Cinq ans, c’est long dans le monde des médias « indépendants ». Avec le recul depuis 2026, la question de la période 2020–2022 ne portait pas sur un virus mortel. Il s’agissait d’un confinement économique et d’une manne financière pour Bill Gates, ami d’Epstein, et ses complices de Big Pharma. Mais cette période a également constitué un test de résistance pour l’âme des médias « alternatifs ».
Certains, comme Off-Guardian et Global Research, ont dénoncé la « pandémie » pour ce qu’elle était et en ont payé le prix : Global Research est désormais le site d’actualités le plus censuré au Canada (cliquez sur le lien pour un excellent article d’Elizabeth Woodworth) ; alors qu’il était sans doute le principal site de médias alternatifs sur Internet (en termes de lectorat) avant 2017, il a perdu l’essentiel de son audience au cours des six dernières années. Bien sûr, beaucoup ont échoué à ce test, troquant leur prétendu radicalisme contre la sécurité du récit officiel.
Pendant de nombreuses années, j’ai contribué régulièrement à quelques publications qui se présentaient comme des refuges pour le contre-récit. Mais à mesure que les années 2020 s’installaient, la ligne éditoriale est passée de la critique du pouvoir étatico-corporatif au contrôle de leurs propres auteurs.
La transition a été subtile. Les travaux sur des sujets radicaux « sans danger », souvent dans des régions lointaines, étaient toujours bien accueillis. Mais tout ce qui remettait en question le consensus sur la C-19 était discrètement écarté, sans débat ni discussion.
Le point de rupture pour moi est venu d’une seule citation. Dans l’un de mes textes soumis, j’avais cité Robert F. Kennedy Jr., une voix importante critique de Big Pharma et des politiques de santé publique. À l’époque, il était l’« hérétique » par excellence. J’ai reçu une diatribe virulente et non professionnelle de la part d’un rédacteur qui avait discrètement écarté tous les textes que j’avais soumis et qui remettaient en question le récit officiel sur l’événement COVID. Le genre de crise de colère que l’on attend d’un adolescent mécontent, et non d’un supposé défenseur de la libre enquête.
C’est là le trait révélateur des charlatans gardiens de l’accès. Ils tirent profit de leur crédibilité apparente, mais, dès que vous citez la « mauvaise » personne ou remettez en question le « bon » récit sur la santé publique, le masque tombe. Ils ont refusé de donner la parole aux contestataires, contrôlant agressivement les limites du discours acceptable.
Il en est résulté que, durant cette période, il est devenu clair de voir qui constituait une opposition contrôlée. Outre l’explosion susmentionnée, d’autres ont simplement refusé de répondre aux courriels demandant pourquoi ils refusaient de publier quoi que ce soit provenant de quiconque contredisait le récit officiel. Certaines publications ont conservé l’esthétique du radicalisme tout en imposant les limites de l’establishment sur les questions les plus importantes.
Nous l’avons également vu chez certains blogueurs « anti-empire » célébrés — ceux qui prétendent démanteler la « matrice narrative » chaque matin, mais qui se sont retrouvés curieusement silencieux ou complaisants lorsque cette même matrice a déployé les mesures autoritaires les plus étendues de l’histoire moderne.
Ces figures qui dénoncent les guerres étrangères tout en restant silencieuses face aux mandats médicaux imposés à l’intérieur du pays semblaient davantage préoccupées par la censure, la perte de leurs plateformes et de leurs revenus. Elles tonnaient contre l’empire à l’étranger, mais acceptaient l’empire biosécuritaire chez elles.
Les médias « alternatifs » ne se sont pas seulement déplacés ; ils se sont scindés. Un camp a choisi la voie difficile d’un scepticisme constant. L’autre a choisi de protéger sa marque.
Beaucoup d’entre nous se souviennent de ceux qui ont tenu bon ; des rédacteurs de certains sites aux dizaines d’auteurs qui ont accepté le coût d’une dissidence de principe. Et nous nous souvenons de ceux qui ne l’ont pas fait.
Cette critique n’est pas une attaque générale contre tous ceux qui ont soutenu le récit, mais une mise en accusation précise de ceux qui sont devenus des exécutants agressifs de l’orthodoxie ou qui ont décidé qu’il était plus facile de se faire discrets. Le « radicalisme » est facile lorsqu’il est relativement sûr ou rentable, mais la véritable dissidence a un coût.
Un média « alternatif » ou « indépendant » qui s’effondre sous la pression n’est pas une véritable alternative ; il n’est qu’une interface plus douce pour le même système, traduisant l’autorité dans un langage plus acceptable tout en l’appelant résistance. Dans de tels cas, les rédacteurs finissent par imposer l’orthodoxie avec autant de zèle que n’importe quelle institution dominante.
Une autre crise surviendra. Et lorsque ce sera le cas, les mêmes personnes exigeront à nouveau d’être vues comme des dissidents. Mais le dossier existe déjà. Elles ont été mises à l’épreuve et elles ont échoué.
Colin Todhunter est spécialiste de l’alimentation, de l’agriculture et du développement et est chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation à Montréal. Ses livres en libre accès sur le système alimentaire mondial sont accessibles via Zenodo.
Texte original publié le 9 février 2026 : https://off-guardian.org/2026/02/09/from-global-research-to-the-alt-media-narrative-enforcers/