le Dr Henri Olivo : Connaissez-vous l’ostéopathie?


16 Jan 2016

(Revue 3e Millénaire ancienne série. No 14. 1984)

L’ostéopathie dont il est question ici n’est pas limitée à la seule maladie des os mais une technique de diagnostic de thérapeutique découverte il y a un siècle par un médecin américain. Cette technique nécessite du praticien des capacités proprioceptives très fines puisqu’elles lui permettent de « sentir respirer » votre crâne au rythme lent de ce que les ostéopathes appellent le « mouvement respiratoire primaire ». Toute anomalie dans ce rythme cache un désordre de santé, où qu’il soit situé dans le corps, qu’il soit viscéral musculaire, nerveux ou articulaire.

Ce terme couvre habituellement diverses techniques manipula­tives visant au rééquilibre de certains dérangements des surfaces articulaires vertébrales ou périphériques. Ces dérangements sont susceptibles d’entraîner des manifestations douloureuses et des troubles divers au niveau de la fonction articulaire (habituellement associés à des contractures musculaires parfois considérables), de l’équi­libre squelettique, de l’innervation et de l’irrigation sanguine et lymphati­que des membres et des viscères contenus dans le thorax, l’abdomen, le pelvis.

En effet l’innervation de ces structures, dont l’origine diverge de la moelle épinière et du bulbe rachidien, est issue des racines nerveuses et de leurs branches qui passent par des défilés osseux et musculaires vertébraux et périphériques et peut être entravée par compression, irritation, etc., du fait de ces dérangements. De même l’irrigation sanguine et l’innervation autonome (sympathique, para-sympathique, réglant la vie végétative) peuvent être gênées par ceux-ci. Enfin, la commande crânienne neuro-hormonale peut être déréglée par répercussion, entraînant toutes sortes de troubles organiques et psychiques.

Ce terme d’ostéopathie est en fait impropre puisqu’il signifie littéralement « maladie des os », alors qu’il s’agit ici de traitement. Il serait ainsi plus juste de parler d’ostéothérapie, bien que cette appellation soit encore abusivement restrictive.

D’autre part la confusion est fréquente dans l’esprit du public entre les différentes techniques utilisées dans ces cas, telles celles que l’on désigne sous le nom de vertébrothérapie, chiropraxie, manipulations vertébrales, cinorthèses, etc. , d’une part et l’ostéopathie dite « crânienne » d’autre part.

Les premières correspondent pratiquement, à peu de chose près, à une approche mécanique manuelle dite « structurale », c’est-à-dire utili­sant peu ou prou la force directe ou indirecte de l’opérateur pour réduire les troubles articulaires vertébraux ou périphériques, d’origine trauma­tique ou statique.

La pratique de cette ostéopathie, ainsi comprise est très ancienne et l’on retrouve ses traces, nombreuses, dans toute l’antiquité.

Tout à fait différente dans ses principes et sa pratique est l’ostéopathie crânienne ou crânio-sacrée. Ce terme d’origine américaine a été consacré par les pionniers de cette médecine découverte et mise au point par Andrew Taylor Still et William Sutherland à partir de 1874 sous le nom de « Cranial osteopathy » (elle concernait au départ uniquement l’approche crânienne). Cette pratique, dans sa forme pure, a été recueillie et élargie entre autres par Rollin E. Becker aux États-Unis, approfondie, mise en forme et explicitée en France et en Angleterre par son élève J. A. Duval du Registre des ostéopathes britanniques. Elle n’utilise pas les manipulations mécaniques structurales et son champ d’application ne s’adresse plus seulement aux troubles articulaires et à leurs conséquences mais s’élargit à la mesure de sa philosophie et de ses techniques, en fait à toute la pathologie, à tout le corps et à tous les tissus. Dans cette optique elle n’est donc pas seulement crânio-sacrée (axe crâne-rachis vertébral-sacrum) – ce vocable se référant à l’approche de ces structures – mais véritablement globale par sa conception de la physiologie, par ses techniques et par ses indications ainsi elle pourrait conserver ce nom d’ostéopathie, seul, bien qu’impropre mais consacré par l’usage, pour la distinguer des techniques structurales et pour rappeler ses origines et son caractère véritablement « universel ».

