Un prospecteur de l’invisible : Gustav Meyrink par Georges Diagerine

En 1868, Gustav Meyrink naît à Vienne. C’est le fils naturel du ministre d’État du Wurtemberg, le baron Karl von Varnbüler, sexagénaire, et de Maria Meyer, une jeune actrice contre laquelle Gustav Meyrink éprouvera longtemps une haine tenace. Il n’abandonnera son nom de Gustav Meyer pour choisir son pseudonyme que beaucoup plus tard : c’est le patronyme d’un officier saxon du XVIIe siècle, ancêtre de sa mère. Après avoir étudié à Hambourg, Gustav Meyrink se rend très vite à Prague, où il est l’élève d’une Académie commerciale. Puis il fonde la banque Meyer et Morgenstern. A cette époque, il se consacre au jeu d’échecs, au canotage et aux intrigues amoureuses. Après quelques désordres sentimentaux, il décide de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’il découvre brusquement l’occultisme qui le captive. Il s’y consacrera totalement pendant des mois. Puis il démasque les faux médiums et les charlatans qui pullulent à Prague et commence à s’intéresser au yoga et à l’alchimie. Toutefois, il continue à cultiver son propre don de voyance. Il expérimente avec prudence certaines drogues hallucinogènes, mais il s’en détourne bientôt pour participer à la création, en 1891, d’une loge théosophique : l’Étoile bleue.