le Docteur Maud Cousin : La circulation du sang


23 Apr 2010

(Revue Panharmonie. No 192. Octobre 1982)

La circulation du sang est au centre de la vie. Autrefois, on employait l’expression du « premier souffle », celui de la naissance, et du « dernier souffle ». Pour savoir si la personne était encore en vie, on regardait si le cœur continuait à se dilater.

Le mouvement est l’essence de la vie, le premier battement est très important chez l’enfant, car la mort survient lorsque cesse le mouvement. Le corps physique, minéral, s’arrête alors. Nous sommes un corps actif, vivant, dans lequel se produit un mouvement entretenu par la circulation qui permet les apports nutritifs à tout notre organisme.

La circulation a pour centre le cœur avec ses corollaires, les vaisseaux. Le cœur est une pompe qui meut la circulation. Son siège est dans la poitrine, un peu à gauche. Il est constitué par une boule séparée par une cloison, deux moitiés, gauche et droite, et par des clapets formant une autre séparation entre le haut et le bas. Le cœur gauche et le cœur droit se contractent et envoient le sang dans une double circulation :

— La petite circulation du cœur droit va dans les poumons, dans lesquels le sang se régénère en oxygène et rejette le gaz carbonique.

— La grande circulation du cœur gauche envoie le sang par l’aorte et par les artères jusqu’aux extrémités. Les artères se divisent, se ramifient pour arriver aux tout petits vaisseaux qu’on appelle des capillaires.

Ces vaisseaux sont très minces et n’ont plus qu’une couche de cellules, à travers lesquelles vont pouvoir passer du liquide et des globules blancs. Les globules rouges restent dans le système circulatoire, sauf en cas de « bleu », c’est-à-dire lorsqu’on abîme un vaisseau. Les globules rouges alors sortent de la circulation et forment des hématomes.

Les vaisseaux se réunissent en veines, redrainant le sang vers le cœur. Celui-ci remonte par les deux veines caves, par la veine cave inférieure qui collecte tout ce qui vient d’en-bas et par la veine cave supérieure qui collecte tout ce qui vient d’en-haut, pour l’acheminer vers le cœur droit et qui, ensuite, va repartir dans la petite circulation pour se réoxygéner.

La minceur des parois des capillaires permet la sortie de tout ce que contient notre circulation. Au niveau des extrémités, il y a un passage de liquides, de sérums, d’oxygène, de globules blancs qui filent entre les cellules lorsqu’il y a infection, suppuration. Ce sont les globules blancs, sortis des vaisseaux, qui détruisent les microbes et qui forment le pus quand ils meurent.

Tout ce qui sort du sang va nourrir les tissus. Puis le produit de la combustion rentre dans les lymphatiques pour revenir au cœur, qui, ayant un rôle de pompe, fait circuler le sang.

Comment se fait le passage de la circulation cardiaque à la circulation lymphatique ?

Au début, il y a les grands vaisseaux. L’aorte est un grand vaisseau assez élastique parce qu’il emmagasine une partie de l’énergie qu’il rend sous forme de pulsion. En conséquence, quand l’aorte se durcit avec l’âge, quand elle se sclérose, la tension est obligée de monter pour pallier à ce manque de souplesse des artères. Quand on fait passer un courant, il y a dilatation et puis, ensuite, contraction. Une partie de l’énergie qui a été donnée est rendue sous forme d’ondes.

Le cœur joue donc son rôle dans la circulation, mais il n’est pas le seul, il y a aussi d’autres facteurs. Et même, selon certains avis, la pression du cœur pourrait ne pas aller jusqu’aux extrémités dans tous ces petits capillaires. Comme les feuilles d’un arbre, il y en a de plus en plus. La pression alors se divisant, elle diminue. Il est vrai que la vitesse circulatoire du sang est relativement rapide au niveau de l’aorte et qu’elle se ralentit à la périphérie. Les vaisseaux sont devenus tout minces, environ l’équivalent d’une seule couche cellulaire, et les globules qui ont sept microns de diamètre se déforment un peu et, lorsque les capillaires sont un peu minces, ils arrivent à se faufiler.

Les problèmes sanguins de certaines femmes qui prennent la pilule viennent de ce que les globules, au lieu de garder leur forme normale, ayant des possibilités de se déformer, ont tendance à s’accumuler en accordéon et à reboucher les vaisseaux, ce qui cause des thromboses.

Les globules rouges, quoiqu’ayant la faculté de bouger, restent normalement dans les capillaires et libèrent par les parois l’oxygène qu’ils contiennent.

Mais en-dehors de l’oxygène, il y a aussi du liquide qui sort par les parois. Notre corps contient deux tiers d’eau. Nous avons en nous l’équivalent d’un milieu marin par le chlorure de sodium que contient cette eau. En outre, par l’intermédiaire des capillaires de l’intestin, des éléments nutritifs vont aller dans le foie, puis dans la circulation générale.

