Maud Cousin : Autour du cancer


03 Feb 2010

(Revue Panharmonie. No 164. Novembre 1976)

Le titre est de 3e Millénaire

Compte rendu de la réunion du 3-6-1976

Le thème choisi est celui du cancer. Il semblerait, dit le Docteur, que chaque époque ait sa maladie spécifique : il y a eu le temps de la lèpre, celui de la syphilis, celui de la tuberculose et, à l’heure actuelle nous voyons des maladies mentales, des dégénérescences, des scléroses, des troubles de l’évolution, le cancer.

Parlant de la longévité au sujet de cette dernière maladie, le Docteur pense que ce serait une erreur que de croire que dans les siècles précédents les gens ne vivaient pas vieux. La longévité est d’ailleurs actuellement en régression, ce qui s’explique par les mauvaises conditions dans lesquelles nous vivons. Ce n’est pas dans les endroits modernes, civilisés, que la durée de la vie est la plus longue, mais là où les gens vivent en contact avec la nature. La sélection était autrefois très rude, beaucoup d’enfants mouraient de maladies infectieuses, par contre il y avait bien davantage de centenaires, car ceux qui franchissaient le cap étaient très solides et travaillaient encore à quatre-vingt-dix ans.

Et même si dans certains pays on fumait, on fumait beaucoup moins. Chez les Indiens, comme chez d’autres peuplades, fumer était un acte rituel, tandis que maintenant nous sommes esclaves de toute une série de drogues faisant vieillir prématurément nos tissus qui se durcissent, se sclérosent ou se multiplient comme dans le cancer.

D’après les Anthroposophes deux éléments analogues du vieillissement sont la sclérose et la multiplication. La matière, disent-ils, correspond à des forces formatrices représentant l’équivalent du monde végétal et que souvent, on nomme forces éthériques. Elles sont les forces de la croissance. Les forces astrales commandent à la respiration, à l’oxygène, aux passions, aux sentiments. Puis il y a le Moi qui est la personnalité, la pensée, qui serait plutôt un élément de destruction à peu près immobile, vivant sur les forces concentrées par l’organisme. C’est ainsi qu’on voit relativement peu de tumeurs cérébrales, celles des intestins, des voies génitales qui relèvent des zones éthériques, sont bien plus nombreuses.

Il semblerait que la sclérose en progressant élimine les forces astrales et que si celles-ci ne sont pas transformées en facteurs spirituels, elles retournent vers les forces éthériques et favorisent les cancers. Cette évolution a principalement lieu dans les périodes de vieillissement, où normalement les tissus ont tendance à se scléroser. Deux phénomènes opposés peuvent se produire : l’inflammation qui est en quelque sorte une force anticancéreuse, et une insuffisance de vitalité pouvant provoquer un cancer.

Les Anthroposophes donnent dans leur thérapeutique une place importante au Moi, donc à la créativité, au facteur spirituel, à l’art qui est de nature astrale, aux sentiments, afin de donner à l’être la possibilité en reprenant conscience de son corps, de dominer son physique et son être éthérique.

Il nous a semblé intéressant d’insister sur cette conception qui mêle étroitement les enveloppes éthériques, astrales et le psychisme à l’évolution de la maladie. Une fois encore nous voyons que la matière est liée à l’esprit et qu’on ne peut pas isoler un phénomène de l’ensemble des choses. Cela n’empêche pas les Anthroposophes, dans le traitement du cancer, d’opérer ou d’employer des rayons et des produits chimiques s’ils le jugent utile. Tandis que pour les fibromes, les kystes, les lipomes, il n’y a guère de problèmes ceux-ci étant bien délimités et dans là plupart des cas de nature bénigne. Il en est autrement pour les cancers qui ont l’aspect de crabes, de méduses, ayant leur centre et leurs ramifications.

