bienfaits, leurs dangers par Raymond Lambert

AVERTISSEMENT

Quel que soit l’enseignement reçu ou l’instructeur choisi, nous devons toujours retrouver cette même vérité essentielle où physique, spirituel et intellectuel ne font qu’un. Chaque posture doit apporter une nouvelle révélation et non une condamnation. Il faut pour cela rester très attentif dans la pratique, tout doit être parfait. Ne négligez rien. Le moindre détail est important.

SIRSASANA

La posture sur la tête Sirsasana, considéré comme le Roi des asanas à cause de son efficacité à guérir certaines maladies, en est aussi le plus redoutable.
À côté des bienfaits remarquables que peut apporter ce bon Roi à ses fidèles disciples, il est sans pitié pour ceux qui n’acceptent pas de se soumettre aux impératifs concernant aussi bien la façon de se poser sur la tête que la durée statique à respecter.
Le discernement est ici primordial et vu le nombre croissant de gens dépourvus du simple bon sens, nous recommandons la plus grande prudence.
Depuis de longues générations l’Orient porte sur la tête de lourds fardeaux. Cette hérédité a donné à ces êtres un port droit et respectueux, une démarche souple et élégante, un cou sain et fort, des épaules gracieuses et solides. Ces gens-là peuvent se poser sur la tête ; ils le savent, et cependant le font rarement pour ne pas dire jamais car ils n’en ressentent pas le besoin.
Aucun équilibriste ne se pose directement sur le sommet de la tête. Il utilise une couronne en caoutchouc d’environ 3 cm d’épaisseur, afin que le sommet du crâne repose dans le vide, au centre même de la couronne. Tout le poids du corps repose sur un cou très puissant, de 39 à 42 cm de diamètre, sur des trapèzes et des épaules bien musclés, formés par de longues années de labeur.
Privé de cette couronne, le poids du corps doit reposer uniquement sur les avant-bras et les mains, la tête pouvant bouger et tourner des deux côtés. En aucun cas les vertèbres cervicales ne peuvent supporter tout le poids du corps.

Aux amateurs bien intentionnés, sincères et considérant cette posture comme une panacée, je dis : « Attention… casse-cou ! ». Cette posture n’est pas pour les adeptes occidentaux, les apprentis yogis au dos hyper-cyphosé et au cou arthrosique.

Certains yogis, n’étant pas pour autant des maîtres dans le sens où nous le concevons et encore moins des enseignants si l’on en juge par leur manque de psychologie occidentale et leur manque de connaissances anatomiques, préconisent avec beaucoup d’assurance à leurs élèves du XXe siècle, nouveau-nés dans le yoga, que : « Tout le poids du corps doit reposer uniquement sur la tête et non sur les avant-bras et les mains », en signalant néanmoins « qu’une position incorrecte de la posture peut causer des douleurs dans la tête, le cou et le dos ». C’est le moins qu’on puisse dire.Dans un autre manuel, on insiste sur le fait que la tête doit reposer sur la fontanelle.

D’autres yogis interdisent formellement ces deux façons de procéder en dénonçant les dangers qu’elles comportent. Ils expliquent correctement la posture afin d’éviter de nombreux accidents entre autres, pour les vertèbres cervicales si fragiles de nos jours. Je ne peux que les approuver sans réserve. Ancien gymnaste et équilibriste, c’est toujours l’enseignement que j’ai reçu.

Écoutons ce que nous dit Swami Dhirendra Brahmachari, ce grand yogi de l’Inde que j’ai connu en 1964. « La plupart des gens commencent à exécuter cette posture après l’avoir vue dans un livre. C’est dangereux et au lieu d’en tirer des bienfaits ils ne récoltent que des ennuis. Le sommet du crâne « Brahmarandra » est la région sacrée où, concentrés et stables en Prana, les yogis peuvent connaître la suprême divinité. Chez l’enfant cette partie du crâne est juste recouverte d’une fine couche de peau et peut être aisément percée : c’est la fontanelle, qui se referme à l’âge d’un an. Si la tête repose sur cette partie du crâne, l’homme risque de contracter des maladies que la médecine ne peut soigner efficacement. »

C’est pourquoi il est conseillé de prendre un morceau de tissu, roulé en forme de couronne, comme le faisaient les femmes paysannes pour équilibrer leur jatte d’eau ; placer ensuite la tête sur cette couronne, de façon à couvrir environ 8 cm du sommet de la tête. On peut alors pratiquer cet exercice sans crainte.