Il faut de l’oxygène pour brûler, mais il faut aussi du combustible à brûler et le combustible, c’est le produit de la combustion de la digestion qui va sortir des vaisseaux avec le plasma pour nourrir les cellules. C’est le plasma intercellulaire qui nourrit réellement les tissus. Entre ce liquide et les cellules se font de vrais échanges.

La circulation permet donc l’apport et l’élimination des substances. Le liquide qui reste et les globules rouges qui ont récupéré le gaz carbonique reviennent dans les vaisseaux, dans les veines. Ce qui fait que le sang dit artériel est chargé de gaz carbonique et il faudra qu’il repasse dans les poumons pour redevenir rouge.

Le premier passage se fait donc par la sortie du liquide de certains globules blancs et du gaz vers les tissus qu’ils nourrissent. Ceux-ci, une fois qu’ils ont pris ce qu’il leur faut, rejettent ce dont ils n’ont plus besoin : le gaz de la combustion, les produits de déchets, car les cellules ont un métabolisme. Ces déchets n’entreront pas dans les veines, mais dans les lymphatiques. Tout le long des veines, il y a des vaisseaux lymphatiques, dans toutes sortes d’endroits. Quand on a une infection, une inflammation, cela ne vient pas des artères ou des veines, mais des lymphatiques qui sont congestionnés et qui s’enflamment. Ce sont des canaux qui longent les veines dans le même sens, qui reviennent vers le cœur en se jetant dans les veines. C’est une circulation dont on ne parle pas beaucoup, parce qu’elle est moins systématisée. On ne la voit pas beaucoup, elle n’est pas colorée puisqu’elle ne contient pas de globules rouges sur son circuit. Il y a des ganglions lymphatiques qui sécrètent des globules blancs, lesquels vont aider à la défense de l’organisme.

Comment Rudolf Steiner concevait la manière dont se forme la circulation.

D’après Steiner, nous passons avant la naissance dans les mondes stellaires où nous récupérons certaines énergies.

Le cœur serait essentiellement sous la dépendance de la chaleur solaire. C’est un organe de chaleur qui puiserait sa force du soleil et qui correspondrait au métal or. L’or est le symbole du soleil et, à dose homéopathique, c’est un soutien du cœur.

Son énergie venant des mondes stellaires, le cœur évidemment n’est pas très matériel. Sa partie la plus matérielle est constituée par les anneaux fibreux justement là où sont ces deux valvules tricuspides et mitrales. Ce sont des régions qu’on peut soigner chirurgicalement.

Mais le rôle du cœur est un rôle rythmique. Le rythme est à moitié spirituel et à moitié physique. C’est toute une organisation de la vie. Tout est rythme dans notre vie, la veille, le sommeil, le jour, la nuit, l’inspiration, l’expiration, la dilatation du cœur, sa contraction, etc.

Selon Steiner, le cœur serait l’équivalent d’un soleil avec toute une constellation intérieure, à laquelle il donne des noms de planètes : Jupiter, Mars… Les énergies avec lesquelles le cœur est en rapport ont deux pôles, de même que l’homme est fait de deux pôles avec une région intermédiaire qui abrite le cœur, le pôle sensoriel, la tête, qui reçoit les sensations (les yeux, les oreilles, etc.) qui ont une action sur le sang. On se nourrit plus qu’on ne le croit de toutes les sensations que nous recevons, les bruits, la pensée. Quelqu’un qui ne reçoit aucun son dépérit, parce que le son est un élément nutritif important. Le pôle sensoriel est un pôle de commande.

Le deuxième pôle est un pôle actif du mouvement, de la volonté qui, pour Steiner, représente à la fois le métabolisme digestif et les membres et, entre les deux, il y a cette zone rythmique, le cœur. C’est ce qu’il appelle « la tripartition de l’être ».

C’est le rôle du cœur et des poumons de régulariser l’organisme, d’équilibrer les deux pôles. Et il arrive à cette conclusion que le cœur est l’organe sensoriel et qu’il guérit. C’est une notion qu’on n’a pas dans la médecine courante.

Le cœur a un rapport avec tout l’organisme parce que tous les métabolismes vont se retrouver dans le sang et qu’il a une fonction de régulation. Il a aussi un rapport avec tout le cosmos, le macrocosme et le microcosme se ressemblent.

Les chiffres cosmiques et les chiffres de la circulation sont assez frappants : il y a 72 pulsations en moyenne pour 18 respirations à la minute (une respiration pour quatre pulsations). 18 respirations x 60 minutes x 24 heures = 25.920 qui est le chiffre de la révolution terrestre des précessions des équinoxes. Dans ces chiffres, on peut peut-être trouver un reflet entre le microcosme et le macrocosme avec le cœur et les poumons au centre. Steiner essaie de relever dans notre organisme des correspondances entre les organes et les planètes.

Comment se forme le cœur dans notre organisme ?