A l’heure actuelle on a mis au point une série de produits chimiques qui ont fait augmenter le pourcentage de guérisons. Il en est ainsi pour les rayons, soit pour le radium, soit pour le cobalt plus pénétrant et davantage encore pour les rayons gamma.

Selon le type des cellules touchées, des périodes de stabilisation plus ou moins longues succèdent aux périodes de multiplication. En décelant le rythme de cette évolution on agit médicalement pendant les moments actifs au cours desquels les cellules sont particulièrement vulnérables.

Le cancer se multiplie géométriquement. Il commence par une cellule, puis deux, quatre, huit, etc. Elles se dédoublent à peu près tous les deux ou trois mois selon l’âge du malade, les tissus se renouvelant plus ou moins vite. Jusqu’à environ mille cellules touchées, l’organisme est capable de les détruire. Nous avons tous beaucoup de « gendarmes » dans nos tissus. Les cellules saines, les globules blancs dans notre sang, les macrophages se bagarrent et rivalisent pour normaliser les choses. Nous fabriquons tous les jours des cellules cancéreuses et nous en détruisons des quantités. Mais si cette vigilance n’a pas lieu, la masse augmente jusqu’à devenir critique. Il s’impose donc de faire des traitements généraux de l’organisme.

Quels sont les antidotes ? Les cures de jeûne sont très favorables parce qu’alors l’organisme utilise toutes ses réserves pour détruire les cellules malades. Les maladies fébriles comme une bonne grippe détruisent également les cellules cancéreuses. De même des traitements à base de produits ayant une action anticancéreuse, de défense de l’organisme, tels le magnésium, le cuivre, etc.

Souvent lorsque le terrain est en train de se détériorer, les personnes n’ont plus le goût de la lutte, des activités de toutes sortes, de l’existence, il leur manque cet élément d’énergie de base. L’hérédité joue également, il y a des familles, même des lieux à cancers dans lesquels les vibrations changent de rythme et passant sur les failles du sol qui sont contaminées par des produits nocifs et qui dévitalisent les zones vulnérables. Cela peut être décelé et rétabli.

Les dolmens et les menhirs étaient élevés à des endroits où se manifestaient des forces telluriques qui sont des zones de projections. Elles peuvent être bonnes ou mauvaises, selon les cas. Les Druides fabriquaient aussi des objets, tels des bâtons en bois ou des bagues, portant des dessins géométriques, toujours les mêmes, losanges, triangles, etc. Dirigés dans la direction nord-sud, ces bâtons créent un champ sphérique autour duquel circulent des ondes. Les différentes formes ont des vibrations particulières, comme par exemple les pyramides, elles ont donc une action. Ces objets druidiques sont destinés à protéger en supprimant ou en augmentant les vibrations là où on les pose. Ils sont aussi une protection contre les accidents. Toutes ces vibrations qui nous entourent ou qui émanent d’objets intentionnellement chargés, nous nous en chargeons sans le savoir et inversement nous en déchargeons également. Il y a des gens qui ont beaucoup d’énergie, qui ont besoin d’en donner et qui sont capables de charger un objet. Cela se fait souvent selon un certain rituel. Une cérémonie comme la messe ou un autre service religieux aide l’esprit d’abord à se fixer. Puis, une certaine quantité d’énergie ayant été concentrée sur un objet, l’être la vit en le recevant, que ce soit du pain, du vin ou d’autres choses encore. Le grigri n’est pas différent, là où on le pose il exerce une influence. Lorsque le Docteur Maud Cousin était enfant et qu’elle voyageait en auto ou en bateau, on lui mettait un sachet de sel sur le plexus afin d’éviter les maux de cœur.

Les Tibétains, dans leur médecine, emploient beaucoup de choses à base de pierres précieuses. Les notes de musique, les couleurs, les pierres précieuses qui sont un élément à peu près pur sur lequel joue la lumière, servent aussi à des fins thérapeutiques. Ce sont des vibrations qui stimulent l’organisme et qui influencent nos cellules. Lorsque, sur un film, on suit la formation des cellules, que l’on voit comment elles convergent, on se rend compte qu’il y a des forces qui les dirigent.

