Frédéric Lionel
Bien des choses sont à déchiffrer en ce monde

Tant que l’homme croit mériter les faveurs du Ciel, tant qu’il s’enorgueillit de qualités, souvent imaginaires, tant qu’il se complaît dans le rôle de victime, il ne passe pas. N’oubliez pas que c’est votre mental, votre intellect qui déterminent vos actions et que ces actions réagissent sur votre intellect, commandant en cascade un mécanisme conduisant de réaction en réaction, d’affrontement en affrontement, à ce que vous ressentez comme absurde.

(Extrait de l’énigme que nous sommes, édition R. Laffont 1979)

— A quoi bon, personne jamais ne saura me comprendre !

Francis se tut et se tassa sur son siège. Il avait sonné à ma porte, s’imaginant, je m’en rendis compte plus tard, trouver un surhomme muni d’une baguette magique, pouvant le libérer de ses tourments.

Il venait de loin. C’est à San Francisco qu’un médecin avec lequel j’avais sympathisé un an auparavant, au cours d’un séminaire organisé dans un camp de jeunesse établi dans les Alpes, lui avait conseillé de se mettre en rapport avec moi.

— Lionel, lui avait-il dit, est peut-être à même de t’indiquer la meilleure façon d’assumer ton destin. Ce qui te manque, ce sont tes racines. Il t’aidera à les découvrir et cela te rééquilibrera.

Francis, poussé par sa neurasthénie, avait décidé d’entreprendre le voyage. Il avait traversé le continent américain en auto-stop, s’était embarqué sur un cargo, travaillant dans la cambuse pour payer son passage, et était arrivé à Paris sans un sou, avec, pour seul