Une remarque très importante s’impose : certaines personnes qui conservaient cette posture en s’appuyant contre un mur se sont étonnées de n’obtenir que des résultats désastreux. Rien de mystérieux à cela, ne sentant pas quand il fallait arrêter, elles gardaient la posture plus longtemps que leurs forces ne le leur permettaient !

On peut garder la posture aussi longtemps que l’on se sent bien sans appui ; toutefois, ceux qui n’ont pas la possibilité de prendre une nourriture simple et bien équilibrée ne doivent pas dépasser 10 minutes chaque jour. Au-delà, une ascèse très stricte doit être observée. Si au cours de l’exercice, on découvre que le respir n’est pas normal, il faut arrêter aussitôt.

Si les narines sont bouchées, on doit renoncer à la posture. Une narine au moins doit fonctionner, autrement les tissus délicats qui composent le cerveau seront endommagés.

Cette posture est strictement interdite en cas de maladies de cœur, d’hypertension, de cataracte, glaucome, otite et arthrose cervicale.

De toute façon, au début, Sirsasana doit être pratiqué sous la direction vigilante d’un instructeur qualifié. Lorsqu’on connaît le rôle important, sur notre destinée, des principales glandes endocrines à sécrétion interne telles que les glandes pinéale et pituitaire situées dans la tête, la thyroïde et les parathyroïdes situées dans le cou ; on comprend pourquoi Sirsasana est appelé « le Roi des asanas ».
Mais si toutes les précautions précitées ne sont pas prises, attention aux conséquences !…

SARVANGASANA La posture du corps tout entier

Dans cette posture renversée le retour du sang veineux est facilité, ce qui procure une détente et un repos inestimable pour le cœur.
Sarvangasana non seulement calme et renforce les glandes thyroïde et parathyroïde mais fortifie le système nerveux, les organes génitaux, le cerveau et la gorge.
• Combat l’anémie, les troubles urinaires et menstruels, les hémorroïdes, les varices.
• Élimine les mauvaises odeurs corporelles.
• Affine la taille.

Conseils

Ceux pour lesquels Sirsasana est interdit ou impossible à faire, doivent savoir que les effets de Sarvangasana sont similaires. Cependant :
A Une grande prudence est à observer pour les personnes souffrant de hernie hiatale, d’hypertension ou de maladies cardiaques.
B Le cou se trouvant placé à angle droit, cette posture est à éviter ou à supprimer en cas d’arthrose cervicale ou lorsque la cambrure cervicale normale est inexistante. On ne ferait qu’accentuer ces maux en créant à la longue une cyphose cervicale, donc anormale, provoquant des perturbations au niveau des glandes situées dans le cou et la tête.
Pour éviter tout un cortège d’ennuis douloureux, nous ne saurions trop vous conseiller de prendre cet asana en position de Viparita-Karani.

 

 

VIPARITA-KARANI Posture inversée, variante de Sarvangasana

Dans cette position, les mains placées à hauteur des reins et les jambes légèrement inclinées au-delà de la tête, le buste repose entièrement sur les épaules.
Le cou ne subit ni étirement pouvant être nuisible en cas d’arthrose, ni cassure à angle droit à hauteur de la 7e cervicale.
Cette posture est donc possible et recommandée pour ses effets bénéfiques semblables à ceux de Sarvangasana.

HALASANA Posture de la charrue

Lorsque nous avons un dos musclé, une colonne vertébrale saine sans hernie discale, sans pincement de disques vertébraux, sans écrasement de la 5e lombaire et sans arthrose cervicale ; la posture classique est très bénéfique pour maintenir la colonne vertébrale souple et en bonne santé. On peut en retirer de nombreux bienfaits aussi bien sur le plan physique que psychique.
– Le cerveau, les glandes endocrines, les organes génitaux, l’estomac et le foie sont fortifiés.
– La circulation du sang est nettement améliorée.
– Les mauvaises odeurs corporelles sont éliminées.
– L’obésité est progressivement réduite.