Cette approche que certains dénomment « fonctionnelle », est basée très succinctement sur la perception manuelle d’une pulsation vitale inconsciente et fondamentale, différente des rythmes physiologiques connus, (tel le rythme cardiaque ou la respiration pulmonaire), à travers toutes les structures anatomiques, grâce à une palpation subtile proprio­ceptive (faisant appel à la sensibilité profonde, non tactile) de l’opérateur, sous la forme d’un mouvement global d’expansion et de rétraction des tissus, comme celui des vagues qui viennent et se retirent sur un rivage — mouvement commun à tous les phénomènes de la vie, qui « respire », et à l’univers dans son ensemble. Ceci est perçu aussi bien au niveau du crâne, du sacrum, que des pieds, des mains, des viscères, etc., en fait de toute la structure organique vivante ; c’est ce que l’on appelle le « mouvement respiratoire primaire », et son rythme est de 8 à 14 par minute selon les individus. C’est en fait le rythme respiratoire du système nerveux central, c’est-à-dire des cellules nerveuses elles-mêmes, moteur de ce mouvement, transmis à la périphérie par l’intermédiaire du liquide céphalo-rachidien conduit rythmiquement jusqu’aux plus infimes parties du corps grâce aux membranes conjonctives qui tapissent tout l’organisme [1].

La tonalité de cette perception permet de percevoir que l’organisme se présente à ce point de vue comme un ensemble de structures en mouvement (formes et forces) s’organisant au sein de cette pulsation fondamentale selon certains schémas dynamiques directionnels (flexion-extension, torsion, latéro-flexion, décalages), qui peuvent être déviés, déformés plus ou moins bloqués et constituer ainsi la « lésion ostéopathi­que », cible de l’ostéopathe…

La situation crânienne représente seulement dans l’espace anato­mique le maximum de puissance disponible de ce moteur qui anime le liquide céphalo-rachidien ; ce dernier se forme à ce niveau et c’est avec lui entre autres que l’opérateur travaille. Le terme d’opérateur dans son acception courante et profane est d’ailleurs ici assez impropre, évoquant l’idée d’une direction agissante, celle d’un « maître d’œuvre », alors qu’il s’agit dans cette démarche – « Les mains qui pensent et qui voient » (W. Sutherland) – d’être uniquement et entièrement à l’écoute d’accompagner et de soutenir, avec grande humilité et attention, avec « amour » disent certains [2].

Cette situation crânienne est aussi un point de référence, d’appui et d’équilibre central osseux, membraneux et nerveux, à quoi tout le traitement doit être ramené, où il commence et où il doit aboutir, quel que soit le problème en cause. Et d’autre part l’origine du déséquilibre est bien souvent crânienne.

Ce qui signifie que tout est lié dans la physiologie du corps et qu’un dysfonctionnement de quelque origine et en quelqu’emplacement qu’il soit, retentit sur l’ensemble et à distance ; un traumatisme au niveau de la tête entraîne un déséquilibre des structures crâniennes et ses conséquences locales, mais aussi à distance au niveau des viscères, ou du genou, ou du gros orteil et inversement, plus ou moins intensément selon son importance. Ce qui a naturellement des implications diagnostiques et thérapeutiques, et ici ces deux démarches sont indissolublement liées l’une à l’autre.

L’abord osseux de la palpation manuelle est un des moyens utilisés ; plus particulièrement au niveau du crâne où la perception du mouvement des os est théoriquement la plus nette ; ce dernier est le reflet, ici comme ailleurs, de la pulsation rythmique transmise par le système nerveux, le liquide céphalo-rachidien et les membranes crâniennes. À ce niveau le mouvement perçu par les mains de l’ostéopathe correspond au jeu réciproque des os qui le composent selon des axes spécifiques et animé par cette pulsation globale. En effet contrairement à ce qu’affirmaient tous les anatomistes, les os du crâne ne sont pas soudés entre eux au niveau des sutures qui les unissent – réalisant ainsi une boule rigide – mais peuvent admettre des micro-mouvements réciproques au sein de ce rythme fondamental. Ainsi « le crâne bouge »…

La possibilité et la réalité de ces mouvements ont été mis en évidence par les travaux américains (après 1950 et surtout 1969) sur l’anatomie et l’histologie des structures crâniennes, la neurobiologie et par l’enregistre­ment de ces micro-mouvements dans les divers Instituts de recherche américains par des équipes pluridisciplinaires de médecins ostéopathes et de scientifiques.

