Nine Grandi : De la pensée théosophique a la pensée de Teilhard DE Chardin


25 Apr 2011

(Revue Être Libre. No 6. Août-Septembre 1970)

Il peut paraître téméraire de prétendre ajouter quoique ce soit à tout ce qui a été dit sur le Père Pierre Teilhard de Chardin ; néanmoins la perspective universelle de l’œuvre du savant géologue-paléontologue peut éveiller dans l’esprit des lecteurs une pensée de Descartes : « Il faut mettre tout en doute une fois au moins dans sa vie ».

Pour nous, étudiants de la Science Spirituelle, cette pensée peut être une source d’inspiration, car combien d’opinions, de notions, d’idées, sont admises tout simplement parce qu’elles nous paraissent évidentes et raisonnables, ou parce que l’on subit l’emprise de la culture scolaire ou de la culture religieuse.

Certaines affirmations sont également acceptées parce qu’elles satisfont notre soif de justice, de réconfort ou de consolation. Il semble cependant nécessaire de mettre un jour tout en doute, en écartant résolument tout préjugé, tout point intellectuel, philosophique ou culturel privilégié.

Si nos conceptions correspondent à une réalité vivante, elles sortiront grandies de l’examen critique, et se trouveront débarrassées de la gangue des demi-vérités, des vagues idéologies où nous les avions enfermées.

Notre Monde traverse une période évolutive sans précédent ; cette période est motivée pour une grande part par les découvertes prodigieuses des Sciences, ce qui nous oblige, bon gré mal gré, à réviser tout notre bagage intellectuel, philosophique et religieux.

Cela dit, des colloques, des symposiums, ont été organisés un peu partout, sur la vie et l’œuvre du savant Pierre Teilhard de Chardin. Qui a eu le privilège d’assister à ces symposiums a pu constater que la pensée teilhardienne est universelle, en effet : psychologues, philosophes, prêtres, pasteurs, rabbins ont trouvé une nourriture pour leur propre conception, un aliment pour leur propre idéologie.

Sans vouloir accaparer cette pensée il paraît intéressant, sinon nécessaire, de la confronter à la pensée théosophique. On trouve celle-ci dans la Doctrine Secrète, œuvre maîtresse de Madame Blavatsky.

La pensée teilhardienne s’inscrit, non seulement dans les œuvres scientifiques du Père, mais encore dans ses ouvrages d’art mystique, tels : Le Milieu Divin, Réflexion sur le Bonheur, l’Hymne à l’Univers, etc…

Il est évidemment impossible de considérer ici toute l’œuvre de ces deux grands Penseurs, nous ne confronterons que quelques-unes de leurs notions, quelques-unes de leurs découvertes, les analogies que nous y découvrirons confirmeront, sans nul doute, certaines idées préalablement acceptées, voire admises sans contrôle.

Et tout d’abord un fait curieux se présente à notre examen : vers 1850, lors d’un séjour que Madame Blavatsky fit au Tibet, elle découvrit dans une lamaserie, une bibliothèque qui possédait un manuscrit de la plus haute antiquité. Ce petit manuscrit Les Préceptes d’Or, était écrit en « senzar » langue sacerdotale, sans doute, d’où fut dérivé le sanscrit, paraît-il.

Ce manuscrit relatait la Cosmogénèse et l’Anthropogénèse, telles que personne à cette époque ne les avait imaginées ; il était d’auteur inconnu et n’avait pas d’âge. Ce fut l’origine de toute l’œuvre de Madame Blavatsky.

En 1923-24, Teilhard de Chardin fit partie d’une mission française, envoyée en Chine pour recueillir des renseignements scientifiques sur les gisements et les ressources du Fleuve Jaune. C’est en Mongolie Intérieure que le Père découvrit l’existence de l’homme paléolithique. Cette découverte posa le premier jalon de toute l’œuvre du Père.

C’est donc en Chine, au Tibet et en Mongolie, que le Père et Madame Blavatsky découvrirent par des voies divergentes et des moyens différents, les premiers pas de l’objectivation de la VIE.

L’œuvre de Madame Blavatsky a éclairci, dans une certaine mesure, le mystère de l’Univers. Ce mystère avait pour elle deux aspects :

1° L’Espace Sidéral absolu,

2° L’Energie première, à qui elle donna le nom de Fohat, Energie dont les vibrations se montrèrent responsables de minuscules condensations, grains de substance vivante, qui n’étaient que de l’Energie condensée.

