Annik De Souzenelle : Les lettres hébraïques : des énergies vivantes 10


29 Mar 2010

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Le titre est de 3e Millénaire

(Revue Panharmonie. No 184. Novembre 1980)

Compte rendu de la rencontre du 8.5.1980

Nous étudions aujourd’hui la lettre TAV, la dernière de l’alphabet hébraïque, ayant pour nombre 400, homologue de DALETH (4) et du Mem (40). Elle signifie « la marque », « le signe ». A l’origine elle était représentée par une Croix. Puis, à partir du XIIe siècle, elle s’est redressée, formant le Tau grec et notre T actuel, auquel il s’est identifié, nous ne savons pas par quelle surprenante évolution.

Pourquoi le signe de la Croix est-il à la base de la lettre TAV ? C’est peut-être parce que la Croix illustre le mieux ce que nous appelons les « symboles », mot qui signifie « lancé ensemble », c’est-à-dire réunir deux éléments qui étaient séparés. C’est le rapport du signifiant au signifié, dont ce dernier est apparemment séparé, mais qui, en réalité, est l’élément de base qui permettra de remonter à l’archétype dont il procède. Autrement dit, tout ce qui est divin est dans l’Unité, lorsqu’il s’exprime dans la manifestation, il se crucifie, car il entre dans la dualité. Le TAV est le cordon ombilical qui relie le haut au bas, qui est la voie de l’incarnation et, en même temps de la crucifixion. Chaque élément de la Création est relié par le cordon ombilical à son archétype, c’est-à-dire le signifié à son signifiant. A chaque niveau de création, la manifestation implique une crucifixion, parce que celle-là se fige dans l’espace-temps. Il y a un retrait du Divin dans une forme apparente qui cache l’archétype, mais qui non seulement en même temps l’exprime, mais qui porte en soi toute l’énergie nécessaire pour pouvoir remonter jusqu’à lui.

Les Hébreux emploient le mot Tsintsoum pour parler de la contraction du Divin qui se cache dans le temps, moteur profond de l’évolution de chaque élément de la Création. Chaque fois que nous avons à franchir un échelon de l’échelle, nous sommes crucifiés à la terre à laquelle nous arrivons. Nous sommes des passagers sur cette terre, mais aussi sur toutes les terres intérieures que nous devons conquérir et qu’il faudra lâcher les unes après les autres, pour finalement les conquérir toutes. L’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, ou plutôt de la dualité, sera alors totalement intégré.

Adam a voulu goûter de cet Arbre avant d’avoir véritablement conquis toutes ses terres intérieures. Le drame a été au bout, c’est-à-dire la crucifixion du Divin qui descend dans le monde et crucifixion du monde qui doit retourner au Divin. Et c’est ce que nous vivons actuellement de façon très douloureuse.

Deux aspects vont parfaitement illustrer cette descente et cette remontée. C’est le Shabat qui est l’objet du septième jour de la Création, quand tout a été mis en place et qu’il est dit : « Dieu se retire ». Nous en trouvons l’explication dans la manière dont se construit le mot shabat. Le BEITH se trouve au centre, c’est la Création et les deux lettres qui l’entourent forment le mot CHETH qui donnera le nom de SETH, frère redonné à Caïn à la place d’Abel qu’il a tué et qui est à la base de toute l’humanité, puisque c’est à partir de SETH que nous voyons apparaître tous ces Patriarches qui sont l’humanité en marche.

CHETH qui veut dire « le fondement », « la base », est un mot très intéressant, parce qu’il est formé du SHIN qui a pour valeur 300 et du TAV qui a pour valeur 400. Et vous vous souvenez que, par analogie le 3 et le 4 ont reçu l’ordre de ne jamais se séparer, parce que l’un est mouvement et l’autre structure. C’est le GUIMEL et le DALETH qui se réunissent dans un juste rapport, donnant le mot GAD, bonheur, ou encore toit de la maison. Nous les retrouvons tous les deux : le SHIN = 300 qui est cette pierre des profondeurs,  notre noyau qui contient toute l’énergie, notre force musculaire, et le TAV qui représente les structures de ce SHIN. C’est donc le fondement de tout être, de toute création et de chacun de nous en particulier.

Ce retrait divin est un fait de base et le fondement même de la Création, Dieu se retire tout en ne se retirant pas, car s’Il se retirait, ce serait la fin de la Création qui n’aurait plus aucun pouvoir de retourner à son archétype. Il y aurait eu cet expire qui est la Création, mais il n’y aurait pas cet inspire qui est notre histoire. C’est cela le Shabat.

Nous avons vu que le BEITH est un même mot que le BATH, avec un Yod au milieu et qui est la deuxième lettre de l’alphabet, qui a la valeur 2 et qui signifie « la maison ». Or qu’est-ce que la maison ? C’est la fille grosse du Yod, c’est la Vierge d’Israël qui doit mettre au monde l’Enfant Divin. Elle est cette Vierge construite sur le SHIN, cette force nucléaire à la base de la Création, qui est le noyau central à partir duquel chacun est programmé et duquel chacun de nous participe par le Nom secret que nous ne connaissons pas tant que nous ne le sommes pas devenu, mais vers lequel nous allons. Et ce SHIN en nous qui forme le SHEM, le nom, est cette force nucléaire par laquelle, lorsque nous avons trouvé un tout petit peu notre place dans le monde, nous commençons à être en communication, qui nous module, nous vibre et nous donne la possibilité du retour à l’Unité. Voilà ce qu’est le SHIN pour chacun de nous, pour la rose, pour le moindre brin d’herbe. Il est notre être propre qui, à partir du moment où nous en devenons conscients, est à la base de notre processus d’évolution. L’évolution c’est la mise en rapport avec le SHIN. C’est là encore une manière de lire le mot SHABAT.