Parlons de l’aura. Certains peuvent la percevoir. Elle est une manifestation des forces astrales et change de couleur selon l’état du sujet.

Les Anthroposophes ont fait des recherches et ont provoqué ce qu’ils appellent « des cristallisations sensibles ». Elles se produisent dans une solution de cuivre à laquelle on ajoute le sang du patient et qui, par sa régularité ou son irrégularité de la réaction donne l’état du malade. Les causes du cancer peuvent être mentales, physiques, elles peuvent être dues à des intoxications, à des perturbations qui agissent sur les forces formatrices. Tout ce qui déséquilibre l’organisme est un facteur cancérigène.

Il est certain que les produits chimiques, les colorants qu’on finit par accumuler dans son alimentation déclenchent des cancers. C’est une question de mesure, disent les Anthroposophes. Lorsqu’un organe un peu anormal est sensibilisé à telle substance et qu’on lui en administre une certaine quantité, il se détraque et fait un cancer.

Pour déceler le cancer on étudie le sang. Lorsqu’il y a une tendance le sang contient une augmentation de cuivre et une diminution de fer. Il faut donc diminuer le cuivre pour établir l’équilibre. Ce procédé permet aussi de prévoir une rechute chez un ancien cancéreux.

Des chercheurs concernant cette maladie, la tuberculose ou la syphilis ont trouvé différentes méthodes comme les tests sur le sang avec du venin d’abeille ou de serpent qui détruisent les globules rouges à certaines concentrations et qui selon le degré de destruction permettent de déceler la nature du mal et le stade de son évolution.

Dans ses recherches, le Docteur Cousin s’est aperçu que lorsqu’on soigne les hérédités syphilitiques ou tuberculiniques, les tendances cancériniques disparaissent fréquemment. La suppression de zones infectieuses améliore les terrains.

Il est fréquent que les gens qui ont peur du cancer finissent par en avoir un. Il faut prendre garde à tous les symptômes, à procéder à des examens systématiques. N’opérer que lorsqu’on ne peut faire autrement. Souvent des traitements généraux et circulatoires ont d’excellents résultats, ce qu’on prend pour un cancer pouvant être simplement glandulaire.

Aussi bien le Docteur Cousin que Madame Langevin citent des cas de femmes médecins s’étant guéries grâce à un régime exclusif de crudités et de vitamines F qui favorisent le filtrage des aliments dans les intestins. On s’est d’ailleurs aperçu que dès qu’on mange des aliments cuits, cela fait monter les globules blancs qui sont notre défense anti-infectieuse.

Le Docteur Pinel décelait pour son traitement du cancer les « instants favorables » et obtenait de très bons résultats. Il y a des rythmes biologiques, psychologiques, sentimentaux et physiques. Quand ils sont tous en concordance, par exemple négatifs, les gens résistent au mal. Il y a certainement des moments où il est préférable de ne pas faire certaines choses parce qu’on est en état de moindre résistance.

Il est impossible de penser à la fois aux nombreux traitements préconisés. Heureusement l’organisme est une telle merveille, qu’il représente un petit monde qui, finalement, fait tout ce qu’il faut faire, qui élimine ce qu’il faut, qui détruit ce qui est à détruire. Quand on ne malmène pas trop les « gendarmes » qui sont dans notre organisme, celui-ci se défend. Notre corps est comme une voiture. Si nous la faisons marcher à des régimes trop forts, avec de l’essence et de l’huile de mauvaise qualité, il n’est pas étonnant qu’elle se rouille, qu’elle marche mal, que le moteur s’enraye.