Teilhard vit également l’origine de l’Univers sous deux aspects, qu’il désignait en termes différents :

1° L’Absolu Eternel et sa manifestation temporelle, 2° L’Esprit.

C’est dans « l’Intemporel », disait le Père, que se trouve le ferment de la Matière ce ferment c’est l’ESPRIT, Energie créatrice par excellence.

Les deux Penseurs ont donc considéré l’origine de l’Univers et du Cosmos, dans une même perspective…

Voyons maintenant comment H.P.B. et le Père Teilhard eurent l’idée d’une Loi d’Evolution Universelle.

Cette Loi se révéla à Madame Blavatsky, lorsqu’Elle s’aperçut qu’une affinité groupait les « grains de substance vivante » (atomes primordiaux). Ces groupes d’atomes formèrent à leur tour, par affinité, des cellules, et les cellules tissèrent l’Etoffe de l’Univers…

La Loi d’Evolution Universelle s’imposa au Père, le jour où il constata que le Cosmos et le Monde étaient un ensemble prestigieux en marche vers un éternel devenir, et qu’Il vit dans le filigrane de la Nature, ce qu’il a appelé « le visage de l’Eternel », alors le Père comprit que le Cosmos et le Monde suivaient un développement ascendant : une marche en avant, disait-il…

« Si tout se tient, tout se fait », disait le Père à ses proches collaborateurs, « mais si tout se tient ESPRIT ET MATIERE ne sont pas deux substances séparées, mais deux faces de l’Etoffe de l’Univers ».

Si les atomes primordiaux sont des grains de substance vivante, pour Madame Blavatsky, pour le Père ils sont des grains de substances inorganisées mais vivantes. Tous deux ont vu dans l’atome primordial, le premier pas de la VIE se dirigeant vers la construction des « formes » et tous deux ont placé la cellule dans un système cohérent entre un Passé et un Futur sur une ligne d’évolution.

En 1875 la Pensée Théosophique paraissait aux Savants de l’époque comme un fallacieux conte de fée. En 1969 la Pensée Teilhardienne et la Pensée Théosophique sont une réalité qui, grâce aux découvertes des Sciences s’affirme de jour en jour…

Mais allons plus loin : H.P.B. et le Père se sont aperçus par des voies différentes (n’oublions pas qu’il y a 85 ans entre l’une et l’autre), que le Cosmos subissait une Loi d’activité et de repos. Le Cosmos et tout ce qui le compose et l’habite disparaît périodiquement, pour réapparaître avec toutes ses caractéristiques, mais à chaque fois élevé sur un palier de complexité de plus en plus grande. Cette Loi d’alternance cosmique leur fit  découvrir la Vie Psychique qui s’organisait dès l’atome primordial, ils virent là le premier pas décisif de la Conscience, qui donnera l’éveil à la Pensée.

A vrai dire, H.P.B. considéra l’origine de la Conscience dans une sorte de pré-vie ; elle décela cependant la Conscience à l’état embryonnaire dans l’atome primordial.

Le Père, lui, a vu l’origine de la Conscience dans les lointaines et obscures racines d’une activité élémentaire de ce qu’il a appelé L’ARBRE DE VIE.

Sur l’Arbre de Vie, dit-il, les mammifères forment la branche maîtresse, les Primates, c’est-à-dire les cérébro-manuels, sont la flèche de cette branche, et les anthropoïdes le bourgeon qui termine la flèche. A son sommet des lignes phylétiques s’activent et s’échauffent de : CONSCIENCE, et là, où se forment les plus puissants cerveaux jamais construits par la Nature, ces lignes phylétiques rougissent, et déjà dans cette zone s’allume un point d’incandescence. Après des milliers et des milliers d’années que ce point monte à l’horizon, une Flamme a jailli : La Pensée est là !…

En définitive, tous deux ont constaté que c’est par un obscur et lent cheminement que les cellules primordiales ont préparé les transformations physiques et psychiques qui aboutiront un jour à l’apparition de « l’homme animal », et que la Conscience appartenait à une seule et même Energie : Energie Spirituelle pour Madame Blavatsky, Energie Christique pour Teilhard. Pour eux cette Energie était la Source de l’Amour et de l’Intelligence suprême. (Anthroposophie de Madame Blavatsky – L’Avenir de l’Homme, de Teilhard de Chardin).

