: Prodiges au Portugal Par L.-J. Delpech


27 Oct 2010

(Revue Psi International. No 6. 1978)

Les prodiges que nous raconte le professeur Delpech se dérouleraient à notre époque au Portugal. Ils ont été photographiés, ils sont donc tangibles. Des témoins dignes de foi en attestent. Mais le lecteur est en droit de montrer quelque scepticisme en face de l’énormité des faits qu’on nous rapporte et des conséquences que de tels faits entraînent. On sait que l’Église elle-même se montre très prudente quand il s’agit de reconnaître la véracité de tels affranchissements des lois habituelles de la Nature. Toujours soucieux d’informer ses lecteurs des phénomènes paranormaux de nature religieuse, même les plus extraordinaires, PSI INTERNATIONAL a confié l’examen de ce dossier surprenant au Professeur Delpech, un des parapsychologues français les plus éminents sur le plan international.

Y a-t-il des lieux inspirés? On se rappelle la colline inspirée de Barrès. Dans une conversation avec le cardinal Daniélou deux ans avant sa mort, celui-ci me déclara y croire avec une conviction certaine, malheureusement, nous ne pûmes approfondir. Le problème est un peu en rapport avec celui de la géographie des religions et des sanctuaires. On a vu une étude classique de Richer : Géographie sacrée de la Grèce, sur la distribution des temples grecs en fonction de l’emplacement des étoiles. Mais si cette perspective pouvait nous faire comprendre une influence cosmique en rapport avec les ondes cosmiques, cela n’est pas une réduction mais un effort d’explication.

La civilisation scientifique actuelle et l’influence tellurique

La compréhension de l’origine du développement de la science proprement dite, le docteur de Morsier, dans son livre classique, Genève 1965, a montré que la science moderne est née dans une région très modérée du globe qui comprend un centième environ de la surface terrestre. C’est un cercle d’un diamètre à peu près de 2500 kilomètres qui englobe : l’Angleterre, la France, la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Allemagne, la Suède, la Belgique, le Danemark.

L’auteur soutient qu’il y a eu une autre révolution du même genre au néolithique. Nous ne reviendrons pas sur cette question et au moment où les phénomènes religieux se multiplient en Occident : Garabandal, San Damiano, etc. Nous allons étudier Ladeira do Pinheiro.

Le cas de Ladeira

Ladeira se trouve au Portugal, à 35 kilomètres au sud de Fatima, célèbre par les voyances et les phénomènes cosmiques (danse du soleil) vus par une foule en 1917 et les révélations de Lucie prévoyant la possibilité d’une guerre atomique, alors que la bombe nucléaire n’était pas encore inventée. Ladeira se situe exactement entre Entrocamento et Torres-Novas. C’est un hameau formé de quelques maisons perdues dans les champs parsemés d’oliviers, de vieux chênes, d’eucalyptus et de pins. Peu à peu s’est constituée autour de la voyante Maria une petite communauté qui comprend les parents de celle-ci ; Marie-José, une jeune fille, qui, en compagnie de trois autres, s’occupent de petits enfants abandonnés mais recueillis par Maria. Il y en a actuellement cinq qui vivent à Ladeira.

Une simple paysanne

Maria est une simple paysanne issue du milieu terrien. Elle est née le 20 août 1930 à Riachos, près de Ladeira do Pinheiro. Elle grandit dans une ambiance rurale et n’eut aucune formation intellectuelle. Elle eut une enfance difficile, étant très souvent malade jusqu’à l’âge de sept ans. A dix-huit ans, elle fut victime d’une maladie que les médecins ne purent ni identifier, ni à fortiori guérir. Elle retrouva cependant peu à peu la santé. Dès lors, elle se consacra au travail des champs et soignant sa mère qui de mauvaise santé était souvent malade. Dès 1958, elle se maria. Elle eut deux enfants qui devaient mourir à leur naissance, tandis qu’ils l’avaient fait beaucoup souffrir durant sa gestation. Elle faillit mourir après le second accouchement et dut rester onze mois à l’hôpital. Elle vécut en très bonne entente avec son mari qui mourut malheureusement d’un accident de la route quelques années après en 1968. Quelque temps plus tard, elle se remaria. L’Église locale leur ayant refusé ce sacrement, Maria et Humberto se marièrent devant un prêtre témoin.