Le SHABAT, c’est-à-dire Dieu se retirant, tout en restant présent très discrètement, nous rend libres afin que nous puissions « jouer » avec Lui, Le nier ou Le faire vivre ou Le devenir. La véritable liberté est justement de devenir, c’est là que nous nous libérons au lieu d’être enchaînés, l’autre n’est qu’apparente. C’est le mot TSEMAH, la germination, qui illustre le mieux le travail de la création. La germination, c’est le germe qui contient le Tsintsoum divin, la « Kenos » divine, comme l’appellent les Pères de l’Église. Vous voyez la contradiction apparente, il y a retrait divin dans le Tsintsoum et puis, à partir de là, TSEMAH, la germination du Divin en chacun de nous, que nous l’acceptions ou le refusions, l’accomplissions ou non.

La Création toute entière, comme notre histoire, est un immense tissu fait d’une trame et d’une chaîne qui sont d’une part le SHAMAÏN — le SHEM, le germe en nous et, d’autre part, notre vie de chaque jour que nous assumons à travers toutes nos terres successives. Et c’est pourquoi le signe de la Croix est fondamental.

Il est important de connaître le petit mot ETH, fait de la première et de la dernière lettre de l’alphabet, en grec nous dirions de l’Alpha et de l’Oméga. C’est pour les Chrétiens toute l’Apocalypse qui est basée sur ce travail de l’Alpha et de l’Oméga. C’est d’ailleurs pareil pour les Juifs, puisqu’ils disent que d’aller du Aleph au Tav, c’est accomplir toute la Loi, c’est arriver à l’Unité. Sous des formes différentes nous parlons le même langage.

Ce mot ETH est si important qu’il ne se traduit pas. Il ne signifie pas quelque chose de formel, mais il contient tout dans l’informel. Lorsqu’Eve met au monde Caïn, elle dit : « J’ai acquis un homme » : ISH-ETH-YOD-HE-VAV-HE. On traduit ETH par « à l’aide de ». C’est un non-sens. ETH introduit un complément direct qui est la clef de toute la dimension de YOD-HE-VOV-HE, à savoir que ISH, l’Homme, même après la chute, reste à la ressemblance de YOD-HE-VOV-HE, avec toute la dimension de l’homme dans son devenir. C’est sa structure. Chacun de nous est ce YOD-HE-VOV-HE et chacun de nous participe au Nom sacré. Le drame exprimé par ce mythe de la chute, c’est l’homme qui a perdu le chemin de la ressemblance.

Entre ALEPH et TAV il y a tout le dynamisme de notre devenir, c’est toute notre évolution qui se profile. L’Homme reste intact, dit l’Eglise Orthodoxe, ce que nie l’Eglise Romaine. Ce petit ETH, c’est toute la Loi dans sa profondeur signifiante qui est ramassée du ALEPH au TAV, qui recouvre non seulement le Judaïsme, mais aussi le Christianisme qui est contenu dans le Judaïsme, mais à d’autres niveaux de lecture.

Les lettres s’étant présentées en commençant par la dernière, devant le Saint-Béni-Soit-Il, le TAV, donc la première à se présenter, avait toutes les raisons pour espérer obtenir de commencer la création du monde, se référant au mot EMETH (Aleph – Mem – Tav) qui veut dire « vérité ». « Terminant ce mot, dit-elle, j’ai droit de présider à la création du monde ». Le Saint-Béni-Soit-Il la renvoie et lui dit : « Tu en es en effet digne, mais il ne convient pas que je me serve de toi pour opérer la création du monde, car tu es destinée à être marquée sur le front des fidèles qui ont observé la Loi du ALEPH au TAV et à être mêlée ainsi à la mort ». C’est le ALEPH qui passe par des morts, c’est-à-dire par des crucifixions, ainsi que nous l’avons déjà dit.

Le mot EMETH qui est aussi la Création, qui est l’Homme en particulier, allant de l’ALEPH au TAV, passe par le MEM qui est la matrice dans laquelle se vit évidemment une mort. Non la mort telle que nous l’entendons, mais identifiée à une mutation, c’est-à-dire au début d’une germination fantastique. Le Christ va dire : « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ». Celui qui nous mène de l’ALPHA à l’OMEGA à travers des mutations successives, c’est bien la dimension christique qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, parce que la Vie est cette maternité. Les deux premières lettres du mot EMETH, c’est la mère. Et lorsque Pilate demande « Qu’est-ce que la Vérité ? », le Christ ne répond pas, mais Il va se faire crucifier. Il va répondre par son geste, par son être tout entier, accomplissant le mot EMETH.

Dans sa réponse, Dieu dit que le TAV est réservé pour être mis sur le front des hommes restés fidèles à l’accomplissement de la Loi. Et le premier qui reçoit ce signe, c’est Caïn et pourtant, il n’a pas commencé par aller de l’ALEPH au TAV. Encore une de ces contradictions de la Bible. Caïn a pris conscience de son immense erreur « Mon sort est dramatique, je vais être errant et vagabond sur la terre et quiconque me rencontrera me tuera ! » Dieu, à ce moment-là met le signe sur son front, afin qu’il soit protégé. C’est aussi ce même signe, le TAV, qui a été mis sur le fronton du portail des Hébreux le soir de Pâques quand, dixième plaie d’Egypte, l’Ange exterminateur va exterminer tous les aînés des fils des Egyptiens. Ce signe va protéger les enfants d’Israël. C’est la marque de ceux qui sont dans cette grande gestation du ALEPH au TAV, parce qu’ils vivent une mort pour une résurrection. Car, s’il y a naissance, c’est bien ce passage de la Mer Rouge.