L’œuvre de Madame Blavatsky est certes très abstruse, c’est pourquoi elle peut soulever des doutes sur l’authenticité des découvertes ou des notions qu’elle présente aux lecteurs.

L’œuvre de Teilhard rend aujourd’hui parfaitement claires et précises ces mêmes découvertes, ces mêmes notions…

L’Amour et l’Intelligence suprême que Madame Blavatsky a constatés dans la coordination de tous les éléments du Cosmos, l’ont fait apparaître comme un « système ultra vivant ».

L’observation attentive du Père lui faisait dire que par moment il lui semblait qu’une sorte d’ETRE allait soudain prendre à ses yeux, figure dans la Nature, alors c’est vers quelque chose « d’ultra vivant » que sa pensée cherchait à saisir l’ineffable ambiance.

Ici encore tous deux disent la même chose dans des termes presque identiques. Comment envisagèrent-ils l’apparition de l’Homme ?

L’Homme, dit Madame Blavatsky, est le couronnement du règne animal ; sa constitution est si peu séparable de l’anthropoïde — anatomiquement parlant, bien entendu —. Dès que l’homme animal est apparu, le point final de l’Involution de la VIE fut atteint, désormais Elle va prendre un autre cheminement, et l’évolution s’amorce. Des séries de transformations physiques et psychiques s’observent ; les transformations psychiques donneront, en fin de compte, naissance à ce qu’elle appelle avec tous les Sages : l’EGO et que le Père appelle : l’Ame Humaine.

Dès que l’Ego est formé, l’homme animal va sentir en lui les premiers frémissements de la Conscience, ces frémissements se coordonneront, et la Pensée s’éveille… Dès lors l’homme animal va entreprendre son évolution vers la « soi-conscience », la personnalité est en voie de développement.

Teilhard, lui, a vu l’homme se profiler sur son Arbre de Vie, où chaque bourgeonnement nouveau se conforme aux règles, aux rythmes et à la Sagesse de la Vie elle-même. C’est à partir de ces bourgeonnements que l’homme est apparu au Père. Plus tard il fut attesté par les instruments de pierre, qui multiplièrent sa présence. La Science paléontologique l’a découvert sur tout l’ancien Continent, du Cap de Bonne Espérance au Continent Chinois.

Pour H.P.B., Adam ne représentait pas le premier homme, mais la première Humanité ; pour Elle comme pour Teilhard, le premier Homme n’est qu’une « foule » dans les profondeurs du Temps où il se place ; la présence d’Un couple unique est insaisissable, indécelable, aussi bien pour Madame Blavatsky que pour le Père Teilhard.

Dans le « Phénomène Humain », le Père Teilhard voit apparaître l’homme à pas mesurés et feutrés, au moyen d’un Phénomène central : la « réflexion ». Ce phénomène est le pouvoir acquis par l’homme au cours de son évolution, de « regarder en lui-même », ce qui va lui permettre de « se connaître » et de prendre ainsi conscience de lui-même.

Désormais il ne s’agira plus pour lui simplement de connaître, mais « de se connaître » ; de savoir, mais « de savoir qu’il sait ».

Or, quelles sont les conséquences des transformations que vont produire les « jeux de la réflexion » de l’homme sur lui-même ? Cette réflexion va lui donner la possibilité de développer graduellement un Monde Nouveau ; en lui d’abord, autour de lui ensuite.

En effet abstraction, mathématique, art, science, etc… ne sont que des activités de la Vie Intérieure, et cette Vie Intérieure n’est que l’effervescence d’un Monde Nouveau que l’homme crée et qui explose…

Madame Blavatsky et le Père disent ici, en termes différents, que l’Evolution de la VIE s’inscrit dans un mouvement ascendant de Conscience voilé de morphologie ce mouvement, arrivé au voisinage de l’homme fait éclore tous les psychismes qui furent essayés dans les règnes inférieurs, dit Teilhard ; c’est ce que Madame Blavatsky exprimait lorsqu’elle disait que la Conscience était en transe dans le minéral, qu’elle dormait dans le végétal, qu’elle rêvait dans l’animal, pour s’éveiller en l’homme.