Voici comment l’historiographe Pierre Gouraud décrit Maria : « Nous avons constaté comment, en général, lors d’une première rencontre, elle donne l’impression d’être une personne très ordinaire. Plus tard, après quelques entretiens, on peut saisir ses profondes qualités humaines malgré son absence d’étude, les limites de sa culture et de son caractère : sa cordialité, sa fermeté, son intelligence, sa joie, sa maîtrise des situations, son accueil largement ouvert à tous. Mais, à travers un échange plus approfondi, on saisit des qualités qui ne peuvent s’attribuer qu’à une action surnaturelle de Dieu : la charité, l’humilité, l’esprit de sacrifice et de prière. Elle irradie la paix et la lumière. Elle apparaît bien souvent comme maître de vie spirituelle. Elle invite à la pénitence, à la prière, etc. »

Le docteur Mouret, psychiatre à Limoux (Aude), et le docteur Gardey, neuropsychiatre à Pau, qui ont passé dix jours à Ladeira, écrivent à son sujet :

« Certifions avoir pu observer Maria Concepcion Mendes Horta, au cours d’entretiens privés, de veillées et de repas pris dans sa communauté, de manifestations, de prières publiques, pendant les quatre jours passés avec elle ou près d’elle à Ladeira de Pinheiro du 17 au 21 août 1977, et concluons n’avoir surpris dans ses propos, ses attitudes ou son comportement aucun trait de personnalité ou aucun signe psychopathologique tel qu’on peut en trouver chez les mythomanes, les fabulateurs, ou les sujets atteints d’idées délirantes à thème pseudo-mystique ou religieux. Nous n’avons trouvé ni les traits de rigidité, de méfiance, d’orgueil, de fausseté de jugement des structures paranoïaques des idéalistes passionnés,

— ni l’immaturité affective, la suggestibilité, la susceptibilité, la dépendance et la vanité des psychonévroses hystériques,

— ni le fond d’impulsivité, d’émotivité, d’agressivité, d’inaffectivité et d’égoïsme rigide des déséquilibres psychiques (les psychopathes selon la terminologie de Kraepelin).

— ni la faiblesse de l’intellect, du jugement et du raisonnement, le manque de contrôle des affects et les stéréotypies des insuffisants mentaux,

— ni l’exaltation, la tachypsychie, l’euphorie, l’hyperactivité psychomotrice des états maniaques,

— ni la tonalité expansive, imaginative, absurde, fantasmagorique et mégalomaniaque des délires paraphréniques,

— ni la discordance, les bizarreries, l’impénétrabilité, le détachement, l’incohérence, les barrages, l’apragmatisme, la rigidité de pensée et de comportement, les inadaptations émotionnelles ou l’indifférence des délires schizophréniques ou paranoïdes.

Quant aux états dits « d’extase », ils ne ressemblent en rien à des crises ou des absences prolongées de nature épileptique; ils ne présentent pas le théâtralisme, l’ostentation, ou l’exaltation des crises névropathiques, ni le vécu polymorphe des expériences délirantes aiguës, ni les phénomènes d’automatisme mental des psychoses hallucinatoires, ni les états de médiumnité des pratiques spirites.

De même, nous n’avons pas noté de culte de la personnalité, de ton doctoral, de quête des pouvoirs, pas plus que de mépris des opinions et connaissances médicales contemporaines.

Par contre, nous n’avons pu que constater, chez Maria Concepcion, une adaptation parfaite à la réalité, du bon sens, de la concision et de la précision de la pensée et du jugement, de la simplicité sans naïveté, de la douceur et de la patience, avec une activité énergique et efficace, dans la paix, la joie, la bonté et la modestie. A plusieurs reprises nous avons été frappés de sa connaissance immédiate d’autrui. Sa serviabilité est constante.

Lors d’attentes dans sa salle à manger, nous l’avons vue plusieurs fois se rendre à des besognes des plus humbles, avec discrétion et justesse. Nous avons noté chez elle un respect extrême pour les prêtres, auxquels elle prodigue toute sa sollicitude.