Ce n’est pas le codeur qui commence à se former. L’expérience montre que dans l’embryon il y a déjà une circulation avant que le cœur ne soit formé, car au fond la partie végétative commence par avoir une circulation (dans les plantes il y a une circulation qui fait monter la sève). La circulation précède la formation du cœur. On peut dire que l’embryon passe par tous les règnes. L’embryologie retrace l’ontogenèse.

Avant d’avoir un corps physique sur cette terre, où on s’est densifié au maximum, l’organisme n’était dans les monts de Saturne que de la chaleur. Sur l’ancien Soleil, on est devenu un peu plus dense, c’est-à-dire de l’air. Ce qui deviendra le corps physique est passé de l’état de chaleur à l’état gazeux. Sur l’ancienne Lune, il est arrivé à l’état liquide et sur Terre à l’état solide. A chaque stade un règne s’est développé. Au deuxième stade est apparu un corps éthérique qui correspond au corps végétatif, aux plantes. Au troisième stade est apparu un élément de sentiments qui est le corps astral qu’on retrouve chez les animaux. Dans notre règne, nous sommes faits de quatre plans : un plan physique qui correspond aux minéraux, un plan éthérique qui correspond aux végétaux, un plan astral qui correspond aux animaux, aux sentiments avec des mouvements de l’âme (passions, émotions, etc.), puis le Moi, personnalisé, qui est capable de penser et de mémoriser et qui se sait lui-même. Le cœur se situerait à un endroit qui correspondrait au cou, il a des branchies, il est donc très en rapport avec la respiration.

Le cœur correspond à l’astral, c’est le reflet de l’âme. Il est influencé par les sentiments (troisième stade après l’état végétatif de la circulation). C’est un élément chaud qui dégage beaucoup de chaleur du fait de ses contractions. Il est un centre dans lequel le Moi a un rôle important parce qu’on prend conscience du Moi au moment où il se contracte, avant que le sang parte dans la circulation.

On dit qu’après avoir respiré, avant d’expirer, il y a un moment très court où on est dans un absolu.

Le cœur est l’endroit où il y a le plus de récepteurs sensibles, spécialement dans la paroi interventriculaire. Du côté droit ou gauche, c’est-à-dire du côté des poumons ou de l’organisme, il y a des sensations de froid, de chaud, le contenu de l’air d’un côté et les produits de la digestion de l’autre. Ce sont deux facteurs que le cœur doit harmoniser en permanence.

Pendant la grossesse, l’enfant n’a pas de respiration pulmonaire, c’est la mère qui respire pour l’enfant quoique celui-ci possède déjà un poumon. La respiration ne devient complète qu’au premier souffle, les poumons se gonflent et le passage du cœur droit au cœur gauche se ferme. Un côté va vers la petite circulation et l’autre vers la grande.

Ce sont l’astral et les sentiments qui font battre le cœur. Les battements du cœur n’accélèrent pas la circulation, mais au contraire la freinent et ralentissent la vie végétative. Il y a une pulsion, mais il y a un moment de blocage, d’arrêt. Ces pulsions donnent une certaine forme de vie qui est le reflet de l’âme. Cela ralentit en fait la vie végétative. Les sentiments et l’intellect usent l’organisme, ralentissent la vie, la font mourir. Il faut réparer pendant la nuit.

Quand la vie était sans pensées, elle était peut-être plus simple et sans sentiments. C’est le cœur qui la freine et la mobilise à son rythme. Les troubles de rythme sont les suites des émotions et de l’âge et sont représentatifs des problèmes que nous avons dans la vie.

Il y a donc une circulation proprement dite et une onde de pulsions qui n’ont pas la même vitesse. Il y a une vie profonde qui fait circuler le sang et notre personnalité, nos sentiments qui la modulent en la retenant et en l’activant à son image. Cette circulation est donc le reflet de ce que nous sommes.

Il faut dire qu’on a beaucoup de maladies du cœur en ce moment et qu’il y a bien des raisons à cela, parce que le cœur est justement le reflet de tout ce qui nous entoure. Ce qui nous est agréable nous nourrit, et ce qui nous est désagréable nous démolit et vient fatiguer le cœur. Excès de nourriture sensorielle.

La lyre, la guitare ont des vibrations très équilibrantes. Dans le hatha yoga, on apprend à maîtriser les battements du cœur par la respiration. On fait faire des arrêts vides et pleins pour contrôler les battements. La respiration est un des seuls actes qu’on peut commander sciemment, ce qu’en général on fait inconsciemment, qui peut passer de la vie consciente à la vie inconsciente en permettant d’agir sur tout ce métabolisme inconscient.

Le cœur a un rôle important sur le sympathique et le parasympathique d’une part parce qu’il a des filets nerveux en rapport avec eux et favorise leurs actions qui activent ou freinent. Ainsi, la syncope ne dure pas indéfiniment, parce que le cœur reprend son rythme de base qui est plus lent.