De même, dans le Livre d’Ezéchiel ou dans l’Apocalypse, sont marqués ceux qui doivent entrer dans le Jérusalem Céleste, donc ceux qui sont arrivés jusqu’au TAV.

Caïn, c’est l’homme qui, même s’il a commis un crime des plus dramatiques, reçoit toujours à nouveau la possibilité de son accomplissement. Dieu va aller le rechercher là où il se trouve pour lui reproposer l’alliance et lui permettre de repartir. Car si le crime de Caïn est abominable, le crime contre l’Esprit est pire encore.

Tout ce qui est mystère pour les Chrétiens, le mystère de l’incarnation, Dieu qui se fait homme, est dû au fait que nous ne sommes pas encore arrivés au TAV. Notre intelligence actuelle ne peut le comprendre, comme elle ne peut définir Dieu, ni la preuve de Son existence. Nous en parlons intellectuellement, mais nous ne pouvons en parler par expérience. Personne, pour l’instant, ne peut parler du TAV.

HET, c’est le non-temps, tandis que ETH, est le temps, la durée qui nous est donnée jusqu’à ce que nous ayons assumé toute la ténèbre et que nous fassions la totale lumière. C’est alors que nous entrerons dans le non-temps ; le HET, que les physiciens nomment « l’ailleurs » et que l’on ne peut encore traduire. Vous trouverez en particulier le ETH dans l’Ecclésiaste où il est dit : « Il y a un temps pour dormir, un temps pour se réveiller, un temps pour vivre, un temps pour mourir, un temps pour semer, un temps pour cueillir, etc… » C’est tout le temps des semailles à la moisson, toute la dualité que nous avons à assumer.

Cet aspect du TAV qui me semble très important, je le relie au quatrième jour de la Création, à la mise en place des deux luminaires dans le Ciel, appelés le « Grand » et le « Petit », et que nous traduisons par « Soleil et Lune ». Mais en fait, cela dépasse de beaucoup le soleil et la lune extérieurs. Ce sont nos lumières intérieures présidant à nos montées dans la lumière et à nos descentes dans la ténèbre. Par analogie, le TAV est lié à la mise en place des deux Arbres de l’Eden, dans le deuxième chapitre de la Genèse, l’Arbre de Vie et l’Arbre de la Connaissance de la dualité. Cette dualité dans laquelle nous trouvons toute l’incarnation, les deux branches de la Croix. Ces deux luminaires dans la première Genèse sont aussi symboles de l’Espace-Temps.

En hébreu le mot « soleil » est SHEMESH, il contient le SHEM, c’est-à-dire le nom qui est aussi la place, le nom de celui qui a trouvé sa place et vice versa, de celui qui trouve sa place et qui trouve aussi son nom.

Tous les textes bibliques lient la lune au temps. C’est pourquoi je fais ce parallèle avec les deux Arbres de la seconde Genèse qui sont liés à l’espace-temps, l’Arbre de la dualité étant lié à l’espace et l’Arbre de Vie au temps qu’on appelle non-temps. Le temps et l’espace sont la même réalité, car le temps nous est donné en fonction de l’espace que nous vivons, c’est-à-dire de notre champ de conscience du moment. Et selon les différents champs de conscience auxquels nous accédons, le temps sera différent. Nous le voyons sur le plan psychologique, mais c’est encore bien plus vrai sur le plan spirituel, celui de nos espaces intérieurs. Au fur et à mesure que nous nous élevons, nos espaces intérieurs, le temps, est de plus en plus court. Toutefois il est implacable, rigoureux. Si nous voulons aller trop vite, nous nous cassons la figure !

Mme Langevin : Dans la méditation on perd la notion du temps.

A. de Souzenelle : Parce qu’on entre dans un non-temps. C’est d’ailleurs la seule façon qui nous fasse rejoindre ce lieu privilégié, ce lieu du MI, ce milieu de nous-mêmes.

Une participante : Dans le sommeil aussi on perd la notion du temps.

A. de Souzenelle : Dans le sommeil aussi le temps est totalement différent, l’espace aussi. Ce sont des incursions dans nos profondeurs.

Avant de nous quitter je voudrais vous montrer le premier mot de la Thora, le mot BERESHIT. Il va couronner notre enseignement du ALEPH et du TAV. Il est absolument inséparable du deuxième mot BARA, BERECHIT BARA ELOHIM. Comment le traduire ? Nous y trouvons la racine REICH qui signifie « la tête », le « principe ». Il reste BEITH, c’est la maison, donc la maison du principe. Le mot est tout entier contenu là, dans ces deux premières lettres. Or qu’est-ce que BAR ? C’est le grain de blé. Nous retrouvons là aussi le Fils, celui qui a à mourir en terre pour renaître, voyez Barabbas. RAB veut dire « la croissance », c’est toute la promesse du fruit, donc toute la vie est contenue là.