Et maintenant, le but de l’évolution a-t-il été vu dans la même perspective, par les deux grands Penseurs… Essayons de répondre à la question ! …mais n’oublions pas que l’une était bouddhiste et l’autre chrétien ; le but de l’évolution a donc été vu de façon quelque peu différente ; néanmoins en dernière analyse, on aperçoit une parenté évidente entre les deux Pensées.

Tout d’abord H.P.B. considère que l’Evolution est irréversible, c’est pourquoi des révolutions de la conscience et de la pensée s’accomplissent graduellement. Il arrive alors un moment où l’homme se voit obligé de réorganiser fondamentalement son existence, mais pour que cette organisation soit possible, il faut qu’il prenne conscience de son habitat, savoir d’où il vient et où il va, et surtout prendre conscience de la Vie Intérieure. C’est pourquoi une des pensées maîtresses de Madame Blavatsky fut d’aider l’homme à trouver le « sentier de la transcendance humaine », là où toutes les limitations s’écartent d’elles-mêmes, grâce aux révolutions de la conscience, par lesquelles le cœur et l’intelligence participent à des renaissances incessantes, donnant à l’homme, en fin de compte, le pouvoir d’appréhender les richesses inestimables qui résident au cœur de tous les êtres…

Ainsi, bon gré mal gré, l’homme finit par sentir le besoin de se libérer des chaînes de la Personnalité, qui n’est en vérité qu’un instrument, un simple instrument d’évolution. Il ne s’agit pas de détruire la Personnalité, mais simplement de la pousser au-delà d’elle-même.

D’autre part, elle ne dissocie jamais la Quête de la Sagesse des activités de l’homme. « Il n’est nullement nécessaire de négliger ou d’abandonner ses activités pour parvenir à la Sagesse », disait-elle, « il faut simplement apprendre à glisser en chacune d’elles un peu de bonne volonté, un grain d’intelligence, une pépite de beauté et beaucoup d’Amour ; alors sans qu’il s’en rende compte, l’homme se trouve insensiblement sur la Voie qui conduit au Temple de la Divine Sagesse ».

Pour Teilhard l’essentiel de l’Evolution humaine, c’est d’arriver au point crucial de l’existence, où la Personnalité s’aperçoit que les issues d’une évasion possible lui sont fermées cette sorte d’éveil de la Vie Intérieure, qui se produit grâce à la réflexion de l’homme sur lui-même, lui donne le pouvoir de déceler l’Omniprésence Suprême ou Divine, qui l’habite…

Lorsque l’homme aura parfaitement conscience de ce qu’il EST dans ses ultimes profondeurs, il accomplira en parfaite harmonie, toutes ses activités en présence de son Dieu Intérieur ; seul l’effacement de la Personnalité est le fondement même d’une Vie Humaine Divinisée.

De toute évidence, les deux œuvres ont des analogies surprenantes. Quoiqu’il en soit, quatre points essentiels et identiques s’en dégagent.

1° La VIE est latente en toute chose, même en celle apparemment inanimée…

2° La Substance et la Matière sont les deux faces de l’Etoffe de l’Univers, l’une et l’autre recèlent à l’état embryonnaire : la Conscience.

3° La Pensée est l’enveloppe supérieure de la Terre : la Noosphère pour l’un, le Manas pour l’autre.

4° Au niveau de l’homme, l’Evolution converge vers le Suprême ATMA, CHRIST.

Si la Pensée Théosophique peut soulever des doutes sur l’authenticité de ses recherches et de ses découvertes, la Pensée teilhardienne peut également faire naître une certaine défiance, dans l’esprit de celui qui a suivi ses étapes :

En effet, comment et pourquoi, l’homme de Science que fut Teilhard, a-t-il laissé errer sa pensée sur des plans pratiquement incontrôlables ; comment sa grande intelligence, formée aux méthodes rigoureusement scientifiques, a-t-elle pu s’aventurer dans le domaine où peuvent jouer les excès de l’imagination, qui lui ont fait considérer, non seulement sous l’angle métaphysique mais sous l’angle occulte, l’origine du Cosmos, l’apparition de l’homme et le but de l’évolution…