Contre-indications

Halasana est interdit en cas d’hypertension ou de maladies cardiaques. Il convient préalablement de consulter un médecin et de régulariser la tension en pratiquant d’autres asanas.
Concernant l’arthrose cervicale et les problèmes de la charnière lombo-sacrée, nous conseillons aux acharnés de yoga d’exécuter Halasana comme suit :
Prenez la posture Viparita-Karani. Pour éviter tout étirement du cou, laissez descendre lentement les jambes derrière la tête en cassant bien du bassin de sorte que les orteils en touchant le sol se posent près de la tête. Si vous poussez les pieds très loin en arrière, tout le poids du corps se portera sur les vertèbres cervicales, et un jour vous ne pourrez plus revenir à votre cours de yoga.

SUPTA-KONASANA Autre variante de Halasana

Cet asana aide à éliminer les maladies ano-rectales et les mauvaises odeurs. Il soigne les troubles cutanés.
– Préventif contre l’asthme et la tuberculose.
– Développe la vue, donne une perception plus claire.
– Affine la taille.
– Tonifie les jambes et les organes génitaux.
– Réduit les hernies.

Contre-indications

– Tension artérielle, maladies de cœur.
– En cas de problèmes cervicaux, la position n° 1 est déconseillée. Nous recommandons la posture n° 2.

KARNA-PIDASANA Variante de Halasana

Bénéfique pour le cerveau, la gorge, la vue et l’ouïe. Excellente pour combattre les troubles pulmonaires, traiter l’asthme, la constipation et les hémorroïdes. Il est conseillé de garder la posture le plus longtemps possible.

Conseils

On devine tout de suite les conséquences fâcheuses de cette posture sur un cou bloqué, arthrosique et un dos raidi par les rhumatismes. En période de crise, les asthmatiques ne doivent pas pratiquer cette posture sous peine d’étouffer davantage.

Un peu de bon sens est recommandé et une longue préparation est nécessaire.

BHUJANGASANA Posture du cobra

Très bonne pour la colonne vertébrale, cette posture fortifie le système nerveux et les reins.
– Stimule la thyroïde.
– Combat la constipation.
– Affine la taille.
Strictement interdite en cas de hernie.

 

Conseils

Il ne faut absolument pas relever le corps à partir de la région lombaire la plus basse, c’est-à-dire à hauteur de la 5e lombaire.

Les hyperlaxes y arrivent très bien, ce qui est regrettable pour eux et leur 5e lombaire. Les raides n’y parviennent pas c’est une chance.

Dans la posture classique et correcte, on redresse le corps à partir du nombril, le plus haut possible, mais le bas-ventre reste « fixé » au sol.

Pour faciliter l’exécution correcte du Bhujangasana en évitant la cambrure à hauteur de la 5e lombaire il est conseillé d’avoir les jambes serrées, talons joints, pieds écartés. Cela permet d’obtenir une contraction des muscles lombaires, des fessiers et des jambes. L’étirement de la colonne vertébrale est plus intense et tout le corps bénéficie d’une plus grande irrigation du sang.

Tous ceux qui souffrent déjà de la région lombo-sacrée (pincement ou glissement de disques, arthrose) ont intérêt à exécuter Bhujangasana dans la position du sphinx » en prenant appui sur les avant-bras, les épaules en arrière.

DHANURASANA Posture de l’arc

– Redonne de la souplesse à la colonne vertébrale.
– Tonifie les organes génitaux.
– Stimule les sécrétions gastriques et combat la constipation.
– Fortifie et régénère les glandes endocrines.

Dangers

Interdit en cas de hernie, cette posture mal exécutée est un super casse-noisettes pour la 5e lombaire endommagée : arthrose, tassement, hernie discale.

Exécuter la posture comme suit :
Se redresser en tirant les pieds vers l’arrière pour étirer les lombaires, sans écraser la 5e lombaire.
En posture correcte, le corps ressemble à un arc dont la tête et les pieds seraient les extrémités. L’abdomen doit en porter tout le poids. Il ne faut pas chercher à ramener les pieds près de la tête. Cela se produira naturellement après un long entraînement.

PASCHIMOTHANASANA La pince, étirement du dos

– Stimule les sécrétions gastriques.
– Affine la taille.
– Détend les nerfs, fortifie tout le système nerveux et les organes génitaux.
– Élimine les mauvaises odeurs.
– Prophylactique contre les maladies de peau.
– Combat l’arthrite, les douleurs du dos, des genoux, des cuisses et des jambes.
– Tous les viscères de l’abdomen sont irrigués et tonifiés.
– Utile aux personnes irritables.