Si vous prenez les deux premières et les deux dernières lettres, cela donne : BERIT, c’est-à-dire « l’alliance », l’alliance de feu. Et même si nous prenons le Yod, BERIT, est aussi l’alliance avec l’homme, l’alliance de l’époux avec son épouse, puisque le feu c’est tout l’Eros. C’est donc l’alliance de Dieu-Epoux avec sa Création-Epouse. D’autre part nous avons encore la première et la dernière lettre, BATH, « la fille », la Vierge d’Israël qui contient tout le Principe, qui contient le Yod, le feu, la tête, qui contient tout.

TESHOUVAH est inséparable de SHABAT retourné. C’est « la pénitence », dans le sens de retournement, prise de conscience. Retournement de ceux qui allaient vers la mort et qui remontent vers la vie. C’est encore un aspect de ce mot. On pourrait en trouver d’autres, ô combien ! ALEPH et REICH qui sont les lettres de la lumière, YOD et REICH qui sont les lettres du sacré, de la crainte et du tremblement. Il y a des Qabbalistes qui sont restés des vies entières sur ce seul mot.

Si vous coupez le mot en deux, vous avez d’un côté BARA, créer, et de l’autre SHIT. Créer, c’est mettre en lumière, tandis que le mot SHET, c’est la base, un aspect du repos, du fondement, de l’arrêt, du retour aux Sources, au SHIN. BARA-SHIT-BARA, le rythme à deux temps : créer, se reposer (aller dans les profondeurs), créer à nouveau…

Et puis, il y a ELOHIM, c’est aussi dans les profondeurs ténèbre-lumière-ténèbre. BERESHIT-BARA-ELOHIM (les Cieux)  ERETZ (la terre, la base). Vous voyez ces deux temps, ce rythme de la phrase ! C’est extraordinaire !

Un autre aspect encore. Autrefois dans la Bible, il n’y avait pas d’arrêt entre les mots, on pouvait donc les séparer à n’importe quel endroit. On pouvait, par exemple, mettre BERESH – ITBARA – BERESH, c’est le même mot pratiquement, le Principe et ITBARA, c’est la forme pronominale du verbe créer. Dans ce cas on dirait : « Dans ce Principe, se créent les Dieux ». C’est le monde divin qui s’auto-crée. C’est intéressant et cela vous ouvre des perspectives immenses.

Un mot hébreu est à prendre comme un joyau, comme un cristal qu’on regarde sous toutes ses facettes et dont on atteint le cœur que lorsqu’on est arrivé intérieurement au TAV. Par la méditation, par la contemplation du mot, c’est-à-dire par le chemin vers le TAV, on arrive à le faire parler, à entrer en communication avec lui, à ce qu’il ouvre une partie de son cœur.

Compte rendu de la rencontre du 16.6.1980

C’est aujourd’hui notre dernière étude des lettres hébraïques. Le temps qui nous est imparti ne nous permet pas d’approfondir les lettres finales, ce qui, n’importe comment, exigerait plusieurs mois, sinon des années, cette étude ne se terminant jamais. Nous allons essayer de dire l’essentiel.

Les lettres finales ne sont autres que certaines lettres déjà étudiées et qui ont une valeur et un graphisme différent lorsqu’elles se trouvent à la fin d’un mot. Nous avons vu le TAV la dernière fois, il vaut 400. Or entre le TAV et l’achèvement de toute évolution connue qui se termine par le ALEPH final de valeur 1000, il nous reste à voir les 500, 600, 700, 800 et 900. Le CAPH en est la première, elle vaut 20 au début du mot et 500 en finale où elle va prendre la forme d’un DALETH prolongé. Elle est en général accompagnée de deux petits points qui indiquent qu’elle se prononce « che », prononcé à l’allemande, et « cha », lorsqu’il y a une barre. Exemple : le LAMED plus le CAPH final se disent LECH ou LECHA. C’est l’ordre donné par Dieu à Abram de quitter Our, sa ville natale : « Va ! quitte ton pays ! »

Pourquoi le CAPH a-t-il pour valeur tantôt 20, tantôt 500 ? Je me suis souvent posée la question. Mon avis personnel qui serait à vérifier par des Qabbalistes, c’est que, lorsqu’on arrive aux centaines, on entre dans un plan cosmique, dans un plan de conscience qui n’est pas commun à tous, mais qui est celui de l’homme arrivant à sa réalisation cosmique, c’est-à-dire, à sa réalité.

Qu’est-ce donc que ce CAPH final qui rejoint le 5 par le 500, qui, au début ou à l’intérieur d’un mot a pour valeur 20, et qui signifie « le contenant »? C’est que avec le 5 qui est le souffle et le 50 qui est le poisson, le germe, nous avons le contenu, l’extérieur devient l’intérieur. Dans une certaine mesure cela confirme ce que j’ai dit, car lorsque l’homme est totalement réalisé, l’extérieur devient l’intérieur, l’intérieur devient l’extérieur, la droite devient la gauche, la gauche devient la droite et la droite devient la gauche, etc. Ceci est exprimé dans un très beau logium de l’Evangile de Thomas.

Par ce CAPH essentiellement lié au nombre 2 nous touchons le BEITH, la maison, l’altérité par rapport au 1. Dieu pose un autre que Lui-même. C’est toute la Création, c’est vraiment l’amour de l’autre qui apparaît avec le BEITH. Et, avec le CAPH lié au 20, nous sommes aussi devant ce « Toi », germe de tous les possibles, puisque ce « Toi » est à nouveau là comme une espèce de départ, c’est un germe cosmique. L’homme totalement réalisé n’est encore qu’un germe cosmique qui va réintégrer l’Unité.