Il n’est que de considérer, dans la dynamique ainsi perçue, les mouvements physiologiques de deux des os principaux de la base du crâne : le sphénoïde et le temporal. Le premier au centre, évoque très précisément la forme d’un oiseau et son envol. Le second, « bilatéral, s’ouvre et se ferme » telles les ouïes d’un poisson… (Ce dernier aspect est à l’origine de la découverte américaine !)

Ces correspondances, et bien d’autres encore, au-delà de la simple analogie, ne nous conduisent-elles pas au cœur des phénomènes de la vie et du développement des espèces à travers l’embryogenèse et la morphogenèse de l’homme ?

C’est pourquoi, sans doute en tout cas, le premier geste de l’ostéopathe est-il généralement de placer ses mains sous la tête de son patient étendu, pour percevoir ces mouvements, apprécier leur équilibre réciproque et leur intégration harmonieuse dans le rythme général plus haut décrit. Il choisit selon les cas diverses techniques appropriées, reste à ce niveau ou se déplace pour tester de la même façon tel ou tel lieu du corps. Si nécessaire chaque articulation, chaque organe, chaque région susceptible de déséquilibre sont ainsi appréciés.

Cette médecine est donc basée dans la pratique sur une approche manuelle qui fait appel à la sensibilité proprioceptive déjà citée, longuement et constamment éduquée et affinée par l’expérience, et sa pratique nécessite l’approfondissement continu d’une attention aiguë, affûtée, à la fois globale et sélective, exercée à travers le mécanisme « involontaire » (structures en mouvement) du patient, les connaissances anatomiques, physiologiques et techniques très précises de l’« opérateur » étant bien entendu implicites et parfaitement intégrées.

La physiologie normale d’un organisme sain dans cette optique se manifeste en effet par une harmonie, un équilibre, une aisance de tous les mouvements (de la fonction à travers la structure) ainsi perçus au sein de cette pulsation primaire globale, en n’importe quel lieu du corps. Tout dysfonctionnement entraînera une distorsion de ces mouvements, une restriction, un malaise qui seront perçus par le radar — la proprioception et l’attention du médecin — et traduira une souffrance organique et donc une pathologie, c’est-à-dire une maladie, actuelle ou à venir.

Celle-ci plus ou moins profonde et sévère est à l’origine des manifestations morbides variées (c’est-à-dire des symptômes, tels dou­leurs, fatigue, troubles organiques, sensoriels et psychiques divers, etc.) pour lesquelles le patient viendra consulter.

Ceci a valeur d’orientation pour l’ostéopathe qui peut tenir compte, entre autres de certains des antécédents pathologiques du patient, tels les traumatismes du crâne, du coccyx ou autres accidents divers comportant un choc brutal, les circonstances de la naissance — si elles sont connues (forceps, césarienne, etc.) —, qui ont pu entraîner des distorsions plus ou moins sévères au niveau des structures anatomiques et du mécanisme qui s’exprime à travers elles. Peuvent aussi orienter vers telle ou telle « lésion » l’observation des dysharmonies corporelles évidentes (dissymé­trie ou déformation au niveau du crâne, de la colonne vertébrale, du thorax, du bassin, etc.) dans le même esprit. Mais en réalité seul le diagnostic ostéopathique palpatoire reste essentiel quelle que soit la pathologie, l’unité fonctionnelle en souffrance indiquant elle-même aux mains du praticien le ou les lieux de la perturbation et les moyens de restaurer l’équilibre.

C’est ici le versant diagnostic et le traitement commence dans le même temps. Les tissus du malade font le reste.

Le rétablissement de cet équilibre, de l’aisance des mouvements faussés du mécanisme ainsi compris du patient, dans la limite de ses possibilités réactionnelles — et il en reste toujours quelque part — et des facultés de récupération de sa structure anatomique, restaurera la santé, ou à tout le moins, selon la gravité et l’ancienneté de l’atteinte, une amélioration, souvent spectaculaire, des troubles présentés, une stabilisa­tion durable d’une évolution antérieure défavorable éventuelle ; au minimum, dans les situations désespérées, l’obtention d’un certain confort de la physiologie et du malade.

Ces techniques de rééquilibre sont basées sur la proposition par le médecin à travers ces « outils » naturels déjà décrits, (palpation, attention, éléments du mécanisme) d’un point d’appui précis, mobile et adapté à ce mécanisme troublé (le « fulcrum » des auteurs anglais, étymologique­ment : tuteur) pour conduire ce dernier à un point d’immobilité à partir duquel il restaurera lui-même son intégrité, avec le génie propre à la nature, et si cela est possible à ce stade.

