Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî : Ode mystique


28 Dec 2012

(Revue Être. No 3. 14eannée 1986)

 

J’étais le jour où les Noms n’étaient pas ;

Il n’y avait nul signe d’existence d’un nommé.

C’est par nous que Noms et Nommés furent manifestés,

Ce jour où n’étaient ni « Je », ni « Nous ».

La boucle du Bien-Aimé est devenue un signe de la Théophanie,

Mais cette boucle alors n’existait pas encore.

La Croix et les Chrétiens, d’un bout du monde à l’autre.

Je les examinai : Il n’était pas sur la Croix.

J’entrai dans le temple des idoles, dans l’ancien monastère,

Nulle trace n’apparaissait là.

J’allai vers les monts de Herat et Qandahâr ;

Je regardai : Il n’était ni sur les cimes, ni dans le val.

Résolument, je  partis vers le sommet du Mont Qâf ;

En ce lieu était seule la demeure du « Anqâ.

Je poursuivis ma quête jusqu’à la Ka’ba ;

Il n’était pas dans ce lieu, but des jeunes et des vieux.

J’interrogeai à son sujet Avicenne ;

Avicenne lui-même n’était pas en mesure de me répondre.

Je voyageai jusqu’à la scène de « deux portées d’arc ».

En cette place sublime, il ne se trouvait pas.

Je plongeai mon regard en mon propre cœur ;

Là je Le vis ; Il n’était nulle part ailleurs.

Sauf Shams-e-Tabrîz à l’âme pure

Nul ne fut jamais grisé, éperdu, enivré.

 

Traduit du persan par Eva de Vitray-Meyerovitch et Mohammad Mokri. 1. Qoran, LIII, 9.

 


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