LAK(ch)A est l’impératif du mot « aller » et LEK(ch) « Va » dont on a fait un pléonasme en disant « Va, quitte ton pays, va vers celui que Je te montrerai… » et qu’on devrait au contraire traduire par « Va vers toi-même, va vers les profondeurs de ton être… » Dieu ordonne à Abram d’aller vers sa totalité.

Le mot HEK est ce palais de la bouche qui donne toute la théorie des Hekaloth, les demeures mystiques de la Divinité, toute cette série de Palais qui est une grande contemplation mystique chez les Hébreux, puisque cela représente la traversée de toutes les terres intérieures, de toutes les dernières terres, là où l’épouse va se parer de robes toujours plus somptueuses, jusqu’à revêtir la robe de noce.

Faisant suite au HEK, HOSHEK est la ténèbre des grandes profondeurs, c’est ce Palais dans lequel est serti le SHIN, cette pierre précieuse enfouie dans les plus grandes profondeurs de nous-mêmes, que nous ne pouvons atteindre qu’en traversant cette ténèbre. Lorsque le Christ est monté sur le Thabor pour se montrer dans Sa lumière cosmique, Il enjoignit aux Apôtres de n’en rien dire « … jusqu’à ce que le Fils de l’Homme soit descendu aux Enfers est ressuscité. » Le SHIN n’est pas dans la lumière d’en-haut, mais dans les profondeurs dans lesquelles nous avons à descendre pour le trouver.

Le mot MELEK est aussi à retenir. C’est à cause de lui que le MEM et le LAMED ne devaient pas quitter leurs places de choix, MELEK signifiant le « Roi ». « Malkouth » c’est le Royaume, la dernière Séphira. Les deux dernières lettres, MEM et LAMED sont celles qui déterminent la circoncision et le Roi n’est encore, après toutes ces circoncisions, que celui qui est capable de passer par le trou d’une aiguille comme le chameau. C’est la dernière réalisation de l’homme qui donc, se fait germe. Le Roi est celui qui se refait germe cosmique, qui se fait tout petit.

Nous avons étudié le genou, BEREK, avec le symbolisme du corps. BAR que nous retrouvons là, est le grain de blé et aussi le fils. C’est le grain de blé qui doit mourir en terre pour ressusciter. C’est le même mot qui est prononcé BROUK et qui est « la bénédiction ». Pourquoi ? Parce que les deux genoux sont les deux petites couronnes, les rotules qui déjà au départ, promettent la couronne unique en-haut. Le 2 qui est lié au 1, est aussi lié à la terre, car il n’y a pas de bénédiction, de puissance passée à quelqu’un, sans que celui-ci mette genoux à terre. C’est l’homme qui est essentiellement relié par le genou au Ciel et à la Terre. Le genou est aussi lié à une notion de naissance, car lorsqu’au cours de notre vie, nous avons à faire des naissances, elles entraînent souvent des répercussions dans les genoux.

Retenons encore le mot DEREV, « le chemin ». Nous y trouvons la racine DOR qui signifie « le cycle », donc la notion du temps. Ce daredare que nous avons traduit par « vitesse ». C’est aussi le mot qui signifie « épine » le temps qui va devenir pour nous une épine en agissant sur le vieillissement, l’usure, alors qu’il nous est donné pour traverser tous les champs de conscience. Et lorsque le chemin est accompli, c’est la fin des temps, des « cycles ».

Passons à présent au MEM final qui s’écrit en carré et qu’il ne faut pas confondre avec le SAMEK, et qui a pour valeur 60. Le MEM vaut 40 et le MEM final 600. Nous retrouvons dans le 40 la notion de « matrice », alors que le 6 est au contraire l’homme droit, le crochet, le VAV, celui qui relie le Ciel et la Terre en même temps que tous les éléments de la Création, et que le 60 représente l’Arbre, ce sur quoi le monde s’appuie. Nous sommes donc loin de la matrice, nous sommes dans quelque chose qui est déjà formé, déjà réalisé. Ce qui était matrice, devient Arbre complet qui, ayant donné toute sa sève, arrive à son épanouissement et a pour valeur 600. C’est pourquoi toute cette connaissance de 666 qui est le MEM final, nous met devant un nombre d’Homme totalement accompli qui est passé par toutes les phases, qui a fini de naître à lui-même, ayant passé par toutes les maternités, toutes les parties et qui entre à ce moment-là dans le Royaume.

Le mot EM, c’est « la mère ». Il peut se prononcer de deux manières : IM qui veut dire « avec » et AM qui veut dire « le peuple ». Le peuple non dans sa signification sociale, mais dans celle de masse indifférenciée. L’un assume la maternité, l’autre le peuple. Nous savons tous que la foule, étant inconsciente, est considérée comme dangereuse. Il suffit qu’il y ait un meneur pour qu’elle le suive. Et quand la peur la prend, elle ne se connaît plus, elle devient folle. La foule est liée a l’inconscient, elle n’a pas encore commencé à faire sa descente dans les profondeurs pour pouvoir se contrôler, pour devenir véritablement mûre. Lorsque l’humanité toute entière sera consciente, elle sera en marche. C’est le conscient lié à l’inconscient, puisque c’est un accouchement successif. L’inconscient par rapport à OLAM « le monde » est encore dans une matrice, est encore dans la ténèbre.