En conclusion, en l’absence de tout indice psychopathologique, nous pensons qu’il importe que des théologiens prennent en charge la poursuite de l’étude de ce cas. »

Le miracle des quarante jours

Ce prodige fut annoncé à l’avance et débuta le 8 décembre 1965. Ce jour-là Maria reçut par un apport la communion de saint Michel et la garda sur la langue sans manger, ni boire, ni dormir pendant quarante jours. Pendant cette période elle fut veillée par plusieurs personnes jusqu’au 17 janvier 1966. Cependant, le prodige ne s’arrêta pas là, Maria reçut chaque jour la communion de saint Michel. Chaque fois avant de communier, l’hostie qu’elle avait reçue le 8 décembre disparaissait pour réapparaître dans le tabernacle qui se trouvait dans une chambre sur un autel. Dès qu’elle avait avalé l’hostie quotidienne, l’hostie du 8 décembre réapparaissait sur sa langue. Ceci fut constaté par toutes les personnes qui veillèrent Maria. Ces jours furent très pénibles pour Maria, tant à cause des souffrances physiques (faim, soif, sommeil), que de ses souffrances mystiques. C’est au cours de cette période qu’elle sentit que Dieu l’utilisait pour délivrer des messages au monde. Elle entendit le 9 décembre 1965: « Ma mystique souffre et expie les péchés du monde », et le 12 décembre Jésus lui dit : « J’ai parlé par la bouche des prophètes pour enseigner ma doctrine. Je parle par cette mystique pour qu’on entende ma voix, pour qu’on entende mes plaintes… Pourquoi n’avez-vous pas confiance en moi, pécheurs ? Faites réparation à mon Cœur, et à celui de ma Mère bénie… Ne vous révoltez pas contre la souffrance, parce qu’elle est la porte de ma gloire. » Et le 5 janvier 1966, il ajouta : « Pécheurs, si vous entendez la sainte messe et ne recevez pas la divine eucharistie, si vous ne prenez pas part à mon banquet, votre âme est triste, car il vous manque un aliment pour la fortifier. » Le dernier jour, l’hostie disparut de la bouche de Maria, comme cela avait été annoncé. Elle apparut dans le tabernacle où depuis ce jour (dix ans), elle est conservée.

Les signes dans le ciel

Les signes dans le ciel furent vus par un grand nombre de pèlerins. En 1961 et 1962, ils virent un homme qui portait une croix. Ils virent aussi des phénomènes solaires se produire, tels que le soleil tournant vertigineusement en lançant des rayons multicolores. Ils virent des pluies de fleurs remplir l’espace. Plus récemment, des gardes (placés là depuis les attentats), mis en faction à l’entrée du sanctuaire, virent, un jour, un globe lumineux qui semblait contenir une forme humaine. Il se déplaça horizontalement à une centaine de mètres de hauteur, jusqu’à la maison de Maria, avec l’allure et les oscillations d’une personne qui marchait. Il descendit sur la maison et y pénétra, disparaissant à leurs yeux. Le mercredi des Cendres 1971, une pluie de cendres, semblables à des petites feuilles d’oliviers calcinées, tomba sur Ladeira. Une autre fois, des miettes de pain à cacheter, tombant du ciel, parsemèrent le sol de Ladeira, comme la manne était venue nourrir le peuple hébreu dans le désert.

Quelques prodiges : La mèche de cheveux

En novembre 1968, un individu disait du mal d’un prêtre. Maria s’interposa et tomba en extase. Dans un geste de sainte colère, elle s’arracha une mèche de cheveux de la grosseur d’un doigt. A cette époque, elle les avait courts. Le Christ lui dit alors de ne pas jeter cette mèche, mais de la conserver dans un reliquaire, car il se produirait un prodige. Quelques jours après, le reliquaire ne pouvait plus contenir la mèche qui ne cessait de croître. Aujourd’hui, c’est une mèche d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur et de près de deux mètres de long, conservée dans une vitrine. Elle exhale de plus presque toujours des parfums célestes.

Le Christ qui saigne

Le 1er décembre 1968, un crucifix en plâtre polychrome d’un mètre cinquante de hauteur, suspendu au fond de l’oratoire, transpira abondamment. Le 4 janvier 1969, il transpira à nouveau et du sang coula. Le Christ montrait apparemment sa douleur de la persécution qu’allait subir l’œuvre. En effet, le 15 janvier, un groupe de malfaiteurs vint et détruisit la première maison de Maria, dont il ne resta que quelques ruines. Maria n’eut que le temps d’enlever ce Christ et quelques autres choses qu’elle put soustraire à ces malfaiteurs. Le Christ a saigné de nouveau dans la maison actuelle de Maria. Ainsi, le 5 mars 1971, de la couronne d’épines, des yeux et des oreilles, du sang coula abondamment, couvrant toute la figure, jusqu’aux pieds, imbibant les tissus qui lui entouraient la taille. Les pèlerins présents contemplèrent, le cœur serré, l’image vivante du Christ crucifié et agonisant. L’École de Médecine de l’Université de Madrid fit l’analyse de ce sang humain du groupe zéro.