Dangers et contre-indications, voir Padahasthasana.

PADAHASTHASANA

Les effets de cet asana sont à peu près semblables à ceux de Paschimothanasana. Il en est de même pour les contre-indications ou du moins les erreurs à éviter.

Conseils

Dans la société actuelle, quel que soit l’âge de l’individu, il est rare de rencontrer des êtres souples du bassin. En général les gens ont une cyphose dorsale haute, trop prononcée qu’ils compensent souvent par une lordose cervicale ou lombaire trop accentuée. Une cyphose totale de toute la colonne vertébrale est aussi chose courante.
Dans tous les cas, la charnière sacro-lombaire est endommagée, la 5e lombaire plus ou moins touchée. Dans l’exécution de ces deux asanas comme dans tous les exercices où le buste s’incline vers l’avant, il faut que le dos reste droit le plus longtemps possible, la flexion devant se faire à partir du bassin. Difficiles lorsqu’on est bloqué du bassin, ces postures nécessitent une longue préparation pour l’assouplissement de toute la colonne vertébrale et beaucoup de patience. Sans cette rigoureuse préparation qui comprend aussi l’assouplissement des chevilles, du cou de pied et des genoux, les gens partent en avant en arrondissant systématiquement tout le dos.
Au lieu de bénéficier de l’étirement agréable et naturel de tout le dos avec les effets précités, ils encourent des dangers de glissement des disques vertébraux ou d’écrasement de la 5e lombaire.

MATSYASANA La posture du poisson

– Assouplissement de la colonne vertébrale et des articulations du bassin.
– Normalise les productions d’adrénaline et de cortisone par son action sur les glandes surrénales. – Excellent pour conserver son énergie et lutter contre les rhumatismes.
– Peut éviter ou combattre le diabète par son action sur le pancréas qui normalise la sécrétion d’insuline.
– Favorise l’irrigation des glandes thyroïde et parathyroïdes.
– Stimulation des glandes pituitaire et pinéale.
– Utile à l’égard des maladies de l’utérus : le flux menstruel devient régulier et normal.

Conseils

S’il est impossible d’être en lotus, allonger les jambes mais dans les deux cas le dos doit être droit sans cambrure excessive de la région lombaire. La tête reposant sur le front, les cous raides et arthrosiques devront prendre appui sur les avant-bras afin d’éviter l’écrasement des vertèbres cervicales.

SUPTA-VAJRASANA Posture du diamant renversé

– Facilite la digestion après un repas.
– Active la circulation du sang.
– Rétablit l’équilibre entre l’inspir et l’expir « prana et apana » : assimilation et élimination.
– Exécutée sur le sable, sur la terre ou au pied d’un arbre, cette posture revivifie et recharge magnétique-ment tout le corps.
– Préventive contre l’asthme.

Dangers

Là encore, un problème se pose pour les personnes souffrant d’arthrose, de pincement discal ou de tassement des vertèbres lombaires et pour celles qui ont une lordose lombaire trop prononcée.
Les conseils que l’on peut donner pour exécuter cette posture sans préjudice pour la région lombaire déjà endommagée ne peuvent être valables qu’après un examen sérieux de la colonne vertébrale.
On évitera une cambrure lombaire excessive en glissant un coussin entre les omoplates et la nuque.

MATSYENDRASANA Posture tordue

Cette posture est excellente pour corriger les déviations de la colonne vertébrale et pour débloquer les vertèbres. La torsion latérale fait disparaître les maux du dos, lumbagos et douleurs dans les articulations de la hanche.
– Équilibre le système nerveux ortho-parasympathique.
– Favorise l’activité des sécrétions gastriques et élimine les toxines dues à l’alimentation.
– Stimule le pancréas.
– Tonifie le foie et la rate.
– Facilite le transit intestinal.
– Combat l’hypertrophie de la prostate et de la vessie.