En ajoutant un LAMED au milieu de EM nous avons ELEM qui veut dire « la vierge » ou « l’homme vierge » au masculin, c’est-à-dire la jeune fille ou le jeune homme encore nubiles. Pour l’Hébreu il ne s’agit pas dé virginité physique, mais essentiellement de cette descente, de ce mariage avec nous-mêmes, ce LAMED encore prisonnier de AM, c’est-à-dire de son inconscient, n’a pas encore commencé à vibrer.

Et quand ce mot est prononcé OLAM, c’est « le monde » extérieur qui est encore vierge parce que encore lié au peuple, il n’a pas encore commencé à faire sa naissance dans les profondeurs. Il indique aussi une notion du temps, d’un temps indéfini, qui n’en finit pas et qu’on traduit d’une façon erronée par « éternellement ». L’éternité est transcendante au temps. Il peut y avoir un temps qui n’en finit pas sans être pour cela éternel. L’éternité est une qualité de non-temps.

Lorsqu’après la chute Dieu dit « Voici l’Homme est devenu comme l’un d’entre nous pour la connaissance du bien et de son contraire. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre l’Arbre de Vie, d’en manger et de vivre éternellement », il serait mieux de dire : « … L’Homme est devenu « comme s’il était Un », empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre l’Arbre de Vie, d’en manger, de peur qu’il ne vive éternellement ». C’est-à-dire de vivre OLAM. Dieu va le protéger et le remettre à zéro pour qu’il recommence le chemin qu’il a pris de travers, croyant qu’il était déjà arrivé. Or s’il mange de l’Arbre de Vie il va se figer dans cette position là et ne pourra jamais prendre conscience de son erreur. Il vivra indéfiniment dans le temps sans passer à l’éternité. Il restera toujours vierge. Ce n’est pas une punition de Dieu, mais une protection. L’homme reste AM au lieu de rentrer dans la fonction de EM. Et lorsque nous avons pris conscience d’être AM, le AYIN se transforme en ALEPH et nous commençons tout le travail de EM. Le monde aussi entre alors en vibration et c’est pourquoi il peut devenir, se transformer. Le monde tout entier peut devenir l’épouse.

Je vous rappelle que le nom de la lettre MEM est MAÏN, les Eaux… Les Eaux sont la réunion du monde du MI avec le monde du MA.

Qu’est-ce qu’entrer dans le MEM final ? Le mot qui s’impose là, c’est SHEM. On ne peut parler du SHIN sans parler du SHEM, « le nom ». Cette pierre précieuse, le SHIN, n’est autre que le Nom, ce que j’appelle le « son-germe » au profond de chacun de nous, au rythme duquel nous sommes modulés et celui qui retrouve ce son devient Dieu, parce qu’il participe au Verbe. Nous sommes là devant le MEM final qui a pour valeur 600 et le SHIN qui a pour valeur 300, ce qui donne 900, la perfection de la Création, l’entrée dans l’Unité, le mariage. Celui qui retrouve son Nom, entre en épousailles.

Au deuxième jour de la Genèse, lorsque les Eaux ont été séparées, Dieu les réunit immédiatement par l’étendue qu’Il appelle SHAMAÏN, que nous traduisons par « Cieux », ce qui ne veut pas dire grand chose. SHAMAÏN est au-dedans de nous, ce sont toutes nos terres intérieures, nos champs de conscience. Si les Eaux sont séparées, elles sont aussi réunies grâce au SHIN qui construit le monde du MA, la charnière entre lui et le monde du MA.

Qu’est-ce que le mot SHAMAÏN sinon celui qui contient le MI et le Nom, SHEM, toutes nos terres intérieures qui ont le secret du Nom, de ce nom qui diffère à chaque niveau, c’est-à-dire qui a une autre vibration. C’est ce nom qui a le secret de la participation au monde du MI, grâce à laquelle nous allons monter un échelon de l’échelle.

Le mot SHEMA, « écoute » découle aussi bien de SHEM que du MEM. En ajoutant un YOD devant SHEM nous avons VAYASEM et là le SHEM devient SOM qui veut dire « place ». Dieu dit en parlant d’Adam : « VAYASEM SHAM » (Sham = là-bas), « Il a sa place là-bas ». Nous n’avons notre place que quand nous trouvons notre Nom. Or nous cherchons notre place au soleil extérieur pour nous sécuriser. Laissons-nous conduire à notre place en nous désécurisant par rapport à un tas de petites volontés. On veut ceci, on veut cela. Non, laissons-nous conduire et là, tout à coup, tout se met en œuvre et on est en sécurité.

La lettre PHE veut dire « bouche », donc aussi « la parole » et « la tradition » et le mot PHO veut dire « ici » et SHAM, « là-bas » : Si vous entrez dans la tradition, vous entrez dans votre Nom : SHAM SHEM.

SHEMESH, le soleil, est aussi issu de SHEM. Et n’oublions pas de considérer le mot SHALOM, « la paix ». C’est le LAMED qui se met en mouvement jusqu’à ce qu’il ait trouvé son Nom. Nous sommes dans des guerres intérieures, dans le monde de la dualité où nous avons à intégrer tous ces conflits intérieurs pour aller jusqu’à notre Nom. C’est la paix qui nous est donnée par le Christ qui a intégré tous ces conflits. Cette paix n’a rien de commun avec celle que conçoit notre monde actuel. Rappelons encore le verbe QOM en rapport avec la lettre QOV, « le cordon divin », qui est cette sagesse qui est folie à nos yeux. QOM veut dire « se redresser ». C’est le mot que nous trouvons dramatiquement traduit par « se venger » à la fin du Livre de Caïn. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de redressement, c’est le pardon, la résurrection, la possibilité de repartir dans la juste direction.