Une question sur le magnétisme : Maud Cousin pense que les passes magnétiques peuvent être positives parce qu’elles donnent un certain tonus à ceux qui en manquent. L’inconvénient est qu’il faut les renouveler. Puis il est utile de connaître la valeur du magnétisme d’une personne, voir s’il convient à celui du malade, car chacun émet les vibrations en rapport avec son propre équilibre. Il en est de même pour les massages.

Malgré toutes les méthodes revitalisantes, on peut se demander s’il est sage de les utiliser en cas de cancer, ou au contraire de ne pas revitaliser anormalement les cellules touchées. C’est précisément un des problèmes que pose le traitement par des cellules fraîches du Professeur Niehans. Tandis que le traitement sérosital arrive lui à vitaliser les cellules saines et à détruire les cellules malades. Néanmoins quand le cancer est visible, il est déjà trop gros théoriquement pour que l’organisme le détruise. Et alors il faut avoir recours aux traitements courants.

En faisant systématiquement des études sur des morts par accidents, on s’est aperçu qu’il y a des tas de cancers ignorés dont les gens sont porteurs. Ils se stabilisent.

Question : Est-ce qu’un nouveau-né peut à sa naissance être porteur d’un cancer ?

Réponse : L’ovaire contient un certain nombre de cellules qui n’arrivent pas toutes à maturité. Chez les femmes on peut dire qu’un ovule arrive tous les mois à maturité depuis sa formation jusqu’à sa ménopause. De temps en temps peuvent se produire des perturbations, une cellule qui se multiplie à son propre compte et qui forme une espèce de kyste. En général il est bénin, mais parfois aussi malin. Il constitue déjà une puissance qui existe dans l’ovaire et il arrive quelquefois chez l’enfant que quelques cellules restent embryonnaires, c’est-à-dire au premier stade de puissance de développement et qui continuent à se développer anormalement.

On dit que les virus sont à l’origine du cancer. Ce n’est pas démontré. C’est vrai pour certains mais d’autres sont le fait d’une cellule qui ne se défend pas bien, permettant au virus de pénétrer en elle. Nous avons tous des virus dans notre organisme qui après une grippe, par exemple, une varicelle, continuent à vivre dans les cellules. Lorsque celles-ci sont fatiguées ou perturbées, elles ne sont pas capables d’éliminer le virus et peuvent devenir cancéreuses. Alors quelle est la part de l’action du virus, est-ce action ou réaction?

On obtient actuellement 80 % de guérisons augmentées encore par les traitements de gui et de sels minéraux. Mais il y a des évolutions qui se font par manque d’information sur les éléments qui les favorisent, l’alimentation, la qualité de celle-ci. On ne peut agir contre tout. Le médecin se sent toujours responsable de la mort de son malade. Il l’est d’une certaine manière, mais pas complètement n’étant pas à l’origine des causes qui ont provoqué la maladie. On ne sait pas toujours quoi dire au malade. Si on se tait, il peut refuser son traitement, si on en dit trop il se démoralise. Pour les gens âgés, arrivés au terme de leur vie, on cherche à leur éviter de trop grandes souffrances. Pour d’autres, cette approche de la mort provoque une évolution spirituelle extraordinaire. Il ne faut pas toujours « voler leur mort » et le fait d’envoyer les gens à l’hôpital où on les « prolonge » artificiellement, leur infligeant des tas d’ennuis et de soucis, et souvent les laissant seuls au moment de leur mort, est inhumain. Ils ne peuvent pas se préparer psychologiquement, moralement et spirituellement à ce passage.

En Angleterre il y a une clinique où l’on prend des cancéreux qui ne peuvent être guéris et qui vont mourir dans les six semaines. On évite qu’ils souffrent trop, mais on ne va pas au-delà d’une certaine limite, afin qu’ils restent aussi conscients que possible et qu’ils puissent être présents à leur évolution. On les prend très au sérieux, on les entoure, on les aide. Le Docteur Cousin croit que c’est très utile parce que l’état psychique est des plus importants.