Transformation d’eau en huile

Le 28 septembre 1969, Maria sous l’influence de la pensée du Christ déclara : « Au début, il y a eu le miracle de Cana, mais comme vous n’avez pas besoin de vin, l’eau se transformera en huile ». Suivant les indications reçues, Maria remplit une marmite de 25 litres avec 16 litres d’eau. Cette marmite fut fermée et cachetée en présence de dix témoins. Le 1er octobre 1969, quelques jours après l’annonce du miracle, le récipient fut ouvert en présence des mêmes personnes. Il contenait 15 litres d’huile nouvelle, de la meilleure qualité, bien que l’on ne fût pas en période de la presse. Plus tard, son volume augmenta jusqu’à 25 litres. Cette huile a des effets miraculeux. Elle a guéri de nombreuses fois d’après les constatations réalisées et le témoignage de personnes qui l’avaient utilisée. Le 31 décembre 1971, le niveau de l’huile était à 15 cm du bord. Un pèlerin demanda à Maria de lui donner de l’huile, ce qu’elle ne pouvait faire que sur l’inspiration du ciel. Quelques instants après, l’huile débordait du récipient et elle put remplir une carafe et d’autres récipients, soit en tout une dizaine de litres sans que le niveau ne baisse. Enfin le remplissage des derniers récipients fit baisser le niveau à 2 cm du bord. Il y avait ce jour-là de nombreux pèlerins français et étrangers qui purent voir le fait.

Les lévitations de Maria

Il est arrivé qu’au cours de la prière Maria soit soulevée de terre à quelques mètres de hauteur. Ce fut le cas le 2 novembre 1969, Fête de tous les Saints.

Le 12 juin 1968, la veille de la Fête-Dieu, Maria subit une immense lévitation, semblant apparemment monter au ciel. Le fait avait été annoncé à l’avance, de sorte qu’on lui avait remis un certain nombre de chapelets pour qu’elle les emporte avec elle. Ce matin-là à 8 heures, Maria mit les chapelets autour de son avant-bras. A ce signe avant-coureur de sa montée, les compagnes de l’œuvre ne la perdirent plus de vue. Une jeune fille l’accompagnait dans sa promenade vers le puits. Maria commença à cueillir des fleurs et disparut soudainement de la vue de ses compagnes. Deux personnes virent très haut dans le ciel une forme humaine, qui finit par disparaître à son tour. Pendant les deux heures trente que dura son absence, l’atmosphère dégagea un intense parfum de rose. A son retour, Maria entra à l’horizontale par la fenêtre de sa maison. (Elle était verrouillée de l’intérieur et s’ouvrit d’elle-même pour lui laisser passage), la tête vint se poser sur le rebord de la fenêtre et ses pieds sur le bord de son lit, sans autre appui. Son corps et les chapelets dégageaient la même odeur de rose.

Elle sortit de la maison en extase et distribua aux personnes présentes leurs chapelets sans se tromper dans la distribution malgré leur grand nombre.

Maria a réalisé plus de seize fois cette performance. En 1972, elle rapporta un message secret qu’elle fit connaître à douze prêtres. Elle ne fit qu’allusion à ce qu’elle vit au cours d’une de ses montées car il est difficile de parler d’une expérience aussi indescriptible. Cependant dans des confidences ultérieures, elle décrit le ciel tel que le conçoit la doctrine chrétienne et plus précisément catholique.

Les stigmates sur le front

Le 14 août 1971, sur le front de Maria qui était en extase, se forma comme une plaie. Trois filets de sang coulèrent de l’emplacement des blessures du Christ. Ce stigmate particulier en forme de croix est apparu pour la première fois au front de Maria le 9 juin 1969, jour de la Fête-Dieu. Il n’est pas rare qu’apparaissent sur son corps des stigmates semblables à ceux qui sont apparus chez certains mystiques dans l’histoire de l’Église et sur lesquels le R.P. Gemelli, O.F.M., a écrit un livre.