Avec QOM nous avons MAQOM, « le lieu ». Je vous avais dit avec le GUIMEL qui a pour valeur 3 et que j’avais rapproché du troisième jour de la Création, que, lorsque Dieu donne l’ordre aux Eaux d’en-bas de se réunir en un lieu Un, cet ordre divin était représenté par trois mots différents : EL, le nom de Dieu, EHAD l’Unité et MAQOM le lieu qui, à la limite est aussi un nom divin, parce que le dernier lieu, c’est Dieu Lui-même. Le dernier espace ou temps intérieur, c’est YOD-HE-VOV-HE. On pourrait aussi dire que c’est le lieu de la résurrection, de la renaissance.

LEHEM, c’est « le pain » qui nous donne le nom de la ville de BETHLEEM. HAM, c’est « la chaleur », c’est aussi CHAM, un des trois fils, le plus mystérieux, de Noé, celui qui fait l’expérience du mystère de l’intimité du Père. Le père, c’est le mythe de l’inconnaissable. Nous pourrions presque traduire LEHEM dont le LAMED du milieu est toujours la direction en avant, vers le but, par l’énergie que nous donne le pain, en le prenant dans un sens immédiat. Mais on peut aussi le traduire au niveau symbolique par le pain de l’Eucharistie, en particulier pour les Chrétiens, quoique le pain ait été un symbole dès avant le Christ.

En inversant un peu le mot, ce n’est plus le MEM final, c’est MELEK et c’est le « sel », le « manioc ».

Nous voici maintenant au NOUN final qui a pour valeur 700. Nous retrouvons le 7 qui est une plénitude, mais aussi un changement. Et là s’impose le AYIN qui est « le Rien », avec un point en-haut par rapport à la source, à l’œil qui ont le point en-bas. Les deux se rejoignent.

YAYIN avec deux YOD, c’est « le vin ». Tout le symbolisme du Vin, dans toutes les traditions, est « porteur de l’Esprit ». On peut donc dire que le NOUN final, c’est le YOD qui s’incarne.

Le nom de QAÏN, frère d’Abel, porte en lui le YOD. Tous ces mots sont liés au AYIN et au ALEPH qui vaut 1, au YOD qui vaut 10 et au QOF qui vaut 100. QAÏN, comme QANO, « acquérir », est construit sur la racine QEN qui veut dire « le Nid ». C’est le Nid qui est appelé à mettre au monde le YOD, c’est la partie la plus noble du groupe Caïn-Abel. Et quand Caïn tue Abel, il ne peut plus accomplir son YOD qui va être investi au niveau de l’intellect, au niveau de toutes les constructions du monde extérieur, au lieu de construire le monde intérieur. C’est l’origine de toutes les civilisations qui ne peuvent pas tenir, parce qu’elles sont l’œuvre d’un YOD investi tout à l’extérieur.

EBEN, c’est « la Pierre » qui s’incarne dans le monde, c’est donc le Fils. L’Homme, en tant que Pierre, c’est celui qui a conscience d’être le Fils du Père. C’est pourquoi la pierre est un symbole si fondamental dans toutes les sociétés traditionnelles où, symboliquement, on travaille la pierre, on la polit, on la taille. C’est-à-dire tailler tout ce petit Moi que nous sommes, pour arriver au vrai Moi essentiel qui sera la pierre qu’il va falloir employer à la place des briques (Labenah) dans la construction du Temple. Toute l’histoire de la Tour de Babel est là : « Ils ont pris des briques à la place de pierres ». Il y a un petit mot qui revient trois fois dans l’histoire de la Tour de Babel, c’est AWAH que l’on traduit par « allons », construisons une Tour, faisons-nous un Nom… mais à l’extérieur ! Le ALEPH a disparu, car si c’était encore AWAHA, ce serait l’amour dans lequel communieraient les hommes.

Le mot AMEN est inséparable du mot EVEN. Dans AMEN il y a « Mère ». Certains Evangiles le traduisent par « En vérité, en vérité, je vous le dis… », ce n’est pas une traduction adéquate. AMEN n’est pas un mot, mais une idée, celle d’être en parfaite adéquation avec le plan du mystère. C’est entrer dans le mystère. C’est un mot intraduisible. On le rapproche du OM des Hindous, du Son Primordial qui en est beaucoup plus proche. Nous ne savons plus prononcer le mot AMEN. Il y a des textes qui disent que dans la Synagogue d’Alexandrie qui contenait des milliers de personnes, quand tous prononçaient AMEN (ou OMIN), on avait l’impression que la Synagogue allait s’effondrer, qu’elle entrait elle-même en vibration.

Le mot MINE, c’est « la Provenance » et, quand il y a un YOD au milieu, il signifie « l’Espèce ». C’est le moule du MI qui se fait NOUN final, c’est le monde du MI qui se plante en terre, qui s’incarne.

Passons au PHE final qui vaut 800. Graphiquement c’est un PHE qui, au lieu de revenir sur lui-même, se prolonge par en-bas. Le PHE, c’est « l’ouverture », c’est la bouche et avec le PHE final, c’est l’ouverture en tant que libération, l’ouverture totale.