L’évidence de la Pensée teilhardienne, c’est qu’elle ne s’intéresse que de très loin à l’avenir de la civilisation, c’est-à-dire à l’évolution de l’art, de la psychologie, de la sociologie, etc. Les recherches du Savant s’appliquent essentiellement à découvrir « la structure de l’Univers et du Monde, — non seulement par l’analyse minutieuse des phénomènes objectifs, — mais par la recherche du « lien » qui les unit en un tout cohérent, intelligible…

En réalité, les recherches du Père appartiennent moins au monde physique qu’à la recherche du ferment qui a ouvert la marche ascendante du Monde…

Teilhard de Chardin, Prêtre et Savant, à l’égal de Mme Blavatsky, savant métaphysicien et grand occultiste, ont découvert, l’un et l’autre, que ce « ferment » n’est autre que l’ESPRIT…

L’homme, dit Teilhard, n’est pas dans les stades graduellement dépassés de sa vie embryonnaire, sa « réalité » se trouve dans la Mature spirituelle de son Ame. — Or, cette Ame, toute de synthèse, échappe à la Science, dont le but est d’analyser les choses et leurs éléments… d’analyser leurs antécédents matériels ; seule la réflexion de l’homme sur lui-même, éveille la Vie Intérieure, et seule la Vie Intérieure peut lui faire découvrir sa Réalité Vivante et Eternelle.

Et enfin, pour terminer, ils ont envisagé de façon similaire, sinon identique, l’évolution spirituelle de l’Humanité, comme résultat de l’évolution de la Conscience.

Pour l’une, l’Evolution Spirituelle ne peut se réaliser qu’en fonction de la « compréhension », car, disait-elle, la compréhension éveille inévitablement la sympathie, et la sympathie finit toujours par développer un sentiment de Fraternité militante qui du particulier va au social, du social au national, pour devenir mondial….

C’est pourquoi, lorsqu’elle fonda la Société Théosophique, elle voulut que son premier but fût de former un « noyau de Fraternité », sans aucune distinction, ni de race, ni de sexe, ni de rang social, ni de croyance, tant elle était convaincue de la nécessité de promouvoir la Fraternité au sein de l’Humanité.

Teilhard a vu l’évolution spirituelle de l’Humanité au moyen de la « divinisation » des activités de l’homme. Il disait : sous l’exaltation des découvertes des Sciences, un Monde aux affinités et aux sympathies semble s’éveiller lentement et prendre consistance.

Aujourd’hui, des « aspirations » s’organisent : équipes de travailleurs manuels, intellectuels, scientifiques, fédérations, œcuménisme  et il n’est pas rare de rencontrer des hommes qui ont conscience d’être des citoyens du Monde.

Dans « l’Avenir de l’Homme », Teilhard dit que le faisceau des recherches scientifiques dirigé sur le prolongement humain, fait apparaître une perspective étonnante : celle d’un Humanisme rendu possible par : EFFORT DE COMPREHENSION !…

Pas de transformation, c’est-à-dire pas d’évolution, sans compréhension. Il voyait poindre un Nouvel Humanisme dans le Feu de l’Esprit qui va s’allumer à l’intérieur des groupes, par l’expérience quotidienne de l’union des esprits, des cœurs et de l’intelligence, qui, loin de diminuer les individus, les accentue, les enrichit et les libère d’eux-mêmes, — c’est également vers cette Fraternité que Madame Blavatsky a voulu entraîner notre Humanité…

Notre monde est bouleversé par les sursauts des particularismes tissés d’égoïsme destructeur, et pourtant comment ne pas voir la montée symptomatique d’un humanisme fondé sur la Fraternité Universelle, s’accomplissant lentement mais sûrement. Le Règne de l’ESPRIT doit s’accomplir sur la Terre, la Vie de l’ESPRIT est en marche, rien ne peut l’arrêter.

Descartes avait bien raison de dire qu’il fallait un jour mettre tout en doute, notre Société a besoin de mettre tout en doute, car comment découvrir la VERITE au milieu de tant de conceptions, actuellement brassées ?

Mettre en doute, certes, mais comparer, pour extraire l’esprit de ce qui nous est proposé. Mettre en doute c’est, en fin de compte, aller « de l’avant », c’est atteindre un jour les Cimes de l’Harmonie Divine, c’est découvrir enfin le « Sentier » qui conduit au Temple de la Divine Sagesse !

Nine GRANDI


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