Des hosties ont saigné

Depuis 1968, il y a dans l’oratoire de Ladeira un ostensoir qui porte une grande hostie qui aurait été apportée miraculeusement par saint Michel archange. Cette hostie commença à saigner au début de 1971. D’après les témoins, les taches de sang apparues sur l’hostie avaient la même disposition que celles qu’ils avaient vu paraître le matin même sur le soleil lorsque celui-ci, devenu un disque blanc mat, s’était taché de rouge. Au matin du 2 février, fête de la présentation de Jésus au Temple, et jour de la deuxième alliance, quelques prêtres et pèlerins se réunirent dans l’oratoire pour adorer Jésus-Hostie et voir les taches de sang qui étaient incrustées dans le calice. Recouvert d’un patène, il fut sorti du tabernacle et posé sur l’autel. Maria fut alors saisie d’une grande douleur et dit que quelque chose de grave venait de se passer avec le calice. Elle souleva la patène ; le calice était rempli de sang qui coulait des saintes hosties. Maria fut alors saisie d’une angoisse et d’une douleur encore plus intense et s’écroula sur le lit à l’agonie. Passant sa main droite sur son cœur comme pour soulager une souffrance aiguë, elle la retira ensanglantée. Le stigmate du cœur venait de s’ouvrir. Peu à peu, elle se ressaisit, puis sortit sa custode qui contient une hostie remise par le saint ange et l’ouvrit. Celle-ci était maculée de sang frais, qui semblait en sortir en forme de petites gouttes autour de quelques caillots. Le calice fut porté en procession pour faire réparation et adoration pendant une heure par la foule des pèlerins avant d’être remis dans le tabernacle. Une des petites hosties put être examinée scientifiquement par le Centre d’Hématologie de Toulouse. Le rapport conclut qu’il s’agissait de sang humain du groupe zéro. Pendant les vingt-quatre premières heures, ce sang a défié toutes les lois de la coagulation sanguine dans sa couleur vive et sa fraîcheur.

« Dans la soirée du 20 avril 1972, rapporte Pierre Gouraud, j’ai assisté personnellement à la scène suivante. Maria Concepcion entra en extase alors qu’elle parlait à quelques prêtres dans l’oratoire. Et ils entendirent par sa bouche ces paroles, qui revinrent souvent sur ses lèvres en période de persécution les plus intenses contre l’œuvre de Ladeira… »

« Le lendemain, le Samedi Saint, alors qu’on allait commencer le déjeuner, Maria Concepcion entra subitement en extase et à genoux se dirigea vers l’oratoire. Tous les prêtres (douze) et quelques laïcs l’accompagnèrent. Tous entrèrent à la suite de Maria dans l’oratoire et le tabernacle fut ouvert. Les hosties étaient ensanglantées. Or, le matin même, quelques prêtres avaient refermé le tabernacle qui contenait les mêmes hosties que la veille. Ils étaient avec Maria et ne l’avaient plus quittée de la matinée. Le calice fut alors porté dehors pour que tout le monde puisse voir le miracle. Alors sous les yeux de tous, les taches de sang grandirent et nous avons vu l’apparence du pain se transformer progressivement en chair vivante et palpitante. Toute cette scène montra brutalement la réalité du mystère de l’Eucharistie… »

Conclusions

Plusieurs problèmes de parapsychologie sont posés par ces événements prodigieux. Tout d’abord, celui de la lévitation et du voyage corporel paranormal. Pour la première, c’est un phénomène assez classique auquel O. Leroy a consacré un ouvrage durant l’entre-deux-guerres. Sa signification est simple, c’est un aspect de l’archétype de la montée et donc de la recherche de Dieu qui prend la forme de lumière. C’est ce qu’on rencontre dans la technique psychothérapique du Rêve éveillé dirigé inventé par l’ingénieur Robert Desoille et développée dans ses œuvres parues de 1938 à sa mort en 1967. Le problème, en une première approche, consiste à savoir comment on peut trouver dans l’homme une force suffisante pour contrebalancer l’effet de la gravitation. Les recherches récentes comme celles de Kervran ont montré qu’il existe dans les êtres vivants des transmutations qui exigeraient pour se réaliser selon les modes ordinaires une énergie considérable. Un biologiste russe Doubrov a démontré que les chromosomes vont en se divisant du ventre de la cellule vers les centrioles, c’est-à-dire vers les pôles qui deviendront ensuite les centres de deux nouvelles cellules. Ce mouvement a lieu avec une force qui est si considérable que pour entraîner la division de la cellule on devrait mettre en jeu des forces antagonistes trois cent ou quatre cent mille fois supérieures à celle de la gravitation. Cela nous conduit à admettre que celle-ci peut être annulée et dépassée par certains mécanismes que nous ignorons et dont nous ne connaissons pas les rapports avec le psychisme. Charles Henry, avec sa théorie des résonateurs granitique, biologique et psychique développée dès 1908, était certainement sur la voie qui pouvait entrouvrir la solution de ce problème. (Psychobiologie et énergétique.)