Le premier mot qui s’impose, c’est ALEPH, la première lettre de l’alphabet. Dieu se fait « bouche cosmique », Dieu entre dans la Création par la tradition. ALEPH est la lettre la plus étonnante, puisqu’elle est l’animal cornu qui est toute l’information que nous recevons d’en-haut et cette corne par laquelle arrive toute l’information, c’est la future couronne. Dans ALEPH la corne devient couronne.

RAPH, c’est « le médecin » et RAPHO, c’est « je guéris ». RAPHAEL, c’est le « Médecin divin ». C’est aussi la permutation du mot PHAR qui est « le Taureau », qui est cette racine qui exprime la fécondité. Dans nos ports le phare apporte la lumière. RAPH : REICH et PHE final, 200 + 800 = 1000. Le médecin, c’est celui qui amène l’homme à réaliser le 1000 dans lequel il est guéri. Il n’y a qu’un grand problème dans le monde, c’est de résider dans le 1000. Tous les autres sont de faux problèmes.

Dans le même sens, le « Séraphin », SARAPH, c’est celui qui « brûle ». Lorsque, dans le désert, les Hébreux sont piqués au palais par ces petits serpents venimeux, sur la demande de Dieu, Moïse construit le Serpent d’Airain qui est le SARAPH. C’est aussi celui qui guérit, c’est contenu dans son nom. C’est déjà l’ombre de la Croix qui est là tout en profil, puisque le Christ va s’identifier à ce SARAPH.

SARAPH contient les deux lettres de SOPH qui est « la limite ».  Si nous voulions guérir il faut entrer dans une limite, changer de têtes successivement pour finalement poser la dernière tête sur nos épaules.

Et c’est pour cela aussi que le verbe YOSOPH signifie « augmenter ». Si tu veux augmenter, grandir, il faut savoir entrer dans des limites. La Loi dit que si nous voulons évoluer, il faut nous engager, faire des choix, YOSOPH donne aussi le nom de Joseph. C’est celui qui préside à l’augmentation et qui, en même temps, observe une limite. C’est Joseph, l’époux de la Vierge qui surveille la matrice et c’est aussi Joseph d’Armathie qui veille sur le tombeau qui est aussi une matrice et aussi une résurrection.

Joseph, fils de Jacob, fait entrer les Hébreux en Egypte où ils sont dans une limite, étant esclave des Égyptiens. Et YAM SOPH, la Mer Rouge, qui est au bout de leur expérience en Egypte, se nomme en hébreu la Mer des Joncs, la Mer de la Fin, c’est aussi le mot que l’on retrouve avec AYIN SOPH, le « Rien » c’est-à-dire l’infini, l’Unique.

OPH, « l’oiseau » est un très beau mot. Lorsque vous sortez des grandes profondeurs du AYIN, de la Ténèbre, c’est l’envol, c’est la libération, PHE.

Le TSADE final qui, dans la dizaine a la valeur 90, vaut 900 lorsqu’il est final. C’est l’hameçon qui plonge dans les profondeurs pour aller chercher le dernier élément qui va faire l’Unité. C’est un peu comme le 9, la perfection à la veille du 10, l’Unité conquise qui implique la perfection. Avec le TSADE final nous retrouvons la même idée.

Le mot qui me vient le plus à l’esprit c’est ERETZ, « la Terre ». Il figure dans le tout premier verset de la Genèse. C’est aussi lui qui, après le second jour de la Création, lorsqu’il y a séparation des Eaux d’en-bas des Eaux d’en-haut, et qu’il y a, le troisième jour, séparation du sec et de l’humide, représente le Sec. La Terre, c’est le sec, mais en même temps elle est inséparable de l’humide ; afin qu’il y ait fécondité. La fécondité naît du mariage de toutes nos Terres intérieures fécondées par nos énergies. Dans ERETZ nous trouvons les deux lettres de la lumière et, avec TSADE, l’opposé, les grandes profondeurs. Ce sont ces Terres encore cachées dans les profondeurs qu’il faut aller chercher à l’aide de l’hameçon, afin de les amener à la lumière.

QETZ veut dire « la Fin » dans le sens d’accomplissement. Si d’ailleurs vous mettez un YOD au milieu de QETZ, cela donne GAYITZ, « l’été ».

Un autre mot fondamental est ETZ, « l’Arbre ». C’est l’autre côté de la source AYIN, c’est ce qui va sortir des racines, qui va s’élever de la Terre et donner des feuilles, des bourgeons et des fleurs.

Nous arrivons à présent à l’ALEPH final qui est vraiment « la Couronne ». Quand RATHO (guérir) qui signifie aussi le destin de l’humanité malade, se termine par un ALEPH, c’est « je guéris ».

Le verbe MAHA, c’est « remplir », c’est la plénitude qui fait suite à toutes ces circoncisions. Car il n’y a pas de plénitude sans circoncisions, sans tailles.

MELAK, avec ALEPH, ce n’est plus le Roi, c’est « l’Ange ». C’est celui qui va apporter toutes les énergies pour en fin de compte, « remplir ».

BARAN, les trois premières lettres de BERESHIT, c’est « créer ». Ainsi la Création comporte son achèvement. Tout est dit dans le mot « créer ». C’est le grain de blé qui va mûrir en terre, et son achèvement.

BA, « pénétrer », est le retour de la Création toute entière à son ALEPH final, qui est aussi l’avenir, le devenir. AV, dans ce sens-là, c’est le Père, c’est-à-dire l’ALEPH qui pose l’altérité, l’autre et l’autre qui retourne vers l’UN, la pénétration, la couronne finale, la Création couronnée.

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