Cette approche globale, que l’on peut ainsi dire universelle du fait de l’ampleur de sa conception, de ses implications médicales et métaphysi­ques et de ses applications, débouche dans la pratique sur la prise en charge de toute pathologie, à titre préventif ou curatif, articulaire, viscérale, glandulaire, psychique même, etc., grâce à cette sollicitation intime — corps et âme — des forces d’autoguérison, donc parfaitement adaptées et non agressives de l’organisme du patient, dans la mesure de leur disponibilité — et cette dernière est toujours présente plus ou moins, si elle est correctement perçue et soutenue.

Le caractère préventif de cette approche, aux prolongement éthiques et sociaux considérables, apparaît clairement lors du traitement des nourrissons et des enfants. En effet le développement des structures anatomiques et spécialement osseuses n’est pas terminé à la naissance ; ainsi l’ossification définitive, variable dans le temps selon l’os considéré, n’est pas acquise à ce moment. Ceci détermine une grande malléabilité, une fragilité des structures du crâne par exemple et les traumatismes divers subis lors de la naissance peuvent entraîner des blocages, serrages, déformations qui subsistent et peuvent devenir définitifs au moment de l’ossification, gênant la circulation, le système nerveux central, les neuro­endocrines (hypophyse particulièrement), etc.

Ce petit crâne qui devrait être souple, fluide, presque « transparent », apparaît alors sous les doigts qui le palpent, comprimé, dur, fixé, tordu, serré, hostile, barrant ainsi la route aux mécanismes délicats qui président au développement harmonieux de l’enfant et de l’adolescent. Il est alors grand temps d’intervenir pour desserrer ce crâne qui appelle au secours, de libérer l’expression de ces forces qui ne demandent qu’une chose : faire leur travail dans l’équilibre et la joie des commencements.

En l’absence d’une telle intervention, l’enfant puis l’adulte peuvent alors être soumis à diverses pathologies organiques ou psychiques qui les accompagneront toute leur vie. Tout trouble du comportement organique ou psychologique, etc., présenté par un enfant, doit être exploré dans cette optique et éventuellement traité à ce niveau dès que possible, avant que les désordres ne s’organisent et obèrent définitivement l’avenir (d’autres causes naturellement sont possibles). Heureusement le tableau n’est pas toujours dramatique ni les lésions définitives, et celles-ci peuvent être réduites du moins en partie, selon les cas, plus tard de cette façon ; mais dans ce domaine le plus tôt est toujours le mieux.

Un autre exemple particulièrement significatif et éloquent est celui des conséquences d’un traumatisme brutal réalisé par un accident de quelque origine que ce soit, ce que les Américains appellent le « waiplash ». Ainsi par exemple lors d’un accident de voiture, des forces d’accélération de haute intensité ont été dirigées soudainement sur une zone plus ou moins limitée du corps, se sont accumulées à cet endroit, faussant ainsi le mécanisme dans cette direction, inscrivant dans les tissus un déséquilibre surajouté à ceux éventuellement préexistants, pouvant de cette façon multiplier leur nuisance réciproque.

Il en résulte le plus souvent des troubles divers, douleurs ou limitations séquelles persistantes, troubles psychiques du « syndrome subjectif post-traumatique », difficultés diverses de réinsertion profession­nelle et sociale, bien connues des médecins et des compagnies d’assu­rances, qui ne céderont vraiment qu’à l’application d’un traitement ostéopathique bien conduit, du moins dans la majorité des cas. Il faut avoir perçu la sensation fournie par les « compressions » ainsi réalisées, véritables nœuds d’énergie forcée et déviée qui aspirent comme un « trou noir » les forces vives du malade, et par leur dissolution sous la forme d’une inspiration élargie du mécanisme — comme une intense jubilation des tissus enfin libérés.

Les résultats thérapeutiques, ici plus qu’ailleurs encore, dépendront des qualités professionnelles et humaines du praticien dont l’engagement personnel correspond par honnêteté et obligation, à une véritable ascèse, et aux capacités réactionnelles du patient. Ces résultats, quelle que soit la pathologie, sont toujours sensibles, rapidement, si elle est récente, mais peuvent demander, dans les cas anciens et graves ou drogués, un délai plus ou moins long qu’il faut savoir attendre ; ce qui est logique, car la nature prend toujours son temps, le temps qu’il faut.