Une autre question est celle des apports, des transports de matière à travers d’autres matières. Le catholicisme a rencontré des miracles de cet ordre avec les roses de sainte Thérèse de Lisieux : apports ou matérialisations. A ma connaissance, il n’y a pas eu d’examen scientifique fait de ces roses et pourtant ce serait très intéressant, mais comme dans mille autres problèmes on se trouve en face de la vacuité des éléments nécessaires, je ne dis pas à résoudre mais à esquisser des modèles.

Une troisième question est celle des miracles eucharistiques, à savoir selon la doctrine chrétienne, la transformation invisible du pain en chair et du vin en sang. Gaston Bardet raconte : « Un jour, j’avais envoyé une femme chef de service de l’urbanisme au Padre Pio. Elle a sentit lors de sa communion sa bouche s’emplir de sang. Elle n’a point changé de vie pour cela. » « Qu’est-ce qui va vous arriver m’écriai-je ? Trois mois plus tard, elle était paralysée »

Le parapsychologue désarmé

Un miracle semblable à ceux de Ladeira eut lieu dans les Abruzzes, à quatre kilomètres de l’autoroute Pescha-Bari qui longe l’Adriatique. Au VIIIe siècle, un moine basilien, pendant la célébration de la messe, après avoir fait la double consécration, vint à douter de la réelle présence du corps et du sang de Jésus-Christ. C’est alors que dans les mains de ce prêtre se réalisa le miracle : l’hostie devint chair vivante et le sang devint sang vivant : puis en se coagulant il forma cinq grumeaux irréguliers de forme et de grandeur diverses. On conserva soigneusement ce sang et cette chair, puis au cours des siècles plusieurs expertises ecclésiastiques eurent lieu. De nos jours, on a voulu vérifier scientifiquement l’authenticité du miracle. Le 18 novembre 1970, les frères mineurs conventuels qui ont la charge de l’église décidèrent avec l’autorisation de Rome de confier à un groupe d’experts le rôle d’effectuer l’analyse scientifique de ces reliques datant de douze siècles. Les recherches furent menées avec une stricte rigueur au laboratoire des Professeurs Odoraro Linoli et Ruggero Bertelli, ce dernier professeur à l’université de Sienne. Le 4 mars 1971, ces savants donnèrent leurs conclusions qui furent diffusées en Italie par maintes revues scientifiques. Les voici : « La chair est vraiment sang. L’une et l’autre sont humains et du même groupe sanguin rare AB (6 %) qu’on trouve souvent en Palestine et en milieu sémite. La chair et le sang sont ceux d’une personne vivante. Bien plus, le diagramme de ce sang correspond à celui d’un sang humain qui aurait été prélevé sur un corps humain dans la journée même. La chair est constituée du tissu musculaire strié du cœur, le myocarde. La conservation de ces reliques laissées à l’état naturel et exposées à l’action des agents physiques, atmosphériques et biologiques est déjà un phénomène extraordinaire. Or il se passe un autre phénomène extraordinaire : c’est qu’alors que la foi en l’Eucharistie tend à diminuer considérablement, comme l’a montré pour la France, Vigneron dans son livre, Les crises contemporaines du clergé français (1976), or le docteur Maria Hasele dans son livre Miracles eucharistiques dans le Monde, Zurich 1975, cite plus de 60 cas de cet ordre… On est là en face d’un problème qui laisse désarmé le parapsychologue.

L.-J Delpech était Professeur à l’Université de Paris-VII – Sorbonne