Exécution

– Jambes allongées.
– Replier la jambe droite contre l’abdomen.
– Soulever le pied droit et le placer à l’extérieur de la cuisse gauche à hauteur du genou.
– A l’aide des deux mains, appuyer sur le genou replié pour bien redresser toute la colonne vertébrale.
– Poser la main droite a plat sur le côté.
– A l’aide du bras gauche, entourer le genou replié pour bien faire ressortir l’abdomen à l’extérieur de la cuisse en vrillant à partir du bas du dos, mouvement qui rappelle le procédé du tire-bouchon.
– Passer le bras, biceps et triceps retournés à l’extérieur pour maintenir le dos bien droit et perpendiculaire au sol.
– Ensuite il ne reste plus qu’une rotation de la main à faire pour prendre la jambe allongée.
Cette posture doit être exécutée alternativement à droite et à gauche.
Lorsque la posture est devenue confortable et qu’il n’y a plus aucune tension du corps, la respiration (abdominale, médiane et supérieure) devient ample et naturelle ce qui permet un massage profond de tous les viscères de l’abdomen.
Favorise la méditation, Matsyendrasana aide le yogi à franchir les étapes qui mènent au yoga ultime.

Difficultés

Cette posture est difficile à prendre surtout pour les personnes raides ou ayant un peu trop d’embonpoint. Elles font généralement la torsion en arrondissant le bas du dos et essaient d’attraper tant bien que mal la jambe allongée en rentrant le biceps. Cette façon de procéder tasse encore davantage leur région lombosacrée et les empêche de respirer librement.

Dans ces conditions on ne peut espérer aucun bénéfice de cette posture et une longue période d’assouplissement et de préparaton est nécessaire.
En cas d’arthrose lombo-sacrée ou d’arthrose de la hanche, il est conseillé de consulter son médecin ou un maître compétent.

Ce qu’il ne faut pas faire.

Ce qu’il faut faire.

UN DERNIER CONSEIL

Pour toutes les postures à plat dos qui nécessitent l’élévation ou l’abaissement des jambes, il est important de relever légèrement la tête afin que la région lombaire reste plaquée au sol. D’ailleurs ce mouvement qu’on doit exécuter sans fléchir les jambes, contribue à muscler le dos et le ventre. Il permet aussi de renforcer les vertèbres lombaires. La posture classique qui conserve la nuque à plat nécessite un ventre et un dos musclés ainsi qu’une région lombaire en parfait état ; faute de quoi il est impossible d’élever ou d’abaisser les jambes sans cambrer.

À la longue cela peut provoquer des pincements de disques, des tassements vertébraux ou l’écrasement de la 5e lombaire.

EN GUISE DE CONCLUSION

Après toutes ces mises en garde et ces interdictions, vous pouvez vous demander ce qui subsiste du yoga. Eh bien tout le reste ! Les asanas qui ne sont pas interdits et qui sont excellents pour toutes les colonnes, saines comme délabrées.

Je vous conseille les postures dites debout qui fortifient et remusclent les membres inférieurs, le dos, les épaules et le cou, tout en assouplissant sans danger la colonne vertébrale. Mais, me direz-vous, il est moins agréable de travailler debout que couché… Le yoga n’est pas une recherche de ce qui est agréable mais de ce qui est juste, logique, orthopédique et bénéfique pour l’ensemble du corps. On fait ce qui doit être fait, c’est la sagesse même.

On ne va pas au cours de yoga pour se livrer à des accrobaties en vue d’obtenir un contrat avec le cirque Barnum ou d’épater les amis et le public de la plage. On vient au yoga pour retrouver et conserver son équilibre. Le yoga vise plus haut que la 5e lombaire mais il s’occupe particulièrement de cette « clef de voûte du corps humain » en la traitant et non en la maltraitant. Si nous considérons les asanas sur un plan thérapeutique, il faut savoir que leur bienfait est en rapport avec leur durée statique et à la persévérance de chacun.

Pour utiliser le yoga dans un but thérapeutique, ce qui en soi est merveilleux et certainement très valable aujourd’hui où nous rencontrons plus de névrosés que de gens normaux, il faut être à la fois yogi et médecin, ou yogi travaillant en étroite collaboration avec un médecin pratiquant lui-même le yoga.

Le yoga classique et traditionnel enseigné par les grands maîtres n’a rien à voir avec un yoga seulement utilisé à des fins thérapeutiques. Si l’on veut enseigner le yoga traditionnel, il faut être un véritable yogi ou un bon enseignant qui ne se contente pas d’être initié une fois pour toute par un maître mais qui reste toujours en étroit contact avec lui.