Naturellement cette médecine peut être associée à une autre approche thérapeutique, dans la mesure où c’est nécessaire. La compétence et la conscience du praticien doit permettre de reconnaître cette nécessité éventuelle, dans la connaissance de ses limites personnelles et des limites réactionnelles du patient.

Dans cette mesure, elle peut s’appliquer par exemple au traitement de diverses affections qui vont de « l’entorse bénigne aux suites immédiates ou lointaines des fractures, des migraines aux troubles psychologiques et neurologiques divers, des troubles présentés par l’enfant handicapé ou le vieillard affaibli, des déséquilibres sacro-iliaques aux sciatiques sévères, du coryza à l’asthme » [3], des troubles digestifs aux troubles des règles, des suites de traumatismes divers crâniens ou périphériques aux suites d’accouchement difficile – pour la mère et l’enfant – aux déficiences de l’état général, à la préparation aux épreuves sportives, scolaires ou autres.

Cette liste n’étant nullement limitative.

Il ne s’agit en tous cas sûrement pas ici de l’utilisation même à titre d’appoint d’un quelconque magnétisme, d’une transmission d’énergie sous quelque forme que ce soit, ou de quelque sophronisation. Si même et inconsciemment et « naturellement », dans la relation ainsi établie entre le praticien et le patient, il passe au gré des circonstances et des personnali­tés, « quelque chose de plus »…

C’est une médecine fonctionnelle, non agressive, physiologique et tissulaire, une médecine des « profondeurs » [4] et des origines, qui s’adresse au mécanisme fondamental inhérent à l’organisme humain que les mains de l’opérateur, devenues canal et appui impersonnel et adapté, rééquilibrent en soutenant son effort naturel pour conserver ou restaurer l’équilibre des forces et des formes de la vie et le confort maximum de la physiologie.

**

Il nous a paru nécessaire de témoigner après bien d’autres, pour cette approche médicale, véritable révolution dans l’art de soigner et qui rejoint par son ouverture et sa dimension spirituelle non évoquée ici les traditions métaphysiques et mystiques de l’antiquité orientale et indo-européenne. L’histoire de l’ostéopathie américaine ainsi conçue est déjà riche de grands noms, outre A.T. Still, W.G. Sutherland et R. E. Becker : Viola Fryman, H. Magoun, Edna Lay, Thomas Scooley, Robert Fulford, entre autres. Cette médecine a été occultée pendant près de cinquante ans par les pressions médicales officielles. Elle est maintenant reconnue et enseignée plus ou moins largement selon les États.

Plusieurs écoles ont vu le jour aux États-Unis depuis le début du siècle et récemment en Angleterre et en France ; elles se recommandent généralement des pionniers américains. Toutes n’ont pas respecté ou perçu la pensée profonde de ceux-ci. Nous ne prétendons pas détenir leur vérité, ni la Vérité ; c’est un travail de chaque jour, où il faut savoir se remettre en question.

Ces quelques lignes – un aperçu très incomplet et tronqué de la question – sont inspirées de l’enseignement de J.A. Duval, élève direct de Rollin E. Becker, lui-même élève de W. Sutherland, et d’une pratique quotidienne. Nous lui sommes reconnaissant de nous avoir transmis ce savoir, cette « praxis » et cette ouverture. Mais il y aurait tant à dire encore, et il reste tant à faire…

La littérature spécialisée dans ce domaine est surtout américaine, récemment française, les travaux scientifiques principalement américains et anglais. Nous ne sommes pas toujours d’accord, à la suite de J.A. Duval, avec leur conception et leurs conclusions.

Cette médecine n’est pratiquement pas connue des milieux médicaux officiels dans notre pays.

Nous remercions 3e millénaire d’avoir bien voulu accueillir ce témoignage qui s’inscrit tout naturellement dans la recherche d’un élargissement de la conscience pour une meilleure appréhension du cosmos et de la vie, dans l’esprit de la nouvelle gnose, celle de Princeton, des scientifiques modernes du colloque de Cordoue, du Néo-Hippocratisme.

________________________________________________________________________

1 J.A. DUVAL « Introduction aux techniques ostéopathiques d’équilibre et d’échanges réciproques », Maloine, 1976.

2 W.G. SUTHERLAND « The cranial bowl« , Ed. Julien Prelat, 1948.

3 L. et M. ISSARTEL « L’ostéopathie exactement », Laffont, 1983.

4 John E. UPLEDGER et Jon D. VREDEVOOGD « Thérapie crânio-sacrée », Trad. J.-Cl.. Herniou, Ed. IPCO.